mardi 5 septembre 2023

Propos centristes. France – Rentrée scolaire / Laïcité à l’école / Lutte contre l’inflation / La «Françafrique» est morte depuis longtemps / Etiquetage alimentaire / La chasse au loup rouverte? / Difficultés des Restos du cœur…

Voici une sélection, ce 5 septembre 2023, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

Emmanuel Macron (Président de la République)
> La France est l'un des pays d'Europe qui a le moins d'émissions de CO2 par habitant. Notre objectif est de poursuivre l'action et d'arriver à la neutralité carbone d'ici à 2050.

> Depuis 2018, on investit massivement dans le ferroviaire et on agit pour décarboner le secteur aérien. Notre stratégie pour le climat est claire.

> Nous suivons de près l'évolution de l'inflation. Si ma priorité est de baisser les prix, je suis favorable à aider encore davantage les étudiants les plus modestes si l'inflation ne recule pas.

> L'École, ça construit du commun et les citoyens de demain.

> Nous vivons aussi dans notre société avec une minorité, des gens qui, détournant une religion, viennent défier la République et la laïcité (…). Ça a parfois donné le pire. On ne peut pas faire comme s’il n’y avait pas eu d’attentat terroriste et Samuel Paty.

> [Abaya] C’est un sujet où il faut être intraitable et clair et on le sera maintenant.

> Il n’y a pas de place pour les signes religieux à l’école. Elle doit être neutre.

> [Port de l’uniforme à l’école] Je suis favorable à l’approche expérimentation, évaluation. (…) Il y a l’uniforme et il y a aussi la tenue unique. Sans avoir un uniforme, on peut dire «vous vous mettez en jeans, tee-shirt et veste», a-t-il fait valoir. « La question de la tenue unique est à mon avis plus acceptable, peut paraître un peu moins stricte d’un point de vue disciplinaire. Elle règle beaucoup de sujets (…)
Un, la laïcité et deux, un peu l’idée qu’on se fait de la décence, c’est-à-dire on ne veut pas des tenues trop excentriques.

> [Lutte contre le harcèlement, «Grande cause de l’année scolaire 2023-2024»] On est en train de passer une loi qui cet automne va être votée (…) qui va permettre d’éloigner en ligne des cyberharceleurs en les interdisant de réseaux pendant six mois et douze mois en cas de récidive.

> Parce que la honte doit changer de camp, à partir de la rentrée, c’est le harceleur qui sera éloigné et non pas le harcelé.

> Je suis favorable à créer un pass rail sur le modèle existant en Allemagne. Toutes les régions qui sont prêtes à le faire avec l’Etat, banco.

> Les grandes vacances, c’est la pire des inégalités. On va commencer à accueillir dans les quartiers en difficulté dès 2 ans à la maternelle, continuer de dédoubler les grandes sections de maternelle. On va permettre pour tous ceux qui ont des difficultés, je l’espère, d’avoir des prérentrées et de mieux les accompagner en plus des heures de soutien.

> Je veux que dès la sixième de cette année, on commence à avoir des élèves qui plantent des arbres et qu’on ait cette génération où chaque collégien aura planté son arbre.

> Notre objectif, dans les 10 ans, c'est de pouvoir rénover 40.000 à 44.000 écoles.

 

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Elisabeth Borne (Première ministre)
> Pour cette rentrée, j’ai souhaité venir dans une école primaire, en Bretagne, avec le ministre de l’Éducation nationale et la ministre déléguée chargée des Personnes en situation de Handicap. D'abord, pour saluer l’engagement des directeurs d’établissements, des professeurs, de tous les personnels de l’Éducation nationale et puis aussi pour souhaiter une bonne rentrée aux enfants, ainsi qu’aux 12 millions d’élèves qui font leur rentrée aujourd’hui. Évidemment, la rentrée, c’est toujours un moment d’émotion. Ça peut-être aussi un moment de stress, donc, toutes les équipes du ministère de l’Éducation nationale travaillent pour rendre l’école accueillante.
Notre première préoccupation, et ça fait l’objet d’un travail intense depuis des mois, c’est évidemment qu’il y ait un professeur devant chaque classe. Vous savez que cette année, il y a eu plus de candidats au concours. C’est aussi lié à la revalorisation, qui intervient dès cette rentrée, des enseignants, et la rentrée se présente bien, on peut le dire. On va être vigilant, aussi, à ce que tout au long de l’année, toutes les heures, les 15 millions d’heures qui sont aujourd’hui perdues, faute de remplacement, puissent être effectivement remplacées, c'est tout le sens du pacte avec les enseignants qui va se mettre en place à partir de cette rentrée. Cette rentrée, elle est aussi sous le signe de l'attention portée aux savoirs fondamentaux, donc c'est à la fois deux heures de lecture par jour au CP de plus. Enfin, c’est un travail vraiment sur la lecture au CP, c'est l'écriture, CM1, CM2, c'est un renforcement des heures de soutien en maths ou en français, en sixième, aussi, la généralisation du dispositif « Devoirs faits » et c'est une heure et demie de mathématiques au minimum pour tous les élèves, quelle que soit leur spécialité en première. Donc, c'est vraiment le paquet sur les savoirs fondamentaux.
On a aussi un enjeu important de rendre l'école plus accueillante et le premier sujet, c'est déjà que les enfants ne soient pas angoissés par des problèmes de harcèlement, c'est le sens du plan contre le harcèlement qu'on présentera avec le ministre et les autres ministres concernés, d'ici la fin du mois. Et puis, évidemment, avec le ministre de l'Éducation nationale et la ministre chargée des Personnes en situation de Handicap, on veut poursuivre la démarche de l’école inclusive. Donc à nouveau cette année, on pourra accueillir plus d’enfants en situation de handicap. Je crois que c’est 6 500 accompagnants d'élève en situation de handicap (AESH) supplémentaires pour cette rentrée, avec aussi un sujet important, la revalorisation de 10% de la rémunération des AESH, aussi pour pouvoir fidéliser ces AESH, qu’ils accompagnent au mieux les enfants. En tout cas, vraiment, le message c’est : une bonne rentrée à tous les enfants, à tous les enseignants pour cette rentrée 2023.

> [Interdiction de l'abaya] Cela concerne est essentiellement des collèges et des lycées. Ce qu'on peut vous dire, c’est que ce matin de rentrée, les choses se passent bien. Il y a un certain nombre d'établissements où des jeunes filles sont arrivées en abaya. On leur a expliqué que c'était… Voilà, pour rentrer dans le lycée ou dans le collège, on n'acceptait pas ce genre de signes qui manifestent une appartenance religieuse et certaines jeunes filles ont accepté de le retirer. Pour les autres, on va avoir des échanges avec elles, des démarches pédagogiques pour expliquer qu'il y a une loi qui s'applique, qui proscrit le port de tout signe ou tenue par lequel l'élève manifeste une appartenance à une religion, quelle qu'elle soit.
Pour l'instant, il n'y a pas d'incidents, et on va donc continuer toute la journée à être vigilants pour que les élèves comprennent bien le sens de cette règle, dont, je le rappelle, elle s'applique pour tous les signes et tenues qui manifestent une appartenance à une religion, quelle qu'elle soit. Et on sera, effectivement, très vigilant pour que cette loi soit appliquée. (…)
Et on va redire la règle : il y aura de la pédagogie et c'est ce qui va se faire dans ces premiers jours. C'est important. Il y a une loi, elle s'applique. Il y a un cadre, qui est la laïcité, et donc on sera vigilant à ce que ce soit mis en œuvre. (…)
Vous savez, il y a l’abaya. Il y a aussi le français, les mathématiques, le sport à l'école, le soutien Devoirs faits. Je pense que c'est important. C'est tout ça, cette rentrée.

> Une rentrée, c'est 12 millions d'élèves, c'est près de 900 000 professeurs. Il y a forcément toujours des ajustements de dernière minute. Et les services du ministère de l'Éducation nationale ont travaillé ces derniers jours pour assurer qu'on avait bien un enseignant devant chaque classe. Mais vous avez raison, ce qui nous tient aussi à cœur, c'est que chaque absence, de courte durée, soit remplacée. Ça passe par le pacte enseignant. Évidemment, il est trop tôt pour savoir quelle est la proportion d'enseignants qui vont s'engager. Je pense que c'est important et moi, j'ai vraiment confiance dans les enseignants parce que finalement, ce pacte, c'est à la fois reconnaître un certain nombre de missions que certains faisaient, c'est valoriser cet engagement des enseignants et c'est mieux accompagner les élèves. Je pense donc qu'avec le ministre, on est confiant sur le fait que les enseignants vont s'engager dans ce pacte.

> [Nouvelle formation post-bac pour les enseignants] Emmanuel Macron a demandé au ministre de travailler à cette nouvelle modalité. Depuis vendredi dernier, le ministre n'a pas eu totalement le temps d'étudier tout ça en détail. Vous comprenez bien l'esprit, c'est la réflexion qu'on a. C'est évidemment d'avoir un niveau académique suffisant pour les enseignants et puis aussi de reconnaître que c'est un métier, d'être enseignant, qu'il faut aussi former à la pédagogie et donc que cette nouvelle voie, elle peut aussi nous permettre, d'abord, de passer plus de temps sur la formation pédagogique des enseignants et aussi permettre à des jeunes qui viennent d'avoir le bac de s'engager en toute sérénité en étant accompagnés dans leurs études, soutenues dans leurs études. C'est ce à quoi le ministre va travailler.

 

Catherine Colonna (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Niger] La politique de la France est simple. D’une part, nous condamnons toute prise de pouvoir par des putschistes, qui plus est dans un pays comme le Niger, où les institutions démocratiques fonctionnaient. D’autre part, nous appuyons les efforts des pays de la région pour parvenir à un retour à l’ordre constitutionnel. Les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ont formulé un certain nombre de demandes et décidé de sanctions économiques, financières, de la fermeture des frontières, et d’un recours éventuel à une force régionale si les efforts diplomatiques en cours n’étaient pas couronnés de succès. Les seules autorités du Niger que nous reconnaissons, comme l’ensemble de la communauté internationale, sont le président Mohamed Bazoum et son gouvernement. Notre position n’a rien de singulier de ce point de vue.

> L’ambassadeur français à Niamey est notre représentant auprès des autorités légitimes du Niger, accrédité comme tel, et nous n’avons pas à nous ranger aux injonctions d’un ministre qui n’a aucune légitimité, ni pour les pays de la sous-région, ni pour l’Union africaine, ni pour les Nations unies, ni pour la France. C’est ce qui explique le maintien de notre ambassadeur. Nous nous assurons qu’il puisse faire face en toute sécurité aux pressions des putschistes.

> [Troupes françaises au Niger] Il est important de rappeler que ces troupes sont là à la demande des autorités du Niger, pour les appuyer dans la lutte contre les groupes armés terroristes, et pour mener des actions de formation. Aujourd’hui, cette mission ne peut plus être assurée, puisque nous n’avons plus, de facto, d’opérations menées conjointement avec les forces armées nigériennes.

> [Niger] L’auteur principal du coup d’Etat semble d’abord avoir agi pour lui-même, et non à l’instigation de Wagner ou de la Russie. Mais que la Russie, là comme ailleurs, y ait vu un gain d’opportunité possible, je crois que c’est assez clair. Je ne suis pas convaincue que tout le monde, dans le pays, dorme avec un drapeau russe flambant neuf sous son oreiller et le sorte à la première occasion. Il y a une tentation populiste de s’en prendre à la France et de vouloir rallier contre elle. C’est le propre du populisme de trouver un bouc émissaire et d’aller agiter ce genre de prêt-à-porter idéologique.

> Wagner vient de subir un choc considérable avec la mort de ses fondateurs et de certains de ses cadres. Il est néanmoins trop tôt pour savoir quelles en seront toutes les conséquences. Il est probable que ceux qui avaient eu recours à Wagner s’interrogent aujourd’hui, à la fois sur son rôle au sein du système russe – il y a quand même des fragilités dans ce système, c’est le moins qu’on puisse dire – et sur le bilan de Wagner. Ce groupe est d’une inefficacité totale dans la lutte contre le terrorisme et le djihadisme, doublé d’exactions graves, et documentées. Il faut s’attendre à d’autres tentatives de pillage des ressources et de basses œuvres faites pour la Russie, si ce n’est au nom de la Russie.

> Ce n’est pas la France qui fait ou défait les élections, choisit les chefs d’Etat africains ou, a fortiori, mène les coups d’Etat. Au Tchad, nous avons pris acte d’une période de transition, et il faudra évidemment que le processus en cours soit respecté intégralement. Au Niger, des militaires s’en sont pris à celui qu’ils étaient censés protéger, un président dont nul ne conteste qu’il a été élu démocratiquement, et s’employait à moderniser son pays, à le faire progresser, sur les plans économique, social et sécuritaire.

> Au Gabon, le processus électoral suscitait, comme en 2016, un certain nombre de questions. Dans un cas comme dans l’autre, nous agissons avec des principes simples. Le premier est de condamner les coups d’Etat et de trouver une solution démocratique à la crise. Le second, c’est que nous n’avons pas à nous substituer aux organisations régionales, en l’occurrence l’Union africaine et la Ceeac [Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale]. La ligne de la France, c’est d’être à l’écoute des Africains, pas de décider à leur place. La «Françafrique» est morte depuis longtemps.

> Nous sommes intervenus chaque fois en appui des demandes de ces pays. La France est en effet un partenaire de sécurité fiable pour ses partenaires. Elle l’a prouvé au Sahel. Quand nous sommes moins présents, l’insécurité augmente : au Mali, les groupes armés terroristes ont doublé la superficie des territoires qu’ils contrôlent. Au Niger, où nous sommes de facto dans l’impossibilité de mener des actions, les attaques ont augmenté de 600 % en un mois. Forcément, ces groupes profitent du désordre.
Ces crises sont troublantes, préoccupantes, parce que cela donne parfois l’impression d’un retour cinquante ans en arrière. Mais il ne faut pas voir nos relations avec le continent africain sous ce seul prisme. Méfions-nous de l’effet loupe : ce n’est pas parce qu’il y a 3 000 ou 5 000 personnes qui manifestent dans un stade à Niamey, dont une partie est payée, que cela résume nos relations avec 1,5 milliard d’Africains. L’Afrique n’est pas que le Sahel. Nos relations se développent avec des Etats dans lesquels nous étions moins présents, comme le Kenya, l’Afrique du Sud, où je suis allée récemment, l’Ethiopie, où je suis allée aussi.
La refondation de nos liens s’est accélérée depuis six ans, et le chemin a été tracé par le président de la République à Ouagadougou. Il faut veiller à nouer des liens avec l’ensemble des sociétés, les oppositions, la jeunesse, les intellectuels, les sportifs, les artistes, au-delà des gouvernants. En six ans, les partenariats ont été développés, on a augmenté de 50 % notre investissement solidaire. Nous sommes aussi disposés à faire, avec les pays avec lesquels nous avons un passé commun, le travail nécessaire, et qui n’était pas venu assez tôt, sur la mémoire, l’histoire commune, ou des restitutions d’œuvres d’art – à commencer par le Rwanda, l’Algérie, le Cameroun et le Bénin.

> La souveraineté, ceux qui l’ont mise sous le boisseau récemment l’ont plutôt fait au profit de la Chine ou de la Russie. Quand on voit, sur certains panneaux brandis dans des manifestations au Niger, « vive l’indépendance, vive la Russie », il y a une contradiction évidente. La dette chinoise, l’armement russe, pour ne pas dire soviétique dans le cas de quelques pays, voilà les instruments de la dépendance de la part de ces puissances.

> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Si l’on regarde les principes, la Crimée est ukrainienne. On ne peut pas imaginer que la France s’écarte du principe d’intangibilité des frontières. Que la Crimée soit occupée par la Russie ne change pas cette réalité. Sur le plan des faits, ce qui s’est passé en 2008 en Géorgie n’a pas empêché la Russie de poursuivre son œuvre impérialiste.

> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Manifestement, le moment où des négociations de bonne foi pour une paix juste pourraient s’engager n’est pas venu. Le seul pays à en parler, c’est l’Ukraine. Il est remarquable qu’elle continue de le faire alors qu’elle est attaquée, envahie, meurtrie, bombardée jour après jour, y compris sur des objectifs civils, dans une guerre lâche. Le président Zelensky a présenté au G20 de Bali, en Indonésie, en novembre 2022, un plan en dix points qui fait l’objet de leur part, avec notre accompagnement, d’un gros effort d’explication vis-à-vis des pays émergents, qui ne pensent pas spontanément comme eux. C’est aux Ukrainiens de décider quel sera le moment de négocier, cela va de soi. Du côté russe, nous ne voyons aucun signal d’aucune sorte d’une quelconque volonté d’engager des négociations.

> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Les Ukrainiens ont toujours dit qu’ils mèneraient leur contre-offensive sur plusieurs mois, et non en quelques jours ou semaines. Ils disent eux-mêmes que les opérations sont difficiles, car les Russes ont mis en place plusieurs lignes de défense, des mines, et contrôlent le ciel. Néanmoins, les Ukrainiens progressent et ont percé à certains endroits. Avant de porter des jugements, il faut se souvenir que ce sont eux qui se battent, et font le sacrifice de leurs vies.

> [Guerre de Poutine contre l’Ukraine] Je comprends que la situation dans laquelle se trouve l’Ukraine la conduise à avoir une vision extrêmement négative de la Russie. Nous, nous avons une vision négative, non pas de la Russie, mais du comportement de la Russie, de l’agression russe, qui doit être défaite, pour l’Ukraine et pour la paix et la sécurité dans le monde. Si cette agression réussit, une autre agression se produira ailleurs. Cependant, la Russie existe et continuera d’exister. Il se trouve que la réalité, l’histoire, la géographie font que ce pays se trouve en grande partie sur le continent européen. Il faudra bien trouver avec elle le moyen de rebâtir une architecture de sécurité solide prenant en compte les intérêts de stabilité de tous. Ce qui ne veut pas dire faire passer l’Ukraine par pertes et profits ou qu’elle n’entre pas dans l’OTAN. La Russie a rompu ces équilibres sans aucune justification ni raison. Elle a choisi la guerre alors même qu’un processus diplomatique était en cours. L’Ukraine ne menaçait pas la Russie. Et les nazis n’étaient pas au pouvoir à Kiev.

> [Garanties de sécurité promises à Kiev par les pays du G7] Le G7 a été rejoint par vingt pays à ce jour, pour l’essentiel des européens, mais pas seulement. Ce travail est en cours en ce qui nous concerne, avec un premier avant-projet, et de premiers échanges. Il est envisagé de proroger à moyen terme l’aide que nous apportons à l’Ukraine, dans les domaines militaire, mais aussi civil et humanitaire. Il s’agit d’aider l’Ukraine dans la durée, puisque cette guerre peut être appelée à durer. C’est aussi un message adressé à la Russie de notre détermination de rester aux côtés de l’Ukraine, pour qu’elle recouvre sa pleine souveraineté, son indépendance et son intégrité territoriale.

 

Gabriel Attal (ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse)
> A priori, la rentrée cette année s'est passée plutôt dans de meilleures conditions que l'année dernière parce qu'il y avait moins de postes à pourvoir après le concours.

> 12 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école. Ils retrouvent leurs professeurs, leurs personnels de direction, leurs AESH, et l’ensemble des personnels de l’Education Nationale. L’école est une chance. Soyons unis pour notre école. Bonne rentrée à tous !

> [Fournitures scolaires] Des familles pourraient faire des commandes de gros via leur établissement pour faire baisser les prix dès la rentrée prochaine.

> Un élève sur trois qui rentre en 6e a des difficultés de lecture, d'écriture ou de calcul. Je veux un choc des savoirs fondamentaux.

> [Harcèlement scolaire] C'est ma priorité absolue ! (…) C'est ma grande cause. C'est toute la chaîne de l'éducation nationale qui doit être plus réactive. (…) Il faut développer la culture de l'empathie à l'école.

> Grâce à l'engagement des personnels, à la priorité au dialogue, la règle que j’ai fixée sur les abayas et les qamis est respectée depuis ce matin, sans difficulté majeure à signaler. L’École accueille tous ses élèves. Tous. Sans exception. Dans le respect des règles républicaines

> [Abaya] On ne peut pas tergiverser avec la laïcité à l'école, j'assume ma décision. Une jeune fille en abaya ne pourra pas entrer en classe, elle aura un échange avec les équipes pédagogiques qui lui expliqueront la règle. (…) Il n'y a pas de police du vêtement en France.

> Sur les salaires des enseignants, on part de très loin. Mais on a, en cette rentrée, la plus grosse revalorisation dans le ministère de l'Education nationale depuis 20 ou 30 ans

> À chaque fois qu’on se déplace sur le terrain, on rencontre des élus, la communauté éducative de certains établissements qui souhaitent pouvoir expérimenter une tenue scolaire unique. Je ne suis pas certain que ce soit une solution miracle pour régler tous les problèmes, mais en tout cas je pense que ça mérite d’être testé, expérimenté dans des établissements, effectivement, qui sont volontaires. Je présenterai, à l'automne, le cadre dans lequel l'expérimentation pourra se dérouler et dans l'intervalle, j'invite les élus ou les établissements qui souhaitent pouvoir se lancer dans l'expérimentation à prendre l’attache de mes services pour le faire savoir.

 

Sylvie Retailleau (ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche)
> C'est un demi-milliard d'euros que le gouvernement met sur la table pour la vie étudiante en supplément pour cette année, c'est au minimum 37€ par mois de plus pour chacun

> Avec les premiers versements bancaires réalisés, l'augmentation historique des bourses n'est plus une annonce. C'est une réalité concrète !

 

Marc Fesneau (ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire)
> Je l’ai toujours dit : les paroles violentes précèdent les dégradations des biens, lesquelles « préparent » les violences physiques. C’est un enchainement implacable. Lourde responsabilité de ceux qui attisant la haine, libèrent la violence, quand ils ne la justifient pas. Face à l’inacceptable, je tiens à exprimer ma solidarité totale à ce jeune et à sa famille attaqués. Les enquêtes débutent, la justice passera. Et l’Etat sera aux côtés de ceux qui, parce qu’ils nous nourrissent, parce qu’ils subissent tous les jours l’ignorance, la lâcheté et l’intolérance des temps et d’une minorité, sont victimes d’agressions.

> [Danger du loup] Je félicite Ursula von der Leyen pour cette prise de position courageuse et lucide. Cette déclaration dit deux choses :
1) Premièrement, l'espèce concernée est dorénavant protégée, et l'objectif initial de sauvegarde, que je soutiens pleinement, a été réalisé.
2) Elle dit ensuite que la dynamique de population pose désormais le problème du maintien de notre élevage alors que ces activités sont essentielles, y compris pour la préservation de nombreux écosystèmes.
Ce sont maintenant les éleveurs et leurs activités qui sont désormais en danger. Elle confirme la position prise publiquement dès l’été 2022 par le ministère de l’Agriculture.
 ela conforte la stratégie que je défends dans le futur plan loup, à savoir une réévaluation basée sur des données scientifiques du statut de l'espèce en question, tout en tenant compte de manière plus approfondie des enjeux de l'élevage. C’est cela la bonne méthode.
Avancer avec pragmatisme. De nombreux autres défis nous attendent en ce qui concerne la protection d'autres espèces et environnements. Alors, pourquoi ne pas avancer de manière pragmatique et dénuée de dogmatisme ? Nous serons au rendez-vous des engagements pris devant les éleveurs. Ils attendaient depuis très longtemps, aujourd'hui les paroles se concrétisent en acte.

> Mettre fin aux allégations trompeuses sur les étiquetages est une priorité du gouvernement. Nous avons donc travaillé à la rédaction d’un nouveau décret visant l’interdiction d’utiliser pour les denrées alimentaires végétales des dénominations évoquant des denrées alimentaires d’origine animale. C’est un enjeu de transparence et de loyauté qui répond à une attente légitime des consommateurs et des producteurs.
Garder le lien de confiance avec les consommateurs sur l’étiquetage et son intelligibilité est essentiel :
- Dans le domaine animal comme végétal;
- Dans le domaine de l’origine des produits comme dans celui des indications géographique protégée ou des labels.
Cette politique ne sert qu’un objectif : la transparence et la loyauté vis à vis du consommateur.

> Bonne rentrée à toutes et tous ! Moments d’émotions, de découvertes renouvelées, de séparations provisoires … et de retrouvailles. D’inquiétudes de l’inconnu et d’apprentissages. Pour les parents et les enfants, toujours des souvenirs. Merci à toutes celles et ceux qui rendent cela possible et font de l’école le lieu de l’émancipation : les enseignants et toutes les équipes pédagogiques. Merci à l’enseignement agricole de sa pleine mobilisation et de faire vivre ce modèle si unique dont nous pouvons être sincèrement fiers.

> Les associations d’aide alimentaire, dont les Restos du cœur, ont du mal à faire face à la hausse du nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire et aux effets de l’inflation sur leurs équilibres financiers. En complément des moyens d’urgence annoncés par ma collègue Aurore Bergé, nous nous mobilisons au ministère de l’Agriculture pour trouver des solutions.
La chaîne agroalimentaire est solidaire et elle l’a déjà prouvé : les agriculteurs au premier chef. Je la réunirai rapidement, pour dégager collectivement des propositions concrètes permettant d’amplifier l’action commune au service des plus démunis. La lutte contre la précarité alimentaire est un enjeu d’équité, qui figurera dans la future Stratégie Nationale Alimentation Nutrition Climat, afin de garantir l’accès à une alimentation saine et durable pour tous. Les agriculteurs et les acteurs de la filière y prendront toute leur part. C’est-à-dire, la première.

 

Christophe Béchu (ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires)
> Rénover nos écoles pour les adapter à notre ambition environnementale, nous nous y engageons. Avec 500 millions d’euros dès 2024, nous aiderons les collectivités à rénover 40 000 établissements scolaires d’ici 10 ans.
A l’initiative du Président de la République, nous lançons aujourd’hui un plan ambitieux de restauration écologique de nos établissements. L’école est la pierre angulaire de notre République, la première de ses promesses, un bâtiment, qui dans toutes les villes, la symbolise, et où se construit, chaque jour, l’avenir de notre pays.
L’état parfois vieillissant de ce bâti, peu adapté aux réalités climatiques, en fait pourtant, aujourd’hui, pour de nombreuses collectivités, un poids financier, qui ne permet pas d’offrir aux élèves et aux équipes pédagogiques les meilleures conditions pour étudier.
Il s’agit là d’un chantier essentiel, que nous investissons avec détermination, pour permettre aux jeunes Françaises et aux jeunes Français, de grandir en République, dans des écoles plus sobres, plus durables, et plus agréables.

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre de la Transition énergétique)
> [Opinion: «Abaya, cette gauche devrait se couvrir la tête, de honte»]
Le débat qui a suivi l'interdiction courageuse de l'abaya à l'école par mon collègue, Gabriel Attal, a permis de lever le voile. Une grande partie des responsables de gauche, à l'exception notable du Parti communiste et de certains membres du Parti socialiste, ont définitivement abandonné les combats qui ont structuré l'identité de leur courant politique depuis des décennies.
La gauche, celle de l'école gratuite, laïque et universelle, s'est rabougrie au profit d'une nouvelle gauche, incarnée par La France Insoumise. Cette gauche-là, elle, n'a plus d'autre conviction que d'espérer tirer profit d'un vote communautariste.
Cette gauche, descendante de ceux qui ont inventé l'universalisme républicain, fait le choix de l'assignation à résidence en estimant que les musulmans français ne seraient pas en capacité de comprendre le sens d'une interdiction de l'entrée de la religion dans nos écoles, sans y voir une marque de stigmatisation.
Cette gauche, porte-voix autoproclamé des souffrances des professeurs, fait le choix de fermer les yeux sur les trois quarts des enseignants qui soutiennent cette interdiction.
Cette gauche fait aussi le choix de la malhonnêteté intellectuelle en nous disant, aux détours de la même phrase, que l'abaya n'est qu'une robe et non un vêtement religieux, mais que son interdiction serait islamophobe.
Cette gauche fait également le choix d'oublier les propos que tenait son chef de file, Jean-Luc Mélenchon, il n'y a pas si longtemps, avant que la perspective d'une rente électorale ne le fasse changer de discours. Lui qui, parlant du voile, le décrivait comme « dégradant » et comme «une provocation de certains intégristes contre la République». Lui qui demandait même «d'admettre qu'on n'arrive pas à l'école déguisé en Afghan».
Cette gauche fait le choix de trahir les femmes de notre pays. Car l'école cesse d'être un sanctuaire lorsque les jeunes femmes n'ont plus le choix de leur tenue au nom de la religion ou de la «pudeur», et ce, dès le plus jeune âge! Cela signifie que nous assumons de les laisser à la merci de tous ceux qui veulent les invisibiliser.
Cette gauche trahit aussi le mouvement d'émancipation des femmes et le message ébouriffant de courage que nous envoient les Afghanes ou les Iraniennes qui retirent leur habit religieux au péril de leur vie et qui nous hurlent de ne pas céder.
Enfin, cette gauche fait le choix de tourner le dos à notre Histoire, à plus de cent ans de laïcité républicaine, et à la vision d'Aristide Briand. Il définissait la loi de 1905 comme une loi de liberté. La liberté, pour celles et ceux qui croient, de pratiquer librement leur religion tant qu'elle ne fait obstacle à la loi de la République. La loi de la République, justement, est celle qui autorise l'abaya ou le voile à l'université ; mais qui refuse la croix apparente ou la kippa dans nos écoles, collèges et lycées. Pas par antisémitisme ou antichristianisme, mais pour laisser les élèves s'épanouir, apprendre, faire leurs propres choix, choisir de croire ou pas, de pratiquer ou pas. Pour que ces élèves ne voient pas immédiatement dans l'autre, au milieu de la cour de récré, ce que l'habit lui impose de voir.
En somme, cette gauche a fait le choix des renoncements: sur la laïcité, l'école républicaine, l'égalité entre les femmes et les hommes. Elle a fait le choix d'oublier la vision de Victor Hugo, dont elle aime pourtant tant se prévaloir, lui qui déclarait : «en matière d'enseignement, l'État n'est pas et ne peut pas être autre chose que laïque». Mais aussi de rompre avec leurs valeurs, celles des mots de Jean-Jaurès: «Il n'y a pas de maître au-dessus de l'humanité ; Il n'y a pas de maître dans l'humanité».
Je suis donc fière d'appartenir à une autre gauche que cette gauche. Une gauche qui, tout en se référant aux valeurs d'hier, n'a jamais été aussi moderne.
Je suis fière également d'appartenir au gouvernement d'Emmanuel Macron. Un gouvernement qui poursuit les combats de la gauche : la lutte contre l'assignation à résidence identitaire, sociale et ethnique ; la défense d'une école républicaine et émancipatrice ; la croyance dans la science et le progrès ; l'égalité des sexes et le droit des femmes de disposer librement de leur corps.
Fière, mais aussi rassurée que les combats de Jean Jaurès, Léon Blum ou Pierre Mendès France ne soient pas laissés en héritage à cette gauche qui dénonce «la tyrannie du mérite» et soutient l'effacement symbolique des petites filles de l'espace public.

 

 

Aurélien Rousseau (ministre de la Santé et de la Prévention)
> Le problème de la laïcité existe aussi dans nos hôpitaux publics et c'est une préoccupation.

> La France est très en retard sur la prévention du cancer du col de l'utérus.

> Le retour du covid19 n'est pas particulièrement inquiétant. On n'a pas prévu de durcir le protocole mais on se tient prêt à accélérer la vaccination.

 

Aurore Bergé (ministre des Solidarités et des Familles)
> L'inflation touche d'abord les plus fragiles, les familles modestes, les étudiants, les personnes âgées et nos enfants. Nous sommes à leurs côtés pour lutter contre la précarité et aider les associations qui les soutiennent chaque jour. 156 millions d'euros sont ainsi consacrés à l'aide alimentaire en 2023, soit plus qu'un doublement en trois ans, pour soutenir tous les Français qui en ont besoin.

> Le Gouvernement sera toujours aux côtés de toutes les associations, locales et nationales, qui accompagnent les plus vulnérables. Au-delà de notre engagement sans précédent pour les Restos du Cœur qui bénéficient d'un soutien de 15 millions d'euros, les banques alimentaires recevront 11 millions, le Secours populaire 6 millions, la Croix-Rouge 3,8 millions et les épiceries sociales (ANDES) 2,5 millions d'euros. Une mobilisation massive qui se fait également en direction de nos associations locales, au plus près du terrain et main dans la main avec l'ensemble des élus locaux avec 66 millions d’euros de crédits locaux.

> Pour soutenir les Restos du Cœur, nous débloquons 15 millions d'euros. Nous continuerons notre effort sur l'aide alimentaire. Et pour nos enfants, pour nos tout-petits, ce sont 6 millions que nous mobilisons pour aider à acheter des couches, du lait, des petits pots...

> Soyons fiers que nos entreprises réussissent en France, créent de l'emploi et soient solidaires avec les plus fragiles. Merci à la Fondation BNP pour son soutien aux Restos du Cœur. Merci à tous ceux qui s'engagent, citoyens, bénévoles, collectivités.

> L'appel que j'ai lancé hier soir à la solidarité de nos grandes réussites françaises a été entendu. Je remercie Bernard Arnault et sa famille pour leur soutien exceptionnel aux Restos du Cœur de 10 millions d'euros. C'est ensemble, unis, que notre pays est plus fraternel.

 

Bérangère Couillard (ministre déléguée chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les Discriminations)
> L’expérimentation de l’uniforme est intéressante pour sanctuariser l’école laïque et lutter contre le harcèlement scolaire. Je suis favorable à des départements tests plutôt qu’à des quartiers prioritaires. L’uniforme ne doit pas indiquer l’origine sociale ou lieu d’habitation.

> Jean Jaurès disait très justement que : « La loi protège la foi aussi longtemps que la foi ne veut pas faire la loi. » La loi de 2004 est claire. Tous les objets, vêtements qui peuvent manifester de l’appartenance à une religion sont interdits à l’école.

> [Féminicides] Les résultats ne sont pas bons. (…) Le patriarcat est très présent dans notre société, et il faut qu'on arrive à changer les mentalités. (…) Il faut qu'on arrive à faire partir les femmes plus facilement.

 

Jean-Noël Barrot (ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications)
> Depuis cette rentrée scolaire, c'est l'élève qui harcèle qui doit quitter son établissement. Avec le projet de loi numérique que je porterai fin septembre à l'Assemblée nationale, ce sera le cyberharceleur qui devra quitter les réseaux sociaux.

> [Harcèlement scolaire] C'est un fléau contre lequel le gouvernement veut agir. La loi a créé un délit de harcèlement passible d'une peine de prison et d'une lourde amende.

> Des condamnations ont eu lieu ! Dans le cas de cyberharcèlement de personnalités, les harceleurs ont été condamnés à des peines de prison. Derrière un pseudo, on peut être retrouvé !

> Il faut restaurer l'autorité parentale et prendre conscience que les téléphones portables sont des outils conçus par des adultes pour des adultes. C'est pourquoi, dès l'année prochaine, le contrôle parental sera généralisé sur l'ensemble des appareils vendus en France.

> Le projet de loi que je porte prévoit une peine complémentaire de bannissement des réseaux sociaux pour les personnes condamnées pour cyberharcèlement. La responsabilité reviendra aux plateformes

> Nous avons renforcé la surveillance des réseaux sociaux. Désormais les plateformes devront retirer les contenus signalés, auditer leurs algorithmes et corriger les risques d'insécurité publique.

> Retirer des contenus menaçant des policiers, c'est logique ! Tout ce qui est illégal hors ligne doit l'être en ligne ! Mais il faut être vigilants de ne pas porter une atteinte trop forte à la liberté d'expression.

> Je suis très attentivement la mise en œuvre de cet engagement pris notamment à l’occasion de mes rencontres avec les dirigeants de TikTok. Ce n’est qu’un début. Nous restons vigilants et ne relâchons pas l’effort : la protection des données des Français est une priorité.

> À vous qui reprenez le chemin de l'école : bonne rentrée ! À partir de cette année, tous les élèves de 6e pourront bénéficier d'un passeport numérique qui les sensibilisera aux bons réflexes à adopter sur internet et les réseaux sociaux.

 

Olivia Grégoire (ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme)
> Les zones commerciales vous les connaissez bien. Vous y faites l’essentiel de vos achats. Pourtant, leur modèle ne répond plus, pour beaucoup, aux enjeux de notre époque. Il est temps d’engager leur transformation.

 

Carole Grandjean (ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels)
> Pour les 627.100 élèves de la voie professionnelle en cette rentrée, nous mettons en œuvre la réforme des lycées professionnels.
Dès aujourd’hui, pour les lycéens professionnels :
- Un bureau des entreprises
- Une gratification des stages
- Un accompagnement personnalisé avec Ambition Emploi
- Une lutte contre le décrochage renforcée
- Et une possibilité de suivre de nouvelles activités optionnelles.

 

Prisca Thevenot (secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et du Service national universel)
> “L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde.” — Nelson Mandela. L’école de la République est l’une des clés de l’avenir. Nous nous engageons pour la réussite et l’épanouissement de notre jeunesse afin qu’elle devienne actrice de son destin. Bonne rentrée !

 

Sarah El Hairy (secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité)
> Stopper l'effondrement du vivant et inverser la tendance est le défi du siècle. Pour renouer avec le vivant, la participation de la jeunesse sera déterminante pour faire de la France une nation exemplaire pour la biodiversité, et planter plus d’un milliard d’arbres d’ici 2030.

> J’ai rencontré des jeunes qui ont pleinement conscience de l’urgence climatique, de l’effondrement du vivant, des conséquences sur la planète, de l’urgence de la gestion de l’eau et sa raréfaction. Cette génération a lu les rapports du Giec ou ceux de l’IPBES, l’équivalent du Giec pour la biodiversité et les écosystèmes. C’est une génération qui sait que le défi qui nous attend est énorme, c’est le défi du siècle.

> J’ai foi en la capacité de réunir ceux qui veulent construire ensemble. S’il y a un sujet sur lequel on devrait mettre de l’énergie, c’est le vivant, la nature, car ça touche tout le monde. Cette génération, elle attend des actes plus que des grands discours. C’est le sens de la planification écologique voulue par le président de la République. La biodiversité, on ne le dit pas assez, elle souffre du changement climatique.

> Le budget sera présenté fin septembre. Des arbitrages sont en cours. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il s’agira d’un budget historique, en hausse de plus d’un milliard d’euros. Il permettra de financer notre Stratégie nationale de la biodiversité, plan salué par certaines ONG et scientifiques.
Ce sont par exemple 475 millions d’euros supplémentaires pour le plan eau. 300 millions pour réhabiliter les friches, 100 millions pour renaturer, par exemple, les cours d’école. L’artificialisation des sols, rappelons-le, est la première pression qui pèse sur la biodiversité. Sur ce sujet, notre gouvernement a fait des choix ambitieux avec le zéro artificialisation nette d’ici 2050.

> Depuis 2017, nous avons réduit l’usage des produits phytosanitaires de 30 %, interdit le plastique à usage unique, et nous mettons en œuvre le Plan eau pour réduire de 10 % nos prélèvements en eau d’ici 2030. Tout le monde est concerné : citoyens, État, collectivités, industriels et bien sûr les agriculteurs qui sont nos premiers alliés.

 

Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Avec Franck Riester pour préparer la rentrée parlementaire. Je souhaite que cette année législative à l’Assemblée continue de répondre aux attentes et aux préoccupations quotidiennes de nos concitoyens. Notre objectif commun : des débats respectueux et sereins à la hauteur de notre institution et des Français.

> Depuis 37 ans, les restos du cœur accompagnent les plus fragiles au quotidien. Cette mission ne doit ni régresser ni s’arrêter ! Nous pouvons tous contribuer et soutenir l’association par notre engagement et par notre don.

 

Haut-commissariat au Plan
François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate)
> La société française, comme toutes les autres sociétés occidentales, est en perte de repères. Elle se trouve profondément déstabilisée dans sa manière de vivre et dans ses manières de croire en quelque chose qui les réunit, qui réunit les Français. Toutes les sociétés occidentales. Évidemment, c'est encore plus difficile lorsqu'on se trouve devant des chocs culturels, des traditions culturelles, des traditions religieuses, des manières d'être, des manières de vivre, des manières qui donnent le sentiment que plus rien ne sera comme avant. Et plus rien ne sera comme avant, c'est un sentiment que les êtres humains ne peuvent pas supporter. Ils ont besoin de la certitude qu'ils vont pouvoir transmettre quelque chose de ce qu'ils ont reçu, à leur enfant. Et c'est précisément sur ce point qu'il faut les rassurer. Oui, je crois. Mais, à la différence de beaucoup sans doute, je crois que sur cette question d'immigration, quelles que soient les générations, si les personnes travaillent, ça renvoie à l'économie. Si les personnes maîtrisent la langue française, celles qui ne la parlaient pas et celles qui la parlent ou qui devraient la parler de naissance, si j'ose dire… Un grand nombre des violences urbaines, comme on dit. Tous ceux qui ont regardé savent qu'il y a des adolescents ou des jeunes adultes qui sont incapables de traduire ce qu'ils ressentent. Et donc ça fait des violences, c'est de la psychologie élémentaire d'une société dans laquelle on vit. S'il y a la compréhension que les manières de vivre d'un pays font partie intégrante de son équilibre.

> Le très grand travail que nous avons à faire, c'est que tout le monde dans la société française comprenne et mesure que nous avons un patrimoine, que ce patrimoine fait partie intégrante de notre avenir.

> Je ne crois pas que la présence de l'islam en France soit une présence profondément agressive. Il y a des éléments d'agressions, mais on vit très bien. Je suis maire d'une ville dans laquelle, forcément il y a des quartiers comme on dit. Et il y a des communautés différentes et il y a des dizaines de nationalités dans ces quartiers-là, bien sûr. Cependant, on arrive à vivre ensemble. Mais alors ce n'est pas facile.

> Il y a 90 % des musulmans français qui sont bien intégrés à la société française.

> Il y a des réflexes qui consistent à penser perpétuellement que les professeurs ne travaillent pas assez. On entend ça tout le temps. Moi, je voudrais que ceux qui les critiques, comme ça, aille passer quinze jours devant une classe qu'ils mesurent réellement ce qu'est le travail d'investissement : préparation des cours, maîtrise des classes, quand ça commence à bouger, correction des copies, conseils de classe, réception des parents, agression des parents assez souvent… Je voudrais que tous ceux qui le critiquent aillent se confronter à la réalité.

> Le premier métier de l'école, la première mission, sa vocation, c'est la transmission de la culture générale, la transmission des connaissances d'un patrimoine de connaissances et de maîtrise des fondamentaux. Et on croit que c'est distincte de l'éducation civique, du vivre ensemble. C'est la même chose.

> Je suis pour un travail sur la pédagogie partant de la base, des réussites dans chaque classe. On a tous connu des profs formidables. Cependant personne ne sait qu'ils existent. L'administration ne les repère pas et donc il est impossible, ne les ayant pas repérés, de répandre leur savoir-faire, de suivre les méthodes qu'ils ont élaboré eux-mêmes. Et donc, je crois que c'est cela que le président de la République appelle le pédagogisme. Un parti pris de pédagogie, défini d'en haut et défini très souvent idéologiquement.

> La culture générale ne se divise pas. Quand le président parle ou rappelle, parce que ça a été rappelé dans d'autres programmes et y compris sous ma responsabilité, que l'histoire, ça doit s'apprendre avec des repères dans le temps, avec une chronologie. Et de savoir que Louis XIV, ce n'est pas le XIVᵉ siècle et que Louis XV n'est pas le XVᵉ siècle et que simplement on arrive à se repérer dans les générations. Tous ces temps-là sont proches de nous, mais les élèves n'en ont aucune idée. Pour eux, c'est très, très loin. Je suis persuadé qu'on peut trouver des terrains d'entente en partant de la pratique des profs qui réussissent et qui sont nombreux et qui sont désespérés souvent, parce que personne ne voit les efforts qu'ils font. Et au contraire, on continue à les accabler de soupçons qu'ils ne travaillent pas, qu'ils devraient faire beaucoup plus d'heures qu'ils ne font, ce qui n'est pas juste.

> L'instruction, la transmission des connaissances et la transmission des langages, des méthodes, des pratiques. C'est ça l'essentiel et je crois qu'on peut y arriver. C'est une grande différence avec la plupart de ceux qui s'expriment sur l'éducation.

> Le président de la République, c'est quelqu'un qui doit se sentir en charge de l'essentiel. Il doit penser l'avenir. J'espère l'y aider avec le plan à 10 ans, 20 ans, 30 ans… Il doit penser les problèmes de défense, les problèmes de choc géopolitique des grandes entités. Et il doit penser l'éducation parce que c'est la même chose.

>On a pris l'habitude de lier le référendum au sort du président de la République et que c'est donc une question pour ou contre le président de la République. Et au lieu de traiter du fond, j'espère qu'on trouvera des sujets sur lesquels… Je pense par exemple, je l'ai dit je crois à votre micro, que les retraites auraient fait un remarquable sujet de référendum à condition que tout le monde ait été associé à l'information, les citoyens chez eux, et que tout le monde ait été associé à la réflexion sur l'élaboration des textes.

> Les partis politiques sont des corps intermédiaires dont il faut tenir compte, les autres aussi. Les syndicats aussi. Il n'est pas imaginable qu'il y ait une convention sociale sans que les syndicats y soient forcément associés.

 

Partis politiques

● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]
Stéphane Séjourné (Secrétaire général & président du groupe Renew Europe au Parlement européen)
> Pas de sécurité sans effectivité de la réponse pénale. C'est en donnant les moyens de leur action à nos forces de sécurité comme aux magistrats et agents publics de Justice que nous protégeons mieux les Français. Jamais on avait autant investi pour la Justice de la République.

 

Astrid Panosyan-Bouvet (députée)
> [Tribune: «La question des bas salaires va bien au-delà de la rémunération»]
La proposition du président de la République d’une convention sociale sur les bas salaires est une excellente nouvelle. Car ce sont bien les salaires qui sont la clé de voûte de la reconnaissance du travail et de la capacité à se projeter, que ce soit pour le budget quotidien, les à-côtés qui font les petits plaisirs de la vie et, bien sûr, les plus grands projets – logement, études des enfants, voiture – qui nécessitent un crédit bancaire.
Le smic a vocation à être un niveau d’entrée dans la vie active, pas la rémunération d’une carrière complète. Or, le problème des bas salaires est qu’ils s’assimilent à un « plancher collant » – d’après les termes du cercle de réflexion Terra Nova en 2022 –, où les travailleurs se retrouvent coincés pendant des années, voire des décennies. La réalité est surtout que le « smic à vie » va à l’encontre des valeurs d’effort, de mérite et de reconnaissance si essentielles à notre contrat social et républicain. C’est alors une machine à alimenter le ressentiment et le vote pour l’extrême droite.
Le procès en inaction du gouvernement est injuste car les travailleurs les moins bien rémunérés ont été soutenus ces dernières années : boucliers tarifaires énergétiques, «prime Macron», revalorisation des petits traitements de la fonction publique, défiscalisation des heures supplémentaires ou encore accord sur la valeur ajoutée pour faciliter l’accès des salariés à l’intéressement et à la participation dans les PME – pour ne citer que quelques exemples.
Mais aujourd’hui, souvent, seul le smic focalise l’attention du débat public et des propositions politiques. Et c’est bien dommage. D’abord parce qu’une hausse généralisée du smic ne règle pas le problème des temps partiels subis, qui est le plus grand facteur de pauvreté, et des petites retraites associées, en particulier pour les femmes. Ensuite, parce que l’expérience dans les entreprises de plus de dix salariés a montré que, pour une hausse comparable, la revalorisation des grilles salariales des branches était plus efficace que la revalorisation du smic pour faire monter les salaires plus haut et plus fréquemment.
Enfin, pour les travailleurs modestes, le plancher du smic est souvent aussi un plafond. Entre minima conventionnels inférieurs au smic et tassement des grilles salariales de branches, il faut des années, parfois des décennies, à un travailleur pour quitter cette « trappe à bas salaires », en dépit des compétences et de l’expérience acquise. Cela résulte de l’enlisement durable du dialogue social dans certaines branches, où les négociations annuelles obligatoires n’ont pas lieu assez fréquemment ou régulièrement n’aboutissent pas. Ces NAO ont permis en moyenne nationale des hausses de salaires de 4,6 % en 2023 selon une étude du groupe Alpha, mais aujourd’hui près de 10 % des branches ont encore des minima conventionnels inférieurs au smic.
La question des bas salaires va bien au-delà de la rémunération. Elle s’étend à la mobilité professionnelle, à la prévoyance, aux freins non monétaires à l’emploi, mais aussi à l’attractivité des métiers quand on peine à recruter. Quelle peut être, par exemple, la motivation d’une femme aide-ménagère à passer un diplôme d’auxiliaire de vie quand le gain monétaire ne sera que de 7,55 euros brut supplémentaires par mois, comme le prévoit actuellement l’une des conventions collectives régissant ce métier ? Parmi les deux millions de salariés privés de prévoyance contre les accidents de la vie, tous sont non-cadres : ils subissent souvent la double peine des métiers les plus mal payés, les plus pénibles et les plus exposés aux accidents. Enfin, il y a toutes les autres difficultés du quotidien – logement, garde d’enfants, transport – qui grèvent les petits budgets de ceux qui travaillent, quand elles ne sont pas des obstacles majeurs à la recherche d’emploi comme l’a montré une enquête de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du travail en 2022.
Sur quoi cette convention proposée par le président de la République peut-elle déboucher ? Toutes les solutions possibles doivent être envisagées. La prévoyance complémentaire devrait être rendue obligatoire pour tous et pas simplement pour les cadres comme la loi le prévoit depuis 1947. Pour les branches où le dialogue social patine depuis trop longtemps et où les minima conventionnels restent durablement inférieurs au smic, l’Etat pourrait procéder plus systématiquement à des fusions de branches – par exemple après une durée fixe d’un an sans progrès notable – comme il a commencé à le faire depuis 2022.
Pourquoi ne pas examiner aussi l’impact d’une baisse de cotisations salariales pour les petits salaires, et non plus seulement des exonérations de cotisations patronales comme c’est le cas depuis 2003 avec les réformes Fillon ? Il faudrait enfin mettre sur la table le sujet de la conditionnalité des aides aux entreprises pour qu’elles soient davantage fonction de la qualité des bonnes pratiques sociales et salariales. Il nous est souvent répondu qu’il est compliqué de distinguer les entreprises vertueuses au sein même d’une branche. Mais à l’heure du big data et de l’intelligence artificielle, nous devrions quand même pouvoir surmonter ces complexités !
Les solutions ne doivent pas souffrir de difficultés techniques mais au contraire appeler la plus grande volonté politique de tous, tant les enjeux sont grands. L’Assemblée nationale a aussi son rôle à jouer avec la constitution d’un groupe transpartisan sur le travail – à l’image de celui sur les déserts médicaux – qui serait le porte-voix des territoires et qui traiterait en priorité de comment « vivre dignement de son travail ». Celui-ci serait un lieu où l’on ne pense pas nécessairement la même chose mais où l’on peut penser ensemble.
La compétitivité économique ne peut pas aller sans cohésion sociale. Le travail doit payer. Tout simplement. C’est une condition sine qua non de la promesse républicaine. Pour que chacun trouve sa place, puisse se construire une meilleure vie et poursuive sa part de rêve.

 

Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)
Nathalie Loiseau
> En ce jour de rentrée en France, n’oublions pas que nos débats, nos inquiétudes, nos émotions sont peu de chose par rapport à ce que vivent les jeunes Ukrainiens.