mardi 24 février 2026

La Quotidienne centriste du 24 février 2026. Quatre ans de crimes de Poutine en Ukraine


Le 24 février 2022, Vladimir Poutine envoyait ses soldats à la conquête de l’Ukraine.

Quatre ans après, il est très loin d’avoir réalisé son objectif.

Nous rentrons ainsi dans la cinquième année de cette agression qui a causé des centaines de milliers de morts (on estime que 325.000 soldats russes ont été tués contre plus de 100.000 du côté Ukrainien avec un bilan global de 1,8 million de morts, de blessés et de disparus, militaires et civils) avec peu de perspectives de paix dans un avenir proche même si Donald Trump plus ami de Poutine qu’allié de l’Ukraine fait tout ce qu’il peut pour donner la victoire au dictateur russe.

Si ce dernier n’a pas réussi sa soi-disant «opération spéciale», c’est aussi parce que les Européens se sont mobilisés pour soutenir les Ukrainiens tout comme l’ont fait les Etats-Unis jusqu’à la victoire de l’extrémiste populiste à la présidentielle américaine de novembre 2024.

Sans oublier évidemment le leadership de Volodymyr Zelensky et le courage extraordinaire du peuple ukrainien.

Au-delà d’une commémoration en l’honneur de la résistance héroïque de l’Ukraine et de ses morts, ce quatrième anniversaire doit être celui de l’engagement encore plus important de l’Europe aux côtés de Kiev alors que les «ennemis de l’Intérieur», tels le Hongrois Orban ou le Slovaque Fico, tentent d’empêcher le versement de l’aide qui est essentielle pour que le pays soit en mesure d’empêcher une victoire russe qui serait catastrophique pour tout le continent.

C’est en ce sens qu’Emmanuel Macron a posté ce matin un très long message sur les réseaux sociaux:
«Cela fait quatre ans que l’Europe s’est réveillée au bruit des bombes russes en Ukraine.
Quatre ans d’une guerre d’agression choisie par la Russie, au mépris flagrant du droit international, de la souveraineté d’un peuple, et de la vie humaine.
Quatre ans de villes frappées, d’écoles et d’hôpitaux détruits, d’infrastructures énergétiques méthodiquement ciblées pour plonger des familles dans le froid et l’effroi.
Quatre ans, 15 000 civils ukrainiens tués.
Quatre ans de vies brisées, de violences, de viols, de tortures, de crimes de guerre et de terreur.
Quatre ans, et des milliers d’enfants ukrainiens arrachés à leur terre et à leurs familles.
Mais quatre ans que l’Ukraine tient et résiste.
Un jour, les Russes prendront conscience de l'énormité du crime commis en leur nom, de la futilité des prétextes invoqués et des effets dévastateurs à long terme sur leur pays. Alors que le Kremlin promettait de conquérir l’Ukraine en quelques jours, seulement 1 % du territoire ukrainien a été conquis depuis la stabilisation du front en novembre 2022.
Le mois dernier, l’Ukraine a même repris du terrain. Et cela à quel prix pour les Russes ? Plus de 1,2 million de soldats russes ont été blessés ou tués, c’est le plus grand nombre de victimes russes au combat depuis la Seconde Guerre mondiale. Face aux pertes, la Russie enrôle des individus sur le continent africain pour les envoyer combattre sur le front ukrainien, souvent sans aucune formation préalable.
Cette guerre est un triple échec pour la Russie : militaire, économique, stratégique. Elle a renforcé l’OTAN dont elle voulait éviter l’expansion, soudé les Européens qu’elle voulait affaiblir, et mis à nu la fragilité d’un impérialisme d’un autre âge. Parce que l’Ukraine est la première ligne de défense de notre continent, la France et l’Europe se tiennent résolument à ses côtés. Aide financière, militaire, humanitaire et énergétique : l’Europe a déjà mobilisé 170 milliards d’euros.
Lors du Conseil européen de décembre, nous nous sommes mis d’accord sur un prêt de 90 milliards d’euros pour garantir à l’Ukraine un financement prévisible sur les deux prochaines années. Rien ne justifie de le remettre en cause. Nous devons désormais le concrétiser.
Les livraisons de matériels et de munitions, la formation, le renforcement de la défense aérienne et de la lutte anti-drones, et le soutien aux équipements déjà fournis se poursuivront. Pour que l’Ukraine tienne et pour que la Russie comprenne que le temps ne joue pas pour elle.
Nous continuerons également à nous en prendre à l'économie de guerre russe : nous tiendrons le cap sur les sanctions et nous poursuivrons nos actions contre la flotte fantôme.
Parce qu'il n'y aura pas de paix sans sécurité et que notre sécurité se joue en Ukraine, nous continuerons de nous engager au sein de la Coalition des Volontaires.
À Paris le 6 janvier dernier, nous avons bâti une convergence solide avec les États-Unis sur les futures garanties de sécurité.
La nouvelle réunion d'aujourd'hui doit nous permettre de continuer à avancer.
Nous veillerons également à ce que les intérêts des Européens soient bien pris en compte dans les discussions, y compris le moment venu quand il sera question de l'architecture de sécurité nécessaire pour notre continent.
Aux Ukrainiennes et aux Ukrainiens : nous pensons à vous avec émotion. À vos familles éprouvées, à vos enfants, à celles et ceux qui résistent sous les frappes. À ceux qui croient pouvoir compter sur notre fatigue : ils se trompent.
Nous sommes et resterons aux côtés de l'Ukraine.»

Quant à Volodymyr Zelenski, il a déclaré dans un message vidéo:
«Aujourd’hui, cela fait exactement quatre ans que Poutine était censé prendre Kiev en trois jours. Et cela en dit long sur notre résistance, sur la manière dont l’Ukraine se bat depuis tout ce temps. Derrière ces mots, il y a des millions de nos concitoyens, un immense courage, un travail acharné, de l’endurance et le long chemin que l’Ukraine parcourt depuis le 24 février.
En nous souvenant du début de l’invasion et en regardant la situation aujourd’hui, nous avons pleinement le droit de dire : nous avons défendu notre indépendance, nous n’avons pas perdu notre Etat, Poutine n’a pas atteint ses objectifs. Il n’a pas brisé les Ukrainiens. Il n’a pas gagné cette guerre. Nous avons préservé l’Ukraine et nous ferons tout pour parvenir à la paix, et pour que justice soit faite. Nous voulons la paix, une paix forte, digne et durable.»

 

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