dimanche 26 mai 2019

L’Editorial du CREC. L’union de l’Europe et les centristes, une histoire d’amour et de raison

Lorsque le 5 septembre 1929, Aristide Briand, président du Conseil, monta à la tribune de la X° assemblée de la SDN (Société des Nations, ancêtre de l’ONU), il déclara, solennellement:
«Je pense qu’entre des peuples qui sont géographiquement groupés, comme les peuples d’Europe, il doit exister une sorte de lien fédéral. Ces peuples doivent avoir à tout instant la possibilité d’entrer en contact, de discuter de leurs intérêts communs, de prendre des résolutions communes. Ils doivent, en un mot, établir entre eux un lien de solidarité qui leur permette de faire face, au moment voulu, à des circonstances graves si elles venaient à naître.
C’est ce lien, messieurs, que je voudrais m’efforcer de créer.
Évidemment, l’association agira surtout dans le domaine économique: c’est la nécessité la plus pressante. Je crois qu’on peut en ce domaine, obtenir des succès. Mais je suis sûr aussi qu’au point de vue politique ou au point de vue social, le lien fédéral, sans toucher à la souveraineté d’aucune des nations qui pourraient faire partie d’une telle association, peut être bienfaisant. Et je me propose, pendant la durée de cette session, de prier ceux de mes collègues qui représentent ici les nations européennes de vouloir bien, officieusement, envisager cette suggestion et la proposer à l’étude de leurs gouvernements, pour dégager plus tard, pendant la prochaine assemblée peut-être, les possibilités de réalisation que je crois discerner.»
Cet appel saisissant de volonté humaniste et progressiste resta malheureusement lettre-morte jusqu’à après la Deuxième guerre mondiale et ses 60 millions de morts, conflit planétaire encore une fois provoquée par les Européens.
Mais son rappel en ce jour d’élections au Parlement de l’Union européenne montre bien que les centristes ont toujours été dans le camp des éclaireurs et des visionnaires d’une construction européenne.
Il faut dire que leur double filiation idéologique, le libéralisme et la démocratie chrétienne, sont deux forces qui promeuvent l’internationale humaniste, la réunion et l’union des peuples.
Ce n’est donc pas un hasard si, à côté de Briand, l’homme de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, on trouve comme européen convaincu, le fervent catholique, Robert Schuman.
Ce dernier, en tant que ministre des Affaires étrangères, lors de sa déclaration du 9 mai 1952, proposant la création d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), disait:
«La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de vingt ans le champion d'une Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. L'Europe n'a pas été faite, nous avons eu la guerre».
Oui, nous devons nous rappeler que des personnalités éminentes se sont levées avant et après 39-45 pour proposer la paix plutôt que la guerre, l’union plutôt que le conflit, l’humanisme plutôt que la violence mortifère aux nations européennes qui n’ont cessé de s’entretuer pendant des siècles et des siècles.
Oui, nous devons nous le rappeler en ce jour d’élection européennes où certains jouent contre L’Union européenne, contre l’Europe, donc contre la paix, contre le progressisme et contre l’humanisme.
Oui, nous devons nous le rappeler quand une force d’extrême-droite dont le créateur avait une société qui vendait des chants nazis est en tête des intentions de vote en France et s’allie avec les pires extrémistes, nationalistes et populistes européens.
Oui, nous devons nous le rappeler alors que l’abstention sera encore une fois très importante.
L’Union européenne est un projet toujours en construction.
La laisser se délabrer ou participer à sa destruction est une responsabilité dont devrons répondre ceux qui y participeront devant l’Histoire.
Donc, oui, en ce 26 mai, il faut voter et voter pour l’Europe.

L’équipe du CREC