Voici une sélection, ce 28 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Je viens de m’entretenir avec le Président de la région autonome du
Kurdistan irakien Nechirvan Barzani. Je lui ai fait part de mon soutien à la
suite de l’attaque inacceptable qui a visé sa résidence à Dohouk ce matin. Ce
développement très préoccupant s’ajoute à une recrudescence des attaques contre
les institutions irakiennes, comme celle qui a causé la mort de six Peshmergas
cette semaine et pour laquelle j’ai fait adresser au Président Barzani toutes
mes condoléances. La souveraineté de l’Irak, et du Kurdistan en son sein, sont
indispensables à la stabilité régionale. Tout doit être fait pour éviter que
l’Irak ne soit entraîné dans l’escalade en cours. La France demeure aux côtés
de ses partenaires irakiens.
> Comme on dit chez Disney : Ohana signifie famille ! À Marne-la-Vallée, nous ne célébrons pas seulement un parc iconique mais une ambition française et un collectif qui avance, investit et réussit. Première destination touristique d’Europe, 20 000 emplois directs, 70 000 emplois induits et 13 milliards d’euros investis en près de 40 ans dans le territoire. Avec 2 milliards d’euros consacrés à l’extension du parc, annoncés dans le cadre de Choose France, Disney confirme le choix de la France ! Derrière la féerie, il y a de l’emploi, de l’audace, de la fidélité et une fierté française. Merci à toutes celles et ceux qui écrivent cette histoire.
> [Propos à Disneyland Paris] (…) Ça fait presque 40 ans, en fait, que la décision a été prise. C'est en 1987 que le groupe Disney, décidant de quelques parcs, très peu, au fond, hors États-Unis, on s'est dit en Europe, on va le faire en France et ce sera ici. Et à partir du début des années 90, s'est créé ce parc qui est la première destination touristique d'Europe. Ce n'est pas un hasard si notre commissaire est là. Et c'est un très grand signal. C'est ici qu'on continue d'avoir le plus de visites touristiques en Europe. Et c'est aussi le fruit d'un partenariat inédit, public-privé.
Et donc j'ai évidemment beaucoup de reconnaissance
pour le groupe, l'entreprise, ses collaboratrices, ses collaborateurs, pour
l’ensemble des élus du territoire et pour les services de l'État, parce que
c'est à travers ce partenariat qu'on assure en effet acquérir du foncier,
accompagner, bâtir les logements pour les collaboratrices, les collaborateurs,
réussir aussi à construire les aménagements et puis, vous, investir. Et en
effet, en 2018, vous avez décidé d'investir encore.
Je vais quand même redonner les chiffres, ils sont vertigineux. Depuis le
début, c'est 13 milliards d'euros d'investis sur le territoire. C'est 13
milliards d'euros. Et donc dans ces 13 milliards, les deux derniers milliards,
c'est ceux de ces dernières années. Et au fond, c'est ce qui est derrière nous.
Marvel, la Reine, et le Roi lion qui arrivent. Ce plan qui va se décliner et
qui va permettre en effet de créer 1 000 emplois supplémentaires directs. Et on
parle là — et je le dis devant les élus du territoire, vous savez combien ils
en sont fiers et ils l'accompagnent — mais en effet de 20 000 emplois directs,
70 000 derrières, et des femmes et des hommes.
J'ai été impressionné en vous écoutant et en vous interrogeant tout au long du
parcours, qui restent fidèles à l'entreprise, qui s'installent, qui
construisent une histoire et avec aussi des partenaires que sont les
entreprises françaises qui permettent cette réussite, qu'ils soient dans le
bâtiment, les drones ou ailleurs. Et donc c'est un véritable écosystème de
réussite. Donc pour nous c'est très important. On parle parfois de ces
événements qu'on fait chaque année maintenant depuis 8 ans, les Choose France.
C'était une annonce de Choose France il y a quelques années. Et donc c'est du
réel qu'il y a derrière, en créations d'emplois, en investissement et en
développement. Donc c'est une très grande fierté pour la France d'être là. Et
ma présence à vos côtés, c'est aussi vous dire l'engagement de long terme de
notre pays, parce que ça marche. Et ça marche parce que tout le monde joue le
jeu, tout le monde est engagé. Et donc j'ai beaucoup de gratitude pour
l'entreprise, les élus, les services de l'État qui sont là, et pour l'ensemble
des collaboratrices et des collaborateurs.
Mon dernier mot, c'est pour vous souhaiter beaucoup de courage, le meilleur. Il
y a 5 lettres qu'on est en train de... mais je crois que ce ne serait pas très
correct de les dire. Mais vous voyez à quoi je pense, pour vous souhaiter
vraiment bonne chance à partir de demain pour le début d'une aventure
formidable. Et tous ceux qui ont permis de la bâtir sont, je sais, très fiers
de vous voir faire rêver, évidemment beaucoup de Françaises et de Français,
mais le monde entier. Merci à tous.
Un immense merci et bravo !
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Réunion sur les déficits publics] Merci de vous être rendus disponibles
pour cette réunion, à vrai dire qui était prévue de longue date, mais qui se
conjugue avec effectivement la sortie de l'INSEE ce matin sur le solde du
déficit public pour l'année dernière. On va y revenir dans un instant. C'est un
des éléments de contexte, évidemment, de cette réunion. Et je remercie le
directeur général de l'INSEE et les équipes pour le travail important qui a été
accompli ces derniers jours pour finaliser, évidemment, la cible.
Cette réunion, on l'a déclenchée initialement, évidemment, pour tenir compte du
contexte géopolitique et donc de ses impacts macroéconomiques. On va dire que
ce qui se passe au Moyen-Orient, évidemment, est plus préoccupant, je n'y
reviens pas, je me suis exprimé à de nombreuses reprises cette semaine à
l'Assemblée nationale et au Sénat.
Enfin, surtout, on a des crises qui se succèdent, mais qui se cumulent en même
temps, puisque tout ça, évidemment, n'écarte pas notre drame ukrainien. Tout
cela n'écrase pas non plus le débat sur les droits de douane, autre sujet que
nous avons à connaître et eu à connaître, évidemment, tout au long de l'année
2025. Et donc, évidemment, les éléments de contexte pèsent largement sur les
perspectives de finances publiques. Et à cela évidemment le défaut de majorité
à l'Assemblée nationale crée quelques contraintes supplémentaires. Juste
peut-être pour réagir sur 2025, et ayant eu, avec les ministres successifs,
l'honneur de diriger, de piloter cette affaire, en tout cas pour la fin de
l'année, septembre à décembre, et à travers ce chiffre, je veux aussi avoir une
pensée pour François Bayrou et pour l'ensemble des ministres qui nous ont
précédés.
Au fond, comment on arrive à ce résultat-là et quels en sont les ingrédients ?
De manière un peu principielle, je pense que c'est évidemment intéressant. On a
connu le « quoi qu'il en coûte ». Je crois qu'on peut dire que la maîtrise des
finances publiques en transparence doit se faire quoi qu'il arrive désormais.
Et le « quoi qu'il arrive », il a énormément de valeur parce que l'année
dernière a déjà été marquée par des bosses de choc.
Je parlais des droits de douane. Rappelez-vous l'impact que ça a eu de manière
considérable. Et au fond, le dialogue au sein des ministères, entre les
ministères, et je vais y revenir, avec la sécurité sociale et le monde des
collectivités locales, ce pilotage en transparence, il est absolument clé. Et
ça, j'ai bien vu, moi, sur les relevés mensuels septembre, octobre, novembre,
décembre, pour ce que j'ai eu à connaître, que cette transparence-là, elle est
absolument clé.
Donc, moi, je vous propose évidemment qu'on ne change pas de méthode. On le
fait déjà depuis le mois de janvier, mais c'est absolument évident. La deuxième
des choses, et ça, je vous en remercie, Monsieur le ministre de l'Économie et
des Finances, avec vos équipes, et les équipes, évidemment, du ministre du
Budget, c'est que les prévisions initiales sont prudentes, initialement
prudentes. Ça ne veut pas dire qu'elles sont dures, ça ne veut pas dire
qu'elles sont frugales, ça ne veut pas dire qu'elles sont fausses, ça veut dire
qu'on fait tout pour qu'elles soient vraies et qu'elles soient justes. Et comme
il n'y a pas beaucoup de bonnes nouvelles extérieures, je pense que ces bases
prudentes sont absolument indispensables. Et au risque d'avoir une bonne surprise
comme ce matin, enfin ce sont des bonnes surprises qu'il faut relativiser quand
on est encore à 5,1 % de déficit, aucune raison de se satisfaire ou de
s’auto-congratuler.
En tout cas, si ce matin l'INSEE nous avait dit que le déficit n'était pas à
5,4 mais à 5,5 ou 5,6, je ne doute pas des réactions sur les marchés
financiers, sur également aussi les chaînes info ou, en tout cas, dans le monde
politique. Garder la prudence et la solidité de ces prévisions me semble
absolument clé.
Et le troisième point, je le dis sans en abuser mais il faut quand même le
souligner, la stabilité politique crée mécaniquement des recettes, voilà. Je
crois que quand on regarde bien la manière dont le chiffre se construit sur
l'ensemble de l'année 2025, on l'a bien vu également sur les spreads avec
les différents moments dans lesquels les motions de censure ont pu être
déposées et autres, à un moment donné, et d'ailleurs on l'a ressenti nous-mêmes
dans la vie du pays, le fait que le bateau repartait et que ça refonctionnait,
a recréé des perspectives qui nous permettaient évidemment d'avoir des recettes
qui rentrent. Donc ça, c’est clé. Donc, je pense que le trio maîtrise
les dépenses en transparence quoi qu'il arrive, quelles que soient les crises
internes ou externes et à cela une sincérité dans les prévisions initiales et,
évidemment, la question de la stabilité, nous amène à mon avis à pouvoir
expliquer ce pourquoi ce matin c'est 5,1 % de déficit et pas 5,4 %.
Maintenant, évidemment, j'ai souhaité cette réunion. Merci de m'accueillir à
Bercy. C'est un moyen de soutenir aussi les équipes, parce que moi je n'aime
pas beaucoup le Bercy-bashing qu'on peut entendre ici ou là, parce qu'à
la fin des fins, il y a des parlementaires qui votent ou pas des lois de
finances ou des lois de financement pour la sécu. Il y a des ministres qui
endossent, donc la fonction publique, par définition, fait son travail.
Peut-être qu'il faut le rappeler dans des moments où certains veulent remettre
en cause, et vous l'avez rappelé ce matin, Monsieur le ministre, la probité, la
qualité même de ceux qui rendent le service public dans les collectivités
territoriales. Et donc je voulais le dire quand même au passage.
Pour 2025-2026, la transition de 2025 vers 2026, cette réunion va nous
permettre de documenter un peu l'impact macroéconomique éventuel, enfin,
éventuel, l'impact macroéconomique de ce qui se passe au Proche et au
Moyen-Orient, et éventuellement, en fonction des scénarios, l'intensité
soutenue, plus soutenue, ou de durabilité, évidemment, de cette crise. Et ce
sera intéressant, évidemment, de le confronter avec ce que font nos services de
renseignement par ailleurs.
Et de faire un point sur le premier trimestre, car nous sommes à la fin du
premier trimestre, et donc déjà commencer un tout petit peu à se donner des
points de visibilité. Et moi j'aimerais bien qu'on affine évidemment le
pilotage sécu. Je pense que la ministre de la Santé et le ministre des
Solidarités sont ici. On a déjà tenu une réunion il y a de ça quelques jours.
Sur les arrêts maladie, on voit bien que là, on a un agrégat macro. Je ne parle
pas des situations individuelles, évidemment, des Françaises et des Français
qui sont touchés par la maladie. Enfin, en macro, on a une dérive très
préoccupante sur le terrain budgétaire des arrêts maladie. Ça fait partie des
points, si on les traite trop tard dans l'année, on ne pourra pas avoir
d'action possible, utile et efficace. Donc ça, c'est évidemment des points sur
lesquels je veux revenir.
Puis les collectivités locales, municipales, élections sénatoriales. Il faut
être clair, on a épargné clairement les collectivités locales et singulièrement
les communes. C'est un choix qui a été fait. Donc, on a quand même un
tendentiel qui continue d'augmenter pour les collectivités locales. Donc, ça
évidemment aussi il faut se projeter, parce que ça veut donc dire au fond que
c'est l'État qui fait l'essentiel des économies. Le pilotage, on l'a fait
durement sur la sécu, mais dans les limites du périmètre politique que nous
connaissions sur le vote du PLFSS. Les collectivités locales, en lien avec nos
amis du Sénat, on a fait très attention à ce qu'elles ne soient pas
sollicitées. Ce qui, du reste, pour nos affaires de crise énergétique du
moment, vont permettre aussi de protéger les collectivités, n'en déplaise à ce
que certains ont pu raconter ces derniers jours.
Mais enfin, ça veut donc dire aussi que l'État consent, de toute façon on ne
ferait pas 5,1 ce matin si l'État ne faisait pas beaucoup d'économies. Et ça
c'est aussi un des points où il faut quand même bien le dire, parce qu'il y a
du gras à certains endroits, mais enfin à d'autres endroits, pour bien
connaître un certain nombre de ministères, on est déjà au bout de ce qu'on peut
demander. Donc ça, ça pose la question, et David AMIEL a commencé à le faire,
de comment on bâtit le projet de loi de finances pour 2027, comment on pilote
cette affaire en amont, et ça c'est évidemment pour moi un sujet absolument clé
dans la réunion de ce matin pour se donner de la visibilité et aller chercher
des voies de compromis, de discussion, en transparence évidemment avec le
Parlement.
Dernier point, tout ça ne vaut pas, si en même temps on ne fait pas quelques
réformes structurelles au passage. Certaines sont en préparation pour les
collectivités locales, d'autres sont sorties du conseil des ministres cette
semaine, liées notamment aux discussions entre partenaires sociaux. Je pense
très fort à l'assurance chômage, et bravo aux ministres pour le dialogue et la
fluidité avec laquelle tout ça est permis. Je rappelle juste quand même, parce
qu'il faut que les choses soient dites, la suspension de la réforme des
retraites s'est faite aussi pour permettre un dialogue social qui était
complètement bloqué depuis maintenant deux ou trois années, deux ou trois
années, de repartir. Bon, l'assurance chômage, en année de croisière, c'est
pratiquement 900 millions d'euros d'économies. C'est du structurel, les marchés
financiers le voient.
Ce ne sont pas les grands soirs que certains vont appeler de leur vœu, mais ça
tombe bien, pour les grands soirs, il y a une élection présidentielle. En tout
cas, nous, pour l'instant, on voit bien qu'on est capable de délivrer. La
semaine prochaine, le Parlement reprend le texte auquel je crois beaucoup, sur
les fraudes sociales et fiscales, dans lequel il y a des milliards d'euros
potentiels à aller chercher, là aussi, en vitesse de croisière. Tout ça, ce
sont des réformes structurelles, donc il faut également être capable de les
piloter, en parallèle, au fond, de la construction budgétaire pour l'année
prochaine.
Ceci étant dit, les ministres s'exprimeront ce soir sur les sujets plus
énergétiques. J'ai déjà vu, ici ou là, certains dire qu'il y aurait une
cagnotte, etc. Non, quand on est à 5,1 % de déficit, il n'y a pas de cagnotte.
Donc on a déjà eu quelques mensonges absolument ahurissants en disant que
l'État s'enrichirait à la faveur d'une crise énergétique. Ce serait bien la
première fois de l'histoire. Donc je dis : non. Je pense qu'on a passé notre
semaine à l'expliquer. Maintenant, on va avoir les mêmes, peut-être d'ailleurs,
ou pas toujours, enfin en tout cas leurs cousins, nous expliquer que parce
qu'on est à 5,1 % de déficit, il y a des marges de manœuvre. Bon, tout ça est
complètement stupéfiant. Enfin, on a plutôt l'habitude d'avoir affaire à un
débat politique qui est un peu stupéfiant. Ce qui d'ailleurs peut expliquer
aussi ce pourquoi les finances publiques en sont là, parce que celles et ceux
qui parfois nous ont fait la leçon sur le déficit à l'automne dernier sont les
premiers cette semaine à nous demander des chèques à l'aveugle, etc. Et parfois
pas forcément dans les formations politiques auxquelles, on pourrait s'y
attendre. Donc ça, moi, je veux qu'on garde justement ce pilotage quoi qu'il
arrive. Et ce soir, les ministres seront amenés à prendre la parole sur des
mesures d'accompagnement de filières et qui justement ont été bâties pour être
en fait des plans de soutien à l'activité. Certainement pas des choses
complètement irréalistes ou qui ne seraient d'ailleurs pas efficaces.
Au fond, c'est de se dire sur certaines filières : pêcheurs, agriculteurs,
transporteurs, parfois dans des zones géographiques particulières,
l'insularité, la Corse ou les outre-mer, au fond comment on fait pour que
l'activité ne s'arrête pas ? Et je pense que c'est aussi une des leçons des
travaux qui ont été faits pour 2025. C'est aussi l'activité et la croissance
qui permettent quand même malgré tout de tenir. Et donc, ça va être fait ce
soir sur des aides, je le dis tout de suite, qui seront donc sectorielles, qui
seront ciblées et qui seront par définition mensuellement renouvelables, mais
avec un pilotage très fin parce qu'au fond, cette guerre peut s'arrêter vite,
comme elle peut aussi durer longtemps. Et donc, il va falloir faire preuve de
créativité dans la manière d'accompagner ces différentes filières et s'y
prendre un peu autrement. Voilà.
En tout cas, merci à toutes et tous par la mobilisation et le travail accompli.
Je remercie la presse pour permettre de mener cette réunion.
> Déficit 2025 à 5,1 %, contre 5,4 % envisagé, meilleur que prévu. Dépenses publiques maîtrisées. Plus de sérieux, sans pour autant casser le modèle social et la croissance. Quand on tient une ligne simple — sérieux, stabilité, maîtrise — les comptes s’améliorent sans brutalité. Des résultats, pas des promesses ou de la communication politique inutile. La méthode paie. Mais la stabilité politique aussi. On continue — avec prudence — pour passer sous les 5 % en 2026. La situation géopolitique jouera, mais notre volonté collective aussi.
> Les décisions que nous prenons aujourd’hui
préparent notre défense pour demain.
- Munitions : +8,5 Md€ de commandes d’ici 2030, en complément des 16 Md€ LPM.
- Sol-air & drones : renforcement des capacités, production en masse et à
coût maîtrisé.
- DGA de combat : équipes déployées directement chez les industriels pour
accélérer la production et lever les verrous industriels.
- Plan « industrie duale » de 300 M€ + création de France Munitions pour
massifier les commandes et constituer des stocks stratégiques.
Face à une menace croissante, la France ne peut pas attendre.
> Le contexte international exige d’agir, pas de commenter. L’actualisation de la loi de programmation militaire sera présentée en Conseil des ministres dès le 8 avril, puis débattue au Parlement. Nous accélérons pour donner à nos armées les moyens de défendre nos intérêts et notre souveraineté.
> Le Gouvernement s’était engagé à traduire l’accord trouvé par les partenaires sociaux sur l'assurance chômage. C’est fait : le projet de loi a été présenté hier en Conseil des ministres et sera examiné dès la semaine prochaine au Sénat. Confiance dans le Parlement pour respecter cet équilibre issu du dialogue social.
> Face à la hausse brutale des prix de l’énergie,
le Gouvernement met en place, en avril 2026, des aides sectorielles et ciblées
pour soutenir l'activité économique des filières les plus exposées.
- Pêche : 4,7 M€ pour compenser la hausse des prix du carburant et permettre
aux bateaux de ressortir en mer
- Transport routier de marchandises et de voyageurs : 50 M€ d’aides
exceptionnelles pour les TPE/PME en difficultés
- Agriculture : 14 M€ afin de détaxer complètement le carburant des engins
agricoles
Avec une attention particulière aux territoires insulaires et ultramarins.
Un objectif : soutenir nos filières pour assurer le bon fonctionnement de notre
économie pour protéger notre souveraineté. Le Gouvernement adaptera ces mesures
au fur et à mesure.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Présentation du projet de loi RIPOST] j'ai présenté au Conseil des ministres, accompagné de Monsieur le ministre délégué, le projet de loi Ripost,
qui est un projet visant deux objectifs principaux, comme j'ai pu déjà le dire
hier soir, dans le cadre d'un journal télévisé à 20 h, qui vise à créer
d'abord ce projet de loi. On tire le constat d'une préoccupation extrêmement
forte de nos concitoyens en matière de sécurité, une préoccupation forte, et
une attente aussi forte des forces de sécurité intérieure en matière de
sécurité.
Beaucoup de choses ont été faites ces dix dernières années, évidemment, et
notre but, c'est toujours de faire plus, de faire mieux et de renforcer nos
dispositifs. Et ce projet de loi répond à cette ambition, en ayant pour but
d'abord de créer un choc d'autorité pour apporter un certain nombre de réponses
répressives ou administratives, mais en tout cas qui soient extrêmement
dissuasives sur un certain nombre de phénomènes qui créent des nuisances
importantes et qui parfois même conduisent à des drames, je pense notamment aux
rodéos urbains, à l'usage des mortiers d'artifice, aux violences dans les
stades, aux phénomènes des squats ou encore à l'usage du protoxyde d'azote.
Et puis ce projet a un autre objectif, il y a une autre dimension, c'est
aussi de créer un choc d'efficacité important pour les forces de sécurité
intérieure, en les dotant d'un certain nombre d'outils supplémentaires,
j'insiste, supplémentaires, c'est une couche supplémentaire que nous apportons
à l'édifice de sécurité qui a été bâti depuis 2017. Et donc, nous leur offrons
un certain nombre de moyens techniques ou juridiques, techniques et juridiques,
supplémentaires, et j'y reviendrai très rapidement dans quelques instants.
Concernant les mesures fortes que nous prenons en termes de choc
d'autorité, mesures d'autorité, vous dire qu'il y a le traitement du protoxyde
d'azote, d'abord, qui actuellement n'est régi par aucun texte, il n'y a aucune
mesure législative, il n'y a simplement que des préfets qui prennent des
arrêtés, ou des maires qui prennent des arrêtés, qui ne sont sanctionnés que
par des simples contraventions.
Donc, nous créons trois délits, trois délits, le délit d'inhalation du
protoxyde d'azote, le délit de conduite sous l'emprise du protoxyde d'azote, et
puis le délit de transport sans motif légitime du protoxyde d'azote. Ce sont
trois délits qui sont créés. Et par ailleurs est mise en œuvre une nouvelle
procédure administrative, qui est une procédure de fermeture administrative
pour tout type de commerce, qui commercialiserait illégalement le protoxyde
d'azote, et vous savez que l'essentiel des consommateurs se procurent en
réalité le protoxyde d'azote par le biais de commerces, qui en font évidemment
un commerce totalement illicite, donc il y a une procédure de fermeture qui est
mise en place.
Concernant les mortiers d'artifice, souvent d'ailleurs dirigés contre les
forces de sécurité intérieure, il y a d'abord un durcissement des sanctions
pénales, à la fois pour l'usage, et à la fois pour le port, le transport, là
encore sans motif légitime. Les sanctions pénales seront augmentées
significativement, et puis surtout, parce qu'on veut des mesures qui soient
dans l'immédiateté. Il y aura deux procédures administratives, notamment la
procédure de dessaisissement des mortiers, qui obéissent strictement aux
régimes de dessaisissement des armes à feu. On aura exactement le même régime à
la main des préfets, et puis une procédure de fermeture administrative pour les
commerces qui commercialiseront ce type de produits en toute illégalité.
Un mot également sur les rodéos. Très rapidement, les rodéos urbains
rentrent maintenant dans le champ des amendes forfaitaires délictuelles, donc
c'est un délit, évidemment, les rodéos urbains. On aura la possibilité
d'éteindre l'action publique par la mise en œuvre d'une action forfaitaire
délictuelle, d'un montant de 800 euros, et surtout, les préfets auront la
possibilité immédiatement, administrativement, d'interdire aux personnes qui se
sont livrées à des rodéos urbains de leur interdire la conduite de véhicules
terrestres à moteur, quelle que soit la situation de ce véhicule ;
conduite permis, sans permis, on aura la possibilité d'interdire cela.
Donc, voilà pour les mesures qui sont un peu choc d'autorité. Il y en a
d'autres sur la violence dans les stades, mais je ne les détaille pas compte
tenu du temps. On pourra évidemment répondre à vos questions, et vous aurez de
toute façon un dossier de presse qui revient sur ces mesures. Concernant le
choc d'efficacité que nous recherchons, choc d'efficacité pour les forces de
sécurité intérieure, c'est les doter de moyens supplémentaires. Il y a toute
une série de mesures importantes qui étaient attendues, qui ont été discutées,
qui sont remontées du terrain, des discussions qu'on a pu avoir avec les forces
de sécurité intérieure, et connaissant mon parcours, vous imaginez que c'est
aussi le fruit de mes réflexions personnelles tout au long de ma carrière de
haut fonctionnaire. Nous créons la possibilité pour les policiers et les
gendarmes de procéder à des contrôles sans réquisition des procureurs dans une
bande territoriale frontalière, et le long du littoral, et aux abords des
aéroports, des gares et des ports. Il y aura donc une possibilité de contrôle,
un contrôle assez poussé, contrôle de véhicules, contrôle d'identité, et
éventuellement même fouille au corps.
Voilà, c'est une mesure extrêmement importante qui va nous permettre de
mieux lutter contre la criminalité organisée, et contre toute forme, tout type
de délinquance. Il y avait un élément qui n'avait pas forcément été prévu dans
le cadre de la loi Narcotrafic, c'était le trafic de médicaments en bande
organisée. Donc, nous étendons les dispositions de la loi Narcotrafic, et
notamment les techniques spéciales d'enquête mises en œuvre par les forces de
sécurité intérieure. Nous l'étendons au trafic de médicaments en bande
organisée. Nous étendons la possibilité de garde à vue pour la délinquance
financière, donc CrimOrg, délinquance financière, blanchiment. C'était
48 heures, on passe à 72 heures. Ce sont des délinquances qui sont,
techniquement parfois, compliquées à mettre en œuvre, et donc il y a une
extension de la garde à vue.
Et puis deux mesures extrêmement importantes, en matière de dispositifs de
LAPI : tous les dispositifs de relevé automatique des plaques
d'immatriculation, l'usage des LAPI va être étendu, le champ infractionnel
concerné est étendu, notamment au cambriolage, aux soustractions d'enfants, aux
évasions, d'une part.
D'autre part, nous étendons la durée de conservation des données, qui ont
été ainsi collectées, à une année, et nous prévoyons la possibilité d'en faire
un usage au moyen de traitements automatisés, évidemment dans le cadre de la
loi de 78, et sous contrôle et autorisation de la CNIL. Mais c'est un
dispositif qui va permettre aux forces de sécurité de mieux travailler sur les
axes routiers, notamment pour lutter contre la délinquance et la criminalité
organisée. Vous savez qu'en matière de «Go fast», par exemple, ce sera un
dispositif qui sera évidemment très, très utile.
Et puis, dernier point sur lequel, encore une fois, je ne veux pas
m'étendre… Le dernier point, c'est la vidéoprotection assistée, qui va être
étendue. Vous savez qu'on l'a expérimentée pendant les Jeux olympiques, qu'elle
sera de nouveau, évidemment, mise en œuvre pour les Jeux Olympiques de 2030.
Mais nous l'étendons – ça correspondait à une demande de beaucoup d'élus
locaux, ça correspondait à une demande des forces de sécurité intérieure –
nous l'étendons à titre expérimental jusqu'en 2030 à tous les bâtiments ou
lieux ouverts au public, qui seront désignés par arrêtés du ministre de
l'Intérieur, dès que nous avons des craintes de risque terroriste ou de menaces
graves d'atteinte aux personnes. Donc là encore, je rappelle que cette vidéo
assistée, c'est une aide à la décision des opérateurs. Il n'y a pas de
reconnaissance faciale. C'est ce qui permet de détecter à la vidéoprotection,
pour les opérateurs, un mouvement de foule, une pénétration dans une zone
interdite ou tout comportement anormal dans les lieux que j'ai cités. Donc
voilà, extension de cette vidéoprotection assistée, dont je redis bien que ça
n'est qu'une assistance. Et en discutant ce matin avec le ministre délégué,
nous avions trouvé cette comparaison qui était très pertinente, qui était celle
de la VAR au football. C'est une alerte de l'arbitre pour aller vérifier qu'une
situation est anormale ou ne l'est pas. Et donc ce n'est que ça, mais c'est
déjà extrêmement important pour l'ensemble des forces de sécurité intérieure.
Voilà ce que je voulais vous dire rapidement. On va dédiffuser le dossier
presse. C'est un texte qui est extrêmement important, qui comporte des mesures
qui sont très attendues, qui s'inscrivent dans une continuité, qui va être
évidemment... qui aura bien toutes vos vocations à s'articuler avec le texte
sur les polices municipales, qui renforce les attributions des polices
municipales.
Et puis d'autres textes, comme la proposition de loi qui est présentée par
Michel Barnier, ancien Premier ministre, et puis Charles Rodwell, sur notamment
la prorogation donc des délais de rétention et qui comporte d'autres mesures en
matière de lutte antiterroriste.
Voilà, on a toute une batterie de textes législatifs qui visent à renforcer
les pouvoirs régaliens. Par ailleurs, et j'en terminerai par là, j'ai présenté
au Conseil des ministres le bilan des élections municipales, qui se sont
matériellement, qui se sont très bien passées. J'en ai profité pour le
présenter au président de la République, au Premier ministre et à l'ensemble du
Gouvernement. Redire que tout s'est évidemment très bien passé. Remercier
l'ensemble des agents du ministère de l'Intérieur qui ont été engagés,
l'ensemble des élus locaux qui jouent un rôle évidemment majeur et puis
l'ensemble des bénévoles. Donc au total, d'autant plus que cette année, on
avait trois réformes législatives qui s'appliquaient, dont la réforme sur
Paris-Lyon-Marseille et puis le scrutin de liste paritaire aux communes de
moins de 1 000 habitants, qui a concerné 71 % des communes
françaises. Donc voilà. Les élections se sont très bien passées, avec les taux
de participation qui avaient été donnés, que vous avez toutes et tous eus.
Je veux simplement retenir deux éléments chiffrés, peut-être pour retenir
votre attention. D'abord, vous dire qu'on a eu 1,1 million de procurations
qui ont été établies depuis le 1er janvier 2026, dont 71 % l'ont été
de manière dématérialisée totalement ou partiellement. Ça, c'est le premier
chiffre que je vous donne. Le deuxième chiffre, c'est se satisfaire qu'au
total, les femmes représentent 48,16 % des élus. Si on prend les têtes de
liste, on a eu 24,20 % de tête de liste élue qui sont des femmes. Et c'était
21,28 % en 2020. Voilà ce que je voulais vous dire. Un mot également pour
évoquer le fait que je n'ai pas pu, évidemment, taire pendant ce Conseil des
ministres le climat de la campagne. L'organisation matérielle de l'élection
s'est bien passée. Le climat a parfois été un peu plus compliqué. On a relevé
un peu plus d'incidents dans le cadre de cette campagne municipale. Donc ceci a
été relevé.
Et vous dire également qu'en tant que ministre de l'Intérieur, je serai
évidemment extrêmement attentif, et donc patron des préfets, qui exerce le
contrôle de l'égalité. Je serai évidemment très attentif aux décisions, et les
préfets le seront, qui pourront être prises par un certain nombre de
municipalités dont les maires ont pu tenir des propos qui ont pu légitimement
choquer, notamment quant à ce qu'est la fonction publique territoriale, quant à
ce qu'est le statut de la fonction publique territoriale. Je rappelle que dans
notre pays, il y a un État de droit et qu'on applique des règles légales et
réglementaires et que les fonctionnaires territoriaux, les fonctionnaires de
l'État, les fonctionnaires hospitaliers bénéficient de statuts qui sont aussi
des statuts protecteurs et qui visent aussi à garantir une continuité de
l'action publique et à les protéger. Et je veux dire ici qu'évidemment, les
propos qui ont pu être tenus sur des agents municipaux qui auraient vocation à
prendre la porte parce qu'ils n'ont pas partagé telle ou telle option, sont
évidemment tout à fait inappropriés et seront scrutés avec la plus grande
attention par les préfets de la République dans le cadre du contrôle de
l'égalité.
> La loi Grelier a été votée à l’unanimité pour permettre la pluralité d’exercice des médecins sapeurs-pompiers. Elle les autorise à réaliser un premier niveau de médecine du travail, la médecine d'aptitude et la médecine de soins, au bénéfice des sapeurs-pompiers et des personnes secourues. Ces médecins pourront ainsi assurer avec l'appui des infirmiers et des psychologues un meilleur suivi santé des sapeurs-pompiers et continuerons à apporter des soins d'urgence à la population lors des secours.
> Bravo à l’intervention rapide d’un équipage de la préfecture de police qui a permis de déjouer une action violente à caractère terroriste cette nuit à Paris L’enquête se poursuit, sous l’autorité du PNAT et a été confiée à Direction de de la police judiciaire de la préfecture de police et à la DGSI. La vigilance demeure plus que jamais à haut niveau. Je félicite l’ensemble des forces de sécurité et de renseignement totalement mobilisées sous mon autorité dans le contexte international que nous connaissons.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Les questions de défense ne concernent pas les seules armées, les
diplomates ou les experts, mais bien la Nation dans son ensemble, et
singulièrement notre jeunesse qui est son avenir.
> Lorsque la souveraineté d’un de ses Etats est contestée, c’est toute l’Europe qui doit se sentir concernée. Dans ces moments, la France se tient aux côtés du Danemark et aux côtés du Groenland. Et elle continuera de le faire. (…) Le chemin qu’empruntent ensemble le Danemark et la France, et avec eux les Européens convaincus de la nécessité d’un réveil stratégique, a de beaux jours devant lui.
> [Hostilités au Moyen-Orient] La position de la France est
de protéger nos ressortissants, d’abord (…), protéger nos intérêts, ensuite dans
une région où se jouent les équilibres majeurs pour notre sécurité, pour celle
de nos partenaires et pour la stabilité internationale. (…)
La ligne de conduite de la France est non escalatoire et strictement défensive.
La France ne cesse de rechercher une issue diplomatique à la crise. (…)
Dans le reste du monde, le champ des règles apparaît désormais comme un champ
de ruines. (…)
> En Ukraine, la menace russe est durable. L’issue de cette guerre
façonnera, pour longtemps, l’architecture de sécurité de notre continent.
> Depuis longtemps, la France porte une conviction : celle d’une Europe capable de prendre son destin en main. (…) Il n’y aura pas d’Europe de la défense crédible sans une base industrielle et technologique de défense européenne robuste, réactive et pleinement capable de répondre aux exigences du temps. Au fond, notre première arme doit être l’usine. (…) Les Européens sont en train de prendre pleinement conscience de leur puissance. (…) Le réveil stratégique européen est notre meilleure chance. À nous d’en faire une force.
> Défense : la souveraineté européenne en marche. Je salue la validation par la Commission européenne du plan national d'investissement français pour la défense dans le cadre du programme SAFE. Avec l'obtention de ce prêt, la France financera des acquisitions conjointes d'équipements militaires pour des livraisons d'ici 2030. Ce prêt permettra d'acquérir des capacités dont nos militaires ont besoin, et de garantir la montée en puissance de la base industrielle et technologique de défense européenne, condition de notre souveraineté.
> La France et l’Arménie partagent des liens anciens et profonds. Avec son ministre de la Défense, nous poursuivons le travail engagé pour soutenir l’Arménie dans son effort de défense dans la durée : formation, conseil, équipement.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Le déficit public de 2025 s’établit à 5,1% du PIB contre une prévision à
5,4%. Les efforts payent : notre trajectoire est tenue et maîtrisée grâce à une
gestion rigoureuse de nos finances publiques et le déficit est une nette
amélioration par rapport à 2024 (5,8 %).
La résilience de l’économie française, dont la croissance a également été
meilleure que prévue, la maitrise et le pilotage des dépenses en transparence,
des prévisions fiables et sincères et la stabilité politique sont des éléments
essentiels qui nous ont conduit à ce déficit de 5,1%.
L'objectif du Gouvernement reste le même : respecter notre engagement de
revenir sous la barre des 3% en 2029.
Avec le Premier ministre Sébastien Lecornu et les ministres Jean-Pierre
Farandou, David Amiel, Françoise Gatel et Stéphanie Rist nous avons entamé les
travaux préparatoires au prochain budget.
Nous faisons face à une guerre au Moyen-Orient qui aura une incidence sur
l'économie française, sa croissance et son inflation. Bien que la France aborde
cette crise avec des bases solides, nous restons vigilants. Notre prochain
budget prendra en compte les impacts possibles.
Au travail pour trouver des voies de compromis avec le Parlement et ainsi bâtir
et piloter ensemble le prochain budget de la Nation.
> Depuis quelques jours, on fait face clairement à un conflit qui a changé de nature et donc, les conséquences économiques, elles aussi, ont changé. On a aujourd'hui 30 à 40 % des capacités de raffinage dans le Golfe qui sont endommagées ou détruites. J'ai échangé avec le ministre qatari de l'Énergie. C'est 17 % des capacités de production de gazières qui sont détruites aujourd'hui suite aux attaques menées sur ces installations, qui prendront des années, on parle de 3 ans, pour les remettre en ordre. Évidemment, celles qui sont arrêtées prendront moins de temps, mais on parle de plusieurs mois pour relancer notamment des installations gazières qui ont été arrêtées de manière urgente par le Qatar. Et donc, on se retrouve face à un marché du pétrole aujourd'hui dans lequel il manque tous les jours 11 millions de barils, malgré les efforts de l'Arabie saoudite, notamment pour réouvrir un pipeline qui permet d'exporter du pétrole vers la mer Rouge, et du gaz, évidemment, qui manque aussi. Ça se traduit par des mesures importantes en Asie. Vous savez que l'Asie est le premier client du Golfe, à la fois pour le pétrole et sur le gaz, des mesures de rationnement, des mesures de réouverture de centrales à charbon, des mesures de télétravail, de limitation de la climatisation de l'ascenseur, etc., etc. On a vu aussi dans un certain nombre de pays européens qui, sans être dans des situations similaires à ce qu'on a en Asie, sont plus exposés que la France. L'Italie, aujourd'hui, importe son gaz en partie du Qatar. Pour vous donner des ordres de grandeur, l'Italie et la Grèce, la production électrique, c'est 45 % qui dépend du gaz. En France, on est à moins de 5 %. Et donc, on se retrouve avec des pays européens qui, eux aussi, ont mis en place un certain nombre de mesures parce qu'ils font face à des situations différentes : mesures de rationnement en Asie, mesures de soutien direct en Italie, en Grèce et dans quelques autres pays. En France, on n'en est pas là. Et heureusement, d'abord un point sur les enjeux d'approvisionnement. On est à 97 % d'approvisionnement des stations-service. On a libéré de manière très ponctuelle 250 000 barils dans des régions où il y avait des manques ponctuels dans certains réservoirs afin de permettre un approvisionnement total des stations-service, mais on n'a aucun problème d'approvisionnement à court terme en France sur le gasoil, sur le jet ou sur l'essence. Impact économique de cette crise à ce stade : vous avez vu la note de conjoncture de l'INSEE qui est sortie hier. On est en phase avec les prévisions du gouvernement sous-jacentes au budget, puisque la note de conjoncture prévoit ce qu'on appelle un acquis de croissance à la fin du premier semestre de 0,9 % de croissance. Notre prévision sur l'ensemble de l'année, c'est 1 %. On est évidemment parfaitement en phase. Sur l'inflation, on verra évidemment ce qu'il en sera en fin d'année, mais l'INSEE prévoit une hausse de l'inflation d'ici la fin du premier semestre, ce qui l'amènerait aux alentours de 2 %, 1,9 % pour être précis. On va évidemment suivre ça de très près. À ce stade, les enquêtes de conjoncture ne montrent pas de décrochage, mais on sent bien évidemment que le ralentissement est possible. Il est trop tôt pour avoir un impact précis de cette crise, à la fois sur la croissance – on va suivre ça de très près – mais aussi sur les finances publiques. On a annoncé avec mon collègue des comptes publics, David Amiel, un comité d'alerte sur les finances publiques qui se réunira le 21 avril et qui permettra de faire un premier bilan de l'impact sur les recettes et sur les dépenses, au moins pour le mois de mars, puisque le mois de mars sera terminé dans son ensemble. On sait déjà que les taux d'intérêt ont fortement monté, vous l'avez vu, notamment en France, même si c'est moins qu'en Italie, qu'en Grèce ou qu'au Royaume-Uni. Mais, les taux d'intérêt ont monté partout dans le monde. Et ça, évidemment, ça peut peser sur les coûts de financement de la dépense publique. Ça peut aussi peser sur la croissance et la conjoncture. Voilà. Donc, à ce stade, on est évidemment dans une logique de suivi au quotidien sur les conséquences internationales et nationales de cette crise. La libération des stocks stratégiques : 400 millions de barils annoncés il y a une quinzaine de jours a limité un temps la volatilité des marchés, mais les marchés restent extrêmement volatils. On l'a vu ces derniers jours et on va suivre ça de très près en adaptant évidemment les mesures prises face à cette crise en fonction de notre évolution et notre évaluation des risques.
> [Choc pétrolier] J'ai bien vu que l'utilisation de ce terme hier en audition de la Commission des Finances avait suscité un certain émoi et des débats importants ce matin. Et donc, je vais être très clair, moi, je regrette d'avoir utilisé ce terme. Il s'appliquait, dans mes mots, à la situation internationale et en aucun cas à la situation française, mais il a visiblement déclenché un débat autour de la situation française. Moi, depuis le début de cette crise, je m'efforce d'être lucide, transparent, ni de rassurer, ni d'inquiéter, mais de présenter du mieux possible les enjeux économiques, financiers et énergétiques d'une crise qui évolue tous les jours. La France, elle est mieux préparée, elle est moins exposée, je l'ai dit tout à l'heure, à la fois que ses voisins européens et a fortiori évidemment que les pays asiatiques qui sont directement concernés. Donc ce terme de choc, il est valable dans un certain nombre de pays asiatiques, oui, où on a des mesures de rationnement, on a des mesures d'économie, on relance des centrales à charbon, on a des mesures de télétravail, on a des mesures importantes dans un nombre important de pays. Évidemment, et j'allais dire heureusement, on n'en est pas là en France. Et donc la réponse à votre question, c'est non, on n'en est pas là. Et heureusement.
> [Prix des carburants] Sur la question de savoir si l'État s'en met-il plein les poches, j'aimerais vous dire que oui, mais non, évidemment. Vous regardez toutes les crises pétrolières, tous les chocs énergétiques qu'on a connus depuis 1973. Il y en a eu une dizaine. À chaque fois, ça s'est traduit par moins de recettes, in fine, et plus de dépenses. On va là-dessus ne rien vous cacher. On va convoquer un comité d'alerte des finances publiques. On avait prévu de le faire de toute façon pour suivre au cœur d'eau l'exécution du déficit public cette année comme on l'a fait l'année dernière. Et à cette occasion-là, on aura un premier bilan des recettes du mois de mars. Et évidemment, là-dessus, comme sur tout le reste, on sera transparent. Il est trop tôt pour vous dire exactement comment ça se traduit en termes de recettes et dépenses. J'espère qu'on aura une première estimation d'ici là. Ce que je peux vous dire, pour autant, c'est qu'on fait des estimations. On a des bonnelles économétriques qui tournent, qui nous permettent de dire qu'est-ce qui se passe en moyenne si ? Les chiffres que je peux partager avec vous aujourd'hui, c'est que 10 dollars de hausse du baril, pour toujours, ça se traduit, je l'ai dit déjà hier, par 0,1 % de croissance en moins, 0,3 % d'inflation en plus. À court terme, 200 millions de recettes fiscales en plus, mais dans la même année, 0,8 milliard, donc 800 millions de dépenses en plus. Donc, dès la première année, ça coûte à l'État. Et évidemment, le trou se creuse, parce que ça a un impact plutôt négatif sur la croissance, positif sur l'inflation et donc positif sur les mesures d'indexation des prestations sociales. Et donc, la première année, plus 0,2 sur les recettes, plus 0,8 sur les dépenses, c'est à peu près 600 millions de moins dans les Caisses de l'État ; la deuxième année, on parle de 3 milliards ; et la troisième année, de 4 milliards. Ces chiffres sont à prendre avec toutes les pincettes qu'elles méritent. Ce sont des estimations. Mais ça donne bien une idée, j'allais dire malheureusement, mais c'est la réalité de ce qu'il faut attendre de ce type de choc.
> Le Gouvernement a présenté le vendredi 27 mars
2026 un plan pour aider les secteurs les plus touchés par la hausse des prix
des carburants.
Pour nos pêcheurs, nous déployons une aide équivalente à 20 centimes par litre
sur les factures de carburant en avril.
Pour nos agriculteurs, le carburant agricole sera totalement exonéré de droit
d’accise en avril.
Pour nos TPE et PME dans le transport, nous mobilisons une aide forfaitaire par
véhicule équivalente à 20 centimes par litre en avril.
Dès les premiers jours de la crise, le Gouvernement s’est mobilisé : reports de
charges, étalements des échéances fiscales et prêts pour ces secteurs jusqu’à
50 000 € avec BPI France.
A l’international dans le cadre de la présidence française du G7, nous avons
permis le déblocage de stocks stratégiques de carburants afin de faire
redescendre la pression sur les cours du pétrole.
Enfin, cette crise énergétique doit nous pousser à accélérer sur
l’électrification de notre économie afin de réduire notre dépendance aux
énergies fossiles que nous importons.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Déclaration conjointe des ministres des Affaires étrangères du G7 sur
l’Iran] Nous, ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, du Canada, des
États-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni et haute
représentante de l’Union européenne, nous sommes réunis sous présidence
française du G7 à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay (France) les 26 et 27 mars 2026.
Nous avons échangé sur la situation en Iran et au Moyen-Orient.
Nous avons souligné qu’il est important d’atténuer les conséquences du conflit
pour les partenaires régionaux, les populations civiles et les infrastructures
critiques et qu’il est nécessaire de coordonner les efforts en matière d’aide
humanitaire.
Nous appelons à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les
infrastructures civiles. Rien ne justifie de prendre pour cible des civils de
manière délibérée lors de conflits armés ni de mener des attaques contre des
installations diplomatiques.
Nous nous sommes penchés sur l’intérêt de nouer des partenariats diversifiés,
de coordonner nos efforts et de soutenir des initiatives, notamment afin
d’atténuer les chocs économiques mondiaux qui ont des répercussions directes
sur nos concitoyens, comme les perturbations touchant les chaînes
d’approvisionnement économiques, énergétiques, commerciales et en engrais.
Nous avons réaffirmé la nécessité absolue de rétablir de manière permanente la
liberté de navigation gratuite et sûre dans le détroit d’Ormuz, conformément à
la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations Unies et au droit de la
mer.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Journée mondiale de lutte contre l’endométriose.
Une maladie qui touche 1 femme sur 10, trop longtemps ignorée. Depuis 2022,
nous agissons pour mieux diagnostiquer, former et accompagner. Notre cap :
réduire l’errance diagnostique, mieux prendre en charge la douleur et faire
progresser concrètement la santé des femmes.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> Le déficit 2025 s’améliore à 5,1 %, grâce d’abord à l’effort de l’État.
Transparence et sérieux sont gages d’efficacité. Prochaine étape : le Comité
d’alerte du 21 avril pour poursuivre la trajectoire.
> On ne rajoutera pas de la dette à la dette. Un principe simple : si des aides ciblées étaient nécessaires, alors pour toute dépense nouvelle il y aurait l’annulation d’une autre dépense prévue, à l’euro près, avec décret d’annulation.
> e déficit public s'élevait à 5,8% en 2024, le budget pour 2025 prévoyait une baisse à 5,4 et on apprend ce matin que ce sera mieux qu'espéré, à 5,1%. C'est une bonne nouvelle (...) L'État a tenu la dépense.
> Nous ne laisserons rien passer. Les agents publics sont au service de l’intérêt général, non d’un parti politique. J’ai adressé au nouveau maire de Saint Denis un courrier rappelant des principes républicains fondamentaux.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Aimer librement ne sera jamais une provocation. Vivre sans se cacher ne
sera jamais un privilège. Ce sont des droits que la République doit partout
garantir.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Sa consommation détournée est encore perçue comme festive. Mais, le
protoxyde d’azote détruit, abîme, pollue. Derrière l’apparente banalité, un
véritable fléau. Santé publique, sécurité, pollution du quotidien, tous ces
enjeux sont concentrés dans ces ballons. C’est pourquoi, je me rends à Lille
avec le réseau Protoside pour rappeler la mobilisation totale du ministère de
l’Intérieur et mon plein engagement.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Séminaire des Directeurs régionaux de l’économie, de l’emploi, du
travail et des solidarités. Ce temps d’échange permet de coordonner l’action de
l’État et ses partenaires dans les territoires et lever les freins à
l’efficacité des politiques publiques. L’objectif est de s’appuyer sur
l'expertise de ce réseau stratégique pour mieux accompagner chaque jeune vers
l'emploi et garantir la qualité des parcours de formation. Soutien aux
équipes mobilisées au quotidien.
Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et
des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée
de la Mer et de la Pêche)
> Face à la hausse des carburants, le Gouvernement soutient les pêcheurs
La hausse des prix du carburant, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, frappe
de plein fouet la pêche française. Le carburant représente jusqu'à la moitié
des charges des navires. Et, lorsque les bateaux ne sortent plus pêcher, c'est
toute la filière qui est touchée : pêcheurs, mareyeurs, transformateurs, ports.
Ce matin, j'étais aux Sables d'Olonne avec les pêcheurs. J’ai entendu leurs
inquiétudes. J’ai pu voir qu’ils adaptent déjà leurs pratiques pour économiser,
mais ils ont atteint les limites de ce qu'ils peuvent faire seuls. Merci au
patron pêcheur du SeaHorse de m’avoir fait visiter son bateau. Merci au
président du @corepem José Jounau et à la filière ligérienne pour son accueil.
Ce soir j’étais aux côtés de mes collègues ministres pour annoncer de nouvelles
mesures avec un objectif : aider les pêcheurs à traverser la tempête et à ne
pas rester à quai. Pour cela, le Gouvernement met en place un remboursement de
0,20€ par litre sur les factures de carburant pour un mois.
Dès lundi, je me rendrai à Bruxelles pour faire valider ce dispositif et
rappeler à la Commission européenne l’urgence d’engager la décarbonation de
notre flotte, pour ne plus subir ces crises énergétiques.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Le frelon asiatique est une menace pour la sécurité des Français, leur
santé, la biodiversité et nos apiculteurs.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous ne sommes pas à l’initiative de cette
guerre : notre rôle est d’appeler à la désescalade, de dialoguer avec tous et
de protéger nos ressortissants
> [Hostilités au Moyen-Orient] Dès l’annonce de
l’offensive, nous avons mis en place une cellule de crise pour protéger et
rapatrier en priorité les Français les plus vulnérables. (…)
La grande majorité des Français ont pu rentrer, mais la situation reste
évolutive pour les 390 000 qui vivent dans la région. (…)
Où que vous soyez, la France vous considère comme un citoyen à part entière et
sa priorité reste de vous protéger en cas de crise.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Domingas, Elisabeth, Clément, Mouchia, Daisy, Sophie, Laetitia… Ils et
elles sont le visage des 500 000 aides à domicile qui prennent soin au
quotidien de nos concitoyennes et concitoyens en situation de handicap et de
nos ainés.
Dans le sillage de la journée nationale des aides à domicile du 17 mars, je
souhaitais les remercier et échanger sur leur quotidien et les leviers d’une
meilleure valorisation de leur métier.
J’ai également pu accompagner Edmonde et Fanny dans leur quotidien
d’auxiliaires de vie. Une immersion, gage d’une juste appréciation des réalités
de terrain et des relations de confiance qui se nouent avec les bénéficiaires.
Ma volonté est de donner pleinement la place aux aides à domicile dans les
instances durables de concertation et de gouvernance de la transition
démographique que nous mettrons en place. Par leurs compétences et leur
expertise, les aides à domicile seront un des piliers de notre mobilisation
avec et pour nos ainés.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Accord avec les
partenaires sociaux] J'ai eu l'occasion de présenter en Conseil des ministres
un projet de loi qui vise à ratifier en quelque sorte un accord, un accord
social passé fin février, le 25 février pour être précis, pour aménager
les processus d'indemnisation des demandeurs d'emploi issus de ruptures
conventionnelles individuelles. Ce qu'il faut retenir d'abord, c'est le succès
du dialogue social. Je pense que, en tant que ministre du Travail, et tout le
Gouvernement et le Premier ministre avec, ont pu saluer la capacité des
partenaires sociaux à converger, à se mettre d'accord. C'est un bel accord
signé par les 3 organisations patronales et 3 organisations
syndicales. Donc c'est un bon accord, un bel accord. Je veux en rendre hommage,
d'ailleurs, aux partenaires sociaux. C'est le sens des responsabilités,
puisqu'il s'agissait d'ajuster ces dispositifs. Pourquoi les ajuster ?
D'abord, un enjeu économique. Les ruptures conventionnelles individuelles
représentent 26 % des dépenses de l'assurance-chômage, donc
9,4 milliards d'euros, donc c'est une somme considérable, qui a beaucoup
augmenté depuis la création de ces ruptures conventionnelles. Quand on regarde
les causes de cette augmentation, on peut considérer que par rapport à l'esprit
originel, qui était une espèce de rupture à l'amiable ciblée, il y a eu une
extension des usages. Des études ont pu montrer que, dans beaucoup de cas, on a
quelque chose qui ressemble davantage à une démission qui se transforme en une
rupture conventionnelle, quelque chose qui peut ressembler à un licenciement
qui se transforme en une rupture conventionnelle. Donc c'est un problème. On
s'éloigne de l'esprit originel. Aussi, on peut regarder de manière très
factuelle que les durées de séjour en assurance-chômage sont plus longues pour
les gens issus des ruptures conventionnelles de quelques mois, donc il y a une
charge supplémentaire sur l'assurance-chômage, et c'est d'autant plus curieux
qu'en moyenne, on a affaire à des gens plus diplômés, plus présents en région
Île-de-France, donc en fait, qui ont davantage de facilité à retrouver un
emploi. Donc là, il y avait une espèce de paradoxe qui commençait à
s'installer. Nous avons demandé aux partenaires sociaux, par courrier signé par
le Premier ministre, de s'emparer de ce sujet. Ils l'ont fait. On avait demandé
un quantum d'économie que nous avions chiffré à 400 millions d'euros. Il a
été atteint. En tout cas, très rapidement, on sera au-dessus de
400 millions d'euros. Et même en année pleine, au bout de 4 ans
environ, le temps que le deal politique se déploie pleinement, on sera
légèrement en dessous d'un milliard d'euros. On sera entre 800 et
900 millions d'euros. Donc vraiment, il faut souligner ce sens des
responsabilités des organisations syndicales. Donc maintenant, c'est un projet
de loi, alors c'est une loi courte, il n'y a qu'un article, mais on en avait
besoin pour modifier le code du travail. Le travail parlementaire va arriver.
On espère, comme c'est l'usage, que le Parlement, l'Assemblée nationale comme
le Sénat, s'appuieront sur un accord social bien signé, et donc j'ai bon espoir
que ce projet de loi puisse se voir voté rapidement, pour que très rapidement,
là encore, pour avoir les meilleurs effets sur les comptes de la Sécurité
sociale et de l'UNEDIC en particulier, on arrive effectivement à engranger les
résultats de cet accord. Donc, bonne nouvelle, le dialogue social, ça marche
dans notre pays, le centre des responsabilités aussi. C'est une réforme
structurelle sur l'assurance-chômage qui n'est pas quelque chose d'aisé. Nous
avons réussi à créer les conditions pour que les partenaires sociaux puissent
apporter cette réponse. Et tout ça est encourageant et contribue, j'espère, à
une forme de sérénité retrouvée dans le dialogue social. C'est important pour
notre pays. Et vous savez, je suis un défendeur, je l'ai toujours été, lorsque
j'étais à la SNCF, du dialogue social, je pense que c'est la bonne manière de
procéder à des réformes de nature sociale, donner d'abord la parole et
l'occasion aux partenaires sociaux de converger, et une fois la convergence
obtenue, transformer ça en législatif ou en réglementaire si on en a besoin.
Voilà, donc je trouve que c'est une bonne nouvelle, et par ces temps un peu
compliqués que nous traversons, pouvoir souligner ce bon point du dialogue
social dans notre pays, et une capacité à réformer notre pays sur des sujets
complexes, me semble-t-il, doit être souligné.
> Réunion sur les finances publiques avec le Premier ministre. Grâce à un budget 2026 construit avec prudence et réalisme pour protéger notre modèle social, nous tenons la trajectoire malgré un contexte international instable, que nous suivons de près. Pour le budget 2027, notre méthode est collaborative : concertation, écoute et implication des parlementaires dès le départ.
> Cette après-midi, je me suis rendu à Orléans, aux
côtés des élus locaux et du préfet, pour visiter deux entreprises engagées :
les laboratoires Servier et la société John Deere.
Nous avons échangé autour de deux priorités majeures pour notre pays : l’accès
à l’emploi des personnes en situation de handicap et la prévention des
accidents du travail ainsi que des maladies professionnelles, au cœur du
prochain plan santé au travail, dont la 5ᵉ édition sera présentée en mai.
Je tiens à saluer l’engagement concret de ces entreprises, qui font vivre au
quotidien des pratiques sociales et inclusives exemplaires, et investissent
dans la formation de leurs salariés. Ces initiatives favorisent un
environnement de travail plus inclusif et renforcent le sentiment
d’appartenance. Je remercie également l’Agefiph pour la qualité de son
accompagnement. Acteur de terrain indispensable, elle soutient les entreprises
comme les salariés en levant les obstacles : financement des aménagements,
accompagnement des parcours, actions de sensibilisation.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> Un grand merci à Jim O'Callaghan, ministre de la Justice irlandais, pour
notre entretien, ce matin, place Vendôme. À trois mois du début de la
présidence du Conseil par l’Irlande, nous avons évoqué plusieurs priorités
partagées dans le domaine de la Justice : la lutte contre les violences faites
aux femmes, la gestion de la surpopulation carcérale ou encore la conservation
des preuves numériques. Des défis importants et de nombreux chantiers à
investir collectivement !
> Une grande avancée pour la modernisation de notre justice civile ! L’Assemblée nationale a adopté à l'unanimité la loi visant à simplifier la sortie de l’indivision successorale, véritable piège qui immobilise le patrimoine de nombreux français. Désormais, les droits de ceux qui veulent sortir de l’indivision seront protégés face à ceux qui jouent la montre : si un héritier convoqué par la justice refuse de prendre un avocat et de participer, le binôme juge-notaire avancera, le partage sera tranché et la décision s’imposera à lui. Une loi de bon sens, donc, au service de notre justice civile.
> À la Cour d’appel de Versailles, j’ai rencontré, écouté et échangé avec de nombreuses victimes, des magistrats et des avocats, sur les dysfonctionnements de notre justice criminelle, en particulier sa lenteur, la non-écoute d’une partie des victimes, et les mesures que nous portons pour y remédier : projet de loi « justice criminelle et respect des victimes » pour accélérer les délais et respecter davantage les victimes, ainsi que des renforts de magistrats et de greffiers pour juger plus.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Les Deux-Sèvres, cette petite France agricole ! Rencontres, échanges et
fierté des produits locaux. Tout converge vers une même ambition : nourrir les
Français avec nos filières agricoles. À leurs côtés pour agir concrètement :
sécuriser l’eau, garantir notre souveraineté alimentaire et préparer l’avenir
de nos territoires.
> Au pied du Pont du Gard, j’ai porté une ligne claire : nos vignerons indépendants ne sont pas seulement des producteurs, ils sont les gardiens d’un patrimoine vivant, au cœur de notre identité et de nos territoires. Face aux défis, l’État est au rendez-vous pour soutenir la filière viticole. Parce qu’il s’agit là de défendre notre souveraineté agricole, préserver nos savoir-faire et préparer le rebond durable de toute une filière.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Discussion à l’Assemblée de la proposition de loi visant à renforcer
l’enseignement à la défense nationale dans le cadre du parcours de citoyenneté]
Dans un monde où les menaces – géopolitiques, numériques
et économiques – se multiplient, la résilience de notre pays passe par son unité et sa cohésion.
Ce qui définit
la France, je le crois profondément,
c’est la destinée commune qu’elle
offre à tous ses enfants, et l’école de la République
joue un rôle déterminant dans la construction de cette unité. Elle est le berceau de la société de
demain, le lieu où se
construit la conscience civique, où se
transmettent les valeurs de la République
et où se tisse le lien social
indispensable à notre cohésion nationale. Elle institue, au sens propre – c’est-à-dire qu’elle établit –, les
élèves
comme de futurs citoyens libres, égaux
en droits et en devoirs, et fraternels.
C’est dans cette ambition que s’inscrit la présente
proposition de loi. Dans une démarche
d’éducation citoyenne, elle propose de
donner à
chaque élève les clés
pour comprendre les enjeux de défense
et de résilience,
dans toutes leurs dimensions. En effet, l’éducation
à la défense est l’un des vecteurs, parmi d’autres, de la cohésion nationale.
Voilà vingt-cinq ans – un
quart de siècle – qu’elle
figure dans le code de l’éducation,
non comme une discipline, qu’elle
n’est pas, mais comme une dimension
transversale de la formation citoyenne. Rappelons qu’il ne s’agit
pas d’une quelconque initiation militaire,
signe d’une
militarisation des esprits, ni, a fortiori, d’un dispositif de
prérecrutement pour les armées. Il s’agit d’un moyen de rendre le monde
intelligible, d’initier les élèves à la géopolitique, de les familiariser aux
différents aspects de la défense, aux risques et aux menaces – catastrophes naturelles, ingérences étrangères, conflits, protection de nos ressortissants dans
le monde. C’est
un moyen de s’approprier
une histoire, de comprendre les conditions et la nécessité de
la paix, et enfin d’apprendre
qu’il existe des femmes et des hommes
qui ont voué leur vie à nous protéger.
Cette proposition de loi renforce, structure et amplifie une dynamique déjà à
l’œuvre – mais,
cela a été dit, dans des conditions inégales –,
dans le prolongement du rapport parlementaire de mai 2024. Il s’agit d’une démarche pédagogique : ce sont des professeurs et non des
représentants de l’armée qui
assureront cet enseignement. Un référentiel national, décliné par tranche d’âge ou
par cycle, leur offrira un cadre clair, souple et progressif pour aborder les
questions de défense
et de cohésion nationale. Il sera adopté après consultation du Conseil
supérieur des programmes, ce qui consacre son statut d’outil pédagogique au
service des enseignants et des équipes éducatives. Il permettra d’aborder les
questions de défense de manière neutre, adaptée à l’âge des élèves et intégrée
aux enseignements existants – éducation
morale et civile, histoire-géographie
ou parcours citoyen au collège.
Ce texte s’inscrit
dans une optique pédagogique,
citoyenne et ouverte, et c’est
ainsi que je souhaiterai l’appliquer s’il est adopté. Son objectif est
clair : donner à chaque élève les moyens de comprendre les enjeux de
défense et de résilience dans l’univers qui est désormais le nôtre. Le pilotage
pédagogique de l’enseignement sera assuré par l’éducation nationale ;
d’autres partenaires viendront en appui mais ne se substitueront jamais aux
enseignants. Cette proposition de loi rappelle qu’il n’y a pas d’unité
collective sans droits et devoirs partagés, sans conscience de ce qu’exige la
protection de la France. Au nom du gouvernement, je lui apporte mon soutien.
Notre unité est la condition de notre existence, de notre sécurité et de la
paix.
> Une journée au cœur des « collèges en
progrès » dans l’Académie de Poitiers. Deux temps, une même exigence :
faire réussir tous les élèves en prenant à bras le corps le sujet de la très
grande difficulté scolaire.
À l’IH2EF
- Institut des Hautes Études de l’Éducation et de la Formation, j’ai échangé
avec les personnels de direction et les équipes d'appui académiques mobilisées
pour accompagner les équipes : pilotage pédagogique, formation, diffusion des
pratiques efficaces…
Au collège
Jean Macé de
Châtellerault, j’ai rencontré des équipes engagées,
lucides sur les difficultés,
mais aussi pleinement mobilisées
pour y répondre,
notamment par un travail approfondi sur le climat scolaire et la mise en place
de petits groupes. Ici, une partie de l'enjeu est social. Nous allons mobiliser
plus de fonds sociaux au profit des élèves les plus défavorisés.
Ce n'est pas un nouveau dispositif, c'est une démarche : partir des besoins
réels exprimés par les équipes, leur faire confiance et les accompagner pour
agir. Adapter les réponses à chaque établissement pour qu’aucun élève ne reste
sur le bord du chemin.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Déplacement à l’Université Paris 8. Retour sur les actes antisémites du 15
octobre : les dysfonctionnements constatés seront corrigés, avec la mise en
place d’une commission de suivi pour garantir l’application des mesures.
Échange également avec la communauté universitaire sur les libertés
académiques, au cœur de l’université et indispensables pour enseigner, chercher
et débattre librement. Annonce du lancement d’une convention sur leur
protection, réunissant les acteurs du monde universitaire et intellectuel, avec
des propositions dès début 2027.
> Ouverture des Assises du financement des universités, aux côtés de David Amiel. Un temps de travail collectif, avec Gilles Roussel et Jérôme Fournel, pour avancer sans détour sur les enjeux clés : modèle économique, moyens, inégalités, financements. Objectif : donner à nos universités les moyens de durer.
> Présentation de l’enquête 2026 de la FAGE sur le logement étudiant. Un enjeu central pour les conditions de vie et de réussite. Le plan de 45 000 logements vise à renforcer l’offre, en particulier sociale, et à apporter des réponses durables sur tout le territoire.
> Recherche partenariale. Nous publions des contrats-types pour simplifier les collaborations entre entreprises et laboratoires. Objectif : aller plus vite.
Laurent Panifous (ministre délégué auprès du Premier
ministre chargé des relations avec le Parlement)
> [Discussion à l’Assemblée de la proposition de loi visant à renforcer la
place des agriculteurs dans l’aménagement du territoire et à sécuriser
l’exercice des activités agricoles face au changement climatique]
La proposition de loi qui nous réunit a trait à une réalité profonde de notre
agriculture : la place qu’elle occupe dans le façonnement de nos
territoires, de nos paysages et de la vie quotidienne de nos concitoyens. Je
vous prie donc d’excuser Mme la ministre de l’agriculture.
Les élections récentes l’ont montré, les Français sont attachés à leur commune,
à leur maire, à leur cadre de vie. Cet attachement est indissociable de
l’agriculture. Notre pays est à la fois rural et agricole ; il peut
s’enorgueillir de productions qui figurent parmi les plus reconnues au monde,
mais aussi de paysages façonnés par des générations d’agriculteurs, qui
participent pleinement à l’attractivité de nos territoires.
C’est pourquoi l’insertion harmonieuse de l’agriculture dans son environnement
n’est pas un sujet secondaire, mais primordial. Elle est au cœur de notre souveraineté
alimentaire et de nos équilibres territoriaux.
Dans cet esprit, le premier article de ce texte vise à mieux associer les
organismes de défense et de gestion des appellations à l’élaboration des
documents d’urbanisme. Je souligne que les produits sous signe de qualité et
d’origine ne sont pas des produits de niche. Ils représentent près de 40 %
du chiffre d’affaires de notre agriculture, c’est-à-dire qu’ils sont la source
d’une richesse exceptionnelle, à travers des centaines d’appellations, des milliers
de produits, des dizaines de milliers d’exploitations et surtout un maillage
territorial unique. Ces productions ne sont pas délocalisables, mais liées à un
terroir, à un sol, à un savoir-faire. Défendre ces produits, c’est donc
défendre les territoires qui les portent.
Dans cette mission, les organismes de défense et de gestion jouent un rôle
central. Ils garantissent la qualité et veillent au respect des cahiers des
charges. Il est donc légitime qu’ils soient mieux associés aux décisions qui
engagent l’avenir de leurs territoires.
La solution proposée par ce texte nous paraît équilibrée. Elle maintient le
rôle central des chambres d’agriculture, tout en permettant aux ODG d’être
consultés, à leur demande, lors de l’élaboration des documents d’urbanisme.
Elle consacre également une pratique déjà largement répandue : celle de
l’information des ODG lorsqu’un projet est susceptible d’affecter des surfaces
agricoles sous signe de qualité. C’est une avancée de bon sens, qui renforce la
cohérence entre aménagement du territoire et ambition agricole.
Le second article aborde une réalité tout aussi concrète : l’adaptation de
l’agriculture au changement climatique. Chacun le voit sur le terrain, les
conditions de travail évoluent. Les épisodes de chaleur se multiplient, les
contraintes s’intensifient et les agriculteurs doivent eux aussi s’adapter.
Cela implique notamment d’ajuster les horaires de travail pour protéger les
femmes et les hommes qui travaillent en extérieur. Mais cette adaptation ne
peut se faire sans prendre en compte l’environnement immédiat des
exploitations. Elle peut créer des tensions et des incompréhensions avec le
voisinage.
C’est pourquoi la disposition proposée, qui vise à adapter le régime de
responsabilité en cas de troubles anormaux du voisinage lorsque les horaires
sont décalés de manière exceptionnelle et saisonnière en raison d’aléas
climatiques, va dans le bon sens. Elle ne crée pas un droit à déranger. Elle
reconnaît simplement une réalité, celle d’une agriculture qui s’adapte et qui
doit pouvoir le faire sans être fragilisée juridiquement par des ajustements
rendus nécessaires par les conditions climatiques.
Le texte apporte donc des réponses concrètes à des situations concrètes. Il
renforce la place de l’agriculture dans les décisions locales et il accompagne
son adaptation à un environnement qui change. C’est pourquoi le gouvernement y
est favorable, dans la version issue de vos travaux en commission.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> Nous devons garantir sur le long terme une énergie stable,
décarbonée, accessible à tous et produite en France. Cette solution, elle a un
nom: c'est l'électrification.
> J'ai entendu hier Marine Le Pen parler en mentionnant l'État, en évoquant l'État de profiteur de crise. Je trouve que ses propos sont très très très très loin d'être à la hauteur de ce qu'on peut attendre d'un responsable politique, alors même qu'on fait face à une situation extrêmement difficile à l'échelle internationale, qui a des répercussions évidentes sur le quotidien de nos concitoyens. Et entendre, encore une fois, une responsable politique de premier plan utiliser ce terme-là m'a personnellement profondément choquée, voilà. L'État n'est pas profiteur de crise. En revanche, en utilisant ces termes-là, Madame Le Pen spécule de toute évidence sur les difficultés énergétiques des Français. Quant à la question que vous m'avez posée sur une éventuelle aide aux grands rouleurs, il n'y a aucune aide directe validée à l'heure où on se parle. La première réponse, et qui est la bonne réponse, le président de la République a eu l'occasion de le noter lors du Conseil des ministres, au stade où nous en sommes, c'est l'accompagnement, secteur par secteur, parce que les secteurs économiques font face à des difficultés évidentes, et l'accompagnement avec des possibilités qui permettent de détendre la trésorerie, voilà. J'entends pour autant les demandes qui émanent ici ou là, et on l'a entendu hier lors des questions au Gouvernement, nous ne sommes pas insensibles aux difficultés auxquelles un certain nombre de Français, ceux qui effectivement roulent beaucoup et n'ont pas d'autre choix que d'aller faire le plein et ont dans des situations extrêmement modestes, font face. Mais notre devoir, parce qu'on est aux responsabilités, c'est aussi de rappeler quelle est la réalité des finances publiques. Et la réalité des finances publiques, c'est un déficit à 5 % que nous devons impérativement tenir. Il n'y a pas d'argent magique. Des chèques qui seraient mis sur la table demain seraient payés après-demain par le contribuable. Et ça, je pense que les Français en ont aujourd'hui conscience et que notre devoir, c'est aussi de porter ce discours-là, qui est peut-être un peu moins populaire à court terme, mais qui s'avère extrêmement vrai à long terme.
Alice Rufo (ministre déléguée auprès du ministre de
l’Intérieur de la ministre des Armées et des Anciens combattants)
> [Discours lors du Paris Defence and Strategy Forum] Nous, Européens, avons
peut-être fait preuve d’une forme de naïveté en croyant que le droit, sans
puissance, nous protégerait : le réveil stratégique est aujourd’hui fait. Nous
savons que le droit sans puissance n’est qu’une feuille de papier, et que la
puissance sans le droit n’est qu’une brutalité inefficace pour la sécurité et
la stabilité internationales. Nous n’avons pas à choisir entre la naïveté et le
nihilisme. Nous devons, calmement et résolument, donner force au droit. Plus
nous serons nombreux à le faire, plus nous reconstruirons un ordre
international régulé. Deuxième fait saillant : l’intensification de la
conflictualité. Nous observons une intensification des conflits sous le seuil nucléaire
— la stratégie de sanctuarisation agressive de la Russie en Ukraine en est
l’exemple le plus clair.
Nous voyons également, en Asie et au Moyen-Orient, des conflits de haute
intensité entre États possesseurs ou proliférants. Pour nous, Européens, cela
signifie que nous devons nous doter des moyens de gérer cette intensification :
alerte avancée, protection aérienne et antimissile, capacité de frappe dans la
profondeur. Troisième fait saillant : l’élargissement du champ de la conflictualité.
Au-delà des domaines déjà bien documentés (espace, fonds marins, cyber,
information), nous constatons, notamment dans le conflit récent au
Moyen-Orient, une vectorisation des flux énergétiques et informationnels
couplée à des stratégies de déni d’accès. Les flux deviennent des armes, ou
l’accès est bloqué.
Cela s’accélère et place clairement ces pratiques en contravention avec le
droit international. Nous, démocraties et partenaires, devons réfléchir
ensemble à cet élargissement du champ de la conflictualité — c’est d’ailleurs
l’un des objectifs de ce forum. Quatrième fait saillant : l’accélération. La
vitesse d’évolution technologique, et surtout la mise en œuvre de ces
technologies, s’accélèrent. La guerre en Ukraine le montre clairement :
robotisation massive du champ de bataille, augmentation de la létalité à bas
coût, massification d’attaques saturantes sur les moyens aériens et
antimissiles. C’est un retour d’expérience précieux pour nos armées. Nous y
travaillons, notamment sur les intercepteurs et la gestion des données.
Cinquième fait saillant : la défense totale et la résilience des sociétés. La
défense n’est pas seulement l’affaire des militaires ; elle est l’affaire de
toute la nation. La guerre en Ukraine nous l’a rappelé avec force : c’est l’ensemble
du peuple ukrainien qui a opposé une résistance démocratique à une puissance
qui voulait le soumettre. La résilience sociétale est devenue un élément
central de la conflictualité contemporaine : le thème de cette session — «
Souveraineté, alliances et partenariats » — est donc particulièrement
pertinent. Sur la souveraineté, un agenda ambitieux est plus que jamais nécessaire.
La souveraineté est la garantie de ne pas subir, de ne pas être entraîné,
acculé ou entravé.
Elle est l’autre nom de la liberté et de la capacité de faire nos propres
choix. Le modèle français repose sur le cœur de souveraineté que constitue la
dissuasion nucléaire, sur lequel nous construisons notre programmation
militaire et notre architecture conventionnelle. Nous ne partageons pas la
dissuasion — le discours de l’Île- Longue l’a rappelé avec clarté —, mais nous
avons matérialisé la dimension européenne de notre souveraineté, affirmée de longue
date par les présidents français. La souveraineté n’exclut pas
l’interdépendance ; elle garantit que celle-ci soit consentie. Elle se pense au
niveau national comme au niveau europ éen. D éfendre sa propre souveraineté,
c’est aussi défendre celle des autres au sein de l’Union européenne. Nous
l’avons démontré récemment auprès du Danemark et du Groenland, comme nous le faisons
aux côtés de l’Ukraine, des États du Golfe ou du Liban – en rappelant toujours
que le Hezbollah doit cesser de menacer Israël. Il n’y a jamais de double
standard en matière de souveraineté. C’est une marque de fabrique de la politique
étrangère et de défense de la France. Sur les alliances, un bon allié est
capable, volontaire, lisible et fiable. Un vassal n’est pas un allié ; un allié
n’est pas un fardeau mais un supplément de souveraineté et de sécurité. Une
alliance n’est ni une relation de parti à parti, ni une transaction : c’est une
relation d’État à État et l’exercice d’une solidarité stratégique. C’est dans
cet esprit que nous réaffirmons notre attachement à l’Alliance Atlantique, née
dans le sang de la Seconde Guerre mondiale et qui a connu sa seule invocation de
l’article 5 en soutien aux Etats-Unis d’Amérique, ce qui a donné lieu à
l’opération de l’OTAN en Afghanistan. Nous exerçons cette solidarité sur le
flanc est, notamment en Estonie et en Roumanie. L’Alliance a évolué : les
États-Unis demandent aux Européens de prendre davantage en charge leur propre
sécurité. C’est le sens de la coalition des volontaires, prémice du pilier
européen que nous appelons de nos vœux. Nous devons éviter tout déni du «
burden shifting » américain, mais aussi toute brutalité : la sécurité de tous
est en jeu. Renforcer le pilier européen renforce l’Alliance dans son ensemble.
Je remercie particulièrement le Danemark, qui a levé son opt- out sur la PSDC.
Partis d’une position très atlantiste et d’une position très européenne, nous
avons convergé: cela montre les évolutions fondamentales en cours, profitables
à la fois à l’Alliance Atlantique et à l’Union européenne.
L’Union européenne a accompli des progrès immenses depuis la guerre en Ukraine
: SAFE, EDIP, instruments inédits il y a encore quelques années. Nous devons
réduire nos dépendances et accélérer notre souveraineté européenne tout en
respectant le principe de subsidiarité. Il faut agréger la demande, opérer un
choc de simplification pour produire plus, affirmer une préférence européenne
et investir massivement dans l’innovation — le nouveau nerf de la guerre. Nous,
Européens, devons également réfléchir à la reconstruction d’une architecture de
sécurité européenne lorsque cela sera à nouveau possible. Plus l’Europe sera puissante,
plus elle pèsera dans l’équation stratégique, posera des dilemmes à ses
adversaires et sera un bon allié. Des efforts de réarmement disjoints seraient
coûteux et inefficaces ; nous avons une obligation de cohérence.
Enfin, sur les partenariats : la France n’emploie pas ce mot à la légère,
surtout lorsqu’il est qualifié de « stratégique ». Un partenariat est une
parole donnée, fondé sur la fiabilité. Nous disons ce que nous pouvons faire et
nous faisons ce que nous disons. C’est particulièrement important face à l’accélération
de la conflictualité. Nous l’avons démontré en Europe, mais aussi au-delà :
dans l’Indo-Pacifique, où nous disposons de partenaires solides avec lesquels
nous exerçons ensemble notre souveraineté et faisons respecter le droit
international, dans l’Arctique, ou encore dans la mission de liberté de
circulation dans le détroit d’Ormuz, menée avec des partenaires élargis dans une
logique de désescalade. C’est le même esprit qui guide notre action sur les
sanctions, la flotte fantôme ou les garanties de sécurité que nous préparons
pour l’Ukraine en vue d’un accord de paix ou d’un cessez-le-feu.
C’est toute cette logique — de la souveraineté à l’alliance et aux partenariats
— que nous devons construire ensemble : États, sociétés civiles, industries et
toutes les parties prenantes représentées ici. Être capable de penser la guerre
de demain, c’est être capable d’y faire face et de la prévenir. Nos pays
souverains, respectueux du droit international, fidèles à leurs alliances et
fiables dans leurs partenariats libres travailleront ensemble. Nous n’aurons
alors jamais à nous soumettre ni à désespérer. C’est sur cette note de
détermination — ni pessimisme excessif, ni optimisme excessif — que je déclare
ouverte la troisième édition du PDSF.
Sébastien Martin (ministre délégué auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> Nos industriels font front !
Chaque jour, on se bat c’est difficile, mais le résultat est là : en 2025, la
France ouvre plus d’usines qu’elle n’en ferme.
Un immense merci à eux d’être présents en France, de créer de l'emploi et de
porter notre autonomie. Rien n’est acquis, mais on donne le ton et on continue
le combat !
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Le Parlement européen adopte enfin le règlement retours, un an après sa
présentation par la Commission. Un texte indispensable pour éloigner les
individus qui sont en situation irrégulière, et en priorité ceux qui troublent
l’ordre public. L’Union Européenne doit renforcer sa lutte contre l’immigration
irrégulière et maîtriser ses frontières. Nous rentrons désormais en trilogue.
La France continuera de porter ce combat.
> Nos agriculteurs et entreprises ont trop souffert de l’alourdissement des normes nationales par rapport à l’Europe. Depuis 2017, nous nous sommes fixés une règle claire : ne plus surtransposer les directives européennes.
> Quand les autres ont innové, nous avons régulé. Quand le reste du monde produisait des Nvidia, des ChatGPT ou des BYD, les Européens produisaient des CSRD, RGPD ou IA Act. Pas de souveraineté sans innovateurs et entrepreneurs.
> L'ouverture potentielle d'une enquête relative au financement des nouveaux réacteurs nucléaires est une procédure normale de contrôle des aides d'Etat. Cela ne signifie pas que les aides françaises sont incompatibles avec les règles européennes. La France poursuit son cap : un nucléaire décarboné au service de notre souveraineté et du climat.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Nos lycéens agricoles vont écrire l’avenir de l’agriculture. À nous,
responsables politiques, de les écouter pour créer les conditions de leur
réussite. Au lycée agricole de Davayé, partenaire de l’Assemblée, j’ai retrouvé
des élèves engagés et prêts à prendre la relève d’une production locale,
durable et innovante. À leurs côtés, toujours !
> Au lycée Alain du Vésinet ce matin, à l’Assemblée
nationale cet après-midi ou à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye ce soir :
partout, j’ai vu la même envie d’agir.
La société de l’engagement est déjà là. Elle a le visage de cette jeunesse qui
débat, qui s’informe, qui s’implique et qui passe à l’action.
Nous devons être à la hauteur : il nous faut l’écouter, lui faire confiance et
lui ouvrir toutes les portes.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Derrière chaque fromage, chaque bouteille, il y a des mois de travail, de
passion et un savoir-faire unique au monde. Nous serons toujours au côté de nos
producteurs pour valoriser leur métier et faire en sorte que leur travail paie.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Les chiffres publiés par l’INSEE ce jour parlent d’eux-mêmes : 5,1% de
déficit en 2025, contre les 5,4% attendus, des dépenses ralenties à 2,5% tandis
que les recettes augmentent de 3,9%. Le redressement de notre pays est donc
réel et possible. C’est la preuve que l’action déterminée assumée par François
Bayrou, dont je veux saluer l'action et qui a fait de la dette une question
politique indissociable de son engagement, a permis de remettre le pays sur la
bonne voie. Cette action a été poursuivie en 2025 par Sébastien Lecornu avec
volontarisme. J’y vois trois enseignements clairs : D’abord que l'on peut
réduire le déficit et la dette sans passer par l’austérité, à condition
d’assumer une trajectoire crédible, inscrite dans le temps long et qui vise à
répartir avec justice les efforts. Et sous réserve aussi de piloter avec
sérieux tout au long de l'année un budget. C'est ce qui a été fait par les deux
gouvernements successifs sans céder à la facilité de la dépense. Ensuite, que
l’instabilité politique ne condamne pas à l’inaction budgétaire. Reste qu’il
faut respecter une condition essentielle : que les responsables politiques
soient vraiment...responsables. Ce fut le cas pour 2025 et, en 2026, la voie
d’un compromis insatisfaisant mais indispensable a été tracée. Il faudra aller
plus loin dès maintenant et bien entendu pour le dernier budget du quinquennat
en 2027. Enfin, que les choix courageux redonneront à terme des marges de
manœuvre et permettront d’investir dans l’avenir, donc dans notre souveraineté.
Dans un monde instable, la résilience d’un pays se mesure à sa capacité à tenir
le cap en finançant son modèle social et ses décisions stratégiques. Sans ce
redressement à poursuivre et consolider nous ne ferons pas face aux défis de
demain. À un an de l’échéance présidentielle, notre responsabilité est simple :
tenir la ligne et ne pas nous disperser dans les illusions du populisme. Que
n’aurait-on dit si le budget avait dérapé ? Non seulement il ne dérape pas,
mais la diminution du déficit s'accélère. Une diminution de 0,7 point, c'est
inédit et il nous faudra poursuivre.
> Il y a ceux qui pensent à 2027 sans penser à être utiles en 2026. Il y aussi ceux qui passent leur temps dans l'incantation ou le clivage artificiel. Nous, députés Démocrates, voulons agir et légiférer dans l'intérêt des Français. Au terme d'une niche parlementaire dense, nous sommes parvenus à faire adopter huit textes concrets et utiles dans l'intérêt des Français, dans une Assemblée fragmentée. C'est inédit, en plus d'être un record. Jean-Carles Grelier met fin au vide juridique dans lequel exerçaient les médecins des sapeurs-pompiers et rend leur métier plus attractif. Erwan Balanant rééquilibre le rapport de force entre les médias et les grandes plateformes numériques, qui captent la valeur de leur travail, et défend le pluralisme de la presse. Louise Morel et Nicolas Turquoisdébloquent enfin la situation de milliers de familles prisonnières d'une succession sans issue ou conflictuelle. Hubert Ott donne aux agriculteurs voix au chapitre dans les décisions d'aménagement qui concernent leurs terres et facilite leur travail. Anne Bergantz offre aux maires un cadre simple pour agir en amont des crues. Christophe Blanchet améliore l'enseignement des enjeux de défense dans les lycées. Jean-Paul Mattei renforce le contrôle de l'État sur les agences et les opérateurs. Cyrille Isaac-Sibille interdit les sucres ajoutés dans l'alimentation des nourrissons. Huit lois en une journée de niche parlementaire. Voilà ce que 36 députés déterminés peuvent accomplir quand ils choisissent le dialogue plutôt que la brutalisation politique. Je tiens à remercier tous les députés de notre groupe, au-delà des rapporteurs des textes. Leur souci de l'intérêt général, du dialogue et leur connaissance des réalités du terrain font que notre équipe de parlementaires peut porter des propositions en phase avec des besoins identifiés. Merci également à tous les agents de l'Assemblée nationale, qui font, comme chaque jour, tourner notre institution ainsi qu'à l'ensemble des collègues présents hier pour leur participation à des débats apaisés, dignes et constructifs. C'est précieux, je le crois, pour notre démocratie. Moins de bla-bla et plus de résultats : telle était la volonté du groupe Démocrates. Et nous y sommes parvenus hier.
> Il faut dire la vérité aux Français, nous n’avons pas les moyens des chèques tous azimuts et tous horizons.
> Nous sommes dans un fait de guerre qui provoque une montée des prix brutale du pétrole, et on va regarder ce qu’on peut espérer si la tension internationale baisse.
> [Présidentielle] Une primaire ? Quand j’entends
de Sarah Knafo à Gérald Darmanin: ce n’est plus une primaire, c’est une auberge
espagnole. (…)
On ne va pas aller devant les Français en faisant semblant d’être d’accord
alors que nous ne serions pas d’accord sur un certain nombre de points. (…)
Ce n’est pas pour rien si François Bayrou avait dit, au moment de la création
de l’UMP : « Si on pense tous la même chose c’est qu’on ne pense plus
rien. » On le droit de ne pas penser tous la même chose et d’essayer de
trouver des points de convergence.
Hubert Ott (député)
> [Discussion à l’Assemblée de la proposition de loi visant à renforcer
la place des agriculteurs dans l’aménagement du territoire et à sécuriser
l’exercice des activités agricoles face au changement climatique]
La présente proposition de loi répond à des préoccupations précises dans les
territoires ruraux. Elle tend à conforter l’activité agricole dans un contexte
de pression croissante sur le foncier et d’intensification des aléas
climatiques.
Les débats en commission des affaires économiques l’ont montré, les solutions
présentées sont consensuelles, opérationnelles et ciblées. C’est pourquoi la
proposition de loi a été adoptée à une large majorité en commission, signe
d’une volonté partagée d’agir utilement. Composé de trois articles, ce texte
constitue un outil nouveau à la disposition des agriculteurs, des collectivités
responsables de l’aménagement de leur territoire et, plus largement, de
l’ensemble des parties prenantes à la protection de notre patrimoine paysager,
agricole et rural.
La première avancée majeure, aux articles 1er et 1er
bis, concerne la place des organismes de défense et de gestion (ODG) dans
l’élaboration des documents d’urbanisme. L’enjeu est simple : mieux
associer, en amont, les acteurs qui détiennent une expertise fine des
territoires et des filières de qualité.
Pour rappel, les ODG sont des structures reconnues par la loi qui regroupent
les producteurs d’une même filière sous signes officiels d’identification de la
qualité et de l’origine (Siqo). Ils assurent l’élaboration, la mise en œuvre et
la défense des cahiers des charges de ces productions spécifiques ainsi que la
protection des aires géographiques concernées. À ce titre, ils disposent d’une
connaissance très précise du foncier agricole, des parcelles engagées dans les
appellations d’origine et des équilibres économiques locaux, ce qui rend leur
contribution précieuse dans les décisions d’aménagement. Les productions sous
signes officiels de qualité et d’origine reposent sur un lien étroit entre un
produit, un savoir-faire et un territoire. Ces filières structurent les
paysages, soutiennent l’emploi, favorisent le tourisme et contribuent au
rayonnement international de notre agriculture.
À travers la modification des documents d’urbanisme, qu’il s’agisse d’un plan
local d’urbanisme (PLU) ou d’un schéma de cohérence territoriale (Scot),
l’équilibre économique de ces filières peut rapidement être bouleversé. La
moindre réduction des surfaces exploitables, par essence difficile à compenser,
peut avoir pour conséquence d’altérer durablement les conditions de production.
Dans ce contexte, la concertation en amont est primordiale et l’expertise d’un
ODG peut s’avérer déterminante. Étant donné qu’ils veillent à l’application
d’un cahier des charges élaboré, ils connaissent les parcelles, les contraintes
techniques et les impacts d’un zonage sur la production. Pourtant, leur
association aux procédures d’urbanisme demeure inégale et souvent tardive.
C’est précisément ce que l’article 1er tend à corriger.
La proposition que nous défendons vise à reconnaître les ODG comme des
personnes publiques consultées. Ce statut leur confère un droit effectif à être
entendus : lorsqu’ils sollicitent une audition sur un document d’urbanisme
affectant une aire d’appellation d’origine, leur demande ne peut être écartée.
C’est non seulement une garantie juridique mais aussi un progrès évident pour
le dialogue territorial. Ce pas nouveau n’ajoute aucune contrainte procédurale,
mais il améliore incontestablement la qualité des décisions en permettant une
concertation plus aboutie, et surtout en amont.
Cette évolution a été construite dans un esprit de complémentarité avec les
chambres d’agriculture, dont le rôle stratégique est pleinement réaffirmé. Ce
sont bien elles qui demeurent à la fois les interlocuteurs privilégiés des
collectivités et les acteurs responsables de la liaison et de la coordination
avec le monde agricole.
L’article 1er bis conforte cette position en
inscrivant dans le code rural leur mission de liaison avec les organisations
professionnelles concernées. De plus, lorsqu’un document d’urbanisme est
susceptible d’affecter une aire d’appellation d’origine, les chambres devront
transmettre cette information sans délai aux ODG concernés. C’est une articulation
essentielle. D’un côté, les ODG disposent d’un droit à être consultés, qui
renforce leur capacité d’action. De l’autre, les chambres d’agriculture
assurent la circulation de l’information et la cohérence d’ensemble. Cette
organisation garantit que les ODG pourront effectivement se saisir de leurs
nouvelles prérogatives, sans remettre en cause l’équilibre institutionnel
existant.
En résumé, il s’agit de mieux concerter en amont pour sécuriser les
collectivités, en réduisant les risques contentieux liés à une insuffisante
prise en compte des contraintes agricoles, les exploitants, en anticipant les
conflits d’usage, et les filières de qualité, dont le foncier est une ressource
non substituable. Ainsi, cette proposition constitue un gain collectif, qui
favorise un aménagement du territoire soucieux des nécessaires équilibres et
toujours respectueux des spécificités locales.
La seconde avancée de la proposition de loi, à l’article 2, concerne
l’adaptation de l’activité agricole au changement climatique, et plus
précisément l’évolution des horaires de travail. L’intensification des aléas
climatiques transforme concrètement les conditions d’exercice des activités
agricoles. Les adaptations opérées doivent toutefois être conciliées avec le
respect du droit légitime des riverains et des voisins à une certaine
tranquillité.
Le cadre juridique actuel repose sur un équilibre délicat, issu de la théorie
dite de préoccupation, relative aux troubles anormaux du voisinage, consacré
par la jurisprudence et codifié par la loi dans le code civil et le code rural
en ce qui concerne les activités agricoles. Ce principe impose que chacun
réponde des nuisances anormales qu’il cause au voisinage, sauf si l’activité
responsable de ces troubles est antérieure à l’installation de voisins. Il
garantit à la fois la protection des habitants et la continuité des activités.
Cela ne vaut, en revanche, que si ces dernières restent conformes aux lois et
règlements en vigueur. Cet équilibre doit être préservé.
Cependant, face aux aléas climatiques, les agriculteurs sont de plus en plus
amenés à adapter leurs horaires de travail. Travailler plus tôt le matin, plus
tard le soir, voire la nuit, devient parfois indispensable pour faire face aux
fortes chaleurs, aux risques d’incendie ou aux épisodes de gel. En l’état du
droit, cette modification des horaires pourrait être interprétée comme une
modification des conditions d’exploitation, et donc remettre en cause le
bénéfice de l’exonération liée à l’antériorité. C’est cette incertitude que l’article 2
entend lever.
La solution proposée se veut mesurée. Elle précise que la modification des
seuls horaires d’activité, lorsqu’elle est exceptionnelle, saisonnière et
dictée par la nécessité de s’adapter à un aléa climatique, doit être regardée
comme la continuité de l’activité préexistante. Autrement dit, ce n’est pas une
activité nouvelle, mais la même activité, exercée dans des conditions adaptées.
Cette clarification ne remet en cause aucune des conditions déjà posées.
L’exonération de responsabilité demeure strictement encadrée : elle ne
peut jouer que si l’activité est conforme aux lois et règlements en vigueur.
J’insiste sur ce point : la proposition de loi ne crée aucune possibilité
de contourner les règles relatives au droit du travail, à la santé publique ou
à la sécurité. Les conditions de travail des exploitants et des salariés
agricoles restent pleinement protégées. Il ne s’agit pas d’ouvrir une
dérogation générale, mais de reconnaître une adaptation ponctuelle, nécessaire
et justifiée.
Ainsi, l’article 2 s’inscrit dans une logique de continuité et
d’équilibre. Il permet de sécuriser juridiquement des pratiques devenues
indispensables, sans porter atteinte aux droits des tiers ni aux exigences
constitutionnelles.
En conclusion, la proposition de loi apporte des réponses concrètes,
équilibrées et attendues. Elle renforce le dialogue territorial, protège le
foncier agricole et adapte notre droit aux défis climatiques. Elle défend aussi
une conviction simple : notre agriculture, plus que jamais essentielle,
est en évolution. Les agriculteurs sont évidemment les premiers concernés, mais
c’est à nous de leur donner un cadre clair et lisible pour avancer : notre
agriculture progresse lorsqu’elle sait trouver des équilibres. Ces équilibres
ne peuvent pas être subis ; ils doivent être construits. Tout ne peut pas
reposer sur les seuls agriculteurs ; c’est pourquoi il est indispensable
d’avancer ensemble de manière explicite et concertée. L’enjeu est bien
là : ne plus se contenter de traiter les conséquences des tensions, mais
agir en amont, par le dialogue et la concertation. C’est particulièrement vrai
pour la préservation du foncier agricole productif, comme pour l’accompagnement
des évolutions des pratiques.
Ce texte va dans ce sens. Il anticipe, il organise, il donne des repères pour
éviter les blocages plutôt que de les subir. Les productions sous signes
officiels de qualité et d’origine constituent, à cet égard, une voie
pertinente. Elles apportent de l’expertise et rappellent que l’agriculture
française est une richesse unique lorsqu’elle s’appuie sur les savoir-faire de
femmes et d’hommes engagés, qui révèlent la force de nos terroirs. Une richesse
qui nourrit, bien sûr, mais qui façonne aussi nos paysages, nos territoires et
leur identité.
C’est dans cet esprit qu’avec le groupe Les Démocrates et son président Marc
Fesneau, je vous invite à soutenir et à adopter cette proposition de loi.
Christophe Blanchet (député)
> [Discussion à l’Assemblée de la proposition de loi visant à renforcer
l’enseignement à la défense nationale dans le cadre du parcours de citoyenneté]
Aimons-nous assez la France pour assumer collectivement, demain, les
responsabilités qui pourraient nous incomber ? Voulons-nous éduquer la
jeunesse à comprendre les enjeux de défense nationale ?
Il n’y a pas de citoyenneté complète sans conscience des responsabilités
collectives. Si le patriotisme n’est pas une obligation, la défense nationale,
elle, en est une. Ces deux notions, loin de s’opposer, sont en réalité
profondément liées et complémentaires pour notre cohésion nationale. Aucune
politique publique, aucun projet de société, aucune ambition collective ne
peuvent exister durablement si la sécurité de la nation n’est pas assurée.
Or, le monde dans lequel nos enfants grandissent n’est plus celui que nous
avons connu. Depuis plusieurs années, nous assistons à un basculement majeur.
Partout, d’Est en Ouest, les équilibres internationaux forgés après la seconde
guerre mondiale sont fragilisés. Ainsi, dans le contexte de la guerre
d’agression contre l’Ukraine, la Russie a multiplié les actions hostiles à l’égard
de la France et de ses partenaires européens – posture d’intimidation nucléaire,
ingérence informationnelle,
cyberattaques, manœuvres
de satellites, sabotage, espionnage, détention
arbitraire de ressortissants, survol du territoire de certains alliés, tentatives d’ingérence dans les processus électoraux.
Ces actions ne sont pas théoriques ; elles sont réelles, continues, et elles nous visent, comme elles
visent de nombreux autres pays européens.
Elles ne cesseront pas, comme le montre la revue nationale stratégique 2025.
Elles cherchent à nous diviser. Cela démontre que les affrontements ne prennent
plus seulement une forme militaire traditionnelle.
Au-delà de l’Europe, c’est l’ensemble de l’environnement stratégique mondial
qui s’est dégradé. Les points de conflit sont innombrables – Sahel, Darfour, Caucase, mer de
Chine, détroit
de Taïwan, Proche et Moyen-Orient.
Le danger, c’est
de ne pas comprendre aujourd’hui
les menaces qui nous atteindront demain. Personne ici ne souhaite la guerre, et
encore moins sur notre sol. Mais elle nous atteint déjà au quotidien depuis
plusieurs mois – dysfonctionnements
des réseaux informatiques, cyberattaques
perturbant les aéroports,
explosion du prix des carburants, sabotages de câbles
sous-marins, tentatives d’attiser
les divisions au sein de notre société et d’affaiblir
notre démocratie.
Dans ce contexte, cultiver l’esprit
de défense, renforcer la résilience nationale et encourager le sens de l’engagement ne sont plus des options. Comprendre la défense nationale, ce n’est pas préparer la guerre,
c’est garantir les conditions de la paix. À ceux qui doutent, je le dis avec
gravité : vous refusez la réalité du monde ; nous préparons les
citoyens à y faire face.
Une nation éclairée, consciente des risques auxquels elle est exposée, est une
nation plus forte. La défense d’un pays ne repose pas uniquement sur ses
armées, aussi compétentes soient-elles : elle repose aussi sur la solidité
morale et civique de sa population, sur son esprit de défense. Une armée protège
un pays ; un peuple conscient de sa défense le rend indivisible et
invincible.
La résilience d’un peuple, sa capacité à tenir, à s’adapter, à rester uni dans
l’épreuve, constitue une force stratégique. La résilience, c’est à la fois la
volonté et la capacité d’un pays, de sa société et de ses pouvoirs publics à
résister aux conséquences d’une agression ou d’une catastrophe majeure, puis à
rétablir rapidement leurs capacités de fonctionnement. Autrement dit, elle nous
concerne tous – nous
sommes tous des acteurs de notre défense
nationale.
C’est donc une vigilance collective
contre les périls
que nous devons bâtir.
Et cela commence simplement par la connaissance : on
ne protège
bien que ce que l’on
comprend, et l’on ne
défend durablement que ce à quoi l’on
est attaché.
L’histoire nous enseigne que les nations qui oublient de penser leur défense
finissent toujours par devoir la subir, et ignorer les menaces n’a jamais
protégé une démocratie. C’est pour ces raisons que le rôle de l’école est
fondamental.
L’article L. 312-12 du code de l’éducation prévoit déjà un
enseignement de défense dans le second degré, depuis la suspension du service
militaire obligatoire, avec l’ambition de maintenir un lien fort entre la
jeunesse, la nation et son armée.
Mais cet enseignement prévu par les textes demeure mal identifié et inégalement
dispensé. Combien d’élèves peuvent affirmer qu’ils ont bénéficié, au cours de
leur scolarité, d’un enseignement clair, structuré et identifiable sur les
enjeux contemporains de défense nationale ? Trop peu. Ce constat n’est pas
polémique, il est largement partagé par les armées, l’éducation nationale et de
nombreux travaux parlementaires. Il devrait nous rassembler, car la défense
nationale ne devrait jamais être un sujet de division. Elle touche à ce que
nous avons de plus précieux : la protection de notre pays, de notre
démocratie, de nos libertés et de notre population. Refuser d’enseigner la
défense, c’est affaiblir la République.
C’est pour répondre à cette situation que cette proposition de loi est soumise
à votre examen. Vous l’aurez compris, nous n’ajoutons pas un nouvel
enseignement, nous rendons un enseignement déjà prévu effectif et moderne. Le
texte, fruit de la mission d’information conduite en 2024 avec notre ancienne
collègue Martine Étienne, vise à renforcer, à structurer et à actualiser
l’éducation à la défense nationale dans le parcours de citoyenneté. Nous
parlons bien d’un enseignement civique et non d’une préparation militaire.
Concrètement, le texte repose sur plusieurs principes simples.
D’abord, il s’agit de généraliser un enseignement de défense clairement
identifié pour tous les élèves. Cet enseignement continuera d’être intégré aux
autres disciplines – le
français, l’histoire,
les mathématiques,
la technologie, et surtout l’enseignement moral et civique (EMC) –
mais avec, dorénavant, la certitude qu’il sera effectivement dispensé, de façon
cohérente et progressive tout au long du collège et du lycée.
Ensuite, cet enseignement passera par un référentiel qui listera les entrées
relative à la défense dans les différentes matières et les compétences que les
élèves devront acquérir. Ce référentiel sera arrêté par le ministre de
l’éducation nationale après consultation du Conseil supérieur des programmes
(CSP).
L’élaboration de ce référentiel sera l’occasion d’actualiser le contenu de
l’éducation à la défense. En effet, la défense nationale du XXIe siècle
ne se limite plus aux enjeux militaires traditionnels mais inclut des
dimensions nouvelles, évoquées précédemment. Nous devons tous comprendre ces
réalités, dès le plus jeune âge. Chacun doit savoir que la sécurité d’un pays
se joue désormais autant sur les réseaux numériques que sur les champs de
bataille. Dans une crise majeure, c’est la continuité même de la vie de la
nation qui est en jeu et chacun doit savoir réagir face à certaines situations.
Dernier grand axe de la proposition de loi : incarner cet enseignement en
facilitant l’intervention, aux côtés des enseignants, de volontaires issus des
réserves civiles ou opérationnelles. Ces femmes et ces hommes incarnent
l’engagement patriotique au service de la nation. Leur présence peut donner
chair à cet enseignement et rappeler que derrière les mots se trouvent des
parcours, des histoires, des engagements humains.
Ce n’est pas un enseignement ponctuel que nous voulons bâtir, mais une
véritable culture de défense nationale. La défense de notre pays est assurée
par nos militaires – à qui
nous devons admiration, reconnaissance et soutien –,
mais elle ne peut reposer sur eux seuls ;
elle s’appuie aussi sur l’engagement de la société tout entière et
sur ses forces morales. Cela ne signifie pas que nos élèves
porteront demain l’uniforme,
cela signifie simplement qu’ils
doivent comprendre le monde dans lequel ils vivent et être prêts,
chacun à leur
place, à
contribuer à la
protection de notre pays. Renforcer la culture de défense de notre jeunesse, c’est renforcer la solidité de notre République, la
solidarité et la cohésion nationale ; c’est, tout simplement, préparer
l’avenir de la France en arrêtant d’avoir le patriotisme honteux.
Pour conclure, permettez-moi d’évoquer le nom de Léon Gautier, vétéran qui a
débarqué le 6 juin 1944 sur les plages de Normandie avec 176 autres
Français. Lorsque les jeunes qu’il rencontrait lui demandaient pourquoi, en
1940, à l’âge de 17 ans, il avait choisi de traverser La Manche et de
rejoindre de Gaulle après l’appel du 18 juin, avec l’espoir de
libérer la France, il répondait qu’il avait fait tout cela parce qu’il avait
été éduqué à aimer la France.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> Certains prônent la préférence nationale. D’autres, la préférence
internationale. Je défends la préférence européenne.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Mission Renew Europe très importante en Finlande sur la sécurité de
l’Union européenne. En Europe de l’Ouest, la menace russe contre l’UE n’est pas
immédiatement perçue. En Finlande, elle est très concrète : c’est le pays
européen qui partage la plus longue frontière terrestre avec la Russie. Visite
très impressionnante aujourd’hui d’un complexe souterrain permettant d’abriter
des milliers de Finlandais en cas de guerre.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Un enfant ne devrait jamais être enfermé par un algorithme. Jamais. Un
algorithme qui pousse un enfant vers l’autodestruction n’est pas neutre. Il
engage une responsabilité. Et cette responsabilité doit être assumée.
> Soutien à toute initiative visant à mettre fin aux spirales dangereuses et à responsabiliser les acteurs du numérique. Notre priorité : la sécurité et le bien-être de chaque enfant.
> Les États-Unis passent à l’action contre Instagram et YouTube. À nous d’aller plus loin. Protéger nos enfants, c’est s’attaquer aux mécaniques addictives des réseaux sociaux qui abîment leur santé !
> La protection des enfants ne peut pas attendre. Renoncer à des outils de lutte contre la pédocriminalité en ligne est un recul grave. L’Europe doit être à la hauteur : protéger les enfants doit rester une priorité absolue.
> Le Sénat travaille sur une loi essentielle pour mieux protéger les enfants face aux dérives des réseaux sociaux.
