Voici une sélection, ce 7 mai 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Je viens de m’entretenir avec le Président iranien Massoud Pezeshkian.
J’ai marqué ma vive préoccupation sur l'escalade en cours, et condamné les
frappes injustifiées contre les infrastructures civiles émiriennes et plusieurs
navires. Toutes les parties doivent lever le blocus du Détroit, sans délai et
sans conditions. Il faut revenir durablement au régime de pleine liberté de
navigation qui prévalait avant le conflit. La mission multinationale que la
France et le Royaume-Uni ont mise sur pied peut aider à redonner confiance aux
armateurs et aux assureurs. Elle sera par nature distincte des parties en
guerre. Le pré-positionnement du porte-avions Charles de Gaulle s’inscrit dans
ce contexte. Les événements récents montrent bien l'utilité qu’aurait une telle
mission. J'ai invité le président iranien à en saisir l'opportunité et je
compte m’entretenir avec le Président Trump sur ce sujet. Le retour du calme
dans le Détroit aidera à avancer dans les négociations sur le nucléaire, le
balistique et la situation régionale. Les Européens, desquels dépend la levée
des sanctions y prendront leur place.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Prix des carburants, fiscalité / géopolitique / Intervention à l’Assemblée]
Vous avez raison de le rappeler, la situation est
particulièrement grave et difficile pour nos compatriotes, comme du reste pour
une grande partie de la planète. Il est donc plus que jamais nécessaire de ne
pas mentir aux Français.
On ne peut pas déconnecter la question énergétique de ce qui se passe au
Moyen-Orient : non seulement les négociations n’aboutissent pas, mais la
reprise des combats ces dernières heures – avec les frappes inacceptables menées par la République
islamique d’Iran – fait craindre une nouvelle escalade et risque de mettre
en échec les efforts diplomatiques menés ces dernières semaines, y compris par
la diplomatie française.
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, nous sommes tenus de rappeler
une vérité aux Françaises et aux Français, même si tous sur ces bancs ne le
font pas : la géopolitique est entrée dans leur réservoir de carburant et
n’en sortira pas de sitôt. Nous devrons vivre avec.
Dans nos stratégies énergétiques globales, nous ne pourrons pas opposer le
court et le long terme, comme nous avons malheureusement parfois pu le faire – ministre
depuis neuf ans, j’en prends ma part de responsabilité. Cette situation durera,
elle devient systémique : la question énergétique fait partie des guerres
hybrides menées contre le continent européen et, singulièrement, contre la France.
Nous devrons donc en permanence marcher sur nos deux jambes, avec des aides de
court terme – il n’est pas question d’abandonner les gens –,
mais sans leur mentir sur le long terme.
Je vous remercie pour la tonalité de votre question sur un deuxième point :
il ne faut pas mentir aux Français au sujet de ceux qui profiteraient de la
crise. Une question précédente a évoqué l’État comme s’il s’agissait d’une
entreprise, alors que l’État appartient à tout le monde, et comme s’il
profitait de la crise, sur le dos des Françaises et des Français.
Le meilleur antidote aux fantasmes et aux mensonges – et
Dieu sait que notre système politique en produit – reste la transparence.
J’ai par conséquent souhaité que soient désormais publiés tous les dix jours,
par le ministre Amiel, la porte-parole du gouvernement ou moi-même, l’état
exact du surplus de fiscalité. D’un côté, comme les volumes diminuent, les
recettes des accises diminuent également ; de l’autre, l’augmentation des
prix augmente la TVA, d’où un surplus de fiscalité de 190 millions d’euros
pour les mois de mars et avril par rapport à l’année dernière. Nous sommes loin
de la cagnotte de plusieurs milliards d’euros évoqués par certains au début de
la crise ! Voilà pourquoi il faut toujours raison garder. J’ai
souhaité affecter cette somme supplémentaire aux mécanismes d’aides, pour qu’on
ne dise plus dit que l’État est un profiteur.
Ensuite, le débat tourne autour des distributeurs, des marges brutes et des
marges nettes. La ministre chargée de l’énergie communiquera sur ce point dans
les heures à venir. Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne – permettez-moi
l’expression. Par souci de transparence, nous rappellerons quelques vérités,
non pour montrer qui que ce soit du doigt, mais pour que le débat se fonde sur
des chiffres fiables – nous devons en être capables dans une économie
comme la nôtre.
Le troisième sujet concerne TotalEnergies. Comme je le dis depuis le début, un
débat politique noble et de bon niveau sur la redistribution de ses richesses
doit être possible sans tomber dans le « Total bashing » – même
s’il est assez français de se tirer une balle dans le pied! Oui, noble et de
bon niveau, monsieur le président Coquerel, si c’est possible ! J’ai
répété à de nombreuses reprises que le gouvernement ne fermait aucune porte,
aussi faut-il nourrir le débat d’éléments objectifs. Le premier, c’est que
Total paye déjà des impôts. Il s’agit de 2 milliards d’euros de
prélèvements obligatoires. Nous pouvons débattre pour savoir si cela est
suffisant, mais dire aux Françaises et aux Français qu’elle ne paye rien est un
mensonge qui, en définitive, tend à abîmer le consentement à l’impôt.
Je comprends que ce fact checking vous dérange, mais nous pouvons avoir
un débat sur la fiscalité en nous fondant sur de vrais chiffres. J’irai
d’ailleurs plus loin, mesdames et messieurs les députés de la France
Insoumise : faut-il mentir aux Français, comme vous l’avez fait l’automne
dernier pendant le budget, en votant 25 milliards d’euros d’impôts sur les
multinationales, pour s’apercevoir à la fin que ces impôts sont impossibles
puisque l’assiette n’existe pas ?
Sans de vrais chiffres, un débat sur la justice fiscale, comme nous en avons eu
un avec certains députés, est impossible. Sinon, on finit par mentir aux
Françaises et aux Français : cela s’appelle du cynisme. En temps de guerre
et de crise, il faut le refuser.
Le débat sur la fiscalité est ouvert.
Il y a ensuite celui sur le plafonnement. Je suis tranquille car je ne fais que
défendre l’intérêt général. Si, ne vous en déplaise ! C’est un fait : Total est distributeur
dans soixante-dix pays. Combien parmi eux pratiquent le plafonnement ?
Un seul, la France ! Doit-on demander à Total d’en faire
plus ? Oui. Faut-il lui taper dessus alors qu’elle pratique ce plafonnement dans un
seul pays sur soixante-dix ? Non. Ma position me semble équilibrée :
je défends le bon sens. Au moment où nous parlons, ce que veulent les
Françaises et les Français, c’est un prix qui diminue à la pompe – sans
mensonges, sans fausses promesses et sans démagogie.
Faut-il aller plus loin ? La réponse est oui. Cette crise est
grave. Elle s’ajoute à la guerre en Ukraine et à des difficultés économiques
que subit le continent européen. Une fois de plus, il ne faut pas mentir aux
Français : certains balaient d’un revers de main l’impact sur les finances
publiques, mais il est évident que la charge et les intérêts de la dette sont
en jeu. Nous venons de rendre hommage à nos deux nageurs décédés et vous
travaillez actuellement sur la loi de programmation militaire : il est
évident que l’activité des forces au Moyen-Orient coûte aussi de l’argent aux
contribuables, pour des raisons que l’on peut comprendre. Il faudra par
conséquent objectiver les effets en matière de finances publiques.
Il faut également évoquer la résilience de notre économie. Nous parlons
beaucoup du coût du carburant et nous parlerons bientôt de questions liées au
coût des matières premières et à son impact sur nombre de filières. Nous
devrons donc inévitablement poursuivre l’adaptation des dispositifs de soutien
à l’ensemble des filières – vous le savez comme moi, monsieur Fesneau,
puisque vous avez été ministre de l’agriculture et de la pêche.
Nous devons garder le cap du soutien à l’activité et à celles et ceux qui
travaillent – je remercie d’ailleurs les intervenants précédents
d’avoir soulevé ce point –, afin de soutenir la croissance et le pouvoir d’achat
et de ne pas gaspiller l’argent du contribuable en promettant des baisses de
taxes illusoires pour mieux voter des augmentations d’impôts à l’automne.
Cependant, il faudra désormais changer d’échelle. Le gouvernement s’exprimera
dans les prochains jours et en début de semaine prochaine sur les moyens
d’adapter avec pragmatisme, sans cynisme et sans mensonge les dispositifs de
soutien à l’activité et à l’économie.
> Restituer des biens culturels volés ou acquis illicitement, c’est une exigence morale. L’Assemblée nationale vient d’adopter un cadre clair pour rendre à des États étrangers des œuvres entrées illicitement dans les collections publiques. C’était attendu depuis des années. Seront restitués uniquement les biens acquis illégalement, en le prouvant scientifiquement, sur la base de critères juridiques stricts. Cette loi ne vise pas à réécrire l’Histoire, elle permet de prendre nos responsabilités pour rendre les biens culturels mal acquis. Merci aux parlementaires pour ce pas concret. Vérité, respect, dialogue, responsabilité : pas des mots, des actes.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Quatre mois d’une intensité exceptionnelle. L’exercice ORION s’est achevé
le 30 avril. Derrière cette mobilisation hors norme, il y a avant tout des
femmes et des hommes, des militaires qui se sont entraînés sans relâche à faire
face à toutes formes de menaces, sur tous les terrains. À travers ORION, nos
armées renforcent leurs capacités, perfectionnent leurs savoir-faire
opérationnels et se préparent en permanence aux engagements les plus exigeants.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Les terres rares, c’est le pétrole du XXIe siècle.
Voiture électrique, éoliennes, ordinateur : elles sont partout.
Hier à Lacq, sur le chantier de l’usine Caremag de Carester, nous avons lancé le
plan national de résilience consacré aux terres rares et aux aimants
permanents.
Les terres rares ne sont pas une option, mais une nécessité absolue.
Pourtant, aujourd’hui, plus de 85 % de leur production mondiale est concentrée
entre les mains d’un seul pays. Une dépendance qui nous rend vulnérables.
D’ici 2030, la France couvrira 10% des besoins mondiaux et 100 % de ses besoins
en terres rares lourdes.
Avec la crise énergétique que nous traversons, nous devons continuer à
électrifier nos usages. Les terres rares et minerais critiques sont une
composante essentielle à cette électrification.
Avec ce plan, nous agissons sur l’offre, sur la demande et sur toute la chaîne
de valeur.
Du côté de l’offre, l’Etat s’engage à accompagner les projets français, comme
celui de Caremag à Lacq, dans le Béarn.
Du côté de la demande, nous conditionnerons les aides à la recherche ou à
l’investissement au secteur automobile à des plans de diversification. Ils
réduiront aussi la quantité de terres rares dans leurs produits.
À Lacq, Grenoble ou La Rochelle, des projets se concrétisent, portés par des
industriels déterminés qui nous assureront notre indépendance française et
européenne et notre transition énergétique.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Les armées de Vladimir Poutine ont reculé de 120 km2 en Ukraine au mois
d'avril, une première depuis 3 ans. L'économie russe s'enfonce dans la crise.
Il est grand temps pour le Kremlin d'ouvrir les yeux sur son échec, et de
mettre fin à sa guerre d'agression injustifiable et ruineuse.
> Justice pour les casques bleus français assassinés au Liban : au ministre libanais de la justice Adel Nassar, j’ai réaffirmé cette exigence fondamentale. Nous le devons à nos soldats tombés dans leur mission au service de la paix au Liban. La France se tient aux côtés des Libanais qui aspirent à un Etat de droit souverain, qui ne tolère aucune impunité.
> [Mali / Intervention à l’Assemblée] Vous avez
rappelé le contexte et salué la mémoire des militaires français qui ont versé
leur sang au Mali et qui sont morts pour la France lorsque nos partenaires au
sein des pays du Sahel avaient fait appel à nous. Vous l’avez dit, la
propagation des groupes terroristes a conduit, le 25 avril, à des attaques
qui ont amené les forces armées maliennes et leurs soutiens russes à reculer de
manière significative. Dans ce contexte, notre priorité est en effet allée à la
sécurité de nos ressortissants, un peu plus de 4 000 sur place, auxquels
nous avons adressé des recommandations. Chaque fois que cela est possible, nous
leur conseillons le quitter le pays. Nous suivons les événements de près et
nous sommes évidemment préoccupés par la situation du peuple malien, qui, vous
l’avez dit, est un peuple ami. Il existe des liens très étroits entre nos deux
peuples et la diaspora malienne est très importante en France. Ces dernières
années, elle a sans doute suivi avec préoccupation l’évolution de la situation
dans le pays. Elle regarde la crise actuelle avec inquiétude.
Comme le président de la République aura l’occasion de le rappeler lundi et
mardi prochains lors du sommet Africa forward, qu’il coprésidera avec le
président du Kenya, la relation avec nos partenaires africains a profondément
évolué depuis neuf ans. Elle se fonde sur une approche respectueuse de nos
intérêts mutuels et de la souveraineté de chacun. Elle vise la mise en commun
de nos richesses respectives dans un esprit de respect. S’agissant plus
particulièrement du Sahel, nous travaillons avec nos partenaires pour faire
échec à la propagation de la menace terroriste.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Sécurité sociale / Intervention à l’Assemblée] La France était le
troisième pays européen dans lequel le reste à charge en matière de soins est
le plus bas. Alors qu’il est en moyenne de 14,6 % en Europe, il n’est en
France que de 7,8 %.
Notre modèle social compte trois financeurs : l’assurance maladie
obligatoire, qui assume environ 80 % du financement, pour un montant qui
s’élevait à 200 milliards en 2024 ; les assurances maladie
complémentaires, qui en couvrent 12,8 %, soit 32 milliards ; les
ménages enfin, à qui il reste donc 7,8 % à financer, soit environ
20 milliards, franchises et primes d’assurance comprises. Donc oui, il
existe un reste à charge pour les Français, mais notre modèle social nous
protège deux fois plus que les autres Européens.
Il convient également de rappeler que la crise géopolitique actuelle, qui
s’ajoute à la guerre en Ukraine, a un impact évident sur nos finances
publiques. Il faut regarder la réalité en face et dire aux Français, les yeux
dans les yeux, que, si nous voulons préserver un modèle social qui nous protège
et protège les plus fragiles, la maîtrise de nos dépenses sociales est un
impératif.
Dans cette perspective, le reste à charge ne doit pas être un tabou même si, je
le répète, nous pouvons être fiers qu’il soit si bas dans notre pays.
Quant à l’accès aux soins, sur lequel vous m’interrogez régulièrement, c’est
notre majorité qui a mis un terme au numerus clausus et permis ainsi
d’augmenter le nombre de médecins formés. Et je ne parle pas de toutes les
autres mesures que nous avons mises en place, ces dernières années.
> [Fraudes sociales et fiscales / Intervention à
l’Assemblée] Alors que nous arrivons au terme de l’examen du projet de loi, je
tiens à saluer l’ensemble des parlementaires qui se sont mobilisés pour son
adoption et, par la même occasion, celles et ceux qui se sont mobilisés ces
dernières années pour mieux lutter contre toutes les formes de fraude sociale.
En effet, ce texte s’inscrit dans une dynamique d’action plus large, qui
comprend notamment des engagements inédits pris par Gabriel Attal il y a
précisément trois ans. Grâce au plan de lutte contre les fraudes aux finances
publiques lancé en 2023, nous avons amélioré la détection des fraudes aux
cotisations sociales, augmenté très fortement la détection des fraudes aux
prestations sociales et mis un coup d’arrêt à de nombreuses opérations de
fraude aux arrêts de travail sur internet. Toutefois, il fallait aller plus
loin, car les fraudeurs s’adaptent et s’organisent, rendant la fraude plus
difficile à canaliser. Il nous fallait gagner en agilité et en efficacité.
Grâce à l’adoption de ce texte par votre assemblée, nous pourrons viser trois
objectifs. Le premier consiste à mieux détecter la fraude. Nous nous appuierons
notamment sur des échanges plus fluides et plus sûrs entre les organismes de
sécurité sociale, l’administration fiscale et les organismes complémentaires.
Il s’agit de repérer plus tôt les incohérences et les schémas organisés.
Deuxièmement, nous voulons sanctionner mieux et plus rapidement. La plainte
pénale unique pour les caisses d’assurance maladie permettra de mettre fin à
une situation absurde : une fraude organisée qui touche plusieurs
territoires ne doit pas être traitée en ordre dispersé, caisse par caisse, avec
une lenteur qui profite aux fraudeurs.
Enfin, le troisième objectif consiste à mieux recouvrer. Voter pour ce texte,
c’est dire collectivement aux fraudeurs que la donne est en train de
changer ; que les sites frauduleux pour prescriptions de médicaments et
d’arrêts de travail, c’est fini ; que la fraude en bande organisée, c’est
fini ; que compter sur le travail en silo des administrations pour frauder
impunément, c’est fini. C’est surtout envoyer un message très clair à tous les
Français : dans la période que nous connaissons, marquée par les efforts
que nous demandons et par la fragilité de notre modèle social, nous pouvons
nous rassembler pour lutter contre les abus et les tricheries. Nous pouvons
nous rassembler pour rétablir la confiance dans la solidarité et lutter contre
le « chacun pour soi », nous pouvons faire en sorte que chaque euro
de notre modèle social serve à la protection réelle des Français.
La lutte contre la fraude sociale ne saurait avoir pour seul objectif des
résultats comptables ou financiers, et ne doit jamais servir à jeter un voile
de soupçon sur l’ensemble des assurés ou des entreprises. Elle est au cœur de
la consolidation de notre pacte social. En adoptant ce texte, vous réaffirmerez
que les cotisations sociales et l’impôt sont légitimes quand ils financent des
droits réels et quand l’État est armé pour empêcher qu’on en détourne le
sens ; vous ferez un choix d’équité, d’efficacité et de confiance.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> L'Assemblée nationale vient d'adopter le texte sur la lutte contre la
fraude aux finances publiques. N’en déplaise aux démagogues, 64 % des montants
de fraude sociale viennent de réseaux structurés, de professionnels de
l'arnaque.
En 2025 ce sont 17,1 Md€ de fraude fiscale détectés, un record. 1,5 Md€
redressés par l'Urssaf au titre du travail dissimulé, deux fois plus qu'il y a
cinq ans. On détecte. Maintenant, il faut recouvrer.
Geler les actifs, recouvrer les cryptoactifs, étendre la garde à vue à 96h pour
les fraudes les plus graves. Et surtout : qualifier l'escroquerie aux finances
publiques en bande organisée de crime. Des outils concrets pour frapper les
mafias de la fraude au portefeuille.
Ce texte ne cible pas les plus fragiles, ne remet pas en cause le droit à
l'erreur. Il vise les réseaux, les montages sophistiqués, les professionnels de
l'arnaque. On ne peut pas exiger des efforts de tous et laisser prospérer ceux
qui trichent. Je me réjouis de son adoption.
> [Hostilités au Moyen-Orient et aides aux plus
fragiles / Intervention à l’Assemblée] Depuis le déclenchement de la guerre
dans le golfe Persique, la ligne du gouvernement est claire : des aides
financées et ciblées vers ceux qui en ont besoin, à savoir les travailleurs des
classes populaires et des classes moyennes, les ménages les plus précaires et
les entreprises les plus fragilisées.
La facilité serait de glisser la poussière sous le tapis, de mettre cela sur le
dos de la dette publique, de laisser à nos successeurs le soin d’expliquer aux
Français dans quelles poches on prendra l’argent qu’ont leur aurait promis
inconsidérément aujourd’hui. Ce serait sans doute plus facile mais ce serait
malhonnête.
C’est pourquoi, dès que nous avons réactualisé les prévisions en fonction des
effets macroéconomiques directs de la guerre au Moyen-Orient, de son impact sur
le coût des opérations extérieures et en fonction des aides supplémentaires – non
pas par voie de presse, mais dans un comité d’alerte des finances publiques, créé
pour détailler précisément et de manière inédite l’ensemble des éléments qui
nous ont conduits à établir ce chiffre de 6 milliards d’euros. De même,
tous les dix jours, nous faisons la transparence sur l’impact en matière de
recettes fiscales.
Au total, cela se traduira par 6 milliards d’euros de dépenses stoppées,
dont 4 milliards pour l’État et 2 milliards pour la sphère sociale.
Il est tout de même savoureux de vous entendre évoquer un projet de loi de
finances rectificative alors que vous avez voté la censure ! Nous parlons
aujourd’hui d’aides ciblées et de la nécessaire maîtrise de nos finances
publiques. Si cette assemblée vous avait suivie à l’automne, nous n’aurions ni
l’un ni l’autre : ni la maîtrise des finances publiques, ni la capacité
d’apporter des aides aux Français.
> [Fraudes sociales et fiscales / Intervention à
l’Assemblée] La fraude aux finances publiques, c’est tout simplement du vol – un
vol qui doit être poursuivi, sanctionné et réparé. Telle est la logique de ce
texte, de sa première à sa dernière ligne. À cet égard, je souhaite d’emblée
couper court aux affabulations qui ont prospéré tout au long de son examen.
Ce projet de loi ne cible pas les plus fragiles et ne remet pas en cause le
droit à l’erreur individuelle. Il vise les professionnels de l’arnaque, les
mafias de la fraude en bande organisée, ceux qui ont fait du vol des finances
publiques un métier, qu’il s’agisse de la fraude fiscale – le
texte qui vous est soumis renforce considérablement certains dispositifs en la
matière – ou de la fraude à la sécurité sociale.
Je répète depuis cette tribune ce que j’ai dit à de nombreuses reprises pendant
les débats : 64 % des montants de la fraude sociale proviennent de la
fraude aux cotisations des entreprises, c’est-à-dire de fraudes commises par
des professionnels, souvent dans le cadre de réseaux organisés, n’en déplaise
aux démagogues. Ce texte permettra d’agir contre ces pratiques.
C’est d’ailleurs dans cette logique que les travaux ont pu se dérouler. Je
salue le travail des parlementaires qui se sont mobilisés à l’Assemblée
nationale et ont animé ces débats avec rigueur et engagement tout au long de
l’examen du texte. De même, au Sénat, où ils ont apporté des contributions
décisives.
En matière de lutte contre la fraude fiscale, Daniel Labaronne, en lien étroit
avec Bernard Delcros, a conduit le travail de consolidation du volet fiscal.
Les sessions de types de société à prépondérance immobilière, souvent
instruments de blanchiment, seront désormais soumises au contrôle des notaires
et des avocats. Il s’agissait d’un angle mort, désormais comblé par ce texte.
Les trusts feront l’objet d’obligations déclaratives renforcées, pour prévenir
tout contournement de l’imposition sur les successions par les plus grandes
fortunes. Les cryptoactifs détenus auprès de tiers, dont nous savons désormais
à quel point ils constituent un levier majeur de la fraude et du blanchiment,
pourront être recouvrés directement par le comptable public.
Enfin, la durée de garde à vue pourra être portée à quatre-vingt-seize heures
pour les cas de fraudes aux finances publiques les plus graves, afin
d’améliorer l’efficacité des enquêtes, de mieux exploiter les données et
d’aller au bout des investigations. De telles mesures sont nécessaires face à
des mafias de la fraude puissamment organisées, dotées de moyens sophistiqués
de dissimulation, reposant sur des mécanismes hautement technologiques.
Ce texte permettra également de mieux recouvrer les sommes fraudées, en
particulier en matière de fraude sociale qui, je le répète, est à 64 % le
fait de professionnels. En 2025, plus de 1,5 milliard d’euros ont été
détectés et redressés au titre de la lutte contre le travail dissimulé – deux
fois plus qu’il y a cinq ans –, mais cela ne suffit pas.
Il faut désormais anticiper, prévenir et frapper les fraudeurs au portefeuille.
C’est tout le sens de la procédure de flagrance sociale, qui permettra de geler
sans délai les actifs des sociétés qui organisent leur insolvabilité avant même
que les services ne puissent intervenir. Dans le même esprit, la solidarité
financière dans les chaînes de sous-traitance sera renforcée.
Voilà autant d’outils concrets que ce projet de loi, amendé par la commission
mixte paritaire, vise à déployer.
Les Françaises et les Français nous demandent d’être cohérents : on ne
peut pas exiger des efforts de tous si on ne lutte pas implacablement contre
les mafias de la fraude. Ce texte est une réponse concrète à cette exigence de
justice et d’efficacité.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Aujourd'hui, dans l'Aisne, une enfant de 14 ans a été assassinée sur le
chemin de l’école par un homme de 23 ans. Un homme qui pensait qu'elle était sa
propriété. Aucun enfant n’appartient à un adulte. Aucune femme n’appartient à
un homme. J’adresse mes pensées les plus sincères et émues à ses parents et ses
proches.
> [Site qui diffuse des images de viol /
Intervention à l’Assemblée] Nous n’avons pas affaire ici à un site
pornographique : ce site fait commerce du viol de femmes ; des
centaines de milliers de vidéos de femmes droguées à leur insu par leur
compagnon, par leur conjoint sont ensuite commercialisées. Malheureusement, en
France, beaucoup trop d’hommes consomment ces vidéos, qui permettent à la
culture du viol d’infuser dans notre pays.
En 2025, le Parlement s’est honoré en adoptant la proposition de loi de
Véronique Riotton et Marie-Charlotte Garin visant à intégrer la notion de
non-consentement dans la définition pénale du viol. Le procès de l’affaire
Pelicot a eu un retentissement international, Gisèle Pelicot ayant souhaité
qu’il soit ouvert au public pour que chacun mesure l’ampleur des crimes commis.
La France se saisit donc pleinement de ce sujet et des signalements sont
effectués auprès du procureur de la République, de Pharos et de l’Arcom, le
Parlement ayant voté l’interdiction de l’accès aux sites pornographiques pour
les mineurs. Au risque d’être bloqués et interdits, ces sites ont l’obligation
de se mettre en conformité avec la loi.
Je le redis : ne mélangeons pas tout. Nous ne parlons pas d’une question
de morale ou de bonnes mœurs, mais d’une culture qui infuse massivement dans
les esprits, la culture du viol. C’est elle que nous devons combattre,
notamment avec l’éducation à la vie affective, nécessaire et désormais
organisée et structurée dès le plus jeune âge, mais aussi avec la modification
du droit pénal et des sanctions pénales renforcées. Face à la culture du viol
qui résiste encore, c’est tous ensemble que nous devons lutter.
> Dans le cadre de mes consultations autour du projet de loi de lutte contre l'antisémitisme et le racisme, j'ai reçu ce matin les associations antiracistes. La République ne trie pas les Français, elle ne hiérarchise pas. Elle lutte contre toutes les haines. Ce projet de loi sera celui de tous les Français.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Je pense ce soir à cette jeune collégienne, victime d’un crime d’une
violence inouïe. À sa famille et à ses proches, j’adresse tout mon soutien dans
cette épreuve que nul ne devrait avoir à traverser. J’ai également une pensée
émue pour ses camarades et l’ensemble de la communauté éducative de son
collège.
> J’ai été auditionnée ce jour au Sénat sur le projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé. Ce texte va dans le bon sens. Je suis convaincue que réguler n'est pas contraindre: c'est protéger ce qui a été construit et garantir que chaque jeune qui s'engage dans l'apprentissage le fasse dans un cadre de confiance. Il appartient désormais au Sénat de l'enrichir pour qu'il tienne toutes ses promesses : un secteur de l'apprentissage dynamique, ouvert, et pleinement régulé par la qualité.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> [Eco-organismes / Intervention à l’Assemblée] Il faut remettre de l’ordre
dans la gouvernance des éco-organismes ; une mission d’information de
votre assemblée y travaille en effet avec beaucoup d’acuité. Le gouvernement a
pour sa part formulé devant le Sénat, dans le cadre de l’examen du projet de
loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne,
deux propositions : sanctionner d’une part ces organismes en cas de
non-respect effectif du cahier des charges, d’autre part les passagers
clandestins, c’est-à-dire les entreprises qui ne s’acquitteraient pas des
écocontributions.
Toutefois, nous pouvons et nous devons aller plus loin en matière de
transparence – il importe que chaque euro versé soit un euro
utile, efficace, au service de la transition écologique – ou de trésorerie
dormante – que des éco-organismes en aient une est anormal,
et il faut alors soit réduire les écocontributions, soit investir en vue d’industrialiser
nos territoires, de créer des filières nationales de recyclage.
Par ailleurs, les pneus d’ensilage font l’objet, de la part des exploitants,
d’une demande ancienne, récurrente et bien légitime. Le premier ministre et la
ministre de l’agriculture prévoient de mettre un terme au vide juridique grâce
au projet de loi Ddadue : lorsqu’il aura été promulgué, les agriculteurs
pourront bénéficier d’un soutien de 92 euros par tonne en vue de la
collecte et du traitement de ces pneus indispensables à nombre de leurs
activités.
Enfin, le site de Dieuze participe pleinement, autour de la technologie de la pyrolyse
du pneu, au projet d’industrialisation de l’économie circulaire que nous
souhaitons promouvoir dans le pays. En lien avec le préfet et avec vous, nous
veillerons à une bonne répartition de la concurrence entre les diverses
implantations de cette industrie ; vous pouvez compter sur notre
engagement.
> Je veux rassurer les salariés, l’ADEME restera l’ADEME, avec ses compétences, ses missions et ses agents. Mais un opérateur de l’État a vocation à agir de façon plus intégrée avec l’État territorial. C’est précisément l’objectif de la réforme visant à renforcer l’Etat local : moins de complexité administrative, moins de doublons, davantage d’efficacité pour les collectivités et les entreprises.
> LFI dit que nous reculons au plan environnemental mais … … jamais les émissions de gaz à effet de serre n’ont autant diminué que depuis 2017 ! … ils censurent les budgets qui portent des politiques environnementales majeures créées depuis 2017 : fonds vert, leasing social, ma prime renov’… … ils critiquent les CEE qui aident notamment nos compatriotes les plus vulnérables… Le débat écologique mérite mieux que les caricatures.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Fraudes sociales et fiscales / Intervention à l’Assemblée] La France fait
face à un paradoxe. Nous avons un taux élevé de diplômés du supérieur et un
nombre relativement faible de jeunes qui quittent de manière précoce le système
éducatif, mais le temps moyen d’insertion de nos jeunes dans le monde
professionnel est plus long que chez nos voisins et les jeunes sans emploi ni
scolarisés ni en formation sont plus nombreux que la moyenne européenne.
Pour répondre à cette situation contrastée, nous avons élaboré un plan
d’accélération pour l’emploi des jeunes avec mes collègues Édouard Geffray,
Philippe Baptiste, Marina Ferrari et Sabrina Roubache. Ce plan a été élaboré
avec les acteurs de l’emploi ; il a été présenté aux organisations
patronales et syndicales ainsi qu’à de nombreux jeunes passés par nos
dispositifs. À ce stade, il est construit autour de trois grands axes.
Premièrement, mieux orienter : orienter plus tôt et mieux former les
jeunes en les sensibilisant aux métiers qui recrutent à terme et aux formations
qui y préparent. Deuxièmement, rapprocher davantage les jeunes du monde
professionnel, tout en renforçant leur sécurité au travail. Troisièmement,
anticiper les ruptures de parcours en proposant un accompagnement plus
personnalisé aux jeunes les plus fragiles et les plus éloignés de l’emploi.
Ce plan très opérationnel, centré sur des actions de court terme, complète les
discussions menées dans le cadre de la Conférence sur le travail, l’emploi et
les retraites, sur des enjeux plus structurels. Il a vocation à être enrichi
d’idées et d’initiatives au fil des mois. Nous présenterons les déclinaisons et
les mesures de ce plan ce jeudi, avec mes collègues ministres. Nous nous
rendrons dans une faculté le matin, puis dans un lycée professionnel et dans
une mission locale l’après-midi. L’ambition du gouvernement est de s’inscrire
dans la dynamique engagée dès 2017 en faveur de la jeunesse, qui a porté ses
fruits.
Je pense notamment à la politique puissante menée en faveur de l’apprentissage
et au dispositif solide permettant l’insertion des jeunes dans le monde du
travail.
> [Fraudes sociales et fiscales / Intervention à l’Assemblée]
Après plusieurs mois de débats, l’Assemblée nationale s’apprête à se prononcer
définitivement sur le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes
sociales et fiscales. La copie qui vous est présentée, issue de la commission
mixte paritaire, est à la fois ambitieuse, pragmatique et équilibrée.
Dans le contexte économique actuel et compte tenu des tensions qu’il entraîne
en matière de finances publiques, notre engagement doit être total pour lutter
contre la fraude sociale comme contre la fraude fiscale, car il y va de la
pérennité des comptes publics. C’est la raison pour laquelle le premier
ministre a souhaité engager l’examen de ce texte parallèlement à celui des
textes budgétaires et pour laquelle mes collègues Stéphanie Rist, David Amiel
et moi-même sommes pleinement mobilisés.
La volonté du gouvernement est de faire adopter un texte d’efficience et de
fermeté tout en préservant le droit à l’erreur involontaire. Pour cela, nous
devons sortir des postures et des idées reçues sur la fraude. Soyons clairs :
il n’y a pas lieu d’opposer, d’une part, la fraude fiscale perçue comme le fait
des entreprises et, d’autre part, la fraude sociale perçue comme le seul fait
des particuliers. Plus de la moitié de la fraude sociale est le fait
d’entreprises qui recourent au travail dissimulé et qui éludent le paiement de
cotisations pourtant indispensables à la pérennité de notre modèle social. Je
le redis devant vous : le texte combat toutes les formes de fraudes. Nous
le devons à tous les travailleurs et à tous les employeurs, très largement
majoritaires, qui respectent leurs obligations. Nous le devons aussi aux
services de l’État et aux fonctionnaires qui sont en première ligne pour lutter
contre ces phénomènes et qui doivent faire face à une fraude organisée et de
plus en plus sophistiquée. Nous le devons enfin à tous nos concitoyens pour
préserver la confiance en notre système de protection sociale, car frauder,
c’est avant tout voler l’argent des Français.
Le premier volet de mesures concerne la lutte contre le travail dissimulé.
Grâce au principe de flagrance sociale inscrit dans le texte, nous pourrons
geler immédiatement les comptes d’une entreprise dès lors qu’il existe une
suspicion majeure de fraude sur la base de faits avérés. C’est le meilleur
levier pour recouvrer les sommes fraudées avant que l’argent ne s’évapore dans
la nature.
Le second volet vise à s’attaquer aux fraudes aux prestations sociales. Pour
certains, la recherche d’emploi n’est pas un long fleuve tranquille ;
c’est pourquoi le ministère du travail et des solidarités ainsi que les
opérateurs de l’État sont mobilisés pour mieux les accompagner dans leur
recherche. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a été favorable à
l’amendement visant à préserver le reste à vivre des demandeurs d’emploi, sans
pour autant renier son ambition de renforcer les moyens donnés aux services de
lutte contre la fraude. Nous devons être conscients que ceux qui contournent
les règles de notre modèle social pénalisent ceux qui sont en recherche active
en diminuant les moyens que nous pouvons leur consacrer.
Le troisième ensemble de mesures concerne la formation. Nous ne regrettons pas
les investissements massifs de ces dernières années qui ont permis de
développer la formation, les compétences, l’apprentissage et de faire baisser
durablement le chômage. Toutefois, quelques organisations peu scrupuleuses se
sont engouffrées dans le système pour le dévoyer. Le texte propose donc de
mieux défendre nos jeunes et nos entreprises face aux brigands de la formation,
en vérifiant que les offres de formation sont de qualité et ne détournent pas
l’argent public. Je vous laisse imaginer les dégâts que provoque, chez un jeune
motivé et déterminé à se former, la prise de conscience qu’il a payé pour une
formation qui n’existe pas ou qui ne sert à rien. Nous devons protéger la
jeunesse de la fraude.
La fraude fragilise la confiance dans notre modèle social. Elle installe le
doute chez nos concitoyens et menace la soutenabilité financière de nos
politiques de solidarité. Agir contre la fraude est un devoir républicain et
une cause commune. Je tiens d’ailleurs à souligner la qualité des travaux
parlementaires menés sur ce texte et coordonnés par les rapporteurs, que je
remercie. Elle a permis d’aboutir à un texte cohérent, à la hauteur des enjeux.
J’espère que nous saurons nous-mêmes nous montrer à la hauteur des aspirations
des Françaises et des Français, lesquels attendent de nous de la fermeté face
aux réseaux organisés de fraude, face à une fraude institutionnalisée et
répétée.
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique,
de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la
nature
> [Protection de l’eau / Intervention à l’Assemblée] La directive-cadre sur
l’eau est la principale réglementation européenne sur la protection de l’eau.
Elle impose, depuis l’année 2000, aux États membres d’atteindre un bon état
écologique et chimique de toutes les eaux, que ce soit les rivières, les nappes,
les lacs ou les eaux côtières. Pour ce faire, les États membres doivent
élaborer des plans de gestion par bassin hydrographique, qu’ils doivent réviser
tous les six ans avec des obligations de résultat. L’objectif actuellement fixé
à 2027 est d’atteindre le bon état des masses d’eau sur les aspects à la fois
quantitatifs et qualitatifs, comprenant notamment des mesures de protection de
la faune présente dans ces milieux. Pour les masses d’eau trop éloignées
initialement de cet objectif, la Commission européenne a autorisé à baisser le
niveau d’exigence de « bon état écologique » à « bon potentiel
écologique », ce qui permet, pour certains milieux très dégradés, de viser
un niveau légèrement moins ambitieux, mais plus pragmatique.
La Commission européenne a écrit début mars à la France au sujet de la
définition du « bon potentiel écologique » et de ses méthodes
d’appréciation.
La France doit fournir des réponses d’ici mi-mai et proposer des mesures
correctrices rapides – des adaptations des méthodologies de mesure
actuelles, dans le sens des demandes de la Commission. Nous pourrons vous
communiquer ces éléments méthodologiques à ce moment-là.
J’en profite pour réaffirmer la volonté de la France d’appliquer de manière
ambitieuse les dispositions de la directive-cadre sur l’eau et de poursuivre
une politique ambitieuse de protection de la ressource en eau.
> Nous n’avons plus besoin de débattre de
l’importance du méthane : nous avons besoin de décisions, de partenariats et de
résultats concrets.
C’est pourquoi, à l’occasion de la présidence française du G7, j’ai accueilli à
Paris un événement international de haut niveau consacré à l’action sur le
méthane, réunissant États, entreprises, investisseurs et scientifiques.
Le méthane est un puissant gaz à effet de serre. Il est responsable d’environ
un tiers du réchauffement actuel. Sur une période de 20 ans, son pouvoir de
réchauffement est plus de 80 fois supérieur à celui du CO₂,
alors même que sa durée de vie dans l’atmosphère est plus courte.
C’est pourquoi l’action sur le méthane demeure une priorité absolue, comme l’a
rappelé le Président Emmanuel Macron lors de la COP30 à Belém.
Nous devons agir dans tous les secteurs concernés : énergie, déchets et
agriculture, chacun avec des solutions adaptées.
Dans le pétrole, le gaz et le charbon, une part importante des émissions
provient de fuites, de dégazage ou de torchage. Ces émissions peuvent être
réduites dès maintenant. Selon l’International Energy Agency (IEA), environ un
tiers pourrait être évité sans coût net, le gaz capté pouvant être valorisé.
Agir sur le méthane, c’est donc à la fois une nécessité climatique et une
opportunité : améliorer l’efficacité énergétique, réduire les risques
industriels et renforcer la sécurité énergétique.
Mais pour agir, il faut d’abord mieux mesurer.
C’est désormais possible. Satellites, capteurs, intelligence artificielle et
systèmes d’alerte transforment notre capacité à détecter les émissions et à
passer de la mesure à l’action.
Plusieurs engagements concrets ont été annoncés lors de cette conférence.
L’initiative Oil and Gas Methane Partnership 2.0, qui rassemble les entreprises
du secteur pétrolier et gazier qui s’engagent à appliquer les standards les
plus stricts sur les fuites de méthane, continue de s’étendre et couvre
désormais près de la moitié de la production mondiale de pétrole et de gaz.
Par ailleurs, une nouvelle base de données mondiale sur les émissions des mines
de charbon est désormais disponible, renforçant la transparence et le suivi des
émissions à l’échelle internationale.
La France poursuivra cette mobilisation dans les prochaines échéances
internationales, notamment en vue de la COP31, afin de faire du méthane une
priorité durable de l’agenda climatique mondial et d’obtenir des résultats
rapides et mesurables.
Car le méthane parle à tous : aux pays vulnérables, aux producteurs, aux
importateurs, aux entreprises, aux citoyens.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> [PAC / Intervention à l’Assemblée] Vous avez qualifié la politique
agricole commune de vitale, et elle l’est en effet pour nos agriculteurs. Les
négociations sont en cours, et le gouvernement a fait évidemment du soutien à
la PAC une priorité absolue.
La priorité est d’abord de se battre pour le maintien d’un budget à la hauteur
des enjeux et des attentes de nos agriculteurs. Nous défendons notamment le
relèvement de la part européenne de la PAC, car, vous avez raison de le
souligner, la part d’autofinancement national est plus importante dans les
propositions de la Commission, ce qui accroît évidemment les risques, en
particulier en matière de politique sectorielle – je
pense aux fruits et légumes, à la viticulture, aux politiques
agroenvironnementales mais aussi au budget de l’outre-mer.
Les projets de règlement actuellement en discussion concernent la taille des
structures et, notamment, le soutien aux petites structures. Nous y serons
attentifs, en particulier s’agissant du maraîchage, secteur dans lequel nous
accusons un déficit de souveraineté.
Quant aux mesures agroenvironnementales qui seront présentes dans les
dispositifs proposés pour la future PAC, elles restent à préciser. Beaucoup
d’éléments ne sont pas encore déterminés mais, quoi qu’il en soit, je défends
pour ma part, dans les négociations, le maintien de ces mesures qui ont fait
leurs preuves.
Pour ce qui concerne le soutien à l’agriculture biologique, la proposition de
la Commission ouvre différentes options dont aucune n’est parfaitement calée.
Il faudra regarder si elles correspondent à notre propre conception de ce
soutien. Il faudra aussi que nous puissions engager la discussion avec toutes
les parties prenantes au niveau national, pour savoir ce qu’elles attendent de
la PAC.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Santé mentales des élèves / Intervention au Sénat] La santé mentale est l'une de mes trois
priorités depuis mon arrivée au ministère, car un jeune sur trois connaît des
troubles anxiodépressifs durant sa scolarité au collège et au lycée.
Le phénomène est complexe. La réponse ne peut être que globale.
Nous avons inversé la tendance en créant des postes d'infirmières, de psychologues et d'assistantes sociales au budget 2026. Quelque 8 000 personnels repères ont été formés dans le second degré, pour détecter et orienter.
Nous mettons enfin en place le dispositif coupe-file pour que les élèves orientés par la médecine scolaire soient pris en charge par la médecine de ville. Car la médecine scolaire peut détecter, mais pas suivre les élèves en tant que patients.
Avec Laurent Nunez, nous avons massifié les contrôles dans les établissements : au cours de 20 500 contrôles, 800 armes blanches ont été saisies en un an.
Mais tout ne peut pas se faire à l'école. Les familles ont aussi un rôle à jouer dans la détection des troubles mentaux et nous, société, devons garantir la protection de l'enfance. Sur les cinq adultes poignardés l'an dernier en milieu scolaire, quatre l'ont été par des jeunes faisant l'objet de mesures socio-judiciaires.
> [Portée pédagogique des commémorations /
Intervention à l’Assemblée] Vous avez raison, notre rôle est de transmettre un
legs historique et mémoriel autour des valeurs pour lesquelles nous nous sommes
battus – les libertés publiques – et autour de ce
que nous avons combattu, à commencer par les totalitarismes. Pour que nous
soyons là aujourd’hui et pour que nous connaissions cette destinée singulière,
des hommes et des femmes ont payé ce combat du prix de leur vie.
Nos élèves, quelle que soit leur histoire, doivent s’approprier ce legs
historique et se reconnaître dans celles et ceux qui leur permettent de vivre
libres.
À partir de la rentrée prochaine, le 11 novembre, qui est à la fois la
célébration de l’Armistice et la journée de tous les soldats morts au combat,
sera commémoré dans tous les établissements scolaires – soit
la veille, soit le lendemain, puisque le 11 est férié.
Par ailleurs, la seconde guerre mondiale est au cœur des programmes de troisième
et du lycée. La commémoration du 8 mai doit entrer en résonance avec ces
programmes. Cela pourra être une cérémonie simplement commémorative, mais qui
sera bien le rappel vivant de cette mémoire. Nous avons à cet égard relancé le
concours national de la Résistance et de la Déportation, qui avait connu une
baisse de fréquentation après le covid et qui est redevenu cette année le
premier concours scolaire, avec la participation de plus de 30 000 élèves.
Enfin, l’enseignement moral et civique nous servira aussi à transmettre cette
mémoire, notamment dans le cadre de la proposition de loi, actuellement en
discussion, visant à renforcer l’enseignement à la défense nationale.
> Comprendre un budget, une épargne, un crédit. Ce
sont des compétences essentielles pour devenir un adulte autonome. C’est l’idée
qui a présidé, il y a 10 ans, au lancement d’EDUCFI !
Ce matin, avec le ministre de l’Économie, des Finances et de la souveraineté
industrielle, énergétique et numérique Roland Lescure et François Villeroy de
Galhau, Gouverneur de la Banque de France, nous avons réuni tous les acteurs
impliqués dans la stratégie d’éducation financière des Français.
Comprendre un taux d’intérêt, savoir gérer son budget, prévenir les arnaques
financières : l’éducation financière est un enjeu autant social
qu’économique pour nos élèves.
Depuis 2020, où nous avons lancé les passeports éducfi avec François Villeroy
de Galhau, près de 2 millions d’élèves ont été formés.
Notre stratégie se poursuit autour de trois axes :
- la généralisation du passeport educfi à tous les élèves de 4ème ;
- l’extension de modules spécifiques de formation à l’éducation financière
en voie professionnelle, en lien avec la Banque de France ;
- la participation de la France à la prochaine enquête PISA de 2029 relative
à l’éducation financière.
Enfin, François Villeroy de Galhau sera, avec une ambassadrice prochainement
désignée, l’ambassadeur français de l’éducfi !
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Prix des carburants / Intervention à l’Assemblée] S’agissant d’abord de
la fiscalité, depuis la nomination du premier ministre en octobre, nous avons
démontré que le débat était ouvert. La preuve en est que le projet de loi de
finances pour 2026 intègre la surtaxe de l’impôt sur les sociétés à hauteur de
7,5 milliards qui est le fruit des échanges que nous avons eus ici.
Initialement, nous n’y étions pas forcément favorables mais nous avons fait un
pas en ce sens, notamment à votre demande. Et le débat reste ouvert.
De même, nous nous sommes montrés bienveillants à l’égard de la démarche
européenne lancée par un certain nombre de nos alliés et voisins européens.
C’est pour partie à cette échelle et dans ce cadre qu’il convient de mener
cette réflexion.
Comme l’a fait le premier ministre hier, je crois opportun de rappeler à toutes
fins utiles que TotalEnergies contribue au budget de l’État à hauteur de
2 milliards, même si cela ne clôt pas nécessairement la discussion.
Nous en débattrons au cours des semaines et des mois à venir mais à très court
terme, ce qui compte pour nous est le reste à vivre des Français et le prix
qu’ils paient réellement à la pompe. D’où la position du premier ministre et du
gouvernement, qui demandent à TotalEnergies, entre autres acteurs, de prolonger
le plafonnement actuel, qui permet à des millions de Français de faire le plein
à un coût moindre que s’il n’existait pas.
Quant au blocage, nous en avons déjà largement parlé. Dans la mesure où nous
évoluons au sein d’un marché international, l’instauration de blocages des prix
à la pompe risquerait d’entraîner des pénuries – vous
avez d’ailleurs évoqué ce risque.
Nous n’en demeurons pas moins très vigilants et engagés aux côtés des secteurs
les plus touchés – agriculture, pêche, BTP, transport, notamment.
Ainsi, le premier ministre a annoncé hier que pour faire face à l’augmentation
durable des prix que nous pouvons anticiper, il sera nécessaire de changer d’échelle.
> [Hostilités au Moyen-Orient / Intervention à
l’Assemblée] Les tensions au Moyen-Orient ont des conséquences directes sur la
filière plasturgie, en raison tout d’abord du coût de certains intrants comme
le polyéthylène et le polypropylène. Ce coût a augmenté entre 70 % et
130 %, sous l’effet de la hausse du prix du gaz notamment, le prix du gaz
étant lui-même passé de 35 euros par mégawattheure en moyenne l’année
dernière à 47 euros le mégawattheure ce matin. Il s’agit d’une hausse
importante et, je me permets de le dire, sans commune mesure avec ce que nous
avons connu en 2022 et en 2023. Cette évolution n’a pas déstabilisé les
installations de production uniquement en France et a touché plusieurs autres
usines européennes. Le sujet a immédiatement été suivi par Sébastien Martin,
qui a réuni les représentants de la filière le 13 avril dernier.
Sur cet enjeu de solidarité industrielle, nous voulons faire passer un message
simple : les plasturgistes français ne peuvent pas absorber seuls les
hausses de coûts, notamment de production. Le médiateur des entreprises a donc
été mobilisé et tout a été fait pour accompagner les discussions avec les
grands donneurs d’ordre de l’automobile et de l’emballage. L’objectif est de
répercuter la hausse des coûts de production, en particulier celle du prix du
gaz. Le ministre veillera bien entendu attentivement à l’évolution de la
situation.
> [Prix des carburants / Intervention à
l’Assemblée] Je vous remercie, madame la députée, d’avoir insisté sur le cas
des Françaises et des Français qui travaillent, particulièrement dans les
territoires ruraux : ils font beaucoup de kilomètres et supportent
difficilement l’augmentation des prix à la pompe. Nous partageons votre constat
et c’est pour cette raison que, dès les premiers jours, le premier ministre a
fait le choix de protéger d’abord les secteurs les plus exposés – vous
savez que ces secteurs représentent des emplois et des salariés, souvent précaires.
Nous avons ensuite décidé d’étendre le versement automatique du chèque énergie à
pas moins de 4,5 millions de personnes – une
aide de 150 euros en moyenne, pouvant s’élever jusqu’à 277 euros.
Nous avons enfin prévu cette aide pour les gros rouleurs, qui répond à vos
préoccupations : une aide aux travailleurs les plus modestes. Cette aide
ciblée concernera 3 millions de foyers.
Le premier ministre l’a dit : ces aides ne valent pas solde de tout
compte. Nous adapterons ces dispositifs, comme depuis de début de la crise. La
situation géopolitique et militaire est très incertaine et nous prendrons
d’autres mesures si la crise venait à durer, le plus respectueusement possible
des finances publiques, tout en restant à l’écoute des Françaises et des
Français les plus modestes et qui travaillent.
> [Audiovisuel public / Intervention au Sénat] Je partage votre position : il faut un
audiovisuel public fort, et non pas le démanteler contrairement à ce que
d'aucuns préconisent. Le rapport de la commission d'enquête, désormais public,
passe à côté de l'essentiel, notamment l'évolution de l'audiovisuel public dans
un paysage de transformation très rapide.
Le Gouvernement n'a pas attendu ce rapport pour y réfléchir.
Nos principes sont la confiance et l'exigence. Le Gouvernement a confiance
dans l'audiovisuel public pour produire une information de qualité et pour
jouer un rôle majeur dans la production audiovisuelle et cinématographique.
Un cadre pluriannuel exigeant a été défini l'an
dernier. Les prochains contrats d'objectifs et de moyens (COM), en cours
d'élaboration, seront présentés au Parlement cet été.
L'exigence d'efficience, de bonne gestion et d'exemplarité sera au cœur de ces
COM, afin que le secteur participe au redressement de nos finances publiques.
L'accent sera mis sur l'information, notamment locale, mais aussi sur l'accès à
la culture, avec la création audiovisuelle et cinématographique.
Le rapport de Bruno Lasserre contiendra aussi des propositions sur
l'impartialité.
Le Gouvernement est au travail pour construire
l'audiovisuel public de demain.
Nous allons continuer à le transformer, car nous connaissons sa richesse.
> [Audiovisuel public / Intervention au Sénat] À l'heure où une partie de l'extrême droite tente de préparer les esprits à une destruction méthodique de l'audiovisuel public, la position du Gouvernement est claire : nous défendons un audiovisuel public fort, ce qui n'empêche pas de questionner son fonctionnement actuel.
Au-delà des auditions de show qui ont fait le buzz, il faut reconnaître le travail de la commission d'enquête, avec plus de 200 heures de travail parlementaire. Je salue son président, Jérémie Patrier-Leitus. Notre parole est constante, le Premier ministre s'est exprimé sur le sujet.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Je crois au collectif et au partage de la prise de décision ! Arrêtons de
penser qu'une seule personne est responsable de tout dans le pays et discutons
ensemble au service des Français.
> Raffineurs, distributeurs, entreprises : face à la crise énergétique, chacun doit prendre sa part à cet effort collectif pour protéger les Français !
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Ce dont notre pays a besoin aujourd'hui c'est de confiance et d'espoir.
Voilà notre cap.
> La transition écologique doit être notre nouvelle fierté. Je suis convaincu d'une chose : l'avenir des technologies vertes s'écrira en France. Parce que la France a toujours été à la pointe de l'innovation. Nous avons tous les talents. Soyons fiers et donnons-nous les moyens de réussir.
> Il faut arrêter avec la morale et la culpabilisation écologique. Parce que défendre la transition, c'est défendre nos intérêts.
> Démographie, sécurité, écologie : on ne peut pas relever les défis de demain avec les outils d'hier. Nous avons besoin de réinventer profondément notre modèle.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Marine Le Pen, depuis sept ans, je dois vous reconnaître une grande
constance : celle de faire systématiquement le jeu de nos ennemis. Vous avez
soutenu de manière continue les énergies fossiles, celles que nous vendent pour
plus de 50 milliards d’euros chaque année des Trump et des Poutine. Vous avez
essayé de saboter l’industrie française de la batterie et de la voiture
électriques. Nous ? Avec le Président de région et le Président de la
République, nous avons créé la vallée européenne de la batterie : des milliers
d’emplois dans les Hauts-de-France. Vous évoquez la concurrence étrangère ? 7
voitures électriques sur 10 vendues en France sont françaises. C’est le
résultat d’une politique assumée que j’ai portée avec d’autres : au niveau
européen, la défense du contenu européen des productions industrielles et la
reconnaissance (enfin) du nucléaire. Au niveau national, l’écoscore et le
leasing social. Ce sont des voitures françaises pour moins de 100 euros par
mois qui ne craignent pas la hausse du prix du carburant pour des dizaines de
milliers de Français qui travaillent. Du concret ! J’ai à vrai dire un avantage
sur vous : je viens de l’industrie et j’ai toujours préféré l’action au
bla-bla. Comme nombre de mes collègues de Renaissance qui n’ont pas fait que
vivre de la politique.
> Je plaide pour un leasing social professionnel. C’est-à-dire mettre à disposition des personnes qui dépendent de leur voiture pour travailler un véhicule électrique à 100 euros par mois. C’est ce que nous avons fait avec le leasing social, et nous pouvons le cibler sur certaines professions, en particulier celles de « la première ligne ». Il me paraît légitime de les accompagner.
> Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’une crise de l’énergie comme en 2022, mais d’une crise du carburant. Le prix de l’électricité a à peine bougé en France, contrairement à l’Allemagne ou à l’Italie. C’est le résultat de la politique menée en 2022 : produire davantage d’électricité et réduire notre dépendance énergétique grâce au plan de sobriété. C’est une très grande force qu’a la France.
> Pour l'écologie, quand une direction est donnée et qu'on sait où on va, ça fonctionne, on peut convaincre. Ça a fonctionné sur le plan sobriété, ça a fonctionné sur la rénovation thermique, ça a fonctionné sur l'électrification.
> L’écologie devrait unir les Français autour d’attentes simples : mieux respirer, mieux se nourrir, être en bonne santé… En l’arrimant à Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier a fait le choix d’une écologie de confrontation, qui punit et fracture, nourrissant en réaction le vote des populistes. En servant de caution verte à Jean-Luc Mélenchon, elle rend possible en 2027 un face-à-face mortifère entre les extrêmes. Je crois au contraire, comme beaucoup d’élus de la droite raisonnable à la gauche responsable, à une écologie populaire. Une écologie qui protège sans punir, qui transforme sans brutaliser, qui crée de la richesse et de l’emploi en France. Une écologie qui obtient des résultats concrets.
Elisabeth Borne (députée)
> Seuls les extrêmes imposent aujourd’hui leurs idées dans le débat
public. À nous de démontrer que la démocratie est efficace face à la tentation
des régimes autoritaires.
> Je suis contre un exercice du pouvoir solitaire et vertical. Dans mon livre, je développe ma vision des Institutions du pays : celle où il n’y a plus de confusion entre le rôle du Président de la République et celui du Premier ministre, et où celui-ci, responsable devant le Parlement, «détermine et conduit la politique de la Nation».
> Il faut investir pour notre jeunesse. Cela fait des décennies que nous laissons filer nos dépenses sociales. Autant de ressources dont nous nous privons pour la recherche, la transition écologique, l’éducation, l’innovation ou encore l’insertion professionnelle. Nous devons donner à chacun la chance de trouver sa voie.
> J’ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance et de me mettre en retrait du bureau exécutif du parti. Je souhaite me consacrer pleinement à Bâtissons Ensemble, un espace ouvert ayant vocation à rassembler au-delà des partis de la gauche réformiste à la droite modérée, à animer le débat dans les territoires et à faire émerger des propositions concrètes au service des Françaises et des Français.
> Le débat public est saturé par les propositions des extrêmes. Dans ce livre, j’ai voulu montrer un autre chemin qui suppose que l’on se retrousse les manches et que l’on se rassemble de la gauche réformiste à la droite modérée, pour apporter de vraies réponses aux Français.
Charles Rodwell (député)
> L’Assemblée nationale a adopté, en première lecture, la proposition de
loi que je porte en mémoire de Philippine. Par ce vote, nous renforçons notre
arsenal pour lutter contre le terrorisme, pour allonger la rétention des OQTF
et pour prévenir les risques d’attentat. Ceci, dans un seul but : renforcer la
sécurité des Français, tout en protégeant leurs libertés publiques. Prochaine
étape : l’examen du texte au Sénat, avant son adoption définitive d’ici à l’été
!
Guillaume Gouffier Valente (député)
> [Site montrant des vidéos de femmes violées / Intervention à
l’Assemblée] Elles sont des milliers, des milliers de femmes filmées à leur
insu, droguées, agressées, violées, des milliers de victimes dont les images
circulent, s’échangent, se consomment. Une enquête récente a révélé l’existence
de véritables « académies du viol » en ligne. Sur ces plateformes,
des hommes ne se contentent pas de commettre des crimes : ils
s’organisent, s’encouragent, se forment mutuellement ; ils échangent des
conseils pour droguer leurs conjointes, les violer pendant leur sommeil, filmer
ces actes et les diffuser, mais surtout assurer leur impunité.
Sur le site pornographique Motherless, accessible à chacun d’entre nous depuis
son téléphone, plus de 20 000 vidéos montrent des femmes
manifestement endormies ou inconscientes, agressées, violées à leur insu, pour
une vingtaine de dollars le visionnage. En février 2026, ce site pornographique
a enregistré plus de 64 millions de visites et la France arrive en
quatrième position des pays utilisateurs. Adossées à ce site, des boucles
Telegram fleurissent. Dans ces groupes, les échanges sont explicites, assumés,
glaçants. Je cite : « Toujours commencer par une faible dose. Si ça
ne suffît pas, tu augmentes » ; « Deux comprimés et un peu
d’alcool, ça marche à tous les coups » ; « Je peux t’envoyer un
liquide, 150 euros la bouteille, sans goût, sans odeur. Elle ne se
souviendra de rien » ; « J’espère que j’ai pu vous aider.
Aujourd’hui et demain sont les meilleurs jours pour le faire. Bonne chance à
tout le monde ». Voilà ce qu’on peut lire !
Soyons clairs, ce que nous décrivons ici, ce ne sont pas des fantasmes ni des
dérives isolées, ce sont des viols aggravés, des actes de soumission chimique,
des crimes organisés, structurés, revendiqués, mais surtout totalement
banalisés. Ils s’inscrivent dans une réalité que notre pays a déjà connue avec
l’affaire des viols de Mazan. Malgré ce procès historique, des femmes sont
aujourd’hui encore violées dans leur sommeil et, disons-le haut et fort, par
leur conjoint, par un proche en qui elles avaient confiance : ce ne sont
pas des inconnus.
Christine Le Nabour (députée)
> [Emploi des jeunes / Intervention à l’Assemblée] L’avenir d’une
société dépend de l’investissement qu’elle consent pour sa jeunesse. Malgré les
mesures prises ces dernières années en faveur de la formation et de l’emploi
des jeunes, nous ne pouvons pas nous satisfaire de la situation actuelle. Un
jeune sur trois connaît une trajectoire marquée par le chômage ou l’inactivité
après ses études. Le chômage des jeunes, bien qu’au plus bas depuis quarante
ans, reste trop élevé. Le taux d’emploi des 15-24 ans demeure inférieur à
celui de nos voisins du nord de l’Europe, en particulier celui des moins de
19 ans et des peu qualifiés. Trop de jeunes ne sont ni à l’école, ni en
emploi, ni en formation.
Les raisons en sont multiples.
Tout commence à l’école. Le décrochage scolaire et universitaire est trop
souvent placé dans l’après et le jeune décrocheur est considéré comme seul
responsable de son décrochage. Nous devons mieux informer pour mieux orienter.
Trop peu de jeunes connaissent les métiers qui recrutent et le niveau réel
d’insertion à l’issue des formations, par exemple. Nous survalorisons le
diplôme et la formation théorique au détriment de l’expérience pratique et des
compétences. Nous savons tous que le lien entre les jeunes et le monde de
l’entreprise doit être favorisé le plus tôt possible. Au-delà de
l’apprentissage, nous devons permettre aux jeunes d’effectuer des stages, des
immersions, des missions intérimaires ou encore des missions de service public,
car ce sont des moyens de faire un premier pas dans l’entreprise. Nous devons
mieux anticiper l’avenir et adapter les formations aux besoins de recrutement
des entreprises.
Pour se former, chercher un emploi ou travailler, il faut en avoir les
capacités. Les acteurs du réseau pour l’emploi autour de France Travail, Cap
emploi et les missions locales doivent lever les freins à l’accès à l’emploi et
à la formation et trouver des solutions en matière de logement, de santé, de
mobilité, en particulier quand pour les métiers à horaires atypiques.
Enfin, continuons à soutenir et à financer celles et ceux qui les accompagnent
afin de ne laisser aucun jeune sur le bord de la route. Le gouvernement a
soumis en juillet 2025 au Conseil national pour l’emploi une stratégie
ambitieuse en faveur de l’emploi des jeunes.
Éric Bothorel (député)
> [Cybersécurité / Intervention à l’Assemblée] L’attaque contre l’ANTS
est inacceptable car elle a été simple, trop simple. Un mineur de 15 ans
met à mal le site où nous certifions nos pièces d’identité et nos
immatriculations. Ce ne sont pas des ingérences étrangères, pas des lois
extraterritoriales qui menacent nos données, mais un ado qui utilise des
vecteurs d’attaque d’une inquiétante banalité.
Cette attaque est révélatrice de nos fragilités structurelles. La France est
presque devenue le paradis des leaks, affirme le projet Arcadie. Nos
concitoyens ne vont pas donner en ligne la preuve de leur majorité pour se
connecter aux réseaux sociaux s’ils ont le sentiment que tout peut fuiter. De
même, les collectivités et les entreprises ne vont pas hausser leur niveau de
résilience si l’État n’arrive pas à assurer sa propre sécurité.
Vous avez décidé de reprendre la main en sifflant la fin de la récré et vous
avez annoncé des fusions de directions, mobilisé 200 millions
supplémentaires. Ce ne sera, hélas, pas suffisant. Nous devons à nos
concitoyens un réel filtre anti-arnaques en ligne, annoncé depuis près de
quatre ans et toujours remis à plus tard – promesse présidentielle et noyage administratif.
Nous devons également voter le projet de loi relatif à la résilience et au
renforcement de la cybersécurité, adopté à l’unanimité par la commission
spéciale en septembre dernier. Il s’agit de relever le niveau d’exigence pour
des milliers d’opérateurs d’importance vitale. C’est une urgence européenne et
opérationnelle. À l’heure où les voies d’eau se multiplient, ce n’est pas le
moment de claironner que nous ouvrirons des portes dérobées. N’en parlons pas
dans la loi ! C’est le plus sûr moyen de ne pas insulter l’avenir.
Notons aussi ce qui marche. À cet égard, je salue l’efficacité des armées et
l’opiniâtreté de la justice et de son parquet spécialisé, qui convoque Elon
Musk quand la Commission européenne tremble en pensant aux droits de douane. Je
veux aussi redire ma confiance dans le GIP Cybermalveillance. Quant à l’Anssi,
je m’inquiète d’apprendre qu’elle ne participera plus à la sécurisation de nos
systèmes d’information publics, comme vous l’avez annoncé. Mais alors qui le
fera ? Le filtre anti-arnaques est-il prêt ? Est-ce enfin une
véritable priorité ? Aurons-nous à discuter du projet de loi
« résilience » avant fin la fin de la session ? Ce ne sont là
que les premières pierres d’une France numérique sûre.
● MoDem
Josy Poueyto (députée)
> [Portée pédagogique des commémorations / Intervention à l’Assemblée]
J’associe à ma question mes collègues du groupe Les Démocrates, en particulier
Christophe Blanchet et Laurent Croizier.
Dans quelques jours, notre pays commémorera le 8 mai 1945 : la
victoire sur la barbarie nazie, mais aussi le souvenir de celles et ceux qui
ont payé de leur vie la défense de notre liberté.
Je souhaite vous interroger, monsieur le ministre de l’éducation nationale, sur
la portée pédagogique de l’organisation de ces cérémonies.
Il ne s’agit en effet pas seulement de se souvenir mais également de
transmettre : transmettre le sens de l’engagement, le prix de la paix, la
fragilité de nos démocraties. Sans remettre en question la qualité des
programmes ni l’engagement de nos enseignants, chacun voit que le contexte a
changé. Alors que l’Assemblée nationale examine le projet de loi actualisant la
programmation militaire et que, dans le même temps, le monde bascule vers une
instabilité croissante, je veux insister sur la nécessité de s’intéresser au
sens profond de cette journée.
Dans ce contexte, le 8 mai ne peut plus être une simple date
commémorative, il doit redevenir un moment de prise de conscience collective,
en particulier pour notre jeunesse. Dès 1981, année où le 8 mai est redevenu
férié, le ministre Jean Laurain appelait à mobiliser les médias et les esprits
pour expliquer le sens de cette journée.
Cette ambition reste plus actuelle que jamais. Nos jeunes sont en première
ligne face aux cyberattaques, aux manipulations de l’information et aux
stratégies d’influence qui fragilisent notre cohésion nationale. Si nous ne
sommes pas en guerre, nous ne sommes plus tout à fait en paix. Dès lors,
comment impliquer davantage nos jeunes, en particulier dans les écoles, non
seulement dans la préparation des commémorations du 8 mai, mais aussi dans
la compréhension des enjeux de défense qui caractérisent notre époque
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Les cinq dangers d’une défaite iranienne] Si incongrue
qu’elle paraisse, posons-nous la question. Quelle défaite devrions-nous
souhaiter ? Celle du régime iranien ou celle de Donald Trump ?
La République islamique a fait tant de victimes, tant créé de sous-traitants de
la terreur pour déstabiliser tout le Proche-Orient et partout frapper, si
obstinément marché vers l’arme nucléaire, tant ruiné son propre pays et si bien
su se faire haïr de son peuple qu’on ne peut évidemment que souhaiter sa chute.
Le plus tôt serait le mieux mais il n’y aurait pourtant pas que des raisons de
se réjouir si Donald Trump pouvait se targuer bientôt d’avoir fait tomber cette
dictature en lui déclarant la guerre.
Alors même qu’il perd aujourd’hui pied dans les sondages, ce président
conserverait sa majorité au Sénat et peut-être même dans les deux Chambres.
Nullement impossible, sa victoire ferait taire les Démocrates et tous ceux de
ses partisans qui lui reprochent d’avoir engagé l’Amérique dans une nouvelle
aventure militaire. Vous voyez bien, dirait-il, que l’épreuve n’a finalement
pas duré si longtemps et qu’elle en valait la peine. Vous voyez bien que
j’avais raison contre tous, martèlerait-il et, parallèlement, bien avant
novembre, bien avant que les électeurs ne se rendent aux urnes pour les
élections de mi-mandat, les prix baisseraient à la pompe et l’inquiétude
économique reculerait aux Etats-Unis comme dans le reste du monde.
Donald Trump reprendrait la main et, conforté sur sa scène intérieure, il
repasserait à l’offensive sur cinq fronts au moins.
Comme l’été dernier, il tenterait de contraindre les Ukrainiens de céder aux
Russes les parties du Donbass qu’ils revendiquent mais n’ont pas su s’adjuger
par les armes. Donald Trump ne se mettrait pas au service de la paix en
facilitant la conclusion d’un cessez-le-feu le long des lignes de front. Il
menacerait les Ukrainiens de les couper du renseignement américain pour leur
faire accepter la reddition qu’exige le Kremlin.
Dans ce qui deviendrait une alliance de revers contre nous, les Européens, il
ferait ainsi de nouveaux pas vers le Kremlin parce qu’il considère que l’Union
a été conçue pour « baiser, dit-il, les Etats-Unis » et
que son obsession est de la défaire en l’affaiblissant face à Poutine. L’un
voit dans l’Union un concurrent économique et politique qu’il ne doit pas
laisser s’affirmer. L’autre voit en elle un obstacle à la reconstitution de
l’Empire des tsars. Pour l’un et l’autre, l’Ukraine doit perdre cette guerre
afin que les Etats-Unis et la Russie puissent se partager l’Europe en zones
d’influence.
Le deuxième front que Donald Trump ne tarderait pas à rouvrir serait le
Groenland qu’il n’a aucunement renoncé à annexer.
D’ores et déjà relancé, son troisième front serait celui de la guerre
commerciale qu’il mène contre l’Union puisque l’Europe doit être à ses yeux un
marché divisé et non pas un partenaire politique avec lequel traiter d’égal à
égal.
Donald Trump, en quatrième lieu, s’acharnerait plus encore à détruire
l’Alliance atlantique en la décrédibilisant afin de permettre à la Russie
d’accroître sa pression sur l’Europe.
Quant au cinquième front sur lequel il s’investirait sans retenue, ce serait
celui des contre-pouvoirs de la démocratie américaine, presse et magistrature,
auxquels il s’attaquerait avec encore plus de force.
Défis pour l’Europe et recul de la démocratie américaine, il y aurait, en un
mot, beaucoup à craindre d’une victoire de Donald Trump en Iran. La défaite de
ce régime n’en est pas moins vitale pour 90 millions d’Iraniens, la
non-dissémination nucléaire et la stabilité d’une région essentielle. Pour nous
autres Européens, il ne s’agit en conséquence pas de rester spectateurs. Il
s’agit de nous préparer à l’une comme à l’autre de ces deux hypothèses et, pour
cela, de renforcer nos moyens de défense autrement plus vite que nous ne le
faisons, de multiplier nos alliances sur les cinq continents et d’enfin nous
affirmer en puissance politique. Il y a urgence.
Pascal Canfin (député)
> En juillet dernier, je lançais la Plateforme Progressiste avec Sarah Faivre,
maire dans l’une des communautés de communes les plus rurales de France dans le
Doubs, et Eric Hazan économiste, spécialiste de la tech et de l’IA.
Notre objectif : créer un espace de dialogue au sein de l’arc progressiste pour
réunir les conditions d’une coalition capable de faire 25% au premier tour de
l’élection présidentielle de 2027, puis de gouverner ensuite. Avec une
conviction forte : ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise.
Depuis nous avons travaillé !
Des conférences de consensus, réunissant à chaque fois autour de 200 à 300
personnes, ont fait la preuve que des citoyens représentatifs de l'arc
progressiste dans sa diversité pouvaient se mettre d’accord sur un chemin
commun. Par exemple, sur une trajectoire de rétablissement des comptes publics
avec des mesures largement soutenues, certaines venant de la gauche comme la
taxation des ultra riches pour 5 milliards d’euros, d’autres venant du centre
comme le gel des dépenses publiques pendant deux ans.
Nous avons également démontré un large soutien à une méthode différente de
gouvernement pour rendre plus de pouvoir de décision aux Français. Nous avons
testé plusieurs options :
- Davantage de référendums ? 44 % sont pour, 44 % contre.
- Organiser dix conférences de consensus pendant le quinquennat, sur la
fiscalité des plus riches ou l’immigration de travail par exemple ? 60 % sont
d’accord.
- Troisième option : le président s’engage non seulement à organiser ces
conférences de consensus, mais aussi à faire trancher leur résultat par
référendum. Là, le soutien atteint 88 %.
Autrement dit, l’intelligence collective produit un compromis, puis les
Français décident. Ainsi, on peut recréer un contrat de confiance.
Contrairement aux fonctionnement habituels des partis politiques, nous mettons
en œuvre une autre méthode : qui dépolarise et met l’accent sur les mesures qui
rassemblent et non sur celles qui divisent.
Alors que le RN est le favori de la prochaine élection présidentielle, il est
hors de question de se résigner à voir la France tomber entre les mains des
alliés de Trump et de Poutine, et mettre ainsi à mal notre indépendance et
notre démocratie.
Plus que jamais, un espace de dialogue entre les progressistes est
indispensable, pour créer les conditions de la victoire et redonner des raisons
d’espérer.
Grégory Allione (député)
> Le futur budget européen se joue maintenant, ce matin nous avons
adopté en commission EMPL notre avis, dont je suis rapporteur, sur le fonds de
compétitivité européen. De quoi parle-t-on ? D'un instrument de 409 milliards
d'€, soit 21 % du futur budget de l'Union européenne pour la période 2028-2034.
Quatre priorités : transition propre ; leadership numérique ; Résilience,
défense et espace ; Agriculture, santé et biotechnologies. C'est l'un des
chantiers majeurs du prochain budget européen. On y retrouve 3 de mes priorités
:
- Au moins 7 % du budget consacré au développement des compétences. Pas de
réindustrialisation sans formation de nos citoyens. Ce financement sera
directement lié aux investissements industriels soutenus.
- Des mesures temporaires de résilience en cas de crise. Quand une urgence
frappe nos chaînes de valeur stratégiques, l'Europe doit pouvoir réagir vite,
protéger ses capacités productives et préserver l'emplois. Nous l'avons inscrit
dans les objectifs du Fonds.
- Une préférence européenne assumée. Quand l'argent des européens finance
l'innovation industrielle, cela doit profiter d'abord à nos industries, à nos
emplois, à nos territoires. Ce travail est celui du compromis, et pour cela je
remercie les rapporteurs fictifs des autres groupes pour leur engagement sur ce
dossier exigeant. Premier pas franchi en EMPL. Prochaine étape : l'adoption en
commission ITRE le 10 septembre.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan) > La France compte plus de décès que de naissances : c’est une bascule. Ce n’est pas le chèque qui fait l’enfant. Mais il y a des mesures efficaces !
> [Editorial à la note du Plan «Baisse de la
natalité : adapter les politiques familiales sans normer les choix»] Le recul
démographique apparu en 2025, avec pour la première fois depuis la Libération
un solde naturel négatif (des décès plus nombreux que les naissances), est,
pour la France et les Français, un double choc. Un choc psychologique
collectif, d’abord.
Notre conscience nationale reste imprégnée de l’idée que notre pays est sur ce
plan atypique, avec une bonne ‑ natalité : en réalité, le nombre de naissances enregistré
en 2025 est inférieur d’un quart à son niveau de 2010 ; avec ce solde naturel
négatif, nous avons rejoint un club (très) majoritaire, celui des vingt pays de
l’UE qui sont dans la même situation (en Allemagne, le solde naturel est
négatif depuis 1972 !). Un choc substantiel, surtout, car toutes les politiques
publiques, toute notre économie et notre société, en sont affectées : dans
notre système éducatif, notamment, 6 000 écoles maternelles et primaires ont été
fermées en quinze ans (entre 2010 et 2024), dont 2 000 dans des communes qui ne
comptaient qu’une seule école – et cette marée descendante ‑ se poursuit.
Face à ce constat encore mal digéré, les actions de soutien à la natalité sont
utiles et (re)prennent une place croissante dans le débat. Cette note inédite,
via des comparaisons européennes détaillées, tord le cou à la double idée qu’il
y aurait une mesure magique (allocations, allègements fiscaux…) et que le seul
niveau de dépenses en faveur de la politique familiale déterminerait la courbe
des naissances. Ce n’est pas le chèque qui fait l’enfant. Le cas hongrois en
fournit l’exemple. Bien davantage, ce sont la cohérence et la stabilité d’une politique
favorisant les choix familiaux qui facilitent le passage d’une envie d’enfant à
un projet d’enfant : accompagnement et soutien pour l’accueil du jeune enfant,
congés de naissance ou parentaux bien calibrés (relativement courts, bien
rémunérés et mieux partagés), développement des modes de garde… À cet égard, le
modèle français, qui s’est enrichi et élargi depuis la création des outils
d’après-guerre (allocations familiales, quotient familial), reste bien
positionné ; le congé supplémentaire de naissance ‑, qui entre en vigueur au
1er juillet, le renforcera. Une fois cette réforme mise en place, voire améliorée,
une simplification rapide puis une stabilité des dispositifs donneraient plus
d’impact à la politique familiale française. Des pays qui sont allés plus loin
dans cette logique de combinaison des dispositifs et de soutien équilibré aux
parents, telle la Suède, offrent des exemples éclairants.
Soyons lucides : inverser la courbe ne se décrète pas, et même des
dispositifs utiles ne remplacent pas – et ne doivent pas chercher à le faire –
des choix individuels et familiaux ; pour faciliter la réalisation des projets
d’enfant, d’autres leviers, tel l’accès au logement, comptent aussi. Mais il
faudra nécessairement, dans les années qui viennent, ‑ affronter la courbe du
décrochage démographique. Cet hiver de la démographie est un phénomène profond,
européen et même mondial. Comme le font davantage ses voisins, notre pays devra
ainsi ouvrir le débat sur les trois seules réponses concrètes à ce décrochage durable,
en posant comme hypothèse la préservation de notre modèle social : être plus
productifs, par la robotique ou l’IA par exemple ; travailler plus, par la
réduction du chômage et l’augmentation de la durée de travail au long de la vie
(âge de la retraite…) ; accueillir davantage, d’immigration de travail. Le
choix est politique, au sens noble du débat ouvert et de la décision
démocratique. Mais la France ne pourra pas écarter ces trois options à la fois,
en complément d’une politique familiale adaptée. Trois totems ou trois tabous,
cela fait trop pour résoudre un même problème.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Les prédateurs sévissent partout. Toutes les 3mn, un enfant est victime de
violences sexuelles. Grâce à la vérification des antécédents judiciaires en
Bretagne, près de 100 personnes ont été écartées des secteurs de la petite
enfance et de la protection de l’enfance.
> Faire du jeu vidéo un outil éducatif et du e-sport un levier de pédagogie, oui. À une condition : accompagner, réguler et fixer des repères. Comme toujours avec les écrans, tout est une question de temps, de contenu, d’accompagnement et d’usage.
> Les plateformes ont une responsabilité : réguler, modérer, protéger. Aujourd’hui, elles ne le font pas assez. Résultat : nos enfants sont exposés aux dangers. Cette interdiction aux - de 15 ans a pour but de les protéger tant que les conditions de sécurité ne sont pas réunies.
> Apprendre à bien utiliser le numérique, c’est aussi protéger nos enfants en ligne et leur donner les clés pour grandir en sécurité.
