lundi 23 février 2026

Vues du Centre. Non, Trump ne peut pas faire tout ce qu’il veut mais il essaye

Par Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella


La liste des échecs de Donald Trump est bien plus longue que celle de ses succès.

Deux exemples emblématiques des gifles politiques qu’il a prises en pleine figure: Il n’a pas réussi à instaurer la paix pro-Poutine entre la Russie et l’Ukraine et il vient d’essuyer une camouflet de la part de la Cour suprême pourtant généralement à ses ordres et non à ceux de la loi concernant ses fameux droits de douane, sachant que l’un et les autres étaient au centre de son agenda pour permettre à l’Amérique d’être «great again» et surtout, pour sa personne d’avancer vers une autocratie uniquement vouée à sa gloire et son enrichissement.

De même, il a dû piteusement reculer sur projet d’annexion du Groenland et sur les méthodes de sa politique anti-immigration et de sa milice armée, ICE.

Bien sûr, ce ne sont que des échecs circonstanciels; bien sûr, il a réussi à mettre en œuvre des mesures qui affectent dangereusement la démocratie; bien sûr, il lui reste encore trois ans de pouvoir.

Il peut donc encore se passer beaucoup de choses dont les plus terribles pour la démocratie.

Néanmoins, les deux échecs que nous avons pris en exemple démontrent aussi que c’est grâce à ses alliés, des élus républicains au Congrès et des juges qu’il a nommé à la Cour suprême, que ses desseins ont été heureusement bloqués pour l’instant.

C’est dire que ceux qui devraient être à sa botte sont, non seulement, inquiets pour leur avenir – notamment les représentants et les sénateurs républicains alors que se profilent les élections de mi-mandat – mais également pour celui de la démocratie républicaine libérale et ont décidé, pour l’instant, de l’empêcher d’aller plus loin.

Alors oui, Trump ne peut pas faire tout ce qu’il veut mais il est certain qu’il a essayé, qu’il essaye et qu’il va continuer à le faire.

C’est pourquoi aucun démocrate, aucun humaniste, aucun centriste ne peut baisser la garde et doit continuer à affronter Trump et ses sbires sachant que le test grandeur nature sur la démocratie aux Etats-Unis aura lieu en novembre prochain avec ces élections de mi-mandat que l’extrémiste populiste devrait perdre si l’on en croit les sondages à moins qu’il parvienne à les annuler ou à les manipuler.

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]