mercredi 4 février 2026

Propos centristes. France – Budget / Enseignante poignardée par un élève / Modèle social et démographie / Agriculture / Alimentation / Ukraine / Iran / Groenland / Lutte contre le sida…


Voici une sélection, ce 4 février2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Notre agriculture traverse une période difficile pour plusieurs raisons. On s'est beaucoup battus ces derniers mois, et la ministre le rappelait tout à l'heure, et je pense que c'est aussi quelque chose à souligner, cette dermatose dont on a tant parlé, qui a fait souffrir quand même beaucoup nos éleveurs, mais qui a fait l'objet aussi d'une très grande mobilisation, et je veux remercier le service de l'État, nos vétérinaires, qui ont beaucoup vacciné. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation bien meilleure, puisqu’en France, depuis maintenant un mois, il n’y a plus de cas de dermatose.
On peut regarder l'avenir différemment, et ce, à quelques semaines du Salon de l'Agriculture, qui est un moment important pour l'agriculture française, pour tous nos compatriotes qui vont dire aussi leur attachement à notre agriculture. Et donc, on était heureux d'être là avec le président du Salon et de défendre aussi et de se mettre dans cette perspective.
Maintenant, on a des difficultés qui demeurent. On a des filières qui sont en difficulté de revenus, de manière très particulière, la viti-viniculture, les grandes cultures. Plusieurs se sont exprimées. On a des régions qui traversent des situations difficiles. Et ce n'est pas parce qu'on est ici que je ne pense pas à l'Occitanie. On a l’idée d’un territoire d'exception, mais c'est très dur en Occitanie ou dans les zones intermédiaires. Et on voit bien, on a des revenus qui stagnent, on a une concurrence internationale qui est désinhibée. La géopolitique qui nous bouscule, avec des menaces de tarifs d'un côté, des limitations de l'autre. Donc, on a un énorme défi agricole.
Au fond, ce qu’on était venu faire avec Madame la ministre, c'était écouter, répondre à plusieurs préoccupations locales. On va, avec Madame la ministre, Monsieur le préfet aussi, apporter des réponses très concrètes. Dire qu'on continue l'urgence avec la mise en œuvre de la loi d'orientation agricole, de la proposition de loi Duplomb, avec des décrets qui sortent aujourd'hui même.
Et puis, je voulais aussi dire à nos agriculteurs qu'on continue la mobilisation et qu'on va se battre dans les semaines, les mois qui viennent, autour de, au fond, 3 grands objectifs, ce que je rappelais tout à l'heure, qui sont pour moi les 3 priorités qu'on doit avoir au niveau de la France, au niveau de l'Europe et dans nos combats internationaux.
Le premier objectif, ça doit être de produire. Ce n'est pas un gros mot, de produire. Et on a besoin de tenir notre production, de produire davantage et de le faire au niveau français et européen. Produire, ça veut dire continuer de simplifier, rendre la vie plus simple à ceux qui produisent. C'est exactement l'objectif des arrêtés qui sont en cours. Ça veut dire défendre cette souveraineté agricole dont on parle. La ministre a lancé ces exercices filière par filière. Savoir nous réorganiser, parce que parfois, il faut aussi davantage transformer sur le territoire national et ça veut dire produire au niveau européen. Et donc, on a notre fameuse politique agricole commune, la PAC, qui fait l'objet de notre mobilisation. On se défend, on s'est défendu. Vous savez qu'on a amélioré déjà la copie à la fin de l'année dernière. On va non seulement se battre pour que cette PAC soit à l'euro l'euro, la même que la PAC précédente, on va se battre pour pouvoir le faire au niveau français, mais on a besoin aussi d'investir. Et ce qu'on va pousser, c'est des objectifs de production au niveau européen, filière par filière. On ne peut pas dépendre. Et ce que je disais pendant le Covid reste vrai aujourd'hui, on ne peut pas déléguer notre alimentation à d'autres.
Le deuxième pilier, ça doit être la préservation. Il y a des différences de sensibilité. On l'a vu encore autour de la table, on le sait. Mais on ne peut pas dire qu'on va produire, qu'on va installer les générations à venir. Parce que, vous le savez, on a la moitié de nos exploitants agricoles qui vont partir à la retraite d'ici 2030, si on ne préserve pas notre eau, nos sols, notre biodiversité. Et il ne faut pas opposer les deux. On a fait beaucoup de choses. L'Europe l'a fait avec le Green Deal, la France l'a fait avec beaucoup de choses. Nous, simplement, on veut les mêmes règles pour tous les Européens. Et puis, on a notre stratégie eau. Ce sera dans la loi d'urgence pour simplifier les choses, mais on doit avoir nos ressources en eau qui sont préservées et une culture qui s'adapte à celle-ci, nos agriculteurs qui ont de la visibilité. Et puis, on doit travailler tous ensemble à la préservation de nos sols.
Puis, le troisième pilier, c'est la protection. Et au fond, il faut faire avec notre agriculture exactement ce qu'on a fait ces derniers mois pour notre acier ou pour notre automobile, de la préférence européenne et de la protection. La protection, c'est très simple. Quand on a une règle qu'on impose à nos producteurs, il faut l'imposer à ceux qui viennent et dont on importe les biens. C'est pour ça qu'on s'est opposé, nous, au Mercosur, et c'est pour ça qu'on se bat pour ces fameuses clauses miroirs, et c'est pour ça qu'on se bat pour renforcer les contrôles. La protection, ce n'est pas du protectionnisme. C'est de dire, on veut simplement contrôler ce qui est importé et on veut être sûr que quand on impose des règles à nos producteurs, ce sont les mêmes.
Si on poursuit ces 3 objectifs au niveau français, européen, la production, la préservation et la protection, on a de l'avenir pour notre agriculture et on en a besoin parce qu'au fond, tout ça, c'est ce qui doit nous permettre d'être souverains. L'objectif, la vision que nous portons, c'est celle d'une souveraineté agricole. Donc, partout où on a des dépendances, savoir les corriger. Partout où on a des forces, savoir les maintenir. Voilà.

> [Mercosur] Alors, d'abord, nous, on a pesé dans un premier temps en ayant une minorité de blocage, ce qui nous a permis d'améliorer la copie de la PAC, d'améliorer la situation sur les engrais en obtenant une première baisse sur les tarifs qui étaient prévus, et en obtenant plus de contrôles, le doublement des contrôles dans les ports et les aéroports, et d'obtenir aussi cette fameuse clause de sauvegarde.
Ensuite, il y a eu une deuxième étape. Il y a eu une majorité au Parlement européen qui a décidé de saisir la Cour de justice. Ça, c'est une deuxième victoire. Et l'accord qu'il y avait entre la Présidente de la Commission et le Parlement européen, c'est du coup qu'il n'y aurait pas de mise en œuvre provisoire tant qu'il n'y aurait pas un éclairage. Je pense que les accords sont faits pour être tenus. Donc, je pense que la présidente de la Commission, elle va respecter ce qu'elle a dit au Parlement. Ce n'est plus quelque chose qui est dans la main des chefs d'État et de gouvernement ou des ministres.

> [Adoption d’un Budget] Bien sûr, je m'en félicite. Je pense que c'est le fruit d'un gros travail du Premier ministre, la ministre du Budget, ministre des Relations avec le Parlement, et puis l'ensemble des collègues qui ont défendu ce texte, et le fruit du compromis qui a été bâti pendant tous ces mois. Je pense que c'est une bonne chose pour le pays. D’abord parce que ça donne en effet un budget, ce qui va permettre d'ailleurs pour nos agriculteurs de déployer maintenant beaucoup d'aides, des fonds d'urgence et les politiques qui étaient prévues, entre autres, ce qui va nous permettre aussi d'avoir un budget pour nos armées, on est à quelques kilomètres de Luxeuil, on avait besoin aussi de continuer les investissements. Donc, c'est une bonne chose pour le pays.
Ensuite, moi, je pense aussi que c'est une bonne chose parce qu'il faut que les forces politiques qui sont présentes au Parlement apprennent à travailler ensemble différemment, et c'est ce qui s'est fait. Donc, bien sûr, je souhaite que le Premier ministre et son Gouvernement poursuivent. Il y a beaucoup de choses à faire pour le pays. On le voit, il y a des équilibres géopolitiques massifs, il y a d'énormes défis, et donc on a besoin d'avoir une France qui continue d'avancer.

> [Iran] Nous sommes évidemment très vigilants à cette situation. Nous avons des emprises militaires dans la région, vous le savez, qui sont multiples, avec nos soldats qui sont déployés, et je les remercie de cet engagement, et ils sont déployés pour la lutte contre le terrorisme, souvent dans le cadre de la coalition Inherent Resolve, et pour former aussi les armées de pays de la région qui sont nos partenaires, et être présents pour leur stabilité. Et donc, les armées françaises, partout où elles sont, évidemment, dans les situations les plus renforcées de sécurité. C'est ce que nous avons évalué avec plusieurs de nos alliés et partenaires dans les derniers jours. Et donc, nous avons pris toutes les dispositions évidemment, pour que nos soldats qui sont là-bas soient déployés dans les conditions optimales de sécurité.

> [Iran] Je ne vais pas rentrer dans la politique fiction. Je pense qu'il faut beaucoup de sérieux. On a une situation dans la région qui est extrêmement déstabilisée. J'ai eu l'occasion, moi, ces derniers jours, de beaucoup échanger et travailler sur la situation en Syrie, là aussi, pour que le cessez-le-feu qui a été décidé soit respecté et que nos intérêts de sécurité soient aussi préservés. Il y a une tension qui existe.

Je pense que la responsabilité de l'Iran aujourd'hui, c'est, d'une part, de respecter son peuple face à la révolution qui s'est encore déroulée et à la répression terrible que nous avons vue. Et donc, c'est de respecter son peuple, c'est de libérer les prisonniers politiques. Ensuite, c'est de réengager les discussions qui sont attendues d'elle sur la question nucléaire, d'une part, sur la question balistique, d'autre part, et sur la stabilité régionale, enfin, puisqu'il y a encore beaucoup de milices qui déstabilisent l'Irak, la Syrie, le Liban, entre autres.

> Je crois à la souveraineté des peuples. Et donc, c'est les peuples qui changent leur gouvernement.

> [Négociations Etats-Unis-Iran] D'abord, aujourd'hui, je ne crois pas qu'il y ait une négociation à proprement parler qui ait repris, mais nous soutenons et nous avons toujours fait partie, en particulier avec nos partenaires britanniques et allemands, des négociations sur le nucléaire et les trois sujets que je viens d'évoquer. D'ailleurs, la France a poussé, je le rappelle, en 2018, quand les États-Unis d'Amérique ont décidé de sortir du traité de JCPOA qui réglementait les questions nucléaires, nous avons tout de suite poussé pour, au contraire, que ce traité ne soit pas démantelé, parce qu'il n'y avait pas de substitut, mais pour engager une discussion plus large qui permette d'inclure les questions balistiques et les questions de stabilité régionale.

> [Discuter avec Poutine] Cela se prépare et donc il y a des discussions qui se font au niveau technique pour préparer cela. Ça se fait aussi en transparence et en concertation avec le président Zelensky et avec les principaux collègues européens. Mais je pense que d'abord nous, aujourd'hui, nous continuons de soutenir l'Ukraine qui est sous les bombes, dans le froid, avec des attaques contre les civils et contre l'énergie ukrainienne par les Russes, ce qui est intolérable, et ce qui ne manifeste pas une vraie volonté de négocier pour la paix. Donc on soutient l'Ukraine et sa population pour résister. Ensuite, on prépare les discussions le jour d'après avec le travail de la coalition des volontaires pour les garanties de sécurité. Dans ce cadre-là, il est important que les Européens, en effet, restaurent leurs propres canaux de discussion. C'est en train de se préparer d'un point de vue technique. (…)
Je pense que ce serait utile, mais je ne pense pas aujourd'hui qu'il y ait disponibilité de la Russie à conclure une paix dans les prochains jours ou les prochaines semaines.

> Production, préservation et protection. C’est ce dont l'agriculture française et européenne a besoin pour rester souveraine. C'est l'objectif que nous portons. Partout où l'on a des dépendances, il faut les corriger. Partout où l'on a des forces, il faut les maintenir.

> Immense soulagement. Tom Felix a été acquitté par la justice malaisienne. Pensées particulières pour ses parents, que j’avais rencontrés, qui n’ont jamais cessé d’y croire et qui vont maintenant être réunis avec leur fils.

> En France, on croit dans la science ! C’est pourquoi j’ai lancé le 5 mai dernier un appel clair et ouvert au monde : pour la science, choisissez la France. Très fier de voir que cet appel a trouvé un écho puissant. Une quarantaine de chercheuses et chercheurs de tout premier plan ont choisi la France. Avec France 2030, nous avons investi plus de 30 millions d’euros pour faire avancer la santé, le climat, l’intelligence artificielle ou les sciences fondamentales. La science a trouvé sa terre d’avenir.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Budget et motions de censure / Intervention à l’Assemblée] Je vous ai écoutés attentivement, comme nous l’avons fait depuis maintenant quatre mois, au terme de plus de 350 heures de débats. Cet après-midi, au moment où le cycle budgétaire touche à sa fin, cette séance révèle une déconnexion totale entre les propos tenus à la tribune et le sentiment de nos concitoyens.
Cela a été dit, nos concitoyens refusent le désordre. Ils veulent que les institutions fonctionnent. Lorsqu’ils ont élu des députés, nos concitoyens attendaient de leurs parlementaires qu’ils fassent leur travail : discuter, amender, et non pas bloquer, tout rejeter en assumant une forme de violence et de désordre permanents.
Mesdames et messieurs les députés de La France insoumise, nos concitoyens attendent de voir une démocratie parlementaire représentative qui fonctionne, qui travaille, qui avance, qui sert l’intérêt général.
Puisque le député Bonnecarrère l’a mentionné, notons également la déconnexion avec la situation internationale. Vous avez parlé du Levant. On ne peut pas s’abstenir de penser à l’Ukraine, au Moyen-Orient, et à l’ensemble des dérèglements du monde.
Manifestement, certains ont considéré que c’était le meilleur moment pour bloquer le pays et prendre en otage les discussions budgétaires !
Au fond, tout se termine comme cela avait commencé : après avoir méthodiquement tout saboté pendant quatre mois, les groupes du Rassemblement national et de La France insoumise décident de déposer systématiquement des motions de censure. Il est assez singulier de les voir regretter l’utilisation du 49.3 après avoir eux-mêmes provoqué cette situation de blocage absolument lamentable.
Vous aurez à en répondre devant l’Histoire. Si la situation n’était pas si grave, nous pourrions encore nous accommoder de ces manœuvres politiciennes ; mais malheureusement, le contexte global nous rattrape.
M. le président Fesneau est l’un des rares orateurs à avoir abordé le contenu du budget. Car la déconnexion ne s’arrête pas là : elle est aussi sidérante par rapport à la réalité de ce texte. L’avez-vous seulement lu, ce budget, tel que nous l’avons proposé à la représentation nationale dans cet engagement de responsabilité ? Pourquoi lister des arguments complètement faux, des chiffres mensongers ?
Les commentateurs et les journalistes feraient bien d’être beaucoup plus prudents. D’un côté, le Rassemblement national estime qu’il s’agit d’un budget socialiste ; de l’autre, La France insoumise y voit un budget du Rassemblement national. Cela prouve bien qu’il y a anguille sous roche. Une fois de plus, il y a mensonge et tromperie.
Certains s’émeuvent que le gouvernement ait pu engager un compromis avec le groupe socialiste sur la prime d’activité. Elle bénéficie à trois millions de Français qui travaillent dans le secteur public comme dans le secteur privé. Elle a été créée par un gouvernement de gauche, sous Lionel Jospin, a été largement revalorisée par Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin et mobilisée par Édouard Philippe lorsqu’il était premier ministre. Qui peut penser un seul instant qu’une prime qui accompagne le pouvoir d’achat de celles et ceux qui travaillent soit contraire à l’intérêt général et à l’intérêt de ces personnes ?
Comme votre cynisme ne s’arrête pas là, j’imagine que vous serez les premiers à revendiquer cette avancée sociale dans vos circonscriptions lorsque vous rencontrerez des personnes qui en bénéficient ; une fois de plus, il y a un véritable décalage entre vos discours ici et ce que vous direz demain sur le terrain.
Il en va de même pour la fiscalité. Qu’il est touchant de voir des groupes reprocher à ce budget d’augmenter les impôts alors qu’il ne les augmente pas ! Il reprend simplement des impôts, parfois imaginés –
 la droite sénatoriale ferait bien de sen souvenir – par le gouvernement de Michel Barnier lannée dernière. Et voilà que vous remettez en question la sincérité des comptes et de la copie telle que nous la présentons.
Oui, nous tiendrons l
objectif de 5 % de déficit public cette année, tout comme nous avons tenu celui de 5,4 % l’an dernier. Les mêmes, l’année dernière, disaient au gouvernement de François Bayrou qu’il mentait, qu’il n’y arriverait pas. Grâce aux actions de ces deux gouvernements, pour l’année 2025, la copie a été tenue.
Mais en matière de fiscalité, l’affaire ne s’arrête pas là. Pourquoi entretenir cette confusion, cette angoisse ? Pourquoi troubler le message de confiance dans le pays au moment où nous avons besoin que les entreprises investissent, embauchent et aient confiance dans la trajectoire que nous établissons ?
Pourquoi mentir après avoir voté des milliards d’euros d’impôts sur les entreprises avec La France insoumise ? Pourquoi venir vous racheter sur le dos de contre-vérités ?
Monsieur le député Tanguy, j’ai du respect pour vous, mais vous souhaitiez assommer les entreprises de ce pays de plusieurs dizaines de milliards d’euros d’impôts. Vrai ou faux ? Le compte rendu des débats pourra le confirmer.
Vous avez voulu diminuer de 20 % la dotation globale de fonctionnement pour les communes de ce pays, frappant brutalement les ressources des collectivités locales. Pourquoi n’assumez-vous jamais vos votes ?
C’est pour cela que cette séance est fondamentalement déconnectée ; chacun reprend ses habitudes et renoue avec ses slogans ; il y a une ambiance politicienne dans ces débats, cela sent bon la campagne des élections municipales et l’on voit déjà poindre l’ombre de la campagne présidentielle.
Tout est bon pour tromper le peuple français et pour le priver d’un budget au service de l’intérêt général. Mesdames et messieurs les députés, il est temps désormais de passer à autre chose ; il est temps que la France ait enfin un budget !

> [Santé / Intervention à l’Assemblée] L’ensemble des vingt-six structures Secpa, dans les deux composantes qui existent depuis les expérimentations post-covid de 2021, seront bien pérennisées et financées, comme nous l’avons annoncé. Je vous remercie de me donner l’occasion de le dire.
Cette initiative à destination des populations les plus défavorisées est particulièrement originale et innovante. Elle repose sur un aménagement du territoire très intéressant, qui servira de modèle pour le déploiement d’autres maisons France Santé –
 la ministre de la santé y travaille et je la remercie. Au-delà de la pérennisation des structures existantes, nous devons réfléchir à la meilleure manière de les multiplier. Elles fonctionnent bien car elles coûtent un peu dargent, cest certain : la qualité des moyens dont elles disposent garantit leur bon fonctionnement.
Je vous remercie également de votre question car elle me permet de répondre aux doutes et aux interrogations qui, nous le voyons bien, de manière perlée, émergent sur le PLFSS et sur le PLF. Je veux vous rassurer et, comme l’a fait le ministre de l’économie, rassurer votre groupe quant au fait qu’il n’y aura pas de moratoire sur les énergies renouvelables. Non seulement nous rencontrerons les représentants de la filière en fin de semaine, mais je me tiens à votre disposition, si vous le souhaitez, pour aborder la stratégie de souveraineté énergétique. Sur ce sujet, comme sur celui de l’offre de soins de proximité, nous n’avons rien à cacher.

> [Sécurité / Intervention à l’Assemblée] Les engagements pris dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur, notamment aux créations de brigades de gendarmerie. Sur les 239 brigades annoncées par le président de la République et le ministre de l’intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, quatre-vingts ont vu leurs travaux financés et lancés en 2024. Un ralentissement est intervenu en 2025, pour les raisons que l’on connaît, avec un chiffre de dix brigades. En 2026, quarante-huit nouvelles brigades seront financées. Vous m’interrogez sur la situation dans les Vosges. La gendarmerie d’Aydoilles figurait dans le millésime 2025 et celle de Saint-Maurice-sur-Moselle est prévue pour cette année. Il faudra pourvoir aux crédits de paiement pour 2027 pour que toutes les brigades annoncées soient bel et bien créées.

> [Cuba / Intervention à l’Assemblée] Je parle sous le contrôle du ministre de l’Europe et des affaires étrangères : les principes, rien que les principes, tous les principes. Notre diplomatie ne pratique pas le double standard : respect du droit international, de la souveraineté des États et des organisations internationales comme les Nations unies. La France, en tant que membre de l’Assemblée générale et membre permanent du Conseil de sécurité, s’oppose chaque année à ce blocus illégal, imposé depuis de nombreuses décennies, et dont les répercussions sur la vie du peuple cubain sont importantes.
Nous affirmons encore la primauté du droit et des principes par l’accompagnement des peuples. Cela permet, sans esprit de polémique, de rappeler que le régime cubain n’est pas celui qui prend le mieux soin de son peuple : répression policière, absence de séparation des pouvoirs, non-ratification des conventions et protocoles internationaux, notamment sur la torture.
La France a toujours secouru le peuple cubain, dans différentes circonstances, y compris climatiques, lorsque c’était nécessaire. Les forces armées présentes en Martinique ont ainsi pu acheminer du fret sanitaire ou alimentaire. Nous continuerons de répondre présents, puisque c’est en défendant ces grands principes que nous sommes audibles, entendus, cohérents et –
 je lespère – respectés à travers le monde.
Ensuite, il ne m
appartient pas de répondre à la question sur les initiatives européennes. En effet, les paroles qui peuvent donner lieu à des actes de l’administration américaine se concentrent sur différents pays, ce qui pose la question de la coordination européenne, dans le respect de la compétence des États membres, pour faire respecter les principes que je viens de rappeler.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> [Refus d’obtempérer / Intervention à l’Assemblée] Les refus d’obtempérer ont augmenté de 11 % en 2025 par rapport à 2024 et représentent 28 200 faits. Il faut s’en inquiéter, mais cela illustre aussi que nous sommes présents sur le terrain, que nous patrouillons efficacement et que nous ne laissons rien passer.
J’entends certains médias évoquer un prétendu échec de l’État. Comment pourrait-on parler d’échec alors que nous avons abandonné les instructions qui, il y a vingt ans, demandaient de ne poursuivre qu’en cas de délits et de crimes de sang ?
Désormais, nous sommes présents, fermes, et nous donnons des instructions d’autorité à nos forces de sécurité –
 cest une bonne chose.
Il peut y avoir des bless
és  et je le déplore. Jadresse tout mon soutien aux gendarmes et aux policiers engagés dans ces courses-poursuites, qui peuvent être blessés. Je me suis dailleurs rendu à Nantes il y a quarante-huit heures, au chevet dun policier grièvement blessé ce week-end alors quil prenait en chasse un véhicule. Le conducteur a brusquement fait demi-tour et percuté violemment le véhicule de police, blessant gravement trois agents.
J’y insiste, nous ne baisserons pas la garde ; nous continuerons à engager des poursuites –
 les instructions sont claires, fermes, et la main de l’État ne tremble pas.
Le garde des sceaux adresse r
égulièrement des instructions de fermeté au parquet. Lorsque la vie de policiers ou de gendarmes est mise en danger, les poursuites sont engagées avec la circonstance aggravante dinfraction contre une personne dépositaire de lautorité publique. À Nantes, le procureur a même courageusement ouvert une enquête pour tentative d’homicide.
Comptez sur la fermeté du gouvernement pour lutter contre les refus d’obtempérer.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [LMB / Intervention à l’Assemblée] Votre question me permet de rappeler les conditions extrêmement strictes imposées par l’État à l’acheteur de LMB Aerospace, une entreprise qui fut belge, américaine puis française et qui redeviendrait américaine dans le cadre de cette transaction.
Tout d’abord, vous l’avez dit, une action préférentielle a été introduite. Au passage, je me permets de corriger vos propos sur un point : en détenant une telle action, l’État dispose de plus de pouvoir –
 sans quil soit nécessaire de débourser le moindre sou – que s’il avait opté pour une participation, forcément minoritaire, de la Banque publique d’investissement. Il aura en effet un droit de regard sur toutes les évolutions stratégiques de l’entreprise.
Nous sommes allés plus loin : l’empreinte industrielle est préservée puisque les soixante-dix salariés continueront à produire des ventilateurs en Corrèze qui seront exportés, depuis ce territoire, dans le monde entier.
J’ajoute que les carnets de commande des industries de défense continueront évidemment d’être honorés –
 même si, je le reconnais, ils datent un peu – si bien que les avions ou navires disposant de ventilateurs LMB à bord pourront être entretenus.
Au-del
à de ces enjeux, votre question est importante car vous rappelez que nous navons trouvé aucun repreneur français ni européen pour cette entreprise  ce que je regrette.
Par conséquent, nous devons faire en sorte que les investisseurs français et européens investissent davantage dans des entreprises françaises et européennes, notamment dans le secteur de la défense. Nous devons réaliser l’union des marchés de capitaux. Pourquoi les véritables investisseurs publics de long terme manquent-ils cruellement en Europe ? Voilà la vraie question que nous devrons poser, notamment à l’occasion des échéances électorales à venir.
Cette réflexion me semble en tout cas bien plus pertinente que l’idée, entendue ici ou là, selon laquelle il faudrait nationaliser une entreprise qui produit des ventilateurs en Corrèze. Elle fonctionne très bien sans l’État et je suis convaincu qu’il en sera encore ainsi à l’avenir.

> [Décarbonation / Intervention à l’Assemblée] L’interruption du développement de filières industrielles qui contribuent à la décarbonation de la France n’est pas notre objectif.
Sur certains sujets, nous sommes en profond désaccord. C’est par exemple le cas du nucléaire : vous êtes contre, nous sommes pour. Sur d’autres sujets, nous devrions pouvoir nous rejoindre et celui dont vous parlez en fait partie.
Vous savez que de grands projets industriels doivent être lancés en vue de décarboner et d’accroître la souveraineté énergétique de la France dans les années qui viennent. Le nucléaire et l’éolien offshore font notamment l’objet d’énormes projets industriels. D’autres, d’ampleur moindre et plus locaux, nous permettent d’accélérer ou de ralentir l’installation de capacités en fonction de la demande, dont vous savez qu’elle n’est pas encore au rendez-vous.
En tout état de cause, il est évident que nous allons continuer à développer l’ensemble des moteurs de la décarbonation et de la souveraineté énergétique françaises, en nous assurant que les filières industrielles puissent se développer en harmonie –
 nous pouvons nous accorder sur ce point.
Le premier ministre souhaite que nous recevions ensemble les repr
ésentants des filières industrielles pour les rassurer dans les jours qui viennent. Dans la foulée, jespère que nous pourrons rassurer tout le monde quant au fait que nous allons à la fois assurer la souveraineté énergétique et industrielle de la France et continuer de la décarboner, d’une façon aussi apaisée que possible.

> [Energie / Intervention à l’Assemblée] L’objectif est de lancer les grands chantiers industriels qui assureront la souveraineté énergétique et la décarbonation de la France au cours des trente prochaines années. Je vous ai reçu, avec d’autres parlementaires, et nous avons travaillé pour que l’ensemble des groupes parlementaires soient entendus. Je le répète, le premier ministre va recevoir les représentants des filières des énergies renouvelables pour connaître également leurs attentes. Dans les jours qui viennent, nous aurons l’occasion de vous informer des objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui, j’espère, vous rassureront toutes et tous.
Oui, nous devons financer le nouveau nucléaire, lancer des appels d’offres sur l’éolien marin –
 ce sont de très gros projets industriels – et poursuivre le développement de l’éolien et du solaire terrestres en tenant compte du ralentissement de l’électrification. Mais vous lavez dit, nous devons pousser l’électrification pour augmenter la demande et, à terme, augmenter loffre. Nous allons travailler sur tous les moteurs de l’électrification – la demande, loffre – et de la production  le nucléaire, l’éolien offshore et le renouvelable terrestre –, mais aussi sur les barrages, dans le cadre de la proposition de loi que vous connaissez. Ce chantier est celui de toute une génération. Nous devons tous ensemble être à la hauteur. Je suis intimement persuadé quun tel objectif peut nous rassembler !

> [Réseaux sociaux / Intervention au Sénat]  Il y a vingt ans, les réseaux sociaux sont d'abord apparus comme des espaces de liberté et d'information nouveaux.
Je vous rejoins : aujourd'hui, les réseaux nous enferment dans des bulles, parfois nous harcèlent, nous poussent à commettre des actes irrémédiables, dont des suicides, sans oublier les enjeux démocratiques et les risques de manipulation, avérés : en Roumanie, une élection a dû être annulée à cause de l'interférence d'un réseau social chinois. Aux Pays-Bas, il y a quelques semaines, des cyberattaques ont ciblé les partis.
Nous devons agir, mais dans une logique de respect des libertés individuelles et de protection des plus fragiles.
Oui, nous voulons interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Nous ne sommes pas les seuls. Depuis que l'Assemblée nationale a adopté le texte, l'Espagne et le Portugal veulent faire de même. Nous devons agir dans un cadre européen, et nous assurer que les plateformes respectent la loi. À la fois les perquisitions et la réglementation permettent de protéger les concitoyens.
Nous continuons à agir sur les deux tableaux.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Syrie] Suite à l'escalade du début du mois de janvier, nous nous sommes mobilisés à tous les niveaux. Le Président de la République s'est impliqué personnellement. Un accord a été trouvé. Un cessez-le-feu est intervenu. Un bain de sang a été évité. Il faut maintenant que cet accord, qui à la fois préserve les droits sécuritaires et politiques des Kurdes de Syrie, qui garantit la sécurité des prisons du Nord-Est syrien et donc nos intérêts, soit bien mis en œuvre. C'est la raison pour laquelle je serai dans la région, au Proche-Orient, en fin de semaine pour, avec nos partenaires, veiller à ce que cela soit le cas.

> [Iran] Notre ambassadeur a été convoqué comme d'autres ambassadeurs européens l'ont été, à la suite des décisions qui ont été prises par l'Union européenne et que nous assumons.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Je crois qu'Il faut maintenant que la Russie renonce à ses prétentions maximalistes, parce que force est de constater que nous arrivons au quatrième anniversaire de cette " opération spéciale ", qu'elle a été un échec catastrophique pour la Russie. 1,25 millions de morts depuis le début de la guerre d'agression en Ukraine, soit un nombre supérieur à toutes les pertes russes et soviétiques depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Mille pertes humaines par jour sur le front. L'économie à l'agonie, qui pourrait entrer en récession cette année. Chaque jour qui passe, Vladimir Poutine épuise son peuple, épuise son économie et discrédite la nation russe, au risque de la faire sortir de l'histoire.

> [Iran] Les États-Unis se sont mis en situation de lancer une opération militaire sur l'Iran. Ils ont proposé en parallèle d'ouvrir une négociation avec l'Iran, qui doit s'en saisir impérativement. Nous sommes en lien avec les médiateurs régionaux, qui tentent de faciliter ces négociations, et nous les soutenons dans cet effort.

> [Groenland] La décision a été prise l'été dernier d'ouvrir un consulat à Nuuk au Groenland, pour resserrer les liens entre le Groenland et la France, mais aussi entre le Groenland et l'Union européenne. Et donc notre consul sera bien installé en cette fin de semaine. Le 6 février, il pourra commencer à travailler. Et quant au Groenland, qui est un territoire européen placé sur la protection de l'OTAN, il ne saurait faire l'objet d'aucune prétention territoriale, d'où qu'elle vienne. D'ailleurs le Premier ministre du Groenland, la Première ministre danoise, étaient la semaine dernière à Paris pour le rappeler de manière très claire : le peuple du Groenland a choisi le Danemark, l'Union européenne et l'OTAN.

> [Iran] La position de la France est claire : on n’impose pas un changement de régime de l’extérieur, mais nous exerçons une pression maximale pour que le peuple iranien reprenne les clés de son avenir. Nous avons systématiquement dénoncé ces comportements en prenant des sanctions, notamment contre les responsables iraniens impliqués dans le transfert de missiles vers la Russie et ceux de la politique d’otages d’État. (…)
Constatant l’absence de concession sur le programme nucléaire et balistique, nous avons rappliqué des embargos mondiaux sur les armes et les banques. Enfin, parce qu’il ne peut y avoir d’impunité après les crimes de masse, nous avons sanctionné 21 responsables de cette répression et soutenu l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes. C’est cette pression qui doit conduire le régime aux décisions radicales qui s’imposent.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Viser délibérément un train de voyageurs ou un bus de civils porte un nom : ce sont des crimes de guerre qui s’ajoutent aux déportations d’enfants, aux exactions et aux massacres dont le régime de Vladimir Poutine s’est rendu responsable. 
Quatre ans après le début de cette guerre, la Russie est en échec catastrophique avec plus d’un million de pertes humaines et une économie à l’agonie. 
Ce résultat est dû à la résistance héroïque du peuple ukrainien et au soutien indéfectible des Européens, qui apportent 100 % de l’aide financière et l’essentiel du soutien militaire et du renseignement.
Sur les «lignes rouges», le président de la République a fait évoluer la posture des Européens en cessant de se fixer des interdits pour préserver une ambiguïté stratégique qui complique le calcul de Vladimir Poutine. L’Europe a pris des décisions inédites, comme la coalition des volontaires réunie à Paris pour garantir la paix.

> [Israël] La République combat et combattra toujours l’antisémitisme sans relâche, car tout dans l’âme de la France le rejette. Le 7 octobre 2023 a été une blessure profonde pour le peuple juif qu’il est interdit de relativiser. Je rappelle que 50 de nos compatriotes ont perdu la vie lors de cet attentat terroriste barbare, le pire massacre antisémite depuis la Shoah.
Mais dénoncer les violations du droit international par le gouvernement israélien n’est pas une offense aux Juifs de France. 
Nous agissons pour faire évoluer une politique dans l’intérêt même d’Israël. Avec nos partenaires, nous appelons à l’exclusion définitive et au désarmement du Hamas, à la reconnaissance du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à une intégration régionale permettant à l’État d’Israël et à un État de Palestine démocratique de vivre côte à côte, en paix et en sécurité.

> La France plaide depuis dix ans pour que l’Europe assure sa propre sécurité. Si le chemin est encore long, les progrès sont réels : les budgets ont considérablement augmenté et trente pays viennent de s’engager à Paris pour garantir ensemble la paix en Ukraine. Au niveau national, nous avons doublé nos dépenses militaires pour ne pas être livrés aux appétits prédateurs des empires.
Il faut désormais aller plus loin pour assurer l’indépendance européenne et la standardisation de nos équipements. Pour répondre à ceux qui continuent de s’approvisionner aux États-Unis, nous avons réussi une avancée majeure : intégrer la préférence européenne dans nos financements. Désormais, seuls les projets produits au moins aux deux tiers en Europe seront soutenus. C’est ce nouveau cadre qui nous permettra de bâtir une véritable base industrielle souveraine au sein même de l’OTAN.

> C’est très simple : pour ne pas avoir à se battre, il faut être fort. C’est si vous êtes faible, si vous apparaissez comme faible, que vous devenez une proie. 

Avec la brutalisation du monde, le réarmement massif de la Russie, la consolidation de réseaux terroristes et le risque de prolifération nucléaire dont le régime iranien et la Corée du Nord sont des acteurs majeurs, nous n’avons pas d’autre choix que de nous réarmer pour dissuader toute menace et préserver les conditions de la paix.

> La priorité est de faire converger les Européens autour de projets communs s’appuyant à la fois sur les grands industriels et sur l’écosystème très vibrant que l’on trouve ici à Toulouse, avec ses start-up et ses entreprises innovantes. C’est tout l’enjeu du sommet international sur l’espace et du sommet franco-italien que Toulouse accueillera en 2026. Ce sera l’occasion de rappeler qu’en matière spatiale, il ne peut y avoir d’aventure individuelle : c’est contre-productif face à la volonté de domination de la Chine et des États-Unis.
Nous avons posé les fondations de notre souveraineté spatiale avec des projets de coopération européens. Cette autonomie n’est pas contradictoire avec des partenariats stratégiques avec des pays comme l’Inde, pour bâtir des coalitions utiles à notre indépendance.

> [Mercosur] La souveraineté alimentaire est une clé de notre indépendance à laquelle la France ne renoncera jamais. C’est pourquoi nous nous sommes opposés à l’accord du Mercosur tel qu’il était rédigé, tout en arrachant une clause de sauvegarde permettant de suspendre l’accord en cas de variations de prix ou de volume de plus de 5 %.
Au niveau national, le Premier ministre a interdit l’entrée de produits traités avec des pesticides interdits en France. Aucun produit ne doit entrer sur le marché unique s’il a été produit avec des normes différentes des nôtres.
Nous gagnerions à réorienter les contrôles de l’intérieur vers l’extérieur pour redonner de l’oxygène et de la liberté aux producteurs et affecter nos capacités à la préservation de l’intégrité du marché unique.

> Pour redonner de la vitalité à notre démocratie, il faut rendre le pouvoir aux citoyens et lever les carcans de normes qui dépossèdent les viticulteurs et entrepreneurs de leur liberté d’agir. 

> L’enjeu est de trouver des partenaires fiables qui n’appliquent pas des droits de douane insensés du jour au lendemain. C’est tout l’objectif de l’accord en cours de négociation avec l’Inde : ouvrir de nouveaux débouchés pour nos vins et spiritueux sans pour autant fragiliser d’autres filières, comme le bœuf ou le sucre, qui pouvaient l’être avec le Mercosur.

> Avec les États-Unis, nous sommes alliés mais pas alignés. Nous sommes alliés avec la nation américaine et non avec la personne de Donald Trump elle-même. Le grand défi du siècle réside dans le conflit possible entre les États-Unis et la Chine. Dans ce contexte, l’attitude de l’Europe peut tout changer. Si l’Europe décide d’être indépendante, elle peut entraîner derrière elle la plupart des pays du monde qui refusent d’être vassalisés par l’une ou l’autre de ces puissances. Cela impose de renforcer notre autonomie stratégique et de bâtir des partenariats respectueux de la souveraineté avec l’Asie du Sud-Est, l’Amérique latine ou l’Afrique, où la volonté de rester libre est forte.

> Je distingue la loi du plus fort qui régit les relations internationales de la question démocratique. Si la France se prépare à un monde plus dur en se réarmant, elle ne peut s’y résoudre et continuera de défendre les principes de l’intégrité territoriale et du droit des peuples.
Concernant la démocratie, elle est effectivement fragilisée par une forme de lassitude, mais aussi par les ingérences de régimes autoritaires. On l’a vu récemment en Roumanie où une élection manipulée a dû être annulée puis rejouée. Cette fragilité est accentuée par le déplacement du débat public sur des réseaux sociaux régis par des milliardaires peu soucieux du bon fonctionnement démocratique. Notre démocratie doit se réinventer pour apporter des réponses aux préoccupations des Français. Si nous ne le faisons pas, alors oui, nous risquons de voir émerger des forces politiques qui lui tourneront le dos.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Modèle social / Intervention à l’Assemblée] Votre question met en lumière le principal enjeu pour notre modèle social au cours des prochaines années : la démographie, et notre transition démographique.
Vous l’avez dit, les courbes se sont croisées du fait d’une chute de la natalité. Plus d’un quart des Français auront plus de 65 ans en 2040. Nous vivons plus longtemps –
 souvent sans limitation – grâce aux progrès médicaux et à notre système de santé.
Le cong
é supplémentaire de naissance sera effectif dès le 1er juillet 2026 pour tous les enfants nés à partir du 1er janvier. Je travaille avec l’ensemble des ministères concernés pour que les consultations sur tous les décrets interviennent en mars et qu’ils soient signés au plus tard fin mai.
Renforcer le pouvoir d’agir de nos concitoyens dans leurs choix, c’est aussi l’approche que j’ai retenue pour le lancement, demain, des travaux pour élaborer un plan d’action sur les enjeux de fertilité et de périnatalité.
Je lancerai également demain, avec des parlementaires, le comité de pilotage infertilité pour officialiser le lancement de mesures très concrètes, que je présenterai en détail.
À la demande de plusieurs d’entre vous, j’ai décidé de réunir infertilité et périnatalité afin de couvrir l’ensemble des parcours des parents et futurs parents –
 avant la grossesse, pendant la grossesse et durant les premiers mois de lenfant.
La transition d
émographique est notre priorité. Cest un enjeu collectif, social et que nous devons financer pour les années à venir.

> [Alimentation / Intervention à l’Assemblée] L’alimentation est un enjeu central de prévention en santé, de justice sociale et de souveraineté alimentaire. Les constats sont clairs : en France, près d’un adulte sur deux est en situation de surpoids ou d’obésité, avec des inégalités sociales et territoriales marquées.
La progression de l’obésité infantile et l’apparition précoce de pathologies chroniques appellent une réponse publique structurée et durable. Telle est précisément l’ambition de la future stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, articulée avec le prochain programme national nutrition santé qui fixera un cap à horizon 2030.
Je porte une attention particulière à plusieurs leviers concrets : la promotion du nutri-score, la réduction effective de l’exposition des enfants aux publicités pour des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés ou encore l’amélioration de la qualité nutritionnelle des produits, notamment grâce aux accords collectifs.
En outre, les travaux scientifiques de recherche relatifs à la caractérisation des produits ultratransformés –
 qui recouvrent des réalités très hétérogènes – vont se poursuivre.
Par ailleurs, le premier ministre vient de confier au d
éputé Cyrille Isaac-Sibille une mission sur les enjeux de prévention primaire qui viendra encore enrichir les travaux relatifs à la prévention en santé.
J’en viens enfin au calendrier. Le gouvernement a fait le choix d’un décalage afin d’intégrer pleinement les annonces récentes du premier ministre sur la commande publique, notamment la priorité donnée à la consommation de produits issus de l’Union européenne. Vous l’avez dit, nous devons être au rendez-vous de la santé publique et de la justice sociale mais aussi de la souveraineté française et européenne.

 

Amélie de Montchalin (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> Prendre ses responsabilités, ce n’est pas commenter après coup, c’est agir quand le pays en a besoin. Nous avons fait le choix de donner un budget à la France : déficit à 5 %, effort partagé pour moitié en économies, stabilité fiscale pour les ménages et les entreprises, et cap clair vers 3 % en 2029. La stabilité plutôt que l’aventure. La vérité plutôt que les mensonges.

> Le RN et LFI ont créé depuis 15 jours une forme de fake news, de réalité alternative pour faire peur aux Français.

> Un jour, il faut qu'on soit à 3 % de déficit ou moins. Ce jour doit être au plus tard 2029. Aujourd'hui, nous faisons 0,4 point de réductions quand nous n'avons ni majorité, ni consensus.

> C'est un budget pour avoir de la stabilité. (...) J'assume de dire : ce budget n'est pas celui que nous avons proposé.

> Il y a eu un budget de la sécurité sociale, très protecteur pour les retraités. (...) Est-ce que je défends le budget ? D'abord, je défends qu'il y a eu compromis.

 

Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative)
> [Jeux olympiques d’hiver de 2030 / Intervention à l’Assemblée] Je suis heureuse d’être avec vous aujourd’hui, pour examiner les conclusions de la CMP sur le projet de loi relative à l’organisation des Jeux olympique et paralympique (JOP) 2030, qui auront lieu dans les Alpes françaises.
La France s’est vu attribuer l’organisation des vingt-sixièmes Jeux olympiques et paralympiques d’hiver par le Comité international olympique (CIO) le 24 juillet 2024. Cette attribution est le fruit d’une collaboration entre l’État, les régions Sud –
 Provence-Alpes-Côte dAzur – et Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et le Comité paralympique et sportif français (CPSF).
Depuis, nous avons parcouru du chemin : le 20 octobre 2025, le conseil d’administration du Cojop a adopté son budget à l’unanimité. Celui-ci s’élève à 2,132 milliards d’euros, en cohérence avec l’évaluation initiale et conformément à notre objectif de sobriété budgétaire. Le 26 novembre 2025, le Cojop et la Solideo ont également signé avec les organisations syndicales et patronales la charte sociale, économique et environnementale des Jeux olympiques et paralympiques des Alpes françaises 2030. Cette charte exprime une volonté collective d’exemplarité, tant sur le plan social et économique que sur le plan environnemental, en intégrant pleinement les enjeux propres aux territoires alpins. Dans cette optique, mon collègue Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, et moi-même avons présidé, le 19 janvier dernier, la première réunion du comité stratégique qui doit établir la feuille de route environnementale des Jeux pour l’État. Enfin, le 28 janvier 2026, la Solideo a adopté sa maquette financière, à hauteur de 1,4 milliard d’euros. Elle repose sur un financement équilibré, partagé et soutenable, strictement limité aux besoins nécessaires à l’organisation des Jeux et à la construction de leur héritage.
Nous devons collectivement mesurer la chance exceptionnelle que nous avons d’organiser des Jeux olympiques d’hiver six ans seulement après ceux de Paris. Ces Jeux se tiendront du 1er au 17 février 2030 pour la période olympique et du 1er au 10 mars 2030 pour la période paralympique. À cette occasion, nous aurons le plaisir d’accueillir plus de 3 200 athlètes –
 2 700 olympiens et près de 600 paralympiens – et 2 millions de billets seront mis en vente. À ce jour, une vingtaine de collectivités locales françaises sont engagées dans lorganisation de ce magnifique projet.
À la veille de louverture des Jeux de Milano-Cortina, ce texte est la meilleure façon de se projeter vers 2030. Réussir lorganisation dun tel événement repose sur notre capacité à nous doter d’un arsenal législatif fournissant à chacun les moyens de remplir ses missions dans les meilleures conditions. C’est précisément l’objet de ce projet de loi, boîte à outils – pourrions-nous dire trivialement – essentielle à la bonne livraison des Jeux. Le texte sappuie sur lexpérience acquise : nous y reprenons les dispositions des lois olympiques et paralympiques de 2018 et de 2023 qui se sont avérées efficaces. À cette occasion, nous renforçons ou améliorons certains dispositifs et nous en adaptons d’autres aux particularités des zones de montagne. Enfin nous proposons de nouvelles mesures utiles au regard du retour d’expérience des Jeux de Paris 2024.
À l’issue de la CMP, le texte compte désormais quarante-neuf articles, répartis en six titres.
Le titre Ier regroupe les dispositions relatives à la livraison des Jeux, en particulier celles destinées à respecter les stipulations du contrat hôte olympique conclu entre les régions, le CNOSF et le Comité international olympique. Ces mesures permettent d’attribuer au Cojop la qualité d’organisateur de compétitions sportives et de lui transférer des droits de propriété intellectuelle détenus par le CNOSF. Plusieurs mesures garantissent les droits des partenaires, y compris en matière de publicité. N’oublions pas, en effet, que 75 % du budget du Comité d’organisation provient de ressources privées. Ces mesures sont donc indispensables pour qu’il puisse commencer à nouer les partenariats qui nous permettront de tenir les exigences budgétaires fixées.
En matière d’exigences budgétaires, je me félicite que nous ayons pu réintroduire, à l’Assemblée nationale, le principe d’une garantie conjointe de l’État et des régions Paca et Aura, grâce aux discussions constructives et apaisées que nous avons eues avec ces régions. La possibilité d’accorder une garantie telle que celle qui est prévue dans ce texte trouve sa déclinaison concrète à l’article 60 de la loi de finances pour 2026. Nous avons avancé main dans la main avec les régions lors de la candidature et nous le ferons tout au long de la mise en œuvre de ce projet.
Le titre II du projet de loi comporte des dispositions visant à établir un cadre éthique et un contrôle strict, qui sera assuré par l’Agence française anticorruption (AFA) et par la Cour des comptes. Il étend également les compétences de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et prévoit d’associer les parlementaires au comité d’éthique et au comité des rémunérations du Cojop. Ces mesures reprennent les dispositifs déployés lors des JOP de Paris 2024.
Je me réjouis que les débats aient permis d’enrichir ce titre. Je pense notamment à l’amendement défendu par le rapporteur Proença, qui vise à obtenir un rapport quant à l’utilisation d’un éventuel boni des Jeux, aspect que la commission mixte paritaire a choisi d’inclure dans le rapport que remettra la Cour des comptes et dont il est sain, à mes yeux, que nous puissions discuter.
À l’Assemblée nationale, vous avez adopté un amendement du député Rolland visant à inclure les athlètes atteints d’un handicap mental lors des compétitions paralympiques. Vous connaissez mon engagement sur ce sujet : alors que j’étais députée, j’ai signé une tribune appelant à nous fixer un tel objectif. Néanmoins, comme vous le savez, il n’appartient pas à la loi relative à l’organisation des Jeux de définir les épreuves qui composent le programme olympique et paralympique. Aussi la rédaction retenue en CMP, qui porte la voix de la France sur ce sujet, se contente-t-elle d’encourager la participation des athlètes présentant un handicap mental. Voilà un message fort, que nous envoyons collectivement !
Une troisième série de dispositions, consistant en mesures de simplification en matière d’urbanisme, vise à faciliter la réalisation d’infrastructures comme cela a été fait pour Paris 2024. L’article 17 permet ainsi d’octroyer des permis de construire, dits à double état, pour les villages olympiques et paralympiques, afin que la seconde vie de ces infrastructures, qui sera tout autre que l’accueil des athlètes, ne nécessite pas l’obtention d’un second permis.
Inspirées de la réussite de Paris 2024, ces dispositions tiennent également compte des spécificités des territoires de montagne. Ainsi l’article 20 prévoit-il une expérimentation visant à accélérer la rénovation énergétique des immeubles collectifs en copropriété, afin de lutter contre le phénomène de « lits froids », sujet crucial dans nos territoires de montagne. Dans cet article, le gouvernement a tenu à étendre la portée de cette mesure à l’ensemble du massif des Alpes. En effet, je suis très attachée au fait que ces Jeux rayonnent au-delà de seuls départements qui accueilleront des épreuves. Il s’agit là d’une mesure forte en matière d’héritage.
Les débats parlementaires auront permis d’enrichir et d’équilibrer le titre III. Je pense notamment à l’article 18  bis. La rédaction initiale de cet article introduit au Sénat prévoyait que l’artificialisation liée aux JOP de 2030 ne serait pas prise en compte dans la trajectoire zéro artificialisation nette (ZAN). L’Assemblée nationale avait décidé de supprimer cet article. La CMP a, quant à elle, permis de dégager un consensus : l’artificialisation liée aux JOP Alpes 2030 –
 environ 20 hectares – sera bien décomptée, mais au niveau national. Cela permettra de concilier les exigences environnementales et les spécificités locales.
Par ailleurs, je sais quel attachement a été manifesté, à juste titre, au fait que chacun puisse être parfaitement informé des projets liés à l’organisation des jeux, dès lors qu’ils affecteront son quotidien. C’est pourquoi j’ai déposé au nom du gouvernement un amendement tendant à imposer au Cojop l’organisation d’au moins une réunion publique physique par bassin de vie accueillant des épreuves ou un site olympique, afin d’informer les résidents sur la préparation, l’organisation et le déroulement des Jeux. En outre, le public pourra participer à l’élaboration de tout projet ou à l’aménagement de tout périmètre fonctionnel lié à la préparation et à l’organisation de ces Jeux qui serait susceptible d’avoir des incidences notables sur l’environnement. Cette participation s’effectuera par le biais d’une procédure de participation du public par voie électronique (PPVE), largement ouverte et placée sous le regard de garants nommés par la Commission nationale du débat public (CNDP), conformément aux normes européennes et internationales.
Quant à l’impact environnemental global des Jeux, en introduisant l’article 3  bis, le Parlement a voulu qu’il fasse l’objet d’une estimation dans le cadre d’une procédure spécialement prévue à cet effet.
Une quatrième série de dispositions concerne les règles relatives à la santé et au travail. Elles portent notamment sur les polycliniques olympiques et paralympiques.
Le titre V regroupe des dispositions visant à faire en sorte que les Jeux d’hiver de 2030 soient organisés dans de bonnes conditions de sécurité au regard des enseignements tirés de ceux de Paris 2024. Le texte reprend les mesures qui ont fonctionné, tout en levant des freins qui ont pu être identifiés lors de la dernière olympiade. Il introduit également des mesures qui répondent aux difficultés rencontrées lors de ces Jeux. Il prévoit par exemple un article qui autorise les agents de sécurité privés à inspecter visuellement les coffres de voiture, ce qui nous permettra de gagner en fluidité opérationnelle en mobilisant les forces de l’ordre de façon mieux ciblée. Je me félicite de l’ensemble des mesures prévues dans ce titre : le travail des rapporteurs, notamment celui de Mme Véronique Riotton, nous a permis de répondre de manière proportionnée aux enjeux de l’organisation de grands événements sportifs.
Enfin, le texte pérennise dans le titre VI certaines mesures héritées des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.
Le texte issu des travaux de la CMP est donc équilibré : il reprend des dispositifs ayant fait leurs preuves et introduit des mesures complémentaires pour les adapter au milieu montagnard, tout en tirant les leçons de Paris 2024. Enfin, je salue notre travail apaisé et conduit dans un esprit de compromis. Finalement, nous avons retrouvé dans nos débats un peu de l’esprit olympique.
Le 15 mars 2026, lorsque la flamme olympique s’éteindra à Cortina à l’issue des Jeux paralympiques de Milan-Cortina, le monde se tournera vers nous et regardera vers les Alpes françaises –
 les Alpes-Maritimes, les Hautes-Alpes, la Haute-Savoie et la Savoie, à laquelle je suis si attachée. Cest en réalité toute la montagne française et toute la France que le monde regardera, partagé entre la nostalgie de Paris 2024 et l’impatience de découvrir ce que les Alpes françaises 2030 nous réserveront. Or c’est, chaque fois, lorsque le monde nous regarde que nous donnons le meilleur de nous-mêmes et que nous faisons nation.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Face aux plateformes américaines ou chinoises, il faut de la puissance : réaffirmer nos libertés publiques, les protéger et protéger nos enfants. C'est exactement ce que fait la France.

> Combattre l'antisémitisme, c'est combattre l'islamisme, c'est combattre le LFIsme. LFI, c'est un poison pour la République et une maladie qui gangrène la gauche. 

> Face aux prédateurs russes, chinois, américains : il faut de la puissance, pas de la soumission. Qui suppliait pour être invité à l'investiture de Trump si ce n'est le RN et Reconquête ? Quel est ce sens du patriotisme qui accepte de se coucher devant les puissants ?

> Personne n'aurait fait ce budget en majorité absolue. Mais personne justement n'a de majorité ! Désormais le budget est derrière nous. Il était temps. La stabilité était attendue. On va pouvoir revenir à l'essentiel. 

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur)
> [Sécurité / Intervention à l’Assemblée] Non : nous ne sommes pas dans la « France Orange mécanique » et notre pays n’est pas devenu un coupe-gorge à ciel ouvert !
Alors que nous recevons près de 100 millions de touristes par an, il faut prendre garde à la manière dont certains ici présentent notre pays.
C’est un enjeu économique et d’image vital. Les résultats sont là. Les atteintes aux biens baissent nettement : nous constatons une diminution de 9 % des vols de véhicule, un recul des cambriolages et des vols dans les transports ainsi qu’une baisse de 7 % des vols à main armée.
Ces chiffres ne tombent pas du ciel : ils sont le fruit d’une présence accrue des forces de l’ordre, d’un renforcement des contrôles et d’une plus grande fermeté des réponses pénales. Face au trafic de drogue, la pression s’intensifie : plus de 56 000 trafiquants ont été mis en cause, des saisies massives ont été réalisées et l’action contre les réseaux ne s’interrompt pas. Comme l’ont demandé le président de la République et le premier ministre, nous frappons les organisations criminelles là où ça fait mal !
Enfin, les règlements de compte liés aux stupéfiants montrent à quel point la lutte contre le narcotrafic est une bataille que nous devons collectivement mener, hors des invectives et des jeux politiciens. Au nom du gouvernement et du ministre de l’intérieur, je tiens à apporter, comme nous le faisons chaque jour, tout notre soutien aux forces de sécurité intérieure, qui font un travail formidable pour garantir la sécurité des Françaises et des Français et lutter contre tous les trafiquants.

> [Vol dans les commerces / Intervention à l’Assemblée] Nos commerces de proximité, cœur battant de nos villes et villages, font face à une menace croissante : vols à l’étalage, cambriolages, agressions. En France, 82 % des commerçants déclarent avoir été victimes de vol en 2024 – une hausse de 15 % en un an, soit plus de 42 000 faits recensés par nos services. Derrière ces chiffres, il y a des boulangers, des pharmaciens ou encore des bijoutiers dont la viabilité même du commerce est menacée par ces actes. Le gouvernement est pleinement conscient de cette réalité et de ses conséquences : sécuriser nos commerçants est à la fois une nécessité et un devoir.
Aujourd’hui, les technologies numériques offrent de nouvelles perspectives pour lutter contre de telles atteintes. M. le rapporteur l’a bien compris en déposant sa proposition de loi. Son objectif est clair : autoriser, dans des conditions strictes, l’usage de technologies d’analyse automatique des images au sein des magasins de vente afin de garantir la sécurité des biens et des personnes.
Concrètement, il s’agit de permettre aux commerçants d’utiliser l’intelligence artificielle pour analyser en temps réel les images de vidéoprotection de leurs boutiques. Une caméra intelligente pourrait détecter, par exemple, les gestes suspects d’un voleur à l’étalage et alerter immédiatement le commerçant, sur le modèle de l’expérience lancée lors des Jeux olympiques de 2024 en matière de sécurité des foules.
Le gouvernement salue l’esprit d’initiative de cette proposition qui rejoint sa priorité : mobiliser la technologie pour mieux protéger nos concitoyens. Il appelle l’Assemblée à légiférer avec la main tremblante, tant cet enjeu doit nous questionner et nécessite des assurances fortes en matière de sécurité juridique, de protection et même de souveraineté des données, de protection des libertés individuelles et de proportionnalité des moyens mobilisés.
Bien sûr, le recours à l’intelligence artificielle pour surveiller nos magasins suscite des interrogations légitimes. La Commission nationale de l’informatique et des libertés a souligné que ces dispositifs d’analyse vidéo changeaient la nature même de la vidéoprotection classique et posaient de nouvelles questions éthiques et juridiques. Nous devons donc avancer avec précaution.
Je veux rassurer tant les défenseurs des libertés publiques que les commerçants eux-mêmes : la proposition de loi de Paul Midy intègre des garde-fous, a fortiori après son passage en commission qui s’est révélé utile puisque, désormais, le texte ne prévoit plus d’introduire un nouvel article au code de la sécurité intérieure, mais de lancer une expérimentation –
 une solution qui apparaît mieux proportionnée.
J
appelle votre attention sur un point particulier de notre débat. La vidéosurveillance algorithmique, vous le savez, comporte des enjeux sensibles en matière de libertés publiques. Le gouvernement partage lobjectif de mieux sécuriser nos villes. Il considère qu’une telle évolution doit impérativement se traduire dans le cadre d’un projet de loi dans la mesure où il y va de la sécurité juridique de nos dispositifs.
Récemment, le Conseil constitutionnel a censuré la prolongation d’un dispositif de vidéosurveillance algorithmique qui avait été introduite, sans lien direct, dans un texte relatif aux transports. Dans sa décision, le Conseil l’a rappelé fermement : notre État de droit exige que ce type de mesure soit examiné dans un cadre législatif cohérent, juridiquement sécurisé, transparent et robuste sur le plan constitutionnel.
Nous devons donc préparer en amont le terrain juridique, consulter les instances compétentes, en particulier la Cnil et le Conseil d’État, et nous assurer du respect des principes de nécessité et de proportionnalité avant de déployer ce type d’outil pour surveiller la voie publique.
Ainsi, s’agissant de la question du droit d’opposition, soulevée lors de l’examen en commission, nous devons progresser sur une ligne de crête. Plutôt que de garantir un droit d’opposition effectif, le Conseil d’État considère que la protection des libertés doit reposer sur un encadrement normatif strict précisant des finalités limitativement énumérées, une interdiction de l’identification biométrique, une interdiction de la reconnaissance faciale, une durée limitée de conservation et une expérimentation temporaire, comme c’était le cas lors des JO de 2024.
Ces enjeux, vous le voyez, sont particulièrement importants et nécessitent d’être abordés avec acuité, prudence et délicatesse.
Je vous rappelle que dans sa décision du 17 mai 2023 relative notamment au traitement algorithmique des images collectées au moyen de la vidéoprotection lors des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, le Conseil constitutionnel a estimé qu’en réservant l’usage de ce traitement à des fins de sécurité des personnes –
 donc en excluant explicitement la prévention des atteintes aux biens –, le législateur avait sécurisé le texte sur le plan juridique. Le risque constitutionnel est donc écarté.
Ce texte apporte une réponse à un problème concret, dont nos commerçants pâtissent quotidiennement. Il envoie un message clair : nous ne laisserons pas nos petits commerces seuls face à la délinquance. Le gouvernement accueille donc favorablement cette initiative, qui peut constituer le préalable nécessaire à la poursuite du débat. Des travaux ont déjà eu lieu, notamment lors de l’examen des textes relatifs aux Jeux olympiques et paralympiques.
Nous estimons néanmoins que c’est dans le champ régalien que ces développements doivent intervenir en priorité, pour prévenir des actes terroristes ou lorsque pèse un risque d’atteinte grave à la sécurité des personnes. Nous entendons veiller, à vos côtés, à ce que le déploiement de ces nouvelles technologies se fasse dans le strict respect de nos valeurs républicaines. Il y va de la confiance des citoyens dans la loi.
En adoptant cette démarche équilibrée, nous ferons preuve de fermeté vis-à-vis des actes délictueux en même temps que d’une exigence absolue dans la préservation des libertés publiques.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> [Emploi des jeunes / Intervention à l’Assemblée]

Je suis bien sûr un fervent défenseur des travailleurs en général et de la jeunesse en particulier. Ne confondez pas les propositions formulées dans le cadre du dialogue social autonome, directement par le Medef, et la position du gouvernement, qui ne les cautionne pas. Les pistes qui ont été formulées ne sont absolument pas reprises par le gouvernement. Je le dis clairement : ces propositions ne font pas partie de l’agenda du gouvernement.
La jeunesse est évidemment un sujet important. Nous travaillons pour qu’elle puisse entrer sur le marché du travail plus rapidement. Dans le même sens, nous voulons favoriser l’emploi des seniors. Dans le budget 2026, nous avons d’ailleurs réussi à conserver l’essentiel des ressources consacrées à la jeunesse : je pense à l’apprentissage et au contrat d’engagement jeune, déployés par France Travail et par les missions locales. On peut dire que ce gouvernement mobilise tous les moyens possibles pour donner un avenir à nos jeunes.
Enfin, vous avez évoqué le dialogue social, un sujet qui m’est cher. Vous savez que nous avons parcouru un grand chemin dans ce domaine. Le dialogue social, nous le pratiquons, et je suis très fier d’avoir réussi à convaincre les partenaires sociaux de se remettre autour de la table pour parler de l’emploi, du travail et des retraites dans le cadre d’une conférence sociale qui progresse et qui pourrait produire des analyses percutantes, dont pourront s’emparer les partenaires sociaux. Un atelier sera consacré spécifiquement à la jeunesse. En outre, dans un souci de convergence et d’apaisement, nous avons orienté les discussions sur l’assurance chômage sur le seul sujet des ruptures conventionnelles. Cela démontre, il me semble, que le dialogue social est pratiqué et encouragé par le gouvernement. Nous nous occupons de la situation des jeunes avec beaucoup d’intensité et de détermination.

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> [Laits bébés contaminés / Intervention au Sénat] Ma collègue ministre de la santé et moi-même avons une préoccupation impérieuse : la sécurité des enfants.
Les obligations de sécurité incombent d'abord aux industriels, sous la forme d'autocontrôles. Quand un produit est défaillant, il y a un retrait. C'est ce qu'a fait Nestlé le 10 décembre, quand il a identifié un produit dangereux. L'État, quant à lui, doit s'assurer de la diligence des entreprises et que les produits sont effectivement retirés de la vente.
La France, en avance sur l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), a baissé le seuil de tolérance de cette huile arachidonique : nous avons fait jouer à plein le principe de précaution.
Nous faisons face à une alerte sanitaire internationale. Nous travaillons en continu avec l'Union européenne pour nous assurer que toutes les règles sont homogènes et strictement respectées : il y va de la sécurité des nourrissons.
Vous avez eu l'honnêteté de préciser qu'il n'y a pas de lien de causalité connu entre la mort de ces deux malheureux enfants et la consommation de lait infantile. Les onze enfants hospitalisés sont rentrés chez eux et ne subissent pas de désordre particulier.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Professeure poignardée par un élève] Une professeure a été victime d’une tentative d’assassinat par l’un de ses élèves. Ce drame plonge toute l’Éducation nationale dans la stupeur et la douleur. J'ai rencontré ce soir l'équipe de direction, les élus et les services de police et de secours, et serai demain matin aux côtés de l'équipe éducative.
Un soutien psychologique a été déployé et sera maintenu aussi longtemps que nécessaire. Je salue le sang-froid et la réactivité exemplaires des équipes éducatives, ainsi que des forces de sécurité et de secours.
Ce soir, ce sont 1,2 million de collègues qui font corps pour soutenir cette enseignante et toute la communauté éducative du collège La Guicharde.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Aux côtés de Stéphanie Rist, nous lançons la feuille de route 2026-2030 contre le cancer. Cap sur des résultats concrets :
- prévenir (génération sans tabac 2032, vaccination HPV dans les lieux d’étude),
- dépister mieux (seconde lecture démat., IA),
- soigner et accompagner sans rupture (HAD, guichet numérique),
- accélérer la recherche (mauvais pronostic, thérapies de rupture) et ouvrir plus d’essais.
Données mieux gouvernées (registre national), coopération européenne renforcée. Objectif : moins de cancers évitables, des diagnostics plus précoces, des vies sauvées.

> L’adoption du budget marque un choix de responsabilité : tenir le cap des finances publiques tout en garantissant la continuité des politiques prioritaires. Un budget exigeant, assumé, et désormais entré en vigueur.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement)
> Les impôts des ménages n'augmenteront pas. Ceux des commerçants, TPE, PME, ET et de 99,9% des entreprises non plus. Avec un déficit en baisse, contenu à 5%, et des choix d'investissements nécessaires notamment pour la défense. Voilà la réalité de ce budget.

> Pour 99,9% des entreprises, le cadre fiscal sera stable, le même qu'en 2025.

> Il n’y aura aucun « moratoire » sur les renouvelables dans la PPE, contrairement à ce que certains affirment. Le développement de toutes les énergies décarbonées est nécessaire. Opposer nucléaire et renouvelables est un débat d’un autre âge, dont il est urgent de sortir.

> L'urgence, la souveraineté nationale, ne peut pas attendre 2027.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> [Groenland / Intervention à l’Assemblée] Le Groenland n’est ni à vendre ni à prendre, et toute remise en cause de son statut ou de ses frontières est inacceptable. Face aux menaces américaines et aux volontés extérieures de décider de son avenir à la place de ceux qui y vivent, la position de la France est claire, constante et sans ambiguïté. C’est au peuple groenlandais, au Groenland et au Danemark seuls de décider des questions qui les concernent. La souveraineté ne se négocie pas ; l’intégrité territoriale ne se marchande pas. Ces principes intangibles fondent la position invariable de la France sur la scène internationale, à propos du Danemark et du Groenland comme de l’agression de l’Ukraine par la Russie.
La France a exprimé son soutien au plus haut niveau et à plusieurs reprises. Le président de la République l’avait déjà annoncé à Nuuk le 15 juin 2025, faisant de la France le premier pays d’Europe et du G7 à se mobiliser. La semaine dernière encore, alors qu’il accueillait la première ministre danoise Mette Frederiksen et le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen à Paris, il a réaffirmé que la France continuerait de se tenir aux côtés du Danemark et du Groenland.
Votre initiative transpartisane, messieurs Caure et Girard, montre une fois de plus la constance de notre position et l’unité de la nation à ce propos. La diplomatie parlementaire est utile, voire essentielle, face aux défis actuels afin de relayer et amplifier la voix de notre pays sur la scène internationale. Le gouvernement sera évidemment favorable à l’adoption de cette résolution qui reflète tout ce que nous avons défendu en paroles et en actes.
Notre relation avec le Danemark et le Groenland ne date pas d’hier –
 et je sais, monsieur le rapporteur, que vous revenez tout juste du Groenland et que vous avez pu le constater sur place. Cette relation repose sur des liens de confiance, sur des échanges économiques et culturels anciens et sur des valeurs communes.
Nos partenaires savent qu’ils peuvent compter sur nous pour que nous assurions ensemble notre indépendance et renforcions notre coopération dans le domaine économique –
 le tourisme, l’énergie ou les minerais critiques –, la recherche scientifique et la coopération culturelle. Cest dans cet esprit que la France ouvrira dans les prochains jours un consulat général à Nuuk, comme le président de la République s’y était engagé. Nous le faisons au service des intérêts de toutes les parties et dans le respect du principe groenlandais « rien sur nous sans nous ».
Le Groenland n’est pas un objet de transaction mais un sujet de souveraineté, directement lié à l’indépendance stratégique européenne. Les événements récents ont été à la fois un révélateur et un accélérateur. Ils confirment les positions de la France depuis des années en matière de souveraineté européenne, sur laquelle portait le discours de la Sorbonne du président de la République en 2017. Dans un monde brutal, être faible invite à l’agression. Pour nous faire respecter, nous défendrons nos intérêts et assumerons des rapports de force. La France n’a jamais voulu d’une Europe soumise ou vassale.
Face aux appétits des nouveaux prédateurs, l’Europe ne peut plus dépendre des autres pour assurer sa sécurité ou ses approvisionnements stratégiques, pour défendre son voisinage ou pour protéger ses démocraties face à la désinformation et aux ingérences. C’est un appel au réveil stratégique européen que nous lançons. Nous devons, dans tous les domaines, assumer cette indépendance.
Les Européens ont répondu avec fermeté et unité aux pressions. Nous avons réaffirmé notre attachement aux principes de la Charte des Nations unies que sont l’inviolabilité des frontières et le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. Nous ne nous sommes ni divisés ni laissés intimider. Nous avons mis les instruments dont nous disposons sur la table : l’instrument anticoercition permet par exemple de barrer l’accès à des marchés publics, de taxer les services numériques ou de saisir les licences de propriété intellectuelle. Voilà notre manière très concrète de faire levier de la puissance du marché intérieur européen qui, je le rappelle, représente 450 millions d’individus. L’Union européenne est en effet un partenaire économique de premier plan pour la plupart des puissances mondiales. En utilisant ces outils pour assumer sans naïveté des rapports de force, nous avons fait reculer la menace. Nous avons agi. Enfin, à la demande du Danemark, la France a participé à l’exercice Endurance arctique. L’Europe a donc montré qu’elle savait prendre sa sécurité en main : nous poursuivrons les efforts entrepris en la matière.
Toutefois, ne nous trompons pas : nous n’en resterons pas là. Le Groenland se situe au cœur de l’Arctique, un espace stratégique majeur au centre des rivalités de puissances. Face à la Russie, face à la Chine et face à la politique de certains partenaires, la France s’engagera comme d’autres pays européens à renforcer la sécurité du Grand Nord. C’est tout l’objet de la stratégie polaire française, actualisée à la demande du président de la République et dont les objectifs sont clairs : la paix et la stabilité dans les régions polaires, la compréhension des phénomènes climatiques et la préservation de la soutenabilité environnementale.
Au-delà de l’exercice Endurance arctique, nous souhaitons renforcer la posture de l’Alliance atlantique, ce qui doit se faire avec les Américains. La France se tient prête à participer. L’objectif est simple : éviter que l’Arctique ne devienne un espace de confrontation à nos portes. Si nos alliés souhaitent que nous prenions davantage de responsabilités pour assurer la sécurité de la région, qu’ils répondent à cette invitation à y travailler au sein de l’Alliance ! Des efforts collectifs doivent être déployés et notre sécurité n’a pas de prix. C’est pourquoi la France a engagé la révision de la stratégie de l’Union européenne sur l’Arctique, qui devra définir des priorités communes et mutualiser ses moyens, notamment budgétaires. L’UE est une puissance polaire à travers ses États membres. Nous les défendrons et défendrons les choix des habitants du Groenland.
Mesdames et messieurs les députés, le gouvernement est évidemment favorable à l’adoption de cette PPRE (proposition de résolution européenne). C’est avec cohérence que nous continuerons à agir aux côtés du Groenland, du Danemark et de nos partenaires européens pour nos concitoyens et notre indépendance commune.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Ça suffit ! Lutter contre le tabagisme est un enjeu de santé publique majeur qui doit nous réunir. Mais trop souvent désormais, les parlementaires sont dénigrés, attaqués, dévalorisés. Les pressions deviennent quasi-systématiques, le «name and shame» aussi. Je ne peux pas l'accepter. La démocratie mérite mieux.

> L’Assemblée nationale remplit son rôle : elle est bruyante et parfois turbulente mais elle représente notre vie démocratique ! Comme le dit mon homologue du Sénat Gérard Larcher, ce sont les pulsations de la Nation.

> Dans une société fragmentée, dans une société polarisée et empreinte de radicalité, on a besoin d’échanger, de se parler, de débattre ! Dans la situation qui est la nôtre et dans la société que l’on veut construire ensemble : chacun doit prendre sa place dans le débat public !

> La diffusion de données personnelles concernant des députés et des agents de l’Assemblée nationale est d’une extrême gravité. J’ai immédiatement saisi la Procureure de la République et effectué un signalement auprès de Pharos afin que ces faits soient examinés et que les responsabilités soient établies.

> Christophe Gleizes, journaliste français détenu en Algérie, a célébré son 37ᵉ anniversaire en détention. Sa condamnation constitue une atteinte à la liberté d’informer. La France ne transige ni avec la liberté de la presse ni avec la protection de ses ressortissants. La France et la représentation nationale restent pleinement mobilisées pour sa libération.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> La France pionnière en Europe ! Une semaine après le vote de la proposition de loi que nous portons pour interdire les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans, l'Espagne s'apprête à prendre le même chemin. La santé mentale de nos enfants, leur santé tout court, ne sont pas à vendre, ni aux États-Unis, ni à la Chine.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Quand le Gouvernement présentera-t-il cette stratégie attendue depuis des mois avec un cap clair de réduction de la consommation de produits ultra-transformés ? Va-t-il soutenir la proposition de loi de ma collègue Olivia Grégoire visant à instaurer une éducation à l’alimentation à l’école ? Soutiendra-t-il une proposition de loi qui définisse - sur la base d’un consensus scientifique - ce qu’est l’alimentation ultra-transformée ? Et enfin, est-ce que le Gouvernement est prêt à porter ce sujet auprès de la Commission européenne ? Les chiffres continuent de se dégrader, en particulier pour les enfants. La Stratégie nationale alimentation, nutrition et climat est l’outil qui doit nous permettre d’inverser cette tendance. Le Gouvernement doit agir dans les plus brefs délais. Nous avons déjà trop attendu.

> [Alimentation / Intervention à l’Assemblée] Il y a dix jours, avec mes collègues Yannick Neuder, du groupe Droite républicaine, Guillaume Garot, du groupe socialiste, ainsi qu’une trentaine de députés de différents groupes que je veux ici remercier, nous avons publié une tribune pour appeler à réduire l’alimentation ultratransformée.
Les données scientifiques sont sans appel : selon la revue de référence The Lancet, l’alimentation ultratransformée contribue directement à l’explosion de l’obésité, du diabète et des maladies cardiovasculaires mais aussi de la dépression et de nombreuses pathologies chroniques responsables de décès prématurés.
En France, ces produits représentent déjà près de 35 % des calories consommées. Selon un rapport du Sénat, ils coûteraient, au minimum, 11 milliards par an à l’assurance maladie, soit la moitié du déficit de la sécurité sociale.
La situation est particulièrement alarmante pour nos enfants. L’obésité infantile progresse et le diabète de type 2 apparaît désormais chez des adolescents –
 du jamais vu –, avec des conséquences irréversibles sur toute leur vie. Cest aussi une question de justice sociale.
Agir, ce n
est pas culpabiliser mais protéger en encadrant les promotions et la publicité, en éduquant les enfants à lalimentation et en donnant une information loyale et transparente au consommateur, par exemple avec le nutri-score.
Il faut aussi mener cette bataille pour nos agriculteurs. Certes, la qualité a un coût mais elle crée pour eux du revenu et des emplois, et résonne profondément avec notre identité culturelle.
La stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat ne peut plus attendre.

 

Pieyre-Alexandre Anglade (député) 
> [Groenland] Notre débat de ce soir n’est pas anodin et, dans la mesure où il est la conséquence d’une nouvelle brèche dans l’ordre international que nous connaissions, il est même décisif. Nous ne sommes pas réunis ce soir pour débattre d’un énième coup de force de la Russie ou d’un nouvel embrasement au Proche-Orient. Nous sommes réunis parce que le Danemark, pays ami et allié, a été menacé de l’annexion d’une partie de son territoire par l’un de ses alliés, les États-Unis d’Amérique. Ces deux pays sont alliés au sein d’une même alliance militaire : un seuil a donc été franchi.
C’est pourquoi je salue en préambule le travail des rapporteurs qui nous permet d’adresser de nouveau un message de soutien et de solidarité française et européenne au Danemark, au Groenland et au peuple groenlandais.
Le Groenland est un territoire européen, souverain et indépendant. Nous le répétons ici : nous ne transigeons pas avec la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, avec le respect de l’intégrité territoriale des États et avec l’intangibilité des frontières. Ces principes sont non négociables et ils sont valables pour l’Ukraine comme pour le Groenland.
Au fond, ce qui se passe au Groenland est révélateur du monde nouveau dans lequel nous vivons. Il y a quinze jours, nous étions réunis pour un débat sur la situation internationale organisé en application de l’article 50-1 de la Constitution. Pas une ligne, pas un mot de ce que nous disions alors n’a changé : le monde se durcit et devient plus dangereux. Les rapports de force prennent le dessus sur les règles de droit, et la loi du plus fort est redevenue la norme. Nous, Européens, sommes en première ligne face aux empires qui veulent nous soumettre. La Russie poursuit sa guerre d’agression en Ukraine ; la Chine poursuit sa guerre économique contre notre industrie ; les États-Unis d’Amérique font pression contre nous et sont à l’offensive contre notre indépendance. Soyons lucides ! Ces situations ne sont pas de simples mauvais moments à passer : ils révèlent la réalité brutale de notre nouveau monde.
Il existe toutefois une différence notable par rapport au contexte de notre dernier débat : nous avons assisté, du moins temporairement, au recul américain sur le Groenland. Je le dis très clairement, ce recul ne vient pas de nulle part. Il est le résultat d’une réaction européenne ferme, claire et assumée dans laquelle la France a joué un rôle moteur. Ces derniers jours, la France, par la voix du Président de la République, a en effet tenu la barre dans la tempête. La France a été à l’initiative de l’envoi de soldats européens au Groenland, s’est prononcée pour une réaction forte de l’Union européenne aux droits de douane punitifs et a tenu un discours de fermeté. L’Europe n’a pas baissé les yeux face à cette tentative de passage en force.
La leçon de cette séquence est limpide : lorsque l’Europe fait bloc, elle est forte ; lorsque l’Europe est unie, elle se fait respecter ; lorsque l’Europe réagit vite, calmement et fermement, lorsqu’elle mobilise les instruments dont elle dispose, elle est redoutée. La ligne qui a fait plier Donald Trump est la ligne de fermeté défendue par la France. Il faut que chacun en Europe en prenne conscience. Le temps de l’indépendance de l’Europe est donc arrivé, et il nous faut nous adapter à cette nouvelle réalité pour y parvenir. Pour réellement défendre notre indépendance et notre souveraineté, il faut commencer par agir comme une Union forte, souveraine et unie, ce qui exige à la fois un changement radical, des décisions courageuses et un véritable leadership politique.
Notre première urgence doit être notre sécurité : il faut continuer de renforcer la défense européenne, qui devient petit à petit une réalité.
Nous avons des instruments de financement et la préférence européenne est actée. Cela dit, nous devons en faire davantage pour renforcer notre autonomie et permettre à certains États membres de mettre un terme à leur dépendance à l’industrie américaine de l’armement.
Notre seconde priorité est la défense de nos intérêts économiques face à l’agressivité chinoise et aux tarifs américains. Pour cela, notre agenda économique doit être très simple : il doit protéger les acteurs européens en instaurant la préférence européenne, des mesures miroirs et d’autres mesures de protection.
Enfin, notre troisième priorité est d’investir, investir et encore investir. Investir dans l’IA, le quantique, le spatial, les green tech, en somme, dans toutes les technologies d’avenir : elles favoriseront notre souveraineté et notre indépendance et nous rendront plus forts dans la compétition internationale.
Au fond, nous devons renforcer notre autonomie stratégique, être moins dépendants à l’égard de la Chine et des États-Unis et assumer de faire de l’Europe une puissance militaire, technologique, économique et scientifique.
Au fond, ce que nous devons faire, c’est développer notre autonomie stratégique, réduire notre dépendance à l’égard de la Chine et des USA et assumer de faire de l’Europe une puissance militaire, technologique, économique et scientifique.
Ce qui se joue au Groenland dépasse largement ce territoire. C’est un test de crédibilité, de maturité et de responsabilité stratégique, et la confirmation que dans le monde qui vient, l’Europe ne sera respectée que si elle est capable d’assumer pleinement et concrètement sa puissance et de maintenir son cap, celui de l’indépendance, de la souveraineté et du refus de la vassalisation.

 

Violette Spillebout (députée)
> Effroyable drame. Une attaque contre une enseignante, d’une violence insupportable ! Tout mon soutien à sa famille et l’ensemble de la communauté éducative de Sanary-sur-Mer. L’ensemble de l’école, notre République tout entière sont touchées en plein cœur.

 

Paul Midy (député)
> [Vol dans les commerces / Intervention à l’Assemblée] Plutôt que de vous livrer un grand discours, je serai très concret pour que vous compreniez bien l’objet de la proposition de loi dont nous allons débattre ce soir, les modalités du dispositif ainsi que l’encadrement prévu par le texte tel qu’il a été adopté par la commission.
Les commerçants souhaitent pouvoir utiliser des caméras augmentées, équipés de logiciels d’intelligence artificielle, pour lutter contre le vol. Il faut savoir que celui-ci représente 1 à 4 % de leur chiffre d’affaires alors que leur marge s’élève en moyenne à 2 %. À cause de ce phénomène, certains de ces commerces ne sont plus rentables et doivent fermer, ce qui a pour effet de vider nos centres-villes. Il faut donc les soutenir.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe aujourd’hui des technologies qui constituent une aide efficace contre le vol. Ces caméras augmentées permettent de réduire les vols dans une proportion de 20 % à 50 % –
 ce qui est très important – pour environ 20 euros par mois, un coût abordable pour tous les commerçants – 2 000 à 3 000 dentre eux utilisent dailleurs déjà cette technologie. Il faut soutenir les commerçants souhaitant recourir à cet outil.
Cette proposition de loi vise, d
une part, à légaliser lusage des logiciels dintelligence artificielle et, dautre part, à lencadrer comme il se doit pour assurer pleinement le respect des libertés publiques.
J’en viens au fonctionnement concret du dispositif. Plus de 80 % de nos commerçants –
 grandes enseignes comme petits commerces – ont déjà installé des caméras de vidéosurveillance. Prenons lexemple dun épicier : il a placé des caméras au fond de son établissement un peu biscornu et dispose dun retour caméra sur un écran à côté de sa caisse pour voir ce qui se passe. Toutefois, il lui est impossible de regarder cet écran toute la journée car il doit effectuer différentes tâches, par exemple encaisser les clients ou – notamment dans le cas dune pharmacie – les conseiller. Heureusement, les logiciels dintelligence artificielle peuvent analyser les images à sa place et émettre une alerte sils détectent un comportement pouvant correspondre à un vol dans le magasin. Le commerçant regarde alors les images suspectes sur son écran. Généralement, il sagit dun client qui a introduit dans son sac, dans sa veste ou dans sa poche un produit pris en rayon. Le commerçant sassure alors que le client passe bien en caisse et ne commet pas de vol. Tel est le cas d’usage de ce dispositif.
Ce n’est donc pas Big Brother. Je précise que l’utilisation de ces caméras est évidemment restreinte à l’espace privé. Nous savons que certains commerçants ont l’autorisation de filmer l’espace public mais une telle possibilité est exclue s’agissant des caméras augmentées mentionnées dans cette proposition de loi.
Puisque certains commerçants ont déjà recours à de tels dispositifs, je vous propose, avec ce texte, de légaliser cette pratique mais aussi de prévoir un encadrement solide, et ce grâce à une dizaine de mécanismes.
Premièrement, il faut se concentrer sur une seule finalité : le vol en magasin. Les enjeux liés à la sécurité des personnes, certes importants –
 les commerçants ont dailleurs formulé des demandes à ce sujet – sont exclus du texte car ils soulèvent de nombreuses questions.
Deuxièmement, la petite alerte apparaît sur l’écran en temps réel ; le logiciel ne conservera pas d’images.
Troisièmement, nous devons respecter le principe de la primauté humaine. Si une alerte est lancée grâce à une intelligence artificielle, c’est toujours un être humain qui prendra la décision d’agir ou non.
Quatrièmement, la reconnaissance faciale et la biométrie sont exclues.
Cinquièmement, avec ce texte, nous proposons un dispositif expérimental en reprenant le cadre défini pour les Jeux olympiques et en tenant compte de toutes les recommandations faites par la Cnil, la Commission nationale de l’informatique et des libertés, lors des auditions. Comme le prévoient les excellents amendements du président de la commission des lois que je vous inviterai à adopter, cette expérimentation sera limitée dans le temps et un comité de suivi remettra un rapport afin que nous disposions de données concrètes concernant l’utilité de cette technologie.
Sixièmement, nous assurons un droit à l’information : autrement dit, les clients devront savoir dès leur entrée dans le magasin que des caméras augmentées sont utilisées.
Septièmement, les logiciels d’IA devront faire l’objet d’une labellisation par les experts de l’Anssi, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.
Huitièmement, toutes les modalités d’application du texte seront définies par décret après avis de la Cnil.
Nous proposons deux garanties supplémentaires : d’une part, les commerçants désireux d’avoir recours à ces caméras devront demander une autorisation au préfet, comme c’est déjà le cas s’agissant des logiciels de surveillance, d’autre part, les agents et commerçants qui les utilisent devront recevoir une formation.
Je tiens enfin à préciser, même si cela va de soi, que le texte respecte totalement le règlement général sur la protection des données (RGPD) ainsi que le règlement européen sur l’intelligence artificielle, l’ AI Act.
Le texte présente donc toutes les garanties nécessaires pour que le dispositif soit utile et parfaitement encadré, afin de protéger nos commerçants aussi bien que nos libertés publiques. Je nous souhaite un excellent débat.

 

Françoise Buffet (députée)
> [Budget et motions de censure / Intervention à l’Assemblée] Je ne reprendrai pas à cette tribune les nombreux arguments en faveur du vote de ce budget de compromis : ils ont été largement exposés. Je veux plutôt parler du moment politique que nous vivons et de ce que nous devons au pays.
Notre assemblée est plus fragmentée qu’elle ne l’a jamais été sous la Ve République. Dans ces conditions, elle peine à trouver des majorités pour engager les réformes structurelles pourtant indispensables à la solidité et au rayonnement de notre nation. Les médias se font bien plus souvent l’écho de nos querelles, des incidents de séance et des coups d’éclat permanents que des projets de fond que pourtant nous discutons aussi.
Beaucoup imaginent que les conflits de l’Assemblée nationale sont une reproduction des divisions de notre société, qui serait traversée par des failles profondes, pétrie de doutes. Pourtant, les oppositions idéologiques ne sont pas plus intenses qu’elles ne le furent dans les années 1980 ou 1990, à la fin de la guerre froide. Elles sont même sans doute moins marquées. Et quand il n’y a plus de grands clivages, ce sont les petites différences qui priment : elles doivent alors être exagérées, mises en scène à outrance par les ingénieurs du chaos, afin de justifier l’existence d’un camp qui s’oppose à un autre. Comme si la concorde et la paix sociale, par quelque ruse de l’histoire, suscitaient leur propre dislocation à mesure qu’on s’en approche… Et pourtant, nous n’avons jamais eu autant besoin d’être unis.
Monsieur le premier ministre, vous l’avez dit en arrivant à Matignon : notre vie politique nationale et son théâtre d’ombres semblent bien loin des enjeux géopolitiques mondiaux et des menaces qui pèsent sur notre souveraineté. Ce début d’année 2026 nous le rappelle avec force alors qu’une puissance que l’on pensait alliée menace de s’emparer d’un territoire européen et intervient au mépris du droit international pour imposer sa loi au-delà de ses frontières.
Aux lisières de l’Europe, depuis 2022, la Russie cherche elle aussi à imposer sa loi en envahissant militairement l’Ukraine. Et dans ce concert désuni des nations, la Chine n’attend plus qu’une opportunité pour s’emparer de Taïwan. Le fragile équilibre bâti au sortir de la seconde guerre mondiale menace de voler en éclats et d’entraîner dans son effondrement le retour à l’âge des prédateurs. En ceci, nous ne sommes pas loin de l’état du monde de 1957. Camus, lauréat du prix Nobel de littérature, exprimait alors cette pensée qui reste ô combien d’actualité : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. »
L’enjeu est encore celui-là : éviter que le monde se défasse. Ce budget doit y contribuer, et c’est pour cela qu’il est attendu. Non parce qu’il résoudra tous les problèmes du pays ou révolutionnera notre société, mais parce qu’il fournit des outils indispensables au maintien de la France et de l’Europe dans le monde, au maintien de notre armée, bien évidemment, mais aussi de notre puissance agricole, sans laquelle nous ne sommes plus rien, et de notre tissu économique, qui seul garantit la croissance indispensable à la préservation de notre modèle social.
L’histoire est sévère avec les peuples qui se divisent au moment où ils devraient s’unir. Les cités grecques, épuisées par leurs rivalités, ont fini par livrer leur destin à Philippe II de Macédoine. Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping sont autant de Philippe II en puissance. La leçon des pères de la démocratie est simple : on trouve toujours de bonnes raisons d’exagérer ce qui nous sépare ; on découvre souvent trop tard qu’on en avait de bien meilleures de protéger ce qui nous rassemble.
Mes chers collègues, voter ces motions de censure, ce serait ajouter de l’instabilité à l’incertitude. Ce serait fragiliser la France quand elle doit être forte. Ce serait refuser l’esprit de compromis que nos concitoyens attendent. Nous ne les voterons donc pas, pour que la France ait un budget.

 

Brigitte Liso (députée)
> [Lutte contre le sida / Intervention à l’Assemblée]  Nous faisons face à une menace qui dépasse nos frontières et qui met en péril des décennies de progrès dans la lutte contre le VIH. Ces derniers mois, en effet, les coupes budgétaires imposées par l’administration de Donald Trump dans les programmes de santé mondiale ont fragilisé les efforts de prévention. Des millions de vies sont mises en danger à travers le monde, car ne l’oublions pas : le sida tue ! Le VIH se transmet toujours ! Pour preuve, deux chiffres : selon l’OMS, il y a eu, en 2022, 630 000 morts du VIH et 1,3 million de personnes contaminées. Ces chiffres traduisent une réalité quotidienne et rappellent que, malgré les avancées scientifiques, malgré les traitements et malgré la prévention, la lutte contre le VIH est loin d’être terminée.
L’Onusida nous alerte également : en l’état des politiques publiques actuelles, il existe un risque qu’il y ait plus de 8 millions de nouvelles infections et plus de 6 millions de décès supplémentaires d’ici 2029. Un tel scénario serait un recul historique dans la lutte contre la maladie. Il est inconcevable que des choix politiques compromettent la santé de nos enfants, notre santé ; il est inconcevable que des décisions budgétaires brisent des décennies d’efforts collectifs au service d’un combat aussi simple que celui de la vie –
 et de lamour, bien sûr.
La lutte contre le VIH ne peut pas d
épendre de choix nationaux, parfois pris sans considération de leurs conséquences internationales, car elle a une dimension mondiale. La transmission ne sarrête pas aux frontières  cest un truisme.
Cette proposition de résolution rappelle une chose essentielle : chaque vie compte, et chaque recul est une menace pour nous tous. Aujourd’hui, il y va de notre responsabilité –
 celle de la France, bien sûr, mais aussi celle de lEurope –, car lEurope ne peut pas se contenter dobserver. Elle doit agir et affirmer son rôle en matière de santé mondiale  elle en a été tout à fait capable lors de la pandémie de covid-19. La France, avec lEurope, ne laissera pas la lutte contre le VIH reculer : cest précisément lobjet de cette proposition de résolution européenne – un texte absolument nécessaire. Comme en commission des affaires européennes, où elle a été adoptée, le groupe Ensemble pour la République continuera évidemment de la soutenir.
Ne l
oublions pas : le sida tue ! Le VIH se transmet toujours ! Hélas.

 

Liliana Tanguy (députée)
> [Groenland / Intervention à l’Assemblée]  La proposition de résolution que nous examinons ce soir n’est pas une simple résolution diplomatique, c’est un acte politique fort. Elle réaffirme que l’Europe ne cède ni à l’intimidation ni à la logique expansionniste d’une grande puissance qui bafoue le droit international. Elle incarne la vision d’une Europe solidaire et indépendante ayant la capacité d’agir fermement pour notre sécurité collective.
Je veux saluer ici le travail remarquable de nos deux rapporteurs, Vincent Caure et Damien Girard, qui ont su faire entendre une voix claire, ferme, européenne. Je souhaite également souligner l’initiative de Vincent Caure et du président de la commission des affaires européennes, Pieyre-Alexandre Anglade, qui se sont rendus récemment au Groenland dans le cadre d’une mission à Nuuk pour porter un message de solidarité française et européenne.
Les déclarations du président des États-Unis suggérant ouvertement l’annexion du Groenland ne relèvent pas de la provocation passagère. Elles traduisent une vision du monde dans laquelle la force primerait sur le droit et où les territoires arctiques deviendraient des pions sur un échiquier stratégique. Le président de la République a rappelé lors de la visite récente des premiers ministres du Groenland et du Danemark : « Le Groenland n’est ni à vendre ni à prendre ». Il n’est pas un espace vacant à conquérir, mais un territoire autonome européen par son histoire et son statut de pays et territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne. Ce qui se joue au Groenland annonce le retour brutal des tensions entre puissances dans une région clé de l’Arctique ; nous devons nous tenir prêts.
Cette résolution est claire : nous exprimons notre solidarité totale envers les autorités danoises et groenlandaises et appelons à l’action par la mise à jour de la feuille de route pour l’Arctique et une coopération de défense concertée. La France renforcera bientôt sa présence au Groenland avec l’implantation d’un consulat le 6 février prochain. Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rappelé récemment à Bruxelles que si les intérêts essentiels de l’Union et de ses membres faisaient l’objet de menaces, l’Europe avait la capacité de mobiliser tous les instruments à sa disposition, y compris les plus puissants, pour y répondre.
Cette tentation du rapport de force dépasse aujourd’hui le seul champ géopolitique en alimentant une montée des tensions dont personne ne sortira gagnant. Face aux menaces douanières visant la France et plusieurs États européens, nous avons su répondre d’une seule voix. En assumant collectivement la possibilité d’activer notre instrument anticoercition, l’Europe a montré qu’elle savait se faire respecter. Cette unité, ferme mais mesurée, a permis d’enrayer l’escalade et de rouvrir le chemin du dialogue.
Si la situation s’apaise, la vigilance reste de mise. Les Européens doivent continuer à faire front commun aux côtés de nos amis danois et groenlandais et montrer, comme l’assure le président Gabriel Attal, que la France et l’Europe affirment clairement leur autorité dans les relations internationales.
Car au-delà du cas spécifique du Groenland, c’est notre conception de l’Europe que nous défendons. Une Europe qui ne recule pas. Une Europe forte qui protège ses partenaires. Une Europe capable de répondre aux ambitions des puissances autoritaires par la solidarité, par l’unité et par la puissance du droit. Soutenir cette résolution, c’est défendre ces valeurs. L’adopter, c’est refuser de rester spectateurs face à un monde qui se durcit.
Aujourd’hui, c’est la souveraineté d’un territoire arctique qui est en jeu. Demain, ce pourrait être celle de n’importe lequel de nos partenaires. Ce texte rappelle à notre allié américain que, même dans une relation d’amitié ancienne et forte, le respect mutuel reste la base. En réponse à la pression américaine, les dirigeants européens ont répondu dans une déclaration conjointe en réaffirmant que le Groenland appartient à son peuple et que seuls le Danemark et le Groenland peuvent décider de leur avenir. Cette résolution signifie à nos partenaires que lorsque l’Europe réagit de manière unie, elle se fait respecter avec fermeté et loyauté. Et elle leur rappelle que les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale ne sont pas négociables. Le groupe EPR soutient pleinement cette proposition de résolution européenne et je vous invite donc, avec détermination, à voter en faveur de ce texte.

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> [Budget et motions de censure / Intervention à l’Assemblée] Quatre mois –
 certains diront même sept mois – nous séparent de la présentation du premier projet de budget pour 2026 par François Bayrou.
C
est dire combien le temps a pu paraître long  pour vous, pour nous, pour les Français, les chefs dentreprise, les responsables associatifs, les élus locaux et, bien sûr, de nombreux responsables politiques – avant datteindre cet objectif essentiel : doter la France dun budget.
L’impatience, la colère et l’incompréhension étaient réelles.
Tout, pourtant, aurait dû nous inciter à la responsabilité : la guerre à nos portes, les alliances bouleversées, l’État de droit fragilisé, les guerres commerciales ainsi que les dérèglements économiques et climatiques majeurs.
Malgré cela, les patients ingénieurs du chaos, dont certains sont présents dans cette assemblée, ont cru possible de continuer à danser sur le volcan, sans changer, sans évoluer, sans faire les pas nécessaires. Ils ont pensé que l’impuissance et le blocage pouvaient tenir lieu de politique et rendre service à notre pays.
Depuis le début, la conviction des Démocrates a été claire et constante. Il y avait une exigence : disposer d’un budget pour avancer. Une seule méthode était possible, compte tenu de la configuration de cette assemblée : le dialogue et le compromis.
C’est le choix que nous avons fait avec vous, monsieur le premier ministre. Pour nous, le compromis n’est ni une conquête ni une soumission. C’est un acte de clarté devant les citoyens. C’est dire ce que l’on peut accepter, ce que l’on ne peut pas accepter et ce qui est essentiel pour un pays.
C’est sortir de la logique du tout ou rien et rechercher un point d’équilibre réaliste, pour la France et pour les Français.
Le compromis, ce n’est pas additionner les demandes, surtout lorsqu’elles sont démagogiques. C’est arbitrer, hiérarchiser, construire une cohérence d’ensemble. Disons-le clairement : un compromis ne peut jamais être présenté comme une victoire sur l’autre. Ce n’est pas l’écrasement d’un adversaire. Ce n’est pas un trophée brandi contre qui que ce soit. C’est un accord dans lequel chacun reconnaît une part de ce qu’il est et une part de ce qu’il accepte de laisser à d’autres et qu’il assume comme tel. C’est cela qui lui donne, au fond, sa solidité politique.
Le compromis a du sens aujourd’hui dans cette assemblée fragmentée –
 et sans doute en aura-t-il aussi demain, car il fonde les décisions sur ladhésion, sur le respect des oppositions et des minorités, plutôt que sur la contrainte.
Il donne vie au pluralisme et donc
à lessence même du Parlement et de la démocratie. On ne peut pas, à l’extérieur, prôner le dialogue multilatéral et le respect des minorités, sans appliquer ces principes au sein même de notre système parlementaire.
Telle a été la vision des Démocrates. Nous avons cherché à faire vivre ici une culture du compromis. Force est de constater que nous n’y sommes pas encore pleinement arrivés, sur le fond comme sur la forme.
Toutefois, grâce à l’action du premier ministre et de son gouvernement –
 je pense notamment à Mmes de Montchalin et Rist ainsi qu’à MM. Farandou et Lescure – et à la bonne volonté de plusieurs dentre nous, nous avons au moins appris à dialoguer et tenté de nous comprendre.
Ce fil, nous l’avions perdu. Le fait majoritaire l’avait rompu pendant des années. Certains ont appris –
 ou réappris –, à gauche comme à droite, ce qu’était lesprit de responsabilité.
C’est une bonne chose, à l’heure où tant de démagogues nourrissent la vie politique de leurs idées –
 et réciproquement.
Toutefois, il reste un long chemin
à parcourir. Il faut donner un cadre et une méthode, inscrire cette démarche dans la durée et montrer quelle nest pas une contrainte, mais un atout. Cest ce que font la quasi-totalité des grandes démocraties  cest même leur fondement.
Sur le fond, et sans revendiquer de victoires, trois priorit
és ont guidé laction des députés du groupe Démocrates dans ce budget : la justice fiscale et sociale, le soutien à l’activité et la maîtrise durable de la dépense publique.
Première priorité : la justice sociale et fiscale. Le redressement du pays ne se fera que si nos compatriotes ont la certitude que les efforts qui leur sont demandés sont justes.
Avec Jean-Paul Mattei, nous avons défendu des propositions visant à lutter contre l’optimisation et la rente. Nous saluons la pérennisation de la contribution minimale sur les hauts revenus, mais nous regrettons de ne pas être allés au bout de la réforme de dispositifs dont chacun reconnaît qu’ils entraînent des effets d’aubaine.
On peut refuser le matraquage fiscal –
 on doit même le faire –, mais on ne peut pas accepter que certains échappent à ce point à la solidarité nationale et fassent du détricotage des dispositifs fiscaux un sport national. Cest dabord, cela, la justice fiscale.
Nous l
avons dit avec constance : la fiscalité doit servir le travail, lactivité, lentreprise et linvestissement. Aucune surtaxe nest indolore, mais nous devrons un jour ou lautre revoir de fond en comble nos dispositifs fiscaux.
La deuxi
ème priorité est le soutien à l’activité. Nous avons par exemple porté des initiatives sur le logement, avec les premières bases du statut du bailleur privé, défendu par Mickaël Cosson, pour relancer la construction et remettre des logements sur le marché.
Nous avons soutenu l’agriculture et la forêt, avec notamment Sophie Mette et Pascal Lecamp. Ces secteurs sont stratégiques pour notre souveraineté comme pour la transition écologique.
Enfin, nous avons défendu l’investissement dans l’avenir. La recherche et l’innovation sont les clés de la maîtrise de notre destin collectif. Avec Didier Padey, nous avons porté ces budgets avec constance.
S’agissant des collectivités, toutefois, nous regrettons qu’au Sénat des efforts aient été reportés trop facilement sur les seules intercommunalités –
 personne nest dupe du contexte électoral qui souvre.
Les intercommunalités ne produisent peut-être pas de grands électeurs, mais elles sont le principal levier d’action du bloc communal. Nous pourrions payer le prix de cette mesure dès cette année.
Troisième priorité : l’efficacité de la dépense publique. Nos concitoyens doivent avoir la certitude que l’argent public est utile, contrôlé et orienté vers l’essentiel. En 2026, la dépense publique diminuera de 0,2 point de PIB, soit près de 10 milliards d’euros d’économies nettes.
Nous aurions cependant souhaité aller plus loin. Notre dette est abyssale. Près d’un tiers des efforts budgétaires de 2026 seront absorbés par la seule hausse des intérêts de la dette. Qui peut s’en satisfaire, alors même que notre pays a l’un des taux de prélèvements obligatoires les plus élevés au monde ?
Notre groupe sera particulièrement vigilant sur le respect de l’objectif de déficit à 5 %. C’est une question de responsabilité envers les Français, en particulier envers les plus jeunes.
Mais, comme vous l’avez souvent fait remarquer, monsieur le premier ministre, le vote d’aujourd’hui ne dit pas tout. Un budget est un cadre. Ce n’est pas une fin en soi. D’ici 2027, d’autres décisions devront être prises, car il est des urgences qui ne peuvent attendre.
Nous devrons renforcer notre souveraineté, notamment par un chantier de simplification, pour adapter notre modèle normatif aux réalités. Il ne s’agit pas d’affaiblir l’État de droit, mais de donner de l’agilité à ceux qui innovent et qui entreprennent.
Je voudrais enfin évoquer deux enjeux majeurs : la natalité et l’enfance. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, notre pays compte plus de décès que de naissances.
C’est un sujet central pour l’avenir national, qui devrait préoccuper chacun de nous.
Notre devoir, dans les mois qui nous séparent de 2027, est donc d’être utiles. Servir les Français, c’est refuser le chaos. Nous devons être utiles aux Français et au pays. Pour cela, le Parlement doit travailler dans un esprit de responsabilité. Il doit refuser le cynisme, préférer l’efficacité au symbole et assumer ses décisions devant les Français.
La responsabilité de cette assemblée, c’est d’abord de ne pas se déposséder de sa capacité à débattre en préférant systématiquement la censure ou en brandissant en permanence la menace.
Gouverner, comme aspirer à gouverner, suppose un dialogue transparent, pour distinguer clairement ce que nous pouvons porter ensemble de ce qui relève du choix démocratique de l’élection présidentielle.
La responsabilité de cette assemblée, c’est aussi d’assumer que tout ne relève pas de la loi. Nous ne pouvons pas continuer à produire toujours plus de normes, souvent inappliquées et jamais évaluées. Légiférer doit rester un acte utile et concret, articulé avec le dialogue social, la contractualisation dans les territoires et l’expérimentation.
La responsabilité de cette assemblée, c’est enfin de produire des avancées réelles pour les Français, de préférer des textes qui changent le quotidien à des textes purement symboliques, dont nous savons qu’ils ne font que mettre en scène notre impuissance et alimenter, en définitive, l’antiparlementarisme et le populisme.
En outre, il y a une responsabilité fondamentale : celle de refuser le cynisme. Nous n’avons pas à légiférer contre la science, contre la liberté des médias, les corps intermédiaires ou les contre-pouvoirs. L’État de droit n’est pas un obstacle, c’est une protection. Nous avons été élus pour assumer nos décisions devant les Français, pas pour chercher des boucs émissaires ni affaiblir ce qui protège le plus faible et nous protège tous de l’arbitraire.
C’est ce chemin de dialogue et de responsabilité que les députés du groupe Démocrates continueront à emprunter. Pour cette raison, nous ne voterons pas cette motion de censure.

 

Anne Bergantz (députée)
> [Modèle social / Intervention à l’Assemblée] En 2025, le nombre de décès a dépassé le nombre de naissances, une première depuis 1945 en France. Ce croisement des courbes, qui intervient dans un contexte de bouleversement démographique planétaire, nous interpelle collectivement, car il soulève des enjeux stratégiques pour notre avenir. 
La démographie, c'est évidemment une question qui est au cœur de l'avenir de notre modèle social et de sa soutenabilité. C'est la question du potentiel et de la vitalité humaine d'une nation dans sa capacité à être plus forte face aux multiples défis et mutations. C'est la question aussi du levier migratoire et d'une intégration plus efficace, humaine et choisie. 
Notre politique familiale est-elle à la hauteur du défi que représente le vieillissement de la population ? Se saisir de cette question, ce n'est pas appeler à une politique nataliste, mais s'orienter vers une politique qui accompagne le désir d'enfant des nouvelles familles et qui garantisse l'épanouissement des parents comme des enfants. 
Je suis fière d'avoir contribué, à une première avancée en tant que rapporteur de la branche famille avec la création du congé supplémentaire de naissance. Il faut continuer à réformer notre politique familiale autour du premier enfant, du soutien aux jeunes familles actives et de la meilleure prise en compte des familles monoparentales. 
Mais il faut penser plus loin, apporter des réponses sur les moyens de garde encore insuffisants, à la crise du logement, aux inégalités persistantes entre hommes et femmes dans la conciliation de la vie personnelle et professionnelle. Penser plus loin, c'est surtout et aussi exiger un sursaut de responsabilité de la classe politique qui doit cesser d'avoir les yeux rivés sur l'échéance électorale suivante. Dette démocratique, éducative, sociale, écologique, financière et donc dette démographique. 

 

Bruno Fuchs (député)
> [Groenland / Intervention à l’Assemblée] La surenchère autour du Groenland et du Danemark révèle un des défis existentiels de l’Europe. Dans un contexte international profondément instable, cette résolution européenne est au cœur des enjeux majeurs auxquels l’Europe se trouve confrontée, alors que notre continent doit affirmer sa présence et sa souveraineté face aux pressions extérieures et aux rivalités croissantes dans l’Arctique et l’Atlantique Nord.
Cette proposition de résolution, adoptée de manière consensuelle par la commission des affaires étrangères le 4 juin 2025, est sur le devant de la scène en raison de l’actualité internationale. La commission que je préside suit ce dossier avec attention et, demain, nous tiendrons une table ronde avec des membres éminents du parlement danois. Si le Groenland peut paraître éloigné géographiquement, son avenir conditionne directement notre propre sécurité collective et notre destin d’Européens.
Le texte que nous soumettons à l’approbation de notre assemblée affirme notre soutien au Danemark et au Groenland face aux pressions impérialistes. Elle donne aussi une nouvelle ambition à la coopération européenne en matière de défense collective en traduisant une prise de conscience essentielle et profonde : si les menaces contemporaines ne respectent pas les frontières traditionnelles, seule une Europe unie et résolue pourra assurer la sécurité de ses populations et la stabilité de notre voisinage immédiat.
Dans un contexte géopolitique marqué par la résurgence des logiques de puissance et par des stratégies visant à diviser et à affaiblir l’unité européenne, cette résolution envoie un signal clair. À travers elle, nous affirmons de manière transpartisane notre volonté d’une Europe forte, capable d’agir de manière autonome et de se faire respecter. Mais cette résolution n’a pas qu’une importance symbolique : elle vient appuyer et légitimer les initiatives très fortes prises par l’exécutif français au cours des dernières semaines.
Je me réjouis que, sur l’impulsion de la France, le dialogue stratégique bilatéral et multilatéral avec le Danemark, le Groenland et d’autres États européens se soit intensifié. Le 28 janvier, en recevant les premiers ministres danois et groenlandais, le président de la République a ainsi évoqué un véritable « réveil stratégique » de l’Europe, qui consiste à affirmer notre souveraineté et à contribuer à la sécurité de l’Arctique. Au plus fort des tensions agitées autour de la souveraineté danoise sur le Groenland, la France a agi avec détermination. Avec sept autres pays européens, elle a déployé un contingent symbolique dans le cadre de l’exercice Endurance arctique, et a réaffirmé sa disponibilité pour contribuer pleinement à la sécurisation de la zone. Dans ce cadre, d’autres déploiements militaires sont d’ores et déjà prévus. Enfin, la diplomatie française a pu s’appuyer sur le consensus républicain concernant le Groenland pour promouvoir une position européenne unifiée dans de nombreux forums internationaux. Ce faisant, l’Europe se positionne comme un acteur crédible dans les discussions sur la sécurité globale.
Cette proposition de résolution européenne envoie donc un signal fort. L’Europe assume pleinement son rôle, protège ses marges, soutient ses États membres et se prépare collectivement aux défis de demain. Pour toutes ces raisons, il est essentiel que son adoption par notre assemblée soit la plus large possible.

 

Maud Petit (députée)
> [Lutte contre le sida / Intervention à l’Assemblée] Nous vivons un moment que beaucoup n’auraient jamais imaginé connaître : l’éradication du VIH n’est plus un rêve lointain mais un objectif à portée de main. Le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (Onusida) nous fixe un cap clair pour 2030 : zéro nouvelle infection, zéro décès lié au sida, zéro discrimination.
Pour celles et ceux qui ont traversé les années noires, qui ont vu des proches partir trop tôt, cet horizon a longtemps semblé irréel. Pourtant, la perspective de tourner la page d’une épidémie qui a marqué l’histoire contemporaine n’a jamais été aussi proche.
Depuis les années 1980, près de 92 millions de personnes ont été infectées par le VIH et plus de 44 millions sont mortes de maladies opportunistes liées au sida. Ces chiffres rappellent l’ampleur du combat mené.
Aujourd’hui, nous disposons d’outils puissants : les traitements antirétroviraux, qui permettent de vivre avec le VIH, la prophylaxie pré-exposition, dite Prep, qui empêche l’infection, et des avancées scientifiques majeures qui ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques. Tout cela n’a été possible que grâce à une coopération internationale solide et à des financements pérennes.
Or cette dynamique est fragilisée. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les financements américains consacrés à la santé mondiale ont été drastiquement réduits. Les États-Unis, qui sont pourtant le premier contributeur historique du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ont mis fin au financement de l’Onusida, supprimé la quasi-totalité du Plan d’urgence présidentiel de lutte contre le sida (le PEPFAR) et réduit de 83 % les contrats de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) destinés aux programmes internationaux.
Ce retrait n’est pas théorique. Ses conséquences sont déjà très concrètes : des cliniques ferment, des campagnes de prévention s’interrompent, des traitements n’arrivent plus à destination et des flambées d’infection réapparaissent en Amérique latine, au Moyen-Orient ou encore en Afrique du Nord.
Si cette trajectoire devait se poursuivre, l’Onusida estime que, d’ici à 2029, les nouvelles infections pourraient être multipliées par six et les décès supplémentaires par dix et que 3,4 millions d’enfants pourraient devenir orphelins. Ce sont les populations les plus vulnérables –
 celles qui dépendent le plus de laide internationale – qui paieront le prix de ce désengagement.
Dans ce contexte, l
Europe na pas le droit de rester spectatrice. La France, deuxième contributrice mondiale, et l’Union européenne ont une responsabilité historique : protéger les acquis, maintenir l’effort et assumer un leadership clair dans la lutte contre le VIH.
C’est tout le sens de cette proposition de résolution européenne, qui appelle à renforcer la contribution européenne au Fonds mondial, à maintenir et amplifier le soutien à la recherche scientifique et à faire de la lutte contre le VIH une priorité stratégique de l’Union.
Le groupe Les Démocrates, qui partage pleinement ces objectifs, votera pour cette résolution, tout d’abord parce que l’Europe doit être un pilier de la solidarité internationale, ensuite parce que nous avons la capacité –
 et le devoir – de préserver les progrès scientifiques et de sauver des vies et enfin parce quen adoptant ce texte, nous affirmons que l’éradication du VIH dici à 2030 nest pas un mirage mais une réalité possible à condition de rester unis, constants et déterminés.

 

● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> Syrie : la France ne peut trahir le peuple kurde À Hassaké comme aux abords de Kobané, le pouvoir syrien choisit la force contre ceux qui furent nos alliés essentiels dans la lutte contre l’État islamique.
En tant que sénatrice de la République, je refuse le silence et l’indifférence. J’appelle le Gouvernement à défendre sans ambiguïté les droits du peuple kurde et à assumer pleinement nos responsabilités diplomatiques et sécuritaires.
Cette exigence, je la porterai au Sénat et partout où la voix de la France doit être entendue, avec la gravité et la fidélité que commandent nos principes.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Plaisir d’intervenir à l’événement organisé par Radan Kanev au Parlement européen sur le populisme, Trump et notre relation transatlantique. Nous ne vivons pas un simple épisode politique mais une onde de choc transatlantique. Une véritable guerre culturelle qui affecte nos démocraties, nos politiques publiques et la place de l’Europe dans le monde. Face à l’idéologie MAGA et aux populistes européens, nous devons faire preuve de lucidité, parler le langage de la crédibilité et renforcer notre indépendance stratégique. L’Europe n’est pas faible. Nous disposons des atouts industriels, technologiques et démocratiques pour défendre notre modèle : pluralisme, état de droit, protection sociale, droits des femmes. Et ce qu’il nous faire, c’est accélérer sur notre agenda de puissance politique. Il ne s’agit pas seulement de constater la montée du populisme, mais de décider si nous acceptons qu’il détermine notre avenir. Il n’y a aucune fatalité à ce que le nouveau monde soit pire que celui d’avant.

> Jordan Bardella l’assurait encore hier matin la main sur le cœur : « Donald Trump n’a jamais été mon modèle ». Pourtant, aujourd’hui au Parlement européen, son groupe va recevoir la fine fleur des réseaux trumpistes, the Heritage Foundation en tête. Avec un objectif : abattre nos législations sur le numérique qui s’appliquent en premier lieu aux GAFAM. Le RN n’est ni pro-européen, ni même patriote. C’est le cheval de Troie des intérêts US contre ceux des Français et des Européens.

 

Christophe Grudler (député)
> La flambée des prix de l’énergie mine le pouvoir d’achat des Européens et la compétitivité de notre économie. Pour Renew Europe, il ne s’agit pas seulement d’une question de coût de la vie, mais aussi d’autonomie stratégique. L’Europe dépense encore plus de 350 milliards d’euros par an pour importer des énergies fossiles, un montant qui échappe à notre économie au lieu d’être investi dans nos énergies renouvelables, nos réseaux et nos technologies propres. Si nous voulons réellement sortir progressivement des énergies fossiles, nous devons mettre en œuvre une politique énergétique cohérente : rendre l’énergie propre moins chère, plus attractive et largement accessible grâce à l’électrification, une fiscalité plus intelligente et des incitations financières fortes pour les consommateurs. C’est ainsi que nous pourrons réduire les factures, renforcer notre industrie et reprendre le contrôle de notre avenir énergétique.

 

● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)

> Attaquer une enseignante, c’est attaquer la République. L’École doit rester un sanctuaire. J’adresse toutes mes pensées à cette enseignante, à ses proches et à l’ensemble de nos professeurs qui font tenir la Nation debout.

> Horreur absolue à Lille. Droguer, violer, torturer un enfant de 5 ans : le visage le plus sombre de la barbarie. J'ai une pensée pour cet enfant victime de l'indicible par son propre père. Je salue le travail des équipes mobilisées pour mettre ces prédateurs hors d'état de nuire.

> S'engager d'urgence pour des villes à hauteur d'enfants Des solutions existent pour transformer nos villes : espaces publics apaisés, sécurité renforcée, place réelle donnée à la parole des enfants. C'est un enjeu profondément politique.

 

 


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