Voici une sélection, ce 17 janvier 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> [Propos introductifs lors de la Réunion sur le devenir institutionnel de
la Nouvelle-Calédonie] Je suis heureux de vous retrouver et je vous remercie de
votre présence, parce que je sais que c'est un long voyage pour beaucoup autour
de la table et que vous avez accepté de vous éloigner de vos familles alors que
ce sont les grandes vacances d'été en Nouvelle-Calédonie. Je vous remercie de
ce temps pris et je veux aussi saluer le courage qui est le vôtre, parce que
vous prenez des risques en venant aujourd'hui et l'avenir appartient aux
courageux. Je regrette pour ma part qu'un des partenaires n'ait pas souhaité
répondre à notre invitation, mais je respecte les voix de chacun et je souhaite
qu'on puisse trouver pour l'avenir un chemin qui donne une place à tous.
Mais la responsabilité de celles et ceux qui sont autour de cette table est
grande et, pour moi, l'objectif, c'est qu'on trouve un chemin pour avancer.
Nous nous étions vus le 2 juillet dernier dans cette même salle et cette
rencontre, dans un format inédit, avait marqué le coup d'envoi de travaux de
réflexion, de négociation sur le futur statut du territoire. Je le rappelle,
après que les trois référendums prévus par l'accord de Nouméa aient été
organisés le 4 novembre 2018, le 4 octobre 2020 et le 12 décembre 2021,
réaffirmant la place de la Nouvelle-Calédonie dans la République
française.
Après les événements de mai 2024, nous avions décidé de reprendre les choses en
bon ordre et, pendant dix jours, vous avez ardemment travaillé avec tous les
partenaires, y compris ceux qui ne sont pas là aujourd'hui, qui étaient
impliqués dans ce travail, le FLNKS, toutes ses composantes. Le 12 juillet, les
délégations désignées par les partis politiques de Nouvelle-Calédonie ont
trouvé un compromis sur le nouveau cadre institutionnel du territoire, connu
sous le nom d'accord de Bougival. Comme je l'ai dit à l'époque, c'est un accord
historique, et j'en remercie à nouveau l'ensemble des acteurs qui ont
contribué.
De retour sur le territoire, conformément à l'engagement pris de présenter et
défendre le texte en l'état de l'accord sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie,
les différentes délégations ont mené les consultations prévues par les
instances et les choses ont pu ainsi avancer. Les ministres des Outre-mer se
sont déplacés en Nouvelle-Calédonie. Manuel Valls, fin août, et je veux dire
ici l'importance aussi de son engagement dans les travaux de Bougival, et Naïma
Moutchou, en novembre. Une mission dite des facilitateurs, et je les en
remercie tout particulièrement, s'est rendue ensuite sur place, du 1er au 4
décembre, composée de trois experts du dossier calédonien, dont Rémi Bastille,
qui est présent parmi nous aujourd'hui, et la mission a reçu toutes les formations
politiques qui ont rappelé leurs positions respectives.
Il avait un temps été envisagé une consultation préalable de la population
calédonienne sur l'accord du 12 juillet, et ce aussi parce que des formations
politiques au Parlement avaient exprimé la nécessité d'avoir un confort au
moment où certains avaient exprimé leurs doutes ou étaient revenus en arrière,
avaient repris leur parole du 12 juillet. J'ai constaté que le Congrès de
Nouvelle-Calédonie avait certes émis un avis favorable, mais avec un grand
nombre d'abstentions, et donc ce projet de loi a été suspendu à ce stade.
C'est dans ce contexte que je vous ai invité le 15 décembre dernier, vous, les
représentants des groupes politiques présents au Congrès de Nouvelle-Calédonie,
à une réunion afin d'apporter des clarifications à l'accord du 12 juillet et
organiser un nouveau temps d'échange pour poursuivre le dialogue avec
l'ensemble des partenaires. Donc aujourd'hui, c'est un point d'étape visant à
ouvrir de nouvelles perspectives politiques et une volonté de clarifier ce qui
doit l'être, mais l'objectif n'est pas de repartir de zéro ou de réouvrir ce
qui avait pu être clarifié. Bougival, si je puis dire, est notre domaine de
vol. Comme vous pouvez le constater, le dialogue ne s'est jamais arrêté et avec
l'ensemble des parties prenantes. Et je vous en remercie, pour vous qui êtes
là, et je pense que les attentes sont fortes et que nous continuons d'écrire
l'histoire par ces travaux et ce qui avance.
Aujourd'hui, l'État souhaite continuer à avancer sur la stabilisation des
institutions de la Nouvelle-Calédonie dans un dialogue respectueux de chacun,
sans passage en force, mais sans paralysie non plus. La stabilisation des
institutions permettra de donner des perspectives à la population, d'avancer
aussi sur la reconstruction de la Nouvelle-Calédonie, et stabilité et
renaissance économique et sociale vont de pair. Un très gros travail a été fait
par Madame Durrieu, je l'en remercie avec son équipe, mais je sais qu'il a été
nourri aussi de vos recommandations, de vos travaux. Il est transparent pour
chacun. Je crois que vous avez ici conscience de la nécessité d'aller vite sur
ce sujet, mais ce sujet ne peut aller vite que si on sait aller vite sur la question
institutionnelle et la stabilisation. Il s'agit d'écouter et surtout d'entendre
la parole de chacun, d'entendre les attentes de chacun sur les évolutions
institutionnelles, et la parole de chacun sera entendue, écoutée et
respectée.
L'accord du 12 juillet est bien sûr un document de référence. Il a d'ailleurs
fait naître un immense espoir en Nouvelle-Calédonie. C'est indéniable et c'est
un document audacieux qui contient de nombreux éléments positifs. Il mérite
certainement des éclaircissements, des clarifications, des explications, des
interprétations de telle ou telle de ces dispositions. Et c'est, je crois, le
cœur des travaux qui doit être conduit sous l'autorité de la ministre dès après
la réunion de ce jour, et c'est pourquoi je souhaite vous entendre sur le
contenu de cet accord. Je souhaite également vous entendre sur le projet de
pacte de refondation économique qui vous a été proposé par le Premier ministre
le 5 décembre dernier. Et Mme Durrieu est là à nos côtés, directrice de la
mission Nouvelle- Calédonie, présente aujourd'hui, de retour d'une mission de
plusieurs jours dans votre territoire pour aussi pouvoir répondre aux questions
qui pourraient être évoquées.
Je veux ici aussi et enfin remercier très sincèrement M. le Président du Sénat
et Mme la Présidente de l'Assemblée nationale, pas simplement pour leur
présence aujourd'hui et aussi pour cette présence, mais pour leur implication
depuis le début dans le dossier calédonien. Je sais qu'ils le font par
attachement, avec beaucoup de sincérité, mais aussi je leur dis merci parce que
le devenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie se jouera devant le
Parlement dans les semaines et les mois qui viennent et impose leur
implication, leur regard et leur sagesse.
Vous l'avez compris, l'avenir de la Nouvelle-Calédonie se joue aussi dans ce
que nous ouvrons aujourd'hui et les travaux des prochains jours, mais ne repart
pas de zéro. Donc il faut pouvoir repartir de Bougival pour faire ce travail
additionnel et il nous faut parvenir à un accord pour sortir de l'incertitude
déjà trop longue. Les Calédoniennes et les Calédoniens, le faire dans le
respect, le faire dans la bonne volonté, mais le faire aussi avec un certain
volontarisme qui seul doit nous permettre d'avancer.
> Nous l’avons fait. Aujourd’hui entre en vigueur le traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine. C’est une victoire immense pour les océans, pour le vivant, pour l’humanité. La haute mer ne sera plus un Far West livré aux prédations : elle devient un espace de responsabilité partagée. De 8 pays en 2024, puis 60 États engagés en 2025 au Sommet de Nice sur l’Océan, à 83 aujourd’hui, la communauté des nations a tenu parole. Ensemble, nous nous donnons les moyens de protéger 30 % des mers et des océans d’ici 2030, soit plus de la moitié de la surface totale de notre planète. C’est le fruit d’une mobilisation collective exceptionnelle portée par des négociateurs, des scientifiques, des citoyens, tous convaincus que l’avenir se construit ensemble. Je veux les en remercier. C’est le choix de la responsabilité face à l’indifférence, de la coopération face au repli, l’honneur de l’humanité face au désordre du monde. Quand nous nous rassemblons autour de l’essentiel, nous prouvons que le progrès est possible. Alors continuons. Ensemble.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Allocution sur le Budget] Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous
rendre compte, depuis le mois de septembre, j'ai tenu une ligne simple, faire
fonctionner les institutions, respecter le Parlement avec une méthode nouvelle,
assumer les responsabilités, repousser le désordre, en un mot, apaiser,
remettre du calme. Cela impose de la retenue, une volonté sincère de dialogue
et une forme d'exigence collective. L'Assemblée nationale ressemble aux
Français peut-être encore plus aujourd'hui qu'hier. Elle est le fruit de vos
choix, elle reflète nos doutes, nos désaccords, pour ne pas dire parfois nos
divisions, nos inquiétudes, mais elle dit aussi quelque chose de votre exigence
à ce que vos responsables politiques travaillent ensemble, s'entendent, comme
dans tant d'autres démocraties, comme d'ailleurs tout un chacun doit le faire
dans sa vie personnelle ou professionnelle, comme le font des milliers d'élus
locaux au quotidien dans les conseils municipaux.
Pour sortir de la crise à l'automne dernier, j'ai pris un engagement clair : ne
pas gouverner contre le Parlement comme si la majorité était absolue, ne pas
gouverner comme avant, ne pas confisquer le débat budgétaire, ne pas utiliser
le passage en force comme un réflexe, obliger les formations politiques à
repartir des contraintes réelles qui pèsent sur le pays pour travailler sur le
fond. Et pour tout cela, déconnecter, je l'ai dit de nombreuses reprises,
l'action du Gouvernement de tout agenda électoral, à l'approche notamment de
l'élection présidentielle. Cet engagement, nous l'avons tenu. Le projet de loi
de financement de la Sécurité sociale, vous le savez, a été longuement discuté,
amendé, puis adopté par le Parlement. C'est un texte solide, il protège notre
modèle social, il garantit l'accès aux soins, il engage des économies réelles,
même si on le sait tous, elles devront être largement prolongées pour résorber
le déficit trop important. Mais surtout, cet exercice unique depuis 2022 a
permis de ramener du calme, de montrer que la démocratie parlementaire peut
encore décider, que le travail des parlementaires peut aboutir à des choix
politiques, même s'ils ne sont pas ceux d'un seul camp à la fin.
Mais la situation est, hélas, bien différente pour les discussions sur le
budget de l'État après, pourtant, 350 heures de débat. Depuis Noël, celles-ci
sont entravées : la Commission mixte paritaire a échoué, le Sénat n'a pas
trouvé de compromis avec l'Assemblée. Au sein même de l'Assemblée nationale,
certains ont choisi le blocage, en Commission des finances comme en séance. La
France insoumise et le Rassemblement national, chacun à leur manière, ont
bloqué ce travail et ont méthodiquement rendu le texte incohérent et donc, à la
fin, invotable.
Ce n'est pas une divergence de fonds, c'est une stratégie cynique et
profondément délibérée. J'avais fait le choix de laisser le pouvoir au
Parlement de débattre, puis de décider jusqu'au bout de la procédure. Je
regrette qu'à cause de certains, quelques-uns, cela ne soit pas possible, comme
ce fut le cas avec succès en décembre dernier pour le financement de notre
Sécurité sociale. Cette semaine encore, en plein milieu des discussions
budgétaires, deux motions de censure ont été déposées par le RN et la France
insoumise sur le traité entre l'Union européenne et le Mercosur, motion
complètement déconnectée de la réalité, alors même que la France vote contre ce
traité, alors même que la situation internationale exige de la visibilité, de
la stabilité et du sérieux, alors même que le pays a besoin d'un budget.
Pour autant, tout ne s'est pas arrêté ces derniers jours. De longues réunions
de travail ont eu lieu, elles ont permis des échanges sérieux, souvent
exigeants, avec des groupes parlementaires qui soutiennent le Gouvernement,
mais aussi avec des groupes qui sont clairement dans l'opposition au
Gouvernement. Avec, tout simplement d'ailleurs, pour résumer les choses plus
simplement, des députés et des sénateurs qui veulent tout simplement faire leur
travail. C'est par ce travail précisément de fonds que nous avons pu malgré
tout avancer. Et c'est ce travail qui permet aujourd'hui au Gouvernement
de proposer des évolutions importantes du projet de budget pour cette année
2026.
Le Budget doit dire ce que nous protégeons, ce que nous finançons, ce que nous
réformons aussi. Comment nous redressons nos comptes publics ? Faisons des
économies sans casser le pays, sa croissance, dans la justice et dans l'équité.
Je tiens à le dire, le Gouvernement ne renoncera pas aux compromis et nous
continuerons de travailler avec les groupes parlementaires qui ont eu le
courage de faire passer l'intérêt général avant leurs intérêts partisans.
C'est le moment, au fond, de la grande clarification pour chaque force
politique, et pour le Gouvernement de tracer de nouvelles orientations
budgétaires pour éviter tout blocage.
Je n'hésite pas à dire que ce budget va être différent du budget initial. Il
est meilleur, il peut rassembler et il est, je le crois, responsable. Il
traduit des choix politiques, il n'obéit pas à la seule logique comptable, il
conforte des engagements pour la France, il respecte le travail, les efforts et
les attentes de nos concitoyens.
D'abord, pour le pouvoir d'achat des travailleurs. Je l'avais dit lors de ma
déclaration de politique générale, et si le budget pour la sécurité sociale a
permis de sanctuariser les droits de celles et ceux qui ont travaillé toute
leur vie et qui donc aujourd'hui sont à la retraite, le budget de l'État doit
lui traduire une priorité claire, être du côté des travailleurs. Parce que
c'est le travail qui doit augmenter le pouvoir d'achat des Français, et
beaucoup de nos concitoyens qui font fonctionner notre pays, travaillent de
nuit, font des heures supplémentaires et pourtant gagnent le SMIC ou un peu
plus que le SMIC.
La solidarité nationale pour ces salariés des secteurs privés comme public
d'ailleurs s'exprime par un complément de revenus, c'est la prime d'activité.
Le budget initial envisageait d'en réduire la portée. Il faut le reconnaître,
c'était une erreur. Il faut donc non seulement revenir sur cette mesure
d'économie, mais nous allons aller plus loin en réformant cette prime, car il
faut que le travail paie plus. Plus de 3 millions de ménages qui gagnent le
SMIC ou un peu plus que le SMIC seront désormais garantis de gagner plus à la
fin du mois. Ils verront leur prime d'activité augmentée en moyenne de 50 euros
par mois. C'était une demande clairement formulée. Le Gouvernement s'y
engage.
Au-delà de cette mesure immédiate, attendue, importante, le Gouvernement
proposera dans les prochaines semaines une réforme des allocations de
solidarité par la création d'une allocation sociale unifiée, protégeant mieux
nos concitoyens les plus fragiles, tout en garantissant que le travail soit
toujours plus rémunérateur, précisément que l'absence de travail.
Reconnaître la primauté du travail justifie également que l'impôt sur le revenu
n'augmente pas. Le barème sera ainsi revalorisé pour que l'inflation ne se
transforme pas en augmentation masquée de cet impôt.
Le soutien au travail, enfin, c'est la possibilité tout simplement de trouver
un emploi, de conserver son emploi. Nous ne devons pas abandonner le combat
contre le chômage. Nous faisons donc un choix important. Nous ne toucherons pas
aux allégements de charges. Parce qu'augmenter les charges, c'est augmenter le
coût du travail pour les employeurs. Et augmenter le coût du travail, c'est
menacer l'emploi, et donc notre économie, et donc notre modèle social.
Pour les mêmes raisons, nous continuerons à soutenir l'apprentissage des
jeunes, en particulier ceux qui travaillent dans les PME. Là aussi, c'est une
demande, elle a été entendue. Le budget de compromis que nous proposons protège
donc celles et ceux qui travaillent et qui produisent cette ligne de bon sens,
je le crois, doit pouvoir rassembler.
Le travail permet aussi la solidarité pour les plus fragiles. Il n'y aura
aucune mesure pesant sur les allocations pour les personnes en situation de
handicap ou pour les allocations sur le logement, ce qu'on appelle les
APL.
De même, il n'y aura pas de réforme de l'abattement de l'impôt sur le revenu
pour les retraités. Ainsi, et pour définitivement peut-être tordre le cou aux
mensonges de certains, il n'y aura dans ce budget aucune augmentation de la
fiscalité sur les ménages, directe ou indirecte. Mais nous nous battrons contre
la fraude, la suroptimisation fiscale et certains abus ou détournements de la
loi. Chacun doit payer sa juste part. C'est une question de justice fiscale et
l'attente des contribuables est forte. C'est un débat important pour
l'avenir.
Ensuite, ce budget doit donner une priorité à la jeunesse. Les bourses
étudiantes seront maintenues. Pour tous les étudiants, le repas à 1 euro au
restaurant universitaire sera une réalité à compter du mois de mai. Les
universités et les organismes de recherche verront également leurs moyens
renforcés pour respecter les engagements de la programmation pour la recherche
qui a été votée par le Parlement. Dans l'éducation nationale, 2 000 postes
supplémentaires seront créés, notamment pour accueillir, et c'est une priorité,
nos enfants en situation de handicap.
Troisième priorité, et elle est attendue, c'est le logement. Ce poste ampute de
plus en plus le pouvoir d'achat des ménages. La construction de logements dans
notre pays est insuffisante, ce qui n'est pas sans impact économique sur
certaines filières comme la construction. Il faut donc des mesures d'urgence et
des mesures structurelles. La construction et la rénovation de logements
abordables est d'abord la responsabilité des bailleurs sociaux. Nous
augmenterons donc leurs moyens de 400 millions d'euros pour qu'ils construisent
plus et rénovent mieux, mais nous ne devons plus opposer investissement public
et investissement privé, comme ce fut le cas malheureusement depuis trop
longtemps. Il faut donc aussi relancer l'investissement locatif privé. Nous
poserons ainsi les bases d'un statut du bailleur privé.
Nous maintenons par ailleurs MaPrimeRénov'. C'est un dispositif utile,
efficace, mais nous lutterons davantage contre les abus et les détournements
encore trop nombreux qui abîment la réputation du dispositif.
Autre priorité et vous le savez, nous en avons beaucoup parlé, c’est
l’agriculture. Je confirme que les engagements pris par le Gouvernement et la
ministre ces derniers jours seront tenus, et la crise que nous connaissons
justifie d'ailleurs pleinement de ne pas voir les débats au Parlement s’enliser
comme ce fut le cas cette semaine.
Cinquième priorité, c'est la nécessité de réaliser des économies structurelles,
justes, efficaces. L'État fait des efforts, sans démagogie, et loin des idées
pseudo-miraculeuses que l'on peut voir ici ou là dans la presse ou dans les
débats. Mais la réalité, c'est que pour la première fois, les dépenses des
ministères en euros courants seront inférieures à celles de l'année dernière.
Clairement, cela sera dur et méritera un pilotage de chaque instant par les
ministres.
En parallèle, une réforme de l'État et de la décentralisation que j'ai annoncée
va nous permettre de nous interroger sur ce que nous attendons de l'État pour
l'avenir et enfin d'interroger en profondeur l'efficacité de la dépense
publique pour faire des économies, des vraies économies, non plus des rabots à
l'aveugle comme malheureusement, on a pu le voir ou le connaître ces dernières
décennies. Les collectivités territoriales, régions, départements,
intercommunalités, mairies devront également participer à l'effort collectif,
mais je l'ai dit dans des proportions acceptables.
Nous n'accepterons pas, le Gouvernement n'acceptera pas la baisse des moyens de
fonctionnement des communes de près de 20 % par la DGF votée cette semaine à
l'initiative du Rassemblement national. À quelques semaines des élections
municipales, nos élus locaux doivent disposer des moyens d'agir et de la
visibilité qui va avec. Et donc, nous serons au rendez-vous. Les travaux se
poursuivent, notamment avec les différents groupes politiques au Sénat.
Ensuite, nous assumons des exceptions, des économies d'un côté, des
investissements de l'autre. Plusieurs ministères voient ainsi, malgré ce
contexte budgétaire difficile, leurs crédits augmenter. En premier lieu, les
armées. Un effort considérable qui va permettre à notre système de défense de
changer de dimension. Le Parlement a déjà approuvé par un vote à ma demande il
y a quelques semaines le principe de cet effort. La situation internationale,
on le voit bien, l'exige et commande de nous donner les moyens de notre
autonomie et donc, de notre liberté. C'est un engagement du président de la
République que j'ai d'ailleurs eu l'honneur de mettre en œuvre comme ministre
des Armées. Et cet engagement sera donc bien tenu puisqu'une nouvelle loi de
programmation militaire sera votée avant ce 14 juillet.
Avec la sécurité extérieure, autre préoccupation majeure, la sécurité
intérieure, la police, la gendarmerie comme la justice ont besoin de crédits
supplémentaires, notamment, entre autres, pour mieux lutter contre l'insécurité
du quotidien, mais aussi le narcotrafic. Là encore, le Parlement a délibéré
récemment.
Enfin, il en va de même pour les ministères de l'Éducation nationale ou celui
de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, parce que c'est l'avenir du
pays, tout simplement, qui peut être contre ?
C'est également le cas du ministère de la Transition écologique, qui a occupé
largement les débats et qui verra notamment augmenter le Fonds vert, bien connu
des élus locaux, des acteurs de terrain, pour engager de nouveaux projets à
l'échelle locale.
C’est également le cas pour nos Outre-mer, qui constituent une priorité, vous
le savez, et en particulier les mesures qui participent au soutien à la
Nouvelle-Calédonie dans un contexte particulier, mais aussi à la reconstruction
de Mayotte, qui seront évidemment bien mises en œuvre. Je ne veux pas être trop
long, je le suis déjà, mais d'autres mesures, corrections, ajustements de ce
budget seront précisés par les ministres dans les heures et les jours qui vont
venir.
Pour résumer, un budget d'économie juste, un budget de protection et
d'investissement, ce ne sont pas que des mots, un budget qui repousse la
fiscalité déraisonnable ou déconnectée de la réalité économique, et au final,
un budget dont le déficit se réduit. Je l'avais dit, le déficit ne devra pas
dépasser 5 %. En 2025, les deux gouvernements successifs ont tenu le déficit à
5,4 %, pardonnez-moi, et ce n'était pas facile, mais c'est fait. Cette année,
nous serons à 5 % de déficit. Nous y arriverons. Et si la croissance est
soutenue, et d'ailleurs, la stabilité politique y contribue, ce sera sans doute
peut-être moins. La France tient ses engagements. La France est gouvernée. La
France doit rester crédible dans un moment où, je l'avais dit dans cette cour
lors de ma nomination par le président de la République, la vie politique
intérieure ne peut ignorer et se décaler autant de la situation internationale
et de ses nombreux dérèglements.
Nous sommes la France, il faut le redire, il n'est pas question de se laisser
aller au déclin sans réagir et sans tout tenter. Pour conclure, je voudrais
vous dire, à titre peut-être plus personnel, que je ressens une réelle
déception, mais aussi de l'inquiétude à voir une partie de la classe politique
préférer le blocage au travail, et une certaine tristesse à voir la vie
parlementaire n'avoir fonctionné jusqu'au bout que pour un seul des deux textes
budgétaires qui étaient proposés au débat. J'ai voulu une approche nouvelle. Je
n'y renonce pas pour autant, même si la vie des partis politiques et des
appétits liés à la prochaine campagne présidentielle ont parfois eu raison du
bon sens et de la responsabilité. La mienne, en tout cas, est d'aller au bout de
la mission qui m'a été confiée, donner un budget à la France, servir tout
simplement son pays. Et pour tout cela, je vous en remercie.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Le Premier ministre a clairement indiqué, guidé par le sens des
responsabilités qui nous anime, qu’il nous fallait un budget de compromis mais
qui ne compromette pas la sécurité des Français. Le renforcement de nos moyens
pour la sécurité du quotidien et contre le narcotrafic est une attente forte de
nos concitoyens : ce budget y répond.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et
des Anciens combattants)
> Le contexte international impose des choix clairs. Dans un monde où toutes
les grandes puissances se réarment, sans exception, le renforcement du budget
de nos armées, tel qu’annoncé par le Président de la République, est
indispensable à la crédibilité et à l’autonomie stratégique de la France. Je
fais confiance au sens des responsabilités du Parlement qui a déjà approuvé le
principe de cet effort.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Le Groenland est une partie souveraine d'un pays souverain membre de l'UE.
Il ne faut pas y toucher.
> [Groenland] En cas de désaccord, il est toujours préférable de maintenir le dialogue, et c'est ce que nous faisons. Le dialogue doit se poursuivre tant que les lignes rouges ne sont pas franchies.
> [Invasion du Groenland par les Etats-Unis] Je n'ose même pas envisager cette possibilité. Bien sûr, si cela arrivait, nous serions confrontés à un monde totalement nouveau, et nous devrions nous adapter en conséquence. »
> Nous devons accélérer le rythme sur tous ces sujets car la Chine n'attend pas, et les États-Unis n'attendent pas non plus. L'Europe doit affirmer sa force.
> [Accord sur le Budget] Je pense que
ce serait un désavantage pour le RN, et non un atout. (…)
Ils essaient de se faire passer pour des défenseurs des entreprises, mais ils
votent au Parlement des impôts totalement inefficaces, défavorables aux
entreprises et anticonstitutionnels.
> [Budget] La stabilité politique a un prix. Elle ne devrait pas être obtenue à n'importe quel prix, mais elle a un prix. Et elle a un coût économique.
> Les chiffres du leasing social en
France: 50 000 véhicules électriques attribués pour cette deuxième édition.
Je voulais revenir sur un chiffre qui m’a marqué : 1 voiture sur 4 attribuée
dans le leasing social est produite à Douai (59) dans les Hauts-de-France.
Le leasing social, ce n’est pas qu’une politique environnementale ou sociale.
C’est aussi une politique au service de notre réindustrialisation dans les
industries d'avenir.
Il faut en être fier.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> On ne construit pas la paix et la stabilité sur le chaos et le désordre.
Notre capacité à peser à l’extérieur dépend de notre force intérieure. Force
économique, militaire, diplomatique. Le Premier ministre l’a dit : nous avons
la responsabilité de donner un Budget à la France.
> Avec le président Aleksandar Vučić, la France et la Serbie marquent 15 ans de partenariat stratégique : un dialogue de confiance, des coopérations concrètes, des contrats qui engagent l’avenir, et une même conviction, celle d'une Europe forte et souveraine.
> [Groenland] La sécurité de l’Arctique est indissociable de la nôtre. Nous sommes solidaires avec le Danemark comme nous aimerions pouvoir compter sur le soutien du Danemark et de nos partenaires européens si nous nous trouvions dans la même situation. Et c'est à l'invitation du Danemark, l'invitation souveraine comme le Président l'a rappelé, qu'il a décidé que nous participerions à l'exercice Arctic Endurance auquel nous allons contribuer par l'envoi de soldats français, qui sont pour certains, arrivés sur place, et d'autres qui suivront. Un exercice qui démontre la capacité pleine et entière des Européens d'assurer leur propre sécurité et la sécurité de l'Arctique est indissociable de la sécurité de l'Europe.
> [Groenland] Je vous renvoie aux déclarations du Premier ministre du Groenland avant-hier. Le Groenland n'a l'intention ni d'être acheté, ni d'être gouverné, ni d'être intégré aux États-Unis. Le Groenland, son peuple souverain, a fait le choix du royaume du Danemark, de l'OTAN et de l'Union européenne. Le Groenland est un territoire arctique qui fait l'objet de convoitises, de menaces potentielles qui ont été soulevées par les États-Unis. Le Danemark a voulu, par la présence hier à Washington de son ministre des affaires étrangères, accompagné de la ministre des affaires étrangères groenlandaise, mais aussi par cet exercice auquel le Danemark a invité des partenaires européens, montrer que ces menaces potentielles qui pèsent sur la région de l'Arctique, les Européens sont tout à fait capables de les prendre en charge.
> > [Militaires français au Groenland] C'est la participation, annoncée par le Président de la République, à cet exercice Arctic Endurance, auquel la France va participer. Ce n'est d'ailleurs pas le premier exercice auquel la France participe puisque lorsque je me suis rendu au Groenland le 31 août dernier, j'ai moi-même séjourné à bord d'un bâtiment militaire français qui participait dans la région, aux côtés d'autres pays européens et en lien avec les autorités groenlandaises, à un exercice de sécurité.
> [Iran] La France a condamné avec la
plus grande fermeté la violence d'État qui s'est abattue sur les manifestants
pacifiques. On a vu des manifestants tués à bout portant par des armes
d'assaut. On a vu des cadavres s'entasser par centaines, par milliers peut-être,
dans des sacs, dans des hôpitaux saturés. On a vu Internet coupé pour
dissimuler l'ampleur de l'horreur. On a entendu la voix du peuple iranien qui
souhaite pouvoir disposer de lui-même et de son propre avenir. C'est dans ce
sens que la France, comme ses partenaires européens, ont appelé à la cessation
immédiate de cette répression sans équivalent dans l'histoire contemporaine de
l'Iran. Et c'est également préoccupés par la sécurité de nos ressortissants, de
nos agents sur place mais aussi de nos partenaires dans la région, que nous
avons appelé à éviter toute forme d'intervention qui puisse conduire à une
escalade régionale. (…)
Il ne peut y avoir évidemment aucune impunité pour les auteurs d'une telle
répression, pas plus qu'il n'y en a eu pour les auteurs de la répression contre
le mouvement " Femme, vie et liberté " de 2022. La Commission
européenne a lancé un chantier qui va conduire dans les prochains jours à ce
que de nouvelles désignations puissent intervenir pour que les auteurs de cette
répression puissent être ciblés par des sanctions européennes. Puis d'autre
part, des réunions importantes auront lieu, à commencer par celle qui se
tiendra aujourd'hui au Conseil de sécurité des Nations unies et qui sera
l'occasion pour la France, ainsi que d'autres membres de ce Conseil, d'exprimer
avec force les condamnations qu'elle a portées.
> Ce que j'observe ici à Riga, après avoir rendu hommage aux soldats qui ont permis à la Lettonie de conquérir son indépendance, mais aussi à ces citoyens lettons qui, à la fin des années 80, se sont levés pour résister à l'oppression du régime soviétique, c'est que l'Europe est en train de prendre sa sécurité en main. Mardi dernier s'est tenue à Paris une réunion inédite rassemblant les pays de la Coalition des volontaires, des pays qui, pour la première fois de leur histoire depuis des décennies, ont décidé de mettre en commun leurs capacités militaires pour que la paix, une fois conclue en Ukraine, puisse être durablement garantie. Cela ne s'était jamais produit depuis des décennies. Et puis je veux rappeler qu'il y a quelques semaines, juste avant Noël, les 18 et 19 décembre à Bruxelles, là encore l'Union européenne, pour la deuxième fois seulement de son histoire, a décidé d'un emprunt commun pour pouvoir mettre l'Ukraine à l'abri de toute difficulté financière, avec 90 milliards d'euros pendant au moins deux ans, et pour pouvoir placer l'Ukraine en position de force lorsque s'ouvriront des négociations avec la Russie. Mais je le disais tout à l'heure, encore faudrait-il que Vladimir Poutine veuille négocier. Et c'est la raison pour laquelle nous allons continuer à accentuer notre politique de sanctions pour l'y contraindre.
> [Groenland] Ce que dit la France, c'est que l'Arctique est une zone convoitée pour ses ressources, mais aussi pour son positionnement, qui emporte des conséquences en matière de sécurité. Les responsables danois, avec lesquels nous travaillons régulièrement et depuis longtemps à ces questions de sécurité dans l'Arctique, au sein de l'OTAN, et aussi avec nos partenaires européens, ont souhaité inviter la France à participer à un exercice dont ils ont la responsabilité souveraine, Arctic Endurance. Et c'est pour témoigner de notre soutien au Danemark, témoigner du fait que nous souhaitons prendre en charge la sécurité de l'Europe, et la sécurité de l'Europe dépend aussi de la sécurité de l'Arctique, que nous avons répondu favorablement à cette invitation.
> [Menaces russe et chinoise sur le Groenland] La meilleure manière de dissuader la menace, c'est de faire ce que nous faisons aujourd'hui, au niveau européen comme au niveau national, c'est-à-dire de relever nos défenses. Chacun voit bien que le niveau de la menace s'est considérablement élevé, notamment il y a quatre ans, lorsque la Russie, au mépris du droit international, a lancé sa guerre d'agression, son invasion en Ukraine. Nous avons pris des décisions qui s'imposaient. Nous avons, au niveau européen, développé nos capacités, nos moyens de financement. Et au niveau national, nous avons décidé de doubler les moyens consacrés à nos armées. Encore faut-il que les budgets soient votés. C'est pourquoi les débats qui ont lieu aujourd'hui au Parlement français sont vitaux.
> [Militaires français au Groenland] Ça
s'adresse au Danemark, qui a appelé le soutien et la solidarité de la France.
Et de la même manière que nous aimerions pouvoir nous appuyer sur le soutien et
la solidarité de nos partenaires européens si nous nous trouvions dans la même
situation, nous avons répondu favorablement. (…)
Des exercices conjoints avec les autorités danoises ou d'autres pays européens,
ce n'est pas le premier que nous faisons. Moi-même, lorsque je me suis rendu au
Groenland, le 31 août dernier, je m'y suis rendu à bord d'un bâtiment militaire
français qui mouillait au Groenland, avant d'aller participer, aux côtés de la
marine suédoise et en lien étroit avec les autorités groenlandaises, à un
exercice du même type. C'est aussi notre responsabilité que de participer à ces
exercices, qui concourent, en quelque sorte, à la sécurité de l'Arctique, dont
la sécurité européenne est indissociable.
> [Groenland] Lorsque des propositions ont été formulées qui nous paraissaient inacceptables, nous n'avons pas hésité à le dire. Le Président de la République, avant l'été, l'a dit très clairement sur place, à Nuuk, au Groenland. Le Groenland n'est ni à prendre ni à vendre. Je l'ai moi-même rappelé : le territoire du Groenland est un territoire européen qui est placé sous la protection de l'OTAN. Et je veux rappeler que le Premier ministre du Groenland l'a dit lui-même avec une très grande clarté avant-hier. Le peuple du Groenland ne souhaite être ni possédé, ni gouverné, ni intégré aux États-Unis d'Amérique. Le peuple du Groenland a fait le choix du royaume du Danemark, de l'OTAN et de l'Union européenne.
> Le Groenland n'est pas à vendre, puisque de toute évidence, il n'y a pas de vendeur. Les autorités danoises et les autorités groenlandaises l'ont dit avec beaucoup de fermeté. S'agissant des menaces qui ont été évoquées par les États-Unis d'Amérique, mon collègue danois a proposé hier, avec notre collègue groenlandaise, qu'un groupe de travail du haut niveau puisse être créé avec les États-Unis pour partager un diagnostic commun ; cependant que par l'exercice auquel des militaires français vont participer au Groenland, nous montrons que, si toutefois une menace devait survenir, les Européens seraient pleinement capables de lui faire face.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> «Donner un Budget à la France. Servir le pays»: Le Premier ministre l’a
dit avec clarté : assumer la responsabilité, garantir la continuité de l’État
et tenir les engagements de la France.
> La ménopause peut-être également une
chance. Une chance de mieux informer, de mieux prévenir et de mieux accompagner
les femmes à chaque étape de leur vie. Parce qu’elle concerne et
concernera 100% de femmes en France, la ménopause est un enjeu majeur de santé
publique, longtemps sous-estimé, avec des impacts réels sur la santé, la vie
professionnelle et le quotidien. À l’Institut de Santé de la Femme de l’Hôpital
Foch, nous voyons concrètement comment les recommandations que j’ai portées
dans mon rapport se traduisent sur le terrain : consultations longues dédiées,
prise en charge pluridisciplinaire, écoute de l’expérience des femmes et de la
recherche fondée sur des données.
Le 18 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de la ménopause, se
tiendront les Assises de la ménopause. Elles constitueront un temps national de
bilan, de dialogue et de mobilisation entre patientes, professionnels,
chercheurs et pouvoirs publics, pour continuer à faire avancer la prise en
charge de la ménopause partout en France.
> [Grève des médecins] J’ai fait le choix d’une méthode : celle du dialogue exigeant, du respect du cadre conventionnel et du travail dans la durée. Les propositions que j’ai mises sur la table doivent permettre d’avancer concrètement, sans opposer les acteurs entre eux. Avec les médecins et l’Assurance Maladie, je souhaite poursuivre ce travail commun, étape par étape, pour construire des solutions utiles aux patients, aux territoires et à la soutenabilité de notre système de santé.
> [Grève des médecins / suppression de la mesure de mise
sous objectif] Ce n'est pas un recul mais une écoute des médecins qui
considèrent, et on peut le comprendre, qu'ils se sentent stigmatisés quand on
met une mesure de telle sorte dans un projet de loi de lutte contre la fraude.
Dans le même temps, une mission d'accompagnement sera lancée pour réaliser un
diagnostic sur cette procédure et identifier des voies d'amélioration,
notamment en termes de transparence
Mon objectif est de recréer une confiance et un travail avec les médecins pour que
nous puissions améliorer ce travail commun au bénéfice de nos concitoyens. (…)
Mais il n’est pas question de revenir sur la maîtrise de nos dépenses.
Amélie de Montchalin (ministre de l’Action
et des Comptes publics)
> Ceux qui bloquent n’auront pas le dernier mot. Il y a des parlementaires
qui veulent être utiles, une base de compromis, et une volonté de construire.
Par la dialogue, nous pouvons avoir un meilleur budget, toujours en tenant nos
objectifs : déficit à 5% fin 2026.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> Nous devons avoir un Budget. Le cynisme de quelques-uns ne peut entraver
tout un pays. C'est un enjeu de responsabilité, de continuité de l'Etat,
d'action au service des Français.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée
auprès du ministre de l’Intérieur)
> Face aux menaces et aux désordres du monde, la France a besoin de
constance, de sérieux et de courage politique. Le discours de Sébastien Lecornu
s’inscrit pleinement dans cette responsabilité.
> Déplacement en Haute-Vienne et en
Charente autour d’un fléau que nous devons nommer clairement : la consommation
détournée de protoxyde d’azote tue. Nous ne pouvons plus parler de « ballons »
ou de « gaz hilarant ».
Ce produit conduit à des drames humains, à des comportements addictifs, et
parfois à la mort. C’est :
- un enjeu majeur de santé publique
- un enjeu de sécurité, avec des trafics organisés
- un enjeu environnemental, lié au traitement et au recyclage des bonbonnes
Sur le terrain, j’ai voulu sensibiliser, prévenir, écouter et remercier. J’ai
échangé avec des jeunes, des familles endeuillées, des forces de sécurité, des
enseignants, des professionnels de santé et des élus.
- La prévention est indispensable.
- L’évolution du cadre législatif est désormais nécessaire.
Je suis pleinement engagée sur ce sujet au côté Spour protéger et sauver des
vies.
Catherine Chabaud (ministre délégué
auprès de la ministre de la Transition écologique, de
la Biodiversité et des Négociations internationales sur le
climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> Servir l’intérêt général, construire le chemin du compromis, persévérer :
c’est parce que je me reconnais dans ces valeurs que je suis fière de faire
partie de l’équipage de Sébastien Lecornu. Et fière d’œuvrer pour faire grandir
la France maritime
Avec la proposition de compromis faite ce soir, j’ai confiance de voir le bon
sens l’emporter.
> L'accord des Nations unies sur la
haute mer (BBNJ) entre en vigueur le 17 janvier 2026. Une avancée historique
pour la protection des océans et de la biodiversité.
La haute mer représente 60 % de la surface du globe. Avec le BBNJ, ces zones
situées au-delà des juridictions nationales sont désormais couvertes par des
règles communes de conservation et d’usage durable des milieux marins.
L’accord vient compléter le cadre juridique international de la CNUDM (la
Convention des Nations unies sur le droit de la mer). Il permet notamment de
mieux protéger les espaces de haute mer grâce à des outils de gestion par zone,
comme les aires marines protégées. Il renforce aussi l’encadrement des
activités humaines, avec des évaluations d’impact environnemental sur la
biodiversité marine. Il instaure également un accès encadré aux ressources
génétiques marines et un partage juste et équitable des bénéfices issus de leur
utilisation, tout en favorisant le transfert de technologies marines et le
renforcement des capacités des pays en développement.
Une victoire collective, portée avec détermination par la France.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès
de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la
Transition écologique)
> Le Premier ministre est aux côtés des forces politiques qui privilégient
le travail au blocage. Notamment en matière de transition écologique, avec
l’augmentation du fonds vert pour engager de nouveaux projets à l’échelle
locale.
> Ce matin au ministère de la Transition écologique, réunion des acteurs du textile pour poursuivre la refondation de la REP Textile. Le cap est clair : développer une industrie du recyclage en France et renforcer la contribution de l’ultra-fast fashion.
> L’ultra fast-fashion est un désordre économique, social et écologique pour notre industrie textile. Aux côtés de Monique Barbut, nous demandons qu’elle contribue à la hauteur de son impact, afin de ne plus pénaliser l’industrie française et les filières responsables.
Eléonore Caroit (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la
Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Face aux blocages, le Premier ministre choisit le dialogue et la
responsabilité. Un budget de compromis, sans hausse d’impôts, qui protège le
travail et tient les engagements de la France.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> Pour répondre aux besoins de notre industrie de défense en matière de
recrutement, de compétences et de formation, nous lançons un grand plan
national d’accompagnement spécifique avec France Travail. Aidons nos
entreprises à relever le défi de l'emploi!
> La défense est une priorité nationale, avec un budget qui prévoit une hausse de 6,7 Mds. Le recrutement et la formation seront au cœur de la stratégie industrielle de défense. Avec Naval group nous avons annoncé la création de 1500 emplois dans le Var à horizon 2030.
> L’IA modifie nos modes de travail, apprendre son usage est primordial pour tirer profit de ses atouts.
> Les Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée permettent à des personnes privées d’emploi de trouver un travail stable. Les Entreprises à But d’Emploi proposent des CDI en développant des activités locales non concurrentielles.
Monique Barbut (ministre de la Transition
écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le
climat et la nature
> Avec Mathieu Lefèvre, nous avons demandé aujourd’hui la mise en place d’un
malus écologique ciblé sur l’ultra fast fashion.
L'ultra fast fashion nous coûte très cher, écologiquement et socialement, et
déséquilibre profondément nos filières de réemploi et de recyclage. Ce n’est
plus acceptable.
Nous avons donc adressé un courrier à l’éco-organisme Refashion pour mettre une
pression forte sur l’ultra fast fashion, en application de son cahier des
charges, à droit constant.
L’objectif est clair : que l'ultra fast fashion paie davantage pour l’impact
réel de son modèle économique. Refashion doit formuler, sous dix jours, des
propositions concrètes d’éco-modulation.
> La baisse des émissions se confirme
en 2025.
C’est un signal encourageant. Mais il ne suffit pas.
Le Citepa publie aujourd’hui son estimation provisoire des émissions pour 2025.
Elle montre une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 1,7 % sur les
trois premiers trimestres, et une diminution attendue de 1,6 % sur l’ensemble
de l’année.
Le graphique ci-dessous est sans ambiguïté : si les émissions reculent dans
plusieurs secteurs (transports, industrie, bâtiments, agriculture) le rythme
reste nettement inférieur à celui nécessaire pour atteindre nos objectifs
climatiques à 2030.
Autrement dit : nous avançons, mais pas assez vite.
Cette dynamique appelle une accélération franche et une remobilisation
collective, dans tous les secteurs émetteurs. Le projet de Stratégie nationale
bas-carbone 3, que je viens de publier, fixe un cap réaliste et atteignable
pour orienter les investissements verts, réduire durablement notre dépendance
aux énergies fossiles, renforcer notre souveraineté.
2026 doit être une année de passage à l’action, pour remettre la France sur la
trajectoire de ses engagements climatiques.
> [Océan Austral] Un océan lointain,
souvent invisible dans nos débats, mais absolument central pour notre avenir
commun : véritable régulateur du climat mondial, premier puits de carbone
océanique, sanctuaire d’une biodiversité exceptionnelle aujourd’hui fragilisée
par le réchauffement et la pression humaine.
Les aires marines protégées, les décisions internationales, la crédibilité même
de la parole environnementale reposent notamment sur des données robustes,
partagées, incontestables.
La science n’est pas un supplément d’âme de l’écologie. Elle en est la colonne
vertébrale.
Ces données sont indispensables pour fonder des politiques publiques exigeantes
et efficaces en faveur de la protection de l’océan et de la biodiversité.
Gérald Darmanin (garde des sceaux,
ministre de la Justice)
> Nous allons diviser par deux le temps d’attente pour les audiences
criminelles : moyens en plus, simplification de la procédure pénale, réforme de
l’audiencement… le projet de loi SURE relatif à la modernisation de notre
Justice porte tout cela. Je fais tout pour que les victimes soient considérées
et connaissent, dans un temps beaucoup plus réduit, le procès auquel elles ont
le droit. Notre justice ne peut être responsable, par mauvaise organisation, de
la libération de détention provisoire de gens particulièrement dangereuses.
> En écoutant la radio et en lisant les journaux ce matin, je constate que 18 mois après les Jeux Olympiques, les forces politiques sont désormais toutes unanimes pour saluer un dispositif de sécurité parfait. Je m’en félicite ! C’est une belle reconnaissance du travail de tous les agents de l’Etat (et de la sécurité privée) que j’ai eu l’honneur de diriger lors de ce moment historique. La France est un grand pays et elle est capable de grandes choses ! Ayons confiance dans notre avenir.
> Le Parlement a adopté définitivement, hier soir, la loi sur la confidentialité des consultations des juristes d’entreprise. Après des années de débats, nous offrons enfin à nos entreprises un outil de sécurité juridique et de compétitivité indispensable. Ce «legal privilege» à la française est un gage de conformité et de souveraineté dans une économie ouverte. Un vote important qui marque la fin d'une longue saga et prouve notre capacité à décider pour protéger notre droit.
Serge Papin (ministre des Petites et
moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir
d’achat)
> Si on écoutait certains, il vaudrait mieux continuer de pédaler dans la
semoule, ne pas avoir de Budget, ne pas se donner de cap et laisser les
Français et nos entreprises dans le brouillard.
Eh bien non. Il faut un Budget. Même un Budget utile au pays.
Utile pour les ménages, pour les PME, pour les jeunes, pour les agriculteurs.
Utile pour le pouvoir d’achat ! Et qui baisse le déficit de la France. Ça,
c’est responsable.
Sébastien Lecornu le propose et donne tort à ceux qui ne veulent pas que les
choses avancent.
Edouard Geffray (ministre de l’Education
nationale)
> L’École de la
République, présente à travers 55 000 implantations sur tout le territoire,
nous unit. Mais cette diversité territoriale, qui permet de s’adapter à des
réalités différentes, s’inscrit désormais dans un contexte inédit, marqué par
une baisse des naissances substantielle et durable, dans la quasi-totalité des
départements. L’École, parce qu’elle est au cœur de la République et de la vie
des territoires, est en première ligne face à ce défi.
La baisse du nombre d’élèves n’est pas une crise de
l’École. Mais elle implique une réponse concertée localement en vue d’adapter
notre organisation scolaire, non dans la précipitation ni selon des logiques
purement comptables, mais avec méthode, anticipation et sens de l’intérêt
général. C’est le choix que nous faisons.
Partout sur le territoire, les conséquences tirées de
cette évolution démographique ont déjà permis d’améliorer les conditions
d’enseignement, avec des classes moins chargées et un meilleur encadrement des
élèves. Cette dynamique doit se poursuivre en tenant compte des réalités
locales, des besoins des élèves et des attentes légitimes des familles et des
élus.
C’est dans cet esprit que le travail engagé au sein
des observatoires des dynamiques rurales a démontré toute son utilité. En
associant l’État, l’éducation nationale et les élus locaux, ces instances ont
permis de construire, dans le dialogue, des décisions plus lisibles, mieux
comprises et plus justes. Nous franchissons aujourd’hui une nouvelle étape en
les transformant en observatoires des dynamiques rurales et territoriales,
généralisés à l’ensemble du territoire national. Ils offrent désormais à tous
les territoires, ruraux comme urbains, un cadre commun de diagnostic et de
prospective, à un, trois et cinq ans au minimum, pour anticiper l’évolution de
l’offre scolaire et préparer l’avenir avec responsabilité.
Mais penser l’École des territoires, c’est aussi
soutenir résolument l’École rurale, là où les ambitions scolaires demeurent
trop souvent contraintes, alors même que les élèves y obtiennent, en moyenne,
des résultats supérieurs à la moyenne nationale. Les territoires éducatifs
ruraux traduisent une conviction forte : l’égalité des chances passe par la
capacité à organiser des réponses collectives à l’échelle d’un bassin de vie,
associant les services de l’État, les collectivités territoriales et les partenaires
de l’École, en offrant aux élèves des territoires ruraux les mêmes perspectives
de réussite, d’orientation et d’émancipation que partout ailleurs.
Plus de 200 territoires ont été labellisés depuis
2021, touchant 340 000 élèves. Nous poursuivons et amplifions leur déploiement,
avec une quatrième vague de labellisation : 59 nouveaux territoires rejoignent
le dispositif, portant leur nombre à 261, dans toutes les académies. Parce
qu’il agit sur tous les temps de vie de l’enfant, en mobilisant l’ensemble des
acteurs éducatifs, sociaux, culturels et de santé, ce dispositif est une
réponse concrète aux inégalités d’accès et à l’autocensure.
Enfin, une politique éducative territorialisée exige
de la réactivité et de la justice. En plus de dix ans, les équilibres
socio-économiques ont profondément évolué. C’est pourquoi nous faisons le choix
de répondre, dès la rentrée 2026, aux situations les plus critiques
d’établissements confrontés à de très fortes fragilités sociales, y compris
lorsqu’ils ne relèvent pas formellement de l’éducation prioritaire. Là encore,
il s’agit d’agir avec discernement, pragmatisme et responsabilité, dans
l’attente d’une refonte plus globale.
Prendre en compte la réalité démographique, c’est
faire le choix de l’action plutôt que de l’inaction.
C’est préparer l’avenir avec lucidité, renforcer la
qualité du service public d’éducation et affirmer une conviction simple : où
que l’on vive, l’École de la République doit offrir à chaque enfant les mêmes
chances de réussite.
> Une École des territoires. Voilà ce
que je suis venu observer et promouvoir aujourd’hui dans le Rhône.
- Pour faire face à la chute de la démographie scolaire, nous généralisons les
observatoires des dynamiques rurales et territoriales : la baisse des
naissances concerne désormais la quasi-totalité du territoire, et aura des effets sur les 15 prochaines années. Il faut donc
l'anticiper dans un cadre partenarial avec les élus locaux.
- Pour redonner de l'attractivité à l’École rurale, nous créons 59 nouveaux
territoires éducatifs ruraux (TER). Cette nouvelle vague concerne 731 écoles, 84 collèges et 30 lycées. A la clé, une coordination de
tous les acteurs, une vision stratégique pour l'Ecole sur un territoire, 30 000€ de fonds de soutien par
an et par TER.
La France compte désormais 261 TER : la carte ci-dessous montre leur
implantation territoriale.
- Pour apporter des réponses aux établissements hors éducation prioritaire qui présentent de très importantes fragilités sociales, nous mettons en place des mesures spécifiques à la rentrée prochaine.
Merci aux équipes du collège Paul Vallon pour leur accueil ce matin et leur
engagement, ainsi qu’à la préfecture du Rhône et aux élus pour nos travaux sur
les TER. Leur travail est essentiel, et leurs préoccupations sont au cœur de
notre action: garantir l'égalité des chances partout en France.
> Education au cinéma: la réunion des
recteurs a été l’occasion, hier, de fixer le cap aux académies.
Toutes les mesures sont en cours de mise en œuvre pour permettre à MaClasseAuCinéma
de connaître un nouvel élan à compter de la rentrée :
- Le référentiel sur l’éducation au cinéma et à l’image est en cours et
sera publié avant l’été ;
- Les formations seront facilitées et le diplôme inter-universitaire
est en cours de constitution avec plusieurs universités partenaires ;
- Les professeurs bénéficieront d’une carte émise par le CNC leur permettant de bénéficier d’avantages dans les salles partenaires ;
- Le CNC va sécuriser financièrement le dispositif ;
- De nouvelles Classes à horaires aménagés cinéma vont voir le jour.
Objectif : passer de deux millions à quatre millions d’élèves
bénéficiaires d'ici deux ans.
Parce que la plus belle alternative aux petits écrans, c’est le grand !
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> La Nouvelle-Calédonie a besoin de clarté, de stabilité et de perspectives.
Le travail sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie se poursuit
autour du Président de la République, dans la continuité de l’accord de
Bougival, fruit d’un engagement exigeant et constructif. Les Calédoniens,
confrontés à une situation éprouvante, ont besoin d’une perspective
institutionnelle et économique. Le dialogue, aussi précieux que fragile, doit
permettre de trouver le consensus le plus large possible. L’Assemblée nationale
y sera très attentive.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Camélia avait 17 ans. Elle avait toute la vie devant elle. Son décès
tragique à Mitry-Mory est un déchirement absolu. Aucun enfant, aucun adolescent
ne devrait jamais trouver la mort parce que la vie à l'École ou sur les réseaux
sociaux est devenue un enfer. Mes pensées vont à sa famille, à ses proches, à
tous les élèves du lycée Honoré-de-Balzac et à toutes les victimes de ce
funeste poison à travers la France. Ne lâchons rien contre le harcèlement.
Jamais.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Le Premier ministre propose un budget qui
respecte la limite de 5% de déficit et dans lequel il s’engage à :
- Augmenter le Fonds vert ;
- Ne pas augmenter le coût du travail ;
- Ne pas augmenter les impôts sur les travailleurs ;
- Porter une mesure de pouvoir d’achat pour les Français ;
- Préserver les dispositifs d'apprentissage et de soutien à l'emploi ;
- Tenir les engagements de la loi de programmation de la recherche.
Depuis le départ, notre groupe se bat pour ces priorités et pour doter
rapidement la France d’un budget à la hauteur des enjeux. Nous voulons que la
France fasse le choix de la jeunesse, de l’avenir et du travail.
> Après 20 ans de négociations, le traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine (Traité BBNJ) entre en vigueur. C’est l’aboutissement de longues années de travail collectif et surtout un succès majeur de la diplomatie française lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan que la France a accueillie en juin dernier. En tant que ministre de la mer, j’ai porté cette bataille en mobilisant nos partenaires en Europe, ainsi que ceux de la Coalition de Haute ambition des autres continents. C’est une fierté de voir aujourd’hui cet aboutissement. 65 % des eaux maritimes de notre planète, jusque-là sans cadre juridique, sont désormais soumises à des règles internationales contraignantes. Ce traité permettra de créer des zones marines protégées internationales et à ce titre d’encadrer la pêche, de lutter contre les pollutions et de préserver des écosystèmes parmi les plus fragiles de la planète. Une victoire pour l’Océan !
> Est-ce qu’on accepte de subir, ou est-ce qu’on décide de faire front ? Dans sa tribune, Thierry Breton alerte sur un monde où les grandes puissances agissent en empires et sur le risque très réel de voir l’Europe perdre sa souveraineté. Face aux prédations, à la loi du plus fort et aux intimidations, il appelle à un sursaut politique européen, clair et assumé. Je m’y joins pleinement.
> Le Rassemblement National prétend défendre les territoires. Pourtant, il a porté un amendement qui assomme les finances des collectivités, en donnant un coup de massue à la dotation globale de fonctionnement. Cette dotation, c’est ce qui permet aux communes de faire tourner l’essentiel : écoles, routes, éclairage, propreté. Exemple concret : à Arras, dans ma circonscription, elle atteignait 12 708 163 euros en 2025. Avec l’amendement du RN, qui rabote l’enveloppe de 18 %, la ville perd 2 272 132 euros. À Lens, elle perd 3 161 004 euros. Le Rassemblement National, c’est simple : le discours d’un côté, l’addition de l’autre.
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> La France et plusieurs alliés européens envoient des troupes au Groenland.
Cette décision du Président Emmanuel Macron est un signal important. Elle
marque la volonté des Européens de ne rien céder et de faire respecter la
souveraineté d’un pays européen et allié.
Paul Midy (député)
> Le Premier ministre s'engage dans le budget qu'il
a proposé à :
- ne pas augmenter le coût du travail
- ne pas augmenter les impôts sur les travailleurs
- augmenter la prime d'activité pour des millions de travailleurs
- préserver les dispositifs d'apprentissage et de soutien à l'emploi
- tenir 100% des engagements de la loi de programmation de la recherche.
On ne peut que s'en réjouir alors que depuis le départ notre groupe s'est battu
pour ces combats et avec des priorités claires : soutenir la croissance par le
travail, par les entreprises, par la recherche et l'innovation, et par là-même
faire le choix de notre jeunesse ! Le travail continue pour donner à la France
un budget le plus rapidement possible.
Marc Fesneau (député, président du groupe
MoDem à l’Assemblée nationale)
> La responsabilité, c’est d’assumer des choix y compris difficiles pour un
pays. Et ce devrait être valable pour ceux qui gouvernent comme pour ceux qui
sont dans l’opposition et prétendent gouverner un jour. La responsabilité
budgétaire, ce ne peut être la somme des envies des uns et des autres,
singulièrement quand elles entretiennent l’illusion que l’on peut continuer de
vivre à crédit sans efforts justes, collectifs, et surtout sans choisir. En un
mot, quand elles sont démagogiques. J’attends donc du gouvernement des
clarifications, en particulier sur le respect des objectifs de réduction du
déficit après les annonces de ce soir. La France ne peut plus vivre dans le
déni de réalité. C’est notre jeunesse que l’on sacrifie, notre économie qu’on
fragilise, notre pays qu’on affaiblit face aux désordres du monde. Gouverner,
c’est choisir. Nous refuserons toujours le choix de l’affaissement et de la
facilité poussé par les irresponsables politiques qui, hélas,
aujourd’hui dominent. Notre groupe sera au rendez-vous du choix de redressement
et de la vérité devant les Français.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> L’industrie française et européenne est soumise à des défis inédits :
décarbonation, accès aux matières premières, concurrence déloyale, tensions
commerciales mondiales, investissements, stabilité réglementaire. Avec le
ministre Sébastien Martin nous assumons
de défendre une préférence européenne et de tout mettre en œuvre au niveau
français et européen pour soutenir nos filières industrielles sous tension.
Elles sont le cœur de notre souveraineté économique.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> [Point de vue co-écrit
avec Benjamin Morel: «Procédure
budgétaire : tout doit changer!»] On a souvent entendu : « C’est nouveau en France, mais c’est la norme en
Europe ! » Or ce n’est ni nouveau ni banal. Ce qui n’est pas nouveau, c’est que
notre pays a l’une des procédures budgétaires les plus longues d’Europe, avec
pourtant un Parlement aux pouvoirs budgétaires parmi les plus faibles de
l’Union européenne. Ce qui n’est pas banal, c’est le compromis bâti au jour le
jour au sein du Parlement. Certes, les autres pays européens ont l’habitude des
coalitions : précisément parce qu’ils ont ce savoir-faire, les partis des
coalitions allemandes, néerlandaises ou italiennes s’entendent en amont sur les
grands axes et les mesures phares du budget, ensuite adopté sans surprise et
sans délai au Parlement. Ce compromis ex ante donne au budget la lisibilité et
la prévisibilité dont nous manquons ici.
Les faiblesses visibles depuis 2024, en
l’absence de majorité parlementaire, révèlent en réalité des difficultés
structurelles, que le fait majoritaire traditionnel avait en partie masquées,
mais qui ne disparaîtront pas.
Il faut donc tout repenser. Loin d’être
un sujet technique, le budget est la clé de voûte de l’action de l’État et de
la confiance des citoyens. Nous évoquons ici une série de changements qui, mis
bout à bout, donneraient au pays un budget plus clair, plus rigoureux et plus
stable. Certaines de ces réformes sont de nature constitutionnelle, et seront
ainsi un débat de fond pour 2027.
Pour redonner sa force à la loi de
finances, nous devons d’abord en faire le socle de la maîtrise des finances
publiques. En évitant la frénésie des mesures fiscales ; en retrouvant une
vision pluriannuelle indispensable au redressement des comptes. C’est
exactement le sens de la révision constitutionnelle engagée en 2011, qui
pourrait être reprise en tous points : ce projet crée une nouvelle catégorie de
lois, « les lois-cadres d’équilibre des finances publiques », d’une durée d’au
moins trois ans, fixant une trajectoire de retour à l’équilibre. Point clé, les
budgets annuels de l’État et de la Sécurité sociale seraient strictement soumis
à ces lois-cadres : finis les coups de yo-yo budgétaires et fiscaux chaque
automne ! Et pour faciliter la maîtrise des finances et éviter le recours tous
azimuts à l’impôt, les lois de finances auraient le monopole de la fiscalité,
alors que n’importe quelle loi peut aujourd’hui créer des taxes – et ne s’en
prive pas !
À cette occasion, il nous semblerait
pertinent de réfléchir à deux autres changements constitutionnels. D’abord, fusionner
les textes financiers, budget de l’État et de la Sécurité sociale : cela
apporterait clarté, gain de temps et meilleur pilotage des comptes publics ;
lors du projet de révision de 2011, la fusion des parties « recettes » des PLF
et PLFSS avait ainsi été sérieusement envisagée. Ensuite, supprimer l’article
40 de la Constitution : en empêchant les députés et sénateurs de créer des
dépenses nouvelles, celui-ci reporte leur volonté d’action (et d’amendements)
sur de multiples dispositifs fiscaux. Avec ces nouvelles lois-cadres plus
contraignantes, redonnons en même temps plus de liberté et de responsabilité
aux assemblées.
Un autre impératif, impliquant cette fois
de retoucher le fonctionnement interne des assemblées, serait de mieux et
systématiquement évaluer : comment peut-on voter une mesure fiscale à plusieurs
milliards d’euros sans connaître sa portée ou son impact ? On pourrait imaginer
qu’une « task force » soit à la disposition de l’Assemblée et du Sénat pendant
tout le débat budgétaire, associant leurs services – nécessairement renforcés –
et le Haut Conseil des finances publiques, pour chiffrer en détail les amendements
fiscaux notamment ; ainsi, un délai minimal de trois jours devrait être prévu
entre le dépôt de tout amendement et sa discussion, afin d’assurer ce chiffrage
robuste. L’existence d’une fiche d’impact sur chacun de ses amendements
pourrait être une condition de recevabilité. Cela éclairerait les débats des
élus et renforcerait la confiance des électeurs.
Sur ces bases, le débat budgétaire global
pourrait être plus court : l’Allemagne ou le Royaume-Uni ne sont pas moins
démocratiques parce que leur procédure budgétaire annuelle dure moins longtemps
! Là aussi, on pourrait modifier nos règles, par exemple en empêchant l’examen
en séance de tout amendement non examiné en commission et, surtout, en réduisant
les délais assignés à la discussion des budgets de l’État et de la Sécurité
sociale, par exemple à cinquante jours en cas de fusion, en contrepartie d’une information
plus détaillée des commissions des Finances sur un « pré-projet » de budget dès
la fin du printemps. Cela est cohérent avec les réformes proposées : la
priorité sera la vision et donc la loi financière pluriannuelle ; plus de temps
pourra être laissé à l’évaluation des amendements à fort impact, dans une
discussion d’ensemble resserrée, conduisant ainsi à prioriser les mesures
essentielles.
Pierre Mendès France rappelait qu’on ne
doit « jamais sacrifier l’avenir au présent ». L’avenir, c’est
l’investissement. Si l’on veut garantir le redressement des finances publiques
sans sacrifier l’investissement, ce qui est toujours le choix le plus facile,
il faut repenser la construction et le vote du budget, en changeant la loi
organique relative aux lois de finances. Le budget de l’État, comme pour une
collectivité locale, devrait distinguer le fonctionnement et l’investissement ;
en son sein, un budget d’investissement global devrait être voté, et ne pas
pouvoir être réduit en cours d’année au profit des autres dépenses. Priorité à
l’investissement, focalisation sur les économies de fonctionnement !
Actualité oblige, évoquons ces procédures
enfouies dans notre Constitution et qui ont émergé avec la fragmentation
politique issue de la dissolution. Pour plus de lisibilité et de stabilité, la loi
spéciale, utilisée pour la seconde fois d’affilée, pourrait être remplacée ou
précisée par une reconduction à l’identique du budget de l’année précédente,
avec des mécanismes d’ajustement automatiques comme dans la Constitution
espagnole. Pour les ordonnances budgétaires, encore jamais utilisées, il serait
utile de clarifier quel texte est appliqué et quel juge est compétent pour en
connaître, à travers une loi organique. Une telle loi pourrait aussi préciser
les procédures d’urgence permettant de modifier les lois-cadres pluriannuelles
et les budgets qui en découlent en cas de circonstances exceptionnelles.
Plus de maîtrise, plus de temps long,
plus d’évaluation et plus de transparence: ces réformes dessinent un budget de
confiance, permettant une vision d’avenir. Fort heureusement, elles ne
préjugent ni des choix politiques ni des efforts choisis ou refusés que porte,
démocratiquement, tout budget.
Toutes ces propositions pourront
contribuer au débat qui s’ouvre, y compris à l’Assemblée nationale, sur la
réforme de la procédure budgétaire, face à l’évidence d’un dispositif devenu
inadapté. Elles devront être approfondies. D’autres questions pourront être
abordées dans ce cadre, comme celles des prévisions associées au budget. Depuis
2012, le Haut Conseil des finances publiques rend un avis sur les prévisions
macroéconomiques sous-jacentes au budget préparé par le Gouvernement et, depuis
la loi organique de 2021, sur le réalisme de ses prévisions de recettes et de
dépenses. Dans le prolongement de ces avancées, pour accentuer transparence et
confiance, les pouvoirs et les moyens du Haut Conseil pourraient être
renforcés, et celui-ci pourrait valider voire fixer les grandes hypothèses
macroéconomiques, notamment la prévision de croissance qui sous-tend le budget.
Un débat salutaire est ouvert !
Sarah El Hairy (haut-commissaire à
l’Enfance)
> Aujourd’hui, on traque les
prédateurs sur les forums, sur les réseaux sociaux, dans la vraie vie… Mais,
sur Internet, ils se déplacent dans ces espaces, qui sont aujourd’hui
considérés plus inoffensifs. (…)
Quand un parent voit son enfant jouer à
un jeu vidéo il ne considère pas qu’il est en danger ou en interaction avec des
tiers. (…)
Il y a des espaces nouveaux qui sont
créés, sans aucun contrôle et sans aucune connaissance de ces espaces. (…)
Ce n’est pas pour punir les enfants, mais
bien pour empêcher les prédateurs d’entrer en contact avec des enfants, dans
des espaces où ils sont plus vulnérables. (…)
La question de l’information et de la
compréhension des usages des enfants est absolument structurante, dans des
espaces où, jusqu’à maintenant, on considérait que c’étaient des espaces de
divertissement – donc pas spécialement à risque. Il faut donner les outils aux
parents, qui sont démunis. Faire comprendre que si leur enfant va sur Roblox,
il faut en parler, voir dans quel monde il joue, parce qu’il s’expose à des
risques de mauvaises rencontres.
