samedi 28 mars 2020

Vues du Centre. Trump et le covid19: voyou menteur un jour, voyou menteur toujours


Donald Trump
Par Aris de Hesselin

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste.

Ceux qui doutaient de la capacité de Donald Trump a géré une crise comme l’épidémie de covid19 avaient – évidemment – raison.
Non seulement le populiste américain a dit et fait n’importe quoi mais il conduit inexorablement son pays et le monde vers une crise encore plus grave que celle que nous connaissons.
Rappelons qu’il explique sans relâche que le virus est une «duperie» des démocrates et une «hystérie» des médias.
Il a d‘abord déclaré que celui-ci n’entrerait pas aux Etats-Unis (le 22 janvier, il disait: «Nous avons la situation totalement sous contrôle. Il n’y a qu’une personne qui est infectée et qui revient de Chine. Tout ira bien»); puis qu’il n’y avait que cinq cas (le 30 janvier, il disait: «Il n’y a que cinq personnes touchés aux Etats-Unis et toutes s’en remettent bien»); puis qu’un miracle sauverait le pays (le 10 février il disait: «En avril, vous savez, en théorie, lorsqu’il fera un peu plus chaud le virus disparaîtra miraculeusement»); puis que tout allait bien (le 23 février, il disait: «Le coronavirus est complètement sous contrôle aux Etats-Unis»); puis que l’épidémie s’éteindrait d’elle-même en peu de temps (le 26 février, il disait: «Dans quelques jours, le nombre de cas sera proche de zéro); puis que ses opposants tentaient de créer une panique avec de fausses informations (le 28 février, il disait: «La chaîne anti-Trump, CNN, fait tout ce qu’elle peut pour susciter un panique nationale autour du coronavirus. Ce média d’extrême-gauche fait tout ce qu’il peut pour ignorer tous ceux qu’il interviewe et qui ne disent pas du mal du président Trump»; puis, à nouveau, que tout était «vraiment sous contrôle» (le 29 février); puis que selon son «intuition», les estimations des experts internationaux sur la mortalité de l’épidémie était fausses (le 6 mars, il disait: «Je pense que 3,4% est réellement un faux chiffre. C’est juste mon intuition basée sur de nombreuses conversations avec beaucoup de gens qui font ça, parce que beaucoup de gens auront ça de manière très douce et ils s’amélioreront très rapidement. Ils ne voient pas de médecin. Ils n’appellent même pas de médecin. On entend jamais parler de ces gens»); puis de faire une comparaison entre la grippe et le covid19 (le 9 mars, il disait: L’année dernière 37.000 Américains sont morts de la grippe. Rien n’a été fermé. La vie et l’économie ont continué. Actuellement, nous avons 546 cas de coronavirus et 22 morts. Pensez-y!); puis que l’épidémie était proche de son extinction (le 10 mars, il disait: «Elle s’en ira, calmez-vous, elle s’en ira») puis qu’elle était exagérée par les démocrates «corrompus» et les «faux» médias, puis que celle-ci était sous contrôle et, désormais, qu’il s’agit d’un complot pour empêcher sa réélection «triomphale».
Sans oublier, évidemment, de blâmer Barack Obama, responsable, selon lui, de la crise sanitaire…
Pourtant, le 17 mars, il déclarait, avec l’aplomb des pires menteurs, que «Je sentais qu’il s’agissait d’une pandémie bien avant qu’on l’appelle pandémie» pour dire quelques jours plus tard qu’il fallait que l’économie reparte parce que les mesures de précaution allaient tuer le pays plus que le virus!
On reste interdit devant de tels propos du dirigeant de la première puissance mondiale dont le but avoué est de tourner la page de la crise aussi vite que possible, non pas pour sauver des vies, mais pour faire repartir l’économie américaine…
Pourquoi une telle précipitation?
Parce que Trump croit que sa seule capacité à gagner en novembre prochain vient de la bonne santé de l’économie et que les Américains accepteront des dizaines de milliers de morts évitables pour faire repartir la machine productive.
Un tel cynisme démontre la crapulerie du bonhomme au-delà de toute imagination.
Mais ce n’est pas tout!
Car Donald Trump a également sous-entendu que l’aide fédérale aux différents Etats serait accordée en considération du soutien de leurs gouverneurs à sa personne et de leurs propos aimables à son encontre, faisant de l’argent public un moyen de récompenser ou, au contraire, de punir ceux qui ne lui feraient pas allégeance comme par exemple le gouverneur de New York, Andrew Cuomo ou la gouverneure du Wisconsin, Gretchen Whitmer.
Car, c’est bien connu, «les gouverneurs ils prennent, ils prennent, ils prennent et puis ils se plaignent, ils prennent pendant que, vous [lui!], vous faites un très bon boulot».
Une aide qu’il ne veut qu’accorder au compte-gouttes puisque son «sentiment», a-t-il déclaré à son ami et soutien Sean Hannity sur Fox news, était que «beaucoup des chiffres qui viennent de plusieurs endroits sont plus élevés que ce qu’ils vont être».
Car, bien évidemment, son «sentiment» a plus de valeur que les dires des scientifiques et des sommités médicales qui alertent sur une épidémie d’une gravité extrême et que les chiffres qui font du pays celui qui a, désormais, le plus de cas de covid19 au monde et qui connait une progression forte de la mortalité.
Autant de bêtises et de crapulerie venant du président des Etats-Unis qui calcule lui-même le nombre de ventilateurs dont ont besoin des services de réanimation des hôpitaux («Je ne pense pas que nous ayons besoin de 40.000 ou 30.000 ventilateurs. Vous savez, vous allez dans des grands hôpitaux et parfois, ils n’ont que deux ventilateurs. Et maintenant, tout d’un coup, ils disent, peut-on commander 30.000 ventilateurs»), est une honte qui, dans une normalité politique que ce pays ne semble plus connaître depuis quatre ans, devrait le faire destituer ou, à tout le moins, battre en novembre prochain, lors de la présidentielle.
Et le pire, c’est que cette dernière éventualité ce n’est même pas sûr!

Aris de Hesselin



Actualités du Centre. Israël – Alliance surprise entre le centriste Ganz et… Netanyahu!

Benny Gantz

Afin de lutter contre le covid19 et pour éviter le blocage des institutions qui ne permet pas de prendre des mesures d’importance comme un plan de soutien à l’économie face à l’épidémie virale, le chef de la coalition Bleu Blanc, Benny Gantz a décidé de s’allier avec Benjamin Netanyahu, alors même qu’il avait juré de ne jamais gouverner avec le premier ministre sortant, faisant exploser du même coup l’alliance centriste.
Ainsi, 18 de ses 33 députés ont d’ores et déjà décidé de ne plus se ranger sous sa bannière après qu’il ait été élu à la tête de la Knesset, la chambre des députés, grâce aux voix du Likoud, le parti de droite dirigé par Netanyahu en lieu et place d’une autre membre de Bleu Blanc qui était hostile à tout compromis avec ce dernier.
Une élection qui devrait être la première pierre à un la constitution d’un gouvernement d’«urgence nationale» où Benny Gantz devrait se voir nommé vice-premier ministre.
Le revirement de Gantz est un coup dur pour le Centre israélien qui perd une grande partie de sa crédibilité et se retrouve atomisé en plusieurs mouvances mais aussi pour le système démocratique puisque, selon toute vraisemblance, Netanyahu va retrouver son poste de premier ministre.
Selon ceux qui ont eu connaissance de l’accord conclu entre les deux hommes, ce gouvernement d’union ne se concentrerait que sur la lutte contre le coronavirus et ses conséquences multiples, offrirait le poste de premier ministre à Gantz à mi-mandat et ne pourrait pas décider de l’annexion des colonies israéliennes en territoires occupés, ni de faire voter une loi qui permettrait à Netanyahu de ne pas répondre de ses délits devant les tribunaux.
Reste que les commentateurs sont extrêmement sceptiques et beaucoup estiment que Gantz se fera rouler dans la farine par Netanyahu dont on connait la capacité à ne pas respecter des promesses et à mentir.
Le chef de la défunte coalition Bleu Blanc a estimé qu’il n’y avait pas d’autres moyens de sortir de la crise politique qui a conduit le pays à devoir organiser trois élections législatives de suite.
Mais cette alliance avec Netanyahu pourrait, in fine, être encore plus dévastatrice que la tenue d’un autre scrutin législatif car le populiste démagogue au cœur d’affaires peu reluisantes depuis des années, pourrait profiter de ce qui apparait comme une victoire pour parvenir à faire appliquer son programme radical et dangereux.