dimanche 11 juin 2023

Propos centristes. France – Axe central / Inflation, le pic est passé / Laïcité / Décivilisation / Gestion de l’eau / Plan ruralité / Plan canicule / Réforme des retraites / Immigration…

Voici une sélection, ce 11 juin 2023, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Elisabeth Borne (Première ministre)
> Le pic de l'inflation est passé.

> [Sécheresse] Les préfets ont le feu vert pour prendre des mesures de restriction d’eau.

> Afin de lutter contre les déserts médicaux, nous prévoyons 4000 maisons de santé d'ici 2027. Ces maisons pluriprofessionnelles permettront à plusieurs professionnels de santé d'exercer leur métier, regroupés au sein d'une même structure.

> Il est nécessaire que les Français résidant en zones rurales vivent bien, vivent mieux. Jeudi prochain, je présenterai un plan ruralité qui proposera des mesures concrètes en vue d'améliorer le quotidien et la qualité de vie des habitants de ces territoires. (…)
Il faut redévelopper des commerces de proximité. Nous avons sélectionné 76 projets de commerces multi-services qui vont se réimplanter dans les petits villages et que nous allons accompagner avec des aides. Nous voulons également soutenir la réimplantation des services publics avec les maisons France Services.

> Je ne pense pas que ce soit en empêchant des généralistes de s'installer dans des zones où il y aurait trop de médecins, qu’on va répondre aux difficultés des Français. D'abord, où sont les zones où il y a trop de médecins généralistes?

> Il faut être plus sobre dans la consommation du foncier.

> On est en train de sortir d'une période de tensions. C'est une nouvelle phase qui s'ouvre avec les syndicats.

> [Réforme des retraites] Ma responsabilité était de porter une réforme qui permet de sauver notre système de répartition. (...) On ne peut pas continuer à financer nos retraites par la dette.

 

Pap Ndiaye (ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse)
> La laïcité est un sujet payant d’un point de vue médiatique, il est donc tentant de l’instrumentaliser. Du côté du monde intellectuel, même si les critiques ne sont le fait que de quelques personnes, je crois percevoir une forme de soupçon lié à ma qualité d’historien américaniste travaillant – circonstance aggravante – sur les populations dites minoritaires et en particulier les populations noires. Cela m’amène à être rabattu sur des conceptions dites anglo-saxonnes des relations entre l’Etat, la société et la religion. Enfin, en tant qu’universitaire, je ne suis pas un spécialiste de la laïcité . Certains en tirent une méfiance à mon égard. Pourtant, la seule manière de me juger, c’est de se fier à mon bilan au ministère. Or, je crois avoir montré depuis un an à quel point je faisais de la laïcité un principe cardinal de mon action. La circulaire du 9 novembre que nous avons édictée après l’affaire des abayas est très claire – il faut interdire dès lors qu’il y a intentionnalité religieuse – et s’est appuyée sur une note que nous avait transmise le CSL quelques semaines plus tôt.

> Moi qui suis très césairien, je me réfère souvent à cette lettre à Maurice Thorez quand Césaire quitte le Parti communiste en septembre 1956. Il y critique ce qu’il appelle «l’universalisme décharné», un universalisme européo-centré qui dominait alors au PCF et nourrissait un regard très paternaliste sur les pays du Sud qu’il fallait emmener sur le chemin de l’âge adulte. Il était très critique de tout cela mais, dans le même temps, s’opposait ardemment au repli identitaire. La négritude chez Césaire, c’est l’approfondissement du singulier mais pour mieux atteindre l’universel. Je m’inscris complètement dans cette perspective, mais ce débat-là est quand même très latéral par rapport au Conseil des Sages.

> La laïcité est tout sauf décharnée. C’est un principe inclusif qui, en affirmant la neutralité religieuse de l’Etat, assure à chacun sa liberté de croire et ne pas croire. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que cette dimension est de moins en moins comprise. Ce qui m’a frappé, ce sont des échanges que j’ai eus sur ces questions avec des lycéens. On pourrait s’attendre à ce que ces jeunes en ma présence fassent preuve d’une prudence extrême. Eh bien, non, pas du tout. A chaque fois reviennent les mêmes récriminations : « Pourquoi contraindre notre liberté », « C’est notre droit », « Ce sont toujours les mêmes qui sont visés »…
Des enquêtes d’opinion récentes et de nombreux travaux sociologiques confirment cette distance sceptique, voire hostile, à l’égard de la laïcité et en particulier à la loi de 2004 au sein de notre jeunesse. Et aussi chez une part croissante des jeunes enseignants, ce qui pose naturellement question en termes de transmission. Ce constat m’a amené à l’idée que, si on veut enraciner les principes de la laïcité dans notre société, il faut s’adresser aux élèves en leur disant : la République pose certes des limites à votre liberté individuelle mais elle garantit également que vous ne serez pas discriminés du fait de vos croyances ou de vos origines. Autrement dit, la laïcité ne vous vise pas, elle est pensée pour vous et peut même vous aider à faire valoir vos droits.

> Il n’est pas question d’émanciper par la contrainte, il est question de créer les conditions propices à l’émancipation. La loi de 2004 fait bien de l’école un lieu particulier. Dans l’espace public, on peut manifester une affiliation religieuse avec une kippa, un voile ou une grosse croix et moi, je n’ai aucun problème avec cela. A l’école, cet affichage n’est pas possible. Pourquoi ? Parce que l’on s’adresse à des mineurs dont la construction intellectuelle est en chantier et, pour que cette construction puisse se faire sereinement, il faut un lieu qui soit neutre du point de vue des affirmations philosophiques et religieuses.
J’ai bien conscience que cela ne va pas de soi pour tout le monde, notamment pour un certain nombre de nos voisins européens qui ne voient pas de contradiction entre le port de signes ostensibles et la possibilité d’une émancipation. Mais il existe de fait dans notre pays une tradition laïque, philosophique et politique qui considère que la laïcité n’est pas qu’un principe juridique, qu’il s’agit d’une manière de vivre ensemble. Les questions de laïcité à l’école ne se résument pas d’ailleurs au seul sujet des hidjabs ou des abayas.
On croyait le feu éteint. Il ne faisait que couver. Depuis la publication, début mai, d’une enquête de Mediapart accusant le proviseur du lycée Victor-Hugo de Marseille d’avoir tenu des propos déplacés, sinon racistes, en tentant de convaincre plusieurs lycéennes d’adopter une tenue conforme au « code vestimentaire laïque », la polémique enfle à nouveau autour de la question des abayas, ces robes longues traditionnelles au Moyen-Orient – mais pas strictement religieuses – qui se multiplient depuis un an. Plusieurs surveillants, dont des militants SUD et CGT, ont pris le parti des jeunes filles avant pour certains d’être mis à pied. Tandis que la salle des profs se clivait, toujours selon Mediapart, entre partisans de la fermeté et du compromis.
Quel que soit le fin mot de l’histoire, cette situation souligne la grande fragilité des proviseurs, pas toujours suffisamment capés, sur la forme comme sur le fond, pour gérer des négociations complexes avec les élèves et leurs familles, notamment dans des établissements ségrégués comme Victor-Hugo où les tentatives de contournement peuvent être nombreuses et donc très chronophages à régler. Reste qu’au-delà des actions de formation nécessaires, aucune sortie de crise évidente ne s’impose. Trop lent, trop rigide, trop coulant… Pap Ndiaye a eu le droit à son lot de critiques souvent contradictoires quand la polémique est apparue à la rentrée 2022. Pourtant, la réponse du ministère – laisser les proviseurs juger au cas par cas de l’« intentionnalité religieuse » des tenues – semble plutôt frappée de bon sens. Oui,
la loi de 2004 interdit les signes ostensibles. Non la Rue de Grenelle ne peut pas réglementer les longueurs de jupes et il revient bien aux proviseurs, même si certains s’en plaignent, de trancher. Ce qui, accordons-le, n’a rien d’une sinécure.
Il existe d’autres sujets brûlants sur lesquels on ne doit pas déroger : les contestations pédagogiques, les refus de participer à des cours d’EPS, d’histoire ou de SVT. Ce sont des enjeux cruciaux bien qu’ils soient moins médiatisés.

> Pour moi qui ne fais pas de la laïcité le point d’appui d’un projet politique plus large, la seule question qui importe, c’est bien ce qui se passe dans l’enceinte scolaire : il faut faire en sorte que les atteintes y reculent le plus possible. Et pour y arriver, nous avons besoin à la fois d’un discours de fermeté et d’un discours de conviction et de pédagogie.
Quel pourrait être ce discours ? L’enseignement de la laïcité juxtapose une multiplication d’interdits – pas de maillots de bain couvrants, pas de menus confessionnels, pas d’aménagement d’emploi du temps pour suivre le ramadan – et des professions de foi sympathiques – « La laïcité, c’est l’égalité entre toutes les croyances », « le respect de la liberté de conscience », le « vivre-ensemble ». Sans que l’articulation entre ces deux pôles, apparemment contradictoires, ne soit jamais explicitée…

> Nous sommes aussi confrontés chez de nombreux jeunes au primat absolu de la notion de droits individuels, de droits subjectifs, les obligations du collectif étant perçues comme invasives. C’est pourquoi je pense qu’il faut enfoncer le clou de la laïcité avec une pédagogie d’arguments, de connaissances, y compris historiques.
Je propose d’articuler cette notion à des questions comme la lutte contre les discriminations raciales, la LGBT-phobie, qui n’en sont pas totalement détachées et qui pourront la renforcer puisqu’elles sont au cœur des préoccupations de cette même jeunesse. L’école laïque, c’est une école qui accueille tous les enfants. Il est important de le redire. Ce ne sont pas que des mots. Il est intolérable, par exemple, que de plus en plus d’enfants juifs ne se sentent plus en sécurité dans des écoles de la République, comme j’ai pu l’entendre à de multiples reprises. J’ai d’ailleurs missionné le CSL pour que nous ayons un état des lieux précis de la situation.

> Je ne suis absolument pas naïf. Derrière les écrans et tout particulièrement sur TikTok, nous sommes confrontés à des agitateurs qui, de manière assez rusée, utilisent le système des « défis » ou des « challenges » propre à ce réseau social pour embarquer des jeunes dans leur projet de sape du modèle laïque et républicain. Ça n’était pas aussi net à l’époque mais le phénomène s’est énormément développé, à l’automne puis à nouveau récemment, depuis mars-avril, avec une concentration de la problématique sur quelques établissements comme à Marseille, où nous sommes extrêmement vigilants et mobilisés.
Ceci étant, cela n’exclut pas qu’il puisse y avoir dans le même temps des ados qui, pour se faire remarquer, provoquer, embêter l’institution et leurs parents par la même occasion, en viennent à revêtir des vêtements religieux ou des vêtements traditionnels à la connotation plus ambiguë.

> On observe pour 2023 une tendance très nette chez les personnels de direction [de l’Education nationale] à faire remonter les situations problématiques et notamment à signaler des faits qu’ils ne signalaient pas auparavant. En ce qui concerne les atteintes que vous évoquez, il y a contestation et contestation. Je ne minore pas les faits mais je dois les resituer. Toutes les contestations ne sont pas verbalisées. Cela peut être un bruit, un sifflement pendant une minute de silence… C’est ce genre de choses que l’on a beaucoup observées.
Ces faits sont regrettables mais leurs auteurs ne sont pas toujours identifiables et, quand bien même ils le seraient, il est probable qu’une partie des équipes les gèrent en interne et oublient ensuite de les signaler. Car, faut-il le préciser : un très grand nombre de situations se règlent localement par un coup de fil aux parents, une discussion avec les élèves concernés. Et l’on ne peut que s’en féliciter.

> L’association entre laïcité et mixité est très juste. Ne pas agir contre la ghettoïsation scolaire, c’est contribuer au délitement du rapport à la laïcité. Ceci étant posé, quelle alternative avais-je ? Aller plus loin aurait demandé de prendre des dispositions législatives. Nous avons des objectifs précis de mixité, nous avons un partenariat avec l’enseignement privé et nous ne pouvons pas avancer sur ces questions sans les collectivités, maîtresses de la sectorisation. Il nous faut nous appuyer sur elles ; fort heureusement, beaucoup sont partantes et j’espère que les plus réticentes verront à terme tout l’intérêt qu’elles ont à rejoindre le mouvement.

 

Marc Fesneau (ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire)
> Nous ne relèverons les défis de la souveraineté alimentaire, du maintien de la compétitivité et des transitions environnementales que collectivement : Etat, professionnels et société civile. Œuvrons tous ensemble de manière cohérente pour donner de la visibilité aux agriculteurs. C'est tout l'objet du pacte et de la loi d'orientation et d'avenir agricoles sur lesquels nous travaillons.

 

Christophe Béchu (ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires)
> On a le mérite d'avoir ce Plan canicule santé, et qui finalement ne se préoccupe que de la santé et que de la santé des plus âgés. Et les vagues de chaleur, vous l'avez dit, non seulement elles n'ont pas disparu, mais elles se multiplient, elles s'intensifient, 2022 c'est un record en nombre de jours, c'est trois épisodes caniculaires, mais c'est 33 jours de canicule, et en moyenne sur les 10 dernières années on a vécu environ 10 jours de canicule par an, quand c'était deux à la fin des années 80. Et le dérèglement climatique va amener à ce que le nombre de vagues de chaleur soit à nouveau multiplié par deux. Donc il faut à la fois qu'on comble une partie des trous des plans précédents, et qu'on mette en place de nouveaux dispositifs. Typiquement, on a aujourd'hui depuis 2003, des registres communaux pour que les personnes fragiles s'inscrivent et qui ne sont actuellement que 5% seulement. Comment on améliore à la fois la connaissance et l'inscription ? Il y a trois mesures dans ce plan de gestion des vagues de chaleur, une pour faire en sorte que les jeunes qui sont en SNU puissent être mobilisés pour faire les inscriptions. Une, qui va concerner les tuteurs ou les curateurs, et puis une expérimentation qu'on lance, avec LA POSTE où les facteurs vont faire en sorte d'aller déposer des flyers, d'aller donner des informations, parce qu'on est convaincu que cette présence humaine elle peut être aussi de nature à améliorer ce niveau-là. Et puis on s'occupe d'autres personnes vulnérables…
[Il faut] sensibiliser les personnes au fait que s'inscrire sur un registre, c'est juste donner son nom et c’est ensuite pouvoir être contacté pour qu'on s'assure que tout va bien. On se souvient du drame de ces volets fermés pendant la canicule de 2003, du fait que personne ne prenait de nouvelles des voisins et qu'ensuite on a découvert l'ampleur des décès. Pour éviter ça, il faut permettre aux services municipaux de pouvoir passer des coups de téléphone quand on a des vagues de chaleur, pour s'assurer que tout va bien, parfois pour pouvoir aussi venir à domicile, donner un coup de main, s'assurer qu'il y a bien une pièce fraîche etc., et donc l'inscription elle est cruciale. J'en profite pour passer le message et pour dire qu'effectivement avec les jeunes en SNU, avec La Poste, on va faire en sorte d'amplifier ces inscriptions.

> Une vague de chaleur, c'est quand vous avez une température de plus de 25,3° pendant 24 heures. Et donc le meilleur moyen de lutter contre ça, c'est d'avoir un endroit qui précisément est rafraîchi. Comment on peut faire ? Que ce soit à domicile, que ce soit au bureau, que ce soit dans une école, la pose de stores, le fait de prendre l'habitude de rafraîchir un endroit en n’ouvrant pas les fenêtres pendant la journée, pour ne pas laisser rentrer cette chaleur. Vous avez des guides pratiques…(…)
On s'adresse aux propriétaires de ces écoles. On ne s'adresse pas à chaque enseignant, parce qu'on sait qu'on peut avoir une salle de classe qui compte tenu de son exposition, même avec des stores, même avec un certain nombre d'éléments, ne remplira pas les conditions. Notre sujet, c'est de travailler avec les mairies, c'est de travailler avec les départements, c'est de travailler avec les régions, qui sont propriétaires de ces équipements, c'est aussi de pouvoir les accompagner ; on a mis en place un Fonds vert, qui permet d'aller financer des mesures de plantations d'arbres, de minéralisation de cours l'école, de lutte contre les îlots de chaleur, et qui demain doivent être capable de pouvoir accompagner une partie de tout ça. Et puis c'est le cas des examens, parce que vous savez que l'année dernière on a eu des reports de brevet, de Bac. Il faut qu'on rentre dans une logique, où parce que ce dérèglement climatique s'intensifie, nous devons avoir une doctrine, des guides, pour accompagner les décideurs et pas se retrouver à chaque fois à se demander ce qu'on va faire. Et dans ce guide, dans ce premier plan de gestion des vagues de chaleur, ce sont bien des mesures à destination des employeurs, à destination des particuliers, à destination des services publics, qui vont caler un ensemble de règles.

> Globalement on a une chance, c'est que l’on a une capacité, grâce à Météo France, de pouvoir prévoir de manière précise, une vague de chaleur, une semaine avant son arrivée. Cette semaine, elle peut être mise à profit pour faire évoluer les horaires, c'est particulièrement vrai pour les chantiers qui sont en extérieur, les chantiers du BTP etc., on a quelques points de friction qu'il faut qu'on corrige. Aujourd'hui il y a parfois des arrêtés municipaux qui vous empêchent de faire du bruit très tôt le matin, et donc qui empêchent de commencer tôt des chantiers.

> Vous savez, la gestion de l'eau, à la différence de l'énergie, elle dépend de plein de situations différentes, et on peut avoir une situation dans laquelle on n’a plus du tout d’eau dans un secteur, et dans un autre où il en reste, mais les bassins ne communiquent pas entre eux. Ma consigne, depuis le début du mois de février, et depuis qu'on voit qu'on a eu une saison de recharge qui n'est pas suffisante, ça a été de dire aux préfets : n'ayez pas la main qui tremble. Je continue à le dire aujourd'hui. La semaine prochaine nous dévoilerons les chiffres pour les nappes phréatiques au 1er juin. (…)
On attendra la semaine prochaine pour donner les chiffres précis, mais on l'a vu par exemple dans le Nord de la France, il a plu un peu en avril et en mai, mais on vient d'avoir 21 jours sans pluie, ce qu'on appelle une sécheresse éclair, et donc l'humidité des sols elle a été gommée par ces épisodes. Il faut bien avoir conscience que ne pas gaspiller l'eau, faire en sorte de rester dans des démarches de sobriété, et de lutte contre le gaspillage, c'est une priorité absolue. (…)
Il y aura ces interdictions, partout où nous manquons d'eau, c'est déjà le cas aujourd'hui dans une dizaine de départements, et ça va évidemment se poursuivre, vu les niveaux des nappes phréatiques, en particulier sur le pourtour méditerranéen et sur le couloir rhodanien.

 

Gabriel Attal (ministre délégué chargé des Comptes publics)
> C'est toujours difficile de porter une réforme des retraites. Ce n'est jamais très populaire quand on regarde par le passé. Il y a eu cette réforme qui a été adoptée avec un 49.3 mais il y a eu un vote sur une motion de censure où les députés pouvaient se prononcer sur cette réforme en décidant de renverser le mouvement s’ils n’étaient pas d'accord avec cette réforme. Cette motion n'a pas été adoptée, il y a eu un vote sur cette motion. À partir de là encore une fois, ce sont les règles de notre Constitution qui s'appliquent et je regrette et je m'étonne toujours d'entendre des représentants de la nation contester l'application de notre texte fondamental qu'est la Constitution.

> Quand on a des débats sur nos règles, sur notre devise républicaine dont on a le sentiment parfois qu'elle n'est pas toujours respectée à nos frontières, dans nos écoles, dans des hôpitaux ou sur le territoire national, avoir des représentants de la nation qui balayent d'un revers demain nos règles fondamentales et notre Constitution, je ne suis pas sûr que ça envoie un message utile dans un moment encore une fois où notre pays peut être traversé par des difficultés.

> Moi, je n’ai pas de surprise malheureusement sur la prise de position de la présidente du groupe de la France Insoumise à l'Assemblée nationale. Je rappelle qu’on l'avait vue avec les autres responsables de la France Insoumise défiler dans les rues de Paris avec le CCIF qui a été, je le rappelle, dissous en conseil des ministres, qui était une association, un groupement responsable d’entrisme radical dans nos institutions et notamment à l'école, porteur de discours islamistes, et donc je ne suis pas surpris de voir cette prise de position. Je la déplore évidemment encore une fois. Moi je pense qu’il y a aujourd'hui des groupes qui cherchent à bousculer notre pacte républicain, qui cherchent à faire de l'entrisme dans des établissements scolaires, et je l’ai vu quand j'étais secrétaire d'Etat à l'Education nationale. Et je pense que face à ce phénomène, plutôt qu'avoir des responsables politiques qui cherchent à faire du clientélisme, à surfer là-dessus dans une logique électoraliste extrêmement malsaine, je pense qu'on aurait besoin d'un rassemblement des forces politiques pour lutter contre ce phénomène.

> Il faut être aux côtés et outiller nos enseignants, nos chefs d'établissements, la communauté éducative qui parfois peut se retrouver seule et démunie face, encore une fois, à de l'entrisme et de la contestation de nos lois et singulièrement de la loi de 2004. Donc s'il faut continuer à mobiliser des juristes, des experts, des spécialistes pour être aux côtés et accompagner, outiller la communauté éducative, évidemment qu'il faut le faire.

> Qu'est-ce qu'on a vu ces dernières années ? On a vu une explosion des trafics de tabac de contrebande ou de contrefaçon. On voit des réseaux mafieux, criminels, qui se tournent de plus en plus vers le tabac, qui étaient auparavant sur des stupéfiants et qui se tournent de plus en plus vers le tabac en se disant que ça va leur rapporter et qui prennent moins de risques. On ne leur fait pas assez peur. Et moi ma volonté encore une fois, c'est qu'on leur fasse peur et qu'on les sanctionne. Donc j'ai plusieurs leviers. D'abord on va augmenter les peines, il y a une loi qui est en discussion au Parlement. Pour les trafics de tabac, on va passer d'un an à trois ans de prison, de cinq ans à dix ans en bande organisée.

> On a des villes et des quartiers comme à Paris ou à Toulouse, où vous traversez le quartier et vous êtes littéralement harcelé par des vendeurs à la sauvette de tabac. Et donc oui, on propose aussi cette peine complémentaire d'interdiction du territoire français. Ensuite, il faut qu'on ait des moments où on a des opérations coup de poing extrêmement fortes, où on va pilonner les points de deal, pilonner les trafics, harceler les trafiquants. Et donc effectivement pendant une semaine, on a eu plus de 5 000 douaniers, policiers, gendarmes qui ont été mobilisés sur tous les vecteurs du trafic pour aller harceler les trafiquants et les réseaux. Donc très concrètement, on a eu des opérations coup de poing sur des lieux de vente à la sauvette. On a eu des opérations coup de poing avec des contrôles sur des épiceries de nuit, des bars à chicha qui, on le sait, régulièrement vendent du tabac de contrebande. On a eu un bouclage des frontières hier matin sur vingt points de passage à la frontière terrestre du territoire. On a eu des contrôles renforcés sur 700 vols qui arrivaient sur notre sol ces dernières semaines. Qu'est-ce qui s'est passé concrètement ? On a doublé le nombre d'infractions constatées de saisie sur notre sol par rapport à une semaine normale. On a eu plus de 8 tonnes de tabac de contrebande et de contrefaçon qui ont été saisies, donc on ne voit que cette action est efficace. Moi je veux continuer à la renforcer. Très concrètement, on va renforcer les moyens techniques de nos douaniers dans les années à venir. Je mets 45 millions d'euros sur deux ans pour renforcer le nombre de scanners, de maîtres-chiens, et tous nos outils qui vont nous permettre de mieux contrôler. On va durcir les peines, je le disais à l'instant avec la loi qui est en discussion en ce moment qui sera adoptée avant l'été, et on va continuer à mobiliser. Il y aura d'autres opérations Colbert au niveau national et au niveau local.

> Dans deux ans maximum, on sera capable de contrôler et de scanner 100 % des colis qui arrivent par le fret express sur notre sol de pays en dehors de l'Union européenne, pour être capable d'identifier des colis qui contiennent des stupéfiants ou du tabac. On renforce encore une fois nos capacités de scanners dans nos ports, dans nos gares, dans nos aéroports. (…)
L'an dernier, on a saisi plus de 650 tonnes de tabac. C'est un quasi doublement encore sur une année donc on voit que ça explose. On a l'an dernier, pour la première fois dans notre histoire, identifié sur le sol national des usines clandestines de tabac de contrefaçon. C'est des usines non déclarées qui produisaient entre un et deux millions de cigarettes par jour.
Et je le dis, le tabac c’est terrible pour la santé, parce que c'est des produits souvent qui sont encore pire que les cigarettes classiques, qui sont déjà très dangereuses. Deux, c'est terrible pour la sécurité, puisque ça finance des réseaux criminels, mafieux, responsables de beaucoup d'insécurité. Trois, c'est terrible pour nos buralistes, dont on a besoin partout sur le territoire, parce qu'ils créent du lien social, parce qu'ils permettent d'accéder au service public. Ils se prennent les augmentations du prix du paquet, qu'on assume, pour des raisons de santé publique, mais de l'autre côté si vous avez des trafics qui explosent et la possibilité d'identifier, d'accéder à des paquets très peu chers, facilement, pour eux c'est double-peine. Donc c'est aussi à eux qu'on doit ce contrôle.

> Il y a là l'impôt sur le revenu, il y a les cotisations sociales que vous payez, c'est-à-dire la différence entre votre brut et votre net, il y a d'autres leviers qu'on peut imaginer. On est en train de chiffrer, de lui faire, de préparer des scénarios, et ensuite c'est le président et la Première ministre qui trancheront. Mais moi je vous le dis, indépendamment de cette baisse d'impôts, évidemment qu'on fera, dès qu'on en aura la possibilité, il y a aussi un objectif de désendettement du pays, moi je souhaite que le budget de 2024 ça soit le budget des classes moyennes, parce que la réalité c'est quoi, c'est qu'on met des moyens en plus pour l'éducation. Il faut que ça se traduise par des remplacements quand il y a des enseignants qui sont absents sur une courte durée, alors qu'on sait aujourd'hui qu'il y a beaucoup d'absences qui ne sont pas remplacées.

 

Jean-Noël Barrot (ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications)
> Sur la question de la désinformation, clairement, Twitter est sur une pente glissante. Lorsqu'Elon Musk a repris le contrôle de la société, il a décidé de changer son fonctionnement, et en particulier, l'organisation de la modération de contenu. Il a pris une décision radicale, celle de sortir du code de bonne conduite contre la désinformation, un code auquel 34 géants du numérique ont adhéré volontairement. Ce code est annexé à un règlement européen, qui prévoit des sanctions et des interdictions en cas d'infractions.
Le retrait de ce code de la part d'Elon Musk est un droit, mais à partir du 25 août prochain, le règlement sur les services numériques (DSA) entrera en vigueur, et lutter contre la désinformation sera une obligation. En cas de manquement, des amendes sont prévues, et en cas de manquements répétés, une interdiction de la plateforme est possible.

> [Régulation des sites pornographiques] Le juste équilibre est tout trouvé : il passe par la vérification de l'âge. Il y a des produits et services dont nous voulons préserver les plus fragiles, notamment nos enfants, pour des raisons de santé mentale ou physique. C'est la raison pour laquelle, dans l'espace public, des limites d'âges sont appliquées - globalement - et limitent l'exposition des jeunes enfants à l'alcool, à la pornographie Cela n'existe pas en ligne, ce qui pose toute une série de problèmes et, en particulier, l'exposition massive des enfants aux contenus pornographiques.
Il ne m'appartient pas de juger si un adulte doit ou ne doit pas aller consulter des sites pornographiques, mais il est clair que nos enfants ne doivent pas y être exposés.
Et s'ils le sont, c'est parce que les sites internet en question ne vérifient pas l'âge - alors même qu'ils le pourraient - car cela représente 10 à 20 % de leur trafic, et donc de leurs recettes publicitaires. Une loi a déjà été adoptée en 2020 pour les contraindre à le faire. Sans succès. Une procédure judiciaire est en cours depuis un an demi, concernant les cinq principaux sites, et j'espère que le verdict sera exemplaire.
Pour l'avenir, je souhaite que nous allions plus vite. C'est pour cela que j'ai ajouté dans le projet de loi des propositions sénatoriales issues d'un groupe transpartisan qui propose de donner à l'Arcom non seulement le pouvoir de mettre en demeure, mais aussi d'ordonner le blocage et le déréférencement des sites en quelques semaines.

> Je crois plutôt que le numérique occupe une place plus importante dans nos vies quotidiennes, et que l'insécurité que rencontrent nos concitoyens sape leur confiance dans le numérique.
On peut parler des enfants, mais aussi des victimes de cybersécurité, de certaines entreprises de la tech, confrontées à des pratiques déloyales de la part de géants qui se sont octroyé des positions de monopole. Donc le moment est venu de garantir que les droits sont respectés en ligne, et que les conditions d'un ordre public soient rassemblées. C'est nécessaire pour retrouver confiance dans la transition numérique et pour que ces désordres ne viennent pas ternir tous ses bienfaits dans nos vies.

> Les États sont plus forts, et notamment les États européens, puisqu'ils forment le plus grand marché du monde et ont réussi à se mettre d'accord pour mettre en place des règles. On a souvent reproché à l'Europe d'avoir une politique de concurrence trop exigeante. Il n'y a aucune raison que les géants du numérique ne se plient pas aux exigences que l'on s'applique à nous-mêmes. On a considéré qu'aux origines, internet étant un espace de liberté, les plateformes occupaient une place d'hébergeur, et ne devaient pas être tenues pour responsables de ce que d'autres entreposaient en leur sein. On voit bien que cette définition ne correspond plus à la réalité.
Et sans aller sur les mêmes exigences que ce que l'on impose à nos organes de presse, nous allons, en Européens, fixer un cadre de responsabilité.
Ensemble nous sommes très forts, et nous allons poursuivre dans cette voie, mais aussi faire attention à fixer des règles communes, de manière que les entreprises puissent se développer dans un marché unique où les règles sont les mêmes, quel que soit le côté de la frontière où elles exercent. C'est une chose souvent reprochée par les start-up : la fragmentation des règles entre les pays européens comme un obstacle à leur croissance. L'un des objectifs de ce règlement c'est aussi d'harmoniser les règles entre nous.

 

Haut-commissariat au Plan
François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate)
> Nous avons plaidé pour qu'il y ait un service civil obligatoire en France, ou en tout cas, un service civil universel en France. C'est difficile à construire, mais c'est à notre avis très important. Il y a aujourd'hui, Sarah El Haïry est chargée de ça au Gouvernement. Il y a aujourd'hui du service civil par dizaines de milliers de jeunes, qui acceptent de s'engager. Je peux vous dire que dans que dans une ville comme la mienne, le service civil, d'autres formes, Unis-Cité, qui prennent plusieurs mois d'engagement de la vie des jeunes, précisément pour qu'ils découvrent autre chose de leur vie.

> Le sectarisme au sens le plus large du terme. Tous ceux qui qui veulent trouver une explication aux dérives du monde, dans leur obsession, obsession religieuse ou antireligieuse. On vient de citer deux exemples qui vont dans ce sens là. Obsession anti-scientifique, pour moi, c'est le même genre de dérive, obsession de perte de repères et notamment de négation des origines, de l'Histoire, du patrimoine et de ce que nous sommes comme êtres humains.
Toutes ces obsessions là, ce que vous appelez le wokisme, toutes ces obsessions là sont exactement du même ordre. C'est un temps dans lequel ce qui nous permettait de nous relier les uns aux autres, ce que nous croyons tous ensemble de plus élémentaire, au-delà des engagements, tout cela est aujourd'hui nié et il est vrai que c'est une décivilisation.

> J'ai lu beaucoup de commentaires, mais rarement un mot aura été aussi bien choisi que ce mot de décivilisation. Qu'est-ce qu'il veut dire ce mot ? Quand on dit décivilisation, ça veut dire d'abord qu'il y a une civilisation ou qu'il y a eu une civilisation.
Cette civilisation, elle dit des choses extrêmement précises que nous avons construites au travers des siècles, des millénaires peut-être. Elle dit d'abord qu'il y a au-dessus des intérêts de chacun, personnels ou de groupes ou collectifs, de communauté, au-dessus de ces intérêts, il y a quelque chose qui mérite d'être défendu. Il y a quelque chose qui mérite qu'on se dépasse. Il y a quelque chose de l'ordre de la transcendance, comme on dit, même si cette transcendance peut être interprétée différemment, même si chacun peut en avoir sa propre perception.
Mais l'idée qu'il y a quelque chose au-dessus de nous qui nous donne des raisons de vivre, où nous pouvons trouver des raisons de vivre, c'est encore une fois l'image qu'on évoquait de ce garçon qui affronte l'horreur. C'est très important pour l'éducation, c'est très important pour la transmission. La civilisation, ça se construit au travers du temps. C'est très important pour ce qui concerne le patrimoine culturel et moral que nous bâtissons. (..)
Les causes, on les a tous les jours sous les yeux. La première, c'est qu'on avait pris l'habitude qu'il y ait des autorités pour définir la vérité, je ne sais pas très bien ce que la vérité est, mais de ce point de vue, toutes les autorités sont mises en cause et on a assisté au travers du temps... (…)
Si vous ne regardez dans le rétroviseur que six années, alors vous ne pouvez rien comprendre à l'Histoire. Reprenons. Au travers du temps, les autorités religieuses ont été profondément mises en cause. Dans un pays comme le nôtre, en Europe et en France, pendant très longtemps, les régimes politiques se sont construits sur l'autorité religieuse.
L'autorité religieuse a été mise en cause, l'autorité politique a été mise en cause. Et les autorités philosophiques ont tout fait, pas seulement pour être mises en cause. Au bout du compte, avec le covid19, à quoi a-t-on assisté ? La dernière autorité qui était reconnue et respectée par tout le monde, c'était pas seulement les scientifiques, c'était le médical.
Les médecins avaient une espèce de rôle à la fois scientifique et moral indiscuté, et là, les Français les ont découvert sur vos plateaux, en train de se déchirer les uns les autres.

> Qu'il y ait des failles de notre politique migratoire, je n'ai aucun doute. Et qui pourrait le nier ? Est-ce que cet événement est lié à des failles de notre politique migratoire ? Franchement, ça demanderait à être prouvé. Cet homme est en Europe depuis dix ans, pas en France mais en Suède, il a obtenu l'asile en Suède, il a ses papiers et il est marié et il a un enfant dont dans son pays d'accueil. Est-ce qu'on pouvait devait deviner, discerner ? C'est extrêmement difficile. Alors je veux bien qu'on en fasse une théorie, mais on est en en train, précisément en ce moment au Parlement européen, de mettre en place une organisation qui permet d'éviter ce genre de failles. (…)
Mais on va aller plus loin. On est en train au Parlement européen de mettre en place une organisation qui va permettre à tous les personnes demandant l'asile d'être repérées sur un seul fichier. Jusqu'à maintenant, vous veniez demander l'asile en Italie, après vous demandiez l'asile en France.
Le droit d'asile est utilisé par un certain nombre de gens qui ne relèvent pas de l'asile pour avoir des papiers. Et ils sont, malheureusement en France, rejetés quand ils doivent l'être, beaucoup trop longtemps après la date qui aurait été efficace et utile.
Et on est en train, je sais que le gouvernement y travaille, que le Ministre de l'Intérieur y travaille, tout le monde est en train de changer ça.
Bien sûr que c'est insupportable. Quand il faut trois ou quatre ans pour décider que quelqu'un n'a pas droit à l'asile, évidemment, là c'est une faille. Parce que pendant ce temps là, ils s'installent dans la société, ils vivent des vies, après, ça devient extrêmement difficile.

Il y a un problème, un second problème qui est très important, c'est que les pays d'origine refusent le retour.

> L'Union européenne, c'est nous. La présentation qui consiste à dire "C'est eux l'Union européenne qui nous empêche"... L'Union européenne, c'est nous. Il n'y a pas de décision en Europe qui puisse se prendre sans notre assentiment, et on voit d'ailleurs qu'il y a des tensions.

> Je crois qu'il faut avoir des attitudes simples. Je crois que quelqu'un qui vient en France, qui veut travailler, qui veut apprendre la langue, qui comprend que la France, c'est pas un territoire, c'est une Histoire et une civilisation qui est décidé à les respecter, dans l'état actuel de notre temps, notre pays, avec les immenses difficultés que nous avons pour trouver des gens qui travaillent, pour trouver des gens qui acceptent des emplois... Ils peuvent trouver leur place.

> Le Brexit a été décidé, la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne a été décidée à partir de cet argument. Vous vous souvenez du slogan de Boris Johnson qui était "Reprendre le contrôle". Il y avait à l'époque 300 000 immigrés qui rentraient en Angleterre chaque année. Ils sont sortis, ils ont dit "On va nous même désormais être souverains". Vous savez combien il y a eu d'immigrés qui sont entrés en Angleterre cette année ? 600 000 ! Le double ? Non mais attendez le double. Vous ne pouvez pas trouver une souveraineté qui ne se place dans une entente, une union avec ses voisins.

> [Immigration] On a des problèmes nombreux. Le premier c'est l'insertion dans l'emploi. Le deuxième, c'est la politique de santé mentale dans notre pays, ce qu'on observe là. Et troisièmement, oui, en effet, il y a à reprendre la totalité de nos relations avec l'Algérie, avec le Maroc aussi, moi je ne suis pas satisfait des tensions très importantes qu'il y a entre entrela France et le Maroc. C'est aussi le cas avec des pays africains, ceux que nous n'avons pas définis aujourd'hui, c'est le cadre qui permet de savoir qui a le droit ou qui est admis à venir et les obligations qui doivent être remplies.

> Pour moi, ce sentiment d'insécurité, c'est un fait, et il importe peu de savoir s'il est créé par des centaines de faits ou par un fait comme celui qu'on vient de vivre. Et le sentiment de fragilité de notre pays, de notre peuple, de notre société et de notre civilisation, c'est un fait, et c'est pourquoi j'ai tellement insisté, tout à l'heure, lorsqu'on parlait d'immigration pour dire que certes, il est légitime que des gens pourchassés viennent chez nous à condition qu'ils acceptent que nous sommes non pas un territoire où on peut faire ce qu'on veut, mais un pays avec son Histoire et son patrimoine, avec ses coutumes, avec ses mœurs et avec sa langue. Et si nous ne rassurons pas nos compatriotes sur ce point, alors nous aurons de très graves difficultés.

> Pour moi, l'élection d'Emmanuel Macron, elle a été acquise sur le socle central. Et c'est parce qu'elle était sur le socle central que nous avons uni nos forces pour qu'elle triomphe. C'est dans ce socle central que se trouve la réponse.
Je pense que l'élection d'Emmanuel Macron n'est pas un accident. Je pense que ça correspond à un moment historique de basculement, et que ce moment historique de basculement, c'est un moment de rassemblement.
Et que c'est dans un socle central du pays, vous voyez bien avec les extrêmes de chaque côté, c'est dans ce socle central que doit se trouver l'inspiration du gouvernement. (…)
On est sorti de l'affrontement droite contre gauche qui était délétère pour le pays, destructeur pour le pays. Et on est passé à une vision complètement différente, que le Président de la République a appelé du dépassement, que j'appelle pour moi central depuis longtemps.
Cette vision-là, elle permet de proposer au pays une orientation et un projet qui dépasse les affrontements comme aujourd'hui.

> Depuis 30 ans, on a vécu des choses qui ont empêché le pays de faire face à tant aux difficultés qui sont les siennes. On a cité des exemples, mais je vais vous dire le tréfonds de ce que je pense. On a parlé d'immigration, on a parlé de pression extérieure de l'Europe. Moi je vais vous dire ce que je crois : les problèmes du pays, ils ne viennent pas de l'extérieur, ils ne viennent pas de l'immigration, ils ne viennent pas de l'Europe, ils ne viennent pas des déséquilibres planétaires. Les problèmes du pays, ils viennent de l'intérieur. C'est parce que depuis des décennies, nous n'avons pas été capables de redresser notre éducation nationale. Nous n'avons pas été capables de retrouver les chemins de la production. C'est parce que nous n'avons pas été capables de trouver un contrat social durable.

 

Partis politiques

● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]
Aurore Bergé (présidente du groupe à l’Assemblée nationale)
> Depuis un an, nous avons posé des jalons forts : sur le travail et sa revalorisation, sur le nucléaire et les énergies renouvelables, sur le régalien et l'autorité. Nous tenons le cap et nous continuons à nous élargir.

> Sur l'accès aux soins, il faut dire la vérité : un médecin sur 2 a plus de 60 ans. Donc nous augmentons le nombre de médecins formés, nous faisons monter en compétence toutes les professions médicales. Ne fragilisons pas notre médecine libérale."

> Le RN reste notre premier adversaire politique. A nous de démontrer notre efficacité. A nous de démontrer qu’ils ne sont pas prêts à exercer le pouvoir et combien les idées qu’ils portent sont dangereuses.

> Le débat sur l'immigration ne doit en aucun cas exister du fait d'Annecy. Et nous devons avancer. Nous tendons la main et nous avons posé des lignes rouges. Sans tabou, sans naïveté ni démagogie.

> La seule manière d'espérer faire tomber le gouvernement, c'est que de l'extrême-gauche à l'extrême-droite en passant par LR et le PS, tous s'accordent entre eux

> Je suis fière de présider un groupe avec des personnalités fortes, engagées, qui portent leurs convictions : sur le travail, sur l'autorité, sur la planification écologique, sur l'engagement européen...

 

François de Rugy (ancien ministre, ancien président de l’Assemblée)
> [Tribune: «Pour loger, il faut construire!»]
La crise du logement est là et bien là. Les chiffres de construction de logements neufs sont au plus bas. Les coûts de la construction sont au plus haut. Les taux d’intérêt sont remontés avec une rapidité inédite. Le nombre de permis de construire accordés n’a jamais été aussi faible. Comme la demande reste forte, les prix des logements à l’achat restent élevés. Cela rend l’accès à la propriété mais aussi à la location privée difficile pour beaucoup de ­Français. De plus en plus de familles vivent et restent vivre dans des logements objectivement trop petits. Cette perte de « pouvoir d’achat » fait beaucoup moins parler dans le débat politique que les hausses des prix de l’essence ou de la farine. Pourtant, la capacité d’emprunt sur vingt ans des Français a baissé de 25 % ! Cela fait une perte de capacité à emprunter de 100 000 euros sur un projet à 400 000 !

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On pourrait espérer que les prix baissent. Mais comme la demande reste forte et que l’offre de nouveaux logements a tendance à baisser, le résultat est connu d’avance : les prix vont se maintenir à un haut niveau.
On pourrait aussi spéculer sur une baisse des taux : elle n’est pas d’actualité. D’abord parce que l’anomalie, c’était des taux d’emprunts immobiliers à moins de 1 %. Ensuite parce que la Banque centrale européenne va continuer à augmenter les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation. Personne de sérieux ne peut non plus imaginer une baisse des coûts de construction, étant donné les nouvelles normes de la « RE2020 » (réglementation environnementale) récemment entrées en vigueur et utiles à l’action pour le climat.
Il faut en revenir à une idée simple : pour loger plus, il faut construire plus. Alors que la population française continue à augmenter, il faut impérativement relancer la construction de logements, que ce soit des immeubles ou des maisons individuelles. C’est un enjeu social et économique majeur. Sans compter l’impact écologique positif, les logements neufs étant de bien meilleure qualité, notamment du point de vue énergétique. Le gouvernement a annoncé quelques mesures qui vont dans le bon sens. Mais pour inverser la tendance, il faut d’autres mesures plus structurelles, jamais mises en œuvre.
Certains imaginent retirer l’attribution des permis de construire aux maires. Ce serait une régression inacceptable dans la décentralisation. Mais il est tout aussi inacceptable que les autorisations de construire déclinent année après année, notamment dans les villes où la demande est la plus forte. Quand on compare ce qui est inscrit dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) et ce qui est réellement accordé dans les permis, on constate qu’il y a un décalage de 25 % !
Il faut que le Parlement, en lien avec les associations d’élus locaux, définisse une règle claire : un permis de construire de logement collectif ne peut être accordé s’il conduit à construire moins de logements que ce que prévoient les documents d’urbanisme.
L’autre sujet qui doit être traité est celui de l’investissement locatif. Plutôt qu’un énième avantage fiscal, il serait temps de créer un statut d’investisseur immobilier pour les particuliers, avec des règles d’amortissement avantageuses et une déduction de toutes les charges, par rapport aux loyers perçus, y compris les intérêts d’emprunt. Enfin, pourquoi ne pas parler de la TVA sur un bien – le logement – qui devrait être considéré comme un bien de première nécessité ? Si les recettes fiscales sont les mêmes, il vaut mieux 250 000 logements neufs construits avec une TVA à 10 % que 125 000 logements avec une TVA à 20 % !
Il est temps de sonner la mobilisation générale pour relancer la construction de logements. »

 

Charles Sitzenstuhl (député)
> Sur les questions d'immigration, il faut arrêter d'avoir des pudeurs de gazelle. Je comprends nos compatriotes excédés par une immigration excessive. En 1999, j'avais 10 ans, il y avait une part d'immigrés de 7,3% en France, aujourd'hui nous sommes à 10,3% en 2021, selon les données de l'INSEE. C'est une augmentation non négligeable qui pose certaines difficultés.
Dans ce domaine, il ne faut pas simplement de la fermeté, il faut beaucoup plus de fermeté ! Nous devons réduire l'immigration légale dans notre pays. Je suis par exemple favorable à ce qu'il y ait des quotas annuels, une réduction des visas longs séjours et à ce que nous mettions en œuvre l'expulsion automatique des étrangers condamnés pour les crimes et délits les plus graves. Concernant les demandeurs d'asile, nous devons accélérer le traitement des dossiers. Tout premier refus d'asile doit valoir expulsion et tout réfugié condamné doit se voir retirer son statut d'asile.
Nous devons aller vers une restriction de l'AME, la recentrer sur les soins d'urgence, les maladies contagieuses et la vaccination. Nous pouvons aussi durcir les conditions d'attribution, réfléchir à la durée d'attribution et augmenter la durée de résidence préalable.

> Nous devons aller vers une restriction de l'AME [Aide médicale d’Etat], la recentrer sur les soins d'urgence, les maladies contagieuses et la vaccination. Nous pouvons aussi durcir les conditions d'attribution, réfléchir à la durée d'attribution et augmenter la durée de résidence préalable. Par ailleurs, nous n'avons aucune donnée sur la nationalité des demandeurs, ce serait intéressant de pouvoir en obtenir. Il ne faut plus esquiver ce débat comme le fait la gauche !

 

● MoDem
Jean-Paul Matteï (président du groupe à l’Assemblée nationale)
> Tout d'abord, je note que l'étude de l'Institut des politiques publiques prend des données de 2016, et donc ne tient pas compte de nombreuses réformes fiscales, comme la suppression de l'ISF, l'instauration d'un prélèvement forfaitaire unique (« flat tax »), la baisse du taux d'imposition des sociétés. Elle n'illustre donc pas grand-chose.
Mais surtout, je suis surpris par la vision qu'ont les chercheurs de l'IPP de l'entreprise : ils voient les bénéfices comme la rémunération du capital, donc comme appartenant aux actionnaires. C'est méconnaître complètement la notion de bénéfices : ils sont le produit de tout un mécanisme interne à l'entreprise et sont aussi le fruit du travail des salariés.
Tant qu'ils ne sont pas redistribués en dividendes et sont réinvestis dans l'entreprise ou conservés comme épargne de précaution, ils n'appartiennent pas aux actionnaires. J'avais justement proposé, lors de l'examen budgétaire, qu'on prélève une taxe quand un grand groupe verse des superdividendes.

> La taxation des superdividendes profitait à tous, alors que ce dispositif se limitera aux salariés des entreprises, qui dégagent des superprofits. Notre groupe [Modem] n'y est pas opposé. Nous sommes en train de discuter avec nos partenaires de la majorité pour voir comment répondre au Conseil d'Etat, qui souhaite une définition plus précise des bénéfices exceptionnels. Il semble qu'il existe des outils dans les normes comptables pour définir ce qu'est un bénéfice exceptionnel. Il faut que ce soit clair et pas trop contraignant. Surtout, la transparence entre dirigeants et salariés doit être totale.

> Je trouve que la baisse de l'impôt sur les sociétés, la baisse des impôts de production, le maintien du crédit d'impôt recherche (CIR) vont dans le bon sens, même si on pourrait encadrer un peu plus le CIR. Mais je ne pense pas comme Bruno Le Maire qu'on ne doit surtout pas taxer davantage ceux qui ont le plus. Les investisseurs étrangers ne fuiraient pas, s'il y avait une petite hausse de la pression fiscale. Je dis souvent qu'un pays apaisé est aussi attractif.

> Le logement est mal traité aujourd'hui. Notamment d'un point de vue fiscal, puisqu'on a l'impôt sur la fortune immobilière, des revenus fonciers au barème de l'impôt sur le revenu (et non pas au taux de la « flat tax »), à quoi s'ajoute la fin du Pinel.
Je continue de défendre l'idée de création d'un statut d'investisseur immobilier : celui qui loue pendant plus d'un an un logement non meublé en réalisant des travaux de rénovation énergétique et avec un loyer encadré devrait pouvoir opter pour la « flat tax ». Ou alors on pourrait proposer de sortir cela de l'IFI, puisqu'on n'est plus dans l'immobilier de rente mais dans une démarche qui améliore la situation du logement. Il faut un choc fiscal sur l'immobilier !

 

Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)
Nathalie Loiseau
> Mon père, ancien maquisard, m’avait raconté à la fin de sa vie comment il était arrivé à Oradour-sur-Glane après le massacre et l’horreur qui l’avait saisi. L’année dernière je me suis rendue à Boutcha et j’ai vu l’horreur se répéter. Quelle Europe laisserons-nous à nos enfants?

> Boris Johnson démissionne du Parlement britannique à cause de -certains de- ses mensonges. Donald Trump est le 1er ex-Président Etats-Unis inculpé à cause de …ses mensonges. Définition du populisme : mentir au peuple. On le trouve aux extrêmes et parfois dans des partis plus traditionnels. Bonne nouvelle : les démocraties fonctionnelles génèrent des anticorps. Moins bonne nouvelle : ce n’est pas en Russie que Poutine serait en difficulté à cause de ses mensonges. Toujours, toujours défendre les démocraties contre les autocraties.