mercredi 3 novembre 2021

La quotidienne centriste du 3 novembre 2021. L’inacceptable inégalité de salaires entre les femmes et les hommes

En ce mercredi 3 novembre, selon le collectif féministe Les glorieuses, les Françaises vont travailler gratuitement jusqu’à la fin de l’année par rapport aux Français qui eux seront payés jusqu’au 31 décembre.

Même s’il faut se méfier de ces calculs parfois biaisés et qui sont souvent sous-tendus par la volonté de prouver que son combat politique est légitime, le constat est bien là, l’inégalité salariale entre les femmes et les hommes en France comme dans tous les pays de la planète est une réalité tout autant inadmissible et insupportable dans une société qui se dit évoluée.

Parce qu’en démocratie républicaine et en matière tant politique qu’économique, sociale et sociétale, un humain égal une humaine et inversement.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de différences entre un homme et une femme mais celles-ci ne peuvent en aucun cas se traduire par une inégalité entre les sexes.

Et en ce qui concerne les salaires, les femmes sont loin de gagner autant que les hommes, la règle «à travail égal, salaire égal» est ainsi bafouée constamment sans qu’il n’y ait aucune justification possible.

Il ne pouvait y en avoir hier, il ne peut y en avoir aujourd’hui.

Mais le salaire n’est pas le seul domaine où nos sociétés doivent absolument agir.

Que ce soit dans la formation, dans les carrières, dans les faits, l’égalité n’existe pas sauf rares exceptions.

Une démocratie républicaine qui promeut des principes et des valeurs humanistes et de respect de la dignité humaine ne peut avoir, dans quelque domaine que ce soit, des citoyens de seconde zone qui sont le plus souvent des citoyennes.

En ce début de troisième millénaire, c’est tout simplement inacceptable.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

 

Présidentielle 2022. Sondage (Harris) – Macron en tête aux deux tours devant Zemmour

Selon la 20e vague du sondage présidentiel de l’Institut Harris-Interactive pour Challenges, les intentions de vote en faveur d’Emmanuel Macron sont à 23% (Bertrand), 24% (Pécresse et Barnier) soit une stabilité dans la première hypothèse et une légère baisse dans les deux autres.

Quant à Eric Zemmour, comme la semaine dernière, le sondage le donne présent au second tour devant Marine Le Pen, en légère baisse, et Xavier Bertrand, stable.

L’extrémiste populiste obtiendrait 17% et 18%, soit le même score que la semaine dernière.

Au second tour, Macron l’emporterait face à Eric Zemmour avec 57% contre 43%, soit une baisse de l’écart d’un point par rapport à la semaine dernière.

Le président sortant l’emporterait d’ailleurs dans tous les cas de figures testés par l’institut: 54% (-1)-46% (Le Pen), 54% (=)-46% (Bertrand), 57% (-1)-43% (Pécresse), 62% (=)-38% (Mélenchon).

A noter que l’autre candidat centriste, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, obtiendrait un score non-significatif comme lors des semaines précédentes.

Scores des autres personnalités testées:
- Nathalie Artaud (LO): 1% (=)
- Philippe Poutou (NPA): 1% (=)
- Fabien Roussel (PC): 2% (=):
- Jean-Luc Mélenchon (LFI): 10% (=)
- Arnaud Montebourg (gauche nationaliste): 2% (=)
- Anne Hidalgo (PS): 5% (= et -1)
- Yannick Jadot (EELV): 8% et 9% (=)
- Candidat LR: Xavier Bertrand, 14% (=); Valérie Pécresse, 10% (=); Michel Barnier, 9% (+1)
- Nicolas Dupont-Aignan (DF): 1% et 2% (=)
- François Asselineau (UPR): score non significatif
- Jean-Lassalle (populiste démagogue): score non significatif
- Marine Le Pen (extrême-droite): 16% (=)
 - Florian Philippot (extrême-droite) 1% (+1)

 

(Sondage réalisé par internet entre les 28 et 30 octobre 2021 auprès d’un échantillon de 2505 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus / Méthode des quotas / Marge d’erreur entre 1,4 et 3,1 points selon l’institut)

 

 

Une Semaine en Centrisme. Etats-Unis – Le Parti démocrate joue avec le feu et vient de recevoir un coup de semonce

S’il faut se garder de toute extrapolation hasardeuse, la défaite du gouverneur démocrate sortant, Terry McAuliffe, en Virginie, face à un républicain qui a tout fait pour faire oublier qu’il partageait nombre de positions avec Donald Trump dont il avait reçu et accepté le soutien, est un signal adressé, sans doute à Joe Biden, mais surtout à l’ensemble du Parti démocrate qui joue un jeu politicien – et qui vient de perdre la première manche – assez pitoyable depuis quelques semaines où l’aile gauche et l’aile droite de la formation essentiellement centriste, s’affrontent sur les plans proposés par le président américain.

Ces plans sur les infrastructures, sur une fiscalité plus juste, sur la création de millions d’emplois, sur de meilleurs salaires, sur le développement nécessaire de plusieurs programmes sociaux notamment en direction des familles et des jeunes, sur l’extension de l’assurance maladie, sur le développement des énergies renouvelables, ont été salués lors de leurs présentations par une grande partie des Américains et sont encore soutenus par une majorité de la population.

Pour autant, ils n’ont pas encore été votés par le Congrès alors que le Parti démocrate possède la majorité, à la fois, à la Chambre des représentants et au Sénat.

Une anomalie qui est au cœur de la baisse de popularité de Joe Biden ainsi que dans les raisons de la défaite en Virginie.

Mais une anomalie qui s’explique par des démocrates qui, à l’inverse des républicains qui sont devenus quasiment un bloc de conservateurs radicaux si ce n’est d’extrême-droite pour nombre d’entre eux, sont tiraillés entre plusieurs tendances qui vont de positions proches de l’extrême-gauche (très minoritaires) à des positions proches de la droite conservatrice (également très minoritaires).

Au milieu, l’énorme majorité des élus démocrates au Congrès se situent dans un axe central avec une prédominance pour un centre-gauche modéré.

Si ce melting-pot politique fait du Parti démocrate une formation globalement centriste, cela pose des problèmes lorsque ses majorités à la Chambre des représentants et au Sénat sont minimes comme lors de cette législature.

C’est un peu le cas pour les représentants, c’est surtout la situation pour les sénateurs où démocrates et républicains ont le même nombre d’élus, cinquante, et où la différence est faite par le vote de la vice-présidente, Kamala Harris, présidente du Sénat selon la Constitution américaine et qui a le droit de vote en cas d’égalité lors d’un scrutin.

Les premiers à dégainer ont été les tenants de l’aile droite avec, en particulier, le sénateur Joe Manchin qui n’a rien d’un centriste depuis toujours avec des positions très conservatrices en matière fiscale par exemple et, qui plus est, défenseur intransigeant des intérêts de son Etat sinistré, la Virginie occidentale, qui parvient à tout juste survivre grâce à ses mines de charbon, donc adversaire de tout ce qui est mesure contre le réchauffement climatique et promotion des énergies renouvelables.

Beaucoup ont pointé du doigt cet élu qui aurait été le grand responsable du capotage des plans de Biden.

C’est sans doute vrai en partie mais il faut rappeler que si Manchin est élu c’est bien à cause de son positionnement politique dans un Etat très largement à droite.

Et sans sa présence au Sénat, les démocrates n’auraient pas la majorité actuellement et il faut donc faire avec une situation que tout le monde connait.

Ce que n’a pas accepté l’aile gauche qui, au lieu de chercher un compromis acceptable avec une diminution des montants des plans et le renoncement à certaines mesures – ce qui aurait permis leur adoption depuis longtemps –, s’est opposée frontalement à l’aile droite et a refusé de voter des lois moins ambitieuses mais tout de même d’une ampleur jamais vue depuis Franklin Roosevelt et son New deal, lois à dominance progressiste.

Cette affrontement entre conservateurs et socialistes a été très mal vue des médias et des citoyens américains ce qui n’a pas empêché les démocrates de s’enliser dans cette crise dont ils sont en train de payer le prix.

Cela ne préjuge en rien le vote de plans réajustés, ni de ce qui se passera l’année prochaine lors des élections de mi-mandat où la Chambre des représentants sera entièrement renouvelée ainsi qu’une partie du Sénat et où se dérouleront nombre d’autres élections dont celles de plusieurs gouverneurs d’Etats.

En revanche, cela indique très sûrement au Parti démocrate de suive un chemin où le compromis, tant défendu par Biden depuis toujours et qu’il a du mal à mettre en place dans sa propre formation, est une nécessité.

Pas seulement pour réunifier des démocrates qui sont en train de se perdre mais parce que les plans proposés seraient une avancée substantielle pour les Etats-Unis.

Sans oublier que le spectacle offert actuellement par les démocrates fait le bonheur des républicains et d’un certain Donald Trump qui a déjà annoncé sa candidature pour 2024…

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC