vendredi 20 mars 2026

Chronique centriste. Fallait-il s’allier à n’importe qui pour battre la Gauche à Paris?


Le Centre a failli à Paris.

Une première fois en ne présentant pas de liste au premier tour des municipales.

Une deuxième fois en décidant de s’allier à deux représentants de la Droite dont l’une vient de l’aile dure et est sarkozyste affirmée sachant que l’ex-président de la république hait les centristes et l’autre appartient, certes, à l’aide modérée mais aussi à un parti dont le président, Edouard Philippe, a demandé la démission d’Emmanuel Macron.

Une troisième fois en se plaçant pour ce deuxième tour sous la bannière de Rachida Dati (même si certains de ses membres ont refusé de le faire).

Oui, le bilan de la Gauche dans la capitale est très mauvais et il fallait la battre pour réparer les années Hidalgo.

Mais fallait-il le faire à n’importe quel prix?

Ainsi, les formations centristes en faisant partie de la liste de madame Dati, dont on rappelle, par ailleurs, qu’elle va bientôt être jugée dans une affaire de «corruption et trafic d’influence passifs», se seront donc fourvoyés jusqu’au bout.

Parce que son projet politique n’est pas celui du Centre et en est parfois très éloigné.

En revanche, c’est lui faire un mauvais procès de prétendre qu’elle a passé un accord secret avec l’extrême-droite et qu’Emmanuel Macron serait intervenu pour faire en sorte que la représentante de Reconquête, Sarah Knafo, se retire en sa faveur.

Ici la Gauche utilise tous les artifices complotistes et les fake news pour sauver sa peau même si les derniers sondages indiquent que sa liste est légèrement en tête dans les intentions de vote.

Pour recadrer le débat, le Centre aurait dû présenter sa propre liste au premier tour des municipales (avec, pourquoi pas, des partis alliés mais pas avec l’un de ses membres tête de liste) et aurait dû se maintenir au second, vu qu’il n’y avait pas de risques de victoire des extrêmes.

Dans le cas où il n’aurait pas été qualifié pour le scrutin de ce dimanche, il aurait dû rappeler sa dénonciation du très mauvais bilan d’Anne Hidalgo et ses différences idéologiques fortes avec Rachida Dati, ne donner aucune consigne de vote, laissant ses électeurs libres de leurs choix entre la peste et le choléra.

Les centristes ont bien fait de dénoncer les accords électoraux entre le PS et LFI parce qu’on ne peut se compromettre et renier ses valeurs uniquement pour un siège ou une mairie quand on fait de la politique et non de la tambouille politicienne.

Mais, force est de constater qu’à Paris c’est ce qu’ils ont fait.

Nicolas Levé
Alexandre Vatimbella

 

 


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