samedi 15 décembre 2018

L’Humeur du Centriste. Les «Gilets jaunes», un mouvement spontané, quelle supercherie!

Depuis la création d’En marche! par Emmanuel Macron et sa déclaration de candidature à la présidentielle, avec une accélération quand il est passé en tête dans les sondages lors de la campagne et évidemment une autre après sa victoire, la presse mène une campagne (et pour certains médias on peut même parler d’une sorte de croisade) quasi uniquement à charge à son encontre pendant que l’«ancien monde» politique, qui ne peut digérer d’avoir été battu par un blanc-bec qui n’avait pas fait ses classes en son sein, le dézingue avec une rare violence (on n’oublie pas qu’un de ses pires contempteurs fut, jusqu’à son ralliement, François Bayrou dont le comportement pour le moins contradictoire actuel ne date pas d’hier).
Ajoutons que la Droite et la Gauche qui se partageaient le pouvoir depuis le début de la V° République n’ont pas digéré qu’un mouvement essentiellement central le leur confisque et que les centristes qu’ils détestent plus que tout et dont ils se moquent constamment s’installent à la tête du pays.

Mais, dans ce paysage propice à la haine et à la délégitimisation du Président en place avant même qu’il ne prenne ses quartiers à l’Elysée, il ne faut pas oublier d’associer le quinquennat catastrophique de François Hollande pour la fonction présidentielle largement ridiculisée et affaiblie (alors même que son passage à la tête de l’exécutif est loin d’avoir été aussi mauvais que certains le disent en ce qui concerne la politique menée).

Il faut évidemment y rajouter celui de Nicolas Sarkozy parce que c’est le moment où  une double cristallisation (une de haine et une d’amour) nait autour d’un président qui était clivant par volonté de créer une véritable division entre les Français autour de sa personnalité.

On pourrait même y associer les deux mandats de Jacques Chirac, avec, lors du premier la promesse de lutter contre la «fracture sociale» qui ne fut jamais remplie et, lors du deuxième, son incapacité à comprendre que la présence au second tour de Jean-Marie Le Pen nécessitait des initiatives fortes qu’il ne prit jamais.

Mais revenons-en à la présidence d’Emmanuel Macron.

Se rappelle-t-on avec quelle hargne, quelle haine, quelle vindicte la classe politique et les médias ont attaqué Macron sur des affaires qui n’en étaient pas, sur des comportements inexistants, sur des procès d’intention sans réelles preuves?

Les propos scandaleux des Mélenchon, Le Pen, Wauquiez, Dupont-Aignan, Hamon et leurs sbires, ceux de certains médias pris d’une rage contre la personne même du Président de la république, ont préparé le terrain à un mouvement qui, très profondément, est anti-Macron avant d’être pro quelque chose.

Oui, à force de délégitimiser un Président de la république, on offre à ceux qui veulent en découdre, non seulement, les munitions pour l’abattre mais le fusil et le discours qui va avec.

«Macron démission» entend-on sur les barrages des gilets jaunes comme on l’entend depuis avril 2017 dans ma bouche des personnages que l’on vient de citer, relayé complaisamment jusqu’à la nausée par certains médias.

Or donc, de ce point de vue, il est faux de prétendre que leur mouvement est spontané, nait de rien sauf d’une indignation et d’une exaspération de quelques bons Français moyens envers Emmanuel Macron et sa présidence, d’autant plus qu’il est noyauté depuis le début par des sympathisants et des militants de ces mêmes personnages qui en constituent désormais la majorité.

Oui, il y avait un terreau composé de frustrations passées et présentes mais, surtout, il y a, tous les jours, des charges contre le pouvoir en place et, avant tout, le président, le présentant comme une excroissance illégitime, une parenthèse qu’il fallait refermer au plus vite, une anomalie réformatrice dans un monde immobile et qui déteste qu’on le réveille dans son Bois dormant.

Oui, ces charges incessantes ont irrigué la société et ont, petit à petit, instillé qu’il était possible de se débarrasser de Macron, l’empêcheur de tourner en rond.

Il fallait une étincelle et ce fut les quelques cents d’une taxe carbone sur le carburant mais cela aurait pu être autre chose avant ou après, les fascistes et les gauchistes étant mobilisé pour lui donner un tour radical (avec, bien sûr, les casseurs et les pilleurs).

Et grâce à ceux qui ont revêtu un gilet jaune, tous les opposants à la majorité en place mais avant tout à Emmanuel Macron, qui mettaient sans cesse de l’huile sur le feu, non pas en s’opposant démocratiquement à son programme mais en questionnant sans fin sa légitimité, ont développé des thèses expliquant le pourquoi du comment, donnant l’onction du monde politico-médiatique aux manifestations (et même pour certains aux violences commises).

C’est le chat qui se mord la queue et cette cabale circulaire où chacun se nourrit de l’autre pour se payer Macron peut continuer longtemps parce que cela nourrit l’hubris des personnages qui mènent la danse que ce soit dans le monde politique, dans celui des médias ou celui des ronds-points jaunâtres.

A ce train-là, ils auront peut-être la peau de Macron mais plus sûrement celle de la France et de la démocratie.

Et si, comme il faut l’espérer, ce mouvement se dégonfle, il restera comme un triste moment populiste et antidémocratique.



Centristement vôtre.



Le Centriste