jeudi 4 juin 2020

Municipales 2020. Second tour: Pourquoi LaREM s’allie plutôt avec la Droite qu’avec la gauche


Pour s’allier, il ne suffit pas de dire qu’on a cette volonté, il faut trouver quelqu’un qui veut bien s’associer avec vous.
Et il n’a échappé à personne que l’ensemble des formations de gauche mènent une opposition dure et sectaire contre la majorité présidentielle allant même jusqu’à voter contre des mesures qu’elle a elle-même mises en avant au Parlement ou qu’elle soutient depuis longtemps.
Si, de l’autre côté de l’échiquier, on est souvent dans la même logique, ce n’est pourtant pas le cas de toute la Droite, loin de là.
Dès lors, il est plus facile de trouver un allié chez des gens qui ne sont pas systématiquement contre vous qu’avec ceux qui ont décidé d’être toujours contre vous.
Donc, pour les municipales où, comme d’habitude, nombre de listes fusionnent pour affronter le second tour pour augmenter leurs chances de l’emporter, LaREM n’a fermé la porte à personne mais les seuls à l’avoir entrouverte étaient généralement à droite alors qu’à gauche on l’a plutôt blindée en y ajoutant, en sus, un nombre incalculable de verrous…
D’ailleurs, dans des cas où une alliance entre LaREM et la Gauche était possible, les états-majors nationaux des formations de cette dernière ont opposé leur véto.
Comme l’explique le délégué général adjoint de LaREM, Pierre Person: «L'impossibilité de nouer des accords avec le PS ou EELV − car ils ne le souhaitent pas − n'est pas une surprise».
De plus, dans ces alliance soi-disant avec la Droite, celle-ci est souvent de centre-droit et de droite modérée, comme à Strasbourg, Toulouse, Tours ou Angers voire d’une droite libérale et sociale qui fait déjà partie de la majorité présidentielle, comme à Bordeaux et avec qui les autres centristes de l’UDI et du MoDem, sont déjà alliés.
En revanche, LaREM a refusé de conclure des accords avec cette droite dure qui flirte avec le Rassemblement national ou ses idées.
C’est le sens de la reprise du soutien aux candidats du maire de Lyon, Gérard Colomb, ce dernier ayant conclu un accord avec Laurent Wauquiez ou l’absence d’accord avec Rachida Dati à Paris.
Dès lors, contrairement à ce qu’affirment la Gauche ainsi que nombre de médias qui mènent une lutte frontale contre Emmanuel Macron, ce n’est pas LaREM qui a refusé de s’allier avec les listes de gauche quand cela était possible mais bien les responsables des formations de gauche qui ont refusé catégoriquement de le faire.
Quant à ceux qui pointent du doigt la fin du «en même temps» macronien, ils font un contresens indigne de leur mission d’information.
Ce «en même temps n’a jamais signifié gouverner avec la Droite et la Gauche mais simplement être «de droite et de gauche» dans sa pratique du pouvoir.