Le Centrisme, c’est la radicalité morale par le respect, l’ouverture sociale par la solidarité, le dynamisme économique par la liberté, le tout dans le juste équilibre.

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Alexandre Vatimbella / Directeur du CREC

08 février 2010

Actualités – France – Régionales – Sondages: Les listes UMP-Nouveau centre à 30%, Mouvement démocrate à 6%

Selon un sondage Opinionway-Fiducial pour Le Figaro et LCI, les listes majorité présidentielle essentiellement constituées par des membres de l’UMP et du Nouveau Centre obtiendraient 30% des suffrages lors des prochaines élections régionales de mars. Elles seraient talonnées par les listes du Parti socialiste à 27%. En revanche, les listes écologistes sont en net repli (-4%) à 10% des intentions de vote. Baisse également pour les listes du Mouvement démocrate (-2%) à 6%.

Autres listes: Front national à 9% (-1), Front de gauche à 6% (+2), Nouveau parti anticapitaliste sont créditées à 4%.

(Sondage réalisé les 3 et 4 février auprès d'un échantillon national représentatif de 1.014 personnes âgées de 18 ans et plus / Méthode des quotas / Marge d’erreur de 3 points)

Actualités – Costa Rica – La centriste Laura Chinchilla remporte l’élection présidentielle

La centriste et ancienne vice-présidente (elle avait démissionnée pour mener campagne), Laura Chinchilla a remporté l’élection présidentielle au Costa Rica ce dimanche 7 février. Elle s’est engagée à poursuivre les politiques de son prédécesseur, Oscar Arias, qui ne pouvait se représenter selon la Constitution du pays, notamment l’accueil des investissements étrangers et les accords de libre-échange ainsi que le tourisme. Moins touché que d’autres par la crise économique et financière mondiale, le pays, qui ne possède pas d’armée, est une zone de stabilité dans une Amérique centrale qui a connu de nombreux conflits.

07 février 2010

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La primauté du libéralisme politique sur le libéralisme économique

C’est le libéralisme politique qui codifie le libéralisme économique et non le contraire. Pour avoir oublié ce primat évident du politique, les sociétés se disant libérales ont vu émerger des comportements uniquement tournés vers la rentabilité financière et l’enrichissement personnel et non guidés par l’accomplissement de l’être humain en tant que personne. Du coup, ces sociétés ne sont plus assises sur les fondements du libéralisme.

Car le libéralisme, avant d’être une organisation de l’économie est une vision de la société, du rapport de celle-ci avec l’individu et de la teneur du lien social. Dès lors, l’économique obéit au politique dans le sens où c’est le politique qui édicte les règles de fonctionnement de l’économie. L’oublier, c’est oublier la morale inhérente au libéralisme et n’en faire qu’une arme pour les plus forts, plus grave, pour les plus cupides.

Revenir au primat du politique, c’est revenir à l’essence du libéralisme. Celui-ci organise l’effectivité de la liberté dans un cadre social en mettant en avant la responsabilité comme contrepartie à la liberté. Une responsabilité qui s’exprime dans le lien social qui comprend le respect, la tolérance et la solidarité. Traduit en termes économiques, la liberté d’entreprendre est bornée par des règles éthiques où l’enrichissement est permis mais en respectant l’honnêteté dans un environnement concurrentiel.

La pensée libérale s’est vitre trouvée confortée au problème de l’inégalité. Si, dans un premier temps, elle a résolu le problème en affirmant que seule l’égalité devant la loi était justifiée, l’inégalité des chances s’est vite imposée au centre de sa réflexion. Dès lors, elle a opéré une révision du contenu de cette égalité qui devait être, non seulement une égalité juridique, mais également une égalité des chances qui apporte la base (accès au savoir, aux soins médicaux, à un logement, à un emploi) pour libérer les talents. Cette révision donnait enfin un sens social au libéralisme mais il permettait également à la communauté de pouvoir profiter de tous ces talents dont la majorité ne pouvait réellement s’exprimer sans cette égalité des chances.

Mais, attention, cette égalité des chances n’est pas une égalité des revenus. C’est, ensuite, par le travail que les potentialités s’expriment et que l’inégalité se crée sans que celle-ci soit illégitime puisqu’elle ressort d’une volonté de l’individu et non d’un environnement social inégalitaire.

Pour autant, cette inégalité de revenu ne peut justifier que tout soit permis pour être en haut de l’échelle comme la dérive de comportements sociaux d’individus l’a démontré depuis que le monde existe et, pour notre propos, depuis que certains ont transformé la liberté du libéralisme en une vision du tout est possible dans un monde comparé à une jungle et où la finance est devenue l’eldorado de conquistadors peu scrupuleux. Dès lors, dans cette vision déshumanisée, s’enrichir jusqu’à plus soif sur le dos des autres et de la communauté n’est plus un comportement déviant mais c’est gagner cette compétition de la vie que, soi-disant, le libéralisme organiserait.

Or, rien n’est plus faux. C’est le darwinisme social avec Herbert Spencer qui en est à l’origine au XIX° siècle et non le libéralisme qui a posé, dès le départ avec Locke puis Smith, une base morale à sa vision de la société et de l’individu. Devenir riche n’est pas immoral mais s’enrichir sur le dos des autres en défiant la moralité, oui.

Et si cela a été possible, c’est parce que l’on peut voir l’économie uniquement comme un outil qui permet cet enrichissement sans frein et sur le dos des autres. Car l’économie peut évidemment fonctionner sans règles morales en tant qu’outil. Si on la déconnecte du politique, alors, la seule justification de l’enrichissement sans frein demeure pour ceux qui sont, si ce n’est les plus intelligents, les plus malins et les moins regardants sur la morale.

C’est dans ce sens que le primat du politique en mettant en place un cadre avec des règles de fonctionnement de la société possède cette légitimité et cette primauté sur l’économie et son avatar, le système financier. C’est ce que dit le libéralisme social. C’est ce que dit le Centrisme.

05 février 2010

Actualités – France – Les mauvais sondages sèment la zizanie au Mouvement démocrate

Le nouveau sondage de TNS SOFRES qui donne 4% au Mouvement démocrate lors du premier tour des élections régionales a été une douche froide pour de nombreux militants du parti au moment même où François Bayrou affirmait que son parti était le plus régionaliste de France… Toujours est-il que Corinne Lepage est remontée au créneau contre l’accaparement du pouvoir par le leader du MoDem affirmant que des explications seraient nécessaires après les régionales avec une remise en cause d’une stratégie fondée uniquement sur l’ambition personnelle de François Bayrou de devenir président de la république. «Si le MoDem veut être un vrai parti politique et non pas une simple écurie présidentielle, de plus en plus restreinte d'ailleurs, il va bien falloir qu'il change», a-t-elle ainsi déclaré.

Un François Bayrou qui a été défendu par Jean-Luc Bénnahmias qui ne veut pas se fier au résultat d’un seul sondage. Au passage, il a repris le nouveau positionnement du Mouvement démocrate, s’allier avec n’importe qui pourvu qu’il soit contre Sarkozy et qu’il sorte le parti de son isolement destructeur. Un parti qui est prêt à des alliances avec toute formation «de la droite républicaine jusqu'à la gauche communiste, celle qui veut gouverner, en passant par les grandes formations démocratiques et écologiques: nous, on n'a pas de tabou».

Ce sondage est celui qui donne le chiffre le plus bas pour le Mouvement démocrate. Reste que les autres ne sont pas plus optimistes même s’ils donnent entre 6% et 8% à la formation de François Bayrou. Si le chiffre de 4% s’avèrerait exact, le Mouvement démocrate et son leader se préparent à des jours difficiles et à des réajustements douloureux.

03 février 2010

Actualités – France – Les anciens centristes de l’UMP jaloux des égards faits au Nouveau Centre

Nicolas Sarkozy reçoit aujourd’hui les ex-UDF qui ont rejoint l’UMP depuis l’élection de Jacques Chirac pour apaiser leur courroux. Une mauvaise humeur qui vient des trop grands égards qui sont faits, selon eux, au Nouveau Centre alors qu’ils peinent à exister à l’intérieur du parti de droite. Leur raisonnement est simple: à quoi bon avoir rejoint l’UMP pour en faire le seul parti allant du centre-droit à la droite extrême si ceux qui sont demeurés à l’extérieur reçoivent de plus grandes gratifications. Cette «fronde» portée par Pierre Méhaignerie, Fabienne Keller, Henri Plagnol, Marc-Philippe Daubresse et quelques autres s’exprime depuis plusieurs semaines. Au-delà des régionales, ces élus veulent créer un courant centriste à l’intérieur de l’UMP pour mieux se faire entendre et défendre leurs intérêts ce qui ne peut convenir, évidemment, à Nicolas Sarkozy d’autant que celui voit un mouvement villepéniste monter en puissance depuis la relaxe en première instance de son leader dans l’affaire Clearstream. Plus profondément, ce désarroi des ex-UDF montrent que le ralliement pur et simple n’est jamais gagnant sur le moyen et le long terme pour les centristes.

01 février 2010

Actualités – France – Dans sa stratégie attrape-tout, le Mouvement démocrate est prêt à s’allier avec Dominique de Villepin

Quel est le critère qui permet de s’allier avec le Mouvement démocrate? La haine de Nicolas Sarkozy! C’est en tout cas ce qu’il faut comprendre par la main tendue du parti de François Bayrou à Dominique de Villepin dès que celui-ci a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris en annonçant son combat contre le président de la république et avant que le parquet ne fasse appel. Main tendue par un des nouveaux protégés du patron du MoDem, Robert Rochefort, qui a déclaré «Nous avons toujours dit que nous étions favorables à ce que s'établissent des relations entre tous ceux qui aujourd'hui sont insatisfaits du système que Nicolas Sarkozy a mis en place à l'Elysée"». On ne peut être plus clair. Rappelons que lorsque Dominique de Villepin était Premier ministre, le député François Bayrou avait refusé de voter la confiance en son gouvernement le 21 février 2006 puis avait voté la censure déposée par les socialistes le 16 mai 2006… à propos de l’affaire clearstream!

30 janvier 2010

Actualités – Etats-Unis – Barack Obama est allé discuter avec les élus du Parti républicain

Voilà bien une scène assez inattendue même aux Etats-Unis. Le président démocrate Barack Obama est allé à la rencontre des élus républicains lors de leur séminaire et ne s’est pas contenté de leur souhaiter de bien travailler mais a discuté avec eux devant les caméras en toute liberté! Et des deux côtés, on avait beaucoup de choses à se dire. Barack Obama a regretté que les républicains aient fait de l’obstruction systématique et a réaffirmé sa volonté de gouverner en recherchant constamment le consensus et à vouloir impliquer les élus républicains dans l’élaboration des lois. Du côté républicain, les élus ont affirmé qu’ils n’étaient pas hostiles à des législations bipartisanes mais ont accusé les élus démocrates ainsi que le président de ne pas vouloir les écouter et de ne pas avoir pris en compte leurs idées en brandissant un document sensé les regrouper. Le débat est demeuré civil même si chaque partie est demeurée sur ses positions. A noter que Barack Obama a indiqué que son plan de réforme de l’assurance maladie était plutôt «centriste». Dans un climat aussi oppositionnel qui a envahi Washington, ce dialogue montre en tout cas la volonté de Barack Obama de ne pas changer ses options de gouvernement et de tendre la main à tous ceux qui souhaitent faire avancer les réformes dont les Etats-Unis ont besoin. Une démarche éminemment centriste.

29 janvier 2010

Actualités – Etats-Unis – Le discours sur l’état de l’union de Barack Obama rappelle sa volonté de consensus et d’aller de l’avant

Barack Obama a prononcé le 28 janvier au soir le traditionnel discours annuel sur l’état de l’union devant le Congrès des Etats-Unis. Il a indiqué qu’il se pencherait plus qu’il ne l’a fait jusque là sur les problèmes quotidiens des américains, notamment sur le chômage qui est à 10% de la population active actuellement – «l’emploi sera notre priorité numéro un en 2010» - et sur le pouvoir d’achat des classes moyennes.

Pour autant, Barack Obama n’a pas l’intention de ne plus gouverner car comme il l’a dit à un meeting, celui qui veut garder de bons sondages de popularité doit ne rien dire et ne rien faire mais qu’il n’était pas là pour cela et qu’il continuerait sur la voie qu’il s’est tracé, rappelant qu’il avait déclaré avant sa prise de fonction qu’il n’était pas là pour faire ce qui était populaire mais pour faire ce qui était nécessaire. Il a redit qu’il souhaitait toujours travailler de manière consensuelle et a envoyé à nouveau un message aux républicains pour qu’ils se décident à cesser leur obstruction systématique et qu’ils participent à l’élaboration des lois et des réformes nécessaires.

27 janvier 2010

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Barack Obama et les malentendus de son élection

Ce qui s’est passé récemment aux Etats-Unis mériterait un livre à lui tout seul tellement les commentaires ont été nombreux et foisonnants quant aux difficultés rencontrées par le Président. Chaque expert est ainsi venu délivrer sa vérité sur les raisons du trou d’air qu’est en train de vivre Barack Obama un an après son élection historique à défaut d’être triomphale. Deux événements son emblématiques de ces tracas. La baisse notable de sa popularité sous fond de scepticisme grandissant sur la pertinence de sa politique (et non de sa capacité à gouverner). Surtout, la défaite étonnante de la candidate démocrate au siège de sénateur du Massachusetts – un des Etats les plus à gauche, si ce n’est le plus à gauche des Etats-Unis - détenu pendant quarante-six ans par Ted Kennedy avant sa mort en août 2009. D’autant que Scott Brown, le républicain populiste qui a raflé le siège de Ted Kennedy a utilisé les mêmes arguments électoraliste que ceux de la campagne présidentielle d’Obama: le changement et l’opposition à Washington et à ses coutumes honnies de l’Américain moyen (mais dans une vision souvent proche de l’extrême-droite faut-il préciser).

Devant cette profusion de raisons déversées avec délectation par des médias toujours prompts à retrouver une virginité en brûlant avec autant d’empressement qu’ils ont mis à aduler, essayons d’en tirer les principales sachant que ce n’est qu’avec le temps que l’on saura si elles l’étaient vraiment!

La première pourrait être que les Etats-Unis de 2010 ne sont pas ce que nous croyons, ni, plus grave, ce que croyait Obama, une nation prête aux réformes et située au centre-gauche. Selon les sondages, les Américains seraient plutôt au centre-droit, voire à droite et surtout conservateurs. Ainsi, 40% d’entre eux se déclarent conservateurs, 40% se déclarent indépendants et seuls 20% se déclarent libéraux. Dès lors, les 53% de voix obtenues par Barack Obama n’étaient pas celles d’un peuple attendant des bouleversements mais plutôt d’électeurs mécontents de George W Bush et de sa gestion catastrophique du pays qui voulaient, majoritairement, que l’on continue sur la même voie avec une nouvelle équipe plus jeune et plus capable, en réformant certes ce qui ne marchait pas mais avec mesure.

Pour autant, une première objection peut-être faite à cette analyse. Comment prétendre que les Américains voulaient que rien ne bouge alors que le pays était en train d’entrer lors de la campagne de 2008 dans la plus grande crise économique et financière de son histoire après celle de 1929? Devant l’imminence d’une catastrophe, le public semblait bien vouloir que l’on agisse vigoureusement et non que l’on ne change strictement rien ou presque. A cette objection forte et réelle, on peut répondre que le pays souhaitait que l’on agisse mais pas dans les domaines où Obama a agi ou, en tout cas, pas dans tous. Par exemple, les électeurs savaient qu’il était nécessaire de mettre en place un plan de relance (encore que beaucoup d’entre eux estiment qu’il était trop favorables aux banques responsables de la situation et aux entreprises incapables de s’en sortir seuls du fait de leurs erreurs et non à la population victime du chômage) mais peut-être pas un plan d’assurance santé. D’autant que celui-ci va coûter fort cher selon la vision qu’en ont les électeurs (dont une des préoccupations actuelles est l’ampleur des dépenses publiques).

Néanmoins, ce plan d’assurance santé est justement conçu pour faire des économies! Dès lors, une deuxième raison est avancée. Le président a été incapable de communiquer correctement sur ses objectifs qui n’ont pas été compris par la population. Accusation étonnante pour ceux qui ont baptisé Obama de grand communicateur au vu de sa formidable campagne électorale. En revanche, pour ceux qui connaissent bien l’homme, cela ne semble pas aussi extravagant. Car Barack Obama est un intellectuel solitaire qui réfléchit plutôt qu’un bretteur d’estrade. Il fait appel à la raison plutôt qu’aux émotions dans sa vision du monde et dans sa façon de gouverner alors qu’il a soulevé une extraordinaire vague d’émotion en étant le messager du changement, de celui dont chacun de ses électeurs avaient une vision personnelle ne correspondant pas à celui de chacun des autres.

Nous sommes là dans la troisième raison de ses difficultés. Le changement, Barack Obama l’a laissé à l’appréciation de chacun et, comme il le dit, il est un écran sur lequel chacun imprime ce qu’il souhaite voir de lui et de ce qu’il propose. Dès lors, chacun a bâti sa propre idée du changement et n’a pu qu’être déçu par le fait que celle d’Obama ne correspondait pas à la sienne. Ceci est une réalité que l’on retrouve dans les sondages et les déclarations où l’on remarque souvent cette déception chez les gens de gauche qu’Obama n’est pas assez à gauche, ce que pensent également les électeurs de droite (qu’il n’est pas assez à droite) et les électeurs du centre (qu’il n’est pas assez au centre)…

Cette majorité hétéroclite qui a permis au nouveau président d’être élu est une autre explication. Quoiqu’il fasse, une partie de son électorat se retourne contre lui. Le plan sur l’assurance santé le caractérise particulièrement bien. La gauche a reproché la timidité du plan, la droite son extrémisme et le centre son inutilité.

Mais dans ces explications, il ne faudrait pas sous-estimer les difficultés rencontrées par Obama notamment la suffisance des élus démocrates qui ont cru être au pouvoir pour les trente prochaines années, l’irresponsabilité des élus républicains qui ont fait de l’obstruction systématique, décidés à bloquer le système le plus possible pour tenter de retrouver une unité en refusant tous les appels du président aux mesures bipartisanes. Sans oublier, les difficultés venues des acteurs économiques ou de la situation économique elle-même qui ne lui a pas permis d’avoir les succès escomptés dans un temps politique qui devient de plus en plus court, les électeurs, gavés d’information quotidiennement, exigeant des résultats concrets immédiats.

Une question essentielle se pose alors. Est-ce le centrisme d’Obama qui est la cause de ce malentendu? C’est une question récurrente en ce moment aux Etats-Unis. Elle ne s’exprime pas de cette manière mais plutôt dans le fait que le candidat Obama aurait promis beaucoup de choses que le président Obama n’aurait pas transcrites en actes et en réalités. Bien entendu, cette critique s’applique à tous les candidats devenus présidents et le problème des promesses politiques non-tenues est une rengaine chantée partout dans le monde et qui est souvent exacte.

Néanmoins, dans le cas présent, les analystes de gauche mettent l’accent sur le changement qui ne serait pas au rendez-vous alors que les analystes de droite pointent du doigt la soi-disant absence du consensus politique et d’une politique «bipartisane» réunissant démocrates et républicains (c’est-à-dire, pour eux, de n’avoir pas gouverné comme un républicain …). Une campagne électorale, c’est entendu, grossit toujours les traits du programme que l’on présente et il est assez facile de trouver des promesses non-tenues au jour d’aujourd’hui ou qui ne seront sans doute jamais tenues. Mais, en l’occurrence, ce qu’on attaque chez Barack Obama c’est de n’avoir pas adopté une ligne politique dure qu’elle soit de droite ou de gauche. On attaque sa volonté de faire une politique centriste et de s’y être tenu en grande partie d’où ses déboires actuels où tout le monde à l’impression d’être grugé. Pourtant, si l’on reprend les dires et les promesses de Barack Obama, ce procès ne peut lui être tenu.

Cependant, si la réponse à la question posée ci-dessus est non, il faut immédiatement affirmer que le Centrisme nécessite, sans doute, plus que les idéologies clivantes de droite et de gauche, des explications pour que les citoyens ne soient pas désorientés et que, ici, Barack Obama n’a pas assez joué le rôle de pédagogue (même s’il l’a fait) et que les déluges d’insultes et de mensonges qui se sont déversées sur sa personne et son action, indigne d’un vrai débat politique, n’ont pas arrangé les choses, bien au contraire. De même, une certaine suffisance de son Administration et, parfois, du président lui-même les ont, parfois, coupé des citoyens.

Pourquoi le Centrisme en tant que pensée et pratique n’est pas non plus responsable? Tout simplement parce que l’action de Barack Obama a réellement tenté de réconcilier un pays divisé en faisant une politique équilibrée et en recherchant le consensus par le pragmatisme et sans nier les réalités. Si l’on analyse sa politique et ses prises de position, notamment celles qui, sans relâche, ont demandé une large discussion et un large consensus pour bâtir les réformes, on ne peut pas rendre responsable la politique ni la pratique politique de Barack Obama de ces malentendus.

De tout cela, il ressort que la tâche qui s’annonce pour Barack Obama risque d’être titanesque. Elle démontre, d’abord, qu’une politique centriste est attaquée par tous les extrêmes ce qui rend sa mise en œuvre extrêmement difficile. Ensuite, que cette politique nécessite une pédagogie forte et continue. Enfin, que celui qui l’incarne doit s’attendre à des attaques aussi virulentes venues de droite et de gauche et doit absolument se préparer à les affronter et à y répondre en n’abandonnant pas le terrain à ses adversaires qui sont d’autant plus nombreux qu’il viennent des deux côtés à la fois. Car, il faut répondre à tout et à son contraire avant que tout et n’importe quoi brouille le message et qu’il soit impossible de remonter le courant. Prenons l’exemple de cette réforme de l’assurance santé. Pour simplifier, on peut dire qu’aujourd’hui elle est vue par le peuple américain comme une réforme de demi-mesures mais néanmoins extrémiste, largement insuffisante pour couvrir les plus pauvres mais néanmoins d’inspiration socialiste, faisant la part belle aux assurances santé mais mettant ces dernières dans des difficultés économiques forte, laissant aux gens le droit de choisir leur assurance mais étant liberticide! Et l’on pourrait faire la même analyse sur la réforme du secteur financier (même si Barack Obama vient de durcir ses propositions devant l’indécence des banques américaines) ou son plan pour créer l’industrie verte du XXI° siècle.

L’année qui vient sera donc d’une extrême importance pour Barack Obama mais aussi pour cette expérience centriste. Quoiqu’il en soit, celle qui vient de se dérouler est riche en enseignements pour tout homme politique centriste, tout parti politique centriste, qui feraient bien de les prendre en compte pour le futur.

Actualités – France – Régionales – Sondages: listes MoDem à 6,5%, listes UMP-Nouveau Centre à 27%

Selon un sondage IFOP pour l’hebdomadaire Paris Match, la gauche recueillerait 51% des voix aux élections régionales de mars prochain. De son côté, les listes UMP-Nouveau Centre auraient 27% des intentions de vote et celles du MoDem, 6,5%. De mauvais score pour ces listes qui démontreraient que, pour l’instant, le Nouveau Centre a fait une erreur de s’allier avec l’UMP sur l’insistance de Nicolas Sarkozy et que le Mouvement démocrate continue sa baisse électorale posant la question de la légitimité de la ligne politique de François Bayrou. Il reste néanmoins encore du temps pour redresser la situation dans l’un et l’autre cas.

(Sondage réalisé par téléphone les 21 et 22 janvier auprès d'un échantillon de 853 personnes âgées de 18 ans et plus / méthode des quotas / marge d’erreur de 3 points)