Voici une sélection, ce 12 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> [Propos conclusifs lors de réunion du G7 sur les conséquences économiques
de la guerre au Moyen-Orient] Je voulais rendre compte du G7 que nous venons de
tenir, pour la première fois depuis que le conflit a commencé dans la région,
donc depuis onze jours. Nous avons réuni au niveau des chefs d’Etat et de
gouvernement le G7 à l’instant. D’abord pour faire un point sur la situation et
ses conséquences et pour mettre en œuvre le travail et la coordination
indispensable entre nos pays.
Evidemment chaque jour les bombardements continuent avec des impacts
extrêmement préoccupants sur la région, je l’ai rappelé encore hier et
avant-hier. Les bombardements israéliens et américains sur l’Iran et la riposte
iranienne qui touche beaucoup de pays amis de la région et qui à la fois
endommagent leurs économies, menacent leur sécurité et leur intégrité
territoriale. Ce qui a conduit la France, entre autres, à venir en aide,
conformément à ses accords de défense avec plusieurs de ces pays.
Le G7 s’est réuni aujourd’hui, d’abord pour organiser le travail sur les
mécanismes à mettre en œuvre pour la liberté de navigation et la sécurité
maritime. Et donc, nous avons acté les 3 axes que la France avait pu déjà
définir pour elle-même. La présence en Méditerranée orientale, la libre
circulation en mer rouge de Suez à Bab-el-Mandeb, avec un exercice qui existe
déjà, l'opération dite ASPIDES, à laquelle nous contribuons. Enfin, la
nécessité de mettre en place un travail qui prendra plusieurs semaines, mais de
coordination de plusieurs marines pour pouvoir escorter au moment voulu et
assurer la libre circulation dans le Détroit d'Ormuz. Les conditions,
aujourd'hui, ne sont pas remplies. Le Détroit est un théâtre de guerre. Mais ce
travail doit être organisé. C'est ce que nous avons proposé de préparer, avec,
en parallèle, un travail avec les compagnies maritimes, les transporteurs et
les assureurs.
Le cœur du travail des derniers jours du G7 a été aussi d'essayer de répondre
aux conséquences économiques de cette guerre. C'est ce qui nous a conduits,
lundi, à lancer ce travail, dont j'avais pu parler à plusieurs d'entre vous,
d'utiliser nos réserves stratégiques pour pouvoir donner un signal au marché
mondial du pétrole et faire baisser les prix. Cette décision a été préparée
dans le cadre du G7, qui représente environ 70 % des réserves qui sont
contrôlées par l'Agence internationale de l'énergie. Et donc, nous avons
finalisé ces dernières heures, et ça a été annoncé à l'instant, la décision
formelle de libérer 400 millions de barils de nos réserves stratégiques. Quand
je dis nous, c'est la trentaine de pays qui sont dans l'Agence internationale
de l'énergie.
Ces 400 millions de barils, pour vous donner un ordre d'idée, ça représente
environ 20 jours de sortie de barils par le détroit d'Ormuz. Donc c'est
significatif, c'est la plus grande libération de barils qui a été faite depuis
qu'on pratique ces libérations de réserves stratégiques. Nous allons le faire
de manière organisée dans les prochains jours, et donc ça a été acté dans le G7
que nous venons de tenir, ce qui envoie un signal clair pour faire baisser les
prix mondiaux.
En parallèle de ça, nous allons prendre toutes les mesures utiles pour
encourager le maximum de production chez tous ceux qui produisent dans la
période et pour faire face donc aux conséquences de cette guerre, qui, je le
rappelle, pour le pétrole et le gaz, fait qu'il y a environ 20 % de nos
capacités qui sont bloquées ou hors marché pendant cette période. Et puis dans
le même temps, nous allons engager avec plusieurs pays pour éviter toutes les
mesures de restriction à l'export. Plusieurs pays ont pris des mesures qui ont
un peu gêné le commerce mondial ou envoyé des mauvais signaux. Il faut que les
choses restent fluides et que la coopération soit assurée entre toutes les
économies. Dans le même temps, nous avons décidé d'avoir une coordination, donc
on va l'organiser dans les prochains jours, entre les pays membres du G7 et les
économies du Golfe pour pouvoir, justement, organiser tout cela.
En parallèle, nous allons lancer les travaux pour, évidemment, suivre de près
tous les impacts plus spécifiques, les tensions qui pourraient exister sur
certaines catégories de carburants, évidemment, continuer de surveiller les
conséquences sur le gaz, mais surveiller aussi les conséquences pour nos
agriculteurs, puisqu'il y a aussi beaucoup d'engrais qui sont dans cette
région. C'est environ un tiers des flux d'engrais mondiaux qui sont impactés
par la situation. Donc là aussi, nous devons suivre la situation pour nos
agriculteurs.
Au-delà de cela, nous avons acté également dans ce G7 que cette situation ne
justifiait en aucun cas de lever les sanctions qui existent à l'égard de la
Russie, que cette situation ne devait pas, évidemment, réduire notre attention
à l'Ukraine, au soutien à l'Ukraine, et à la clarté que nous avons en termes de
sanctions à l'égard de la Russie. Et donc, nous allons maintenir nos efforts.
Plusieurs, d'ailleurs, d'entre nous, ont pu saluer l'implication des
Ukrainiens, qui sont très rapidement venus en soutien de beaucoup de pays du
Golfe pour leur apporter leurs capacités et leurs innovations en termes de
lutte anti-drone.
Voilà les quelques mots que je souhaitais faire pour vous rendre compte de ce
G7, qui, donc, a permis d'apporter des réponses concrètes pour nos compatriotes
en termes de prix de l'essence à travers cette mesure, justement, sur les
réserves stratégiques de nos économies.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Sur la
situation aujourd'hui et l'évolution de ce conflit, il ne m'appartient pas de
parler, à la place du président des Etats-Unis d'Amérique. C'est lui qui
clarifiera dans les heures ou les jours qui viennent. Ce qui est clair, c'est
qu'il est évident pour tous qu'aujourd'hui, il faut pouvoir définir des
objectifs clairs sur le plan militaire et politique. À ce conflit, il y a déjà
aujourd'hui des dommages considérables qui ont été portés aux capacités
balistiques, militaires de l'Iran. L'Iran, néanmoins, continue d'agresser
plusieurs pays de la région. Et donc, ses capacités ne sont pas réduites à zéro
et dans le même temps, plusieurs groupes qui sont liés à l'Iran continuent
d'agir. Je pense en particulier à ce qui se passe en Irak ou au Liban. Donc, il
appartiendra au président des Etats-Unis d'Amérique de clarifier à la fois ses
objectifs finaux et le tempo qu'il veut donner aux opérations.
Pour ce qui nous concerne, nous, nous devons continuer de défendre nos
ressortissants, ce que nous faisons, nos emprises. Nous devons être en
situation d'être responsables et à la hauteur de nos alliances. Et donc, nous
sommes, depuis le 1er jour, aux côtés de nos partenaires. Nous sommes aux côtés
des pays qui sont les plus touchés et vis-à-vis desquels nous avons une
responsabilité particulière. C'est ce qui a justifié l'arrivée, d'ailleurs, ces
dernières heures de l'aide humanitaire à laquelle je m'étais engagé pour le
Liban. Et du travail au long cours que nous allons poursuivre aux côtés du
Liban pour lutter efficacement contre les actions du Hezbollah et permettre au
Liban de restaurer sa pleine souveraineté.
Enfin, nous, nous allons structurer et poursuivre le travail pour la liberté de
navigation. En la matière, c'est ça, le cœur de notre rôle. Comme je le disais,
en parallèle de cela, il y a eu un consensus, donc je vous confirme que dans
les conclusions de ce G7 que j'ai pu tirer, j'ai résumé en disant qu'il y avait
un consensus qui n'a pas été rompu pour dire qu'on ne devait pas changer notre
position à l'égard de la Russie et maintenir l'effort pour l'Ukraine.
Enfin, nous devons évidemment continuer de répondre aux conséquences
économiques de cette guerre. C'est ce que nous avons fait par ce G7, les
décisions des derniers jours sur la libération de certaines de nos réserves
stratégiques et de manière plus nationale par les mesures que le gouvernement
prépare.
Journaliste
> [Hostilités au Moyen-Orient : Prix de l’essence] Les réserves
stratégiques, c'est un maximum qui a été donné. Et donc, nous avons décidé,
dans le cadre de l'Agence internationale de l'énergie, la trentaine de pays
qu'ils composent, de libérer jusqu'à 400 millions de barils, ce qui équivaut à
environ 14,5 millions pour les réserves stratégiques françaises. C'est un
maximum. On va le faire par étapes, en fonction des évolutions du marché, en se
coordonnant avec nos principaux partenaires. Nous avons encore beaucoup
d'autres réserves derrière, mais c'est une intervention de marché qui est
importante.
Pour que ce soit bien compris, ce sont des capacités que les Etats gardent par
devers eux, qui ne sont pas sur leur marché domestique. Donc, ce n’est pas
quelque chose qu'on enlève à quelqu'un chez nous. C'est des réserves qu'on
garde pour réguler le marché et avoir ces instruments d'intervention en cas de
déstabilisation. On a considéré que c'était le cas, et donc, on les libère sur
le marché. Ce qu'on fait, c'est qu'on le fait de manière coordonnée. On envoie
un signal de marché pour que les prix baissent, et on le fait en s'assurant que
d'autres ne fassent pas des réserves indues. Et ça, c'est en particulier le
travail qu'on va mener avec l'ensemble des pays du G7, qui représente 70 % des
capacités qui seront libérées, et avec l'Agence internationale vis-à-vis des
pays tiers.
Sur les autres mesures, le gouvernement a appelé chacun la responsabilité. J'ai
vu aussi les prises de parole de plusieurs distributeurs. C'est une bonne
chose. Au fond, il faut d'abord que les prix mondiaux se tiennent le plus
possible. Si je devais vous dire les choses, quelle est la bonne réponse à la
crise que nous vivons ? La première, qui est le plus vite possible, un
arrêt des combats et qu’on puisse reprendre la route d’Ormuz en la sécurisant
comme il faut dans un cadre qu’on est en train de préparer. Donc on fait déjà
œuvre utile dans la durée.
Deuxième chose, tant que nous n'avons pas ça, il faut pousser ceux qui peuvent
à produire davantage, éviter tout dysfonctionnement de marché par des
comportements inappropriés où les uns ou les autres réduisent les exports ou
bloquent le commerce mondial, et faire des interventions techniques comme on
vient de le faire en relâchant nos capacités stratégiques qui sont faites pour
ça.
Et puis au niveau national, ce que le gouvernement est en train de faire, c'est
d'abord de faire des contrôles pour s'assurer qu'il n'y a pas des gens qui
profitent de la situation pour monter un peu trop vite et trop fort les prix,
et c'est tout faire pour que la hausse se transmette le plus lentement possible
dans les prix à la pompe, qu'ensuite, dès qu'il y a une baisse, elle, elle
redescende le plus vite possible dans les prix à la pompe, et d'engager les
principaux distributeurs à essayer de tout faire à prix coûtant, à essayer de
ne pas aller au-delà de certains prix. Certains ont commencé à s'engager ces
dernières heures dans ce sens, c'est une bonne chose, puis le gouvernement,
lui, renforcera les contrôles. Après, il appartiendra au gouvernement, si la
crise devait durer, de voir les mesures appropriées. Ce n'est pas aujourd'hui
qu'on peut dire cela.
Tout cela nous montre une chose. Ce qu'on est en train de vivre, c'est le coût
de la dépendance. Et donc, quand vous m'entendez, depuis des années, parler de
plus d'autonomie et de décarbonation, parce que la France ne produit pas du
pétrole et du gaz sur son sol, c'est cela. C'est-à-dire que tout ce qu'on fait,
qui nous amène vers la transition, c'est réduire aussi la dépendance, et donc
notre exposition à des risques géopolitiques. Donc, on a raison de continuer à
électrifier massivement, à réduire nos dépendances. C'est un chemin au long
cours. On l'a beaucoup accéléré ces dernières années. Il est utile dans ces
périodes.
> [Hostilités au Moyen-Orient /minage
par les Iraniens du détroit d’Ormuz] Je n'ai pas d'informations sur ce sujet de
manière sûre. J'ai vu, comme vous, en ce qu'on appelle des sources ouvertes,
c'est-à-dire sur des fils d'informations ou des interventions, que ce serait
possible. Je n'en ai pas la confirmation, ni par des services partenaires, ni
par nos propres services. Donc, je ne peux pas répondre à cette question.
Evidemment, ce serait un choix lourd qu'auraient fait les Iraniens, mais je ne
veux pas commenter quelque chose sur lequel je n'ai pas de certitude.
Aujourd'hui, en tout cas, c'est une zone de guerre. Donc, aujourd'hui, on ne
peut pas sérieusement considérer qu'on peut reprendre le commerce
international. Et donc, il y a plusieurs centaines de tankers et de
porte-conteneurs qui sont, aujourd'hui, à l'arrêt des deux côtés du Détroit.
Donc, il faut d'abord que les conflits cessent, et ensuite que le travail se
structure. Il est à la fois sécuritaire, il est aussi technique.
C'est tout ça qu'on prépare.
> [Victimes du terrorisme] En ce 11 mars, la Nation se souvient des victimes du terrorisme. Leur mémoire nous oblige : rester unis, défendre les principes de la République et lutter contre la haine. Alors que le terrorisme frappe encore dans le monde, la France continuera de combattre pour la liberté.
> [Hostilités au Moyen-Orient / Liban] Respecter le droit international, c’est protéger les populations civiles. La situation des centaines de milliers de personnes déplacées au Liban est un sujet de grave préoccupation. La France achemine actuellement 60 tonnes d’aide d’urgence à leur attention, avec le soutien de la fondation CMA CGM, en plus de ce qui est fait avec les Nations unies et les ONG sur place. Le Hezbollah doit cesser ses attaques du Liban vers Israël et remettre ses armes aux Forces armées libanaises. Israël doit respecter la souveraineté libanaise et faire preuve de retenue. Israéliens et Libanais ont le même droit de vivre en paix et en sécurité. C’est la raison même de l’engagement constant des armées françaises au sein de la FINUL depuis 1978. La France est fiable et fidèle à ses amis.
> [Hostilités au Moyen-Orient / Prix de l’essence] Nous avons décidé de libérer jusqu’à 400 millions de barils de pétrole pour réguler le marché. C’est l’un des éléments de réponse face à la montée des prix à la pompe.
> [Discours au Sommet sur l’énergie
nucléaire] C'est un honneur pour la France d'accueillir aujourd'hui à Paris ce
sommet international sur l'énergie nucléaire.
Si nous sommes réunis ici, représentants de gouvernements, scientifiques,
industriels et sociétés civiles, c'est parce que nous partageons une conviction
simple. Nous avons besoin du nucléaire car il est une source de progrès, de
prospérité, d'indépendance.
Ce sommet se tient bien sûr dans un contexte particulier parce que le mot
de nucléaire est associé à un conflit en cours en Iran et dans le Proche et
Moyen-Orient, parce que ce sommet aussi arrive 15 ans, jour pour jour, après la
catastrophe de Fukushima. Et j'ai en notre nom à tous une pensée de fraternité
pour le peuple japonais endeuillé, les familles, les déplacés, les héros
travailleurs, secours et ingénieurs qui ont consenti d'immenses sacrifices pour
éviter le pire. En 15 ans, le monde a changé. Rien n'efface cette douleur. Elle
est une exigence permanente à la sûreté, la vigilance et l'attention.
Depuis 2011, les leçons ont été tirées. Les normes, les contrôles déjà les
plus sûrs ont été renforcés, les technologies ont évolué, ce qui permet de dire
que l'énergie nucléaire est une énergie profondément sûre, par les garanties
qu'elle apportait précédemment et par celles qui ont été encore renforcées et
par la manière dont Fukushima a été gérée et la réalité du bilan humain qui
s'en est suivie. Partout dans le monde, sur le continent européen aussi, nos
réacteurs ont été soumis à des contrôles parmi les plus stricts de la planète.
Des investissements massifs ont été faits durant les 15 années passées pour
moderniser, innover, transformer.
Dans ce domaine, le rôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique a été
clé. Je veux vous en remercier, Monsieur le Directeur général et avec vous, vos
équipes. Le rôle aussi des autorités de sûreté a été clé et je veux les en
remercier. Et en matière de sûreté et de sécurité, il ne saurait y avoir de
nucléaire civil sans garanties. C'est cet ensemble qui a été porté par nos
pays, ce corpus nouveau, alimenté par la science, proportionné, qui a permis
d'avancer, de se tenir aujourd'hui avec une confiance retrouvée et pleine et
entière dans le nucléaire, fort de ce bilan passé, fort du travail des
dernières années de nos agences de sûreté, de nos industriels, de nos
scientifiques, des investisseurs, et fort aussi du travail de l'Agence. Je l'ai
évoqué en ouvrant mon propos. Vous avez mené un travail que je veux ici saluer
pour éviter la prolifération. Vous l'avez mené pour alimenter les discussions
avec l'Iran. Vous l'avez mené aussi pour préserver la sécurité et la sûreté du
sol européen, Monsieur le Directeur général.
Et comment ici ne pas avoir une pensée et une solidarité pleine et entière
réaffirmée pour nos amis ukrainiens ? Madame la Première ministre, vous le
savez, les équipes de l'AIEA ont été mobilisées. Nous avons été plusieurs
mobilisés depuis l'été 2022 sur la centrale ukrainienne de Zaporijia,
illégalement occupée par la Russie, où à plusieurs reprises la sûreté a pu être
mise en danger et où la communauté internationale s'est mobilisée, à la fois
pour faire respecter votre souveraineté territoriale, mais aussi la sûreté
nucléaire.
Tout ceci nous rappelle ô combien que, lorsqu'on parle de nucléaire, la
question éthique toujours demeure, que ces débats doivent être éclairés par une
science libre, ouverte, indépendante, et que ce que nous avons su bâtir dans
nos pays à travers les autorités de sûreté est un trésor, et que ce que nous
avons su bâtir à l'international, avec les instances onusiennes, et en
particulier l'AIEA, est ô combien à préserver. Je le dis dans un moment où on
entend parfois les volontés, un peu à l'emporte-pièce, de balayer ce système
qui serait devenu caduc. Non.
Alors, quand on parle de nucléaire, ceci étant dit, et ce contexte étant
rappelé, ce qui s'est passé il y a 15 ans, la complexité de ces sujets, leur
sensibilité géopolitique encore pleinement contemporaine. Je le disais, le
nucléaire est une source de progrès, de prospérité, parce que le nucléaire est
une source d'énergie, en particulier de production d'électricité, qui permet de
réconcilier trois objectifs qui sont au cœur de nos ambitions, à nous tous. Et
il y a ici des représentants des pays du monde entier. Nous voulons de la
compétitivité et donc une énergie produite qui soit la moins chère possible,
qui permette de créer des emplois. Nous voulons résoudre les problèmes de la
planète et donc baisser les émissions de CO2 en produisant cette énergie. Et
nous voulons plus d'indépendance. Et on le voit dans le contexte géopolitique
qui est le nôtre, combien lorsqu'on est trop dépendant des hydrocarbures, cela
peut devenir un instrument de pression, voire de déstabilisation. Je remercie
l'Agence internationale de l'énergie et le G7 pour le très bon pilotage des
travaux en la matière et pour aider à baisser le prix des énergies fossiles ces
dernières heures.
Donc le nucléaire permet de répondre à cette équation et d'apporter une
réponse à ces trois sujets, parce que le nucléaire permet de produire de
l'énergie en quantité, compétitive et pilotable. Et dans le mix de nos pays, la
France l'a choisi et l'a réaffirmé en 2022, nous avons un mix qui repose sur
l'économie d'énergie, le renouvelable et le nucléaire, parce que le nucléaire
apporte une capacité à être pilotable bien plus que le renouvelable. Il est un
complément de cette énergie et il apporte la décarbonation et, pour la
soutenabilité de nos réseaux aussi, la possibilité de fournir de l'énergie
pilotable, décarbonée, avec de la visibilité.
Le nucléaire se produit sur notre sol, il apporte donc de l'indépendance.
Partout où on fournit de l'énergie, de l'électricité qui est produite à base de
nucléaire, on est indépendant. Partout où on électrifie nos mobilités pour
rouler à l'électrique avec un électrique décarboné produit sur notre sol, on
accroît notre indépendance et on réduit les conséquences des soubresauts
géopolitiques dans nos économies.
Et puis, en étant compétitif, en étant décarboné, en étant pilotable, vous
l'avez parfaitement dit à l'instant, il permet également d'apporter une réponse
à l'électrification de nos pratiques qui est clé pour la décarbonation de nos
économies. Il permet de répondre aussi aux défis de l'intelligence artificielle
et des nouvelles technologies qui sont ô combien gourmandes en électricité. Je
le dis parce que c'est un des dilemmes que le monde va avoir. On veut tous
développer du quantique, de l'intelligence artificielle et on veut tous rester
compétitifs et on veut tous répondre aux objectifs de décarbonation de nos
économies. Mais partout dans le monde où on veut créer de l'intelligence
artificielle, des capacités de calcul avec une énergie qui n'est pas encore là
ou avec plus d'énergie fossile ou avec du nouveau forage qui crée des
émissions, on ne réduit pas ce dilemme, on l'aggrave. En France, l'année
dernière, on a exporté 90 térawattheures d'électricité décarbonée. Grâce à
notre parc nucléaire, on a la possibilité d'ouvrir des data centers, des
capacités de calcul, d'être au cœur du défi de l'intelligence artificielle avec
de l'énergie pilotable, décarbonée disponible, ce qui est une chance.
Pour toutes ces raisons, le nucléaire est la clé. Sans nucléaire, nous ne
pourrons pas tenir dans nos économies l'objectif de décarbonation et la
neutralité carbone en 2050, tout en continuant de créer des emplois et en ayant
cette énergie pilotable et abondante. C'est pour ça que je voulais insister,
c'est le cas dans le mix énergétique français, c'est le cas dans le mix
européen, c'est le cas à l'échelle mondiale. Le nucléaire est clé pour
réconcilier à la fois l'indépendance et donc la souveraineté énergétique, la
décarbonation et donc la neutralité carbone à horizon 2050, et la compétitivité
et donc la création d'emplois de nos économies.
Le nucléaire français a permis cela. Nous avons aujourd'hui une base
installée que nous avons modernisée durant ces 15 dernières années par des
projets d'investissement inédits. Nous avons réorganisé la filière. Nous sommes
aujourd'hui dans une situation d'ailleurs très différente de celle de 2022
parce que le parc produit à plein, avec ses capacités même d'export. Et nous
avons décidé six nouveaux EPR2 et nous avons aussi la programmation de huit
autres à venir. Et nous tiendrons dans deux jours un conseil de politique
nucléaire qui permettra d'acter de nouvelles décisions sur la base de la
programmation pluriannuelle de l'énergie approuvée le 12 février dernier. Les
choses avancent comme il se doit et c'est ainsi que nous pourrons
collectivement progresser.
Fort de tout cela, l'heure est à l'action. Si on part de ce constat clair,
nous devons tous agir et je voulais juste revenir sur quelques axes d'action.
Le premier, c'est que nous avons dans le monde des centrales qui fonctionnent
et il faut les faire fonctionner. 10 % de la production mondiale de
l'électricité repose sur le nucléaire civil avec environ 450 réacteurs en
exploitation. Le premier objectif doit être de continuer à améliorer
l'exploitation de celles-ci, de renforcer leur sûreté, leur sécurité, de
continuer à investir. C'est le programme qu'a fait la France ces 15 dernières
années. C'est rentable, c'est pertinent, ça doit continuer d'avancer. Et
au-delà des réacteurs en exploitation, on a près de 70 réacteurs qui sont en
cours de construction et plus de 115 autres projets qui sont à l'étude. Et donc
investir pour rénover, améliorer la performance et la sûreté et investir sur
les projets en cours, premier axe.
Le deuxième axe, c'est de continuer de monter en cadence et pour cela de
standardiser. C'est un axe fondamental si on veut gagner en compétitivité dans
la filière. Standardiser entre nos pays pour faciliter le développement de
réacteurs communs entre nos pays, je pense notamment aux petits réacteurs
modulaires, nous pourrons avoir des gains économiques que si nous pouvons
répliquer les réacteurs à l'identique entre nos pays. Partout où on
standardise, on évite de faire des prototypes à répétition. Je dis ça, c'est
l'expérience qu'on a tirée nous-mêmes de notre propre passé et des erreurs
qu'on a pu commettre. On ne peut pas être rentable et compétitif si on fait à
chaque fois un nouveau prototype. Donc il faut standardiser, standardiser entre
nos pays, standardiser entre les différents constructeurs au maximum pour bâtir
là aussi des standards en termes de capacité, standardiser entre les
énergéticiens et entre les pays. C'est un élément clé pour réduire les coûts,
réduire les délais et nous assurer que le nucléaire sera au rendez-vous de la
transition énergétique. C'est un élément clé pour accélérer et baisser les
coûts pour nos sociétés.
Pour cela, les autorités de sûreté doivent poursuivre le travail déjà
largement engagé au sein de l'AIEA afin d'harmoniser les standards de sûreté.
Au-delà des normes, ce sont les pratiques en matière d'autorisation, de
contrôle, d'interprétation des normes qu'il faut là aussi faire évoluer. J'en
appelle à l'AEN qui joue un rôle central. Enfin, c'est sur vous, industriels,
que reposent aussi ces enjeux. Il est nécessaire de davantage coopérer.
Certains secteurs ont su le faire pour permettre ces standardisations. Si on
prend l'aéronautique, l'aéronautique a su historiquement bâtir des standards,
développer ces coopérations qui ont été ô combien utiles.
Le troisième axe, c'est le financement. Nous devons arriver à mieux
financer ces projets, qu'ils soient du nucléaire classique ou innovant. Je le
dis parce que nous revenons d'un monde, il y a cinq, six ans, où nous avions
méthodiquement tout construit pour que rien ne puisse financer le nucléaire.
D'ailleurs, nous, Européens, nous avions été champions en la matière. On avait
méthodiquement tout fait pour que nos banques, nos assurances ne puissent
jamais financer le nucléaire. Nous n'étions pas d'accord entre nous, donc il
n'y avait pas de neutralité technologique dans nos règles de financement. Donc
on revient de très loin. On a été très mauvais. Mais il y a une confiance qui
est revenue, il y a une lucidité scientifique qui s'est établie, je viens de la
rappeler. Sans nucléaire, on ne peut pas rester compétitif et décarboné. Donc
maintenant, il faut remobiliser notre finance.
Alors en France, on l'a fait avec France 2030, qui est au cœur du
financement de l'innovation pour créer les réacteurs de demain. La caisse des
dépôts, qui est très mobilisée également. On l'a refait ces dernières années en
remettant de la neutralité technologique dans nos règles, Madame la Présidente
et chers collègues. Ainsi, la Banque européenne d'investissement a confirmé son
soutien à l'énergie nucléaire à travers plusieurs projets, pour n'en citer
qu'un, 400 millions d'euros pour le projet d'extension de l'usine
d'enrichissement d’Orano. C'est un début et nous, on souhaite aller encore plus
vite et plus loin. Donc on a besoin de continuer de mobiliser ces financements
et de continuer à mobiliser les financements privés. A ce titre, je me félicite
que des grands financeurs privés, des grands fonds internationaux vont vers le
nucléaire, parce qu'il y a de la rentabilité, mais je pense que nous devrions
nous réveiller pour que les banques et les assureurs aillent davantage vers le
nucléaire. Personne ne peut ignorer ce qui s'est passé il y a quelques mois en
Grande-Bretagne, ce qui est une chance formidable. Le grand projet auquel l'EDF
participe, ô combien, a été largement financé, permettant d'alléger d'ailleurs
les bilans des entreprises qui y participent. Mais il est largement financé par
des opérateurs de marché anglo-saxons. Et à cause de nos régulations, on n'y
trouve pas les acteurs de marché classiques du financement de nos économies que
sont les banques et les assurances. Donc on devrait collectivement se réveiller
pour être plus cohérents sur nos règles.
Donc j'appelle chaque acteur, public et privé, à prendre sa part pour
continuer de mobiliser les investissements en la matière. A ce titre, je salue
les engagements qui sont pris dans les déclarations des institutions
financières pour ce sommet. J'appelle aussi les banques et les fonds
d'investissement qui doivent faire un effort, le capital-risque, pour les
projets les plus risqués jusqu'au schéma les plus classiques, comme c'est très
bien fait, au Royaume-Uni.
Je pense que nous, Européens, nous devons aller encore un cran plus loin.
Depuis quelques années, le nucléaire est mieux intégré dans les législations et
les stratégies européennes, et je veux vous en remercier, Madame la Présidente,
chère Ursula. La semaine dernière encore, dans le règlement accélérateur
industriel, ce fut le cas. C'est une avancée majeure, indispensable, qui va
vers la neutralité technologique dont nous avons besoin. Je salue aussi
l'inclusion partielle du nucléaire dans la taxonomie européenne des
investissements, qui a été une étape importante. Mais nous devons aller un cran
plus loin en incluant la totalité du cycle dans cette neutralité technologique,
de la fabrication du combustible à son retraitement. Or, aujourd'hui, l'amont
et l'aval étant encore exclus, nous ne sommes pas totalement dans la neutralité
technologique, et nous ne pouvons pas totalement être dans l'efficacité de nos
financements.
Nous devons aller aussi plus loin vers la neutralité technologique que
j'évoquais. Les aides d'État, les mécanismes de soutien doivent être pleinement
consolidés dans notre cadre européen pour assurer la réussite des projets
nucléaires, du nouveau nucléaire aux SMR, au même titre que les énergies
renouvelables. La neutralité technologique est clé en la matière.
Le quatrième axe, c'est qu'il nous faut bâtir des grands projets,
mutualiser, financer, créer de l'interconnexion, et là, l'Europe est
essentielle. Et nous avons besoin d'un grand projet important d'intérêt
européen commun, le fameux IPCEI, au niveau européen pour le nucléaire. Comme
on a su le faire sur l'hydrogène, sur les batteries, nous devons mobiliser des
grands projets d'intérêt européen commun pour financer le nucléaire, et en
particulier pour financer les SMR. Ces small modular reactors sont une opportunité
en Europe pour inventer et explorer de nouvelles pratiques. La concurrence est
extrême. Nos amis américains, canadiens, chinois sont à la pointe de ces
innovations, accélèrent. Les Européens doivent rester dans la course. Nous les
soutenons au niveau national à travers France 2030. Nos grands acteurs
industriels les soutiennent. Je suis d'ailleurs heureux d'annoncer aujourd'hui
l'avancée de plusieurs projets. Calogena et Jimmy, qui visent à déployer des
réacteurs produisant de la chaleur, bénéficieront de financements
complémentaires dans France 2030 pour accélérer. Et puis les projets comme
NUWARD portés par EDF, là aussi vont se consolider et sont à la pointe de notre
ambition. Et de nombreux autres projets se développent autour de la fermeture
du cycle ou des projets avancés. Cette dynamique existe sur le continent
européen. Nous avons besoin de l'accélérer et nous avons besoin d'un IPCEI sur
le nucléaire. C'est clé.
Le cinquième axe, ce sont les réseaux. L'énergie nucléaire doit servir à
bâtir cette Europe de l'énergie et de réseaux électriques, que nous appelons de
nos vœux, en créant de vraies connexions transfrontalières, en améliorant aussi
le niveau de qualité des réseaux européens tels qu'ils existent. Parce que
l'énergie est restée une compétence nationale, elle n'était pas dans le marché
commun historiquement. On a laissé nos réseaux d'infrastructures électriques
dans une situation très hétérogène en Europe. Certains sont parfaitement
intégrés. Alors la France, avec sa tradition jacobine, qui parfois a des grands
avantages, on a un réseau très centralisé, très intégré et donc efficace, c'est
une chance. On a d'autres pays qui sont plus fédéraux où il y a plusieurs
réseaux dans le pays. Puis on a des vrais défauts d'interconnexion entre nos
pays.
Au fond, ce dont on a besoin pour développer le nucléaire et pour que le
nucléaire nourrisse le mix électrique européen qui permet de réconcilier
compétitivité, climat, souveraineté, c'est de créer un marché de la libre
circulation des électrons décarbonés. On a su le faire pour les personnes et
les entreprises, il faut le faire pour les électrons, ce n'est pas compliqué.
Au fond, que ces électrons décarbonés soient produits avec de l'éolien en mer
au large de la Belgique, avec du solaire en Grèce ou avec du nucléaire en
France, on s'en fiche. Le tout, c'est qu'ils puissent circuler librement de
manière optimisée pour pouvoir nourrir le mix électrique. Les réseaux, c'est un
point clé pour notre Europe. C'est une réflexion que nous avons lancée avec
l'Allemagne et la Pologne, il faut maintenant l'accélérer.
Le sixième axe, c'est plus de coopération internationale, en particulier
pour la production de combustibles et la fermeture du cycle. On était pris à
partie tout à l'heure par des militants sur encore les dépendances qui existent
à l'égard de la Russie. C'est vrai pour l'uranium. Raphaël me rappelait que
c'est 40 % de la production mondiale, alors il y a ici beaucoup de pays qui
produisent aussi et que je veux saluer. La Mongolie, le Kazakhstan sont là, ce
sont des pays qui ont ouvert leur production et qui, s'ajoutant au Canada, à
l'Australie, à l'Ouzbékistan et beaucoup d'autres, ont des réserves d'uranium.
Mais on doit coopérer au niveau international pour avancer sur ce point, pour
diversifier notre approvisionnement, c'est absolument clé, et sécuriser nos
approvisionnements en uranium pour être moins dépendants des soubresauts
géopolitiques.
On doit aussi continuer à investir et innover pour enrichir davantage.
Là-dessus, la France, aux côtés de ses partenaires du G7, s'est engagée à
accroître ses propres capacités d'enrichissement de l'uranium. Orano a initié
l'extension de son usine d'enrichissement afin d'augmenter ses capacités de
production de 30 %, renforcer la souveraineté énergétique des pays occidentaux.
D'autres projets doivent aussi émerger, et c'est absolument clé, et les
capacités d'enrichissement doivent aussi être soutenues par, justement, des
coopérations nouvelles, et la coopération entre Orano et le département d'État
américain sur le projet IKE, qui est, à cet égard, un élément clé.
C'est aussi pour ça qu'il faut continuer de financer nos projets de
fermeture du cycle et de recyclage du combustible, pour moins consommer
d'uranium naturel, pour, à terme, nous en affranchir. La fermeture du cycle
doit rester un objectif de nos grands projets innovants, et c'est absolument
clé, là aussi. Et il faut continuer de coopérer. Le Japon, la Corée du Sud sont
des pays clés en la matière, et les Européens veulent continuer ces
partenariats avec eux. Ça, c'est un axe absolument fondamental. Mais donc, plus
de coopération internationale pour diversifier nos approvisionnements, pour
continuer d'améliorer notre enrichissement de l'uranium, et pour fermer le
cycle.
Notre septième axe d'effort, c'est la supply chain. Nous avons noué des
partenariats nombreux. L'Alliance européenne nucléaire a été une construction
importante de ces dernières années, et je remercie les initiateurs et les
acteurs. Il y a de la compétition, évidemment, entre les grands industriels,
mais on a besoin de consolider, au fond, une chaîne européenne industrielle.
C'est clé. C'est un peu le jumeau de la standardisation que j'évoquais comme
point d'effort tout à l'heure. Mais cette supply chain européenne est clé si on
veut développer de l'emploi partout en Europe grâce au nucléaire, si on veut
gagner en compétitivité, et si on veut structurer aussi toute une chaîne de
sous-traitants dont on a ô combien besoin.
Ce qui va avec un huitième axe d'effort qui est la question de la formation
des métiers de l'attractivité. Tout ce qu'on se dit-là ne peut réussir que si
on continue, ou plutôt on réamorce la pompe de l'attractivité des métiers du
nucléaire, de l'embauche des plus jeunes et de leur capacité à avoir des
carrières dans la filière. Je remercie l'ensemble des acteurs de la filière qui
sont mobilisés à ce titre, mais on doit réussir à mieux collaborer, réussir à
attirer les plus jeunes, former et montrer que les métiers du nucléaire sont
des métiers d'avenir dans tous nos pays. 250 000 emplois hautement qualifiés de
compétitivité pour la filière nucléaire, environ 900 000 en Europe d'après une
étude de Nucléar Europe. Nous allons devoir passer à 1 400 000 dans les
prochaines années en Europe en termes d'emplois. Pour la France, ce sont plus
de 100 000 personnes que nous devrons recruter au moins dans les dix ans à
venir. Ce qui veut dire que pour tous les jeunes qui nous écoutent aujourd'hui,
il y a des emplois dans le nucléaire aujourd'hui, il y en aura demain. Il y
aura des carrières dans le nucléaire, il y aura de la production dans des
métiers qui se sont profondément transformés et qui permettent des progressions
de carrière remarquables. Donc nous avons là aussi besoin de coopérer pour
pouvoir attirer ces plus jeunes, les former, construire des carrières pour le
nucléaire, qu'il s'agisse de nos grands industriels ou de leurs partenaires et
de l'ensemble des filières.
Le dernier axe d'effort, c'est enfin la recherche et la recherche et
développement. Nous voulons rester à la pointe, financer des projets, les
projets sur la sûreté, la fermeture du cycle, les petits réacteurs modulaires.
Ils sont clés et doivent continuer à alimenter nos grands axes d'effort public
et public-privé. Nous sommes aussi attachés à nos projets historiques. Je veux
saluer les femmes et les hommes qui font vivre le projet ITER à Cadarache, qui
nourrit l'espoir d'un progrès concret. Nous croyons dans ces efforts et nous
allons les maintenir. Nous voulons continuer d'attirer et de former les
meilleurs chercheurs en la matière. Je veux saluer ici la force du CEA, notre
centre de recherche en France sur le sujet, mais aussi tous nos autres
organismes de recherche pleinement mobilisés, en particulier le CNRS et nos
grandes universités, et saluer les grands centres de recherche et universités
en Europe, partout dans le monde, qui sont mobilisés sur ces questions, et dire
combien, là aussi, pour avancer sur le nucléaire, nous avons besoin d'une
science libre, indépendante, ouverte, celle que nous avons portée il y a un an
avec la présidente Von der Leyen à la Sorbonne pour le programme Choose Europe
for Science, et qui est ô combien nécessaire pour le nucléaire. Parce que cette
science, elle doit être partagée par toutes et tous, et ça reboucle avec mon
point initial, c'est toujours une question éthique qui est au cœur du
nucléaire. Pour être à la hauteur de cette question éthique, elle doit toujours
être éclairée par la science. Cette science doit alimenter les décisions des
gouvernements, les choix et les innovations des industriels, mais cette science
doit être aussi ouverte pour pouvoir être consultée par nos concitoyens, pour
pouvoir être consultée par d'autres scientifiques, pour nourrir les
controverses, permettre parfois certaines décisions, parfois arrêter certains
projets à la lumière de la science, ou les réorienter. Parce que la science
libre et ouverte est la garantie des progrès technologiques qui sont au service
de l'humanité.
Voilà les quelques convictions que je voulais partager avec vous et ces
axes d'efforts auxquels je crois pour notre nucléaire à l'échelle
internationale, et tout particulièrement pour nous européens. Au fond, je
voulais vous remercier d'être là aujourd'hui. Il y a 15 ans, nous étions au
moment d'un drame, dans l'émotion. Nous avons su tous ensemble nous en relever
en prenant les bonnes décisions, en n'oubliant rien, en ayant cette pensée
affectueuse et grave pour nos amis japonais aujourd'hui, mais en regardant tout
le chemin parcouru et en voyant aujourd'hui le nucléaire comme un véritable
secteur d'avenir pour nos énergies, nos sociétés, nos pays.
> Bienvenue cher Rob Jetten. Un plaisir et un honneur d'accueillir un ami qui plaide pour une Europe forte, autonome, compétitive et protectrice de ses valeurs et de ses citoyens. Ensemble, les Pays-Bas et la France vont contribuer à l’agenda de souveraineté européenne.
> Avec sa nouvelle levée de fonds, la licorne française Alan démontre qu’il est possible de bâtir en France un champion technologique ambitieux, rentable et tourné vers l’Europe. Bravo à ses 800 salariés. Continuons à investir, innover et créer des emplois.
> J’ai eu une longue conversation avec les présidents du Liban et de la Syrie. Je suis heureux que la France contribue et participe aux échanges d’égal à égal, dans un esprit de partenariat tout à fait nouveau, que le Liban et la Syrie veulent à présent nouer. C’est véritablement une chance historique pour ces deux pays qui ont tant souffert de la dictature d’Assad, des crises régionales et du terrorisme. Le président Joseph Aoun, avec le concours du gouvernement de Nawaf Salam et des forces armées libanaises, fait face avec courage et honneur aux menaces contre le Liban, sa sécurité et son unité. Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban. Le président Ahmad Al-Charaa soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire. Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie. La coordination engagée par les plus hautes autorités libanaises et syriennes est essentielle. Je continuerai de l’encourager avec conviction. Nous sommes convenus de rester en étroit contact.
> Une humanitaire française de l’UNICEF a été tuée à Goma. À sa famille, à ses proches, à ses collègues, j’adresse le soutien et l’émotion de la Nation. J'appelle au respect du droit humanitaire et des personnels qui sont sur place et qui s’engagent pour sauver des vies.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Hostilités au Moyen-Orient] La France n’est pas en guerre et ne participe
pas au conflit en cours au Proche et Moyen-Orient. Pour autant, ses intérêts
sont directement concernés : 400 000 ressortissants sur place, des
installations françaises civiles et militaires, des partenariats de défense et
des enjeux économiques, notamment énergétiques.
Dans le respect du droit international et de nos accords de défense, l’action
de la France vise à :
- protéger nos ressortissants et organiser le retour de ceux qui le souhaitent
- soutenir nos partenaires et alliés lorsqu’ils sont attaqués
- garantir la liberté de navigation et protéger l’approvisionnement énergétique
- contribuer à la désescalade dans la région
- soutenir le Liban, pays ami et entraîné dans la guerre, notamment par une
aide militaire et humanitaire
Aujourd’hui à Matignon, toutes les forces politiques ont été informées. Les
échanges avec le Parlement se poursuivront au fil de l’évolution de la
situation.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Victimes du terrorisme] En cette Journée nationale d’hommage aux victimes
du terrorisme [11 mars], nous honorons leur mémoire et pensons aux blessés, aux
proches et aux familles marqués à jamais. Nous remercions celles et ceux qui
s’engagent chaque jour pour lutter contre toutes les formes de terrorisme. Nous
continuerons à lutter sans relâche et à défendre les valeurs de la République.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et
des Anciens combattants)
> [Hostilités au Moyen-Orient] Le président de la République a redit combien
il était important de retrouver la voie de la diplomatie. C’est vraiment
l’élément fondamental. Ensuite, pourquoi la France amène-t-elle des moyens ?
D’abord parce que la France a des accords de défense avec plusieurs pays
concernés dans le Golfe Persique. Je pense au Koweït, au Qatar et aux Émirats
arabes unis. Et nous avons également d’autres accords avec l’Irak et la
Jordanie. Enfin nous avons le cas de Chypre qui est dans l’Union européenne. Il
s’avère que ces pays, qui ont fait l’objet d’attaques, ont demandé une
assistance. On est donc dans le cadre de l’article 51 de la Charte des Nations
unies. Ils ont demandé une assistance à la France, notamment de la défense
sol-air, des radars. Certains ont également demandé que nos avions Rafale puissent intervenir le cas échéant. J’insiste :
c’est une réponse strictement défensive que la France apporte à ces pays. Pour
revenir sur le cas précis du Charles-de-Gaulle, la priorité, le Président l’a
redit dans son intervention mardi soir, reste la sécurité de nos ressortissants
et de nos emprises. Or le Charles-de-Gaulle et son escorte constituent des
moyens dont nous pourrions avoir besoin.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Aujourd’hui, nous sommes dans des postures défensives et donc les Rafale, déjà présents en Jordanie, mais surtout aux Émirats arabes unis, y compris ceux envoyés en renfort et évoqués mardi soir par le président de la République, peuvent être utilisés pour des tirs défensifs de protection de nos emprises et de l’espace aérien de nos partenaires.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Vu l’importance du détroit d’Ormuz et de la mer Rouge dans le commerce international, la France essaye par ailleurs de constituer une coalition pour renforcer la sécurité maritime dans la région.
> La France s'est distinguée en respectant scrupuleusement les traités internationaux en matière de non-prolifération. D'autre part, depuis les années 1990, elle a arrêté tout ce qui était armement nucléaire au sol (plateau d’Albion, missiles Pluton et Hades). Aujourd'hui, la dissuasion française repose sur deux composantes : aéroportée et sous-marine. Mais dans un environnement stratégique qui est beaucoup plus proliférant et beaucoup plus mouvant, il faut conserver le pouvoir de menace de notre arsenal nucléaire notamment face à des menaces qui se coordonnent, d'où la décision du président de la République d'augmenter le nombre de nos têtes nucléaires.
> Le président de la République l'a dit à l'Île Longue: la dissuasion, c'est la pierre angulaire de notre stratégie de défense. C’est un intangible de notre capacité de défense. Une dissuasion indépendante, autonome. Or, pour être autonome, il faut avoir la certitude de toujours disposer de ce qu'il faut pour être crédible et donc en capacité de dissuader un agresseur potentiel. Troisième point très important, c'est que nous sommes souverains. Là encore, le Président l'a rappelé lundi, la dissuasion française est, de bout en bout, souveraine et son emploi reste de la responsabilité du seul président de la République.
> La loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 va faire l'objet d'une augmentation de crédits. Ce sont les fameuses surmarches évoquées l'an dernier par mon prédécesseur – l'actuel Premier ministre – à l'occasion de la sortie de la revue nationale stratégique. Il avait mis en avant les besoins d'augmenter les ressources de nos armées. C'est la raison pour laquelle le président de la République a arbitré pour une augmentation de 36 milliards d'euros sur la période 2026-2030. Pour en revenir au financement de notre arsenal nucléaire, je présenterai début avril en Conseil des ministres un texte d'actualisation de la loi de programmation militaire. Ce texte sera discuté au Sénat en mai et à l'Assemblée nationale en juin pour une promulgation courant juillet. Il comprend une augmentation de budget sur la période 2026-2030. Et dans cette augmentation de la LPM, une partie est consacrée à la dissuasion.
> Quand je dis que la France est souveraine et autonome de bout en bout, cela comprend aussi le financement. Le financement de notre dissuasion est et restera totalement français. Ce que nous appelons la dissuasion avancée, c’est la matérialisation du fait que la France est dans un tissu d'intérêts qui dépasse ses frontières, qu’elle n'est pas isolée, et ce constat-là avait été posé dès le livre blanc de 1972. Et ce que le président de la République a finalement annoncé lundi, c'est la matérialisation de cette expression. Outre le Royaume-Uni, seul autre pays européen doté, on va également travailler, par le biais d'accords bilatéraux, avec l'Allemagne, la Pologne, la Suède, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark et la Grèce, à la mise en place de cette dissuasion avancée. L'idée est de favoriser le déploiement d'éléments de nos forces stratégiques chez nos alliés, permettant ainsi la dispersion de nos forces aériennes. Aujourd'hui, nos sous-marins se diluent dans les océans, on peut imaginer que, de la même manière, nos forces aériennes se diluent dans la profondeur du ciel du continent.
> La France refuse l’emploi de l’arme nucléaire comme une arme du champ de bataille, qui plus est sur le sol du continent européen. Dans le cadre des traités de non-prolifération et des traités qu'elle a signés depuis 1990, la France a fait le choix de ne plus avoir d'armes nucléaires terrestres et de recentrer sa stratégie de dissuasion sur ses deux composantes, aéroportées et océaniques, toutes deux à vocation stratégique et non tactique.
> [Augmentation à venir du nombre de têtes nucléaires] Notre horizon est celui de la loi de programmation militaire, soit 2030. Cette annonce répond à la dégradation de l’environnement stratégique. Et cette volonté d’investissement est constante depuis les débuts de notre dissuasion dans les années 60. Depuis 2017, Emmanuel Macron a considérablement investi dans ce domaine clé. Le renouvellement de notre flotte de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins est engagé. Et nous venons de lancer la mise en conception du nouveau missile de la dissuasion océanique, le M51.4, et celle du nouveau missile des forces aériennes stratégiques.
> Notre logique est toujours celle du juste besoin pour assurer la préservation de nos intérêts vitaux. L’enjeu, c’est de répondre à l’évolution de la menace. Et nous respectons toujours l’ensemble des traités signés.
> Dès le livre blanc de 1972, il est écrit que la France vit dans un tissu d’intérêt qui dépasse ses frontières, elle n’est pas isolée. La dimension européenne de nos intérêts vitaux est un invariant de notre doctrine nucléaire. C’est le cœur du propos du chef de l’État. De la même manière qu’on a nos sous-marins dilués dans les océans, nous pourrons avoir des avions dilués dans le ciel des pays européens qui en ont manifesté l’intérêt. Et nous allons, dès à présent, travailler à établir des accords bilatéraux avec chacun d’entre eux.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Prix de l’essence] Face à la hausse des prix des carburants liée à la
crise au Moyen-Orient, nous agissons concrètement et au quotidien.
Sous l’impulsion du président de la République Emmanuel Macron, et dans le
cadre de la présidence française du G7 France, j’ai réuni en urgence un G7
Finances le 9 mars 2026, puis, avec Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de
l’Énergie, un G7 Énergie le 10 mars 2026.
Les ministres du G7 se sont accordés pour prendre toutes les mesures
nécessaires, en coordination avec l’Agence internationale de l’énergie, afin de
stabiliser les marchés et répondre aux besoins d’approvisionnement.
Cette mobilisation a déjà produit des résultats : alors que le baril atteignait
120$ le 9 mars, les initiatives prises ont permis de le ramener autour de 90$.
Le 11 mars 2026, les membres de l’Agence internationale de l’énergie ont décidé
officiellement de libérer 400 millions de barils de leurs stocks
stratégiques, la plus grande opération de ce type jamais réalisée, afin de
fluidifier le marché et contribuer à la baisse des prix.
Le G7, sous la présidence d’Emmanuel Macron a acté cette décision lors d’une
réunion exceptionnelle le même jour.
En France, nous poursuivons la mobilisation. Ce jeudi 12 mars, avec les
ministres Serge Papin et Maud Bregeon, nouvelle réunion avec les distributeurs
de carburants à Bercy afin de leur demander de faire des propositions et d’agir
en responsabilité, comme certains l’ont déjà fait.
Je continue également à tenir quotidiennement des réunions pour suivre les
conséquences du conflit sur les marchés énergétiques et financiers et prendre,
si nécessaire, les décisions qui s’imposent.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Évidemment,
les ministres des Finances, ces temps-ci, sont très occupés et suivent de très
près ce qui se passe au Proche-Orient. C’est le cas de l’EUROUGROUPE qui se
réunira après ceci. C’était aussi le cas de la réunion des ministres des
Finances du G7 que j’ai convoquée cet après-midi. Seuls les ministres étaient
présents avec l’Agence internationale de l’énergie, avec la Banque mondiale et
avec le Fonds monétaire international.
Nous sommes d’accord pour suivre la situation de très près sur les marchés, l’impact
évidemment sur la situation macroéconomique de nos pays, mais aussi l’impact au
quotidien pour nos concitoyens qui sont affectés de manière directe, notamment
évidemment par la hausse du prix de l’essence.
Nous allons suivre les choses de près, nous sommes prêts à prendre toutes les
mesures nécessaires, y compris en puisant dans les réserves de stocks
stratégiques de manière à stabiliser les marchés.
Je veux être très clair aujourd’hui, le marché du pétrole et le marché du gaz
également sont affectés par des bouleversements qui sont essentiellement liés
au fait que les exportations de pétrole et de gaz qui sortent du Moyen-Orient
se dirigent vers l’Asie, zone qui est, du coup, directement affectée par les
gouvernements de marché.
Aujourd’hui, il n’y a aucun problème d’approvisionnement de pétrole, ni de gaz,
que ce soit en Europe ou aux États-Unis. Pour autant, nous allons regarder de
près la manière dont nous pouvons stabiliser l’ensemble des flux, l’ensemble du
marché, et je le répète, en étudiant toutes les mesures, y compris, pourquoi
pas, la libération des stocks stratégiques.
> [Hostilités au Moyen-Orient] L’évolution de la situation depuis 24 heures
à 48 heures, à la fois ce week-end, avec des installations pétrolières, des
raffineries qui ont été directement attaquées, et l’évolution des marches ce
matin avec une très forte hausse du pétrole à l’ouverture en Asie, je dirais,
nous a convaincus de donner des messages très clairs, très fermes, et j’espère
très efficaces, pour rassurer tout le monde.
> [Hostilités au Moyen-Orient / Prix de
l’essence] La coordination est au cœur de notre stratégie, que ce soit
d’ailleurs sur les enjeux d’intervention défensive auprès de nos États, les
enjeux évidemment d’intervention potentielle de nos navires dans la région pour
sécuriser et stabiliser le détroit d’Ormuz, les discussions qu’on a sur les
propositions américaines autour de l’assurance et évidemment les discussions
qu’on a autour de la libération potentielle des stocks.
Pourquoi ? Parce que c’est le marché global qui est aujourd’hui affecté.
Je le répète, le marché français n’est en aucun cas affecté, en termes de
volume, par des enjeux d’approvisionnement. On avait ce matin 97 % et un
peu plus encore des stations-service qui étaient approvisionnées, ce qui est un
taux parfaitement normal.
Ce qu’il faut, c’est qu’on agisse de manière coordonnée sur les marchés globaux
pour rassurer de notre capacité à, si besoin est, produire et fournir du
pétrole à tous ceux qui en ont besoin.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> [Hostilités au Moyen-Orient / Sécuriser le détroit d’Ormuz] Nous avons
lancé le travail pour bâtir une mission associant un certain nombre de pays
autour de la France, dont vous savez qu’elle a déployé ses moyens militaires,
ceux de sa marine dans la région, pour que durablement, nous puissions assurer
la sécurité maritime, la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, comme
nous le faisons depuis des années en mer Rouge avec une opération européenne
qui implique des bâtiments militaires français pour accompagner les
porte-conteneurs ou les pétroliers. Pour vous donner un exemple, en mer Rouge,
grâce à cette opération où nous sommes aux côtés des Grecs, des Italiens, des
Espagnols, nous avons permis la circulation de 150 navires en mer Rouge. C’est
en quelque sorte une mission similaire que nous voulons mettre en place dans le
détroit d’Ormuz.
> [Hostilités au Moyen-Orient / Reprise
du trafic dans le détroit d’Ormuz] Il faut que ça arrive au plus vite, puisque
l’économie mondiale n’a pas à être l’otage d’une guerre entre les États-Unis et
Israël d’un côté, et l’Iran de l’autre. (…)
Cette escalade militaire emporte effectivement des risques majeurs pour la
sécurité de nos ressortissants, pour nos intérêts, pour nos partenaires, mais
aussi pour l’économie mondiale et donc pour notre pouvoir d’achat, comme chacun
peut le constater. (…)
Ce qui est clair en tout cas, c’est qu’entraver la liberté de circulation, la
liberté de navigation, c’est contraire au droit de la mer. Et donc tout cela
doit cesser.
> [Prix de l’essence] Comment répondre à cette flambée du prix du diesel, et dans une moindre mesure de l’essence ? C’est d’abord régler le problème à la source, c’est ce qu’on évoquait à l’instant, sécuriser la circulation des navires. C’est évidemment veiller à ce que personne n’engrange des profits sur le dos des Français. C’est le Premier ministre qui a ordonné que des contrôles soient menés aux stations essence. Et puis enfin, c’est de mobiliser tous les instruments à notre disposition.
> [Hostilités au Moyen-Orient / Cessation
de la guerre] Évidemment, et cela passe d’abord et avant tout par des
concessions majeures et un changement radical de posture du régime iranien, qui
permettent qu’une solution émerge, qui à terme permettent à l’Iran la
coexistence pacifique avec son environnement régional, et qui permettent aux
Iraniennes et aux Iraniens de construire librement leur avenir. (…)
Il n’y a pas d’autre issue pour ce
régime que de tout changer de fond en compte. Ces actions de déstabilisation,
qui sont dangereuses pour la région, mais aussi pour nous-mêmes, la répression
sanglante qui a été menée contre les manifestants, tout ça n’est en aucun cas
tenable. Et ces dernières années, son refus de négocier est sans doute à
l’origine des opérations militaires conduites par les États-Unis et Israël.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Cette
guerre a commencé par des frappes israéliennes et américaines que nous ne
pouvions approuver parce qu’elles se faisaient sans but précisément défini, et
surtout, en-dehors du droit international. (…)
Donc cette guerre nous ne l’avons pas approuvée et nous n’y avons pas
participé. Nous ne l’approuvons pas et nous n’y participons pas. (…)
Ce que je souhaite, en tout cas, c’est que nous puissions avancer au plus vite
vers une désescalade, puisque l’escalade militaire dans la région emporte avec
elle, on le voit, des risques qui sont majeurs pour nos intérêts, pour la
sécurité de nos ressortissants sur place, mais aussi pour nos partenaires, et
puis pour l’économie mondiale, avec la flambée des prix du diesel ou de
l’essence.
Et pour ça, il me semble que la première des choses, c’est que la République
islamique d’Iran puisse se résoudre à un changement radical de posture et à des
concessions majeures pour que puisse émerger une solution durable, qui permette
à la fois à l’Iran, à ce grand pays du Moyen-Orient, d’avoir une coexistence
pacifique avec ses voisins, et qui permette aux Iraniennes, aux Iraniens, au
peuple iranien de construire librement son avenir. (…)
Nous appelons à une désescalade la plus rapide possible, à la cessation des
hostilités. Mais je le dis, cela passe nécessairement par un changement radical
de posture et d’attitude de la République islamique d’Iran. (…)
On dit que cette escalade militaire doit cesser. Pour qu’elle cesse, je vous
rappelle que cette guerre, nous ne l’avons pas approuvée, nous n’y avons pas
participé, nous n’avons pas choisi le début, et ce sont les belligérants qui en
choisiront la fin. Ce que je dis, c’est qu’il me paraît essentiel que, pour
parvenir à cette désescalade, au bénéfice de la région, mais aussi à notre
bénéfice, la République islamique d’Iran fasse enfin ces concessions
indispensables. (…)
Cela veut dire que lorsque nous nous adressons à chacune des parties, nous
faisons part de notre position qui est très claire : il faut arriver au
plus vite à la fin des hostilités. Vous voyez bien les conséquences qu’elles
emportent. Vous avez vu des reportages dont on vient de voir les images, avec
des Françaises et des Français qui attendent leur retour en France. Le prix de
l’essence qui augmente. Vous voyez bien aussi l’instabilité au Liban qui, une
nouvelle fois, se trouve au bord du précipice. Il faut que tout cela s’arrête.
Pour que cela s’arrête et que cela ne se reproduise plus, il faut que la
République islamique d’Iran accepte de faire ces concessions radicales.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je crois qu’il faut prendre les déclarations des uns et des autres avec un peu de philosophie, puisque c’est ainsi que va la guerre. Chacun fait des déclarations martiales les plus intimidantes possible. Quant à nous, nous nous préparons à toute éventualité. Nous nous assurons de protéger nos ressortissants, d’apporter tout le soutien, comme le Président de la République l’a fait hier à Chypre, à nos partenaires qui ont été injustement ciblés par les drones et les missiles iraniens. Et puis nous travaillons bien sûr à soutenir le Liban dans l’épreuve qu’il traverse et à préparer la liberté de navigation en mer Rouge, mais aussi dans le golfe Persique, pour que la tension sur les prix de l’énergie puisse baisser.
> [Iran] Nous avons condamné avec beaucoup de force les violences d’État, qui se sont abattues aveuglément sur les manifestants. Nous avons même décidé de désigner le corps des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Et nous avons pris des sanctions individuelles contre les responsables de ces violences, contre la révolte pacifique du peuple iranien. Ce que je dis, c’est qu’il est indispensable que la République islamique puisse faire des concessions radicales, un changement de posture. Et ce que je dis aussi, c’est que cela s’est produit par le passé, et je dirais même que la seule fois où cela s’est produit par le passé, ça n’a pas été le fait d’une guerre ou le fait des armes, ça a été le fait de la négociation. Et ça s’est passé il y a dix ans, à Genève. La France était là, et elle a obtenu pour la première fois depuis les débuts de la République islamique d’Iran qu’elle renonce à son programme nucléaire. Depuis, cet accord sur le nucléaire iranien a été violé par l’Iran, ce qui m’a d’ailleurs conduit - même si j’ai passé une bonne partie de l’année dernière à essayer de le sauver, cet accord, pour nous prémunir contre les risques - ce qui nous a conduits à réappliquer des sanctions massives contre l’Iran au mois de septembre dernier.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Les règles de la guerre, les règles du droit
international, il y a des choses qu’elles autorisent et il y a des choses
qu’elles n’autorisent pas. Et il existe, comme dans notre droit national, un
principe de légitime défense. Et c’est à ce titre qu’aujourd’hui, nous
apportons un concours à des pays comme Chypre, ou comme les Émirats arabes
unis, ou comme le Qatar, ou l’Arabie saoudite, qui sont directement ciblés par
les missiles et les drones iraniens alors qu’ils n’y étaient pour rien, et
qu’ils n’ont en aucun cas agressé l’Iran. Maintenant, des missions comme celle
que nous avons avec l’Europe en mer Rouge, ça n’a pour seule vocation que de
protéger la liberté de navigation. (…)
La liberté de navigation, ça fait partie du droit de la mer. C’est un bien
commun. Et donc, quand elle est entravée, ou quand elle est menacée, ou quand,
même si la guerre s’est arrêtée, il y a un risque que, parce qu’un bateau
passe, qu’il puisse être pris pour cible, il est tout à fait autorisé par le
droit international qu’on puisse, comme ça, lui assurer un passage sain et
sauf. (…)
Le principe de légitime défense s’applique. La question, c’est de savoir si
vous faites usage de la force de manière conforme ou non au droit
international. Si nous avons dit qu’Israël et les États-Unis l’avaient fait
d’une manière qui n’était pas conforme au droit international, c’est parce
qu’il y a deux cas de figure que le droit international autorise pour l’usage
de la force. Le premier, c’est lorsque l’accord est donné par les Nations unies
et leur Conseil de sécurité, qui n’ont pas été consultés en l’occurrence. Le
deuxième, ce sont les cas de légitime défense. La légitime défense est prévue
par le droit international. (…)
Ce que nous voulons, c’est bâtir une mission, à l’exemple de ce que nous avons
fait en mer Rouge avec des partenaires européens, grecs, italiens et espagnols,
pour assurer, mais pas uniquement dans les jours qui viennent, plus
durablement, la sécurité de la circulation dans le détroit. (…)
Nous avons exprimé très clairement l’opinion qui est la nôtre sur les
opérations israéliennes et américaines. Mais ce que nous avons fait, c’est de
déployer de manière totalement inédite nos moyens dans la Méditerranée
orientale, comme on l’appelle, pour apporter un secours à nos partenaires. Et
cette escalade militaire, je le disais tout à l’heure entre les lignes, nous
avons vraiment tout fait pour tenter de l’éviter. Parce que nous avons proposé,
avant la répression dans le sang des manifestations pacifiques du mois de
janvier, nous avons proposé à de multiples reprises à la République islamique
d’Iran de renoncer à son programme nucléaire, à son programme de missiles, à
son soutien à des groupes terroristes dans la région. Et nous n’y sommes pas
parvenus malheureusement.
> [Iran] La seule solution pour une
sortie durable de la crise, c’est un changement du tout au tout du régime
aujourd’hui en place en Iran. À cause des manifestations qui ont été réprimées
dans le sang, à cause de son obstination à se doter d’un programme nucléaire, à
cause de son obstination à maintenir des missiles ou une capacité à lancer des
missiles, y compris sur ses voisins, à cause de son soutien à des mouvements
comme le Hezbollah, qui aujourd’hui prend le Liban en otage et menace de le
précipiter dans le précipice. (…)
Nous attendons que l’Iran renonce à être une puissance déstabilisatrice et
dangereuse, avec un programme nucléaire, avec un programme de missiles, avec le
soutien des groupes terroristes, et en privant les Iraniennes et les Iraniens
de construire librement leur avenir. (…)
Ce que j’ai dit aussi, c’est que nous avons montré par le passé que nous avions
réussi à obtenir des concessions majeures de la part de l’Iran sans faire appel
aux armes, mais par la négociation.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Des moyens militaires français sont intervenus dans l’espace aérien de certains des pays de la région avec lesquels nous avons des accords de défense. Et notamment les Émirats arabes unis, puisque vous savez que nous avons là-bas une base, avec 800 militaires français qui y sont déployés, mais dans une posture strictement défensive, et conformément au principe de légitime défense prévu par le droit international.
> Le monde qui est en train de se construire c’est celui d’une rivalité croissante entre deux superpuissances. La superpuissance du XXe siècle, les États-Unis d’Amérique, et la superpuissance émergente, la Chine. Une rivalité croissante qui pourrait même, à un moment donné, donner lieu à des conflits. Et l’important pour nous, au-delà de cette crise dramatique qui traverse le Proche et le Moyen-Orient, c’est d’ouvrir une troisième voie avec l’Europe pour éviter que nous nous trouvions entraînés dans un camp ou dans un autre. Parce que notre vision du monde et notre vision de nous-mêmes, c’est une France et une Europe fortes et indépendantes, qui est capables de résister à la tentation qui sera celle de ces deux grandes superpuissances d’emmener avec elles, dans leurs rivalités et leurs conflictualités, le plus grand nombre de pays possible.
> On vit une période de transition et
l’Europe doit accélérer pour être capable, pour elle-même, d’être indépendante,
mais aussi pour tracer cette troisième voie entre les deux grandes
superpuissances dans laquelle beaucoup d’autres pays s’engouffreront. Et ça, ça
suppose qu’elle prenne les mesures nécessaires pour son indépendance, à
commencer par se libérer de ses servitudes en matière de défense. Et de ce
point de vue-là, je crois que la voix de la France commence enfin à être
entendue et des décisions à être prises. Et je ne peux que constater que le
discours du Président de la République sur notre dissuasion, prononcé à l’Île
Longue il y a quelques jours, qui, à mon avis, il y a un ou deux ans, aurait
suscité beaucoup d’incompréhension ou d’irritation de la part des Européens,
puisque c’est un concept de dissuasion avancée, donc avec une composante
européenne, ce discours a reçu un formidable écho. Et donc nous avançons dans
cette direction, mais évidemment il faut accélérer. (…)
Si nous n’accélérons pas, en France et en Europe, nous finirons non seulement
par être réduits au statut de spectateur, mais plus encore, nous serons attirés
dans un camp ou dans un autre de l’une de ces deux grandes superpuissances.
C’est ce que nous voulons éviter à tout prix. Dans cette crise, nous ne sommes
pas spectateurs, non. Parce que le déploiement de forces françaises dans la
Méditerranée orientale, aussi rapidement et aussi massivement, pour apporter un
renfort et un appui à Chypre et aux pays de la région, je peux vous dire que
sans doute aucun autre pays du monde ne l’a fait dans ces circonstances, et
peut-être n’aurait pu le faire. Et ça, ça a énormément de valeur, parce que ça
montre que la France est un partenaire fiable, un partenaire de confiance. Et
c’est au fond cette image-là que nous voulons renvoyer de l’Europe : un
partenaire fiable, un partenaire de confiance…
> La simple présence de capacités militaires françaises dans la zone permet d’assurer la sécurité de nos ressortissants. On ne sait jamais ce qui peut se produire, et si d’éventuelles opérations d’évacuation devaient être entreprises, les moyens seront présents. Ça permet aussi de dissuader les attaques contre nos partenaires. Et puis ça permet aussi, avec le Charles de Gaulle qu’on voit à l’écran, d’éviter un élargissement de ce conflit en Méditerranée. Donc ça n’a pas qu’une valeur politique, ça a une valeur opérationnelle, et au moment où nous nous tenons aux côtés du Liban, pays ami et pays frère, qui est une nouvelle fois plongé dans la crise, la présence de nos capacités militaires, même si elles sont strictement défensives, ça a beaucoup de valeur.
> S’agissant du Liban avec lequel nous avons une relation toute particulière, puisque le général de Gaulle disait que le Liban est le seul peuple du monde dont le cœur bat au même rythme que celui de la France, nous avons invité et incité fortement les autorités libanaises et les autorités israéliennes à pouvoir se parler au plus haut niveau pour pouvoir prendre en main la sortie de crise, pour pouvoir aboutir à un cessez-le-feu, pour pouvoir œuvrer ensemble au désarmement indispensable du Hezbollah et pour pouvoir créer les conditions de relations de voisinage apaisées entre les deux pays. C’est ce, au fond, à quoi nous travaillons depuis longtemps. Et cette crise, je l’espère vivement, permettra paradoxalement d’accélérer ce processus au bénéfice des Libanaises et des Libanais.
> Sur le sujet iranien et sur la question du Liban, traditionnellement, Israël est très à l’écoute de la France. À l’écoute de la France sur l’Iran, puisque dans les négociations qui ont été menées par le passé, c’est sans doute la France qui a tenu les positions les plus exigeantes vis-à-vis de la République islamique d’Iran. Et pour Israël, pays menacé par le programme nucléaire et balistique de l’Iran, la France a toujours été un interlocuteur privilégié. Et sur le Liban, ce que nous disons aux autorités israéliennes, c’est que l’intérêt du peuple israélien, c’est d’avoir à sa frontière nord un Liban disposant d’un État fort, avec le monopole des armes, capable de protéger toutes les communautés et de vivre en paix et en sécurité avec ses voisins. C’est ça, l’intérêt d’Israël.
> Nous avons salué les décisions courageuses qui ont été prises par le gouvernement libanais après que le Hezbollah ait décidé d’attaquer Israël en soutien à l’Iran, décisions qui consistent à rendre illégale la branche armée du Hezbollah. Et plus récemment, nous avons salué la main tendue par le président du Liban vers Israël pour pouvoir, au plus haut niveau, traiter ensemble, Libanais et Israéliens, de la cause du problème, qui est le Hezbollah.
> Le ministre de l’Intérieur l’a dit, il n’y a pas de risque terroriste identifié à ce stade. Il a indiqué aux préfets de se mettre en alerte maximale avec le plan Sentinelle renforcé, de manière à protéger les lieux et les personnes qui doivent l’être contre ce risque.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Aujourd’hui [11 mars], à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux
victimes du terrorisme, nous rendons hommage à toutes celles et ceux dont la
vie a été brisée par la barbarie terroriste. Nos pensées vont aux victimes, à
leurs familles et à leurs proches, dont la douleur demeure. La Nation n’oublie
pas. Je veux également saluer l’engagement des professionnels de santé,
mobilisés lors de ces drames et aux côtés des victimes dans la durée, pour
soigner les blessures visibles comme invisibles.
> En ce mois de Mars Bleu, consacré à
la sensibilisation au cancer colorectal, il est essentiel de rappeler
l’importance du dépistage. Chaque année en France, ce cancer touche plusieurs
dizaines de milliers de personnes. Pourtant, lorsqu’il est détecté précocement,
il se guérit dans 9 cas sur 10. La prévention et le dépistage jouent donc un
rôle déterminant. Le programme national de dépistage organisé s’adresse aux
femmes et aux hommes de 50 à 74 ans, invités à réaliser un test tous les deux
ans. Ce test est simple, rapide et peut être réalisé chez soi.
Pour améliorer encore l’accès à ce dépistage et renforcer son efficacité, un
nouvel arrêté a été publié au Journal officiel : Arrêté du 10 mars 2026
modifiant l'arrêté du 16 janvier 2024 relatif aux programmes de dépistages
organisés des cancers.
Ce texte actualise le cahier des charges du programme et prévoit notamment de :
- renforcer l’organisation et la qualité du dépistage
- améliorer le suivi des analyses et des patients
- faciliter l’accès aux kits de dépistage
- mieux mobiliser les professionnels de santé de proximité, notamment les
infirmiers et infirmières diplômés d’État
Ces professionnels jouent un rôle essentiel pour informer, accompagner et
orienter les patients, et contribuent ainsi à rapprocher la prévention du
quotidien des Français.
En ce mois de mobilisation nationale, rappelons-le : quelques minutes peuvent
faire toute la différence. Si vous avez entre 50 et 74 ans, pensez à réaliser
le test. Et parlons-en autour de nous.
David Amiel (ministre de l’Action et des
Comptes publics)
> Ceux qui promettent une pluie de milliards d’euros, comme le RN,
reprendront d’une main ce qu’ils prétendent donner de l’autre. Protéger
l’argent des Français, c’est aussi protéger les finances publiques et agir sur
le plan international, du G7 à Ormuz.
> Pas de fausses nouvelles : il n’y a aucune cagnotte. L’histoire le montre : la hausse des prix du pétrole n’a jamais été une bonne nouvelle pour les finances publiques. La réponse est d’abord dans la mobilisation internationale pour faire baisser le cours du baril.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> [Discours à l’ONU sur les droits des femmes] Dans ce lieu, au cœur des
Nations unies, le monde tente de rester droit quand tout vacille. Dans ces murs
se dessinent des lignes de fracture, mais aussi des lignes d’espérance. Nous
vivons un âge de tempêtes : tempêtes géopolitiques et militaires, tempêtes
économiques et technologiques, tempêtes démocratiques et sociales. Partout dans
le monde, les droits des femmes sont contestés, relativisés, attaqués.
Les acquis sont fragilisés. Les discours de haine se libèrent et prospèrent. Les
violences, y compris en ligne, se banalisent.
Dans cet âge des tempêtes, l’égalité ne peut pas être la première chose que
l’on sacrifie au nom de l’urgence. Elle est, au contraire, ce qui nous permet
de tenir. C’est pourquoi j’ai choisi que la France porte ce thème lors de cette
70ᵉ Commission de la condition de la femme. Et je veux remercier
chaleureusement le Royaume-Uni et le Kenya qui ont choisi de s’y associer et de
le coparrainer.
Ce choix dit quelque chose d’important : face aux violences faites aux
femmes, aucune nation ne peut agir seule. Je veux aussi remercier chacune et
chacun d’entre vous pour votre présence si nombreuse aujourd’hui. Elle témoigne
d’une prise de conscience collective.
Je veux d’abord saluer le Women’s Forum for the Economy & Society et
l’engagement constant de sa présidente. Vous êtes de celles qui savent que
l’entreprise n’est pas seulement un acteur économique : c’est un acteur
politique au sens noble du terme, c’est-à-dire un acteur de l’intérêt général,
capable d’infléchir les états de fait, de faire progresser les droits et de
transformer durablement les sociétés.
Il y a quelques semaines, j’étais à vos côtés lors du lancement du Fonds
d’assistance juridique d’urgence dont l’objectif est clair :
Garantir à toute salariée en France victime de violences un accès immédiat,
confidentiel et financé à un avocat spécialisé, quel que soit le pays où elle
travaille.
Cela change tout.
Car le premier obstacle à la justice, ce n’est pas le droit. Le premier
obstacle, c’est l’isolement, la peur, la dépendance économique. En mobilisant
les entreprises, en structurant un mécanisme mutualisé, en vous appuyant sur le
réseau international des Bâtonnières du monde, vous créez une infrastructure
mondiale de protection.
Et c’est précisément le cœur de notre discussion aujourd’hui : faire du
lieu de travail un levier mondial de prévention et d’accès à la justice. Car
les violences faites aux femmes ne relèvent ni de la fatalité ni de la
tradition.
Elles ne sont pas un héritage immuable. Elles sont le produit de rapports de
pouvoir savamment construits, entretenus, normalisés. Et ce qui est construit
par l’histoire doit être transformé par notre action collective.
Partout dans le monde, des centaines de millions de femmes travaillent. En
France, elles représentent 49 % des salariés. Et pourtant, 2 femmes sur 5
ont subi des comportements sexistes ou sexuels au cours de leur vie
professionnelle. 1 femme sur 3 déclare avoir été harcelée ou agressée
sexuellement au travail.
Concrètement, cela a voulu dire - et cela veut encore dire trop souvent - des
remarques répétées sur un corps plutôt que sur une compétence.
Une agression sexuelle lors d’un déplacement professionnel. Une promotion qui
s’éloigne après un refus. Une carrière freinée pour avoir révélé des violences.
Pendant longtemps, on a appelé cela des « malentendus », des
« excès », des « affaires individuelles ». Combien d’entre
nous l’avons entendu. Mais ça n’a jamais été une succession d’incidents isolés.
C’était - et c’est encore, dans trop d’endroits - un système. Un système qui
commence par une blague sexiste et installe un climat. Un système où la peur de
perdre son emploi retient de signaler. Un système où l’on conseille à la
victime de se taire pour protéger l’image de l’entreprise. Un système où le
coût du signalement pèse plus lourd, pour une femme, que le coût de l’agression
pour son auteur. C’est précisément ce système que nous sommes en train de faire
reculer.
La France a fait de cette conviction un pilier de sa diplomatie féministe. Nous
plaidons pour la ratification des instruments internationaux les plus
ambitieux. Nous portons, avec les Pays-Bas, une résolution à l’Assemblée
générale des Nations unies pour intensifier l’action mondiale contre toutes les
formes de violences. Nous mobilisons notre réseau diplomatique et nos
financements.
Entre 2020 et 2025, ce sont 6,8 milliards d’euros qui ont été engagés par
l’Agence française de développement dans des projets d’entrepreneuriat
intégrant l’égalité de genre.
Mais soyons lucides : les textes ne suffisent pas. Ce qui change la vie
d’une femme, concrètement, c’est de savoir que, lorsqu’elle pousse la porte de
son entreprise, elle entre dans un espace sûr, sécurisé et bienveillant. Un
espace où elle peut signaler. Un espace où elle sera respectée et protégée. Un
espace qui l’orientera vers la justice.
La convention 190 de l’OIT a consacré un principe fondamental : le droit à
un monde du travail exempt de violence et de harcèlement. La France l’a
ratifiée. Nous avons renforcé les obligations des employeurs publics et privés
et intégré les violences conjugales dans les politiques d’entreprise.
Parce que les violences conjugales, nous le savons, ne s’arrêtent pas à la
porte du domicile. Elles ne se rangent pas dans la catégorie du
« privé » une fois que la journée commence. Elles suivent, traquent,
appellent, menacent, surveillent. Elles épuisent les corps par les nuits sans
sommeil. Elles troublent la concentration en réunion. Elles provoquent des
absences répétées, des retards inexpliqués, des baisses de performance que l’on
juge sans en connaître la cause. Elles fragilisent les trajectoires
professionnelles, isolent et installent la peur. Et surtout, elles visent
souvent le nerf de la guerre : l’autonomie économique et financière.
Car priver une femme de ressources, contrôler son argent ou même l’empêcher de
travailler, c’est restreindre sa capacité à partir. Or l’autonomie économique
n’est pas un privilège. C’est l’une des conditions premières de la liberté et
de l’émancipation. C’est pourquoi le monde de l’entreprise ne peut pas se
considérer comme extérieur à ces violences. Il est l’un des lieux où elles
produisent leurs effets, mais il peut aussi devenir l’un des lieux où elles
trouvent leur réponse. Il a donc un rôle décisif à jouer : repérer,
protéger, accompagner, orienter. Et surtout, ne jamais considérer que ce combat
ne le concerne pas.
Je veux donc ici saluer celles et ceux qui ont décidé de ne plus détourner le
regard. Des entreprises qui affichent les numéros d’urgence et
d’accompagnement. Qui mettent à disposition des hébergements d’urgence. Qui
intègrent des garanties spécifiques dans leurs contrats collectifs. Qui forment
leurs managers à reconnaître, répondre, réorienter. Qui facilitent l’ouverture
d’un compte bancaire en 24 heures. Qui financent et accompagnent les
associations. Qui soutiennent les maisons des femmes. Parce que vous démontrez
qu’agir contre les violences n’est pas un geste symbolique. C’est une
transformation structurelle.
Mais nous devons aller plus loin. À l’image de la 4ème conférence ministérielle
sur la diplomatie féministe que nous avons réunie en octobre dernier ou du
Global Meeting organisé pour les 20 ans du Women’s forum en novembre dernier,
nous devons bâtir une coalition mondiale entre les États, les entreprises, les
barreaux, les organisations de la société civile.
Nous devons harmoniser les standards. Nous devons évaluer, mesurer et corriger.
Et nous devons, surtout, transformer les normes sociales, les modèles et les
récits que l’on transmet à nos enfants.
Car les violences fondées sur le genre prospèrent sur des stéréotypes anciens,
sur des masculinités toxiques, sur l’idée que la domination serait finalement
naturelle. Une idéologie de la revanche qui raconte aux hommes qu’ils seraient
les nouvelles victimes de l’égalité. Une idéologie alimentée par des mouvements
masculinistes qui prospèrent sur cette « crise de la masculinité » et
la haine des femmes pour mieux délégitimer nos droits et attaquer notre
liberté.
C’est un combat culturel autant que juridique. Un combat éducatif autant
qu’économique. Un combat pour la démocratie elle-même.
Nous parlons de procédures, de mécanismes, de fonds d’assistance… Cela peut
paraître technique. Mais ne nous y trompons pas. Nous parlons de la chose la
plus simple et la plus révolutionnaire qui soit : nous parlons de la
liberté des femmes.
Alors oui, faisons du lieu de travail un bastion. Un bastion où l’on protège. Un
bastion où l’on soutient. Un bastion où l’on rend la justice possible.
Que plus aucune femme n’ait à calculer le prix de sa parole. Que plus aucune
entreprise ne puisse dire : « ce n’est pas notre affaire ». Que
plus aucun agresseur ne puisse compter sur le silence.
La France sera au rendez-vous. Avec constance, quand soufflent les vents
contraires. Avec exigence, quand d’autres doutent ou renoncent. Avec lucidité,
parce que nous savons que rien n’est jamais acquis.
Car l’égalité n’est ni un ornement diplomatique, ni une concession morale à
l’ère du temps. Elle est une ligne de front. Et sur une ligne de front nous ne
reculerons pas.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée
auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Face à la multiplication des crises et des risques climatiques, la France
doit rester forte et prête. Et l’Europe doit être au rendez-vous pour soutenir
cet effort de résilience. À Strasbourg, auprès des parlementaires européens,
j’ai défendu les priorités de la France dans la refonte du Mécanisme de
protection civile de l’Union européenne, l’une des réussites les plus concrètes
de l’Europe.
Notre ligne est claire: renforcer ce qui fonctionne.
- L’entraide opérationnelle entre États européens, quand un pays est frappé par
une catastrophe
- Le respect du rôle des États, qui restent en première ligne pour protéger
leurs populations
- Un financement stable et durable pour préparer et équiper nos services de
secours Au Ministère de l’Intérieur, nous plaidons pour une Europe utile,
pragmatique et tournée vers le terrain. Parce que, face aux crises, la
solidarité européenne doit être concrète et efficace.
> Le ministère de l’Intérieur, ce n’est pas seulement l’autorité et la sécurité. C’est aussi le ministère de l’écoute, de la reconnaissance et de l’accompagnement des victimes. Derrière chaque procédure, il y a une personne, une histoire, une souffrance qui doit être entendue et prise en charge. J’ai reçu Alexandra Louis, déléguée interministérielle à l’aide aux victimes (DIAV). Dans notre République, aucune victime ne devrait jamais être laissée seule après une agression, un accident, des violences en ligne ou une catastrophe naturelle. La protection et l’accompagnement des victimes ne sont pas des sujets secondaires : ils sont au cœur de l’action publique et de la promesse républicaine. La DIAV joue un rôle essentiel pour coordonner les dispositifs, renforcer l’accompagnement sur tout le territoire et garantir que chaque victime trouve une réponse, un soutien et un chemin vers la reconstruction. Nous continuerons à travailler étroitement pour améliorer encore la coordination entre les acteurs et rendre notre action toujours plus efficace. La DIAV aura naturellement toute sa place dans la prochaine stratégie nationale de prévention de la délinquance.
Eléonore Caroit (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la
Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> [Victimes du terrorisme] En cette Journée européenne de commémoration des
victimes du terrorisme, mes pensées vont à toutes celles et ceux qui ont été
frappés par les attentats en France, en Espagne et partout en Europe. Cette
date fait écho aux attentats du 11 mars 2004 à la gare de Madrid-Atocha. En
leur mémoire, restons unis et vigilants. N’oublions jamais.
● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Les prisons de haute-sécurité sont hermétiques et montrent une grande
efficacité. Elles conjuguent fermeté inédite et respect des droits fondamentaux
de la défense. Si les faits relatés par Le Parisien sont avérés et que
l’enquête judiciaire vient à prouver que des avocats détournent ces droits
fondamentaux au service de la criminalité organisée, le scandale serait
immense. Je n’imagine pas un seul instant une telle rupture de confiance dans
la déontologie de cette profession essentielle, où l’avocat ne doit jamais se
confondre avec son client.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture,
de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Nous avons réuni les représentants du monde agricole, les distributeurs
d’énergie, ainsi que les fabricants et importateurs d’engrais pour faire un
point face aux tensions internationales. Le conflit dans le Golfe expose nos
filières : d'une part, la France exporte près de 2 Md€ de produits agricoles et
alimentaires vers la région et d'autre part, la hausse du GNR fragilise notre
économie agricole. La réunion a notamment permis de clarifier qu'il n’y a pas
de problème de disponibilité du GNR, dont la baisse est espérée rapidement, à
la veille de la reprise des travaux dans les champs. Le Gouvernement reste
pleinement mobilisé pour protéger nos agriculteurs et notre souveraineté
alimentaire.
Edouard Geffray (ministre de l’Education
nationale)
> En cette Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme [11 mars],
la Nation se recueille et se souvient. Nous pensons à toutes celles et ceux que
la barbarie terroriste a frappés, à leurs familles et à leurs proches. À
l’École, ce souvenir porte aussi les noms de Samuel Paty et Dominique Bernard,
assassinés parce qu’ils incarnaient ce que la République a de plus précieux :
la transmission des savoirs, l’esprit critique et la liberté. Leur mémoire nous
oblige. Elle nous rappelle que l’École de la République est un lieu qui forme
des citoyens libres et éclairés, et que nous devons la protéger avec
détermination. Nous n’oublions pas.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement
et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique)
> Nous avons réuni les représentants des agriculteurs, les distributeurs
d’énergie et du secteur des engrais pour évoquer collectivement les impacts du
conflit en Iran. Des échanges constructifs pour protéger notre agriculture et
notre souveraineté alimentaire.
> [Prix de l’essence] Les baisses doivent être impactées aussi vite que les hausses l’ont été.
Benjamin Haddad (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de
l’Europe)
> La France ne participe pas à cette guerre, mais nous défendrons nos
intérêts. Nous devons former une coalition pour maintenir le détroit d'Ormuz
ouvert et protéger la liberté de navigation. Près de 20 % du pétrole mondial y
transite.
> La Russie et l'Iran sont complices depuis des années. Les drones Shahed iraniens aident la Russie à mener sa guerre d'agression contre l'Ukraine sur le sol européen. Face à l'escalade du conflit au Moyen-Orient, nous ne devons pas perdre de vue l'Ukraine et devons intensifier notre soutien.
> Le Hezbollah a une fois de plus entraîné le Liban et sa population civile dans une guerre qui ne les concerne pas. Notre priorité est la désescalade, l'aide humanitaire à la population libanaise et un soutien renforcé à l'État et aux forces armées libanaises afin qu'ils reprennent le contrôle de leur territoire face au Hezbollah.
> Aujourd’hui 11 mars], nous rendons hommage à la mémoire de toutes les victimes du terrorisme. Aux côtés de tous ses partenaires en Europe et dans le monde, la France poursuit sa lutte contre le terrorisme.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> En ce 11 mars, journée nationale et européenne d’hommage aux victimes du
terrorisme, je pense à toutes celles et ceux qui ont été frappés par la
violence terroriste, à leurs familles et à leurs proches. Face à ceux qui
cherchent à détruire, à semer la peur et à fragiliser notre État de droit,
restons fidèles à ce qui nous unit : les valeurs de la République, liberté,
égalité, fraternité.
> Lors de mon entretien avec Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, j’ai exprimé mon émotion après le décès à Goma de Karine Buisset, humanitaire française de l’organisation. Toutes mes pensées vont à sa famille, ses proches et ses collègues. La protection des humanitaires et le respect du droit humanitaire sont non négociables. La France soutient pleinement le travail indispensable de l’UNICEF auprès des enfants.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Victimes du terrorisme] En cette Journée nationale d’hommage [11 mars],
je m'incline en mémoire de tous nos compatriotes tombés sous les coups du
terrorisme. Je pense à nos compatriotes meurtris pour toujours. Je pense à
leurs familles, que rien ne pourra consoler. C’est parce que nous sommes
libres, que les terroristes nous honnissent. Parce que nous croyons en
l’égalité, qu’ils nous combattent, eux qui ne sont mus que par la haine. Alors
que la menace terroriste islamiste se renforce et que nos services de
renseignement luttent nuit et jour contre elle, nous ne céderons rien. Face au
deuil et à la souffrance des victimes, nous serons à la hauteur. Face à la
barbarie, la France se tient unie, déterminée à défendre ses valeurs.
Elisabeth Borne (députée)
> En ce jour d’hommage aux victimes du terrorisme
[11 mars], nous pensons aux disparus, à leurs familles et à leurs proches.
Partout en France, nous n’oublions pas et nous continuerons de lutter sans
relâche contre le terrorisme, la barbarie et la haine. Notre devoir est aussi
d’être aux côtés des survivants. Le rôle de la République est de les
accompagner, de les soutenir et de veiller à ce qu’ils ne soient jamais laissés
seuls.
Marc Ferracci (député)
> Innovation, énergie, deeptech: les nouveaux moteurs de la
réindustrialisation. Une politique industrielle marche sur deux jambes. Il faut
se battre pour défendre les filières confrontées à la dureté d’une concurrence
internationale souvent déloyale, telles que la chimie, l’acier ou la
plasturgie. Mais il faut aussi préparer l’avenir. Selon l’observatoire
industriel de Bpifrance, en 2025 la France a enregistré 245 ouvertures de sites
industriels pour 244 fermetures. Un solde très légèrement positif, mais surtout
le signe d’une transformation profonde de notre industrie. La
désindustrialisation a été stoppée ces dernières années et l’industrie français
se renouvelle, portée par les technologies d’avenir. Les nouvelles usines qui
ouvrent aujourd’hui se concentrent largement dans les secteurs stratégiques
soutenus par France 2030 : les industries vertes, l’énergie, l’électronique, la
santé ou encore l’industrie 4.0. Autre signal encourageant : les start-up
industrielles tirent la dynamique. Elles enregistrent plus de deux fois plus
d’ouvertures que de fermetures, preuve que l’innovation issue de nos
laboratoires peut être convertie en production, en emplois et en souveraineté
industrielle. Cette transformation demande du temps et des investissements pour
franchir les étapes entre innovation et industrialisation. Mais l’industrie
française continue de se transformer.
> Face au terrorisme, la mémoire est une promesse : celle de ne jamais oublier et de ne jamais céder. En cette Journée nationale et européenne d’hommage aux victimes du terrorisme, j’ai une pensée pour toutes celles et tous ceux qui ont perdu la vie dans ces attentats qui ont profondément marqué notre pays. Je pense aux victimes, aux blessés, et à leurs familles dont la douleur demeure et que la Nation n’oubliera jamais. Le terrorisme cherche à atteindre ce que nous sommes : une nation libre, attachée à la démocratie, à l’égalité et à la dignité humaine. Face à cette menace, la France restera toujours debout, unie et déterminée. Grâce à l’engagement de nos forces de sécurité et de renseignement, la vigilance est permanente pour protéger nos concitoyens. En ce jour de recueillement, nous honorons la mémoire des victimes et réaffirmons notre attachement indéfectible aux valeurs de la République. Se souvenir, c’est aussi continuer à défendre, ensemble, ce qui nous unit.
● MoDem
Erwan Balanant (député)
> [Prix de l’essence] La vraie
solution, c'est de limiter notre dépendance aux énergies fossiles. (…) Le chèque énergie a coûté la dette aux Français.
(…) Les socialistes, à nouveau, réclament
un chèque énergie après avoir fait porter au gouvernement la responsabilité du
creusement de la dette.
Bruno Fuchs (député)
> Alors que la guerre en Iran menace d’embraser la région, le Liban ne doit
pas devenir un front. La France doit soutenir ce peuple frère : initiative
humanitaire et diplomatique, défense de la souveraineté libanaise, respect de
l'action de la FINUL, désarmement du Hezbollah.
> Depuis le coup d’État au Niger en 2023, toutes nos énergies vont vers la libération du président Bazoum et de toutes les personnes détenues. Je salue la très large adoption aujourd’hui par le Parlement européen d’une résolution appelant à sa libération immédiate.
> J’ai tenu à recevoir l’ambassadrice d’Azerbaïdjan afin d’échanger sur la guerre en Iran et la situation au Proche et au Moyen-Orient. Nous avons également abordé les enjeux du processus de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Merci à toi Stéphane Séjourné pour nos échanges en réunion de groupe Renew
Europe. Oui, nous partageons ton constat : pour parler le langage de la
puissance, l’Europe doit renforcer sa compétitivité.
Et pour y parvenir, nous soutenons ta feuille de route :
- Un marché intérieur plus intégré ;
- La fin de nos dépendances grâce au développement de nouveaux partenariats
dans le monde ;
- Davantage d’investissements pour soutenir nos entreprises et booster
l’innovation ;
- Et une véritable politique industrielle à l’échelle européenne, assumant un
« Made in Europe ».
> [Hostilités au Moyen-Orient] La guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran a des conséquences extrêmement préoccupantes pour les Iraniens,pour l’ensemble de la région, et pour les Européens. Ce que le monde subit aujourd’hui, c’est la disparition d’un ordre mondial hérité de 1945. Un nouvel ordre est à construire, qui doit continuer de se baser sur le respect d’un droit international. Et pour notre intérêt - parce que nous portons profondément au cœur de notre projet politique l’état de droit, la démocratie et la défense de nos libertés, l’Europe doit en être l’architecte.
> Parce que notre marché intérieur n’est pas encore abouti, l’Union européenne perd 500 milliards d’euros de croissance chaque année. Nous devons mettre fin à cette aberration.
Pascal Canfin (député)
> Le constat est à la fois étonnant et cruel. L'UE crée aujourd'hui plus de
start-up que les Etats-Unis, mais elle se révèle incapable de les faire grandir
sur son propre territoire.
La proposition législative sur le 28e Régime, dont je serai le négociateur pour
Renew Europe, sera dévoilée dans moins d'une semaine.
Quelles avancées pour nos innovateurs?
- Facilité d'établissement dans toute l'Europe, pour que nos startups puissent
profiter du marché de 450 millions d'habitants
- Accès à l'information et procédures simplifiées pour les investisseurs
- Régime de stock-option harmonisé pour les employés
Le temps est venu d'utiliser la puissance de notre marché unique ! EU–INC sera
plus qu'une marque, ce sera un outil de croissance pour les startups
européennes.
Arrêtons de financer et d'utiliser les solutions américaines et chinoises qui
augmentent nos dépendances et créons nos champions européens de la tech.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Face à la montée des addictions chez les enfants partout dans le monde,
bâtissons une coalition internationale pour mieux les protéger !
