Par Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella
Certains estimeront que nous exagérons et dramatisons
car ce jour sombre est celui où le licenciement de Stephen Colbert de CBS et
l’annulation du show qu’il animait sur cette chaîne, Late night show, une
institution dans le paysage audiovisuel américain, ont été effectifs en cette fin
de semaine.
Pourtant, qu’on aime ou pas le personnage ou son
émission son départ et cette suppression de la grille des programmes en dit
long sur l’état de la démocratie aux Etats-Unis.
En effet, les animateurs des talk-shows de fin de soirée
sont devenus, dans l’Amérique de Trump, des voix libres et critiques envers l’extrémiste
populiste.
Leurs émissions sont très regardées – même avec l’apparition
des réseaux sociaux et des plateformes comme Netflix ou Disney channel.
A ce titre Stephen Colbert comme Jimmy Kimmel et à un
degré moindre Jimmy Fallon et Seth Meyer sont des voix qui comptent.
Et s’ils sont populaires auprès d’une grande partie de
la population, ils sont aussi haïs et pourchassés par la sphère MAGA et son
chef, Donald Trump.
On ne compte plus les innombrables messages postés sur
les réseaux sociaux par ce dernier pour les insulter avec une prédilection pour
Jimmy Kimmel puis Stephen Cobert.
Il a demandé sans cesse leur renvoi par les chaînes
concernées, CBS pour Colbert et ABC pour Kimmel, menaçant celles-ci de mesures
de rétorsions, voire de perte de licence de diffuseur si elles n’obtempéraient
pas.
Dans le cas de Kimmel, ABC a bien sanctionné Jimmy
Kimmel mais devant le tollé provoqué par son absence de l’écran, elle a été
obligée de le faire revenir.
Dans le cas de Colbert, CBS, elle, s’est pliée au
diktat trumpien.
D’une part parce que l’ancien propriétaire de la
chaîne voulait la vendre et qu’il avait besoin de l’autorisation de l’Administration
Trump pour qu’il n’y ait pas un veto.
D’autre part, parce que le nouveau propriétaire est un
milliardaire qui soutien Trump.
Stephen Cobert est donc la victime d’une chasse aux
sorcières de l’extrême-droite américaine et de la haine du président des
Etats-Unis.
Son renvoi est emblématique de la volonté de ceux-ci
de faire taire les voix qui sont critiques.
Derrière tout cela, il y a le projet d’affaiblir puis
de détruire la démocratie républicaine libérale américaine.
C’est donc bien un jour sombre pour celle-ci et la
liberté.
Aris de Hesselin
Alexandre Vatimbella
[Dans cette rubrique, nous publions
les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas
nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat
et de faire progresser la pensée centriste.
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen,
défenseur d’une mondialisation humaniste.
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]