Voici une sélection, ce 4 février2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> Notre agriculture traverse une période difficile pour plusieurs raisons.
On s'est beaucoup battus ces derniers mois, et la ministre le rappelait tout à
l'heure, et je pense que c'est aussi quelque chose à souligner, cette dermatose
dont on a tant parlé, qui a fait souffrir quand même beaucoup nos éleveurs,
mais qui a fait l'objet aussi d'une très grande mobilisation, et je veux
remercier le service de l'État, nos vétérinaires, qui ont beaucoup vacciné.
Aujourd'hui, nous sommes dans une situation bien meilleure, puisqu’en France,
depuis maintenant un mois, il n’y a plus de cas de dermatose.
On peut regarder l'avenir différemment, et ce, à quelques semaines du Salon de
l'Agriculture, qui est un moment important pour l'agriculture française, pour
tous nos compatriotes qui vont dire aussi leur attachement à notre agriculture.
Et donc, on était heureux d'être là avec le président du Salon et de défendre
aussi et de se mettre dans cette perspective.
Maintenant, on a des difficultés qui demeurent. On a des filières qui sont en
difficulté de revenus, de manière très particulière, la viti-viniculture, les
grandes cultures. Plusieurs se sont exprimées. On a des régions qui traversent
des situations difficiles. Et ce n'est pas parce qu'on est ici que je ne pense
pas à l'Occitanie. On a l’idée d’un territoire d'exception, mais c'est très dur
en Occitanie ou dans les zones intermédiaires. Et on voit bien, on a des
revenus qui stagnent, on a une concurrence internationale qui est désinhibée.
La géopolitique qui nous bouscule, avec des menaces de tarifs d'un côté, des
limitations de l'autre. Donc, on a un énorme défi agricole.
Au fond, ce qu’on était venu faire avec Madame la ministre, c'était écouter,
répondre à plusieurs préoccupations locales. On va, avec Madame la ministre,
Monsieur le préfet aussi, apporter des réponses très concrètes. Dire qu'on
continue l'urgence avec la mise en œuvre de la loi d'orientation agricole, de
la proposition de loi Duplomb, avec des décrets qui sortent aujourd'hui même.
Et puis, je voulais aussi dire à nos agriculteurs qu'on continue la
mobilisation et qu'on va se battre dans les semaines, les mois qui viennent,
autour de, au fond, 3 grands objectifs, ce que je rappelais tout à l'heure, qui
sont pour moi les 3 priorités qu'on doit avoir au niveau de la France, au
niveau de l'Europe et dans nos combats internationaux.
Le premier objectif, ça doit être de produire. Ce n'est pas un gros mot, de
produire. Et on a besoin de tenir notre production, de produire davantage et de
le faire au niveau français et européen. Produire, ça veut dire continuer de
simplifier, rendre la vie plus simple à ceux qui produisent. C'est exactement
l'objectif des arrêtés qui sont en cours. Ça veut dire défendre cette
souveraineté agricole dont on parle. La ministre a lancé ces exercices filière
par filière. Savoir nous réorganiser, parce que parfois, il faut aussi
davantage transformer sur le territoire national et ça veut dire produire au
niveau européen. Et donc, on a notre fameuse politique agricole commune, la
PAC, qui fait l'objet de notre mobilisation. On se défend, on s'est défendu.
Vous savez qu'on a amélioré déjà la copie à la fin de l'année dernière. On va
non seulement se battre pour que cette PAC soit à l'euro l'euro, la même que la
PAC précédente, on va se battre pour pouvoir le faire au niveau français, mais
on a besoin aussi d'investir. Et ce qu'on va pousser, c'est des objectifs de
production au niveau européen, filière par filière. On ne peut pas dépendre. Et
ce que je disais pendant le Covid reste vrai aujourd'hui, on ne peut pas
déléguer notre alimentation à d'autres.
Le deuxième pilier, ça doit être la préservation. Il y a des différences de
sensibilité. On l'a vu encore autour de la table, on le sait. Mais on ne peut
pas dire qu'on va produire, qu'on va installer les générations à venir. Parce
que, vous le savez, on a la moitié de nos exploitants agricoles qui vont partir
à la retraite d'ici 2030, si on ne préserve pas notre eau, nos sols, notre
biodiversité. Et il ne faut pas opposer les deux. On a fait beaucoup de choses.
L'Europe l'a fait avec le Green Deal, la France l'a fait avec beaucoup
de choses. Nous, simplement, on veut les mêmes règles pour tous les Européens.
Et puis, on a notre stratégie eau. Ce sera dans la loi d'urgence pour
simplifier les choses, mais on doit avoir nos ressources en eau qui sont
préservées et une culture qui s'adapte à celle-ci, nos agriculteurs qui ont de
la visibilité. Et puis, on doit travailler tous ensemble à la préservation de
nos sols.
Puis, le troisième pilier, c'est la protection. Et au fond, il faut faire avec
notre agriculture exactement ce qu'on a fait ces derniers mois pour notre acier
ou pour notre automobile, de la préférence européenne et de la protection. La
protection, c'est très simple. Quand on a une règle qu'on impose à nos
producteurs, il faut l'imposer à ceux qui viennent et dont on importe les
biens. C'est pour ça qu'on s'est opposé, nous, au Mercosur, et c'est pour ça
qu'on se bat pour ces fameuses clauses miroirs, et c'est pour ça qu'on se bat
pour renforcer les contrôles. La protection, ce n'est pas du protectionnisme.
C'est de dire, on veut simplement contrôler ce qui est importé et on veut être
sûr que quand on impose des règles à nos producteurs, ce sont les mêmes.
Si on poursuit ces 3 objectifs au niveau français, européen, la production, la
préservation et la protection, on a de l'avenir pour notre agriculture et on en
a besoin parce qu'au fond, tout ça, c'est ce qui doit nous permettre d'être
souverains. L'objectif, la vision que nous portons, c'est celle d'une
souveraineté agricole. Donc, partout où on a des dépendances, savoir les
corriger. Partout où on a des forces, savoir les maintenir. Voilà.
> [Mercosur] Alors, d'abord, nous, on a
pesé dans un premier temps en ayant une minorité de blocage, ce qui nous a
permis d'améliorer la copie de la PAC, d'améliorer la situation sur les engrais
en obtenant une première baisse sur les tarifs qui étaient prévus, et en
obtenant plus de contrôles, le doublement des contrôles dans les ports et les
aéroports, et d'obtenir aussi cette fameuse clause de sauvegarde.
Ensuite, il y a eu une deuxième étape. Il y a eu une majorité au Parlement
européen qui a décidé de saisir la Cour de justice. Ça, c'est une deuxième
victoire. Et l'accord qu'il y avait entre la Présidente de la Commission et le
Parlement européen, c'est du coup qu'il n'y aurait pas de mise en œuvre
provisoire tant qu'il n'y aurait pas un éclairage. Je pense que les accords
sont faits pour être tenus. Donc, je pense que la présidente de la Commission,
elle va respecter ce qu'elle a dit au Parlement. Ce n'est plus quelque chose
qui est dans la main des chefs d'État et de gouvernement ou des ministres.
> [Adoption d’un Budget] Bien sûr, je
m'en félicite. Je pense que c'est le fruit d'un gros travail du Premier
ministre, la ministre du Budget, ministre des Relations avec le Parlement, et
puis l'ensemble des collègues qui ont défendu ce texte, et le fruit du
compromis qui a été bâti pendant tous ces mois. Je pense que c'est une bonne
chose pour le pays. D’abord parce que ça donne en effet un budget, ce qui va
permettre d'ailleurs pour nos agriculteurs de déployer maintenant beaucoup
d'aides, des fonds d'urgence et les politiques qui étaient prévues, entre
autres, ce qui va nous permettre aussi d'avoir un budget pour nos armées, on
est à quelques kilomètres de Luxeuil, on avait besoin aussi de continuer les
investissements. Donc, c'est une bonne chose pour le pays.
Ensuite, moi, je pense aussi que c'est une bonne chose parce qu'il faut que les
forces politiques qui sont présentes au Parlement apprennent à travailler
ensemble différemment, et c'est ce qui s'est fait. Donc, bien sûr, je souhaite
que le Premier ministre et son Gouvernement poursuivent. Il y a beaucoup de
choses à faire pour le pays. On le voit, il y a des équilibres géopolitiques
massifs, il y a d'énormes défis, et donc on a besoin d'avoir une France qui
continue d'avancer.
> [Iran] Nous sommes évidemment très vigilants à cette situation. Nous avons des emprises militaires dans la région, vous le savez, qui sont multiples, avec nos soldats qui sont déployés, et je les remercie de cet engagement, et ils sont déployés pour la lutte contre le terrorisme, souvent dans le cadre de la coalition Inherent Resolve, et pour former aussi les armées de pays de la région qui sont nos partenaires, et être présents pour leur stabilité. Et donc, les armées françaises, partout où elles sont, évidemment, dans les situations les plus renforcées de sécurité. C'est ce que nous avons évalué avec plusieurs de nos alliés et partenaires dans les derniers jours. Et donc, nous avons pris toutes les dispositions évidemment, pour que nos soldats qui sont là-bas soient déployés dans les conditions optimales de sécurité.
> [Iran] Je ne vais pas rentrer dans la politique fiction. Je pense qu'il faut beaucoup de sérieux. On a une situation dans la région qui est extrêmement déstabilisée. J'ai eu l'occasion, moi, ces derniers jours, de beaucoup échanger et travailler sur la situation en Syrie, là aussi, pour que le cessez-le-feu qui a été décidé soit respecté et que nos intérêts de sécurité soient aussi préservés. Il y a une tension qui existe.
Je pense que la responsabilité de l'Iran aujourd'hui, c'est, d'une part, de respecter son peuple face à la révolution qui s'est encore déroulée et à la répression terrible que nous avons vue. Et donc, c'est de respecter son peuple, c'est de libérer les prisonniers politiques. Ensuite, c'est de réengager les discussions qui sont attendues d'elle sur la question nucléaire, d'une part, sur la question balistique, d'autre part, et sur la stabilité régionale, enfin, puisqu'il y a encore beaucoup de milices qui déstabilisent l'Irak, la Syrie, le Liban, entre autres.
> Je crois à la souveraineté des peuples. Et donc, c'est les peuples qui changent leur gouvernement.
> [Négociations Etats-Unis-Iran] D'abord, aujourd'hui, je ne crois pas qu'il y ait une négociation à proprement parler qui ait repris, mais nous soutenons et nous avons toujours fait partie, en particulier avec nos partenaires britanniques et allemands, des négociations sur le nucléaire et les trois sujets que je viens d'évoquer. D'ailleurs, la France a poussé, je le rappelle, en 2018, quand les États-Unis d'Amérique ont décidé de sortir du traité de JCPOA qui réglementait les questions nucléaires, nous avons tout de suite poussé pour, au contraire, que ce traité ne soit pas démantelé, parce qu'il n'y avait pas de substitut, mais pour engager une discussion plus large qui permette d'inclure les questions balistiques et les questions de stabilité régionale.
> [Discuter avec Poutine] Cela se
prépare et donc il y a des discussions qui se font au niveau technique pour
préparer cela. Ça se fait aussi en transparence et en concertation avec le
président Zelensky et avec les principaux collègues européens. Mais je pense
que d'abord nous, aujourd'hui, nous continuons de soutenir l'Ukraine qui est
sous les bombes, dans le froid, avec des attaques contre les civils et contre
l'énergie ukrainienne par les Russes, ce qui est intolérable, et ce qui ne
manifeste pas une vraie volonté de négocier pour la paix. Donc on soutient
l'Ukraine et sa population pour résister. Ensuite, on prépare les discussions
le jour d'après avec le travail de la coalition des volontaires pour les
garanties de sécurité. Dans ce cadre-là, il est important que les Européens, en
effet, restaurent leurs propres canaux de discussion. C'est en train de se
préparer d'un point de vue technique. (…)
Je pense que ce serait utile, mais je ne pense pas aujourd'hui qu'il y ait
disponibilité de la Russie à conclure une paix dans les prochains jours ou les
prochaines semaines.
> Production, préservation et protection. C’est ce dont l'agriculture française et européenne a besoin pour rester souveraine. C'est l'objectif que nous portons. Partout où l'on a des dépendances, il faut les corriger. Partout où l'on a des forces, il faut les maintenir.
> Immense soulagement. Tom Felix a été acquitté par la justice malaisienne. Pensées particulières pour ses parents, que j’avais rencontrés, qui n’ont jamais cessé d’y croire et qui vont maintenant être réunis avec leur fils.
> En France, on croit dans la science ! C’est pourquoi j’ai lancé le 5 mai dernier un appel clair et ouvert au monde : pour la science, choisissez la France. Très fier de voir que cet appel a trouvé un écho puissant. Une quarantaine de chercheuses et chercheurs de tout premier plan ont choisi la France. Avec France 2030, nous avons investi plus de 30 millions d’euros pour faire avancer la santé, le climat, l’intelligence artificielle ou les sciences fondamentales. La science a trouvé sa terre d’avenir.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Budget et motions de censure / Intervention à l’Assemblée] Je vous ai
écoutés attentivement, comme nous l’avons fait depuis maintenant quatre mois,
au terme de plus de 350 heures de débats. Cet après-midi, au moment où le
cycle budgétaire touche à sa fin, cette séance révèle une déconnexion totale
entre les propos tenus à la tribune et le sentiment de nos concitoyens.
Cela a été dit, nos concitoyens refusent le désordre. Ils veulent que les
institutions fonctionnent. Lorsqu’ils ont élu des députés, nos concitoyens
attendaient de leurs parlementaires qu’ils fassent leur travail :
discuter, amender, et non pas bloquer, tout rejeter en assumant une forme de
violence et de désordre permanents.
Mesdames et messieurs les députés de La France insoumise, nos concitoyens
attendent de voir une démocratie parlementaire représentative qui fonctionne,
qui travaille, qui avance, qui sert l’intérêt général.
Puisque le député Bonnecarrère l’a mentionné, notons également la déconnexion
avec la situation internationale. Vous avez parlé du Levant. On ne peut pas
s’abstenir de penser à l’Ukraine, au Moyen-Orient, et à l’ensemble des
dérèglements du monde.
Manifestement, certains ont considéré que c’était le meilleur moment pour
bloquer le pays et prendre en otage les discussions budgétaires !
Au fond, tout se termine comme cela avait commencé : après avoir
méthodiquement tout saboté pendant quatre mois, les groupes du Rassemblement
national et de La France insoumise décident de déposer systématiquement des
motions de censure. Il est assez singulier de les voir regretter l’utilisation
du 49.3 après avoir eux-mêmes provoqué cette situation de blocage absolument
lamentable.
Vous aurez à en répondre devant l’Histoire. Si la situation n’était pas si
grave, nous pourrions encore nous accommoder de ces manœuvres
politiciennes ; mais malheureusement, le contexte global nous rattrape.
M. le président Fesneau est l’un des rares orateurs à avoir abordé le
contenu du budget. Car la déconnexion ne s’arrête pas là : elle est aussi
sidérante par rapport à la réalité de ce texte. L’avez-vous seulement lu, ce
budget, tel que nous l’avons proposé à la représentation nationale dans cet
engagement de responsabilité ? Pourquoi lister des arguments complètement
faux, des chiffres mensongers ?
Les commentateurs et les journalistes feraient bien d’être beaucoup plus
prudents. D’un côté, le Rassemblement national estime qu’il s’agit d’un budget
socialiste ; de l’autre, La France insoumise y voit un budget du
Rassemblement national. Cela prouve bien qu’il y a anguille sous roche. Une
fois de plus, il y a mensonge et tromperie.
Certains s’émeuvent que le gouvernement ait pu engager un compromis avec le
groupe socialiste sur la prime d’activité. Elle bénéficie à trois millions de
Français qui travaillent dans le secteur public comme dans le secteur privé.
Elle a été créée par un gouvernement de gauche, sous Lionel Jospin, a été
largement revalorisée par Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin et
mobilisée par Édouard Philippe lorsqu’il était premier ministre. Qui peut
penser un seul instant qu’une prime qui accompagne le pouvoir d’achat de celles
et ceux qui travaillent soit contraire à l’intérêt général et à l’intérêt de
ces personnes ?
Comme votre cynisme ne s’arrête pas là, j’imagine que vous serez les premiers à
revendiquer cette avancée sociale dans vos circonscriptions lorsque vous
rencontrerez des personnes qui en bénéficient ; une fois de plus, il y a
un véritable décalage entre vos discours ici et ce que vous direz demain sur le
terrain.
Il en va de même pour la fiscalité. Qu’il est touchant de voir des groupes
reprocher à ce budget d’augmenter les impôts alors qu’il ne les augmente
pas ! Il reprend simplement des impôts, parfois imaginés – la droite sénatoriale ferait bien de
s’en souvenir – par le gouvernement de
Michel Barnier l’année dernière. Et voilà que vous remettez en question la sincérité des comptes et de la copie telle que nous la présentons.
Oui, nous tiendrons l’objectif de 5 % de déficit public cette année, tout comme nous avons tenu celui de 5,4 % l’an dernier. Les mêmes,
l’année dernière, disaient au gouvernement de François Bayrou qu’il mentait,
qu’il n’y arriverait pas. Grâce aux actions de ces deux gouvernements, pour
l’année 2025, la copie a été tenue.
Mais en matière de fiscalité, l’affaire ne s’arrête pas là. Pourquoi entretenir
cette confusion, cette angoisse ? Pourquoi troubler le message de
confiance dans le pays au moment où nous avons besoin que les entreprises
investissent, embauchent et aient confiance dans la trajectoire que nous
établissons ?
Pourquoi mentir après avoir voté des milliards d’euros d’impôts sur les
entreprises avec La France insoumise ? Pourquoi venir vous racheter sur le
dos de contre-vérités ?
Monsieur le député Tanguy, j’ai du respect pour vous, mais vous souhaitiez
assommer les entreprises de ce pays de plusieurs dizaines de milliards d’euros
d’impôts. Vrai ou faux ? Le compte rendu des débats pourra le confirmer.
Vous avez voulu diminuer de 20 % la dotation globale de fonctionnement
pour les communes de ce pays, frappant brutalement les ressources des
collectivités locales. Pourquoi n’assumez-vous jamais vos votes ?
C’est pour cela que cette séance est fondamentalement déconnectée ; chacun
reprend ses habitudes et renoue avec ses slogans ; il y a une ambiance
politicienne dans ces débats, cela sent bon la campagne des élections
municipales et l’on voit déjà poindre l’ombre de la campagne présidentielle.
Tout est bon pour tromper le peuple français et pour le priver d’un budget au
service de l’intérêt général. Mesdames et messieurs les députés, il est temps
désormais de passer à autre chose ; il est temps que la France ait enfin
un budget !
> [Santé / Intervention à l’Assemblée] L’ensemble
des vingt-six structures Secpa, dans les deux composantes qui existent depuis
les expérimentations post-covid de 2021, seront bien pérennisées et financées,
comme nous l’avons annoncé. Je vous remercie de me donner l’occasion de le
dire.
Cette initiative à destination des populations les plus défavorisées est
particulièrement originale et innovante. Elle repose sur un aménagement du
territoire très intéressant, qui servira de modèle pour le déploiement d’autres
maisons France Santé – la ministre de la santé y travaille et je la
remercie. Au-delà de la pérennisation des structures existantes, nous devons réfléchir à la meilleure manière de les multiplier.
Elles fonctionnent bien car elles coûtent un peu d’argent, c’est certain : la qualité des moyens dont elles
disposent garantit leur bon fonctionnement.
Je vous remercie également de votre question car elle me permet de répondre aux
doutes et aux interrogations qui, nous le voyons bien, de manière perlée,
émergent sur le PLFSS et sur le PLF. Je veux vous rassurer et, comme l’a fait
le ministre de l’économie, rassurer votre groupe quant au fait qu’il n’y aura
pas de moratoire sur les énergies renouvelables. Non seulement nous
rencontrerons les représentants de la filière en fin de semaine, mais je me
tiens à votre disposition, si vous le souhaitez, pour aborder la stratégie de
souveraineté énergétique. Sur ce sujet, comme sur celui de l’offre de soins de
proximité, nous n’avons rien à cacher.
> [Sécurité / Intervention à l’Assemblée] Les engagements pris dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur, notamment aux créations de brigades de gendarmerie. Sur les 239 brigades annoncées par le président de la République et le ministre de l’intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, quatre-vingts ont vu leurs travaux financés et lancés en 2024. Un ralentissement est intervenu en 2025, pour les raisons que l’on connaît, avec un chiffre de dix brigades. En 2026, quarante-huit nouvelles brigades seront financées. Vous m’interrogez sur la situation dans les Vosges. La gendarmerie d’Aydoilles figurait dans le millésime 2025 et celle de Saint-Maurice-sur-Moselle est prévue pour cette année. Il faudra pourvoir aux crédits de paiement pour 2027 pour que toutes les brigades annoncées soient bel et bien créées.
> [Cuba / Intervention à l’Assemblée] Je
parle sous le contrôle du ministre de l’Europe et des affaires
étrangères : les principes, rien que les principes, tous les principes.
Notre diplomatie ne pratique pas le double standard : respect du droit
international, de la souveraineté des États et des organisations
internationales comme les Nations unies. La France, en tant que membre de
l’Assemblée générale et membre permanent du Conseil de sécurité, s’oppose
chaque année à ce blocus illégal, imposé depuis de nombreuses décennies, et dont
les répercussions sur la vie du peuple cubain sont importantes.
Nous affirmons encore la primauté du droit et des principes par
l’accompagnement des peuples. Cela permet, sans esprit de polémique, de
rappeler que le régime cubain n’est pas celui qui prend le mieux soin de son
peuple : répression policière, absence de séparation des pouvoirs,
non-ratification des conventions et protocoles internationaux, notamment sur la
torture.
La France a toujours secouru le peuple cubain, dans différentes circonstances,
y compris climatiques, lorsque c’était nécessaire. Les forces armées présentes
en Martinique ont ainsi pu acheminer du fret sanitaire ou alimentaire. Nous
continuerons de répondre présents, puisque c’est en défendant ces grands
principes que nous sommes audibles, entendus, cohérents et – je l’espère – respectés à travers le monde.
Ensuite, il ne m’appartient pas de répondre à la question sur les initiatives européennes.
En effet, les paroles qui peuvent donner lieu à des actes de l’administration
américaine se concentrent sur différents pays, ce qui pose la question de la
coordination européenne, dans le respect de la compétence des États membres,
pour faire respecter les principes que je viens de rappeler.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Refus d’obtempérer / Intervention à l’Assemblée] Les refus d’obtempérer
ont augmenté de 11 % en 2025 par rapport à 2024 et représentent
28 200 faits. Il faut s’en inquiéter, mais cela illustre aussi que
nous sommes présents sur le terrain, que nous patrouillons efficacement et que
nous ne laissons rien passer.
J’entends certains médias évoquer un prétendu échec de l’État. Comment
pourrait-on parler d’échec alors que nous avons abandonné les instructions qui,
il y a vingt ans, demandaient de ne poursuivre qu’en cas de délits et de crimes
de sang ?
Désormais, nous sommes présents, fermes, et nous donnons des instructions
d’autorité à nos forces de sécurité – c’est une bonne chose.
Il peut y avoir des blessés – et je le déplore. J’adresse tout mon soutien
aux gendarmes et aux policiers engagés dans ces courses-poursuites, qui peuvent être blessés. Je me suis d’ailleurs rendu à Nantes il y a
quarante-huit heures, au chevet d’un policier grièvement blessé ce week-end alors qu’il prenait en chasse un véhicule. Le conducteur a
brusquement fait demi-tour et percuté violemment le véhicule de police,
blessant gravement trois agents.
J’y insiste, nous ne baisserons pas la garde ; nous continuerons à engager
des poursuites – les instructions sont claires, fermes, et
la main de l’État ne tremble pas.
Le garde des sceaux adresse régulièrement des instructions de fermeté au parquet. Lorsque la vie de policiers ou de
gendarmes est mise en danger, les poursuites sont engagées avec la circonstance
aggravante d’infraction contre une personne dépositaire de l’autorité publique. À Nantes, le procureur a même
courageusement ouvert une enquête pour tentative d’homicide.
Comptez sur la fermeté du gouvernement pour lutter contre les refus
d’obtempérer.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [LMB / Intervention à l’Assemblée] Votre question me permet de rappeler
les conditions extrêmement strictes imposées par l’État à l’acheteur de
LMB Aerospace, une entreprise qui fut belge, américaine puis française et
qui redeviendrait américaine dans le cadre de cette transaction.
Tout d’abord, vous l’avez dit, une action préférentielle a été introduite. Au
passage, je me permets de corriger vos propos sur un point : en détenant
une telle action, l’État dispose de plus de pouvoir – sans qu’il soit nécessaire de débourser le moindre sou – que s’il avait opté
pour une participation, forcément minoritaire, de la Banque publique
d’investissement. Il aura en effet un droit de regard sur toutes les évolutions
stratégiques de l’entreprise.
Nous sommes allés plus loin : l’empreinte industrielle est préservée
puisque les soixante-dix salariés continueront à produire des ventilateurs en
Corrèze qui seront exportés, depuis ce territoire, dans le monde entier.
J’ajoute que les carnets de commande des industries de défense continueront
évidemment d’être honorés – même si, je le reconnais, ils datent un peu – si bien que les avions
ou navires disposant de ventilateurs LMB à bord pourront être entretenus.
Au-delà de ces enjeux, votre
question est importante car vous rappelez que nous n’avons trouvé aucun repreneur français ni européen pour cette entreprise
– ce que je regrette.
Par conséquent, nous devons faire en sorte que les investisseurs français et
européens investissent davantage dans des entreprises françaises et
européennes, notamment dans le secteur de la défense. Nous devons réaliser
l’union des marchés de capitaux. Pourquoi les véritables investisseurs publics
de long terme manquent-ils cruellement en Europe ? Voilà la vraie question
que nous devrons poser, notamment à l’occasion des échéances électorales à
venir.
Cette réflexion me semble en tout cas bien plus pertinente que l’idée, entendue
ici ou là, selon laquelle il faudrait nationaliser une entreprise qui produit
des ventilateurs en Corrèze. Elle fonctionne très bien sans l’État et je suis
convaincu qu’il en sera encore ainsi à l’avenir.
> [Décarbonation / Intervention à l’Assemblée]
L’interruption du développement de filières industrielles qui contribuent à la
décarbonation de la France n’est pas notre objectif.
Sur certains sujets, nous sommes en profond désaccord. C’est par exemple le cas
du nucléaire : vous êtes contre, nous sommes pour. Sur d’autres sujets,
nous devrions pouvoir nous rejoindre et celui dont vous parlez en fait partie.
Vous savez que de grands projets industriels doivent être lancés en vue de
décarboner et d’accroître la souveraineté énergétique de la France dans les
années qui viennent. Le nucléaire et l’éolien offshore font notamment l’objet
d’énormes projets industriels. D’autres, d’ampleur moindre et plus locaux, nous
permettent d’accélérer ou de ralentir l’installation de capacités en fonction
de la demande, dont vous savez qu’elle n’est pas encore au rendez-vous.
En tout état de cause, il est évident que nous allons continuer à développer
l’ensemble des moteurs de la décarbonation et de la souveraineté énergétique
françaises, en nous assurant que les filières industrielles puissent se
développer en harmonie – nous pouvons nous accorder sur ce point.
Le premier ministre souhaite que nous recevions ensemble les représentants des filières industrielles pour
les rassurer dans les jours qui viennent. Dans la foulée, j’espère que nous pourrons
rassurer tout le monde quant au fait que nous allons à la fois assurer la
souveraineté énergétique et industrielle de la France et continuer de la
décarboner, d’une façon aussi apaisée que possible.
> [Energie / Intervention à l’Assemblée]
L’objectif est de lancer les grands chantiers industriels qui assureront la
souveraineté énergétique et la décarbonation de la France au cours des trente
prochaines années. Je vous ai reçu, avec d’autres parlementaires, et nous avons
travaillé pour que l’ensemble des groupes parlementaires soient entendus. Je le
répète, le premier ministre va recevoir les représentants des filières des
énergies renouvelables pour connaître également leurs attentes. Dans les jours
qui viennent, nous aurons l’occasion de vous informer des objectifs de la
programmation pluriannuelle de l’énergie, qui, j’espère, vous rassureront
toutes et tous.
Oui, nous devons financer le nouveau nucléaire, lancer des appels d’offres sur
l’éolien marin – ce sont de très gros projets
industriels – et poursuivre le développement de l’éolien et du solaire terrestres en tenant compte du ralentissement de l’électrification. Mais
vous l’avez dit, nous devons
pousser l’électrification pour augmenter la demande et, à terme, augmenter l’offre. Nous allons travailler sur tous les moteurs de
l’électrification – la demande, l’offre – et de la production – le nucléaire, l’éolien offshore et le renouvelable terrestre –, mais aussi sur les
barrages, dans le cadre de la proposition de loi que vous connaissez. Ce
chantier est celui de toute une génération. Nous devons tous ensemble être à la hauteur. Je suis intimement persuadé qu’un tel objectif peut nous rassembler !
> [Réseaux sociaux / Intervention au
Sénat] Il y a vingt ans, les réseaux
sociaux sont d'abord apparus comme des espaces de liberté et d'information
nouveaux.
Je vous rejoins : aujourd'hui, les réseaux nous enferment dans des bulles,
parfois nous harcèlent, nous poussent à commettre des actes irrémédiables, dont
des suicides, sans oublier les enjeux démocratiques et les risques de
manipulation, avérés : en Roumanie, une élection a dû être annulée à cause
de l'interférence d'un réseau social chinois. Aux Pays-Bas, il y a quelques
semaines, des cyberattaques ont ciblé les partis.
Nous devons agir, mais dans une logique de respect des libertés individuelles
et de protection des plus fragiles.
Oui, nous voulons interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Nous
ne sommes pas les seuls. Depuis que l'Assemblée nationale a adopté le texte,
l'Espagne et le Portugal veulent faire de même. Nous devons agir dans un cadre
européen, et nous assurer que les plateformes respectent la loi. À la fois les
perquisitions et la réglementation permettent de protéger les concitoyens.
Nous continuons à agir sur les deux tableaux.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> [Syrie] Suite à l'escalade du début du mois de janvier, nous nous sommes
mobilisés à tous les niveaux. Le Président de la République s'est impliqué
personnellement. Un accord a été trouvé. Un cessez-le-feu est intervenu. Un
bain de sang a été évité. Il faut maintenant que cet accord, qui à la fois
préserve les droits sécuritaires et politiques des Kurdes de Syrie, qui
garantit la sécurité des prisons du Nord-Est syrien et donc nos intérêts, soit
bien mis en œuvre. C'est la raison pour laquelle je serai dans la région, au
Proche-Orient, en fin de semaine pour, avec nos partenaires, veiller à ce que
cela soit le cas.
> [Iran] Notre ambassadeur a été convoqué comme d'autres ambassadeurs européens l'ont été, à la suite des décisions qui ont été prises par l'Union européenne et que nous assumons.
> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Je crois qu'Il faut maintenant que la Russie renonce à ses prétentions maximalistes, parce que force est de constater que nous arrivons au quatrième anniversaire de cette " opération spéciale ", qu'elle a été un échec catastrophique pour la Russie. 1,25 millions de morts depuis le début de la guerre d'agression en Ukraine, soit un nombre supérieur à toutes les pertes russes et soviétiques depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Mille pertes humaines par jour sur le front. L'économie à l'agonie, qui pourrait entrer en récession cette année. Chaque jour qui passe, Vladimir Poutine épuise son peuple, épuise son économie et discrédite la nation russe, au risque de la faire sortir de l'histoire.
> [Iran] Les États-Unis se sont mis en situation de lancer une opération militaire sur l'Iran. Ils ont proposé en parallèle d'ouvrir une négociation avec l'Iran, qui doit s'en saisir impérativement. Nous sommes en lien avec les médiateurs régionaux, qui tentent de faciliter ces négociations, et nous les soutenons dans cet effort.
> [Groenland] La décision a été prise l'été dernier d'ouvrir un consulat à Nuuk au Groenland, pour resserrer les liens entre le Groenland et la France, mais aussi entre le Groenland et l'Union européenne. Et donc notre consul sera bien installé en cette fin de semaine. Le 6 février, il pourra commencer à travailler. Et quant au Groenland, qui est un territoire européen placé sur la protection de l'OTAN, il ne saurait faire l'objet d'aucune prétention territoriale, d'où qu'elle vienne. D'ailleurs le Premier ministre du Groenland, la Première ministre danoise, étaient la semaine dernière à Paris pour le rappeler de manière très claire : le peuple du Groenland a choisi le Danemark, l'Union européenne et l'OTAN.
> [Iran] La position de la France est claire : on
n’impose pas un changement de régime de l’extérieur, mais nous exerçons une
pression maximale pour que le peuple iranien reprenne les clés de son avenir. Nous
avons systématiquement dénoncé ces comportements en prenant des sanctions,
notamment contre les responsables iraniens impliqués dans le transfert de
missiles vers la Russie et ceux de la politique d’otages d’État. (…)
Constatant l’absence de concession sur le programme nucléaire et balistique,
nous avons rappliqué des embargos mondiaux sur les armes et les banques. Enfin,
parce qu’il ne peut y avoir d’impunité après les crimes de masse, nous avons
sanctionné 21 responsables de cette répression et soutenu l’inscription des
Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes. C’est
cette pression qui doit conduire le régime aux décisions radicales qui
s’imposent.
> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Viser
délibérément un train de voyageurs ou un bus de civils porte un nom : ce
sont des crimes de guerre qui s’ajoutent aux déportations d’enfants, aux
exactions et aux massacres dont le régime de Vladimir Poutine s’est rendu
responsable.
Quatre ans après le début de cette guerre, la Russie est en échec
catastrophique avec plus d’un million de pertes humaines et une économie à
l’agonie.
Ce résultat est dû à la résistance héroïque du peuple ukrainien et au soutien
indéfectible des Européens, qui apportent 100 % de l’aide financière et
l’essentiel du soutien militaire et du renseignement.
Sur les «lignes rouges», le président de la République a fait évoluer la
posture des Européens en cessant de se fixer des interdits pour préserver une
ambiguïté stratégique qui complique le calcul de Vladimir Poutine. L’Europe a
pris des décisions inédites, comme la coalition des volontaires réunie à Paris
pour garantir la paix.
> [Israël] La République combat et combattra toujours
l’antisémitisme sans relâche, car tout dans l’âme de la France le rejette. Le
7 octobre 2023 a été une blessure profonde pour le peuple juif qu’il est
interdit de relativiser. Je rappelle que 50 de nos compatriotes ont perdu la
vie lors de cet attentat terroriste barbare, le pire massacre antisémite depuis
la Shoah.
Mais dénoncer les violations du droit international par le gouvernement
israélien n’est pas une offense aux Juifs de France.
Nous agissons pour faire évoluer une politique dans l’intérêt même d’Israël.
Avec nos partenaires, nous appelons à l’exclusion définitive et au désarmement
du Hamas, à la reconnaissance du droit du peuple palestinien à
l’autodétermination et à une intégration régionale permettant à l’État d’Israël
et à un État de Palestine démocratique de vivre côte à côte, en paix et en
sécurité.
> La France plaide depuis dix ans pour que l’Europe
assure sa propre sécurité. Si le chemin est encore long, les progrès sont
réels : les budgets ont considérablement augmenté et trente pays viennent
de s’engager à Paris pour garantir ensemble la paix en Ukraine. Au niveau
national, nous avons doublé nos dépenses militaires pour ne pas être livrés aux
appétits prédateurs des empires.
Il faut désormais aller plus loin pour assurer l’indépendance européenne et la
standardisation de nos équipements. Pour répondre à ceux qui continuent de
s’approvisionner aux États-Unis, nous avons réussi une avancée majeure :
intégrer la préférence européenne dans nos financements. Désormais, seuls les
projets produits au moins aux deux tiers en Europe seront soutenus. C’est ce
nouveau cadre qui nous permettra de bâtir une véritable base industrielle
souveraine au sein même de l’OTAN.
> C’est très simple : pour ne pas avoir à se battre, il faut être fort. C’est si vous êtes faible, si vous apparaissez comme faible, que vous devenez une proie.
Avec la brutalisation du monde, le réarmement massif de la Russie, la consolidation de réseaux terroristes et le risque de prolifération nucléaire dont le régime iranien et la Corée du Nord sont des acteurs majeurs, nous n’avons pas d’autre choix que de nous réarmer pour dissuader toute menace et préserver les conditions de la paix.
> La priorité est de faire converger les Européens autour
de projets communs s’appuyant à la fois sur les grands industriels et sur
l’écosystème très vibrant que l’on trouve ici à Toulouse, avec ses start-up et
ses entreprises innovantes. C’est tout l’enjeu du sommet international sur
l’espace et du sommet franco-italien que Toulouse accueillera en 2026. Ce sera
l’occasion de rappeler qu’en matière spatiale, il ne peut y avoir d’aventure
individuelle : c’est contre-productif face à la volonté de domination de
la Chine et des États-Unis.
Nous avons posé les fondations de notre souveraineté spatiale avec des projets
de coopération européens. Cette autonomie n’est pas contradictoire avec des
partenariats stratégiques avec des pays comme l’Inde, pour bâtir des coalitions
utiles à notre indépendance.
> [Mercosur] La souveraineté alimentaire est une clé de
notre indépendance à laquelle la France ne renoncera jamais. C’est pourquoi
nous nous sommes opposés à l’accord du Mercosur tel qu’il était rédigé, tout en
arrachant une clause de sauvegarde permettant de suspendre l’accord en cas de
variations de prix ou de volume de plus de 5 %.
Au niveau national, le Premier ministre a interdit l’entrée de produits traités
avec des pesticides interdits en France. Aucun produit ne doit entrer sur le
marché unique s’il a été produit avec des normes différentes des nôtres.
Nous gagnerions à réorienter les contrôles de l’intérieur vers l’extérieur pour
redonner de l’oxygène et de la liberté aux producteurs et affecter nos
capacités à la préservation de l’intégrité du marché unique.
> Pour redonner de la vitalité à notre démocratie, il faut rendre le pouvoir aux citoyens et lever les carcans de normes qui dépossèdent les viticulteurs et entrepreneurs de leur liberté d’agir.
> L’enjeu est de trouver des partenaires fiables qui n’appliquent pas des droits de douane insensés du jour au lendemain. C’est tout l’objectif de l’accord en cours de négociation avec l’Inde : ouvrir de nouveaux débouchés pour nos vins et spiritueux sans pour autant fragiliser d’autres filières, comme le bœuf ou le sucre, qui pouvaient l’être avec le Mercosur.
> Avec les États-Unis, nous sommes alliés mais pas alignés. Nous sommes alliés avec la nation américaine et non avec la personne de Donald Trump elle-même. Le grand défi du siècle réside dans le conflit possible entre les États-Unis et la Chine. Dans ce contexte, l’attitude de l’Europe peut tout changer. Si l’Europe décide d’être indépendante, elle peut entraîner derrière elle la plupart des pays du monde qui refusent d’être vassalisés par l’une ou l’autre de ces puissances. Cela impose de renforcer notre autonomie stratégique et de bâtir des partenariats respectueux de la souveraineté avec l’Asie du Sud-Est, l’Amérique latine ou l’Afrique, où la volonté de rester libre est forte.
> Je distingue la loi du plus fort qui régit les
relations internationales de la question démocratique. Si la France se prépare
à un monde plus dur en se réarmant, elle ne peut s’y résoudre et continuera de
défendre les principes de l’intégrité territoriale et du droit des peuples.
Concernant la démocratie, elle est effectivement fragilisée par une forme de
lassitude, mais aussi par les ingérences de régimes autoritaires. On l’a vu
récemment en Roumanie où une élection manipulée a dû être annulée puis rejouée.
Cette fragilité est accentuée par le déplacement du débat public sur des
réseaux sociaux régis par des milliardaires peu soucieux du bon fonctionnement
démocratique. Notre démocratie doit se réinventer pour apporter des réponses
aux préoccupations des Français. Si nous ne le faisons pas, alors oui, nous
risquons de voir émerger des forces politiques qui lui tourneront le dos.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Modèle social / Intervention à l’Assemblée] Votre question met en lumière
le principal enjeu pour notre modèle social au cours des prochaines années :
la démographie, et notre transition démographique.
Vous l’avez dit, les courbes se sont croisées du fait d’une chute de la
natalité. Plus d’un quart des Français auront plus de 65 ans en 2040. Nous
vivons plus longtemps – souvent sans limitation – grâce aux progrès médicaux et à notre système de santé.
Le congé supplémentaire de naissance sera effectif dès le 1er juillet 2026 pour tous les
enfants nés à partir du 1er janvier. Je travaille avec
l’ensemble des ministères concernés pour que les consultations sur tous les
décrets interviennent en mars et qu’ils soient signés au plus tard fin mai.
Renforcer le pouvoir d’agir de nos concitoyens dans leurs choix, c’est aussi
l’approche que j’ai retenue pour le lancement, demain, des travaux pour
élaborer un plan d’action sur les enjeux de fertilité et de périnatalité.
Je lancerai également demain, avec des parlementaires, le comité de pilotage
infertilité pour officialiser le lancement de mesures très concrètes, que je
présenterai en détail.
À la demande de plusieurs d’entre vous, j’ai décidé de réunir infertilité et
périnatalité afin de couvrir l’ensemble des parcours des parents et futurs
parents – avant la grossesse, pendant la grossesse
et durant les premiers mois de l’enfant.
La transition démographique est notre priorité. C’est un enjeu collectif, social et que nous devons financer pour les années à venir.
> [Alimentation / Intervention à l’Assemblée]
L’alimentation est un enjeu central de prévention en santé, de justice sociale
et de souveraineté alimentaire. Les constats sont clairs : en France, près
d’un adulte sur deux est en situation de surpoids ou d’obésité, avec des
inégalités sociales et territoriales marquées.
La progression de l’obésité infantile et l’apparition précoce de pathologies
chroniques appellent une réponse publique structurée et durable. Telle est
précisément l’ambition de la future stratégie nationale pour l’alimentation, la
nutrition et le climat, articulée avec le prochain programme national nutrition
santé qui fixera un cap à horizon 2030.
Je porte une attention particulière à plusieurs leviers concrets : la
promotion du nutri-score, la réduction effective de l’exposition des enfants
aux publicités pour des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés ou encore
l’amélioration de la qualité nutritionnelle des produits, notamment grâce aux
accords collectifs.
En outre, les travaux scientifiques de recherche relatifs à la caractérisation
des produits ultratransformés – qui recouvrent des réalités très hétérogènes – vont se poursuivre.
Par ailleurs, le premier ministre vient de confier au député Cyrille Isaac-Sibille
une mission sur les enjeux de prévention primaire qui viendra encore
enrichir les travaux relatifs à la prévention en santé.
J’en viens enfin au calendrier. Le gouvernement a fait le choix d’un décalage
afin d’intégrer pleinement les annonces récentes du premier ministre sur la
commande publique, notamment la priorité donnée à la consommation de produits
issus de l’Union européenne. Vous l’avez dit, nous devons être au rendez-vous
de la santé publique et de la justice sociale mais aussi de la souveraineté française
et européenne.
Amélie de Montchalin (ministre de l’Action
et des Comptes publics)
> Prendre ses responsabilités, ce n’est pas commenter après coup, c’est agir
quand le pays en a besoin. Nous avons fait le choix de donner un budget à la
France : déficit à 5 %, effort partagé pour moitié en économies, stabilité
fiscale pour les ménages et les entreprises, et cap clair vers 3 % en 2029. La
stabilité plutôt que l’aventure. La vérité plutôt que les mensonges.
> Le RN et LFI ont créé depuis 15 jours une forme de fake news, de réalité alternative pour faire peur aux Français.
> Un jour, il faut qu'on soit à 3 % de déficit ou moins. Ce jour doit être au plus tard 2029. Aujourd'hui, nous faisons 0,4 point de réductions quand nous n'avons ni majorité, ni consensus.
> C'est un budget pour avoir de la stabilité. (...) J'assume de dire : ce budget n'est pas celui que nous avons proposé.
> Il y a eu un budget de la sécurité sociale, très protecteur pour les retraités. (...) Est-ce que je défends le budget ? D'abord, je défends qu'il y a eu compromis.
Marina Ferrari (ministre des Sports, de la
Jeunesse et de la Vie associative)
> [Jeux olympiques d’hiver de 2030 / Intervention à l’Assemblée] Je suis
heureuse d’être avec vous aujourd’hui, pour examiner les conclusions de la CMP
sur le projet de loi relative à l’organisation des Jeux olympique et
paralympique (JOP) 2030, qui auront lieu dans les Alpes françaises.
La France s’est vu attribuer l’organisation des vingt-sixièmes Jeux olympiques
et paralympiques d’hiver par le Comité international olympique (CIO) le
24 juillet 2024. Cette attribution est le fruit d’une collaboration entre
l’État, les régions Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur – et Auvergne-Rhône-Alpes
ainsi que le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et le Comité
paralympique et sportif français (CPSF).
Depuis, nous avons parcouru du chemin : le 20 octobre 2025, le
conseil d’administration du Cojop a adopté son budget à l’unanimité. Celui-ci
s’élève à 2,132 milliards d’euros, en cohérence avec l’évaluation initiale
et conformément à notre objectif de sobriété budgétaire. Le 26 novembre
2025, le Cojop et la Solideo ont également signé avec les organisations
syndicales et patronales la charte sociale, économique et environnementale des
Jeux olympiques et paralympiques des Alpes françaises 2030. Cette charte
exprime une volonté collective d’exemplarité, tant sur le plan social et
économique que sur le plan environnemental, en intégrant pleinement les enjeux
propres aux territoires alpins. Dans cette optique, mon collègue Mathieu
Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, et moi-même avons
présidé, le 19 janvier dernier, la première réunion du comité stratégique
qui doit établir la feuille de route environnementale des Jeux pour l’État.
Enfin, le 28 janvier 2026, la Solideo a adopté sa maquette financière, à
hauteur de 1,4 milliard d’euros. Elle repose sur un financement équilibré,
partagé et soutenable, strictement limité aux besoins nécessaires à
l’organisation des Jeux et à la construction de leur héritage.
Nous devons collectivement mesurer la chance exceptionnelle que nous avons
d’organiser des Jeux olympiques d’hiver six ans seulement après ceux de Paris.
Ces Jeux se tiendront du 1er au 17 février 2030 pour la période
olympique et du 1er au 10 mars 2030 pour la période
paralympique. À cette occasion, nous aurons le plaisir d’accueillir plus de
3 200 athlètes – 2 700 olympiens et près de 600 paralympiens – et 2 millions de billets
seront mis en vente. À ce jour, une vingtaine de collectivités locales françaises sont engagées dans l’organisation de ce magnifique projet.
À la veille de l’ouverture des Jeux de
Milano-Cortina, ce texte est la meilleure façon de se projeter vers 2030. Réussir l’organisation d’un tel événement repose sur notre
capacité à nous doter d’un arsenal législatif fournissant à chacun les moyens
de remplir ses missions dans les meilleures conditions. C’est précisément
l’objet de ce projet de loi, boîte à outils – pourrions-nous dire
trivialement – essentielle à la bonne livraison des Jeux. Le texte s’appuie sur l’expérience acquise : nous y reprenons les dispositions des lois olympiques et paralympiques de
2018 et de 2023 qui se sont avérées efficaces. À cette occasion, nous
renforçons ou améliorons certains
dispositifs et nous en adaptons d’autres aux particularités des zones de
montagne. Enfin nous proposons de nouvelles mesures utiles au regard du retour
d’expérience des Jeux de Paris 2024.
À l’issue de la CMP, le texte compte désormais quarante-neuf articles, répartis
en six titres.
Le titre Ier regroupe les dispositions relatives à la livraison
des Jeux, en particulier celles destinées à respecter les stipulations du
contrat hôte olympique conclu entre les régions, le CNOSF et le Comité
international olympique. Ces mesures permettent d’attribuer au Cojop la qualité
d’organisateur de compétitions sportives et de lui transférer des droits de
propriété intellectuelle détenus par le CNOSF. Plusieurs mesures garantissent
les droits des partenaires, y compris en matière de publicité. N’oublions pas,
en effet, que 75 % du budget du Comité d’organisation provient de
ressources privées. Ces mesures sont donc indispensables pour qu’il puisse
commencer à nouer les partenariats qui nous permettront de tenir les exigences
budgétaires fixées.
En matière d’exigences budgétaires, je me félicite que nous ayons pu
réintroduire, à l’Assemblée nationale, le principe d’une garantie conjointe de
l’État et des régions Paca et Aura, grâce aux discussions constructives et
apaisées que nous avons eues avec ces régions. La possibilité d’accorder une
garantie telle que celle qui est prévue dans ce texte trouve sa déclinaison
concrète à l’article 60 de la loi de finances pour 2026. Nous avons avancé
main dans la main avec les régions lors de la candidature et nous le ferons
tout au long de la mise en œuvre de ce projet.
Le titre II du projet de loi comporte des dispositions visant à établir un
cadre éthique et un contrôle strict, qui sera assuré par l’Agence française
anticorruption (AFA) et par la Cour des comptes. Il étend également les
compétences de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et prévoit
d’associer les parlementaires au comité d’éthique et au comité des
rémunérations du Cojop. Ces mesures reprennent les dispositifs déployés lors
des JOP de Paris 2024.
Je me réjouis que les débats aient permis d’enrichir ce titre. Je pense
notamment à l’amendement défendu par le rapporteur Proença, qui vise à obtenir
un rapport quant à l’utilisation d’un éventuel boni des Jeux, aspect que la
commission mixte paritaire a choisi d’inclure dans le rapport que remettra la
Cour des comptes et dont il est sain, à mes yeux, que nous puissions discuter.
À l’Assemblée nationale, vous avez adopté un amendement du député Rolland
visant à inclure les athlètes atteints d’un handicap mental lors des
compétitions paralympiques. Vous connaissez mon engagement sur ce sujet :
alors que j’étais députée, j’ai signé une tribune appelant à nous fixer un tel
objectif. Néanmoins, comme vous le savez, il n’appartient pas à la loi relative
à l’organisation des Jeux de définir les épreuves qui composent le programme
olympique et paralympique. Aussi la rédaction retenue en CMP, qui porte la voix
de la France sur ce sujet, se contente-t-elle d’encourager la participation des
athlètes présentant un handicap mental. Voilà un message fort, que nous
envoyons collectivement !
Une troisième série de dispositions, consistant en mesures de simplification en
matière d’urbanisme, vise à faciliter la réalisation d’infrastructures comme
cela a été fait pour Paris 2024. L’article 17 permet ainsi d’octroyer des
permis de construire, dits à double état, pour les villages olympiques et
paralympiques, afin que la seconde vie de ces infrastructures, qui sera tout
autre que l’accueil des athlètes, ne nécessite pas l’obtention d’un second
permis.
Inspirées de la réussite de Paris 2024, ces dispositions tiennent également
compte des spécificités des territoires de montagne. Ainsi l’article 20
prévoit-il une expérimentation visant à accélérer la rénovation énergétique des
immeubles collectifs en copropriété, afin de lutter contre le phénomène de
« lits froids », sujet crucial dans nos territoires de montagne. Dans
cet article, le gouvernement a tenu à étendre la portée de cette mesure à
l’ensemble du massif des Alpes. En effet, je suis très attachée au fait que ces
Jeux rayonnent au-delà de seuls départements qui accueilleront des épreuves. Il
s’agit là d’une mesure forte en matière d’héritage.
Les débats parlementaires auront permis d’enrichir et d’équilibrer le
titre III. Je pense notamment à l’article 18 bis. La
rédaction initiale de cet article introduit au Sénat prévoyait que
l’artificialisation liée aux JOP de 2030 ne serait pas prise en compte dans la
trajectoire zéro artificialisation nette (ZAN). L’Assemblée nationale avait
décidé de supprimer cet article. La CMP a, quant à elle, permis de dégager un
consensus : l’artificialisation liée aux JOP Alpes 2030 – environ 20 hectares – sera bien décomptée, mais au niveau
national. Cela permettra de concilier les exigences environnementales et les spécificités locales.
Par ailleurs, je sais quel attachement a été manifesté, à juste titre, au fait
que chacun puisse être parfaitement informé des projets liés à l’organisation
des jeux, dès lors qu’ils affecteront son quotidien. C’est pourquoi j’ai déposé
au nom du gouvernement un amendement tendant à imposer au Cojop l’organisation
d’au moins une réunion publique physique par bassin de vie accueillant des
épreuves ou un site olympique, afin d’informer les résidents sur la
préparation, l’organisation et le déroulement des Jeux. En outre, le public
pourra participer à l’élaboration de tout projet ou à l’aménagement de tout
périmètre fonctionnel lié à la préparation et à l’organisation de ces Jeux qui
serait susceptible d’avoir des incidences notables sur l’environnement. Cette
participation s’effectuera par le biais d’une procédure de participation du
public par voie électronique (PPVE), largement ouverte et placée sous le regard
de garants nommés par la Commission nationale du débat public (CNDP),
conformément aux normes européennes et internationales.
Quant à l’impact environnemental global des Jeux, en introduisant l’article
3 bis, le Parlement a voulu qu’il fasse l’objet d’une estimation
dans le cadre d’une procédure spécialement prévue à cet effet.
Une quatrième série de dispositions concerne les règles relatives à la santé et
au travail. Elles portent notamment sur les polycliniques olympiques et
paralympiques.
Le titre V regroupe des dispositions visant à faire en sorte que les Jeux
d’hiver de 2030 soient organisés dans de bonnes conditions de sécurité au
regard des enseignements tirés de ceux de Paris 2024. Le texte reprend les
mesures qui ont fonctionné, tout en levant des freins qui ont pu être
identifiés lors de la dernière olympiade. Il introduit également des mesures
qui répondent aux difficultés rencontrées lors de ces Jeux. Il prévoit par
exemple un article qui autorise les agents de sécurité privés à inspecter
visuellement les coffres de voiture, ce qui nous permettra de gagner en
fluidité opérationnelle en mobilisant les forces de l’ordre de façon mieux
ciblée. Je me félicite de l’ensemble des mesures prévues dans ce titre :
le travail des rapporteurs, notamment celui de Mme Véronique Riotton, nous
a permis de répondre de manière proportionnée aux enjeux de l’organisation de
grands événements sportifs.
Enfin, le texte pérennise dans le titre VI certaines mesures héritées des
Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.
Le texte issu des travaux de la CMP est donc équilibré : il reprend des
dispositifs ayant fait leurs preuves et introduit des mesures complémentaires
pour les adapter au milieu montagnard, tout en tirant les leçons de Paris 2024.
Enfin, je salue notre travail apaisé et conduit dans un esprit de compromis.
Finalement, nous avons retrouvé dans nos débats un peu de l’esprit olympique.
Le 15 mars 2026, lorsque la flamme olympique s’éteindra à Cortina à
l’issue des Jeux paralympiques de Milan-Cortina, le monde se tournera vers nous
et regardera vers les Alpes françaises – les Alpes-Maritimes, les Hautes-Alpes, la
Haute-Savoie et la Savoie, à laquelle je suis si attachée. C’est en réalité toute la montagne française et toute la France que le monde regardera, partagé entre la nostalgie
de Paris 2024 et l’impatience de découvrir ce que les Alpes
françaises 2030 nous réserveront. Or c’est, chaque fois, lorsque le monde
nous regarde que nous donnons le meilleur de nous-mêmes et que nous faisons
nation.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> Face aux plateformes américaines ou chinoises, il faut de la puissance :
réaffirmer nos libertés publiques, les protéger et protéger nos enfants. C'est
exactement ce que fait la France.
> Combattre l'antisémitisme, c'est combattre l'islamisme, c'est combattre le LFIsme. LFI, c'est un poison pour la République et une maladie qui gangrène la gauche.
> Face aux prédateurs russes, chinois, américains : il faut de la puissance, pas de la soumission. Qui suppliait pour être invité à l'investiture de Trump si ce n'est le RN et Reconquête ? Quel est ce sens du patriotisme qui accepte de se coucher devant les puissants ?
> Personne n'aurait fait ce budget en majorité absolue. Mais personne justement n'a de majorité ! Désormais le budget est derrière nous. Il était temps. La stabilité était attendue. On va pouvoir revenir à l'essentiel.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée
auprès du ministre de l’Intérieur)
> [Sécurité / Intervention à l’Assemblée] Non : nous ne sommes pas dans
la « France Orange mécanique » et notre pays n’est pas devenu
un coupe-gorge à ciel ouvert !
Alors que nous recevons près de 100 millions de touristes par an, il faut
prendre garde à la manière dont certains ici présentent notre pays.
C’est un enjeu économique et d’image vital. Les résultats sont là. Les
atteintes aux biens baissent nettement : nous constatons une diminution de
9 % des vols de véhicule, un recul des cambriolages et des vols dans les
transports ainsi qu’une baisse de 7 % des vols à main armée.
Ces chiffres ne tombent pas du ciel : ils sont le fruit d’une présence
accrue des forces de l’ordre, d’un renforcement des contrôles et d’une plus
grande fermeté des réponses pénales. Face au trafic de drogue, la pression
s’intensifie : plus de 56 000 trafiquants ont été mis en cause,
des saisies massives ont été réalisées et l’action contre les réseaux ne
s’interrompt pas. Comme l’ont demandé le président de la République et le
premier ministre, nous frappons les organisations criminelles là où ça fait
mal !
Enfin, les règlements de compte liés aux stupéfiants montrent à quel point la
lutte contre le narcotrafic est une bataille que nous devons collectivement
mener, hors des invectives et des jeux politiciens. Au nom du gouvernement et
du ministre de l’intérieur, je tiens à apporter, comme nous le faisons chaque
jour, tout notre soutien aux forces de sécurité intérieure, qui font un travail
formidable pour garantir la sécurité des Françaises et des Français et lutter
contre tous les trafiquants.
> [Vol dans les commerces /
Intervention à l’Assemblée] Nos commerces de proximité, cœur battant de nos
villes et villages, font face à une menace croissante : vols à l’étalage,
cambriolages, agressions. En France, 82 % des commerçants déclarent avoir
été victimes de vol en 2024 – une hausse de 15 % en un an, soit plus de
42 000 faits recensés par nos services.
Derrière ces chiffres, il y a
des boulangers, des pharmaciens ou encore des bijoutiers dont la viabilité même du commerce est menacée par ces actes. Le
gouvernement est pleinement conscient de cette réalité et de ses conséquences : sécuriser nos
commerçants est à la fois une nécessité et un devoir.
Aujourd’hui, les technologies numériques offrent de nouvelles perspectives pour
lutter contre de telles atteintes. M. le rapporteur l’a bien compris en
déposant sa proposition de loi. Son objectif est clair : autoriser, dans
des conditions strictes, l’usage de technologies d’analyse automatique des
images au sein des magasins de vente afin de garantir la sécurité des biens et
des personnes.
Concrètement, il s’agit de permettre aux commerçants d’utiliser l’intelligence
artificielle pour analyser en temps réel les images de vidéoprotection de leurs
boutiques. Une caméra intelligente pourrait détecter, par exemple, les gestes
suspects d’un voleur à l’étalage et alerter immédiatement le commerçant, sur le
modèle de l’expérience lancée lors des Jeux olympiques de 2024 en matière de
sécurité des foules.
Le gouvernement salue l’esprit d’initiative de cette proposition qui rejoint sa
priorité : mobiliser la technologie pour mieux protéger nos concitoyens.
Il appelle l’Assemblée à légiférer avec la main tremblante, tant cet enjeu doit
nous questionner et nécessite des assurances fortes en matière de sécurité
juridique, de protection et même de souveraineté des données, de protection des
libertés individuelles et de proportionnalité des moyens mobilisés.
Bien sûr, le recours à l’intelligence artificielle pour surveiller nos magasins
suscite des interrogations légitimes. La Commission nationale de l’informatique
et des libertés a souligné que ces dispositifs d’analyse vidéo changeaient la
nature même de la vidéoprotection classique et posaient de nouvelles questions
éthiques et juridiques. Nous devons donc avancer avec précaution.
Je veux rassurer tant les défenseurs des libertés publiques que les commerçants
eux-mêmes : la proposition de loi de Paul Midy intègre des garde-fous,
a fortiori après son passage en commission qui s’est révélé utile puisque,
désormais, le texte ne prévoit plus d’introduire un nouvel article au code de
la sécurité intérieure, mais de lancer une expérimentation – une solution qui apparaît mieux proportionnée.
J’appelle votre attention
sur un point particulier de notre débat. La vidéosurveillance algorithmique, vous le savez, comporte
des enjeux sensibles en matière de libertés publiques. Le gouvernement partage l’objectif de mieux sécuriser nos villes. Il considère qu’une telle
évolution doit impérativement se traduire dans le cadre d’un projet de loi dans
la mesure où il y va de la sécurité juridique de nos dispositifs.
Récemment, le Conseil constitutionnel a censuré la prolongation d’un dispositif
de vidéosurveillance algorithmique qui avait été introduite, sans lien direct,
dans un texte relatif aux transports. Dans sa décision, le Conseil l’a rappelé
fermement : notre État de droit exige que ce type de mesure soit examiné
dans un cadre législatif cohérent, juridiquement sécurisé, transparent et
robuste sur le plan constitutionnel.
Nous devons donc préparer en amont le terrain juridique, consulter les
instances compétentes, en particulier la Cnil et le Conseil d’État, et nous
assurer du respect des principes de nécessité et de proportionnalité avant de
déployer ce type d’outil pour surveiller la voie publique.
Ainsi, s’agissant de la question du droit d’opposition, soulevée lors de
l’examen en commission, nous devons progresser sur une ligne de crête. Plutôt
que de garantir un droit d’opposition effectif, le Conseil d’État considère que
la protection des libertés doit reposer sur un encadrement normatif strict
précisant des finalités limitativement énumérées, une interdiction de
l’identification biométrique, une interdiction de la reconnaissance faciale,
une durée limitée de conservation et une expérimentation temporaire, comme
c’était le cas lors des JO de 2024.
Ces enjeux, vous le voyez, sont particulièrement importants et nécessitent
d’être abordés avec acuité, prudence et délicatesse.
Je vous rappelle que dans sa décision du 17 mai 2023 relative notamment au
traitement algorithmique des images collectées au moyen de la vidéoprotection
lors des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, le Conseil constitutionnel a
estimé qu’en réservant l’usage de ce traitement à des fins de sécurité des
personnes – donc en excluant explicitement la prévention des atteintes
aux biens –, le législateur avait sécurisé le texte sur le plan juridique. Le risque constitutionnel est donc écarté.
Ce texte apporte une réponse à un problème concret, dont nos commerçants
pâtissent quotidiennement. Il envoie un message clair : nous ne laisserons
pas nos petits commerces seuls face à la délinquance. Le gouvernement accueille
donc favorablement cette initiative, qui peut constituer le préalable
nécessaire à la poursuite du débat. Des travaux ont déjà eu lieu, notamment
lors de l’examen des textes relatifs aux Jeux olympiques et paralympiques.
Nous estimons néanmoins que c’est dans le champ régalien que ces développements
doivent intervenir en priorité, pour prévenir des actes terroristes ou lorsque
pèse un risque d’atteinte grave à la sécurité des personnes. Nous entendons
veiller, à vos côtés, à ce que le déploiement de ces nouvelles technologies se
fasse dans le strict respect de nos valeurs républicaines. Il y va de la
confiance des citoyens dans la loi.
En adoptant cette démarche équilibrée, nous ferons preuve de fermeté vis-à-vis
des actes délictueux en même temps que d’une exigence absolue dans la
préservation des libertés publiques.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Emploi des jeunes / Intervention à l’Assemblée]
Je suis bien sûr un fervent défenseur des
travailleurs en général et de la jeunesse en particulier. Ne confondez
pas les propositions formulées dans le cadre du dialogue social autonome, directement
par le Medef, et la position du gouvernement, qui ne les cautionne pas. Les
pistes qui ont été formulées ne sont absolument pas reprises par le
gouvernement. Je le dis clairement : ces propositions ne font pas partie
de l’agenda du gouvernement.
La jeunesse est évidemment un sujet important. Nous travaillons pour qu’elle
puisse entrer sur le marché du travail plus rapidement. Dans le même sens, nous
voulons favoriser l’emploi des seniors. Dans le budget 2026, nous avons
d’ailleurs réussi à conserver l’essentiel des ressources consacrées à la
jeunesse : je pense à l’apprentissage et au contrat d’engagement jeune,
déployés par France Travail et par les missions locales. On peut dire que ce
gouvernement mobilise tous les moyens possibles pour donner un avenir à nos
jeunes.
Enfin, vous avez évoqué le dialogue social, un sujet qui m’est cher. Vous savez
que nous avons parcouru un grand chemin dans ce domaine. Le dialogue social,
nous le pratiquons, et je suis très fier d’avoir réussi à convaincre les partenaires
sociaux de se remettre autour de la table pour parler de l’emploi, du travail
et des retraites dans le cadre d’une conférence sociale qui progresse et qui
pourrait produire des analyses percutantes, dont pourront s’emparer les
partenaires sociaux. Un atelier sera consacré spécifiquement à la jeunesse. En
outre, dans un souci de convergence et d’apaisement, nous avons orienté les
discussions sur l’assurance chômage sur le seul sujet des ruptures
conventionnelles. Cela démontre, il me semble, que le dialogue social est
pratiqué et encouragé par le gouvernement. Nous nous occupons de la situation
des jeunes avec beaucoup d’intensité et de détermination.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture,
de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> [Laits bébés contaminés / Intervention au Sénat] Ma collègue ministre de
la santé et moi-même avons une préoccupation impérieuse : la sécurité des
enfants.
Les obligations de sécurité incombent d'abord aux industriels, sous la forme
d'autocontrôles. Quand un produit est défaillant, il y a un retrait. C'est ce
qu'a fait Nestlé le 10 décembre, quand il a identifié un produit
dangereux. L'État, quant à lui, doit s'assurer de la diligence des entreprises
et que les produits sont effectivement retirés de la vente.
La France, en avance sur l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa),
a baissé le seuil de tolérance de cette huile arachidonique : nous avons
fait jouer à plein le principe de précaution.
Nous faisons face à une alerte sanitaire internationale. Nous travaillons en
continu avec l'Union européenne pour nous assurer que toutes les règles sont
homogènes et strictement respectées : il y va de la sécurité des
nourrissons.
Vous avez eu l'honnêteté de préciser qu'il n'y a pas de lien de causalité connu
entre la mort de ces deux malheureux enfants et la consommation de lait
infantile. Les onze enfants hospitalisés sont rentrés chez eux et ne subissent
pas de désordre particulier.
Edouard Geffray (ministre de l’Education
nationale)
> [Professeure poignardée par un élève] Une professeure a été victime d’une
tentative d’assassinat par l’un de ses élèves. Ce drame plonge toute
l’Éducation nationale dans la stupeur et la douleur. J'ai rencontré ce soir
l'équipe de direction, les élus et les services de police et de secours, et
serai demain matin aux côtés de l'équipe éducative.
Un soutien psychologique a été déployé et sera maintenu aussi longtemps que
nécessaire. Je salue le sang-froid et la réactivité exemplaires des équipes
éducatives, ainsi que des forces de sécurité et de secours.
Ce soir, ce sont 1,2 million de collègues qui font corps pour soutenir cette
enseignante et toute la communauté éducative du collège La Guicharde.
Philippe Baptiste (ministre de
l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Aux côtés de Stéphanie Rist, nous lançons la feuille de route 2026-2030
contre le cancer. Cap sur des résultats concrets :
- prévenir (génération sans tabac 2032, vaccination HPV dans les lieux
d’étude),
- dépister mieux (seconde lecture démat., IA),
- soigner et accompagner sans rupture (HAD, guichet numérique),
- accélérer la recherche (mauvais pronostic, thérapies de rupture) et ouvrir
plus d’essais.
Données mieux gouvernées (registre national), coopération européenne renforcée.
Objectif : moins de cancers évitables, des diagnostics plus précoces, des vies
sauvées.
> L’adoption du budget marque un choix de responsabilité : tenir le cap des finances publiques tout en garantissant la continuité des politiques prioritaires. Un budget exigeant, assumé, et désormais entré en vigueur.
Maud Bregeon (porte-parole du
Gouvernement)
> Les impôts des ménages n'augmenteront pas. Ceux des commerçants, TPE, PME,
ET et de 99,9% des entreprises non plus. Avec un déficit en baisse, contenu à
5%, et des choix d'investissements nécessaires notamment pour la défense. Voilà
la réalité de ce budget.
> Pour 99,9% des entreprises, le cadre fiscal sera stable, le même qu'en 2025.
> Il n’y aura aucun « moratoire » sur les renouvelables dans la PPE, contrairement à ce que certains affirment. Le développement de toutes les énergies décarbonées est nécessaire. Opposer nucléaire et renouvelables est un débat d’un autre âge, dont il est urgent de sortir.
> L'urgence, la souveraineté nationale, ne peut pas attendre 2027.
Benjamin Haddad (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de
l’Europe)
> [Groenland / Intervention à l’Assemblée] Le Groenland n’est ni à vendre ni
à prendre, et toute remise en cause de son statut ou de ses frontières est
inacceptable. Face aux menaces américaines et aux volontés extérieures de
décider de son avenir à la place de ceux qui y vivent, la position de la France
est claire, constante et sans ambiguïté. C’est au peuple groenlandais, au
Groenland et au Danemark seuls de décider des questions qui les concernent. La
souveraineté ne se négocie pas ; l’intégrité territoriale ne se marchande
pas. Ces principes intangibles fondent la position invariable de la France sur
la scène internationale, à propos du Danemark et du Groenland comme de
l’agression de l’Ukraine par la Russie.
La France a exprimé son soutien au plus haut niveau et à plusieurs reprises. Le
président de la République l’avait déjà annoncé à Nuuk le 15 juin 2025,
faisant de la France le premier pays d’Europe et du G7 à se mobiliser. La
semaine dernière encore, alors qu’il accueillait la première ministre danoise
Mette Frederiksen et le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen à
Paris, il a réaffirmé que la France continuerait de se tenir aux côtés du
Danemark et du Groenland.
Votre initiative transpartisane, messieurs Caure et Girard, montre une fois de
plus la constance de notre position et l’unité de la nation à ce propos. La
diplomatie parlementaire est utile, voire essentielle, face aux défis actuels
afin de relayer et amplifier la voix de notre pays sur la scène internationale.
Le gouvernement sera évidemment favorable à l’adoption de cette résolution qui
reflète tout ce que nous avons défendu en paroles et en actes.
Notre relation avec le Danemark et le Groenland ne date pas d’hier – et je sais, monsieur le
rapporteur, que vous revenez tout juste du Groenland et que vous avez pu le
constater sur place. Cette relation repose sur des liens de confiance,
sur des échanges économiques et culturels anciens et sur des valeurs communes.
Nos partenaires savent qu’ils peuvent compter sur nous pour que nous assurions
ensemble notre indépendance et renforcions notre coopération dans le domaine
économique – le tourisme, l’énergie ou les minerais
critiques –, la recherche scientifique et la coopération culturelle. C’est dans cet esprit que la France ouvrira dans les
prochains jours un consulat général à Nuuk, comme le
président de la République s’y était engagé. Nous le faisons au service des
intérêts de toutes les parties et dans le respect du principe groenlandais
« rien sur nous sans nous ».
Le Groenland n’est pas un objet de transaction mais un sujet de souveraineté,
directement lié à l’indépendance stratégique européenne. Les événements récents
ont été à la fois un révélateur et un accélérateur. Ils confirment les
positions de la France depuis des années en matière de souveraineté européenne,
sur laquelle portait le discours de la Sorbonne du président de la République
en 2017. Dans un monde brutal, être faible invite à l’agression. Pour nous
faire respecter, nous défendrons nos intérêts et assumerons des rapports de
force. La France n’a jamais voulu d’une Europe soumise ou vassale.
Face aux appétits des nouveaux prédateurs, l’Europe ne peut plus dépendre des
autres pour assurer sa sécurité ou ses approvisionnements stratégiques, pour
défendre son voisinage ou pour protéger ses démocraties face à la désinformation
et aux ingérences. C’est un appel au réveil stratégique européen que nous
lançons. Nous devons, dans tous les domaines, assumer cette indépendance.
Les Européens ont répondu avec fermeté et unité aux pressions. Nous avons
réaffirmé notre attachement aux principes de la Charte des Nations unies que
sont l’inviolabilité des frontières et le respect de la souveraineté et de
l’intégrité territoriale. Nous ne nous sommes ni divisés ni laissés intimider.
Nous avons mis les instruments dont nous disposons sur la table :
l’instrument anticoercition permet par exemple de barrer l’accès à des marchés
publics, de taxer les services numériques ou de saisir les licences de
propriété intellectuelle. Voilà notre manière très concrète de faire levier de la
puissance du marché intérieur européen qui, je le rappelle, représente
450 millions d’individus. L’Union européenne est en effet un partenaire
économique de premier plan pour la plupart des puissances mondiales. En
utilisant ces outils pour assumer sans naïveté des rapports de force, nous
avons fait reculer la menace. Nous avons agi. Enfin, à la demande du Danemark,
la France a participé à l’exercice Endurance arctique. L’Europe a donc montré
qu’elle savait prendre sa sécurité en main : nous poursuivrons les efforts
entrepris en la matière.
Toutefois, ne nous trompons pas : nous n’en resterons pas là. Le Groenland
se situe au cœur de l’Arctique, un espace stratégique majeur au centre des
rivalités de puissances. Face à la Russie, face à la Chine et face à la politique
de certains partenaires, la France s’engagera comme d’autres pays européens à
renforcer la sécurité du Grand Nord. C’est tout l’objet de la stratégie polaire
française, actualisée à la demande du président de la République et dont les
objectifs sont clairs : la paix et la stabilité dans les régions polaires,
la compréhension des phénomènes climatiques et la préservation de la
soutenabilité environnementale.
Au-delà de l’exercice Endurance arctique, nous souhaitons renforcer la posture
de l’Alliance atlantique, ce qui doit se faire avec les Américains. La France
se tient prête à participer. L’objectif est simple : éviter que l’Arctique
ne devienne un espace de confrontation à nos portes. Si nos alliés souhaitent
que nous prenions davantage de responsabilités pour assurer la sécurité de la
région, qu’ils répondent à cette invitation à y travailler au sein de
l’Alliance ! Des efforts collectifs doivent être déployés et notre
sécurité n’a pas de prix. C’est pourquoi la France a engagé la révision de la
stratégie de l’Union européenne sur l’Arctique, qui devra définir des priorités
communes et mutualiser ses moyens, notamment budgétaires. L’UE est une
puissance polaire à travers ses États membres. Nous les défendrons et
défendrons les choix des habitants du Groenland.
Mesdames et messieurs les députés, le gouvernement est évidemment favorable à
l’adoption de cette PPRE (proposition de résolution européenne). C’est avec
cohérence que nous continuerons à agir aux côtés du Groenland, du Danemark et
de nos partenaires européens pour nos concitoyens et notre indépendance
commune.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Ça suffit ! Lutter contre le tabagisme est un enjeu de santé publique
majeur qui doit nous réunir. Mais trop souvent désormais, les parlementaires
sont dénigrés, attaqués, dévalorisés. Les pressions deviennent
quasi-systématiques, le «name and shame» aussi. Je ne peux pas l'accepter. La
démocratie mérite mieux.
> L’Assemblée nationale remplit son rôle : elle est bruyante et parfois turbulente mais elle représente notre vie démocratique ! Comme le dit mon homologue du Sénat Gérard Larcher, ce sont les pulsations de la Nation.
> Dans une société fragmentée, dans une société polarisée et empreinte de radicalité, on a besoin d’échanger, de se parler, de débattre ! Dans la situation qui est la nôtre et dans la société que l’on veut construire ensemble : chacun doit prendre sa place dans le débat public !
> La diffusion de données personnelles concernant des députés et des agents de l’Assemblée nationale est d’une extrême gravité. J’ai immédiatement saisi la Procureure de la République et effectué un signalement auprès de Pharos afin que ces faits soient examinés et que les responsabilités soient établies.
> Christophe Gleizes, journaliste français détenu en Algérie, a célébré son 37ᵉ anniversaire en détention. Sa condamnation constitue une atteinte à la liberté d’informer. La France ne transige ni avec la liberté de la presse ni avec la protection de ses ressortissants. La France et la représentation nationale restent pleinement mobilisées pour sa libération.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> La France pionnière en Europe ! Une semaine après le vote de la
proposition de loi que nous portons pour interdire les réseaux sociaux aux
jeunes de moins de 15 ans, l'Espagne s'apprête à prendre le même chemin. La
santé mentale de nos enfants, leur santé tout court, ne sont pas à vendre, ni
aux États-Unis, ni à la Chine.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Quand le Gouvernement présentera-t-il cette
stratégie attendue depuis des mois avec un cap clair de réduction de la
consommation de produits ultra-transformés ? Va-t-il soutenir la proposition de
loi de ma collègue Olivia Grégoire visant à instaurer une éducation à
l’alimentation à l’école ? Soutiendra-t-il une proposition de loi qui
définisse - sur la base d’un consensus scientifique - ce qu’est l’alimentation
ultra-transformée ? Et enfin, est-ce que le Gouvernement est prêt à porter
ce sujet auprès de la Commission européenne ? Les chiffres continuent de
se dégrader, en particulier pour les enfants. La Stratégie nationale
alimentation, nutrition et climat est l’outil qui doit nous permettre
d’inverser cette tendance. Le Gouvernement doit agir dans les plus brefs
délais. Nous avons déjà trop attendu.
> [Alimentation / Intervention à l’Assemblée]
Il y a dix jours, avec mes collègues Yannick Neuder, du groupe Droite
républicaine, Guillaume Garot, du groupe socialiste, ainsi qu’une trentaine de
députés de différents groupes que je veux ici remercier, nous avons publié une
tribune pour appeler à réduire l’alimentation ultratransformée.
Les données scientifiques sont sans appel : selon la revue de
référence The Lancet, l’alimentation ultratransformée contribue directement à
l’explosion de l’obésité, du diabète et des maladies cardiovasculaires
mais aussi de la dépression et de nombreuses pathologies chroniques
responsables de décès prématurés.
En France, ces produits représentent déjà près de 35 % des calories
consommées. Selon un rapport du Sénat, ils coûteraient, au minimum,
11 milliards par an à l’assurance maladie, soit la moitié du déficit de la
sécurité sociale.
La situation est particulièrement alarmante pour nos enfants. L’obésité
infantile progresse et le diabète de type 2 apparaît désormais chez des
adolescents – du jamais vu –, avec des conséquences irréversibles sur toute leur
vie. C’est aussi une question
de justice sociale.
Agir, ce n’est pas culpabiliser mais protéger en encadrant les promotions et la publicité, en éduquant les enfants à l’alimentation et en
donnant une information loyale et transparente au consommateur, par exemple
avec le nutri-score.
Il faut aussi mener cette bataille pour nos agriculteurs. Certes, la qualité a
un coût mais elle crée pour eux du revenu et des emplois, et résonne
profondément avec notre identité culturelle.
La stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat ne peut
plus attendre.
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> [Groenland] Notre débat de ce soir n’est pas anodin et, dans la mesure où
il est la conséquence d’une nouvelle brèche dans l’ordre international que nous
connaissions, il est même décisif. Nous ne sommes pas réunis ce soir pour
débattre d’un énième coup de force de la Russie ou d’un nouvel embrasement au
Proche-Orient. Nous sommes réunis parce que le Danemark, pays ami et allié, a
été menacé de l’annexion d’une partie de son territoire par l’un de ses alliés,
les États-Unis d’Amérique. Ces deux pays sont alliés au sein d’une même
alliance militaire : un seuil a donc été franchi.
C’est pourquoi je salue en préambule le travail des rapporteurs qui nous permet
d’adresser de nouveau un message de soutien et de solidarité française et
européenne au Danemark, au Groenland et au peuple groenlandais.
Le Groenland est un territoire européen, souverain et indépendant. Nous le
répétons ici : nous ne transigeons pas avec la liberté des peuples à
disposer d’eux-mêmes, avec le respect de l’intégrité territoriale des États et
avec l’intangibilité des frontières. Ces principes sont non négociables et ils
sont valables pour l’Ukraine comme pour le Groenland.
Au fond, ce qui se passe au Groenland est révélateur du monde nouveau dans
lequel nous vivons. Il y a quinze jours, nous étions réunis pour un débat sur
la situation internationale organisé en application de l’article 50-1 de
la Constitution. Pas une ligne, pas un mot de ce que nous disions alors n’a
changé : le monde se durcit et devient plus dangereux. Les rapports de
force prennent le dessus sur les règles de droit, et la loi du plus fort est
redevenue la norme. Nous, Européens, sommes en première ligne face aux empires
qui veulent nous soumettre. La Russie poursuit sa guerre d’agression en
Ukraine ; la Chine poursuit sa guerre économique contre notre
industrie ; les États-Unis d’Amérique font pression contre nous et sont à
l’offensive contre notre indépendance. Soyons lucides ! Ces situations ne
sont pas de simples mauvais moments à passer : ils révèlent la réalité
brutale de notre nouveau monde.
Il existe toutefois une différence notable par rapport au contexte de notre
dernier débat : nous avons assisté, du moins temporairement, au recul
américain sur le Groenland. Je le dis très clairement, ce recul ne vient pas de
nulle part. Il est le résultat d’une réaction européenne ferme, claire et
assumée dans laquelle la France a joué un rôle moteur. Ces derniers jours, la
France, par la voix du Président de la République, a en effet tenu la barre
dans la tempête. La France a été à l’initiative de l’envoi de soldats européens
au Groenland, s’est prononcée pour une réaction forte de l’Union européenne aux
droits de douane punitifs et a tenu un discours de fermeté. L’Europe n’a pas
baissé les yeux face à cette tentative de passage en force.
La leçon de cette séquence est limpide : lorsque l’Europe fait bloc, elle
est forte ; lorsque l’Europe est unie, elle se fait respecter ;
lorsque l’Europe réagit vite, calmement et fermement, lorsqu’elle mobilise les
instruments dont elle dispose, elle est redoutée. La ligne qui a fait plier
Donald Trump est la ligne de fermeté défendue par la France. Il faut que chacun
en Europe en prenne conscience. Le temps de l’indépendance de l’Europe est donc
arrivé, et il nous faut nous adapter à cette nouvelle réalité pour y parvenir.
Pour réellement défendre notre indépendance et notre souveraineté, il faut
commencer par agir comme une Union forte, souveraine et unie, ce qui exige à la
fois un changement radical, des décisions courageuses et un véritable
leadership politique.
Notre première urgence doit être notre sécurité : il faut continuer de
renforcer la défense européenne, qui devient petit à petit une réalité.
Nous avons des instruments de financement et la préférence européenne est
actée. Cela dit, nous devons en faire davantage pour renforcer notre autonomie
et permettre à certains États membres de mettre un terme à leur dépendance à
l’industrie américaine de l’armement.
Notre seconde priorité est la défense de nos intérêts économiques face à
l’agressivité chinoise et aux tarifs américains. Pour cela, notre agenda
économique doit être très simple : il doit protéger les acteurs européens
en instaurant la préférence européenne, des mesures miroirs et d’autres mesures
de protection.
Enfin, notre troisième priorité est d’investir, investir et encore investir.
Investir dans l’IA, le quantique, le spatial, les green tech, en somme,
dans toutes les technologies d’avenir : elles favoriseront notre
souveraineté et notre indépendance et nous rendront plus forts dans la
compétition internationale.
Au fond, nous devons renforcer notre autonomie stratégique, être moins
dépendants à l’égard de la Chine et des États-Unis et assumer de faire de
l’Europe une puissance militaire, technologique, économique et scientifique.
Au fond, ce que nous devons faire, c’est développer notre autonomie
stratégique, réduire notre dépendance à l’égard de la Chine et des USA et
assumer de faire de l’Europe une puissance militaire, technologique, économique
et scientifique.
Ce qui se joue au Groenland dépasse largement ce territoire. C’est un test de
crédibilité, de maturité et de responsabilité stratégique, et la confirmation
que dans le monde qui vient, l’Europe ne sera respectée que si elle est capable
d’assumer pleinement et concrètement sa puissance et de maintenir son cap,
celui de l’indépendance, de la souveraineté et du refus de la vassalisation.
Violette Spillebout (députée)
> Effroyable drame. Une attaque contre une enseignante, d’une violence
insupportable ! Tout mon soutien à sa famille et l’ensemble de la communauté
éducative de Sanary-sur-Mer. L’ensemble de l’école, notre République tout
entière sont touchées en plein cœur.
Paul Midy (député)
> [Vol dans les commerces / Intervention à l’Assemblée]
Plutôt que de vous livrer un grand discours, je serai très concret pour que
vous compreniez bien l’objet de la proposition de loi dont nous allons débattre
ce soir, les modalités du dispositif ainsi que l’encadrement prévu par le texte
tel qu’il a été adopté par la commission.
Les commerçants souhaitent pouvoir utiliser des caméras augmentées, équipés de
logiciels d’intelligence artificielle, pour lutter contre le vol. Il faut
savoir que celui-ci représente 1 à 4 % de leur chiffre d’affaires alors
que leur marge s’élève en moyenne à 2 %. À cause de ce phénomène, certains
de ces commerces ne sont plus rentables et doivent fermer, ce qui a pour effet
de vider nos centres-villes. Il faut donc les soutenir.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe aujourd’hui des technologies qui
constituent une aide efficace contre le vol. Ces caméras augmentées permettent
de réduire les vols dans une proportion de 20 % à 50 % – ce qui est très important – pour environ 20 euros par mois, un coût abordable pour tous
les commerçants – 2 000 à 3 000 d’entre eux utilisent d’ailleurs déjà cette technologie. Il
faut soutenir les commerçants souhaitant recourir à cet outil.
Cette proposition de loi vise, d’une part, à légaliser l’usage des logiciels d’intelligence artificielle et, d’autre part, à l’encadrer comme il se doit pour assurer pleinement le respect des libertés publiques.
J’en viens au fonctionnement concret du dispositif. Plus de 80 % de nos
commerçants – grandes enseignes comme petits commerces – ont déjà installé des caméras de vidéosurveillance. Prenons l’exemple d’un épicier : il a placé des caméras au fond de son établissement un peu
biscornu et dispose d’un retour caméra sur un écran à côté de sa caisse pour voir
ce qui se passe. Toutefois, il lui est impossible de regarder cet écran toute la journée car il doit effectuer
différentes tâches, par exemple
encaisser les clients ou – notamment dans le cas d’une pharmacie – les conseiller.
Heureusement, les logiciels d’intelligence artificielle peuvent analyser les images à sa place et émettre une alerte s’ils détectent un comportement
pouvant correspondre à un vol dans le magasin. Le commerçant regarde alors les images suspectes sur son écran. Généralement, il s’agit d’un client qui a
introduit dans son sac, dans sa veste ou dans sa poche un produit pris en
rayon. Le commerçant s’assure alors que le client passe bien en caisse et ne commet pas de vol.
Tel est le cas d’usage de ce dispositif.
Ce n’est donc pas Big Brother. Je précise que l’utilisation de ces caméras est
évidemment restreinte à l’espace privé. Nous savons que certains commerçants
ont l’autorisation de filmer l’espace public mais une telle possibilité est
exclue s’agissant des caméras augmentées mentionnées dans cette proposition de
loi.
Puisque certains commerçants ont déjà recours à de tels dispositifs, je vous
propose, avec ce texte, de légaliser cette pratique mais aussi de prévoir un
encadrement solide, et ce grâce à une dizaine de mécanismes.
Premièrement, il faut se concentrer sur une seule finalité : le vol en
magasin. Les enjeux liés à la sécurité des personnes, certes importants – les commerçants ont d’ailleurs formulé des
demandes à ce sujet – sont exclus du texte car ils soulèvent de nombreuses
questions.
Deuxièmement, la petite alerte apparaît sur l’écran en temps réel ; le
logiciel ne conservera pas d’images.
Troisièmement, nous devons respecter le principe de la primauté humaine. Si une
alerte est lancée grâce à une intelligence artificielle, c’est toujours un être
humain qui prendra la décision d’agir ou non.
Quatrièmement, la reconnaissance faciale et la biométrie sont exclues.
Cinquièmement, avec ce texte, nous proposons un dispositif expérimental en
reprenant le cadre défini pour les Jeux olympiques et en tenant compte de
toutes les recommandations faites par la Cnil, la Commission nationale de
l’informatique et des libertés, lors des auditions. Comme le prévoient les
excellents amendements du président de la commission des lois que je vous
inviterai à adopter, cette expérimentation sera limitée dans le temps et un
comité de suivi remettra un rapport afin que nous disposions de données
concrètes concernant l’utilité de cette technologie.
Sixièmement, nous assurons un droit à l’information : autrement dit, les
clients devront savoir dès leur entrée dans le magasin que des caméras
augmentées sont utilisées.
Septièmement, les logiciels d’IA devront faire l’objet d’une labellisation par
les experts de l’Anssi, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes
d’information.
Huitièmement, toutes les modalités d’application du texte seront définies par
décret après avis de la Cnil.
Nous proposons deux garanties supplémentaires : d’une part, les
commerçants désireux d’avoir recours à ces caméras devront demander une
autorisation au préfet, comme c’est déjà le cas s’agissant des logiciels de
surveillance, d’autre part, les agents et commerçants qui les utilisent devront
recevoir une formation.
Je tiens enfin à préciser, même si cela va de soi, que le texte respecte
totalement le règlement général sur la protection des données (RGPD) ainsi que
le règlement européen sur l’intelligence artificielle, l’ AI Act.
Le texte présente donc toutes les garanties nécessaires pour que le dispositif
soit utile et parfaitement encadré, afin de protéger nos commerçants aussi bien
que nos libertés publiques. Je nous souhaite un excellent débat.
Françoise Buffet (députée)
> [Budget et motions de censure / Intervention à l’Assemblée]
Je ne reprendrai pas à cette tribune les nombreux arguments en faveur du vote
de ce budget de compromis : ils ont été largement exposés. Je veux plutôt
parler du moment politique que nous vivons et de ce que nous devons au pays.
Notre assemblée est plus fragmentée qu’elle ne l’a jamais été sous la Ve République.
Dans ces conditions, elle peine à trouver des majorités pour engager les
réformes structurelles pourtant indispensables à la solidité et au rayonnement
de notre nation. Les médias se font bien plus souvent l’écho de nos querelles,
des incidents de séance et des coups d’éclat permanents que des projets de fond
que pourtant nous discutons aussi.
Beaucoup imaginent que les conflits de l’Assemblée nationale sont une
reproduction des divisions de notre société, qui serait traversée par des
failles profondes, pétrie de doutes. Pourtant, les oppositions idéologiques ne
sont pas plus intenses qu’elles ne le furent dans les années 1980 ou 1990, à la
fin de la guerre froide. Elles sont même sans doute moins marquées. Et
quand il n’y a plus de grands clivages, ce sont les petites différences qui
priment : elles doivent alors être exagérées, mises en scène à outrance
par les ingénieurs du chaos, afin de justifier l’existence d’un camp qui
s’oppose à un autre. Comme si la concorde et la paix sociale, par quelque ruse
de l’histoire, suscitaient leur propre dislocation à mesure qu’on s’en
approche… Et pourtant, nous n’avons jamais eu autant besoin d’être unis.
Monsieur le premier ministre, vous l’avez dit en arrivant à Matignon :
notre vie politique nationale et son théâtre d’ombres semblent bien loin des
enjeux géopolitiques mondiaux et des menaces qui pèsent sur notre souveraineté.
Ce début d’année 2026 nous le rappelle avec force alors qu’une puissance que
l’on pensait alliée menace de s’emparer d’un territoire européen et intervient
au mépris du droit international pour imposer sa loi au-delà de ses frontières.
Aux lisières de l’Europe, depuis 2022, la Russie cherche elle aussi à imposer
sa loi en envahissant militairement l’Ukraine. Et dans ce concert désuni des
nations, la Chine n’attend plus qu’une opportunité pour s’emparer de Taïwan. Le
fragile équilibre bâti au sortir de la seconde guerre mondiale menace de voler
en éclats et d’entraîner dans son effondrement le retour à l’âge des
prédateurs. En ceci, nous ne sommes pas loin de l’état du monde de 1957. Camus,
lauréat du prix Nobel de littérature, exprimait alors cette pensée qui reste ô
combien d’actualité : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée
à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa
tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se
défasse. »
L’enjeu est encore celui-là : éviter que le monde se défasse. Ce budget
doit y contribuer, et c’est pour cela qu’il est attendu. Non parce qu’il
résoudra tous les problèmes du pays ou révolutionnera notre société, mais parce
qu’il fournit des outils indispensables au maintien de la France et de l’Europe
dans le monde, au maintien de notre armée, bien évidemment, mais aussi de notre
puissance agricole, sans laquelle nous ne sommes plus rien, et de notre tissu
économique, qui seul garantit la croissance indispensable à la préservation de
notre modèle social.
L’histoire est sévère avec les peuples qui se divisent au moment où ils
devraient s’unir. Les cités grecques, épuisées par leurs rivalités, ont
fini par livrer leur destin à Philippe II de Macédoine. Donald Trump,
Vladimir Poutine et Xi Jinping sont autant de Philippe II en puissance. La
leçon des pères de la démocratie est simple : on trouve toujours de bonnes
raisons d’exagérer ce qui nous sépare ; on découvre souvent trop tard
qu’on en avait de bien meilleures de protéger ce qui nous rassemble.
Mes chers collègues, voter ces motions de censure, ce serait ajouter de
l’instabilité à l’incertitude. Ce serait fragiliser la France quand elle doit
être forte. Ce serait refuser l’esprit de compromis que nos concitoyens
attendent. Nous ne les voterons donc pas, pour que la France ait un budget.
Brigitte Liso (députée)
> [Lutte contre le sida / Intervention à l’Assemblée]
Nous faisons face à une menace qui
dépasse nos frontières et qui met en péril des décennies de progrès dans la
lutte contre le VIH. Ces derniers mois, en effet, les coupes budgétaires
imposées par l’administration de Donald Trump dans les programmes de santé
mondiale ont fragilisé les efforts de prévention. Des millions de vies sont
mises en danger à travers le monde, car ne l’oublions pas : le sida
tue ! Le VIH se transmet toujours ! Pour preuve, deux chiffres :
selon l’OMS, il y a eu, en 2022, 630 000 morts du VIH et
1,3 million de personnes contaminées. Ces chiffres traduisent une réalité
quotidienne et rappellent que, malgré les avancées scientifiques, malgré les
traitements et malgré la prévention, la lutte contre le VIH est loin d’être
terminée.
L’Onusida nous alerte également : en l’état des politiques publiques
actuelles, il existe un risque qu’il y ait plus de 8 millions de nouvelles
infections et plus de 6 millions de décès supplémentaires d’ici 2029. Un
tel scénario serait un recul historique dans la lutte contre la maladie. Il est
inconcevable que des choix politiques compromettent la santé de nos enfants,
notre santé ; il est inconcevable que des décisions budgétaires brisent
des décennies d’efforts collectifs au service d’un combat aussi simple que
celui de la vie – et de l’amour, bien sûr.
La lutte contre le VIH ne peut pas dépendre de choix nationaux, parfois pris sans considération de leurs conséquences internationales,
car elle a une dimension mondiale. La transmission ne s’arrête pas aux frontières – c’est un truisme.
Cette proposition de résolution rappelle une chose essentielle : chaque
vie compte, et chaque recul est une menace pour nous tous. Aujourd’hui, il y va
de notre responsabilité – celle de la France, bien sûr, mais aussi celle de l’Europe –, car l’Europe ne peut pas se
contenter d’observer. Elle doit agir et affirmer son rôle en matière de santé mondiale – elle en a été tout à fait capable lors de la
pandémie de covid-19. La
France, avec l’Europe, ne laissera pas la lutte contre le VIH reculer : c’est précisément l’objet de cette
proposition de résolution européenne – un texte absolument nécessaire. Comme en
commission des affaires européennes, où elle a été adoptée, le groupe Ensemble
pour la République continuera évidemment de la soutenir.
Ne l’oublions pas : le sida tue ! Le VIH se transmet
toujours ! Hélas.
Liliana Tanguy (députée)
> [Groenland / Intervention à l’Assemblée] La proposition de résolution que nous
examinons ce soir n’est pas une simple résolution diplomatique, c’est un acte
politique fort. Elle réaffirme que l’Europe ne cède ni à l’intimidation ni à la
logique expansionniste d’une grande puissance qui bafoue le droit
international. Elle incarne la vision d’une Europe solidaire et indépendante
ayant la capacité d’agir fermement pour notre sécurité collective.
Je veux saluer ici le travail remarquable de nos deux rapporteurs, Vincent
Caure et Damien Girard, qui ont su faire entendre une voix claire, ferme,
européenne. Je souhaite également souligner l’initiative de Vincent Caure et du
président de la commission des affaires européennes, Pieyre-Alexandre Anglade,
qui se sont rendus récemment au Groenland dans le cadre d’une mission à Nuuk
pour porter un message de solidarité française et européenne.
Les déclarations du président des États-Unis suggérant ouvertement l’annexion
du Groenland ne relèvent pas de la provocation passagère. Elles traduisent une
vision du monde dans laquelle la force primerait sur le droit et où les
territoires arctiques deviendraient des pions sur un échiquier stratégique. Le
président de la République a rappelé lors de la visite récente des premiers
ministres du Groenland et du Danemark : « Le Groenland n’est ni à
vendre ni à prendre ». Il n’est pas un espace vacant à conquérir, mais un
territoire autonome européen par son histoire et son statut de pays et
territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne. Ce qui se joue au
Groenland annonce le retour brutal des tensions entre puissances dans une
région clé de l’Arctique ; nous devons nous tenir prêts.
Cette résolution est claire : nous exprimons notre solidarité totale
envers les autorités danoises et groenlandaises et appelons à l’action par la
mise à jour de la feuille de route pour l’Arctique et une coopération de
défense concertée. La France renforcera bientôt sa présence au Groenland avec
l’implantation d’un consulat le 6 février prochain. Le ministre des
affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rappelé récemment à Bruxelles que si
les intérêts essentiels de l’Union et de ses membres faisaient l’objet de
menaces, l’Europe avait la capacité de mobiliser tous les instruments à sa
disposition, y compris les plus puissants, pour y répondre.
Cette tentation du rapport de force dépasse aujourd’hui le seul champ
géopolitique en alimentant une montée des tensions dont personne ne sortira
gagnant. Face aux menaces douanières visant la France et plusieurs États
européens, nous avons su répondre d’une seule voix. En assumant collectivement
la possibilité d’activer notre instrument anticoercition, l’Europe a montré
qu’elle savait se faire respecter. Cette unité, ferme mais mesurée, a permis
d’enrayer l’escalade et de rouvrir le chemin du dialogue.
Si la situation s’apaise, la vigilance reste de mise. Les Européens doivent
continuer à faire front commun aux côtés de nos amis danois et groenlandais et
montrer, comme l’assure le président Gabriel Attal, que la France et l’Europe
affirment clairement leur autorité dans les relations internationales.
Car au-delà du cas spécifique du Groenland, c’est notre conception de l’Europe
que nous défendons. Une Europe qui ne recule pas. Une Europe forte qui protège
ses partenaires. Une Europe capable de répondre aux ambitions des puissances
autoritaires par la solidarité, par l’unité et par la puissance du droit.
Soutenir cette résolution, c’est défendre ces valeurs. L’adopter, c’est refuser
de rester spectateurs face à un monde qui se durcit.
Aujourd’hui, c’est la souveraineté d’un territoire arctique qui est en jeu.
Demain, ce pourrait être celle de n’importe lequel de nos partenaires. Ce texte
rappelle à notre allié américain que, même dans une relation d’amitié ancienne
et forte, le respect mutuel reste la base. En réponse à la pression américaine,
les dirigeants européens ont répondu dans une déclaration conjointe en
réaffirmant que le Groenland appartient à son peuple et que seuls le Danemark
et le Groenland peuvent décider de leur avenir. Cette résolution signifie à nos
partenaires que lorsque l’Europe réagit de manière unie, elle se fait respecter
avec fermeté et loyauté. Et elle leur rappelle que les principes de
souveraineté et d’intégrité territoriale ne sont pas négociables. Le groupe EPR
soutient pleinement cette proposition de résolution européenne et je vous
invite donc, avec détermination, à voter en faveur de ce texte.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> [Budget et motions de censure / Intervention à l’Assemblée] Quatre mois – certains diront même sept mois – nous séparent de la présentation du premier
projet de budget pour 2026 par François Bayrou.
C’est dire combien le
temps a pu paraître long – pour vous, pour nous,
pour les Français, les chefs d’entreprise, les responsables associatifs, les élus locaux et, bien sûr, de nombreux
responsables politiques – avant d’atteindre cet objectif essentiel : doter la France d’un budget.
L’impatience, la colère et l’incompréhension étaient réelles.
Tout, pourtant, aurait dû nous inciter à la responsabilité : la guerre à
nos portes, les alliances bouleversées, l’État de droit fragilisé, les guerres
commerciales ainsi que les dérèglements économiques et climatiques majeurs.
Malgré cela, les patients ingénieurs du chaos, dont certains sont présents dans
cette assemblée, ont cru possible de continuer à danser sur le volcan, sans
changer, sans évoluer, sans faire les pas nécessaires. Ils ont pensé que
l’impuissance et le blocage pouvaient tenir lieu de politique et rendre service
à notre pays.
Depuis le début, la conviction des Démocrates a été claire et constante. Il y
avait une exigence : disposer d’un budget pour avancer. Une seule méthode
était possible, compte tenu de la configuration de cette assemblée : le
dialogue et le compromis.
C’est le choix que nous avons fait avec vous, monsieur le premier ministre.
Pour nous, le compromis n’est ni une conquête ni une soumission. C’est un acte
de clarté devant les citoyens. C’est dire ce que l’on peut accepter, ce que
l’on ne peut pas accepter et ce qui est essentiel pour un pays.
C’est sortir de la logique du tout ou rien et rechercher un point d’équilibre
réaliste, pour la France et pour les Français.
Le compromis, ce n’est pas additionner les demandes, surtout lorsqu’elles sont
démagogiques. C’est arbitrer, hiérarchiser, construire une cohérence
d’ensemble. Disons-le clairement : un compromis ne peut jamais être
présenté comme une victoire sur l’autre. Ce n’est pas l’écrasement d’un
adversaire. Ce n’est pas un trophée brandi contre qui que ce soit. C’est un
accord dans lequel chacun reconnaît une part de ce qu’il est et une part de ce
qu’il accepte de laisser à d’autres et qu’il assume comme tel. C’est cela qui
lui donne, au fond, sa solidité politique.
Le compromis a du sens aujourd’hui dans cette assemblée fragmentée – et sans doute en
aura-t-il aussi demain, car il fonde les décisions sur l’adhésion, sur le respect des oppositions et des minorités, plutôt que sur la contrainte.
Il donne vie au pluralisme et donc à l’essence même du Parlement et de la démocratie. On ne peut pas, à l’extérieur, prôner le dialogue multilatéral et
le respect des minorités, sans appliquer ces principes au sein même de notre
système parlementaire.
Telle a été la vision des Démocrates. Nous avons cherché à faire vivre ici une
culture du compromis. Force est de constater que nous n’y sommes pas encore
pleinement arrivés, sur le fond comme sur la forme.
Toutefois, grâce à l’action du premier ministre et de son gouvernement – je pense notamment à Mmes de Montchalin et Rist ainsi
qu’à MM. Farandou et Lescure – et à la bonne volonté de plusieurs d’entre nous, nous avons
au moins appris à dialoguer et tenté de nous comprendre.
Ce fil, nous l’avions perdu. Le fait majoritaire l’avait rompu pendant des
années. Certains ont appris – ou réappris –, à gauche comme à droite, ce qu’était l’esprit de responsabilité.
C’est une bonne chose, à l’heure où tant de démagogues nourrissent la vie
politique de leurs idées – et réciproquement.
Toutefois, il reste un long chemin à parcourir. Il faut donner un cadre et une méthode, inscrire cette démarche dans la durée et montrer qu’elle n’est pas une contrainte,
mais un atout. C’est ce que font la quasi-totalité des grandes démocraties – c’est même leur fondement.
Sur le fond, et sans revendiquer de victoires, trois priorités ont guidé l’action des députés du groupe Démocrates dans ce
budget : la justice fiscale et sociale, le soutien à l’activité et la
maîtrise durable de la dépense publique.
Première priorité : la justice sociale et fiscale. Le redressement du pays
ne se fera que si nos compatriotes ont la certitude que les efforts qui leur
sont demandés sont justes.
Avec Jean-Paul Mattei, nous avons défendu des propositions visant à lutter
contre l’optimisation et la rente. Nous saluons la pérennisation de la
contribution minimale sur les hauts revenus, mais nous regrettons de ne pas
être allés au bout de la réforme de dispositifs dont chacun reconnaît qu’ils
entraînent des effets d’aubaine.
On peut refuser le matraquage fiscal – on doit même le faire –, mais on ne peut pas accepter que
certains échappent à ce point à la solidarité nationale et fassent du détricotage des dispositifs fiscaux un sport national. C’est d’abord, cela, la justice
fiscale.
Nous l’avons dit avec constance : la fiscalité doit servir le travail,
l’activité, l’entreprise et l’investissement. Aucune
surtaxe n’est indolore, mais nous devrons un jour ou l’autre revoir de fond en comble nos dispositifs
fiscaux.
La deuxième priorité est le soutien à l’activité. Nous avons par exemple porté des
initiatives sur le logement, avec les premières bases du statut du bailleur
privé, défendu par Mickaël Cosson, pour relancer la construction et remettre
des logements sur le marché.
Nous avons soutenu l’agriculture et la forêt, avec notamment Sophie Mette et
Pascal Lecamp. Ces secteurs sont stratégiques pour notre souveraineté comme
pour la transition écologique.
Enfin, nous avons défendu l’investissement dans l’avenir. La recherche et
l’innovation sont les clés de la maîtrise de notre destin collectif. Avec
Didier Padey, nous avons porté ces budgets avec constance.
S’agissant des collectivités, toutefois, nous regrettons qu’au Sénat des
efforts aient été reportés trop facilement sur les seules intercommunalités – personne n’est dupe du contexte électoral qui s’ouvre.
Les intercommunalités ne produisent peut-être pas de grands électeurs, mais
elles sont le principal levier d’action du bloc communal. Nous pourrions payer
le prix de cette mesure dès cette année.
Troisième priorité : l’efficacité de la dépense publique. Nos concitoyens
doivent avoir la certitude que l’argent public est utile, contrôlé et orienté
vers l’essentiel. En 2026, la dépense publique diminuera de 0,2 point de
PIB, soit près de 10 milliards d’euros d’économies nettes.
Nous aurions cependant souhaité aller plus loin. Notre dette est abyssale. Près
d’un tiers des efforts budgétaires de 2026 seront absorbés par la seule hausse
des intérêts de la dette. Qui peut s’en satisfaire, alors même que notre pays a
l’un des taux de prélèvements obligatoires les plus élevés au monde ?
Notre groupe sera particulièrement vigilant sur le respect de l’objectif de
déficit à 5 %. C’est une question de responsabilité envers les Français,
en particulier envers les plus jeunes.
Mais, comme vous l’avez souvent fait remarquer, monsieur le premier ministre,
le vote d’aujourd’hui ne dit pas tout. Un budget est un cadre. Ce n’est pas une
fin en soi. D’ici 2027, d’autres décisions devront être prises, car il est des
urgences qui ne peuvent attendre.
Nous devrons renforcer notre souveraineté, notamment par un chantier de
simplification, pour adapter notre modèle normatif aux réalités. Il ne s’agit
pas d’affaiblir l’État de droit, mais de donner de l’agilité à ceux qui
innovent et qui entreprennent.
Je voudrais enfin évoquer deux enjeux majeurs : la natalité et l’enfance.
Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, notre pays compte plus
de décès que de naissances.
C’est un sujet central pour l’avenir national, qui devrait préoccuper chacun de
nous.
Notre devoir, dans les mois qui nous séparent de 2027, est donc d’être utiles.
Servir les Français, c’est refuser le chaos. Nous devons être utiles aux
Français et au pays. Pour cela, le Parlement doit travailler dans un esprit de
responsabilité. Il doit refuser le cynisme, préférer l’efficacité au symbole et
assumer ses décisions devant les Français.
La responsabilité de cette assemblée, c’est d’abord de ne pas se déposséder de
sa capacité à débattre en préférant systématiquement la censure ou en
brandissant en permanence la menace.
Gouverner, comme aspirer à gouverner, suppose un dialogue transparent, pour
distinguer clairement ce que nous pouvons porter ensemble de ce qui relève du
choix démocratique de l’élection présidentielle.
La responsabilité de cette assemblée, c’est aussi d’assumer que tout ne relève
pas de la loi. Nous ne pouvons pas continuer à produire toujours plus de
normes, souvent inappliquées et jamais évaluées. Légiférer doit rester un acte
utile et concret, articulé avec le dialogue social, la contractualisation dans
les territoires et l’expérimentation.
La responsabilité de cette assemblée, c’est enfin de produire des avancées
réelles pour les Français, de préférer des textes qui changent le quotidien à
des textes purement symboliques, dont nous savons qu’ils ne font que mettre en
scène notre impuissance et alimenter, en définitive, l’antiparlementarisme et
le populisme.
En outre, il y a une responsabilité fondamentale : celle de refuser le
cynisme. Nous n’avons pas à légiférer contre la science, contre la liberté des
médias, les corps intermédiaires ou les contre-pouvoirs. L’État de droit n’est
pas un obstacle, c’est une protection. Nous avons été élus pour assumer nos
décisions devant les Français, pas pour chercher des boucs émissaires ni affaiblir
ce qui protège le plus faible et nous protège tous de l’arbitraire.
C’est ce chemin de dialogue et de responsabilité que les députés du groupe
Démocrates continueront à emprunter. Pour cette raison, nous ne voterons pas
cette motion de censure.
Anne Bergantz (députée)
> [Modèle social / Intervention à l’Assemblée] En 2025, le nombre de décès a dépassé le nombre
de naissances, une première depuis 1945 en France. Ce croisement des courbes,
qui intervient dans un contexte de bouleversement démographique planétaire,
nous interpelle collectivement, car il soulève des enjeux stratégiques pour
notre avenir.
La démographie, c'est évidemment une
question qui est au cœur de l'avenir de notre modèle social et de sa
soutenabilité. C'est la question du potentiel et de la vitalité humaine d'une
nation dans sa capacité à être plus forte face aux multiples défis et mutations.
C'est la question aussi du levier migratoire et d'une intégration plus
efficace, humaine et choisie.
Notre politique familiale est-elle à la
hauteur du défi que représente le vieillissement de la population ? Se saisir
de cette question, ce n'est pas appeler à une politique nataliste, mais
s'orienter vers une politique qui accompagne le désir d'enfant des nouvelles
familles et qui garantisse l'épanouissement des parents comme des
enfants.
Je suis fière d'avoir contribué, à une
première avancée en tant que rapporteur de la branche famille avec la création
du congé supplémentaire de naissance. Il faut continuer à réformer notre
politique familiale autour du premier enfant, du soutien aux jeunes familles
actives et de la meilleure prise en compte des familles monoparentales.
Mais il faut penser plus loin, apporter
des réponses sur les moyens de garde encore insuffisants, à la crise du
logement, aux inégalités persistantes entre hommes et femmes dans la
conciliation de la vie personnelle et professionnelle. Penser plus loin, c'est
surtout et aussi exiger un sursaut de responsabilité de la classe politique qui
doit cesser d'avoir les yeux rivés sur l'échéance électorale suivante. Dette
démocratique, éducative, sociale, écologique, financière et donc dette
démographique.
Bruno Fuchs (député)
> [Groenland / Intervention à l’Assemblée] La surenchère autour du Groenland
et du Danemark révèle un des défis existentiels de l’Europe. Dans un contexte
international profondément instable, cette résolution européenne est au cœur
des enjeux majeurs auxquels l’Europe se trouve confrontée, alors que notre
continent doit affirmer sa présence et sa souveraineté face aux pressions
extérieures et aux rivalités croissantes dans l’Arctique et l’Atlantique Nord.
Cette proposition de résolution, adoptée de manière consensuelle par la
commission des affaires étrangères le 4 juin 2025, est sur le devant de la
scène en raison de l’actualité internationale. La commission que je préside
suit ce dossier avec attention et, demain, nous tiendrons une table ronde avec
des membres éminents du parlement danois. Si le Groenland peut paraître éloigné
géographiquement, son avenir conditionne directement notre propre sécurité
collective et notre destin d’Européens.
Le texte que nous soumettons à l’approbation de notre assemblée affirme notre
soutien au Danemark et au Groenland face aux pressions impérialistes. Elle
donne aussi une nouvelle ambition à la coopération européenne en matière de
défense collective en traduisant une prise de conscience essentielle et
profonde : si les menaces contemporaines ne respectent pas les frontières
traditionnelles, seule une Europe unie et résolue pourra assurer la sécurité de
ses populations et la stabilité de notre voisinage immédiat.
Dans un contexte géopolitique marqué par la résurgence des logiques de
puissance et par des stratégies visant à diviser et à affaiblir l’unité
européenne, cette résolution envoie un signal clair. À travers elle, nous
affirmons de manière transpartisane notre volonté d’une Europe forte, capable
d’agir de manière autonome et de se faire respecter. Mais cette résolution n’a
pas qu’une importance symbolique : elle vient appuyer et légitimer les
initiatives très fortes prises par l’exécutif français au cours des dernières
semaines.
Je me réjouis que, sur l’impulsion de la France, le dialogue stratégique
bilatéral et multilatéral avec le Danemark, le Groenland et d’autres États
européens se soit intensifié. Le 28 janvier, en recevant les premiers
ministres danois et groenlandais, le président de la République a ainsi évoqué
un véritable « réveil stratégique » de l’Europe, qui consiste à
affirmer notre souveraineté et à contribuer à la sécurité de l’Arctique. Au
plus fort des tensions agitées autour de la souveraineté danoise sur le
Groenland, la France a agi avec détermination. Avec sept autres pays européens,
elle a déployé un contingent symbolique dans le cadre de l’exercice Endurance
arctique, et a réaffirmé sa disponibilité pour contribuer pleinement à la
sécurisation de la zone. Dans ce cadre, d’autres déploiements militaires sont
d’ores et déjà prévus. Enfin, la diplomatie française a pu s’appuyer sur le
consensus républicain concernant le Groenland pour promouvoir une position
européenne unifiée dans de nombreux forums internationaux. Ce faisant, l’Europe
se positionne comme un acteur crédible dans les discussions sur la sécurité
globale.
Cette proposition de résolution européenne envoie donc un signal fort. L’Europe
assume pleinement son rôle, protège ses marges, soutient ses États membres et
se prépare collectivement aux défis de demain. Pour toutes ces raisons, il est
essentiel que son adoption par notre assemblée soit la plus large possible.
Maud Petit (députée)
> [Lutte contre le sida / Intervention à l’Assemblée] Nous vivons un moment
que beaucoup n’auraient jamais imaginé connaître : l’éradication du VIH
n’est plus un rêve lointain mais un objectif à portée de main. Le Programme
commun des Nations unies sur le VIH/sida (Onusida) nous fixe un cap clair pour 2030 :
zéro nouvelle infection, zéro décès lié au sida, zéro discrimination.
Pour celles et ceux qui ont traversé les années noires, qui ont vu des proches
partir trop tôt, cet horizon a longtemps semblé irréel. Pourtant, la
perspective de tourner la page d’une épidémie qui a marqué l’histoire
contemporaine n’a jamais été aussi proche.
Depuis les années 1980, près de 92 millions de personnes ont été infectées
par le VIH et plus de 44 millions sont mortes de maladies opportunistes
liées au sida. Ces chiffres rappellent l’ampleur du combat mené.
Aujourd’hui, nous disposons d’outils puissants : les traitements
antirétroviraux, qui permettent de vivre avec le VIH, la prophylaxie
pré-exposition, dite Prep, qui empêche l’infection, et des avancées
scientifiques majeures qui ouvrent la voie à de nouvelles stratégies
thérapeutiques. Tout cela n’a été possible que grâce à une coopération
internationale solide et à des financements pérennes.
Or cette dynamique est fragilisée. Depuis le retour de Donald Trump à la
Maison-Blanche, les financements américains consacrés à la santé mondiale ont
été drastiquement réduits. Les États-Unis, qui sont pourtant le premier
contributeur historique du Fonds mondial de lutte contre le sida, la
tuberculose et le paludisme, ont mis fin au financement de l’Onusida, supprimé
la quasi-totalité du Plan d’urgence présidentiel de lutte contre le sida (le
PEPFAR) et réduit de 83 % les contrats de l’Agence des États-Unis pour le
développement international (USAID) destinés aux programmes internationaux.
Ce retrait n’est pas théorique. Ses conséquences sont déjà très
concrètes : des cliniques ferment, des campagnes de prévention
s’interrompent, des traitements n’arrivent plus à destination et des flambées
d’infection réapparaissent en Amérique latine, au Moyen-Orient ou encore en
Afrique du Nord.
Si cette trajectoire devait se poursuivre, l’Onusida estime que, d’ici à 2029,
les nouvelles infections pourraient être multipliées par six et les décès
supplémentaires par dix et que 3,4 millions d’enfants pourraient devenir
orphelins. Ce sont les populations les plus vulnérables – celles qui dépendent le plus de l’aide internationale – qui paieront le prix de
ce désengagement.
Dans ce contexte, l’Europe n’a pas le droit de rester spectatrice. La France, deuxième contributrice
mondiale, et l’Union européenne ont une responsabilité historique :
protéger les acquis, maintenir l’effort et assumer un leadership clair dans la
lutte contre le VIH.
C’est tout le sens de cette proposition de résolution européenne, qui appelle à
renforcer la contribution européenne au Fonds mondial, à maintenir et amplifier
le soutien à la recherche scientifique et à faire de la lutte contre le VIH une
priorité stratégique de l’Union.
Le groupe Les Démocrates, qui partage pleinement ces objectifs, votera pour
cette résolution, tout d’abord parce que l’Europe doit être un pilier de la
solidarité internationale, ensuite parce que nous avons la capacité – et le devoir – de préserver les progrès scientifiques et de
sauver des vies et enfin parce qu’en adoptant ce texte, nous affirmons que l’éradication du VIH d’ici à 2030 n’est pas un mirage mais
une réalité possible à condition de rester
unis, constants et déterminés.
● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> Syrie : la France ne peut trahir le peuple kurde
À Hassaké comme aux abords de Kobané, le pouvoir syrien choisit la force contre
ceux qui furent nos alliés essentiels dans la lutte contre l’État islamique.
En tant que sénatrice de la République, je refuse le silence et l’indifférence.
J’appelle le Gouvernement à défendre sans ambiguïté les droits du peuple kurde
et à assumer pleinement nos responsabilités diplomatiques et sécuritaires.
Cette exigence, je la porterai au Sénat et partout où la voix de la France doit
être entendue, avec la gravité et la fidélité que commandent nos principes.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Plaisir d’intervenir à l’événement organisé par Radan Kanev au Parlement
européen sur le populisme, Trump et notre relation transatlantique. Nous ne
vivons pas un simple épisode politique mais une onde de choc transatlantique.
Une véritable guerre culturelle qui affecte nos démocraties, nos politiques
publiques et la place de l’Europe dans le monde. Face à l’idéologie MAGA et aux
populistes européens, nous devons faire preuve de lucidité, parler le langage
de la crédibilité et renforcer notre indépendance stratégique. L’Europe n’est
pas faible. Nous disposons des atouts industriels, technologiques et
démocratiques pour défendre notre modèle : pluralisme, état de droit,
protection sociale, droits des femmes. Et ce qu’il nous faire, c’est accélérer
sur notre agenda de puissance politique. Il ne s’agit pas seulement de
constater la montée du populisme, mais de décider si nous acceptons qu’il
détermine notre avenir. Il n’y a aucune fatalité à ce que le nouveau monde soit
pire que celui d’avant.
> Jordan Bardella l’assurait encore hier matin la main sur le cœur : « Donald Trump n’a jamais été mon modèle ». Pourtant, aujourd’hui au Parlement européen, son groupe va recevoir la fine fleur des réseaux trumpistes, the Heritage Foundation en tête. Avec un objectif : abattre nos législations sur le numérique qui s’appliquent en premier lieu aux GAFAM. Le RN n’est ni pro-européen, ni même patriote. C’est le cheval de Troie des intérêts US contre ceux des Français et des Européens.
Christophe Grudler (député)
> La flambée des prix de l’énergie mine le pouvoir d’achat des Européens et
la compétitivité de notre économie. Pour Renew Europe, il ne s’agit pas
seulement d’une question de coût de la vie, mais aussi d’autonomie stratégique.
L’Europe dépense encore plus de 350 milliards d’euros par an pour importer des
énergies fossiles, un montant qui échappe à notre économie au lieu d’être
investi dans nos énergies renouvelables, nos réseaux et nos technologies
propres. Si nous voulons réellement sortir progressivement des énergies
fossiles, nous devons mettre en œuvre une politique énergétique cohérente :
rendre l’énergie propre moins chère, plus attractive et largement accessible
grâce à l’électrification, une fiscalité plus intelligente et des incitations
financières fortes pour les consommateurs. C’est ainsi que nous pourrons
réduire les factures, renforcer notre industrie et reprendre le contrôle de
notre avenir énergétique.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Attaquer une enseignante, c’est attaquer la République. L’École doit
rester un sanctuaire. J’adresse toutes mes pensées à cette enseignante, à ses
proches et à l’ensemble de nos professeurs qui font tenir la Nation debout.
> Horreur absolue à Lille. Droguer, violer, torturer un enfant de 5 ans : le visage le plus sombre de la barbarie. J'ai une pensée pour cet enfant victime de l'indicible par son propre père. Je salue le travail des équipes mobilisées pour mettre ces prédateurs hors d'état de nuire.
> S'engager d'urgence pour des villes à hauteur d'enfants Des solutions existent pour transformer nos villes : espaces publics apaisés, sécurité renforcée, place réelle donnée à la parole des enfants. C'est un enjeu profondément politique.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Les commentaires anonymes ne sont pas publiés ainsi que ceux qui seraient insultants ou qui ne concernent pas le Centre et le Centrisme.