lundi 24 juillet 2017

Actualités du Centre. Critique du pouvoir: Lagarde et Morin remplacent Bayrou dans les médias

Jean-Christophe Lagarde & Hervé Morin
Lors des deux derniers quinquennats, les médias avaient un très bon client, François Bayrou, que l’on pouvait inviter à tout moment pour être le critique et le censeur le plus acerbe de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.
Mais, désormais, le président du Mouvement démocrate fait partie de la majorité présidentielle, en tout cas, pour le moment…
Dès lors, il y avait une place à prendre du côté du Centre et celle-ci a été prise par le duo des frères ennemis, Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin.
Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, on ne compte plus – surtout pour le premier nommé – leurs apparitions dans les médias où ils sont sollicités sans cesse sur tout et n’importe quoi.
Ni l’un, ni l’autre n’avaient eu cette tribune dans la presse de leur vie.
La seule différence entre les critiques de Bayrou et les leurs, c’est que ces dernières s’adressent à un président centriste.
De plus, il n’en est qu’au début de son mandat, c’est-à-dire qu’il s’agit souvent plus de procès d’intention que d’analyses et de jugements sur l’action politique.
Quant aux contradictions par rapport aux positions centristes, notamment celles défendues par l’UDI depuis longtemps, ils n’en ont cure.
Ainsi, ils ne se sont pas privés de sen prendre à l’annonce de toutes les économies budgétaires alors que l’un et l’autre ont critiqué depuis des années les dérives des finances publiques, voulant même inscrire dans la Constitution l’obligation d’un budget en équilibre, proposition de Charles de Courson, député de l’UDI.
De même, leurs apparitions sont systématiquement à charge – même si un enrobage veut faire croire le contraire – ce qui pose la question sur l’opposition «constructive» dont l’UDI a affirmé vouloir en faire sa ligne directrice pour les cinq prochaines années.


dimanche 23 juillet 2017

L’Humeur du Centriste. Macron: fin d’un état de grâce qui n’a jamais existé!

Emmanuel Macron
Il parait qu’il existe un état de grâce ainsi qu’un délai de 100 jours qui permet aux présidents et premiers ministres de la planète de faire ce qu’ils veulent juste après leur élection avant que le peuple, soudainement, se réveille de sa léthargie post-électorale, (re)devienne sceptique et rue à nouveau dans les brancards.
Seulement voilà, personne n’a jamais prouvé réellement leur existence.
Pire, les mêmes qui nous expliquent que l’état de grâce d’un tel est terminé, nous affirment dans le même temps que cette période dorée n’existe pas en réalité...
Ou, en tout cas, qu’il n’existe plus depuis que le temps politique s’est totalement identifié au temps médiatique, c’est-à-dire que le buzz empêche désormais un quelconque état de grâce et, dans la foulée, 100 jours pour réformer.
Ni Jacques Chirac, ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande, ni Tony Blair, ni Gordon Brown, ni David Cameron, ni Theresa May, ni Gerhardt Schroeder, ni Angela Merkel, ni George W Bush, ni Barack Obama, ni Donald Trump n’en ont bénéficié, nous ont dit les experts, tout juste après avoir annoncé qu’il venait de se terminer pour eux!
Même chose pour Emmanuel Macron.
Aujourd’hui, les médias font leur gros titre avec la fin de l’état de grâce pour le nouveau président de la république avec chute dans les sondages, problème avec l’armée et annonce de mesures impopulaires qui font réagir tous les bons vieux corporatismes.
Mais ils l’avaient déjà annoncé quasiment le lendemain de son élection…
Prenez les baromètres de popularité.
Tandis que Macron était très haut dans celui du JDD et dans lequel il vient de perdre dix points, ce qui permet le déchaînement médiatique du jour, il était déjà bas dans d’autres ce qui permettait aux journalistes de dire, à l’époque, qu’il n’avait pas bénéficié d’un état de grâce, ce qui prouvait, selon eux, qu’avec plus de 66% des voix, il avait été mal élu!
Je veux bien qu’il faille vendre du papier ou faire du taux d’écoute et que Macron soit un bon client.
Néanmoins, je ne me résous pas à accepter que le besoin d’attirer l’attention – et donc l’argent – fasse que la politique du pays soit otage de n’importe quel sondage ou analyse qui contredit celle de la veille et qui est contredite par celle du lendemain.
Cela rappelle une autre pratique particulière des médias.
A longueur de temps, ils critiquent les politiques parce qu’ils ne prennent pas les mesure et ne font pas les bonnes réformes.
Ils n’ont pas de mots assez durs sur l’Etat qui dépense l’argent qu’il n’a pas.
Et puis, lorsque le pouvoir en place propose des économies et des coupes budgétaires, les voilà qui s’indignent.
C’est ce qui vient de se passer pour le budget de l’armée mais également pour le rabot de cinq euros par mois sur les allocations logement.
Je continue à penser que la politique vaut mieux que cela même si je suis peut-être le seul encore dans ce cas-là.

Centristement votre.

Le Centriste

vendredi 21 juillet 2017

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Ce qui se passe aux Etats-Unis est très grave

Pour qui se tient au courant de ce qui se passe aux Etats-Unis, l’inquiétude est sans aucun doute le premier sentiment qui l’envahit mais il y a aussi cette rage devant ce que Trump, sa famille et ses amis sont en train de perpétrer avec la bénédiction d’une grande partie des électeurs républicains.
Heureusement, une grande majorité de la population américaine rejette désormais le démagogue milliardaire qui est le président avec le taux le plus bas d’approbation de toute l’Histoire du pays après six mois à la Maison blanche.
La malhonnêteté, la corruption, le mélange des genres, l’illégalité, l’incurie et la grossièreté de la présidence Trump est une tâche qui restera indélébile sur la démocratie américaine dans l’Histoire.
Une présidence qui a été rendue possible par un système électoral d’un autre âge que les Américains doivent absolument modifier.
Heureusement, elle pourra n’être qu’un épisode à ne jamais rééditer.
Cependant, elle aura démontré que n’importe qui peut prendre le pouvoir de la première démocratie mondiale avec l’appui d’une populace haineuse et d’une partie du peuple qui s’est autant trompé qu’il a été trompé par un personnage dont la suffisance, la haine et la limite intellectuelle ont été pourtant étalées au très grand jour pendant plus d’un an qu’a duré la campagne présidentielle.
Il est trop tôt pour interpréter avec recul et la profondeur nécessaire cet événement gravissime mais tout ce qui se passe depuis le vote du 8 novembre 2016 confirme les plus sombres prédictions à propos de la présidence Trump.
De ce point de vue, il n’a déçu personne!
Ce qui se passe aux Etats-Unis impacte évidemment ce qui se passe dans le monde.
Sans oublier tout la réflexion que cela impose sur le fonctionnement de nos démocraties républicaines et sur leurs fragilités constitutives qui nécessitent sans répit une protection et une défense exigeantes.
Néanmoins, on n’a pas encore trouvé comment faire en sorte qu’une démocratie ne soit pas à la merci du populisme, de la démagogie, voire pire, comme l’Histoire nous l’a malheureusement appris à plusieurs reprises.
Il faut continuer, sans relâche à responsabiliser et éduquer les citoyens afin d’éviter qu’ils ne fassent passer leurs réactions épidermiques et leurs ressentiments avant la raison et la réflexion.
On en finirait pas de lister les comportements et les décisions honteuses prises par Trump et son entourage.
Tous les jours on apprend quelque chose à ce propos.
Alors que le scandale de l’aide russe en sa faveur lors des élections se referme petit à petit sur lui, sa nouvelle invention est de salir le plus possible les enquêteurs du procureur spécial nommé dans cette affaire en utilisant, en plus, les fonds publics pour cela…
Sans oublier que toute sa famille s’est largement enrichie depuis les six mois de sa présidence grâce à leurs positions à Washington.
Tout cela pose une question très dérangeante pour nous Français et plus particulièrement pour les centristes.
Comment notre président, proche du Centre et admirateur de Barack Obama, peut se commettre avec tant d’impudeur et de candeur avec un personnage comme Donald Trump, l’appelant même son «ami»?
C’est inacceptable.
Ici, il faut souligner l’attitude beaucoup plus digne d’une Angela Merkel qui, tout en sachant qu’il faut bien traiter avec Trump puisqu’il est le président légitime des Etats-Unis, garde ses distances et distille ses critiques salutaires envers le populiste démagogue.
Oui, le combat contre Donald Trump, contre tous les populistes démagogues, contre tous les politiciens malhonnêtes doit continuer.
Et il doit être porté par les centristes.


Une Semaine en Centrisme. Quel avenir pour François Bayrou?

François Bayrou
Alors que l’il vient d’être annoncé l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation de trois juges pour s’occuper de l’affaire des faux attachés parlementaires européens du Mouvement démocrate et que l’enquête va se focaliser sur des soupçons d’abus de confiance et d’escroqueries, on peut se demander quel peut être l’avenir de François Bayrou.
Alors que celui-ci avait été enterré lors de l’élection présidentielle de 2012 au cours de laquelle il n’avait pas réussi à dépasser la barre des 10% des voix (une défaite puisqu’en 2007 il avait atteint 18,57%) et qu’il avait perdu, dans la foulée, son siège de député, il avait réussi un improbable retour grâce à l’aide d’Alain Juppé qui lui permettait de devenir maire de Pau mais aussi de cette sorte de fidélité des médias qui ont continué de l’inviter sur les plateaux de télévision et les studios de radio ou de lui ouvrir leurs colonnes.
Car François Bayrou, médiatiquement parlant, était un bon client, un opposant systématique au pouvoir en place, que ce soit Chirac puis Sarkozy puis Hollande, tout en ayant un discours modéré et de bon père de famille.
Ce retour a connu néanmoins son premier accroc avec l’enterrement de son ambition présidentielle pour 2017.
De mauvais sondages et une incapacité à trouver un espace politique face à Juppé puis face à Macron, lui ont fait renoncer à se présenter.
Mais, dans un coup de maître, cette défaite s’est transformée en une nouvelle dynamique (nonobstant son désir d’être à l’Elysée) quand il a décidé d’apporter son soutien à Emmanuel Macron sous forme d’une alliance entre les deux hommes.
A l’époque, celle-ci était présentée comme un deal où le président du MoDem soutenait le candidat d’En marche! qui promettait, en retour, de faire voter une loi sur la «moralisation» de la vie politique.
Ayant parié sur le bon cheval, c’est tout naturellement que François Bayrou a réclamé son dû après la victoire de Macron à la présidentielle.
Et celui-ci n’était pas seulement une loi mais bien des postes au gouvernement et des députés à l’Assemblée nationale.
Une alliance «à l’ancienne» et dans la bonne vieille tradition politicienne que, pourtant, Macron et Bayrou n’ont cessé de fustiger avant, pendant et même après la campagne électorale…
Toujours est-il que François Bayrou est apparu comme le co-vainqueur de cette présidentielle.
Et s’il n’a pas été nommé premier ministre à son grand dam, il a récupéré le poste de ministre de la Justice et de troisième homme du gouvernement en étant, en plus, ministre d’Etat.
Dans le même temps, sa fidèle collaboratrice, Marielle de Sarnez, devenait ministre des Affaires européennes.
Dans la foulée et après quelques bisbilles avec les dirigeants de La République en marche, il récupérait de nombreuses circonscriptions et parvenait à faire élire une quarantaine de députés alors que le MoDem n’en avait plus aucun.
Mais, ce tableau presqu’idyllique s’est fracassé en quelques jours sur l’affaire des assistants parlementaires européens évoqué plus haut.
Non seulement il est apparu que François Bayrou avait fait de la «vieille» politique avec Macron mais que porteur d’une loi sur la moralisation politique et en tant que garde des Sceaux, il n’avait absolument pas respecté ce pourquoi il prétendait se battre depuis des années où il fustigeait sans relâche les comportements de ses adversaires qui étaient également les siens.
Comme des amants trompés, les journalistes se sont alors retournés avec hargne excessive contre le président du MoDem, obligé de quitter le gouvernement avec Marielle de Sarnez.
Néanmoins, cette affaire n’aura que peu impacté le résultat des législatives pour le Mouvement démocrate qui a fait une entrée remarquée à l’Assemblée nationale.
Il faut tout de même souligné que les députés du parti centriste ont été élus surtout comme soutiens d’Emmanuel Macron et avant tout membres de la coalition dirigée par La République en marche.
Aujourd’hui, François Bayrou est totalement muet, réfugié dans sa bonne ville de Pau et sa dernière intervention médiatique date du 21 juin lorsqu’il a expliqué son absence du nouveau gouvernement Macron, une éternité pour lui.
Si l’on se gardera bien d’être catégorique sur le futur du président du MoDem au vu des épisodes précédents, on peut tout de même se demander s’il peut revenir d’un tel enchaînement d’évènements où de rien, il est presque devenu tout puis où il est revenu à presque rien.
Ironiquement, alors que le Mouvement démocrate devait être une simple machine à lui permettre d’atteindre l’Elysée, c’est peut être lui qui va prendre son envol alors que son chef va rentrer dans le rang…
Car l’affaire des attachés parlementaires européens est plus qu’un abus de confiance ou une escroquerie pour l’image de François Bayrou chez les Français.
De même que son comportement après la victoire d’Emmanuel Macron.
D’une part, cela a montré que la posture qu’il a adoptée comme une sorte d’incorruptible était, pour le moins, très excessive.
D’autre part, que celui qui prétendait lutter contre toutes les dérives politiciennes, agissait pourtant de même dans les coulisses.
En outre, la presse ne semble plus vouloir lui faire de quelconques cadeaux.
Or c’est bien elle qui lui a permis de garder une visibilité médiatique beaucoup plus importante que son poids politique réel pendant des années.
Tout ceci semble indiquer que l’avenir politique de François Bayrou va être difficile et ce, même si le MoDem est innocenté dans l’affaire des attachés parlementaires européens.
En revanche, rien ne permet de dire que sa carrière politique est définitivement derrière lui.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC