dimanche 17 février 2019

L'Editorial du CREC. Halte à la haine!

Le Centrisme, par son attachement aux valeurs humanistes et au principe de juste équilibre, est une pensée de la réconciliation, du consensus et de la paix civile.
Le Centrisme est donc contre toute violence, toute haine qui divisent, qui détruisent, qui insultent, qui tuent.
C’est la raison pour laquelle il se bat avec toute son énergie et sans aucune concession possible contre toutes les idéologies extrémistes, contre tous les mouvements populistes, contre tous les partis clientélistes.
C’est la raison pour laquelle il ne peut cautionner en aucune façon les mouvements de foule du style des gilets jaunes où la hargne, le fanatisme, le racisme, l’antisémitisme, l’insulte, l’appel au meurtre sont monnaie courante er doivent répugner tous ceux qui défendent la démocratie et la république.
Mais ces rassemblements des fielleux, des convoiteux et des baveux, des amoureux transis des dictateurs et des autocrates, des laudateurs des pires régimes qui ont vu le jour sur notre planète, ont au moins une vertu: montrer la rage haineuse contre la démocratie et l’autre de cette minorité de la population qui se targue de manière indécente et impudique, surtout illégitime, de représenter le «peuple».
Non pas une haine de circonstance ou conjoncturelle, voire contre un pouvoir qui ne les comprendrait pas mais une haine, tout court, contre tout ce qui n’est pas eux et leurs fantasmes, leurs croyances complotistes, les autres, tous les autres.
Oui, une haine qui a traversé l’Histoire (pour ceux, trop peu nombreux, qui la connaisse), que l’on retrouve partout et à toutes époques, qui a donné les pires débordements et les régimes les plus scélérats, qui a souvent fait régresser les progrès humanistes et mis à mal la dignité humaine.
Quant on écoute et lit les propos des gilets jaunes, tout est là.
Cette haine qui appelle à la violence, à la destruction, au meurtre et aux massacres de masse.
Malheureusement, beaucoup de politiques, soudain transis de peur et incapables de défendre leurs soi disant «convictions inébranlables» en faveur de la démocratie républicaine, se sont fourvoyés et continuent de se fourvoyer en se montrant complaisants, voire complices de ces agitateurs séditieux.
Et parmi eux, plus d’un centriste ou, tout au moins, de personnes se prétendant centristes.
Il est temps de retrouver la raison pour ceux-ci au nom de ce qu’ils prétendent défendre: la liberté, l’égalité, la fraternité et le respect de la dignité de l’autre.
Parce que ces valeurs et cette vertu sont ce qui font le Centre et la fierté de tout centriste de les porter sans jamais faiblir.

L’équipe du CREC


vendredi 15 février 2019

Actualités du Centre. Paroles centristes: Chômage, Alain Juppé, antisémitisme, impôts, violence, coup d’Etat des gilets jaunes…

Voici une sélection des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux.

Edouard Philippe (Premier ministre)
- Le Conseil Constitutionnel a besoin de femmes et d’hommes qui ont le sens de l’Etat. La nomination d’Alain Juppé est une très bonne nouvelle pour la République.
- Il y a 35 000 maires en France, ce sont eux qui font vivre la démocratie locale. Je ne crois pas qu’ils soient déconnectés de la réalité.
- Laisser entendre qu’on pourrait faire des référendums sur tout, ce n’est pas la forme de démocratie représentative à laquelle j’aspire
- 10% des foyers français payent 70% de l’impôt sur le revenu. On ne peut pas laisser penser que le système français ne serait pas du tout redistributif.
- Des gens qui saccagent l’Arc de Triomphe. Qui attaquent des policiers et des gendarmes. Qui brûlent un camion Sentinelle. Et vous voudriez qu’on leur dise que ce n’est pas grave ?!
- Le système actuel ne sait pas prendre en compte les aidants et c’est injuste. Nous voulons corriger cette faiblesse dans le nouveau système de retraites.

Muriel Penicaud (LREM, ministre)
Cela fait dix ans que l'on n'était pas arrivé à avoir un taux de chômage inférieur à 9%. Une baisse due aux réformes du marché du travail qui commencent à produire leurs effets et qui facilitent l'accès à l'emploi.

Christophe Castaner (LREM, ministre)
Ainsi donc un des leaders des Gilets Jaunes nous annonce un coup d'Etat militaire... C'est une comédie à l'italienne ou juste un nouveau délire personnel?

Stanislas Guerini (LREM, délégué général)
Tous les jours, des citoyens Français sont agressés, intimidés, harcelés… parce qu'ils sont juifs. Ça suffit ! Aux côtés de 13 formations politiques, j’appelle à un grand rassemblement mardi à 19h, partout en France, pour dire : l’antisémitisme, c’est NON.

Marielle de Sarnez (MoDem, députée)
Car c’est bien cela la racine du problème : la concurrence fiscale pratiquée entre Etats européens. Cette concurrence fiscale est déloyale, elle est injuste, elle est incivique. Et cette situation dure depuis bien trop longtemps. La solution, nous la connaissons tous sur ces bancs. Elle réside dans une politique active et volontaire d’harmonisation fiscale au niveau européen. C’est la seule réponse pour s’attaquer vraiment au dumping fiscal auquel se livrent de nombreux pays.

Sarah El Hairy (MoDem, porte-parole)
Chaque territoire est différent de son voisin, ils ne se ressemblent pas. On doit remettre la décision au plus proche du territoire pour qu'elle soit la plus juste possible.

Marc Fesneau (MoDem, ministre)
- Les propos de M. Chalençon (*) sont très graves. Il y a ce qu’on dit en façade et ce qu’on dit en coulisses. C’est un appel à la haine et à la querelle entre les Français. Ces paroles-là, dans la démocratie, ne sont pas acceptables. Il ne faut pas banaliser ces propos
- Je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’il y a d’une part les propos et d’autre part les actes. Ne délions pas les propos des actes. Des propos violents peuvent entraîner des actes violents. Il ne faut pas cautionner les dérapages verbaux.
- Les Français voient que leurs interrogations et leurs idées sont prises au sérieux. C’est formidable de voir la variété des échanges et des lieux de débats. Ne pensez pas que nous ayons lancé un débat avec les solutions déjà en poche. Laissons faire le débat

Jean-Christophe Lagarde (UDI, président)
Aujourd’hui, sans FBI et parquet européen, nos frontières n’arrêtent que les policiers et les magistrats, pas les terroristes ni les criminels. Je veux une Europe efficace qui se concentre sur l'essentiel.

(*) propos de monsieur Chalençon, un des meneurs des gilets jaunes:
«Je sais que je risque beaucoup. Je peux me prendre une balle dans la tête à n'importe quel moment. Mais j'en n'ai rien à foutre. J'irai au bout de mes convictions, parce que s'ils me mettent une balle dans la tête, Macron il est passé à la guillotine. On est arrivé à un tel point de confrontation, que s'ils m'abattent, il est mort aussi. Parce que le peuple il rentre dans l'Élysée et il démonte tout. Lui, sa femme, et toute la clique. On est plusieurs comme ça. S'ils en touchent un, on a des gens, des paramilitaires qui sont prêts à intervenir parce qu'ils veulent aussi faire tomber le pouvoir. Donc aujourd'hui tout le monde est calme, mais on est à la limite de la guerre civile. Donc soit il y a une solution politique très rapidement, parce que derrière il y a des gens qui sont prêts à intervenir de partout.»
A noter que le personnage avait déjà déclaré:
«J'en appelle à monsieur Macron, ou s'il ne veut pas plier, aux militaires. Aujourd'hui c'est aux militaires d'entrer en jeu pour permettre la mise en place de ce gouvernement».
Un autre meneur de ce mouvement de foule, Maxime Nicolle, avait déclaré, début janvier qu’il allait y avoir «un "soulèvement national avec des armes. Il y a des gens qui se préparent à ne plus être du tout pacifiques»


jeudi 14 février 2019

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Plus inquiétant que les dirigeants populistes: leurs électeurs!

Voici un théorème d’une clarté aussi évidente que sa simplicité, presque un truisme tautologique: s’il n’y avait pas des gens pour voter en leur faveur (et/ou les soutenir, et/ou les suivre dans leur aventurisme), les populistes ne seraient qu’un épiphénomène dans les démocraties républicaines et le populisme serait concentré dans les bas-fonds des comportements humains les plus détestables, sans aucune chance de prendre le pouvoir.
C’est souvent vrai également des totalitarismes qui parviennent au pouvoir par les urnes ou par un soutien manifeste d’une grande partie de la population.
Rappelons maintenant cette autre évidence: dans une démocratie, vous n’êtes élu que si l’on vote pour vous.
Aucun des 62.984.825 d’Américains qui ont voté pour Donald Trump n’ont été contraints de le faire.
De même, aucun des 13.418.517 d’Allemands qui ont voté pour Hitler en 1932 et aucun des 11.737.021 de ceux qui ont voté pour le parti nazi la même année n’ont été contraints de le faire.
Et ceci est, depuis toujours, une inquiétude majeure pour la démocratie.
Dans le cas de Trump, rien de ce qui se passe aujourd’hui, même ses mensonges et ses reniements, n’est une surprise.
Dès lors, l’on doit convenir de deux choses.
Soit les électeurs de Trump sont des crétins, soit ce sont des gens dangereux, soit les deux comme le sous-entendait sans doute avec raison Hillary Clinton lors de la campagne présidentielle (ce qui lui a valu les critiques, non seulement, des soutiens de Trump mais aussi des médias de la bien-pensance).
Car ici on ne parle pas des vrais-faux électeurs de Poutine, des soutiens virtuels de Xi et autres autocrates qui manipulent les scrutins ou rédigent eux-mêmes les comptes-rendus des résultats des élections qu’ils ont truquées...
Ici on parle des électeurs de la première puissance du monde qui est, surtout, la première et plus grande démocratie du monde sur le plan de son approfondissement et de son antériorité.
Des électeurs qui, selon les décomptes des enquêteurs spécialisés du Washington Post et du New York Times ont voté pour un personnage qui, depuis le début de sa présidence, a menti ou travesti la réalité plus de huit mille fois!
Et que dire des Allemands qui, dans un sondage effectué dès après la défaite désastreuse de leur pays en 1945, estimaient majoritairement que le nazisme était une bonne idée qui avait été mal appliquée.
Et ça, ça fait froid dans le dos et ce genre de résultat est ce qui est vraiment le plus terrifiant pour la démocratie.
Ici on parle d’un pays qui avait un développement et une culture qui auraient du l’empêcher de tomber dans un tel abîme en 1933.
Mais, puisque nous sommes dans les chiffres, continuons.
Un sondage aux résultats particulièrement dérangeants a été publié récemment aux Etats-Unis dans lequel, en échange d’une augmentation annuelle de leur salaire de 10%, 34,98% des personnes interrogées, abandonneraient leur droit de vote à toutes les élections à vie et 9,13% abandonneraient le droit de vote de leur enfant ou futur enfant à toutes les élections à vie…
Et, pour bien montrer que les Etats-Unis ne sont pas une exception, dans un autre sondage, un tiers des Français ne seraient pas opposés à un régime autoritaire en France.
Et on pourrait continuer à égrainer les chiffres alarmants telle une triste litanie récitée à l’enterrement de la démocratie.
Dès lors, le constat est limpide: la démocratie républicaine a plusieurs ennemis qui souhaitent sa mort et c’est souvent à l’intérieur d’elle-même qu’elle en compte le plus.
Car, si à l’extérieur, il ya tous les régimes autoritaires et dictatoriaux ainsi que le terrorisme prôné et mis en œuvre par toutes les organisations qui exècrent la liberté et les valeurs humanistes, à l’intérieur, il y a évidemment tous les relais de ceux que l’on vient de citer, ceux qui partagent leurs idéologies.
Surtout, bien sûr, il y a le populisme démagogique qui (re)monte à la surface sans avoir jamais vraiment disparu, l’hydre que nos démocraties républicaines semblent incapables de détruire définitivement parce qu’entre autres, il utilise leurs armes et leurs principes, ce qui le rend particulièrement dangereux.
Ainsi, c’est au nom d’élections gagnées démocratiquement que les gouvernements polonais et hongrois mais aussi le président des Etats-Unis (qui affirme qu’il peut s’autoamnistier en cas de condamnation par la justice de son pays) restreignent les libertés, critiquent les droits de l’homme et prennent des dispositions qui font régresser la démocratie républicaine.
C’est au nom du droit de la majorité à gouverner que l’on tente de marginaliser et de réduire au silence toutes les oppositions.
Face à ces pratiques, face à ce danger réel, comment donc la démocratie républicaine peut-elle empêcher le populisme et ses électeurs de la tuer?
D’abord en rappelant fermement qu’elle n’est pas simplement le gouvernement de la majorité.
Si celle-ci a le droit de gouverner, elle ne peut détruire le cadre dans lequel elle agit.
Surtout, elle ne peut jamais s’octroyer des pouvoirs exorbitants.
La dictature de la majorité n’est pas un régime démocratique mais un régime dictatorial.
Or, rien n’empêche actuellement dans la plupart des pays démocratiques, une majorité de changer les règles, lorsqu’elle gagne des élections et même si ses victoires sont sur le fil, voire même sans obtenir la majorité des voix, comme Trump aux Etats-Unis.
De toute façon, la démocratie n’est pas la volonté toute-puissante d’une majorité aussi large soit-elle.
Elle est le régime qui garantit à un individu des droits inaliénables, ne serait-il plus que le seul à les réclamer et à les utiliser, la liberté d’aller et venir, de choisir son présent et son futur, d’exprimer publiquement son opinion sans qu’il ne soit interdit de le faire ou d’être réprimé pour l’avoir fait.
Dès lors, il est important de faire en sorte qu’aucun pouvoir, aucune majorité ne puissent attenter à ses droits de quelque manière que ce soit.
C’est ainsi qu’ils doivent être garantis en interdisant de les supprimer de manière directe ou indirecte.
Et que cette interdiction figure dans les lois fondamentales de chaque démocratie, que ce soit dans une Constitution, une charte ou un document particulier.
Certains diront que cela n’empêchera pas de le faire par la force.
Sans doute mais alors nous aurons basculé dans autre chose qui s’appelle un régime autoritaire voire une dictature mais plus dans une démocratie.
Voilà qui évitera son instrumentalisation comme c’est le cas en ce moment, comme ce fut le cas de nombreuses fois au cours de l’Histoire.
Voilà qui empêchera ce «peuple» – qu’on évitera de qualifier de «bon» comme certains –, si jamais il existe vraiment, de s’en prendre aux valeurs fondamentales de la démocratie, surtout aux droits fondamentaux et inaliénables de l’individu.
Oui, les électeurs des populistes et des extrémistes sont dangereux et doivent être combattus par tous ceux qui défendent la démocratie républicaine.
Affirmer le contraire, c’est céder à un politiquement correct qui conduit inexorablement à un démocratiquement incorrect.
On évitera ainsi que les bénéficiaires de la démocratie républicaine et de ses bienfaits puissent en être potentiellement les premiers fossoyeurs…


mercredi 13 février 2019

Actualités du Centre. La réunion des radicaux n’a pas tenue plus d’un an!

Hénart & Pinel, un mariage raté
C’est fini: nombre de radicaux de gauche (centre-gauche) ont décidé de quitter la Mouvement radical, formation qu’ils avaient créée avec les radicaux valoisiens (centre-droit) fin 2017 dans une volonté de réunir toute la famille radicale qui était divisée depuis la signature du Programme commun de la Gauche en 1972.
Cette séparation actée par une simple déclaration sur Facebook de la coprésidente du Mouvement radical et ancien présidente du Parti radical de gauche, Sylvia Pinel a été aussi abrupte que peu étonnante.
Ainsi, depuis la réunification des deux familles radicales, non seulement le radicalisme n’a bénéficié d’aucune attention médiatique particulière mais également d’aucun engouement de la part des Français.
Pire, les deux pôles radicaux n’ont cessé de se confronter et de se concurrencer au sein du mouvement afin de prendre le pouvoir, une question autant idéologique que de personnes.
Ainsi, il est très vite apparu que les deux coprésidents (et leurs troupes respectives) avaient des lignes politiques très différentes notamment en matière de soutien à Emmanuel Macron et à son gouvernement.
Alors que Laurent Hénart (ancien président du Parti radical valoisien) s’est positionné dans un soutien critique et une volonté de se rapprocher de la majorité présidentielle (avec la possibilité de faire liste commune avec LREM, le MoDem et Agir lors des élections européennes), Pinel, elle, a constamment critiqué les choix du Président de la république, se plaçant sans aucune hésitation dans une opposition dure, proche de celle du PS et des radicaux de gauche qui avaient refusé de rejoindre le Mouvement radical lors de la fusion en décembre 2017..
Laurent Hénart a déclaré regretter la décision de Sylvia Pinel alors même que celle-ci n’a même pas été annoncée sur le site du Mouvement radical.
Quand à cette dernière, elle a expliqué les raison de son départ en affirmant sur son compte Facebook que «Partageant le choix de la grande majorité des anciens radicaux de gauche, je rejoins donc le Parti radical de gauche, notre formation d'origine (...) à laquelle je veux, avec beaucoup d'autres, donner le nouvel élan qui lui permettra d'être au premier rang de la reconstruction, pour la République et pour la France.»
Selon elle, «La tentative de regroupement des radicaux de gauche et des radicaux valoisiens engagée avec la création du Mouvement radical/social-libéral, qui avait vocation à constituer une nouvelle formation politique pleinement indépendante, n’a pas abouti».
Le prétexte qu’elle invoque pour cette séparation est une soi-disant alliance entre le Mouvement radical et LREM pour les élections européennes alors même qu’aucun accord n’a été conclu sur le sujet.
Guillaume Lacroix, secrétaire général du Mouvement radical et proche de Sylvia Pinel, a décidé de quitter lui aussi la formation centriste en affirmant qu’il y avait «incapacité du Mouvement Radical social-libéral à exister politiquement depuis un an», tout en expliquant que c’était à cause d’«un manque de cohérence idéologique et stratégique au sein d’un mouvement radical qui n’est pas parvenu à organiser la convergence des idées».
Mais, quel que soit le motif de cette séparation, constat doit être fait que les radicaux ne sont plus capables de parler d’une seule voix alors même que le radicalisme est de plus en plus en déshérence après ses heures de gloire lors des III° et IV° républiques.
A noter que l’on ne sait pas encore quelle sera l’ampleur des départs, certains affirmant qu’elle concernera une grande partie des ex-militants du PRG, d’autres que cela ne concernera que peu de monde…