lundi 18 juin 2018

L’Humeur du Centriste. Pour en finir une bonne fois pour toutes avec les cautions «centristes» de Wauquiez!


Laurent Wauquiez & Jean Léonetti
Il a viré Virginie Calmels de la vice-présidence de Les républicains qui, avant d’avoir été une proche d’Alain Juppé (et peut-être de le redevenir…) est une opportuniste de la pire espèce, sur fond de désaccord idéologique.

Mais Laurent Wauquiez, dont on peu parier que s’il arrive à se maintenir à la tête de LR, continuera à se rapprocher de l’extrême-droite (ce qui ne veut pas dire d’une alliance avec le FN mais seulement qu’il épousera de plus en plus les thèses les plus extrémistes et nauséabondes de cette famille politique) tente encore de faire accroire qu’il a des centristes autour de lui.

C’est dans ce sens qu’il a nommé, à la place de Calmels, le fameux Jean Léonetti qui avec Damien Abad et Marc-Philippe Daubresse est une de ses soi-disant cautions centristes.

Ainsi, dès sa nomination, la responsable de la communication de LR, Laurence Saillet, a immédiatement précisé que «Laurent Wauquiez a choisi un fidèle, quelqu'un de loyal, une ligne centriste car nous marchons sur nos deux pieds. Jean Leonetti incarne sa sensibilité centriste. Il y a une diversité de pensées au sein de la famille que nous respectons».

Un nouveau «foutage de gueule» et une insulte aux vrais centristes que ledit Léonetti s’est plu à accréditer en expliquant dans une interview au Figaro qu’il n’était pas seulement «une caution centriste ou humaniste».

On croit rêver.

Léonetti, comme le sait toute personne, dont votre serviteur, ayant vécu dans le Sud, fait partie de ces fameux «centristes» méridionaux qui ont deux caractéristiques principales à l’instar de l’ancien marie de Nice, Jacques Médecin, ou de l’ancien député UDF, Rudy Salles: ce sont, un, des opportunistes, deux, des hommes qui ont souvent fricoté avec l’extrême-droite et/ou ses thèses et qui tentent de se présenter pour des raison électoralistes comme des modérés afin de ratisser large, ce qu’ils ne sont pas et n’ont jamais été.

Si les responsables de LR ont encore une fierté et un sens de l’honnêteté politique, il faut qu’ils arrêtent d’agiter les marionnettes Léonetti, Abad et Daubresse avec leur écriteau «centriste» en toc.

Et même s’ils le furent un jour – ce qui est même discutable –, ils ne le sont plus de puis un bout de temps.

Le débat politique demande que les citoyens ne soient pas trompés aussi grossièrement.

L’on a bien entendu quelques journalistes se gausser du «centrisme» dudit Léonetti, mais beaucoup d’autres ont relayé l’information de sa nomination en tant que «centriste» sans faire une explication de texte.

Dommage, vraiment dommage.



Centristement votre.



Le Centriste




Une Semaine en Centrisme. Les centristes moins démocrates, plusieurs études contredisent cette assertion mensongère

Nous nous étions fait l’écho d’une publication (voir ici) qui affirmait que les centristes étaient les électeurs les moins démocrates et des erreurs scientifiques de cette thèse écrites par un politologue marqué idéologiquement gauche pourtant reprise par de nombreux médias sans aucune analyse critique.
Depuis, plusieurs études ont été publiées pour montrer les biais de cette publication qui revient, in fine, à prétendre le contraire de la réalité: ce sont bien les électeurs extrémistes de gauche et de droite qui sont les plus critiques de la démocratie et ceux qui la soutiennent le moins.

Nous reproduisons ci-dessous l’étude publiée le 12 juin par le Washington Post de Matthijs Rooduijn, professeur assistant au département de science politique de l'Université d'Amsterdam politologue ainsi que des extraits de deux autres contributions.

► Ce sont les radicaux, pas les centristes, qui sont vraiment plus hostiles à la démocratie
Par Matthijs Rooduijn

Dans un article partisan et provocateur publié récemment dans le New York Times, le politologue David Adler propose une thèse étonnante: ce ne sont pas les extrémistes mais les centristes qui sont les plus hostiles à la démocratie.
Celle-ci peut-elle être juste? Tout dépend de la façon dont vous définissez un «centriste». Adler s'appuie sur ce que les citoyens disent de leur propre positionnement idéologique. Et il affirme que les citoyens qui se placent au centre de l'échelle gauche-droite sont plus sceptiques et mécontents de la démocratie que ceux qui s'identifient comme plus proches des extrêmes de gauche et de droite.
Mais est-ce que ces auto-caractérisations représentent leur modération ou leur radicalité? J'ai regardé au-delà de la façon dont les gens décrivent leur position gauche-droite et ai évalué leurs actions et leurs croyances. Ce qui révèle quelque chose de complètement différent à la thèse d’Adler: ainsi ceux qui votent pour des partis radicaux et qui ont des opinions radicales sur leurs propositions sont ceux qui sont les plus sceptiques et les moins satisfaits de la démocratie.
Un centriste sur une échelle gauche-droite est-il vraiment modéré?
Adler s'appuie sur deux sondages d'opinion publique à grande échelle – le World Values Survey(WVS) et l'European Values Study (EVS). Dans une analyse approfondie, il examine le lien entre la place où les individus se placent sur l'échelle gauche-droite et la manière dont ils évaluent la démocratie.
Mais voici où son analyse déraille: la manière dont les gens estiment leur propre positionnement gauche-droite n'est pas un moyen très précis afin de distinguer entre ceux qui sont modérés et ceux qui sont plus radicaux.
Pour illustrer, je vais me concentrer sur la droite radicale. Je souligne toutefois que les modèles seraient similaires avec la gauche radicale.
Ici, je définis la droite radicale comme une famille de partis qui approuvent le «nativisme» – c'est-à-dire la croyance que l'État-nation homogène est menacé par des «autres» dangereux tels que des immigrants ou des personnes d'une autre race. Les exemples incluent le Front National en France et la Ligue en Italie. Diverses études ont montré que ceux qui votent pour de tels partis le font principalement parce qu'ils ont des attitudes anti-immigrés.
Pourquoi l'échelle d'auto-identification traditionnelle gauche-droite ne parvient-elle pas à distinguer les modérés des radicaux? En effet, les catégories de l'extrême gauche, de l'extrême droite et du centre comprennent de très larges groupes de répondants.
Pour être clair, regardons ceux qui votent pour les partis radicaux de droite et ceux qui approuvent les attitudes de ces partis. Dans mes analyses, j'utilise l'enquête sociale européenne (ESS), qui a des informations plus récentes que les études utilisées par Adler (WVS et le SVE).
Parmi ceux qui ont voté pour un parti de droite radicale, environ 43% - une majorité relative - se placent au centre. Nous obtenons un résultat similaire quand nous regardons qui a l'attitude la plus négative vis-à-vis des immigrants: environ 48% - encore une fois, une majorité relative - se disent centristes.
En d'autres termes, de nombreux centristes auto-identifiés ne sont pas du tout des modérés, une fois que vous regardez comment ils votent et ce qu'ils croient.
Mais ce n'est pas seulement le centre. Ceux qui s'identifient comme étant d'extrême droite sont également idéologiquement divers si vous regardez leur vote et ce qu'ils croient de l'immigration. Parmi ceux qui se placent à l'extrême droite d'un spectre gauche-droite, environ 30% ont voté pour un parti de droite radicale. La plupart d'entre eux ont voté pour un parti central.
Et environ 18% de ceux qui se disent à l'extrême droite d'un spectre gauche-droite pensent que les immigrants d'une race différente ou d'un autre groupe ethnique devraient être tenus à l'écart du pays.
En d'autres termes, beaucoup de ceux qui se disent à l'extrême droite du spectre politique sont en fait modérés, si nous les mesurons par leur vote et ce qu'ils croient.
D'autres façons d'évaluer les modérés vs les radicaux, conduit à des résultats différents
Alors mettons de côté l'auto-placement gauche-droite pour le moment. Au lieu de cela, nous évaluerons si quelqu'un est radical de droite ou modéré en regardant comment il vote et ce qu'il croit sur le principal problème de la droite radicale: l'immigration.
Regardons d'abord le comportement de vote. Ceux qui votent pour les partis radicaux de gauche et de droite attachent moins d'importance à vivre dans un pays gouverné démocratiquement. Nous voyons une tendance similaire en ce qui concerne la satisfaction à l'égard du fonctionnement de la démocratie.
Permettez-moi de souligner que ce sont des phénomènes différents. Quelqu'un peut trouver essentiel de vivre dans un pays gouverné démocratiquement et en même temps être fortement insatisfait du fonctionnement de la démocratie dans son pays.
Quant aux attitudes envers la démocratie chez ceux qui ont des croyances diverses sur la question la plus importante pour la droite radicale: l'immigration. Dans le premier panel, ceux qui veulent garder les immigrants attachent beaucoup moins d'importance à vivre dans un pays gouverné démocratiquement. Dans le deuxième panel, nous pouvons voir qu'ils sont aussi beaucoup moins satisfaits du fonctionnement de la démocratie dans leur pays.
En d'autres termes, les citoyens ayant des attitudes radicales typiques sont plus sceptiques et insatisfaits de la démocratie que les citoyens ayant des croyances pluralistes et multiculturelles plus modérées.
Ces analyses montrent une chose très claire: lorsque nous examinons le comportement électoral et les convictions idéologiques, les radicaux estiment qu'il est moins important de vivre dans un pays gouverné démocratiquement et sont moins satisfaits du fonctionnement de leur propre démocratie que de ceux du centre.

► Les centristes sont-ils vraiment les plus hostiles à la démocratie?
Philippe Lemoine, doctorant en philosophie à l'Université Cornell

Dès que le New York Times a publié sa contribution, les résultats d'Adler ont été promus et diffusés sur les médias sociaux par ceux de gauche et de droite fatigués d'être tenus responsables de la disparition prévue de la démocratie. Si, comme moi, vous n'êtes pas un centriste, alors vous avez peut-être trouvé cette jubilation compréhensible. Les centristes accusent régulièrement leurs rivaux politiques de saper la démocratie, et maintenant il y avait des preuves qui prétendaient qu'ils étaient les plus susceptibles de soutenir l'autoritarisme.
L'air hautain de la rationalité pragmatique que les centristes s'attribuent peut certainement être agaçant. 
(…) Donc je compatis avec ceux qui ont embrassé sans discernement ce nouveau récit et ont saisi l'occasion de prescrire aux centristes une dose de leur propre médecine. Cependant, après avoir lu l’article d'Adler et examiné les données, nous devrions probablement résister à cette tentation. Adler a peut-être raison et les centristes sont vraiment hostiles à la démocratie. Mais à mon avis cette affirmation n'est pas bien étayée par ses recherches.

► Les problèmes avec cette étude disant que les centristes sont les plus hostiles à la démocratie
Clay R. Fuller, docteur en philosophie, contributeur à l’American Entreprise Institute

Une récente contribution de David Adler dans le New York Times affirme de manière particulièrement contestable que «les centristes sont hostiles à la démocratie, pas les extrémistes». (…)
Malheureusement, ce travail souffre de plusieurs défauts fatals. En voici quelques-uns:
1) Il fait une déclaration audacieuse sur le déclin démocratique sans définir la démocratie, sans citer des preuves, ou en détaillent le champ d’application (…).
2) Les données d'enquête sont notoirement mauvaises et doivent être contextualisées. (…)
3) Qu'est-ce qu'un centriste?
La catégorisation par Adler des «extrémistes» et des «centristes» est très discutable. (…)
4) Le centre est défini par les extrêmes.
5) Enfin, les preuves ont montré depuis longtemps que les personnes ayant les opinions les plus extrêmes s'identifient souvent comme modérées ou centristes ou «novices» dans les enquêtes de toutes sortes.
L'auteur affirme que son travail «semble confirmer» l’article d'Ezra Klein datant de trois ans sur la question. Cependant, alors qu'il utilise le terme «modéré» au lieu de «centriste», je crois que la conclusion de l'article de Klein mine l'argument d'Adler: «Modéré» est simultanément l'une des descriptions les plus puissantes et les moins significatives de la politique.

On attend désormais avec impatience, sans trop y croire, que tous les médias qui ont publié les résultats d’une étude hautement partiale et sans réel fondement scientifique (et qui est très critiquée par de nombreux experts) de publier celles qui viennent la contredire...

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC
Jean-Louis Pommery
Directeur des études du CREC
 



vendredi 15 juin 2018

Actualités du Centre. Sortie de l’ouvrage «BARACK OBAMA ET L’OBAMISME» aux Editions du CREC

L’édition 2018, refondue et augmentée, de l’ouvrage d’Alexandre Vatimbella, Barack Obama et l’Obamisme, vient de paraître aux Editions du CREC.


Voici les premières pages et la table des matières:

Prologue

Barack Obama est un homme ambitieux qui croit en sa bonne étoile. Personne ne le nie, même pas ses plus proches collaborateurs et ses admirateurs les plus fanatiques. D’ailleurs, personne ne s’en offusque tant il faut d’ambition et de foi pour devenir Président des Etats-Unis, de la première puissance mondiale et de la plus vieille démocratie du monde et de demeurer huit ans dans cette fonction si usante.

Cependant Barack Obama a également été porté par une vague extraordinaire de sympathie voire d’adulation du public mais aussi des journalistes et de nombres de célébrités. Une vague qui n’a pu que renforcer sa propre vision d’un destin personnel au plus haut niveau.

Reste que Barack Obama est aussi celui qui a toujours dit, depuis son entrée dans la vie politique, qu’il n’était intéressé par le pouvoir que par la faculté que ce dernier donne de changer la vie des gens et non pour une gratification de son égo. Une vision qui lui vient de son investissement en tant que travailleur social dans les quartiers les plus déshérités de Chicago tout autant que de sa philosophie politique qui privilégie le résultat sur le discours, le pragmatisme sur l’idéologie et la volonté d’unir plutôt que de créer des affrontements.

L’«Obamania» qui a suivi son élection en 2008 était complètement démesurée et sans commune mesure avec ce qu’une personne est capable de faire au pouvoir, serait-ce à la tête de la première puissance mondiale et même dotée de toutes les qualités du monde.

Alors que son second mandat s’est achevé en janvier 2017, force est d’observer que le reflux de cette vague d’idolâtrie a été particulièrement fort et qu’une vague, tout aussi puissante, d’«Obama bashing» (critique systématique de son action mais aussi de l’homme) lui a succédé, tout autant illégitime en regard de ce qu’est l’homme et de ce qu’il a accompli en tant que Président des Etats-Unis en huit ans de mandat. D’ailleurs, lors de son départ et suite à l’élection de Donald Trump sa cote de popularité avait largement remontée, au-dessus de 50%.

Sans préjuger de ce que l’histoire retiendra de ses huit années à la Maison blanche et de son œuvre politique, on peut déjà tenté de trouver quelques raisons à ce discrédit – relatif – après cette quasi-sanctification des débuts.

Il y a d’abord ce qu’est Barack Obama et que la folie suscitée par son élection a caché tout d’abord: un homme brillant intellectuellement mais qui est un cérébral qui n’aime pas la foule, le populisme (même au bon sens américain du terme, uniquement focalisé sur les couches sociales défavorisées et leurs préoccupations) et sûr de ce que son action était la bonne et juste. Mais aussi un homme qui savait que l’on doit discuter et faire des compromis avec ceux qui ne partagent votre point de vue et qui s’est laissé entraîner pendant une grande partie de son premier mandat, dans l’illusion qu’il allait pouvoir gommer nombre de différends et de blocages entre les démocrates et les républicains.

En outre, Barack Obama commis de nombreuses erreurs en matière de communication alors que l’on pensait que c’était un de ses points forts, incapable de répondre efficacement, par exemple, à la propagande des extrémistes du Parti républicain.

Car, ensuite, Barack Obama a été l’un, si ce n’est celui qui a été la plus, des présidents les plus attaqués par les extrémismes de droite et de gauche pour des raisons évidemment différentes. Avant même son élection et son accession au pouvoir, sa légitimité avait été mise en doute par des extrémistes de droite qui lui déniaient d’être un vrai Américain, prétendant qu’il n’était pas né sur le sol des Etats-Unis, certains ultras déniant même à un noir de pouvoir occuper la Maison blanche…

Dès sa prise de fonction, des groupes d’extrême-droite se sont constitués (les fameux «Tea Party») pour l’attaquer sur tout et n’importe quoi, avec des relents souvent de racismes nauséabonds. Quant aux radicaux de la gauche, ils ont vu en lui, dès le départ, un «traitre» centriste (ce en quoi ils n’avaient pas torts puisque Barack Obama s’est toujours présenté comme un homme du Centre) et l’ont critiqué pour tout ce qu’il faisait qui n’était jamais suffisant, instillant une dose toujours plus forte de soupçon sur le fait qu’il était un démocrate.

De même, les médias se sont retournés contre Obama avec une rare violence, d’autant plus grande que ce dernier n’a rien fait pour avoir des relations apaisées avec ceux qui l’avaient pourtant porté aux nues. Ainsi, il s’est toujours méfié du «quatrième pouvoir» et des dégâts qu’il pouvait avoir sur son action, instituant, dès son entrée en fonction, la règle de silence avec ses collaborateurs vis-à-vis des médias qui ont souvent été incapables de collecter d’autres informations que l’officielle.

Pour autant, Barack Obama a toujours suivi les mêmes principes quant à son action (même quand cela lui a fait du tort). On peut ainsi parler d’»Obamisme», d’une manière spécifique de gouverner et d’envisager la politique et de proposer des solutions.



TABLE DES MATIERES
Prologue

- I° Partie
Barack Obama, ses idées, son programme      

Introduction 

Chapitre I
Ce qu’il dit de son positionnement politique   

Chapitre II
Ce que disent les autres de son positionnement politique

Chapitre III
Ce que les faits disent de son positionnement politique

Chapitre IV
De l’Obamania à l’Obamisme

En guise de conclusion
Le «Fair Shake» d’Obama           


- II° Partie
Barack Obama ou l’impossible victoire