jeudi 7 mai 2020

Propos centristes. France – Spécial guerre contre le coronavirus: les mesures du déconfinement du 11 mai; urgence sanitaire; protection de la culture; rentrée des classes; violences familiales; agriculture; responsabilité des élus…


Voici une sélection, ce 7 mai 2020, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de l’épidémie de coronavirus et de ses conséquences.

● Emmanuel Macron (Président de la République)
- Il nous faut protéger celles et ceux qui font vivre la culture en France : je m’engage à ce que les droits des artistes et techniciens intermittents soient prolongés d’une année au-delà des 6 mois où leur activité aura été impossible ou très dégradée, soit jusqu’à fin août 2021.
- Utilisons cette période où l'école ne rouvre pas de manière habituelle pour faire une révolution de l'accès à la culture et à l'art. On a besoin de ce souffle. Imaginons un été apprenant et culturel.
- Le 11 mai, la rentrée se fera de manière progressive, concertée et dans des classes plus réduites que d’habitude. Mon objectif : que tous les enfants qui ont besoin de revenir à l’école puissent trouver une école ouverte avec un temps aménagé.

● Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Edouard Philippe (Premier ministre)
[Discours sur la préparation de l'étape de déconfinement du 11 mai]
Ce matin, lors du Conseil de Défense, le Président de la République l’a confirmé, au vu des résultats sanitaires enregistrés ces derniers jours, la levée progressive du confinement peut être engagée ce lundi 11 mai. C’est une nouvelle étape dans la lutte contre l’épidémie, une bonne nouvelle pour la France et les Français.
Nous allons donc débuter lundi prochain un processus très progressif, au minimum sur plusieurs semaines, qui va permettre au pays de sortir doucement mais sûrement du
confinement que nous connaissons, en France comme d’ailleurs dans une très grande partie des pays du monde, depuis le 17 mars.
L’esprit dans lequel nous travaillons, vous le connaissez : nous cherchons en permanence le bon équilibre entre l’indispensable reprise de la vie normale, familiale, économique, culturelle, sanitaire et sociale, et l’indispensable respect de toutes les précautions qui empêchent l’épidémie de repartir et qui protègent les Français. C’est un équilibre qu’il nous faut tenir. Ce n’est pas une des priorités qui doit prévaloir sur l’autre, c’est un équilibre. C’est donc un chemin de crête.
Notre méthode, vous la connaissez également. J’ai demandé à M. Jean Castex, qui est à la fois un haut fonctionnaire et le maire d’une commune qui se trouve dans les Pyrénées-Orientales, d’élaborer une stratégie, très concrète, en associant tous les acteurs, les collectivités territoriales, les partenaires sociaux, les scientifiques. Son rapport définitif a été validé ce matin par le Président de la République en Conseil de Défense. Il sera rendu public dans les jours qui viennent. Il est fondé sur une stratégie que j’ai présentée dès le 28 avril dernier à l’Assemblée nationale. D’abord parce qu’il était nécessaire de prendre l’avis du Parlement. Ensuite, parce que présenter tôt cette stratégie permettait de la confronter aux réalités de terrain et aussi de laisser aux acteurs locaux le temps de se préparer au déconfinement.
Nous y sommes. Il y a aujourd’hui une bonne nouvelle et une moins bonne nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que nous sommes en mesure de valider le déconfinement sur l’ensemble du territoire métropolitain. La moins bonne nouvelle, c’est que certains départements ont des résultats moins bons qu’espérés.
La carte de France que va vous présenter le ministre des Solidarités et de la Santé dans quelques instants est très claire : le pays est divisé en deux. Dans la majeure partie du pays, nous avons réussi à freiner la vague épidémique, nous avons retrouvé des marges de manœuvre à l’hôpital et nous sommes prêts pour les tests. C’est ce qu’on appelle les départements verts. S’ils se maintiennent en vert les trois prochaines semaines, nous pourrons, au tout début du mois de juin, envisager une nouvelle étape de déconfinement, avec peut-être l’ouverture des lycées, des cafés, des restaurants, bien sûr dans la mesure où les conditions sanitaires le permettraient.
Dans d’autres départements, le virus circule encore activement, ou l’hôpital reste en forte tension. C’est ce qu’on appelle les départements rouges. Le déconfinement y est possible, avec certaines restrictions : pas d’ouverture des collèges, pas d’ouverture des parcs et jardins.
Dans ces départements rouges, il faut faire mention de deux situations particulières : Mayotte et la région Ile-de-France. À Mayotte, le nombre de cas est faible, mais il est en augmentation. En Ile-de-France, le nombre de cas baisse sûrement, lentement, mais il reste élevé, plus élevé que ce que nous espérions. Voilà pourquoi, dans ces deux territoires, nous allons devoir faire preuve d’une vigilance particulière.
À Mayotte, nous avons décidé de retarder le déconfinement, pour nous donner tous les moyens de maîtriser l’épidémie. En Ile-de-France, compte tenu de la tendance qui reste bien orientée, nous pouvons déconfiner. Mais le fait qu’il reste du virus en circulation, que cette région évidemment est très dense, très peuplée, que les échanges y sont nombreux, nous impose une discipline renforcée. Les ministres vont détailler cette discipline. Je veux pour ma part insister sur deux points.
Dans cette épidémie, nous faisons tout pour protéger les plus vulnérables : les personnes âgées, les personnes malades de pathologies comme l’obésité, le diabète, les insuffisances respiratoires. Nous l’avons dit, le Président de la République l’a précisé, et nous ne reviendrons pas là-dessus : il n’y a aura pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables après le 11 mai, même en Ile-de-France. Mais je veux dire à toutes les personnes qui se savent vulnérables – soit par raison de leur âge, soit à raison des pathologies que je viens d’indiquer, soit parce qu’ils sont âgés et en plus souffrent de ces pathologies : continuez, pour votre sécurité et celle des autres, à observer dans toute la mesure du possible, de façon volontaire, les règles de prudence très strictes qui ressemblent à celles des deux derniers mois. Nous faisons confiance aux personnes qui se savent vulnérables pour se protéger. Il ne s’agit pas d’ordonner, il s’agit de leur dire, de vous dire qu’il vous revient d’être prudents lorsque vous sortez, ou lorsque vous recevez chez vous votre famille ou vos amis, prenez les précautions qui sont nécessaires pour faire en sorte de vous protéger et de protéger les autres.
Le deuxième point important en Ile-de-France sur lequel je veux insister concerne les transports, et notamment les transports en commun. Ils sont essentiels et ils ne seront pas fermés, ils n’ont d’ailleurs jamais fermé. Mais nous allons, au moins les trois premières semaines, imposer des règles très strictes pour éviter qu’ils ne se transforment en vecteur de diffusion de l’épidémie. Je n’exclus pas d’ailleurs que nous décidions des mesures supplémentaires si les mesures de distanciation physique n’étaient pas suffisamment respectées et si la situation ne s’améliorait pas.
Je vous l’ai dit à plusieurs reprises, l’objectif, pas seulement celui du Gouvernement, mais de tous les Français est de faire en sorte que nous puissions vivre avec ce virus. Apprendre à nous en protéger parce que aussi longtemps que nous n’aurons ni vaccins, ni traitements, ni immunité collective, la seule façon de vivre est de nous en protéger, en respectant scrupuleusement l’ensemble des mesures de distanciation physique, d’hygiène, de protection qui sont en permanence rappelées.
Nous sommes le 7 mai. Il nous reste un peu plus de trois jours pour arriver au 11 mai et continuer à nous préparer.
Lundi prochain sera le premier jour d’une phase nouvelle, d’un redémarrage de notre vie sociale. Ce ne sera pas une vie totalement normale – l’ensemble des membres du Gouvernement qui s’est exprimé aujourd’hui l’a dit clairement – mais ce sera le début de cette nouvelle phase. Elle demandera de la part de chacun des Françaises et des Français de la discipline et de la responsabilité, le 11 mai, mais aussi le 12, le 13 et tous les jours suivants… C’est dans la durée que nous réussirons à maîtriser la circulation du virus et l’épidémie.
Je suis confiant sur le fait que nous saurons faire preuve collectivement de cette discipline et de cette responsabilité. Le déconfinement progressif ne doit pas être le signe ou la marque du relâchement de notre vigilance. Nous allons aborder les jours et les semaines qui viennent avec pragmatisme, en continuant tout au long du mois de mai à adapter notre plan aux retours du terrain, à poursuivre le dialogue avec les élus locaux, à apprendre d’éventuelles difficultés qui se feraient sentir.
Je voudrais remercier très chaleureusement très chaleureusement tous ceux qui contribuent à préparer cette journée du 11 mai et cette phase qui va débuter lundi prochain : les maires, bien entendu puisque nous les avons placés au cœur des opérations de déconfinement, les préfets, les entreprises, l’ensemble des élus locaux, les Agences régionales de Santé, les fonctionnaires de l’État : tous ceux qui, à leur place, en fonction de leurs responsabilités, contribuent à nous préparer et à permettre ce déconfinement.
Dans trois semaines, à la fin du mois de mai, nous saurons précisément où nous en sommes. Nous saurons si oui ou non nous avons réussi à contenir l’épidémie. Nous saurons tout cela au rythme des contaminations et des entrées à l’hôpital et en réanimation que nous allons évidemment surveiller avec une immense attention. Si ces chiffres restent bas, nous pourrons nous en féliciter et passer à une nouvelle phase, élargissant nos espaces de liberté dans de nombreux domaines particulièrement importants pour l’été qui vient. Si cela n’est pas le cas, nous en tirerons les conséquences et nous nous adapterons. Je souhaite évidemment à tout prix éviter cette hypothèse mais il ne serait pas sérieux et raisonnable de ne pas l’évoquer.
Lundi je pense que beaucoup de Françaises et de Français serons heureux de retrouver un peu de la liberté qui leur a tant manquée pendant ces longues semaines de confinement, un peu de l’espace qui leur a manqué, un peu de la nature qui leur a manqué lorsqu’ils étaient confinés dans des appartements des grands centres urbains. Je pense que beaucoup de nos concitoyens auront à cœur d’utiliser cette liberté tout en ayant conscience de la nécessité de faire preuve d’une grande vigilance.
L’ensemble des mesures qui ont été présentées, qui seront rappelées dans le plan que j’évoquais tout l’heure et qui sera publié sont des mesures parfois très directives et parfois appellent, dans l'hypothèse où elles ne seraient pas respectées, des sanctions.
Mais comme j’ai eu l'occasion de le dire plusieurs fois, beaucoup plus que la règle, que la possibilité de sanctionner le non-respect à cette règle, c’est l'esprit de la règle qui compte. C’est le fait que nous devons en permanence pour l’équilibre entre la sécurité sanitaire qui est importante et décisive, et la reprise de notre vie. Cet équilibre ne peut être atteint qui si nous nous faisons confiance les uns les autres, si nous avons tous compris ce dont il s’agissait et je veux dire qu’en la matière j’ai confiance.

Christophe Castaner (ministre de l’Intérieur)
- À partir de lundi, la liberté de circulation sera rétablie et on pourra sortir librement dans la rue, sans attestation, quel que soit le département où l’on habite. Des mesures contribuant à limiter la propagation du virus resteront par ailleurs en vigueur. Concernant les trajets les plus longs, la nécessité de limiter la circulation du virus nous impose de fixer une limite de 100 km pour les déplacements, sauf motif professionnel ou familial impérieux. Ils seront calculés à vol d’oiseau à partir du lieu de résidence. Concernant les plages, les lacs et des centres nautiques, la règle générale reste la fermeture. Le préfet pourra toutefois y autoriser l'accès sur demande des maires avec un dispositif et des aménagements suffisants pour garantir la distanciation physique.
- De façon générale, les rassemblements devront rester limités à des groupes de 10 personnes maximum et dans le respect des règles de distanciation physique. À compter du 2 juin, le niveau de ce seuil pourra être réexaminé.
- Le 11 mai sera l’occasion de la reprise de notre vie sociale dans le respect d’un certain nombre de règles. Des lieux culturels de proximité pourront rouvrir, sous condition, mais les cinémas, salles de spectacle et lieux de sport couverts resteront fermés.
- Chaque Français doit pouvoir se procurer un masque dans la perspective du déconfinement : l’État est pleinement mobilisé pour atteindre cet objectif, aux côtés des collectivités locales et des acteurs industriels de notre pays.

Nicole Belloubet (ministre de la justice)
- [Prolongation de l'état d'urgence sanitaire] Il y a dans ce texte toute une série de règles qui sont protectrices des personnes et des citoyens.
- Il n’est pas question de faire une loi d’auto-amnistie, cela est inenvisageable pour la majorité comme le gouvernement. Mais c’est l’amendement du Sénat qui pose cette question. Actuellement, la mise en cause de la responsabilité des décideurs publics et privés pour des délits non intentionnels suppose déjà des conditions strictes pour la déclencher: il faut avoir commis une faute délibérée ou caractérisée, qui sera appréciée au cas par cas par un juge. Je peux comprendre que politiquement, il soit important de rassurer un certain nombre de décideurs, comme les élus locaux ou les chefs d’entreprise, du fait de la situation exceptionnelle. Nous pouvons certes adopter dans cette loi d’urgence un texte qui clarifierait le droit existant et l’adapterait à la situation en mentionnant la nécessaire prise en compte de l’état des connaissances pour apprécier la responsabilité. Mais, par principe, je ne suis pas favorable à une irresponsabilité pénale. Pour les décideurs, publics ou privés, élus ou pas, l’éthique de la décision entraîne une éthique de la responsabilité. L’écriture de ce texte doit donc être ciselée. L’amendement du Sénat supprime la possibilité d’engager, pendant la période d’urgence sanitaire, la responsabilité pénale des élus locaux ou des chefs d’entreprise pour une faute caractérisée. Un professeur de droit pénal reconnu a écrit que le dispositif voté par le Sénat serait une sorte de loi d’amnistie par avance sans précédent en droit pénal français. Par ailleurs, l’amendement du Sénat crée des ruptures d’égalité. On peut ainsi rechercher la responsabilité d’un préfet pour faute caractérisée mais pas celle d’un maire. Enfin, il y a un problème de temporalité puisque le texte s’appuie sur la période de l’état d’urgence plutôt que sur celle de la lutte contre le Covid-19. Ainsi, un directeur d’hôpital du Grand Est qui aura pris une décision le 15 mars ne serait pas soumis au même régime que celui d’une région touchée postérieurement qui aura pris la même décision le 25 mars. Pour ces raisons, une nouvelle rédaction s’impose.
- Il y a une très forte tendance à la contestation juridictionnelle de tout, comme en témoignent les saisines du Conseil d’État sur la totalité des textes du gouvernement. Au-delà, se confondent trop souvent responsabilités politique et juridique. Ce mélange des genres n’est pas le gage d’un fonctionnement harmonieux de la démocratie mais il faut en prendre acte. Ce flux sera traité normalement par les parquets, qui apprécieront l’opportunité des poursuites. Comme sur toutes les affaires, je ne donnerai aucune directive. Je n’ai, par ailleurs, aucun regard sur les plaintes devant la Cour de justice de la République. La justice indépendante saura traiter la réalité de ces plaintes en les inscrivant dans la réalité d’une action conduite dans des circonstances exceptionnelles.
- Certains propos ont été excessifs car toutes les ordonnances visaient à protéger les droits des parties. L’activité des chambres de l’instruction a prouvé que cela a été le cas avec un débat contradictoire. Les prolongations de la détention provisoire reposaient sur la nécessité de faire face à l’organisation des juridictions en temps de confinement. Il était de ma responsabilité d’éviter que des personnes présumées dangereuses puissent être remises en liberté pour des raisons procédurales. Je rappelle que sur 15.000 personnes concernées, près des deux tiers sont impliquées dans des procédures criminelles. L’interprétation de la Chancellerie a été retenue par la quasi-totalité des chambres de l’instruction qui en ont été saisies, et validée par le Conseil d’État. J’attends sereinement ce que dira la Cour de cassation. Cette mesure prendra fin dans un délai raisonnable après le confinement. Philippe Bas, au Sénat, a ainsi présenté un amendement auquel je ne me suis pas opposée et qui est retravaillé à l’Assemblée nationale afin de parvenir à un dispositif cohérent.
- La France a été pionnière en matière de défense des données personnelles. Le RGPD européen a été largement rédigé sous l’impulsion de notre pays. Si cette application est déployée, ce sera dans le respect de ce cadre juridique qui pose plusieurs principes directeurs, en particulier la pseudonymisation des données et le consentement, auxquels s’ajoutent d’autres exigences sur l’accès à ces données ou leur durée de conservation. Il n’y aura pas d’application qui ne respecterait pas ces principes.
- Je réfute le terme «vider les prisons». Nous avons pris des dispositions pour faire en sorte que l’épidémie ne se propage pas en détention. Et nous avons réussi ce pari: seuls 25 détenus ont été testés positifs et 75 sont symptomatiques. Effectivement, nous sommes aujourd’hui à 60.056 détenus contre 72.500 au 16 mars. C’est dû autant à la sortie des fins de peines qu’au ralentissement de l’activité judiciaire. L’activité pénale va reprendre car il faudra faire face à une délinquance de voie publique qui n’existait plus, et avec elle une probable remontée des incarcérations. Mais, je l’espère, pas au même rythme qu’auparavant. Il faut continuer de travailler pour éviter une remontée en flèche. J’ai réuni hier en visioconférence les 200 chefs de cour et de juridiction et j’ai insisté sur la nécessité de travailler en lien avec l’administration pénitentiaire sur un dispositif de régulation carcérale essentiel, fondé sur les dispositions relatives à la nouvelle politique des peines entrées en vigueur le 24 mars 2020.

Florence Parly (ministre des Armées)
- Nous nous préparons activement pour être prêts le 11 mai avec deux règles d’or: préserver la santé de nos personnels et adapter notre organisation pour poursuivre nos missions, l’essentiel de celles-ci n’ayant jamais cessé. Le plan du ministère des Armées s’inscrit strictement dans le cadre fixé par le Premier ministre. Les mesures barrières doivent continuer d’être mises en œuvre, avec notamment des règles de distanciation physique lorsque cela est possible dans les unités. Nous déclinons également des mesures d’organisation pour renforcer le télétravail. Enfin, pour l’ensemble des personnels civils et militaires et leurs familles, le service de santé des armées, en plus de ses nombreuses autres missions, va poursuivre ses téléconsultations. Nous nous préparons aussi à reprendre des activités auxquelles nous avions renoncé. Je pense notamment aux recrutements, qui avaient cessé depuis le mois de mars. Nous allons donc rouvrir les centres de recrutement dès la semaine prochaine. Les armées recrutent chaque année 26.000 personnes. Chaque mois qui passe sans recrutement, c’est l’équivalent d’un régiment de l’armée de Terre qui manque à l’appel ! Une chose à laquelle nous n’avions pas renoncé, en revanche, c’est la poursuite des programmes d’armement. La semaine dernière, nous avons par exemple commencé les essais en mer du sous-marin nucléaire d’attaque de nouvelle génération Suffren. C’est une opération qui a été effectuée dans le respect de règles d’hygiène tout à fait exceptionnelles.
- S’agissant des masques, nous avions déjà instauré leur port obligatoire dans certaines circonstances ou activités. Nous allons pouvoir désormais avoir accès à des masques grand public qui seront distribués largement dans les enceintes du ministère. Au-delà des cas où le port du masque sera obligatoire, comme par exemple dans les transports en commun, l’objectif est que toute personne qui souhaite porter un masque grand public dans le cadre professionnel puisse le faire. Pour les tests, le but est, conformément aux objectifs nationaux, de rompre les chaînes de contamination éventuelles. Toute personne qui présente des symptômes devra se signaler à son supérieur et aura le choix d’être prise en charge par son médecin traitant ou par le service de santé des armées, disponible pour réaliser des tests virologiques, dits « PCR ». Si la personne est malade, elle sera alors placée à l’isolement, à domicile de préférence. Quant aux personnes qui auraient été en contact avec celle identifiée comme malade, elles seront placées en situation de quatorzaine et dépistées de façon systématique. (…) Des masques grand public ont été commandés pour pouvoir en distribuer largement, sachant que nous avons contribué à tester les textiles utilisés pour les confectionner. Le laboratoire NRBC de la direction générale de l’armement (DGA) a testé des milliers d’échantillons soumis par les industriels du textile pour déterminer les capacités de respirabilité, de filtrage et de lavage. Concernant les masques chirurgicaux, le ministère des Armées disposait dès le début de l’épidémie d’un stock stratégique de masques permettant d’équiper le service de santé des armées.
- Les armées ont répondu présent. Nous avons notamment effectué de très nombreuses évacuations sanitaires, y compris vers l’Autriche, l’Allemagne et le Luxembourg. Le service de santé des armées a installé un hôpital de campagne à Mulhouse. Pendant cette crise, nous avons testé des moyens que nous n’avions jusqu’alors jamais mobilisés. Ils ont, je crois, rendu service à tous ceux qui se battaient contre ce virus, les patients comme les soignants. Plus de 2.000 patients Covid-19 ont été hospitalisés dans nos huit hôpitaux militaires, dont 400 en réanimation. L’engagement du service de santé a été absolument remarquable, je tiens à le souligner. L’opération Résilience concerne également la logistique. Nous avons transporté des équipements sanitaires, des masques ou encore des médicaments que nous avons, dans certains cas, sécurisés et stockés sur nos emprises avant leur distribution. Nous avons aussi été amenés à répondre à des demandes émanant des préfets ou des ARS pour approvisionner des Ehpad, par exemple. Ainsi, les armées ont répondu positivement chaque fois qu’elles étaient sollicitées, y compris à des demandes moins habituelles que nous avons, grâce à notre capacité d’adaptation, pu satisfaire. Durant la période du déconfinement, l’opération Résilience fera face à des besoins sans doute un peu différents de ceux auxquels nous avons répondu jusqu’à aujourd’hui, mais nous sommes prêts à faire évoluer notre réponse

Bruno Le Maire (ministre de l’Economie et des Finances)
- Le premier enjeu de la reprise de l'activité économique le 11 mai, c’est la réouverture dans des conditions de sécurité sanitaire maximale de tous les commerces fermés depuis le 15 mars, à l’exception des lieux de convivialité comme les cafés, bars, restaurants.
- 400 000 commerces vont pouvoir rouvrir lundi qui représentent 875 000 emplois. En prenant en compte les entreprises qui n’ont pas été fermées administrativement pendant le confinement, ce sont donc 9 entreprises sur 10 qui seront ouvertes le 11 mai.
- L’État restera aux côtés des entreprises. Pour les TPE fermées administrativement, les charges pour mars, avril, mai sont annulées. Pour toutes les entreprises, le Fonds de solidarité est maintenu en mai et le prêt garanti par l’État jusqu’à la fin de l’année.
- La décarbonation de l’économie française est notre objectif. Échanges très positifs cet après-midi avec le Haut Conseil pour le Climat pour accélérer la transition écologique de notre outil productif.

Elisabeth Borne (ministre de la Transition écologique et solidaire)
- [Déconfinement du 11 Mai] L'objectif du gouvernement en matière de transports est de permettre à ceux qui le doivent de se déplacer, en assurant la protection des usagers et des personnels.
- Les déplacements interrégionaux continueront d'être très fortement limités. Entre 20-30% de l'offre le 11 mai, 40% maximum fin mai, réservation obligatoire, avec modalités adaptées selon le type de train, occupation des trains plafonnée à 50%.
- Gestes barrières dans tous les transports: masques grand public obligatoires (mise à disposition de masques dans les 1ers jours), mise à disposition de gel, distanciation physique avec condamnation de sièges/marquages au sol, désinfection du matériel une fois/jour minimum

Jean-Michel Blanquer (ministre de l’Education)
- Le retour des élèves à l’école primaire commence progressivement à partir du 11 mai. Près de 90% des communes seront prêtes dès la semaine prochaine. 135.000 professeurs accueilleront les élèves. Nous poursuivons le travail au service de tous les élèves de France.
- [Reprise de l'école] L'objectif est social. On commence par l'école primaire car il n'y a pas plus grave en matière de décrochage que celui d'un enfant en école primaire car les choses sont souvent irrattrapables par la suite.

Olivier Véran (ministre de la Solidarité et de la Santé)
Nous allons verser à tous les personnels de tous les EHPAD une prime défiscalisée pour reconnaître et valoriser leur engagement sans faille pendant cette crise, et ce quelque soit leur statut. Elle sera de 1.500 € dans les 33 départements les plus touchés, de 1.000 € ailleurs.

Didier Guillaume (ministre de l’Agriculture)
- Les agriculteurs sont un maillon essentiel de la chaîne productive du pays. C’est important de le souligner car on ne peut pas évoquer le monde d’après, sans parler de la production agricole et de l’efficacité de l’agriculture. Avec cette crise, les consommateurs français se sont rendu compte du rôle joué par le secteur agricole. Deuxième élément : au début de cette terrible crise, nous avons eu des doutes sur le maintien de la chaîne alimentaire. Mais au final les maillons ont tenu, de l’amont et de l’aval, c’est-à-dire la production agricole, l’agroalimentaire et la distribution. En revanche, la logistique et le transport nous ont donné des sueurs froides. Si nos concitoyens ont parfois tendance à montrer du doigt les industries agroalimentaires, les grandes surfaces et les agriculteurs, ils ont compris cette fois-ci que c’est grâce à eux qu’ils ont pu s’alimenter. Et lorsque dans une grande surface, ils remplissent leur caddy de nourriture, c’est parce qu’auparavant des agriculteurs ont travaillé pour la produire. Si l’on veut que tous les citoyens soient bien alimentés, il faudra que tous les modèles d’agriculture existent. Ensuite, sur le modèle d’agriculture, j’ai une position très claire : il n’y a pas un seul modèle. Il ne faut pas opposer le bio et le conventionnel, les circuits longs et les circuits courts, car ça n’a aucun sens. La réflexion est de savoir quels sont les modèles qui, demain, fonctionneront ensemble. Car on a besoin de la grande distribution pour alimenter le plus grand nombre, mais aussi de commerces de proximité, des circuits courts, des marchés paysans, des drives fermiers… Si l’on veut que tous les citoyens soient bien alimentés, il faudra que tous les modèles existent, avec des évolutions évidemment. Mais pour avoir une agriculture diversifiée, il faut aussi que les agriculteurs puissent mieux vivre de leur travail. Or aujourd’hui, ils n’en vivent pas assez bien.
- Quand le président de la République parle de notre souveraineté alimentaire en France et en Europe, il pose la question essentielle de la relocalisation stratégique. L’indépendance agricole ne sera jamais complète. Nous devrons continuer à exporter parce que c’est important (par exemple du vin ou des céréales) et nous importerons encore demain. Car s’il faut pouvoir nourrir tous les Français, cela ne se fera pas exclusivement avec des produits de l’Hexagone. Mais la vraie question à se poser est : « Est-ce que dans certains secteurs nous devons être en autonomie totale ? » Cette crise nous a en effet montré que nous ne pouvions pas continuer à être autant dépendants des importations pour certains produits. (…)Cela va avoir des conséquences énormes sur notre système de production. Dans les 10 ans qui viennent, nous devrons en effet avancer vers l’autonomie protéique en France et donc changer de modèle. Sur les intrants, nous devons également être plus autonomes et gagner en indépendance par exemple pour les produits phytosanitaires, et cela commence à l’échelle de l’exploitation. Il faudra aussi être plus indépendant en volailles : aujourd’hui, 50 % de la volaille consommée en France est importée, particulièrement dans les plats transformés. Autant consommer de la volaille française de bonne qualité que des produits importés du Brésil ou d’ailleurs. C’est un défi pour nos industriels et toute la filière! Pour les fruits et légumes également, notre indépendance est absolument indispensable. Prenons le cas des fraises pour lesquelles nous avons perdu en autonomie. Aujourd’hui, au pic de production, nous assurons 50 % de la consommation des Français. Mais si demain nous décidons d’importer moins de fruits et légumes, et c’est ma position, nous devrons établir de grandes orientations pour ce secteur. Cela veut dire qu’il faudra organiser une grande conférence avec la profession et l’interprofession et fixer des orientations pour donner de la visibilité sur le long terme aux producteurs qui sont capables de changer leurs productions.
- En France et en Europe, les choses iront bien. Mais dans certaines régions du monde, il y a un risque de pénurie. Même avant la crise actuelle, je me faisais beaucoup de souci pour certains pays d’Afrique. Quand le président de la République propose d’annuler la dette des pays africains avec l’ensemble de ses homologues, c’est aussi pour leur permettre d’avoir la capacité de produire de l’alimentation et de contribuer à la sécurité alimentaire mondiale.
- Je ne peux pas dire qu’il n’y aura pas de dégâts dans la filière agricole et agroalimentaire, mais nous ferons en sorte qu’il y en ait le moins possible. L’agriculture est concernée par toutes les mesures transversales mises en place par la France, sans exception. Jusqu’à maintenant nous avons paré au plus pressé. Certains secteurs ont besoin de plus de soutien. Aussi nous sommes en train de travailler sur des plans spécifiques pour la viticulture et l’horticulture. La filière viticole est celle qui me soucie le plus parce que subir le Covid en plus des taxes imposées par les États-Unis, cela fait beaucoup. Elle représente plus de 700 000 emplois. Nous avons tenu une réunion la semaine dernière avec le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, et l’ensemble de la filière viticole et brassicole, pour envisager des annulations de charges ou un étalement sur une durée suffisamment longue. Et nous allons travailler de la même manière pour la filière horticole. Mais les plans spécifiques devront s’appuyer sur la réalité économique de chaque entreprise agricole. C’est pour cela que c’est un peu plus long à se mettre en place.

Franck Riester (ministre de Culture)
- La culture est une part de l'âme de la France.
- Nous sommes pleinement conscients de la crise que traverse le monde de la Culture et des difficultés que connaissent ceux qui en sont l'âme.
- Pourront rouvrir à partir du 11 mai: librairies, disquaires, bibliothèques, médiathèques, galeries d'art, certains musées et monuments. Les artistes pourront également réinvestir les lieux de création, notamment pour répéter. Nous ferons un point d'étape fin mai.
- Cet été sera un été apprenant et culturel. Saisissons-nous de cette opportunité pour réinventer notre manière de faire de l'éducation artistique et culturelle. Nous travaillons à une plateforme de mise en relation des artistes et de l'Education nationale.
- Nos enfants n’ont jamais eu autant besoin d’éducation artistique et culturelle. La période que nous traversons nous offre l’occasion de développer davantage encore ces enseignements indispensables. La culture est pleinement mobilisée pour accompagner la reprise de l’école.
- Dès lundi, de très nombreux libraires vous accueilleront de nouveau dans leurs commerces. Merci à eux. Pour soutenir ce formidable réseau de professionnels passionnés, achetons des livres!

Gérald Darmanin (ministre de l'Action et des Comptes publics)
Les cotisations sociales des entreprises de moins de 10 salariés qui ont dû fermer par décision administrative vont être annulées pour les mois de mars, avril et mai. C'est une mesure massive pour aider les petites entreprises les plus touchées par la crise.

Muriel Pénicaud (ministre du Travail)
- Le dialogue social est essentiel pour organiser la reprise de l’activité et du travail. Pour réussir ce déconfinement, j'appelle toutes les entreprises à réorganiser le travail: télétravail, horaires décalés, conditions sanitaires...
- La santé des salariés n’a jamais été et ne sera jamais une variable d’ajustement. Nous avons créé des outils pour assurer la protection nécessaire des salariés et favoriser la reprise et le retour au travail: un protocole national de déconfinement, plus de 50 guides métiers.
- 12,1 millions de salariés et 998000 entreprises sont aujourd’hui protégés par le chômage partiel. Ce dispositif massif est un filet de sécurité pour les salariés et les entreprises. Il permet le retour au travail, indispensable pour protéger durablement l’emploi, de façon progressive.
- À partir du 11 mai, les centres de formation d’apprentissage et de formation continue pourront rouvrir progressivement en respectant les règles sanitaires. Les compétences sont clés pour l’avenir des jeunes et des salariés, et la réussite des entreprises.

Julien Denormandie (ministre de la Ville et du Logement)
- J'annonce  que nous décalons la fin de la trêve hivernale jusqu'en juillet. Cela signifie que, pendant cette période, il n’y aura pas d’expulsions locatives et que nous poursuivons notre politique de mise à l’abri.
- La réponse à la crise est d'abord sanitaire et économique mais également sociale. Depuis le début du confinement, 20.000 places d'hébergement d'urgence supplémentaires ont été ouvertes. Hier soir, ce sont 180.000 personnes qui ont été mise à l’abri. Et nous continuons.
- [Déconfinement] Pour que cette étape fonctionne, on doit tous respecter les règles jusqu'au bout. On est tous responsable.
- Le secteur de l'immobilier a été durement affecté et je suis sûr qu'il peut être un acteur très fort dans la relance.

Marc Fesneau (ministre des Relations avec le Parlement)
Au fond dans notre pays, concrètement, se met en place une logique de... différenciation. Au service de l’intérêt général et avec la volonté d’adaptation aux réalités locales. Une première que beaucoup devraient saluer.

Sébastien Lecornu (ministre chargé des Collectivités territoriales)
Pour soutenir les collectivités en difficulté face à la crise covid19, nous signons une circulaire autorisant les Préfets à consentir des avances de dotations et de fiscalité, et à plus de souplesse dans l’affectation des dotations d’investissement.

Roxana Maracineanu (ministre des Sports)
De nombreuses manifestations sportives ont été annulées ou reportées en raison de la crise. Les organisateurs auront la possibilité de proposer un avoir à leurs clients de valeur équivalente. Les salles de sport aussi en cas de demande de résiliation.

Adrien Taquet (secrétaire d’Etat à la Protection de l’enfance)
- Je veux saluer les écoutants du 119 qui ont fait preuve d’un engagement extraordinaire pour gérer l’afflux d’appels. Ils font partie des héros de cette crise.
- Depuis le début de cette épidémie COVID19, chacun a fait su montrer une capacité d'adaptation, de souplesse et de résilience. J'ai confiance dans les jours et les semaines qui sont devant nous.
- Doublement du nombre d'appels au 119 ces dernières semaines, +80% d'appels passés par les voisins, +60% par les camarades. S'il est une chose sur laquelle on pourra capitaliser en sortie de crise, c'est ce "réflexe 119" que nous sommes en train de bâtir.

Agnès Pannier-Runacher (secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances)
- Pour l'aéronautique nous lançons un plan de soutien avec 3 objectifs : accélérer la transition écologique/énergétique, donner de l'attention aux sous-traitants et donneurs d'ordres et enfin déployer l'usine du futur pour plus de compétitivité.
- Il faut éviter les phénomènes de « surstockages » : les masques que certains auraient en trop par rapport à leurs besoins, ce sont les masques qui pourraient manquer à d’autres Français pour le déconfinement.

Brune Poirson (secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire)
Des suggestions inspirantes, constructives et importantes de Nicolas Hulot pour l’après. «Il y a un modèle que l’on ne peut pas poursuivre jusqu’à l’absurde». Ensemble, plutôt que les uns contre les autres, nous devons le construire.

Jean-Baptiste Djebbari (secrétaire d’Etat aux Transports)
Un déconfinement réussi, c'est essayer de ne pas avoir de report massif sur l'automobile.

Sibeth Ndiaye (porte-parole)
Toutes les initiatives pour penser le monde d’après sont bienvenues. Ce n'est qu'unis et avec toutes les bonnes volontés que nous changerons notre modèle pour un monde plus juste et plus écologique.

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Richard Ferrand (président de l’Assemblée nationale)
- En confiant au couple Maire-Préfet la faculté de permettre l’accès aux plages, lacs et centres nautiques dans le respect des exigences de sécurité sanitaire, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont décidé de faire confiance aux responsables des territoires. C’est le bon choix.
- [Covid19] Faisons confiance au niveau local, à ceux qui connaissent leur territoire.

Stanislas Guerini (délégué général)
- Nous dessinons une sortie de crise basée sur la prudence, le dialogue et la confiance avec les élus locaux et les Français. C'est la seule voie pour retrouver ensemble des jours meilleurs.
- Le Président de la République a fait des annonces fortes et essentielles pour protéger la culture française et ses acteurs. Avec un engagement clair : la culture sera au centre de la reconstruction de notre pays.
- Intéressante contribution de Nicolas Hulot dont la voix sage nous invite à dessiner les contours d'un monde nouveau. Mettre le social et l'écologie au coeur de la reconstruction après la crise est une conviction partagée.

Gilles Le Gendre (président du groupe à l’Assemblée nationale)
Une intervention très claire et responsable d’Edouard Philippe et du Gouvernement. Le contrat de confiance du déconfinement du 11 mai est posé. Nous serons aux côtés de tous les Français pour réussir cet exercice inédit.

Aurore Bergé (porte-parole)
- Dès ce lundi, la plupart de nos commerces va pouvoir rouvrir. Ce sont autant d'emplois qui vont être à nouveau occupés.
- C'est l'une des annonces du président de la République pour la culture: nous allons faire en sorte que les grandes plateformes contribuent au financement de la création en France. C'était une directive européenne, nous serons les premiers à la transposer.
- Les médias ont continué à jouer un rôle clé dans la crise malgré la chute de leurs recettes publicitaires. Les grandes plateformes ont vu, elles, leurs ressources augmenter: la transposition de la directive SMA les obligera à contribuer au financement de la création.
- La crise doit être une opportunité pour replacer les artistes au coeur de notre société, pour faire entrer la culture durablement dans le quotidien des Français, notamment avec l'éducation artistique et culturelle.
- Ceux qui sont en première ligne dans le monde culturel, ce sont les artistes et techniciens du spectacle, ce sont les artistes auteurs. Aucun d'entre eux ne doit perdre ses droits du fait de la crise.

Yaël Braun-Pivet (députée)
Le déconfinement est d’une complexité infinie. J’ai pourtant une certitude : sa réussite sera fondée sur la confiance mutuelle, le souci de l’autre et la responsabilité de tous, dont celle de notre Parlement d'assumer pleinement ses missions constitutionnelles

●MoDem
Sarah El Hairy (porte-parole)
Je me réjouis de la décision du Gouvernement de verser une aide de 200 euros à 800.000 étudiants en situation de précarité suite à la crise liée au COVID19.

●UDI
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ne sont pas retranscrits]

Jean-Christophe Lagarde (président)
- Nous devons rester prudents : je suis très inquiet pour les plus de 60 ans. J'ai demandé au Premier Ministre que l'Assurance Maladie leur écrive à tous, partout en France, pour leur rappeler que le virus n'est pas vert ou rouge.
- Essayons d'anticiper les problèmes plutôt que de les subir. Pour déterminer les départements à circulation épidémique élevée, il serait logique de tenir compte des observations de la médecine de ville, et pas simplement des urgences!

●Mouvement radical
Laurent Hénart (président)
Le service public qu'est l'école de la République est un fondement de notre pays et doit reprendre son activité.


L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Un plan contre la dictature chinoise est plus que nécessaire


Ce n’est pas depuis l’épidémie de covid19 que je mets en garde contre les ambitions de la dictature chinoise et de son nouveau Mao – statut qu’il revendique ouvertement –, Xi Jinping.
Alors même que la Chine nous a transmis le virus meurtrier, celle-ci tente de capitaliser sur la crise sanitaire en rappelant que l’agenda du Parti communiste chinois (PCC) qui n’a rien de secret, est de faire du pays la première puissance mondiale en 2049 lors du centième anniversaire de la prise du pouvoir par… Mao!
L’impudeur avec laquelle Pékin agit actuellement ne peut se comprendre que par la volonté de profiter de cette crise qui touche particulièrement les Européens et les Américains pour accélérer cette transition historique qui ferait retrouver à la Chine cette première place, celle qu’elle n’aurait jamais du quitter depuis la fin du XIX° siècle et dont les principaux coupables sont… les Européens et les Américains!
Européens et Américains qui, ne l’oublions jamais, ont fait entrer consciemment le loup dans la bergerie en permettant à la Chine du début des années 1980, celle de l’autocrate Deng Xiaoping, de devenir d’abord l’usine du monde, puis le financier du monde et demain la première puissance économique et militaire.
Tout cela pour sauvegarder nos modèles économiques bancals…
Mais ce n’est pas parce que nous sommes coresponsables de la montée en puissance d’une Chine hostile à l’Occident (il suffit de lire la prose du  PCC pour voir avec quelle hargne mais aussi condescendance ses idéologues attaquent les valeurs humanistes et démocratiques qui lui sont rattachées) que nous devons baisser les bras et nous laisser marginaliser et dépouiller sans réagir.
Non seulement parce ce qu’il s’agit de notre développement économique, social et culturel mais également de ce que nous sommes en tant que civilisation et surtout en tant que phare, certes palissant mais toujours vivant, de la liberté dans le monde.
Au-delà de la grossièreté de la propagande chinoise qui ne convainc que ceux qui veulent l’être ou qui sont destinataires des chèques de la «coopération» et de l’«entraide amicale» de l’Empire du milieu qui est, entre autres, en train d’étrangler financièrement les pays africains tout en pillant leurs ressources et leurs terres arables, le PCC profite de la crise pour conquérir des marchés, contrôler des instances internationales et s’attaquer à la démocratie à Hongkong où se produit actuellement une reprise en main et des arrestations d’opposants.
C’est la raison pour laquelle nous devons nous unir, nous Européens, mais aussi, nous occidentaux, mais aussi, nous défenseurs de la liberté et des droits de l’humain, pour contrer les velléités hégémoniques du régime communiste chinois avant qu’il ne soit trop tard.
Il nous faut mettre en œuvre un plan qui nous redonne la capacité d’être maîtres de notre présent et de notre futur, notamment dans le domaine économique mais aussi géopolitique sans oublier la défense intransigeante de nos valeurs si nous ne voulons pas, dans un proche avenir, nous retrouver dans un monde Huxlo-Orwellien que j’ai décrit récemment (lire mon éditorial en question ici).
Oui, nous, les Européens nous devons réagir en espérant être rejoints bientôt par les Américains quand ils se seront débarrassés de Donald Trump, voire des Russes quand ils auront été capables de tourner le dos au régime scélérat de Vladimir Poutine.
Parce que l’arrivée au pouvoir de ces deux populistes que je viens de citer ont été du  pain béni pour le régime communiste chinois.
Deux pantins – dont l’un saborde la puissance de son pays pendant que l’autre se gargarise d’une puissance que son pays ne possède plus depuis longtemps et n’a pas les moyens de récupérer – qui ont permis à l’agenda chinois de s’accélérer.
Parce qu’à Pékin, un mix entre la sagesse traditionnelle chinoise et la réalité d’un pouvoir dictatorial sans partage fait que le temps, loin d’être un ennemi, est le meilleur allié pour parvenir à ses fins comme l’ont rappelé à maintes reprises les autorités communistes.
Nous, occidentaux, nous croyions que nous avions aussi le temps de notre côté et que la menace n’était pas encore trop prégnante, que nous avions encore la possibilité de réagir.
La crise que nous vivons nous dit que c’était une grossière erreur.
A nous de ne pas la transformer en catastrophe sans retour.