Voici une sélection, ce 5 mai2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles
émiriennes sont injustifiées et inacceptables. Comme elle l’a fait depuis le
début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et
dans la région pour la défense de leur territoire. Une solution durable au
conflit en cours ne passera que par une réouverture du détroit d’Ormuz à la
libre circulation et par un accord robuste permettant d’apporter les garanties
de sécurité nécessaires aux pays de la région, notamment contre les menaces
posées par l’Iran sur le plan nucléaire, balistique et liées à ses activités de
déstabilisation régionales.
> [Sommet de la Communauté politique européenne]
Heureux de retrouver Erevan. C'est important parce que c'est un nouveau
rassemblement de cette Europe large qui est la communauté politique européenne.
Qui, de l'Europe du Nord aux Balkans en allant jusqu'au Caucase, permet de
rassembler aujourd'hui 40 délégations qui sont ici. Et on voit que c'est une
Europe qui avance. On va dans un instant tenir une réunion de soutien à
l'Ukraine. On aura l'occasion d'avoir des réunions de soutien, justement, à
l'indépendance, la souveraineté arménienne, à la Moldavie.
Et puis, c'est une Europe aussi qui bâtit sa sécurité, sa défense. C'est,
je crois, le bon cadre, parce que les défis de sécurité européens sont au-delà
des frontières de l'Union européenne, et cette Europe large est pertinente à ce
titre. Nous avons aussi bâti, lors du dernier Sommet à Copenhague, une alliance
contre la drogue et les trafics de drogue. Elle comporte 40 délégations, États
et organisations internationales, et nous allons pour la deuxième fois la
réunir avec des actions très concrètes que nous coordonnons dans les ports, les
aéroports, pour lutter aussi contre le financement des trafics. Voilà l'agenda
du jour, et c'est pour moi une occasion importante de continuer à faire avancer
ce projet européen qu'est la Communauté politique européenne. Nous aurons
ensuite l'occasion d'une visite bilatérale.
> [Sommet de la Communauté politique européenne] C'est un message d'abord pour nous-mêmes. Nous, Européens, nous bâtissons nos solutions de sécurité. C'est ce que nous avons décidé de faire dès 2022 en créant la Communauté politique européenne. C'est ce que nous avons fait en bâtissant une coalition des volontaires pour apporter des garanties de sécurité à l'Ukraine, c'est ce que nous avons fait avec l'opération ad hoc et la mission pour la libération d'Ormuz. Donc, ce n'est pas en réaction à qui que ce soit, mais les Européens prennent leur destin en charge, augmentent leurs dépenses de défense et de sécurité et bâtissent leurs solutions communes.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Il y a 10 jours,
nous, nous poussions, dès que le cessez-le-feu a été déclaré, pour faire deux
choses. J'avais eu le président Trump et le président Pezechkian. Le
cessez-le-feu devait inclure le Liban et le cessez-le-feu devait permettre la
réouverture d'Ormuz. Le vendredi, nous avons tenu cette mission ad hoc
qui a rassemblé de nombreux États et gouvernements, une cinquantaine, de tous
les continents d'ailleurs, ce qui est une très bonne chose. Le même jour, les
États-Unis ont annoncé faire un blocus.
Aujourd'hui, je regarde la situation. Si les États-Unis veulent réouvrir, sont
prêts à réouvrir Ormuz, c'est très bien. C'est ce qu'on demande depuis le
début. Mais nous, on ne va pas participer à quelque opération de vive force que
ce soit dans un cadre, pour ma part, qui ne me semble pas clair. Donc nous,
nous avons bâti une mission ad hoc sur laquelle nous travaillons. La
planification militaire s'est faite à Londres, mais nous souhaitons qu'il y ait
surtout une réouverture concertée entre l'Iran et les États-Unis. C'est la
seule solution qui permet durablement de rouvrir le détroit d'Ormuz, de
permettre la libre navigation et de le faire sans restriction et sans péage.
Ensuite, je veux ici redire aussi qu'il est essentiel que le cessez-le-feu soit
respecté au Liban. Il y a encore eu plusieurs dizaines de morts la nuit
dernière. Il est essentiel que le cessez-le-feu soit respecté. Vraiment, c'est
l'engagement que les parties ont pris, et je le dis pour la souveraineté,
l'indépendance du Liban et la protection des populations civiles.
> [Génocide Arménien] De retour en ce lieu de mémoire et de devoir, face à l’imprescriptible. Pour que résonne chaque nom et pour que l’oubli s’éloigne. À jamais, la France se tient aux côtés du peuple arménien, avec respect et en mémoire du génocide subi et de tant de destins volés.
> [Sommet de la Communauté politique européenne] L’Europe n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle avance unie. À Erevan, la Communauté politique européenne poursuit le chemin que nous avons ouvert en 2022 : celui d’une Europe plus unie, plus souveraine, maîtresse de son destin.
> L'Europe qui va de l'Islande jusqu'au Caucase, celle que réunit la Communauté politique européenne, a du sens.
> Très heureux de retrouver l’Arménie. Merci pour
cet accueil ! Avec la Communauté politique européenne, nous continuerons
de bâtir une Europe plus souveraine. Puis avec mon ami le Premier ministre
Nikol Pachinian nous scellerons un partenariat stratégique entre nos pays. (…)
Les liens qui unissent la France et l'Arménie nous rendent plus fort. (…)
La France est et restera un partenariat fiable.
> [Discours devant les militaires engagés sur
l'exercice Orion] Je veux vous dire la fierté qui est la mienne d'être
devant vous aujourd'hui. Et avant de vous dire quelques mots, honorer la
mémoire de vos frères d'armes, le Major Frion, l'adjudant Montorio et le
sergent Girardin, morts pour la France, morts au combat en Irak et au Liban. En
leur hommage, je vous propose de respecter dès à présent une minute de silence.
Merci pour nos morts, pour leurs familles. J'ai une pensée aussi pour nos
blessés. Je sais que leur combat est difficile et douloureux. Notre présence
aujourd'hui est aussi en reconnaissance de cela. Malgré la gravité de ces mots,
de ces moments, je veux ici, oui, vous dire la fierté qui est la mienne et
celle de la ministre des Armées, du CEMA, du CEMAT et des généraux qui
m'accompagnent, d'être à vos côtés pour la conclusion de l'exercice Orion, qui
s'affirme comme un succès et un signal clair envoyé tout à la fois à nos alliés
et à nos adversaires.
Il y a un an, jour pour jour, j'étais déjà au sein de l'armée de Terre,
sous le soleil d'Aubagne, pour assister à la cérémonie de commémoration des
combats de Camerone et remettre les certificats de nationalité à trois
légionnaires devenus Français. Le cadre a radicalement changé. Mais être à vos
côtés aujourd'hui, c'est réaffirmer la force de notre armée de Terre, l'esprit
de corps et ce sens du collectif. Ce que j'ai vu aujourd'hui, c'est une armée
qui avance, qui se transforme, qui se modernise, qui agrège et qui est là pour
répondre aux défis contemporains qui sont les nôtres. C'est pourquoi cet
exercice est si important et vous pouvez être fiers d'y avoir contribué.
Notre armée de Terre s'est profondément modernisée, comme toutes nos armées
ces dernières années. J'ai pu voir à vos côtés les derniers équipements que
vous avez touchés, qui ont continué de se déployer conformément aux lois de
programmation militaire successives et à la sur-marche qui est en train d'être
négociée, c'était une nécessité. L'armée avance, innove, adopte ces nouveaux
équipements, les transforme, innove elle-même, je l'ai vu aussi.
Ensuite, nous avons vu le défi d'une nécessité pour les Européens de
prendre davantage en charge leur défense. Et donc de consolider cette
interopérabilité qu'apporte l'OTAN, mais de réussir à agréger autour de nous,
avec nous, d'autres armées européennes. Je veux ici saluer nos partenaires
européens présents à nos côtés, nos amis britanniques et allemands intégrés au
sein du commandement. Je salue nos frères d'armes espagnols, grecs, italiens,
polonais, qui ont aussi contribué à cet exercice. Merci d'être avec nous ce
soir. Votre présence incarne la force dont l'Europe est capable.
En effet, à chaque fois, ces derniers mois, que nous avons conçu des
missions importantes pour la sécurité des Européens, nous avons pensé la
capacité à planifier, la capacité à assurer un commandement et le déploiement
de telles opérations. Nous avons pensé, évidemment, à des déploiements
conjoints. C'est le sens même de la Coalition des volontaires que nous sommes
en train d'organiser pour les garanties de sécurité en Ukraine. Elles sont sous
commandement franco-britannique. Cet exercice Orion a permis de tester la
robustesse de nombre de ces approches et nous a permis de conforter à la fois
ce qui a été pensé et voulu, et je vous en remercie pour le commandement, et
également la capacité des Européens à agir ensemble. Cet exercice nous a montré
la crédibilité qu'ont les Européens à pouvoir déployer, ensemble, une opération
de cette ampleur, et la France à être une nation cadre dans ce contexte. C'est
à mes yeux un message très clair qui est envoyé à nos partenaires ukrainiens,
qui nous attendent sur ce registre, et à tous nos frères d'armes européens qui
savent pouvoir s'agréger à de telles missions et travailler à nos côtés.
Je suis là aujourd'hui pour vous dire de continuer à vous battre pour faire
de la France une puissance reconnue par ses alliés et redoutée par ses ennemis.
Elle illustre chaque jour à quel point notre environnement international se
brutalise, cette actualité que nous vivons, et nous avons raison de continuer
de nous adapter à la menace. Mais le dernier mot que j'aurai, en étant à vos
côtés aujourd'hui, c'est qu'évidemment, il y a la modernisation en cours, nos
lois de programmation militaires, il y a ce que nous allons continuer de faire.
Évidemment, il y a une France qui est au cœur de l'Europe avec ses partenaires,
agrège, consolide et sait bâtir une Europe de la défense crédible pour sa
sécurité, la sécurité de ses partenaires de défense et répondre aux défis
contemporains. Mais derrière tout cela, il y a notre force d'âme, les femmes et
les hommes qui font nos armées. L'importance d'un exercice comme celui que vous
venez de vivre, c'est aussi de la solidifier. Et l'importance d'un exercice
comme celui qui vient d'être organisé, c'est de tester la robustesse de notre
capacité à résister dans tous les domaines du jeu, y compris la partie civile,
y compris en engageant, comme vous l'avez fait durant cet exercice, d'autres
ministères. La capacité aussi que nous aurons à intégrer les réservistes, et
nous avons renforcé cela, et le service national dans quelques semaines. Mais
n'oubliez jamais cela. C'est vous qui tenez notre capacité d'engagement, notre
efficacité au combat, notre capacité de résistance. Et à la fin, la victoire.
Aucun équipement ne le fera à votre place.
Nos frères d'armes ukrainiens, que vous avez eu l'honneur de former, ici
même, le démontrent chaque jour. En février 2022, il y avait peu d'experts pour
expliquer qu'ils allaient résister. C'est par leur force d'âme qu'ils ont tenu,
c'est par leur force d'âme qu'ils ont innové, c'est par leur force d'âme qu'ils
ont, pied à pied, su tenir leur territoire. C'est un exemple qui doit continuer
de nous inspirer.
Je sais une chose, par l'honneur qui m'est fait depuis bientôt neuf ans
d'être là où je suis, c'est que cette force-là, nous l'avons. Et nul ne nous
l'enlèvera. Soyez fiers de cela. En tout cas, je suis fier d'être à votre tête,
car c'est cette force-là qui est la plus importante dans les moments que nous
sommes en train de vivre. Je suis éminemment fier de notre armée de terre, de
nos armées, de l'ensemble des frères d'armes ici rassemblés. Je mesure la
révolution du combat terrestre qui se joue aujourd'hui, toutes les
transformations que vous avez conduites et celles qui continueront.
Je suis fier de l'exercice que vous venez de conduire et je vous en
remercie. Mais je suis surtout fier des Françaises et des Français engagés que
vous êtes et de cette force-là qui continuera de nous tenir. Vive la République !
Vive la France !
> [Déclaration conjointe avec les dirigeants de la
Lituanie, de l’Estonie, de la Norvège, de la Pologne, du Royaume-Uni, du
Président du Conseil européen et de la Haute Représentante de l’Union pour les
affaires étrangères et la politique de sécurité] Nous, dirigeants de la France,
de la Lituanie, de l’Estonie, de la Norvège, de la Pologne et du Royaume-Uni,
ainsi que le Président du Conseil européen et de la Haute Représentante de
l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité,
avons rencontré le Premier ministre Nikol Pashinyan en marge du sommet de la
Communauté politique européenne à Erevan.
Nous sommes unis dans notre soutien à la République d’Arménie.
Nous saluons l’engagement continu de l’Arménie à construire une démocratie
profonde et durable, et nous soutenons fermement sa résilience démocratique et
sa souveraineté dans la perspective des élections législatives qui se tiendront
le 7 juin.
Nous sommes déterminés à continuer de soutenir l’Arménie dans la protection
de son intégrité démocratique et dans le renforcement de sa résilience face aux
menaces hybrides extérieures. Le peuple arménien doit pouvoir choisir librement
son avenir, sans ingérence étrangère.
Nous continuerons à fournir un soutien à l’Arménie, notamment par le biais
d’experts, du renforcement des capacités, de la fourniture d’équipements et de
l’observation électorale, afin de contribuer à la tenue d’élections libres et
équitables.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Le Gouvernement prend acte du rapport de la commission d’enquête sur
l’audiovisuel public. Le Parlement est dans son rôle de contrôle. Mais les
polémiques ne font pas une politique publique. Sur la gestion financière, le
travail est engagé depuis l'automne dernier. Il s’appuie sur des bases solides
et objectives, notamment le rapport de la Cour des comptes. Les efforts seront
poursuivis, dans la transparence. Il faut maintenant bâtir un cadre pluriannuel
exigeant. Comme pour l’ensemble de l’État, la règle est simple : efficacité et
bonne gestion de l’argent public. Personne ne pourra s'y soustraire. La
ministre Catherine Pégard a déjà engagé le travail de suivi. Sur la neutralité,
l’exigence est totale. Elle doit être garantie par l’autorité indépendante
compétente, l’ARCOM. Le rapport attendu à la fin du mois permettra d’objectiver
ce débat. Il faudra en tirer toutes les conséquences, y compris si des mesures
sont à prendre avant l'élection présidentielle. Mais disons-le clairement : ce
rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C'est une occasion
manquée. Car la seule vraie question est celle de la vision pour l’avenir. Dans
dix ou quinze ans, à quoi doit servir l’audiovisuel public ? Quelle place face
aux plateformes mondiales, à la fragmentation des usages, à la désinformation,
à la concentration des médias ? Quelle ambition pour l’information, la culture,
les territoires, notamment en région et outre-mer ? Pour la création ? C’est à
partir de ces réponses que doivent être posées les questions de format, de
moyens, d’organisation. Le fond doit toujours précéder les structures - et non
l’inverse. Réduire ce débat à une opposition caricaturale entre refus de toute
réforme et une privatisation générale, comme le demandent certains, n’a aucun
sens. Nous notons que le rapport ne propose pas de privatisation générale. Car
supprimer purement et simplement l’audiovisuel public, ce serait affaiblir
notre souveraineté culturelle, notre capacité d’information indépendante et
notre présence sur l’ensemble du territoire. Des réformes seront nécessaires.
Certaines sont déjà engagées. D'autres doivent venir, seul moyen de protéger le
service public, les journalistes et équipes techniques qui le font vivre avec
professionnalisme. Mais cela doit répondre à une vision. Ni démantèlement, ni
immobilisme.
> La crise énergétique liée à la guerre en Iran ne doit enrichir personne. L’État joue la transparence : tous les 10 jours, nous publierons ce que rapportent les taxes sur les carburants. À date, sur mars-avril : + 190 M€ de recettes par rapport à l’an dernier. Pourquoi cette hausse ? - Les Français consomment moins → donc moins de taxes fixes (accises) - Mais les prix sont plus élevés → donc plus de TVA Le résultat est un surplus de recettes. Celui-ci ne sera pas « conservé » par l’État : il financera intégralement les 380 M€ d’aides déjà annoncées.
> La France insoumise a fait le choix, une fois encore, de déposer une motion de rejet préalable sur l’actualisation de la Loi de programmation militaire, avant même l’ouverture des discussions au Parlement. On peut être favorable ou opposé à ce texte, vouloir l’amender ou non, le voter ou non : c’est le débat démocratique. Mais refuser ne serait-ce que d’en débattre, c’est priver le Parlement d’une discussion essentielle, au moment même où le contexte international impose de répondre à l’urgence. Ce n’est ni responsable, ni sérieux. Avec l’actualisation de la LPM, le budget des armées aura été multiplié par deux entre 2017 et 2027. C’est un effort nécessaire pour donner à nos armées les moyens de faire face aux nouvelles formes de guerre. La motion de rejet a été rejetée. Confiance dans le Parlement pour la suite des discussions. Pour défendre nos intérêts et notre souveraineté.
> Le meurtre de Philippine Le Noir de Carlan est encore dans tous les esprits. Ce qui s’est passé est une tragédie. Le rôle de l’État est de protéger les Français : la République doit se donner les moyens d’agir pour que cela ne se reproduise pas. Avec la PPL Rodwell, votée aujourd’hui à l'Assemblée nationale, nous renforçons la rétention des étrangers dangereux faisant l’objet d’une décision d’éloignement. Pour les profils les plus dangereux - condamnés et représentant une menace réelle pour l’ordre public - la rétention pourra être prolongée jusqu’à 210 jours afin de permettre leur éloignement définitif plus facilement. Les obligations de quitter le territoire doivent être exécutées. Sans exception.
> Face au terrorisme, la République doit agir plus rapidement. La proposition de loi Rodwell est adoptée à l’Assemblée nationale. Elle renforce notre sécurité et permet de stopper plus vite les individus les plus dangereux, prêt à commettre un acte terroriste. Sur ce texte, nous avons fait un choix clair : moins de communication, plus de travail de fond, avec le Gouvernement et les parlementaires, pour construire un compromis solide. Résultat : un texte complet et opérationnel. Je remercie le ministre Laurent Nuñez ainsi que Charles Rodwell, Florent Boudié et Michel Barnier pour leur engagement. Une seule priorité : protéger les Français.
> Je m’y étais engagé dès septembre : c’est fait. Le projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales est adopté à l’Assemblée nationale. Objectif : recouvrer 1,5 Md€ par an de fraudes pour les finances publiques. La solidarité exige l’équité : les règles doivent être les mêmes pour tous.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Je veux rendre hommage aux sapeurs-pompiers de France. Professionnels,
militaires, volontaires, personnels administratifs et techniques : toutes et
tous partagent un même engagement, celui de protéger les autres. La Nation leur
doit beaucoup. Ma reconnaissance et mon soutien leur sont entiers.
> Dans le Cher, un rassemblement musical illégal a lieu depuis vendredi, réunissant près de 17 000 personnes aux abords de zones habitées, sur un terrain militaire présentant des risques et des champs exploités par des agriculteurs. Un cadre légal existe pour l’organisation de rave parties. Ici, celui-ci n’a pas été respecté, comme trop souvent. Cette situation est inacceptable. L’État a pourtant su intervenir afin de garantir la sécurité des participants et des riverains. Nous serons plus fermes. Grâce au projet de loi RIPOST, la participation à un rassemblement musical illégal deviendra un délit, et les sanctions à l’encontre des organisateurs seront renforcées. Auprès d’eux ce dimanche, je tiens à saluer l’engagement du préfet du Cher, des agents administratifs, ainsi que de l’ensemble des forces mobilisées, gendarmes et sapeurs-pompiers mais aussi les équipes du SAMU et associations de sécurité civile. Et, bien sûr, je remercie tous les élus locaux du département du Cher et de la région.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> [Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024
à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense / Intervention à
l’Assemblée] Au moment où nous commençons cette discussion, je veux revenir sur
l’hommage que notre nation a rendu, à Suippes, au sergent Anicet Girardin, et à
Montauban à l’adjudant Florian Montorio. Ils sont morts pour la France dans
l’accomplissement de leur mission, lors d’une attaque du Hezbollah contre la
Finul. Un mois auparavant, le 12 mars 2026, le major Frion tombait en
Irak. Leur engagement nous oblige.
Marc Bloch, qui entrera au Panthéon le 23 juin, écrivait :
« L’ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du
présent, elle compromet, dans le présent, l’action même. » Cette phrase
nous parle aujourd’hui, parce que toute l’histoire militaire nous enseigne ce
que coûtent l’impréparation comme les illusions stratégiques.
Notre responsabilité est de tirer les conséquences d’hier et d’aujourd’hui pour
préparer la France à ce qui vient. Le projet de loi qui vous est soumis, prévu
par l’article 8 de la loi de programmation militaire 2024-2030, n’est pas
une nouvelle LPM – nous ne touchons pas au format –, mais
répond à la nécessité d’accélérer et de densifier notre effort de réarmement.
Les objectifs sont clairs : accélérer le rehaussement des stocks de
munitions ; accélérer les acquisitions d’équipements sur les segments
prioritaires, notamment les drones et la lutte antidrones, la défense
surface-air, l’espace, la préparation opérationnelle ; adapter nos
capacités aux évolutions des conflits, en prenant en considération les retours
d’expérience récents, provenant de l’Ukraine, du Proche et Moyen-Orient, mais
aussi de la crise du covid, qui a rappelé combien résilience et résistance de
la nation ne sont pas de vains mots.
Les fondamentaux de l’ordre bâti après 1945 sont plus que jamais fragilisés,
qu’il s’agisse de la primauté du droit, de l’intangibilité des frontières ou du
respect du droit international. L’actualité révèle chaque jour de nouvelles
ruptures dans les équilibres géopolitiques et une dynamique de réarmement
mondial, alors même que le désinvestissement progressif des États européens
dans leur défense, basé sur les fameux dividendes de la paix, a conduit à
aggraver les lacunes capacitaires.
Ce constat, la France n’est pas seule à le faire : nos partenaires le
partagent. L’enjeu pour notre pays est donc clair : être en mesure de
faire face à toute situation, jusqu’à un engagement majeur, à un horizon de
temps que nous ne maîtrisons pas. C’est tout le sens de cette actualisation qui
densifie notre modèle sans remettre en cause notre format, qui nous fait gagner
en agilité sans jamais oublier la masse, et qui donne la priorité aux capacités
opérationnelles dont l’acquisition est la plus urgente, mais aussi à l’activité
des forces, particulièrement leur entraînement.
La boussole de la France n’a pas varié : l’indépendance stratégique reste
la condition de notre liberté d’appréciation, de décision et d’action. Cette
doctrine s’illustre dans la position singulière qu’occupe la France dans le
conflit en cours au Proche et Moyen-Orient. Nos forces contribuent depuis le
premier jour du conflit à assurer la sécurité de nos partenaires ciblés par
l’Iran, démontrant ainsi la crédibilité de notre signature. La France ne vise
qu’un seul objectif au Liban, celui de se tenir aux côtés de l’État et du
peuple libanais pour oeuvrer à la paix et à une stabilisation durable.
Toutes les parties doivent respecter le cessez-le-feu et préserver la
souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban. Je précise qu’il n’y a ni
comparaison, ni mise sur le même plan des acteurs. Le Hezbollah a commis la
faute inacceptable d’avoir entraîné le Liban dans cette guerre qu’il n’a pas
choisie : il doit mettre fin à toute attaque contre Israël. De son côté,
Israël doit cesser toute incursion dans le Sud du Liban et se retirer du
territoire libanais. Le désarmement du Hezbollah doit être poursuivi par les
Libanais, avec le soutien de la communauté internationale.
La France est aussi engagée à un niveau élevé pour le maintien de la paix et de
la sécurité internationales au sein des forces multilatérales, parfois jusqu’au
sacrifice ultime. Elle poursuit ses efforts aux côtés de l’Ukraine notamment au
sein de la coalition des volontaires.
Je n’oublie pas les territoires ultramarins pour la protection desquels nous
devons renforcer notre agilité, nos moyens d’information et de communication.
Depuis 2017, le président de la République, chef des armées, a fait le choix du
réarmement, de la cohérence et de la durée, ce qui a conduit à un effort
inédit, permettant de doubler le budget de nos armées entre 2017 et 2027.
Avec Florence Parly, nous avions engagé une première loi de programmation
militaire dite de réparation, de près de 300 milliards d’euros, entre 2019
et 2025. Avec Sébastien Lecornu, la loi de programmation militaire 2024-2030,
dotée de 400 milliards d’euros de crédits budgétaires, a marqué un
changement d’échelle, celui de la modernisation de notre modèle d’armées.
Ce que nous vous proposons aujourd’hui, c’est d’accélérer ce mouvement, de
densifier ce modèle, qui se traduit par une trajectoire de ressources rehaussée
de 36 milliards d’euros de crédits budgétaires sur 2026-2030, dont plus de
3,5 milliards dès 2026 et plus de 10 milliards au total dès les deux
premières années, car l’urgence est là.
La France dépassera alors les 2,5 % du PIB d’effort de défense dès 2030.
Cette actualisation a d’ores et déjà fait l’objet de nombreux débats en
commission. Vous avez enrichi le texte puisque 108 amendements venant de
tous les bancs ont été adoptés sur les 550 déposés. Et je suis convaincue
que le débat parlementaire qui s’ouvre permettra de compléter et de parfaire le
projet.
Notre défense repose sur deux piliers : la dissuasion et des forces
conventionnelles suffisamment robustes pour l’épauler, afin d’éviter le
contournement par le bas.
D’abord, en matière de dissuasion, dans la continuité du discours de l’île
Longue prononcé par le président de la République le 2 mars dernier, le
financement des capacités des composantes océanique et aéroportée est conforté,
notre arsenal est rehaussé, tout comme les capacités conventionnelles
d’épaulement, notamment sur l’alerte avancée et la défense surface-air.
S’agissant du volet conventionnel, l’une des inflexions fondamentales concerne
les frappes dans la profondeur. Cette actualisation prévoit de nous doter d’une
capacité balistique permettant de frapper dans la grande profondeur, au-delà de
2 500 kilomètres. Plus de 1 milliard d’euros sont prévus pour
développer cette capacité majeure.
Nous avons retravaillé la trame aviation de combat dans le cadre d’une approche
globale intégrant les missiles à longue portée, air-air et air-sol, les drones
d’accompagnement, les capteurs et la connectivité. Ces choix permettront à nos
composantes aérienne et aéronavale de conduire l’ensemble de leurs missions, de
conserver la maîtrise du ciel, de préserver l’attractivité du Rafale à
l’export, via son standard F5, plus puissant et doté d’armements renouvelés.
C’est d’ailleurs ce que vous avez souhaité préciser en commission sur le
développement et l’intégration d’une motorisation nationale à poussée augmentée
de type T-REX. Pas moins de 3,4 milliards d’euros supplémentaires sont
prévus pour atteindre ces objectifs.
Nous avons aussi intégré dans la programmation une capacité de char
intermédiaire comme première brique préfiguratrice du MGCS – système
principal de combat terrestre –, avec l’objectif d’en faire non pas
seulement le successeur du char Leclerc, mais bien le premier élément d’un système
de combat de nouvelle génération, donnant corps à l’intuition stratégique qui a
présidé à la création de KNDS.
J’ajoute que sur proposition des rapporteurs, nous avons ajouté la garantie
que, quelles que soient les incertitudes sur les coopérations prévues, la
France devra acquérir des capacités aériennes de nouvelle génération.
Un autre volet crucial concerne les munitions. L’effort financier est
considérable : 8,5 milliards d’euros supplémentaires sur 2026-2030,
soit une augmentation de 53 % par rapport à la loi de programmation
militaire. Il concerne toute la gamme : obus, missiles de croisière,
missiles Aster, missiles mer-mer, missiles Mica – d’interception,
de combat et d’autodéfense – et Mistral, missiles antichars, torpilles. Il
s’agit d’augmenter nos stocks et de consolider l’outil de production sur les
segments les plus déficitaires.
L’objectif n’est pas juste de stocker : il faut augmenter les flux et
permettre à nos soldats de s’entraîner, d’être capables de remonter rapidement
en puissance en cas de consommation importante de munitions, comme c’est le cas
aujourd’hui chez les belligérants au Proche et Moyen-Orient.
(Mme Christine Arrighi s’exclame.) En économie de guerre, la première
arme, c’est l’usine.
Cette ambition, nous la partageons. Vous avez d’ailleurs adopté un rapport
destiné à en contrôler le suivi. Nous avons également travaillé pour étendre
notre palette de réponses dans le domaine de la lutte antidrones, afin
d’intercepter plus en dépensant moins.
Un principe nous guide : adapter la munition utilisée à la cible visée, y
compris pour ce qui est du coût. C’est simplement le bon usage des ressources
que la nation consacre à son armée. Dans cette logique, nous renforçons nos
capacités de défense surface-air et de lutte anti-drones, en augmentant
l’effort de 1,6 milliard d’euros sur 2026-2030, soit 32 % de plus par
rapport à ce qui était prévu dans la loi de programmation militaire.
Concernant les drones, nous accentuons la dronisation des unités
opérationnelles des trois armées. Le nano, micro ou mini-drone est devenu un
équipement essentiel pour le combattant, particulièrement dans l’armée de
terre. La DGA – direction générale de l’armement – et les
armées travaillent avec de nombreuses start-up pour tester et qualifier de
nouveaux produits. Au total, 2 milliards seront consacrés aux drones grâce
à cette actualisation. C’est d’ailleurs dans cet esprit que vous avez adopté un
amendement qui vise à affirmer clairement une logique de complémentarité entre
hélicoptères et drones. C’est précisément ce que nous avons observé jeudi
dernier dans les camps de Champagne avec la députée Lise Magnier, à l’occasion
de la clôture de l’exercice Orion en présence du président de la République.
Cette coopération renforcée est une condition essentielle pour accroître
l’efficacité opérationnelle de l’aviation légère de l’armée de terre (Alat),
élargir son spectre d’action et renforcer sa résilience face aux menaces
contemporaines.
L’espace est une autre priorité de cette actualisation.
C’est un domaine de conflictualité à part entière. L’actualisation permet
d’accélérer le déploiement de nouvelles capacités spatiales pour surveiller et
agir, avec des satellites patrouilleurs-guetteurs, des moyens d’action
sol-espace, des moyens de brouillage électromagnétique puis de tir laser.
Renforcer les moyens du renseignement spatial est incontestablement un enjeu de
souveraineté. Nous le ferons par l’acquisition de satellites et l’achat de
services, en nous appuyant sur les opportunités de notre industrie.
La préparation opérationnelle à la haute intensité permettra à l’entraînement
de bénéficier de moyens supplémentaires pour se rapprocher au plus près des
conditions de l’engagement. La préparation représente 1,6 milliard
d’euros, soit plus de 300 millions d’euros supplémentaires par an. Cette
montée en puissance permettra de conduire des exercices majeurs, interarmées ou
avec nos alliés, à l’instar d’Orion 2026.
Un amendement a été adopté en commission pour que cette loi tire les
conséquences du retour d’expérience de l’exercice Orion 2026.
Les territoires d’outre-mer bénéficieront également de cette actualisation. Les
effets de la loi de programmation militaire, qui prévoit un effort de
13 milliards d’euros et le renforcement d’environ
1 100 militaires supplémentaires, seront accentués.
D’ores et déjà, 44 % du renfort en effectifs a été réalisé en seulement
deux ans. Trois patrouilleurs outre-mer sur les six que prévoit la loi de
programmation militaire sont déjà en poste, un quatrième est en transit vers
Nouméa. Il en est de même pour deux hélicoptères de manœuvre Caracal sur les
quatre prévus en remplacement des Puma en Guyane. Le déploiement des
Falcon 2000 Albatros en remplacement des Falcon 200 Guardian est
accéléré.
La capacité de réaction est également renforcée par la montée en puissance de
la flotte A400M, portée à quarante et un appareils, ce qui permet d’améliorer
significativement la projection vers et depuis les territoires d’outre-mer,
notamment aux Émirats arabes unis où la présence permanente d’un A400M est déjà
effective et avant 2030 en Nouvelle-Calédonie.
La souveraineté et la réduction de nos dépendances constituent bien un enjeu
majeur de cette actualisation. C’est aussi le sens du remplacement progressif
des C130H américains par des A400M européens, des Awacs américains pour la
surveillance par des GlobalEye européens, l’acquisition de bouées acoustiques
françaises là où nous nous fournissions hier aux États-Unis.
La défense est une compétence souveraine de chaque nation. Plus de souveraineté
nationale n’interdit pas plus d’Europe : elle l’exige lorsque l’Europe
nous permet de partager la recherche et développement, de réduire nos
dépendances, de bâtir des standards communs, de renforcer notre base
industrielle. C’est l’équilibre que nous assumons : décider
souverainement, et coopérer quand cela nous rend plus forts.
Au-delà de l’enjeu militaire, cet effort est aussi un choix économique. Grâce à
cette actualisation, nos entreprises bénéficient d’une visibilité
pluriannuelle, voire décennale. Je pense ainsi au porte-avions France libre,
dont la mise en service est prévue en 2038. Les commandes lancées par la
direction générale de l’armement, hors dissuasion, représentent
14 milliards d’euros en 2024, 20 milliards en 2025 et
31 milliards en 2026.
Ces dépenses produisent des effets concrets dans le pays : 80 % des
commandes irriguent notre base industrielle et technologique de défense (BITD),
qui représente 240 000 emplois directs et indirects dans les petites
et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (PME et ETI)
de nos territoires. Ces investissements sont créateurs de valeur économique
pour la nation. En 2026, 2,7 milliards d’euros de commandes sont
programmés pour les infrastructures de la défense. Nous travaillons avec un
tissu de 500 grandes entreprises du bâtiment et des travaux publics mais
aussi avec 1 000 PME et ETI qui contribuent à plus de
10 000 emplois, notamment près de nos bases et de nos régiments.
Enfin, le commissariat aux armées exécute en moyenne 2,5 milliards d’euros
de paiements chaque année, dont 84 % au profit d’entreprises françaises,
de l’alimentation aux équipements ou fournitures diverses. Le budget de la
défense n’est donc pas uniquement un sujet militaire, c’est aussi une question
de souveraineté économique qui irrigue les territoires, dans l’Hexagone comme
dans nos territoires d’outre-mer.
Cette dynamique d’investissement entretient directement nos capacités
d’exportation. Les commandes françaises, associées à l’exigence de nos armées,
garantissent la crédibilité des produits de la BITD et notre compétitivité
internationale dans une filière de plus en plus concurrentielle. Pour 2025,
nous devrions, comme en 2024, enregistrer plus de 20 milliards d’euros de
prises de commandes à l’export.
Les armées, ce sont d’abord les femmes et les hommes qui ont fait le choix de
les servir armées. Le réarmement ne pourra avoir lieu sans eux. Pour rattraper
le retard pris au début de la LPM 2024-2030 sans augmenter les cibles
d’effectifs qui y figurent, nous accroissons nos schémas d’emploi dans une
proportion ambitieuse mais réaliste, et nous poursuivons l’effort entrepris
dans le cadre de la dynamique Fidélisation 360. Nous agissons aussi sur le
logement et pour les familles de militaires tandis que, pour votre part, vous
avez adopté un amendement précisant que l’accélération de l’effort de défense
s’accompagnerait d’une politique d’attractivité et de fidélisation des métiers
en tension de la base industrielle et technologique de défense.
Je veux évoquer la réforme des emplois de reconnaissance nationale, qui
constitue l’une des traductions concrètes du plan Blessés 2023-2027, en
particulier sur l’enjeu décisif de l’employabilité. Les travaux conduits ont
mis en évidence les limites du dispositif actuel des emplois réservés :
alors qu’entre 2020 et 2024, 434 militaires blessés se sont inscrits sur
les listes, seuls 117 ont été recrutés en cinq ans. Ces chiffres parlent
d’eux-mêmes… Nous proposons de simplifier le dispositif et de lui redonner de
l’attractivité afin de faciliter le retour à l’emploi des militaires et anciens
militaires blessés. Tout en maintenant le principe d’un recrutement hors
concours, cette réforme autorisera à postuler sur l’ensemble des postes
vacants, sans que les employeurs aient à engager une procédure spécifique. Nous
proposons de renommer ce dispositif « emplois de reconnaissance
nationale » afin d’en réaffirmer le sens.
J’évoquerai aussi la mesure de reconnaissance des personnels servant à bord des
sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) : à leur engagement, qui
est sans équivalent, répond celui, bien connu, du président de la commission de
la défense en leur faveur. Il est tout aussi indispensable de reconnaître la
spécificité de leurs missions, marquées par des contraintes exceptionnelles,
que de tenir compte des enjeux d’attractivité et de fidélisation.
Aussi le gouvernement accueille-t-il favorablement l’amendement, adopté en
commission, permettant aux équipages de SNLE de bénéficier de la carte du
combattant.
Les armées investissent, tout en restant vigilantes sur la maîtrise de nos
dépenses. Ainsi l’efficience de nos investissements est-elle au cœur du plan
visant à transformer la DGA en DGA de combat, pour la rendre plus réactive,
capable de simplifier ses processus, de raccourcir les cycles de décision et
d’assumer une logique d’action guidée par le résultat. Nous voulons des armées
qui innovent, qui s’adaptent en permanence, dans le cadre d’un dialogue plus
direct entre la DGA, les forces et les industriels, tourné vers l’analyse de la
valeur. Notre objectif est de tenir ensemble trois exigences qui doivent
désormais guider notre effort de réarmement : le coût, le délai de
livraison et la performance.
Réarmer la France, c’est aussi faire évoluer nos règles, nos procédures et nos
outils juridiques pour qu’ils soient à la hauteur des menaces que nous devons
affronter. Le premier levier consiste à accompagner le réarmement. Cela suppose
d’étendre la possibilité d’imposer aux opérateurs économiques la constitution
de stocks stratégiques et de donner la priorité aux commandes passées par les
armées, de doter le ministère de leviers de gouvernance pour garantir que les
entreprises de notre base industrielle répondront dans la durée aux besoins des
forces, et de simplifier les procédures pour supprimer les lourdeurs partout où
cela est possible.
En deuxième lieu, il convient de renforcer la résistance intérieure du pays.
L’industrie, l’énergie, les données, les réseaux, la cohésion sociale sont à la
fois des facteurs de puissance et des cibles prioritaires pour nos ennemis. La
continuité de toute la société est une dimension centrale de notre défense.
Notre droit doit nous donner de nouveaux moyens d’action et de protection,
notamment face aux menaces biotechnologiques. Grâce à des moyens juridiques
renforcés de lutte antidrones, nos points d’importance vitale doivent être
mieux protégés contre les menaces qui se développent dans les airs. Le nouvel
état d’alerte et de sécurité nationale proposé par ce texte constitue également
une mesure majeure : directement inspiré des conclusions des exercices du
type d’Orion, il pourra être déclaré, par décret pris en conseil des ministres,
sur tout ou partie du territoire national, en cas de menace grave et actuelle
pesant sur notre sécurité nationale, sur la continuité des activités
essentielles à la vie de la nation ou sur la protection de la population.
Le troisième levier est la mobilisation des forces vives de la nation. Même
parfaitement équipé et réarmé, le pays ne saurait faire efficacement face à un
scénario d’engagement majeur si nous ne renforçons pas le lien entre l’armée et
la nation et si nous n’investissons pas dans sa cohésion et sa force morale. À
ce titre, le texte accompagne deux évolutions majeures : le renouvellement
de la journée de mobilisation et l’instauration d’un nouveau service national,
militaire, utile et volontaire dont le contenu a été enrichi en commission
d’une sensibilisation aux menaces hybrides, à la manipulation de l’information
et aux ingérences étrangères.
Le lien entre l’armée et la nation repose aussi sur des relais concrets dans
les territoires. À cet égard, je salue le rôle des correspondants défense,
présents dans nos communes, qui font vivre cette culture de défense au plus
près des citoyens ainsi que le travail du député Dive, dont les propositions
doivent nous aider à mieux former, outiller et valoriser ces correspondants,
pour qu’ils deviennent pleinement des acteurs de la mobilisation nationale.
Cette actualisation défend une ligne : accélérer notre réarmement,
densifier nos forces, renforcer notre industrie et préparer la nation.
Elle répond à un monde dans lequel la force conteste le droit ; un monde
où nos armées doivent être prêtes à faire face à des menaces qui se
rapprochent.
Elle assume un équilibre entre la souveraineté nationale, la coopération – quand
elle nous rend plus forts – et l’exigence d’efficacité de chaque euro
engagé.
L’actualisation de la LPM promeut des armées totalement adaptées, une industrie
capable de produire, une nation capable de tenir, une France libre, souveraine
et respectée.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Le secteur bancaire européen doit participer encore plus au financement de
l’innovation, de la transition énergétique ou de l’IA : c'est une question de
souveraineté. Il faut un cadre plus favorable en simplifiant et en intégrant
davantage les marchés : ce projet est entre les mains de la Commission UE.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Prix des carburants / Contribution des pétroliers] Le Premier ministre
s'est exprimé sur ce sujet en disant qu'on n'excluait pas ni des mesures
nationales, ni des mesures européennes. Il faut rappeler quand même que Total
fait la majeure partie de ses profits à l'étranger, en dehors du territoire
national. Donc le plus efficace aussi, c'est que Total prenne des mesures,
comme d'ailleurs c'est déjà le cas aujourd'hui, pour faire des mesures de
plafonnement, par exemple, du prix à la pompe. (…)
Ill faut qu'il puisse y avoir des mesures qui soient prises de redistribution
au sein de Total, par exemple par des mesures de plafonnement. Je rappelle que
le Gouvernement lui-même a pris des mesures de protection des secteurs qui
étaient les plus touchés, que ce soit les agriculteurs avec le GNR, que ce soit
les pêcheurs, le transport, le bâtiment, les grands rouleurs comme on dit. Donc
il y a des mesures à la fois de protection du Gouvernement, il n'y a pas
d'ailleurs de recettes fiscales supplémentaires qui sont générées pour le
Gouvernement, elles sont redistribuées pour protéger. (…)
Notre objectif, c'est de protéger nos concitoyens de l'augmentation des prix de
l'énergie de la façon la plus efficace possible. Donc il y a à la fois des
mesures qui ont été prises par le Gouvernement pour les secteurs qui sont les
plus touchés, dès le début d'ailleurs, de façon très réactive. Il y a ce
discours qu'on a tenu face à Total, parce que, encore une fois, là, l'objectif,
c'est de voir ce qui peut être le plus efficace. Donc, les mesures qui sont
prises par Total et après, on examinera et on regardera ce qui sera le plus
efficace, y compris, effectivement, comme vous le dites, au niveau européen. Et
puis après, à moyen-long terme, il y a tout le travail qu'on fait en France
comme en Europe pour réduire nos dépendances aux hydrocarbures, pour lancer,
pour prolonger le plan d'électrification, pour faire l'investissement dans le
nucléaire, dans les renouvelables, pour justement ne pas se retrouver aussi
dépendant de situations géopolitiques à l'étranger qui ont un impact très
concret sur la vie de nos concitoyens, sur le pouvoir d'achat, sur les prix de
l'énergie.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je n'ai jamais l'habitude de spéculer sur des scénarios éventuels. En revanche, vous le savez, depuis le début, la France a appelé à la désescalade, à la négociation, avec une ligne très claire, qui est que l'Iran doit abandonner son programme nucléaire clandestin, que l'Iran doit aussi abandonner son programme de missiles balistiques. Ça, d'ailleurs, c'est la position de la France, c'est la position de ce qu'on appelle le E3, c'est-à-dire la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, qui avaient négocié sur ces sujets depuis près de 20 ans maintenant, et son soutien à des proxys terroristes à travers la région, qui déstabilisent la région. Mais encore une fois, il n'y a pas d'issue militaire. L'objectif, c'est d'avoir une solution négociée. Ça prendra du temps. Ce sont des sujets extrêmement complexes. Comme je vous le dis, il y avait, vous vous en rappelez d'ailleurs, un accord dont la France était partie prenante, les États-Unis aussi, sur le nucléaire, le JCPOA, en 2015. Les États-Unis puis l'Iran s'en étaient retirés. Donc maintenant, il faut retrouver un cadre, il faut le dire très clairement, au régime iranien, que ce soit sur le programme nucléaire, sur le programme de missiles balistiques ou sur son soutien à des proxys déstabilisateurs à travers la région.
> [Relations Europe-Etats-Unis] Je pense qu'à un
moment, il faut entendre le message. On ne peut pas se retrouver dépendant des
soubresauts, des désidératas, des déclarations d'un dirigeant américain, quel
qu'il soit. Et la vérité, c'est que si on regarde la tendance de long terme,
c'était déjà à l'époque du président Obama que les Américains parlaient de
pivot vers l'Asie, en disant que l'Europe était beaucoup moins centrale pour
les États-Unis. C'était déjà Obama qui disait que les Européens devaient en
faire plus pour leur propre sécurité. Le président Biden qui disait qu'il était
pro-européen, il a pris des mesures protectionnistes contre l'Europe, que ce
soit l'Inflation Reduction Act, le Buy American. (…)
Ce qui dépend de nous, c'est comment on investit dans notre propre sécurité,
dans notre propre défense, comment on continue le réarmement. Ce qu'on fait au
niveau national : on a doublé le budget de défense de la France sur les deux
mandats du président Macron et on accélère le déploiement de la loi de
programmation militaire. Et on le fait au niveau européen en investissant
massivement dans des coopérations. Le plan SAFE, par exemple, l'an dernier, 150
milliards d'euros avec la préférence européenne, c'est-à-dire que ça va
soutenir l'industrie de défense européenne pour avoir des coopérations dans des
domaines où on a des dépendances, des lacunes, les drones, le cyber, les
capacités de frappe en profondeur. Il faut continuer. On rentre dans un monde
qui est plus dangereux. La menace de la Russie et la guerre d'agression de la
Russie contre l'Ukraine à nos portes. L'agressivité commerciale de la Chine.
Des États-Unis qui nous tournent le dos et parfois nous ciblent, on l'a vu avec
l'épisode du Groenland. Les conclusions à en tirer, c'est de défendre nos
propres intérêts, d'être puissants et d'investir dans notre souveraineté au
niveau national comme au niveau européen. C'est le message que porte la France
en Europe. Et il y a des mesures très concrètes. Je vous parlais encore une
fois de l’emprunt de 150 milliards d'euros. On va avancer, on va accélérer.
Mais à un moment, il faut écouter et tirer les conclusions.
> Le Président de la République, il s'est exprimé parce qu'effectivement, il était dans l'Ariège, dans des situations où on a des déserts médicaux. Il a vu un médecin d'origine algérienne et il a dit effectivement qu'il fallait pouvoir. On a des mesures en France pour régulariser dans ce qu'on appelle les métiers en tension, de façon ciblée. Quand ça faisait partie, par exemple, à la fois des circulaires Valls et de la loi Darmanin, Quand on a des domaines dans lesquels on voit qu'on a besoin de main-d'oeuvre, on peut régulariser de façon ciblée. Moi, je n'ai jamais été favorable à des régularisations massives. Je crois qu'il faut que, dans un pays comme ça a été fait en Espagne, comme ça a été fait en Italie aussi, sous Mme Meloni, quand on a des règles, il faut les faire respecter. Donc, fondamentalement, ce qu'attendent nos compatriotes, c'est qu'on ait un cadre clair. Si vous venez, que vous répondez à des besoins économiques qui ont été identifiés, que vous vous intégrez, que vous respectez les règles, que vous parlez la langue, vous êtes le bienvenu dans notre pays.
> [Immigration] Si elle répond à des besoins qui
ont été identifiés de façon démocratique, comme les règles que je viens de vous
indiquer, à ce moment-là, oui, une immigration choisie, économique. Si vous ne
respectez pas les règles, si vous êtes un délinquant, si vous êtes rentré de
façon irrégulière, etc., vous n'avez pas vocation à rester sur le territoire. (…)
Il y a des règles très ciblées dans les métiers en tension, mais en tout cas
moi je ne suis pas favorable, je ne l'ai jamais été, et d'ailleurs ce n'est pas
ce que fait la France, à des régularisations massives comme l'ont fait certains
de nos voisins. Et je souhaite aussi au niveau européen, c'est ce que nous
portons par exemple avec le règlement retour, qu'on puisse renforcer la
maîtrise des frontières extérieures européennes, qu'on puisse se doter de
moyens aussi pour faire partir les étrangers qui n'ont plus vocation à rester,
qui ne respectent pas les règles. Ce règlement retour qui a été adopté
récemment par le Parlement européen et qui devra bientôt être finalisé par
l'Union européenne, c'est ce que je souhaite, il permettra de renforcer les
moyens pour expulser les étrangers qui sont en situation irrégulière, qui n'ont
pas vocation à rester sur le territoire.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Rapport sur l'accès aux origines : vers un débat à la hauteur des enjeux
Nous avons reçu l'avis du Conseil national de l’adoption (CNA) et au Conseil
national pour l’accès aux origines personnelles (CNAOP) sur l'accès aux
origines personnelles.
Les Conseils convergent vers :
- la reconnaissance d’un droit réel d’accès aux origines, distinct de la
filiation ;
- le maintien de la protection de la vie privée de la mère, sans subordonner
entièrement ce droit à son consentement ;
- l’inscription de cette évolution dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
Depuis la loi de 2002, la société a évolué : développement des outils
numériques, recours aux tests génétiques, multiplication des recherches
informelles. Dans le contexte des travaux du Comité consultatif national
d’éthique (CCNE), des états généraux de la bioéthique (EGB), ainsi que de la
proposition de loi visant à garantir le droit d’accès aux origines personnelles
(N Pouzyreff) en cours d'examen, ces avis font œuvre utile. Je porterai une
attention particulière à l'équilibre général entre les droits des mères d'une
part et ceux des enfants d'autre part et à leur accompagnement dans cette quête
de leurs origines.
Les questions sont sur la table, et rien n’est encore décidé. Derrière ce
sujet, il y a des parcours de vie, des histoires personnelles, des questions
profondes. Parce que garantir à chacun l’accès à ses origines, c’est renforcer
la construction de soi, la confiance et les liens. Mais c'est aussi et surtout,
garantir à chacun le droit de savoir d'où il vient. Notre responsabilité est
d’y répondre avec justesse, humanité et équilibre. Le débat est ouvert. Je
souhaite qu'il soit à la hauteur de l’enjeu : exigeant, apaisé et responsable.
> Dans le Cher, le teknival non autorisé a conduit à la mobilisation rapide de l’ensemble de la chaîne sanitaire, aux côtés des services de l’État et des secours. Comme l’a rappelé le ministre de l’Intérieur, ces rassemblements illégaux mettent en danger les participants et mobilisent lourdement les secours. Dès les premières heures, j’ai demandé la mise en place puis le renforcement d’un dispositif médical, assuré jour et nuit. La coordination a été pilotée par le centre de crise du ministère de la Santé, avec l’appui du SAMU zonal de Rennes pour le pilotage médical sur le terrain. Sur le terrain, le SAMU du Cher et le centre hospitalier de Bourges ont été renforcés par des équipes SMUR de Blois, Orléans, Châteauroux, d’Île-de-France, ainsi que par le SAMU de zone et la réserve sanitaire. Au total, plus de 50 soignants — médecins, infirmiers, ambulanciers et assistants de régulation médicale — ont été mobilisés, parfois en renonçant à leur repos, pour assurer la prise en charge et la continuité des soins. Les établissements de santé ont également dû se réorganiser pour adapter leurs capacités. Je salue la réactivité et l’engagement de toutes ces équipes.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> [Permis de conduire] Oui, nous avons obtenu des résultats. En quelques
mois, les délais du permis ont reculé : de 100 à 91 jours ici, de 81 à 77 jours
au niveau national. Première baisse depuis 2020.
Quand l’État se mobilise, les résultats suivent. Mais je le dis sans détour :
ce n’est pas une victoire, c’est une étape. Et nous n’avons pas le droit de
ralentir. Le permis de conduire, ce n’est pas une formalité. C’est l’accès à
l’emploi. C’est la liberté et l’autonomie. Et dans le même temps, je refuse
toute ambiguïté : la sécurité routière est une ligne rouge. Derrière chaque
chiffre, il y a des vies brisées. Nous ne laisserons pas ce fléau s’installer,
chacun d’entre nous doit se mobiliser.
La route ne doit plus être un lieu où l’on meurt. Nous avons des leviers :
mieux organiser, mieux responsabiliser, mieux utiliser ce qui fonctionne. La
conduite accompagnée en est la preuve : plus efficace, plus sûre.
Les solutions existent. À nous de les amplifier. Je suis engagée sur une ligne
claire :
- des délais plus courts,
- un système plus juste,
- une exigence intacte pour protéger chacun.
Réduire les délais, c’est redonner du temps de vie. Sécuriser les routes, c’est
sauver des vies. Et sur ces deux fronts, je serai pleinement au rendez-vous.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Depuis 2023, sous l’impulsion du Président de la République,
l’enseignement professionnel a connu une véritable révolution. De plus en plus
de jeunes s’orientent vers cette voie de confiance et d’avenir. À Gardanne,
j’ai rencontré les élèves et les équipes pédagogiques du lycée professionnel de
l’Etoile en CAP ou Bac Pro dans les domaines de l’accompagnement, des soins et
services à la personne, de la petite enfance, du thermalisme, de la
restauration. Ils ont fait le choix de se former à des métiers en tension qui
font vivre la France !
> À Istres, au Pôle formation UIMM, un exemple concret de réponse coordonnée à des besoins industriels massifs, à l’échelle d’un territoire en pleine transformation. Ici tout le monde est gagnant : grâce à l’investissement des entreprises et des collectivités, les jeunes découvrent des métiers, se forment sur des plateaux techniques à la pointe et s’insèrent dans des emplois d’avenir. C’est tout l’enjeu de mon action : créer les conditions pour former aujourd’hui les talents de demain.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Les Parcs naturels régionaux ne sont pas des cloches de verre ; ce sont
des maisons de projets. Inauguration du PNR Vallée de la Rance – Côte
d’Émeraude. Un territoire de 90 000 hectares pour allier attractivité et
transition écologique.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> En déplacement à Rabat, j’ai
pu constater les résultats du partenariat entre l’Agence nationale des eaux et
forêts (ANEF) et de l’AFD en faveur de la préservation des ressources
naturelles au Maroc.
Dans un contexte de pressions croissantes, notamment climatiques, elle vise à
protéger la biodiversité, à renforcer la résilience des territoires et à
accompagner les communautés locales.
Le centre de prévention national des incendies témoigne du travail de l’ANEF
pour protéger la nature et les populations. Investir dans le développement et
prévenir les risques est toujours plus efficace et moins coûteux que d’y
répondre.
> [Discours lors de
la réunion ministérielle du G7 développement] C’est un
honneur pour moi de vous accueillir à Paris pour la réunion des ministres du
développement du G7.
La France a succédé au Canada, il y a bientôt cinq mois, et en quelques mois,
le monde a encore beaucoup changé. Il change de plus en plus vite. Lorsque nous
nous sommes réunis tous ensemble il y a six mois à Washington, sous votre
présidence, un certain nombre de crises n’avait pas encore eu lieu et donc il y
a encore eu de grands changements.
À notre époque il y a quelques faits nouveaux, radicalement, comme les
nouvelles technologies, leurs possibilités et leurs dangers ; il y a surtout
beaucoup de faits anciens qui ressurgissent, qui reviennent et qui
s’accentuent. Le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité
s’accélèrent. Les conflits armés se multiplient. Les pandémies ressurgissent.
Les grands déséquilibres mondiaux s’accentuent.
L’écosystème du développement est au cœur de ces bouleversements, car les pays
en développement, plus vulnérables, sont en première ligne face aux crises. Par
exemple, cinq ans après la pandémie de la covid19, plus d’un quart de nos
partenaires en voie de développement n’ont pas rattrapé le niveau de revenu par
habitant d’avant 2020.
Il y aussi évidemment la question de la dette, dont les charges empiètent sur
la capacité d’investir dans l’avenir. 3,4 milliards de personnes vivent dans
des pays qui dépensent plus pour rembourser leur dette qu’en matière de santé
ou d’éducation.
Et face à ces défis et ces besoins croissants, les ressources concessionnelles
publiques sont de plus en plus limitées. Vous le savez, l’APD mondiale a
diminué de 23% en 2025. Et en même temps, les grands émergents assument un rôle
croissant dans le financement du développement, avec des niveaux de
responsabilités et d’engagement différenciés.
Si l’on prend un peu de recul historique, on se rendra compte des
bouleversements, des changements de paradigme, et la communauté du
développement en a déjà connu quelques-uns. C’était le cas après la fin de la
guerre, après les indépendances, après la guerre froide, après l’adoption
d’agendas communs sur les objectifs du développement durable en 2015.
L’important, c’est de percevoir et d’accompagner ces changements historiques.
Et pour le G7, c’est l’opportunité de prouver sa capacité d’entraînement dans le
monde de demain.
Cette exigence a d’autant plus de sens qu’elle correspond aux attentes de nos
partenaires, mais également de nos concitoyens. En France, 78% d’entre eux
perçoivent la coopération internationale comme un investissement de long terme
; 77% estiment que la tentation du retrait aurait de fortes conséquences sur la
gestion des crises actuelles.
Et c’est notamment pour cela que le président de la République a placé les
partenariats internationaux au cœur des priorités du Sommet du G7 d’Évian, qui
se tiendra, comme vous le savez, chers collègues, du 15 au 17 juin
prochains.
Les transformations sont nécessaires, elles sont déjà en bonne voie. La France
a, dès 2022, appuyé la réforme historique du groupe de la Banque mondiale, nous
avons soutenu la création d’une troisième chaise africaine au Conseil
d’administration du FMI et impulsé le Pacte pour la prospérité, les peuples et
la planète.
Nous avons, suite à la pandémie, et avec nos partenaires du G20, soutenu
l’objectif de mobilisation de 100 milliards de droits de tirage spéciaux en
faveur des pays qui en ont le plus besoin et l’objectif était alors atteint
lors du Sommet pour un Nouveau Pacte financier mondial, organisé en juin 2023,
à Paris.
Nous avons aussi promu la mise en place et l’accélération du Cadre commun du
G20 pour soutenir nos partenaires face aux poids de la dette.
Enfin, la communauté internationale a conclu, il y a bientôt un an à Séville,
un accord historique en faveur de la poursuite d’une réforme ambitieuse de
notre architecture commune du développement.
Mais quelle est la suite ? Nous devons maintenant réinventer le système, et ne
pas nous contenter de celui dont nous héritons. Parce que le monde a, et je le
disais en introduction, continué de changer.
C’est pour cela que la France, avec ses partenaires du G7, défend et propose
une nouvelle approche du développement, celle que nous voulons fonder sur des
partenariats mutuellement bénéfiques. Et je parle de partenariats mutuellement
bénéfiques, nous avons eu l’occasion d’en discuter entre nous, car nous voulons
à la fois être attentifs aux besoins de nos partenaires, comme à nos propres
intérêts. Les deux, d’ailleurs, convergent régulièrement, comme quand il s’agit
de protéger nos biens communs, qui sont nombreux, la santé, l’éducation, la
stabilité.
Il y a quatre principes qui nous permettent de rechercher et de bâtir ces
partenariats. Nous voulons faire consensus autour de ces principes.
Le premier, c’est la souveraineté. Par le passé, certains pays sont tombés dans
le piège de la dépendance à l’aide internationale. Et au contraire, nos
investissements dans les pays en développement doivent contribuer à des
trajectoires de croissance durables et souveraines. Cela implique de mobiliser
des financements pérennes pour le développement, et donc, forcément, de
mobiliser des ressources intérieures publiques. Ce sera essentiel, en
particulier pour les secteurs moteurs du développement durable, comme la santé,
l’éducation ou encore l’agriculture. Cela implique aussi d’aller chercher les
capitaux privés, en particulier pour les infrastructures essentielles et
stratégiques. Et c’est cette meilleure prise en compte de la souveraineté, des
besoins propres à chaque pays, qui est une attente de nos partenaires. Nous
devons y répondre en poursuivant nos efforts en matière de développement de
capacités, d’évaluation des risques, d’instruments financiers innovants et de
développement des chaînes de valeur locales.
Le second principe que je voudrais mettre en valeur, c’est l’appui à la
résilience des pays les plus fragiles. Pour reprendre les mots de la poétesse
Gioconda Belli « la solidarité est la tendresse des peuples ». Mais, je
l’assume, cet appui est aussi dans notre intérêt. C’est une question de
stabilité et de sécurité mondiale. Quand une crise n’éclate pas, quand des
trafics se tarissent, la communauté internationale est gagnante. La solidarité
donc doit aller vers ceux qui sont exposés à l’extrême pauvreté, aux
catastrophes naturelles, aux conflits et aux violences. Elle doit aussi aller
vers les secteurs à la fois les plus critiques à cet égard, mais les plus
éloignés des financements privés. Je pense en particulier, à la santé, à
l’éducation, à l’enfance ou à la nutrition.
Un troisième principe, dont j’espère aussi qu’il suscite le consensus, c’est
l’efficacité. Ce d’autant plus quand les ressources sont plus rares, pour ne
pas faire moins, il faut faire mieux. Faire mieux, cela consiste à regrouper
nos efforts, et surtout à ne pas nous disperser. Nous devons renforcer la
capacité de tous les acteurs du développement à travailler ensemble. Et je
pense en particulier aux banques publiques de développement qui se réunissent
aujourd’hui à Paris dans le cadre du réseau Finance en commun, j’y étais, vous
le savez, pour identifier de nouvelles voies de coopération et d’harmonisation.
Certaines d’entre elles nous rejoindront dans la soirée et nous pourrons
évidemment échanger. Cette efficacité dépend aussi de l’appropriation des partenariats
par les pays partenaires. Ils doivent être réellement bénéfiques, et donc
fondés sur les stratégies définies par les pays partenaires. C’est pour cela
que nous devons systématiser l’approche de la coordination par les pays, que
l’on appelle « plateformes pays », comme principe essentiel de la coopération
internationale. Cette exigence d’efficacité repose également sur celle de
l’évaluation et de la redevabilité, envers nos partenaires mais également nos
citoyens, afin de poursuivre les initiatives qui ont fait leurs preuves sur le
terrain.
Le dernier principe dont je veux vous parler, c’est l’esprit de réforme, la
capacité d’un modèle à s’adapter et à refléter les réalités contemporaines,
c’est sa faculté à répondre aux défis du siècle. En l’occurrence, il y a un
chantier prioritaire. Il nous faut élargir notre approche du développement pour
prendre en compte l’ensemble des acteurs et des flux en cause. D’une façon
générale, nous arriverons à nous aligner à mesure que nous rendrons notre
système plus inclusif. Nous avons commencé à le faire au sein des institutions
de Bretton Woods. Nous devons poursuivre nos efforts, en particulier ici à
Paris, au sein du comité d’aide au développement de l’OCDE. Et c’est dans cette
même logique que le président de la République a souhaité faire de cette présidence
du G7 une présidence plus inclusive.
Si le G7 essayait de répondre seul aux défis de la communauté internationale,
il n’atteindrait pas de bons résultats, et ce n’est pas grave, c’est normal. Le
monde change et nous l’accompagnons. C’est pour cela que nous avons associé le
Kenya, le Brésil, l’Inde et la Corée du Sud, à nos travaux, et que j’ai
souhaité convier aujourd’hui également nos partenaires du Maroc et de la Côte
d’Ivoire.
Aujourd’hui et demain, chers collègues, des discussions importantes nous
attendent. Je vous l’ai dit individuellement à chacun d’entre vous, j’espère
faire de ces réunions du G7 les plus dynamiques possible, avec des échanges les
plus spontanés possibles pour pouvoir justement trouver ces points de
convergence. Durant toutes nos séquences, l’objectif ne sera pas d’étaler ce
qui nous sépare, les points où nous ne sommes pas d’accord, mais de construire
sur ce qui nous rassemble, aussi limités soient-ils, mais je pense que c’est
beaucoup plus large que ce que beaucoup peuvent imaginer.
Nous avons certes des divergences, qui sont parfois importantes, mais comme on
dit, et je ferai exception à la francophonie, « we have sometimes to agree to
disagree, and that’s fine », mais nous devons nous concerter sur nos lignes de
convergence. Et elles sont, comme je le disais, beaucoup plus nombreuses que
l’on ne le croit.
Et donc je tiens à remercier, je l'ai fait publiquement à l'instant avec vous,
mais à remercier très chaleureusement nos équipes qui sont ici présentes pour
leur travail, pour leur esprit justement constructif, pour permettre d'avoir
cette déclaration qui vous sera recirculée, mais que vous avez déjà tous vue et
validée, qui permet justement de concentrer l'essentiel, c'est-à-dire ces
points de convergence justement.
Et nous nous réunirons ensemble au déjeuner pour évoquer avec le PNUD et la
Banque mondiale les conséquences des crises au Moyen-Orient sur les pays les
plus vulnérables et l'engagement du G7 pour répondre aux besoins les plus
immédiats, mais aussi, à long terme, la coopération en faveur de la
reconstruction.
Nous travaillerons ensuite sur des partenariats mutuellement bénéfiques du G7
en matière d'infrastructures et échangerons avec la Banque européenne de
reconstruction et de développement sur le soutien à l'Ukraine et la situation
de la centrale nucléaire de Tchernobyl.
Nous poursuivrons nos échanges ce soir sur le financement souverain de la santé
en prenant exemple des pactes nationaux de santé soutenus par la Banque
mondiale. Demain, nous allons accueillir la première session ouverte, les
principales fondations et philanthropies pour évoquer la contribution à cette
nouvelle approche. Et nous aurons ensuite une discussion en format plus élargi
avec les principales organisations internationales du développement sur
l'efficacité des politiques de développement, sur la capacité des banques
multilatérales de développement à travailler en système, sur les plateformes
pays et sur la mobilisation des financements pérennes, domestiques et même
diasporiques.
Nous poursuivrons autour d'un point de réforme plus restreint avec les pays
associés, la Banque mondiale, le PNUD et l’OCDE pour préparer le sommet
d’Évian. Et enfin, nous clôturerons cette ministérielle avec un autre événement
portant sur le soutien à la résilience des partenaires les plus vulnérables
face aux catastrophes naturelles, notamment aux mécanismes d'alerte précoce et
en particulier l'excellente initiative CREWS en présence des principales
organisations du secteur.
Alors vous avez vu et vous le savez, parce que vous aviez déjà vu le programme
et vous l'aviez validé, Mesdames et Messieurs, chers ministres, chers
collègues, un programme dense, riche, qui couvre, je le pense, tous les aspects
sur lesquels nous avons discuté et travaillé ensemble au cours des derniers
mois. Nous sommes à un tournant pour l'avenir du G7, pour l'avenir des pays
dans lesquels nous investissons, pour l'avenir de la coopération internationale
et du développement. Et l'histoire étant réellement en marche avec le G7, je
suis convaincue que si nous agissons ensemble, nous pouvons écrire cette
histoire ensemble, sur de très nombreux sujets, sur de très nombreux points. Le
G7 sera scruté de près cette année. Les accords que nous trouverons ou non lors
de cette ministérielle vont peser lourd pour la suite. C'est pour cela qu'une
fois de plus, je pense que notre travail, notre attitude constructive et notre
volonté de montrer les convergences est extrêmement importante. Nous avons des
sensibilités divergentes, ça se sait, ça se voit. Chacun est libre de ses
ambitions en matière de développement et heureusement. Mais ce qui est
important, c'est aussi de montrer ces points sur lesquels nous pouvons
travailler ensemble, ces livrables auxquels, je l'espère, nous allons
aboutir.
Et votre présence à tous aujourd'hui dans cette ministérielle du développement
prouve l'importance que vous continuez d'attacher à ces sujets, la volonté de
chacune et de chacun d'entre vous, des membres du G7, à faire vivre cette
coopération internationale. C'est une grande responsabilité pour nous tous.
> À l’UNESCO en marge de la ministérielle G7
développement s’est tenu un événement de mobilisation contre la désinformation
notamment climatique.
Avec les réseaux sociaux et les fermes à trolls, la désinformation prospère.
L’arrivée de l’IA a aussi démultiplié ces menaces. Face à cela, j’ai fait
valoir que la France agit sur trois fronts :
- Soutenir la science,
- Défendre l’intégrité de l’information,
- Protéger les journalistes et les défenseurs des droits.
Aux côtés du Brésil et de nos partenaires, la France continuera à défendre les
droits humains, l’intégrité de l’information et la liberté d’expression!
> G7 Développement : session consacrée au
renforcement de l’efficacité du système et de la souveraineté de nos
partenaires. Trois priorités ont structuré nos travaux :
- La mobilisation des ressources domestiques. Le G7 a adopté des lignes
directrices communes pour mieux accompagner les réformes portées par les pays
partenaires.
- La valorisation des transferts de fonds et des investissements des diasporas,
qui constituent l’un des flux financiers les plus stables au service du
développement.
- Notre engagement commun à accroître l’efficacité du système de développement
et la mobilisation des capitaux privés. La souveraineté et l’efficacité sont au
cœur de notre nouvelle approche.
> Pour la première fois, notre G7 a souhaité donné
une voix aux fondations et philanthropies, à travers la création d’un groupe
d’engagement dédié, le F7, et l’organisation d’un événement dédié lors du G7
Développement.
La philanthropie représente 10% de l’APD mondiale, soit plus de 68 Mds$. Près
de 30% de ces fonds sont fléchés vers la santé, 16% vers l’éducation.
Ce G7 a été l’occasion de lancer une déclaration « visant à faire des
philanthropies des acteurs stratégiques pour le financement du développement et
sa nouvelle approche », déjà endossée par 26 organisations engagées.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> «Rien sur nous, sans nous»: c’est le principe fondamental de la Charte de
Solfagnano, signée en 2024 par tous les pays du G7.
Cette charte, c’est la promesse de construire des politiques qui respectent les
choix et les besoins des personnes en situation de handicap.
Avec mon homologue italienne Alessandra Locatelli, nous avons inauguré
l’exposition qui illustre les 8 principes de la charte à l’Université Sorbonne
Nouvelle.
Un objectif : garantir le droit de chacun à une participation pleine, effective
et significative dans la société.
> Passer d’une logique de place à une logique de
parcours : c’est l’ambition nationale de la transformation de l’offre dont j’ai
pu constater à Marseille les premiers effets avec les services de l’Etat, les
acteurs locaux et les associations gestionnaires.
Ils portent une vision commune : partir des besoins de la personne, de son
parcours, et construire un accompagnement personnalisé et cohérent avec ses
choix de vie.
Ce changement est déjà visible:
- L’unité résidentielle TSA portée par Le Silence des Justes accompagne
aujourd’hui des adultes qui, jusque-là, connaissaient des ruptures de parcours
faute de solution adaptée ;
- À l’IME Vert Pré, les jeunes sont accompagnés selon leurs besoins, avec des
solutions construites avec leurs familles et les professionnels du
médico-social ;
- Au sein de l’entreprise Naval Group, les ouvriers de l’ESAT et de
l’entreprise adaptée AVENS construisent leurs projets professionnel et
personnel dans le droit commun avec tous les appuis nécessaires.
Ces initiatives montrent que des réponses plus humaines, plus souples et plus
adaptées sont possibles. Des moyens importants sont mobilisés avec le plan 50
000 solutions : 1,5 milliards d’euros jusqu’en 2030, dont 122,7 millions pour
la région PACA. Un fonds d’appui de 250 millions d’euros d’ici 2027 vient aussi
soutenir les acteurs de terrain.
● Autres ministres
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des
Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Sortir de nos dépendances aux fossiles et apporter des réponses
coordonnées pour faire face aux conséquences du conflit en Iran : des objectifs
partagés avec le commissaire européen à l’Energie, Dan Joergensen. La France
sera à l'initiative pour bâtir une Europe à l'énergie souveraine, moins chère
et plus verte.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Les Européens se réveillent dans un monde dans lequel le magistère moral,
les invocations du droit international, pèsent peu face à l’expression de la
puissance. Si on veut défendre notre modèle, notre vision du monde, être
respectés, il faut être forts.
> L’Arménie au cœur de l’Europe. Un succès pour la démocratie arménienne. Un succès aussi pour la diplomatie française autrefois bien seule à porter la voix de l’Armenie dans le concert européen. Cette semaine, toute l’Europe était à Erevan.
> De retour à Erevan avec le président Emmanuel Macron
pour le Sommet de la Communauté politique européenne et la visite d’Etat.
Une nouvelle étape du rapprochement de l’Europe avec l’Arménie, partenaire
stratégique pour notre continent. C’est aussi l’occasion de renforcer nos
relations bilatérales, profondément ancrées dans notre histoire commune.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Sur Cnews, Pascal Praud relaie en direct une fausse Une de
Closer générée par IA, sans la moindre vérification préalable. Face à la
désinformation, nous sommes tous responsables, les médias en première ligne. Je
saisis l’Arcom immédiatement.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> À Bordeaux, heureux de retrouver mon ami et nouveau maire Thomas Cazenave!
La République se construit dans les territoires. L’espoir commence sur le
terrain. C’est ensemble que nous allons le construire !
Yannick Chenevard (député)
> [Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années
2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense /
Intervention à l’Assemblée] «La guerre est une science couverte de ténèbres
dans l’obscurité desquelles on ne marche point d’un pas assuré. » C’est
ainsi que Maurice de Saxe appelait à la modestie et à la prudence face à l’un
des pires travers de l’humanité : faire la guerre ! Situation
dominante dans l’histoire de l’homme, la guerre nous oblige à choisir d’être
acteur ou spectateur, d’être à table ou au menu.
L’histoire s’accélère. Les empires sont de retour. L’économie bascule
inexorablement vers l’Asie. Routes maritimes, ports, transports, routes
terrestres apparaissent plus que jamais stratégiques ; puissances navale
et maritime sont indissociables : elles entraînent la puissance
économique, qui permet la puissance militaire
En Ukraine, les certitudes sont balayées : les combats de positions, à
l’image de ceux de 14-18, y sont toujours d’actualité Le champ de bataille
s’est dronisé et robotisé. La maîtrise du ciel reste fondamentale.
La guerre se joue aussi dans l’espace et dans la très haute altitude, dont la
maîtrise est désormais essentielle.
Les besoins exorbitants en munitions et matériels nécessitent de préserver une
industrie de premier plan.
Enfin, l’hybridité des conflits nous rappelle l’importance d’une nation forte,
unie et préparée : l’homme reste au centre de ce tout !
La revue nationale stratégique (RNS) nous rappelle qu’il existe un risque très
élevé d’une guerre de haute intensité impliquant la France et ses alliés
européens à l’horizon 2030. Face à l’inconstance de l’allié historique, qui a
des envies de Canada, de Groenland qui taxe et critique ses amis, tandis qu’il
flatte ses ennemis, les États membres de l’Union européenne prennent enfin
conscience de leurs faiblesses et de leurs dépendances. L’« ami »
américain décide seul d’une opération militaire de portée mondiale en Iran,
puis, faute d’avoir partagé avec ses « alliés » buts de guerre et
moyens de les atteindre, il s’étonne que personne ne le suive… « Mon Dieu,
préserve-moi de mes amis ; mes ennemis, je m’en charge ! »
Pendant ce temps, elle attend... Elle a 4 000 ans, elle a tout son
temps.
Dans ce contexte, la France choisit d’être acteur. Elle s’est réarmée avant ses
alliés. Elle accélère encore avec l’actualisation de la loi de programmation
militaire, tandis que la future LPM définira le nouveau format des frégates de
premier rang, la permanence de l’alerte d’un ou des porte-avions, ainsi que le
nombre de Rafale et de chars que nous devrons inévitablement revoir à la
hausse.
Après trente années d’érosion budgétaire et capacitaire, qui ont ramené notre
effort de défense à 1,38 % du PIB, le redressement a été engagé ! En
2027, après dix ans, les crédits auront doublé. Imaginez un instant que nous ne
l’ayons pas fait !
Je terminerai mon propos par l’essentiel, l’âme de nos armées : les femmes
et les hommes qui servent sous les drapeaux. Comme vous l’avez fait, madame la
ministre, je veux leur rendre hommage.
Mes chers collègues, face aux nuages qui s’accumulent, soyons à la hauteur des
responsabilités qui nous sont confiées : donnons à la France les moyens de
poursuivre sa montée en puissance.
Je laisse la conclusion à Raymond Aron, qui écrivait, dans Paix et guerre
entre les nations : « Laissons à d’autres, plus doués pour
l’illusion, le privilège de se mettre par la pensée au terme de l’aventure et
tâchons de ne manquer ni à l’une ni à l’autre des obligations imposées à chacun
de nous : ne pas s’évader d’une histoire belliqueuse, ne pas trahir
l’idéal (…).»
Jean-Michel Jacques (député)
> [Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années
2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense /
Intervention à l’Assemblée] «Les Français (…) ne peuvent pas se désintéresser
de leur défense dans le monde troublé où nous vivons»: ces mots sont de Pierre
Messmer, alors ministre des armées. Ils furent prononcés en 1960, au lendemain
de l’adoption de la première loi de programmation militaire par le Parlement.
Ces mots sont plus que jamais d’actualité.
Face au retour de la guerre en Europe, à l’embrasement du Moyen-Orient, à la
fragmentation de l’ordre international et à la multiplication des menaces,
chacun de nous doit être convaincu de l’importance de nos armées. Nous,
parlementaires, devons prendre nos responsabilités et agir en veillant à ce que
l’armée française continue à disposer des moyens dont elle a besoin. C’est tout
l’objet de l’actualisation de la loi de programmation militaire.
Cet investissement de 36 milliards d’euros supplémentaires intervient dans
un contexte d’aggravation des menaces confirmé par la revue nationale
stratégique (RNS) de 2025 et objectivé par les travaux menés par notre
commission. Cet effort s’inscrit dans la continuité de l’impulsion donnée en
2017 par le président de la République, chef des armées, pour encourager la
transformation en profondeur de nos armées. En l’espace de dix ans, nous aurons
doublé le budget de la défense.
Il faut renforcer encore davantage notre dissuasion nucléaire qui doit rester
robuste et crédible. C’est la garantie ultime de la sécurité de notre nation et
de la protection de nos intérêts vitaux. Ces derniers ont toujours revêtu une
dimension européenne : tout en préservant pleinement notre souveraineté,
nous devons à présent les appréhender à l’échelle du continent tout entier. Clé
de voûte de notre défense, la modernisation de notre arsenal nucléaire est une
nécessité absolue.
Nous devons également garantir notre autonomie d’analyse, de décision et
d’action. Pour ce faire, il nous faut prendre en compte plus rapidement les
évolutions des boucles technologiques et produire plus vite – et
plus efficacement. Il faut placer l’agilité au cœur de nos organisations, du
ministère des armées et de notre industrie de défense. Sans remettre en cause l’intérêt
des grands programmes d’armement, il est essentiel de laisser toute leur place
aux petits équipements : nous devons investir davantage dans les
munitions, la dronisation, la robotisation et la lutte antidrones. Ces efforts
sont complémentaires des investissements que nous estimons nécessaires dans le
spatial, la très haute altitude, l’artillerie, les frappes dans la profondeur,
le renseignement, la guerre électronique, l’informatique quantique ou
l’intelligence artificielle.
Enfin, nous devons préserver notre rôle de puissance de sécurité et de
stabilité. La France doit rester cet allié fiable, attaché au multilatéralisme
et au droit international. Plus que jamais, face à un monde troublé, la France
doit demeurer une puissance militaire qui sait se faire entendre à travers sa
diplomatie et qui est capable d’agir seule ou avec ses alliés pour défendre ses
valeurs, ses intérêts et notre liberté.
Mes chers collègues, j’ai pleinement confiance dans le fait que, comme en
commission de la défense, nous ferons de cet examen un débat constructif sur
notre politique de défense, et que nous serons tous guidés par la même
boussole : l’intérêt supérieur de la nation.
Avant de conclure, je veux rendre hommage aux femmes et aux hommes engagés pour
notre défense, civils et militaires. Au-delà des trajectoires financières et
capacitaires, ce sont eux qui constituent la première richesse de nos armées.
Vive l’armée française, vive la République et vive la France !
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> [Prix des carburants] Depuis plusieurs jours, face à la hausse du
coût des carburants liés à la crise internationale, la tentation de chercher
des solutions simplistes est grande. Pointer du doigt, taxer nos fleurons
industriels, Total Energy le premier, voilà donc ce que certains proposent.
Encore et toujours la même stratégie: la facilité. Mais c'est une erreur. C'est
une erreur pour répondre aux attentes légitimes des Français et une erreur pour
ceux qui, ici, veulent vraiment défendre notre souveraineté et nos intérêts
nationaux.
C'est d'abord méconnaître les réalités. 3
litres sur 4 vendus en France ne le sont pas par Total. Alors pourquoi ne pas
parler des autres ? Alors même que c'est le seul acteur, français qui plus est,
à avoir plafonné le prix des carburants. Total, c'est aussi 3 à 4 milliards
d'euros par an investis dans les énergies renouvelables, y compris en France.
Et pour investir, je suis désolé d'avoir à le rappeler à certains, vous savez
ce qu'il faut à une entreprise ? Des bénéfices.
Et puis surtout, choisir la facilité,
c'est ne pas regarder les vrais défis en face. Le premier, c'est l'urgence
sociale pour les Français, qui doivent prendre leur voiture pour travailler.
Des mesures ont été annoncées par le gouvernement, elles devront évoluer en
tenant compte de la situation budgétaire que certains semblent méconnaître,
mais aussi de la durée de la crise. Vous l'avez dit, ainsi l'aide de 50 euros
permettra de prendre en charge la hausse du coût des carburants pour quatre
pleins pour les gros rouleurs.
Le deuxième défi, c'est celui de nos
approvisionnements. Cette guerre nous le rappelle une nouvelle fois, une nation
qui ne maîtrise pas son énergie est fragile parce qu'elle est dépendante des
autres.
Le troisième, plus fondamental, c'est
celui du changement de modèle pour accélérer la décarbonation de notre
économie. Mais cette transition ne se décrète pas et nos entreprises, qu'on le
veuille ou non, sont aussi des leviers puissants de transformation et on ne
peut pas non plus le faire contre les Français.
> Trump a du mal à se sortir du bourbier dans lequel il s'est mis lui-même. C'est lui-même qui a décidé de se mettre dans cette situation-là. Le 1er mai, il avait dit que les opérations militaires étaient terminées. Si c'est pour le reprendre, c'est assez grotesque. Quels sont les buts de guerre, en fait ? Que veut le Président Trump ? Ça permettrait quand même peut-être d'engager une négociation...
> Cette propension qu'on a en France à mettre au pilori nos leaders du luxe ou pétroliers : on est le seul pays au monde qui passe son temps à taper sur ses leaders et ses fleurons. C'est assez regrettable de faire ça. Les superprofits que fait Total ne sont pas des superprofits sur le dos des Français, mais liés à ses activités mondiales.
> Le 1er mai n'est pas un jour comme les autres. C'est le seul jour de l'année chômé, férié et payé. Il porte l'histoire des luttes sociales. Oui à une ouverture pour les boulangers et fleuristes, par le dialogue social, et comme l'envisage le gouvernement via la négociation.
> Rave party : pas de responsables et possiblement sur du matériel militaire, tandis que nos associations respectent les règles au quotidien. Si un drame survient, qui répondra ? Personne parmi les organisateurs. Pas de liberté sans responsabilité, notamment envers autrui.
> [Rapport de l’Assemblée sur l’audiovisuel public] les commissions d’enquête maintenant, ça sert à se faire une notoriété quand on n’en a aucune et se choisir un thème sur lequel on est à charge et jamais à charge et à décharge.
> [Prix des carburants] Il me semble que Total peut, peut-être, regarder ce qu’il peut faire en plus.
Erwan Balanant (député)
> [Rapport de l’Assemblée sur l’audiovisuel public] Ça a une valeur
politique Nous, groupe démocrate à l'Assemblée nationale, nous voulons analyser
les propositions parce que parfois elles sont inefficaces, impossibles ou
contre-productives. Nous allons aussi faire nos propositions. (…)
Ce rapport montre que Monsieur Alloncle avait une volonté, c'était casser
l'audiovisuel public. Il n'a pas cherché à comprendre, il n'a pas cherché à
connaître l'écosystème. La volonté de fusionner France 2 et France 5, c'est une
erreur stratégique, puisque ce sont des publics et des créneaux
complémentaires. C'est ce que permet le travail du service public : être
divers, être implanté sur les territoires. (…)
Il veut supprimer France TV info et France 24 en disant que ça va faire des
économies. Tout ce qu'il va réussir à faire, c'est perdre de l'audience car ce
ne sont pas les mêmes publics.
> [Rapport de l’Assemblée sur l’audiovisuel public] Que l'argent public soit bien géré, c'est une préoccupation de tous les Français et des salariés de tout l'audiovisuel public. Mais le rapporteur a une méconnaissance de l'écosystème audiovisuel général en France. L'audiovisuel public soutient la création, soutient un écosystème, soutient une économie qui génère beaucoup d'argent en France.
> [Rapport de l’Assemblée sur l’audiovisuel public / Nomination des dirigeants de France Télévisions et de Radio France par le président de la République] C'est un retour en arrière impossible, dans le cadre des règlements européens que nous avons signés qui oblige à une nomination détachée du pouvoir et indépendante.
> [Rapport de l’Assemblée sur l’audiovisuel public] Charles-Henri Alloncle a un dessein simple, c'est d'un côté affaiblir économiquement le service de l'audiovisuel public et de l'autre faire une reprise en main politique, sacrément puissante. C'est vraiment un retour en arrière. Certains ont parlé d'ailleurs du retour de l'ORTF. Je pense qu'on n’en est pas loin effectivement.
> [Audiovisuel public] Il faut avoir une grande réflexion sur la place du numérique, parce que l'audiovisuel public, c'était la radio initialement, ça a été la télé et aujourd'hui nous avons l'émergence des plateformes. Comment sur ces plateformes et comment sur le numérique, l'audiovisuel public français continue ce travail qu'il a toujours fait de transmettre des informations, de divertir et de permettre aux Français d'accéder à la culture ? Ça, c'est un enjeu qui est un enjeu qui est un angle mort total du rapport. Nous allons le traiter.
Sabine Thillaye (députée)
> [Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années
2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense /
Intervention à l’Assemblée] J’interviens en tant que rapporteure pour avis de
la commission des lois sur les articles 17, 18 et 19 du projet de loi. Ces
trois articles répondent à un même impératif : assurer notre sécurité
nationale tout en respectant nos principes fondamentaux.
L’article 17 instaure une obligation de déclaration préalable avant toute
publication ou diffusion d’une œuvre de l’esprit par un agent d’un service de
renseignement du premier cercle. Toute publication, même de bonne foi, est
susceptible de révéler des informations sensibles, de nature à porter atteinte
au secret de la défense nationale, en dévoilant des méthodes, des procédures.
Ce faisant, elle peut mettre en danger des agents sur le terrain.
Il ne s’agit pas de censurer, mais d’anticiper des risques réels dans un
contexte où l’information circule vite, très vite. Cet article
institutionnalise un dialogue entre le ministère et ses agents : l’agent
devra transmettre son œuvre avant toute publication, diffusion ou même
communication à un tiers. Le ministre pourrait lui demander d’y apporter des
modifications, si par exemple l’œuvre révèle des opérations, des procédures
opérationnelles ou si elle donne des informations de nature à nuire à la
sécurité des agents.
La commission des lois a souhaité supprimer la peine d’emprisonnement d’un an
encourue en cas de méconnaissance de l’obligation de déclaration préalable. En
conséquence, je vous proposerai d’augmenter significativement le montant de
l’amende.
L’article 18 donne aux services de renseignement la possibilité de
détecter les signaux faibles sur internet grâce à des algorithmes conçus sur
demande par le groupement interministériel de contrôle (GIC), organisme
rattaché au premier ministre.
Je veux lever une ambiguïté : un algorithme n’est pas une boîte noire
incontrôlable, mais une suite d’instructions, un outil mathématique conçu sur
mesure pour analyser automatiquement de grandes quantités de données.
Concrètement, il s’agit d’un filtre, d’un tamis qui trie des millions
d’informations et ne fait remonter que celles qui correspondent à des critères
précis définis à l’avance.
C’est un point essentiel : les services de renseignement n’accéderont pas
à l’ensemble des données analysées. Seules celles susceptibles de révéler un
comportement numérique menaçant déclenchent une alerte et sont analysées par
les services. Le dispositif est encadré, il suppose une autorisation du premier
ministre et un avis de la Commission nationale de contrôle des techniques de
renseignement (CNCTR).
L’article 18 étend aussi les finalités du déploiement de ces algorithmes à
la lutte contre la criminalité et la délinquance organisées. Il intègre la
possibilité pour les services de faire traiter des URL – les
adresses que vous tapez dans la barre de recherche – par leurs
algorithmes. Or les URL sont des données mixtes qui peuvent comporter des
indications sur les informations consultées. Dans sa décision sur la loi visant
à sortir la France du piège du narcotrafic, le Conseil constitutionnel a censuré
l’utilisation des URL. L’article 18 vise à remédier à cette censure en
incluant de nouvelles garanties.
En commission des lois, nous avons précisé la procédure par laquelle la CNCTR
rend ses avis. L’examen en séance permettra d’affiner les dispositions
relatives à ce contrôle.
L’article 19 a pour objet un aspect moins visible mais tout aussi
stratégique – la protection de notre recherche. Il s’agit de
prévenir le débauchage des chercheurs qui travaillent sur des projets stratégiques.
L’article crée également pour ces chercheurs une obligation de déclaration
préalable avant d’exercer une activité pour le compte d’une entité étrangère.
Le ministre pourra s’opposer à l’exercice d’une telle activité s’il estime que
les intérêts fondamentaux de la nation sont menacés. L’objectif est
d’intervenir en amont. Les chercheurs concernés par le texte exercent dans des
zones dont l’accès est déjà réglementé en raison de la sensibilité des
recherches qui y sont menées. Là encore, il ne s’agit pas d’interdire mais d’anticiper
en évaluant les risques pour protéger nos intérêts fondamentaux.
Pour garantir la sécurité juridique des chercheurs, nous avons introduit en
commission une règle claire : en l’absence de réponse du ministre,
l’exercice de l’activité sera considéré comme autorisé.
Ces trois articles suivent une même ligne : agir en amont plutôt que
subir, protéger sans bloquer, sécuriser sans renoncer à l’État de droit. C’est
un équilibre exigeant mais nécessaire. C’est pourquoi je vous invite à adopter
ce texte.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> Il faut continuer à soutenir l’Ukraine. C’est l’engagement qu’on a pris au
niveau européen, (...) et on a trouvé les voies et les moyens de pouvoir
continuer à soutenir l’Ukraine sans argent public européen, mais avec un prêt
qui est garanti sur des avoirs russes.
> [UE] la question de l’adhésion apparaît trop anticipée du côté de la Commission. Les modalités d'une éventuelle adhésion sont en réalité très liées aux garanties de sécurité qu’on doit à l’Ukraine.
> On est inondés de produits chinois sur le marché européen, souvent dans des secteurs qui sont clés et qui sont stratégiques, avec des dépendances qui ne sont pas aujourd'hui acceptables au vu de la géopolitique, des incertitudes que nous vivons. Sur ces questions, nous proposons de rajouter une clause de préférence européenne (...) pour éviter que cette industrie ne disparaisse dans les cinq ou dix prochaines années si nous ne faisons rien.
> [Règles sur les investissements étrangers en Europe avec transfert de technologie et un partenariat avec les industries du continent] C'est en quelque sorte remettre aux standards internationaux un marché de 450 millions de consommateurs qui est l'Union européenne, avec des marchés comparables comme les États-Unis ou la Chine.
> la Chine reste un partenaire commercial, mais il faut rétablir une forme d'équilibre de nos relations.
> Il nous faut des accords commerciaux pour diversifier les secteurs d’exportation et aller chercher d’autres marchés, afin de réduire la part d’influence des marchés américains et des marchés chinois à l’importation.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Le Parti social-démocrate roumain (SPD), à gauche, s'est allié à l'extrême
droite pour faire tomber le gouvernement pro-européen de la Roumanie par une
motion de censure. Il s'agit d'un acte irresponsable à un moment critique. Les
enjeux sont considérables pour la Roumanie et pour l'Europe. La Roumanie ne
doit pas choisir la radicalité, mais la stabilité. Nous regrettons profondément
cette alliance avec ceux qui fragilisent le pays et l'Europe, défendent les
intérêts russes, remettent en question la science et s'opposent à nos valeurs.
Renverser un gouvernement pro-européen maintenant met en péril l'avenir de la
Roumanie. La stabilité, acquise grâce à la poursuite des réformes et au
déblocage des fonds européens, est le choix responsable pour la Roumanie et
pour l'Europe. Avec Renew Europe, nous soutenons le parti USR. Ce n'est pas le
moment de jouer avec l'avenir de la Roumanie, mais le moment d'agir avec
responsabilité.
Pascal Canfin (député)
> Encore une fois, Donald Trump menace l’Europe de droits de douane
exorbitants. Dans ces conditions et si ces menaces sont mises à exécution,
comment l’accord commercial entre l’UE et les Etats-Unis pourrait-il être
ratifié par le Parlement européen ?
Christophe Grudler (député)
> L'UE coupe enfin les financements publics aux onduleurs solaires chinois,
russes ou iraniens. Une décision que nous appelions avec mes collègues Renew Europe.
Il est temps de mettre fin aux dépendances qui menacent notre sécurité
énergétique et notre autonomie stratégique.
Nathalie Loiseau (députée)
> Le sommet de la Communauté Politique européenne à Erevan est un
événement majeur. L’Arménie est enfin au centre de toutes les attentions.
> Le Président Aliyev n’aime pas le Parlement européen. Il a annoncé qu’il « rompait les relations » avec notre assemblée. Son reproche ? Que nous ayons de la mémoire, que nous rappelions l’épuration ethnique des Arméniens d’Artsakh et les otages de Bakou. Nous ne fléchirons pas.
> On ne va pas — alors que la guerre en Ukraine dure depuis 4 ans, que d'autres guerres ont un impact direct sur notre continent — continuer à dire "oui il faudrait faire l'Europe de la défense mais c'est un vieux serpent de mer". On a commencé à la faire. Il faut faire plus, mieux. Il faut que nos armées s'entraînent ensemble. Non pas pour partir en guerre. Mais pour dissuader un adversaire de nous attaquer, au moment où la Russie de Vladimir Poutine considère l'Ukraine comme l'apéritif et l'Europe comme le plat principal.
Jérémy Decerle (député)
> La démographie agricole européenne est inquiétante et le Parlement européen
doit se donner les moyens de ne plus perdre ses agriculteurs. Nous devons être
ambitieux : consacrer 10 % de la PAC aux jeunes, faciliter la transmission des
exploitations en accompagnant mieux les cédants, et fixer des objectifs
d’installation par État membre. (…) C’est à ces conditions que nous relèverons
le défi du renouvellement des générations.
> Ce week-end, l’accord UE–Mercosur est entré provisoirement en vigueur, sans l’avis du Parlement européen et malgré la saisine de la Cour de justice de l’UE. Pour autant, le combat n’est pas terminé. Le vote du Parlement restera décisif pour déterminer la mise en œuvre définitive du traité. Derrière ce texte, c’est l’identité même de l’Europe qui se joue : la protection de son agriculture et de ses paysans, la défense de sa souveraineté alimentaire et de ses standards de production. Ce n’est pas le principe des accords de libre-échange qui pose problème mais l’absence de réciprocité pour garantir un équilibre dans nos partenariats commerciaux. Restons mobilisés et surtout cohérents.
Grégory Allione (député)
> Aujourd'hui, à Bruxelles, le Manneken-Pis a revêtu son costume de
pompier. Un clin d'œil, à deux pas du Parlement européen. Derrière le symbole,
un message : le sapeur-pompier, c'est une fierté européenne. En cette journée
internationale des sapeurs-pompiers, j'ai une pensée pour toutes ces femmes et
ces hommes engagés partout en Europe. Ils sont plus de 360 000 sapeurs-pompiers
professionnels, auxquels s'ajoutent des centaines de milliers de volontaires.
Tous partagent le même engagement. La même mission. Les mêmes risques. J'ai une
pensée pour ceux qui se battent partout en Europe. Parce que oui : l'an
dernier, l'Europe a brûlé comme jamais. Plus d'un million d'hectares partis en
fumée en 2025. La pire saison de feux depuis qu'on tient des registres. On ne
s'en sortira pas seuls. C'est ma conviction profonde. Au Parlement européen, je
porte un combat clair : il faut bâtir une véritable Europe de la protection
civile. Avec des bombardiers d'eau produits chez nous, des stocks stratégiques
mutualisés, un mécanisme rescEU musclé, et je l'assume, une vraie articulation
entre défense et sécurité civile. Parce que le même hélicoptère qui évacue un
grand brûlé peut sauver un blessé de guerre. Parce que la même industrie
aéronautique qui fabrique nos avions militaires peut produire les bombardiers
d'eau dont nous manquons. Faire front, c'est ça. Aux sapeurs-pompiers de
France, du Var, des Bouches-du-Rhône, de Provence et de toute l'Europe : merci.
Pour ce que vous faites. Pour ce que vous êtes.
> Voilà pourquoi je me bats pour une Europe de la
protection civile: 3 500 personnes évacuées en Toscane. Cela risque de devenir
notre quotidien…
Depuis vendredi, plus de 800 hectares ont brûlé en Toscane. Trois Canadair, un
hélicoptère, 19 véhicules de pompiers, l’armée, la police, la protection civile
italienne mobilisés sans relâche. Toute ma pensée va aux familles évacuées et
aux Vigili del Fuoco, nos camarades italiens, engagés sur ce front depuis 48
heures. Mais soyons lucides. Cet incendie, début mai, n’est pas un hasard.
L’année dernière, l’Europe a connu sa pire saison de feux depuis le début des
relevés : plus d’un million d’hectares partis en fumée. La saison ne commence
plus en juillet. Elle commence maintenant. Et elle risque d’être difficile.
Ce qui s’est passé en Toscane peut se passer partout en Europe. Nous le savons.
Sommes-nous prêts ? Être prêts, ça veut dire trois choses :
- Le bon matériel, des avions modernes, en quantité suffisante, mutualisés à
l’échelle européenne
- Des citoyens formés aux gestes qui sauvent et aux bons réflexes face à un feu
- Une vraie politique de prévention : débroussaillement, gestion des forêts,
anticipation
Aucun pays ne pourra faire face seul. C’est pour ça que je me bats au parlement
européen pour une véritable Europe de la protection civile.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Il y a quelques semaines, on nous bassinait avec le « miracle
italien » ! D’autres parlent d’un « eldorado espagnol ». Ici en
termes de croissance, là au sujet des finances publiques… Et si on arrêtait de
croire aux miracles ? Et si on évitait les mirages ? Il y a certainement des
leçons à tirer de chez nos voisins européens, du Sud, du Nord ou de l’Est.
C’est la raison pour laquelle j’insiste pour que tous les travaux du Plan aient
une dimension européenne - et nous avons ouvert une petite antenne à Bruxelles
dans cet esprit. Mais cessons de chercher un modèle. Rien que sur le plan
démographique, Italie et Espagne vont beaucoup plus mal que nous ! Soyons fiers
de nos forces et de nos atouts, que l’on doit valoriser, révéler, développer !
Pour sortir des illusions et regarder les faits, dans quelques semaines nous
publierons une note inédite de comparaison entre la France, l’Italie et
l’Espagne.
> [Cosignataire de la tribune: «Une société tient
debout lorsque chacun peut espérer y trouver sa place »]
Tensions géopolitiques exacerbées, crise climatique, transition démographique,
révolution de l’intelligence artificielle : depuis quelques années,
l’accélération de ces bouleversements se fait ressentir non plus seulement à
l’échelle des États, mais désormais à l’échelle de nos concitoyens. La France
est-elle prête à affronter ce nouveau monde en métamorphose permanente ?
Redéfinir une stratégie de puissance, bâtir un nouveau rôle pour l’Europe,
augmenter la compétitivité de nos entreprises, ne pourra se faire sans
consolider notre cohésion nationale actuellement à la peine. Et si la force
d’un pays se mesure à son économie et à sa défense, il se mesure aussi à la
solidité de son modèle social : notre manière d’éduquer, de soigner,
d’accueillir, d’accompagner les plus fragiles.
Le modèle social français repose sur un équilibre singulier : des services
publics puissants, une protection sociale structurante, des collectivités
engagées, et des acteurs de l’économie sociale et solidaire qui accompagnent
les plus vulnérables sur le territoire.
Ce continuum d’organisations façonne notre manière de vivre ensemble, et
traduit une conviction profondément ancrée dans notre histoire
républicaine : une société tient debout lorsque chacun peut espérer y
trouver sa place. Le financement des services publics et de la protection
sociale est assuré par des impôts et cotisations sociales notamment assis sur
la richesse créée par les entreprises, lesquelles soulignent que le poids est
plus lourd que dans d’autres pays qui nous ressemblent.
Notre modèle est aujourd’hui bousculé par les transformations démographiques.
La France vieillit rapidement : pour la première fois depuis la Seconde
Guerre mondiale, le nombre de décès a dépassé celui des naissances. D’ici 2050,
le nombre de personnes âgées en situation de dépendance aura doublé par rapport
à 2015 selon l’Insee. Conçu à une époque où la part de la population active
était plus importante, notre système de protection sociale est désormais sous
tension.
Repenser notre modèle social est donc une nécessité, mais aussi un véritable
défi dans un contexte où le débat public est de plus en plus polarisé, saturé
d’émotion et d’oppositions caricaturales. Comment, dans ce contexte, redéfinir
ce qui compte vraiment pour tous ?
« Ce qui compte vraiment », d’abord au sens des valeurs.
L’équilibre de notre modèle social repose sur une croissance économique, la
compétitivité de nos entreprises et l’innovation, mais tous les modèles ne se
valent pas : certains détruisent plus de valeur économique, écologique et
sociale qu’ils n’en créent à long terme.
Voulons-nous une société où les trajectoires individuelles sont abandonnées aux
seules logiques du marché, ou bien qui cherche à garantir l’égalité des
chances, la dignité de chacun, et le respect des limites planétaires ?
Donner vie à ces valeurs, c’est aussi se donner les moyens d’y parvenir. Des
études ont établi qu’investir dans la petite enfance, dans l’éducation, dans la
formation ou dans l’accompagnement vers l’emploi n’est pas une simple dépense
sociale, c’est un investissement dans la prospérité future d’une génération, au
sein d’une économie fondée sur la connaissance et les compétences. Plutôt que
de réparer les inégalités une fois qu’elles sont installées, il s’agit d’agir
en amont pour renforcer les capacités des individus et sécuriser les parcours
de vie.
« Ce qui compte vraiment » ensuite, au sens de l’impact
économique de chaque dispositif déployé. Dans un contexte de dépenses publiques
tendues, les coûts et bénéfices des politiques publiques doivent être suivis
avec rigueur sur l’ensemble des parties prenantes, calculés sur le court, moyen
et long terme. Mais il faut aussi s’intéresser aux conséquences de l’absence
d’investissement.
La transition écologique est un sujet emblématique à cet égard : des
investissements ciblés et ambitieux aujourd’hui permettent de réduire des coûts
futurs inassimilables. Dès aujourd’hui, ces investissements doivent être
appréciés pour leurs conséquences quantifiables à l’échelle de la planète, mais
aussi sur la santé, la sécurité et le pouvoir d’achat de nos concitoyens.
« Ce qui compte vraiment » enfin, au sens de ce que nous
choisissons de mesurer. Il s’agit de ne pas négliger l’impact des dispositifs
sur le bien-être, l’épanouissement ou le sentiment d’appartenance des
individus, et être capable de regarder et quantifier autre chose que les recettes
et les dépenses.
Des études sur la mixité sociale à l’école, en France et à l’étranger,
démontrent par exemple que les politiques de déségrégation scolaire améliorent
la réussite des élèves les plus défavorisés, sans pénaliser les autres, et
augmentent la connaissance de l’autre et la coopération : des résultats
mesurables, qui participent au projet d’une société unie.
Des indicateurs factuels donnent souvent une vision plus consensuelle d’une
réalité dont la perception peut être déformée par le débat public. Dans une
démocratie mature, les désaccords politiques sont légitimes et nécessaires,
mais doivent s’appuyer sur un socle commun de faits et de preuves, sur un
diagnostic partagé de la situation.
Face aux défis immenses qui se présentent à nous, cette exigence de rigueur est
essentielle. Nous n’avons plus le luxe de débats guidés uniquement par
l’émotion ou le spectacle. À un an de l’élection présidentielle, redéfinir ce
qui compte vraiment dans notre modèle social, c’est réaffirmer nos valeurs, et
comprendre comment elles se traduisent en résultats quantifiables. C’est, en
définitive, retisser la cohésion d’une société aujourd’hui fragmentée.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Les prédateurs manipulent leurs victimes jusqu’au silence. C’est à nous
adultes de repérer les signes, de tendre l’oreille, d’accueillir leur parole,
d’être vigilants avec un signe ou un dessin. La parole ne se libère que si
l’écoute est attentive.
> J’ai remis au Pape Léon XIV une lettre portant la voix de jeunes et de victimes d’abus, dont la crainte est l’oubli plutôt que la mémoire. Je lui ai offert un livre sur les saints nantais Donatien & Rogatien, et partagé avec lui un parallèle entre l’histoire d’hier et le présent.
> L’IA peut être une chance pour nos enfants, mais sans contrôle, elle devient un danger réel. Protéger l’enfance de ces révolutions doit rester notre priorité.

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