dimanche 23 avril 2017

Présidentielle 2017. Macron: «rassembler tous les Français» pour «ouvrir une nouvelle page politique»

Emmanuel Macron au soir du premier tour
«Aux millions de Français et de Françaises qui ont voté pour moi je leur dit merci», a déclaré Emmanuel Macron au soir du premier tour de la présidentielle où il arrive en tête de tous les candidats.
Dans ce discours de victoire, Emmanuel Macron a parlé d’«une joie grave lucide qui m’habite» avec «l’exigence de l’optimisme».
Pour lui, c’est «l’espoir français» qu’il veut «faire gagner dans quinze jours», cette «voie de l’espoir pour notre pays et pour l’Europe» car, désormais, «l’espoir pour la France n’est pas un rêve ou une lubie mais une volonté».
Il s’est en outre félicité de la «vitalité démocratique» du pays qui a massivement voté.
Il a ajouté, «la tâche sera immense, j’y suis prêt» précisant que «le combat pour être digne de conduire notre pays commence ce soir et nous le gagnerons».
Pour cela, il a dit que son devoir est désormais «de rassembler tous les Français», «de rassembler plus largement encore, de réconcilier les Français pour gouverner dans 15 jours».
«J’ai besoin de votre vote, j’ai besoin de votre confiance» a-t-il dit en s’adressant «à tous les citoyens de France. Je sais vos attentes, je souhaite devenir votre président, le président de tout le peuple de France, le président des patriotes face à la menace des nationalistes».
Un président, a-t-il poursuivi, «qui protège, transforme, qui construit, qui permet à ceux qui veulent innover et travailler de le faire et plus vite, qui protège les plus fragiles et ceux qui sont bousculés par la vie grâce à la solidarité».
Selon lui, «le défi» lors du second tour, «n’est pas de voter contre qui que ce soit mais de rompre avec le système qui a été incapable de répondre aux défis de notre pays depuis plus de 30 ans».
Pour cela, il veut «ouvrir une nouvelle page politique et agir pour que chacun puisse avec justice et efficacité trouver sa place en France et en Europe».
Une de ses ambitions est de «construire une majorité de gouvernement de transformation nouvelle avec de nouveaux talents où chacun aura sa place» afin de mettre en place un «renouveau politique».
Il a également remercié tous ses soutiens et les militants d’En marche!: «ce soir je vous le dois et je le sais. (…) Il vous revient de poursuivre cet engagement vibrant jusqu'au bout et au-delà».
Enfin, il a remercié Benoit Hamon et François Fillon de s’être prononcés en sa faveur», tout en faisant applaudir tous les autres candidats du premier tour.


Alexandre Vatimbella


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L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. L’espoir Macron et le péril Le Pen

L’espoir d’abord avec la première place d’Emmanuel Macron au premier tour de cette présidentielle comme tous les sondages – qui avaient donc raison n’en déplaisent à certains commentateurs et médias en quête de sensationnel – le prévoyaient déjà depuis plusieurs semaines.
Le candidat de l’espace central et peut-être de l’axe central si, comme il faut l’espérer, il parvient à réunir d’Alain Juppé à Manuel Valls avant ou après les législatives, a donc réussi son pari fou d’être le favori pour devenir le prochain président de la république alors même qu’il était inconnu des Français voici deux ans, en proposant un projet centro-compatible, pro-européen et d’une société ouverte face à tous les autres candidats qui prônaient peu ou prou un repli économique, sociétal et identitaire.
Les centristes mais aussi tous les partisans d’une démocratie républicaine libérale et sociale ont de quoi être heureux que l’avenir de la France puisse s’écrire à l’encre de l’espoir et de l’unité.
Des centristes qui voient enfin la possibilité de réaliser cette société du juste équilibre qu’ils attendent depuis des années et qu’on leur avait dit impossible du fait des institutions de la V° République.
Mais il y a également un revers à la médaille de la satisfaction, la péril avec la haine, le repli, le populisme, la démagogie et l’extrémisme représentés par Marine Le Pen, l’héritière de Jean-Marie, qui sera donc au second tour et qui a réuni plus de 20% des voix, un score malheureusement «historique» dans le mauvais sens du terme même s’il est en retrait par rapport à celui des européennes et des régionales du Front national, ce qui est une bonne nouvelle.
Le choix donc pour un centriste mais aussi un démocrate et un républicain est d’une simplicité limpide, d’une responsabilité évidente et sans équivoque, c’est de voter Emmanuel Macron, avec un vote positif pour son projet ce qui fera barrage du même coup à l’extrême-droite dont les premières réactions après les résultats sont à l’image de ces personnages malfaisants pour notre pays que l’on voit graviter autour du clan le Pen comme des vautours qui attendent de se servir au dépends de la France.
Sans oublier la malhonnêteté de Marine Le Pen qui aurait du être mise en examen pour détournements de fonds publics – alors qu’elle veut gérer l’argent du pays! – si elle avait respecté la justice de son pays, c’est-à-dire si elle avait voulu être digne d’occuper la plus haute fonction politique de celui-ci.
Notons avec tristesse les réactions venues du camp Mélenchon qui en est à refuser la clarté des résultats, nous rappelant que, oui, comme je l’ai écrit ici, que l’extrémisme de gauche et aussi peu démocratique que celui de droite


Présidentielle 2017. Estimations de 20h: Macron en tête et qualifié pour le second tour avec Le Pen

Emmanuel Macron
Voici les premières estimations des instituts de sondage qui donnent tous Emmanuel Macron en tête, qualifié au second tour où il retrouvera Marine Le Pen:
- Ifop
Emmanuel Macron à 23,8%, Marine Le Pen à 21,6%, François Fillon à 20,3%, Jean-Luc Mélenchon à 19,6%, Benoit Hamon à 6%.
- Ipsos
Emmanuel Macron à 23,7%, Marine Le Pen à 21,7%, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon à 19,5%, Benoit Hamon à 6,2%.
- Elabe
Emmanuel Macron à 23,7%, Marine Le Pen à 22%, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon à 19,5%, Benoit Hamon à 6,5%, Nicolas Dupont-Aignan à %, Philippe Poutou à %, Jean Lassalle à %, tous les autres candidats à 1% ou moins d’intentions de vote.
- Kantar Sofres
Emmanuel Macron et Marine Le Pen à 23%, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon à 19%.

Alexandre Vatimbella


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Actualités du Centre. Borloo n’est pas venu à la rescousse de Fillon

Jean-Louis Borloo
Personne ne sait pour qui va voter Jean-Louis Borloo en ce premier tour de l’élection présidentielle.
Et c’est bien ça le problème pour François Fillon qui a tenté désespérément de faire dire à Borloo qu’il le soutenait afin d’avoir une caution «centriste» autrement plus solide que celle des seconds couteaux de l’UDI.
Mais l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy n’a pas voulu se déclarer pour un homme politique qu’il n’apprécie pas, qui a manigancé à son encontre, surtout qui n’est pas sur sa ligne politique.
Car, sur ce dernier point, Jean-Louis Borloo, comme il l’a expliqué lors d’interviews, notamment au quotidien Le Monde, partage nettement plus celle d’Emmanuel Macron de réunir une partie de la Droite et de la Gauche avec le Centre pour mener une politique progressiste et non de mettre le cap à droite toute, projet de Fillon – mais il n’a pas, non plus, appelé à voter pour le leader d’En marche!
Quoi qu’il en soit, cela n’a pas empêché le camp Fillon de faire de manière éhontée de l’intoxication en faisant croire, sans en apporter la moindre preuve, que Borloo voterait pour le candidat LR.
Pire, François Fillon s’est permis de dire et redire qu’il parlait tous les jours avec l’ancien président et fondateur de l’UDI et qu’ils partageaient le même point de vue alors même que dans ses rares sorties médiatiques ce dernier a dit le contraire…
De même, l’organe officiel de LR lors de cette élection, Le Figaro, a tenté maintes fois d’accréditer la thèse d’une prochaine prise de parole de Borloo pour soutenir Fillon, ce qui ne s’est jamais produit.
Devant son silence, le quotidien de droite n’a pas cessé de suggérer en utilisant systématiquement la formule «selon ses proches» (!), sans en apporter également la moindre preuve, qu’il voterait tout de même pour l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy.
Plus, il a même prétendu, que Borloo se tenait à la disposition de Fillon en cas de victoire de ce dernier.
Comme Jean-Louis Borloo est demeuré silencieux alors même que sa prise de parole aurait beaucoup aidé François Fillon qui, rappelons-le, est à la troisième, voire à la quatrième place, dans les sondages et donc non-qualifié selon leurs résultats pour le second tour, on peut supposer qu’il ne le soutient pas jusqu’à ce qu’il dise le contraire dans une déclaration publique et non l’inverse.
Pour autant, rien ne dit que le soutien public de Borloo aurait changé la donne dans les sondages et aurait suscité une dynamique de vote en faveur de Fillon chez les centristes dont une majorité va voter Macron et une forte minorité va choisir le candidat LR.
En revanche, cette insistance et cette tentative d’embrigader Jean-Louis Borloo en dehors même de sa volonté a démontré que le candidat LR était aux abois.
Ainsi, il n’a cessé d’affirmer dans la plupart des médias qu’il avait une relation proche avec Borloo, l’ayant au téléphone tous les jours.
Or, Borloo – qui, sur ce point, s’était exprimé publiquement – avait expliqué que tous ceux qui prétendaient l’avoir au téléphone quotidiennement étaient des menteurs!
Quoi qu’il en soit, cette insistance à vouloir s’accaparer sans succès Borloo au premier tour démontre surtout que le vote centriste sera crucial pour la qualification au second tour qui se joue aujourd’hui, et qu’il pourrait faire la différence en cas d’un duel Macron-Fillon le 7 mai, ce qui est une bonne nouvelle pour le Centre et le Centrisme.