mardi 18 décembre 2018

Vues du Centre. Célébrons le journalisme avant les journalistes…

Par Jean-François Borrou & Alexandre Vatimbella

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC

Le magazine Time vient de décider de décerner son fameux prix de la «Personne de l’année» aux journalistes.
Mais, plus que les journalistes, c’est le journalisme et sa mission essentielle dans une société libre d’humains libres qui aurait du recevoir cette récompense.
Bien entendu, il faut rendre hommage aux journalistes qui remplissent avec honnêteté, courage et déontologie, leur mission d’information à travers le monde, et ils sont nombreux, et ils ont des valeurs qui les honorent.
De même, il faut s’incliner devant les 80 journalistes assassinés en 2018 par les gouvernements, les militaires, les terroristes et les criminels et affirmer haut et fort qu’il n’y a jamais le moindre début de début de justification pour s’en prendre physiquement à un représentant de la presse et que la liberté d’expression, même mal exercée par certains, ne donnent aucune légitimité aux violences commises sur des milliers d’entre eux chaque année.
Ayant dit cela, il convient de ne pas tomber dans l’angélisme, voire pour les journalismes, dans un corporatisme indécent et des cris d’orfraie à chaque fois qu’ils sont l’objet de critiques, surtout lorsqu’elles sont justifiées.
Ici ce n’est pas la liberté de la presse qui est en question mais le droit à une vraie information citoyenne pour tous les individus.
La profession de journaliste a ses bons et ses mauvais éléments, certains étant tout simplement des escrocs qui peuvent mériter de se retrouver derrière les barreaux.
Alors, au lieu de décerner un prix aux journalistes dans leur ensemble (à travers quelques personnalités choisies comme emblématiques), c’est bien au journalisme qui, lui, ne souffre aucune critique, qu’il aurait fallu le donner.
Et, plus qu’un prix, il faut mettre en place au niveau mondial des mécanismes contraignants pour tous les Etats qui permettent aux journalistes d’exercer librement leur métier et de garantir, sous peine de sanctions, la liberté de la presse.
Au moment où le monde fait les yeux doux aux autocrates, aux dictateurs, aux populistes et aux démagogues, cela semble relever de vœux pieux et d’une mission impossible.
A l’heure des faits alternatifs, des infox (fake news), du storytelling et toute autre technique qui transforme l’information en de la simple propagande et en tromperie, les défenseurs de la démocratie républicaine se doivent d’être à l’avant-garde de ce combat.
Donc les centristes.

Jean-François Borrou
Alexandre Vatimbella