samedi 18 juin 2016

Présidentielle USA 2016. Tuerie d’Orlando: Non, Trump ne monte pas dans sondages grâce à ses propos haineux

Reprenant une dépêche du bureau français de l’agence de presse britannique Reuters, nombre de médias français ont titré que grâce à ses propos inqualalifiables après la tuerie d’Orlando, Donald Trump était en hausse dans les sondages.
Or, c’est tout le contraire!
Tous les sondages réalisés après les attaques haineuses et mensongères du promoteur immobilier newyorkais ont montré un trou d’air parfois très important dans la vision qu’ont de lui les Américains.
Il a atteint ainsi son plus bas niveau en ayant 70% d’opinion négatives à son encontre.
En outre, dans tous les sondages pour la présidentielle qui sont compilés par plusieurs sites et réalisés après Orlando, il est battu par la centriste Hillary Clinton.
Et dans la quasi-totalité, l’écart s’est accentué (entre cinq et douze points d’écart, soit beaucoup plus que précédemment) depuis ses propos racistes contre un juge dont les parents sont d’origine mexicaine, surtout depuis ses réactions condamnées par l’ensemble de la classe politique, républicains compris, où haine et mensonge se mélangent, après l’attentat terroriste de la boite gay, the Pulse, en Floride le 11 juin dernier.
Ainsi, pour Bloomberg, Clinton a maintenant douze points d’avance sur Trump (49%-37%), pour Ispos, elle en a entre neuf et dix avec un candidat libertarien présent le 8 novembre (41%-32% / 39%-29%-6%) pour CBS elle en a entre six et sept avec un candidat libertarien (43%-37% / 39%-32%-11%).
Même l’institut Rasmussen dont les résultats ont généralement un biais en faveur des candidats républicains donne maintenant cinq points d’avance à Hillary Clinton (44%-39%).
Alors, comment des médias qui se disent sérieux ont pu reprendre une information d’une agence dite sérieuse sur un écart qui baisse alors qu’en réalité il a augmenté?
Reuters, l’agence en question, travaille avec l’institut de sondage Ipsos pour la présidentielle du 8 novembre.
Ensemble, ils publient un sondage hebdomadaire.
La dernière vague de celui-ci réalisée du 11 au 15 juin donne, comme on l’a vu Hillary Clinton gagnante avec neuf ou dix points de plus que Donald Trump.
Mais Ipsos et Reuters publient aussi un état de l’opinion au quotidien.
Cette mesure donne parfois des résultats pour le moins bizarre et souvent en contradiction avec les sondages – d’ailleurs, aucun média ne le reprend ou n’en fait généralement état –, dont, dans une de sa dernière livraison du 17 juin, un léger resserrement entre Clinton et Trump mais avec la centriste nettement en avance sur le populiste démagogue (plus de dix points).
Mais quel que soit la véracité de cet état quotidien de l’opinion, on ne peut s’en prévaloir pour montrer une tendance que tous les autres sondages contredisent.
De plus, rien ne permet de prétendre que Donald Trump remonterait dans les sondages grâce à ses postures depuis le massacre d’Orlando, au contraire.
Car si les Américains sont un peu plus nombreux à vouloir une interdiction d’entrée des musulmans aux Etats-Unis, mesure portée par Trump, ils sont nettement plus nombreux que d’habitude à vouloir des mesures restrictives sur le port d’arme et ces dernières sont portées par Hillary Clinton…
Bien entendu, rien ne dit que dans les jours, les semaines ou les mois qui viennent, l’opinion publique ne changera pas d’avis et se rapprochera des thèses de Trump.
Mais, pour l’instant, ce n’est pas le cas et, même si les sondages sont souvent critiquables dans leurs résultats, les chiffres eux sont ce qu’ils sont et on ne peut leur faire dire le contraire de ce qu’ils disent, surtout quand on est journaliste.

Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC


Présidentielle USA 2016

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