mardi 5 mai 2026

Propos centristes. France – Hostilités au Moyen-Orient / Actualisation de la programmation militaire / Communauté politique européenne / Le caricatural rapport sur l’audiovisuel public / La crise énergétique ne doit enrichir personne…


Voici une sélection, ce 5 mai2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables. Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire. Une solution durable au conflit en cours ne passera que par une réouverture du détroit d’Ormuz à la libre circulation et par un accord robuste permettant d’apporter les garanties de sécurité nécessaires aux pays de la région, notamment contre les menaces posées par l’Iran sur le plan nucléaire, balistique et liées à ses activités de déstabilisation régionales.

> [Sommet de la Communauté politique européenne] Heureux de retrouver Erevan. C'est important parce que c'est un nouveau rassemblement de cette Europe large qui est la communauté politique européenne. Qui, de l'Europe du Nord aux Balkans en allant jusqu'au Caucase, permet de rassembler aujourd'hui 40 délégations qui sont ici. Et on voit que c'est une Europe qui avance. On va dans un instant tenir une réunion de soutien à l'Ukraine. On aura l'occasion d'avoir des réunions de soutien, justement, à l'indépendance, la souveraineté arménienne, à la Moldavie.
Et puis, c'est une Europe aussi qui bâtit sa sécurité, sa défense. C'est, je crois, le bon cadre, parce que les défis de sécurité européens sont au-delà des frontières de l'Union européenne, et cette Europe large est pertinente à ce titre. Nous avons aussi bâti, lors du dernier Sommet à Copenhague, une alliance contre la drogue et les trafics de drogue. Elle comporte 40 délégations, États et organisations internationales, et nous allons pour la deuxième fois la réunir avec des actions très concrètes que nous coordonnons dans les ports, les aéroports, pour lutter aussi contre le financement des trafics. Voilà l'agenda du jour, et c'est pour moi une occasion importante de continuer à faire avancer ce projet européen qu'est la Communauté politique européenne. Nous aurons ensuite l'occasion d'une visite bilatérale.

> [Sommet de la Communauté politique européenne] C'est un message d'abord pour nous-mêmes. Nous, Européens, nous bâtissons nos solutions de sécurité. C'est ce que nous avons décidé de faire dès 2022 en créant la Communauté politique européenne. C'est ce que nous avons fait en bâtissant une coalition des volontaires pour apporter des garanties de sécurité à l'Ukraine, c'est ce que nous avons fait avec l'opération ad hoc et la mission pour la libération d'Ormuz. Donc, ce n'est pas en réaction à qui que ce soit, mais les Européens prennent leur destin en charge, augmentent leurs dépenses de défense et de sécurité et bâtissent leurs solutions communes.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Il y a 10 jours, nous, nous poussions, dès que le cessez-le-feu a été déclaré, pour faire deux choses. J'avais eu le président Trump et le président Pezechkian. Le cessez-le-feu devait inclure le Liban et le cessez-le-feu devait permettre la réouverture d'Ormuz. Le vendredi, nous avons tenu cette mission ad hoc qui a rassemblé de nombreux États et gouvernements, une cinquantaine, de tous les continents d'ailleurs, ce qui est une très bonne chose. Le même jour, les États-Unis ont annoncé faire un blocus.
Aujourd'hui, je regarde la situation. Si les États-Unis veulent réouvrir, sont prêts à réouvrir Ormuz, c'est très bien. C'est ce qu'on demande depuis le début. Mais nous, on ne va pas participer à quelque opération de vive force que ce soit dans un cadre, pour ma part, qui ne me semble pas clair. Donc nous, nous avons bâti une mission ad hoc sur laquelle nous travaillons. La planification militaire s'est faite à Londres, mais nous souhaitons qu'il y ait surtout une réouverture concertée entre l'Iran et les États-Unis. C'est la seule solution qui permet durablement de rouvrir le détroit d'Ormuz, de permettre la libre navigation et de le faire sans restriction et sans péage.
Ensuite, je veux ici redire aussi qu'il est essentiel que le cessez-le-feu soit respecté au Liban. Il y a encore eu plusieurs dizaines de morts la nuit dernière. Il est essentiel que le cessez-le-feu soit respecté. Vraiment, c'est l'engagement que les parties ont pris, et je le dis pour la souveraineté, l'indépendance du Liban et la protection des populations civiles.

> [Génocide Arménien] De retour en ce lieu de mémoire et de devoir, face à l’imprescriptible. Pour que résonne chaque nom et pour que l’oubli s’éloigne. À jamais, la France se tient aux côtés du peuple arménien, avec respect et en mémoire du génocide subi et de tant de destins volés.

> [Sommet de la Communauté politique européenne] L’Europe n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle avance unie. À Erevan, la Communauté politique européenne poursuit le chemin que nous avons ouvert en 2022 : celui d’une Europe plus unie, plus souveraine, maîtresse de son destin.

> L'Europe qui va de l'Islande jusqu'au Caucase, celle que réunit la Communauté politique européenne, a du sens.

> Très heureux de retrouver l’Arménie. Merci pour cet accueil ! Avec la Communauté politique européenne, nous continuerons de bâtir une Europe plus souveraine. Puis avec mon ami le Premier ministre Nikol Pachinian nous scellerons un partenariat stratégique entre nos pays. (…)
Les liens qui unissent la France et l'Arménie nous rendent plus fort. (…)
La France est et restera un partenariat fiable.

> [Discours devant les militaires engagés sur l'exercice Orion] Je veux vous dire la fierté qui est la mienne d'être devant vous aujourd'hui. Et avant de vous dire quelques mots, honorer la mémoire de vos frères d'armes, le Major Frion, l'adjudant Montorio et le sergent Girardin, morts pour la France, morts au combat en Irak et au Liban. En leur hommage, je vous propose de respecter dès à présent une minute de silence.
Merci pour nos morts, pour leurs familles. J'ai une pensée aussi pour nos blessés. Je sais que leur combat est difficile et douloureux. Notre présence aujourd'hui est aussi en reconnaissance de cela. Malgré la gravité de ces mots, de ces moments, je veux ici, oui, vous dire la fierté qui est la mienne et celle de la ministre des Armées, du CEMA, du CEMAT et des généraux qui m'accompagnent, d'être à vos côtés pour la conclusion de l'exercice Orion, qui s'affirme comme un succès et un signal clair envoyé tout à la fois à nos alliés et à nos adversaires.
Il y a un an, jour pour jour, j'étais déjà au sein de l'armée de Terre, sous le soleil d'Aubagne, pour assister à la cérémonie de commémoration des combats de Camerone et remettre les certificats de nationalité à trois légionnaires devenus Français. Le cadre a radicalement changé. Mais être à vos côtés aujourd'hui, c'est réaffirmer la force de notre armée de Terre, l'esprit de corps et ce sens du collectif. Ce que j'ai vu aujourd'hui, c'est une armée qui avance, qui se transforme, qui se modernise, qui agrège et qui est là pour répondre aux défis contemporains qui sont les nôtres. C'est pourquoi cet exercice est si important et vous pouvez être fiers d'y avoir contribué.
Notre armée de Terre s'est profondément modernisée, comme toutes nos armées ces dernières années. J'ai pu voir à vos côtés les derniers équipements que vous avez touchés, qui ont continué de se déployer conformément aux lois de programmation militaire successives et à la sur-marche qui est en train d'être négociée, c'était une nécessité. L'armée avance, innove, adopte ces nouveaux équipements, les transforme, innove elle-même, je l'ai vu aussi.
Ensuite, nous avons vu le défi d'une nécessité pour les Européens de prendre davantage en charge leur défense. Et donc de consolider cette interopérabilité qu'apporte l'OTAN, mais de réussir à agréger autour de nous, avec nous, d'autres armées européennes. Je veux ici saluer nos partenaires européens présents à nos côtés, nos amis britanniques et allemands intégrés au sein du commandement. Je salue nos frères d'armes espagnols, grecs, italiens, polonais, qui ont aussi contribué à cet exercice. Merci d'être avec nous ce soir. Votre présence incarne la force dont l'Europe est capable.
En effet, à chaque fois, ces derniers mois, que nous avons conçu des missions importantes pour la sécurité des Européens, nous avons pensé la capacité à planifier, la capacité à assurer un commandement et le déploiement de telles opérations. Nous avons pensé, évidemment, à des déploiements conjoints. C'est le sens même de la Coalition des volontaires que nous sommes en train d'organiser pour les garanties de sécurité en Ukraine. Elles sont sous commandement franco-britannique. Cet exercice Orion a permis de tester la robustesse de nombre de ces approches et nous a permis de conforter à la fois ce qui a été pensé et voulu, et je vous en remercie pour le commandement, et également la capacité des Européens à agir ensemble. Cet exercice nous a montré la crédibilité qu'ont les Européens à pouvoir déployer, ensemble, une opération de cette ampleur, et la France à être une nation cadre dans ce contexte. C'est à mes yeux un message très clair qui est envoyé à nos partenaires ukrainiens, qui nous attendent sur ce registre, et à tous nos frères d'armes européens qui savent pouvoir s'agréger à de telles missions et travailler à nos côtés.
Je suis là aujourd'hui pour vous dire de continuer à vous battre pour faire de la France une puissance reconnue par ses alliés et redoutée par ses ennemis. Elle illustre chaque jour à quel point notre environnement international se brutalise, cette actualité que nous vivons, et nous avons raison de continuer de nous adapter à la menace. Mais le dernier mot que j'aurai, en étant à vos côtés aujourd'hui, c'est qu'évidemment, il y a la modernisation en cours, nos lois de programmation militaires, il y a ce que nous allons continuer de faire. Évidemment, il y a une France qui est au cœur de l'Europe avec ses partenaires, agrège, consolide et sait bâtir une Europe de la défense crédible pour sa sécurité, la sécurité de ses partenaires de défense et répondre aux défis contemporains. Mais derrière tout cela, il y a notre force d'âme, les femmes et les hommes qui font nos armées. L'importance d'un exercice comme celui que vous venez de vivre, c'est aussi de la solidifier. Et l'importance d'un exercice comme celui qui vient d'être organisé, c'est de tester la robustesse de notre capacité à résister dans tous les domaines du jeu, y compris la partie civile, y compris en engageant, comme vous l'avez fait durant cet exercice, d'autres ministères. La capacité aussi que nous aurons à intégrer les réservistes, et nous avons renforcé cela, et le service national dans quelques semaines. Mais n'oubliez jamais cela. C'est vous qui tenez notre capacité d'engagement, notre efficacité au combat, notre capacité de résistance. Et à la fin, la victoire. Aucun équipement ne le fera à votre place.
Nos frères d'armes ukrainiens, que vous avez eu l'honneur de former, ici même, le démontrent chaque jour. En février 2022, il y avait peu d'experts pour expliquer qu'ils allaient résister. C'est par leur force d'âme qu'ils ont tenu, c'est par leur force d'âme qu'ils ont innové, c'est par leur force d'âme qu'ils ont, pied à pied, su tenir leur territoire. C'est un exemple qui doit continuer de nous inspirer.
Je sais une chose, par l'honneur qui m'est fait depuis bientôt neuf ans d'être là où je suis, c'est que cette force-là, nous l'avons. Et nul ne nous l'enlèvera. Soyez fiers de cela. En tout cas, je suis fier d'être à votre tête, car c'est cette force-là qui est la plus importante dans les moments que nous sommes en train de vivre. Je suis éminemment fier de notre armée de terre, de nos armées, de l'ensemble des frères d'armes ici rassemblés. Je mesure la révolution du combat terrestre qui se joue aujourd'hui, toutes les transformations que vous avez conduites et celles qui continueront.
Je suis fier de l'exercice que vous venez de conduire et je vous en remercie. Mais je suis surtout fier des Françaises et des Français engagés que vous êtes et de cette force-là qui continuera de nous tenir. Vive la République ! Vive la France !

> [Déclaration conjointe avec les dirigeants de la Lituanie, de l’Estonie, de la Norvège, de la Pologne, du Royaume-Uni, du Président du Conseil européen et de la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité] Nous, dirigeants de la France, de la Lituanie, de l’Estonie, de la Norvège, de la Pologne et du Royaume-Uni, ainsi que le Président du Conseil européen et de la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, avons rencontré le Premier ministre Nikol Pashinyan en marge du sommet de la Communauté politique européenne à Erevan.
Nous sommes unis dans notre soutien à la République d’Arménie.
Nous saluons l’engagement continu de l’Arménie à construire une démocratie profonde et durable, et nous soutenons fermement sa résilience démocratique et sa souveraineté dans la perspective des élections législatives qui se tiendront le 7 juin.
Nous sommes déterminés à continuer de soutenir l’Arménie dans la protection de son intégrité démocratique et dans le renforcement de sa résilience face aux menaces hybrides extérieures. Le peuple arménien doit pouvoir choisir librement son avenir, sans ingérence étrangère.
Nous continuerons à fournir un soutien à l’Arménie, notamment par le biais d’experts, du renforcement des capacités, de la fourniture d’équipements et de l’observation électorale, afin de contribuer à la tenue d’élections libres et équitables.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Le Gouvernement prend acte du rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Le Parlement est dans son rôle de contrôle. Mais les polémiques ne font pas une politique publique. Sur la gestion financière, le travail est engagé depuis l'automne dernier. Il s’appuie sur des bases solides et objectives, notamment le rapport de la Cour des comptes. Les efforts seront poursuivis, dans la transparence. Il faut maintenant bâtir un cadre pluriannuel exigeant. Comme pour l’ensemble de l’État, la règle est simple : efficacité et bonne gestion de l’argent public. Personne ne pourra s'y soustraire. La ministre Catherine Pégard a déjà engagé le travail de suivi. Sur la neutralité, l’exigence est totale. Elle doit être garantie par l’autorité indépendante compétente, l’ARCOM. Le rapport attendu à la fin du mois permettra d’objectiver ce débat. Il faudra en tirer toutes les conséquences, y compris si des mesures sont à prendre avant l'élection présidentielle. Mais disons-le clairement : ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C'est une occasion manquée. Car la seule vraie question est celle de la vision pour l’avenir. Dans dix ou quinze ans, à quoi doit servir l’audiovisuel public ? Quelle place face aux plateformes mondiales, à la fragmentation des usages, à la désinformation, à la concentration des médias ? Quelle ambition pour l’information, la culture, les territoires, notamment en région et outre-mer ? Pour la création ? C’est à partir de ces réponses que doivent être posées les questions de format, de moyens, d’organisation. Le fond doit toujours précéder les structures - et non l’inverse. Réduire ce débat à une opposition caricaturale entre refus de toute réforme et une privatisation générale, comme le demandent certains, n’a aucun sens. Nous notons que le rapport ne propose pas de privatisation générale. Car supprimer purement et simplement l’audiovisuel public, ce serait affaiblir notre souveraineté culturelle, notre capacité d’information indépendante et notre présence sur l’ensemble du territoire. Des réformes seront nécessaires. Certaines sont déjà engagées. D'autres doivent venir, seul moyen de protéger le service public, les journalistes et équipes techniques qui le font vivre avec professionnalisme. Mais cela doit répondre à une vision. Ni démantèlement, ni immobilisme.

> La crise énergétique liée à la guerre en Iran ne doit enrichir personne. L’État joue la transparence : tous les 10 jours, nous publierons ce que rapportent les taxes sur les carburants. À date, sur mars-avril : + 190 M€ de recettes par rapport à l’an dernier. Pourquoi cette hausse ? - Les Français consomment moins → donc moins de taxes fixes (accises) - Mais les prix sont plus élevés → donc plus de TVA Le résultat est un surplus de recettes. Celui-ci ne sera pas « conservé » par l’État : il financera intégralement les 380 M€ d’aides déjà annoncées.

> La France insoumise a fait le choix, une fois encore, de déposer une motion de rejet préalable sur l’actualisation de la Loi de programmation militaire, avant même l’ouverture des discussions au Parlement. On peut être favorable ou opposé à ce texte, vouloir l’amender ou non, le voter ou non : c’est le débat démocratique. Mais refuser ne serait-ce que d’en débattre, c’est priver le Parlement d’une discussion essentielle, au moment même où le contexte international impose de répondre à l’urgence. Ce n’est ni responsable, ni sérieux. Avec l’actualisation de la LPM, le budget des armées aura été multiplié par deux entre 2017 et 2027. C’est un effort nécessaire pour donner à nos armées les moyens de faire face aux nouvelles formes de guerre. La motion de rejet a été rejetée. Confiance dans le Parlement pour la suite des discussions. Pour défendre nos intérêts et notre souveraineté.

> Le meurtre de Philippine Le Noir de Carlan est encore dans tous les esprits. Ce qui s’est passé est une tragédie. Le rôle de l’État est de protéger les Français : la République doit se donner les moyens d’agir pour que cela ne se reproduise pas. Avec la PPL Rodwell, votée aujourd’hui à l'Assemblée nationale, nous renforçons la rétention des étrangers dangereux faisant l’objet d’une décision d’éloignement. Pour les profils les plus dangereux - condamnés et représentant une menace réelle pour l’ordre public - la rétention pourra être prolongée jusqu’à 210 jours afin de permettre leur éloignement définitif plus facilement. Les obligations de quitter le territoire doivent être exécutées. Sans exception.

> Face au terrorisme, la République doit agir plus rapidement. La proposition de loi Rodwell est adoptée à l’Assemblée nationale. Elle renforce notre sécurité et permet de stopper plus vite les individus les plus dangereux, prêt à commettre un acte terroriste. Sur ce texte, nous avons fait un choix clair : moins de communication, plus de travail de fond, avec le Gouvernement et les parlementaires, pour construire un compromis solide. Résultat : un texte complet et opérationnel. Je remercie le ministre Laurent Nuñez ainsi que Charles Rodwell, Florent Boudié et Michel Barnier pour leur engagement. Une seule priorité : protéger les Français.

> Je m’y étais engagé dès septembre : c’est fait. Le projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales est adopté à l’Assemblée nationale. Objectif : recouvrer 1,5 Md€ par an de fraudes pour les finances publiques. La solidarité exige l’équité : les règles doivent être les mêmes pour tous.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> Je veux rendre hommage aux sapeurs-pompiers de France. Professionnels, militaires, volontaires, personnels administratifs et techniques : toutes et tous partagent un même engagement, celui de protéger les autres. La Nation leur doit beaucoup. Ma reconnaissance et mon soutien leur sont entiers.

> Dans le Cher, un rassemblement musical illégal a lieu depuis vendredi, réunissant près de 17 000 personnes aux abords de zones habitées, sur un terrain militaire présentant des risques et des champs exploités par des agriculteurs. Un cadre légal existe pour l’organisation de rave parties. Ici, celui-ci n’a pas été respecté, comme trop souvent. Cette situation est inacceptable. L’État a pourtant su intervenir afin de garantir la sécurité des participants et des riverains. Nous serons plus fermes. Grâce au projet de loi RIPOST, la participation à un rassemblement musical illégal deviendra un délit, et les sanctions à l’encontre des organisateurs seront renforcées. Auprès d’eux ce dimanche, je tiens à saluer l’engagement du préfet du Cher, des agents administratifs, ainsi que de l’ensemble des forces mobilisées, gendarmes et sapeurs-pompiers mais aussi les équipes du SAMU et associations de sécurité civile. Et, bien sûr, je remercie tous les élus locaux du département du Cher et de la région.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> [Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense / Intervention à l’Assemblée] Au moment où nous commençons cette discussion, je veux revenir sur l’hommage que notre nation a rendu, à Suippes, au sergent Anicet Girardin, et à Montauban à l’adjudant Florian Montorio. Ils sont morts pour la France dans l’accomplissement de leur mission, lors d’une attaque du Hezbollah contre la Finul. Un mois auparavant, le 12 mars 2026, le major Frion tombait en Irak. Leur engagement nous oblige.
Marc Bloch, qui entrera au Panthéon le 23 juin, écrivait : « L’ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent, elle compromet, dans le présent, l’action même. » Cette phrase nous parle aujourd’hui, parce que toute l’histoire militaire nous enseigne ce que coûtent l’impréparation comme les illusions stratégiques.
Notre responsabilité est de tirer les conséquences d’hier et d’aujourd’hui pour préparer la France à ce qui vient. Le projet de loi qui vous est soumis, prévu par l’article 8 de la loi de programmation militaire 2024-2030, n’est pas une nouvelle LPM –
 nous ne touchons pas au format –, mais répond à la nécessité d’accélérer et de densifier notre effort de réarmement.
Les objectifs sont clairs : accélérer le rehaussement des stocks de munitions ; accélérer les acquisitions d’équipements sur les segments prioritaires, notamment les drones et la lutte antidrones, la défense surface-air, l’espace, la préparation opérationnelle ; adapter nos capacités aux évolutions des conflits, en prenant en considération les retours d’expérience récents, provenant de l’Ukraine, du Proche et Moyen-Orient, mais aussi de la crise du covid, qui a rappelé combien résilience et résistance de la nation ne sont pas de vains mots.
Les fondamentaux de l’ordre bâti après 1945 sont plus que jamais fragilisés, qu’il s’agisse de la primauté du droit, de l’intangibilité des frontières ou du respect du droit international. L’actualité révèle chaque jour de nouvelles ruptures dans les équilibres géopolitiques et une dynamique de réarmement mondial, alors même que le désinvestissement progressif des États européens dans leur défense, basé sur les fameux dividendes de la paix, a conduit à aggraver les lacunes capacitaires.
Ce constat, la France n’est pas seule à le faire : nos partenaires le partagent. L’enjeu pour notre pays est donc clair : être en mesure de faire face à toute situation, jusqu’à un engagement majeur, à un horizon de temps que nous ne maîtrisons pas. C’est tout le sens de cette actualisation qui densifie notre modèle sans remettre en cause notre format, qui nous fait gagner en agilité sans jamais oublier la masse, et qui donne la priorité aux capacités opérationnelles dont l’acquisition est la plus urgente, mais aussi à l’activité des forces, particulièrement leur entraînement.
La boussole de la France n’a pas varié : l’indépendance stratégique reste la condition de notre liberté d’appréciation, de décision et d’action. Cette doctrine s’illustre dans la position singulière qu’occupe la France dans le conflit en cours au Proche et Moyen-Orient. Nos forces contribuent depuis le premier jour du conflit à assurer la sécurité de nos partenaires ciblés par l’Iran, démontrant ainsi la crédibilité de notre signature. La France ne vise qu’un seul objectif au Liban, celui de se tenir aux côtés de l’État et du peuple libanais pour oeuvrer à la paix et à une stabilisation durable.
Toutes les parties doivent respecter le cessez-le-feu et préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban. Je précise qu’il n’y a ni comparaison, ni mise sur le même plan des acteurs. Le Hezbollah a commis la faute inacceptable d’avoir entraîné le Liban dans cette guerre qu’il n’a pas choisie : il doit mettre fin à toute attaque contre Israël. De son côté, Israël doit cesser toute incursion dans le Sud du Liban et se retirer du territoire libanais. Le désarmement du Hezbollah doit être poursuivi par les Libanais, avec le soutien de la communauté internationale.
La France est aussi engagée à un niveau élevé pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales au sein des forces multilatérales, parfois jusqu’au sacrifice ultime. Elle poursuit ses efforts aux côtés de l’Ukraine notamment au sein de la coalition des volontaires.
Je n’oublie pas les territoires ultramarins pour la protection desquels nous devons renforcer notre agilité, nos moyens d’information et de communication.
Depuis 2017, le président de la République, chef des armées, a fait le choix du réarmement, de la cohérence et de la durée, ce qui a conduit à un effort inédit, permettant de doubler le budget de nos armées entre 2017 et 2027.
Avec Florence Parly, nous avions engagé une première loi de programmation militaire dite de réparation, de près de 300 milliards d’euros, entre 2019 et 2025. Avec Sébastien Lecornu, la loi de programmation militaire 2024-2030, dotée de 400 milliards d’euros de crédits budgétaires, a marqué un changement d’échelle, celui de la modernisation de notre modèle d’armées.
Ce que nous vous proposons aujourd’hui, c’est d’accélérer ce mouvement, de densifier ce modèle, qui se traduit par une trajectoire de ressources rehaussée de 36 milliards d’euros de crédits budgétaires sur 2026-2030, dont plus de 3,5 milliards dès 2026 et plus de 10 milliards au total dès les deux premières années, car l’urgence est là.
La France dépassera alors les 2,5 % du PIB d’effort de défense dès 2030.
Cette actualisation a d’ores et déjà fait l’objet de nombreux débats en commission. Vous avez enrichi le texte puisque 108 amendements venant de tous les bancs ont été adoptés sur les 550 déposés. Et je suis convaincue que le débat parlementaire qui s’ouvre permettra de compléter et de parfaire le projet.
Notre défense repose sur deux piliers : la dissuasion et des forces conventionnelles suffisamment robustes pour l’épauler, afin d’éviter le contournement par le bas.
D’abord, en matière de dissuasion, dans la continuité du discours de l’île Longue prononcé par le président de la République le 2 mars dernier, le financement des capacités des composantes océanique et aéroportée est conforté, notre arsenal est rehaussé, tout comme les capacités conventionnelles d’épaulement, notamment sur l’alerte avancée et la défense surface-air.
S’agissant du volet conventionnel, l’une des inflexions fondamentales concerne les frappes dans la profondeur. Cette actualisation prévoit de nous doter d’une capacité balistique permettant de frapper dans la grande profondeur, au-delà de 2 500 kilomètres. Plus de 1 milliard d’euros sont prévus pour développer cette capacité majeure.
Nous avons retravaillé la trame aviation de combat dans le cadre d’une approche globale intégrant les missiles à longue portée, air-air et air-sol, les drones d’accompagnement, les capteurs et la connectivité. Ces choix permettront à nos composantes aérienne et aéronavale de conduire l’ensemble de leurs missions, de conserver la maîtrise du ciel, de préserver l’attractivité du Rafale à l’export, via son standard F5, plus puissant et doté d’armements renouvelés.
C’est d’ailleurs ce que vous avez souhaité préciser en commission sur le développement et l’intégration d’une motorisation nationale à poussée augmentée de type T-REX. Pas moins de 3,4 milliards d’euros supplémentaires sont prévus pour atteindre ces objectifs.
Nous avons aussi intégré dans la programmation une capacité de char intermédiaire comme première brique préfiguratrice du MGCS –
 système principal de combat terrestre –, avec l’objectif d’en faire non pas seulement le successeur du char Leclerc, mais bien le premier élément d’un système de combat de nouvelle génération, donnant corps à l’intuition stratégique qui a présidé à la création de KNDS.
J’ajoute que sur proposition des rapporteurs, nous avons ajouté la garantie que, quelles que soient les incertitudes sur les coopérations prévues, la France devra acquérir des capacités aériennes de nouvelle génération.
Un autre volet crucial concerne les munitions. L’effort financier est considérable : 8,5 milliards d’euros supplémentaires sur 2026-2030, soit une augmentation de 53 % par rapport à la loi de programmation militaire. Il concerne toute la gamme : obus, missiles de croisière, missiles Aster, missiles mer-mer, missiles Mica –
 d’interception, de combat et d’autodéfense – et Mistral, missiles antichars, torpilles. Il s’agit d’augmenter nos stocks et de consolider l’outil de production sur les segments les plus déficitaires.
L’objectif n’est pas juste de stocker : il faut augmenter les flux et permettre à nos soldats de s’entraîner, d’être capables de remonter rapidement en puissance en cas de consommation importante de munitions, comme c’est le cas aujourd’hui chez les belligérants au Proche et Moyen-Orient. (Mme Christine Arrighi s’exclame.) En économie de guerre, la première arme, c’est l’usine.
Cette ambition, nous la partageons. Vous avez d’ailleurs adopté un rapport destiné à en contrôler le suivi. Nous avons également travaillé pour étendre notre palette de réponses dans le domaine de la lutte antidrones, afin d’intercepter plus en dépensant moins.
Un principe nous guide : adapter la munition utilisée à la cible visée, y compris pour ce qui est du coût. C’est simplement le bon usage des ressources que la nation consacre à son armée. Dans cette logique, nous renforçons nos capacités de défense surface-air et de lutte anti-drones, en augmentant l’effort de 1,6 milliard d’euros sur 2026-2030, soit 32 % de plus par rapport à ce qui était prévu dans la loi de programmation militaire.
Concernant les drones, nous accentuons la dronisation des unités opérationnelles des trois armées. Le nano, micro ou mini-drone est devenu un équipement essentiel pour le combattant, particulièrement dans l’armée de terre. La DGA –
 direction générale de l’armement – et les armées travaillent avec de nombreuses start-up pour tester et qualifier de nouveaux produits. Au total, 2 milliards seront consacrés aux drones grâce à cette actualisation. C’est d’ailleurs dans cet esprit que vous avez adopté un amendement qui vise à affirmer clairement une logique de complémentarité entre hélicoptères et drones. C’est précisément ce que nous avons observé jeudi dernier dans les camps de Champagne avec la députée Lise Magnier, à l’occasion de la clôture de l’exercice Orion en présence du président de la République.
Cette coopération renforcée est une condition essentielle pour accroître l’efficacité opérationnelle de l’aviation légère de l’armée de terre (Alat), élargir son spectre d’action et renforcer sa résilience face aux menaces contemporaines.
L’espace est une autre priorité de cette actualisation.
C’est un domaine de conflictualité à part entière. L’actualisation permet d’accélérer le déploiement de nouvelles capacités spatiales pour surveiller et agir, avec des satellites patrouilleurs-guetteurs, des moyens d’action sol-espace, des moyens de brouillage électromagnétique puis de tir laser. Renforcer les moyens du renseignement spatial est incontestablement un enjeu de souveraineté. Nous le ferons par l’acquisition de satellites et l’achat de services, en nous appuyant sur les opportunités de notre industrie.
La préparation opérationnelle à la haute intensité permettra à l’entraînement de bénéficier de moyens supplémentaires pour se rapprocher au plus près des conditions de l’engagement. La préparation représente 1,6 milliard d’euros, soit plus de 300 millions d’euros supplémentaires par an. Cette montée en puissance permettra de conduire des exercices majeurs, interarmées ou avec nos alliés, à l’instar d’Orion 2026.
Un amendement a été adopté en commission pour que cette loi tire les conséquences du retour d’expérience de l’exercice Orion 2026.
Les territoires d’outre-mer bénéficieront également de cette actualisation. Les effets de la loi de programmation militaire, qui prévoit un effort de 13 milliards d’euros et le renforcement d’environ 1 100 militaires supplémentaires, seront accentués.
D’ores et déjà, 44 % du renfort en effectifs a été réalisé en seulement deux ans. Trois patrouilleurs outre-mer sur les six que prévoit la loi de programmation militaire sont déjà en poste, un quatrième est en transit vers Nouméa. Il en est de même pour deux hélicoptères de manœuvre Caracal sur les quatre prévus en remplacement des Puma en Guyane. Le déploiement des Falcon 2000 Albatros en remplacement des Falcon 200 Guardian est accéléré.
La capacité de réaction est également renforcée par la montée en puissance de la flotte A400M, portée à quarante et un appareils, ce qui permet d’améliorer significativement la projection vers et depuis les territoires d’outre-mer, notamment aux Émirats arabes unis où la présence permanente d’un A400M est déjà effective et avant 2030 en Nouvelle-Calédonie.
La souveraineté et la réduction de nos dépendances constituent bien un enjeu majeur de cette actualisation. C’est aussi le sens du remplacement progressif des C130H américains par des A400M européens, des Awacs américains pour la surveillance par des GlobalEye européens, l’acquisition de bouées acoustiques françaises là où nous nous fournissions hier aux États-Unis.
La défense est une compétence souveraine de chaque nation. Plus de souveraineté nationale n’interdit pas plus d’Europe : elle l’exige lorsque l’Europe nous permet de partager la recherche et développement, de réduire nos dépendances, de bâtir des standards communs, de renforcer notre base industrielle. C’est l’équilibre que nous assumons : décider souverainement, et coopérer quand cela nous rend plus forts.
Au-delà de l’enjeu militaire, cet effort est aussi un choix économique. Grâce à cette actualisation, nos entreprises bénéficient d’une visibilité pluriannuelle, voire décennale. Je pense ainsi au porte-avions France libre, dont la mise en service est prévue en 2038. Les commandes lancées par la direction générale de l’armement, hors dissuasion, représentent 14 milliards d’euros en 2024, 20 milliards en 2025 et 31 milliards en 2026.
Ces dépenses produisent des effets concrets dans le pays : 80 % des commandes irriguent notre base industrielle et technologique de défense (BITD), qui représente 240 000 emplois directs et indirects dans les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (PME et ETI) de nos territoires. Ces investissements sont créateurs de valeur économique pour la nation. En 2026, 2,7 milliards d’euros de commandes sont programmés pour les infrastructures de la défense. Nous travaillons avec un tissu de 500 grandes entreprises du bâtiment et des travaux publics mais aussi avec 1 000 PME et ETI qui contribuent à plus de 10 000 emplois, notamment près de nos bases et de nos régiments.
Enfin, le commissariat aux armées exécute en moyenne 2,5 milliards d’euros de paiements chaque année, dont 84 % au profit d’entreprises françaises, de l’alimentation aux équipements ou fournitures diverses. Le budget de la défense n’est donc pas uniquement un sujet militaire, c’est aussi une question de souveraineté économique qui irrigue les territoires, dans l’Hexagone comme dans nos territoires d’outre-mer.
Cette dynamique d’investissement entretient directement nos capacités d’exportation. Les commandes françaises, associées à l’exigence de nos armées, garantissent la crédibilité des produits de la BITD et notre compétitivité internationale dans une filière de plus en plus concurrentielle. Pour 2025, nous devrions, comme en 2024, enregistrer plus de 20 milliards d’euros de prises de commandes à l’export.
Les armées, ce sont d’abord les femmes et les hommes qui ont fait le choix de les servir armées. Le réarmement ne pourra avoir lieu sans eux. Pour rattraper le retard pris au début de la LPM 2024-2030 sans augmenter les cibles d’effectifs qui y figurent, nous accroissons nos schémas d’emploi dans une proportion ambitieuse mais réaliste, et nous poursuivons l’effort entrepris dans le cadre de la dynamique Fidélisation 360. Nous agissons aussi sur le logement et pour les familles de militaires tandis que, pour votre part, vous avez adopté un amendement précisant que l’accélération de l’effort de défense s’accompagnerait d’une politique d’attractivité et de fidélisation des métiers en tension de la base industrielle et technologique de défense.
Je veux évoquer la réforme des emplois de reconnaissance nationale, qui constitue l’une des traductions concrètes du plan Blessés 2023-2027, en particulier sur l’enjeu décisif de l’employabilité. Les travaux conduits ont mis en évidence les limites du dispositif actuel des emplois réservés : alors qu’entre 2020 et 2024, 434 militaires blessés se sont inscrits sur les listes, seuls 117 ont été recrutés en cinq ans. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes… Nous proposons de simplifier le dispositif et de lui redonner de l’attractivité afin de faciliter le retour à l’emploi des militaires et anciens militaires blessés. Tout en maintenant le principe d’un recrutement hors concours, cette réforme autorisera à postuler sur l’ensemble des postes vacants, sans que les employeurs aient à engager une procédure spécifique. Nous proposons de renommer ce dispositif « emplois de reconnaissance nationale » afin d’en réaffirmer le sens.
J’évoquerai aussi la mesure de reconnaissance des personnels servant à bord des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) : à leur engagement, qui est sans équivalent, répond celui, bien connu, du président de la commission de la défense en leur faveur. Il est tout aussi indispensable de reconnaître la spécificité de leurs missions, marquées par des contraintes exceptionnelles, que de tenir compte des enjeux d’attractivité et de fidélisation.
Aussi le gouvernement accueille-t-il favorablement l’amendement, adopté en commission, permettant aux équipages de SNLE de bénéficier de la carte du combattant.
Les armées investissent, tout en restant vigilantes sur la maîtrise de nos dépenses. Ainsi l’efficience de nos investissements est-elle au cœur du plan visant à transformer la DGA en DGA de combat, pour la rendre plus réactive, capable de simplifier ses processus, de raccourcir les cycles de décision et d’assumer une logique d’action guidée par le résultat. Nous voulons des armées qui innovent, qui s’adaptent en permanence, dans le cadre d’un dialogue plus direct entre la DGA, les forces et les industriels, tourné vers l’analyse de la valeur. Notre objectif est de tenir ensemble trois exigences qui doivent désormais guider notre effort de réarmement : le coût, le délai de livraison et la performance.
Réarmer la France, c’est aussi faire évoluer nos règles, nos procédures et nos outils juridiques pour qu’ils soient à la hauteur des menaces que nous devons affronter. Le premier levier consiste à accompagner le réarmement. Cela suppose d’étendre la possibilité d’imposer aux opérateurs économiques la constitution de stocks stratégiques et de donner la priorité aux commandes passées par les armées, de doter le ministère de leviers de gouvernance pour garantir que les entreprises de notre base industrielle répondront dans la durée aux besoins des forces, et de simplifier les procédures pour supprimer les lourdeurs partout où cela est possible.
En deuxième lieu, il convient de renforcer la résistance intérieure du pays. L’industrie, l’énergie, les données, les réseaux, la cohésion sociale sont à la fois des facteurs de puissance et des cibles prioritaires pour nos ennemis. La continuité de toute la société est une dimension centrale de notre défense.
Notre droit doit nous donner de nouveaux moyens d’action et de protection, notamment face aux menaces biotechnologiques. Grâce à des moyens juridiques renforcés de lutte antidrones, nos points d’importance vitale doivent être mieux protégés contre les menaces qui se développent dans les airs. Le nouvel état d’alerte et de sécurité nationale proposé par ce texte constitue également une mesure majeure : directement inspiré des conclusions des exercices du type d’Orion, il pourra être déclaré, par décret pris en conseil des ministres, sur tout ou partie du territoire national, en cas de menace grave et actuelle pesant sur notre sécurité nationale, sur la continuité des activités essentielles à la vie de la nation ou sur la protection de la population.
Le troisième levier est la mobilisation des forces vives de la nation. Même parfaitement équipé et réarmé, le pays ne saurait faire efficacement face à un scénario d’engagement majeur si nous ne renforçons pas le lien entre l’armée et la nation et si nous n’investissons pas dans sa cohésion et sa force morale. À ce titre, le texte accompagne deux évolutions majeures : le renouvellement de la journée de mobilisation et l’instauration d’un nouveau service national, militaire, utile et volontaire dont le contenu a été enrichi en commission d’une sensibilisation aux menaces hybrides, à la manipulation de l’information et aux ingérences étrangères.
Le lien entre l’armée et la nation repose aussi sur des relais concrets dans les territoires. À cet égard, je salue le rôle des correspondants défense, présents dans nos communes, qui font vivre cette culture de défense au plus près des citoyens ainsi que le travail du député Dive, dont les propositions doivent nous aider à mieux former, outiller et valoriser ces correspondants, pour qu’ils deviennent pleinement des acteurs de la mobilisation nationale.
Cette actualisation défend une ligne : accélérer notre réarmement, densifier nos forces, renforcer notre industrie et préparer la nation.
Elle répond à un monde dans lequel la force conteste le droit ; un monde où nos armées doivent être prêtes à faire face à des menaces qui se rapprochent.
Elle assume un équilibre entre la souveraineté nationale, la coopération –
 quand elle nous rend plus forts – et l’exigence d’efficacité de chaque euro engagé.
L’actualisation de la LPM promeut des armées totalement adaptées, une industrie capable de produire, une nation capable de tenir, une France libre, souveraine et respectée.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Le secteur bancaire européen doit participer encore plus au financement de l’innovation, de la transition énergétique ou de l’IA : c'est une question de souveraineté. Il faut un cadre plus favorable en simplifiant et en intégrant davantage les marchés : ce projet est entre les mains de la Commission UE.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Prix des carburants / Contribution des pétroliers] Le Premier ministre s'est exprimé sur ce sujet en disant qu'on n'excluait pas ni des mesures nationales, ni des mesures européennes. Il faut rappeler quand même que Total fait la majeure partie de ses profits à l'étranger, en dehors du territoire national. Donc le plus efficace aussi, c'est que Total prenne des mesures, comme d'ailleurs c'est déjà le cas aujourd'hui, pour faire des mesures de plafonnement, par exemple, du prix à la pompe. (…)
Ill faut qu'il puisse y avoir des mesures qui soient prises de redistribution au sein de Total, par exemple par des mesures de plafonnement. Je rappelle que le Gouvernement lui-même a pris des mesures de protection des secteurs qui étaient les plus touchés, que ce soit les agriculteurs avec le GNR, que ce soit les pêcheurs, le transport, le bâtiment, les grands rouleurs comme on dit. Donc il y a des mesures à la fois de protection du Gouvernement, il n'y a pas d'ailleurs de recettes fiscales supplémentaires qui sont générées pour le Gouvernement, elles sont redistribuées pour protéger. (…)
Notre objectif, c'est de protéger nos concitoyens de l'augmentation des prix de l'énergie de la façon la plus efficace possible. Donc il y a à la fois des mesures qui ont été prises par le Gouvernement pour les secteurs qui sont les plus touchés, dès le début d'ailleurs, de façon très réactive. Il y a ce discours qu'on a tenu face à Total, parce que, encore une fois, là, l'objectif, c'est de voir ce qui peut être le plus efficace. Donc, les mesures qui sont prises par Total et après, on examinera et on regardera ce qui sera le plus efficace, y compris, effectivement, comme vous le dites, au niveau européen. Et puis après, à moyen-long terme, il y a tout le travail qu'on fait en France comme en Europe pour réduire nos dépendances aux hydrocarbures, pour lancer, pour prolonger le plan d'électrification, pour faire l'investissement dans le nucléaire, dans les renouvelables, pour justement ne pas se retrouver aussi dépendant de situations géopolitiques à l'étranger qui ont un impact très concret sur la vie de nos concitoyens, sur le pouvoir d'achat, sur les prix de l'énergie.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Je n'ai jamais l'habitude de spéculer sur des scénarios éventuels. En revanche, vous le savez, depuis le début, la France a appelé à la désescalade, à la négociation, avec une ligne très claire, qui est que l'Iran doit abandonner son programme nucléaire clandestin, que l'Iran doit aussi abandonner son programme de missiles balistiques. Ça, d'ailleurs, c'est la position de la France, c'est la position de ce qu'on appelle le E3, c'est-à-dire la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, qui avaient négocié sur ces sujets depuis près de 20 ans maintenant, et son soutien à des proxys terroristes à travers la région, qui déstabilisent la région. Mais encore une fois, il n'y a pas d'issue militaire. L'objectif, c'est d'avoir une solution négociée. Ça prendra du temps. Ce sont des sujets extrêmement complexes. Comme je vous le dis, il y avait, vous vous en rappelez d'ailleurs, un accord dont la France était partie prenante, les États-Unis aussi, sur le nucléaire, le JCPOA, en 2015. Les États-Unis puis l'Iran s'en étaient retirés. Donc maintenant, il faut retrouver un cadre, il faut le dire très clairement, au régime iranien, que ce soit sur le programme nucléaire, sur le programme de missiles balistiques ou sur son soutien à des proxys déstabilisateurs à travers la région.

> [Relations Europe-Etats-Unis] Je pense qu'à un moment, il faut entendre le message. On ne peut pas se retrouver dépendant des soubresauts, des désidératas, des déclarations d'un dirigeant américain, quel qu'il soit. Et la vérité, c'est que si on regarde la tendance de long terme, c'était déjà à l'époque du président Obama que les Américains parlaient de pivot vers l'Asie, en disant que l'Europe était beaucoup moins centrale pour les États-Unis. C'était déjà Obama qui disait que les Européens devaient en faire plus pour leur propre sécurité. Le président Biden qui disait qu'il était pro-européen, il a pris des mesures protectionnistes contre l'Europe, que ce soit l'Inflation Reduction Act, le Buy American. (…)
Ce qui dépend de nous, c'est comment on investit dans notre propre sécurité, dans notre propre défense, comment on continue le réarmement. Ce qu'on fait au niveau national : on a doublé le budget de défense de la France sur les deux mandats du président Macron et on accélère le déploiement de la loi de programmation militaire. Et on le fait au niveau européen en investissant massivement dans des coopérations. Le plan SAFE, par exemple, l'an dernier, 150 milliards d'euros avec la préférence européenne, c'est-à-dire que ça va soutenir l'industrie de défense européenne pour avoir des coopérations dans des domaines où on a des dépendances, des lacunes, les drones, le cyber, les capacités de frappe en profondeur. Il faut continuer. On rentre dans un monde qui est plus dangereux. La menace de la Russie et la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine à nos portes. L'agressivité commerciale de la Chine. Des États-Unis qui nous tournent le dos et parfois nous ciblent, on l'a vu avec l'épisode du Groenland. Les conclusions à en tirer, c'est de défendre nos propres intérêts, d'être puissants et d'investir dans notre souveraineté au niveau national comme au niveau européen. C'est le message que porte la France en Europe. Et il y a des mesures très concrètes. Je vous parlais encore une fois de l’emprunt de 150 milliards d'euros. On va avancer, on va accélérer. Mais à un moment, il faut écouter et tirer les conclusions.

> Le Président de la République, il s'est exprimé parce qu'effectivement, il était dans l'Ariège, dans des situations où on a des déserts médicaux. Il a vu un médecin d'origine algérienne et il a dit effectivement qu'il fallait pouvoir. On a des mesures en France pour régulariser dans ce qu'on appelle les métiers en tension, de façon ciblée. Quand ça faisait partie, par exemple, à la fois des circulaires Valls et de la loi Darmanin, Quand on a des domaines dans lesquels on voit qu'on a besoin de main-d'oeuvre, on peut régulariser de façon ciblée. Moi, je n'ai jamais été favorable à des régularisations massives. Je crois qu'il faut que, dans un pays comme ça a été fait en Espagne, comme ça a été fait en Italie aussi, sous Mme Meloni, quand on a des règles, il faut les faire respecter. Donc, fondamentalement, ce qu'attendent nos compatriotes, c'est qu'on ait un cadre clair. Si vous venez, que vous répondez à des besoins économiques qui ont été identifiés, que vous vous intégrez, que vous respectez les règles, que vous parlez la langue, vous êtes le bienvenu dans notre pays.

> [Immigration] Si elle répond à des besoins qui ont été identifiés de façon démocratique, comme les règles que je viens de vous indiquer, à ce moment-là, oui, une immigration choisie, économique. Si vous ne respectez pas les règles, si vous êtes un délinquant, si vous êtes rentré de façon irrégulière, etc., vous n'avez pas vocation à rester sur le territoire. (…)
Il y a des règles très ciblées dans les métiers en tension, mais en tout cas moi je ne suis pas favorable, je ne l'ai jamais été, et d'ailleurs ce n'est pas ce que fait la France, à des régularisations massives comme l'ont fait certains de nos voisins. Et je souhaite aussi au niveau européen, c'est ce que nous portons par exemple avec le règlement retour, qu'on puisse renforcer la maîtrise des frontières extérieures européennes, qu'on puisse se doter de moyens aussi pour faire partir les étrangers qui n'ont plus vocation à rester, qui ne respectent pas les règles. Ce règlement retour qui a été adopté récemment par le Parlement européen et qui devra bientôt être finalisé par l'Union européenne, c'est ce que je souhaite, il permettra de renforcer les moyens pour expulser les étrangers qui sont en situation irrégulière, qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Rapport sur l'accès aux origines : vers un débat à la hauteur des enjeux Nous avons reçu l'avis du Conseil national de l’adoption (CNA) et au Conseil national pour l’accès aux origines personnelles (CNAOP) sur l'accès aux origines personnelles.
Les Conseils convergent vers :
- la reconnaissance d’un droit réel d’accès aux origines, distinct de la filiation ;
- le maintien de la protection de la vie privée de la mère, sans subordonner entièrement ce droit à son consentement ;
- l’inscription de cette évolution dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
Depuis la loi de 2002, la société a évolué : développement des outils numériques, recours aux tests génétiques, multiplication des recherches informelles. Dans le contexte des travaux du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), des états généraux de la bioéthique (EGB), ainsi que de la proposition de loi visant à garantir le droit d’accès aux origines personnelles (N Pouzyreff) en cours d'examen, ces avis font œuvre utile. Je porterai une attention particulière à l'équilibre général entre les droits des mères d'une part et ceux des enfants d'autre part et à leur accompagnement dans cette quête de leurs origines.
Les questions sont sur la table, et rien n’est encore décidé. Derrière ce sujet, il y a des parcours de vie, des histoires personnelles, des questions profondes. Parce que garantir à chacun l’accès à ses origines, c’est renforcer la construction de soi, la confiance et les liens. Mais c'est aussi et surtout, garantir à chacun le droit de savoir d'où il vient. Notre responsabilité est d’y répondre avec justesse, humanité et équilibre. Le débat est ouvert. Je souhaite qu'il soit à la hauteur de l’enjeu : exigeant, apaisé et responsable.

> Dans le Cher, le teknival non autorisé a conduit à la mobilisation rapide de l’ensemble de la chaîne sanitaire, aux côtés des services de l’État et des secours. Comme l’a rappelé le ministre de l’Intérieur, ces rassemblements illégaux mettent en danger les participants et mobilisent lourdement les secours. Dès les premières heures, j’ai demandé la mise en place puis le renforcement d’un dispositif médical, assuré jour et nuit. La coordination a été pilotée par le centre de crise du ministère de la Santé, avec l’appui du SAMU zonal de Rennes pour le pilotage médical sur le terrain. Sur le terrain, le SAMU du Cher et le centre hospitalier de Bourges ont été renforcés par des équipes SMUR de Blois, Orléans, Châteauroux, d’Île-de-France, ainsi que par le SAMU de zone et la réserve sanitaire. Au total, plus de 50 soignants — médecins, infirmiers, ambulanciers et assistants de régulation médicale — ont été mobilisés, parfois en renonçant à leur repos, pour assurer la prise en charge et la continuité des soins. Les établissements de santé ont également dû se réorganiser pour adapter leurs capacités. Je salue la réactivité et l’engagement de toutes ces équipes.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> [Permis de conduire] Oui, nous avons obtenu des résultats. En quelques mois, les délais du permis ont reculé : de 100 à 91 jours ici, de 81 à 77 jours au niveau national. Première baisse depuis 2020.
Quand l’État se mobilise, les résultats suivent. Mais je le dis sans détour : ce n’est pas une victoire, c’est une étape. Et nous n’avons pas le droit de ralentir. Le permis de conduire, ce n’est pas une formalité. C’est l’accès à l’emploi. C’est la liberté et l’autonomie. Et dans le même temps, je refuse toute ambiguïté : la sécurité routière est une ligne rouge. Derrière chaque chiffre, il y a des vies brisées. Nous ne laisserons pas ce fléau s’installer, chacun d’entre nous doit se mobiliser.
La route ne doit plus être un lieu où l’on meurt. Nous avons des leviers : mieux organiser, mieux responsabiliser, mieux utiliser ce qui fonctionne. La conduite accompagnée en est la preuve : plus efficace, plus sûre.
Les solutions existent. À nous de les amplifier. Je suis engagée sur une ligne claire :
- des délais plus courts,
- un système plus juste,
- une exigence intacte pour protéger chacun.
Réduire les délais, c’est redonner du temps de vie. Sécuriser les routes, c’est sauver des vies. Et sur ces deux fronts, je serai pleinement au rendez-vous.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Depuis 2023, sous l’impulsion du Président de la République, l’enseignement professionnel a connu une véritable révolution. De plus en plus de jeunes s’orientent vers cette voie de confiance et d’avenir. À Gardanne, j’ai rencontré les élèves et les équipes pédagogiques du lycée professionnel de l’Etoile en CAP ou Bac Pro dans les domaines de l’accompagnement, des soins et services à la personne, de la petite enfance, du thermalisme, de la restauration. Ils ont fait le choix de se former à des métiers en tension qui font vivre la France !

> À Istres, au Pôle formation UIMM, un exemple concret de réponse coordonnée à des besoins industriels massifs, à l’échelle d’un territoire en pleine transformation. Ici tout le monde est gagnant : grâce à l’investissement des entreprises et des collectivités, les jeunes découvrent des métiers, se forment sur des plateaux techniques à la pointe et s’insèrent dans des emplois d’avenir. C’est tout l’enjeu de mon action : créer les conditions pour former aujourd’hui les talents de demain.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Les Parcs naturels régionaux ne sont pas des cloches de verre ; ce sont des maisons de projets. Inauguration du PNR Vallée de la Rance – Côte d’Émeraude. Un territoire de 90 000 hectares pour allier attractivité et transition écologique.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> En déplacement à Rabat, j’ai pu constater les résultats du partenariat entre l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) et de l’AFD en faveur de la préservation des ressources naturelles au Maroc.
Dans un contexte de pressions croissantes, notamment climatiques, elle vise à protéger la biodiversité, à renforcer la résilience des territoires et à accompagner les communautés locales.
Le centre de prévention national des incendies témoigne du travail de l’ANEF pour protéger la nature et les populations. Investir dans le développement et prévenir les risques est toujours plus efficace et moins coûteux que d’y répondre.

> [Discours lors de la réunion ministérielle du G7 développement] C’est un honneur pour moi de vous accueillir à Paris pour la réunion des ministres du développement du G7.
La France a succédé au Canada, il y a bientôt cinq mois, et en quelques mois, le monde a encore beaucoup changé. Il change de plus en plus vite. Lorsque nous nous sommes réunis tous ensemble il y a six mois à Washington, sous votre présidence, un certain nombre de crises n’avait pas encore eu lieu et donc il y a encore eu de grands changements.
À notre époque il y a quelques faits nouveaux, radicalement, comme les nouvelles technologies, leurs possibilités et leurs dangers ; il y a surtout beaucoup de faits anciens qui ressurgissent, qui reviennent et qui s’accentuent. Le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité s’accélèrent. Les conflits armés se multiplient. Les pandémies ressurgissent. Les grands déséquilibres mondiaux s’accentuent.
L’écosystème du développement est au cœur de ces bouleversements, car les pays en développement, plus vulnérables, sont en première ligne face aux crises. Par exemple, cinq ans après la pandémie de la covid19, plus d’un quart de nos partenaires en voie de développement n’ont pas rattrapé le niveau de revenu par habitant d’avant 2020.
Il y aussi évidemment la question de la dette, dont les charges empiètent sur la capacité d’investir dans l’avenir. 3,4 milliards de personnes vivent dans des pays qui dépensent plus pour rembourser leur dette qu’en matière de santé ou d’éducation.
Et face à ces défis et ces besoins croissants, les ressources concessionnelles publiques sont de plus en plus limitées. Vous le savez, l’APD mondiale a diminué de 23% en 2025. Et en même temps, les grands émergents assument un rôle croissant dans le financement du développement, avec des niveaux de responsabilités et d’engagement différenciés. 
Si l’on prend un peu de recul historique, on se rendra compte des bouleversements, des changements de paradigme, et la communauté du développement en a déjà connu quelques-uns. C’était le cas après la fin de la guerre, après les indépendances, après la guerre froide, après l’adoption d’agendas communs sur les objectifs du développement durable en 2015. L’important, c’est de percevoir et d’accompagner ces changements historiques. Et pour le G7, c’est l’opportunité de prouver sa capacité d’entraînement dans le monde de demain. 
Cette exigence a d’autant plus de sens qu’elle correspond aux attentes de nos partenaires, mais également de nos concitoyens. En France, 78% d’entre eux perçoivent la coopération internationale comme un investissement de long terme ; 77% estiment que la tentation du retrait aurait de fortes conséquences sur la gestion des crises actuelles.
Et c’est notamment pour cela que le président de la République a placé les partenariats internationaux au cœur des priorités du Sommet du G7 d’Évian, qui se tiendra, comme vous le savez, chers collègues, du 15 au 17 juin prochains. 
Les transformations sont nécessaires, elles sont déjà en bonne voie. La France a, dès 2022, appuyé la réforme historique du groupe de la Banque mondiale, nous avons soutenu la création d’une troisième chaise africaine au Conseil d’administration du FMI et impulsé le Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète. 
Nous avons, suite à la pandémie, et avec nos partenaires du G20, soutenu l’objectif de mobilisation de 100 milliards de droits de tirage spéciaux en faveur des pays qui en ont le plus besoin et l’objectif était alors atteint lors du Sommet pour un Nouveau Pacte financier mondial, organisé en juin 2023, à Paris. 
Nous avons aussi promu la mise en place et l’accélération du Cadre commun du G20 pour soutenir nos partenaires face aux poids de la dette. 
Enfin, la communauté internationale a conclu, il y a bientôt un an à Séville, un accord historique en faveur de la poursuite d’une réforme ambitieuse de notre architecture commune du développement.
Mais quelle est la suite ? Nous devons maintenant réinventer le système, et ne pas nous contenter de celui dont nous héritons. Parce que le monde a, et je le disais en introduction, continué de changer.
C’est pour cela que la France, avec ses partenaires du G7, défend et propose une nouvelle approche du développement, celle que nous voulons fonder sur des partenariats mutuellement bénéfiques. Et je parle de partenariats mutuellement bénéfiques, nous avons eu l’occasion d’en discuter entre nous, car nous voulons à la fois être attentifs aux besoins de nos partenaires, comme à nos propres intérêts. Les deux, d’ailleurs, convergent régulièrement, comme quand il s’agit de protéger nos biens communs, qui sont nombreux, la santé, l’éducation, la stabilité.
Il y a quatre principes qui nous permettent de rechercher et de bâtir ces partenariats. Nous voulons faire consensus autour de ces principes.
Le premier, c’est la souveraineté. Par le passé, certains pays sont tombés dans le piège de la dépendance à l’aide internationale. Et au contraire, nos investissements dans les pays en développement doivent contribuer à des trajectoires de croissance durables et souveraines. Cela implique de mobiliser des financements pérennes pour le développement, et donc, forcément, de mobiliser des ressources intérieures publiques. Ce sera essentiel, en particulier pour les secteurs moteurs du développement durable, comme la santé, l’éducation ou encore l’agriculture. Cela implique aussi d’aller chercher les capitaux privés, en particulier pour les infrastructures essentielles et stratégiques. Et c’est cette meilleure prise en compte de la souveraineté, des besoins propres à chaque pays, qui est une attente de nos partenaires. Nous devons y répondre en poursuivant nos efforts en matière de développement de capacités, d’évaluation des risques, d’instruments financiers innovants et de développement des chaînes de valeur locales.
Le second principe que je voudrais mettre en valeur, c’est l’appui à la résilience des pays les plus fragiles. Pour reprendre les mots de la poétesse Gioconda Belli « la solidarité est la tendresse des peuples ». Mais, je l’assume, cet appui est aussi dans notre intérêt. C’est une question de stabilité et de sécurité mondiale. Quand une crise n’éclate pas, quand des trafics se tarissent, la communauté internationale est gagnante. La solidarité donc doit aller vers ceux qui sont exposés à l’extrême pauvreté, aux catastrophes naturelles, aux conflits et aux violences. Elle doit aussi aller vers les secteurs à la fois les plus critiques à cet égard, mais les plus éloignés des financements privés. Je pense en particulier, à la santé, à l’éducation, à l’enfance ou à la nutrition. 
Un troisième principe, dont j’espère aussi qu’il suscite le consensus, c’est l’efficacité. Ce d’autant plus quand les ressources sont plus rares, pour ne pas faire moins, il faut faire mieux. Faire mieux, cela consiste à regrouper nos efforts, et surtout à ne pas nous disperser. Nous devons renforcer la capacité de tous les acteurs du développement à travailler ensemble. Et je pense en particulier aux banques publiques de développement qui se réunissent aujourd’hui à Paris dans le cadre du réseau Finance en commun, j’y étais, vous le savez, pour identifier de nouvelles voies de coopération et d’harmonisation. Certaines d’entre elles nous rejoindront dans la soirée et nous pourrons évidemment échanger. Cette efficacité dépend aussi de l’appropriation des partenariats par les pays partenaires. Ils doivent être réellement bénéfiques, et donc fondés sur les stratégies définies par les pays partenaires. C’est pour cela que nous devons systématiser l’approche de la coordination par les pays, que l’on appelle « plateformes pays », comme principe essentiel de la coopération internationale. Cette exigence d’efficacité repose également sur celle de l’évaluation et de la redevabilité, envers nos partenaires mais également nos citoyens, afin de poursuivre les initiatives qui ont fait leurs preuves sur le terrain.
Le dernier principe dont je veux vous parler, c’est l’esprit de réforme, la capacité d’un modèle à s’adapter et à refléter les réalités contemporaines, c’est sa faculté à répondre aux défis du siècle. En l’occurrence, il y a un chantier prioritaire. Il nous faut élargir notre approche du développement pour prendre en compte l’ensemble des acteurs et des flux en cause. D’une façon générale, nous arriverons à nous aligner à mesure que nous rendrons notre système plus inclusif. Nous avons commencé à le faire au sein des institutions de Bretton Woods. Nous devons poursuivre nos efforts, en particulier ici à Paris, au sein du comité d’aide au développement de l’OCDE. Et c’est dans cette même logique que le président de la République a souhaité faire de cette présidence du G7 une présidence plus inclusive. 
Si le G7 essayait de répondre seul aux défis de la communauté internationale, il n’atteindrait pas de bons résultats, et ce n’est pas grave, c’est normal. Le monde change et nous l’accompagnons. C’est pour cela que nous avons associé le Kenya, le Brésil, l’Inde et la Corée du Sud, à nos travaux, et que j’ai souhaité convier aujourd’hui également nos partenaires du Maroc et de la Côte d’Ivoire.
Aujourd’hui et demain, chers collègues, des discussions importantes nous attendent. Je vous l’ai dit individuellement à chacun d’entre vous, j’espère faire de ces réunions du G7 les plus dynamiques possible, avec des échanges les plus spontanés possibles pour pouvoir justement trouver ces points de convergence. Durant toutes nos séquences, l’objectif ne sera pas d’étaler ce qui nous sépare, les points où nous ne sommes pas d’accord, mais de construire sur ce qui nous rassemble, aussi limités soient-ils, mais je pense que c’est beaucoup plus large que ce que beaucoup peuvent imaginer.
Nous avons certes des divergences, qui sont parfois importantes, mais comme on dit, et je ferai exception à la francophonie, « we have sometimes to agree to disagree, and that’s fine », mais nous devons nous concerter sur nos lignes de convergence. Et elles sont, comme je le disais, beaucoup plus nombreuses que l’on ne le croit. 
Et donc je tiens à remercier, je l'ai fait publiquement à l'instant avec vous, mais à remercier très chaleureusement nos équipes qui sont ici présentes pour leur travail, pour leur esprit justement constructif, pour permettre d'avoir cette déclaration qui vous sera recirculée, mais que vous avez déjà tous vue et validée, qui permet justement de concentrer l'essentiel, c'est-à-dire ces points de convergence justement.
Et nous nous réunirons ensemble au déjeuner pour évoquer avec le PNUD et la Banque mondiale les conséquences des crises au Moyen-Orient sur les pays les plus vulnérables et l'engagement du G7 pour répondre aux besoins les plus immédiats, mais aussi, à long terme, la coopération en faveur de la reconstruction.
Nous travaillerons ensuite sur des partenariats mutuellement bénéfiques du G7 en matière d'infrastructures et échangerons avec la Banque européenne de reconstruction et de développement sur le soutien à l'Ukraine et la situation de la centrale nucléaire de Tchernobyl. 
Nous poursuivrons nos échanges ce soir sur le financement souverain de la santé en prenant exemple des pactes nationaux de santé soutenus par la Banque mondiale. Demain, nous allons accueillir la première session ouverte, les principales fondations et philanthropies pour évoquer la contribution à cette nouvelle approche. Et nous aurons ensuite une discussion en format plus élargi avec les principales organisations internationales du développement sur l'efficacité des politiques de développement, sur la capacité des banques multilatérales de développement à travailler en système, sur les plateformes pays et sur la mobilisation des financements pérennes, domestiques et même diasporiques. 
Nous poursuivrons autour d'un point de réforme plus restreint avec les pays associés, la Banque mondiale, le PNUD et l’OCDE pour préparer le sommet d’Évian. Et enfin, nous clôturerons cette ministérielle avec un autre événement portant sur le soutien à la résilience des partenaires les plus vulnérables face aux catastrophes naturelles, notamment aux mécanismes d'alerte précoce et en particulier l'excellente initiative CREWS en présence des principales organisations du secteur. 
Alors vous avez vu et vous le savez, parce que vous aviez déjà vu le programme et vous l'aviez validé, Mesdames et Messieurs, chers ministres, chers collègues, un programme dense, riche, qui couvre, je le pense, tous les aspects sur lesquels nous avons discuté et travaillé ensemble au cours des derniers mois. Nous sommes à un tournant pour l'avenir du G7, pour l'avenir des pays dans lesquels nous investissons, pour l'avenir de la coopération internationale et du développement. Et l'histoire étant réellement en marche avec le G7, je suis convaincue que si nous agissons ensemble, nous pouvons écrire cette histoire ensemble, sur de très nombreux sujets, sur de très nombreux points. Le G7 sera scruté de près cette année. Les accords que nous trouverons ou non lors de cette ministérielle vont peser lourd pour la suite. C'est pour cela qu'une fois de plus, je pense que notre travail, notre attitude constructive et notre volonté de montrer les convergences est extrêmement importante. Nous avons des sensibilités divergentes, ça se sait, ça se voit. Chacun est libre de ses ambitions en matière de développement et heureusement. Mais ce qui est important, c'est aussi de montrer ces points sur lesquels nous pouvons travailler ensemble, ces livrables auxquels, je l'espère, nous allons aboutir. 
Et votre présence à tous aujourd'hui dans cette ministérielle du développement prouve l'importance que vous continuez d'attacher à ces sujets, la volonté de chacune et de chacun d'entre vous, des membres du G7, à faire vivre cette coopération internationale. C'est une grande responsabilité pour nous tous.

> À l’UNESCO en marge de la ministérielle G7 développement s’est tenu un événement de mobilisation contre la désinformation notamment climatique.
Avec les réseaux sociaux et les fermes à trolls, la désinformation prospère. L’arrivée de l’IA a aussi démultiplié ces menaces. Face à cela, j’ai fait valoir que la France agit sur trois fronts :
- Soutenir la science,
- Défendre l’intégrité de l’information,
- Protéger les journalistes et les défenseurs des droits.
Aux côtés du Brésil et de nos partenaires, la France continuera à défendre les droits humains, l’intégrité de l’information et la liberté d’expression!

> G7 Développement : session consacrée au renforcement de l’efficacité du système et de la souveraineté de nos partenaires. Trois priorités ont structuré nos travaux :
- La mobilisation des ressources domestiques. Le G7 a adopté des lignes directrices communes pour mieux accompagner les réformes portées par les pays partenaires.
- La valorisation des transferts de fonds et des investissements des diasporas, qui constituent l’un des flux financiers les plus stables au service du développement.
- Notre engagement commun à accroître l’efficacité du système de développement et la mobilisation des capitaux privés. La souveraineté et l’efficacité sont au cœur de notre nouvelle approche.

> Pour la première fois, notre G7 a souhaité donné une voix aux fondations et philanthropies, à travers la création d’un groupe d’engagement dédié, le F7, et l’organisation d’un événement dédié lors du G7 Développement.
La philanthropie représente 10% de l’APD mondiale, soit plus de 68 Mds$. Près de 30% de ces fonds sont fléchés vers la santé, 16% vers l’éducation.
Ce G7 a été l’occasion de lancer une déclaration « visant à faire des philanthropies des acteurs stratégiques pour le financement du développement et sa nouvelle approche », déjà endossée par 26 organisations engagées.

 

Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> «Rien sur nous, sans nous»: c’est le principe fondamental de la Charte de Solfagnano, signée en 2024 par tous les pays du G7.
Cette charte, c’est la promesse de construire des politiques qui respectent les choix et les besoins des personnes en situation de handicap.
Avec mon homologue italienne Alessandra Locatelli, nous avons inauguré l’exposition qui illustre les 8 principes de la charte à l’Université Sorbonne Nouvelle.
Un objectif : garantir le droit de chacun à une participation pleine, effective et significative dans la société.

> Passer d’une logique de place à une logique de parcours : c’est l’ambition nationale de la transformation de l’offre dont j’ai pu constater à Marseille les premiers effets avec les services de l’Etat, les acteurs locaux et les associations gestionnaires.
Ils portent une vision commune : partir des besoins de la personne, de son parcours, et construire un accompagnement personnalisé et cohérent avec ses choix de vie.
Ce changement est déjà visible:
- L’unité résidentielle TSA portée par Le Silence des Justes accompagne aujourd’hui des adultes qui, jusque-là, connaissaient des ruptures de parcours faute de solution adaptée ;
- À l’IME Vert Pré, les jeunes sont accompagnés selon leurs besoins, avec des solutions construites avec leurs familles et les professionnels du médico-social ;
- Au sein de l’entreprise Naval Group, les ouvriers de l’ESAT et de l’entreprise adaptée AVENS construisent leurs projets professionnel et personnel dans le droit commun avec tous les appuis nécessaires.
Ces initiatives montrent que des réponses plus humaines, plus souples et plus adaptées sont possibles. Des moyens importants sont mobilisés avec le plan 50 000 solutions : 1,5 milliards d’euros jusqu’en 2030, dont 122,7 millions pour la région PACA. Un fonds d’appui de 250 millions d’euros d’ici 2027 vient aussi soutenir les acteurs de terrain.

 

● Autres ministres
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)

> Sortir de nos dépendances aux fossiles et apporter des réponses coordonnées pour faire face aux conséquences du conflit en Iran : des objectifs partagés avec le commissaire européen à l’Energie, Dan Joergensen. La France sera à l'initiative pour bâtir une Europe à l'énergie souveraine, moins chère et plus verte.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Les Européens se réveillent dans un monde dans lequel le magistère moral, les invocations du droit international, pèsent peu face à l’expression de la puissance. Si on veut défendre notre modèle, notre vision du monde, être respectés, il faut être forts. 

> L’Arménie au cœur de l’Europe. Un succès pour la démocratie arménienne. Un succès aussi pour la diplomatie française autrefois bien seule à porter la voix de l’Armenie dans le concert européen. Cette semaine, toute l’Europe était à Erevan.

> De retour à Erevan avec le président Emmanuel Macron pour le Sommet de la Communauté politique européenne et la visite d’Etat.
Une nouvelle étape du rapprochement de l’Europe avec l’Arménie, partenaire stratégique pour notre continent. C’est aussi l’occasion de renforcer nos relations bilatérales, profondément ancrées dans notre histoire commune.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Sur Cnew
s, Pascal Praud relaie en direct une fausse Une de Closer générée par IA, sans la moindre vérification préalable. Face à la désinformation, nous sommes tous responsables, les médias en première ligne. Je saisis l’Arcom immédiatement.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> À Bordeaux, heureux de retrouver mon ami et nouveau maire Thomas Cazenave! La République se construit dans les territoires. L’espoir commence sur le terrain. C’est ensemble que nous allons le construire !

 

Yannick Chenevard (député)
> [Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense / Intervention à l’Assemblée] «La guerre est une science couverte de ténèbres dans l’obscurité desquelles on ne marche point d’un pas assuré. » C’est ainsi que Maurice de Saxe appelait à la modestie et à la prudence face à l’un des pires travers de l’humanité : faire la guerre ! Situation dominante dans l’histoire de l’homme, la guerre nous oblige à choisir d’être acteur ou spectateur, d’être à table ou au menu.
L’histoire s’accélère. Les empires sont de retour. L’économie bascule inexorablement vers l’Asie. Routes maritimes, ports, transports, routes terrestres apparaissent plus que jamais stratégiques ; puissances navale et maritime sont indissociables : elles entraînent la puissance économique, qui permet la puissance militaire
En Ukraine, les certitudes sont balayées : les combats de positions, à l’image de ceux de 14-18, y sont toujours d’actualité Le champ de bataille s’est dronisé et robotisé. La maîtrise du ciel reste fondamentale.
La guerre se joue aussi dans l’espace et dans la très haute altitude, dont la maîtrise est désormais essentielle.
Les besoins exorbitants en munitions et matériels nécessitent de préserver une industrie de premier plan.
Enfin, l’hybridité des conflits nous rappelle l’importance d’une nation forte, unie et préparée : l’homme reste au centre de ce tout !
La revue nationale stratégique (RNS) nous rappelle qu’il existe un risque très élevé d’une guerre de haute intensité impliquant la France et ses alliés européens à l’horizon 2030. Face à l’inconstance de l’allié historique, qui a des envies de Canada, de Groenland qui taxe et critique ses amis, tandis qu’il flatte ses ennemis, les États membres de l’Union européenne prennent enfin conscience de leurs faiblesses et de leurs dépendances. L’« ami » américain décide seul d’une opération militaire de portée mondiale en Iran, puis, faute d’avoir partagé avec ses « alliés » buts de guerre et moyens de les atteindre, il s’étonne que personne ne le suive… « Mon Dieu, préserve-moi de mes amis ; mes ennemis, je m’en charge ! »
Pendant ce temps, elle attend... Elle a 4 000 ans, elle a tout son temps.
Dans ce contexte, la France choisit d’être acteur. Elle s’est réarmée avant ses alliés. Elle accélère encore avec l’actualisation de la loi de programmation militaire, tandis que la future LPM définira le nouveau format des frégates de premier rang, la permanence de l’alerte d’un ou des porte-avions, ainsi que le nombre de Rafale et de chars que nous devrons inévitablement revoir à la hausse.
Après trente années d’érosion budgétaire et capacitaire, qui ont ramené notre effort de défense à 1,38 % du PIB, le redressement a été engagé ! En 2027, après dix ans, les crédits auront doublé. Imaginez un instant que nous ne l’ayons pas fait !
Je terminerai mon propos par l’essentiel, l’âme de nos armées : les femmes et les hommes qui servent sous les drapeaux. Comme vous l’avez fait, madame la ministre, je veux leur rendre hommage.
Mes chers collègues, face aux nuages qui s’accumulent, soyons à la hauteur des responsabilités qui nous sont confiées : donnons à la France les moyens de poursuivre sa montée en puissance.
Je laisse la conclusion à Raymond Aron, qui écrivait, dans Paix et guerre entre les nations : « Laissons à d’autres, plus doués pour l’illusion, le privilège de se mettre par la pensée au terme de l’aventure et tâchons de ne manquer ni à l’une ni à l’autre des obligations imposées à chacun de nous : ne pas s’évader d’une histoire belliqueuse, ne pas trahir l’idéal (…).»

 

Jean-Michel Jacques (député)
> [Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense / Intervention à l’Assemblée] «Les Français (…) ne peuvent pas se désintéresser de leur défense dans le monde troublé où nous vivons»: ces mots sont de Pierre Messmer, alors ministre des armées. Ils furent prononcés en 1960, au lendemain de l’adoption de la première loi de programmation militaire par le Parlement. Ces mots sont plus que jamais d’actualité.
Face au retour de la guerre en Europe, à l’embrasement du Moyen-Orient, à la fragmentation de l’ordre international et à la multiplication des menaces, chacun de nous doit être convaincu de l’importance de nos armées. Nous, parlementaires, devons prendre nos responsabilités et agir en veillant à ce que l’armée française continue à disposer des moyens dont elle a besoin. C’est tout l’objet de l’actualisation de la loi de programmation militaire.
Cet investissement de 36 milliards d’euros supplémentaires intervient dans un contexte d’aggravation des menaces confirmé par la revue nationale stratégique (RNS) de 2025 et objectivé par les travaux menés par notre commission. Cet effort s’inscrit dans la continuité de l’impulsion donnée en 2017 par le président de la République, chef des armées, pour encourager la transformation en profondeur de nos armées. En l’espace de dix ans, nous aurons doublé le budget de la défense.
Il faut renforcer encore davantage notre dissuasion nucléaire qui doit rester robuste et crédible. C’est la garantie ultime de la sécurité de notre nation et de la protection de nos intérêts vitaux. Ces derniers ont toujours revêtu une dimension européenne : tout en préservant pleinement notre souveraineté, nous devons à présent les appréhender à l’échelle du continent tout entier. Clé de voûte de notre défense, la modernisation de notre arsenal nucléaire est une nécessité absolue.
Nous devons également garantir notre autonomie d’analyse, de décision et d’action. Pour ce faire, il nous faut prendre en compte plus rapidement les évolutions des boucles technologiques et produire plus vite –
 et plus efficacement. Il faut placer l’agilité au cœur de nos organisations, du ministère des armées et de notre industrie de défense. Sans remettre en cause l’intérêt des grands programmes d’armement, il est essentiel de laisser toute leur place aux petits équipements : nous devons investir davantage dans les munitions, la dronisation, la robotisation et la lutte antidrones. Ces efforts sont complémentaires des investissements que nous estimons nécessaires dans le spatial, la très haute altitude, l’artillerie, les frappes dans la profondeur, le renseignement, la guerre électronique, l’informatique quantique ou l’intelligence artificielle.
Enfin, nous devons préserver notre rôle de puissance de sécurité et de stabilité. La France doit rester cet allié fiable, attaché au multilatéralisme et au droit international. Plus que jamais, face à un monde troublé, la France doit demeurer une puissance militaire qui sait se faire entendre à travers sa diplomatie et qui est capable d’agir seule ou avec ses alliés pour défendre ses valeurs, ses intérêts et notre liberté.
Mes chers collègues, j’ai pleinement confiance dans le fait que, comme en commission de la défense, nous ferons de cet examen un débat constructif sur notre politique de défense, et que nous serons tous guidés par la même boussole : l’intérêt supérieur de la nation.
Avant de conclure, je veux rendre hommage aux femmes et aux hommes engagés pour notre défense, civils et militaires. Au-delà des trajectoires financières et capacitaires, ce sont eux qui constituent la première richesse de nos armées.
Vive l’armée française, vive la République et vive la France !

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> [Prix des carburants] Depuis plusieurs jours, face à la hausse du coût des carburants liés à la crise internationale, la tentation de chercher des solutions simplistes est grande. Pointer du doigt, taxer nos fleurons industriels, Total Energy le premier, voilà donc ce que certains proposent. Encore et toujours la même stratégie: la facilité. Mais c'est une erreur. C'est une erreur pour répondre aux attentes légitimes des Français et une erreur pour ceux qui, ici, veulent vraiment défendre notre souveraineté et nos intérêts nationaux.
C'est d'abord méconnaître les réalités. 3 litres sur 4 vendus en France ne le sont pas par Total. Alors pourquoi ne pas parler des autres ? Alors même que c'est le seul acteur, français qui plus est, à avoir plafonné le prix des carburants. Total, c'est aussi 3 à 4 milliards d'euros par an investis dans les énergies renouvelables, y compris en France. Et pour investir, je suis désolé d'avoir à le rappeler à certains, vous savez ce qu'il faut à une entreprise ? Des bénéfices.
Et puis surtout, choisir la facilité, c'est ne pas regarder les vrais défis en face. Le premier, c'est l'urgence sociale pour les Français, qui doivent prendre leur voiture pour travailler. Des mesures ont été annoncées par le gouvernement, elles devront évoluer en tenant compte de la situation budgétaire que certains semblent méconnaître, mais aussi de la durée de la crise. Vous l'avez dit, ainsi l'aide de 50 euros permettra de prendre en charge la hausse du coût des carburants pour quatre pleins pour les gros rouleurs.
Le deuxième défi, c'est celui de nos approvisionnements. Cette guerre nous le rappelle une nouvelle fois, une nation qui ne maîtrise pas son énergie est fragile parce qu'elle est dépendante des autres.
Le troisième, plus fondamental, c'est celui du changement de modèle pour accélérer la décarbonation de notre économie. Mais cette transition ne se décrète pas et nos entreprises, qu'on le veuille ou non, sont aussi des leviers puissants de transformation et on ne peut pas non plus le faire contre les Français.

> Trump a du mal à se sortir du bourbier dans lequel il s'est mis lui-même. C'est lui-même qui a décidé de se mettre dans cette situation-là. Le 1er mai, il avait dit que les opérations militaires étaient terminées. Si c'est pour le reprendre, c'est assez grotesque. Quels sont les buts de guerre, en fait ? Que veut le Président Trump ? Ça permettrait quand même peut-être d'engager une négociation...

> Cette propension qu'on a en France à mettre au pilori nos leaders du luxe ou pétroliers : on est le seul pays au monde qui passe son temps à taper sur ses leaders et ses fleurons. C'est assez regrettable de faire ça. Les superprofits que fait Total ne sont pas des superprofits sur le dos des Français, mais liés à ses activités mondiales.

> Le 1er mai n'est pas un jour comme les autres. C'est le seul jour de l'année chômé, férié et payé. Il porte l'histoire des luttes sociales. Oui à une ouverture pour les boulangers et fleuristes, par le dialogue social, et comme l'envisage le gouvernement via la négociation.

> Rave party : pas de responsables et possiblement sur du matériel militaire, tandis que nos associations respectent les règles au quotidien. Si un drame survient, qui répondra ? Personne parmi les organisateurs. Pas de liberté sans responsabilité, notamment envers autrui.

> [Rapport de l’Assemblée sur l’audiovisuel public] les commissions d’enquête maintenant, ça sert à se faire une notoriété quand on n’en a aucune et se choisir un thème sur lequel on est à charge et jamais à charge et à décharge.

> [Prix des carburants] Il me semble que Total peut, peut-être, regarder ce qu’il peut faire en plus.

 

Erwan Balanant (député)
> [Rapport de l’Assemblée sur l’audiovisuel public] Ça a une valeur politique Nous, groupe démocrate à l'Assemblée nationale, nous voulons analyser les propositions parce que parfois elles sont inefficaces, impossibles ou contre-productives. Nous allons aussi faire nos propositions. (…)
Ce rapport montre que Monsieur Alloncle avait une volonté, c'était casser l'audiovisuel public. Il n'a pas cherché à comprendre, il n'a pas cherché à connaître l'écosystème. La volonté de fusionner France 2 et France 5, c'est une erreur stratégique, puisque ce sont des publics et des créneaux complémentaires. C'est ce que permet le travail du service public : être divers, être implanté sur les territoires. (…)
Il veut supprimer France TV info et France 24 en disant que ça va faire des économies. Tout ce qu'il va réussir à faire, c'est perdre de l'audience car ce ne sont pas les mêmes publics.

> [Rapport de l’Assemblée sur l’audiovisuel public] Que l'argent public soit bien géré, c'est une préoccupation de tous les Français et des salariés de tout l'audiovisuel public. Mais le rapporteur a une méconnaissance de l'écosystème audiovisuel général en France. L'audiovisuel public soutient la création, soutient un écosystème, soutient une économie qui génère beaucoup d'argent en France.

> [Rapport de l’Assemblée sur l’audiovisuel public / Nomination des dirigeants de France Télévisions et de Radio France par le président de la République] C'est un retour en arrière impossible, dans le cadre des règlements européens que nous avons signés qui oblige à une nomination détachée du pouvoir et indépendante.

> [Rapport de l’Assemblée sur l’audiovisuel public] Charles-Henri Alloncle a un dessein simple, c'est d'un côté affaiblir économiquement le service de l'audiovisuel public et de l'autre faire une reprise en main politique, sacrément puissante. C'est vraiment un retour en arrière. Certains ont parlé d'ailleurs du retour de l'ORTF. Je pense qu'on n’en est pas loin effectivement.

> [Audiovisuel public] Il faut avoir une grande réflexion sur la place du numérique, parce que l'audiovisuel public, c'était la radio initialement, ça a été la télé et aujourd'hui nous avons l'émergence des plateformes. Comment sur ces plateformes et comment sur le numérique, l'audiovisuel public français continue ce travail qu'il a toujours fait de transmettre des informations, de divertir et de permettre aux Français d'accéder à la culture ? Ça, c'est un enjeu qui est un enjeu qui est un angle mort total du rapport. Nous allons le traiter.

 

Sabine Thillaye (députée)
> [Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense / Intervention à l’Assemblée] J’interviens en tant que rapporteure pour avis de la commission des lois sur les articles 17, 18 et 19 du projet de loi. Ces trois articles répondent à un même impératif : assurer notre sécurité nationale tout en respectant nos principes fondamentaux.
L’article 17 instaure une obligation de déclaration préalable avant toute publication ou diffusion d’une œuvre de l’esprit par un agent d’un service de renseignement du premier cercle. Toute publication, même de bonne foi, est susceptible de révéler des informations sensibles, de nature à porter atteinte au secret de la défense nationale, en dévoilant des méthodes, des procédures. Ce faisant, elle peut mettre en danger des agents sur le terrain.
Il ne s’agit pas de censurer, mais d’anticiper des risques réels dans un contexte où l’information circule vite, très vite. Cet article institutionnalise un dialogue entre le ministère et ses agents : l’agent devra transmettre son œuvre avant toute publication, diffusion ou même communication à un tiers. Le ministre pourrait lui demander d’y apporter des modifications, si par exemple l’œuvre révèle des opérations, des procédures opérationnelles ou si elle donne des informations de nature à nuire à la sécurité des agents.
La commission des lois a souhaité supprimer la peine d’emprisonnement d’un an encourue en cas de méconnaissance de l’obligation de déclaration préalable. En conséquence, je vous proposerai d’augmenter significativement le montant de l’amende.
L’article 18 donne aux services de renseignement la possibilité de détecter les signaux faibles sur internet grâce à des algorithmes conçus sur demande par le groupement interministériel de contrôle (GIC), organisme rattaché au premier ministre.
Je veux lever une ambiguïté : un algorithme n’est pas une boîte noire incontrôlable, mais une suite d’instructions, un outil mathématique conçu sur mesure pour analyser automatiquement de grandes quantités de données. Concrètement, il s’agit d’un filtre, d’un tamis qui trie des millions d’informations et ne fait remonter que celles qui correspondent à des critères précis définis à l’avance.
C’est un point essentiel : les services de renseignement n’accéderont pas à l’ensemble des données analysées. Seules celles susceptibles de révéler un comportement numérique menaçant déclenchent une alerte et sont analysées par les services. Le dispositif est encadré, il suppose une autorisation du premier ministre et un avis de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR).
L’article 18 étend aussi les finalités du déploiement de ces algorithmes à la lutte contre la criminalité et la délinquance organisées. Il intègre la possibilité pour les services de faire traiter des URL –
 les adresses que vous tapez dans la barre de recherche – par leurs algorithmes. Or les URL sont des données mixtes qui peuvent comporter des indications sur les informations consultées. Dans sa décision sur la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic, le Conseil constitutionnel a censuré l’utilisation des URL. L’article 18 vise à remédier à cette censure en incluant de nouvelles garanties.
En commission des lois, nous avons précisé la procédure par laquelle la CNCTR rend ses avis. L’examen en séance permettra d’affiner les dispositions relatives à ce contrôle.
L’article 19 a pour objet un aspect moins visible mais tout aussi stratégique –
 la protection de notre recherche. Il s’agit de prévenir le débauchage des chercheurs qui travaillent sur des projets stratégiques. L’article crée également pour ces chercheurs une obligation de déclaration préalable avant d’exercer une activité pour le compte d’une entité étrangère. Le ministre pourra s’opposer à l’exercice d’une telle activité s’il estime que les intérêts fondamentaux de la nation sont menacés. L’objectif est d’intervenir en amont. Les chercheurs concernés par le texte exercent dans des zones dont l’accès est déjà réglementé en raison de la sensibilité des recherches qui y sont menées. Là encore, il ne s’agit pas d’interdire mais d’anticiper en évaluant les risques pour protéger nos intérêts fondamentaux.
Pour garantir la sécurité juridique des chercheurs, nous avons introduit en commission une règle claire : en l’absence de réponse du ministre, l’exercice de l’activité sera considéré comme autorisé.
Ces trois articles suivent une même ligne : agir en amont plutôt que subir, protéger sans bloquer, sécuriser sans renoncer à l’État de droit. C’est un équilibre exigeant mais nécessaire. C’est pourquoi je vous invite à adopter ce texte.

 

► Autres 
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie industrielle)

> Il faut continuer à soutenir l’Ukraine. C’est l’engagement qu’on a pris au niveau européen, (...) et on a trouvé les voies et les moyens de pouvoir continuer à soutenir l’Ukraine sans argent public européen, mais avec un prêt qui est garanti sur des avoirs russes.

> [UE] la question de l’adhésion apparaît trop anticipée du côté de la Commission. Les modalités d'une éventuelle adhésion sont en réalité très liées aux garanties de sécurité qu’on doit à l’Ukraine.

> On est inondés de produits chinois sur le marché européen, souvent dans des secteurs qui sont clés et qui sont stratégiques, avec des dépendances qui ne sont pas aujourd'hui acceptables au vu de la géopolitique, des incertitudes que nous vivons. Sur ces questions, nous proposons de rajouter une clause de préférence européenne (...) pour éviter que cette industrie ne disparaisse dans les cinq ou dix prochaines années si nous ne faisons rien.

> [Règles sur les investissements étrangers en Europe avec transfert de technologie et un partenariat avec les industries du continent] C'est en quelque sorte remettre aux standards internationaux un marché de 450 millions de consommateurs qui est l'Union européenne, avec des marchés comparables comme les États-Unis ou la Chine.

> la Chine reste un partenaire commercial, mais il faut rétablir une forme d'équilibre de nos relations.

> Il nous faut des accords commerciaux pour diversifier les secteurs d’exportation et aller chercher d’autres marchés, afin de réduire la part d’influence des marchés américains et des marchés chinois à l’importation.

 

● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Le Parti social-démocrate roumain (SPD), à gauche, s'est allié à l'extrême droite pour faire tomber le gouvernement pro-européen de la Roumanie par une motion de censure. Il s'agit d'un acte irresponsable à un moment critique. Les enjeux sont considérables pour la Roumanie et pour l'Europe. La Roumanie ne doit pas choisir la radicalité, mais la stabilité. Nous regrettons profondément cette alliance avec ceux qui fragilisent le pays et l'Europe, défendent les intérêts russes, remettent en question la science et s'opposent à nos valeurs. Renverser un gouvernement pro-européen maintenant met en péril l'avenir de la Roumanie. La stabilité, acquise grâce à la poursuite des réformes et au déblocage des fonds européens, est le choix responsable pour la Roumanie et pour l'Europe. Avec Renew Europe, nous soutenons le parti USR. Ce n'est pas le moment de jouer avec l'avenir de la Roumanie, mais le moment d'agir avec responsabilité.

 

Pascal Canfin (député)
> Encore une fois, Donald Trump menace l’Europe de droits de douane exorbitants. Dans ces conditions et si ces menaces sont mises à exécution, comment l’accord commercial entre l’UE et les Etats-Unis pourrait-il être ratifié par le Parlement européen ?

 

Christophe Grudler (député)
> L'UE coupe enfin les financements publics aux onduleurs solaires chinois, russes ou iraniens. Une décision que nous appelions avec mes collègues Renew Europe. Il est temps de mettre fin aux dépendances qui menacent notre sécurité énergétique et notre autonomie stratégique.

 

Nathalie Loiseau (députée)
> Le sommet de la Communauté Politique européenne à Erevan est un événement majeur. L’Arménie est enfin au centre de toutes les attentions.

> Le Président Aliyev n’aime pas le Parlement européen. Il a annoncé qu’il « rompait les relations » avec notre assemblée. Son reproche ? Que nous ayons de la mémoire, que nous rappelions l’épuration ethnique des Arméniens d’Artsakh et les otages de Bakou. Nous ne fléchirons pas.

> On ne va pas — alors que la guerre en Ukraine dure depuis 4 ans, que d'autres guerres ont un impact direct sur notre continent — continuer à dire "oui il faudrait faire l'Europe de la défense mais c'est un vieux serpent de mer". On a commencé à la faire. Il faut faire plus, mieux. Il faut que nos armées s'entraînent ensemble. Non pas pour partir en guerre. Mais pour dissuader un adversaire de nous attaquer, au moment où la Russie de Vladimir Poutine considère l'Ukraine comme l'apéritif et l'Europe comme le plat principal.

 

Jérémy Decerle (député)
> La démographie agricole européenne est inquiétante et le Parlement européen doit se donner les moyens de ne plus perdre ses agriculteurs. Nous devons être ambitieux : consacrer 10 % de la PAC aux jeunes, faciliter la transmission des exploitations en accompagnant mieux les cédants, et fixer des objectifs d’installation par État membre. (…) C’est à ces conditions que nous relèverons le défi du renouvellement des générations.

> Ce week-end, l’accord UE–Mercosur est entré provisoirement en vigueur, sans l’avis du Parlement européen et malgré la saisine de la Cour de justice de l’UE. Pour autant, le combat n’est pas terminé. Le vote du Parlement restera décisif pour déterminer la mise en œuvre définitive du traité. Derrière ce texte, c’est l’identité même de l’Europe qui se joue : la protection de son agriculture et de ses paysans, la défense de sa souveraineté alimentaire et de ses standards de production. Ce n’est pas le principe des accords de libre-échange qui pose problème mais l’absence de réciprocité pour garantir un équilibre dans nos partenariats commerciaux. Restons mobilisés et surtout cohérents.

 

Grégory Allione (député)
> Aujourd'hui, à Bruxelles, le Manneken-Pis a revêtu son costume de pompier. Un clin d'œil, à deux pas du Parlement européen. Derrière le symbole, un message : le sapeur-pompier, c'est une fierté européenne. En cette journée internationale des sapeurs-pompiers, j'ai une pensée pour toutes ces femmes et ces hommes engagés partout en Europe. Ils sont plus de 360 000 sapeurs-pompiers professionnels, auxquels s'ajoutent des centaines de milliers de volontaires. Tous partagent le même engagement. La même mission. Les mêmes risques. J'ai une pensée pour ceux qui se battent partout en Europe. Parce que oui : l'an dernier, l'Europe a brûlé comme jamais. Plus d'un million d'hectares partis en fumée en 2025. La pire saison de feux depuis qu'on tient des registres. On ne s'en sortira pas seuls. C'est ma conviction profonde. Au Parlement européen, je porte un combat clair : il faut bâtir une véritable Europe de la protection civile. Avec des bombardiers d'eau produits chez nous, des stocks stratégiques mutualisés, un mécanisme rescEU musclé, et je l'assume, une vraie articulation entre défense et sécurité civile. Parce que le même hélicoptère qui évacue un grand brûlé peut sauver un blessé de guerre. Parce que la même industrie aéronautique qui fabrique nos avions militaires peut produire les bombardiers d'eau dont nous manquons. Faire front, c'est ça. Aux sapeurs-pompiers de France, du Var, des Bouches-du-Rhône, de Provence et de toute l'Europe : merci. Pour ce que vous faites. Pour ce que vous êtes.

> Voilà pourquoi je me bats pour une Europe de la protection civile: 3 500 personnes évacuées en Toscane. Cela risque de devenir notre quotidien…
Depuis vendredi, plus de 800 hectares ont brûlé en Toscane. Trois Canadair, un hélicoptère, 19 véhicules de pompiers, l’armée, la police, la protection civile italienne mobilisés sans relâche. Toute ma pensée va aux familles évacuées et aux Vigili del Fuoco, nos camarades italiens, engagés sur ce front depuis 48 heures. Mais soyons lucides. Cet incendie, début mai, n’est pas un hasard. L’année dernière, l’Europe a connu sa pire saison de feux depuis le début des relevés : plus d’un million d’hectares partis en fumée. La saison ne commence plus en juillet. Elle commence maintenant. Et elle risque d’être difficile.
Ce qui s’est passé en Toscane peut se passer partout en Europe. Nous le savons. Sommes-nous prêts ? Être prêts, ça veut dire trois choses :
- Le bon matériel, des avions modernes, en quantité suffisante, mutualisés à l’échelle européenne
- Des citoyens formés aux gestes qui sauvent et aux bons réflexes face à un feu
- Une vraie politique de prévention : débroussaillement, gestion des forêts, anticipation
Aucun pays ne pourra faire face seul. C’est pour ça que je me bats au parlement européen pour une véritable Europe de la protection civile.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Il y a quelques semaines, on nous bassinait avec le « miracle italien » ! D’autres parlent d’un « eldorado espagnol ». Ici en termes de croissance, là au sujet des finances publiques… Et si on arrêtait de croire aux miracles ? Et si on évitait les mirages ? Il y a certainement des leçons à tirer de chez nos voisins européens, du Sud, du Nord ou de l’Est. C’est la raison pour laquelle j’insiste pour que tous les travaux du Plan aient une dimension européenne - et nous avons ouvert une petite antenne à Bruxelles dans cet esprit. Mais cessons de chercher un modèle. Rien que sur le plan démographique, Italie et Espagne vont beaucoup plus mal que nous ! Soyons fiers de nos forces et de nos atouts, que l’on doit valoriser, révéler, développer ! Pour sortir des illusions et regarder les faits, dans quelques semaines nous publierons une note inédite de comparaison entre la France, l’Italie et l’Espagne.

> [Cosignataire de la tribune: «Une société tient debout lorsque chacun peut espérer y trouver sa place »]
Tensions géopolitiques exacerbées, crise climatique, transition démographique, révolution de l’intelligence artificielle : depuis quelques années, l’accélération de ces bouleversements se fait ressentir non plus seulement à l’échelle des États, mais désormais à l’échelle de nos concitoyens. La France est-elle prête à affronter ce nouveau monde en métamorphose permanente ?
Redéfinir une stratégie de puissance, bâtir un nouveau rôle pour l’Europe, augmenter la compétitivité de nos entreprises, ne pourra se faire sans consolider notre cohésion nationale actuellement à la peine. Et si la force d’un pays se mesure à son économie et à sa défense, il se mesure aussi à la solidité de son modèle social : notre manière d’éduquer, de soigner, d’accueillir, d’accompagner les plus fragiles.
Le modèle social français repose sur un équilibre singulier : des services publics puissants, une protection sociale structurante, des collectivités engagées, et des acteurs de l’économie sociale et solidaire qui accompagnent les plus vulnérables sur le territoire.
Ce continuum d’organisations façonne notre manière de vivre ensemble, et traduit une conviction profondément ancrée dans notre histoire républicaine : une société tient debout lorsque chacun peut espérer y trouver sa place. Le financement des services publics et de la protection sociale est assuré par des impôts et cotisations sociales notamment assis sur la richesse créée par les entreprises, lesquelles soulignent que le poids est plus lourd que dans d’autres pays qui nous ressemblent.
Notre modèle est aujourd’hui bousculé par les transformations démographiques. La France vieillit rapidement : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès a dépassé celui des naissances. D’ici 2050, le nombre de personnes âgées en situation de dépendance aura doublé par rapport à 2015 selon l’Insee. Conçu à une époque où la part de la population active était plus importante, notre système de protection sociale est désormais sous tension.
Repenser notre modèle social est donc une nécessité, mais aussi un véritable défi dans un contexte où le débat public est de plus en plus polarisé, saturé d’émotion et d’oppositions caricaturales. Comment, dans ce contexte, redéfinir ce qui compte vraiment pour tous ?
« Ce qui compte vraiment », d’abord au sens des valeurs. L’équilibre de notre modèle social repose sur une croissance économique, la compétitivité de nos entreprises et l’innovation, mais tous les modèles ne se valent pas : certains détruisent plus de valeur économique, écologique et sociale qu’ils n’en créent à long terme.
Voulons-nous une société où les trajectoires individuelles sont abandonnées aux seules logiques du marché, ou bien qui cherche à garantir l’égalité des chances, la dignité de chacun, et le respect des limites planétaires ?
Donner vie à ces valeurs, c’est aussi se donner les moyens d’y parvenir. Des études ont établi qu’investir dans la petite enfance, dans l’éducation, dans la formation ou dans l’accompagnement vers l’emploi n’est pas une simple dépense sociale, c’est un investissement dans la prospérité future d’une génération, au sein d’une économie fondée sur la connaissance et les compétences. Plutôt que de réparer les inégalités une fois qu’elles sont installées, il s’agit d’agir en amont pour renforcer les capacités des individus et sécuriser les parcours de vie.
« Ce qui compte vraiment » ensuite, au sens de l’impact économique de chaque dispositif déployé. Dans un contexte de dépenses publiques tendues, les coûts et bénéfices des politiques publiques doivent être suivis avec rigueur sur l’ensemble des parties prenantes, calculés sur le court, moyen et long terme. Mais il faut aussi s’intéresser aux conséquences de l’absence d’investissement.
La transition écologique est un sujet emblématique à cet égard : des investissements ciblés et ambitieux aujourd’hui permettent de réduire des coûts futurs inassimilables. Dès aujourd’hui, ces investissements doivent être appréciés pour leurs conséquences quantifiables à l’échelle de la planète, mais aussi sur la santé, la sécurité et le pouvoir d’achat de nos concitoyens.
« Ce qui compte vraiment » enfin, au sens de ce que nous choisissons de mesurer. Il s’agit de ne pas négliger l’impact des dispositifs sur le bien-être, l’épanouissement ou le sentiment d’appartenance des individus, et être capable de regarder et quantifier autre chose que les recettes et les dépenses.
Des études sur la mixité sociale à l’école, en France et à l’étranger, démontrent par exemple que les politiques de déségrégation scolaire améliorent la réussite des élèves les plus défavorisés, sans pénaliser les autres, et augmentent la connaissance de l’autre et la coopération : des résultats mesurables, qui participent au projet d’une société unie.
Des indicateurs factuels donnent souvent une vision plus consensuelle d’une réalité dont la perception peut être déformée par le débat public. Dans une démocratie mature, les désaccords politiques sont légitimes et nécessaires, mais doivent s’appuyer sur un socle commun de faits et de preuves, sur un diagnostic partagé de la situation.
Face aux défis immenses qui se présentent à nous, cette exigence de rigueur est essentielle. Nous n’avons plus le luxe de débats guidés uniquement par l’émotion ou le spectacle. À un an de l’élection présidentielle, redéfinir ce qui compte vraiment dans notre modèle social, c’est réaffirmer nos valeurs, et comprendre comment elles se traduisent en résultats quantifiables. C’est, en définitive, retisser la cohésion d’une société aujourd’hui fragmentée.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Les prédateurs manipulent leurs victimes jusqu’au silence. C’est à nous adultes de repérer les signes, de tendre l’oreille, d’accueillir leur parole, d’être vigilants avec un signe ou un dessin. La parole ne se libère que si l’écoute est attentive.

> J’ai remis au Pape Léon XIV une lettre portant la voix de jeunes et de victimes d’abus, dont la crainte est l’oubli plutôt que la mémoire. Je lui ai offert un livre sur les saints nantais Donatien & Rogatien, et partagé avec lui un parallèle entre l’histoire d’hier et le présent.

> L’IA peut être une chance pour nos enfants, mais sans contrôle, elle devient un danger réel. Protéger l’enfance de ces révolutions doit rester notre priorité.

 

 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires anonymes ne sont pas publiés ainsi que ceux qui seraient insultants ou qui ne concernent pas le Centre et le Centrisme.