Voici une sélection, ce 24 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je me suis entretenu avec le Président de
l’État d’Israël, Isaac Herzog. Je l’ai assuré de la pleine solidarité de la
France avec le peuple israélien face aux attaques quotidiennes de l’Iran et du
Hezbollah dont il est la cible. Ces attaques doivent cesser immédiatement. Au
Moyen-Orient, j’ai marqué la nécessité absolue que les parties au conflit
s’attachent à préserver les infrastructures civiles et énergétiques, qui font
vivre des millions de personnes, et s’engagent sur la voie d’une reprise
sincère du dialogue, dans l’intérêt de la paix et de la sécurité de tous. L’Iran
doit également rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. J’ai
également souligné l’urgence de prévenir une nouvelle escalade du conflit au
Liban, dont la stabilité et l’intégrité territoriale doivent être préservées.
Le Hezbollah a commis une faute majeure en décidant d’attaquer Israël. Face à
cette situation, la priorité de la France est la désescalade, le soutien aux
efforts de l’exécutif libanais, qui a pris des décisions fortes et courageuses
pour la souveraineté de l’État libanais, et la préservation des infrastructures
et des populations civiles, qui sont les premières victimes de cette crise.
J’ai aussi rappelé mes attentes s’agissant de la sécurité de la FINUL. J’ai dit
au Président Herzog ma conviction que la reprise de discussions directes entre
Israël et le Liban est une opportunité qui doit être saisie. La France se
mobilise en ce sens. La crise régionale ne doit pas non plus nous faire oublier
la situation à Gaza, où la situation humanitaire est catastrophique, et en
Cisjordanie, où il doit être mis fin à l’impunité de ceux qui commettent des
violences inacceptables contre les civils palestiniens.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je me suis entretenu avec le Président iranien Massoud Pezeshkian. J’ai rappelé l’absolue nécessité de mettre fin aux attaques inacceptables contre les pays de la région, à préserver les infrastructures énergétiques et civiles et à rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. J’ai appelé l’Iran à s’engager de bonne foi dans des négociations, afin d’ouvrir une voie vers la désescalade et de fournir un cadre permettant de répondre aux attentes de la communauté internationale s’agissant du programme nucléaire et balistique de l’Iran, ainsi que ses activités de déstabilisation régionale. J’ai enfin exhorté l’Iran à permettre le retour en France de nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris dans les plus brefs délais.
> Lionel Jospin est un grand destin français : Premier secrétaire du PS de François Mitterrand, ministre de l’Education nationale, Premier ministre, membre du Conseil Constitutionnel. Par sa rigueur, son courage et son idéal de progrès, il incarnait une haute idée de la République.
> Félicitations cher Robert Golob pour ta victoire électorale, qui témoigne de la confiance des Slovènes dans un cap européen, démocratique et de progrès. Nous sommes ensemble pour faire avancer une Europe fidèle à ses valeurs, plus souveraine et plus forte.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je viens de m’entretenir avec le Prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed Ben Salmane. Je lui ai redit la solidarité de la France et notre engagement à contribuer à la défense aérienne du territoire saoudien, alors que le pays fait l’objet de frappes répétées et inacceptables de missiles et de drones iraniens. Face au risque d’une escalade incontrôlée, il est plus que jamais essentiel que l’ensemble des belligérants s’accordent pour mettre en place un moratoire sur les infrastructures énergétiques et civiles et que l’Iran rétablisse la liberté de circulation dans le détroit d’Ormuz. L’heure est à la responsabilité et à la retenue, afin de créer les conditions d’une reprise du dialogue qui, seul, pourra garantir la paix et la sécurité de tous. Dans ce moment critique, le G7 et le Conseil de coopération des États arabes du Golfe doivent renforcer leur coordination. La France et l’Arabie saoudite y travaillent de concert.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je me suis entretenu avec le Sultan d’Oman. Je l'ai remercié pour les efforts d'Oman afin de trouver une solution négociée à la crise et l’ai assuré de la solidarité de la France avec le Sultanat face à l’escalade régionale. Nous avons évoqué la nécessité de travailler à rétablir la liberté et la sécurité de navigation dans le détroit d’Ormuz, de manière concertée et lorsque les conditions le permettront. Le rôle du Sultanat sera clé dans ce contexte. Aux Omanais, je redis mon amitié et ma détermination à œuvrer en lien avec nos partenaires à une désescalade du conflit, qui passe notamment par un moratoire immédiat et complet sur les attaques visant les infrastructures énergétiques et civiles.
> Dix ans après les attentats islamistes de Bruxelles, nous n’oublions rien. À nos amis belges, aux familles des victimes et aux blessés, j’adresse la solidarité fraternelle de la France. Jamais nous ne céderons face au terrorisme.
> [Discours lors de l’inauguration de l’exposition
« Byblos, cité millénaire du Liban » à l'Institut du Monde Arabe] Deux mots en
cette journée. Le premier, je m'exprime devant vous, et ce matin a été annoncé
la disparition d'un ancien Premier ministre de notre pays, Monsieur Lionel
Jospin, et je veux avant toute chose dire ici l'émotion, le respect de la
nation tout entière et dire qu'un hommage national lui sera rendu jeudi.
Et je suis très heureux, malgré ces mots que je viens d'avoir et la tristesse
qui entoure ce moment, je suis très heureux de vous retrouver ici, à l'Institut
du monde arabe, pour ce moment singulier. Très heureux de vous retrouver parce
que j'aime ce lieu, y retrouver beaucoup de visages amis et parce que c'est la
première fois que j'y retourne depuis que vous êtes Présidente.
Et donc je suis heureux de vous retrouver ici, après avoir eu la chance de vous
avoir à mes côtés, Madame la Présidente, et je suis sûr que vous ferez bien
dans cette place. Et je veux ici saluer votre travail, celui de toutes vos
équipes, et avec vous, du Conseil d'administration, des ambassadrices, des
ambassadeurs qui vous accompagnent, de l'ensemble des équipes de l'Institut du
Monde Arabe, et je veux ici vous dire vraiment ma confiance et notre soutien,
et je sais que les ministres aussi accompagnent ce mouvement.
Et puis, je veux avoir un mot pour votre prédécesseur, Jack Lang, qui a
beaucoup fait pour cette exposition et qui, pendant toutes ces années, a
beaucoup fait pour l'Institut du Monde Arabe. Et je pense qu'il est juste qu’un
hommage lui soit rendu pour son engagement à la tête de cet institut.
Alors, être parmi vous aujourd'hui, c'est d'abord une marque d'estime, de
respect, d'amitié, pour féliciter celles et ceux qui ont rendu possible cette
exposition. Évidemment, l'Institut du monde arabe, le musée du Louvre, les
services du Quai d'Orsay, l'ensemble des partenaires, cher Ghassane, le
ministère de la Culture, la DGA, l'ensemble des équipes, évidemment, de votre
ministère, du site de Byblos, et l'ensemble des équipes qui ont contribué. Et
puis, évidemment, les fondations, les mécènes, institutions et particuliers qui
ont accompagné ce chemin et permis cette exposition absolument magnifique au
sein de laquelle nous venons de cheminer.
C'est aussi dire combien la France, à travers l'IMA, à travers les services du
Quai d'Orsay comme du ministère de la Culture, veut continuer d'être impliquée
aux côtés du Liban.
En effet, nous avons pris des décisions et des investissements ont encore été
confirmés dans ce contexte, tout particulièrement pour poursuivre ce travail,
pour sauver le patrimoine, pour continuer d'accompagner nos chercheurs, vos
chercheurs, les coopérations scientifiques et muséographiques exceptionnelles
qui unissent nos deux pays et permettent à ces civilisations, à nos histoires
de continuer non seulement d'être découvertes, comprises, de prospérer, je veux
dire que nous faisons ce travail en complicité, évidemment, avec votre
ministère, avec tout ce qui est fait par, également, l'UNESCO, que j'ai cité
tout à l'heure, l'œuvre d'Orient et, au fond, cette géographie si singulière
qui nous lie dans la région et qui permet, depuis tant d'années, à la France
d'y exercer ce rôle, oui, si singulier qui est le nôtre, quand on parle de la
culture et quand on parle de votre pays.
Monsieur le ministre, cher Ghassane, vous venez de le dire à l'instant en
parlant, en quelque sorte, de la leçon de Byblos. Et pour toutes celles et ceux
qui vont, dans quelques minutes, avoir la chance de découvrir cette exposition,
elle dit beaucoup, presque de manière métaphorique, de ce qu'est le destin du
Liban dans cette région, devoir résister face aux empires. Face à la brutalité
des empires, résister par l'innovation, par la culture, par la capacité à
inventer, à transmettre, par un syncrétisme remarquable. Vous me montriez tout
à l'heure, en cheminant entre les pièces, comment, d'une face à l'autre d'une
même sculpture, on peut trouver du phénicien et de l'égyptien. C'est le destin
tout entier du Liban qui est rappelé, au fond, dans ce chemin, et celui de
résister à la destruction des empires en sachant se montrer indispensable, car,
au fond, plus intelligent, en y apportant un visage, celui qui n'est pas la
brutalité des empires, mais la force des civilisations. C’est ça, ce qui nous
lie.
Mais la deuxième leçon de Byblos, c'est celle que vous avez démontrée par cette
exposition, celle qui consiste à résister, celle qui consiste, alors que
l'exposition était prévue en 2024 et que la guerre, déjà, faisait que le Sud
était occupé et que le Liban était, une fois encore, sous occupation et sous
les bombes, a été repoussé. Celle qui a fait que, malgré tout cela, vous avez
tenu et que l'exposition se tient. Le fait de tenir cette exposition, ce que
les équipes ont réussi à faire au Liban, en France, avec les partenaires
français que j'évoquais tout à l'heure, plusieurs de vos partenaires européens
aussi, dit quelque chose du destin du Liban, du Liban contemporain et de ce qui
nous lie. C'est que rien ne peut résister à la culture. Alors oui, il y a des
pièces qui manquent et elles sont dites par la lucidité que vous évoquez à
l'instant où le manque est figuré. Mais elle dit que rien ne peut arrêter les
femmes et les hommes qui fouillent, qui cherchent, qui veulent expliquer, qui
veulent montrer et qui veulent dire ce que le Liban doit continuer de dire dans
cette région et pour le monde, qui est, au fond, une possibilité de vivre
ensemble.
C'est ce qui fait que le Liban a ce lien si unique avec la France. C'est ce qui
fait que le Liban, avec sa géographie, son histoire, n'est pas simplement lié à
notre pays dans l'époque moderne et par le Grand Liban et les rêves que nous y
avons projetés et auxquelles vous avez répondues et par nos fantasmes
réciproques. C'est simplement qu'il y a dans l'histoire de ce pays quelque
chose qui correspond profondément à l'universalisme français. C'est une
capacité à résister chacun dans sa culture, sa religion et ce qu'il porte, avec
une volonté de vivre ensemble pour un projet national qui les réconcilie, qui
ne nie rien de ces cultures, qui ne demande pas d'oublier ses religions, mais
qui considère qu'il est possible de vivre non pas face à face ou l'un contre
l'autre, mais ensemble dans un même projet qui est un projet de respect. C'est
pour ça que le Liban est plus grand que lui-même. C'est pour ça qu'à l'heure du
fracas entre les religions, à l'heure où quelques-uns voudraient nous pousser à
l'escalade des guerres, à l'heure où quelques autres voudraient nous faire
croire que la sécurité ne peut être assurée que par l'envahissement du voisin
qui fait peur.
Le Liban ne rappelle qu'une chose, la force de l'universalisme et le fait que
rien ne doit prévaloir sur ce message, et la force, vous l'avez rappelé, que le
droit international porte, qui est la possibilité de vivre en paix.
Et c'est pourquoi la France se trouve une fois encore aux côtés du Liban, pas
par fidélité, même si cela suffirait, au fond, pas par amitié profonde, cela
suffirait aussi, mais parce que le combat du Liban, aujourd'hui, est juste.
C'est se battre contre tous ceux qui menacent sa sécurité ou celle des voisins.
Et personne ici ne justifie les attaques et les mouvements terroristes. Mais
c'est ce message qui consiste à dire que le Liban seul doit gérer ses problèmes
et que rien ne doit justifier qu'il vienne violer son intégrité territoriale,
sa souveraineté, si ce n'est la répétition d'histoires déjà connues, il y a
quelques années et qui n'ont produit aucun effet, ni même celui que ceux qui
les recommencent aujourd'hui voudraient nous faire croire.
Et donc, la France se tient dans la région depuis le premier jour pour dire ce
message de paix, de stabilité, d'importance du droit international. Comment
voudrons-nous encore nous croire, nous qui sommes membres permanents du Conseil
de sécurité, comment les Européens pourraient être respectés, qui défendent
l'intégrité territoriale et la souveraineté quand il s'agit de l'Europe, si on
ne la défendait pas quand il s'agit du Liban ou d'ailleurs ? Il n'y a pas
de double standard en droit international, ça n'existe pas.
Et tous ceux qui justifient là-bas une hégémonie qu’ils nieraient ici se
trompent ô combien ce que nous portons est ce même message. Celui qui croit
dans l'universalisme, celui qui croit dans l'humanisme, celui qui croit dans le
droit international. Le respect de la souveraineté des peuples est derrière de
la dignité humaine. C'est cela, la politique que mène la France.
Dans le moment que nous vivons, je veux ici redire mon soutien à vous, Monsieur
le ministre, à votre gouvernement et à votre Président de la République et vous
dire combien nous sommes à vos côtés. Ils ont eu des mots très forts pour
rappeler le monopole de la force et des armes portant un projet. Le rôle de la
France, c'est d'être à vos côtés dans ce moment. À travers ce lien et cette
exposition, à travers l'aide humanitaire que nous avons apportée ces dernières
semaines et que nous continuerons d'apporter pour venir en soutien, évidemment,
des déplacés et de toutes les régions qui sont bousculées avec tant et tant de
vos compatriotes après des années si difficiles. Et pour tout faire pour que
cessent les bombes, pour tout faire pour que cesse l'opération terrestre en
cours et pour que l'intégrité territoriale du Liban soit recouvrée. Et ça n'est
que dans ce cadre que la paix pourra être construite et ça n'est que dans ce
cadre que la sécurité de tous dans la région pourra être assurée.
Aucune occupation, aucune forme de colonisation, ni ici, ni en Cisjordanie, ni
ailleurs, ne saurait assurer la sécurité de qui que ce soit. Et je n'oublie pas
évidemment Gaza qui a été aussi reconnu, magnifié dans ces lieux avec une
exposition superbe il y a quelques mois. Et ce n'est pas parce que l'attention
de partie de la communauté internationale s'est détournée que nous ne saurions
ici redire évidemment l'importance de rétablir pleinement là aussi l'aide
humanitaire à Gaza et surtout de poursuivre le chemin de la seule voie de la
paix qui est celle de la reconnaissance politique celle qui a choisi la France
et celle, je l'espère, que suivra complètement la communauté internationale.
C'est pourquoi, ce soir, je suis particulièrement heureux pour cette double
leçon de Byblos, celle de la résistance d'une civilisation et d'un syncrétisme
face à la brutalité des empires et celle de l'entêtement magnifique des femmes
et des hommes qui ont rendu cette exposition possible.
µSoyons des entêtés des justes combats. Soyons des entêtés de la culture, du
beau, de l'intelligence, du droit. Car ces combats, qui peuvent paraître
désuets pour les uns, terriblement intempestifs pour les autres, sont, au fond,
pas simplement les plus contemporains, mais les seuls qui comptent. Les seuls
qui comptent, car, regardez, plus de 4 000 ans plus tard, ce sont bien ceux à
qui, ici, nous rendons hommage.
Alors, soyez fiers de les porter et comptez, en tout cas, sur la France pour
être à vos côtés et sur l'amitié indéfectible qui lie la France au Liban. Vive
notre amitié ! Vive la République ! Et vive la France !
> Heureux de recevoir le président Luis Abinader à Paris. La France est depuis 20 ans le partenaire privilégié de la République dominicaine dans le secteur des infrastructures et des transports urbains. Nos deux pays ont par ailleurs développé une coopération importante dans le domaine sécuritaire et la lutte contre le narcotrafic dans la région. La République dominicaine est également un partenaire pour nous sur les enjeux globaux, et notamment sur la lutte contre les Sargasses qui touche fortement les Caraïbes. J’ai redit au Président Abinader l'attachement de la France à cette relation solide et de confiance.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Lettre aux maires de France]
Au lendemain du second tour des municipales, je me suis adressé aux maires.
Les élections ont livré un message exigeant : participation trop faible,
engagement local qui nous honore, choix parfois contrastés. Le Gouvernement
fixe ses priorités à partir de ce qui a été entendu sur le terrain pour agir
concrètement au plus près des Français : sécurité, simplification et
décentralisation, santé et logement. Notre responsabilité est claire. Ne céder
ni aux fractures ni aux postures, mais rester fidèles à l’esprit de
responsabilité qui fait tenir la République.
[Voici le contenu de la lettre]
Au lendemain du second tour des élections municipales, je veux vous adresser
mes félicitations républicaines.
Le suffrage universel vous a confié une responsabilité exigeante. Vous êtes,
partout sur le territoire, les premiers visages de la République. Vous êtes
aussi ceux qui entendent, avant tous les autres, ce que vivent nos concitoyens.
Les élections municipales ont livré un message exigeant : une participation
trop faible qui nous oblige, un engagement local qui nous honore, et des choix
parfois contrastés qui nous imposent une chose simple — agir concrètement, au
plus près du terrain. Dans une campagne souvent dure, parfois marquée par des
excès qui n’ont pas leur place dans notre vie démocratique, et alors même que
le contexte international appelle à la lucidité et à l’unité, notre
responsabilité est claire : ne céder ni aux fractures ni aux postures, mais
rester fidèles à l’esprit de responsabilité qui fait tenir la République.
Au global, les urnes n’ont sacré personne — elles obligent donc chacun à
prendre ses responsabilités et à agir, sans attendre les prochaines échéances
électorales. Les partis politiques représentés au Parlement devront démontrer
qu’ils savent dépasser les réflexes habituels et trouver les compromis
nécessaires à la défense de l’intérêt général.
Le Gouvernement quant à lui a fait un choix simple : partir de ce que vous avez entendu sur le
terrain pour fixer ses priorités dans les prochaines semaines.
Partout, et quel que soit
les opinions politiques, une première attente s’est exprimée : celle de la sécurité dans vos communes, et
dans le quotidien de vos administrés.
C’est le sens du projet de loi que présentera cette semaine le ministre de
l’Intérieur, visant à apporter des réponses immédiates aux troubles qui
affectent l’ordre public, la tranquillité et la vie quotidienne de nos
communes, dans les zones urbaines comme dans les régions rurales. Dans le même
esprit, nous achèverons l’examen du texte renforçant les prérogatives des
polices municipales et des gardes champêtres, construit avec les associations
d’élus. Il s’agit d’agir concrètement, au plus près du terrain pour permettre
aux agents communaux de mieux faire respecter la loi, en lien étroit avec les
forces de police ou de gendarmerie. Des textes sur l’organisation de notre
système judiciaire seront également présentés.
Mais la sécurité ne peut être dissociée d’une autre exigence que vous avez
largement exprimée : celle de la
diminution des normes et des procédures qui encadrent les initiatives des
acteurs locaux.
Nous engagerons ainsi un projet de loi de simplification des collectivités
territoriales. Ce ne sera pas un texte de contrainte. Ce sera un texte de
liberté : moins de normes, moins de procédures inutiles, plus de
responsabilités claires. Cette démarche prolonge les premières mesures déjà
prises récemment par décret, pour réduire les normes et les contraintes
procédurales qui ralentissent et entravent les projets pour lesquels vos
administrés vous ont élus.
Dans le même mouvement, plusieurs textes législatifs ou réglementaires
viendront simplifier la vie économique et agricole, avec un objectif constant :
faire confiance plutôt que compliquer les projets.
Nous irons également plus loin pour réformer l’organisation de l’État
local. Le rôle du préfet sera renforcé pour mieux coordonner l’action de toutes
les administrations de l’Etat - y compris les agences - dans le département,
mais aussi pour rendre plus claire la répartition des responsabilités et des
compétences entre l’Etat et les collectivités locales. Là encore, l’objectif
est simple : décider plus vite, agir plus efficacement, assumer les
responsabilités.
Au-delà des textes qui seront présentés au Parlement, le Gouvernement
poursuivra des priorités qui devront permettre d’obtenir des résultats concrets
et rapides dans les services publics rendus à nos concitoyens au quotidien.
En matière de santé, le
déploiement de « France Santé » doit permettre un accès aux soins en moins de
48 heures et à proximité de chaque Français. Le dispositif doit s’adapter aux
difficultés de chaque commune, les préfets sont à votre disposition pour
concevoir avec vous la meilleure réponse à apporter dans la vôtre. Une réforme
des Agences Régionales de Santé sera annoncée dans les tous prochains jours
pour renforcer leur proximité sur le terrain.
Concernant le logement, un
plan de relance a été engagé (“Relance Logement”), avec un objectif de
construction et de rénovation massif pour répondre à la crise que connaissent
de nombreux territoires. Un projet de loi est en cours de concertation, il
permettra la décentralisation de la politique du logement pour vous transférer
plus de compétences.
Enfin, un travail de fond se poursuivra avec vous pour franchir une
nouvelle étape dans la décentralisation des compétences : clarifier qui décide,
à quel niveau, avec quels moyens. C’est une condition de l’efficacité et de la
confiance. Ce travail doit permettre à nos concitoyens de savoir qui décide,
pour savoir à qui demander des comptes. Je reste convaincu que le pouvoir doit
davantage “être partagé” dans le pays, et dans la clarté.
La méthode est constante : ni passage en force, ni immobilisme. Le Gouvernement
proposera, le Parlement débattra et votera, vous serez associés.
Dans la période qui s’ouvre, je souhaite que le lien entre l’État et les
maires soit direct, exigeant et utile. Nous avons besoin de votre expérience et
de votre engagement pour réussir.
La République avance quand elle part du terrain. C’est le choix que nous
faisons.
> Merci aux citoyens et à tous ceux mobilisés dans les communes - assesseurs, agents municipaux et personnes en charge du dépouillement - pour le bon déroulement de ces élections municipales. Candidats, électeurs, agents des collectivités et de l’État : votre engagement fait vivre la démocratie.
> La sécurité est une priorité, dans les communes comme dans le quotidien des habitants. Cette semaine, le ministre de l’Intérieur présentera un projet de loi, conçu avec les associations d’élus, pour répondre aux troubles qui affectent l’ordre public, la tranquillité et la vie quotidienne, en ville comme en zone rurale. Les forces de police et de gendarmerie verront leurs prérogatives renforcées. Objectif : agir concrètement, au plus près du terrain, pour permettre aux agents de mieux faire respecter la loi. Des textes sur l’organisation du système judiciaire seront également présentés.
> Un plan Relance Logement a été engagé pour répondre à la crise que connaissent de nombreux territoires. Objectif : construire et rénover massivement et permettre aux communes de prendre plus de décisions localement. Un projet de loi en concertation permettra la décentralisation de la politique du logement et de transférer davantage de compétences aux élus.
> L’offre de soins reste insuffisante dans de nombreux territoires. Le déploiement de France Santé doit permettre un accès aux soins en moins de 48 h et à proximité de chaque Français. Le dispositif s’adapte aux difficultés de chaque commune, les préfets sont à votre disposition pour concevoir avec vous la meilleure réponse localement. Objectif : obtenir des résultats concrets et rapides dans les services publics rendus aux Français au quotidien. Une réforme des Agences Régionales de Santé sera annoncée dans les tous prochains jours pour renforcer leur proximité sur le terrain.
> Trop de normes freinent l’action locale. Nous lancerons un projet de loi de simplification des collectivités locales : ce ne sera pas un texte de contrainte, mais un texte de liberté. - moins de normes - moins de procédures inutiles - plus de responsabilités claires Cette démarche prolonge les mesures déjà prises par décret et s’applique aux projets pour lesquels les élus ont été choisis. D’autres textes simplifieront la vie économique et agricole. Objectif : renforcer l’action locale, clarifier les responsabilités et permettre aux préfets de mieux coordonner l’État pour décider et agir plus vite.
> [Prix de l’énergie] La crise au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d’Ormuz font monter les prix de l’énergie partout dans le monde. Concrètement, cela touche directement des secteurs essentiels : la pêche, le transport, l’agriculture… donc aussi notre quotidien. Face à cette situation, le Gouvernement est mobilisé. Nous travaillons avec les acteurs économiques pour organiser la solidarité entre les filières et aider les entreprises les plus fragiles à passer ce cap, notamment en soutenant leur trésorerie. Les ministres concernés détailleront prochainement les différentes mesures. En parallèle, nous renforçons notre capacité à produire en France : le Gouvernement a demandé et permis à la raffinerie de Gravenchon d’augmenter rapidement ses capacités. Objectif : protéger nos emplois, soutenir nos entreprises et garantir le bon fonctionnement de l’économie. Dans un contexte international instable, l’État est pleinement engagé aux côtés des Français.
> Lionel Jospin nous a quittés. Premier ministre de 1997 à 2002, ancien ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, Premier secrétaire du Parti socialiste, député de la Haute-Garonne et membre du Conseil constitutionnel, il a servi la France avec constance, exigence et sens des responsabilités. Son action, guidée par une certaine idée du progrès social et des valeurs républicaines, laisse une empreinte durable et un modèle d’engagement. La France perd aujourd’hui un serviteur fidèle, dont le nom restera lié à l’État. Condoléances à sa famille et à ses proches.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Hier soir, à l’occasion des élections municipales, je suis allé à la
rencontre des équipes du ministère de l’Intérieur pleinement mobilisées pour ce
second tour comme depuis plusieurs mois pour assurer le bon déroulement du
scrutin. Je veux saluer l’engagement des agents des préfectures, des élus
locaux, des agents municipaux, des présidents de bureaux de vote, des
assesseurs et des citoyens qui, partout en France, permettent l’expression du
vote et font vivre notre démocratie. À toutes et tous, merci pour votre
mobilisation au service de la République.
> Il y a 8 ans, le colonel Arnaud Beltrame faisait le choix du courage absolu, en donnant sa vie pour en sauver une autre lors de l’attentat de Trèbes. Son sacrifice et son sens de l’honneur resteront à jamais gravés dans la mémoire de la Nation. La France ne l’oublie pas.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> [Hostilités au Moyen-Orient] Lorsque vous avez un accord de partenariat,
par définition, vous êtes engagés (…) pour aider ces pays à se défendre.
> [Hostilités au Moyen-Orient] À Riyad, je me suis entretenue avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane Al Saoud. L’Arabie saoudite peut compter sur le soutien de la France pour contribuer à la défense de son espace aérien. Face aux frappes inacceptables de l’Iran, nous sommes aux côtés de notre partenaire, au service de la désescalade et de la stabilité régionale.
> [Hostilités au Moyen-Orient] À Doha, je me suis entretenue aujourd’hui avec le vice-Premier ministre et ministre d’État chargé des Affaires de défense du Qatar, Cheikh Saud ben Abdulrahman Al-Thani. J’ai réaffirmé le soutien de la France au Qatar pour faire face aux attaques iraniennes et salué la solidité de notre coopération de défense.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Aux Émirats Arabes Unis aujourd’hui, je me suis rendue auprès de nos militaires déployés dans la région pour leur dire la reconnaissance de la Nation pour leur engagement, ainsi que la fierté qu’ils nous inspirent. La mission que nos forces y accomplissent, avec professionnalisme et dans un cadre strictement défensif, est fondamentale : protéger nos ressortissants, nos emprises et nos intérêts, soutenir nos partenaires régionaux.
> Le 23 mars 2018, le Colonel Arnaud Beltrame faisait le choix ultime : prendre la place d’une otage face à un terroriste islamiste. Grièvement blessé lors de cette intervention, il succombera à ses blessures dans la nuit. Mais son geste, lui, demeure. Face à la barbarie, il a opposé le courage, le devoir et le don de soi. Il a rappelé à la Nation ce qu’elle porte de plus fort. Aujourd’hui, cet engagement continue de vivre à travers chaque gendarme. À travers celles et ceux qui servent, protègent et veillent, avec la même exigence et la même force d’âme. La France se souvient.
> Amicales félicitations à Arnaud Robinet pour cette belle victoire avec une équipe renouvelée engagée au service de tous les Rémois.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Choc pétrolier / Intervention à l’Assemblée] Que ce soit en 1975, en
1979, en 1990, en 2003, en 2007 et en 2022, et comme ce sera le cas en 2026, un
choc pétrolier n’est pas une bonne nouvelle pour les comptes de l’État. En
effet, cela conduit à une hausse des dépenses sociales sans que les impôts
augmentent. (…) Nous faisons face à un choc extérieur majeur, que nous devons
affronter ensemble, en évitant de nous diviser!
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Hostilités au Moyen-Orient / Intervention à l’Assemblée] Nos pensées vont
aussi aux populations civiles, qui vivent dans la terreur des bombardements,
que ce soit en Israël, en Iran ou au Liban. Dans ce dernier pays, une nouvelle
fois, plus de 1 million de personnes se retrouvent déplacées. J’ai pu le
constater moi-même dans la banlieue sud de Beyrouth il y a quelques
jours : des familles retrouvent, deux ans après, les mêmes abris qu’elles
avaient dû gagner pendant l’escalade militaire de la fin septembre 2024.
Dans ce contexte, le Hezbollah – qui a
entraîné le
Liban dans une nouvelle guerre – doit cesser ses frappes et Israël doit
s’abstenir de toute incursion terrestre au Liban, de toute frappe visant les
infrastructures civiles ou Beyrouth. Nous le reconnaissons, Israël a le droit
de se défendre, mais en respectant le droit international et le droit
international humanitaire. Entre les gouvernements libanais et israélien doit
s’engager une négociation, la première depuis bien longtemps, qui doit
permettre – nous
l’espérons – de trouver une solution politique à cette crise.
> La disparition de Lionel Jospin est aussi celle d’un homme d'Etat, toujours resté fidèle à ses convictions comme à la République. Je pense à ses proches et à ses compagnons de combats. Indépendamment des convictions que chacun défend dans la vie publique, sa droiture, son engagement au service du progrès et du rassemblement doivent continuer d’inspirer les responsables politiques.
> [Hostilités au Moyen-Orient / Intervention à l’Assemblée] Depuis le début de cette crise, la France a fait honneur à ce qu’elle doit être, à savoir une puissance d’équilibre, qui ne se laisse pas entraîner dans des guerres qu’elle n’a pas choisies, qui apporte la sécurité à ses ressortissants et à ses partenaires. Voilà ce que sont la France et l’Europe : nous refusons les guerres des autres mais nous protégeons les nôtres et nos amis !
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Protection de l’enfance / Intervention à l’Assemblée] Je sais combien le
Parlement est attaché à la protection des enfants. Avec Gérald Darmanin, garde
des sceaux, nous allons porter un texte qui permettra de mieux protéger tous
les enfants. Les 400 000 enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance
ont une espérance de vie inférieure de vingt ans à la moyenne. Ils ne sont que
10 % à poursuivre leur scolarité jusqu’au baccalauréat, tandis que
50 % des services de pédopsychiatrie ont affaire à ces enfants.
Le texte que nous allons déposer permettra de vérifier tous les antécédents
judiciaires des personnels de l’aide sociale à l’enfance – ce que l’on appelle l’honorabilité. Il permettra, surtout, un meilleur partage d’informations sur ces antécédents entre les différents
secteurs. Ce texte donnera aussi à ces
enfants des perspectives de vie, grâce à des moyens pour une adoption plus rapide, grâce à une
augmentation du nombre d’accueillants
familiaux ainsi que du nombre de tiers de confiance. La prise en charge de ces
enfants dans des cellules d’accueil
familial en sera ainsi améliorée.
Ces mesures sont consensuelles : chacun veut ici que les enfants soient
mieux protégés. Le projet de loi est travaillé avec les départements, qui sont
compétents sur une partie de ces questions. Sur les points que vous avez
abordés notamment, madame la députée, je ne doute pas qu’il sera enrichi par
les débats parlementaires.
Je sais également combien vous êtes attachée à la question de l’ordonnance de
protection provisoire. Nous défendrons dans le projet de loi une mesure
permettant d’accélérer la prise de décision en cette matière.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> Lionel Jospin, Premier ministre lors de mon enfance, est l’un des premiers
hommes politiques à m’avoir profondément marqué. Grand Premier ministre, il fut
l’incarnation même de la droiture, intellectuelle et morale, au service de la
justice. Ce dont on a tant besoin.
> Particulièrement heureux de la victoire de mes amis Antoine Armand et Thomas Cazenave à Annecy et Bordeaux. La sincérité, la fidélité intransigeante aux valeurs républicaines, le sérieux, le travail de terrain opiniâtre payent et c’est une formidable nouvelle pour ces villes !
> Félicitations à Emmanuel Grégoire, nouveau maire de Paris, ainsi qu’à Philippe Goujon, réélu dans le 15e arrondissement. Élu de Paris, je travaillerai avec eux, dans un esprit exigeant, pour faire des 7 ans qui viennent des années aussi utiles que possibles à la ville et au 15e.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Les Français méritent mieux qu'un choix entre le RN et LFI. C'est notre
responsabilité qu'il y ait cette alternative. Et pour que ce soit possible, il
faut une candidature unique. Il n'y a pas d'autre voie possible.
> Aux électeurs de droite, ceux qui croient en la nécessaire transformation et modernisation du pays, je le dis clairement : ne vous laissez pas abuser par le RN. Le RN a voté main dans la main avec LFI contre toutes les réformes dont notre pays a besoin.
> Par peur de perdre, on ne peut pas accepter n'importe quelle compromission. Les électeurs qui se reconnaissent dans la gauche républicaine ont massivement rejeté ces alliances de la honte avec LFI. C'est aux Français qu'il faut parler, pas aux partis.
> Félicitations cher Thomas Cazenave pour cette magnifique victoire à Bordeaux ! C'est la victoire de l'unité, du rassemblement et de la clarté. C'est ce chemin qui doit être le nôtre partout et tout le temps.
> Ce soir, à Brest, Clermont-Ferrand, Limoges, Avignon, Besançon, Poitiers, Tulle, les Français rejettent les alliances de la honte entre la gauche et LFI. Ce soir, les Français soutiennent aussi massivement le socle commun quand il est rassemblé. Uni dès le premier tour. Il nous appartient d'être à la hauteur de cette exigence. Maintenant et demain.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> École et Entreprise. L’objectif commun: booster l'insertion de nos
lycéens professionnels. Notre priorité est claire : transformer l'avenir de nos
jeunes en leur offrant un réseau et des opportunités concrètes. Nous levons les
freins pour faire du lycée pro une voie d'excellence et de réseau.
> Tristesse à l’annonce du décès de Lionel Jospin. Grand serviteur de l'État, il a marqué la France par son intégrité absolue et son exigence morale. Ancien ministre de l'Éducation nationale, il a placé l'école au cœur de la République avec cette volonté constante d'offrir un destin à chaque élève. Mes pensées émues à sa famille et à ses proches.
Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et
des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée
de la Mer et de la Pêche)
> [Eau potable / Intervention à l’Assemblée] La production d’une eau potable
de qualité, en quantité suffisante et à un coût maîtrisé, est un enjeu majeur.
Au-delà de nos concitoyens, de nombreux acteurs économiques en sont également
dépendants, dans un contexte de changement climatique qui conduira à la
raréfaction de la ressource, à la hausse de sa température et à l’augmentation
des pressions sur les milieux naturels, notamment sur l’océan. Je travaille de
mon côté à l’établissement d’une feuille de route sur la qualité des eaux
côtières.
Force est de constater que la politique de protection des captages conduite
depuis des années n’a pas atteint les résultats espérés. Environ 88 % des
captages prioritaires sont aujourd’hui délimités et 61 % d’entre eux
disposent d’un plan d’action visant à protéger la ressource en eau potable.
Face à l’ampleur de la tâche et à l’insuffisance des résultats, il est
impératif de réagir et de rendre nos politiques publiques plus efficaces.
Le seul traitement curatif est voué à l’échec : les filières de traitement
sont coûteuses, non souveraines, en raison d’une forte dépendance à des
intrants produits hors de l’Union européenne, et elles ne sont pas toujours
pérennes. En outre, de nouvelles substances, que l’on mesure mieux avec le
temps, peuvent échapper aux technologies utilisées et entraîner des surcoûts de
traitement élevés, lorsqu’il est possible d’intervenir.
La protection de la ressource en eau à la source constitue la seule solution
durable et respectueuse de nos obligations européennes, tant d’un point de vue
sanitaire qu’environnemental. Une feuille de route interministérielle a été
publiée en ce sens en mars 2025. Après plusieurs concertations avec les parties
prenantes, un scénario a été acté avec les ministères de l’agriculture et de la
santé. La logique reste la même : intervenir tôt afin de maîtriser les
pollutions sans recourir à des mesures drastiques et sans faire face à des
coûts excessifs. L’action de l’État, strictement préventive, est fondée sur des
seuils d’alerte qui permettront d’anticiper les risques et de prévoir en amont
des plans d’action adaptés, dans une approche graduée et proportionnée.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Hommage à Lionel Jospin, ancien Premier ministre et grand serviteur de
l’État. Par son action et son intégrité, il a marqué la vie publique française
et placé l’éthique au cœur de l’engagement politique. Pensées pour sa famille
et ses proches.
> À la demande de Sébastien Lecornu, nous demandons aux raffineurs d’étudier une augmentation rapide et temporaire de leurs capacités pour sécuriser l’approvisionnement, soutenir nos entreprises et emplois, et renforcer notre indépendance énergétique.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Lionel Jospin nous a quittés. Grand Homme d’Etat, de diplomate à Premier
ministre, il fut un modèle d’engagement au service de l’intérêt général et de
notre pays. Mes pensées et condoléances accompagnent sa famille et ses proches.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Réuni pour la 3e fois, la comité de pilotage de préparation de la
prochaine Conférence nationale du handicap a fait le bilan des avancées depuis
la dernière CNH en matière d'accès à la citoyenneté, à la justice et à la santé
et, a listé les premières pistes d’évolution.
Ces sujets, véritables fondements d'une société réellement inclusive et
démocratique, seront à l'honneur dans la perspective de la CNH 2026.
En cohérence avec le bilan présenté hier, je souhaite donc que nous puissions
construire ensemble des nouvelles mesures engageantes qui guideront la
politique publique du handicap :
- L’accompagnement des majeurs en tutelle ;
- L'accessibilité des élections ;
- L’accès à l'engagement citoyen pour tous ;
- Des parcours de santé qui
relèvent du droit commun et non plus de
dispositifs spécifiques
pour le handicap.
Garantir l’égalité d’accès à la citoyenneté, à la justice et à la santé, c’est
assurer le plein exercice des droits pour toutes et tous.
> Rencontre avec ma collègue Anne Le Hénanff,
ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique.
Un échange constructif au cours duquel nous avons pu réaffirmer notre
mobilisation sur plusieurs de nos enjeux communs, à commencer par la mise en
œuvre de la solution d'accessibilité téléphonique universelle (SATU), en
cohérence avec les engagements pris lors du dernier comité interministériel du
handicap (CIH).
Nous avons également pu aborder la question de l’intelligence artificielle (IA)
et l'objectif de mettre au service des personnes en situation de handicap comme
des personnes en perte d'autonomie les nombreuses innovations et outils
numériques actuels ; un sujet que nous abordons également dans le cadre de la
prochaine Conférence Nationale du Handicap (CNH).
● Autres ministres
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> L’éducation aux médias et à l’information et à la citoyenneté numérique
est un enjeu majeur pour permettre à chaque élève de mieux comprendre les flux
d’information, développer son esprit critique et adopter des usages numériques
responsables.
Je me réjouis de la signature de la convention de partenariat avec l’Arcom qui
renforce notre coopération en matière de formation, de sensibilisation et de
déploiement d’actions pédagogiques sur tout le territoire, grâce à l’appui
essentiel de Réseau Canopé et du CLEMI. Ensemble, nous agissons pour former des
citoyens éclairés, libres et responsables dans le monde numérique.
> «Où est l'info?» C'est le thème de la Semaine de
la presse et des médias à l’École, qui commence aujourd’hui ! Un élément
essentiel de notre éducation aux médias et à l'information qui touche près d'un
élève sur deux dans le second degré.
Jusqu’au 28 mars :
- plus de 3 millions d’élèves vont pouvoir découvrir
l’univers des médias et mieux comprendre comment se construit l’information, mais aussi mieux discerner le vrai du
faux;
- grâce à plus de 200 000 professeurs (soit 1 professeur sur 4)
ainsi qu’aux
840 partenaires médias,
associatifs et institutionnels engagés aux
côtés du CLEMI.
Merci à tous les professeurs, avec une pensée particulière pour les professeurs
documentalistes, très nombreux à être engagés dans cette action, et à tous nos
partenaires. Parce qu'il ne peut y avoir de démocratie, c'est-à-dire d'exercice
d'une souveraineté partagée, que si les citoyens sont libres, éclairés et ont
accès à une information vérifiée et pluraliste.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Prix de l’énergie / Intervention à l’Assemblée] C’est une partie de la
classe politique qui essaie d’installer dans le pays l’idée que l’État
s’enrichirait du fait de la crise! Jamais l’État ne s’est enrichi à l’occasion
d’une crise ; jamais l’État ne s’est enrichi lors de chocs pétroliers.
Vous savez bien que ces derniers ont un impact sur la croissance, sur les volumes vendus et
consommés et que, in fine, cela se révèle très mauvais pour les finances
publiques.
Vous citez l’exemple de l’Italie qui, en effet, a décidé d’une baisse du prix à
la pompe. Mais comment finance-t-elle cette remise ? Par des annulations
de crédits sur la sécurité, la santé, les services publics et les transports.
Est-ce que c’est ce que nous souhaitons pour notre pays ? Je ne crois
pas.
La bonne réponse consiste d’abord en ce que nous faisons à l’échelle
internationale, à l’initiative du président de la République : libérer,
dès que cela sera possible, la circulation dans le détroit d’Ormouz. Ensuite,
il s’agit d’accompagner les secteurs qui font face à des difficultés de
trésorerie. La solution ne passe certainement pas par des propositions
démagogiques qui, à la fin, seront payées par le contribuable.
> [Hostilités au Moyen-Orient / Intervention à l’Assemblée] Depuis trois semaines, le président de la République travaille à contenir le conflit au Moyen-Orient et à éviter, autant que faire se peut, qu’il ne s’embrase. Dès que cela sera possible, nous pourrons contribuer, comme nous le faisons déjà en Mer rouge, à la sécurité des navires – dans le détroit d’Ormuz notamment. Nous accompagnons des secteurs comme la pêche, l’agriculture et les transports avec des mesures de trésorerie.
> [Stocks stratégiques de pétrole français] Il n'y a aucun risque, à l'heure où on se parle de rupture d'approvisionnement. (...) Aujourd'hui, on a des stocks qui sont importants, plus de 90 jours de consommation.
> En France, on raffine 90 % de notre essence, mais seulement 50 % de notre gazole (...) Le fait d'avoir davantage d'offres contribue à maîtriser les prix.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Mon job de Présidente de l’Assemblée, c’est de faire de 2026 une année
utile. Aide à mourir, aide sociale à l'enfance, sécurité du quotidien : les
Français attendent des résultats concrets et je me bats tous les jours pour
cela.
> Oui le périmètre de notre candidat commun en 2027 doit s'élargir vers la social-démocratie ! Mais avant parler du qui, parlons du quoi : c’est la condition de la clarté et de la cohérence que les Français attendent.
> Élection après élection, le RN est obligé de faire le ménage dans ses rangs. Ajoutez à ça ses propositions contraires à nos valeurs et notre constitution comme le référendum sur l’immigration, évidemment qu’il reste en dehors du champ républicain.
> Avec ses positions radicales, Jean-Luc Mélenchon est le poison de la gauche. Les alliances avec LFI n’ont pas payé car au fond, les Français sont radicalement modérés.
> Dialogue et écoute : voilà les mots qui rythment mon engagement pour faire vivre la démocratie ! Dans la volonté de tenir ce cap, je vous accueille chaque mois à l’Assemblée nationale lors de mes permanences citoyennes, des temps d’échanges francs et directs, ouverts à toutes et à tous.
> Lionel Jospin nous a quittés. Homme d'Etat, député, ministre, Premier ministre, il aura changé le quotidien des Français : couverture maladie universelle, parité, emplois-jeunes, PACS. Il était respecté, au-delà de sa famille politique, pour son intégrité et son sens de l'Etat : la rigueur, le respect des institutions. Pensées à sa famille, à ses proches et à ceux qui l’ont accompagné.
> [Décès de Lionel Jospin / Intervention à l’Assemblée]
Lionel Jospin nous a quittés. Ancien premier secrétaire du Parti socialiste,
élu départemental, régional, national, européen, ministre d’État, premier
ministre de la troisième cohabitation, il était une figure de la Ve République.
Sur ces bancs, où il siégea comme député de Paris, puis de la Haute-Garonne, il
était éminemment respecté, par-delà les clivages, pour sa rectitude, son
éthique et la rigueur de son engagement au service de la France et des
Français.
« J’ai toujours respecté le Parlement », écrit Lionel Jospin dans ses
mémoires, « lieu du débat et de décision politique ». Il savait que
c’est dans cet hémicycle que bat le cœur de la démocratie et de la volonté
générale. Nos bancs gardent en mémoire ses interventions, à son image :
précises, dépouillées d’artifices, redoutables de justesse et de justice.
Nous nous souvenons du ministre de l’éducation nationale qui, avec sa loi
d’orientation de 1989, plaça l’égalité des chances et les droits des élèves au
cœur de la promesse républicaine.
Nous nous souvenons également du premier ministre de la gauche plurielle. À
Matignon, Lionel Jospin porta un projet « d’audace tranquille » afin
de transformer le quotidien de nos concitoyens, notamment avec la couverture
maladie universelle (CMU), l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), les
trente-cinq heures ou encore le Pacs. Conscient que les mandats publics ne
devaient plus être « une sorte de monopole masculin », il s’engagea
aussi dans la parité en politique, qui fut inscrite dans la Constitution en
1999. Grâce à lui, notre assemblée ressemble davantage à la France.
En 2002, après sa défaite à l’élection présidentielle, il continua de s’engager
au service de nos institutions, notamment au sein du Conseil constitutionnel, où
il défendit l’État de droit contre les vents mauvais. Car Lionel Jospin
incarnait aussi une éthique de conviction, jointe à une intégrité à toute
épreuve. Trop souvent caricaturé comme un ascète sévère et cérébral, il
répondit à ces critiques dans une formule oxymorique et ironique, se
définissant comme « un rigide qui évolue, un austère qui se marre, un
protestant athée ». Sous l’armure de l’homme d’État perçait en effet un
homme convivial, chaleureux, aux passions éclectiques. Lionel Jospin était
aussi un basketteur accompli qui, même devenu premier secrétaire du Parti
socialiste, arpentait les parquets le week-end, chérissant l’élégance du geste
collectif. Cinéphile averti, il joua même son propre rôle dans une comédie, en
2010, rappelant avec autodérision qu’il était « retiré de la vie
politique ».
Ouvert à toutes les formes d’expression culturelle, il admirait la réussite de
son fils, Hugo, compositeur de musique de film ; de sa fille, Eva,
plasticienne ; et celle de Daniel, le fils de Sylviane, qu’il avait fait
sien, normalien et agrégé de philosophie. En 2023, il fut aussi très fier que
son épouse académicienne, Sylviane Agacinski, obtint le prix des députés pour
un essai où elle plaidait pour un humanisme universaliste et féministe face aux
nouveaux obscurantismes.
À la question de savoir s’il conseillerait à un jeune de s’engager, Lionel
Jospin répondit un jour : « Oui, je lui dirais : vas-y, ça vaut
le coup. Bien sûr, la vie n’est pas que politique. […] Mais l’intérêt pour la
vie de la cité et pour le sort du monde reste à mes yeux une dimension
essentielle de la vie d’un homme. » Lionel Jospin a consacré toute sa vie
à cette « dimension essentielle » : servir autrui et son pays.
Au nom de la représentation nationale, j’adresse à sa famille, à ses proches
ainsi qu’au groupe socialiste nos condoléances attristées. En la mémoire de
Lionel Jospin, je vous demande d’observer une minute de silence.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
> L’avenir de la France ne peut pas se construire dans la confusion. Faisons
le choix du dialogue et de la responsabilité pour offrir à la France et aux
Français la force de l'unité.
Gabriel Attal (député, secrétaire général de
Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée
nationale)
> Je suis, comme nos compatriotes de la gauche républicaine, écœuré par les
alliances entre le PS et LFI. Écœuré par les mensonges d'Olivier Faure. Le
Parti socialiste a renié ses valeurs. À tous les Français, à tous les
sociaux-démocrates qui refusent d'abandonner les leurs : je dis que Renaissance
est votre maison commune.
> À Renaissance, nous chercherons toujours à rassembler. À rassembler tous les républicains, tous les démocrates, tous les humanistes, tous les progressistes qui refusent les compromissions et sont prêts à faire entendre leurs valeurs.
> La «Nouvelle France» de Jean-Luc Mélenchon c'est la négation de la France, de toutes nos valeurs républicaines. C'est l'idée que les Français doivent être avant tout renvoyés à leur couleur de peau. Et c'est le meilleur tract, le meilleur carburant pour le Rassemblement National.
> Lionel Jospin nous a quittés. Homme d’État, sincèrement attaché à la France et à la République, il a incarné la droiture et le force des convictions. Il a été le visage d’une gauche qui ne transige pas avec ses valeurs. Le visage de la politique de la parole donnée, celle qui dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit. Le visage de l’action et de la volonté de rendre meilleure la vie des Français. Mes pensées vont à sa famille et ses proches.
> Félicitations à Thomas Cazenave qui l’emporte ce soir à Bordeaux ! Le fruit d’un engagement profond et constant au service des Bordelaises et des Bordelais. Un maire Renaissance à la tête d’une capitale régionale, c’est une première, c’est une immense victoire pour nos idées et nos valeurs. Ce soir, nous progressons partout en France, dans tous les territoires et toutes les tailles de communes !
> Ce soir, nous doublons notre nombre d’élus locaux. 200 maires Renaissance ont été élus partout sur le territoire : à Nevers, à Bayonne, à Tarbes, à Rodez. Partout en France, nous progressons et renforçons notre implantation locale. Pour la première fois de notre histoire, Renaissance va diriger des villes de plus de 100 000 habitants. Toutes mes félicitations à Antoine Armand qui l’emporte à Annecy et à Thomas Cazenave à Bordeaux!
> Je veux avoir une pensée particulière pour tous ces Français de la gauche républicaine qui ont été écœurés par les accords entre la France insoumise et le Parti socialiste. Pour tous ces Français de la droite républicaine. Je veux leur dire qu’ils trouveront toujours chez Renaissance une maison pour construire avec eux un chemin d’espoir pour la France.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Olivier Faure ne manque pas d’air ce matin. Après une claque
retentissante, qui confirme que l’alliance avec La France insoumise - qu’il a
pourtant couverte et assumée - est une stratégie mortifère pour le Parti
socialiste, le voilà qui tente déjà de réécrire les résultats de ces
municipales. Mais les chiffres sont têtus : dans des milliers de communes les
listes de dépassement ont montré leur force. Des majorités rassemblant des
sensibilités allant de la droite modérée à la gauche de gouvernement ont permis
de l’emporter. Monsieur Faure devrait le savoir, lui qui est un professionnel
de la politique : les élections intermédiaires ne sont jamais favorables aux
partis au pouvoir. Et pourtant, Renaissance est une composante du bloc central
qui compte désormais des milliers d’élus et conquiert près de 200 villes, dont
deux de plus de 100 000 habitants. Dans le même temps, le Parti socialiste perd
des bastions majeurs. Au mieux, il limite la casse et sauve quelques positions.
Plus que jamais notre clarté politique a payé. On ne compose pas avec les
extrêmes, qu’ils soient de droite ou de gauche. Et on réunit la droite
humaniste et la gauche de gouvernement !
> La disparition de Lionel Jospin marque la perte d’une figure majeure de la vie politique française. Son parcours restera celui d’un homme d’État, de convictions, profondément attaché aux valeurs républicaines. Un homme qui croyait à une gauche réformiste et de responsabilité, une gauche qui a forgé mes convictions. Mes pensées vont à ses proches.
> Aujourd’hui, les maires qui ont gagné aux municipales sont pour une large partie des candidats qui pratiquent le dépassement, au-delà des étiquettes de gauche et de droite. C’est ce que nous portons depuis 7 ans en refusant les extrêmes à droite comme à gauche. Et cela fonctionne, parce que c’est ce qu’attendent les Français.
> Dans mon département du Pas-de-Calais, les grandes villes que le Rassemblement national était censé conquérir ont résisté quand elles avaient l’appui du bloc central. On nous disait que nous étions un parti de grandes villes. Nous prouvons que nous sommes un parti de territoires.
> Je veux saluer tous les candidats Renaissance qui ont été élus maires ce soir. Et tous les conseillers municipaux. On nous disait que notre parti n’était pas incarné dans les territoires : nous avons doublé notre nombre d’élus sur l’ensemble de la France !
Elisabeth Borne (députée)
> [Présidentielle] On a besoin d'un candidat commun dans cette famille
du centre, capable de parler à la gauche modérée et à la droite modérée.
> Les élections municipales nous ont montré que ce n’est pas en additionnant des scores qu’on rassemble. Les électeurs veulent de la clarté. Il faut un projet lisible et des valeurs claires à présenter aux Français.
> Le réflexe de certains, c'est systématiquement de parler de baisse de taxes et ensuite, on vous reproche d'avoir été trop généreux. Il faut effectivement trouver le bon chemin.
> C’est avec une grande émotion que j’apprends la disparition de Lionel Jospin. Ancien Premier ministre et grande figure de la gauche, il aura profondément marqué la vie politique française par son engagement, sa rigueur et son sens de l’État, que j’ai pu apprécier à ses côtés. J’adresse mes pensées à sa famille et à ses proches. La République perd un grand serviteur.
> Je ne suis pas sûre que Lionel Jospin ait un héritier.
Marc Ferracci (député)
> Toulouse, Clermont-Ferrand, Brest, Limoges… les accords de la honte
conclus entre le PS et LFI ont très largement tourné au fiasco ce soir. La
compromission avec les extrêmes se paye toujours. Contre la menace du RN et de
LFI la gauche et la droite républicaines doivent se parler aujourd’hui, pour
pouvoir se rassembler demain.
> Bordeaux, Annecy, Rodez, Nevers… et plus de 200 mairies remportées par Renaissance, qui va aussi doubler son nombre d’élus à l’occasion des municipales ! (…) Il y’a dix ans, Emmanuel Macron fondait En Marche. Aujourd’hui, notre ancrage territorial est bien réel.
Marie Lebec (députée)
> La démarche de Gabriel Attal est la bonne : un comité de liaison pour
construire un socle commun en partant des convergences plutôt que des logiques
d’appareil. Avec le MoDem et Horizons, les bases sont là. Place au dialogue,
aux idées et à un projet solide d’ici 2027.
Paul Midy (député)
> Une majorité des Français
veulent une solution sans extrêmes. On a passé une très bonne soirée [lors des résultats du deuxième
tour des municipales]. C’est une très
bonne nouvelle. Il faut qu’on continue. (…) On est le seul parti hors extrêmes en progression. 100 % de nos candidats
étaient garantis sans extrêmes. (…) Renaissance va diriger pour la première fois deux villes de plus de
100 000 habitants", Annecy et Bordeaux. (…) On a gagné plus d'une vingtaine de villes de
plus de 10 000 habitants.
> [Présidentielle] Il faut qu’on arrive à mettre un candidat des partis de gouvernement au second tour face à Bardella pour gagner. (…) Maintenant, il y a une nouvelle bataille qui commence, c’est celle de la présidentielle.
Charles Rodwell (député)
> Piqué au vif, le collègue RN se met en colère. Mais… les masques
tombent. En maintenant coûte que coûte ses candidats, le RN a fait battre la
droite et le centre, pour faire élire des dizaines de maires gauche-LFI partout
en France. L'extrême-droite fait le jeu de l'extrême-gauche. C’est ça, la
politique du pire.
Amélia Lakrafi (députée)
> [Hostilités au Moyen-Orient / Intervention à l’Assemblée] Cela fait bientôt un mois que l’offensive
contre l’Iran a fait voler en éclats l’équilibre régional, déclenchant une
crise dont les effets dépassent largement l’épicentre du conflit. Comme tous
les civils pris à partie, nos compatriotes présents au Moyen-Orient subissent
de lourdes répercussions. Je veux leur dire notre soutien et je tiens à saluer
la coordination établie pour assurer leur sécurité et les accompagner :
l’appui décisif du Centre de crise et de soutien du Quai d’Orsay, le sang-froid
remarquable dont font preuve nos postes diplomatiques et consulaires, ainsi que
la mobilisation des élus des Français de l’étranger.
Dans cette spirale délétère, la situation au Liban devient très préoccupante.
Ce pays, si cher à notre cœur, se retrouve de nouveau pris en étau dans des
affrontements que la population n’a pas voulus et dont elle paie le prix fort.
Monsieur le ministre des affaires étrangères, en vous rendant sur place la
semaine dernière, vous avez pu constater – comme
j’ai pu le faire moi-même avant vous – l’atmosphère qui y devient chaque
jour plus irrespirable. Le quotidien y est rythmé par le climat de guerre que
subissent les Libanais et nos compatriotes. À cela s’ajoute la catastrophe de
plus de 1 million de déplacés.
Nous connaissons la résilience des Libanais et des Français du Liban, mais elle
semble cette fois-ci largement entamée –
khalass, comme on dit, ça suffit !
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Lionel Jospin nous a quittés. Tout au long de sa vie, et quoique cela lui
ait coûté, il fut un homme de principes, d’une grande exigence morale. C'est
une figure qui s'en va. Condoléances à ses proches et à ceux qui ont partagé sa
conception intègre de l’engagement politique.
Perrine Goulet (députée)
> [Protection de l’enfance / Intervention à l’Assemblée] La France maltraite
ses enfants.
Ce n’est pas une figure de style : c’est ce que disent les chiffres, les
juges, les forces de l’ordre et les professionnels du secteur. En 2025, les
services de police et de gendarmerie ont enregistré 114 500 mineurs
victimes de violences physiques et 76 200 mineurs victimes de violences
sexuelles. Ces chiffres ne sont que la partie visible de l’iceberg, tant les
violences faites aux enfants sont sous-estimées.
J’aurais pu également vous parler du nombre d’enfants victimes de prostitution
ou de harcèlement, du nombre d’enfants victimes de violence dans le sport, dans
la culture ou dans le périscolaire.
Nous pensions à tort que le périscolaire était particulièrement protégé ;
mais pas moins de quinze enquêtes pour agression sexuelle ont été ouvertes en
2025 dans des écoles maternelles parisiennes.
Ce sont de violences sur des enfants de moins de 5 ans dont nous
parlons !
Je pourrais également vous parler de l’aide sociale à l’enfance qui
dysfonctionne, qui craque. Elle accueille toujours plus d’enfants dans un
système saturé. Pour ces jeunes, les chances d’avoir le bac ou de s’insérer
dans notre société sont faibles. Ils sont ainsi souvent poussés vers l’errance
ou vers la délinquance.
Mesdames et messieurs les ministres, la protection de l’enfance concerne chacun
de vos ministères. Tantôt victimes, tantôt auteurs de violences – mais bien souvent quand ils ont été
eux-mêmes victimes auparavant – ces enfants, nos enfants, ne
peuvent pas rester des variables d’ajustement
de nos politiques publiques.
Après la mobilisation, il y a trois
semaines, de quarante parlementaires dans une tribune transpartisane, vous avez
annoncé ce matin, madame la ministre de la
santé, que le gouvernement les avait
entendus et que vous alliez déposer
un projet de loi concernant tous les enfants.
Pouvez-vous nous indiquer les dispositions qui seront présentes dans votre
texte et quel sera son calendrier ? Pouvez-vous également nous indiquer si
les dernières propositions de loi votées à l’unanimité dans notre hémicycle – celle relative à l’avocat
pour l’enfant, portée par ma collègue
Ayda Hadizadeh et celle relative à l’ordonnance de protection provisoire, que
je porte – seront bien reprises dans ce texte ?
● Parti radical
> Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste de 1997 à 2002, fut
un homme d'Etat dont les valeurs personnelles, de rigueur et d'intégrité,
prévalaient sur ses engagements politiques.
Nathalie Delattre (présidente)
> Portée par un programme élaboré avec les Bordelaises et les Bordelais,
une ambition renouvelée pour notre ville et la volonté de mener des
réalisations opérationnelles en proximité, l’élection de Thomas Cazenave ouvre
une nouvelle page pour Bordeaux.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> L’Autriche est engagée dans une transformation courageuse & nécessaire
de son industrie. L’Europe aussi. L’Europe compte avec l’Autriche un fervent
défenseur de la souveraineté industrielle et du made-in-Europe.
> Face à la hausse des prix de l’énergie et la concurrence déloyale chinoise, l’appel des industriels autrichiens est clair : nous devons accélérer nos réformes - simplification, décarbonation, préférence UE, marché intérieur.
> Lionel Jospin a été l’un des grands artisans de la social-démocratie européenne et un homme d’État. Souhaitons que son éthique démocratique et son refus des extrêmes puissent encore irriguer notre vie politique. Pensées à ses proches et à ses camarades socialistes.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Cher Robert Golob, toutes mes félicitations pour ta brillante victoire
d'hier ! Tu as triomphé du projet populiste de Janez Janša, allié de
Viktor Orbán, qui recourait aux mêmes manœuvres antidémocratiques. Je regrette
que le PPE ait renié ses principes fondamentaux en le soutenant avec autant de
ferveur. Les voix pro-européennes se sont fait entendre. Les Slovènes ont
confirmé leur attachement à une Slovénie libre et forte au sein de l'UE, sous ton
impulsion.
Cher Robert, je te souhaite plein succès, de Bruxelles à Strasbourg, dans la
construction de votre nouvelle coalition. Nous sommes très fiers de te compter
parmi nous au sein de Renew Europe.
> Renaissance est le seul parti de l'arc républicain qui était en stratégie de conquête dans ces municipales. Ce matin, nous avons doublé notre nombre d'élus locaux et notre nombre de maires élus. Je félicite Antoine Armand et Thomas Cazenave pour leur magnifique victoire à Annecy et Bordeaux.
> A l'occasion de ces municipales, je voulais avoir un mot pour les élus locaux. Ce sont des centaines de milliers de Français qui s'investissent et donnent de leur temps au service des autres. Je salue leur engagement. Ils sont indispensables à notre vie démocratique.
> Lionel Jospin fut un Premier ministre qui a marqué la France. Un homme d’État fidèle à ses convictions et doté d’une haute idée de l’engagement politique. Je retiens son engagement constant en faveur de l’Europe, à une époque où la France a fait de grands choix pour la poursuite du projet européen. Pensées à sa famille, ses proches et à ses camarades du PS qui perdent un de leurs grands noms.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Tandis que vous détruisez, Monsieur, nous construisons] Nous
non plus. Nous n’oublierons pas non plus, M. Trump, la manière dont vous nous
avez traité de « lâches » et
menacé de vous souvenir de notre refus d’entrer en guerre à vos côtés.
Nous ne l’oublierons pas car la fureur et la grossièreté auxquelles vous
vous êtes abandonné là disent trop bien ce que nous sommes à vos yeux.
Nous ne sommes pas pour vous des alliés mais des supplétifs.
On se concerte avec ses alliés. On les consulte au moins. On les avertit au
minimum de décisions qui auront pour eux de lourdes conséquences mais c’est
devant un fait accompli que vous nous avez mis. D’une heure à l’autre, nous
avons dû, nous les Européens, nous porter à l’aide de Chypre, Etat membre de
l’Union. A nous Français, c’est dans l’instant qu’il nous a fallu organiser la
défense de ceux des pays du Golfe avec lesquels nous avons des accords de
sécurité. Nos économies ont bientôt eu à souffrir de l’envolée des cours du
pétrole mais vous ne vous êtes souvenus de notre existence que face à vos
propres difficultés.
Parce que vous n’aviez pas prévu que le régime iranien puisse bloquer le
Détroit d’Ormuz, c’est à nous l’Europe qu’il revenait soudain d’aller le
rouvrir. Comment ? Avec quelle répartition des tâches ? Dans quel but ultime ?
Vous n’en avez rien dit et sans doute n’en saviez-vous rien. C’était un ordre,
point à la ligne, sans qu’il soit question de concertation politique ni même
d’une réunion d’états-majors. Nous devions obéir mais l’Europe n’est pas un
régiment qu’on siffle.
Notre réponse fut donc « non »,
un « non »
fondateur parce tous les Européens avaient osé le prononcer, même les plus
atlantistes d’entre nous, même ceux qui avaient appartenu à l’URSS et partagent
une frontière avec la Russie, un « non » spectaculaire parce que l’Union
se démarquait unanimement de Washington, du jamais vu, sans que la terre ne
s’entrouvre.
« Je n’oublierai pas »,
nous avez-vous dit dans un lourd sous-entendu sur l’avenir de l’Alliance
atlantique mais vous feriez mieux de vous souvenir que même les Etats-Unis ont
besoin d’alliés, que vous venez de l’éprouver et que des alliés doivent être
traités en égaux et non pas en vassaux. Pensez-y car où vous mènerait-elle
cette tentation de vous retirer de l’Alliance qui nous lie, Américains et
Européens, depuis si longtemps ?
Ne pensez pas, même pas en rêve, que vous pourriez alors défaire l’Union
européenne et vous partager l’Europe, votre ami Poutine et vous, en zones
d’influence américaine et russe. Observez ce qu’il vient de se passer. Repensez
à la détermination avec laquelle nous vous avions fait reculer lorsque vous
ambitionniez d’annexer le Groënland.
La fin de l’Otan, Monsieur, ne ferait qu’accélérer la constitution d’une
défense européenne et l’émergence d’une Europe politique, de cette puissance
d’équilibre qu’il faut au siècle pour échapper au tête-à-tête sino-américain.
Nous nous y sommes attelés. C’est en cours mais ce que nous voulons aujourd’hui
faire dans le cadre de l’Alliance atlantique en en faisant progressivement une
alliance entre égaux, l’Europe et l’Amérique, nous le ferions alors seuls, hors
de l’Otan que vous auriez tuée.
Ce n’est pas là notre souhait. Nous souhaitons tous, au contraire, renforcer
notre alliance mais si vous optiez pour la solitude, ne doutez pas que nous
sachions nous passer de vous. La pression russe nous y obligerait. En Asie
comme ailleurs, nous trouverions vite de nouveaux alliés parmi ceux que vous
avez déjà tant fait douter de l’Amérique et voyez les coalitions que nous
esquissons pour l’Ukraine et le Proche-Orient d’après-guerre. Elles sont les
alliances et la sécurité de demain car tandis que vous détruisez, nous
construisons.
Fabienne Keller (députée)
> Dans le contexte d'une forte polarisation de la vie politique, Renaissance
a incarné l'apaisement du débat public, la responsabilité et la modération.
Nous renforçons considérablement notre ancrage local, grâce au remarquable
travail de terrain de nos candidats.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Il fut un grand Premier ministre, un authentique homme d’Etat. Il fut le
Premier ministre de mes premières années étudiantes, mon premier bulletin de
vote présidentiel. Un choc fondateur aussi, ce « coup de tonnerre » :
le 21 avril 2002, qui détermine tout mon engagement civique et politique. Et
celui d’une génération. Il fut de ceux qui aiment les idées, la vision, le
débat, la responsabilité de gouverner. Une exigence éthique exceptionnelle,
qu’on rencontre rarement et qui manquera tant.
> Félicitations républicaines à Emmaneul Grégoire, nouveau maire de Paris. Ces élections ont montré l’attachement des Parisiens aux valeurs essentielles. Elles ont exprimé aussi une profonde attente de changement et d’apaisement pour notre Ville. Je remercie Pier-Yves Bournazel de son engagement exceptionnel pour Paris et sa grande dignité. Je salue avec respect Anne Hidalgo, qui a été élue à deux reprises par les Parisiens et a dirigé notre capitale pendant 12 ans. De manière générale, dans de nombreuses villes, ces élections ont démontré, à l’égard de la gauche, que le refus de toute compromission avec les Insoumis était la voie républicaine qu’attendaient les électeurs. Ne jamais l’oublier…
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> J’ai été secrétaire d’État à l’Éducation nationale, ministre de la
Jeunesse, de l’Enfance et des Familles, secrétaire d’État à la Biodiversité… La
vraie différence aujourd’hui, c’est que le Haut-commissariat est profondément
et naturellement interministériel. On a changé le paradigme. Quand vous êtes à
l’Éducation nationale, vous regardez l’enfant comme un élève. À la Santé, comme
un patient. On saucissonne le temps de l’enfant en fonction des
administrations. Désormais, on le regarde à 360 degrés : l’enfant élève,
l’enfant patient, l’enfant au sein de sa fratrie, l’enfant bénéficiaire d’une
association, l’enfant citoyen en herbe. On le met au centre et on mobilise
autour de lui l’ensemble des acteurs publics, privés et associatifs. Quand on
est ministre, on mobilise son administration pour porter une politique
publique. Moi, j’anime et je coordonne des politiques à impact public et
social, en réunissant des acteurs qui n’ont pas l’habitude de travailler
ensemble. Nous avons un budget de fonctionnement et une équipe, rattachés au
Secrétariat général des ministères sociaux — Travail, Santé, Solidarités,
Famille, Handicap.
> Pendant longtemps, la parentalité a été considérée comme un sujet exclusivement public, traité par la politique familiale ou sociale. Or aujourd’hui, la politique familiale, y compris dans un contexte de dénatalité, concerne tous les acteurs, notamment le monde de l’entreprise. On demande aux salariés d’être des collaborateurs comme s’ils n’étaient pas parents, et des parents comme s’ils ne travaillaient pas. Avec tout ça, bon courage pour la charge mentale ! Les enfants ne sont pas physiquement dans l’entreprise, mais ils sont bien présents dans la vie des collaborateurs. Les entreprises ont un rôle à jouer dans la reconnaissance de cette réalité et dans l’équilibre des temps de vie.
> La parentalité numérique est le premier défi. Le
temps virtuel et le temps réel sont interconnectés. Le harcèlement et le
cyberharcèlement ne s’arrêtent jamais. Les émotions vécues en ligne ont les
mêmes conséquences que celles de la cour d’école. Et il y a un autre enjeu
majeur : certains géants du numérique utilisent nos enfants comme une
ressource. Ils grignotent leur capital. Nos données bancaires sont mieux
protégées que les données personnelles de nos enfants. Les algorithmes
addictifs, le scroll infini, les mécaniques de récompense qui déclenchent de la
dopamine sont pensés pour maximiser l’engagement. Pour un adulte, c’est déjà
difficile. Pour un enfant, dont le cerveau n’est pas encore mature, les
conséquences sont bien plus fortes.
On a vu émerger de nouveaux mots : grooming, sextorsion, addiction aux
jeux vidéo reconnue par l’OMS. Ce sont des dangers exogènes qui entrent
directement dans la chambre des enfants. On estime à des centaines de milliers
le nombre de pédocriminels en ligne chaque jour. Sur certaines plateformes de
jeux comme Roblox, des tout-petits peuvent être ciblés. Je pense aussi aux IA
génératives. Quand un outil peut dénuder des images et alimenter des réseaux
pédocriminels, nous ne sommes plus dans la simple innovation technologique. Le
numérique peut être une chance extraordinaire — pour les enfants dyslexiques,
pour l’apprentissage des langues, pour l’accès à la culture — mais seulement
s’il est conçu et pensé pour les enfants. Sinon, ils deviennent des proies.
> Nous sommes tous un peu perdus. Je ne suis pas dans un discours moralisateur. 70 % des parents disent ne pas savoir ce que font leurs enfants sur les réseaux, 98 % demandent des clés et des aides. Une loi impose désormais un contrôle parental sur les nouveaux téléphones. Mais dans la réalité, on donne souvent à son enfant son ancien appareil. Le contrôle parental n’est pas là pour fliquer. C’est un contrat, une base d’apprentissage. Couper la connexion à 21 heures, c’est protéger le sommeil, donc la concentration en classe. C’est une question d’hygiène numérique, comme on parle d’hygiène de vie. Mais cela ne peut pas reposer uniquement sur les familles. J’ai besoin que les plateformes développent des espaces protégés : pas de scroll infini, pas de récompenses excessives, pas d’algorithmes conçus pour rendre addictif. Et il n’y a aucune raison qu’un adulte de 50 ans puisse discuter avec un enfant de 7 ans en ligne. Cela ne se passerait pas dans le monde physique.
> [Internet] Le dialogue avec les plateformes est inégal. Certaines coopèrent et cherchent des solutions, comme le développement de fonctionnalités spécifiques pour les enfants. D’autres sont beaucoup plus réticentes. C’est une question de modèle économique. Nos enfants valent des milliards. Certains les considèrent comme des ressources et les grignotent. L’économie de l’attention, la publicité ultra-ciblée, les algorithmes addictifs sont des modèles prédateurs pour les enfants. Un adulte peut théoriquement consentir. Un enfant ne le peut pas. Il n’a pas la capacité de mesurer les conséquences à long terme. D’où l’enjeu de la majorité numérique et de fonctionnalités différenciées entre adultes et mineurs. Il faut obliger les plateformes à faire la différence.
Les plateformes peuvent être condamnées jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires si elles ne respectent pas leurs obligations. La question du « pollueur-payeur » pourra se poser. Mais il faut aller plus loin. Comme on a intégré l’impact environnemental dans la stratégie des entreprises, il faut intégrer l’impact enfance. Est-ce que mon modèle capte sa donnée ? Son attention ? Est-ce que je grignote son sommeil ? Est-ce que j’impacte sa santé mentale ? Aujourd’hui, les enfants sont invisibles dans ces évaluations. Ils ne sont ni des accessoires de leurs parents, ni de simples cibles commerciales. Ce sont des sujets à part entière. Une image pédocriminelle sur deux circulant en ligne a été publiée initialement par des parents, sans mauvaise intention. Et quand un enfant sur trois, à 13 ans, considère qu’une IA est son meilleur ami et lui confie ses peurs, ses ambitions, ses émotions, la question devient vertigineuse : que fera-t-on de ces données dans dix ou quinze ans ? On n’a pas le droit de faire commerce de nos enfants via leurs données, leur attention, leur temps. Ils ne sont pas en capacité de consentir seuls. Le numérique peut être une chance énorme s’il est pensé « safe by design » [sécurisé dès sa conception]. Sinon, il peut être le summum de l’horreur. J’invite les entreprises, les marques, les médias à se demander quel est leur impact sur les enfants, comme elles l’ont fait pour la planète. Vive l’impact enfance !
> Lionel Jospin, Homme d’État, a profondément marqué notre histoire politique par son engagement et la fidelité à ses valeurs.
