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samedi 16 mai 2026

Editorial du CREC. Rêves américain et chinois ou la bataille entre la liberté et l’asservissement


On parle souvent de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, de la guerre économique ou financière, voire de la guerre tout court.

Mais on parle peu de la guerre des «rêves».

Or, celle-ci pourrait s’avérer, si ce n’est plus importante que les autres, aussi cruciale.

En tout cas, cette bataille est un choix de société entre deux modèles qui se repoussent absolument et qui façonnent la réalité des deux régimes en place et qui se font face.

On connait la genèse du rêve américain, un concept inventé en 1931 par James Truslow Adams dans son livre «The Epic of America» qui souhaitait décrire ce qui motivait les Américains, individuellement et collectivement à bâtir la société étasunienne.

Au-delà des interprétations partisanes de ce rêve avec la prédominance de la réussite matérielle pour les républicains et de la réussite de l’émancipation pour les démocrates, il demeure les fondamentaux qui sont ceux de la démocratie républicaine libérale même si l’on peut se poser la question d’une dérive vers des principes autocratiques de la vision républicaine avec l’accession au pouvoir de Donald Trump.

En revanche, le grand public est moins au courant de celle du rêve chinois.

Pourquoi donc Xi Jinping, l’actuel potentat de la Chine l’a-t-il inventé et promu?

Tout simplement parce qu’il s’est rendu compte qu’une des pièces essentielles du soft-power dominant, celui des Etats-Unis, était le fameux rêve américain et que si la Chine voulait devenir la première puissance mondiale, il fallait qu’elle possède le sien pour motiver son peuple mais également pour susciter une communauté d’Etats, ce qui est en train de se passer avec l’internationale totalitaire.

Mais, bien évidemment, en tant que leader d’un régime dictatorial, son rêve prend l’exact contrepied du rêve américain.

Ici, pas question de réussite individuelle et d’émancipation de l’individu, tout est dans le collectif autour d’un nationalisme intransigeant et guerrier, voire revanchard, ainsi que d’un pouvoir centralisé qui dirige le peuple et lui indique l’unique bon chemin à suivre.

Autant le rêve américain est basé sur la liberté d’individus égaux, autant le rêve chinois est construit sur l’obéissance au pouvoir et le nivèlement dans une communauté où personne, à part le chef et ses acolytes, ne peut exprimer sa propre personnalité et son projet de vie s’il ne rentre pas dans les canons définis par le Parti communiste.

Quand, aujourd’hui, certains mettent sur le même plan les deux premières puissances mondiales et leurs impérialismes respectifs, ils oublient cette différence fondamentale qui leur permet même de trouver des avantages au rêve chinois.

Demain, si celui-ci devient la référence principale des peuples alors la démocratie républicaine libérale sera proche de l’extinction.

Alors, aussi imparfait et illusoire qu’il soit, le rêve américain sera toujours préférable et est une des références des centristes.

 

 


Vues du Centre. Ted Turner, héros ou fossoyeur de l’information citoyenne?

Par Jean-François Borrou et Alexandre Vatimbella


La mort récente de l’Américain Ted Turner, le fondateur de la première chaîne d’information en continu, CNN, le 1er juin 1980 à Atlanta rappelle quel rôle lui et sa création ont révolutionné les médias et de monde de l’information pour le meilleur et le pire.

Et cette révolution a eu d’énormes conséquences planétaires

Que ce soit sur la prise de décision des dirigeants, de la perception du monde et de leur environnement proche et lointain par les peuples, sur l’émergence de mouvements populaires, sur la mise en scène par des individus et des groupes d’événements parfois tragiques comme des attentats terroristes avec cet évident calage sur le temps des chaînes d’information en continu.

Ted Turner a été un précurseur.

Cependant, on peut se demander au vu de ce que sont devenus le monde médiatique, de la presse écrite aux réseaux sociaux en passant par les chaînes de télévision et les stations de radio, s’il doit être considéré comme un héros ou un fossoyeur de l’information citoyenne.

Il est certain que grâce à CNN puis à toutes les chaînes qui ont suivi peu ou prou son modèle, les populations sont plus informées aujourd’hui de ce qui se passe dans le monde.

Mais le sont-elles mieux, c’est-à-dire cet afflux d’information, cette sur-information, est-elle bénéfique pour leur permettre d’être des citoyens éclairés et éveillés capables de prendre leurs vies en main?

Rien n’est moins sûr.

Car ce déversement continu de «nouvelles» charrie tout et n’importe quoi, de la vraie information à la pire fake news, de l’analyse précise à une théorie du complot.

On peut même considérer que nous ne sommes pas surinformés mais surdésinformés!

Il y aurait donc une régression de l’information citoyenne au profit d’un spectacle médiatique où le chaos règnerait pour des motifs commerciaux et/ou idéologiques.

Ici, la responsabilité de cette situation vient en partie des chaînes d’information en continu donc de la pionnière en la matière, CNN.

Ce n’est sans doute pas ce que voulait Ted Turner mais c’est ce qui s’est passé.

Au-delà de sa personne, ce modèle d’information 24 heures sur 24 qui prédomine dans le monde en ce début de troisième millénaire peut-il être réformé pour être au service du citoyen?

Sans doute pas parce que sa logique propre est de créer sans cesse l’événement pour assurer son modèle économique (et/ou d’audience), ce qui le condamne à toujours traiter l’information comme un produit, pire, comme un simple prétexte.

En revanche, on peut créer à ses côtés un pôle de services publics de l’information, indépendants des autorités politiques et des contingences commerciales ainsi que des idéologies qui se focaliserait sur le mieux et non le plus, qui agirait selon une déontologie précise.

Malheureusement, aucun des services publics existant à travers le monde ne remplit pour l’instant cette mission, préférant être un organisme de propagande ou ayant rejoint l’univers chaotique de la surdésinformation.

Commercialement, le pari de Ted Turner a été atteint.

En revanche, pour ce qui est de l’information citoyenne, c’est un échec.

Jean-François Borrou
Alexandre Vatimbella

 

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]

 

 


La Quotidienne centriste du 16 mai 2026. Narcotrafic, les pays européens face à un défi de grande ampleur


En France, les narcotrafiquants et les dealers imposent leur loi et leur violence dans nombre de quartiers avec des morts – dont de nombreux adolescents – suite à des règlements de compte voire à la volonté de semer la terreur ou d’éliminer des citoyens qui se mobilisent contre eux.

Mais c’est aussi le cas dans tous les pays européens de l’Espagne à la Suède, de la Suisse aux Royaume-Uni.

Bien sûr, aucun n’est encore un narco-Etat comme c’est plus ou moins le cas en Amérique du Sud, hier en Colombie et aujourd’hui au Venezuela et au Mexique avec des gouvernements incapables de lutter contre les gangs ou, pire, complices de ces derniers, voire organisateurs du trafic.

C’est pour cela que la mobilisation doit être totale et la lutte sans faiblesse afin que les gangs qui existent en Europe dont en France ne prennent une importance qui leur permettra de prospérer dans des zones de non-droit où ils pourront à la fois s’enrichir et perpétrer tous les crimes qu’ils veulent pour imposer leurs règles.

Et quand on voit ce qui peut se passer en Colombie ou au Mexique où des villes entières sont quasiment aux mains des «narcos», ne pas agir serait une faute lourde.

 

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]