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mardi 20 janvier 2026

Vues du Centre. Comment Trump crée sans arrêt des tensions pour ne pas rendre compte de ses crimes et de son impéritie

Par Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella


L’annexion du Groenland pour détourner les regards du scandale Epstein.

Les violences de la police anti-immigration pour masquer l’inflation.

L’envoi de militaires dans les villes tenus par les démocrates en prétextant des insurrections pour éviter de parler de l’augmentation du chômage.

La rebaptisation de tous les édifices et organisations possibles à son nom pour occulter son échec dans son rapport de force avec la Chine.

Le bombardement de l’Iran pour évacuer son incapacité à régler la guerre en Ukraine.

L’enlèvement de Maduro pour escamoter tous les bides de ses soi-disant règlements de conflits à travers de monde.

La poursuite d’élus et d’officiels qui ne sont pas de son côté ou qui remplissent simplement leur mission mais qui le gênent pour mettre sous le tapis son attaque contre l’assurance-santé et l’absence d’un plan pour la remplacer promis depuis 2016.

Des attaques continuelles et des demandes de renvoi des présentateurs des talk-shows les plus regardés parce qu’ils se moquent de lui afin qu’on ne regarde pas ses problèmes mentaux et de sénilité.

Publier des photos-montage de sa personne avec une couronne sur la tête et un sceptre à la main pour camoufler son impopularité qui augmente lors de chaque sondage.

Donald Trump crée sans cesse des contrefeux les plus dangereux et incohérents possibles mais qui font le buzz pour que l’on ne s’occupe pas de ce qui devrait le conduire à être destitué si la démocratie américaine avait encore un fonctionnement seulement «normal», c’est-à-dire en obéissant à son propre Etat de droit.

Et ça marche!

Certains diront pendant un certain temps.

Oui, sans doute mais ces contrefeux une fois obsolètes sont remplacés par d’autres dans une fuite en avant qui constitue un aventurisme qui menace la stabilité des Etats-Unis et celle du monde sans parler de l’affaiblissement constant de la démocratie républicaine.

Tous les bouc-émissaires possibles et imaginables sont convoqués pour que Trump «s’en sorte».

Tous les propos les plus abjects et les plus choquants sont éructés de sa bouche ou viennent de ses doigts tapant sur son téléphone portable des textes publiés sur sa messagerie dans une diarrhée verbale haineuse où les mensonges et les insultes se bousculent afin de cacher son inaptitude à être président.

Trump ne gouverne pas, il crée le chaos.

Jusqu’à la crise ultime?

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]

 

 


La Quotidienne centriste du 20 janvier 2026. Macron a-t-il enfin compris qui était Trump?


Pendant longtemps, Emmanuel Macron a ménagé Donald Trump.

En grande partie parce qu’il avait face à lui le dirigeant de la plus grande puissance mondiale, une alliée de la France depuis son indépendance et qu’il espérait pouvoir peser sur ses décisions ou, en tout cas, les rendre les moins mauvaises possibles pour le monde et, en particulier, pour la France et l’Europe.

Mais également parce qu’il y avait une certaine connivence entre eux.

Reste que le président français n’a pas obtenu grand-chose de l’extrémiste populiste de la Maison blanche, ce dernier tentant de l’humilier plusieurs fois et encore une fois aujourd’hui.

La séquence actuelle avec les droits de douane mis en place par l’administration américaine, les divergences profondes sur les question ukrainiennes et palestiniennes et l’opposition ferme de la France à la volonté d’annexion du Groenland ont tendu les relations entre les deux dirigeants.

Cela s’est traduit par des déclarations publiques d’Emmanuel Macron très fermes.

En revanche, le message qu’il a envoyé à Donald Trump où, tout en rappelant le désaccord entre eux à propos du Groenland – «je ne comprends pas ce que tu fais» –, il l’invite à une rencontre pour parler de la situation internationale et trouver des solutions communes de la Syrie à l’Ukraine, semble, encore une fois privilégier cette soi-disant relation spéciale entre les deux hommes qui, en réalité, n’existe pas et n’a sans doute jamais existé.

D’ailleurs le dévoilement par Donald Trump de son contenu est là pour le démontrer.

Emmanuel Macron doit se rendre compte – comme il a été obligé de le faire avec Vladimir Poutine – que le ton apaisant et diplomatique à l’excès ne peut être tenu face à des personnages comme le président américain qui n’a aucun respect pour les autres et les pays européens.

Il est temps pour Emmanuel Macron de démontrer sans l’ombre d’un doute que la France n’est pas un pantin que Trump peut manipuler à volonté même si cela doit heurter son égo.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour] 

 

 


L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Etats-Unis-Europe: c’est la guerre?


La fuite en avant de Trump risque vraiment de mal se terminer pour la planète.

A la tête des Etats-Unis se trouve sans doute un mégalomaniaque et narcissique à l’extrême mais aussi un personnage doté de peu d’intelligence, submergé par une haine et sans aucun doute quelque peu déséquilibré dont l’hubris est démesuré.

Le pire président ayant jamais occupé le bureau ovale.

Quand on est capable de dire au premier ministre norvégien que l’on va s’emparer du Groenland parce que l’on n’a pas reçu le prix Nobel de la paix ou que l’on va taxer à 200% les vins français parce qu’Emmanuel Macron ne veut pas participer à son «Conseil de de la paix» qui est une vague fumisterie, conseil où il a invité Vladimir Poutine à en faire partie, on est en plein délire de la part du dirigeant de la première puissance mondiale et l’on est en droit de questionner sa santé mentale et son habilité à la gouverner.

Mais pourquoi se gênerait-il puisque tout le monde a peur de lui, même ses fan(atiques)?!

De ce point de vue, il agit comme n’importe quel dictateur qui sont ses modèles ou qu’il admire pour leur puissance et leur culte de la personnalité, d’Hitler à Poutine en passant par Xi ou Staline.

Des dirigeants qui n’ont jamais hésité à utiliser la force contre d’autres pays et leurs populations ce que fait Trump.

Va-t-on vers un état de guerre permanent où après avoir visé l’Iran puis le Venezuela, ce sont les Européens qui sont dans le collimateur à propos du Groenland?

Voilà qui est complètement paradoxal pour quelqu’un qui estime qu’il aurait dû recevoir le prix Nobel de la paix!

Mais on se rappelle aussi qu’Hitler se présentait systématiquement comme un homme de paix qui prétendait n’avoir aucune visée sur ses voisins…

Ce qui est une première, c’est que Trump menace non pas ses ennemis mais les alliés de son propre pays de leur faire la guerre puisqu’il n’a pas exclu de prendre par la force armée l’île de l’Artique.

Sachant qu’il a déjà déclenché une guerre commerciale contre eux (et d’autres pays) tout en faisant tout pour les rabaisser et saper leurs statuts et leurs droits, il serait bon que les Européens se considèrent à tout le moins comme dans un état de «pré-guerre» et se mettent en ordre de bataille pour y faire face et de faire face à un possible conflit.

On peut penser – ou espérer – que celui-ci n’aura pas lieu, in fine, même si personne ne peut l’affirmer à cent pour cent.

Tout cela semble surréaliste mais est bien la réalité que nous vivons actuellement.

Vouloir encore l’ignorer ou le relativiser serait une erreur voire une faute.