Voici une sélection, ce 14 mars 2026, des
propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en
France.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> [Propos lors de la rencontre avec le Président de l'Ukraine Volodymyr
Zelensky] Je suis très heureux d'accueillir aujourd'hui à Paris le président
Volodymyr Zelensky pour la douzième fois depuis le début de la guerre
d'agression lancée par la Russie contre votre pays.
La France, sur tous les théâtres, se veut un partenaire fiable, loyal, qui
tient ses engagements. Nous tenons nos engagements vis-à-vis de l'Ukraine. J'y
reviendrai évidemment dans un instant, mais permettez-moi de commencer cette
conférence de presse en évoquant les engagements que nous tenons au
Moyen-Orient, en protection de nos intérêts, de nos compatriotes et en soutien
de nos alliés.
Au nom de la Nation, je veux m'incliner aujourd'hui avec respect devant la
mémoire de l'adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon des chasseurs alpins de
Varces. Il est mort pour la France cette nuit lors d'une attaque lancée à
proximité de Erbil. Et je veux aussi adresser tout mon soutien à nos militaires
blessés et évidemment à l'ensemble des familles et des frères d'armes. Dès
l'annonce de cette attaque, j'ai demandé à nos armées une analyse consolidée
des faits, de leurs circonstances, et nous aurons dans les prochaines heures la
totalité, je l'espère, de ces informations. Je m'entretiendrai dès le début
d'après-midi avec le Premier ministre irakien.
Nos soldats ont été frappés, alors que, comme nous le faisons depuis plusieurs
années, ils luttaient dans le cadre d'une coalition internationale contre les
résurgences du terrorisme dans la région et au service de la souveraineté
irakienne. C'est évidemment inacceptable. Face à la guerre en cours, la
position de la France est purement défensive. En soutien à ses alliés et ne
saurait justifier jamais qu'on s'en prenne à elle. La France continuera de
faire preuve de sang-froid, de calme, de détermination, d'être fiable vis-à-vis
de nos partenaires, de protéger nos ressortissants et de défendre nos intérêts
et notre sécurité. Et rien, jamais, ne nous détournera de ces objectifs.
Alors que nous sommes donc confrontés à une accélération des événements et des
crises, et que les yeux pour beaucoup sont braqués vers l'Iran, cette visite du
président Zelensky revêt pour moi une importance toute particulière. Elle me
permet de souligner avec force que rien ne nous détournera de l'Ukraine, des
efforts que nous y faisons, laquelle fait face, depuis plus de 4 ans avec une
ténacité et un courage remarquable, à l'agression de la Russie. Notre soutien
ne faiblira pas. Je l'ai dit le 24 février dernier, les dynamiques actuelles
signent d'ores et déjà un triple échec pour Moscou. Un échec stratégique, un
échec économique, une faillite morale.
Aujourd'hui, la Russie croit peut-être que la guerre en Iran va lui offrir un
répit et elle se trompe. Nous avons, dans le cadre du G7 que j'ai tenu il y a
deux jours, mercredi, réaffirmé que le contexte de montée des prix du cours du
pétrole ne doit en aucun cas amener à revoir notre politique de sanctions à
l'égard de la Russie. C'est la position que le G7 a tenue, c'est la position
évidemment de la France et de l'Europe.
Il est aussi étrange de voir la Russie appeler à un cessez-le-feu au
Moyen-Orient, alors qu'elle refuse depuis plus d'un an avec obstination tous
cessez-le-feu, plusieurs fois présentés par le président Trump et d'autres pour
l'Ukraine. Le 24 février dernier, l'Assemblée générale des Nations unies a
adopté par 107 voix une résolution pour soutenir une paix durable en Ukraine,
appelant à un cessez-le-feu immédiat, complet et inconditionnel. Cette
résolution a été rejetée par la Russie une fois encore elle ne défend pas la
paix nulle part.
Je veux ici rappeler que la Russie est un allié historique et stratégique du
régime de Téhéran avec lequel elle a signé en janvier 2025 un accord de
partenariat stratégique global dont les détails n'ont jamais été révélés et qui
se traduit notamment par la production en territoire russe de drones d'origine
iranienne. Je le dis aussi pour bonne mémoire et pour que toutes les nations
qui sont engagées en guerre contre l'Iran, ce qui n'est pas le cas de la
France, je l'ai rappelé, mais soient cohérentes dans les positions tenues et
qu'elles sachent avec qui ces drones sont produits.
Personne n'ignore que le ciel ukrainien a malheureusement été un banc d'essai
pour les drones iraniens qui tombent aujourd'hui dans le Golfe et sur certains
de nos alliés. C'est pourquoi je sais que le Président a raison, et je l’en
remercie, a tout de suite souhaité soutenir ces nations et apporter les
solutions ukrainiennes, votre innovation, vos capacités. En tout cas, dans ce
moment que nous vivons, je le disais, notre engagement en faveur de l'Ukraine,
nous le tiendrons, car il en va de la sécurité de l'Ukraine, mais également de
l'Europe et de la France.
Dans le processus en faveur d'une paix juste et durable, l'Europe a un rôle de
tout premier plan à jouer. L'Union européenne et ses États membres sont le
premier contributeur à la résilience de l'Ukraine depuis le début de la guerre.
Nous avons aussi décidé en décembre dernier d'un prêt de 90 milliards d'euros,
cet engagement sera tenu. Je le dis ici avec force et clarté, si des désaccords
s'expriment, c'est le devoir de chaque nation de tenir les promesses qui sont
faites et les engagements politiques qui ont été pris par tous en décembre
dernier.
Le soutien que nous apportons, c'est aussi celui à travers la coalition des
volontaires que nous avons lancée il y a maintenant un peu plus d'un an avec le
Royaume-Uni, qui contribuera aux garanties de sécurité de l'Ukraine, aux côtés
de nos partenaires des États-Unis d'Amérique, qui sont le pilier indispensable
d'une paix juste et durable. Nous l'avons démontré le 6 janvier dernier, la
planification est maintenant achevée et nous sommes prêts.
Notre soutien s'incarne également dans notre appui à l'Ukraine pour avancer
vers son destin européen, chemin vers l'adhésion exigeant qui implique des
efforts et des réformes que vous conduisez et beaucoup a déjà été fait de
manière impressionnante. L'Ukraine mérite d'ouvrir le premier bloc de chapitre
de négociation et je n'ai de doute que nous y parviendrons, malgré les
obstacles artificiels qui ont surgi, et nous accompagnerons ce chemin. Je veux
également citer notre coopération dans le domaine énergétique.
La France restera pleinement mobilisée, notamment dans le cadre de notre
présidence du G7, pour bâtir, dès à présent, une véritable stratégie
énergétique de résistance. Nous avons, depuis janvier, livré beaucoup
d'équipements. Nous avons coordonné dans le G7 une position, là aussi,
efficace. Aux côtés de tout cela, il y a évidemment le soutien militaire que
nous continuerons d'avoir. Nous avons eu une longue discussion avec le
Président et son équipe, et je veux dire ici notre détermination de continuer à
fournir tous les équipements pour permettre à l'Ukraine de mener sa guerre de
résistance légitime et pour lui permettre de se défendre. Et donc nous allons
accélérer sur certaines capacités et continuer d'innover aussi pour que la
production soit plus rapide.
Notre détermination est aussi complète à accroître la pression sur la Russie
pour l'amener à s'asseoir de bonne foi à la table des négociations. Beaucoup a
été fait avec les sanctions, je l'ai évoqué, et nous continuerons et nous
préparons le 20ème paquet de sanctions. Nous continuons les efforts contre
toutes les formes de détournement et nous continuons aussi les efforts pour
lutter contre la flotte fantôme qui, comme vous le savez, alimente l'effort de
guerre russe. Nous avons eu des résultats très probants ces dernières semaines
avec des opérations en propre, l'opération que nous avons menée avec la
Belgique. Nous avons engagé plusieurs autres nations qui ont conduit aussi des
opérations déterminantes. Nous poursuivrons cet effort.
Voilà ce que je souhaitais dire ce midi en accueillant à nouveau le président
Zelensky, cher Volodymyr, dans le combat que vous menez pour votre liberté,
votre indépendance, votre intégrité territoriale. Vous défendez l'idée d'une
paix juste et durable, la seule compatible avec le droit international. Vous
menez un combat pour votre sécurité, mais aussi pour celle de tous les
Européens. À ce titre, vous avez toujours votre place ici, et c'est toujours
une fierté pour la France de vous accueillir.
> [Sanctions contre la Russie] Pour ce
qui est des sanctions, il est tout à fait juste que les Etats-Unis d'Amérique
ont acté des dérogations limitées dans le temps et les conditions et pour
quelques pays. Le secrétaire d'État au Trésor américain s'est exprimé pour
lui-même rappeler le cadre très limité de ces exceptions et leur impact réduit,
et rappeler que les sanctions demeuraient. Pour ce qui est du G7, la position
commune a bien été le maintien des sanctions à l'égard de la Russie. Pour ce
qui est des Européens et de la France, c'est le maintien des sanctions. La
situation ne justifie en rien de lever ces dernières, donc je considère que ce
que je vous ai dit tout à l'heure reste valable et que la décision qui a été
prise de manière exceptionnelle et limitée par les États-Unis d'Amérique, c'est
à eux de la justifier, mais elle ne revient pas de manière durable et large sur
les sanctions qu'eux-mêmes ont décidées. À les écouter, et le Président, dans
les discussions que j'ai pu avoir avec lui et dans leurs propos publics, ils ne
remettent pas en cause cette approche.
> [Attaques de militaires français au Kurdistan
irakien] Pour ce qui s'est passé ces dernières heures en Irak, au-delà de ce
que j'ai pu vous dire à l'instant, et je serai très prudent et j'attends
d'avoir tous les éléments qui me seront fournis par l'état-major des armées et
nos services, et j'attends de pouvoir parler avec le Premier ministre irakien. Je
n'élaborerai aucune forme de scénario, ni n'entrerai dans quelques
politique-fiction sur ce sujet, j'ai rappelé la position de la France. Elle est
claire dans la région. Elle est défensive. Nous ne sommes pas engagés en guerre
contre qui que ce soit. Nous avons une présence dans la lutte contre le
terrorisme, dans un cadre qui est connu, et c'est le cadre en Irak, dans lequel
se battait notre soldat. Et nous sommes là pour protéger nos ressortissants.
Nous sommes aux côtés de pays alliés avec lesquels nous avons des accords de
défense. Et nous sommes présents pour participer à la liberté de navigation et
sécurité maritime dans la région. C'est tout. Mais nous assumons ces missions
pleinement, avec les risques qu'elles comportent.
> [Oléoduc russo-européen endommagé à
Droujba en Ukraine] Ce qui s'est passé à Droujba, nous en avons parlé avec le
président, j'ai pu en parler un peu plus tôt cette semaine avec Madame la
Première ministre, qui était en France pour le sommet nucléaire. Il est
important que d'abord toute la transparence soit faite, et les efforts de la
présidente de la Commission sont tout à fait positifs à cet égard, et que les
travaux soient faits au plus vite, et je sais l'engagement pris par l'Ukraine
en la matière, et je pense qu'il faut apaiser le débat sur ce qui s'est passé.
Donc la transparence, la rapidité des travaux pour apaiser le débat.
Mais ceci, c'est un sujet en soi, si je puis dire. La décision des 90 milliards
de prêts, c'est une décision que nous avons prise tous ensemble par rapport à
un contexte de guerre qui n'a pas changé. Nous devons tenir les engagements
pris et la décision prise. Voilà. Et donc c'est ce à quoi nous allons
travailler dans les jours et les semaines qui viennent. Je sépare les deux
sujets. Et j'ai la même détermination sur les deux sujets, on doit tenir notre
parole. Donc les 90 milliards, nous devons le faire dans les conditions
définies en décembre dernier. Droujba doit être réparée au plus vite et toute
la transparence doit être faite pour apaiser les choses.
> [Agression de Poutine contre l’Ukraine]
La Russie croit que la guerre en Iran va lui offrir un répit. Elle se trompe.
Rien ne nous détournera de l'Ukraine. Notre soutien ne faiblira pas.
> [Agression de Poutine contre l’Ukraine]
La France est un allié fiable pour ses partenaires. Rien ne détournera notre
attention et nos efforts de l'Ukraine.
> [Militaire français tué au Kurdistan]
L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces
est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak. À sa
famille, à ses frères d’armes, je veux dire toute l’affection et la solidarité
de la Nation. Plusieurs de nos militaires ont été blessés. La France se tient à
leurs côtés et avec leurs proches. Cette attaque contre nos forces engagées
dans la lutte contre Daech depuis 2015 est inacceptable. Leur présence en Irak
s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme. La guerre en
Iran ne saurait justifier de telles attaques.
> J’ai échangé hier avec le Président
Aoun, le Premier ministre Salam et le Président du Parlement Berri. Tout doit
être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit
arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive
d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers
de personnes ont déjà fui les bombardements. L’exécutif libanais a marqué sa
disposition à des discussions directes avec Israël. Toutes les composantes du
pays doivent y être représentées. Israël doit saisir cette opportunité pour
enclencher des discussions et cesser le feu, trouver une solution durable et
permettre aux autorités libanaises de mettre en œuvre leurs engagements en
faveur de la souveraineté du Liban. La France est prête à faciliter ces
discussions en les accueillant à Paris.
> Nous avons le parc nucléaire le plus
important au monde rapporté à notre population. Avec nos 57 réacteurs répartis
sur 18 sites, nous produisons une électricité abondante, pilotable et
décarbonée. Nous en exportons même massivement. C’est une immense fierté
française. À Belfort en 2022, j’annonçais la relance de notre ambition
nucléaire. Nous y sommes : 6 nouveaux réacteurs EPR2 vont être construits à
Penly, Gravelines et au Bugey. Le cap est tenu : produire davantage
d’électricité en France pour renforcer notre souveraineté énergétique et
soutenir notre réindustrialisation.
> [Discours sur le chantier de la
centrale nucléaire de Penly] Je suis très, très heureux, très fier d'être, avec
le Gouvernement, ici parmi vous, d'abord pour venir voir le chantier, vous
remercier, et puis ensuite, on va tenir un Conseil de politique nucléaire qui
va permettre de prendre des décisions qui vont avancer exactement sur le chemin
que vous venez de décrire. Au fond, je voulais simplement vous dire quelques
mots, quelques convictions et exprimer notre gratitude. D'abord, moi, je sais
collectivement d'où on vient. La France, elle est dans la situation où elle est
aujourd'hui parce qu'il y a plusieurs décennies, nos prédécesseurs ont pris des
choix courageux, visionnaires, de croire dans le nucléaire, de bâtir le
nucléaire en France. Ça a été une extraordinaire force qui nous a permis de
résister à beaucoup de chocs, de tenir et d'être à l'avant-garde du nucléaire
civil et militaire.
Il y a quelques jours, j'étais aux côtés de nos marins, de nos soldats sur
le Charles de Gaulle, c'est aussi grâce à cette technologie qu'on a stabilisée
après la Deuxième Guerre mondiale. Ça, c'est la force de la France, c'est notre
ADN : pays d'ingénieurs, d'inventeurs, de femmes et d'hommes qui savent
bâtir des projets au long cours pour leur indépendance. Le nucléaire, c'est ça.
Je n'oublie pas aussi où nous étions il y a 15 ans. Il y a 15 ans, on était 48
heures après Fukushima. Il y a 15 ans, le monde entier se disait : c'est
fini pour le nucléaire. Il y a 15 ans, je me souviens aussi, on commençait une
période terrible pour le nucléaire français, faite de crises, de chocs.
Beaucoup de gens nous disaient que c'était terminé et n'y croyaient plus. Il y
a 11 ans, la France avait une loi qui disait qu'il fallait passer de 75 % de
production d'électricité à 50 %. On a amorcé cette sortie, etc.
Collectivement, sur les 10 dernières années, on a changé tout ça. Et je
dis, c'est notre boulot à tous, collectivement, les élus qui sont là et la
grande famille du nucléaire français, par les décisions collectives qu'on a su
prendre. Et je veux vraiment remercier le CEA, EDF, Framatome, Orano,
l'ensemble des grands acteurs qui font la famille, justement, du nucléaire
français et l'ensemble des entreprises qui y contribuent. Eiffage est là, et
avec nous, beaucoup d'entreprises aussi qui sont sur ce projet, parce qu'au
fond, c'est des projets très technologiques, on le disait, mais c'est de la
logistique, c'est des bâtiments, c'est de la métallurgie, etc., etc. Qu'est-ce
qu'on a fait ces 10 dernières années ? On a freiné les décisions qui
étaient parties. On a dit qu'on n'allait pas aller si vite. On va
regarder.
On a ensuite demandé à l'AIE et au RTE un rapport. Ils nous ont dit qu'ils
n'allaient pas si vite que ça. Ce n'est pas une bonne idée. On a réparé la
filière en démontant ce qui n'allait pas. Je n'étais pas dans les mêmes
fonctions, mais je me souviens qu'il y a 11 ans, j'ai nommé Bernard à ce
moment-là chez Framatome. Il n'y avait pas beaucoup de gens pour aller chez
Framatome, je vous le dis. Il a fait le boulot pendant 10 ans formidablement.
Les acteurs de la filière l'ont remonté. On a consolidé. On a fait un
investissement énorme, le Grand Carénage. On a augmenté notre sûreté avec le
travail de l'ASN. Je n'oublie pas aussi, justement, nos autorités de sûreté. On
a renforcé la recherche. On a investi, on a réacquis les compétences, on a su
aller au bout de Flamanville, on a su lancer le projet britannique. Et on se
retrouve aujourd'hui au poste Grand Carénage. Regardez où on est.
On a, l'année dernière, surproduit l'électricité dans notre pays. On a
exporté 90 TWh. Il n'y a pas un équivalent en Europe. Et ça, c'est grâce au
nucléaire français. Donc aujourd'hui, 70 % de notre électricité, elle est
produite grâce au nucléaire. On tourne au maximum. Il faut continuer d'être
vigilant et d'aller de l'avant. C'est comme ça qu'on a l'énergie qui est à la
fois la plus décarbonée, pilotable et compétitive d'Europe. C'est une force
inestimable au moment où on veut continuer de réindustrialiser, faire venir des
data centers pour l'intelligence artificielle, etc. C'est une force. Donc, on a
réparé la filière. En même temps, on a mis la science sur la table. Et RTE,
avec l'aide de l'AIE et d'autres, ont fait plein de scénarios. En 2021, on a établi
un consensus pour le pays qui nous a dit : « Ne soyons pas doctrinaires,
regardons la science. » Il y en a qui vous disent : « il faut faire tout
nucléaire. » Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas bon non plus. Il y en a qui vous
disent : « il faut faire tout renouvelable. » Mauvaise idée.
La stratégie repose sur 3 piliers : économiser l'énergie, donc
l'efficacité énergétique, le nucléaire qu'il faut consolider et le renouvelable
qui est important sur certains segments pour faire le complément. C'est cette
stratégie qu'on a bâtie et annoncée à Belfort en 2022. Et c'est là qu'on décide
six nouveaux réacteurs et on en a huit derrière qui arrivent. 2022, décision
prise ; 2024, vous commencez le chantier en avance de phase et je salue la
réactivité. On est là aujourd'hui tous ensemble sur ce chantier où vous êtes un
peu plus de 1 100. Mais je voulais revenir sur ça pour dire tout le chemin qui
a été fait depuis 15 ans en matière de nucléaire.
Il y a deux jours, on était là avec vos responsables et toute la famille
nucléaire française. On a tenu le deuxième sommet du nucléaire. Et là où, en
Europe, il y a encore deux, trois ans, on nous disait « le nucléaire,
attention, ce n'est pas bon », on a bâti un consensus, et l'Europe suit et y
croit, et on est à la tête de cette alliance pour le nucléaire, et on avance.
Et on a réussi à avoir cet objectif de triplement des capacités, parce qu'on
sait qu'on n'arrivera pas à gagner la bataille du climat, de la compétitivité
et de la souveraineté sans le nucléaire. Voilà d'où on vient, voilà où on
est.
Maintenant, ce que je voulais vous dire, c'est que vous pouvez être fiers
collectivement. Vous êtes en train de participer au chantier du siècle. Ici, ce
sont les grands travaux du 21ᵉ siècle. À Penly, Gravelines, Bugey, on a les six
réacteurs qui sont partis. Ici même, sur ce site, vous serez à haut pic,
horizon de 2032-2033, plus de 10 000 à travailler.
On en aura des dizaines de milliers de Françaises et de Français qui
travailleront dans des métiers de l'industrie liée au nucléaire et qui
permettront d'arriver à la création de ces nouveaux réacteurs. Et entre 2038 et
le milieu des années 2040, on va progressivement les ouvrir, puis on va prendre
les décisions pour faire les huit suivants, et on va bâtir notre capacité à
produire de l'énergie décarbonée, compétitive et pilotable pour nos enfants.
Avec ce chantier du siècle, on va faire pour nos enfants ce que nos parents ont
fait pour nous. Et on va le faire en continuant d'innover, c'est-à-dire en
inventant des réacteurs aussi plus petits, les SMR qu'on porte, etc, et en
continuant d'exporter ce savoir-faire. Mais enfin, grâce à ces EPR2, ce sont
les séries qu'on bâtit en France.
Je veux vraiment que vous soyez fiers de porter ce projet, fiers de faire
partie de ce chantier du siècle, et autour d'EDF toutes les entreprises qui
sont partenaires et toutes les entreprises du territoire qui permettent de le
faire avancer. Et je veux ici vous dire un immense merci d'y participer, d'y
croire, d'avancer, et dire aux élus qui sont là un immense merci, parce que ces
projets ne sont pas possibles si on ne bâtit pas sur le terrain du compromis,
du consensus, si ce n'est pas accepté. Et vous avez ici à nos côtés des élus
qui y croient, qui ont supporté par le passé ces grands projets, qui croient
dans le nucléaire et dans l'industrie, dans la création d'emplois, en étant
responsables, en expliquant. Ça se fait par des débats transparents, mais ça se
fait par cette acceptabilité locale qu'il faut porter.
J’ai beaucoup de reconnaissance pour nos élus, pour les services de l'État
sur le territoire, parce que je sais aussi que c'est beaucoup de travail de
concertation, c'est beaucoup de logistique, c'est parfois de la nuisance pour
nos compatriotes qui vivent à proximité, mais tout ça se fait en bonne
intelligence, parce qu'on sait qu'on a un projet. Et on est dans la bonne
disposition d'esprit qui est de trouver des solutions ensemble, dans le respect
parce qu'on va créer de la valeur pour tout le monde.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire. La France croit
dans le nucléaire. Elle fait plus qu'y croire, elle pratique. Elle avance, elle
décide. On va prendre aujourd'hui des décisions importantes qui nous
permettront de consolider des décisions finales d'ici la fin de l'année, qui
vous permettront dès l'année prochaine de rentrer dans le vif du sujet, si je
puis dire, et derrière, encore d'accélérer pour nous tous le travail. Je compte
sur vous, nos compatriotes comptent sur vous, mais je veux dès à présent que
vous soyez immensément fiers de l'aventure à laquelle vous participez, parce
que c'est une très grande aventure industrielle, énergétique pour le pays.
C'est une immense fierté française. On l'exporte déjà Outre-Manche, on va continuer
de l'exporter ailleurs, parce qu'enfin, la France reprend ses grands travaux en
matière de nucléaire. Merci à tous.
Vive le nucléaire, vive la République et vive la France.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> [Militaire français tué au Kurdistan] L’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7ᵉ
bataillon de chasseurs alpins, est mort pour la France dans l’accomplissement
de sa mission en Irak. Depuis plus de vingt ans, il avait choisi de servir son
pays, partout où la France déploie ses soldats pour défendre la paix, lutter
contre le terrorisme et protéger nos compatriotes. Engagé en Irak dans le cadre
de la lutte contre le terrorisme, aux côtés de ses frères d’armes blessés, il
est tombé sous les coups d’une attaque lâche et inqualifiable. L’adjudant-chef
Arnaud Frion était un sous-officier respecté, un chef courageux et un camarade
fidèle. Il incarnait l’honneur, le sens du devoir et l’esprit de sacrifice qui
font la force de nos armées. Décoré de la Médaille militaire et cité à
plusieurs reprises pour acte de bravoure, il avait toujours placé la mission et
ses frères d’armes avant lui-même. Aujourd’hui, la Nation s’incline devant la
mémoire d’un soldat qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à son
épouse, à son fils, à ses proches et à ses frères d’armes. La France n’oubliera
pas.
> La crise au Moyen Orient ne diminue
en rien notre détermination et notre engagement : la France reste pleinement
aux côtés de l’Ukraine et du peuple ukrainien.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> [Déclaration à l’issue de sa visite de la Maison du Mouvement des
Survivantes de Centrafrique] Je suis avec la Présidente du Mouvement MOSUKA, qui
est un mouvement admirable des femmes survivantes qui s’engagent pour
accompagner, épauler les femmes qui ont été victimes ou qui sont victimes de
violences liées au conflit, ici en République centrafricaine.
Si je suis ici aujourd’hui, à côté de Léa, c’est parce que nous venons
d’inaugurer cette Maison qui est derrière nous, qui est le fruit du travail et
de l’engagement de MOSUKA ces dernières années, et que la France a voulu
soutenir et encourager. Parce qu’il y a deux ans, MOSUKA a été le mouvement
lauréat du Prix Simone Veil, qui reconnaît, le jour de la Journée
internationale des droits des femmes, le 8 mars, des organisations qui, dans le
monde entier, s’illustrent par leur courage, leur engagement au service des
femmes. Et ce Prix Simone Veil a permis de donner le coup de pouce
supplémentaire qui a permis à MOSUKA de disposer désormais de ce lieu, où les
femmes pourront être accueillies.
Je suis venu aussi exprimer ma reconnaissance à la présidente et aux membres de
ce mouvement admirable, d’avoir choisi de baptiser cette Maison, la Maison
MOSUKA- Simone Veil, parce que Simone Veil est une femme qui a, elle aussi,
avec beaucoup de courage, consacré une partie de sa vie à défendre les droits
des femmes. Et c’est une fierté pour nous qu’elle continue d’inspirer des
femmes à travers le monde, comme Léa et comme ses camarades de lutte.
> Cela fait huit ans qu’un ministre des
affaires étrangères ne s’était pas rendu en Centrafrique. Et ma visite marque
effectivement la restauration complète des relations entre nos deux pays, après
une période de refroidissement, une période de tension, qui est brève à
l’échelle de notre relation et de l’histoire entre nos deux pays, qui est
ancrée dans la relation entre nos deux peuples : une langue en commun, des
ressortissants binationaux, des diasporas dynamiques ; et qui est aussi
ancrée dans des coopérations très diverses, dans beaucoup de domaines, qui vont
de la protection des femmes, comme en atteste la coopération entre la France,
l’ambassade et le mouvement MOSUKA, mais aussi la transition écologique. Nous
étions à l’instant dans un autre quartier de Bangui avec des jeunes étudiants
et des engagés, qui développent des projets de traitement des déchets et de
transition écologique. Et cela va jusqu’à la santé, puisque demain, nous serons
à l’Institut Pasteur, qui est le centre de référence pour le continent africain
sur la lutte contre la poliomyélite et que soutenons. Mais aussi le secteur
entrepreneurial, puisque nous allons aller, dans quelques instants, au hub
Bangui rencontrer les entrepreneurs de cette ville, que là encore nous voulons
encourager à se développer. Bref, des coopérations dans tous les domaines, que
la feuille de route agréée entre les présidents Macron et Touadera, il y a deux
ans, vont permettre de renforcer pour les décennies qui viennent.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Militaire français tué au Kurdistan] L’adjudant-chef Arnaud Frion est
mort pour la France en Irak dans l’accomplissement de sa mission. Mes pensées
vont à sa famille, à ses proches. Soutien également aux militaires blessés et
aux équipes soignantes mobilisées à leurs côtés.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> [Militaire français tué au Kurdistan] Nos soldats assurent la préservation
de nos intérêts nationaux. Ils combattent sur notre sol et en opérations
extérieures le terrorisme islamiste. Je veux rendre hommage à l'adjudant-chef
Arnaud Frion tombé pour la France et à nos six soldats blessés.
> Femme, Vie, Liberté. Ce cri dans les
rues de Téhéran est devenu un cri de ralliement mondial. Des dizaines de
milliers de civils ont été assassinés par le régime des Mollah, pour avoir
défié le pouvoir et revendiqué la liberté. Les femmes ont été et restent à
l’avant-garde.
> L'élection présidentielle ne doit pas
être confisquée par les ambitions de quelques-uns. De plus en plus de voix
s'expriment pour qu'une primaire du centre et de la droite ait lieu. C’est
nécessaire. Nous n'avons pas le droit de laisser aux Français le seul choix
entre RN et LFI.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès
du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education
nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de
l’Apprentissage)
> [Militaire français tué au Kurdistan] Hommage à
l’adjudant-chef Arnaud Frion, tombé pour la France en Irak lors d’une attaque
meurtrière. Pensées profondément émues pour sa famille, ses frères d’armes et
pour les militaires blessés. La patrie est reconnaissante et se tiendra
toujours aux côtés de tous nos soldats engagés pour défendre la France et
protéger nos libertés.
Eléonore Caroit (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la
Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> L’Education est au coeur de nos priorités internationales ! A l’occasion
de la Conférence de haut niveau sur le financement de l’éducation à l’UNESCO, dans le cadre de la Présidence française du G7, j’ai tenu
à rappeler le rôle primordial de l’éducation dans le développement. L’éducation
est le réacteur d’un monde plus stable et éclairé, continuons de la défendre
ensemble.
● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Protection de l’enfance : « Alerte enlèvement » fête ses 20 ans
! Devant les magistrats, policiers, gendarmes et partenaires institutionnels,
nous avons décidé avec le ministre de l’Intérieur, de renforcer ce magnifique
dispositif « Alerte enlèvement ». Déjà 38 enfants retrouvés grâce à
ce dispositif Nous allons le moderniser en intégrant les alertes avec le
dispositif FR-Alert (message sur votre téléphone) pour démultiplier les chances
de retrouver les mineurs disparus.
Serge Papin (ministre des Petites et
moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir
d’achat)
> 513 contrôles ont été menés chez les distributeurs de carburant dans les
délais prévus comme l’avait décidé le Premier ministre.
La forte volatilité du prix du pétrole ne peut être l’occasion pour certains
d’en profiter. La libre concurrence doit jouer son rôle au bénéfice des
consommateurs.
À travers ses contrôles et en échangeant avec les distributeurs on peut
rétablir la transparence sur les prix sans quoi il ne peut pas y avoir de
concurrence. Or c’est le premier pare-feu contre les hausses de prix
injustifiées.
Les consommateurs ont le droit à des prix clairs transparents et justifiés.
Résultat des contrôles : 13 % des établissements présentaient des anomalies.
Entre 5 et 6 % ont fait l’objet de sanctions un niveau comparable à ce que l’on
observe chaque année.
Lorsqu’il s’agit d’une première erreur un rappel à la règle est privilégié. En
cas de faute grave ou répétée des sanctions sont appliquées.
Les amendes peuvent atteindre 15 000 € pour des erreurs d’affichage. Si une
pratique commerciale trompeuse est établie par l’enquête elles peuvent monter
jusqu’à 300 000 € pour une personne physique et 1,5 M€ pour une personne
morale.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement
et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique)
> Lorsque les prix des carburants augmentent, c'est aussi l'outil de travail
de nos pêcheurs qui est directement touché. Pour travailler à des solutions
concrètes et rapides, nous réunissions la filière, distributeurs de GOP et
établissements bancaires à Bercy.
Alice Rufo (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur de la ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> [Militaire français tué au Kurdistan] Grande émotion à l'annonce de la
mort de l'adjudant-chef Arnaud Frion et de la blessure de 6 de ses camarades.
Mes pensées vont au militaire décédé, à ses camarades blessés, à leurs proches,
notamment à la famille de l'adjudant-chef Frion, et à tous leurs compagnons
d’armes. L’adjudant-chef Arnaud Frion servait la France avec courage et sens du
devoir. Je m’incline devant sa mémoire et salue son engagement. La
reconnaissance de la France va à tous nos militaires qui nous protègent au
quotidien. Honneur et soutien à eux.
Sébastien Martin (ministre délégué
auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté
industrielle, énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> Face aux tensions au Moyen-Orient, nous sommes dans l’action.
Depuis plusieurs jours, je suis en contact permanent avec les représentants de
nos filières industrielles pour suivre la situation, anticiper les impacts,
identifier les risques.
L’État est à leurs côtés.
Mobilisé.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> [Militaire français tué au Kurdistan] L’adjudant-chef Arnaud Frion, du
7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces, est tombé pour la France lors
d’une attaque en Irak. Je pense avec émotion à sa famille, à ses proches et à
ses frères d’armes, frappés par cette perte immense. Mes pensées vont aussi à
nos autres militaires blessés et à leurs familles. La Nation leur exprime son
soutien, sa solidarité et sa profonde reconnaissance.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Militaire français tué au Kurdistan] Je m’incline devant la mémoire
d'Arnaud Frion, adjudant-chef engagé au sein des chasseurs alpins, mort pour la
France en Irak. Cette attaque menée par un groupe armé, soutien du régime des
mollahs, contre nos forces déployées pour lutter contre le terrorisme dans la
région, constitue une agression inacceptable. Mes pensées vont à sa famille, à
nos soldats et aux autres militaires blessés lors de cette attaque.
> [Municipales] Tout au long de cette
campagne, en me déplaçant de Bordeaux à Lille en passant par Paris, Nîmes,
Tours, Nantes, Alençon, Courbevoie, Saint-Herblain, Strasbourg,
Levallois-Perret, Malakoff et ailleurs en France, j’ai vu la détermination de
milliers de femmes et d’hommes issus de Renaissance,
fiers de s’engager pour leur commune. Je vous invite à leur faire confiance
massivement ce 15 mars, car ils seront les garants de tant de progrès pour
votre qualité de vie, de la solidarité, du vivre-ensemble et de la sécurité
pour votre ville. Au-delà des étiquettes, c’est la vitalité de notre démocratie
qui se joue dimanche : 49 millions de Français sont appelés à choisir leurs
plus de 500 000 élus. Alors mon message est simple : votez.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Julien Aubert, c’est très culotté. Vous le dites
vous-même : la décision de fermer Fessenheim a été prise bien avant Emmanuel
Macron. Dès 2012, François Hollande a décidé de faire passer la part du
nucléaire de 75 % à 50 % dans la production d’électricité. Cette décision était
la conséquence directe d’un accord passé avec les Verts, qui prévoyait
notamment la fermeture de la centrale de Fessenheim. À partir de ce moment-là,
les investissements nécessaires à son maintien n’ont plus été engagés et la
fermeture a été programmée. Pour ma part, en tant que ministre, je ne me suis
pas contentée de soutenir la relance du nucléaire en France : je l’ai menée.
Vous le reconnaissez vous-même d’ailleurs ! Je l’ai aussi portée au niveau
européen en lançant, en février 2023, l’Alliance du nucléaire, qui rassemble
aujourd’hui 13 États européens, notamment d’Europe centrale, de l’Est et du
Nord. J’ai affronté la Commission européenne, l’Allemagne, le Luxembourg et
l’Autriche pour faire reconnaître le nucléaire comme une énergie indispensable
à la fois à notre souveraineté énergétique et à la décarbonation. Ma position
sur ce sujet a toujours été claire et constante. Je vous invite d’ailleurs à en
discuter avec les salariés et la direction d’EDF. Enfin, chacun devrait balayer
devant sa porte. C’est bien sous Sarkozy entre 2007 et 2012, que le budget de
maintenance du parc nucléaire a commencé à diminuer significativement…
expliquant une partie des difficultés qu’a connues la filière plus tard.
> Cette reconnaissance d’une erreur
stratégique par la présidente de la Commission européenne clôt un combat sur le
nucléaire que j’ai mené aux côtés du président de la République ces sept
dernières années. J’ai toujours soutenu le nucléaire. En tant que ministre de
l’énergie, j’ai affronté la Commission européenne, l’Allemagne, le Luxembourg
et l’Autriche pour obtenir la reconnaissance du nucléaire. Grâce à l’Alliance
européenne du nucléaire que j’ai créée en 2023, j’ai pu faire voter des textes
favorables au nucléaire au niveau européen comme la réforme du marché de
l’électricité ou la loi climat 2040. Aujourd’hui, c’est la diplomatie française
qui obtient une éclatante victoire.
> Nous sommes l’une des plus grandes
nations du nucléaire. Mais si nous n’investissons pas dans la recherche et le
développement, dans l’innovation, nous resterons sur place, là où les
États-Unis et la Chine investissent massivement. C’est notre responsabilité, en
tant qu’État stratège, de continuer à investir dans l’innovation, en acceptant
aussi que l’on puisse parfois affronter des échecs. Mais c’est ça
l’investissement dans la recherche et développement : nous ne gagnons pas à
tous les coups, mais nous progressons.
> La priorité, c’est de répondre tout
de suite aux besoins des Françaises et des Français. C’est ce que fait le
ministre de l’Économie qui a réuni hier Total et les distributeurs. À l’issue
de cette réunion, Total s’est engagé à bloquer ses prix et la grande
distribution a annoncé des baisses à la pompe, de l’ordre de 10 à 30 centimes.
Par ailleurs, des stocks stratégiques massifs de pétrole ont été débloqués au
niveau mondial.
> Il y a trois ans, nous avons déjà
connu une envolée des prix. Nous sommes aujourdhui dans une meilleure posture.
Pourquoi ? Parce que les gouvernements successifs ont travaillé à réduire notre
dépendance aux énergies fossiles. C’est cela, le combat de fond qu’il faut
porter. Je le répète depuis des années : quand nous dépendons à 99 % des
importations pour notre approvisionnement en pétrole et en gaz, il faut réduire
cette dépendance en remplaçant les fossiles par des énergies produites en
France comme l’électricité renouvelable et nucléaire. C’est une question de
souveraineté.
> L’extrême droite et l’extrême gauche
portent le même niveau de violence ; on y tient des propos antisémites, certes
poussés à l’extrême par La France insoumise, mais encore présents dans un
certain nombre de communications de personnes qui figurent sur les listes du
Rassemblement national. Cela n’existe pas dans les listes des partis modérés.
Nous n’avons pas, dans le bloc central, des personnes qui tiennent des propos
antisémites ou racistes.
> Le vrai combat que la France a mené
ces dernières années c’est de convertir l’Europe au nucléaire. En tant que
ministre de la transition énergétique, j’ai lancé l’Alliance du nucléaire en
février 2023 qui réunissait des États membres scandinaves et d’Europe de l’Est
avec l’objectif de faire reconnaître le nucléaire au même titre que les
renouvelables. Ça a été un combat extrêmement difficile. Nous sommes passés
d’un moment où il n’était pas possible de prononcer le mot nucléaire dans les
discussions à une reconnaissance par la présidente de la Commission européenne
de l’erreur stratégique qu’a été la baisse du nucléaire dans le mix européen.
Et je m’en réjouis.
> Notre difficulté, en France, c’est
que notre approvisionnement en pétrole et en gaz dépend à 99 % des
importations. Alors même que nous sommes champions de la production
d’électricité grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. C’est pour cela
qu’il faut accélérer le remplacement des fossiles par l’énergie que nous
produisions.
> L’Iran a un gouvernement terroriste.
Et quand on fait du terrorisme, on sème la terreur. L’Iran essaie de semer la
terreur économique. Son objectif est d’alimenter la crainte d’une rupture
d’approvisionnement du pétrole pour faire monter les prix. Face à cela, les
pays européens mais aussi les États du Golfe, les États-Unis, et même la Chine,
qui est très dépendante du pétrole, ont tout intérêt à refroidir les prix du
pétrole. Deux axes d’action se dessinent : débloquer le détroit d’Ormuz et
réduire la pression sur l’approvisionnement en débloquant des stocks
stratégiques.
Elisabeth Borne (députée)
> [Militaire français tué au Kurdistan] Hommage à
l’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins de Varces,
mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil, en Irak. Mes
pensées vont à sa famille et à ses proches, à ses frères d’armes, et aux
militaires blessés. La Nation se tient à leurs côtés. Nos forces, engagées dans
la lutte contre Daech, ont été visées par un groupe armé soutenu par le régime
des mollahs. Rien ne saurait justifier une telle attaque.
Jean-René Cazeneuve (député)
> Contrairement aux contre-vérités de Le Pen:
- la crise actuelle a un impact global négatif pour les finances publiques
- même s'il s'enrichissait, l'Etat c'est nous
- baisser TVA et taxes, c'est creuser notre déficit
- cette crise a été provoquée par leur idole Trump
> Nous avons voté en 2018 la
suppression du mot «race» de la Constitution (texte qui n'est pas allé au bout)
et ces abrutis [de LFI] le réintroduisent par la fenêtre... Pour faire
prospérer leur business !
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> [Hostilités au Moyen-Orient] La France n’a pas déclenché cette guerre et
n’est pas partie prenante aux frappes américano-israéliennes. Notre priorité
est claire : protéger nos ressortissants, soutenir nos partenaires du Golfe et
préserver la stabilité régionale. La France agit pour la paix.
> [Agression de Poutine contre l’Ukraine]
L’Ukraine doit rester notre priorité. La Russie demeure aujourd’hui la
principale menace pour la sécurité de l’Europe. Même si le Moyen-Orient
s’embrase, nous devons maintenir et renforcer notre soutien aux Ukrainiens et
continuer à accroître la pression sur Moscou. (…)
C'est très important de réaffirmer à l'Ukraine notre soutien indéfectible
> [Hostilités au Moyen-Orient] Le Hezbollah
a commis une faute grave en attaquant Israël. Mais envahir le Liban et
provoquer des centaines de milliers de déplacés est une impasse. Le combat
contre le Hezbollah passe par le renforcement de l’état libanais pas par la
destruction et l’occupation.
> [Mort d’un militaire français au
Kurdistan] L’adjudant-chef Arnaud Frion a été tué et plusieurs de ses camarades
ont été blessés cette nuit en Irak. À leurs familles, leurs proches et leurs
frères d’armes, j’adresse toute ma solidarité. Soutien et confiance à
l’ensemble de nos forces armées dans ces moments difficiles.
Marie Lebec (députée)
> Une Assemblée nationale rien que pour les enfants. En pleine suspension de
nos travaux parlementaires, j’ai eu la chance cette semaine d’accueillir deux
classes de CM2, celle de l’école Val Fleuri à Chatou et celle de l’école Jean
Rostand à Marly-le-Roi. Leur faire découvrir la fabrique de la loi et le fonctionnement
de nos institutions directement dans la maison du peuple, c’est la meilleure
façon de rendre ces notions vivantes et de les aider à devenir les citoyens
éclairés de demain.
Charles Rodwell (député)
> [Rokhaya Diallo (LFI) s’est dite «choquée» de
l’absence de personnes de couleur parmi les têtes de liste du PS pour les
municipales] Cette dame dénonce également l’absence de candidats « non blancs »
aux municipales. Où est la gauche pour dénoncer le racisme ? La gauche
resterait-elle muette, si quelqu’un déplorait l’inverse ? La gauche
resterait-elle muette, si quelqu’un soulignait que « dans la France actuelle,
on ne peut pas être sereinement une personne blanche dans l’espace public » ?
Ces gens veulent la guerre civile. Et la gauche française, elle, cautionne.
> Très honoré d’être officiellement
missionné par le Gouvernement pour contribuer à renforcer nos politiques de
sécurité économique et de protection de nos intérêts stratégiques.
Au cœur de ces politiques de protection, la France dispose notamment de
mécanisme de contrôle des investissements étrangers uniques en Europe, pour
renforcer la sécurité économique de nos entreprises et assurer la protection de
nos intérêts stratégiques.
Pris en 2014 par Arnaud Montebourg, le décret relatif aux investissements
étrangers permet de soumettre à une autorisation préalable de l'Etat tout
investissement étranger dans une entreprise opérant dans un secteur d'activités
stratégiques ou sensibles. Ces dispositifs de contrôle des investissements
étrangers ont été considérablement renforcé par Bruno Le Maire, notamment dans
le cadre de loi Pacte en 2019 et à travers plusieurs décrets pris entre 2020 et
2023.
Dans un monde en guerre économique, structurée notamment par la confrontation
entre la Chine et les États-Unis, il est crucial d'adapter et de renforcer
notre arsenal de sécurité économique, notamment nos mécanismes de contrôle des
investissements étrangers, pour mieux protéger nos entreprises face aux
nouvelles menaces auxquelles elles sont confrontées en France et en Europe.
> « Le rejet de l’énergie
nucléaire a constitué une erreur stratégique de l’Union européenne. »
L’histoire donne raison à la France, et c’est Ursula von der Leyen qui le dit.
Daniel Labaronne (député)
> [Mort d’un militaire français au Kurdistan] Immense
tristesse après la mort pour la France de l’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7ᵉ
bataillon de chasseurs alpins de Varces, tué lors d’une attaque dans la région
d’Erbil, en Irak. Pensées à sa famille, à ses proches et à ses frères d’armes.
Et soutien aux militaires blessés.
Olga Givernet (députée)
> Quand von der Leyen reprend les mots du président
sur le nucléaire, la position française s’impose en Europe. Ce virage sur le
nucléaire, nous l’assumons. Depuis deux mandats, Emmanuel Macron défend un mix
énergétique équilibré et des électrons décarbonés produits sur notre sol.
> Les stocks stratégiques de pétrole
sont indispensables à notre souveraineté énergétique. Les mobiliser peut être
une solution pour pallier la crise. Mais attention : si nous les utilisons
aujourd’hui, quand, dans quelles conditions et à quel prix pourrons-nous les
reconstituer ?
> Le président Emmanuel Macron a
toujours été au rendez-vous lors des crises internationales. Son action et la
coordination avec nos partenaires protègent les Français. Certains prétendus
présidentiables devraient s’en inspirer, au lieu de faire allégeance aux USA ou
à la Russie.
> Les mauvaises idées du RN de baisser
les taxes sur le carburant ou de LFI de bloquer les prix à la pompe ne
régleront rien. Quand les prix augmentent, l’État perçoit plus de recettes :
utilisons-les pour protéger d’abord les ménages les plus fragiles.
Constance Le Grip (députée)
> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Je
dénonce fermement la décision unilatérale des Etats-Unis d'assouplir les
sanctions économiques contre la Russie et d'autoriser, temporairement certes,
la vente de pétrole russe. Cette décision, saluée bien sûr par le Kremlin, est
très préoccupante ! La Russie mène une guerre d'agression contre l'Ukraine, et,
c'est avéré maintenant, a des échanges de renseignement avec le régime iranien.
La décision étasunienne va accroître les ressources russes pour sa guerre
contre l'Ukraine et offre un ballon d'oxygène à Poutine !
> La France, membre permanent du
Conseil de Sécurité de l'ONU, puissance dotée, puissance militaire reconnue,
joue pleinement son rôle dans la crise géopolitique actuelle : soutien actif de
tous ses partenaires et alliés, protection de ses ressortissants, contribution
au travail de sécurisation du détroit d'Ormuz et de rétablissement de la
liberté de navigation.
> [Mort d’un militaire français au
Kurdistan] Je tiens à m'incliner devant la mémoire de l'adjudant-chef Arnaud
Frion, mort pour la France. Il participait à une coalition internationale
contre Daech, et se battait donc pour nos valeurs et notre liberté. Notre
détermination à lutter contre le terrorisme islamiste est plus forte que jamais
!
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> [Mort d’un militaire français au Kurdistan] En Irak, l’adjudant-chef
Arnaud Frion est mort pour la France, lors d’une lâche attaque contre nos
forces engagées dans la lutte contre le terrorisme. Son parcours au sein de nos
armées force le respect, et nous sommes fiers de son engagement au service de
notre pays. À sa famille, à ses frères d’armes et à nos militaires blessés
durant cette attaque, les députés Démocrates adressent leur soutien
indéfectible. Alors que les tensions et le chaos se propagent dans toute la
région, c’est notre nation tout entière qui doit se tenir aux côtés de celles
et ceux qui, dans un contexte extrêmement difficile, servent la France et
défendent nos valeurs.
> [Municipales] La campagne de premier
tour pour le renouvellement de l'ensemble des conseils municipaux de France
s'achève ce soir. Et avant le silence qui s'impose à tous pour laisser les
électeurs faire leur choix, je voudrais saluer celles et ceux qui ont fait le
choix du débat démocratique en se présentant au suffrage des Français ce
dimanche. Saluer singulièrement les militants et sympathisants démocrates qui
portent une certaine idée de la démocratie locale. Une démocratie qui respecte,
qui écoute, qui refuse la radicalisation du débat politique. Une démocratie locale
qui s'appuie sur le dépassement des étiquettes comme c'est, de fait, déjà le
cas dans l'immense majorité des communes. Et des élus et engagés, pour qui le
projet, la concorde civile et l'esprit de responsabilité priment sur les
considérations partisanes. Je leur souhaite le meilleur et je sais qu’au MoDem
nous pourrons nous appuyer sur eux dans les années à
venir pour incarner territorialement cette force centrale et d’équilibre dont
le pays a tant besoin. Dimanche, c'est de chacune et chacun d'entre nous que
dépend la vitalité de la démocratique locale. Votez et faites voter !
Bruno Fuchs (député)
> [Mort d’un militaire français au Kurdistan] Toutes mes pensées les plus
émues et patriotes vont à l’adjudant-chef Arnaud Frion, mort en mission en
Irak. Pensées pour sa famille, ses proches et ses frères d’armes. Soutien
également aux cinq soldats français blessés au cours de l'attaque. La Nation se
recueille.
● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> [Mort d’un militaire français au Kurdistan] La
France pleure l’un de ses soldats tombé au Moyen-Orient. L’adjudant-chef Arnaud
Frion servait avec courage aux côtés de nos partenaires kurdes et irakiens
contre le terrorisme. Pensées à sa famille, à ses frères d’armes et à nos
forces déployées dans la région.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> Nous devons investir plus dans la construction, levier essentiel pour
renforcer l’attractivité de l’Europe et accélérer les projets qui créent de la
croissance et de l’emploi.
> Pour la première fois (et le jour du
Sommet sur l’énergie nucléaire) la Commission européenne ouvre enfin pleinement
sa stratégie industrielle et ses financements au nucléaire ! La stratégie pour
les SMR présentée aujourd’hui est une avancée majeure.
Elle permettra de :
- baisser les factures d’électricité
- décarboner nos industries
- renforcer notre souveraineté énergétique.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
> L'immigration préoccupe nos concitoyens et nous devons évidemment apporter
des réponses. Sans instrumentalisation. Sans bafouer nos valeurs humanistes.
Nous sommes évidemment en faveur d’un renforcement des contrôles à nos
frontières extérieures mais n’oublions jamais que nous parlons de vies
humaines. Nous parlons d’hommes, de femmes et d’enfants. Pas de simples
chiffres. Le Pacte Asile et migration que nous avons adopté en 2024 est une
première phase. Il allie fermeté, solidarité et humanité. Il repose sur une
dimension profondément européenne. Le règlement Retour était la pièce
manquante. Alors que nous avions réussi, avec le Pacte Asile et migration, à
trouver un accord avec les forces pro-européennes, les atermoiements de la
gauche et le double jeu de la droite ont mené à une alliance mortifère de la
droite avec l’extrême droite. Résultat ? Un règlement Retour qui sera
inefficace, contre-productif et à l’encontre de nos valeurs. Nous avons des
exemples très concrets de l’inefficacité des mesures prônées par la droite et
l’extrême droite européennes. Le gouvernement de Meloni va dépenser 160
millions d’euros par an, pendant 5 ans, pour son centre de rétention en
Albanie. Il y a aujourd’hui 90 migrants dans ce centre. C’est un gouffre
financier. Externaliser la gestion migratoire c’est aussi prendre le risque de
subir du chantage et de l’instrumentalisation de la part de pays tiers. Nous,
nous défendons notre souveraineté. Et nous, nous défendons le respect des
droits fondamentaux.
> Renew Europe salue la prolongation
des règles de lutte contre les abus sexuels sur mineurs. En ciblant les
contenus illicites connus et en protégeant le chiffrement, nous défendons les
enfants sans porter atteinte à la vie privée.
> L'ingérence du Kremlin dans les
élections hongroises est une attaque directe contre la démocratie !
Les informations faisant état de désinformation orchestrée par la Russie pour
discréditer l'opposition sont extrêmement préoccupantes. Nous ne pouvons
permettre à la guerre hybride de Poutine de manipuler les votes européens.
Les Hongrois doivent être libres de choisir leur avenir !
Valérie Devaux (députée)
> Les accidents ferroviaires de Tempé et d'Adamuz ont bouleversés les Grecs,
les Espagnols et, au-delà, tous les Européens. Après le temps du deuil et du
recueillement, il nous appartient désormais de prendre les mesures nécessaires
afin que de telles tragédies ne se reproduisent plus jamais en Europe. Le
vieillissement des infrastructures est souvent en cause dans les accidents.
Cela souligne l'urgence de mettre en œuvre une véritable politique
d'investissement dans la modernisation des équipements.
> En novembre dernier, nous avons
adopté un rapport ambitieux pour renouveler la stratégie européenne en faveur
des personnes en situation de handicap. Il est désormais temps de passer de la
parole aux actes. Je veux à ce titre saluer l'annonce par la Commission d'un
pacte européen pour les soins.
Gregory Allione (député)
> [Mort d’un militaire français au Kurdistan] Émotion
après la mort au combat de l’adjudant-chef Arnaud Frion en Irak. Mes pensées à
sa famille, à ses proches et à ses frères d’armes du 7e bataillon de chasseurs
alpins de Varces. La présence française pour lutter contre le terrorisme dans
cette région ne peut être l’objet d’attaques dans le cadre du conflit Iranien.
Je me joins à la Nation dans cette épreuve difficile.
> Nomination aux Oscars pour Jordan
Bardella : catégorie « Meilleur second rôle pour le régime de Poutine » Un
palmarès de votes systématiquement pro-Russe depuis des années. Un scénario
écrit à Moscou. Une honte.
Nathalie Loiseau (députée)
> [Mort d’un militaire français au Kurdistan] Colère
et tristesse au moment où l’on apprend la mort de l’adjudant-chef Arnaud Frion.
Il était en Irak pour lutter contre les terroristes de Daesh, il a été tué par
une milice du régime terroriste iranien. Mes pensées émues vont à sa famille et
à ses frères d’armes blessés.
> Dans notre Parlement, on dénonce les
dérives du parti au pouvoir en Géorgie et on appelle à des mesures fortes de
l'Union européenne. Mais, au Conseil, que voit-on ? Aucune volonté de prendre
des sanctions significatives, ni même d'isoler les autorités de Tbilissi. Quant
à la Commission, tout donne à croire qu'elle a tiré un trait sur la Géorgie,
pourtant candidate à l'adhésion à l'Union européenne. Vladimir Poutine observe
et nous risquons de lui donner un signal terrible. Plutôt que d'entrer dans une
guerre frontale avec un pays européen, autant contribuer à y truquer les
élections, le jeu en vaut la chandelle. Il ne sert à rien de promettre un
bouclier démocratique européen si la Commission et le Conseil ne font pas
davantage pour la démocratie en Géorgie.
> Depuis bientôt trois ans, des
militaires ont pris le pouvoir au Niger à la faveur d'un coup d'État. Depuis,
le président Bazoum est détenu. Les militaires français qui aidaient le Niger à
combattre le terrorisme ont été priés de partir. Quel est le bilan de ces trois
années ? Il est hélas catastrophique. Le Niger n'est plus une démocratie. Les
milices djihadistes progressent, la population souffre considérablement. Mais,
à Niamey, la junte a une explication et un bouc émissaire : la France. La
France qui n'est plus là, mais que les putschistes accusent de tous les maux en
recourant massivement à la désinformation.
● Personnalités centristes
Amélie de Montchalin (Première présidente de la Cour des comptes)
> [Allocution lors de l’audience solennelle de son installation
en tant que première présidente] Alors que chacun mesure la gravité des
événements en Iran, au Liban, au Moyen- Orient, et toujours en Ukraine, la Cour
des comptes vous remercie de votre présence, vous qui êtes le garant de nos
institutions. Par celle-ci vous manifestez tant la considération que vous
portez à la Cour et aux 17 chambres régionales et territoriales des comptes,
que la confiance que vous accordez à leurs magistrats et à tous leurs
personnels. Sachez que nous en sommes très honorés. Plus personnellement, je
vous dois l’opportunité d’avoir pu servir notre pays et nos concitoyens, en
particulier aux côtés des agents publics, auxquels je souhaite adresser mes
premières pensées alors que j’intègre avec fierté la fonction publique.
Par votre présence, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs
les parlementaires, vous rappelez que la Cour est à équidistance du Parlement
et du Gouvernement. Je tiens donc à vous remercier, Monsieur le Président de la
Commission des Finances qui représentez le Président du Sénat, Messieurs les
rapporteurs généraux, pour votre présence.
En tant qu’ancienne parlementaire, je formule le souhait, sincère,
d’approfondir avec vous, cette mission d’assistance au Parlement que nous
confie la Constitution, pour nourrir le débat parlementaire et faire en sorte
que députés et sénateurs puissent se saisir pleinement des recommandations des
juridictions financières. J’exprime aussi ma reconnaissance aux hautes
autorités du Conseil constitutionnel, M. le Président, du Conseil d’État, M. le
Vice-président, de la Cour de cassation, M. le Procureur Général, et à Madame
la Défenseure des droits, avec lesquelles la Cour entretient depuis toujours
des relations étroites et constructives et partagent un patrimoine républicain
commun fondé sur la juste répartition des pouvoirs entre nos institutions. Je
suis par ailleurs très sensible à vos mots de bienvenue, Madame la Présidente, et
Madame la Procureure générale. Madame la Présidente, alors que vous venez de
recueillir mon serment, je vous suis, avec l’ensemble des membres des
juridictions financières, très reconnaissante d’avoir assuré ces semaines
d’intérim, incarnant ainsi la permanence et la continuité de notre juridiction.
Madame la Procureure générale, je sais pouvoir compter sur votre appui et me réjouis
d’une collaboration fructueuse entre le siège et le parquet pour œuvrer ensemble
au respect de l’ordre public financier. Permettez-moi aussi de saluer à cette
occasion Hélène Gisserot, qui fut la première Procureure générale, après avoir
été déléguée à la Condition Féminine.
A l’heure où je deviens Première présidente, j’ai une pensée pour toutes les «premières»
qui m’ont précédée dans cette institution. Je pense d’abord à la première femme
qui entra en 1915 à la Cour en tant que « dactylographe auxiliaire », tandis
que les hommes étaient partis au front. Elle s’appelait Gabrielle Grémillet.
Elle fut suivie ensuite par une série de premières « dames » exerçant les
fonctions de dactylographes, lingères, concierges, selon l’expression du temps.
En 1940, Hélène Binet, chartiste, devient directrice de la bibliothèque. Puis
peu à peu, les premières femmes purent accéder aux fonctions de magistrate. Il
fallut attendre 1955, soit 10 ans après la création de l’ENA, pour l’arrivée
des deux premières auditrices, Anne-Marie Hackett et Jacqueline Rougié ! La
première conseiller-maître – on ne féminisait pas les titres à l’époque – fut
Yvette Chassagne en 1979, et les premières présidentes de chambre furent, il y
a à peine vingt ans, en 2006, Claire Bazy-Malaurie et Marie-Thérèse Cornette, que
je salue.
En tant que première Première présidente, je me réjouis que la Cour soit désormais
paritaire dans ses présidences, et que tant de femmes fassent aujourd’hui vivre
ses missions et ses métiers. Je salue ainsi toutes les femmes des juridictions
financières, présentes ici ou ailleurs. Je saurai me montrer digne de la
détermination et de l’excellence de toutes ces « premières », qui ont permis
non pas seulement de féminiser notre juridiction, mais aussi de la rendre plus
crédible dans le débat public.
Je salue enfin tout particulièrement la présence de mes prédécesseurs, François
Logerot, Didier Migaud, Pierre Moscovici. Vous avez chacun œuvré pour l’intérêt
du pays en imprimant à notre Institution votre vision, vos convictions,
toujours pour la renforcer dans son indépendance, et la rendre sans cesse plus
utile aux Français. Souvent élus de la République, parfois anciens ministres,
toujours hommes d’Etat, vous avez su incarner pleinement notre institution et
son collectif d’hommes et de femmes. Vous avez été, chacun avec vos
personnalités, les promoteurs et les porte-parole des travaux de la Cour, et
les garants d’une Cour entendue, écoutée et respectée. J’associe à cet hommage
André Chandernagor, qui nous a quittés récemment, ainsi que Philippe Séguin.
Lors de sa séance d’installation, ici même il y a 22 ans, le Premier président Séguin
disait justement de sa forte voix : « Soyons bien conscients de ce qui est attendu
de la Cour ». C’est en effet d’une attente démocratique profonde du citoyen que
la Cour tient sa permanence. Cette attente est plus vive que jamais, et il nous
appartient de la servir au mieux pour le temps présent. Comme un rappel à ce
devoir, cette attente est inscrite, au-dessus de nous, en cette Grand’Chambre,
surmontée d’une représentation de la République. C’est l’article 15 de la
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : « la société a le
droit de demander compte à tout agent public de son administration ».
Réaffirmons-le aujourd’hui : le contrôle de l’utilisation de l’argent public
est au cœur de notre démocratie, et depuis 2008 de notre Constitution. Je
dirais même plus : informer le citoyen contribuable est devenu un marqueur
démocratique essentiel dans notre pays, comme c’est le cas dans bien d’autres
démocraties. En témoigne la présence des représentants des réseaux
internationaux, européen et francophone des institutions supérieures de
contrôle, que je salue ici chaleureusement et avec qui j’aurai grand plaisir à
travailler. Si la Cour a survécu à tous les régimes et à tous les soubresauts
de notre histoire, c’est parce que son identité est solide. Dire la vérité aux
Français, être un repère de notre débat démocratique et inciter chaque
décideur, chaque agent, à mieux utiliser l’argent public : telles sont les
sources de la confiance que les Français et leurs représentants ont placée dans
les juridictions financières. Je ferai tout pour qu’elles restent dignes de
cette confiance et aucun pouvoir démocratiquement élu ne pourra remettre cela
en cause. « Tout Etat exige un trésor. Tout trésor exige un compte. Tout compte
exige un contrôle par un juge désintéressé. » disait Pierre Moinot, ancien
Procureur général et éminent membre de notre compagnie, qui rappelle aussi la
tradition littéraire vivace des magistrats de la Cour, qui n’est en rien une
frivolité. Le mot juste, la phrase claire, le bon chiffre, l’analyse
impartiale, sont l’expression de notre devoir à tous.
Oui, la Cour est un trésor pour notre démocratie, surtout quand celle-ci peut
être ébranlée : nos valeurs d’indépendance, de collégialité et de
contradictoire, gages d’objectivité et d’impartialité constituent un patrimoine
que nous devons préserver et défendre, avec force.
La Cour est à un moment charnière de son histoire, parce que nous sommes à un
moment charnière de notre démocratie. Conforter les juridictions financières,
protéger leur indépendance, renforcer l’impact de leurs travaux, veiller à la
responsabilité des gestionnaires publics, c’est renforcer notre démocratie. C’est
la responsabilité collective – et j’insiste sur ce terme – de celles et ceux
qui sont liés par le serment que je viens moi-même de prêter, que d’incarner,
jour après jour, les valeurs de la Cour, en particulier en ces temps troublés,
et à l’approche d’échéances électorales qui portent tant d’enjeux pour notre
pays.
Dans un contexte marqué par une telle gravité, je voudrais insister sur trois messages
: Le premier, c’est que la condition essentielle de la souveraineté d’un pays
est financière. Et celle-ci est aujourd’hui menacée par notre trop grand
déficit : sans comptes en ordre, aucune souveraineté n’est possible. Sans
marges de manœuvre financières, nous ne pourrons pas assurer notre défense,
financer les investissements indispensables aux transitions écologique et
numérique, soutenir nos entreprises ou préparer l’avenir de notre jeunesse en
proie aux doutes. La réduction du déficit n’est pas un dogme de la Cour mais un
choix de justice entre les générations. Parce qu’elle s’inscrit dans le temps
long et qu’elle détient une mémoire dans un monde dirigé par l’immédiateté, la
Cour est dans son rôle quand elle éclaire les choix à faire pour protéger
celles et ceux qui viennent après nous. Mon deuxième message, c’est la
nécessité de protéger nos institutions dans un contexte de remise en cause du
modèle démocratique dans le monde, y compris en Europe, amplifié par les
bouleversements géopolitiques que nous connaissons.
Dans ce contexte, des idéologies progressent en instrumentalisant les
faiblesses de la démocratie, pour diffuser un programme de négation de ses principes.
Suit invariablement, dans un nombre croissant de pays, la remise en cause des
institutions qui sont le socle de la démocratie, leur « trésor » comme l’est la
Cour pour la France, avec les autres institutions républicaines dont les représentants
sont présents parmi nous aujourd’hui, et se propagent alors des attaques
intolérables contre les juges et leurs décisions.
Troisième message, notre espace informationnel a été profondément bouleversé
par les technologies numériques, et nous ne percevons que depuis peu tout leur
impact néfaste sur le débat public. La prolifération des fausses nouvelles et
de ce que d’aucuns appellent des « faits alternatifs » est un défi aux Lumières
de l’article 15.
Dans un débat où il n’y a plus ni vrai, ni faux pour beaucoup, les juridictions
financières doivent rester un phare dans un brouillard de plus en plus épais
pour nos concitoyens. Soyons donc bien conscients de ce qui est attendu de la
Cour : « Dat ordinem lucendo », rétablir l’ordre en faisant la lumière. Voilà
une devise qui remonte aux origines de notre institution, mais qui porte, à mon
sens, une partie de la réponse à ces trois enjeux qui traversent aujourd’hui
notre démocratie. Lumière et ordre. Cette articulation entre transparence et
impact, débat public et transformation des politiques publiques est la boussole
que nous devons suivre plus que jamais. Plutôt qu’un plan d’actions déjà
complet, que je souhaite bâtir dans les prochains mois avec les autorités, les
magistrats et les agents de la Cour et des chambres régionales et territoriales
des comptes, je me bornerai ici à exposer deux priorités immédiates que
j’entends porter au début de mon mandat.
Première priorité, protéger l’indépendance de la Cour pour renforcer notre démocratie.
Protéger l’indépendance des juridictions financières signifie d’abord renforcer
encore leur exemplarité. La Cour dispense des conseils et des recommandations à
tous les acteurs publics : il est donc essentiel qu’elle soit irréprochable
dans sa gestion interne et dans ses procédures et transparente dans son fonctionnement.
A cet égard, la probité et l’exemplarité de ses membres sont la clé de voûte de
la confiance, à commencer par la Première présidente. Dès mon entrée en fonctions,
comme le prévoit le code des juridictions financières, j’ai remis ma déclaration
d’intérêts au collège de déontologie, que je veux remercier pour ses observations.
La conférence des présidents s’est ensuite réunie pour établir, sous la
présidence de la doyenne des présidents de chambre, les modalités concrètes de
mise en œuvre de ses recommandations. Ces modalités décidées collégialement
s’imposeront à moi et seront partagées en toute transparence dès cet après-midi
avec tous les agents des juridictions financières. De la même façon, je sais
pouvoir compter sur la déontologie et l’éthique de chacun pour préserver
l’image et l’indépendance de notre institution. Si notre corpus de référence
est déjà solide, nos pratiques en la matière ne sont pas encore toutes
suffisamment encadrées. En tant que cheffe de corps, je serai intransigeante
sur le respect de nos règles communes. Trop de débats ont surgi dans la période
récente sur des recrutements ou des expressions publiques de nos membres qui
nuisent à l’image et à la crédibilité de notre institution. Dans l’époque que
nous vivons, rien ne doit menacer la crédibilité de la Cour, ni troubler son
travail collégial, impartial et son rôle de tiers de confiance vis-à-vis de nos
concitoyens. C’est pourquoi je remercie Didier Migaud, Premier président
honoraire et ancien Président de la Haute autorité pour la transparence de la
vie publique, d’avoir accepté de mener une mission visant à proposer, en
partant de notre socle de référence actuel, un cadre encore renforcé pour que
rien ne puisse affaiblir notre indépendance dans nos actions, pour ce qui
concerne nos recrutements, la conduite de nos travaux et l’expression publique
des membres et agents des juridictions financières. Je souhaite qu’il puisse me
rendre ses préconisations en juin afin d’en tirer les conclusions pour toutes
les juridictions financières dans les meilleurs délais.
Deuxième priorité, donner plus d’impact à nos travaux, pour que la lumière rétablisse
encore davantage l’ordre. La transparence, comme l’exemplarité, est l’un des
fondements de la confiance publique et un accélérateur de la transformation. La
réforme dite du « 100 % publication », impulsée par Pierre Moscovici, a constitué
à cet égard une évolution stratégique décisive : elle a rendu davantage accessibles
nos travaux aux Français et a ainsi renforcé leurs attentes de changement. Mais
publier ne suffit pas : encore faut-il veiller à la cohérence de nos messages, à
leur pertinence et à leur calendrier, afin qu’ils aient le maximum d’impact possible.
Nos travaux ne sont pas les opinions de quelques-uns, ce sont des avis collégiaux
fondés sur l’investigation et le contradictoire, précis dans leurs constats,
rigoureux dans leurs analyses et nuancés dans leurs recommandations. Cette
collégialité doit nous donner le courage de la nuance et la force de l’autorité.
Rappelons-nous que la Cour est un organisme de contrôle et non un organisme
d’études : c’est cela même qui justifie ses pouvoirs étendus et sa nature
juridictionnelle que je souhaite conforter. Et un rapport n’est pas une fin en
soi : c’est un instrument de transparence utile à l’amélioration des
administrations et des politiques publiques, et au contrôle de l’action du
Gouvernement par le Parlement.
Être utile aux administrations, c’est leur apporter un regard extérieur sans
les submerger de sollicitations. C’est formuler des recommandations
opérationnelles et chiffrées, intégrant la complexité de leurs missions. Être
utile au Parlement, c’est fournir des analyses robustes au moment opportun.
Être utile aux citoyens, c’est publier des rapports clairs et accessibles et en
assurer le suivi de façon résolue. Pour formuler ces recommandations crédibles
et pertinentes, nous devons continuer de recruter des femmes et des hommes qui
« ont tenu le manche et qui comprennent les textes et le contexte de l’action
publique » comme Jean Castex a eu l’occasion de le dire, et je le remercie de
sa présence aujourd’hui à nos côtés. Et, en retour, pour attirer les meilleurs
profils, la Cour doit soutenir ses membres.
Quand je partirai, car je partirai bien un jour, je voudrais m’être assurée,
comme cheffe de corps, que la Cour demeure ce vivier de serviteurs de l’Etat
qui rayonnent, cette maison où l’on vient pour servir résolument, pour acquérir
des compétences reconnues et utiles à l’extérieur ; en bref, un endroit d’où
l’on reparte encore meilleur. Cet enjeu d’utilité et d’impact vaut aussi pour
notre mission juridictionnelle. La réforme de la responsabilité financière des
gestionnaires publics vise à contrôler le bon emploi des deniers publics sans
entraver la capacité d’action des acteurs de terrain mais en assumant qu’il y a
bien, toujours, des responsables. Cette réforme conduite sous votre autorité,
M. le Président de la République, M. le Premier ministre, nous devons la faire
pleinement réussir et la faire accepter en étant clairs sur nos procédures, en
accompagnant les administrations, tout en étant fermes sur le fait qu’il n’y a
pas d’impunité lorsqu’il y a faute de gestion. Prenons garde, à peine quelques
années seulement après l’adoption de cette réforme, à ne pas remettre en cause
ses fondements dans le contexte de défiance que j’évoquais tout à l’heure. Plus
largement, si la Cour est souvent entendue, elle doit être davantage écoutée.
Ainsi, ne nous contentons pas des excellentes statistiques que nous connaissons
tous : oui, plus de la moitié des recommandations de la Cour sont mises en
œuvre et c’est heureux. Mais le sont-elles dans la durée ? Permettent-elles
toujours de transformer en profondeur et de réorganiser efficacement l’action
publique ? Permettent-elles des économies durables ? Je souhaite que soient
démultipliés les contrôles de suivi, pour que la Cour puisse s’assurer du
devenir effectif de ses recommandations à échéances plus régulières, et que ce
suivi-même soit porté à la connaissance du grand public, en devenant une part
plus importante de la programmation de nos travaux que je souhaite plus
stratégique et plus ciblée. Cela permettra également de valoriser autant les
réussites que de faire état des points d’amélioration. Ce que la Cour aura
contribué à transformer, à améliorer, à réaliser concrètement au service du
bien public doit être davantage connu de tous. Je forme donc le vœu que nous
lisions désormais dans la presse ce que la Cour a permis d’améliorer, encore
davantage que ce qu’elle a déploré, hélas avec raison.
Monsieur le Président de la République, Mesdames et messieurs, Chers collègues,
Je terminerai tout naturellement par une célébration de la force du collectif
de cette Maison, qui s’exprime dans une convivialité humaine et dans la
collégialité des décisions que je veux encore renforcer au cours de mon mandat,
de même que le lien entre la Cour et les chambres régionales et territoriales
des comptes. Je souhaite que nous prenions le temps nécessaire d’un bilan de JF
2025, cette grande et nécessaire transformation portée par Pierre Moscovici,
avant de lancer de nouveaux chantiers. Ce doit être l’occasion de mesurer ses
effets, de consolider ses acquis et d’ajuster ce qui doit l’être. A nous de
poursuivre cette dynamique alors que l’intelligence artificielle ouvre de
nouvelles possibilités mais réinterroge nos métiers. A cet égard, ma démarche
sera guidée par trois mots qui constituent des boussoles personnelles :
sincérité, confiance, humilité. Sincérité d’abord. Sincérité des comptes,
sincérité dans l’écoute, le dialogue, le débat, sincérité dans l’engagement. Mais
aussi confiance. Confiance dans l’institution et dans ses membres, confiance
dans notre nation, confiance en l’avenir. Et donc pour moi, humilité au service
d’un collectif. Dans une maison marquée par le sceau de la collégialité, chacun
peut beaucoup par son travail, son audace, son imagination. Mais personne ne
peut réussir seul.
Car je le redis à tous les membres de notre compagnie et à l’ensemble des personnels
ici et dans tout le pays, d’Orléans à Nouméa, de Noisiel aux Antilles : «
soyons bien conscients de ce qui est attendu de la Cour ».
Avant de lever la séance, je vous prie, Mesdames et Messieurs, de bien vouloir demeurer
quelques instants à votre place afin de permettre à Mme la Procureure générale
et à moi-même de raccompagner M. le Président de la République, que je remercie
à nouveau de sa présence. La séance est levée.