Voici une sélection, ce 26 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Discours lors de l’hommage national à Lionel Jospin] Ce jour, la nation
rend hommage à un homme qui fut aimé des siens et respecté de tous,
profondément respecté. Lionel Jospin fut toute sa vie durant un humble
militant, cherchant dans la rigueur et la grandeur de l'histoire les moyens de
l'accomplissement, menant des combats de justice et de liberté et servant notre
République.
D'abord, le temps de l'apprentissage, l'enfance et cette conception exigeante
de l'existence. Lionel Jospin fut lesté par l'amour et les leçons de sa famille
protestante et humaniste, Robert, son père, militant socialiste, laïque,
pacifiste, qui révérait Jaurès, doté du sens du verbe et du goût de la culture.
Mireille, sa mère, sage-femme, transmettant à toute la fratrie des enfants
Jospin cette forme particulière d'esprit, rebelle à l'embrigadement, sensible
aux choses humaines, lucide dans le rapport à l'autre.
Puis vint le temps des engagements. Après Sciences Po et l'entrée à l'ENA,
Lionel Jospin fut de ces jeunes officiers appelés en Algérie, qui, comme
Jacques Chirac ou Jean-Pierre Chevènement, refusèrent d'approuver ceux qui se
mutinèrent contre De Gaulle. Là, il découvrait les injustices, les affres de
ces années, et s'engagea pour les causes de sa génération :
l'indépendance de l'Algérie, la décolonisation, puis le refus de tous les
totalitarismes. Comme d'autres de son époque, il balança, le temps de sa jeunesse,
entre diplomatie et enseignement, évolution et réforme, trotskisme et
socialisme, avant de choisir avec force et résolution, en digne héritier de
Jaurès et de Blum, d'emprunter le chemin ouvert par François Mitterrand. Ce fut
un choix qui s'imposa au terme d'un long cheminement politique intime, dont lui
seul, au plus profond de sa conscience, savait les tenants et les
aboutissants.
Ses engagements se cristallisèrent dans le choix du socialisme, qu'il embrassa
à sa manière, avec discipline, rigueur, sens de l'absolu. C'est ainsi que ce
jeune professeur d'économie, après avoir été reconnu comme tel par Pierre Joxe,
puis distingué par François Mitterrand, entra en socialiste dans la vie
publique, au grand jour. Lionel Jospin fut de cette génération qui accompagna
tout au long des années 70 le Premier secrétaire d'un Parti socialiste
renouvelé depuis le Congrès d'Épinay. Dès lors, il décida de suivre François
Mitterrand, de Congrès en Congrès, de motions en émotion, du programme commun
aux 110 propositions, de la défaite de 1978 à la victoire du 10 mai 1981.
Lionel Jospin demeura fidèle à l'enseignement de Jaurès, socle de son
engagement. Fidélité à l'idéal, sens du réel, recherche de la vérité, rigueur
de l'action. Après le 10 mai 1981, le Président Mitterrand demanda à Lionel
Jospin de demeurer rue de Solferino, Premier secrétaire du Parti socialiste,
premier parti de France. Contrairement à nombre de ses camarades, Lionel
Jospin, nouveau député de Paris, n'entra pas au Gouvernement. Là encore, fidèle
à l'enseignement de Blum, il accepta la mission : garder la vieille
maison. Il est vrai que pour Lionel Jospin, l'esprit de rigueur fut toujours
inséparable de l'esprit de sacrifice. Il s'acquitta de la mission avec
rectitude. Tenant uni le Parti tout en laissant à Michel Rocard ou Jean-Pierre
Chevènement la liberté de défendre ce qui leur tenait à cœur, et ce faisant,
aida à la réélection de François Mitterrand. Ce n'était pas rien. C'était même
beaucoup aux yeux du Président.
C'est pour cette raison qu'il put entrer enfin au Gouvernement, ministre de
l'Éducation nationale. Dans cette fonction qu’il aima tant, il agit pour offrir
à notre jeunesse les moyens de son émancipation, faisant adopter la loi du 10
juillet 1989 qui porte son nom, réformant en profondeur le système éducatif
dans le but de donner à tous les élèves de France l'accès à la liberté par le
savoir, alliance de la connaissance et du mérite. L'année suivante, il lança
aussi le Plan Université 2000 et fut un gardien vigilant du respect du principe
de laïcité, tout en se montrant soucieux de préserver la liberté de conscience
dont les protestants savent combien elle fut une conquête de longues luttes.
Amené à quitter le ministère, s'ouvrit alors pour lui un temps de réinvention
du destin, un temps de liberté. Le Parti socialiste était entré dans un cycle
nouveau, et ce fut un intense travail de réflexion qu'il mena en conformité
avec ses principes, voulant tirer les leçons de la décennie Mitterrand qui
s'achevait.
En conscience, il voulut redéfinir les conditions de l'exercice du pouvoir
quand on est socialiste, héritier de Jaurès, Blum et Mitterrand désormais.
C'est ainsi qu'il fut désigné par ses camarades pour être candidat à l'élection
présidentielle de 1995, parvenant en tête au soir du premier tour et
recueillant 47,3 % des voix face à Jacques Chirac au second. Une défaite plus
qu'honorable pour un camp qui n'en espérait pas tant. « Il fallait relever le
gant », disait-il. Redevenu ensuite par devoir Premier secrétaire du Parti
socialiste, il s'attacha à convaincre les forces de la gauche de former une
coalition plurielle. Elle remporta les élections législatives de 1997. Il
déclara alors que cette victoire était la preuve d'une soif raisonnée et
pressante de progrès réel. Nouvelle preuve que, de son point de vue, seul
l'esprit de rigueur rend possible l'idéal. Alors, aux côtés du Premier
secrétaire, François Hollande, responsabilité éminente ô combien à ses yeux,
Laurent Fabius étant alors président de l'Assemblée nationale, Lionel Jospin
s'attacha à conduire et animer cette majorité inédite dans la cohabitation avec
le Président Chirac.
Premier ministre, Lionel Jospin se voulut d'une détermination sans faille dans
le but de tenir les engagements pris devant les Français, avec un sens aigu de
l'organisation. Menant un gouvernement formé de nombreuses personnalités
politiques qui ont marqué la vie du pays, animant des équipes encore présentes
aujourd'hui et attachées à lui depuis toujours. Lionel Jospin a, durant ces
années, modernisé la vie économique, sociale et démocratique de la nation, de
manière inédite. Il a contribué à faire entrer la France dans ce siècle qui
s'ouvrait. Le gouvernement qu'il menait fit adopter la loi sur les 35 heures,
mit en œuvre la couverture universelle, institua la parité dans les élections,
réduisit le chômage, soumit à référendum le quinquennat présidentiel. Il fut
signataire de l'accord de Nouméa, prenant ses responsabilités sur la
Nouvelle-Calédonie, et défendit les engagements européens de la France,
permettant aussi à la monnaie unique d'advenir.
Ce fut aussi le premier gouvernement à reconnaître que l'amour entre personnes
de même sexe devait, au nom de l'égalité, être source de droit. Ce fut le PACS
ouvert à tous, première étape vers le mariage pour tous. Chacun ici connaît la
suite. La campagne présidentielle, l'étrange soirée du 21 avril 2002 et le
choix immédiat de tirer sans hésiter la leçon de l'histoire. Le retrait de la
vie politique, pas par abandon, non, par franchise, par sens de l'absolu
encore, par choix. Ainsi, Lionel Jospin demeurait-il fidèle à l'enseignement de
Lionel Jospin. Mais, il ne s'effaça pas pour autant, vint le temps de la
transmission. Lionel Jospin ne renonça jamais à convaincre du bien-fondé de ses
choix. Profondément démocrate, il ne se lassa jamais d'expliquer, expliquer
encore. Il revêtit de nouveau les habits du professeur d'économie qu'il avait
été un temps après une courte carrière de diplomate.
Il expliqua jusqu'au bout à qui voulait l'entendre, ce qui lui paraissait
juste, nécessaire, certain que chacun peut accéder à la vérité. Et pour
convaincre, il avait le goût des autres. Ainsi partagea-t-il son idéal dans le
but de faire grandir tous ceux qui croisaient sa route. Membre du Conseil
constitutionnel, Lionel Jospin y fut là aussi un gardien guidé par son exigence
de sagesse, « un passeur de temps », pour reprendre un titre de Sylviane
Agacinski, son épouse à qui le lie une passion harmonieuse depuis 35 ans. Oui,
Lionel Jospin fut un homme de fidélité. Fidélité et fiabilité pour ceux qui
l'aimaient. Lionel Jospin était là pour Hugo et Eva, ses enfants si talentueux
nés de l'union avec Elisabeth. Lionel Jospin était là pour son épouse Sylviane,
pour Daniel, pour tous ses petits-enfants. Fidélité pour ses amis, la bande de
la section du 18e arrondissement, Claude Estier, Daniel Vaillant, Bertrand
Delanoë et tous les autres, Jean Glavany, Pierre Moscovici, tant de générations
de camarades de la rue de Solferino, des amis de Matignon ou les voisins de
l'Île de Ré.
Fidélité à ceux qui partagèrent son chemin, trace de son lien authentique avec
chacun. À Paris, et en Haute-Garonne, Lionel Jospin connaissait le nom des gens
et les choses de la vie. Bonheur simple, plaisir français, aimer, vivre,
chanter, lire, rire et vibrer. Des galeries d'art au cinéma, du tennis à
l'opéra. Tel était cet homme qui se composa un grand destin français, et que
beaucoup aimèrent et aimeront encore pour son exigence et sa persévérance.
Esprit pluriel qui refusait de séparer éthique et politique, morale et
démocratie, intégrité et engagement. Scrupule qui dissout la certitude,
surplomb qui interdit l'exaltation, enfant du mérite républicain devenu un
homme d'État, c'est ainsi qu'il nous apparaît en cette heure.
Un soir de juin, chez lui, à Cintegabelle, en Haute-Garonne, Lionel Jospin est
là, lunettes sérieuses et cheveux de neige, prenant en note les résultats qui
scandent la victoire de la gauche aux élections législatives de 1997. Sylviane,
Eva, Hugo, Daniel l'entourent, puis le brouhaha, les camarades socialistes qui
soudain s'engouffrent dans la pièce, soir de liesse, jour heureux, comme au
temps du Front populaire que racontait Robert Jospin à son fils.
Lionel Jospin se tient dans cette atmosphère de liesse avec une forme de
réserve, de gravité. Et soudain, il sourit, conscient d'avoir accompli sa tâche
sans rien avoir renié de lui-même, conscient aussi de ce qui l'attend, devoir
conduire le Gouvernement du pays à la lumière de cette même exigence, fort de
ses mêmes qualités. C'est ce qu'il fit.
Par-delà la mort, notre mémoire le hissera toujours à cette place singulière.
Un modèle pour certains, un adversaire pour quelques autres, pour tous à coup
sûr. Un repère dans notre histoire, et notre esprit. Au soir de la mort de
François Mitterrand, Lionel Jospin avait dit : « la mort n'est pas pour
moi une occasion de lyrisme ». De lyrisme, non, de reconnaissance de la nation,
oui. Sans aucun doute.
Alors, pour tout cela, merci.
Vive la République.
Vive la France.
> Je me suis entretenu hier avec le Président libanais Joseph Aoun. L’exécutif libanais a pris, depuis le début de l’escalade militaire décidée par le Hezbollah, des mesures fortes et courageuses pour mettre en œuvre son agenda de souveraineté, au bénéfice de tous les Libanais. Dans ce moment décisif pour l’avenir du pays, j’ai assuré le Président du soutien total de la France. Nous poursuivrons l’acheminement d’aide humanitaire aux populations déplacées et notre appui résolu aux forces armées et aux forces de sécurité libanaises avec la fourniture, dans quelques jours, de véhicules de transport blindés. L’intégrité territoriale du Liban, la protection des civils, quelle que soit leur confession, et la préservation des institutions de l’État et des infrastructures du pays sont essentielles.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> La protection de l’enfance est une mission essentielle pour faire société.
Elle s’appuie sur la mobilisation conjointe de l’Etat, des départements et des
acteurs de terrain. Son modèle doit être réformé pour plus d’efficacité, de
stabilité, de prévention et de sécurité. C’est une attente de toutes les
parties prenantes depuis des années. Nous allons le faire. Un projet de loi de
protection de l’enfance sera présenté en Conseil des ministres mi-mai. Il
permettra de : - limiter les placements qui s’éternisent et réévaluer
régulièrement le projet de vie - agir plus tôt auprès des familles pour éviter
les placements - privilégier l’accueil familial et les proches de confiance -
contrôler systématiquement tous les adultes au contact des enfants, y compris à
l’école, dans le périscolaire et la santé - permettre des décisions rapides en
cas de danger, grâce à l’ordonnance de sûreté de l’enfant L’État prendra ses responsabilités
pour protéger chaque enfant.
> [Déclaration du gouvernement à l’Assemblée sur les
hostilités au Moyen-Orient]
Avant tout, je tiens à rendre hommage une nouvelle fois à l’adjudant-chef
Arnaud Frion, mort pour la France en Irak, ainsi qu’à nos militaires blessés
dans l’accomplissement de leur mission. Je veux dire à sa famille, à ses
proches et à ses frères d’armes la solidarité et la reconnaissance de la nation
entière.
Cet hommage n’est pas un préambule car il dit déjà l’essentiel à bien des
égards. Ce qui se joue au Proche et au Moyen-Orient n’est pas une crise
lointaine ni une crise de plus, mais une guerre qui s’étend, qui frappe des
infrastructures civiles, qui menace la sécurité maritime, qui déstabilise
durablement toute une région et qui peut aller – on le sait et on le redoute – vers une forme de globalisation.
Il serait facile dans un tel moment de s’abandonner
au découragement, de s’en contenter et de peindre l’avenir en noir. Il serait tout aussi facile de décrire un monde soumis à la
force brute, à la
loi du plus fort, à la
domination des rapports de puissances ou encore d’évoquer
une humanité
toujours plus dépendante aux malédictions de l’or noir. Ce serait vrai, mais ce
serait insuffisant. Le rôle du gouvernement n’est pas de commenter le chaos du
monde mais d’agir pour protéger les Français, défendre les intérêts de la
nation et travailler avec nos partenaires, et, devant vous et avec vous,
d’assumer les conséquences particulièrement complexes que cette nouvelle
situation impose à notre pays.
Oui, cette crise nous concerne directement. Elle nous concerne par les
centaines de milliers de Français présents dans la région, par les forces que
nous déployons, par les partenaires stratégiques avec lesquels nous entretenons
des intérêts communs. Elle nous concerne en matière de lutte contre le
terrorisme et la prolifération nucléaire. Elle nous concerne pour la liberté de
navigation. Enfin, évidemment, elle nous concerne par l’énergie – c’est-à-dire notre économie
et le pouvoir d’achat
des Français – et elle interroge profondément nos dépendances.
De cette réalité découlent
deux conséquences
immédiates et concrètes pour la France.
La première est militaire, naturellement ; la seconde est énergétique.
La première conséquence est militaire parce que la France est historiquement
présente dans la région, qu’elle agit et qu’elle doit assumer ses
responsabilités globales. À l’heure actuelle, plus de 5 000 soldats,
marins et aviateurs sont engagés au Proche et au Moyen-Orient. Au Sud Liban,
700 militaires français sont engagés dans l’opération de maintien de la
paix de la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Avec
l’opération Chammal, nous sommes aussi présents en Irak et en Jordanie pour
lutter contre Daech et former nos partenaires.
Nous avons en outre des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les
Émirats arabes unis. Aux Émirats arabes unis, 1 000 militaires sont
déployés au sein d’un régiment de cuirassiers, d’une base navale et d’une base
aérienne. Dès le début de la crise, des capacités aériennes et des moyens de
défense sol-air ont été envoyés en renfort et ont contribué à la protection de
l’espace aérien du pays. Enfin, la marine nationale engage un volume important
de bâtiments : le groupe aéronaval autour du Charles de Gaulle,
des frégates et des porte-hélicoptères amphibies. Ils sont déployés en
Méditerranée orientale, en mer Rouge et dans l’océan Indien et assurent des
missions de renseignement, de surveillance et de protection en mer et dans les
airs – c’est-à-dire de réassurance
au profit de nos alliés et
partenaires dans la région.
La France est donc un partenaire fiable dont les armées sont réactives
– peu d’autres armées
sont capables de se déployer
aussi rapidement que les nôtres.
La France l’a
fait, et si elle est écoutée,
c’est parce qu’elle est sur place – on
finit d’ailleurs
bien souvent par ne plus écouter
que ceux qui sont sur place.
Si ce choix a un sens, il a aussi très
clairement un prix.
C’est pourquoi nous devons en tirer toutes les conséquences. Je remercie le
Parlement d’avoir adopté il y a trois ans la loi de programmation militaire.
Entre 2017 et 2027, le budget de nos armées a donc doublé – ce qui n’est pas un détail
mais un choix stratégique
et structurant.
Aujourd’hui, ce choix doit être amplifié. La guerre au Proche et au
Moyen-Orient, à l’instar de la guerre en Ukraine, met en lumière le retour des
conflits de moyenne et haute intensité qui renforcent les exigences en matière
de masse, d’agilité, de vitesse et d’endurance, de sauts technologiques – aussi brutaux qu’essentiels –
comme de soutien et de préparation
des forces armées
qui, hélas, ont trop souvent fait les frais
des décisions prises dans les années 2000.
Mesdames et messieurs les députés, il nous faut accélérer l’examen de la loi de
programmation militaire (LPM) et sa mise à jour.
C’est pourquoi celle-ci sera actualisée dès le mois d’avril par la ministre des
armées et des anciens combattants. Elle sera présentée le 8 avril prochain
en Conseil des ministres, inscrite la semaine du 4 mai à l’ordre du jour
de l’Assemblée nationale et celle du 1er juin à celui du Sénat.
Je remercie les parlementaires d’accepter cette accélération et cette
modification du calendrier. Monsieur Jean-Michel Jacques, vous qui
présidez la commission de la défense nationale et des forces armées, savez
mieux que quiconque en tant qu’ancien combattant que nous ne pouvons pas
attendre.
L’urgence, ce sont naturellement les munitions. Nous prévoyons d’investir
8,5 milliards d’euros supplémentaires en commandes entre 2026 et 2030 – ils s’ajouteront
aux 16 milliards d’euros prévus
par la LPM votée en 2023. C’est indispensable. Je veux aussi que chacun réalise
combien c’est colossal. Au total, c’est comme si le budget annuel des armées au
début des années 2000 était exclusivement consacré à l’achat de munitions. La
loi de programmation militaire mise à jour consacrera ainsi aux munitions un
effort financier quatre fois supérieur à celui prévu par la loi de
programmation militaire précédente pour les années 2019 à 2025.
L’effort portera également sur la défense sol-air pour produire désormais le
meilleur système de défense au monde en matière d’alerte avancée, de drones et
de lutte antidrones, avec des drones intercepteurs et des munitions
télé-opérées enfin produits en masse et à coût maîtrisé. Nous devons en effet
revoir nos modèles en profondeur : à l’heure où un drone qui coûte
quelques milliers d’euros mobilise un missile à plusieurs millions, il faut
repenser toute notre conception de l’armement. C’est un des enseignements de
cette guerre, comme pour l’Ukraine.
Plusieurs sociétés françaises innovantes sont désormais en capacité de produire
des drones intercepteurs. Dans les prochaines semaines, j’inaugurerai avec la
ministre Catherine Vautrin une nouvelle usine de production située dans
l’Essonne et d’où sortiront des milliers de drones chaque mois. C’est un des
effets des décisions que nous avons prises : je vous en remercie. Quantité
et qualité ; coût et efficacité ; innovation et rapidité ;
munitions de saturation mais aussi de précision et donc de décision… L’enjeu
est militaire tout autant qu’industriel ; c’est donc un enjeu de
souveraineté et, in fine, de liberté.
Cette priorité appelle urgemment de nouveaux investissements décidés et
proposés par le gouvernement. D’abord, un nouveau plan de 300 millions
d’euros pour l’industrie duale afin d’aider la transformation de notre
industrie civile – la
relocalisation des chaînes
de production de composants critiques utiles à la défense nationale, la modernisation des autres, et l’investissement dans l’innovation
de défense. Les industriels prennent des
risques pour la défense
du pays ; l’État doit donc les aider davantage. Les ministres
présenteront plus précisément ce plan dans les tout prochains jours.
Nous créerons ensuite très bientôt la plateforme France Munitions, un grossiste
de munitions inédit qui a vocation à répondre aux besoins des armées
françaises, de nos alliés et, bien entendu, de nos nombreux clients à l’export.
Cette plateforme permettra de massifier les commandes aux industriels,
d’accélérer la transformation de l’outil de production et d’augmenter la
production de munitions en France, ce qui est indispensable. Le financement de
cette plateforme devra être assuré à la fois par l’État et par des
investisseurs privés – ils
ont désormais une responsabilité claire et identifiée
dans l’effort de réarmement. D’autres
mesures seront présentées par les ministres de l’économie et des armées dès demain. Je souligne d’ailleurs
que c’est la première fois depuis très
longtemps que les ministères
civils se mobilisent autour du ministère
des armées. C’était une des conditions pour réussir ;
nous y sommes arrivés.
Cet effort passera également par une mobilisation européenne. Dans la mesure où
la défense est une affaire de souveraineté, elle relève bien de la compétence
des seuls États. Toutefois, au sein d’un marché commun, il serait absurde de ne
pas organiser une stratégie industrielle et financière beaucoup plus cohérente
entre États européens. Nous savons que la base industrielle et technologique de
défense européenne est une nécessité. Elle est aussi, et surtout, une
opportunité pour la France, dont les industries doivent se montrer plus
offensives auprès de nos voisins immédiats. Ce n’est donc pas une fatalité et
elles doivent adapter leurs stratégies.
Pourquoi ces décisions comptent-elles aujourd’hui ?
Parce que si la France est présente en Méditerranée, dans le Golfe, au Liban, à
Djibouti, en Roumanie, dans la Baltique, c’est parce que des décisions ont été
prises hier ou avant-hier, par nos anciens. Nous ne décidons jamais seulement
pour aujourd’hui : nous décidons pour les crises de demain. Nous ne
décidons jamais pour le temps d’une crise à court terme ou d’une guerre, mais
pour les suivantes, à long terme.
Au fond, la conclusion est simple : si nous voulons être indépendants,
conformément à l’héritage gaulliste entretenu par tous les présidents de la
République, nous devons être capables de nous défendre par nous-même. Et si
nous voulons être capables de nous défendre par nous-mêmes, nous devons
investir davantage pour maintenant, mais aussi pour demain.
Toutefois cette réponse ne peut pas être uniquement budgétaire. Elle est aussi
organisationnelle, elle est aussi juridique, elle est aussi nationale. Elle est
donc aussi politique, intellectuelle et culturelle. Car la réalité des crises
contemporaines est claire : elles sont rapides, hybrides, imprévisibles.
Elles mêlent le militaire, l’économique, le cyber, l’informationnel, l’énergie.
Elles visent nos intérêts, mais aussi notre capacité collective à réagir.
Elles se cumulent plus qu’elles ne se succèdent.
Face à cela, l’État doit être prêt. Il doit se préparer, se mettre à jour.
C’est le sens du nouveau régime d’état d’alerte de sécurité nationale que nous
vous proposerons dans la loi de programmation militaire : ce nouveau cadre
permettra en cas de menaces, et lorsque les circonstances l’exigent, d’adapter
temporairement nos règles pour accélérer les décisions, simplifier les
procédures et lever les blocages qui ralentissent aujourd’hui la conduite de
nos projets stratégiques.
C’est le sens d’autres mesures qui vous seront proposées par le gouvernement
qu’il s’agisse de la lutte antidrones, de la gestion des stocks stratégiques ou
des réserves pour lesquelles nous poursuivrons nos efforts.
En effet, il ne serait pas acceptable que face à une menace imminente, la
nation soit entravée par ses propres lenteurs. Nos compétiteurs ne s’imposent
pas ces contraintes. Nous ne pouvons pas être les seuls à nous les imposer
lorsque notre sécurité est en jeu.
Il ne s’agit certainement pas de remettre en cause l’État de droit, il s’agit
de lui donner enfin les moyens d’être efficace en temps de crise. Cela vaut
pour la production de munitions, cela vaut pour les programmes industriels de
défense, et cela vaut aussi pour la mobilisation de nos capacités civiles et
militaires. Au fond il s’agit d’une même exigence : adapter un État conçu
pour le temps de paix à un monde qui ne l’est plus tout à fait. La mise à jour
de la programmation militaire ne sera donc pas uniquement budgétaire :
elle viendra tirer des conclusions plus profondes sur notre organisation pour
nous adapter aux crises actuelles et futures, en confrontant plus que jamais
l’État militaire à sa composante civile.
Mesdames et messieurs les députés, je l’ai dit, la deuxième conséquence de
cette guerre est évidemment énergétique, car l’énergie constitue un élément
essentiel de notre souveraineté au même titre que les sujets militaires. Le
premier effet de ce conflit, pour les Françaises et les Français, c’est
incontestablement le prix de l’énergie.
Mais pour bien comprendre ce qui se joue, il faut employer les mots précis et
évoquer les événements en cours avec ordre et clarté. Tout d’abord, nous
faisons face à une crise de volatilité des cours, liée à l’imprévisibilité des
acteurs de ce conflit, y compris parmi nos propres alliés. Il s’agit d’une
volatilité liée à l’incertitude sur sa durée, alimentée par des comportements
spéculatifs qui amplifient les mouvements de marché et importent de facto
une inflation issue de l’extérieur.
Au fond, cette crise est pour l’instant avant tout une crise de la circulation.
Ce qui est en cause aujourd’hui, ce sont les routes maritimes, la liberté des
tankers, ce sont les flux. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part
essentielle du pétrole et du gaz mondial, est plus que sous tension. Les
déclarations faites hier par l’Iran sur le passage désormais possible des
navires « non hostiles » sont peut-être le signe d’un changement de
phase dans cette crise. Il nous faut bien entendu rester vigilants, prudents,
pour ne pas dire plus. Les déclarations les plus contradictoires s’enchaînent
presque sans trêve depuis trois semaines et alimentent cette volatilité des
prix.
Nous devons tout faire pour que cette crise de circulation ne devienne pas une
crise de la production. Si les infrastructures énergétiques venaient à être
durablement frappées dans la région, dans une escalade tant verticale
qu’horizontale – nous
l’avons vu au cours des quarante-huit
dernières heures –, alors nous changerions de nature
de crise. Nous basculerions dans une crise plus profonde, plus systémique, plus
durable, beaucoup plus difficile à maîtriser.
Mais je veux être très clair devant la représentation nationale : il n’y a
pas aujourd’hui de risque de pénurie pour notre pays. Nos approvisionnements
sont sécurisés. Nos stocks pétroliers sont mobilisables. Notre système tient.
Nous ne sommes pas dans la même situation qu’en 2022 ou 2023, lorsque nous
étions en état de dépendance vis-à-vis de la Russie, et le rendement de notre
parc nucléaire est bien supérieur à celui de 2022.
Nous faisons face à un problème de coût de l’énergie, pas à un problème d’accès
à l’énergie. Et c’est précisément sur ce terrain que le gouvernement oriente et
adapte son action, sous l’autorité des ministres concernés. Il agit évidemment
en aval, où les Français subissent directement les effets de la crise. Nous
avons engagé un travail étroit avec les distributeurs pour maîtriser les marges
et éviter tout effet d’aubaine. Nous disposons d’outils de coercition, mais le
dialogue a été privilégié depuis le début de la crise, et il faut le
reconnaître et le souligner : il a produit des résultats.
Je veux poser un principe simple : les prix ne peuvent pas monter très
vite quand les marchés s’emballent, et redescendre plus lentement quand ils se
détendent. C’est une question de respect du consommateur. Ce principe,
nous le ferons respecter.
Les agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de
la répression des fraudes (DGCCRF) sont pleinement mobilisés. Les contrôles
sont massifs, pas autant que nous le souhaiterions, mais ils ont produit des
effets. Et nous n’hésiterons pas à utiliser tous les outils à notre disposition
si cela est nécessaire.
Nous agissons aussi sur la chaîne de production et de transformation. C’est le
sens de la décision visant à permettre à la raffinerie de Gravenchon
d’augmenter ses capacités. Parce que dans une telle crise, chaque maillon
compte : l’approvisionnement, le raffinage, la distribution.
Je veux également évacuer une piste d’emblée, sans esprit polémique. Aucun
chèque général, aucune mesure globale, à l’aveugle, ne sera efficace dans la
crise actuelle. Cela a été tenté par le passé, c’est très coûteux pour les
finances publiques et derrière un chèque se cache très vite un impôt ou des
répercussions très graves pour les finances publiques.
À ceux qui sont avides de mimer ce que font nos voisins européens sans regarder
dans le détail, je rappelle que l’Italie a annulé des crédits du ministère de
l’éducation nationale, de l’intérieur et de la santé pour financer ses récentes
mesures de remise à la pompe. C’est aussi une leçon que nous avons
collectivement tirée des débats budgétaires de cet automne. On ne peut pas
souligner la singularité de notre modèle énergétique et nous comparer à des
pays voisins qui dépendent bien davantage que nous des pays du golfe Persique,
et singulièrement du gaz venu du Qatar pour ce qui concerne l’Italie.
Beaucoup de propositions ont été faites pour baisser le coût de l’énergie. J’y
reviens sans volonté de polémique, je le répète, pour éclairer le débat public
conformément à l’esprit nos échanges. Certains veulent réduire la TVA sur
l’énergie. D’autres pays l’ont tenté, notamment la Pologne en février
2022 : finalement, la TVA a été captée par les acteurs intermédiaires et
le prix à la pompe n’a pas bougé. Pire, le retour d’expérience a montré que
quand la TVA a été rétablie, les prix ont augmenté car les intermédiaires ont
conservé leurs marges. La baisse de la TVA est une mesure inefficace, mais
aussi ruineuse pour les finances publiques, et finalement pour les
consommateurs.
D’autres proposent, comme cela a été fait hier au cours des questions au
gouvernement, de revenir à la taxe flottante sur les produits énergétiques,
mieux connue par son sigle : TIPP. Je veux rappeler que cette expérience a
coûté 2,7 milliards d’euros aux finances publiques pour un effet moyen de
seulement 2 centimes d’euro par litre. L’efficacité d’une telle manœuvre
est donc objectivement quasiment nulle. La Cour des comptes a de plus estimé
que cette mesure avait engendré une perte de 600 millions d’euros durant
l’année 2004, pour une raison simple : quand le prix augmente les
quantités vendues diminuent.
Une nouvelle fois, je forme le vœu que la classe politique dans son ensemble,
nos opposants comme nos soutiens, je le dis toujours sans esprit polémique,
tienne compte des expériences passées et des retours d’expériences analysés par
les meilleurs experts.
Pour autant, il n’est pas question d’abandonner les acteurs, les Françaises et
les Français les plus exposés.
Les pêcheurs, directement frappés par la hausse du carburant, font l’objet de
premières mesures d’urgence avec des dispositifs de trésorerie, des reports
d’échéances, et un accompagnement renforcé, mais nous savons que cela ne
suffira pas. J’ai demandé au ministre d’aller plus loin. La Commission européenne
a été saisie aujourd’hui et le Conseil agriculture et pêche qui se tiendra
lundi à Bruxelles devrait permettre d’avancer sur des mesures d’aide directe,
interdites jusqu’à présent.
Les agriculteurs, confrontés non seulement à la hausse des prix du carburant
mais aussi à celle du prix des engrais, sont également soutenus. Au-delà de
l’urgence, nous préparons un plan « engrais » pour réduire notre
dépendance et renforcer notre souveraineté agricole. Ce plan vise à limiter
enfin, si j’ose dire, les besoins d’apport en engrais – notamment par l’optimisation des quantités –, à
substituer autant que possible des apports organiques aux engrais minéraux et à
produire, en France, des engrais minéraux
décarbonés. Il
faut reconnaître
que nous avons beaucoup trop de retard, cette crise doit nous permettre de le
rattraper.
D’autres secteurs sont également concernés. Je
pense notamment aux professionnels de santé libéraux, aux secteurs industriels
comme la chimie, fortement exposés aux coûts de l’énergie, et à d’autres
filières que nous avons citées précédemment lors des questions au gouvernement.
Des annonces ont été faites et d’autres viendront. Dans une crise de cette
nature, il faut savoir adapter nos réponses en permanence. Il est évident que
la crise va évoluer de jour en jour et il va nous falloir être très souples et
très adaptables. J’ai donc demandé à l’ensemble des ministres de se préparer à
tous les scénarios, y compris les plus difficiles et les plus graves.
Il faut dans le même temps tordre le cou à une idée fausse : non, l’État
ne profite pas de la crise ! Tout d’abord parce que l’État, c’est la
nation tout entière. Ce qui pourrait être perçu comme un gain d’un côté est
compensé par une perte ailleurs : soutien aux filières, dépenses publiques
supplémentaires, impact sur l’activité économique – dont la baisse de la consommation et
la diminution des rentrées
fiscales. D’ailleurs, les prévisions de l’INSEE publiées hier tablent sur un
ralentissement de la croissance de 0,3 % à 0,2 % aux deux premiers
trimestres.
Enfin, la crise fait monter les taux d’intérêt souverains. Il devient déjà plus
cher pour la France d’emprunter pour financer sa dette. Le taux d’emprunt de la
dette française a augmenté de 15 % depuis le 27 février. C’est
pourquoi nous prendrons un engagement simple : la transparence totale en
la matière. Elle permettra de répondre aux questions, de dissiper les doutes,
d’entraver les fantasmes ou les mensonges qui nuisent au consentement à l’impôt
et portent atteinte au patriotisme. Car les seuls profiteurs de cette crise
sont les pays producteurs d’énergie fossile dont nous sommes aujourd’hui encore
trop dépendants. Et celles et ceux qui pointent du doigt l’État sont les mêmes
qui, il y a seulement trois semaines, refusaient la décarbonation de notre
modèle énergétique !
Le Parlement sera donc pleinement associé. Une première restitution
interviendra dès le mois d’avril. Et chacun pourra juger sur pièces de la
réalité des effets budgétaires de cette crise sur le terrain économique mais
aussi budgétaire et fiscal.
Mais je le dis aussi clairement : chacun devra partager la contrainte. Car
les choses ne sont jamais aussi simples que certains le prétendent parfois,
surtout entre deux campagnes électorales.
Au-delà de la gestion immédiate, cette crise nous rappelle une réalité plus
profonde : notre dépendance aux énergies fossiles demeure trop importante.
C’est pourquoi la réponse ne peut être uniquement conjoncturelle et doit,
peut-être plus que d’habitude, être stratégique et de long terme. Les deux
guerres que nous connaissons ne sont que le début de nouveaux dérèglements. Je
crois que monde que nous avons connu avant 2022 a hélas vécu. Nous devons hâter
la transformation structurelle de nos économies et de nos usages.
Depuis des années, la France a fait un choix clair : le nucléaire et les
énergies renouvelables. Les deux. Parce qu’il nous faut une électricité
abondante. Parce qu’il nous faut une électricité décarbonée. Parce qu’il nous
faut une électricité souveraine. La programmation pluriannuelle de l’énergie
(PPE) s’inscrit dans cette logique. Elle doit être tenue et accélérée. Hier,
une crise de cette nature aurait mis immédiatement notre économie à terre. La
guerre en Ukraine l’a déjà montré : beaucoup pensaient que l’Europe ne
pourrait pas se passer du gaz russe. Elle l’a pourtant fait. Pourquoi ?
Parce qu’il y a eu anticipation. Parce qu’il y a eu coordination. Parce qu’il y
a eu solidarité.
La leçon est claire, seule l’indépendance énergétique protège durablement. Et
les déclarations américaines de la nuit passée nous renforcent dans cette
conviction et nous incitent à aller plus loin et plus vite.
La décarbonation n’est pas seulement une exigence climatique. C’est une
exigence de souveraineté et donc de liberté. Chaque Français peut s’en rendre
compte à la pompe à essence. Il faut produire davantage chez nous, électrifier
nos usages et réduire nos dépendances.
Tirer les leçons de la crise, c’est investir utilement l’argent des Français
pour les protéger et certainement pas dépenser l’argent du contribuable pour
financer l’économie fossile de pays lointains dont nous sommes
dépendants ! C’est arrêter de subir cette crise, ou les suivantes,
car nous savons qu’il y en aura d’autres.
Comme je l’ai annoncé lors de la publication de la PPE, il y aura un plan
d’électrification des usages afin de diminuer nos dépendances aux hydrocarbures
– dans le logement, dans la mobilité, dans l’industrie
et l’artisanat. Un plan sera présenté dès la semaine prochaine pour décarboner la mobilité des
particuliers, des artisans, des professionnels, ou encore pour réduire la dépendance
aux hydrocarbures de certaines filières.
Au fond, c’est toujours la même logique : tirer de chaque crise non
seulement des mesures d’urgence ou de court terme, mais des décisions enfin
durables et structurelles. Là encore, nous ne décidons pas seulement
pour aujourd’hui ; nous décidons pour les crises de demain.
Il faut agir ici, tout de suite, avec des mesures d’urgence ; agir ici,
tout de suite, pour demain, avec les mesures qui anticipent les crises du
pétrole à venir – car
elles sont appelées à se répéter ;
agir là-bas, à la
source, au Proche et au Moyen-Orient, pour protéger
nos ressortissants, nos intérêts et nos valeurs.
Face à cette situation, la France n’est pas spectatrice. La France est une puissance responsable.
En tant que telle, elle agit. Elle agit diplomatiquement, en permettant des
scénarios de désescalade. Elle agit au Conseil de sécurité des Nations unies.
Elle agit avec ses partenaires européens, qui ont affiché une position commune
– cela n’a pas
toujours été facile ces dernières
années. Elle agit en tant que présidente du G7. Elle agit sur le terrain, aux côtés de
ses partenaires et alliés.
Surtout, elle propose : l’arrêt des
frappes, notamment contre les infrastructures civiles ; une solution diplomatique
globale ; la cessation des hostilités au Liban, le respect de sa
souveraineté et de son intégrité territoriale, le renforcement de l’armée
libanaise, une solution politique. Je veux saluer les décisions courageuses
prises ces derniers jours par les autorités libanaises ; elles sont
historiques. La ministre déléguée chargée de la francophonie, des partenariats
internationaux et des Français de l’étranger se rendra prochainement au Liban.
Une fois cette guerre achevée, il faudra, dans tous les cas de figure, nous
reposer la question de la présence internationale au Liban, et nous interroger,
lorsque les conditions seront réunies sur la mise en place d’une mission
internationale destinée à garantir la liberté de navigation dans le détroit
d’Ormuz, dans une logique de protection – comme
nous avons su le faire, avec la marine nationale, en Mer rouge.
Je veux être clair : la France n’est pas partie au conflit ; elle ne
participera pas à des opérations de guerre pour ouvrir ce détroit par la
force ; elle ne se laissera pas entraîner dans une guerre qu’elle n’a pas
choisie. Mais elle est prête à prendre ses responsabilités pour
sécuriser les routes maritimes, dans le cadre du droit international et avec
ses partenaires. Car tel est son rôle de membre permanent du Conseil de
sécurité et de grande puissance maritime mondiale.
Pour conclure, je veux dire un mot de nos ressortissants. Près de
400 000 Français sont présents dans la région – résidents
ou de passage. Le Quai d’Orsay,
nos ambassades, nos consulats sont pleinement mobilisés pour les protéger,
les accompagner et les aider à
revenir en France. De nombreux vols ont été affrétés à
cette fin ; d’autres sont encore prévus.
Nos agents consulaires sont mobilisés
depuis le début de la crise et continueront de l’être jusqu’à son terme. Je
tiens à les remercier publiquement et chaleureusement pour le travail admirable
qu’ils accomplissent dans une des crises les plus difficiles de ces dernières
années.
Au fond, cette crise pose une question simple : le monde peut-il encore
être organisé autour de la sécurité collective et du multilatéralisme ?
Quelles sont les nations encore capables de les défendre ?
La France en est une, je le crois – et c’est un trait permanent de notre pays depuis de
nombreuses décennies –, parce qu’elle a une politique de défense ;
parce qu’elle
a une politique étrangère ;
parce qu’elle
a une politique énergétique ;
parce qu’elle
a une politique de partenariats qui refuse l’alignement
systématique – c’est le moins que l’on
puisse dire ;
parce qu’elle
veut agir concrètement
là où,
malheureusement, d’autres
pays, parmi nos voisins, se condamnent à
commenter.
Je reprends les mots du président de la République : « Pour être
libre, il faut être puissant. » À nous de continuer collectivement dans
cette voie et, quelles que soient nos sensibilités politiques, d’en tirer
toutes les conséquences pour la France.
> Nous n’avons ni pénurie, ni blocage des approvisionnements, mais les prix restent volatils. Le Gouvernement agit : - gestion des stocks stratégiques pour sécuriser l’approvisionnement - augmentation du raffinage, +10% à Gravenchon pour renforcer nos capacités de transformation - suivi et contrôle des marges des distributeurs - premières mesures ciblées de soutien aux filières les plus exposées : pêcheurs, agriculteurs et transporteurs On ne peut pas laisser croire que l’État profite de cette crise : elle est au contraire une mauvaise nouvelle pour les finances publiques ! Les vrais gagnants sont les pays producteurs de pétrole et de gaz. Trop de métiers essentiels restent encore dépendants des énergies fossiles. J’ai demandé aux ministres Lescure et Bregeon d’accélérer le grand plan d’électrification, surtout pour les PME. C’est la condition pour réduire durablement notre dépendance et protéger les Français face aux chocs à venir.
> La délinquance du quotidien pèse sur la vie des
Français. Le projet de loi RIPOST, vise à donner aux forces de l’État les
moyens d’agir face aux comportements violents, incivilités et nuisances qui
altèrent la qualité de vie de nos concitoyens.
En 2024, 33 800 opérations ont été menées contre les rodéos, avec 3 125 engins
saisis.
Sanctions prévues :
- Rodéo simple : 2 ans de prison
- Rodéo en réunion : 3 ans
- Suspension du permis
Les infractions liées à la drogue progressent en
2025 : pour l’usage et le trafic. L’usage sera désormais sanctionné par une
amende forfaitaire de 500 €, pour permettre une action rapide des forces de
l’État. La consommation détournée de protoxyde d’azote augmente également,
créant des risques pour la santé des utilisateurs et de leur entourage. Face à
cela, un délit d’inhalation hors cadre médical est prévu : 1 an de prison et
3 750 €, avec amende forfaitaire de 200 €. Un délit de conduite sous consommation
manifeste sera créé. Vente et transport illégaux sanctionnés, fermeture
administrative possible.
Les mortiers d’artifice sont un danger pour tous : plus de 83 000 articles ont
été saisis en France en 2025. La détention, l’usage ou la vente illégale pourra
désormais être punie jusqu’à 5 ans de prison. Les ventes illégales, les refus
de contrôle ou la diffusion en ligne seront sanctionnés.
Les raves illégales, notamment sur les terres agricoles, deviennent un délit :
- Organisateurs : 2 ans de prison et 30 000 € d’amende.
- Participants : 6 mois et 7 500 €.
Confiscation du matériel, suspension des permis et retrait des contenus en
ligne complètent le dispositif.
Les interdictions administratives de stade pour les supporters violents sont
renforcées : elles couvrent désormais les lieux de regroupement des supporters,
24 h avant et après les matchs. Chacun doit pouvoir se déplacer et assister à
un match en toute sécurité.
La sécurité est un droit fondamental. Le Gouvernement et les forces de l’ordre
sont pleinement mobilisés pour que chaque Français puisse vivre, se déplacer et
profiter de sa vie quotidienne en toute sécurité.
> Échange ce matin à Matignon avec António Costa, président du Conseil européen. Pour la France, l’enjeu est clair : une Europe plus compétitive, autonome et capable de soutenir ses secteurs stratégiques. Le cadre financier 2028‑2034 doit porter les priorités françaises : compétitivité, préférence européenne, financement de projets concrets et innovants, PAC, défense et prise en compte des territoires ultramarins. Une exigence constante : une Europe qui protège, investit et défend ses intérêts.
> Nous poursuivrons un travail de fond avec les communes pour franchir une nouvelle étape dans la décentralisation des compétences. Objectif : clarifier qui décide, à quel niveau, avec quels moyens, condition essentielle pour l’efficacité et la confiance. La méthode reste constante : ni passage en force, ni immobilisme. Le Gouvernement propose, le Parlement débat et vote, les maires seront associés. La République avance quand elle part du terrain.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Violences lors des municipales / Intervention à l’Assemblée] Vous évoquez
un certain nombre d’événements qui se sont produits soit pendant la campagne,
soit après la proclamation des résultats. Vous avez raison : les images
que nous avons vues ont légitimement choqué et, de même que l’ensemble du
gouvernement, je condamne avec la plus grande fermeté ces faits absolument
inacceptables. Mme Gatel rappelait tout à l’heure que les élections
municipales s’étaient bien déroulées, et en termes d’organisation tel est effectivement
le cas, mais la campagne a parfois été très dure, très difficile : le
ministère de l’intérieur a enregistré à ce jour plus de 120 faits
judiciarisés commis dans ce cadre ! C’est beaucoup plus que les autres
années, ce n’est pas non plus acceptable, et cela révèle le climat qui l’a
caractérisée.
Certains maires à peine élus ont en outre pu tenir des propos où ils se
proposaient de faire des lois de la République une application un peu
curieuse : j’y reviendrai.
La réponse, bien sûr, est d’abord juridique ; nous disposons depuis
quelques années de dispositifs de protection des élus locaux, la loi du
21 mars 2024 a permis une protection fonctionnelle des candidats et durci
les sanctions en cas de violences à l’encontre des maires. Mais cette même
réponse doit également être démocratique. Nous aimerions que sur tous les bancs de
cette assemblée, de
tels comportements, de tels propos soient condamnés très fermement. Ils le sont, encore une fois, par le
gouvernement, ils
le sont par les préfets de la République. Dans les communes où ces faits ont eu
lieu et qui relèvent souvent de La France insoumise – on a ainsi entendu un maire s’en prendre directement aux agents territoriaux, aux
agents municipaux, au mépris
du statut de la fonction publique territoriale! –, les préfets seront
attentifs à l’application des lois, comme partout sur le territoire de la
République. Ils y veilleront dans toutes les communes, y compris celles de La
France insoumise !
> [Délinquance du quotidien / Intervention au
Sénat] Le projet de loi Riposte, que j'ai présenté en conseil des ministres ce
matin, vise en effet à produire un choc d'autorité et d'efficacité.
Il s'agit de réprimer plus efficacement certaines infractions graves, comme les
rodéos urbains, les rave parties ou la consommation de protoxyde d'azote. Nous
voulons aussi doter les forces de sécurité intérieure de moyens accrus.
Plus précisément, nous créons une amende forfaitaire délictuelle de
800 euros pour les rodéos ; les personnes reconnues coupables
pourront en outre être interdites de conduire tout véhicule terrestre à moteur.
En ce qui concerne le protoxyde d'azote, nous créons trois délits, en nous
inspirant de propositions parlementaires : inhalation, transport,
commerce. Les commerces impliqués pourront faire l'objet d'une fermeture
administrative.
S'agissant des nouveaux moyens, les forces de sécurité intérieure pourront
notamment utiliser davantage la lecture automatique des plaques
d'immatriculation, par exemple pour lutter contre les go fast.
Enfin, nous étendons le champ d'application de la vidéoprotection assistée à
tous les lieux fréquentés par le public.
> Lutter contre les squatteurs Airbnb : "Nous avons prévu d'ajouter les meublés touristiques à la liste des biens qui pourront faire l'objet d'évacuation forcée par les préfets.
> Honoré ce matin d’avoir présidé au Panthéon une cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française, pour 200 nouveaux citoyens français. Rejoindre notre communauté nationale est une décision belle, grave, qui engage pour le présent et l’avenir. C’est faire le choix de s’intégrer pleinement et faire Nation. C’est faire la promesse d’offrir le meilleur de soi-même pour faire briller notre pays.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> [Déclaration du gouvernement à l’Assemblée sur les hostilités au
Moyen-Orient]
La France agit sur les piliers de la recherche de la paix : la diplomatie
d’un côté et la politique de défense de l’autre. La défense est une compétence
souveraine des États membres. La stratégie européenne de défense se traduit
donc par des accords de coopération – par
exemple sur l’acquisition
de matériel, avec la réserve de la compétence
propre des États.
Elle dépend également
de la capacité des
différents pays à travailler entre eux. L’opération Aspides, fruit d’une
volonté commune de sécuriser la mer Rouge afin d’y garantir la liberté de
navigation en est un exemple. Il s’agit d’un enjeu majeur et c’est tout le sens
de l’engagement du président de la République. Nous cherchons à rétablir la
liberté de navigation également dans le détroit d’Ormuz, car celle-ci est la
condition sine qua non du commerce international.
À l’échelle européenne, de nombreuses initiatives ont été prises. Je salue le
travail mené par la ministre déléguée Alice Rufo lorsqu’elle dirigeait la
direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS). Je
pense à ce que nous avons fait en matière d’équipement avec les programmes Elsa
– approche européenne de frappe à
longue portée – et Edip – programme
européen pour l’industrie de la défense –, qui sont des exemples de coopération européenne.
Sur la situation au Proche et Moyen-Orient, les ministres des cinq plus grands
pays européens en population – Pologne,
Allemagne, Royaume-Uni, Italie et France – se
sont réunis. Les pays riverains de la Méditerranée n’ont pas toujours la même
lecture de la situation que ceux situés
plus à l’est.
Nous poursuivons ce travail par des réunions
avec différents
partenaires. C’est l’engagement du président
de la République.
> [Déclaration du gouvernement à l’Assemblée sur
les hostilités au Moyen-Orient]
Je voudrais revenir sur certains des points que vous avez évoqués.
Le premier, c’est le respect des accords que nous avons signés avec les Émirats
arabes unis, le Qatar et le Koweït. Très concrètement, il s’agit d’accompagner
ces pays lorsqu’ils sont attaqués afin qu’ils puissent se défendre. Notre
mission y est strictement défensive, j’y insiste : c’est une mission
d’accompagnement. C’est une clause d’assistance mutuelle que nous avons signée.
Nombre d’entre vous l’ont dit : quand la France signe des accords, elle y
est fidèle et, le jour où elle doit les appliquer, elle les applique.
J’en profite pour revenir sur l’engagement de nos militaires, un sujet que vous
avez tous évoqué. J’étais à leurs côtés hier et avant-hier et je peux témoigner
de l’engagement, aussi bien des pilotes des Rafale que de celui des marins,
qu’ils soient en Méditerranée orientale au sein du groupe aéronaval, sur le
Charles de Gaulle, ou en mer Rouge, dans le cadre de l’opération
Aspides – où nous avons désormais
non plus une, mais deux frégates,
ce qui montre que la France joue son rôle en
accomplissant une mission strictement défensive,
d’accompagnement, en mer Rouge.
Je veux aussi avoir un mot pour l’armée de terre. Vous avez insisté à
juste titre sur la nécessité de protéger
nos emprises. Le président
de la République
l’a dit dès le 4 mars : nous avons comme objectif la
protection de nos 400 000 ressortissants, mais aussi la
protection de nos emprises. Or ce sont les militaires du génie du 5e régiment
de cuirassiers qui, très rapidement, ont été en mesure de venir renforcer le
Camp de la paix aux Émirats arabes unis, comme la base aérienne, de façon à
protéger nos soldats. Vous le voyez : l’ensemble de nos armées sont
mobilisées dans des missions qui consistent à défendre, non seulement nos
alliés, mais aussi nos propres forces.
J’en viens au deuxième point, que vous avez tous évoqué : la nécessaire
actualisation de la loi de programmation militaire, à laquelle avait travaillé
mon prédécesseur, notre premier ministre. Il vous a lui-même présenté le
calendrier : dès que le projet de loi aura été présenté en conseil des
ministres, le 8 avril, nous pourrons commencer à y travailler avec la
commission de la défense nationale. Ce texte, vous le savez, aborde tous les
sujets. Vous nous avez interpellés au sujet des câbles, c’est-à-dire des fonds
sous-marins, et j’ose dire que nous devrons effectivement aller des fonds
marins jusque dans l’espace, où les satellites, qui permettent la communication
et l’information, sont tout aussi stratégiques.
Vous avez beaucoup insisté sur les munitions. Sur ce sujet, nous devons faire
plus vite, plus fort. Nous devons bien sûr produire plus et travailler sur
notre industrie de défense – c’est le sens d’une réunion que nous aurons demain avec le premier ministre.
Il nous faut également
tirer les leçons,
non seulement de la guerre en Ukraine, mais aussi de ce qui se passe au Proche
et au Moyen-Orient. Il importe d’adapter
notre matériel,
de développer la lutte antidrone, de
produire des effecteurs et de prendre en compte le coût des missiles.
Tout cela montre qu’il est essentiel d’investir dans la recherche et le
développement. Nous avons des start-up très engagées et nous allons continuer à
travailler sur ces sujets. Nous aurons aussi à travailler sur nos avions de
chasse car, même si leur efficacité est souvent soulignée, il est nécessaire de
continuer de les faire évoluer – je
pense par exemple au standard F5 du Rafale.
En aucun cas nous n’oublions
l’Ukraine. Le président Zelensky était à Paris il y a une quinzaine de
jours et la France, vis-à-vis de l’Ukraine, accomplit aussi une mission
d’accompagnement et de partenariat. La fiabilité de l’engagement français est
réelle là encore et celui-ci se décline sur plusieurs plans : fourniture
de munitions, formation et concrétisation de la coalition des volontaires – grâce à l’action
du président de la République.
Monsieur Thiériot,
vous avez évoqué les acquisitions de munitions dites sur étagère – la
fameuse liste des besoins priorisés de l’Ukraine (Purl). Vous avez
raison : c’est une préoccupation majeure, quand on voit la consommation de
munitions que font actuellement les Américains.
J’imagine que mon collègue Jean-Noël Barrot reviendra sur la question du
détroit d’Ormuz. Là encore, la mission qui nous est fixée par le président de
la République est claire : la diplomatie doit jouer son rôle et nous
devons proposer un accompagnement qui ne relève que de la vigilance ; l
n’est pas question pour la France de s’engager dans une démarche militaire.
Bien évidemment, il convient de privilégier la diplomatie avant, dans un
deuxième temps – peut-être, un jour –, d’envisager une escorte de navires de commerce.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Prix du pétrole et du gaz / Intervention au Sénat] Oui, ce choc est
important. Mais la France est plutôt mieux préparée à y faire face que, par
exemple, l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne ou la Grèce, sans parler de nos
partenaires asiatiques. Nous n'avons en effet aucun enjeu d'approvisionnement -
en Asie, des mesures de rationnement sont prises.
La France est entrée dans cette crise dans une position plutôt favorable :
l'Insee s'attend à un acquis de croissance de 0,9 % à la fin du premier
semestre et à 2 % d'inflation - bien moins qu'en Espagne ou en
Italie, où les prix du gaz ont des conséquences plus importantes.
Ce choc nous atteint tous ; nous devons évaluer la manière d'en partager
le coût. Le Premier ministre souhaite qu'on se concentre sur les secteurs les
plus exposés : agriculteurs, pêcheurs, transporteurs. Nous mettons en
oeuvre des mesures de trésorerie et des mesures visant à indexer davantage le
coût du transport sur celui du gasoil. D'autres mesures potentielles sont à
l'étude, toujours avec le souci des deniers publics - car nous ne devons
sacrifier ni les contribuables d'aujourd'hui ni ceux de demain.
> [Déclaration du gouvernement à l’Assemblée sur
les hostilités au Moyen-Orient]
L’enjeu économique majeur de cette crise, qui depuis quelques jours est entrée
dans une nouvelle phase : même si le conflit venait à s’interrompre plus
tôt que prévu, elle aurait, du fait des dommages désormais subis par les
infrastructures énergétiques, des conséquences durables, notamment pour les
entreprises qui consomment beaucoup d’énergie, en particulier des énergies
fossiles.
Nous pouvons apporter trois réponses. Tout d’abord, à long terme, il nous faut
continuer de décarboner, d’électrifier notre industrie. Dans les années 1970,
nous dépendions à 90 % des hydrocarbures ; aujourd’hui, à 60 %.
Dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie, nous voulons
passer à 40 %, entre autres grâce à l’électrification des usages dans les
petites, moyennes et grandes entreprises. De l’artisan boulanger à l’aciériste
de Dunkerque, nous devons électrifier : nous serons ainsi plus souverains,
plus décarbonés, mieux protégés des chocs.
À très court terme, la réponse réside dans la solidarité entre filières. Nous
avons instauré des réunions régulières avec toutes les filières. France
Industrie réalise un travail exceptionnel pour faire en sorte que les filières
industrielles clientes les unes des autres, comme la chimie et la plasturgie,
communiquent entre elles. Nous avons engagé une démarche proactive du Médiateur
des entreprises, afin de faciliter le règlement des enjeux de trésorerie.
L’État a aussi commencé à agir dans les secteurs les plus exposés, avec des
mesures de trésorerie, là encore, et une réflexion destinée à se poursuivre.
Dernier point – je
vois qu’il me
reste vingt secondes de parole –, la
souveraineté
européenne : l’indépendance
de la capacité de
production française
et européenne,
le choisir européen, l’accélérateur industriel annoncé. Il
faut faire en sorte que l’on préfère l’Europe dans les marchés
publics, dans l’ensemble
de nos chaînes d’approvisionnement. La préférence européenne
s’est enfin fait jour dans les mots ; elle doit passer dans les actes.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Commerce international / Intervention à l’Assemblée] La présidente de la
Commission européenne et le premier ministre australien ont annoncé dans la
nuit de lundi à mardi avoir conclu un accord, le contexte géopolitique actuel
étant tel que l’Australie a retrouvé intérêt à ces négociations, bloquées
depuis 2023. D’après ce que nous comprenons à ce stade, la suppression des
tarifs douaniers existants avec l’Australie représenterait un gain important
pour de nombreux secteurs économiques français. Les représentants de certains
d’entre eux, notamment agroalimentaires, se sont déjà exprimés
favorablement : je pense aux vins et spiritueux ainsi qu’aux produits
laitiers.
Étant donné la tension que connaissent les chaînes de valeur des industries de
la transition écologique, cet accord constitue une occasion de sécuriser un
accès privilégié aux minerais critiques australiens, dont les terres rares.
Quant à nos sensibilités agricoles, que nous avons fait valoir, elles se
concentrent sur la viande de bœuf, la viande de mouton et le sucre. La
Commission a manifestement tenu ses engagements au sujet des volumes
concernés : compte tenu des demandes australiennes, nos agriculteurs
craignaient des chiffres beaucoup plus élevés. Des conditions de production ont
été associées à des volumes qui monteront en puissance de manière très
progressive ; une clause de sauvegarde spéciale et opérationnelle est
prévue.
Voilà ce qu’il est possible de dire à cette heure ; concernant la
protection de nos filières agricoles, nous continuerons d’exercer une vigilance
maximale.
> [Liban / Intervention au Sénat] Le Gouvernement
est mobilisé aux côtés du peuple et de l'État libanais, entraînés dans une
guerre qu'ils n'ont pas choisie par la décision du Hezbollah de se joindre aux
attaques de l'Iran contre Israël. Les représailles israéliennes ont provoqué
plus de mille morts et le déplacement d'un million de personnes. Je
me suis rendu au Liban pour saluer l'action des ONG, notamment de l'Ordre de
Malte.
Nous soutenons les autorités libanaises dans leurs décisions courageuses :
désarmement du Hezbollah ; déclaration de ses activités militaires comme
illégales ; renvoi de l'ambassadeur d'Iran au Liban. Nous travaillons pour
renforcer les forces armées libanaises - c'est indispensable pour libérer
le Liban de l'emprise du Hezbollah.
Nous exhortons les autorités israéliennes à s'abstenir de toute incursion
terrestre et de toute frappe sur les infrastructures civiles et les zones
densément peuplées - car le centre de Beyrouth a été frappé, c'est une
première. Nous les exhortons aussi à saisir la main tendue par les autorités
libanaises, afin de conduire un dialogue de haut niveau. Je rappelle que
depuis 1949, ces deux pays sont en trêve.
Ces discussions pourraient déboucher sur un cessez-le-feu, un désarmement
ordonné du Hezbollah et une normalisation à terme des relations entre les deux
pays.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Maltraitance des enfants]
Il y aura bien un texte que nous allons porter avec le garde des Sceaux sur
la protection des enfants qui concerne les enfants confiés à l'aide sociale à
l'enfance. Vous savez qu'il y a des enjeux très importants, on parle d'enfants
qui ont 20 ans d'espérance de vie en moins que la population générale,
mais aussi tous les enfants, ceux qui seront en périscolaire, tous en fait les
enfants qui seront accompagnés d'adultes. (…)
Nous avons besoin d'améliorer la protection de nos enfants. C'est ce texte
qui est en train d'être travaillé et que j'espère sera porté, qui sera porté
très rapidement avec le garde des Sceaux.
> [Maltraitance des enfants] Aujourd'hui tout
adulte auprès d'enfants n'a pas un contrôle de ses antécédents judiciaires. (…)
On avait commencé à généraliser ce contrôle des antécédents judiciaires. Nous
allons augmenter ce périmètre de contrôle (…) et faire en sorte que ces
informations soient mieux partagées, mieux coordonnées. Parfois, il y a des
personnes qui sont contrôlées dans un secteur, mais qui peuvent postuler dans
un autre secteur. Typiquement, ce sont des mesures concrètes que nous allons mettre
dans ce texte, qui ne permettra plus ça pour diminuer le risque que des enfants
se retrouvent avec des prédateurs.
Ce texte va mettre en place, d'un point de vue de la loi, des contrôles
judiciaires pour toutes ces personnes qui seront accompagnantes d'enfants dans
ces milieux. Mais aussi, nous travaillons, et ce ne sont pas forcément des
mesures de texte de loi, mais nous travaillons sur la formation de ces
accompagnants. Nous faisons ça évidemment avec les collectivités, avec les
présidents de départements. J'ai entamé un tour de France avec monsieur Sauvadet,
le président de l'association des départements de France, mais avec les
communes aussi, parce qu'il y a aussi des mesures très concrètes à mettre en
place qui ne relèvent pas forcément de la loi, comme des conventions entre les
employeurs et ces personnes. (…)
Donc, c'est faire mieux parler les fichiers, et surtout, mieux coordonner ces
informations. C'est très important. C'était une demande du collectif SOS
Périscolaire, qui a été reçu très récemment par l'Élysée, et qui est une
demande forte.
> [Maltraitance des enfants] Nous mettons des
mesures dans ce texte qui vont permettre, en fait, de redonner des perspectives
à ces enfants [de l’aide sociale]. Il faut comprendre que ces enfants, tous les
six mois, tous les deux ans, on se repose la question de leur vie, de: «où
est-ce qu'ils doivent vivre?» Et ce texte répond de façon pas du tout
idéologique, mais très concrète, de façon très pragmatique, à améliorer,
accélérer l'adoption pour ces enfants, accélérer l'adoption simple, mais aussi
leur redonner juste des perspectives d'une vie la plus normale possible. (…)
Imaginons un enfant qui naît d'une famille de toxicomanes très sévères, un bébé
qui naît avec de la cocaïne dans le sang. On sait très bien que ça va être très
compliqué pour qu'il retourne vivre chez ses parents. Et donc, on va avoir des
mesures dont on se dit, dès le début, cet enfant va falloir qu'il puisse être
adopté. Ça ne veut pas dire perdre la filiation, mais avoir une adoption
simple. Et ça, nous l'accélérons. Et c'est une demande forte de tous les
acteurs, et évidemment, redonner un peu d'espoir aux enfants.
> [Projet de loi sur la maltraitance des enfants] Je vous annonce qu'il faut que ce texte passe [au Parlement]. Nous aurons la place, vous savez pourquoi ? Parce que la protection des enfants, ça concerne tous les politiques, ça concerne de façon transpartisane. Et c'est un texte qui est consensuel et que nous arriverons à faire passer. Ce texte part au Conseil d'État, sera présenté au Conseil des ministres mi-mai et sera, je l'espère, adopté avant la fin du quinquennat.
> [Accès aux soins / Intervention à l’Assemblée] Nous
savons, dans le territoire où nous sommes toutes deux élues, quelle angoisse se
cache derrière les difficultés que rencontrent, pour accéder aux soins, de
nombreux citoyens de notre pays. La politique que nous avons promue, ces
dernières années, afin d’améliorer la situation consiste à recourir à quatre
leviers.
Premièrement, la formation : nous avons augmenté de 27 % le nombre
des médecins formés dans notre pays. En novembre débutera la quatrième année
d’application du dispositif des docteurs juniors dont 3 700 viendront en
renfort dans les territoires les plus en difficulté.
Deuxièmement, la libération du temps médical, grâce à la coopération accrue
entre professionnels, l’apport des assistants médicaux, l’évolution des
compétences des infirmiers, que vous avez adoptée et pour laquelle les décrets
sont en cours de parution.
Troisièmement, la télémédecine et la télé-expertise, que nous développerons de
façon très importante dans les semaines qui viennent.
Quatrièmement, une meilleure répartition, qui sera obtenue par des mesures de
solidarité territoriale comme les consultations solidaires, mais aussi par la
volonté du premier ministre de soutenir le réseau France Santé, lequel
permettra un véritable choc d’accès aux soins. France Santé, que Françoise
Gatel et moi soutenons, vise à ce que 5 000 structures soient
labellisées d’ici à 2027 ; nous en sommes à 1 500. En ce moment même,
la Caisse nationale de l’assurance maladie négocie avec les professionnels afin
de concrétiser l’objectif de rendez-vous dans les quarante-huit heures si
l’état du patient le réclame, et à trente minutes de chez lui, de telle sorte
que chaque Français reçoive une réponse à sa demande de soins. Juste après ces
négociations arrivera une deuxième vague de labellisations.
L’amélioration de l’accès aux soins, vous le savez, constitue une priorité de
ce gouvernement.
> [Accompagnement des maladies chroniques / Intervention au Sénat]
Asalée est un dispositif évalué et qui fonctionne. Les
binômes médecin-infirmier permettent de suivre efficacement des malades
chroniques. Le Gouvernement et l'assurance maladie soutiennent historiquement
ce dispositif, et il n'est pas question que cela change.
L'assurance maladie finance le dispositif à hauteur de 100 millions
d'euros par an. Mais la situation de l'association est grave : un rapport
de l'Igas a mis en évidence des problèmes majeurs de pilotage et de conflits
d'intérêts.
Soucieux de conserver ce dispositif, nous avons maintenu les financements
pendant six mois. Hélas, les recommandations de l'Igas n'ont pas été mises
en œuvre et l'association s'est endettée de 12 millions d'euros auprès de
l'Urssaf.
Dès lors, il n'était plus possible de maintenir les financements publics. La
situation est désormais portée devant la justice, et une audience se tiendra
après-demain devant le tribunal des affaires économiques de Paris aux fins
d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire. Cette procédure
assurerait la reprise rapide du paiement des salaires des infirmiers ainsi que
le paiement des arriérés.
Notre priorité, ce sont les infirmières et les infirmiers. Il n'est pas
question d'abandonner un dispositif qui fonctionne. Nous répondrons présent,
mais nous devons attendre la décision de la justice
> Au Salon Infirmier aujourd’hui, aux côtés de celles et ceux qui font vivre notre système de santé au quotidien. Réforme de la formation, élargissement des compétences, reconnaissance, conditions de travail : nous avançons afin de mieux soutenir celles et ceux qui prennent soin des autres. Un plan dédié à la santé et à l’attractivité des professionnels du soin sera prochainement présenté. Merci à tous les acteurs engagés pour leur mobilisation et leur créativité au service de notre système de santé.
> Face à l’usage détourné du protoxyde d’azote, nous sommes également pleinement mobilisés. Il s’agit d’un véritable enjeu de santé publique, notamment pour les plus jeunes. Prévention, sensibilisation et accompagnement seront au cœur de notre action, en lien avec l’ensemble des acteurs concernés. Avec le projet de loi Sécurité du quotidien, nous renforçons l’encadrement du protoxyde d’azote : horaires de vente limités, renforcement des sanctions et création d’un délit d’inhalation hors usage médical. En parallèle, nous intensifions la prévention avec des campagnes ciblées, la diffusion d’information des impacts sur la santé et la mobilisation de tous les professionnels de santé pour repérer et agir plus tôt face aux usages à risque (https://parlons-proto.fr) Enfin, nous renforçons la prise en charge avec des dispositifs mis à disposition des jeunes comme les Consultations Jeunes Consommateurs, gratuites et confidentielles.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> [Petit colis venus de Chine / Intervention à l’Assemblée] L’explosion du
nombre de petits colis venus hors d’Europe, c’est une guerre en règle contre
notre modèle économique, social et environnemental. Je n’ai pas besoin de
rappeler ici les rideaux fermés dans les rues commerçantes, les industries
soumises à une concurrence déloyale, le nombre de produits saisis ne respectant
ni nos règles ni nos normes, ou les minorations artificielles de valeur pour
échapper à l’impôt.
Le gouvernement, avec Serge Papin, s’est mobilisé depuis de nombreux mois. Il a
ainsi été proposé à la représentation nationale d’adopter une taxe sur les
petits colis de 2 euros qui est entrée en vigueur le 1er mars.
Des acteurs sans scrupule, des entreprises d’e-commerce sans foi ni loi,
croient avoir trouvé la parade en faisant atterrir leurs avions en Belgique ou
aux Pays-Bas. Cette parade sera éphémère. Ces entreprises seront rattrapées.
Elles seront d’abord rattrapées financièrement. À partir du 1er juillet,
des droits de douane à hauteur de 3 euros entreront en vigueur au niveau
européen. Le 1er novembre, une taxe européenne supplémentaire
de 2 euros se substituera à notre taxe nationale. À la fin de l’année,
5 euros seront donc imposés au niveau européen à ces acteurs sans foi ni
loi.
Mais ces entreprises seront aussi rattrapées dès maintenant : le
gouvernement vient en effet de signer un arrêté pour renforcer considérablement
le pouvoir des douanes françaises en étendant le champ d’action des agents des
douanes à la circulation et aux entrepôts intérieurs. Nous pourrons ainsi
contrôler les produits en provenance de pays tiers mais qui transitent par un
pays européen, notamment la Belgique et les Pays-Bas.
Des contrôles ciblés auront lieu et les agents des douanes pourront saisir dès
à présent les marchandises qui ne respectent ni nos règles ni nos normes.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Les guet-apens LGBTphobes ne sont pas des rencontres qui auraient «mal
tourné». Ce sont des violences. Elles ciblent, frappent, humilient, insultent.
Laissent des traces indélébiles. La France devient le 1er pays au monde à
engager les plateformes de rencontres pour éradiquer ces violences.
> Depuis Berlin, j’ai porté un message clair : l’Europe ne peut être forte sans l’égalité de genre au cœur de son projet. Une Europe forte mobilise 100 % de ses talents. Une Europe souveraine ne transige pas sur ses principes. La parité n’est pas une faveur qu'on accorde aux femmes. C’est un impératif démocratique. L’égalité de genre n’est pas à côté de la puissance européenne : elle en est le cœur. Avec nos partenaires européens, faisons-en une réalité irréversible. C’est une question de justice, mais surtout de force collective et d’avenir.
> La France et l’Allemagne ont connu le pire. Et elles ont choisi de construire le meilleur. C’est cela, le cœur même du projet européen. Et les Français établis à l'étranger, comme ici à Berlin, sont des extensions vivantes de notre pays. Essentiels à notre rayonnement et notre influence.
> Au cœur de Berlin, l’histoire se dresse. Français, Allemands, Européens, nous ne laisserons personne abîmer notre histoire. Nous ne laisserons personne réactiver le poison de l’antisémitisme.
> [Violences lors des municipales] Ces images sont insupportables. Aucun élu de la République ne devrait avoir besoin d'être protégé par les forces de l'ordre. Qu'ils aient été réélus ou mis en échec, ils ont servi les Français. Ce traitement qui leur est réservé devrait indigner tous les républicains sincères.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> À l’heure où certains ne cherchent qu’à opposer, qu’à fragmenter, qu’à
fragiliser, qu’à diviser, je suis fière et honorée d’avoir présidée deux
cérémonies de naturalisation au Panthéon & à la préfecture de Nantes pour
rappeler que la République est indivisible. Devenir Français est un acte
politique : celui de rejoindre un projet commun fondé sur l’universalité,
l’égalité devant la loi et le refus de toutes les assignations. Face aux
divisions, la République ne cède rien. Elle unit, elle protège, elle exige.
liberté - égalité - fraternité : ces principes ne se négocient pas, ils se font
vivre. Celles et ceux qui deviennent Français aujourd’hui ne reçoivent pas
seulement des droits et devoirs. Ils prennent part à une ambition collective :
faire tenir ensemble une Nation libre et résolument tournée vers le commun.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> L’égalité des chances n'est pas une option, c’est une exigence. Aucun
talent ne doit rester au bord du chemin.
> Ravie d'avoir partagé ce matin un temps de
travail productif avec le président du Medef. Un échange direct et concret pour
franchir une nouvelle étape : garantir que chaque élève de lycée professionnel
décroche un emploi dès la fin de son cursus.
En agissant en pleine convergence avec le monde économique, nous faisons du
lycée pro un véritable tremplin vers la vie active :
- une synergie renforcée pour aligner les formations sur les métiers de demain.
- des parcours plus agiles, mieux rémunérés et connectés aux réalités du
terrain.
- transformer les compétences de nos jeunes en opportunités immédiates.
Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et
des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée
de la Mer et de la Pêche)
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> La forêt est un patrimoine écologique, économique et culturel. Nous devons
la protéger aujourd’hui pour la préserver demain. C’est ce que fait le
Gouvernement en investissant 94 millions d’euros dès cette année dans le
renouvellement forestier.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> [Hostilités au Moyen-Orient] La France est très active (...) On doit
maintenir un dialogue ce qui ne veut pas dire que l'on s'implique dans cette
guerre qui n'est pas la nôtre.
> La semaine dernière à l’événement « Femmes Dirigeantes dans le droit, les affaires et le secteur public ». J’ai réaffirmé l’importance de la mobilisation collective de toutes et tous pour garantir pleinement les droits des femmes. Faire réseau, transmettre, s’entraider : autant de leviers indispensables pour continuer à faire avancer, concrètement et durablement, l’égalité entre les femmes et les hommes.
> Entretien avec Maropene Ramokgopa, Ministre pour
la Planification, le Suivi et l’Évaluation d’Afrique du Sud. La France et
l’Afrique du Sud sont des partenaires historiques. La présidence sud-africaine
du G20 en 2025 a tracé des priorités essentielles sur lesquelles la France
s’appuie dans le cadre de sa présidence du G7.
Nous avons notamment échangé sur le Sommet Africa Forward, en mai à Nairobi.
L’Afrique du Sud y jouera un rôle central pour construire des partenariats
ambitieux entre les pays du continent africain et la France.
À l’heure où le multilatéralisme est mis à l'épreuve, notre relation bilatérale
est primordiale!
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Les politiques publiques consacrées aux personnes en situation de handicap
comme celles qui s'adressent aux personnes âgées sont intrinsèquement liées aux
enjeux des territoires avec des problématiques souvent très différentes,
surtout lorsqu'il s'agit de territoires ruraux : un constat que nous partageons
avec le ministre Michel Fournier que j'ai eu plaisir de rencontrer aujourd'hui.
Lutter contre l'isolement des personnes, renforcer l'accès aux soins, rendre
nos territoires plus accessibles et permettre à chacun de pouvoir avoir accès
au logement, aux transports, aux loisirs dans un cadre adapté à ses besoins :
voilà quelques exemples concrets des enjeux communs que nous souhaitons porter
ensemble dans une logique de société pleinement inclusive, en faveur de nos
aînés comme des personnes en situation de handicap.
> Réuni pour la 3ème fois, le comité de pilotage de
préparation de la prochaine Conférence nationale du handicap a fait le bilan
des mesures d'accès à la citoyenneté, à la justice et à la santé.
Je souhaite que nous construisions ensemble des nouvelles actions engageantes
pour la politique publique du handicap :
- L’accompagnement des majeurs en tutelle ;
- L'accessibilité des élections ;
- L’accès à l'engagement citoyen pour tous ;
- Des parcours de santé qui relèvent
du droit commun et non plus de dispositifs spécifiques
pour le handicap.
Garantir l’égalité d’accès à la citoyenneté, à la justice et à la santé, c’est
assurer le plein exercice des droits pour toutes et tous.
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature
> [Impact environnemental du secteur textile / Intervention à l’Assemblée] La
redevance PFAS avait été inscrite dans la loi de finances pour une entrée en
vigueur au 1er mars 2026. Il est vrai que des améliorations
légistiques ont été nécessaires, ce qui fait que le délai a été dépassé. Le
décret relatif à la redevance PFAS est maintenant prêt à être présenté et sera
publié dès l’issue de la consultation.
Vous le savez, le ministère de la transition écologique soutient très fortement
la proposition de loi dont vous êtes à l’initiative, qui vise à réduire
l’impact environnemental du secteur textile et à lutter contre l’ultrafast
fashion. La Commission européenne ayant émis des avis circonstanciés sur le
texte, un travail juridique de notre part a été nécessaire. Nous avons répondu
par écrit aux questions de la Commission. Nous estimons aujourd’hui que les
réponses que nous lui avons apportées nous permettent de maintenir un niveau
d’ambition très élevé pour votre proposition de loi. Une commission mixte
paritaire pourra donc se tenir d’ici à la fin du premier semestre 2026.
> [Lutte contre le changement climatique /
Intervention au Sénat] Je félicite les nouveaux élus et salue les équipes
municipales qui, au plus près du terrain, portent les politiques d'adaptation
au réchauffement climatique. L'État déploie des moyens financiers, notamment
avec le fonds Barnier, qui atteint son plus haut niveau
historique : 300 millions d'euros. La moitié du fonds vert va au
financement de l'adaptation et des plans climat-air-énergie territoriaux
(PCAET). Cette année, nous allouons 150 millions d'euros à la prévention
des inondations, 150 millions à la rénovation énergétique des bâtiments
publics locaux et 60 millions à la renaturation dans les villes.
Les moyens d'action ne sont pas que financiers. Il faut éviter le risque de
mal-adaptation. Le plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc)
prévoit des outils d'aide à la décision des collectivités pour évaluer leur
vulnérabilité. Le Cerema, l'Ademe et les services déconcentrés de l'État
apportent un appui technique.
L'intégration obligatoire de la trajectoire de référence pour le changement
climatique (Tracc) dans les documents de planification, la sobriété foncière et
la santé des sols sont les meilleurs outils face aux risques d'inondation, d'où
mon attachement au zéro artificialisation nette (ZAN)
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> Avec ma collègue Stéphanie Rist, nous sommes déterminés à protéger
davantage l’enfance, avec des mesures fortes sur lesquelles nous travaillons
depuis longtemps. Trop d’enfants sont victimes de notre manque de protection.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> [Proposition de loi visant à soutenir et valoriser les commerces de
proximité / Intervention au Sénat] À Paris, à La Rochelle, à Toulon, au
coeur du Massif central ou d'une forêt vosgienne, tous les maires qui enfilent
actuellement leur écharpe se demandent comment faire vivre le commerce de
proximité.
La vacance commerciale a fortement augmenté :
11 % en 2024, contre 6,8 % il y a dix ans.
Plusieurs facteurs l'expliquent : difficultés d'accessibilité dues à des
infrastructures de transport défectueuses, concurrence déloyale de nouveaux
acteurs comme les plateformes étrangères... Nous avons obtenu la fermeture
temporaire de la marketplace de Shein en novembre dernier. Nous
continuerons le combat, pour que ceux qui enfreignent nos normes sanitaires,
sociales et environnementales soient condamnés.
La complexité administrative freine les installations et les transmissions de
commerces.
Un peu de soleil toutefois dans un horizon chargé : en 2025, on
observe un retour des commerces de bouche en centre-ville, en progression de
4,5 %.
Le constat fait l'unanimité et cette proposition de loi est le fruit du travail
d'élus de terrain. Les réponses, cela dit, divergent.
L'article 1er instaure un mécanisme d'encadrement des loyers
commerciaux, ce qui soulève deux risques. D'abord, un plafonnement trop strict
peut dissuader les propriétaires de louer. À moyen terme, l'offre de locaux
risque de diminuer, aggravant la vacance commerciale au lieu de la réduire.
Ensuite, le dispositif, recentré sur la notion de commerce essentiel, accentue
la fracture, ouvrant la voie à des applications hétérogènes et à de nombreux
contentieux.
À l'article 2, la suppression de refacturation de la taxe foncière aux
locataires romprait un équilibre établi de longue date entre locataires et
bailleurs ; elle pourrait inciter à une hausse des loyers pour compenser
les charges des propriétaires. Les plus gros bailleurs privilégieraient
d'autres locations, réglementées, à plus fort rendement. Cette proposition
n'avait pas été retenue lors de la CMP sur le projet de loi Simplification.
L'article 3 risquerait de décourager de l'investissement, de freiner la
rénovation des locaux, voire de figer la vacance commerciale. L'incertitude
nuira à la visibilité des acteurs économiques, entraînant un retrait des
investisseurs. Avec cet article, un porteur de projet pourrait se voir refuser
une autorisation lui permettant de développer un nouveau commerce. Ces
restrictions porteraient un coup au commerce local dans des villes comme
Angoulême, où la vacance atteint 20 %.
Mêmes inquiétudes pour l'article 4, qui pourrait dissuader les
investisseurs d'acheter des locaux commerciaux, en particulier dans les zones
déjà fragilisées. On risque de réduire l'offre et de freiner les projets de
réhabilitation.
Que propose le Gouvernement pour lutter contre les vacances commerciales ?
Premièrement, agir sur la trésorerie. Croyez-en un ancien commerçant: quand
celle-ci est à sec, le commerce meurt ; or la situation est critique quand
les commerçants doivent payer le loyer à l'avance, par trimestre ! Sans
parler pas des dépôts de garantie équivalant à six mois - voire
plus - de loyer. Le projet de loi Simplification apporte deux réponses
fortes : la mensualisation des loyers et le plafonnement des dépôts de
garantie à trois mois de loyer, avec obligation de restitution rapide.
Deuxièmement, nous reprenons d'ores et déjà neuf des trente recommandations du
rapport Macarez-Schelcher-Saintoyant : soutien aux foncières de
redynamisation - celle de Mantes-la-Jolie a acquis vingt-deux locaux
commerciaux en centre-ville ; financement des managers de commerce. À
Manosque, le taux de vacance est passé de 20 % à 10 % après le
recrutement de la manageuse ! La Banque des territoires y consacre
20 millions d'euros par an.
Troisièmement, nous utilisons les outils existants comme le fonds de soutien au
commerce rural, qui a accompagné plus de mille communes en mobilisant plus
de 18 millions d'euros.
Je pense aussi aux programmes Action coeur de ville et Petites Villes de
demain, pilotés par Mme Gatel.
Mon objectif : que les rideaux ne se tirent plus, mais se lèvent dans
notre pays !
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> [Hostilités au Moyen-Orient
. Aide aux agriculteurs, madame la ministre] La période est très difficile,
notamment pour des intrants stratégiques comme le gasoil non routier et les
engrais, qui sont directement concernés par la crise de l'énergie. Et c'est la
raison pour laquelle, dès l'apparition du conflit, nous avons mis en place une
cellule d'urgence pour apporter des réponses attendues par la profession. (…)
Alors nous annonçons un certain nombre de choses. D'abord des reports de
cotisation MSA, qui est la Sécurité sociale des agriculteurs, et puis de
certaines obligations fiscales. Nous mettons en place un prêt à court terme, un
prêt carburant à court terme pour soulager les trésoreries qui sont les plus
concernées par l'augmentation du GNR, dont je voudrais dire qu'il n'y a pas à
date de difficultés de disponibilité. Et puis pour ce qui est de certaines
filières, nous mettons en place des prêts structurels pour un encours à hauteur
de 500 millions d'Euros pour restructurer les trésoreries qui seraient
particulièrement affectées structurellement par cette crise. Et il nous faut
aussi nous projeter. Au fond, cette crise, elle révèle des fragilités,
notamment notre dépendance en matière d'engrais, qui sont évidemment tout à
fait essentielles à la production agricole. Et c'est la raison pour laquelle je
vais lancer un grand plan engrais. (…)
Concernant le gasoil non routier, parce que nous sommes à un moment de
l'année où les travaux dans les champs reprennent et donc que les agriculteurs
vont avoir à utiliser du GNR. Le GNR, c'est un carburant qui est déjà largement
soutenu par l'État, puisque chaque année dans le budget, c'est près d'un
milliard d'Euros d'allègements fiscales portant sur le GNR. Donc nous aidons
déjà beaucoup l'utilisation de gasoil non routier, je le répète, pour près d'un
milliard d'Euros dans le budget de 2026 comme dans les années précédentes. Donc
vous voyez que la solidarité nationale n'est pas absente. Et donc les mesures
que j'annonce avec les prêts à court terme pour le carburant s'ajoutent à cette
aide structurelle que nous apportons sur la consommation du GNR.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Heureux d'être intervenu aujourd'hui au Forum de Paris pour la défense et
la stratégie sur la question de la résilience face aux différents risques
(conflits, risques naturels, etc.).
La résilience d'une nation repose en grande partie sur son unité et la force
des liens qui unissent ses membres.
C'est particulièrement vrai en France, où notre projet se définit par une
destinée partagée. L’École y contribue pleinement en construisant, chez des
millions de jeunes, le sentiment d’appartenance à une destinée commune, quelles
que soient leurs trajectoires personnelles.
Former des citoyens libres, éclairés, dotés des mêmes droits et des mêmes
devoirs, conscients de leur destinée partagée : c'est construire leur
souveraineté individuelle et collective.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Projet Bromo / Intervention à l’Assemblée] le projet Bromo prévoit la
fusion des activités spatiales d’Airbus Defence and Space, de Thales Alenia
Space et de Leonardo, les grandes entreprises internationales du spatial
faisant désormais aux entreprises européennes une concurrence extrêmement rude.
Dans ce domaine, une nouvelle ère industrielle s’ouvre : il ne s’agit plus
de produire chaque année quelques satellites mais des dizaines, des centaines,
voire des milliers. C’est pourquoi nous avons besoin d’un champion
européen ; l’élévation de notre industrie en dépend.
Les entreprises concernées se sont mises d’accord pour travailler à ce
projet ; la procédure suit son cours, notamment auprès de la Commission
européenne. Le volet social relève évidemment de la responsabilité de chaque
entreprise : les échanges avec les syndicats sont nourris par les
consultations obligatoires, les entreprises présentent des perspectives très
positives en termes d’emplois, de commandes, notamment grâce à l’essor des
projets européens et nationaux. L’État, enfin, sera extrêmement vigilant :
les technologies critiques pour notre souveraineté doivent rester en France, en
Europe ; c’est indispensable pour l’avenir de notre industrie spatiale.
Philippe Tabarot (ministre des Transports)
> Nous avons réuni les filières économiques directement impactées par le
conflit au Moyen-Orient. Priorité : déployer rapidement les mesures de soutien
à la trésorerie annoncées ces derniers jours. Les échanges ont permis d’en
préciser l’application concrète. Dans ce contexte de tensions, le Gouvernement
est pleinement mobilisé pour protéger les entreprises du transport.
Vincent Jeanbrun (ministre de la Ville et du Logement)
> [Logement / Intervention à l’Assemblée] Le premier ministre a rappelé
cette semaine que le plan Relance logement avait été engagé pour répondre à la
crise que connaissent nos territoires, avec le slogan suivant : du
logement partout et pour tous. Notre objectif est de construire et de rénover
massivement pour proposer à nos concitoyens des logements abordables.
Ainsi, le dispositif d’investissement locatif privé a été conçu sans zonage
pour permettre à tous les Français, où qu’ils soient, de contribuer à la
construction et à la réhabilitation de logements dans notre pays.
Il est important de le rappeler : ce dispositif est applicable depuis la
promulgation de la loi de finances pour 2026, sans qu’aucun décret ne soit
nécessaire.
Tout cela a été rendu possible grâce à ma prédécesseure, Valérie Létard, que je
salue, à Charles de Courson lorsqu’il était rapporteur général du budget, ainsi
qu’aux membres de votre groupe. Je vous en suis reconnaissant.
La méthode du gouvernement est très claire : nous allons concerter des
mesures pour redonner aux maires leur rôle de bâtisseurs en conciliant ambition
écologique et réponse à la crise du logement. Le projet de loi annoncé par le
premier ministre pour clarifier les compétences en matière de politique du
logement est destiné à renforcer en ce sens les attributions des élus. Nous
aurons l’occasion de reparler des simplifications nécessaires.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Déclaration du gouvernement à l’Assemblée sur les hostilités au
Moyen-Orient]
Nous devons effectivement apporter des réponses à court terme à l’échelle
internationale pour contribuer, autant que possible, à circonscrire le conflit
et à libérer le détroit d’Ormuz. C’est le sens de l’engagement du président de
la République.
Nous travaillons également à l’échelle nationale pour protéger les secteurs
économiques faisant face à des difficultés de trésorerie. Des plans filières
ont ainsi été présentés cette semaine et nous travaillons pour libérer des
stocks. Nous avons demandé aux raffineries d’augmenter leurs capacités de
production afin de pallier tout risque de rupture d’approvisionnement et de
hausse trop importante des coûts. Personne ne peut prévoir l’évolution du
conflit dans les semaines à venir. Mon engagement devant vous sera donc simple
et assez pragmatique : nous serons aux côtés des secteurs économiques, des
entreprises, des TPE, des PME autant qu’il le faudra.
La question demande aussi une approche de long terme. Au fond, nous payons le
prix de notre dépendance. Cela fait déjà plusieurs années qu’on travaille dans
cet hémicycle pour accélérer la production d’énergie décarbonée et
l’électrification de nos usages. On a vu le prix de notre dépendance lors de la
reprise post-covid et de la guerre en Ukraine. On le voit encore aujourd’hui.
On aurait déjà dû subir cet électrochoc. Je remercie les parlementaires qui ont
travaillé pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables et du
nucléaire. On va continuer à le faire. La troisième programmation pluriannuelle
de l’énergie (PPE 3) présentée par le premier ministre va en ce sens. Dans
les semaines à venir, nous présenterons un plan d’électrification qui doit
permettre d’accélérer la mise en adéquation de la production d’énergie
décarbonée avec la demande. C’est comme ça qu’on y arrivera auprès des
particuliers, des entreprises et des grandes industries.
Il est nécessaire de prendre conscience de la nécessité de sortir des énergies
fossiles. Quand on parle de souveraineté, ce n’est pas qu’un slogan. Notre
dépendance hier au gaz russe et aujourd’hui au gaz algérien, au gaz naturel
liquéfié (GNL) américain et au pétrole du Moyen-Orient – dont la France dépend en 60 % et
le monde à 80 % – a
des conséquences
très concrètes sur la vie de la nation quand on doit faire face à ce type de crise.
> [Crise de l’énergie / Intervention au Sénat] Il
manque 16 millions de barils par jour, en raison de la fermeture du
détroit d'Ormuz. L'impact sur les ménages et sur les acteurs économiques est
évident. Nous avons rencontré les agriculteurs, les pêcheurs, les
transporteurs. La volatilité des prix est inouïe, en fonction des déclarations
du président américain, ce qui nous impose d'être très prudents.
Vous parlez d'encadrement des marges des distributeurs, mais nous ne sommes pas
dans une économie administrée. Il n'y a pas d'augmentation indue des marges,
nous l'avons vérifié avec Serge Papin, station-service par station-service.
Nous veillons à ce que les baisses des cours soient répercutées sur les prix à
la pompe aussi rapidement que l'ont été les hausses.
Nous avons pris des mesures - qui ne sont pas pour solde de tout
compte - afin d'accompagner les secteurs les plus exposés : mesures
de trésorerie, report de charges fiscales et sociales, mobilisation du secteur
bancaire pour suivre les entreprises en difficulté. Nous restons mobilisés.
Nous devons tenir le déficit public à 5 %, ce qui nous permettra
d'investir dans les transitions énergétiques. Il n'y a pas d'argent magique. Ce
que le consommateur ne paie pas aujourd'hui, le contribuable le paiera demain.
Jean-Didier Berger (ministre délégué auprès du
ministre de l’Intérieur)
> [Débat au Sénat: « Comment mettre fin à l'explosion de la
violence au quotidien?»] Si nous voulons sauvegarder notre démocratie, il faut
savoir préserver la fraternité. Il n'y a pas de fraternité possible sans lutte
contre toutes les formes de violence et sans une politique équilibrée. Or
Laurent Nunez, comme l'ensemble du Gouvernement, s'attache à mener une
politique équilibrée, conjuguant une grande exigence en matière de répression
de la délinquance sous toutes ses formes et une politique de prévention
particulièrement active dans tous les domaines, de la cohésion sociale jusqu'à
l'aménagement du territoire, en passant par la culture, l'éducation, la
prévention des addictions et même de la récidive.
Certaines violences augmentent dans notre pays, notamment les violences
gratuites, en particulier celles des mineurs. Mais vous avez également raison
de souligner que d'autres diminuent. Je pense à la réduction obtenue par le
Gouvernement des violences et des vols, dans les transports notamment. Les
chiffres actuels sont en deçà de ceux de 2016. Ce sont même les meilleurs
de la décennie.
La violence est protéiforme : il faut en voir toutes les formes, tous les
auteurs et toutes les victimes. Vous avez cité, madame la sénatrice, un certain
nombre de victimes. Pour ma part, je voudrais que l'on n'oublie pas les élus,
tous les agents du service public et toutes les forces de l'ordre, qui sont
aussi exposés à la violence. C'est l'occasion pour moi, au nom du ministre de
l'intérieur et du Gouvernement, de leur réaffirmer notre plein et entier
soutien.
> [Débat au Sénat: «Comment mettre fin à
l'explosion de la violence au quotidien?»
Vous avez évoqué les violences intrafamiliales et les violences scolaires. Dans
ces domaines, comme dans les autres, le Gouvernement considère qu'il n'y a pas
de fatalité.
D'ores et déjà, beaucoup de choses ont été faites. Des enquêtes systématiques
sont effectuées dès qu'il y a de la violence dans le foyer. Nous avons
également développé le conventionnement avec les associations, pour faciliter
l'accueil des femmes victimes de violences. Les armes impliquées dans les
délits constatés ou dénoncés dans ce domaine sont systématiquement saisies. La
formation des policiers et des gendarmes sur ces sujets a été renforcée :
ils ont tous été formés pour accueillir les victimes dans des conditions
dignes.
En matière scolaire, vous avez raison de mettre l'accent sur le travail de
prévention qu'il convient de mener à l'intérieur des écoles. Encore faut-il
toutefois, pour que celui-ci soit possible, que les écoles soient bien
sécurisées.
À cet égard, l'action du Gouvernement a été particulièrement intense au cours
de l'année qui vient de s'écouler : 23 000 établissements ont
bénéficié d'opérations de contrôles des sacs par la police ; près de
1 000 armes ont ainsi été saisies.
Voilà des exemples concrets qui nous montrent que, face à ces phénomènes de violence, il existe des solutions et que nous saurons les trouver ensemble.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> [Surtransposition de règles et de normes européennes / Intervention au Sénat]
Monsieur le président de la commission des affaires européennes, je vous sais
gré d'être très vigilant à cet égard.
Vous m'avez interrogé sur la prochaine réunion du comité de liaison. Je
m'engage à ce que nous l'organisions le plus rapidement possible, en lien avec
vos équipes. De mémoire, il me semble que ce comité ne s'est réuni qu'une seule
fois pour l'instant. Il faut que le rythme soit plus soutenu.
Vous le savez, le Gouvernement porte une attention particulière à cette
question de la surtransposition du droit de l'Union, ce qui traduit notre
volonté de simplifier la surcharge administrative et normative qui pèse sur nos
entreprises, sur nos agriculteurs et sur nos concitoyens ; il faut le dire
de façon très claire. Depuis une circulaire de 2017, prise par le Premier
ministre de l'époque, un principe simple a été posé : la proscription des
mesures allant au-delà des exigences minimales d'une directive lors de sa
transposition en droit interne.
Ce principe a non seulement été réaffirmé dans une circulaire du Premier
ministre Gabriel Attal en 2024, mais il a même été étendu, puisqu'il
s'applique désormais à tous les actes législatifs de l'Union. Une dérogation
potentielle peut découler d'un choix politique assumé par le chef du
Gouvernement, mais, désormais, pour le dire de façon très claire et sans
langage technocratique, la règle est la suivante : plus de
surtransposition !
Bien sûr, nous pouvons encore connaître – ce sera dit, je le sais, dans
les échanges que nous aurons ce soir –, des cas où, soit le Gouvernement,
soit le législateur, décide d'anticiper des normes, lorsqu'il n'y aurait pas
encore de réglementation européenne. Parfois, nous le faisons d'ailleurs de
façon positive : je pense à la majorité numérique, un domaine dans lequel
la France cherche à jouer un rôle pilote en Europe. Cette attitude peut
néanmoins nous placer sous la contrainte de la concurrence déloyale ou
asymétrique de nos partenaires européens au sein du marché intérieur.
Nous devons veiller le plus possible à lutter non seulement contre la
surtransposition, mais aussi contre des normes qui seraient en France plus
lourdes que chez nos voisins.
> L'ouverture potentielle d'une enquête relative au financement des nouveaux réacteurs nucléaires est une procédure normale de contrôle des aides d'Etat. Cela ne signifie pas que les aides françaises sont incompatibles avec les règles européennes. La France poursuit son cap : un nucléaire décarboné au service de notre souveraineté et du climat.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> [Maltraitance des enfants] Des révélations accablantes. Un constat
révoltant. Et maintenant ? Il faut transformer l’indignation en action. La loi
de refondation de la protection de l'enfance a été annoncée, elle doit être
votée et appliquée. Au plus vite. Aux côtés de Perrine Goulet, Isabelle
Santiago, Laure Miller et tous les autres députés engagés de longue date, nous
continuerons à nous mobiliser. L'Assemblée nationale est prête, au-delà des
clivages. La République doit protéger ses enfants. En tant que Présidente, en
tant que mère, c'est ma priorité absolue.
> [Violences lors des municipales] C’est un pur scandale,
d’abord humain. Quand on est élu, on donne de sa vie, de son temps et de son
énergie pendant des années pour exercer un mandat au service de ses
concitoyens. Si demain plus personne ne veut briguer de mandat parce que
l’engagement public devient synonyme d’humiliation, alors notre démocratie sera
morte. (…)
Depuis longtemps, je ne demande rien et n’attends rien de Jean-Luc Mélenchon.
En revanche, je vois très bien comment LFI agit à l’Assemblée nationale, et je
ne cesse de prononcer des sanctions contre ses députés quand leurs
comportements sont inacceptables. Il faut être réaliste, vigilant et ne pas se
tromper sur les fauteurs de troubles.
> [Municipales] Nous avons fait barrage au Rassemblement national, et je ne le regrette absolument pas. En revanche, j’ai toujours été très vigilante sur les appels à voter pour LFI, et je n’ai jamais soutenu un appel global en ce sens. J’ai soutenu ici ou là des personnalités que je jugeais valeureuses, mais pas un bloc politique dans son ensemble.
> Il faut se méfier des deux extrêmes. Je suis une
modérée, une centriste, et pour moi le RN comme LFI représentent un danger pour notre République et pour nos
valeurs. LFI, on le voit tous les jours, entraîne du désordre et du chaos en se
jouant des règles les plus élémentaires de la vie en commun. (…)
C’est le même combat contre les extrêmes, mais pas pour les mêmes raisons. Le
RN est plus policé à l’Assemblée nationale, chacun le constate, mais les idées
qu’il porte me paraissent tout aussi nauséabondes. Moi, je suis radicalement
modérée et je combats les deux.”
> [Regret sur la minute de silence pour Quentin Deranque] C’est toujours une décision difficile, et il faut rappeler qu’elle a été prise collectivement avec les onze présidents de groupe. Tous ont accepté cette minute de silence au moment où elle a été proposée. Avec les éléments connus depuis sur le profil de Quentin Deranque, on peut regretter aujourd’hui que cette minute de silence ait eu lieu.
> La condamnation de la violence en politique est
indispensable, car on ne peut pas accepter que des jeunes se battent dans la
rue pour des opinions politiques jusqu’à la mort. Il faut calmer le jeu partout
dans le débat public, parce que la montée de la violence est extrêmement
préoccupante. (…)
Je vois bien que ces scènes sapent la confiance des Français dans les
institutions et dans le personnel politique. Mais j’ai sanctionné en quatre ans
plus de parlementaires que tous mes prédécesseurs depuis 1958 réunis, donc la
fermeté existe. Il ne faut pas réduire l’Assemblée nationale à sa seule
bordélisation, car beaucoup de textes sont aussi votés dans le calme et de
manière transpartisane.
> [Report de l’examen de la loi sur la fin de vie au Sénat] Je suis très déçue et je ne comprends pas ce nouveau report. L’Assemblée nationale s’est exprimée à deux reprises très largement, et le peuple français attend majoritairement ce texte sur la fin de vie. Il faut avancer et arrêter de tergiverser. (…) Mon engagement est simple : ce texte sur la fin de vie doit être voté avant l’été 2026. (…) Ce n’est pas une question de procédure accélérée, c’est une question de volonté politique. Les Français attendent ce texte depuis des années, et quand on fait de la politique, on doit être à l’écoute du peuple. Nous devons voter ce texte, c’est une nécessité.
> [Urgence sur la protection de l’enfance] Oui, clairement. Sur l’aide sociale à l’enfance, l’ASE, nous avons enfin obtenu qu’un texte soit inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, et il était temps. La République est un parent défaillant pour ces enfants, et cela produit ensuite des drames humains et sociaux considérables. (…) On ne s’occupe pas bien de ces enfants alors même qu’ils sont confiés à l’État. Un tiers des mineurs délinquants sont passés par l’aide sociale à l’enfance, ce qui montre à quel point notre défaillance collective a des conséquences lourdes. C’est un enjeu transpartisan, et l’État doit enfin faire son travail.
> [Présidentielle] Il faut éviter deux écueils : les
ralliements artificiels, qui ne marchent pas, et l’absence de clarté. Les
Français veulent de l’union, mais ils veulent aussi savoir autour de quel
projet cette union peut se faire. Le camp des modérés doit se mettre autour de
la table et travailler ensemble sur une ligne claire. (…)
Je crois au dépassement des clivages. Je viens de la social-démocratie, je suis
très centriste, et je pense que des marcheurs, des démocrates, des
sociaux-démocrates et une droite républicaine gaulliste peuvent travailler
ensemble. Il faut construire un projet commun plutôt que juxtaposer des
ambitions personnelles.”
> [Scandale du périscolaire à Paris] Quand il y a des dysfonctionnements manifestes, une commission d’enquête sert précisément à les identifier et à comprendre pourquoi des alertes n’ont pas été entendues. Le rôle du Parlement est d’éclairer les failles de fonctionnement, pas de se substituer à la justice.”
> [Commission d’enquête sur l’affaire Epstein] Oui, à condition de bien distinguer les rôles. Si l’objectif est de rechercher des coupables, ce n’est pas le travail de l’Assemblée nationale mais celui de la justice. En revanche, s’il s’agit d’identifier des dysfonctionnements, des retards ou des défaillances, alors l’Assemblée nationale et le Sénat doivent faire leur travail.”
> [Usage du 49.3] Je comprends cette incompréhension, car les Français n’acceptent plus cet outil comme avant. Le 49.3 est prévu par la Constitution, mais il révèle aussi une difficulté structurelle de notre système : on peut gouverner sans majorité. Une piste serait de faire comme dans d’autres démocraties parlementaires, en obligeant le gouvernement à constituer une majorité claire pour gouverner.”
> Les commissions d’enquête sont fondamentales dans une démocratie. Elles permettent au Parlement de contrôler, de comprendre et de faire la lumière sur des dysfonctionnements, dans un cadre précis et pendant six mois. Au bout de ce travail, il serait d’ailleurs dommage qu’il n’y ait pas de conclusions rendues publiques.”
> [Hommage de l’Assemblée à l’adjudant-chef Arnaud Frion]
Le 12 mars dernier, sept soldats français ont été touchés par une
inacceptable attaque de drone dans la région d’Erbil, en Irak. Malgré une prise
en charge rapide, l’adjudant-chef Arnaud Frion a succombé à ses blessures. Il
avait 42 ans, il était marié et il était père d’un enfant.
Engagé depuis 2004 dans l’armée de terre, il avait fait le choix du dévouement
à la France. C’est pour elle qu’il est mort. En votre nom, j’exprime notre
solidarité à sa famille, à ses proches, à ses frères et sœurs d’armes du 7e bataillon
de chasseurs alpins de Varces. En ce jour, nous pensons également à ses six
camarades blessés. Nous leur souhaitons à tous un prompt rétablissement.
En honorant la mémoire d’Arnaud Frion, c’est au dévouement de toutes nos forces
armées que nous rendons hommage, elles qui risquent leur vie pour protéger les
nôtres. En signe de recueillement, je vous demande de bien vouloir observer une
minute de silence.
> L'embrasement au Moyen-Orient nous préoccupe tous et il est essentiel que l’Assemblée soit dûment informée de l'action de notre pays et puisse en débattre, comme nous l’avons fait aujourd’hui au titre de l’article 50-1 de la Constitution. Notre cap : protéger nos compatriotes, défendre nos intérêts, soutenir nos partenaires attaqués par l'Iran, appuyer le Liban, œuvrer à une sortie de crise pour la paix et la sécurité dans la région.
> La juste place des femmes au sein de nos institutions démocratiques et de nos mairies en particulier n'a donc aucune importance pour vous. Faut-il s'en étonner ? Les femmes des plus petites communes de notre pays ne sont pas des citoyennes de seconde zone. Elles ont toute leur place dans les conseils municipaux, où elles pourront enfin s'exprimer et prendre directement part aux décisions qui intéressent la collectivité. Avant la loi de 2025, cette participation n'était réservée qu'à à peine plus d'un tiers d'entre elles. Désormais, la parité doit être une réalité dans tous les conseils municipaux. Mme Le Pen, je ne rougis pas d'avoir contribué à cette volonté collective du législateur de mettre un terme à une insupportable inégalité de fait préjudiciable aux femmes, lesquelles se souviendront de l'acharnement dont vous faites preuve pour que leurs noms puissent être rayés des listes, voire tout simplement ne jamais y figurer.
> Je me bats sans relâche pour la protection de l’enfance, en tant que mère et femme politique. Aujourd’hui, la République est un parent défaillant. Il y a urgence à mieux protéger nos enfants et à mettre fin au scandale démocratique de l’aide sociale à l’enfance.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Violences lors des municipales] Depuis dimanche, dans les villes
emportées par la France insoumise, les mêmes scènes abjectes se multiplient.
Des maires sortants, attachés aux valeurs républicaines, engagés pour leurs
communes depuis des années, traités de fascistes, hués, injuriés, moqués,
escortés par les policiers pour éviter les coups, parfois traqués jusque chez
eux par une foule haineuse. Telle est la rançon de la violence promue à chaque
instant par la France insoumise. Notre démocratie, notre République, nos élus
locaux méritent mieux que la brutalité et les torrents de haine promus par
Jean-Luc Mélenchon et ses alliés. Soutien total aux anciens maires de
Saint-Denis, Creil, le Blanc-Mesnil, Vaulx-en-Velin et d’Aubervilliers.
> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] 1 000 drones. En 24 heures. L'Ukraine vient de subir une attaque de la Russie qui tente, encore une fois, d’épuiser une nation et de terroriser un peuple. C'est une escalade supplémentaire qui rappelle une évidence : Vladimir Poutine se moque des négociations et ne recherche pas la paix. Notre regard reste tourné vers l’Ukraine. Nous ne l’oublions pas. Le prêt de 90 milliards d'euros décidé par le Conseil européen doit être débloqué en urgence. Le blocage de cette aide par Viktor Orbán, grand ami, modèle de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, doit cesser.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Il est important d’avoir plusieurs prétendants à l’élection
présidentielle pour, à la fin, avoir un candidat qui soit choisi par les
Français. Nous devons faire vivre le débat public entre les différentes
sensibilités du camp des modérés. Nous ne pouvons pas être écrasés dans un
débat où nous avons l’impression qu’il n’y a que l’extrême droite et l’extrême
gauche.
> Si nous devons tirer un enseignement des élections municipales, c’est qu’une part très large des maires ont été élus sur des listes qui vont d’une droite modérée à une gauche raisonnable. Ce sont les maires qui ont inventé le dépassement !
> Ce que nous ont aussi appris les municipales, c’est que Les Écologistes ont perdu la confiance des Français parce qu’ils se sont radicalisés.
> J’ai pris des initiatives ces dernières semaines pour pouvoir parler aux composantes de la gauche modérée et créer une confiance dans la discussion. Nous devons réaliser que ce qui nous sépare est beaucoup plus petit que ce qui nous rassemble sur de nombreux principes, comme l’État de droit. Car il faut le dire : ce qui était pourtant hier une évidence est aujourd’hui férocement attaqué par le Rassemblement national.
> [Présidentielle] Notre souhait est de commencer par avancer avec les deux familles politiques avec lesquelles nous avons travaillé ces dernières années, Horizons et le MoDem. Et je crois que nous devrons ensuite élargir ce rassemblement.
> Nous aurions tort d’épuiser maintenant le sujet du rassemblement. Je ne veux pas être prise en étau entre La France insoumise et le Rassemblement national. Il serait absolument mortifère pour la France d’avoir une élection présidentielle avec un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
> Regardez sur le terrain ! Les maires qui ont été largement élus avaient des listes de rassemblement, de la droite responsable à la gauche raisonnable, comme à Calais par exemple, ville que prétendait gagner le Rassemblement national. Ce que disent les gens de ma circonscription dans le Pas-de-Calais, c’est « mettez vous d’accord », « bossez ensemble ». Le dépassement c’est les maires qui l’ont inventé !
> Choisir son destin, ce n’est pas faire des sacrifices. Choisir d’investir davantage dans l’école et moins dans une autre politique publique, c’est un débat nécessaire. Parce que gouverner, c’est faire des choix. Aujourd’hui, tant l’extrême droite que l’extrême gauche empêchent ce débat de se tenir. Elles lui préfèrent une démagogie facile.
> Je suis fière des entreprises industrielles du Pas-de-Calais. Il y a sept ans, avec le Président de la République et le Président de région, j’ai porté ce pari ambitieux : réindustrialiser notre territoire en fabriquant des batteries en France, pour ne plus les importer de Chine. Personne n’y croyait ! Aujourd’hui, la « vallée européenne de la batterie » est devenue une réalité tangible. Ce matin, aux côtés du ministre Sébastien Martin, nous nous sommes rendus chez ACC, usine de batteries électriques, pour la signature de la convention France Batteries avec les acteurs de la filière. Nous nous sommes également rendus dans l’entreprise ARC pour acter la reprise d’un site emblématique. Nous mettrons tout en œuvre pour accompagner chaque salarié et pour redonner à ARC tout son élan.
Elisabeth Borne (députée)
> Les élections municipales nous ont montré que ce n’est pas en
additionnant des scores qu’on rassemble. Les électeurs veulent de la clarté. Il
faut un projet lisible et des valeurs claires à présenter aux Français.
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> [Déclaration du gouvernement à l’Assemblée sur les hostilités au
Moyen-Orient]
Voilà un mois que la guerre embrase le Proche-Orient et qu’une réalité que nous
connaissions déjà depuis le retour de la guerre en Europe s’impose. Nous avons
basculé dans un autre monde : désormais, la force prime le droit
international.
Le gouvernement a eu raison, par la voix du premier ministre tout à l’heure, de
défendre le droit international, la désescalade et la négociation diplomatique
face à l’intervention militaire en Iran, dont il est bien difficile de
comprendre les objectifs recherchés, en particulier par les Américains.
Le gouvernement a aussi eu raison de rappeler, par la voix du premier ministre,
que la France est un partenaire fiable, qu’elle protège les siens partout dans
le monde, qu’elle vient en soutien de ses alliés quand ils sont agressés et
qu’elle participe activement à la sécurité de l’Europe quand l’un de ses États
membres est la cible de drones, comme ce fut le cas à Chypre il y a peu.
Cette constance, cette clarté, cette exigence, c’est ce qui fait aujourd’hui la
crédibilité de la voix de la France. C’est ce qui permet d’affirmer qu’aucune
solution pérenne face aux menaces graves que représente l’Iran ne reposera sur
la seule force. Il ne s’agit pas là de naïveté ou d’angélisme, mais d’un
principe de réalité, car nous savons qu’aucune idéologie ne meurt sous un tapis
de bombes, pas plus que n’a disparu le programme nucléaire iranien après la
guerre des douze jours.
Après un mois de bombardements en Iran, qui peut prétendre, sans évaluation
sérieuse, que le programme nucléaire et balistique iranien a été définitivement
détruit ? Qui peut certifier, malgré les dégâts causés par les frappes
nombreuses, que le danger que représente l’Iran est définitivement
écarté ? Qui peut assurer qu’Israël et la région seront en sécurité pour
les années à venir ? Personne ! Personne ne peut l’assurer car
beaucoup avaient sous-estimé la force de résistance de cette dictature, qui a
entraîné la région dans le conflit et sera peut-être en mesure de déplacer un
certain nombre de ses capacités. Face à cela, il faut se rendre à
l’évidence : le danger nucléaire demeure et la question du contrôle du
programme nucléaire et balistique iranien reste en suspens, tant qu’une
solution diplomatique n’a pas été entérinée.
Au-delà de l’Iran, il est un pays qui nous est particulièrement cher et dont la
situation exige que nous agissions. Il s’agit évidemment du Liban. Je tiens, à
cet égard, à saluer le récent déplacement qu’y a fait le ministre de l’Europe
et des affaires étrangères.
Ce que subissent les Libanais est inacceptable. Des morts par centaines, des
déplacés par centaines de milliers, des frappes disproportionnées et des
menaces formulées au grand jour par des responsables israéliens de s’emparer du
Sud Liban. Le Hezbollah, en attaquant Israël, porte une immense
responsabilité ; ce faisant, il a fait le choix de l’Iran contre les
intérêts du Liban. Mais détruire le Liban pour éradiquer le Hezbollah est une
impasse. L’éradication de ce mouvement passe par le renforcement de l’État
libanais, de son armée, de sa souveraineté, certainement pas par sa destruction
et son occupation.
Je voudrais, pour finir, évoquer un autre conflit, celui qui fait rage en
Ukraine, que nous ne pouvons et ne devons pas oublier car il concerne notre
sécurité. Hier, 1 000 drones ont été envoyés sur ce pays ami dont le
martyre dure depuis quatre ans ; 1 000 drones qui, une fois de
plus, soulignent à nos yeux cette évidence : Vladimir Poutine ne veut pas
la paix, mais la capitulation de l’Ukraine. C’est la raison pour laquelle le
prêt de 90 milliards d’euros, décidé par le Conseil européen, doit être
débloqué de toute urgence et sans la moindre hésitation.
Récemment, nous avons encore vu des responsables politiques français, au
Rassemblement national, soutenir Viktor Orbán à Budapest et, pire encore,
appuyer sa décision de bloquer ce prêt au nom de la défense des intérêts de son
pays. Il s’agit évidemment là d’un mensonge ! En opposant son veto à ce
prêt, Viktor Orbán défend les intérêts de la Russie de Vladimir Poutine et
certainement pas ceux de la Hongrie, puisque ce pays ne participe même pas à ce
prêt. Une fois encore, le Rassemblement national a choisi les intérêts
de la Russie contre ceux de l’Europe et de la France.
Dans ce tableau, fait de chaos et de guerres, la question du rôle de la France
et de l’Europe et celle de leur positionnement sur l’échiquier politique
international se posent de façon plus aiguë que jamais. Nous avons basculé dans
un autre monde, celui de la force, et nous, Français et Européens, devons
prendre lucidement conscience de ce basculement, faute de quoi nous serons à la
merci des empires qui ne savent que s’imposer par la force et nous serons alors
réduits au rôle de simples spectateurs. C’est pourquoi nous devons bâtir sans
tarder une véritable puissance européenne : c’est la seule manière de
s’affirmer sur la scène internationale.
Vincent Ledoux (député)
> [Déclaration du gouvernement à l’Assemblée sur les hostilités au
Moyen-Orient] Ces dernières semaines, nous ne sommes pas seulement confrontés à
une crise supplémentaire au Moyen-Orient, nous sommes en réalité témoins d’une
transformation profonde de l’équilibre international, transformation dont les
conséquences dépasseront largement les frontières de la région pour concerner
l’organisation du monde dans lequel nous entrons. Ce qui se joue aujourd’hui
dépasse la seule région du Moyen-Orient et concerne la manière dont s’organise
désormais le monde. Nous entrons dans un monde nouveau, plus instable et plus
fragmenté, dans lequel la puissance redevient, progressivement, l’un des
langages structurants des relations internationales.
Dans ce monde nouveau, la première responsabilité des nations est de regarder
les événements avec lucidité, sans céder ni à l’illusion de la permanence des
équilibres anciens, ni à la tentation de réponses improvisées. M. le
premier ministre vient de le déclarer, de chaque crise il nous faut tirer des
décisions durables et structurelles.
Depuis plus de quarante ans, le régime iranien a fait de la répression
intérieure un instrument de gouvernement et de la déstabilisation régionale une
constante de sa stratégie extérieure. Si son affaiblissement peut ouvrir des
perspectives nouvelles pour le peuple iranien lui-même, l’histoire nous
enseigne avec constance qu’aucune disparition de pouvoir ne suffit, à elle
seule, à faire naître un ordre stable ou à garantir l’émergence durable de la
paix. Car la paix ne naît jamais du vide. Elle suppose un équilibre, qui
demeure aujourd’hui incertain.
C’est pourquoi la question essentielle qui nous est posée n’est pas seulement
militaire, elle est d’abord politique : une guerre ne se comprend
véritablement qu’à la lumière de la finalité qu’elle poursuit. Lorsque cette
finalité demeure incertaine, les conséquences du conflit débordent toujours le
champ de bataille pour atteindre les équilibres économiques, énergétiques et
stratégiques dont dépend directement la sécurité du continent européen
lui-même.
À cet égard, la situation du détroit d’Ormuz constitue un rappel
particulièrement clair de la nature systémique des bouleversements auxquels
nous sommes confrontés car, loin d’être seulement un point de transit régional,
ce passage maritime est l’une des artères essentielles du système énergétique
mondial. Toute fragilisation durable de sa sécurité a des conséquences
immédiates sur la stabilité économique internationale comme sur la vie
quotidienne de nos concitoyens. Garantir la liberté de navigation dans ces
espaces stratégiques ne relève pas d’une opération extérieure lointaine. Il
s’agit concrètement d’empêcher une nouvelle flambée des prix de l’énergie pour
protéger les Français.
Dans ce contexte, je veux saluer avec gravité l’engagement de nos forces armées
qui portent sur plusieurs théâtres d’opérations la présence, la crédibilité et
la continuité de la parole de la France, à travers celle du président de la
République, rappelant ainsi qu’une nation qui veut demeurer libre doit toujours
conserver la capacité d’agir et de décider par elle-même. Par ma voix, le
groupe Ensemble pour la République salue la mémoire du major Arnaud Frion, mort
pour la France en Irak, tous nos soldats blessés et leurs familles.
C’est pourquoi l’actualisation de la loi de programmation militaire apparaît
aujourd’hui non comme une option mais comme une nécessité stratégique majeure.
Je salue à cet égard la décision du gouvernement d’accélérer le calendrier de
son examen car une adaptation plus rapide de notre effort de défense constitue
l’une des conditions indispensables pour garantir durablement notre autonomie
stratégique dans un ordre international qui se recompose sous nos yeux. Le
premier ministre nous l’a annoncé cet après-midi : il faudra adapter notre
effort de défense.
Une telle évolution est d’autant plus indispensable que la guerre elle-même
change de nature. Les conflits contemporains montrent que l’innovation
technologique, en particulier l’usage massif des drones, transforme
profondément les conditions d’engagement, les équilibres tactiques et les
doctrines militaires. Comme l’affirmait le général de Gaulle à l’École
militaire en 1959, « il faut que notre force soit faite pour agir où que
ce soit sur la terre ».
Cette crise révèle également avec une particulière netteté que la souveraineté
militaire et la souveraineté énergétique ne peuvent plus être pensées
séparément car chaque tension dans le Golfe rappelle combien la sécurité de nos
approvisionnements conditionne désormais directement la liberté de nos choix
politiques. Il ne peut y avoir d’indépendance stratégique durable sans
indépendance énergétique.
C’est pourquoi la France a raison de faire du nucléaire civil – notamment du développement des réacteurs
EPR – un pilier structurant de sa
stratégie d’indépendance nationale. Dans le monde qui vient, la maîtrise de
l’énergie et les capacités de défense constitueront les deux fondements
indissociables de la souveraineté.
À cet égard, promettre une baisse massive des taxes sur les carburants, comme
vient de le formuler Mme Le Pen, c’est tout simplement faire du
populisme à la pompe : une telle mesure coûte plusieurs milliards, ne
garantit pas une baisse durable des prix pour les Français et prépare souvent
les impôts de demain. Or une politique responsable ne consiste pas à distribuer
des illusions mais à agir sur les marges abusives, à soutenir ceux qui en ont
réellement besoin et à accélérer notre indépendance énergétique.
Il faut aussi regarder cette crise pour ce qu’elle est : un révélateur du
basculement du monde.
La Russie observe. Elle observe aussi bien la solidité de la cohésion
occidentale que la capacité de l’Europe à maintenir son soutien à l’Ukraine
dans la durée. Car chaque crise au Moyen-Orient détourne une part de
l’attention stratégique européenne tandis que chaque flambée durable des prix
des hydrocarbures renforce indirectement la capacité de résistance de la Russie
face aux sanctions.
La Chine observe également. Elle observe aussi bien la capacité des puissances
occidentales à sécuriser les grandes routes maritimes internationales que la
solidité de nos alliances, de nos forces armées. Nul doute qu’elle en tirera
les leçons le jour où elle décidera de mettre à l’épreuve la sécurité du
détroit de Taïwan.
Car oui, ce qui se joue aujourd’hui dans le Golfe se regarde aussi depuis
l’Indo-Pacifique. Le conflit auquel nous assistons aujourd’hui dessine ainsi
les contours d’un monde multipolaire plus exigeant, dans lequel les équilibres
devront être construits avec constance, lucidité et sang-froid.
Dans ce monde nouveau qui s’ouvre devant nous, la voix de la France reste forte
parce qu’elle est sincère, constante et invariable et parce qu’elle demeure
fidèle à une certaine idée de l’équilibre entre les peuples.
Toutefois, les conséquences économiques de ces bouleversements toucheront
d’abord les pays les plus fragiles, notamment en Afrique. Or, dans un monde
multipolaire, la stabilité du Sud global constitue désormais l’une des
conditions de notre propre stabilité. La France doit regarder cette réalité
avec lucidité et responsabilité.
Monsieur le premier ministre, la question qui nous est posée aujourd’hui
dépasse la seule gestion d’une crise internationale : elle concerne
l’ambition stratégique que la France entend défendre dans ce monde nouveau.
Quelle stratégie voulons-nous mettre en œuvre pour garantir durablement la
sécurité des grandes routes maritimes internationales ? Quelle stratégie
voulons-nous proposer pour accompagner les pays les plus vulnérables face aux
conséquences économiques de ces bouleversements ? Quelle stratégie
voulons-nous construire pour renforcer la cohésion européenne et faire
progresser enfin l’Europe de la défense dont dépend une part croissante de
notre sécurité collective ? Enfin, quelle ambition la France entend-elle
nourrir pour contribuer à la construction d’un ordre international plus
stable ?
Car la responsabilité des grandes nations n’est pas seulement de réagir aux
crises mais aussi d’anticiper les déséquilibres, de prévenir les ruptures et,
surtout, de préparer les conditions de la paix. Aujourd’hui plus que jamais, la
paix au Moyen-Orient et en Ukraine, la sécurité de l’Europe et la stabilité du
monde participent d’une même exigence historique : préserver l’équilibre
entre les peuples.
Michel Lauzzana (député)
> Nommé co-rapporteur d’une mission flash sur les laits infantiles.
L’objectif est double : faire toute la transparence sur les pratiques des
industriels et identifier des pistes d’amélioration pour la coordination et
l’information des autorités publiques.
Jean-Michel Jacques (député)
> [Déclaration du gouvernement à l’Assemblée sur les hostilités au
Moyen-Orient] Le monde est une poudrière. Il est devenu plus instable, plus
imprévisible, plus dangereux. Au retour de la guerre en Europe, à la
fragmentation de l’ordre international et à la multiplication des menaces qui
se superposent, s’ajoute aujourd’hui un embrasement généralisé du Proche et du
Moyen-Orient.
Heureusement, face à ces crises, sous l’impulsion du président de la
République, chef des armées, nous avons renforcé et accompagné en profondeur la
transformation de nos armées depuis 2017. En l’espace de dix ans, le budget de
notre défense nationale a été doublé pour nous protéger et préserver notre
prospérité, pour défendre notre liberté et pour garantir la paix.
Dans le domaine de la défense – vous
nous le rappelez souvent, madame la ministre des armées –, il
nous faut aller encore plus vite, plus fort ! Ce
sera d’ailleurs l’enjeu de l’actualisation
de la loi de programmation militaire dont nous allons débattre en ces lieux d’ici à quelques semaines. Il nous faut absolument
capitaliser sur les retours d’expérience
et procéder aux ajustements nécessaires, afin de consolider notre défense.
J’identifie trois axes. Le premier : notre dissuasion nucléaire. Depuis
plus de soixante-cinq ans, elle est la clé de voûte de notre défense. Il s’agit
de la garantie ultime de la sécurité de notre nation et de la protection de nos
intérêts vitaux, qui ont toujours revêtu une dimension européenne. Notre
dissuasion nucléaire est robuste et crédible, et nous devons continuellement
poursuivre sa modernisation, dans ses deux composantes, océanique et
aéroportée.
Le deuxième axe : notre autonomie d’analyse, de décision et d’action. Les
guerres en Ukraine et au Moyen-Orient le montrent bien : il nous faut
prendre en compte les évolutions des boucles technologiques plus rapidement et
produire plus vite. Nous devons mettre l’agilité au cœur de l’organisation de
notre industrie de défense. Nous devons donc mener un effort plus important en
utilisant le meilleur de nos ressources. Collectivement, nous devons être
encore plus attentifs aux besoins opérationnels de nos valeureux soldats. Sans
remettre en cause l’intérêt des grands programmes d’armement, il est essentiel
de laisser toute leur place aux plus petits équipements et aux munitions, qui
apportent souvent un gain opérationnel considérable.
Par exemple, il faut investir davantage dans la dronisation et la robotisation
– dans tous les milieux – et dans la lutte antidrone. La
situation au Moyen-Orient nous le rappelle encore.
J’en viens au troisième axe :
notre rôle de
puissance de sécurité et de stabilité. La
France doit rester cet allié fiable, attaché au multilatéralisme, au droit
international et au respect de ses engagements. Le soutien que nous avons
encore récemment apporté à nos partenaires, en Europe et au Moyen-Orient, le
démontre bien. C’est pourquoi nous devons continuer à investir dans le spatial,
la très haute altitude, la défense sol-air, les frappes dans la profondeur, le
renseignement, le quantique, l’intelligence artificielle, la guerre
électronique et la dronisation.
Plus que jamais, face à l’instabilité du monde, la France doit demeurer une
puissance militaire capable d’agir pour défendre ses valeurs, ses intérêts et
notre liberté – seule
ou avec ses alliés.
Notre porte-avions, le Charles de Gaulle, et s on successeur
en sont un symbole fort : celui d’une France libre.
N’oublions pas qu’investir pour notre défense, c’est également investir en
faveur de notre diplomatie, car pour être entendu, il faut être craint, et pour
être craint, il faut être puissant.
Alors, continuons d’être collectivement à la hauteur de ces enjeux. Vive
l’armée française ! Vive la République ! Vive la France !
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Les propos du maire de Saint-Denis sur les agents de sa commune sont
inacceptables. Derrière cette logique, il y a une idée simple et inquiétante :
« si tu ne penses pas comme moi, tu n'as pas les mêmes droits ». Ce qui se
passe à Saint-Denis, c'est un avant-goût du péril LFI et de ceux qui
brutalisent la vie politique.
> Exit les municipales. Depuis lundi, certains ont décidé de lancer la présidentielle : alliances, primaires, etc. Mais ce que les Français regardent, c'est la guerre en Iran et leur plein d'essence. Je rappelle notre ligne : le fond avant le casting.
> 2027 : "Il n’est pas possible de faire quoi que ce soit et d’avoir une candidature unique avec Mme. Knafo. (…) Il faut faire attention au périmètre, ce n'est pas l'auberge espagnole ! Avant de dire le qui, on a besoin de dire le quoi et de dire ce sur quoi on est d'accord
Bruno Fuchs (député)
> [Déclaration du gouvernement à l’Assemblée sur les hostilités au
Moyen-Orient]
Il y a soixante ans, à Phnom Penh, le général de Gaulle dénonçait
l’intervention militaire américaine au Vietnam. Devant
100 000 personnes, il affirmait qu’aucune puissance n’a le droit
d’imposer sa loi à un peuple étranger par la guerre. Il fixait ainsi les grands
principes de la doctrine française, qui fondent encore aujourd’hui notre
action : indépendance, respect du droit international, refus de l’escalade
militaire, vision multilatérale et nécessité de trouver des solutions politiques.
C’est dans cette même tradition que se placent Jacques Chirac et Dominique
de Villepin en 2003, lors de l’invasion de l’Irak. C’est sur une telle
base, dans le respect de ces mêmes principes, que la France agit aujourd’hui
avec clarté et avec force. Car la décision d’engager une guerre avec l’Iran a
plongé le monde dans une crise majeure et inédite. Cette décision, la France ne
l’a ni souhaitée ni soutenue.
À cette occasion, je veux saluer le courage de nos soldats, honorer la mémoire
de l’adjudant-chef Arnaud Frion, tombé pour la France au Kurdistan irakien, et
avoir une pensée pour tous ses proches. Notre position militaire est
strictement défensive. Une telle ligne correspond à un choix politique
fondamental : celui de refuser l’engrenage militaire, tout en restant
crédibles – crédibles car capables d’agir.
Sur le plan diplomatique, la France fait entendre une voix singulière, une voix d’équilibre : condamner les violences,
oui ; appeler à la désescalade, oui ; défendre le droit
international, toujours. Ce choix est exigeant, mais il est juste. Il traduit
un refus de nous engager dans une action militaire, mais il assure notre
capacité à défendre nos intérêts et à respecter nos engagements internationaux
envers nos partenaires.
Au-delà de la gestion immédiate de la crise, l’état du monde et des règles qui
l’organisent pose une question plus profonde : celle notre capacité à
inventer une nouvelle gouvernance mondiale et à créer une dynamique de paix et
de respect des libertés publiques.
Le droit international est aujourd’hui fragilisé, ignoré et, de plus en plus
souvent, ouvertement bafoué – y
compris par ceux qui devraient en être
les premiers garants. Cette dérive
consacre un retour brutal des rapports de force comme principe organisateur des
relations internationales. Nous devons engager toute notre énergie pour résister
à cette logique funeste. Le droit
international n’est
pas un simple outil dont le respect, opportuniste, serait une option : il
est la condition d’un ordre mondial stable. Or, pour cela, il doit être
renforcé, aussi bien dans ses mécanismes de décision que dans ces capacités à
sanctionner. Une gouvernance mondiale crédible ne peut reposer sur la loi du
plus fort.
Dans ce combat, l’Europe a une voix singulière. Il lui incombe une
responsabilité de premier plan. L’Europe ne peut pas, ne peut plus se contenter
d’être une puissance normative dépourvue de capacités d’action adaptées aux
nouveaux enjeux. Si elle veut peser, elle doit parler d’une seule voix, assumer
une véritable stratégie de puissance et se donner les moyens de faire respecter
ses positions et d’assurer sa souveraineté.
Pour la France, l’enjeu est direct. Chaque affaiblissement du droit
international, chaque escalade militaire, chaque déstabilisation régionale a
des conséquences sur notre sécurité, sur notre économie et notre souveraineté,
ainsi que des répercussions directes sur nos concitoyens. Face aux logiques
d’escalade, la France doit redoubler d’efforts pour faire émerger une solution
politique, dans un cadre multilatéral, en mobilisant pleinement tous les
leviers, notamment européens et onusiens.
Dans le même temps, nous devons, dans une logique de proximité et
d’accompagnement des populations, nous montrer à la hauteur de l’urgence
humanitaire. Nous l’avons encore fait très récemment en apportant une aide
supplémentaire au Liban, où le ministre de l’Europe et des affaires étrangères,
Jean Noël Barrot, s’est tenu, la semaine dernière, aux côtés des Libanais, ce
peuple ami. Nous devons aussi être aux côtés du peuple d’Iran et tout mettre en
œuvre pour l’aider à se défaire d’un régime sanguinaire.
Mesdames et messieurs les ministres, chers collègues, au cœur de cette grave
crise mondiale, voici la question qui se pose : voulons-nous subir les
désordres du monde ou contribuer à les contenir ? Sommes-nous capables de
bâtir un monde de respect, de paix et de prospérité ?
Louise Morel (députée)
> [Petit colis venus de Chine / Intervention à l’Assemblée] Depuis
quelques semaines, le constat est frappant : nos entrepôts logistiques
sont vides, désespérément vides. Depuis l’entrée en vigueur de la taxe sur les
petits colis le 1er mars – il y
a à peine vingt-cinq jours –, certains acteurs non européens contournent déjà nos règles.
Ils s’installent ailleurs en Europe, en Belgique notamment, tout en continuant
de livrer nos concitoyens en France. Autrement dit, ils accèdent à notre marché
sans en respecter les règles.
Les chiffres sont sans appel : en un mois, les déclarations douanières à
Roissy ont chuté de 92 %, les vols cargo entre la Chine et la France ont
baissé de 60 % et des dizaines de vols ont été délocalisés hors de notre
territoire.
Les conséquences sont immédiates. Dans certains entrepôts, on est passé de
200 000 colis par jour à zéro. Derrière ces chiffres, ce sont jusqu’à
20 000 emplois qui sont menacés dans la filière logistique.
Ces plateformes reposent sur un modèle économique à très bas coût qui ne
respecte ni nos normes sociales ni nos normes environnementales et qui alimente
une surconsommation massive au détriment de nos commerces de proximité.
Sur ce sujet, il faut le dire clairement : il ne s’agit pas de choisir
entre préserver la planète ou préserver nos emplois. C’est l’un et l’autre. Si
la représentation nationale vote pour une mesure de taxation supplémentaire
pour des acteurs économiques qui produisent en dehors du territoire européen,
alors cette loi doit être respectée.
Mais au-delà de la France, la bonne réponse est européenne. Les autres pays de
l’Union doivent appliquer cette taxe, conformément à leurs engagements.
Christophe Blanchet (député)
> [Déclaration du gouvernement à l’Assemblée sur les hostilités au
Moyen-Orient]
Un basculement ! C’est ce qui a lieu aujourd’hui au Proche et au
Moyen-Orient. Car ce qui se joue n’est pas un épisode d’instabilité de plus
dans cette région, mais une accélération du bouleversement profond, et sans
doute durable, des rapports internationaux, marqué par le retour assumé de la
loi du plus fort. Mais au-delà des équilibres stratégiques, il ne faut pas
oublier l’essentiel : ce qui se joue est aussi une tragédie humaine. Sur
place, des populations civiles paient une fois de plus le prix de décisions qui
les dépassent : aux massacres de ces derniers mois viennent s’ajouter des
pertes civiles innombrables. Cela étant, il faut avoir l’honnêteté de le
dire : le peuple d’Iran aspire à des transformations profondes de son
régime et nous ne pouvons pas y rester indifférents, il y a là une exigence
d’humanisme et de dignité que nous devons reconnaître.
Notre responsabilité, en tant que députés français, est aussi de regarder les
événements avec lucidité. Cela ne signifie ni indifférence ni repli. Cela
signifie apporter une contribution au reste du monde qui soit une réponse
équilibrée, fidèle à nos valeurs et en ayant conscience des réalités
stratégiques auxquelles nous faisons face, en ayant conscience de la hiérarchie
des responsabilités.
Dans cette crise, une question doit être posée avec lucidité : à qui
profite la situation actuelle ? Certainement pas aux Européens qui en
subissent déjà les conséquences économiques et énergétiques. Depuis des
décennies, la stratégie européenne repose sur une méthode spécifique, une
méthode fondée sur le droit, sur la négociation et sur la recherche de
compromis durables. L’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, dit plan
d’action global commun (JCPOA) en est l’exemple le plus abouti : il avait
rassemblé les principales puissances mondiales– Européens,
Américains, Russes, Chinois et Iraniens – et permis de stabiliser une
situation extrêmement
dangereuse. Cet accord fonctionnait, il était
respecté, démontrant qu’une
voie diplomatique crédible
existait. Sa dénonciation
dès 2018 par Donald Trump a ouvert la séquence dans laquelle nous nous trouvons
aujourd’hui.
C’est pourquoi nous devons regarder avec lucidité la position américaine.
L’engagement des États-Unis dans cette guerre s’inscrit dans une logique de
confrontation sans objectif politique clairement défini et sans limite lisible
des moyens engagés. Une telle situation fait peser un risque majeur sur
l’ensemble des équilibres internationaux mais aussi sur la sécurité économique
de partenaires qui, pendant des décennies, ont œuvré aux côtés de Washington.
Les économies européennes et asiatiques, déjà fragilisées, seront directement
affectées par les conséquences de cette cynique escalade. Plus grave encore, il
est désormais suggéré que la solidité de l’Alliance atlantique pourrait être
conditionnée à un alignement sur une stratégie militaire qui n’a pas été
collectivement décidée. Cela n’est pas acceptable. L’Alliance atlantique ne
peut être un instrument de pression sur ses membres : elle repose sur une
solidarité choisie, fondée sur la défense de la démocratie et sur le respect de
la souveraineté de chacun.
La France doit garantir le maintien d’une ligne claire. Elle le fait d’abord
par son engagement opérationnel : à plusieurs milliers de kilomètres, nos
forces sont déployées, elles agissent avec professionnalisme, sang-froid et
efficacité, protègent, sécurisent et contribuent à la stabilité régionale, au
prix de vies balayées ou blessées : pensons évidemment aux proches du
major Arnaud Frion… La France démontre dans cette crise sa fiabilité et sa
capacité d’action. Elle tient son rang. Je salue ici l’engagement de nos armées
et de nos soldats. Leur action exigeante, dans des conditions difficiles,
témoigne à la fois de la compétence collective de nos armées et de la
détermination de celles et ceux qui les composent. Nous pouvons en être fiers.
Mais cette crise n’est pas sans conséquences directe pour notre pays : les
risques énergétiques sont réels, identifiés, anticipés et gérés du mieux
possible. Mais ils sont là. Une perturbation durable des flux, et ce sont
immédiatement des effets sur les prix, sur le pouvoir d’achat des Français et
sur la compétitivité de nos entreprises. On serait d’ailleurs tenté de se
demander si le premier producteur de pétrole au monde, les États-Unis de Donald
Trump, ne serait pas le grand gagnant de ce jeu à somme négative… « Drill,
baby, drill ! », c’est encore mieux sans concurrent !
Je tiens aussi à souligner que c’est précisément dans ce type de situation que
se révèlent les conséquences de nos déséquilibres budgétaires : nos marges
de manœuvre sont contraintes quand il s’agit d’accompagner les ménages, de
soutenir les entreprises ou encore d’absorber des chocs extérieurs qui pourtant
ne relèvent pas des choix de notre pays. C’est une réalité que nous devons
regarder en face. Car cette crise, comme celles qui l’ont précédée, oblige à la
lucidité, au courage, à la cohérence et à l’effort de cohésion nationale. Cette
crise nous oblige à voir que le monde dans lequel nous évoluons n’est plus
celui d’un ordre international stable ; les rapports de force y sont plus
irrationnels, plus brutaux, plus incertains et surtout plus nombreux : à
l’est, l’Ukraine et la Russie, au Proche et au Moyen-Orient, la situation en
Iran, au Liban, en Israël et dans les territoires palestiniens, mais aussi en
mer de Chine, à la Corne de l’Afrique et même en Amérique du Sud.
Cette crise nous oblige au courage de la souveraineté, qu’elle soit
stratégique, énergétique, industrielle ou budgétaire. Sans ces leviers, nous
restons exposés à des décisions prises ailleurs. Cette crise nous oblige à
l’effort de cohérence. Nous ne pouvons pas, d’un côté, défendre un modèle fondé
sur le droit et, de l’autre, accepter sans réagir un basculement vers une
logique de puissance sans règles.
Enfin, cette crise nous oblige à un enjeu de cohésion nationale et de
résilience, défini dans la dernière revue nationale stratégique comme la
volonté et la capacité du pays, de la société et des pouvoirs publics à
résister aux conséquences d’une agression ou d’une catastrophe majeure.
● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> J’assiste à la commission de la culture, de l’éducation, de la
communication et du sport du Sénat sur la proposition de loi visant à mieux
protéger les mineurs face aux réseaux sociaux.
Comme l’a rappelé Miel Abitbol, les réseaux sociaux peuvent aussi être un
vecteur d’alerte pour signaler violences ou situations graves. L’approche
uniquement restrictive ne saurait suffire.
Au-delà de la protection des mineurs, c’est notre rapport collectif au
numérique qui doit être interrogé.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
> Les Patriotes pour l’Europe — où siègent le Rassemblement National de
Marine Le Pen et le Fidesz de Viktor Orbán — n’ont rien de patriotes. Ils ne
défendent pas les intérêts des Européens, mais bien ceux de la Russie de
Vladimir Poutine. Marine Le Pen tente de nous faire croire qu’en bloquant
l’aide à l’Ukraine, Viktor Orbán agit pour les intérêts de la Hongrie. Or,
l’intérêt des Hongrois — comme celui de tous les Européens — est que l’Ukraine
résiste face à l’agression russe. D’ailleurs, la Hongrie ne contribue même pas
à cette aide. Si Orbán la bloque, c’est uniquement pour servir les intérêts de
Poutine. Point final. Et n’oublions pas : le Rassemblement National a lui aussi
voté contre cette aide à l’Ukraine.
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Il faut avoir la lucidité de le dire : aujourd’hui, nos institutions
sont vulnérables. Elles sont testées, contournées et parfois noyautées par des
puissances étrangères qui veulent détruire l’Europe de l’intérieur.
Alors il est temps de sonner l’alarme. Il est temps de pointer du doigt ceux
qui se disent ici « patriotes » ou« souverainistes » mais
qui roulent en vérité pour Trump, pour Poutine ou pour Xi Jinping. On les
connaît ! La presse le révèle chaque jour : c’est l’AfD, le
Rassemblement national, le Fidesz, Vox, Chega ou encore le PVV. Ils siègent à
ESN, à l’ECR et chez les soi-disant Patriotes. Mais quand on vote contre
le soutien à l’Ukraine, quand on vote contre les sanctions pour la Russie,
c’est ça être patriote ? Quand on soutient la politique « MAGA »
de Trump, quand on soutient les géants du web américain contre le DSA, c’est ça
être patriote ? La vérité, c’est que ces partis ne défendent pas
leur pays. Ils ne défendent pas leur peuple. Ils défendent des intérêts
étrangers en affaiblissant l’Europe. Et je le rappelle au passage : de
tels agissements dans nos États membres seraient passibles de condamnation pour
haute trahison, d’intelligence avec l’ennemi ou d’atteintes aux intérêts
fondamentaux de la Nation.
Pascal Canfin (député)
> EU–INC peut être le début d’une intégration plus profonde pour le marché
unique.
L’Europe compte un marché de 450 millions d’habitants, mais même si nous créons
plus de startups qu’aux États-Unis, nos entreprises ne peuvent pas se
développer en Europe. EU-INC veut résoudre exactement ce problème.
La proposition a échoué deux fois auparavant, en raison des préoccupations des
États membres. Cette fois, il y a un soutien politique et il semble qu’une
initiative ambitieuse puisse aboutir à une simplification réelle, intelligente
et efficace.
Le même niveau d’ambition est nécessaire pour progresser sur l’Union d’épargne
et d’investissement, ou une union énergétique de l’UE.
Je plaide pour une intégration plus profonde en Europe. Nous avons besoin d’un
programme ambitieux, briser les barrières et construire des ponts pour créer un
continent souverain et compétitif.
> Alors que le Parlement européen s’apprête à voter
jeudi sur l’accord commercial avec les États-Unis, nous avons une fois de plus
la démonstration par les faits que cet accord avec l’administration Trump ne
peut tenir, et ce malgré le bon travail effectué au Parlement européen pour en
améliorer ses termes.
Hier, l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne a menacé l’Europe de
représailles sur les livraisons de gaz liquéfié si nous ne ratifions pas
l’accord tel qu’agréé par Trump et Ursula von der Leyen l’année dernière. Ce
qu’on appelle dans notre jargon la «weaponisation» de l’énergie n’est plus un
risque mais bien une (triste) réalité de nos relations avec les Etats-Unis.
J’en tire deux leçons : d’abord, je suis conforté dans le fait que je ne
donnerai pas mon soutien à cet accord commercial avec les États-Unis ; ensuite
qu’il faut décarbonner et électrifier toujours plus urgemment notre économie
pour durablement gagner notre souveraineté et notre indépendance.
> [Opinion: « L’Europe doit adapter sa
stratégie énergétique à la nouvelle donne géopolitique» / Extrait ] La
fermeture de fait par l’Iran du détroit d’Ormuz par lequel transite de
20 % à 25 % du gaz et du pétrole mondial pose des questions
géopolitiques essentielles. C’est le nouveau « test d’Ormuz », et il
fait des gagnants et des perdants.
La première gagnante est la Russie. L’augmentation du prix du pétrole et du
gaz est une excellente nouvelle pour les recettes de l’Etat russe et donc pour
le financement de sa guerre de conquête en Ukraine. Mais on aurait tort de se
focaliser seulement sur le marché de l’énergie. La situation actuelle vient
également renforcer la mainmise de la Russie sur le prix mondial de productions
agricoles de première nécessité, comme le blé. Pas de blé sans engrais, pas
d’engrais sans gaz, et pas de gaz sans Russie. Voilà l’équation qui permet au
régime de Poutine de fixer de fait le prix mondial du blé.
Il est trop tôt pour dire si les Etats-Unis seront du côté des gagnants ou
des perdants. Le pays est le premier producteur au monde d’énergies fossiles.
Toute hausse de prix, qui plus est ici liée à des contraintes sur les capacités
de production et d’exportation de producteurs concurrents comme les pays du
Golfe, est source de revenus supplémentaires. Donald Trump l’a simplement
résumé en disant que les Etats-Unis « se faisaient beaucoup
d’argent » ces dernières semaines. Mais l’équation
est plus complexe, car les Etats-Unis sont aussi l’un des plus grands
consommateurs d’énergies fossiles au monde. L’impact que cette hausse aura sur
l’inflation, sujet déjà inflammable pour l’administration Trump, est difficile
à prévoir en fonction de la durée de la fermeture du détroit.
La Chine est, a priori, du côté des perdants, car elle importe massivement
son gaz et son pétrole, notamment d’Iran. Mais, depuis des décennies, les
dirigeants chinois ont conscience de la vulnérabilité que représente cette
dépendance et investissent comme nulle part ailleurs dans le monde dans l’électrification
de l’économie et tous les segments de la chaîne de valeur de
l’électrification : des mines aux voitures en passant par le raffinage et
les batteries, pour ne prendre que les exemples les plus connus. Au point que
l’on puisse parler d’« electrostate » à comparer aux
« petrostates » que sont, par exemple, les Etats-Unis ou la
Russie. Il est clair que le test d’Ormuz va conforter les dirigeants chinois
dans cette stratégie. (…)
Christophe Grudler (député)
> Soyons lucides : la seule réponse durable, c’est d’en finir avec notre
dépendance aux énergies fossiles importées. Accélérer la transition énergétique
n’est pas seulement une nécessité climatique. C’est un impératif de
souveraineté. C’est le seul moyen de nous protéger durablement des chocs
géopolitiques. Et cela passe par trois priorités : accélérer les renouvelables
et le nucléaire, électrifier nos usages et produire davantage chez nous.
> Accord UE-US : pourquoi je voterai non. Un accord déséquilibré qui menace notre industrie et notre indépendance énergétique. 15 % de droits de douane pour nos produits contre 0% sur plus de 410 produits américains. Comment soutenir une telle mascarade ?
> [L'Allemagne veut déployer son propre réseau de
100 satellites militaires avec Rheinmetall, OHB et Airbus] Créer des
constellations nationales en parallèle d’IRIS² serait, selon moi, une erreur.
Ce n’est pas ainsi que l’Europe construira sa souveraineté : en dispersant ses
moyens, et en affaiblissant ses grands programmes communs.
IRIS² n’est pas un projet secondaire : il a été pensé d’abord pour répondre aux
besoins des États, des militaires européens, en matière de connectivité
sécurisée. La France a elle-même annulé un satellite Syracuse 4 car IRIS² doit
précisément couvrir ce besoin.
L’histoire spatiale européenne devrait nous servir de leçon. Aucun pays
européen n’aurait pu financer et déployer seul Galileo (le 'GPS européen'). Les
infrastructures stratégiques de cette ampleur se construisent ensemble, en
Européens.
À mes collègues allemands, je dis donc ceci : si vous voulez renforcer
l’autonomie stratégique européenne, faites-le avec l’Europe. Renforcez IRIS².
Et investissez aussi dans les domaines où nous avons encore des lacunes
majeures, comme la surveillance de l'espace.
Enfin, sur le calendrier : oui, l’Europe doit aller plus vite. Mais croire
qu’une constellation nationale décidée après IRIS² arriverait avant lui n’est
pas sérieux. La vraie urgence, c’est de réussir enfin à penser et agir à
l’échelle européenne.
Fabienne Keller (députée)
> La Charte des droits fondamentaux de l’UE est très claire : nul ne
doit être discriminé en fonction de son orientation sexuelle. Aujourd’hui, plus
d’un million de citoyens, à travers les 27 États membres, ont soutenu une
initiative citoyenne européenne pour demander l’interdiction de ces pratiques
de conversion. Leur cause est juste. Qu’attendons-nous donc pour bannir cette
pratique ?
Sandro Gozi (député)
> Le DSA est clair : ce qui est illégal hors ligne l’est aussi en ligne.
Mais certaines critiques américaines ressemblent aux arguments des big tech.
Défendre et appliquer rigoureusement le DSA, c’est protéger démocratie et
souveraineté.
> Sur AliExpress, 80% de non-conformité: un signal d’alarme majeur. Les annonces ne suffisent plus. Nous exigeons des mesures efficaces et leur application stricte: contrôles avant mise en vente, vérification des vendeurs, limites claires pour les produits à risque.
● Personnalités centristes
Amélie de Montchalin (Première présidente de la Cour des comptes)
> [Présentation, du rapport annuel de la Cour des comptes / Intervention
à l’Assemblée] Je suis très heureuse de revenir dans cet hémicycle en tant que
première présidente de la Cour des comptes pour, comme mes prédécesseurs, vous
présenter le rapport public annuel de la Cour. Ancienne parlementaire, j’ai
formulé le souhait lors de mon installation, il y a un peu moins de dix jours,
que nous puissions approfondir la mission d’assistance de la Cour au Parlement
pour nourrir le débat et faire en sorte que les députés puissent se saisir
pleinement des recommandations des juridictions financières.
Le rapport, qui aborde le thème de la cohésion territoriale et de
l’attractivité des territoires, peut y contribuer. Ce thème est cher à cette
assemblée. Il a en effet fait l’objet de très nombreux travaux parlementaires
et donnera lieu à de nouveaux débats lors de l’examen du projet de loi sur la
décentralisation dont le gouvernement poursuit la préparation.
Dans le débat public, le rapport représente un positionnement particulier, car
il tire parti des atouts des juridictions financières. La Cour des comptes
n’est pas une institution parisienne : avec les chambres régionales et
territoriales des comptes (CRTC), elle forme les juridictions financières, une
institution décentralisée qui connaît la vie quotidienne des Français.
Renforcer ce lien entre la Cour et les chambres régionales et territoriales des
comptes, c’est renforcer le lien avec les Français partout où ils habitent sur
le territoire. En retour, le but est aussi que les Français connaissent mieux
le rôle des chambres régionales et territoriales des comptes, qui jouent un
rôle capital dans notre démocratie. C’est pourquoi j’ai entamé lors les
dernières semaines un cycle de visites, qui m’a déjà amenée à Orléans et à
Noisiel, et qui me conduira à échanger avec les quinze autres équipes au
service des territoires, avec des échanges prévus avec les équipes de Nouméa,
de Rouen, de Metz, de Bordeaux et de Marseille d’ici à cet été.
Sur le fond, les juridictions financières – la Cour et ses chambres régionales et territoriales – sont la seule institution en France
qui peut avoir une vision transversale des politiques publiques. Par leur
maillage et leurs compétences, elles contrôlent en effet à la fois l’État et
ses opérateurs, les collectivités et les organismes de sécurité sociale. Nous
pouvons ainsi examiner les politiques publiques indépendamment de qui les porte
et regarder de manière exhaustive des politiques publiques partagées entre ces
acteurs. Cela nous permet de dépasser – si
vous me permettez l’expression – le « qui
fait quoi »
administratif. En nous plaçant dans la position des habitants, des usagers, des
entreprises, des contribuables et de vos électeurs, nous pouvons regarder de
façon complète l’ensemble des administrations qui s’adressent à eux.
En un mot, nous pouvons tirer des leçons structurantes au niveau national à
partir d’un travail ciblé, approfondi et local et ainsi éclairer le débat
public local, notamment les maires, qui entament leur nouveau mandat. Leur
élection scelle un contrat démocratique avec les Français, qui est aussi un
contrat de bonne gestion. Mon message aux décideurs publics et aux élus locaux
est clair : n’attendez pas d’être contrôlés pour avoir une relation
profitable et nourrie avec les chambres régionales des comptes et la Cour des
comptes ! Notre action va bien au-delà du contrôle a posteriori,
puisque nous soutenons une transformation concrète de l’action publique.
Ce rapport a été organisé de manière très spécifique pour tenir compte de cette
transversalité. Nous avons d’abord mené un travail collectif, qui a mobilisé
l’ensemble des six chambres thématiques de la Cour et toutes les chambres
régionales des comptes, ainsi que les deux chambres territoriales de
Nouvelle-Calédonie et de Polynésie. Ce travail s’est poursuivi de façon
collégiale dans un cadre rassemblant la Cour et les chambres régionales des
comptes (CRC). Douze des quatorze chapitres ont été écrits dans ce cadre, dont
trois ont été réalisés par une chambre régionale : offre hospitalière,
numérique et opérations d’intérêt national. L’ensemble du rapport a été conçu,
délibéré et finalisé dans ce cadre avant mon arrivée et je me présente devant
vous en tant que porte-parole de cette collégialité.
Le thème a été choisi – il y
a près de dix-huit mois – en raison de trois constats.
D’abord, des enjeux concrets, que vous
connaissez mieux que d’autres : accès aux services essentiels, aux
opportunités économiques, à la mobilité, à l’éducation et à la santé. Ces
questions, qui se posent tous les jours, sont essentielles à la vie démocratique.
Ensuite, des transformations profondes en cours : écologie, numérique et,
surtout, démographie puisque vingt-trois départements ont connu une baisse de
leur population entre 2015 et 2021, dans un contexte de finances publiques de
plus en plus contraint.
Enfin, des attentes sociales fortes : les mouvements sociaux comme celui
des gilets jaunes, les crises agricoles, les émeutes urbaines et les tensions
en outre-mer traduisent des fractures sociales et économiques et un sentiment
de relégation et d’éloignement des services publics, en particulier dans
certains territoires ruraux ou périurbains.
Toutefois, les mécanismes de redistribution significatifs qui existent en
France contribuent à limiter les inégalités territoriales.
Dans ce contexte, la conclusion des équipes des chambres régionales et de la
Cour des comptes est que la cohésion territoriale ne se décrète pas d’en haut.
Dans une République décentralisée et diverse, elle suppose une vision
stratégique partagée avec les capacités opérationnelles des acteurs locaux et
la recherche d’un équilibre entre impulsion nationale et initiative locale.
Le rapport a pour ambition d’éclairer ces dynamiques territoriales,
d’identifier des leviers pour renforcer l’attractivité et la cohésion des
territoires et de proposer aux décideurs publics que vous êtes, tout comme le
gouvernement, des éléments de réflexion pour garantir une action publique plus
efficace et équitable. Il est organisé autour de trois axes : garantir
l’accès à un panier de services publics essentiels, disposer d’une vision
partagée entre État, opérateurs et collectivités sur ce qui fait l’attractivité
et la cohésion d’un territoire et clarifier le paysage institutionnel, que
certains qualifient de millefeuille, entre les opérateurs, les contrats
territoriaux et les mécanismes de péréquation, devenus très complexes. Il
complète les travaux parlementaires en apportant un éclairage différent, dont
je vais citer quelques exemples.
Sur l’accès aux services publics ruraux, le rapport contient ainsi des éléments
à la fois convergents et un peu différents des conclusions des travaux du
comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques. Il souligne le
manque d’efficacité des dispositifs de zonage et le saupoudrage des dépenses,
notamment fiscales, puisque 57 % des communes sont concernées par le
zonage. Ce dispositif, qui vise à soutenir les territoires ruraux vulnérables,
ne semble donc pas vraiment ciblé.
Sur les dotations et les financements, la Cour constate que les cofinancements
bénéficient proportionnellement plus aux territoires ruraux, contrairement aux
idées reçues, et souligne la multiplication de dotations insuffisamment
coordonnées.
Enfin, la Cour appelle, dans un contexte de finances publiques contraint, à
simplifier et à mieux flécher les financements. Elle recommande d’améliorer les
dispositifs de péréquation, en particulier horizontale. Je rappelle que l’écart
de ressources par habitant varie de 1 à 9 dans le bloc communal et de 1 à 1,3
entre les métropoles.
Concernant la relation entre l’État et les collectivités, la Cour rejoint
l’objectif de simplifier la contractualisation entre l’État, les opérateurs et
les collectivités face à une multiplication, voire à un empilement, des
dispositifs, qu’il nous faut recentrer et concentrer. Le paysage contractuel
pourrait être simplifié autour des contrats de plan État-région (CPER) au
niveau régional et des contrats pour la réussite de la transition écologique
(CRTE) au niveau intercommunal, en intégrant d’autres dispositifs à ces deux
instruments. Cette logique a également alimenté le rapport d’information sur la
territorialisation et le portage des politiques publiques en termes
d’aménagement du territoire et de transition énergétique et écologique de la
commission du développement durable.
En ce qui concerne les mobilités du quotidien, la Cour partage la préoccupation
collective de développer les services publics de partage des accès notamment
aux métropoles et aux plus grandes villes. Elle appelle à donner la priorité
aux projets favorisant les trajets du quotidien, notamment les services express
régionaux métropolitains (Serm), à régénérer les réseaux existants et à
améliorer la coopération entre autorités organisatrices de mobilité (AOM). Ces
questions rejoignent vos travaux et seront abordées lors de l’examen du projet
de loi-cadre relatif au développement des transports.
Enfin, en ce qui concerne la santé, la Cour souligne la nécessité de concilier
une concentration de l’offre d’expertise dans certains grands pôles
hospitaliers afin de garantir un niveau de sécurité et de qualité des soins
adapté. Les enjeux d’accessibilité continuent d’être une priorité, en raison du
vieillissement de la population et de la nécessité d’accompagner les patients
atteints d’une maladie chronique. La Cour recommande également d’organiser les
activités hospitalières à l’échelle des territoires et non pas site par site,
et d’adopter une stratégie fondée sur la gradation de l’offre de soins, avec
une évolution des petits hôpitaux de proximité.
Avant de laisser le rapporteur général, qui a animé les travaux préparatoires
au cours des derniers mois, vous présenter plus en détail les grands axes et
les orientations du rapport, je voudrais conclure en soulignant la pertinence
de l’échelon local pour adapter l’organisation des services publics, ce qui
demande de mieux coordonner les acteurs et de clarifier les rôles de chacun.
Je remercie les présidents de chambre, le rapporteur général et toutes les
équipes pour ce rapport. Nous restons à votre disposition pour le présenter
dans des groupes de travail ou dans le cadre de missions et d’auditions plus
spécifiques si vous souhaitez porter un intérêt plus approfondi à tel ou tel
chapitre.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Apprendre à bien manger tôt, c’est une politique publique. Ce soir
j'organisais le ciné-débat « Les aventuriers du goût » :
- 1 enfant sur 6 en surpoids
- seuls 37 % des collégiens mangent assez de fruits et légumes. Pour agir
concrètement : Former, accompagner, garantir l’accès.
> Protéger les enfants, c’est d’abord soutenir toutes les familles. À la Journée nationale Enfance & Parentalité (ADMR), j’ai rappelé une conviction : accompagner les parents, ce n’est ni juger ni normer à l'excès. C’est soutenir, outiller, écouter et faire confiance.
> C'est la semaine de la presse et des médias dans l’École ! Cette semaine est essentielle pour apprendre aux enfants à décrypter l’information et développer leur esprit critique.

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