vendredi 2 juin 2017

Législatives 2017. Sondage: LREM pourrait avoir 425 députés sur 577!

Selon la nouvelle vague du sondage Ipsos réalisée pour le Cevipof (Centre d’études sur la vie politique de Sciences Po Paris) et le quotidien Le Monde en vue des élections législatives, La république en marche est créditée de 31% des intentions de vote (soit une progression de 1,5 point) et pourrait obtenir entre 395 et 455 députés (la majorité absolue est à 289).


Voici les résultats du sondage en intentions de vote:

- Front national, 18% (=)

- Debout la France, 2% (-0,5%)

- Les républicains (& Union des démocrates et indépendants), 22% (=)

- La république en marche (& Mouvement démocrate), 31% (+1,5%)

- Parti socialiste (& Parti radical de gauche), 8,5% (-0,5%)

- Europe-écologie-les-verts, 3% (=)

- France insoumise, 11,5% (=)

- Parti communiste, 2% (=)

- Extrême-gauche, 0,5% (=)

- Autres candidats, 1,5% (-0,5%)



Voici ce que donnent les projections en nombre de sièges:

- La République en marche, 395 à 425 sièges

- LR & UDI, 95 à 115 sièges

- PS, PRG & EELV, 25 à 35 sièges

- France insoumise & PC, 10 à 20 sièges

- Front national, 5 à 15 sièges

- Autres, 5 à 10 sièges



(Sondage Ipsos réalisé du 27 au 30 mai 2017 par internet auprès d’un échantillon de 14958 personnes âgées de plus de 18 ans et représentatives de la population française / méthode des quotas / marge d’erreur de 3 points)






A lire aussi:















L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Moralisation de la politique: chasse aux brebis galeuses ou aux sorcières?!

Quoi qu’en pensent certains ou le prétendent, le projet de loi présenté par François Bayrou entend bien moraliser la vie politique tout simplement parce que ses dispositions concernent un comportement qui n’a souvent rien à voir avec ce que l’on entend généralement par le respect du droit, le respect des obligations d’un homme et d’une femme politique dans sa mission, de l’efficacité de cette dernière et donc de leur rôle dans une démocratie républicaine.
Ainsi, l’interdiction qui sera faite à un élu de ne pas employer des parents n’a rien à voir avec sa mission, ne la rend ni plus ou moins efficace, ni plus ou moins, juste, ni plus ou moins légitime, ni même plus ou moins honnête.
Il s’agit seulement d’une vision morale de la société d’aujourd’hui qui prétend que ce n’est pas (plus) bien de faire travailler sa femme ou ses enfants.
Et peu importe qu’ils soient les plus compétents ou qu’ils puissent rendre les meilleures services à la mission de l’élu, donc à la nation, le problème ne se situe pas dans cette sphère qui est pourtant la principale pour le pays dans ce cas d’espèce.
Loin de moi de dire que la morale, l’éthique et le devoir qui va avec (à ne pas confondre avec les droits et les devoirs imposés par la loi) ne servent à rien ou ne soit que totale hypocrisie comme le suggérait Nietzche.
Mais il faut bien savoir où nous sommes et où nous allons dans notre volonté d’aujourd’hui d’encadrer moralement l’activité politique.
Cela permet également de nous demander si ce ne serait pas sous couvert de moraliser la politique que c’est surtout le politique que nous voulons atteindre, c’est-à-dire celui qui est paré par la société de toutes les tares, de l‘incompétence à la malhonnêteté dans une chasse aux sorcières autant effrayante que menaçante pour la démocratie républicaine sachant que ceux qui mènent celle-ci ne sont pas les plus grands défenseurs de celle-là, bien au contraire.
Donc, oui, il faut des règles à respecter dans la vie politique mais, non, il ne s’agit pas de jauger la morale – laquelle? – de ceux qui font de la politique.
Car, à quel moment un comportement est-il moral?
Quand celui qui agit respecte la loi ou une règle autre?
Mais la loi n’a jamais été un outil de moralité ou de moralisation de la société.
Il s’agit d’une règle qui permet, dans une société de violence, d’instaurer un vivre ensemble.
Et l’on ne demande pas à celui qui s’astreint à la respecter de savoir à quelle morale il s’identifie mais uniquement de demeurer dans la légalité.
C’est la difficulté que les gens ont à comprendre le fonctionnement de l’appareil judiciaire.
La justice en tant qu’institution ne fait pas de morale, elle fait respecter la loi.
C’est souvent en croyant que son but était de faire justice au sens moral du terme que les gens s’en prennent à elle alors qu’elle n’a fait qu’appliquer la loi (bien évidemment, il existe des dysfonctionnements de cet appareil judiciaire mais seulement en regard de la norme légale).
On peut regretter ou non cette situation mais disons qu’il faudrait alors que nous nous entendions sur ce qu’est la morale et sur son corpus.
Car quelle est-elle cette norme morale et d’où vient-elle?
Car, si pour des choses très basiques nous pouvons être tous d’accord pour dire qu’une chose n’est pas bien (ce qui est d’ailleurs souvent sanctionné par une loi), pour de multiples autres choses, le débat est ouvert et ne peut être tranché d’un côté ou de l’autre, sauf à instituer un régime qui n’est plus celui de la démocratie républicaine.
En revenant à notre sujet, la moralisation de la vie politique, on est complètement dans cette problématique.
Si détourner de l’argent public pour soi est moralement inacceptable (et sanctionné par la loi), le débat sur la moralité l’est sur le fait de faire travailler quelqu’un de sa famille avec soi (ce qui sera interdit par la loi présentée par François Bayrou et donc deviendra légalement interdit sauf si le Conseil constitutionnel y voit une discrimination).
En ouvrant la boite de Pandore, on va faire évidemment de bonnes choses pour tenter de réconcilier les citoyens avec la politique et ceux qui la servent mais on va également susciter des discussions et des affrontements qui sont totalement hors contexte comme c’est le cas de l’affaire Ferrand, que celui-ci soit d’ailleurs coupable ou non d’enrichissement personnel frauduleux avant de devenir un homme politique.
Car, une fois que la porte a été ouverte pour de mauvaises raisons, alors plus rien ne devient contrôlable et l’on sait que beaucoup n’attendent que cela pour instrumentaliser une loi contre leurs adversaires politiques sous couvert de moralité.
Dès lors, il faut des règles claires, précises et strictes pour éviter tout comportement illégal dans la politique mais il ne faut pas imposer une morale de circonstance au politique qui n’a rien à voir avec leur mission.
Si le comportement immoral ou amoral du politique tombe sous le coup de la loi parce qu’il enfreint une règle juridique alors il doit en rendre des comptes.
Mais si ce comportement est jugé comme immoral ou amoral par une partie de la population, fusse-t-elle la majorité, on ne peut blâmer celui qui agit de telle manière si la loi ne l’interdit pas ou, plus, si la loi n’est pas compétente pour intervenir pour réguler ce comportement.
Bien entendu, cela peut être frustrant – et cela l’est dans beaucoup de cas – mais il faut bien comprendre que de vouloir tout contrôler au niveau d’une morale revient souvent à tomber dans un régime totalitaire, le communisme et le fascisme en étant des preuves contemporaines.
In fine, disons que tout ce qui permet au politique de remplir sa mission au mieux de ses capacités qui doivent toutes être mises au service du pays et de sa population dans l’honnêteté est positif.
C’est ce que tente de faire cette loi voulue par un président centriste et écrite par un ministre de la Justice centriste, ce qui est, parmi d’autres, un symbole particulièrement fort car répondant aux valeurs défendues depuis toujours par le Centre et le Centrisme.
On peut seulement regretter qu’elle ne parvienne pas toujours à faire cette distinction ô combien essentielle entre la chasse aux brebis galeuses et la chasse aux sorcières.