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28 mai 2008

Actualités-France

Jean-Arthuis veut un « centre indépendant », ni Mouvement démocrate, ni Nouveau Centre


Jean Arthuis, sénateur de la Mayenne et ancien ministre des finances, plaide pour la création d’un «centre indépendant, assez fort pour nouer ses alliances dans la clarté». L'ombre de la vieille UDF n'en finit pas de planer sur la vie politique française. Après avoir claqué la porte du Mouvement démocrate, début avril, le sénateur centriste de la Mayenne Jean Arthuis, rejoint par 21 autres parlementaires, a annoncé l'organisation, le 29 juin au Sénat, d'un rassemblement des centristes qui ne se retrouvent pour l'instant ni dans le MoDem ni au Nouveau Centre, les deux partis issus de la scission de l'UDF. À cette réunion, «nous convions celles et ceux qui militent et veulent s'engager sous la bannière du centre», écrivent ces parlementaires, dans un communiqué. Sur la trentaine de sénateurs se réclamant du centre, une petite dizaine ont aujourd'hui rejoint officiellement le MoDem de François Bayrou. Et combien lui restent aujourd'hui fidèles ? Dans un premier temps, l'initiative de Jean Arthuis vise à «constituer une plate-forme de réflexions et de propositions d'actions à conduire, tant au plan national que local». Seize sénateurs de l'Union centriste-UDF, dont Nicolas About, président de la commission des affaires sociales, un député (Thierry Benoit) et quatre députés européens (Thierry Cornillet de l'UDF-MoDem, et Jean-Marie Cavada, Claire Gibaud et Jannely Fourtou d'Avenir démocrate) se sont associés à la démarche du sénateur de la Mayenne. Une démarche à laquelle François Bayrou se refuse à donner de l'importance. «Rien de nouveau sous le soleil», résume un proche.

François Bayrou «n'a plus la capacité d'être celui qui rassemble le centre», a déclaré, la semaine dernière dans une conférence de presse, Thierry Cornillet, qui malgré tout reste au MoDem pour tenter en juin de défendre ses positions devant les militants. Début avril, il avait déjà pris quelque peu ses distances avec le président du MoDem et réclamé «un congrès de renaissance de l'UDF». Une idée rejetée d'emblée par le député du Béarn, selon qui «on ne peut pas repartir en arrière». Quant aux ex-UDF ralliés au Nouveau Centre, présidé par le ministre de la Défense, Hervé Morin, «rien ne se fera sans eux, mais tout ne se fera pas autour d'eux», a prévenu Thierry Cornillet. «Nous militons pour un centre indépendant, suffisamment fort pour nouer et assumer ses alliances dans la clarté», poursuit Jean Arthuis, qui a informé le ministre de la Défense de sa démarche. «J'ai eu un échange avec Hervé Morin qui est resté martial. C'est peut-être la fréquentation des militaires», confie le sénateur, pour qui certains élus du Nouveau Centre sont plus ouverts. Selon l'influent président de la commission des finances au Sénat, le but poursuivi doit être de «jeter les bases d'un rassemblement, dont la forme reste à définir, et où tous les centristes trouveront leur place». Il pourrait s'agir «d'un parti» ou «d'une fédération», a indiqué Arthuis, qui se revendique toujours de l'UDF. La semaine dernière, lors d'une réunion avec des militants centristes de son département, il a créé l'«Union centriste UDF de la Mayenne», à l'image de ce qu'il rêve de voir se concrétiser au niveau national. Et dont le risque est d'atomiser encore plus la famille centriste, décidément de plus en plus inaudible.

27 mai 2008

Actualités-Etats-Unis

Présidentielle 2008

Les dirigeants démocrates inquiets d’une possible fracture dans le parti


Tandis que la saison des primaires démocrates s'achève la semaine prochaine, les hauts responsables du parti démocrate entendent faire pression pour mettre rapidement fin au duel fratricide qui oppose les candidats Barack Obama et Hillary Clinton depuis de longs mois, a annoncé jeudi le chef de la majorité du sénat, Harry Reid lors d'un discours à San Francisco. Lui, la présidente de la chambre des représentants Nancy Pelosi et le président du parti Howard Dean vont presser les délégués indécis de choisir leur camp, a-t-il fait savoir. Obama n'est plus qu'à 44 délégués de l'investiture, selon le décompte de l'Associated Press et il devance Clinton de près de 200 délégués. Reid et de nombreux autres démocrates ont exprimé leur crainte qu'une pré-campagne démocrate trop longue n'hypothèque les chances du parti démocrate de remporter la Maison Blanche cet automne. John McCain, lui, est assuré de recevoir l'investiture républicaine depuis le mois de mars. Un peu moins de 200 super-délégués demeurent indécis, dont 64 membres du Congrès. Bien que le sénateur de l'Illinois dispose d'une avance sans appel en terme de délégués acquis, l'ancienne première dame des Etats-Unis menace de faire campagne jusqu'à la convention nationale du parti démocrate en août s'il elle ne s'estime pas satisfaite des résultats d'une réunion du comité du parti ce week-end. Ce comité doit discuter du sort des délégués du Michigan et de Floride, deux Etats qui ont organisé des primaires "hors la loi" l'hiver dernier, en violation des règles du parti démocrate. Dans un entretien accordé à la radio KGO de San Francisco, M. Reid a dit qu'il s'était entretenu depuis mercredi avec Mme Pelosi et M. Dean. "Nous sommes d'accord pour qu'il n'y ait pas de bagarre à la convention. On va demander aux gens de prendre une décision rapidement, la semaine prochaine."

23 mai 2008

Actualités-Etats-Unis

Présidentielle 2008

Barack Obama à la recherche de son vice-président


Barack Obama aurait commencé une opération secrète pour se trouver un candidat à la vice-présidence, selon des responsables démocrates. Ces responsables, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, ont expliqué jeudi que le candidat probable du parti démocrate pour la présidentielle a demandé à Jim Johnson, ancien PDG de la société Fannie Mae, géant de refinancement hypothécaire, de commencer à se pencher sur la question. Ledit Johnson avait déjà fait ce même travail pour les nominés démocrates John Kerry en 2004 et Walter Mondale en 1984. Le sénateur métis de l'Illinois a refusé de reconnaître lui avoir confié cette tâche quand l'Associated Press lui a posé la question. "Je ne l'ai pas embauché (...) Je ne lui verse aucun argent. C'est un ami à moi, je le connais", a dit Barack Obama, avant d'ajouter: "je ne m'exprime pas sur les questions liées à la vice-présidence car je n'ai pas remporté cette nomination". La quête d'un candidat à la vice-présidence se déroule en général dans le plus grand secret. Mais selon les responsables de la campagne d'Obama, cet effort est géré par un cercle particulièrement restreint de conseillers. "Nous ne commentons pas ce processus", a déclaré Bill Burton, porte-parole d'Obama. Et ce, surtout car les primaires démocrates ne sont pas terminées et Hillary Clinton toujours officiellement en lice. Côté démocrate, les options sont multiples, entre Hillary Clinton elle-même, plusieurs gouverneurs, des sénateurs experts en politique étrangère, voire des non-démocrates, comme le maire indépendant de New York Mike Bloomberg.

De son côté, McCain rencontre ce week-end chez lui trois républicains considérés comme des candidats potentiels à la vice-présidence, le gouverneur de Floride Charlie Crist, celui de Louisiane Bobby Jindal, et celui qui fut son rival dans la primaire, l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney. Même si un conseiller de McCain affirme qu'il ne s'agit pas d'une réunion destinée à choisir un 'ticket'.

22 mai 2008

Actualités-Etats-Unis

Présidentielle 2008

Hillary Clinton gagne le Kentucky mais Barack Obama, en gagnant l’Oregon, se rapproche de l’investiture démocrate


Les primaires de mardi ont encore rapproché Barack Obama de l'investiture démocrate, mais sa rivale Hillary Clinton a de nouveau affirmé son intention de rester dans la course jusqu'au bout. Chacun des deux candidats démocrates a largement remporté l'un des États mis en jeu: l'Oregon pour Obama, le Kentucky pour Clinton. À l'issue des votes, le sénateur de l'Illinois se trouve désormais assuré d'obtenir la majorité relative des délégués. Espérant que cette étape marquait le début de la fin d'une lutte acharnée dans le camp démocrate, Obama a déclaré mardi à ses partisans que l'investiture pour l'élection présidentielle américaine était désormais à portée de main. "Nous sommes revenus dans l'Iowa avec une majorité de délégués élus par le peuple américain", a déclaré le sénateur de l'Illinois, revenu dans l'État où il avait remporté sa première primaire, le 3 janvier. "Vous nous avez placé à portée de l'investiture démocrate". Désormais concentré sur le candidat républicain John McCain, le sénateur de l'Illinois a renoué dans son discours avec le thème du changement. Sa campagne contre lui, a-t-il déclaré, représente "toujours la même chose d'un côté, le changement de l'autre. Le passé contre l'avenir".

De son côté, la sénatrice de l'État de New York réaffirmait qu'elle était loin d'avoir renoncé. "Je continuerai à faire valoir notre cause jusqu'à ce que nous ayons un candidat investi, qui qu'elle soit", a-t-elle proclamé dans le Kentucky, ajoutant qu'elle resterait en course jusqu'à la fin des primaires, le 3 juin. "Nous devons choisir le candidat qui sera le mieux placé pour l'emporter en novembre, et celui qui est le mieux préparé à faire face aux énormes défis de cette époque difficile", a poursuivi l'ancienne First Lady.

Après les votes de mardi, il manque encore à Obama quelque 70 délégués pour atteindre le seuil fatidique des 2.025 soutiens, qui lui garantiraient d'être investi en août à la convention du Parti démocrate. Mais Obama espère que les super-délégués - des personnalités du parti et des élus qui voteront aussi à la convention du parti - se rangeront désormais derrière lui. Hillary Clinton espère de son côté recevoir le soutien de ces super-délégués et affirme être la mieux placée pour battre McCain. "Ni le sénateur Obama ni moi n'auront atteint le chiffre magique quand les votes prendront fin le 3 juin", a-t-elle déclaré. "Notre parti sera donc confronté à un choix difficile." Les deux candidats démocrates se rendent désormais en Floride, qui promet d'être un État décisif en novembre. Hillary Clinton espère encore récupérer le bénéfice des primaires qu'elle a remportées dans cet État et dans le Michigan, dont les résultats n'ont pas été validés par la direction du parti. Si Clinton parvient à récupérer ces délégués, son retard sur Obama en serait réduit, mais pas compensé. "Je pars maintenant faire campagne dans le Montana, le Dakota du Sud et Porto Rico, et je continue à me battre pour les électeurs de Floride et du Michigan", a-t-elle assuré à ses partisans. Clinton espère que ses récents succès dans les États où la classe moyenne blanche est fortement représentée, comme le Kentucky où elle l'a emporté avec 35 points d'avance sur Obama, ralentiront le ralliement de super-délégués à la candidature de son rival.

Selon un décompte MSNBC, Obama dispose désormais du soutien de 1.954 délégués contre 1.783 pour Clinton. Le succès du sénateur métis est également financier. Son avance lui a permis de récolter des fonds records, et sa campagne a indiqué disposer de 37,3 millions de dollars en réserve. La campagne d'Hillary Clinton, en revanche, a reconnu 20 millions de dollars de dettes, sans préciser quelles étaient ses réserves financières.

21 mai 2008

Actualités-France

« Rejoignons la jeunesse du monde », le discours d’Hervé Morin, président du Nouveau Centre lors de la clôture du premier congrès du parti


Je voudrais vous dire ma joie, mon bonheur à l’issue de ce moment si singulier, si singulièrement important.

C’était un pari un peu fou de faire venir loin de la capitale autant de militants et de nous retrouver plus de 2000 à Nîmes.

Retournez vous quelques instants - même si ce qui compte est devant nous - pour constater le chemin parcouru. D’un parti constitué sur un coin de table par des parlementaires refusant la dérive de l’UDF, dont la fonction est de devenir le premier parti d’opposition pour servir un destin personnel. D’une formation constituée dans l’urgence, nous avons, contre tous les pronostics, réussi à créer un parti de plus de 7000 militants avec un mouvement de jeunes centristes de près de 1000 militants et des jeunes qui ont une bonne tête plein d’enthousiasme, de volonté – et permettez moi de faire cette incise – je trouve que les jeunes ont un Président formidable, courageux, intelligent, plein d’inventivité et vous voulez que je vous fasse une confidence, je trouve que c’est une formidable marque, un formidable signe – comment dire – de générosité, de tolérance, d’ouverture d’esprit que d’avoir un Président qui a surmonté son handicap – je sais que cela ne se dit pas, mais je voulais le dire aux jeunes, car l’image d’un parti se voulant solidaire, ouvert, généreux, trouve là la plus belle de ses expressions.

Voilà c’est dit !

Nous avons donc aujourd’hui un parti, un siège, rue de Grenelle, un groupe parlementaire, des sénateurs, 2000 élus locaux, des Présidents de Départements ; et nous avons réussi un formidable congrès.

Ce congrès de la refondation et de la renaissance montre que nous avons réussi notre premier défi ; ancrer la renaissance d’un parti du centre et de centre droit indépendant et nous y sommes parvenus à une vitesse éclair : 8 mois, pas même le temps d’une grossesse !
Mais je voudrais revenir sur les raisons plus profondes de notre engagement.

Le monde change et il change vite, très vite. La liberté a gagné et envahi la planète avec ses qualités mais aussi avec ses dérives, on appelle cela la mondialisation.

Le monde change et le pouvoir est en train de changer de rives. Il passe de la rive atlantique à la rive pacifique et à celle de l’océan indien. La domination du monde atlantique s’achève inexorablement ; nous rentrons au moins en concurrence ou sinon assistons à un transfert des équilibres entre les puissances.

Le monde change et pourtant l’organisation du monde ne change pas : l’ONU perd une partie de sa légitimité, faute de se renouveler et de laisser une place aux nouvelles puissances au sein du conseil de sécurité. Les Etats demeurent régis par le principe de la concurrence et de la rivalité alors que la raréfaction des matières premières, la crise alimentaire, l’épuisement de la ressource en eau, la menace liée au réchauffement et au dérèglement climatique, devraient nous amener à repenser l’organisation du monde vers un système coopératif et solidaire.

Le monde change et notre pays demeure rétif à ce bouleversement même si au fond de lui même, de son inconscient, de ses tripes, il sait qu’il faut bouger sinon le déclin inexorable le guette.

Nous sentons bien la société française à fleur de peau. La marche du monde ne l’enthousiasme pas, elle l’angoisse. Oui, je le sais, elle angoisse littéralement une partie de nos compatriotes !

Que nous dit la petite lucarne par où surgit chaque jour l’actualité ?

Mettons-nous à la place de nos compatriotes et regardons.

Elle nous dit ceci : le monde occidental est en perte de vitesse, même les Etats-Unis, notre grand frère, sont à la peine. L’Amérique est surendettée, l’Etat comme sa population, du jamais vu ! Ici en Europe, nous vieillissons, comme jamais et, pour la première fois le christianisme n’est plus, en nombre, la première religion de l’humanité. Le capitalisme triomphe mais en devenant asiatique. La croissance économique a-t-elle disparu ? Non, répondent les spécialistes, elle s’est déplacée, vers la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie et toutes les puissances que l’on dit « émergentes » comme pour mieux nous expliquer que ces pays n’ont pas fini de nous mener la vie dure. Au moins, sommes-nous en paix penserez-vous. Voyez ces images de terroristes, voyez ces scènes d’attentats. Et la guerre, a-t-elle été évoquée aussi spectaculairement depuis un quart de siècle ? Voyez l’Iran promettre de raser Israël, voyez Beyrouth aujourd’hui ! Voyez le Pakistan et l’Afghanistan.

Ce n’est pas seulement le spectacle du monde nouveau qui préoccupe nos compatriotes, mais bien l’expérience qu’ils en font. Car le tourbillon de l’histoire provoque des remous qui nous atteignent chaque jour. Prenons le cas de la ruée vers les matières premières. C’est le phénomène le plus impressionnant si nous ne devions en retenir qu’un seul.

Quand le prix du litre d’essence dépasse 1,40€ et cela implique pour le plus grand nombre une sérieuse révision du mode de vie : aller au travail, amener ses enfants à l’école, rendre visite à sa famille, prendre des vacances. C’est tout cela qui devient chaque jour plus coûteux. Que penser ? Faut-il renoncer à circuler ? Mais quand le pain, le lait ou le beurre deviennent plus chers, faut-il renoncer à se nourrir ? Et quand l’accès à la propriété devient plus difficile, parce que le prix du m2 est aberrant ou parce que les taux d’intérêt sont dissuasifs, faut-il renoncer à devenir propriétaire ? Faut-il renoncer à fonder une famille ?

Voilà non seulement ce que voient mais plus encore ce que vivent nos compatriotes aujourd’hui. Dans ce contexte, quel mot les Français peuvent-ils aimer entendre pour être rassurés ? Quelle idée peut les aider à comprendre ce que devient leur monde, à comprendre ce qui leur arrive, pour entrevoir l’espoir de lendemains meilleurs ? Quelques démagogues promettront le retour à l’Etat omniscient et omnipotent. D’autres, souvent les mêmes, à droite comme à gauche, promettront une nation barricadée, fermée au monde, d’autres encore ne voudront pas mentir mais choisiront de se taire. Alors, qui dira la vérité ? Voilà donc notre ligne d’horizon : dire la vérité, soutenir une politique de la vérité.

La vérité c’est de dire que la France décline tranquillement mais sûrement depuis 25 ans ; la vérité c’est rappeler que nous avons un taux de croissance inférieur à la moyenne des pays européens depuis 25 ans ; la vérité c’est de dire que nos régimes de retraites ne sont pas financés sur le long terme ; la vérité c’est de dire que notre système universitaire et de recherche innove moins, crée moins de brevets ; la vérité c’est de dire que le moteur de l’égalité des chances n’est pas reparti comme il aurait du repartir après la crise des banlieues ; la vérité c’est que notre économie souffre d’un déficit de compétitivité ; la vérité c’est que chaque année 150.000 jeunes sortent du système éducatif en situation d’échec scolaire ; la vérité c’est que notre taux d’emploi des gens de plus de 50 ans est parmi les plus faibles d’Europe et je pourrais continuer comme cela longtemps, trop longtemps.

Mais la vérité c’est que nous avons aussi tout pour réussir ; une main d’œuvre productive et des cadres ingénieux ; un environnement et une situation géographique exceptionnelle, des infrastructures remarquables, des paysages, une histoire, des secteurs économiques où nous sommes parmi les meilleurs sinon les meilleurs.

Mes chers amis, je ne me résigne pas, je ne me résignerai jamais à considérer que notre pays qui a été capable de créer après la seconde guerre mondiale, le TGV, Airbus, les secteurs industriels majeurs où nous sommes parmi les premiers : l’industrie automobile, le nucléaire, le luxe, l’environnement, la sidérurgie, la pharmacie, l’industrie d’armement et bien d’autres secteurs encore. Il n’y a aucune raison qu’un pays qui a su se hisser aussi haut dans la compétition mondiale, avec autant de réussite, ne soit pas capable de relever le gant de la concurrence et de la compétition mondiale. La France serait-elle définitivement en cale sèche ?

Telle est la crise actuelle. Dans un moment historique d’une importance peut-être sans précédent, les Français doutent de leur destin et nous, leurs gouvernants, nous n’avons rien d’autre à leur proposer que des réformes qu’ils jugeront le plus souvent amères. La ligne est ingrate mais il faut la tenir. Et d’ailleurs dire qu’il faut s’adapter, changer, se réformer en l’annonçant et en le disant haut et fort, est de notre responsabilité.

Soyons le parti de la responsabilité, soyons le parti de la modernité !

Au moment où les conservatismes et les corporatismes montent de toute part, soyons le parti du changement, le parti de ceux qui veulent la réforme, la réforme audacieuse mais aussi de la réforme juste.

Le parti de la modernité, du changement mais du changement juste.

Voilà ce que nous devons être aux yeux des Français.

Voilà ce que je vous propose.

Ce n’est pas facile de soutenir l’obligation de changement, à laquelle notre pays est confronté.
Je voudrais vous faire cette observation : « Obligation de changement » : pour être vraie, et employée jusqu’à saturation, la formule n’en est pas moins problématique. Ici, l’idée qui condense le problème est celle d’« obligation » et non celle de « réforme ». Lorsque nous parlons de la réforme, nous ne la présentons pas comme une option, mais comme un mouvement nécessaire. Or, qu’est-ce que la nécessité sinon le contraire de la liberté ? Beaucoup de nos problèmes actuels résident dans la perception de cette obligation. Ce qui est nécessaire ne peut faire l’objet d’un choix. Si la réforme est nécessaire, alors l’idée de « réforme » est opposée à celle de liberté ! Voilà un curieux trajet politique accompli ! Tel est, selon moi, le fond de la difficulté aujourd’hui douloureusement ressentie par nos compatriotes. Ils éprouvent cette absence de choix et ils l’éprouvent comme la perte de leur liberté. Pour bien d’entre eux, la « réforme » est devenue l’autre mot pour dire « régression ». Dîtes « réforme » et nombre de Français traduiront déclin de la solidarité nationale, menace sur les services publics, remise en cause de la sécurité sociale, déremboursement, recul de l’âge de la retraite, etc. Dîtes « réforme » et on pensera « globalisation », c’est-à-dire dérégulation, ouverture à la concurrence, compétition planétaire, délocalisation, hausse des prix, baisse du pouvoir d’achat.

Les temps sont durs pour notre vocabulaire politique. Bien des notions, bien des mots d’hier, porteurs d’un espoir formidable, si clairs, si mobilisateurs, parfois même glorieux, aujourd’hui, semblent devenus menaçants, obscurs, ambigus ou redoutables, pour une majorité de nos compatriotes. Le mot « réforme » n’est pas le seul exemple. Regardez ce qu’est devenu le beau mot d’« individualisme » - c’est-à-dire le droit inaliénable d’être maître et possesseur de sa propre personne. N’est-il pas synonyme d’égoïsme ? Regardez ce qu’est devenue la belle idée « libérale ». N’y voit-on pas cette jungle initiale où l’homme n’est qu’un loup pour l’homme ?

La perversion des mots, le retournement de leur sens est le signe d’une crise de notre conscience politique. C’est le drame de notre époque. Dans notre combat, j’y vois l’un de nos problèmes majeurs. Nous qui voulons assurer la renaissance du centrisme, nous ne devons pas compter sur nos vieilles habitudes conceptuelles.

C’est pourquoi, un parti centriste ne suffit pas : nous voulons un grand parti centriste ! Nîmes 2008 porte cet enjeu. Il faudra forcer un peu notre nature, car, vous le savez, par culture, nous repoussons le dogmatisme dont l’engagement partisan est parfois l’une des expressions. Cela ne nous convient pas. Ce n’est pas nous. Nous, nous sommes pluralistes. Nous, nous sommes ouverts au dialogue, à l’accord. Chez nous, nul ne pense, ni, qu’il est possible, ni, qu’il est désirable de bâtir une société sans compromis. Longtemps nous avons répugné au pur rapport de forces. Nous lui préférions l’équilibre. Mais la politique est un combat.

En 50 ans, sous la Ve république, les centristes ne sont parvenus qu’une seule fois à populariser leurs conceptions. Nous le devons à Valéry Giscard d’Estaing. Permettez-moi aujourd’hui, devant vous, avec vous, de lui rendre hommage, de saluer sa vision et son action. Il a su faire triompher un centrisme de gouvernement, à distance d’une affirmation protestataire. Or, que nous a montré le giscardisme ? Que le centrisme devait être une force politique et pas seulement un mouvement d’idées, une sensibilité. C’est une double leçon. Il n’y a de centrisme qu’indépendant et il n’y a de centrisme qu’organisé. Le parti est la force sans laquelle nos idées ne pèseront jamais. Il faut un grand parti centriste, présent dans tous les combats politiques et notamment électoraux. Ensemble, nous sommes en train de le bâtir ! Le voici, regardez-le : c’est vous !
Que voulons-nous faire, mes chers amis, avec ce parti ? Nous voulons une société libérale ! Ce parti, notre parti, le Nouveau Centre, a vocation à prendre une part croissante au débat public. Sachons dire ce que nous voulons, pourquoi nous nous engageons. Et commençons par l’essentiel : nous voulons une société libérale !
Vous avez remarqué ? Plus personne ne semble oser revendiquer la liberté, de crainte d’être aussitôt qualifié d’ultra-libéral. « Ultra-libéral » ! C’est une sorte d’équivalent du cynisme absolu quand cela ne vaut pas pour fascisme. Voici venu le temps où les mots ne veulent plus rien dire. Prenons-garde à cela, gardons en mémoire les leçons de George Orwell dans 1984. Cette allergie hexagonale aux idées libérales est choquante si l’on considère la grandeur de l’idée de liberté. Elle est préoccupante si l’on considère l’identité politique de notre nation, car elle confine à une forme d’amnésie. Cette allergie hexagonale aux idées libérales n’est pas moins préoccupante si l’on considère la marche du monde, en ce début de XXIe siècle.

Nous militons pour une société libre et juste. N’opposons pas la liberté à la justice. Ne laissons pas cette opposition s’installer dans le débat public. Notre vocation est là : aider la France à s’inscrire dans ce temps présent, à retrouver le rythme de l’histoire, à renouer avec la jeunesse du monde. La France ne saurait rester à l’écart. Notre passion pour la liberté a donné les moments qui comptent parmi les plus glorieux de notre histoire et les pages les plus brillantes de notre tradition philosophique. La liberté semble nous inquiéter alors que nous la revendiquons toujours comme notre identité profonde. Ecoutez : « Liberté, égalité, fraternité », mais « liberté » d’abord vous l’entendez ? Regardez aussi, car nous l’écrivons partout. Alors pourquoi semblons nous tentés de l’abandonner, la liberté, quand notre pays, inquiet, paraît vouloir troquer des sécurités contre des libertés ? Encore des sécurités ! Attention aux précautions extrêmes ! Attention au repli sécuritaire !

Ne cherchez pas ! Elle est là notre utilité. Elle est là notre vocation, à nous centristes : dire que la plus haute de toutes les valeurs est celle qui fait l’homme, celle par laquelle il accomplit son humanité. Dire qu’il n’y pas d’autre voie aujourd’hui dans le monde que les chemins de la liberté. Ne vous laissez pas impressionner par ce climat singulier. Il nous appelle. Car c’est à nous de promouvoir la liberté, la liberté économique, la liberté d’entreprendre, les libertés individuelles. Si nous ne le faisons pas, où sont nos convictions ? Si nous ne le faisons pas, qui le fera ?

Nous, nous revendiquons une liberté multidimensionnelle, car la liberté ne se découpe pas.

A distance de la seule dimension mercantile, nous revendiquons une liberté multidimensionnelle : politique, économique et culturelle, collective et individuelle, morale et spirituelle. Aucune de ces libertés n’est assurée de survivre sans une presse libre et responsable. Cet enracinement libéral commande nos options sur les grands sujets politiques.
Notre libéralisme se fonde sur la suprématie du droit. C’est d’abord le droit et non l’Etat qui doit réguler la société. C’est cela le sens de l’expression « Etat de droit ». C’est la passion de la liberté qui commande de soumettre l’Etat au droit. On est d’ailleurs dans un pays fantastique où l’Etat soumet l’ensemble de la collectivité à des règles, des injonctions toujours plus contraignantes et qui ne se les applique pas à lui-même.

De là découle notre conception libérale des institutions politiques. Elle repose sur la recherche d’un équilibre des forces et des pouvoirs. L’équilibre des forces doit être assuré par un multipartisme bipolarisé. Nous rejetons le bipartisme qui contrevient à l’éclosion de pratiques politiques véritablement démocratiques. L’équilibre des pouvoirs ne peut être garanti que par un renforcement sincère du Parlement, permettant d’assurer, au nom des citoyens et des contribuables, un contrôle efficace et redouté de l’exécutif.

L’acceptation d’une évolution présidentielle du régime ne me gêne pas. Elle me paraît conforme à la logique des institutions et, plus encore, fidèle au souhait de nos compatriotes.

En revanche, la présidentialisation doit s’accompagner d’une révolution parlementaire. C’est pourquoi nous devons revendiquer non seulement un accroissement des pouvoirs du Parlement, je l’ai dit, mais aussi une meilleure représentativité de l’Assemblée nationale par l’introduction d’une dose de proportionnelle. On retrouve ici notre principe de justice, notre attachement au pluralisme, notre refus des hégémonies, notre emprise avec la société civile.

Pour les mêmes raisons, nous nous inscrivons dans la tradition girondine des libertés locales, fidèles à notre inspiration première. La décentralisation fait l’objet de polémiques, souvent injustes, qui cesseront lorsque l’on donnera à chaque échelon des compétences clairement définies et exclusives. Ne laissons pas étouffer le mouvement des libertés locales sous le maquis administratif. Elle est l’une des clés de la réforme de l’Etat. La décentralisation favorise le contrôle des citoyens, accroît la responsabilité des élus, intensifie la démocratie, donne le jour à de véritables espaces publics locaux. Comment ne pas voir dans ce mouvement d’émancipation l’une des réponses aux attentes nouvelles de nos compatriotes, à leurs exigences d’autonomie, de responsabilité, de co-décision ? C’est pourquoi nous défendons la clarification radicale de notre empilement insupportable des collectivités locales qui coûte cher, qui est source de complexité, de lenteur, d’inefficacité de l’action publique.

Nous avons une conception libérale de l’autorité. Pour nous, l’autorité est respectable, et donc efficace, si elle résulte d’une source irréprochable. Nous souhaitons que les règles et les procédures de nomination soient placées sous le contrôle du Parlement. Le pouvoir de nomination aux emplois civils que détient en monopole l’exécutif doit être partagé avec le Parlement. Nous le voulons dans la révision constitutionnelle. D’une manière générale, ce sont les modalités d’organisation des pouvoirs publics qui doivent être révisées afin de garantir effectivement l’impartialité de l’Etat. C’est à cette condition que nous restaurerons la confiance de nos compatriotes dans l’Etat, les instances de régulation et l’ensemble de nos services publics.

Mais comme nous défendons les libertés politiques, nous défendons aussi les libertés économiques et elles passent par un système où nous prélevons moins et pour cela nous devons combattre le poids écrasant de la dette, deuxième budget de l’Etat après l’Education. Et pour cela , nous voulions – dans mon discours c’était écrit à l’indicatif – nous voulions que soit inscrite la règle d’or dans la Constitution – l’obligation pour les gouvernements dans un cycle économique de présenter un budget en équilibre et pas seulement le budget de l’Etat, mais aussi celui de la sécurité sociale et celui des collectivités locales. Ne nous trompons pas, c’est une opération de salut public. C’est une victoire extraordinaire que celle qui nous a été annoncée lorsque le Premier ministre nous a appelé hier après midi pour nous indiquer qu’il était favorable à l’adoption de cet amendement lors du débat constitutionnel de la semaine prochaine.
Ne nous y trompons pas c’est une révolution, c’est l’acte le plus important de la constitution. Dans un pays qui depuis 1975 n’a jamais connu un équilibre budgétaire, que désormais pour tous les gouvernements, quelque soient les alternances, nous soyons obligés de présenter un budget en équilibre : c’est une révolution politique, c’est une révolution économique, mais c’est aussi une révolution majeure pour la réforme de l’Etat. Et soyez sûrs que la combat que nous avons mené, à lui seul légitime notre existence, à lui seul légitime le combat que nous menons, parce que cette réforme là est probablement une des réformes les plus importantes depuis le début du quinquennat, et cette réforme là, c’est à nous que nous la devons.

Nous voulons une société solidaire !

Le libéralisme centriste n’est ni une idéologie ni un dogme. Il exprime un humanisme radical, fondé sur une exigence de justice. Par la liberté, nous visons toujours la justice, c’est-à-dire l’accomplissement de l’humanité. C’est pourquoi nous défendons le projet d’une société solidaire, luttant contre les formes montantes d’inégalité. Aujourd’hui, l’inégalité n’est plus seulement sociale. Elle est aussi territoriale, culturelle, technologique ou générationnelle.

Nous voyons trop souvent fonctionner des mécanismes de discrimination dont sont victimes ici les jeunes, en particulier lorsqu’ils sont issus de familles venues de l’immigration, là les personnes âgées, ici les femmes, là les personnes handicapées. Nous pensons que les injustices fragilisent la société en l’opposant à elle-même. Je soutiens qu’il n’y a pas de politique humaniste sans la volonté de promouvoir vigoureusement l’égalité des chances afin d’assurer à chacun la possibilité de maîtriser son destin.

Au nom de l’idéal de justice, le centrisme veut aussi promouvoir une solidarité de proximité en complément de la solidarité administrative.

Il y a une mauvaise pente qui peut conduire à la déresponsabilisation générale. Si nous nous sentions davantage concernés par l’état de notre société, si nous étions davantage sensibles au destin de ceux qui nous entourent, si nous avions la certitude de pouvoir compter davantage sur nos voisins, les fléaux sociaux ne seraient peut-être pas moins nombreux mais ils seraient moins douloureux, moins dramatiques. C’est là le sens des solidarités intermédiaires que j’appelle de mes vœux. Nous voulons donner à des organisations intermédiaires la capacité de bâtir des solidarités mieux adaptées à chaque communauté humaine : mutualisme, coopération, fondations, syndicats, branches professionnelles.

Elles contribueraient de deux manières à la cohésion sociale : une première fois, en soutenant les plus faibles d’entre nous ; une seconde fois, en nous invitant à manifester une préoccupation pour autrui qui grandit celui qui l’éprouve et soulage celui qui en est le destinataire.

Nous voulons construire une société plus solidaire mais plus responsable. Notre conception de la philosophie solidariste commande de mobiliser l’effort collectif pour soutenir les plus faibles et les plus démunis d’entre nous.

Entre le monde et nous, il y a l’Europe. Nous voulons une France libérale et solidaire, humaniste mais aussi une Europe fraternelle, car l’Europe est notre seconde patrie
Le centrisme, c’est l’Europe. Militants de la première heure, nos aînés ont, plus que les autres, porté le projet historique d’une union entre les peuples du Vieux continent. Nul ne peut contester sans mauvaise foi l’éclatant succès de cette immense entreprise : plus de 60 ans de paix, de démocratie et de prospérité, quoi qu’en disent aujourd’hui quelques esprits ingrats, oublieux de l’histoire, aveugles au travail accompli.

Nous reprenons à notre compte ce précieux héritage Nous voulons aller plus loin, œuvrer au succès d’une Europe pacifique mais puissante, démocratique mais efficace, innovante mais responsable, libérale mais protectrice. Nous voulons en particulier une Europe qui protège davantage ses peuples des effets néfastes de la globalisation. L’Europe de la défense doit donner à notre continent les moyens d’assurer sa propre sécurité face aux nouveaux risques, nombreux et divers.

Mais l’Europe de la défense, c’est aussi de la grande politique. Il s’agit de défendre nos valeurs humanistes, de les promouvoir dans le monde, nous voulons qu’elles se répandent toujours au bénéfice du plus grand nombre et en particulier au bénéfice des plus faibles. L’édification d’une Europe protectrice ne doit pas annoncer un repli sur nous-mêmes. La sécurité est la condition d’une Europe conquérante, à nouveau force agissante dans l’histoire.

C’est parce que nous serons forts face aux périls que nous pourrons mieux promouvoir une politique commune exigeante en matière de diplomatie et de défense, en matière de recherche et d’innovation comme en matière technologique et industrielle, ambitieuse en matière d’environnement, de lutte contre la criminalité et de régulation de l’immigration.

Mais il faut aller au-delà des politiques communes. Il faut aider à l’émergence d’une société civile européenne. J’en appelle à l’affirmation d’une conscience européenne, au déploiement d’une citoyenneté européenne. Accomplissons toutes les promesses du traité de Maastricht. La voie de l’Europe dans le monde n’est pas moins celle des peuples que celle des chancelleries. L’Europe démocratique, l’Europe des valeurs, n’est pas plus celle des Etats que celle des femmes et des hommes libres de notre continent.

La globalisation doit être un humanisme Plus l’Europe sera forte, plus elle sera démocratique et plus nous pèserons sur la globalisation. Plus nous pèserons sur la globalisation et plus nous pourrons espérer une globalisation à visage humain. Ainsi, le centrisme est attaché à la liberté de commerce. Mais le commerce ne saurait convenir à notre philosophie s’il n’est pas régulé par une éthique de la liberté. Nous voulons préserver notre emploi et nos entreprises. Le dumping social n’est pas plus acceptable que le dumping fiscal ou le dumping monétaire. Le progrès des échanges internationaux ne vaut que s’il accompagne et favorise le progrès des conditions de vie de l’humanité.

Face aux défis du nouveau siècle, nous en appelons à un dépassement des relations internationales et des anciennes diplomaties. Nous revendiquons l’invention d’une politique planétaire, visant à la régulation collective des grands problèmes de notre temps, dans une finalité libérale, progressiste plaçant l’homme au centre de tout. Nous en appelons notamment au développement d’un véritable service public global de la solidarité, permettant de faire face aux crises structurelles, telles que l’aide à l’accès aux matières premières alimentaires, à l’eau potable, à la prévention sanitaire et aux soins médicaux, à l’éducation mais aussi aux technologies de l’information. Ce service public global de la solidarité devra réorganiser les modalités de l’action que nous devons déployer dans le cas de crises conjoncturelles, pour dépasser l’aide humanitaire, qui atteint aujourd’hui ses limites. Il devra mettre en place une véritable institution transnationale chargée de venir en aide aux populations et aux régions frappées par une crise ou exposés à un risque particulier.

Revendiquer une politique globale ne signifie pas seulement pour nous la promotion d’une politique planétaire. Il s’agit également de concevoir une nouvelle forme d’action publique adaptée aux exigences du XXIe siècle. La globalisation c’est à la fois considérer l’humanité dans son ensemble et les problèmes dans leur généralité, en tant qu’ils affectent le sort de l’humanité. Ainsi, œuvrer à la paix dans le monde demeure à nos yeux indissociable de l’impératif du développement durable. L’humanisme sera un écologisme ou ne sera pas.

Voilà, où nous en sommes aujourd’hui, nous les centristes. Nous sommes forts. Le déclin, peut-être temporaire, du vote d’extrême droite réaffirme notre rôle pivot. Intellectuellement, jamais nos idées n’ont à ce point été en phase avec la marche du monde. C’est à nous qu’il revient de modérer les emportements idéologiques, à droite comme à gauche, d’œuvrer au consensus national sur les questions essentielles, d’assurer la défense et la promotion des valeurs d’humanisme, de liberté, de responsabilité et de solidarité.

Notre avenir sera radieux si nous réapprenons à vouloir. C’est notre énergie, notre volonté qui nous permettront de devenir le pôle centriste dont le pays a besoin. Cela ne dépend que de nous, que de nous-mêmes.

Hervé Morin
Président du Nouveau Centre

20 mai 2008

Actualités-Etats-Unis

Présidentielle 2008

Barack Obama se comporte en candidat désigné du Parti démocrate


A la veille de primaires démocrates en Oregon et dans le Kentucky, Barack Obama concentre sa campagne sur la perspective de l'élection de novembre, dénonçant notamment la présence de lobbyistes dans l'entourage du républicain John McCain.

Même s'il n'est pas encore formellement assuré d'obtenir l'investiture de ses pairs démocrates, le sénateur de l'Illinois est attendu mardi dans l'Iowa, là-même où sa victoire dans les caucus du 3 janvier a fait décoller sa campagne et convaincu l'Amérique qu'il pouvait l'emporter en novembre. Ces derniers jours, il a multiplié les attaques envers le candidat du parti de l'éléphant. Sa rivale, Hillary Clinton, continue elle son marathon.

A Portland, où près de 75.000 personnes avaient, selon les services de sécurité, répondu à son appel, Barack Obama a fustigé l'équipe de campagne de son adversaire républicain, qui se réclame pourtant le gardien d'une certaine éthique et d'une transparence depuis le début de la saison des primaires. "Ces dernières semaines, John McCain n'a cessé d'avoir des ennuis avec ses principaux conseillers qui sont des lobbyistes, certains travaillant pour des gouvernements étrangers, d'autres pour d'importantes entreprises qui font des affaires à Washington", a dénoncé le sénateur métis, faisant référence en premier lieu à la démission, dimanche, du co-président de l'équipe de campagne républicaine, Thomas Loeffler.

L'hebdomadaire Newsweek a rapporté il y a peu que la société de lobbying de Loeffler avait touché près de 15 millions de dollars de l'Arabie saoudite depuis 2002 et de plusieurs autres millions de sociétés étrangères, notamment d'une entreprise française d'aérospatiale cherchant à obtenir des contrats au Pentagone. En rendant dimanche son tablier, Loeffler est venu s'ajouter à la liste de quatre autres conseillers de McCain ayant démissionné pour des liens présumés ou avérés avec des groupements d'intérêt. "L'équipe de campagne de McCain a mis en place récemment une politique stricte et tous ses membres doivent s'y conformer. Des personnes bien sous tous rapports peuvent avoir des conflits d'intérêts qui demeurent incompatibles", a commenté un porte-parole du camp républicain, Tucker Bounds.

Confiant sur ses chances de décrocher l'investiture lors du congrès démocrate qui se tiendra fin août à Denver, dans le Colorado, Obama a évoqué Clinton au passé composé dans son discours de Portland, la remerciant d'avoir été si combative. "Elle a été une candidate formidable. Elle s'est montrée habile, solide, déterminée, à la faveur d'un travail sans relâche. Elle a mené une campagne extraordinaire", a dit le sénateur de l'Illinois. Pendant ce temps-là, la sénatrice de New York concentrait ses efforts sur les électeurs du Kentucky, où une large victoire lui semble promise mardi, selon les derniers sondages parus ce week-end. "Il ne suffit pas de se montrer et de faire des acclamations. Il faut sortir de chez soi et aller voter. Il faut que vous disiez à tout le monde d'aller voter", a-t-elle lancé à ses partisans, réunis dimanche dans une salle prêtée par l'université Western Kentucky. Plus tard dans la journée, l'ex-First-lady a appelé ses troupes à ne pas se démobiliser, consciente qu'Obama était en tête dans l'Oregon et qu'après les primaires de mardi, il ne lui restera que trois rendez-vous électoraux pour inverser la tendance avant la fin des primaires démocrates, le 3 juin. "Cela risque de ne pas être facile et cela n'arrive pas en le souhaitant ou en le pensant très fort. Ces choses-là viennent lorsque l'on retrousse ses manches et que l'on se met au travail", a-t-elle dit.

Actualités-France

Lors de son congrès, les radicaux de gauche se divisent sur l’ouverture aux radicaux valoisiens


Le Parti radical de gauche (PRG), réuni en Congrès à Paris samedi et dimanche, a reconduit à sa tête Jean-Michel Baylet, chef du parti depuis douze ans, mais derrière ce consensus se cachent de vives divergences entre partisans et adversaires d'une ouverture au centre. Les quelque 400 délégués du PRG ont voté, à la quasi-unanimité -avec une abstention et trois votes contre- pour la reconduction du sénateur du Tarn-et-Garonne, 61 ans, seul candidat en lice. Allié, depuis sa fondation en 1972, du PS, au point d'être taxé de "satellite", le PRG a aujourd'hui des états d'âme après la défaite en 2007 de la candidate socialiste Ségolène Royal, qu'il soutenait dès le premier tour, et le score de François Bayrou qu'il voit sur ses plates-bandes. Pour les élections européennes de 2009, M. Baylet - qui a initié depuis un an un dialogue avec le Parti radical valoisien de Jean-Louis Borloo- a estimé "possible" une alliance avec ce parti et le Mouvement démocrate de Bayrou. "Alliance des 3 B - Baylet-Bayrou-Borloo"- préconisent des militants. Le débat n'est pas tranché et reporté à une Convention. "Les enjeux des scrutins étant différents, les alliances devraient l'être aussi", résume Elisabeth Boyer, secrétaire nationale. Aux européennes, le PRG, partisan d'une Europe fédérale, ne peut s'allier aux "nonistes" du PCF ou du PS, argue-t-elle. En revanche, aux régionales de 2010 et à la présidentielle de 2012, il reviendrait au bercail de la gauche.

Habituellement souple et consensuel, M. Baylet n'a pas hésité à lever la voix contre les "procureurs de l'immobilisme" dans son parti, qui lui ont reproché l'ouverture au centre. "Je n'autoriserai personne de m'interdire de dialoguer avec qui que ce soit". Au PRG, "il est interdit d'interdire!", a-t-il lancé reprenant un slogan de mai 68. Thierry Braillard, maire-adjoint de Lyon, n'avait pas mâché ses mots samedi en s'y opposant: "la discussion avec les Valoisiens était troublante et troublée. Il faut clôturer un débat polluant qui n'aurait jamais dû naître", "l'avenir du PRG est à gauche". Reflétant les réticences de nombre de militants -notamment de la Fédération de Paris, fidèle à l'alliance à gauche- Claudette Brunet Lechenault, conseillère générale de Saône-et-Loire, a martelé: "je ne veux pas que mon parti fasse alliance avec un parti qui a des membres au gouvernement de Nicolas Sarkozy". De son côté, M. Baylet a réaffirmé l'appartenance du PRG au camp de la gauche: "Nous voulons être et nous sommes à gauche", il faut "rechercher encore et toujours l'union de la gauche, à laquelle il faut une doctrine adaptée au siècle. Je mènerai combat pour l'union", s'est-il engagé.

L'identité du parti était aussi au centre des préoccupations: "notre territoire se rétrécit, se rabougrit", souligne le vice-président Thierry Jeantet, rappelant "le positionnement de Jean-Louis Borloo qui veut un Grenelle du radicalisme", de François Bayrou qui "marche sur nos plates-bandes" et du PS qui "revêt le manteau du radicalisme" en prônant "réforme et laïcité". L'ancien président Jean-François Hory est appelé à la rescousse pour mener une réflexion doctrinale. Quant à l'offre de service de Bernard Tapie pour 2008, elle a été balayée par M. Baylet qui a rappelé qu'il "n'est plus membre du PRG" depuis son ralliement à Nicolas Sarkozy. Ne dérogeant pas à la mode en vogue à gauche -au PS, au PCF, à la LCR- le changement du nom du parti a été évoqué mais finalement les militants se sont dits "attachés à l'intitulé radical, lié aux valeurs historiques de notre parti", a souligné Elisabeth Boyer.

19 mai 2008

Actualités-France

Lors de son congrès, le Nouveau Centre revendique une autonomie critique


Près d'un an après sa création, le Nouveau Centre se pose en seul héritier de l'UDF face au Mouvement démocrate de François Bayrou et revendique une autonomie critique envers l'UMP. Créé à la suite de l'élection présidentielle par les UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, le "NC", qui pourrait changer de nom dans les prochains mois, a tenu à Nîmes (Gard) son congrès fondateur en présence de quelque 1.500 personnes. Le ministre de la Défense Hervé Morin a été confirmé au poste de président par 87% des voix, contre 13% à Mireille Benedetti, adjointe au maire de La Ciotat. Le député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) Jean-Christophe Lagarde, figure montante du parti, est nommé président exécutif et Yvan Lachaud, député du Gard, secrétaire général. Le mouvement, qui compte 7.000 adhérents et 2.000 élus locaux, s'est doté de quatre présidents délégués : André Santini, Christian Blanc, Valérie Létard, François Sauvadet.

"Nous sommes aujourd'hui la seule famille centriste organisée. Nous sommes forts!", a lancé Hervé Morin lors de son discours de clôture, sans citer François Bayrou, dont la "destinée solitaire" a été de nouveau flétrie par certains intervenants. "C'est aujourd'hui au centre que se joue la vie politique française. C'est à nous qu'il revient de modérer les emportements idéologiques, à droite comme à gauche", a-t-il souligné, appelant les militants à "renverser et soulever des montagnes". Jean-Christophe Lagarde s'est fait plus incisif, affirmant la volonté du parti, qui compte 22 députés, de gommer son image de "godillot" au sein de la majorité.

"Alliés, ça ne veut pas dire couchés", a lancé le député. "Nous n'avons pas à rester un allié mineur. Notre famille politique a vocation à avoir de l'ambition, notre famille politique n'a pas vocation à rester toujours second", a-t-il insisté. "Nous disons à l'UMP que nous sommes des alliés ambitieux (...) avec la force d'envoyer un des nôtres à la présidence, à l'Elysée", a-t-il dit sous les applaudissements.

Pour preuve, les responsables du Nouveau Centre se sont prévalus de l'accord de l'Elysée à l'une de leurs revendications pour la réforme des institutions : l'inscription dans la Constitution de l'équilibre des finances publiques. Une concession de taille de Nicolas Sarkozy à ses alliés centristes. "C'est une révolution", a estimé Hervé Morin. "Nous sommes le second de la majorité et nous montrons que noua avons la possibilité de peser sur elle", a renchéri Jean-Christophe Lagarde.

Pour François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée, le NC "n'est pas un parti de circonstance". "Il s'inscrit dans une longue histoire du Centre dont nous sommes les héritiers", a-t-il dit à la tribune. "Pour nous, le Centre, ce n'est pas une nostalgie", a-t-il dit. "Le Centre est de retour!", s'est réjoui André Santini, secrétaire d'Etat à la Fonction publique.

18 mai 2008

Actualités-France

Hervé Morin élu président du Nouveau Centre avec Jean-Christophe Lagarde en président exécutif


Le Nouveau Centre a pris forme officiellement à Nîmes samedi, sous la présidence du ministre de la Défense Hervé Morin, avec pour ambition de reprendre la place qui était celle de l'UDF en rassemblant "le centre et le centre droit". Près d'un an après avoir été lancé par les députés UDF qui ont fait le choix de soutenir Nicolas Sarkozy, refusant de suivre François Bayrou dans la création du Mouvement démocrate, le Nouveau Centre est désormais en mesure d'être "le pôle attractif" qui va attirer "toutes les particules centristes", s'est félicité M. Morin. Parmi les cadeaux de naissance apportés au nouveau parti, M. Morin a annoncé le soutien du gouvernement à un amendement Nouveau Centre inscrivant dans la Constitution la "règle d'or": l'obligation pour le gouvernement de présenter un budget de l'Etat en équilibre de fonctionnement, et un budget de la Sécurité sociale en équilibre. "Le Premier ministre nous a appelés hier pour nous dire qu'il était favorable à l'adoption" de cet amendement, a déclaré M. Morin, juste après la proclamation des résultats lui donnant la présidence du parti par 87% des voix. Interrogé par l'AFP sur un soutien de M. Sarkozy à un tel amendement, l'Elysée a répondu qu'"il faut laisser le débat parlementaire débuter mardi". Mais les ex-amis de François Bayrou ne doutent pas de leur succès, qui prouve, selon eux, l'efficacité de leur démarche d'alliance avec l'UMP.

Avec cette réforme, "on verra que cela sert à quelque chose d'avoir sauvé un groupe parlementaire" par l'alliance avec l'UMP aux législatives "plutôt que de revenir comme Bayrou avec trois ou quatre députés", a déclaré le député-maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde, président exécutif du parti. Et tant pis si au passage le Nouveau Centre cède sur sa revendication d'instiller une dose de proportionnelle aux législatives, autre revendication phare de l'ancienne UDF qu'avait reprise le Nouveau Centre. "Avec 22 députés Nouveau Centre contre 316 députés à l'UMP, on a fromage ou dessert, mais pas fromage et dessert", a estimé Maurice Leroy, intronisé porte-parole du parti.

Plusieurs personnalités centristes ont fait le déplacement à Nîmes pour saluer le nouveau parti, sans pour autant le rejoindre dès maintenant, comme Jean-Marie Cavada, le député Thierry Benoit, élu sous l'étiquette UDF MoDem mais aujourd'hui en froid avec François Bayrou, ou le secrétaire d'Etat Eric Besson. Le Nouveau Centre, qui compte 22 députés, convoite surtout pour l'instant le ralliement de sénateurs centristes, dont la plupart n'ont pas voulu choisir leur camp entre le MoDem de François Bayrou et le Nouveau Centre. "Si nous arrivons à fédérer autour de nous les forces centristes, en laissant à ceux qui veulent le faire le temps de nous rejoindre, nous pourrons constituer le deuxième pôle de la majorité" au Sénat après les élections sénatoriales de septembre, a déclaré le sénateur Jean-Léonce Dupont. Hervé Morin a lui agité le bâton, menaçant de présenter des candidats face aux sénateurs centristes qui refuseraient le rassemblement autour de son parti. Le Nouveau Centre a du toutefois repousser à septembre une étape clef de sa stratégie de rassemblement des centristes: un changement de nom pour le parti. Un nouveau nom ("Solid", pour Social, libéral, démocrate) avait bien été trouvé. Mais le Nouveau Centre a décidé de se donner jusqu'à septembre pour réfléchir et tester cette idée, jugée "trop ébouriffante" par certains.

17 mai 2008

Actualités-France

Jean-Arthuis fonde l’Union centriste UDF de la Mayenne


Sénateur centriste de la Mayenne et ancien ministre de l’Economie, Jean Arthuis et son collègue centriste François Zocchetto avaient déjà pris leurs distances avec les orientations de François Bayrou à qui ils demandaient de ressusciter l’UDF que celui-ci a « mis en sommeil » au profit de sa nouvelle formation, le Mouvement démocrate. Ils viennent d'enfoncer le clou à l'issue d'une réunion d'une centaine d'élus et militants de l'UDF et du Mouvement démocrate de la Mayenne. Ainsi, 70 des 98 votants ont créé l’Union centriste-UDF de la Mayenne. "Cette initiative mayennaise, commentent les deux sénateurs, s’inscrit dans une démarche conduite au plan national pour jeter les bases d’un rassemblement où tous les centristes trouveraient leur place". C'est ainsi qu'une première réunion se tiendra à Paris dimanche 29 juin. Y sont conviés tous "les centristes de cœur et de conviction" à seule fin "de rassembler les membres d'une famille politique aujourd’hui éclatée".

16 mai 2008

Actualités-France

Le Nouveau Centre tient son premier congrès à Nîmes.


Le Nouveau Centre tient son premier congrès à Nîmes aujourd’hui et demain. Ce congrès devrait aboutir à un changement de nom ainsi que de logo. «Si notre proposition est acceptée» a déclaré Hervé Morin dans un entretien au Figaro qui est candidat à sa propre succession à la présidence du parti centriste membre de la majorité présidentielle et qui compte quatre membres dans le gouvernement de François Fillion. En effet, la candidature de Mireille Benedetti, conseillère régionale PACA, au poste ne le menace guère. Les militants trancheront (près de 3 000 personnes sont attendues à Nîmes). «C'est le moment de la renaissance et de la refondation, explique l'élu normand. L'acte I est achevé : en moins d'un an, nous avons créé ce parti» affirme Hervé Morin.

L'étrange destin du Nouveau Centre s'est noué sur un coin de table, l'année dernière, entre les deux tours de la présidentielle. Alors que François Bayrou débat avec Ségolène Royal et que le candidat centriste à la présidentielle annonce qu'il ne votera pas «pour Sarkozy», plusieurs députés UDF font savoir qu'ils se rallient au candidat de l'UMP. Président du groupe à l'Assemblée, Hervé Morin est à la manœuvre : «François Bayrou s'est lancé dans une démarche solitaire absolue, contraire à l'idée même de la politique et de la société, se remémore-t-il. Il fallait que nous réagissions.»

Un mois à peine sépare l'élection de Sarkozy du premier tour des législatives. L'urgence est de créer une étiquette et un embryon de parti, ce sera le Nouveau Centre. Et les anciens amis, restés fidèles à Bayrou ne sont pas là pour faciliter les choses : «A leurs yeux, nous étions les traîtres, les ralliés. Selon eux, nous n'avions qu'une seule motivation, sauver nos circonscriptions.» Au lendemain du second tour, la formation issue de la scission de l'UDF n'a plus de siège et pas de fichiers d'adhérents ni de ressources financières propres mais le Nouveau Centre gagne trois portefeuilles au gouvernement (quatre depuis le remaniement de mars) et, contrairement au MoDem, dispose d'un groupe parlementaire.

Les scènes suivantes de l'acte I du Nouveau Centre sont celles de la reconstruction : «Nous avons aujourd'hui 7 000 adhérents alors que l'UDF en comptait 22 000 en 2007, calcule Hervé Morin. Un tiers en si peu de temps, c'est déjà une belle prouesse». La mise sur pied de fédérations quadrillant le territoire français est, elle, presque achevée. Et le parti revendique aujourd'hui plus de 2 500 élus locaux. Lors des municipales et des cantonales, le Nouveau Centre parviendra à limiter la casse qui frappe la majorité. Malgré la perte de Blois et du conseil général de la Somme, les centristes conservent leurs principaux bastions et parviennent même à apporter deux des quatre maigres conquêtes de la droite parmi les villes de plus de 20 000 habitants : Agen et Châtellerault. Et alors que le PS s'y voyait déjà vainqueur, François Sauvadet parvient à se faire élire à la présidence du conseil général de Côte-d'Or.

«Nous manquons encore de visibilité politique», explique Hervé Morin pour qualifier l’expérience du Nouveau Centre. D'où l'importance de «revendiquer et réinvestir l'héritage de l'UDF». C'est là tout l'enjeu du congrès de Nîmes. «Le centrisme n'est pas un boulevard entre la gauche et la droite comme on a pu le croire pendant longtemps. Le centrisme c'est un équilibre entre les idées qui sont communes à la droite et à la gauche», analyse Morin. Premières des idées qu'il défend, la liberté et le libéralisme. Mais le président sortant y adjoint rapidement l'humanisme, la justice, l'égalité. Ce sont les valeurs sociales du centrisme français que le député Jean-Christophe Lagarde n'oubliera pas de défendre. Car le Nouveau Centre pourrait bientôt disposer d'une direction bicéphale. «Un tandem», corrige le député maire de Drancy, qui devrait devenir samedi président exécutif du parti. Avec l'ambition de sortir le Nouveau Centre de l'ombre de l'UMP.

15 mai 2008

Actualités-Etats-Unis

Présidentielle 2008

John Edwards se rallier à Barack Obama alors que ce dernier et Hillary Clinton battrait John McCain le 4 novembre


Le favori de l'investiture démocrate pour la présidentielle Barack Obama a reçu mercredi le soutien de son ancien rival dans la course à la Maison Blanche John Edwards, un appui bienvenu après la sévère défaite enregistrée mardi en Virginie-Occidentale face à Hillary Clinton. Le tribun des classes moyennes John Edwards a fait de la lutte contre la pauvreté l'axe de son combat politique et observait une stricte neutralité depuis son retrait de la course à l'investiture le 30 janvier. Il fait partie d'une poignée de personnalités influentes, avec notamment l'ancien vice-président Al Gore, dont le soutien pourrait être déterminant pour décrocher l'investiture. Proche des syndicats ouvriers, M. Edwards est extrêmement populaire chez les ouvriers blancs, une catégorie d'électeurs qui fait défaut à Barack Obama. Dans un entretien publié au début du mois sur le site du magazine People, M. Edwards, 54 ans, estimait que M. Obama "(voulait) vraiment sérieusement changer (les choses) et apporter une nouvelle façon de faire" de la politique. "Je crois que c'est un formidable symbole d'avoir un Afro-Américain qui pourrait être président", avait-il ajouté. Il avait également salué la "ténacité" de l'ex-Première dame, qui selon lui "montre une vraie force en elle". Fort de ce nouveau soutien, M. Obama demeure le grand favori de la course à l'investiture démocrate. M. Obama avait reçu mercredi l'appui de quatre "super délégués", des élus et responsables du parti démocrate dont les voix seront cruciales dans le choix du candidat qui affrontera le républicain John McCain en novembre. En comparaison, le même jour, Mme Clinton en a reçu l'appui d'un seul. Ratissant très large, M. Obama a obtenu par ailleurs l'appui du Naral, la plus importante organisation de défense du droit à l'avortement aux Etats-Unis, et de trois anciens présidents de la SEC, l'autorité américaine de régulation des marchés, dont William Donaldson, ancien membre de l'administration sous Ronald Reagan et président de la SEC de 2003 à 2005 pendant le mandat de George W. Bush.

Mme Clinton a largement gagné mardi la primaire de Virginie-Occidentale avec 67% des voix contre seulement 26% pour M. Obama. Jamais depuis le début des primaires, elle n'avait réalisé un score aussi élevé. Dans un courriel adressé mercredi à ses partisans, Mme Clinton a indiqué qu'elle comptait demeurer dans la course jusqu'à la fin du cycle des primaires. Selon le site indépendant RealClearPolitics (RCP), M. Obama dispose actuellement de 1.885 délégués contre 1.718 pour Mme Clinton. Il faut 2.025 délégués pour obtenir l'investiture du parti démocrate. Il reste 189 délégués à attribuer d'ici le 3 juin. Les derniers espoirs de Mme Clinton reposent sur la prise en compte des délégués de Floride et du Michigan, deux Etats qu'elle a remportés mais dont les résultats ont été invalidés par la direction du parti démocrate parce que les primaires ont eu lieu avant la date autorisée. Si les délégués de ces deux Etats étaient comptabilisés, il faudrait 2.209 délégués pour obtenir l'investiture. Mme Clinton espère également convaincre les "super délégués" qu'elle est la seule capable de remporter les Etats-clefs qui pourrait faire basculer l'élection en novembre. Parmi ces Etats figurent la Floride et le Michigan mais aussi l'Ohio, la Pennsylvanie et la Virginie-Occidentale, tous remportés par Mme Clinton.

Un sondage de l'université Quinnipiac indique mercredi qu'aussi bien M. Obama que Mme Clinton gagnerait le duel face à M. McCain. Selon ce sondage, M. Obama devance M. McCain de sept points (47% contre 40%) tandis que Mme Clinton est créditée d'une avance de cinq points (46% contre 41%).

Actualités-France

François Bayrou estime que le Mouvement démocrate est en ordre de marche


Le président du Mouvement démocrate François Bayrou, a mis mercredi le Nouveau Centre au défi de "rester fidèle à ses idées" lors du vote sur la réforme des institutions. "On va avoir un rendez-vous très intéressant, c'est le vote sur les institutions", a déclaré M. Bayrou, interrogé sur le prochain congrès fondateur du Nouveau Centre (ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy), lors d'un point de presse à l'issue du premier conseil national du MoDem. Il a rappelé avoir défendu pendant la campagne présidentielle l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives et l'interdiction pour l'Etat de présenter un budget en déficit de fonctionnement hors période de récession, des combats aujourd'hui poursuivis par le NC.

"Si ces principes, notamment celui sur la loi électorale, sont dans la loi" constitutionnelle, "alors on peut la voter. Si ces principes n'y sont pas, la raison et la cohérence commandent qu'on ne la vote pas", a réaffirmé le député des Pyrénées-Atlantiques. "On va voir qui est fidèle à ses idées", a-t-il ajouté à l'attention du NC. "S'ils vont jusqu'au bout et ont des actes d'indépendance, j'en serai le premier heureux. Pour l'instant, je n'ai pas observé qu'ils aient eu cette indépendance, sur aucun des votes depuis la début de la législature".

M. Bayrou a confirmé avoir déposé plusieurs amendements au projet de réforme des institutions: sur la défense des langues régionales, sur une "loi électorale équitable", sans laquelle il ne votera pas le projet de loi constitutionnelle, sur l'indépendance des médias, et un autre prévoyant que si le président de la République s'exprime devant le Congrès, il doit ensuite assister à un débat sans vote. Le conseil national a adopté le réglement intérieur du MoDem, a d'autre part indiqué M. Bayrou, estimant que "désormais le Mouvement Démocrate est en ordre de marche". Le MoDem organise le 8 juin à Paris une journée consacrée à l'Europe, "un an exactement avant les élections européennes", a-t-il ajouté.

14 mai 2008

Actualités-Etats-Unis

Présidentielle 2008

Hillary Clinton remporte la primaire de Virginie-Occidentale et affirme continuer sa campagne


La prétendante à la Maison Blanche, Hillary Clinton a promis mardi à ses partisans en liesse que la course à l'investiture démocrate n'était pas terminée après sa large victoire dans la primaire de Virginie-Occidentale (est). Selon des résultats officiels, Hillary Clinton était créditée de 67% des voix contre 26% pour Barack Obama. "Cette course n'est pas encore terminée", a dit Mme Clinton à Charleston affirmant que sa victoire avait "presque un goût de paradis".

Barack Obama avait concédé sa défaite dès lundi tant les sondages étaient favorables à Mme Clinton. La sénatrice de New York s'est gardée de critiquer le sénateur de l'Illinois affirmant au contraire que les démocrates "devaient toujours rester unis". Le résultat de cette primaire, qui ne constitue pas une surprise, devrait peu modifier le rapport de force en faveur de Barack Obama pour décrocher l'investiture démocrate. Mme Clinton a promis de renouveler son exploit mardi prochain dans le Kentucky (centre-est) et dans l'Oregon (nord-ouest). Selon des sondages à la sortie des urnes, Mme Clinton a massivement bénéficié du vote de l'électorat blanc (68% contre 28% pour M. Obama). Les électeurs d'origines modestes gagnant moins de 50.000 dollars par an ont également soutenu massivement Mme Clinton (72% contre 24%). Le directeur de la campagne de Mme Clinton, Terry McAuliffe, a qualifié "d'énorme" la victoire en Virginie-Occidentale. Dans un argumentaire rendu public avant l'annonce des résultats, l'équipe de Barack Obama a fait remarquer que "Barack Obama fait la course en tête au niveau des délégués, des consultations remportées et des super délégués" et que ces données ne devaient plus changer d'ici la fin des primaires. Un total de 28 délégués, attribués à la proportionnelle, étaient en jeu en Virginie-Occidentale.

Selon le site spécialisé indépendant RealClearPolitics (RCP), M. Obama est désormais crédité de 1.882 délégués contre 1.714 pour Mme Clinton. Il faut 2.025 délégués pour obtenir l'investiture démocrate. L'échec de M. Obama en Virginie-Occidentale constitue cependant un nouveau revers pour le sénateur de l'Illinois dans sa quête pour conquérir les voix de l'électorat ouvrier blanc. Mme Clinton estime qu'elle est la seule à pouvoir rassembler cet électorat crucial pour les démocrates dans la perspective de l'élection présidentielle de novembre. Ayant longtemps vécue de l'extraction du charbon, issu de ses innombrables mines, la Virginie-Occidentale a longtemps été un bastion démocrate avant de basculer dans le camp républicain à l'occasion de la présidentielle de 2000 puis de 2004. Il reste cinq primaires pour départager les rivaux démocrates. Le Kentucky et l'Oregon (nord-ouest) voteront le 20 mai, Porto Rico le 1er juin, le Montana (nord-ouest) et le Dakota du Sud (nord) le 3 juin. La Convention démocrate, qui désignera formellement le candidat du parti, est prévue du 25 au 28 août à Denver (Colorado, ouest).

13 mai 2008

Actualités-France

Création d’un think tank français de gauche et centre gauche, Terra Nova


Plus de cent intellectuels de gauche et de centre gauche ont lancé une fondation, Terra Nova, pour promouvoir "la rénovation de la +matrice idéologique+ de la gauche" avec des moyens très importants et l'ambition de rivaliser avec les meilleurs "think tanks" européens et américains. "L'idée de base est que, si la gauche peine à produire des idées, c'est parce qu'il n'y a pas de lieu pour le faire", affirme le président de Terra Nova, Olivier Ferrand, 38 ans, proche de Dominique Strauss-Kahn et élu PS. Selon un communiqué publié lundi, l'objet de Terra Nova consiste à "produire et diffuser des propositions de politiques publiques" progressistes, dans une démarche "fédératrice". "Nos travaux sont destinés à alimenter tous les courants, tous les leaders" de la gauche, insiste M. Ferrand. Indépendante des partis politiques, Terra Nova est dotée d'un budget de 1 million d'euros, apporté à 80% par le mécénat d'entreprise. Parmi les mécènes figurent Microsoft et Publicis. Les initiateurs du projet le présentent comme "une première en France", notamment de par "un réseau intellectuel unique par sa qualité, sa densité, son ouverture internationale". Au sein de la direction, on relève les noms de l'économiste Eric Maurin, directeur scientifique de Terra Nova, et du rédacteur en chef de la revue Esprit, Marc-Olivier Padis, directeur éditorial. Son conseil scientifique comprend, à l'international, les commissaires européens Peter Mandelson et Javier Solana, ou le mentor politique de Tony Blair, Anthony Giddens. Côté français se côtoient les économistes Philippe Aghion, Daniel Cohen ou Jean Pisani-Ferry, l'historien Jean-Pierre Azéma, la sociologue Dominique Méda, etc. Parmi les représentants de la "société civile" figurent Denis Olivennes, PDG de la FNAC, Jean Peyrelevade (bayrouïste), Bernard Spitz, fondateur des Gracques (qui avaient appelé à une alliance Royal-Bayrou avant le 1er tour de la présidentielle de 2007), Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d'avenir, et quelques syndicalistes. Terra Nova (site internet: www.tnova.fr) fera appel à un "cabinet d'experts" de 250 personnalités qualifiées. Sous le statut qu'elle sollicite de fondation reconnue d'utilité publique, elle "ambitionne de devenir l'équivalent français de Policy Network (Royaume-Uni)" ou encore "l'Institut Montaigne de gauche". A gauche existent deux structures - moins ambitieuses selon M. Ferrand -, la Fondation Jean Jaurès, présidée par Pierre Mauroy, et La Forge, créée en juillet dernier par l'eurodéputé Benoît Hamon. Terra Nova a mis en place un groupe de travail pour étudier l'idée d'une primaire pour désigner un candidat commun de la gauche à la prochaine présidentielle. Deux notes sont déjà disponibles, sur le projet gouvernemental d'ouverture partielle des jeux à la concurrence, et sur la révision constitutionnelle et les droits de l'opposition.