mercredi 1 janvier 2020

Propos centristes. France – Spécial vœux centristes

Voici une sélection, ce 1er janvier 2020, des vœux adressés par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.


● Emmanuel Macron (Président de la République)

Françaises, Français,

Mes chers compatriotes de l’hexagone et d’Outre-mer,

Pour la troisième fois depuis le début de mon mandat, j’ai l’honneur de m’adresser à vous le 31 décembre.

En ce moment de fêtes de fin d’année où, pour la plupart, vous êtes réunis en famille ou avec vos proches, je veux d’abord avoir une pensée chaleureuse pour celles et ceux qui sont malades ou qui sont seuls.

Je tiens à saluer nos compatriotes qui, ce soir encore, sont à la tâche. Nos militaires, nos gendarmes, nos policiers, nos sapeurs-pompiers, nos personnels soignants, fonctionnaires comme salariés du secteur privé ou associatif, veillent sur nous, ce soir encore, afin que nous puissions vivre ces quelques heures dans la tranquillité.

Nous en avons tous besoin. Car durant l’année qui vient de s’écouler, nous avons vécu des moments d’épreuve - la mort de nos soldats dans la lutte contre le terrorisme, l’assassinat de nos policiers à la Préfecture de police de Paris, les violences qui ont bousculé la vie de notre pays, les catastrophes naturelles ayant touché la France en hexagone comme outre-mer ; des moments d’émotion aussi - la disparition du président Chirac ou l’incendie qui a embrasé Notre-Dame.

Avec le Grand débat national, face aux colères exprimées par le mouvement des gilets jaunes, nous avons su instaurer un dialogue respectueux et républicain, sans précédent dans une démocratie, et prendre des décisions marquantes.

En même temps, nous avons commencé à percevoir, dans le concret de nos vies, les premiers résultats de l’effort de transformation engagé depuis deux ans et demi.

Plus de 500 000 emplois ont été créés depuis mai 2017 et bénéficient souvent à des personnes éloignées du monde du travail depuis longtemps ; des créations d’entreprises toujours plus nombreuses ; des investissements internationaux dans notre économie supérieurs à ceux qu’enregistrent nos voisins ; des usines qui rouvrent et permettent à des territoires en difficulté de renouer avec l’espoir : la France n’avait pas connu un tel élan depuis des années.

Tout cela, nous l’avons fait ensemble. Car ces bons chiffres qui font chaque jour la France plus forte sont d’abord les vôtres, le fruit de votre travail, des risques pris par nos entrepreneurs, nos artisans, nos commerçants, nos agriculteurs, du génie créatif de nos inventeurs et de nos artistes, de l’engagement des ouvriers, des salariés, des ingénieurs.

Ces chiffres constituent aussi un encouragement à poursuivre le mouvement engagé.

Je vous le disais, ce sont les troisièmes vœux que je vous adresse. D’habitude, c’est le moment du mandat où on renonce à agir avec vigueur, pour ne surtout plus mécontenter personne à l’approche des futures échéances électorales – municipales, sénatoriales, départementales, régionales puis présidentielles.

Nous n’avons pas le droit de céder à cette fatalité. C’est l’inverse qui doit se produire.

Je prends ce soir devant vous l’engagement de consacrer toute mon énergie à transformer notre pays pour le rendre plus fort, plus juste, plus humain.

J’ai conscience que les changements bousculent souvent. Mais les inquiétudes ne sauraient pousser à l’inaction. Car il y a trop à faire.

Je mesure aussi combien les décisions prises peuvent parfois heurter, susciter des craintes et des oppositions. Faut-il pour autant renoncer à changer notre pays et notre quotidien ? Non. Car ce serait abandonner ceux que le système a déjà abandonné, ce serait trahir nos enfants, leurs enfants après eux, qui alors auraient à payer le prix de nos renoncements.

C’est pour cela, que la réforme des retraites à laquelle je me suis engagé devant vous et qui est portée par le Gouvernement sera menée à son terme.

Parce qu’il s’agit d’un projet de justice et de progrès social.

Un projet de justice et de progrès social parce qu’il assure l’universalité : il s’agit de faire en sorte qu’un euro de cotisation versé ouvre les mêmes droits pour tous dès la première heure de travail. C’est loin d’être le cas aujourd’hui. Un projet de justice et de progrès social parce qu’il se traduit par plus d’équité : nous prendrons en compte les tâches difficiles pour permettre à ceux qui les exercent de partir plus tôt sans que pour autant cela soit lié à un statut ou une entreprise. Nous voulons que chacun puisse bénéficier d’une pension digne, notamment les oubliés du système actuel, les femmes dont les retraites sont presque deux fois inférieures à celles des hommes, ceux qui ont des carrières hachées, les commerçants, les artisans, les agriculteurs qui nous nourrissent mais après une vie de travail ne touchent que quelques centaines d’euros par mois de pension, ou bien enfin, les millions de Français qui aujourd’hui sont contraints de travailler au-delà de 64 ans pour avoir toute leur retraite.

Un projet de justice et de progrès social enfin, parce qu’il repose sur un principe de responsabilité : il s’agit de garantir l’équilibre du système par répartition qui est le nôtre depuis le Conseil National de la Résistance, et donc sa solidité à travers le temps. C’est la base de la solidarité entre générations. Ça veut dire s’assurer que ceux qui travaillent soient en mesure de payer à nos aînés leur juste retraite, dans un monde – et c’est une chance – où l’on étudie de plus en plus tard et où l’on vit de plus en plus longtemps.

Alors, ne vous y trompez pas, j’entends sur ce sujet si important, qui tient au cœur-même de l’identité française, les peurs, les angoisses qui se font jour. J’entends aussi beaucoup de mensonges et de manipulations.

L’apaisement toujours, doit primer sur l’affrontement. Apaiser ne veut pas dire renoncer mais nous respecter dans nos désaccords. Ma seule boussole est et sera l’intérêt de notre pays, notre capacité à assurer la meilleure retraite possible à nos aînés, la défense de ceux qui n’ont pas toujours la faculté de s’exprimer c’est-à-dire nos enfants.

C’est pourquoi, pour vous, avec les organisations syndicales et patronales qui le veulent, j’attends du Gouvernement d’Edouard Philippe qu’il trouve la voie d’un compromis rapide dans le respect des principes que je viens de rappeler.

Mes chers compatriotes, dans quelques heures, une nouvelle décennie s’ouvrira.

Je vois les attentes, les impatiences et je suis moi aussi comme vous impatient de voir la situation s’améliorer plus vite pour nous tous et en particulier pour les plus fragiles d’entre nous. Nous changeons les choses mais il faut rattraper parfois beaucoup de retard. Cela ne se fait pas en un jour.

Alors à l’aube de cette nouvelle décennie, je veux vous assurer que je ne cèderai rien au pessimisme, ou à l’immobilisme. Je suis le garant de ce qui fait notre pays, la France : nos institutions, nos forces vives, notre sécurité sociale, notre culture, notre laïcité, l’égalité entre les femmes et les hommes, notre solidarité. Je tiens comme vous à ce qui nous lie, ce qui nous unit, à ce que nous sommes. Nous n’avons pas à nous adapter au cours des choses – ce n’est pas la France ! mais à rester fidèle à ce que nous sommes en bâtissant une société nouvelle qui répond selon nos choix aux bouleversements en cours.

Plus que jamais il sera essentiel de mettre le travail et le mérite au cœur de notre action. Beaucoup a été fait par le Gouvernement pour que plus de Français travaillent et pour que le travail paye mieux. Nous devons poursuivre sur cette voie. La baisse de l’impôt sur le revenu, la suppression complète de la taxe d’habitation pour une large majorité d’entre vous seront des réalités de 2020.

Je veux que nous continuions à favoriser l’initiative, à simplifier, à permettre davantage d’innovations, à permettre de travailler mieux, de partager la richesse créée dans toutes les entreprises, à aider nos agriculteurs et nos pêcheurs à vivre dignement de leur travail comme à tous les entrepreneurs et salariés. C’est la condition pour une Nation forte et indépendante.

Si nous voulons lutter efficacement contre les injustices, contre le fait que dans notre République trop d’enfants voient leur destin décidé le jour de leur naissance, nous devons continuer d’investir davantage dans l’Education et la Santé. Eduquer, instruire, former, soigner, accompagner sont des missions essentielles. Nous continuerons de faire de l’école, de l’apprentissage et de la formation tout au long de la vie, le socle de notre société. Nous entamerons la revalorisation et la transformation des carrières des enseignants, des professeurs, des soignants. Nous mènerons une politique ambitieuse pour l’hôpital auquel je tiens tant et pour une médecine plus humaine centrée sur le patient.

Nous aurons aussi cette année à prendre des décisions essentielles pour nos concitoyens en situation de handicap comme pour nos aînés en situation de dépendance.

2020 sera aussi l’année où un nouveau modèle écologique doit se déployer. Nombre de décisions ont été prises en la matière : fermer les centrales à charbon, arrêter les nouveaux forages, et je ne citerai pas tout ici. J’attends beaucoup des propositions que préparent 150 de nos compatriotes qui se sont engagés dans la Convention Citoyenne et travaillent depuis plusieurs semaines d’arrachepied. Il nous reviendra au printemps prochain d’affirmer des choix nouveaux et forts, une stratégie sur plusieurs années pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement climatique mais aussi pour œuvrer en faveur de la biodiversité. Cette stratégie nationale doit être écologique et économique : c’est-à-dire que nous devons préserver la planète en créant des emplois nouveaux. Elle doit être écologique et sociale : nous devons changer nos habitudes en aidant les plus modestes à se déplacer, se loger en dépensant moins et en émettant moins. Elle doit être écologique et culturelle : cela doit être une politique nouvelle d’aménagement de nos paysages, de redécouverte du beau, de réinvention d’une qualité de vie à la française. Vous n’avez pas attendu le Gouvernement pour vous engager en la matière, vous êtes à l’avant-garde de tous ces combats : au quotidien à travers vos choix en matière d’’alimentation, par les gestes simples et essentiels que vous pratiquez, comme la jeunesse nous a montré l’exemple, par une mobilisation inédite. Nous devons amplifier ce mouvement et accélérer à toutes les échelles : locale, nationale, européenne, internationale.

Enfin, 2020 doit ouvrir la décennie de l’unité retrouvée de la Nation.

Je vois trop de divisions au nom des origines, des religions, des intérêts. Je lutterai avec détermination contre les forces qui minent l’unité nationale et dans les prochaines semaines je prendrai de nouvelles décisions sur ce sujet.

L’Etat et les services publics ont un rôle essentiel pour renforcer cette unité française. Je sais, en la matière, aussi pouvoir compter sur tous les élus. Je veux ce soir avoir une pensée chaleureuse pour les Maires de France. Dans quelques semaines, nombre d’entre eux s’arrêteront après un ou plusieurs mandats, d’autres solliciteront votre confiance. Qu’ils soient ce soir à nouveaux, tous remerciés, ils sont les piliers de la République du quotidien, des territoires. Nous en avons tant besoin.

Et je sais aussi pouvoir compter sur vous, mes chers compatriotes, oui, pour assurer l’unité de la Nation, rappelons-nous toujours que nous avons à l’égard de la France plus de devoirs que de droits. Notre engagement, notre sens du devoir, notre sens du respect à l’égard des autres citoyens sont des valeurs indispensables à notre unité, notre concorde. Ces valeurs sont au cœur du service national universel qui se déploiera durant l’année qui vient et auquel j’attache la plus grande importance.

Je me souviens de ces jours de printemps qui ont vu la flèche de Notre-Dame brûler avant de s’effondrer. A la vague d’émotion, a immédiatement succédé une vague d’enthousiasme pour reconstruire rapidement ce joyau national pour les mille ans à venir. Parce que chacun a vu en Notre-Dame l’empreinte de l’esprit français, quelque chose qui nous dépasse.

Nous sommes un peuple de bâtisseurs, conscient de sa vocation universelle. Un peuple de temps long qui, parce qu’il sait d’où il vient, sait se projeter. Un peuple qui toujours sait se hisser à la hauteur des circonstances.

Ce sens de l’Histoire, cette unité maintes fois éprouvée, seront nos plus solides atouts pour affronter les temps qui viennent.

Quand l’Histoire s’accélère, l’esprit français ne cède rien à la fatalité.

Nous l’avons démontré en préservant l’accord de Paris sur le climat, en pesant sur la résolution des crises qui, en Ukraine, en Iran, en Libye, en Syrie, ont un impact direct sur notre sécurité, en nous engageant avec détermination contre le terrorisme au Sahel.

Nous aurons à le démontrer à nouveau dans les semaines et les mois à venir.

En particulier, pour que se construise une Europe souveraine sur le plan de la défense, de la sécurité, du climat, du numérique, une Europe qui, fière de son modèle démocratique alliant liberté et solidarité, sera tout à la fois notre bouclier et notre porte-voix. A cet égard, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est une épreuve. J’œuvrerai pour maintenir entre nos deux pays une relation solide.

Mes chers compatriotes, si nous le choisissons et si nous nous rassemblons, la décennie qui s’ouvre peut-être la nôtre, notre Nation peut devenir celle qui invente les moyens de vivre forts et heureux en ces temps de grands bouleversements.

Il nous faudra savoir faire des choix clairs, investir dans l’avenir, dans notre jeunesse, dans notre recherche, dans de nouveaux modèles et nous projeter à l’horizon de cette décennie.

Oui, je crois en nous, en notre capacité à bâtir la France en commun.

Ensemble faisons de la décennie qui s’ouvre une décennie française et européenne !

Chacun d’entre vous a son rôle à jouer, chacun d’entre vous est essentiel pour y parvenir.

C’est pourquoi, je forme des vœux de paix et de bonheur pour vous tous. Quant à moi, sachez combien je mesure chaque jour l’immense honneur qui m’est fait de vous servir, de présider notre République et de préparer l’avenir de notre Nation. J’y consacrerai toute mon énergie, avec beaucoup de cœur, portant chaque jour vos enthousiasmes comme vos exigences.

Je vous souhaite une très bonne année 2020.

Vive la République !

Vive la France !



● Gouvernement

[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]



Florence Parly (ministre des Armées)

Belle et heureuse année 2020 à toutes et tous. Une pensée particulière pour les 270 000 civils et militaires du ministère des Armées qui jour et nuit assurent notre défense. Ils sont nombreux à être loin de chez eux ce soir, je salue leur engagement.



Bruno Le Maire (ministre de l’Economie et des Finances)

«2020 doit ouvrir la décennie de l’unité retrouvée de la Nation». Des mots forts et des priorités claires d’Emmanuel Macron pour notre pays : lutte contre le réchauffement climatique, justice et réussite économique qui bénéficie à tous. Très bonne année 2020 à tous, pleine de paix, de joie personnelle et de succès pour notre pays !



Elisabeth Borne (ministre de la Transition écologique et solidaire)

Agir pour l’environnement en 2020, cela commence dès le 1er Janvier.



Jean-Michel Blanquer (ministre de l’Education)

La France unit. La République unit. L’éducation unit. Demandons nous chaque jour ce que nous faisons pour notre pays et pour les valeurs qui nous unissent: liberté, égalité, fraternité. Que 2020 nous fasse avancer dans ce sens notamment par l’éducation! Meilleurs vœux à tous!



Marlène Schiappa (secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes et à la Lutte contre les discriminations)

Merci à celles et ceux avec qui nous avons pu agir en 2019 pour l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discriminations. Ensemble, nous avons mené un travail important. Continuons en 2020 !



● LaREM

[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]



Richard Ferrand (président de l’Assemblée nationale)

Liberté. Égalité. Fraternité. Faisons de 2020, une année de partage de nos valeurs républicaines!



Stanislas Guerini (délégué général)

- Bonne année à tous. Je n’ai pas oublié que l’année 2018 s’est achevée dans un climat de grande violence, de grande colère mais que collectivement nous avons su trouver les ressources pour transformer cette colère en dialogue, en proposition et nous avons commencé à trouver les solutions, à apporter des solutions aux problématiques les plus ardentes de nos concitoyens. Celles qui concernent le pouvoir d’achat avec la baisse des impôts, celles qui concernent la proximité des services publics, la transition écologique, évidemment. (…) le vœu que je formule pour 2020: que nous puissions continuer à transformer non pas pour les Français mais aves les Français. Que nous continuions à travailler ensemble pour relever les grands défis qui nous attendent. (…)

- Écologie, emploi, retraites… tant a déjà été fait et tant reste à faire pour que la décennie qui s'ouvre soit une chance pour toutes et tous. C'est un Président déterminé à y parvenir qui a présenté ses vœux aux Français(es) ce soir. Ensemble, nous réussirons.



Gilles Le Gendre (président du groupe à l’Assemblée nationale)

- À chacune et à chacun d'entre vous, je souhaite une très belle année 2020. En continuant de transformer notre pays pour et avec les Français, nous souhaitons faire grandir la confiance dans notre avenir et dans nos inestimables ressources.

- Les députés LaREM seront avec Emmanuel Macron les bâtisseurs de cette « France en commun » de la décennie 2020, conciliant audace de la transformation et vertu du dialogue. Ils seront les artisans du compromis sur les retraites voulu par le Président.



Aurore Bergé (porte-parole)

- Je tenais à vous adresser mes voeux les plus chaleureux pour 2020. Ensemble, nous pouvons relever les défis de notre pays. Pour une France encore plus forte et solidaire.

- 2019 a été une année très particulière où nous avons vu à la fois des moments extrêmement durs dans notre pays, des moments de violence que l’on ne peut pas passer sous silence et des moments qui doivent nous alerter aussi sur la manière avec laquelle nous pouvons refaire ensemble société, nous pouvons ensemble nous reparler. Et dans le même temps cela a été l’année du Grand débat national où des centaines de milliers de Français se sont emparés de ce nouvel outil qui leur était offert de manière à pouvoir reprendre le chemin du dialogue et à trouver ensemble des solutions.

- Si nous voulons continuer à redresser le pays, à le réformer, à commencer par ses fondements, par l’école et par la culture, c’est ensemble que nous arriverons à en trouver les voies.



●MoDem

François Bayrou (président)

En ces heures qui précèdent le nouvel an, je pense naturellement à ceux, les plus nombreux, qui sont en famille ou avec des amis.

Mais vous comprendrez que mes vœux ce soir aillent particulièrement à ceux que la vie condamne à la solitude ou à la maladie.

Nous entrons tous ensemble dans la troisième décennie du XXIe siècle.

La période que nous vivons est une des plus dangereuses et des plus instables que le monde ait eu à connaître depuis longtemps.

Cette instabilité et ces dangers nous les vivons en première ligne.

Par exemple, ici même à Pau, nous avons vécu le drame de ces soldats, au nombre de sept, parmi les 13 qui ont été tués au Mali. 

Nous avons accompagné leurs familles et je veux vous dire que ce soir c’est à elles que vont nos pensées.

Il y a beaucoup de crispations dans la société. La plus importante de ces crispations, aujourd’hui, elle est sociale et elle se focalise autour de la question des retraites.

C’est une question qui va se traiter et j’espère se résoudre dans les jours qui viennent.

Cette question, on voit bien autour de quoi elle tourne.

Un, il faut que ce système soit plus juste que le système précédent.

Deux, il faut qu’il soit plus équilibré pour que personne n’ait à craindre que les pensions s’effondrent, personne parmi les retraités actuels, ni parmi les retraités à venir.

Et enfin il faut que cette question se résolve grâce à des méthodes nouvelles, qui permettent de dialoguer comme on ne dialogue plus depuis longtemps en France.

On a besoin d’une démocratie sociale dans laquelle chacun des partenaires joue son rôle.

Mais nous ne sommes pas la seule société frappée de la sorte.

Si vous regardez la planète aujourd’hui, vous voyez l’Amérique du sud, l’Amérique du Nord, vous voyez l’Inde, le Moyen-Orient, l’Afrique et vous voyez l’Europe elle-même avec le Brexit.

Ces sociétés sont toutes la proie de crispations extrêmement violentes, et qui visent à séparer ceux qui étaient alliés, à désavouer les traités qu’on avait signés par exemple à essayer tous ensemble de répondre à la question du climat, ou à la question de la protection de la biodiversité.

Tout cela, c’est un vaste mouvement à la surface de la planète et il est extrêmement risqué.

Et si l’on ouvre bien les yeux, si l’on regarde bien les choses, alors on voit que la France est un des pays aujourd’hui qui a le plus d’atouts pour apporter une réponse positive.

Parce que nous avons un très fort sentiment d’unité nationale.

Parce que nous avons des valeurs communes.

Et aussi parce que nous savons être nous-mêmes tout en vivant avec nos voisins dans le cadre européen.

L’avenir peut permettre que la France s’affirme.

Il n’y a que deux conditions, et au fond ce seront mes deux vœux.

Que nous sachions dans l’année qui vient être lucides et unis.

À ce prix-là, nous aurons une bonne, une heureuse, une chaleureuse année pour chacun d’entre nous.



●UDI

[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ne sont pas retranscrits]



Jean-Christophe Lagarde (président)

L’année 2019 se termine et elle a été éprouvante. Éprouvante à bien des égards et particulièrement par la fin d’année et le conflit social que nous avons vécus. Cette année a été éprouvante aussi parce que des événements politiques sont venus percuter nos activités, je pense en particulier à ce qui vient de se passer sur la fin de la COP 25 c’est à dire de cet accord qui n’a pas été trouvé, auquel on a renoncé pour mieux protéger notre environnement, protéger la planète, sauver l’avenir de notre planète et de nos enfants.
Je pense évidemment aux élections au Royaume-Uni, qui ont confirmé le Brexit et qui va conduire à la fois l’Union européenne dans une situation difficile et le Royaume-Uni lui-même, sans doute devant des difficultés qu’il ne mesure pas. Et puis en France des difficultés sociales avec une grande incompréhension sur la réforme des retraites, comme on l’a subie ces dernières semaines. À ce sujet de ce régime de retraite par points, nous avons des acquis qui sont formidables et qui peuvent être augmentés avec une meilleure pension pour les Français les plus modestes, une meilleure prise en compte de la pénibilité, des droits nouveaux acquis pour les femmes ou pour les agriculteurs et leurs conjoints.
Voilà des avancées significatives et je ne comprends pas que le Gouvernement s’accroche à l’âge pivot de départ à la retraite qui n’est pas un bon système et qui est un autre sujet. Nous devons conserver la retraite par points. L’âge pivot, l’équilibre des régimes de retraite est un autre sujet dont nous devons débattre dans un second temps.
Alors que c’est le début de l’année 2020 aussi, je souhaite en réalité que nous puissions avoir de l’espoir, avoir de l’espoir pour mieux défendre l’environnement. Si la COP 25 a été un échec, la prise de conscience par les citoyens à travers le monde entier de la difficulté à laquelle nous devons faire face tous ensemble, des modifications des modes de vie, des modes de production, des modes d’habitation, qui sont nécessaires dans chacun de nos pays bien sûr en France, en Europe, mais aussi dans les autres pays du monde peut progresser.
C’est cette nouvelle génération, c’est cette prise de conscience qui doit nous permettre de prendre les décisions les plus importantes, mais surtout les plus visionnaires, celles qui doivent jouer sur le temps long, sur le long terme. On a des modifications dans nos modes de vie, dans nos modes de production, dans nos modes de transport, à faire dès maintenant mais qui n’auront des effets que sur le long terme. Il faut retrouver cette capacité à la prospective c’est à dire à regarder ce qui va se passer demain et après-demain, plutôt que d’essayer de tout sacrifier au plaisir de l’instant.
Sur l’Europe, je souhaite aussi une Europe plus stratège et moins naïve. Je suis au regret de voir l’Union européenne incapable de définir des politiques industrielles communes, qui nous permettent de ne pas dépendre demain des Etats-Unis, de la Chine de l’Inde et d’autres puissances. Je suis consterné de voir que l’accord qui a été conclu sur le Brexit entre les pays européens et le Royaume-Uni fait de nous, une fois de plus, les grands naïfs avec une frontière qui risque d’être poreuse et l’Irlande du Nord qui risque en réalité d’être un porte-avions américain et chinois pour faire entrer sur le territoire européen en fraude qui ne sera pas contrôlée des produits dont nous ne voulons pas ou des produits qui feront du dumping social, de la concurrence déloyale.
L’Europe doit se ressaisir et j’espère que le Parlement européen saura dire non à un accord qui est un mauvais accord. Elle doit aussi devenir plus stratège c’est-à-dire faire en sorte qu’elle affirme nos souverainetés, notre puissance. Nous avons une vraie puissance dont nous ne nous servons pas. Par exemple, pour avoir une monnaie qui soit une monnaie d’échange internationale et ne plus dépendre du dollar et des décisions de M. Trump ou de tout président des Etats-Unis qui se présentera.  Par exemple en étant capable de construire une meilleure défense européenne, parce que les menaces sont nombreuses; elles le sont à l’Est avec une Russie de plus en plus agressive mais elles le sont aussi au sud, avec le terrorisme qui se développe et qui ne vise en réalité qu’à attaquer notre continent.
Nous devons avoir une vision plus stratège quand on voit le retard pris par l’Union européenne en matière d’intelligence artificielle, de collecte des données, qui sont le nouveau pétrole, la nouvelle source de richesse des années à venir, et que malheureusement nous ne nous sommes pas mis en situation de développer et d’exploiter. Résultat nous sommes d’ores et déjà décrochés par la Chine, par les Etats-Unis et c’est eux qui vont nous imposer la façon dont nos données seront traitées, la façon dont ils feront de l’argent avec, ce qui pourtant nous appartient, et là encore on est face à un renoncement. J’espère que l’année 2020 sera une année où les dirigeants européens ou le Parlement européen se ressaisiront.
Et en France, en France où  malheureusement bien souvent nous nous écharpons, où nous nous étripons sur des sujets d’actualité immédiate, on doit aussi savoir retrouver la vision stratégique du temps long. C’est le rôle du président de la République que de regarder loin et de montrer à l’ensemble des Français où nous allons. C’est malheureusement ce qui se fait le moins, depuis maintenant une quinzaine d’années.
Et nous avons de nombreux défis auxquels nous devons faire face. Par exemple, une révolution dans l’éducation, qui doit tenir compte d’un monde où l’économie va fonctionner à partir de la numérisation, de la robotisation et où malheureusement on apprend encore d’anciennes professions dont beaucoup vont disparaître. On a besoin de remettre à plat notre façon d’enseigner et les objectifs d’enseignement pour adapter nos enfants, adapter nos jeunes, au monde dans lequel ils seront demain et non pas à celui dans lequel ont vécu leurs parents. On a besoin de progresser dans le domaine de l’environnement de façon beaucoup plus volontariste qu’on ne le fait aujourd’hui, pour réduire nos déchets, pour réduire nos consommations de chauffage, pour améliorer des modes de déplacements qui soient plus doux, pour faire en sorte que l’on ait par exemple une grande filière de production d’hydrogène, qui permette que les voitures roulent sans polluer et en plus sans dépendre des pays producteurs de pétrole, c’est-à-dire en garantissant pour nous un meilleur pouvoir d’achat, un meilleur environnement et une meilleure indépendance.
Nous avons devant nous des défis sociaux très importants à prendre en compte. Voilà quinze ans qu’on parle de la situation des personnes qui finissent leur vie en situation de dépendance, dont on sait qu’elle est mal prise en charge et que les plus pauvres finissent leur vie dans de très mauvaises conditions. Quinze ans, quinze ans pendant lesquels on a parlé sans rien faire. Eh bien la vision du temps long c’est de se dire : prenons en charge ce problème de la dépendance, mettons en place cette couverture sociale pour les Français dès maintenant et ceux qui en profiteront dans les années à venir sauront qu’ils ont été dirigés par des gens qui ne regardaient pas que ce qui se passe aujourd’hui mais qui sont capables d’envisager, de déterminer, de définir ce qui doit se passer demain et après demain.
De la même façon, la France reconnaît de plus en plus cette diversité, la diversité de ses territoires : ceux qui vivent dans les grandes métropoles et ceux qui vivent dans les petits villages, ou les villes intermédiaires. Et on doit pouvoir avoir un grand acte de décentralisation – j’espère qu’il viendra en 2020 –  pour permettre justement aux élus locaux, ceux que vous allez choisir à l’occasion des élections municipales, de s’adapter et d’adapter les modes de fonctionnement à leurs territoires. On doit leur confier la possibilité d’arranger les normes, d’arranger un certain nombre de règles, y compris parfois de lois, d’avoir des choix qui permettent d’être adaptés selon qu’on est frontalier ou qu’on vit en plein centre de la France, selon qu’on est dans une grande zone urbaine ou qu’on est dans un petit village. Bref, avoir une loi qui soit moins uniforme et pour laquelle les élus locaux aient le pouvoir d’adapter la loi à leur situation réelle. C’est en réalité permettent de coller au plus près de ce que vous vivez, chacun et chacune d’entre vous, dans vos territoires.
Bref, si l’année 2019 a été difficile il ne tient qu’à nous de faire, à travers les élections municipales, à travers les débats que nous devons avoir, de l’année 2020 une année porteuse d’espoir, prometteuse. Là où on est capable ensemble, nous le pays de Descartes, de retrouver la raison et de regarder ce qui va se passer dans le temps long. Quels sont les défis auxquels nous devons faire face pour protéger l’environnement, pour mieux sauvegarder notre indépendance face aux grandes puissances mondiales ou aux grandes puissances économiques, pour faire en sorte que les problèmes économiques et sociaux que nous avons soient mieux abordés et anticiper dans notre pays, pour ne pas toujours réagir au pied du mur.
Nous en sommes capables contrairement à ce que parfois nous pensons tous ensemble.
Et c’est le vœu, ce sont les vœux que je formule pour cette année 2020.
Soyons capables de redevenir français, c’est-à-dire lucides, intelligents; compréhensifs entre nous et capables de regarder comment nous voulons construire le monde de demain et d’après demain.


●Mouvement radical

Laurent Hénart (président)

Meilleurs vœux pour 2020 qui va être d’abord une année d’élections locales, les élections municipales. Les radicaux sont les défenseurs des territoires, ils sont les défenseurs des libertés communales et évidemment que pour eux, la multitude des élections dans toutes les communes est un moment de choix de société. On ne peut pas oublier le mouvement des gilets jaunes qui a affecté durement notre pays à partir de novembre 2018. On ne peut pas oublier le mouvement social sur la réforme des retraites. Je demande aujourd’hui au gouvernement et je souhaite que toutes les forces vives de notre société se mobilisent pour que 2020 soit une année de dialogue et de contrat. Et il faut avec audace ouvrir de nouveaux «grenelles» autour de la santé, autour du vieillissement, autour du logement parce qu’il faut à tout prix qu’il y ait dialogue et contrat avec les partenaires sociaux et avec la société civile. Dialogue et contrat aussi avec les territoires avec l’innovation économique, sur la formation  sur l’éducation, bien sûr aussi la transition écologique, grande priorité dans la durée. Il n’y aura pas de transformation profonde du pays sans un contrat avec les territoires. C’est l’initiative locale, l’initiative départementale, l’initiative régionale qui [doit porter] la transformation de notre pays et la modernisation de notre république.



● Autres

(Personnalités ou organisations centristes)

Jean-Pierre Raffarin (ancien premier ministre)

Vœux 2020: 20 chansons de Johnny pour 20 Personnalités.

V.Giscard d’Estaing : Tendres Années
N.Sarkozy : Mon Pays c’est l’Amour

F.Hollande : Je ne suis pas un Héros
E.Macron : Juste un peu de temps
E.Philippe : C’est pas facile
G.Larcher : Du Respect
F.Baroin : Qu’on me donne l’Envie

D.Bussereau : Un ami ça n’a pas de prix
V.Pecresse : Il faut saisir sa chance
X.Bertrand : Un rêve à faire
Ph.Martinez : Tant qu’il y aura des trains
C.Castaner : Les Coups
M. Le Pen : Noir c’est Noir
J-L. Melenchon : J’oublierai ton nom
S.Royal : Tu parles trop
A. Hidalgo : J’en mettrai pas ma main au feu
F.Riester : Entre violence et violon
B.Johnson : C’est le mashed potatoes
D.Trump – XI Jinping : La Bagarre
Et pour les Français: Vivre pour le meilleur.




L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. 2020, «meilleur des mondes», mieux que «1984»?!

Le magazine américain Time raconte une histoire propre à réconcilier les deux «ennemis» Aldous Huxley et George Orwell.
Cela se passe en Chine.
Evidemment.
Dans la ville de Chongqing, une «métropole» tentaculaire du nord-est de la Chine (aussi grande que l’Autriche!) à la population de plus de trente millions d’âmes, les 15,35 millions d’habitants de la zone urbaine ont la «chance» de vivre dans la ville la plus surveillée du monde.
Ainsi, pas moins de 2,6 millions de caméras épient leurs faits et gestes, 24 heures sur 24 ce qui fait 5,9 yeux électroniques par habitant…
Tous leurs actes, leurs mimiques, leurs relations, leurs «incivilités» (punies) et leurs «bons comportements» (récompensés).
Mais cela fait plutôt plaisir à madame Chen.
Parce que, voilà, madame Chen, il n’y a pas si longtemps avait perdu son sac.
Et, «heureusement» pour elle, un fonctionnaire zélé derrière ses multiples écrans de contrôle dans des salles qui en sont tapies, l’a vu quelque part du côté du stade Jiangnan, là où madame Chen pratique du tai chi avec son groupe d’arts martiaux, et il l’a fait mettre aux objets trouvés à son plus grand «bonheur» pour qu’elle puisse venir le récupérer.
Et madame Chen de se féliciter, non seulement, d’avoir retrouvé son sac mais aussi de tout ce réseau qui voit tout.
«Avoir toutes ces caméras partout fit me sentir en sécurité», dit-elle au journaliste du magazine.
Oui, madame Chen vit dans un monde Huxlo-Orwellien où, comme dans «1984» (de George Orwell) elle est dans une société totalitaire de surveillance constante et comme dans «Le meilleur des mondes» elle est dans un (auto)conditionnement permanent où elle en vient à gober n’importe quelle «fake news», à plébisciter l’abandon de ses libertés et de ses valeurs, pourvu qu’on la protège et la divertisse.
Sauf que le monde de madame Chen – celui de la deuxième plus grande puissance de la planète et pays le plus peuplé de la terre – sera peut-être le notre demain si nous n’y prenons garde.
Oui, notre XXI° siècle est en train de réconcilier Aldous Huxley et George Orwell… pour le pire!
Car cette société du contrôle est aussi celle de l’auto contrôle.
Nous semblons également voués à croire n’importe quoi qu’à être obligés de croire n’importe quoi.
Mais, à la différence de madame Chen, nous ne vivons pas encore dans une dictature où son chef vient d’introduire dans la «Constitution» sa pensée en tant que référence qui doit guider le pays.
Nous vivons encore dans une démocratie républicaine, certes gangrénée par les autocrates, les populistes, les démagogues et leurs admirateurs, prêts à les suivre et à croire tous les mensonges qu’ils professent, prêts à toutes les concessions sur l’état de droit donc à leur liberté et à leur dignité pour quelques miettes.
Nous n’avons pas encore Xi Jinping ou Vladimir Poutine ou Recep Tayyip Erdoğan mais nous avons déjà Donald Trump et Viktor Orban et Jaïr Bolsonaro et, encore plus près de nous, Français, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ainsi que quelques petits clones de ces deux là…
Nous pouvons encore rejeter ce monde Huxlo-Orwellien mais nous devons le faire maintenant face à la montée des dangers, face à ces personnages inquiétants, face aux mouvements de foule déstabilisants et haineux, face à une sorte de guérilla qui combat systématiquement toutes les valeurs de la démocratie républicaine et que l’on retrouve jusque dans les mouvements sociaux.
Alors, voici mes vœux: pour 2020 je ne vous souhaite surtout pas de vivre dans ce «meilleur des mondes», encore «meilleur» que 1984.
Mais je vous invite à la prise de conscience que vous soyez de Gauche, du Centre et de Droite et au courage de dire non.