Avec la commercialisation de wagons interdits aux moins de 12 ans, la SNCF, entreprise publique, même si elle s'en défend, participe, elle aussi au mouvement «No kids» (endroits ou activités interdits aux familles) qui fait des enfants un problème alors qu'ils sont des citoyens qui ont, ad minima, les mêmes droits que les autres.
Les montrer du doigt parce qu'ils seraient une gêne pour les autres n'est pas nouveau, certes.
Cependant, développer une sorte de société parallèle où ils seraient exclus non pas pour les protéger – comme on tente de le faire vis-à-vis des dangers des réseaux sociaux, par exemple – mais uniquement pour le confort de certains adultes, est un mouvement qu'il convient de dénoncer et de combattre absolument.
Parce que cela renvoie à une ghettoïsation de l'enfance qui prend à rebours toutes les avancées qui se sont mises en place ces dernières décennies et dont l’adoption en 1989 de la Convention des droits de l'enfant a été une étape emblématique.
Cette régression ramène les enfants à un statut que l'on croyait définitivement d'un autre âge.
Si le «No Kids» continue à s’étendre et à prospérer, il est à craindre de voir un affaiblissement funeste de l’humanisme qui est à la base des valeurs de la démocratie républicaine libérale comme celles de respect et de tolérance sans oublier le partage.
Cette société intolérante à ceux qui représentent son avenir pour de simples questions de confort des adultes est un risque que nous ne devons pas voir s’imposer.
Là aussi le sursaut est un devoir.
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