samedi 18 avril 2026

La Quotidienne centriste du 18 avril 2026. Bolloré et la liberté d’opinion


Vincent Bolloré, catholique d’extrême-droite veut se bâtir un empire de presse et d’édition afin de diffuser ses convictions qui n’ont pas grand-chose à voire avec le message de Jésus.

Son statut d’héritier milliardaire lui permet de mettre en application son désir.

Après avoir mis la main sur le groupe Canal Plus créé par les bonnes grâces (et les avantages exorbitants) de François Mitterrand, puis le groupe Hachette, bâti par Jean-Luc Largadère, il continue à vouloir agrandir son empire.

Il a ainsi essayé de racheter le groupe Le Parisien, sans succès pour l’instant.

De Cnews au JDD en passant par Paris Match ou Europe1, tous ses médias diffusent un message réactionnaire et le plus souvent en phase avec celui du RN de Le Pen ou Reconquête de Zemmour.

De même, les maisons d’édition récupérées par le rachat d’Hachette sont mises à la disposition des idées de son propriétaire.

A son petit niveau – pour l’instant –, Bolloré peut être comparé au magnat des médias australien Ruppert Murdoch.

C’est la raison pour laquelle, le licenciement du directeur de la maison d’édition Grasset a ému tous ceux qui défendent la liberté d’opinion sachant qu’après Fayard, devenue l’éditeur de l’extrême-droite, Grasset pourrait être une autre arme pour la diffusion du message de Bolloré.

Reste que, bien sûr, dans notre société libérale, chacun a le droit d’acheter ou de créer des moyens de diffusion pour promouvoir leurs idées et c’est tant mieux.

En revanche, il faut être très pointilleux pour empêcher un ennemi déclaré de la liberté d’opinion de mettre la main sur un nombre conséquent d’entreprises médiatiques tout en continuant à subventionner celles qui permettent à toutes les idées d’être diffusées, surtout celles qui entre dans le cadre de la démocratie républicaine libérale parce que, ne l’oublions pas, c’est grâce à elle qu’existe la liberté d’opinion.

 

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour] 

 


L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Et si au lieu de nous vendre leur «rêves», les politiques s’attachaient au réel


«Rêve américain», «rêve chinois», «rêve européen», «rêve français», etc., dans chaque pays le politique «rêve» pour nous d’un futur idyllique à défaut de pouvoir le proposer au présent.

Car, comme le bonheur, contenu par exemple dans la Constitution américaine, c’est sa «recherche» qui est un droit, encore faudrait-il savoir ce qu’il recouvre tout comme celle du rêve.

D’autant que le rêve d’un peuple ou d’une nation se bâtit souvent sur celui des autres et à leur détriment.

En cela, le rêve politique peut être extrêmement dangereux comme celui qu’essaye de nous vendre les dictateurs tel Xi Jinping.

Et puis, le rêve est souvent un motif d’affrontement comme c’est le cas aux Etats-Unis où pour les démocrates, il est tourné vers le bonheur de la classe moyenne alors que pour les républicains il est éminemment lié à la réussite sociale et financière de l’individu.

Il peut être également un argument électoraliste.

Ainsi, en France, François Hollande avant la présidentielle de 2012 nous avait parlé de son rêve tout comme vient de le faire Gabriel Attal pour celle de 2027 en vue de séduire les électeurs sur la construction d’un monde enchanté.

Mais, surtout, le rêve n’est pas le réel.

Il est une construction fantasmagorique de ce que l’on voudrait qui soit.

Bien, il n’est pas négatif en soi d’avoir des représentations idylliques de ce que l’on voudrait que devienne la réalité.

Et certains rêves qui s’appuient sur des valeurs humanistes ne peuvent être condamnés comme le rêve européen par exemple.

Reste, qu’en attendant, il faut mettre les mains dans le cambouis.

Et le cambouis, à l’inverse des songes, il salit, il demande que l’on agisse face à ce qu’est le monde.

Ici, le danger est la tromperie ou ce que le peuple peut estimer comme tel.

On lui vend du rêve alors qu’il vit dans la difficulté et pour certains dans le cauchemar, voilà qui crée une distance qui peut amener à une déconnexion entre le monde de la politique et le monde réel et qui peut se manifester par des réactions violentes.

Alors, loin de moi de dire qu’il faut arrêter de rêver et, par là-même, de détruire tout espoir et toute volonté de changer le monde (et pas de monde, ce que propose souvent les rêves politiques).

Cependant, le rôle du politique c’est d’abord de s’attaquer aux problèmes très concrets du quotidien et de proposer des solutions qui peuvent fonctionner en regard de la réalité.

C’est à cela d’ailleurs que l’on reconnait une grande personnalité politique ou comme certains le disent, un homme ou une femme d’Etat à qui on ne demande pas d’être un grand philosophe.

Sa vraie postérité se mesurera à ce qu’il a fait, pas à ce qu’il a rêvé.