mercredi 18 mars 2026

Propos centristes. France – Ormuz: Macron dit non à Trump / Muncipales: le fourvoiement du PS / Le soutien à l’Ukraine ne faiblira pas / Aux côtés du Liban / Respect des victimes et accélération du temps judiciaire / Protéger les océans / «France libre», le prochain porte-avions…


Voici une sélection, ce 18 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Propos introductifs lors du Conseil de défense et de sécurité nationale sur la situation en Iran et au Moyen-Orient] Avant que nous ne débutions nos travaux, je voudrais avant tout saluer la mémoire du Major Arnaud Frion, du septième bataillon de chasseurs alpins de Varces. La Nation vient de rendre hommage ce matin. Merci Madame la Ministre d’avoir présidé cette cérémonie. Le Major est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drone perpétrée par une milice pro-iranienne alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daesh, à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité. Je veux ici redire combien la Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés et qui sont encore, pour certains, dans des soins intensifs en ce moment même à l'hôpital. 
Ce Conseil de défense, comme les précédents, vise donc à faire le point sur l'ensemble des dossiers et la situation au Moyen-Orient et à examiner les conséquences des opérations militaires conduites par les États-Unis d'Amérique et Israël dans la région et à la riposte massive que l'Iran a décidée et qui touche nombre des pays de la région. Je le redis ici, la France n'a pas choisi cette guerre, nous ne prenons pas part et nous avons une position purement défensive en protection de nos ressortissants, en soutien de nos alliés. Nos objectifs sont clairs et ils sont définis depuis le premier jour et ils n'ont pas changé.
Le premier c'est de protéger nos ressortissants, nos emprises diplomatiques et militaires et nos intérêts dans la région.
Le deuxième objectif est de nous tenir aux côtés de l'ensemble de nos partenaires, ceux avec qui nous sommes liés par des accords de défense, aux côtés desquels nous œuvrons souvent pour la lutte contre le terrorisme, la sécurité et la stabilité régionales. Et donc nous avons honoré notre parole, nous continuons de l'honorer, nous sommes des partenaires loyaux et nous leur avons apporté un soutien très clair depuis le début, qui est de les aider à protéger leur propre population, avec une ligne très claire là aussi, qui est de contenir au maximum l'extension géographique du conflit. Donc chacun d'entre eux reconnaît d'ailleurs l'action qui est la nôtre à leurs côtés, pour leur sécurité. Avec une situation spécifique qui est le Liban, pays ami ô combien important pour la France, dans lequel nous sommes exposés à travers évidemment la FINUL et notre présence au sein de ce contingent onusien et où nous travaillons aux côtés des autorités libanaises pour préserver la souveraineté, là aussi, l'intégrité territoriale et la lutte sans relâche contre le Hezbollah.
Et puis notre troisième catégorie d'objectifs, c'est évidemment de garantir la liberté de navigation et la sécurité maritime dans la région. Nous l'avons dit là aussi dès le premier jour, c'est une tâche à laquelle nous avons plusieurs fois contribué et elle est essentielle pour nos intérêts, en particulier économiques, pas simplement ceux de la France, mais nous le savons pour le gaz, le pétrole, l'international ou pour la liberté de navigation. Nous avons une présence avec beaucoup de nos partenaires en Méditerranée orientale, où la situation est stabilisée, mais nous l'assumons, aux côtés tout particulièrement de Chypre, qui a été visée, et en surveillance de la situation libanaise. Nous sommes engagés pour la sécurité maritime et la liberté de navigation en Mer Rouge et à Bab-el-Mandeb. Nous disposons d'un cadre européen d'opérations qui doit demeurer. Il reste pertinent et il doit demeurer dans ce strict cadre. C'est ce qu'on appelle l'opération Aspides sous commandement grec. Ce cadre ne doit pas être étendu à d'autres opérations. Il fonctionne, il est réactivé et nous avons su avec plusieurs partenaires mener des actions utiles durant ces dernières années. Elles gardent leur pertinence.
S'agissant du détroit d'Ormuz, qui est évidemment la situation la plus sensible, nous allons dans quelques instants faire le point, mais je vais ici redire le cadre dans lequel nous avons pu nous exprimer, ou déjà commencé à bâtir des décisions. Nous ne sommes pas partie prenante au conflit. Et donc, jamais la France ne prendra part à des opérations d'ouverture ou de libération du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel. Par contre, nous sommes convaincus qu'une fois la situation plus calme, et à dessein ce terme est suffisamment large. Une fois la situation plus calme, c'est-à-dire une fois que le cœur des bombardements aura cessé, nous sommes prêts, avec d'autres nations, à prendre la responsabilité d’un système d'escorte, mais c'est tout un travail à la fois politique, technique, avec évidemment l'ensemble des acteurs du transport maritime, avec les assureurs et opérationnels que nous devons bâtir. Nous avons commencé les échanges avec l'Inde, avec plusieurs autres partenaires européens ou partenaires de la région. Ce travail supposera des discussions et une déconfliction avec l'Iran, parce qu'en aucun cas ça ne peut être une opération de vive force. Et donc il est à bâtir dans les jours et les semaines à venir, mais c'est une mission que nous sommes prêts à assumer pour la liberté de circulation à la fois des porte-conteneurs et des tankeurs, qui doit donc être pleinement distincte des opérations de guerre qui sont en cours et des bombardements en cours, mais que nous sommes prêts à assumer dans ce cadre, qui est forcément un cadre à la fois plus complexe, volontaire et une mission que nous sommes en train de structurer.

Enfin, nous examinerons très précisément, évidemment, les autres sujets les plus sensibles, comme en Irak ou au Liban que j'évoquais.
Mais je veux ici redire, pour clôturer mon propos introductif, que la France a une responsabilité dans la région simple et claire : protéger nos ressortissants, nos intérêts ; être des partenaires fiables pour tout le monde ; et œuvrer à la désescalade et à la stabilité. Et c'est dans ce cadre que nous souhaitons avancer.

> [Déclaration des dirigeants du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni concernant l’escalade du conflit entre Israël et le Hezbollah] Nous sommes profondément préoccupés par l’escalade de la violence au Liban et appelons les représentants israéliens et libanais à mener des négociations constructives en vue de trouver une solution politique durable. Nous soutenons fermement les initiatives visant à faciliter les pourparlers et exhortons les parties à mettre immédiatement fin à cette escalade.
Les attaques du Hezbollah contre Israël et les frappes visant des civils doivent cesser, et ses membres doivent déposer les armes. Nous condamnons la décision du Hezbollah de se joindre à l’Iran dans les hostilités, laquelle compromet davantage la paix et la sécurité dans la région.
Nous condamnons les attaques visant des civils, des infrastructures civiles, des travailleurs de la santé et des établissements hospitaliers, ainsi que la Force intérimaire des Nations Unies au Liban. Ces attaques sont inacceptables, et nous appelons toutes les parties à agir dans le respect du droit international humanitaire.
Une offensive terrestre israélienne de grande envergure aurait des conséquences humanitaires dévastatrices et pourrait mener à un conflit de longue durée. Cela doit être évité. La situation humanitaire au Liban, notamment les déplacements forcés massifs en cours, est déjà extrêmement préoccupante.
Nous réitérons notre appel en faveur de la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies par l’ensemble des parties et soutenons les efforts déployés par le gouvernement du Liban pour désarmer le Hezbollah, interdire ses activités militaires et mettre un terme à ses opérations armées. Nous sommes solidaires du gouvernement et du peuple du Liban, qui sont malgré eux entraînés dans ce conflit.

> [«France libre», le nom du prochain porte-avions] J’ai souhaité inscrire notre futur porte-avions dans la filiation du général de Gaulle, sa vie, son destin. Les choix faits dès le mois de juin 1940, après la débâcle, disent une certaine idée de la France.
Dans ce nom passe la mémoire des femmes et des hommes qui se sont dressés face à la barbarie, unis pour sauver la patrie, déterminés à défendre une ⁠certaine idée de notre nation, nos compagnons de la Libération.
Ce nom scelle donc pour l’avenir un serment : pour rester libres, il nous faut être craints ; pour être craints, il nous faut être puissants et pour être puissants, être prêts ⁠aux efforts. (…)
Notre prochain porte-avions sera de 310 mètres de long. Il déplacera 80 000 tonnes. Il disposera de deux réacteurs nucléaires. Il représentera un tonnage 1,8 fois supérieur à celui du Charles-de-Gaulle. Ces chiffres disent la dimension de l’ambition qui est la nôtre. (…)
Un porte-avions nucléaire participe de manière indispensable à notre capacité de dissuasion. (…)
Rares sont les pays capables de projeter à des milliers de kilomètres de leurs côtes une telle combinaison de puissance aérienne, navale et de commandement. (…)
La construction du bâtiment va mobiliser d’ici 2038 (…) les meilleures intelligences du pays, les savoir-faire les plus rares, les vocations les plus exigeantes. Cet exploit humain suppose l’effort de la nation.

> Je me suis entretenu avec le Président Tokayev au surlendemain de l'adoption par le Kazakhstan d'une nouvelle Constitution par référendum. Nous avons échangé sur l'actualité internationale et avons également réitéré notre détermination à approfondir encore davantage notre partenariat stratégique, en continuant à développer notre dialogue politique et notre coopération économique et industrielle.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> Je m’associe à l’hommage rendu ce mardi à l’adjudant-chef Arnaud Frion, mort pour la France en Irak le 12 mars 2026. Je partage la peine de sa famille, de ses amis et de ses frères d’arme.

> L’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins, est mort pour la France dans l’accomplissement de sa mission en Irak. Depuis plus de vingt ans, il avait choisi de servir son pays, partout où la France déploie ses soldats pour défendre la paix, lutter contre le terrorisme et protéger nos compatriotes. Engagé en Irak dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, aux côtés de ses frères d’armes blessés, il est tombé sous les coups d’une attaque lâche et inqualifiable. L’adjudant-chef Arnaud Frion était un sous-officier respecté, un chef courageux et un camarade fidèle. Il incarnait l’honneur, le sens du devoir et l’esprit de sacrifice qui font la force de nos armées. Décoré de la Médaille militaire et cité à plusieurs reprises pour acte de bravoure, il avait toujours placé la mission et ses frères d’armes avant lui-même. Aujourd’hui, la Nation s’incline devant la mémoire d’un soldat qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à son épouse, à son fils, à ses proches et à ses frères d’armes. La France n’oubliera pas.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Welcome to Paris, Minister Heinen! Les Pays-Bas et la France cultivent des liens solides et nous sommes déterminés à relever ensemble nos défis internationaux et européens.
Nous partageons tous deux un attachement profond au projet européen d’Union pour l’épargne et l’investissement (SIU) qui permettra de financer la croissance et soutenir l’innovation européenne.

> J'ai accueilli à Bercy le Vice-Premier ministre de la République populaire de Chine, M. He Lifeng. J'ai rappelé l’attachement de la France à une relation économique franco-chinoise ouverte, équilibrée et fondée sur la réciprocité.
C'est sur cette base que nous avons pu échanger sur les principaux défis économiques internationaux, le nécessaire rééquilibrage des relations commerciales dans un cadre de concurrence équitable et les priorités de la France pour la présidence du G7.
Nous poursuivrons nos discussions à l’occasion du Dialogue Économique et Financier à Pékin.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Ma participation aujourd'hui au Conseil des ministres de l'Allemagne témoigne des liens indéfectibles qui unissent nos deux pays et nos deux peuples, et de la détermination du président de la République et du Chancelier à construire une Europe forte, souveraine et prospère.

> L’escalade militaire incontrôlée et dangereuse au Proche et au Moyen-Orient ne nous détourne pas de l’Ukraine, où se jouent depuis quatre ans la sécurité et la paix sur le continent européen. Dans un contexte marqué par l’isolement croissant de la Russie sur le plan international — après la chute de Bachar Al-Assad, celle de Nicolas Maduro et celle de l’Ayatollah Khamenei — nous poursuivons avec beaucoup de détermination et de résolution notre action le long de deux axes d’efforts : notre soutien à l’Ukraine et notre pression sur Vladimir Poutine.
Ce soutien à l’Ukraine a été exprimé par le Président de la République vendredi dernier à Paris, où il recevait le Président Zelensky. Il lui a affirmé que nous poursuivons nos efforts pour que, sur le plan militaire comme sur le plan financier, l’Ukraine puisse bénéficier de tout ce dont elle a besoin pour poursuivre sa résistance contre l’agression russe. C’est dans ce cadre que nous souhaitons vivement qu’un accord puisse être trouvé sur le prêt de 90 milliards d’euros, qui mettra l’Ukraine à l’abri de toute difficulté financière pour les deux ans à venir.
Concernant la pression sur Vladimir Poutine, le week-end dernier, sans encombre, les 2 600 sanctions prises depuis le début de la guerre d’agression russe en Ukraine ont été renouvelées.
Aujourd’hui, à Bruxelles, s’ajoutent à ces mesures neuf nouvelles désignations de criminels de guerre responsables du massacre de Boutcha, dont nous allons marquer dans quelques jours le quatrième anniversaire. S’ajoutent également quatre sanctions à l’encontre des propagandistes du Kremlin, y compris un franco-russe, Adrien Boquet, véritable agent de recrutement de combattants étrangers en Ukraine, responsable d’apologie de crimes de guerre et de campagnes de désinformation en Europe et en Afrique.
En Afrique, Vladimir Poutine continue de tenter en vain de fragiliser la relation entre la France et l’Union européenne d’un côté, et les pays africains de l’autre. Mais quelle est la contribution réelle de la Russie au développement du continent ? C’est zéro.
Je me suis rendu jeudi et vendredi en République centrafricaine : sur le terrain, je ne vois rien. Et dans les chiffres, je ne vois rien non plus. Les investissements de l’Union européenne en Afrique sont 200 fois supérieurs à ceux de la Russie. Les échanges commerciaux de l’Union européenne avec le continent africain sont 20 fois supérieurs à ceux de la Russie. L’Union européenne accueille 10 fois plus d’étudiants dans ses universités que ne le fait la Russie.
C’est cela, la réalité des faits. Il faut donc que Vladimir Poutine se rende à l’évidence : cette guerre d’agression, dans laquelle il a précipité son pays au risque de l’épuiser et de le discréditer, doit cesser. C’est un échec stratégique, politique et économique qui doit désormais prendre fin.

> [Discours à l’Institut Pasteur de Bangui] C’est un honneur pour moi d’être présent aujourd’hui à l’Institut
Pasteur de Bangui, dont je salue les équipes et l’engagement sans faille. Je viens de visiter l’Institut, et j’ai eu la chance de rencontrer une équipe de chercheurs et de médecins reconnus pour leur expertise et leur dévouement. Cela a renforcé ma vision du rôle de l’Institut Pasteur de Bangui : est un maillon essentiel de l’écosystème sanitaire centrafricain, qui constitue un des piliers majeurs du système régional de vigilance et de recherche médicales en Afrique centrale.
L’inauguration du nouveau laboratoire de référence de l’OMS sur la poliomyélite au sein de l’Institut Pasteur de Bangui, est le fruit d’un projet de renforcement capacitaire porté par la France. Pour matérialiser cet engagement indéfectible de la France envers la santé mondiale et sa solidarité durable avec la Centrafrique, j’ai l’honneur de vous annoncer l’octroi d’une subvention de 7 millions d’euros de l’Agence française de développement au bénéfice de l’Institut Pasteur de Bangui.
Dans un monde où la coopération internationale est chaque jour plus fragilisée, et où les crises sanitaires se multiplient, la France réaffirme que l’accès aux soins doit demeurer une priorité, un droit humain fondamental et un pilier de stabilité. C’est pourquoi, la France demeure un des acteurs clé du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui entre dans un cycle de financements décisifs, pour la période 2027-2029.
Permettez-moi d’évoquer un combat que nous sommes sur le point de gagner: l’éradication de la polio.
La France soutient sans relâche l’initiative mondiale pour l’éradication de la polio. En 2025 et 2026, nos efforts se concentrent sur l’objectif « zéro dose », pour qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte, même dans les zones les plus reculées ou en proie à l’insécurité. En République centrafricaine, grâce au soutien de la France et de ses partenaires, comme l’OMS et l’Unicef, des campagnes nationales de vaccination protègent chaque année des millions d’enfants de moins de cinq ans. Ce vaccin est gratuit, il est sûr, il est indispensable. Chaque dose administrée est un pas de plus vers un monde où plus aucun enfant ne sera handicapé ou paralysé par ce virus. C’est une question de justice et de dignité humaine.
La France, vous le savez, porte également le dispositif appelé « L’initiative », géré par Expertise France, qui permet d’accompagner techniquement les pays partenaires dans l’optimisation de leurs systèmes de santé. Notre objectif est clair : renforcer les systèmes de santé primaires partout dans le monde, pour qu’ils soient capables de prévenir, détecter et répondre aux futures menaces d’épidémies.
La santé maternelle et infantile, la lutte contre les pandémies, constituent un autre axe d’effort de l’action de la France en République centrafricaine. Alors que la mortalité maternelle a été déclarée « urgence nationale » en 2025, la France soutient activement les infrastructures de soin, via l’Institut Pasteur de Bangui, et l’appui aux hôpitaux pédiatriques. En octobre 2025, la France a accordé une aide budgétaire de plus de 16 milliards de francs CFA pour soutenir les services publics essentiels, incluant la santé. Sur le volet de la lutte contre les pandémies, nous continuons de déployer des experts pour renforcer la chaîne d’approvisionnement en médicaments et la formation des personnels soignants centrafricains.
Dans ce contexte de fort engagement d’Expertise France en République centrafricaine, à travers des projets structurants, financés par l’Union européenne et la France, je me réjouis de la signature de l’accord du siège d’Expertise France et de l’ouverture de leurs bureaux à Bangui. Ce nouveau statut lui permettra de mettre en œuvre un portefeuille d’actions, aujourd’hui estimé à 36 millions d’euros, tout en assurant la pérennité de sa présence ici.
Ce financement s’inscrit dans la continuité d’une coopération constante et concrète entre nos deux pays : la France, via l’Agence française de développement, consacre ainsi actuellement 109 millions d’euros au financement de projets en Centrafrique.
C’est donc une avancée décisive pour approfondir le partenariat entre nos deux pays et appuyer le développement équitable et la paix en République centrafricaine, dans la droite ligne de la feuille de route agréée par les présidents Macron et Touadéra.
Les actions que je vous présente aujourd’hui sont possibles grâce à la mobilisation constante de tous les acteurs : l’Institut Pasteur de Bangui, Monsieur le Directeur ; l’Agence française de développement et Expertise France, Monsieur le Directeur ; ainsi que tous les personnels de santé et de gestion qui travaillent quotidiennement dans ces lieux. Elles contribuent directement à l’amélioration de la sécurité sanitaire, selon l’approche « Une seule santé » prônée par la France, et qui reconnaît les liens étroits entre santé humaine, santé animale et santé environnementale. Le financement est apporté par l’AFD, la mise en œuvre par Expertise France, et son opérationnalisation bénéficiera à l’ensemble de la sous-région.
Grâce à cette synergie, nous répondrons à un objectif fondamental : renforcer durablement les capacités de la République centrafricaine à détecter et répondre au risque épidémiologique, afin de consolider sa souveraineté sanitaire.
L’action de la France n’est pas seulement une question de chiffres ou de financement : c’est une question de solidarité humaine, ancré dans la profonde conviction de l’importance de la coopération internationale en matière de santé. Aux côtés des autorités Centrafricaines, de l’Union européenne et de l’ensemble de la communauté internationale, nous continuerons donc d’investir dans l’humain.
Ensemble, nous bâtissons un avenir où chaque citoyen, à Bangui comme ailleurs, peut espérer une vie en bonne santé.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Chaque heure qui passe la liste s'allonge. La fusion «technique», c’est la trahison de la République. L'heure de vérité, c'est maintenant. La rupture avec LFI «passionnément antisémite», c'est maintenant. Que tous ceux qui fusionnent soient exclus, mis au ban et immédiatement.

 

Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> Agir pour protéger l'océan : une priorité collective
Ce lundi, j'ai présidé le Comité France Océan, une instance unique, créée en 2018, qui réunit plus de 50 ONG de protection de l'environnement marin, le monde scientifique, l'Office Français de la Biodiversité et les grands établissements publics autour d'un même objectif : construire un dialogue entre l'État et la société civile au service de l'océan.
C'est dans cet esprit que j'ai partagé les grandes priorités de mon action et mes attentes pour les mois à venir, notamment en vue de la préparation du prochain comité interministériel de la mer :
- Poursuivre les travaux engagés en 2025 sur la restauration de la nature et la lutte contre les déchets plastiques en mer
- Renforcer la sensibilisation des décideurs aux enjeux environnementaux maritimes
- Avancer sur les chantiers de l'économie bleue régénérative et de la philanthropie bleue
Mais ce comité, c'est aussi et surtout un espace d'écoute. J'ai entendu les préoccupations et les attentes des ONG, et j'y réponds concrètement :
- Nous allons travailler, ensemble, à construire un plan de résorption des zones d'accumulation de déchets plastiques
- Nous devons aussi renouer l'ensemble des acteurs du maritime, indispensable pour réconcilier les usages de la mer
- Je m'engage à informer régulièrement les ONG concernant les grands dossiers de négociation européenne et internationale
La mer n'attend pas. Travaillons ensemble.

 

Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Le 17 mars marque la Journée nationale des aides à domicile. L’occasion de saluer l’engagement et le professionnalisme des 570 000 aides à domiciles qui accompagnent chaque jour des personnes âgées, des personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie.
Par leur présence, leur savoir-faire et leur écoute, les aides à domicile contribuent à l’autonomie de nos concitoyennes et concitoyens les plus fragiles en leur permettant de vivre à domicile et au maintien du lien social.
Dès la semaine prochaine, je suivrai plusieurs aides à domicile dans leur journée pour appréhender au plus près la réalité de leur quotidien, pour les écouter et pour échanger sur les enjeux de leur profession.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> 2 jours à Chypre, 1 journée à Bruxelles, 1 journée à Strasbourg, 2 conseils des ministres du Travail de l’UE, 17 bilatérales avec mes homologues, autant avec des eurodéputés…
L’agenda européen fut dense ces dernières semaines, et passionnant !
Derrière chaque rencontre, derrière chaque événement, nous construisons l’Europe du travail et l’Europe sociale en abordant les grands enjeux liés à la mobilité des travailleurs au sein de l’UE, la formation et les compétences, le défi démographique, l’IA ou encore la lutte contre la pauvreté.
Je porte également la voix de la France sur la révision du règlement européen dit « 883 » qui permettrait de revoir les règles de l’assurance chômage pour les travailleurs frontaliers, sans remise en cause des droits bien sûr, l’objectif étant de donner aux pays qui reçoivent les cotisations la compétence de verser les allocations, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Ces dernières semaines ont raffermi mes convictions européennes.
Nous partageons au sein de l’UE un modèle social à défendre et la France doit jouer un rôle moteur. Cela exige du travail, du dialogue et du temps. Mais c’est aussi la condition d’une UE protectrice, compétitive et souveraine. Une France forte dans une Europe puissante, voilà l’ambition que nous devons avoir collectivement.
Je compte bien y prendre toute ma part en tant que ministre du Travail et des Solidarités car, au niveau européen, comme en entreprise ou à l’échelle de la France, l’économique et le social fonctionnent et réussissent ensemble.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Il n’y a pas de Justice sans délai raisonnable de jugement. J’ai présenté ce matin en Conseil des ministres une réforme profonde de notre Justice criminelle pour sortir de l'engorgement, diviser par deux les délais de jugement et replacer la victime au centre du procès. Aujourd’hui, dans notre pays, il faut attendre en moyenne 6 ans pour avoir un jugement pour viol en première instance et 8 ans pour avoir un jugement dans une affaire d'homicide, d'assassinat ou de narcotrafic. Ce constat n’est pas acceptable et nous avons le devoir envers les victimes de rendre la justice criminelle plus rapide et plus efficace.
C’est le sens du projet de loi que je porte et qui s’articule autour de plusieurs mesures fortes : Accélérer le temps judiciaire : un «plaider-coupable» criminel. Pour les crimes reconnus et non complexes, nous créons un nouveau mode de poursuite à l'issue de l'information judiciaire. Il permettra de juger ces dossiers dans des délais courts, devant une cour d’assises en formation restreinte. Une réponse pénale ferme, sans renoncer aux droits des victimes ni à l’exigence de vérité. Des Cours Criminelles Départementales (CCD) simplifiées et plus proches. Nous modernisons l'organisation pour multiplier les audiences : les CCD pourront désormais siéger dans des tribunaux judiciaires qui ne sont pas des sièges de cours d'assises. Elles pourront également juger les crimes commis en récidive et statuer en appel. Renforcer la place du citoyen : les citoyens assesseurs. C'est une avancée majeure de notre projet de loi organique : l'arrivée de citoyens aux côtés des magistrats professionnels en Cours Criminelles Départementales (CCD). Ils seront formés par l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) et soumis aux mêmes devoirs d'impartialité que les juges de carrière. La science au service de la vérité Nous légalisons la généalogie génétique dans les enquêtes. Un outil révolutionnaire pour identifier les auteurs de crimes anciens (cold cases) et mettre hors d’état de nuire les criminels en série. Le respect absolu des victimes.
La victime doit être mieux accompagnée avec des actes forts :
- Réforme de l'autopsie judiciaire pour une meilleure information des familles.
- Accélération du versement des dommages et intérêts via les règles de procédure civile.
- Sécurisation de la détention provisoire pour éviter toute remise en liberté accidentelle de criminels dangereux.
Cette réforme globale poursuit donc un objectif clair : restaurer la confiance des Français en rendant la Justice plus rapide et plus humaine.

 

Philippe Tabarot (ministre des Transports)
> Être à l’écoute des entreprises du transport, pour mieux répondre aux difficultés qu’elles rencontrent face à la hausse des prix du carburant. Aujourd’hui, avec ma collègue Maud Bregeon, nous avons réuni les acteurs du transport routier et ferroviaire, les taxis et les VTC, pour échanger avec les chargeurs et les distributeurs de carburants sur les conséquences de la hausse des prix de l'essence et du gazole liée au conflit au Moyen-Orient. Pour les entreprises du transport routier, aux marges souvent faibles, chaque augmentation du coût du carburant peut fragiliser leur trésorerie. Notre priorité : définir les meilleurs outils pour accompagner les 45 000 TPE, PME et ETI qui assurent 90 % du transport de marchandises dans notre pays, qui offrent une solution de mobilité dans de nombreux territoires et qui sont, très souvent, un véritable poumon de l’activité économique dans nos régions.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Les extrêmes, où qu'ils soient, demeurent dangereux pour la République.

 

Alice Rufo (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur de la ministre des Armées et des Anciens combattants)
> L’intervention militaire, l'emploi de la force, elle se décide toujours souverainement, singulièrement pour un pays comme la France qui a une tradition d'indépendance forte. Participer aujourd'hui de vive force à une intervention avec des moyens armées dans le détroit d’Ormuz est hors de question car ce serait participer à l’offensive. Or nous n’avons pas choisi la guerre menée par Israël et les États-Unis donc il n'y a pas de raison d'y participer.

> Je ne peux pas laisser dire que la France ne fait rien au Liban.
- On a plusieurs centaines de soldats au sud Liban dans la FINUL, l'opération de maintien de la paix des Nations Unies qui a été déployée au sud Liban et ce n'est pas une mission facile;
- Le porte-avions Charles de Gaulle est en Méditerranée-orientale en soutien au Liban ;
- Une opération humanitaire très forte;
- Une action diplomatique qui consiste à travailler à une médiation pour permettre un cessez-le-feu.
L’action du Hezbollah a été suicidaire pour le Liban. Avec les autorités libanaises courageuses, nous allons continuer de travailler à réarmer les forces armées libanaises.

> Le major Arnaud Frion, à qui je veux rendre hommage aujourd'hui, a été engagé dans une opération de lutte contre le terrorisme en Irak, en appui à la souveraineté et à l'intégrité de l'Irak. Je rappelle que quand on a des forces engagées en Irak dans la lutte contre Daesh, contre le terrorisme aux côtés des Kurdes, c'est pour notre sécurité. Les moyens militaires français sont extrêmement puissants, de défense anti-aérienne et de protection de forces. C’est puissant quand la France se déploie, c’est dissuasif quand la France se déploie.

> Ce matin, au Monument aux morts pour la France en opérations extérieures, j'ai présidé avec le gouverneur militaire de Paris un hommage au Major Arnaud Frion du 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins de Varces, tombé en Irak le 12 mars dernier. En cette journée d'hommage national, nous saluons son courage, son engagement et son sacrifice. La France s’incline avec respect et gratitude devant la mémoire de ce soldat exemplaire, fidèle à l’esprit de son unité et aux valeurs de nos armées. Nos pensées accompagnent sa famille, ses proches et ses frères d’armes.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Aujourd’hui, je pense à ces millions d’électeurs d’une gauche républicaine qui découvrent avec effarement la nouvelle ligne du Parti socialiste : prêter allégeance à l’extrême gauche et exclure les grandes figures sociales-démocrates et pro-européennes lorsqu’elles s’allient avec le centre. Tous les repères se brouillent, toutes les digues cèdent. Il faudra tout reconstruire.

> À Nice, la direction de LR refuse d’appeler à voter pour le candidat Horizons qui fait face à l’extrême droite. Des repères fondamentaux disparaissent. Tout comme des millions de Français de gauche rejettent l’alliance entre le PS et LFI, des millions d’électeurs et des élus locaux d’une droite républicaine sincères continuent de rejeter l’extrême droite. Par intérêt personnel, pour régler des comptes ou conserver des postes, les directions du PS et de LR abandonnent les valeurs fondamentales, valident des alliances contre nature et servent de marchepied à l’extrême droite comme à l’extrême gauche. Au prix d’un spectacle affligeant laissant les Français abandonnés et désespérés par ce jeu politique. Il faudra un moment de clarification et de rassemblement de tous les Français. Je salue les candidats qui refusent de se laisser aller à ces manœuvres, fidèles à leurs principes.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Le parc mondial de véhicules électriques a permis d’éviter 1,7 million de barils de pétrole par jour en 2025, selon une étude du think-tank Ember. Derrière cela, c’est surtout moins de dépendance au pétrole et donc aux pays exportateurs, moins de vulnérabilité aux crises et plus de souveraineté. Et la Chine l’a bien compris : avec déjà 50 % de ventes de voitures électriques, elle a économisé plus de 28 milliards de dollars d’importations pétrolières. À 2 euros le litre, un plein coûte en moyenne 142 euros par mois. (Avant les tensions au Moyen-Orient : 104 euros.) En électrique, c’est environ 65 euros pour la même distance. Soit 77 euros économisés à chaque plein. Si vous faites deux pleins par mois, c’est une économie annuelle de l’ordre de 1850 euros. 1850 euros ! Auxquels on ajoute un coût d’assurance et d’entretien plus faible… CQFD. Aujourd’hui, une petite voiture électrique d’occasion coûte moins cher dans la durée par rapport à une petite voiture thermique d’occasion. L’électrification des flottes n’est pas seulement une question écologique. C’est une question de pouvoir d’achat et une question d’indépendance énergétique. Il faut accélérer.

> « La France Insoumise a réalisé une percée inattendue et le Rassemblement National a enfin réussi son ancrage local. » C’est ce que les médias martèlent depuis dimanche. Spoiler : c’est faux.
Regardons les chiffres.
Dans les 10 plus grandes villes de France, LFI plafonne à 14 %. C’est 5 points de moins qu’aux européennes de 2024.
Le RN suit la même trajectoire : 13 % en moyenne, soit 4 points de moins.
Selon une analyse du Monde portant sur 3 290 communes, soit 48 millions d’habitants, LFI n’arrive en tête que… 5 fois. 0,15 % des villes. L’extrême droite, elle, arrive en tête dans 75 communes. Un peu plus de 2 %.
À l’inverse, les équilibres politiques restent largement structurés : le Centre arrive en tête dans 583 villes, la gauche dans 816, et la droite dans 1 263.
Sur ma circonscription 41 maires ont été élus dimanche dernier sur 42 communes. Aucun n’est d’extrême droite ou d’extrême gauche.
Dans mon département du Pas-de-Calais, pourtant connu pour avoir un fort vote RN, aucune des grandes villes n’est conquise par le RN. Et les listes soutenues par le bloc central y réalisent d’excellents scores.
Alors je ne suis pas naïve. Les élections européennes ne sont pas des élections municipales. Et il y a souvent une prime au sortant quelle que soit l’étiquette politique. Mais nous sommes loin d’une « dynamique de progression » et d’un grand chamboule-tout.
Le récit médiatique se construit souvent sur des percées localisées et des situations spécifiques qui alimentent les chaînes d’information en continue… qui sont bien loin de refléter la réalité d’ensemble.
Arrêtons de faire le jeu des extrêmes en reprenant leur narratif politique !

> Il y a quelques dirigeants du Parti socialiste comme François Hollande, Jérôme Guedj, Benoît Payan ou Emmanuel Grégoire qui ont très clairement refusé toutes alliances avec La France insoumise. Et je veux rappeler qu'en tant que parti, Place publique a été très clair et a retiré tous ses candidats des listes faisant l’objet d’un accord avec La France insoumise.

> Sarah Knafo a retiré sa liste parce qu’elle savait pertinemment qu’elle ferait un score extrêmement faible au second tour. C’est une bulle entretenue par les réseaux sociaux et certains médias. Elle était annoncée devant Pierre-Yves Bournazel et Sophia Chikirou, elle se retrouve derrière eux et a failli ne pas de qualifier pour le second tour. Sarah Knafo, candidate d’extrême droite, appelle sans surprise à l’alternance contre la gauche. Cela ne change rien au positionnement de la liste portée par Rachida Dati qui est une liste réunissant la droite modérée et le centre.

> Tous ceux qui, aujourd’hui, n’ont aucune ambiguïté vis-à-vis de l’extrême droite et de l’extrême gauche, de Xavier Bertrand à Raphaël Glucksmann, doivent se parler. Parce que c’est sur cet arc-là que doit se jouer la suite de la recomposition politique face aux extrêmes après les municipales.

> Le Parti socialiste est en voie d’effacement. Il est tombé dans le piège tendu par La France insoumise. Olivier Faure affirme qu’il ne peut pas y avoir d’accord avec La France insoumise avant le premier tour. En 48 heures, il laisse pourtant passer 14 accords entre le Parti socialiste et La France insoumise, face à des listes modérées qui n’ont rien à voir avec l’extrême droite. L’excuse de la lutte contre l’extrême droite ne tient pas. À Marseille, en revanche, seul endroit où un barrage à l’extrême droite pourrait se poser, Benoît Payan a eu le courage et la dignité de ne pas faire d’accord avec La France insoumise.

> Prenons un pas de recul sur les résultats des élections municipales. Plus de 90 % des communes ont, depuis dimanche, un maire. Et ces maires sont, pour plus de 99%, des maires modérés. Ces dernières 48 heures, on a entendu des commentateurs nous expliquer que La France insoumise et le Rassemblement national auraient fait des percées : c’est faux. À force de se concentrer sur des situations spécifiques, on en oublie l’image globale. Ne reprenons pas le narratif des extrêmes.

> Dimanche, certaines listes de gauche termineront leur campagne en assumant leurs convictions, sans les diluer, sans les renier. Elles auront tenu leur parole et respecté leurs électeurs. D’autres listes de gauche se présenteront après avoir fusionné avec La France insoumise. Bien sûr, leurs membres auront juré, pendant des mois, que cela n’arriverait pas. Bien sûr, ils se seront indignés des outrances, des insultes, des ambiguïtés antisémites de LFI. Bien sûr, ils auront établi qu’on ne peut pas gouverner sérieusement avec un parti qui préfère le clientélisme à la République et la violence au débat. Mais dimanche, ces lignes rouges auront été oubliées à la faveur d’accords d’appareil « techniques ». Tant pis pour les promesses faites aux électeurs… Et ce retournement de veste se paiera cash dans les urnes. Peut-être pas tout de suite, mais dans la durée… Pour notre part, la ligne est claire et elle ne bougera pas. De la même manière que nous ne ferons pas d’alliance avec le Rassemblement national ou avec Reconquête, nous ne construirons pas d’accord avec les extrêmes. Pas avec ceux qui fracturent la société, pas avec ceux qui prospèrent sur la radicalité.

 

Marc Ferracci (député)
> Pour mesurer le niveau de compromission du PS avec LFI, voici les accords annoncés à ce stade dans la perspective du deuxième tour des municipales (liste non exhaustive)…
- Toulouse: pas de risque RN, fusion
- Brest: pas de risque RN, fusion
- Clermont-Ferrand: pas de risque RN, fusion
- Limoges: pas de risque RN, fusion
Et l’on voit bien que la justification d’un soi-disant « front antifasciste » ne tient pas une seule seconde… -
 Marseille: risque RN, pas d’accord
- Nice: risque UDR-RN, pas d’accord
Le PS et Olivier Faure assument de pactiser avec un parti qui a fait de l’antisémitisme et du communautarisme son carburant politique. Chacun jugera.

> Un point actualisé sur les villes les plus importantes dans lesquels le PS et LFI ont conclu des accords pour fusionner:
- Toulouse : fusion entre François Piquemal (LFI) et François Briançon (PS) Limoges, fusion entre Damien Maudet (LFI) et Thierry Miguel (PS)
- Nantes : fusion entre la maire Johanna Rolland (PS) et William Aucant (LFI)
- Brest : fusion entre le maire François Cuillandre (PS) et Cécile Beaudouin (LFI)
- Clermont-Ferrand : fusion entre Olivier Bianchi (PS) et Marianne Maximi (LFI)
- Avignon : fusion entre David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI)
- Lyon : fusion entre le maire Les Ecologistes (soutenu par le PS), Grégory Doucet, et Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI)
- Besançon : fusion entre Anne Vignot (Les Ecologistes, soutenu par le PS) et Séverine Véziès (LFI)
- Grenoble : fusion entre Laurence Ruffin (union de la gauche, soutenue par Les Ecologistes et le PS) et Allan Brunon (LFI).

> « Les socialistes sont des gros combinards. Ils ne vont pas nous coûter trop cher à acheter pour le second tour. Quand ils disent «pas d’accord national», ça veut dire faites votre tambouille localement ! » Il faut reconnaître à Mélenchon d’être lucide. À Toulouse, Clermont-Ferrand, Limoges et ailleurs, les accords de la honte entre PS et LFI étaient écrits d’avance.

 

Olivia Grégoire (députée)
> Vous allez vous moquer du monde longtemps comme ça, Marine Tondelier? Oui voter LFI c’est voter Mélenchon. Ca vous dérange pas tant que ça, dans le fond. Assumez. Arrêter de nous prendre pour des pigeons.

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> Il y a une triste réalité qui continue de décrédibiliser la vie politique et de servir les extrêmes : le cynisme et le mensonge. La parole d’Olivier Faure ne vaut donc rien. Rien. Rien de rien. Et c’est valable pour ses adversaires, comme pour ses « alliés ». Il n’y a pas d’accords « techniques », il n’y a que des accords politiques puisqu’il s’agit de faire élire des candidats en commun et de demander les voix des électeurs. Il n’y a que des accords de la honte qui préparent et légitiment le pire avec les extrêmes. Il n’y a pas de front antifasciste ou antirépublicain qui puisse crédiblement tenir dans des villes où les concurrents sont des républicains sincères de droite ou du centre. Quand on accepte de fusionner avec des candidats qui n’ont jamais cessé de soutenir Mélenchon, ses menaces, sa violence érigée en mode de débat et ses sous-entendus nauséabonds. Et quand, à Nice, on n’est même pas capable de se retirer face à l’extrême droite. Il n’y a que de petites combinaisons d’appareil pour sauver des postes à tout prix, c’est-à-dire à n’importe quel prix. Pathétique. Et terriblement dangereux. Terriblement dangereux pour le précipice que cela ouvre devant la gauche et pour la démocratie tout entière.

 

► Autres 
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie industrielle)

> Voici le 28ème régime alias ‘EU Inc.’
Un régime unique pour créer/développer son business dans toute l’Europe :
- en une seule démarche 100% en ligne,
- 48 heures maximum,
- moins de 100 euros,
- sans nécessité de capital de départ, ni de compte en banque !

 

● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Quand une crise surgit, il est tentant de négliger l’important pour s’attaquer à l’urgent. L’Iran sera au cœur des discussions du Conseil européen, et à juste titre : c’est un sujet urgent. Mais cela ne doit pas nous faire oublier les efforts nécessaires pour réformer notre économie. Ces efforts sont importants pour notre avenir. En réalité, l’urgent et l’important sont liés : la crise géopolitique que nous traversons révèle nos faiblesses économiques.

> La Commission européenne a présenté ce midi le 28e régime. Et c’est un jour clé pour la construction européenne. L’objectif ? Mettre fin à cette aberration qui fait qu’il soit plus facile à une entreprise européenne de faire du business aux États-Unis que dans un autre pays de l’UE. C’est une priorité pour la compétitivité de l’Europe, à l’initiative du groupe Renew Europe!

> La compétitivité est synonyme de puissance européenne. C'est pourquoi elle est une priorité absolue pour Renew Europe.
Avec Stéphane Séjourné et nos membres, nous avons examiné en détail notre document sur la compétitivité.
Nous prenons l'initiative de faire progresser ce combat législatif et de mobiliser tout notre potentiel économique.

 

Bernard Guetta (député)
> [Opinion : En Iran, il ne faut pas plus de soldats mais plus d’intelligence politique] Avant que les cours du pétrole n’atteignent de nouveaux sommets et que les sondages ne lui prédisent la perte des deux Chambres aux élections de novembre,
Donald Trump peut encore vouloir sauver les meubles.

Il peut décréter sa victoire et replier ses troupes mais que se passerait-il ensuite au Proche-Orient ?
Côté iranien, les plus durs du régime en concluraient que l’intransigeance les a pour longtemps mis à l’abri d’une nouvelle intervention étrangère. Ils marginaliseraient les modérés, durciraient encore la répression et multiplieraient les exécutions capitales afin d’éliminer plusieurs générations d’opposants. Soutenu par la Chine et la Russie, l’Iran deviendrait une autre Corée du Nord et la priorité de ses dirigeants serait de se doter de la bombe pour décourager tout défi extérieur.
Non seulement les Iraniens s’enfonceraient dans la nuit mais, sur l’autre rive du Golfe, l’Arabie saoudite ne resterait pas passive. Face à une puissance chiite hostile et virtuellement nucléaire, elle se doterait aussi de la bombe. La Turquie ne tarderait pas à en faire autant et, compte tenu de la force de frappe israélienne, la région la plus explosive du monde compterait vite quatre puissances dotées.
Les plus confiants diront qu’un tel niveau de dissuasion interdirait toute nouvelle guerre au Proche-Orient. D’autres craindront que ce ne soit la fin de la non-prolifération et la promesse d’une apocalypse en Terre Sainte mais en tout état de cause, l’unité territoriale de l’Iran serait mise en question par le durcissement du régime.
Kurdes en tête, les minorités ethniques et religieuses, près de la moitié de la population, supporteront mal que le pouvoir central tente de leur serrer plus encore la vis. Ces populations des régions frontalières se diront que les difficultés des durs à tout à la fois combattre l’inflation, museler le pays et garnir les étals leur offrent l’occasion d’obtenir leur autonomie, voire leur indépendance.
L’Arabie saoudite, les Emirats et Israël soutiendraient ces mouvements centrifuges. Par crainte pour leur propre unité, la Turquie, l’Iraq et la Syrie les combattraient et tout laisse ainsi penser que même en criant victoire et sonnant le repli, Donald Trump ne pourra plus endiguer le chaos régional qu’il a précipité.
L’Amérique n’a plus le choix. Maintenant qu’elle a entamé cette guerre, il lui faut tenter de créer les conditions d’une stabilisation de l’Iran et, partant, de tout le Proche-Orient.
Cela n’impliquerait pas d’envoyer des troupes au sol mais de commencer à raisonner en termes politiques. Cela ne demanderait pas de s’essouffler plus encore mais de proposer à un régime dont les stocks d’armes ne sont pas inépuisables un cessez-le-feu fondé sur la libération des opposants emprisonnés, le retour des exilés qui le souhaiteraient, l’élection d’une Assemblée constituante et une amnistie générale sur le modèle sud-africain.
Tant que la théocratie n’aurait pas accepté cette proposition, l’Amérique poursuivrait la destruction des capacités militaires et répressives du pouvoir tout en préservant les infrastructures civiles, pétrolières et gazières de l’Iran.
L’Amérique mettrait ainsi la pression militaire au service d’un objectif clair et nécessaire : donner aux Iraniens la possibilité de choisir leur destin en soumettant ce pouvoir au verdict de la liberté.
Si l’Amérique faisait cela, elle favoriserait une convergence entre les aspirations démocratiques de l’écrasante majorité de la population, le pragmatisme des figures les plus modérées du régime, les différents courants de la diaspora et le souhait des minorités de voir reconnaître leur identité cultuelle et culturelle. La donne en serait changée et elle le serait pour tout le Proche-Orient si l’Amérique exigeait parallèlement qu’Israël en revienne à la solution à deux Etats.
Donald Trump et ses amis n’en sont évidemment pas là mais qui sait ? La nécessité finit souvent par faire loi et, en attendant, rien n’interdirait à l’Union européenne de poser les premiers jalons de cette sortie de crise.

 

Pascal Canfin (député)
> Saviez-vous que l’Europe crée plus de startups que les États-Unis ?
Nous n’avons pas de problème à créer des entreprises en Europe — nous avons du mal à les développer. Même nos champions nationaux sont peu connus à l’étranger. Et après avoir conquis leur propre marché, l’étape suivante est trop souvent les États-Unis. L’Europe attire des talents, la « fuite des cerveaux » s’inverse, mais nous ne pouvons pas leur offrir le bon cadre pour innover.
Nous voulons changer cela — et c’est pourquoi la Commission a présenté aujourd’hui EU–Inc.
Concrètement, UE-Inc est un statut d’entreprise européenne unique dans les 27 États membres. Les entrepreneurs peuvent créer leurs startups avec un enregistrement de 48 heures, sans exigence de capital, et accéder au marché unique européen et à ses 450 millions d’habitants.
Mais il y a plus que ça.
- Toutes les proc
édures sont numérisées. Les interminables rencontres en personne avec les notaires ont disparu.
- Les documents ne sont t
éléchargés sur le portail commun quune seule fois et les administrations des 27 États membres les récupéreront directement. Plus de lecture répétée des documents des autorités.
- Il y aura un cadre commun pour offrir des options d
achat dactions aux employés. Ces options dachat dactions ne seront imposées quau point de vente pas avant, car dans certains pays, les employés peuvent être imposés sur des liquidités quils nont pas !
- Le portail vous permettra de mettre
à jour vos informations, mais servira également de site de référence pour les investisseurs, où toutes les informations sont librement accessibles.
- Les investisseurs b
énéficieront également de documents harmonisés et pourront fournir de la liquidité avant les tours de financement, grâce aux instruments SAFE.
- Les proc
édures dinsolvabilité seront accélérées et numérisées pour les petites entreprises.
Des points clés restent à clarifier avec la Commission — sur l’inscription des sociétés et le rôle des tribunaux nationaux spécialisés. En tant que négociateur de Renew du dossier, je devrai être particulièrement prudent sur ces sujets dans le cadre des travaux en cours sur la Savings & Investments Union.
Faisons de EU- Inc un succès et libérons la création de champions européens de la tech !

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Je regrette l’accord de fusion conclu hier à Paris. Je salue la dignité personnelle de Pierre-Yves Bournazel. J’avais explicitement indiqué, lors de mon engagement sur la liste de Pierre-Yves Bournazel en troisième position, que je n’accompagnerais ni ne cautionnerais un tel choix. En cohérence avec mes engagements, je n’ai pas rejoint cette liste de fusion. Je préfère rester fidèle à mes convictions. Avec de nombreux candidats, de très nombreux militants, et des dizaines de milliers d’électeurs parisiens ce 15 mars, nous avons porté un projet clair, d’alternance sérieuse et positive sur le fond, de bienveillance, de clarté et de probité dans la méthode. L’alternance n’est pas un projet en soi, elle doit reposer sur des idées et des valeurs. Je ne retrouve pas ces idées et ces valeurs auprès de Rachida Dati. J’ai la conviction qu’une formation centriste et qu’un groupe central au Conseil de Paris auraient mieux porté nos convictions et notre projet, dans la durée. J’exprime mon respect et mon amitié pour Pierre-Yves Bournazel, dont je connais l’éthique et la sincérité. Je suis fier de l’avoir accompagné, avec beaucoup d’autres, jusqu’au premier tour, dans des circonstances particulièrement difficiles. Dans le 11ème arrondissement, où je me suis engagé aux côtés de Delphine Goater, nous maintenons notre liste au second tour des élections municipales. Le chemin continue !