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samedi 27 juin 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Entre ceux qui n’en veulent pas pour eux et ceux qui la veulent que pour eux, la liberté sera toujours en danger


Nous l’oublions un peu vite mais ni la démocratie et ses valeurs, ni la liberté d’individus égaux qui en est la plus importante, ne sont assurés pour toujours.

La menace vient tout à la fois de ceux qui ont peur de la liberté parce qu’elle implique la responsabilité et ceux qui veulent la confisquer que pour eux-mêmes pour en profiter sur le dos des autres.

Les premiers, dans une démocratie, sont les électeurs des seconds.

Ainsi se forme cette coalition des ennemis de la liberté basée d’un côté sur l’irresponsabilité et de l’autre sur la domination.

C’est ce qui définit l’extrémisme populiste, celui qui a toujours existé et existera toujours, celui qui est en pleine floraison dans l’ensemble des démocraties de la planète en ce début de troisième millénaire.

Ajoutons que ceux qui ne veulent pas de leur liberté, ne veulent pas que les autres puissent jouir de la leur tout comme ceux qui veulent que de leur liberté.

C’est évidemment désespérant mais ne pas se l’avouer, ce n’est rien faire pour combattre cette réalité.

Car, si cette coalition ne disparaitra pas, l’Histoire montre qu’elle n’a pas été toujours majoritaire, qu’elle n’a pas vocation à l’être depuis l’établissement de la démocratie moderne à la fin du 18e siècle et qu’elle peut être battue mais pas éradiquée.

Actuellement, les extrémistes populistes bien aidés en cela par des relais dont certains médias mais aussi par une certaine fatalité qui s’est installée chez les défenseurs de la liberté, nous expliquent que la marche de l’Histoire va dans le sens de leur société totalitaire.

Ce n’est pas nouveau.

Hitler parlait de son Reich de mille ans mais il ne dura que 13 années.

Le nazisme, le fascisme et le communisme se sont effondrés au 20e siècle alors que dans les années 1930, on prédisait leur victoire finale.

Néanmoins, ils n’ont pas disparu et ne disparaîtront jamais.

Leurs idéologies et leurs haines de l’autre et de la liberté seront toujours présentes dans une partie de la population et parfois seront même majoritaires.

Il faut donc ne jamais baisser la garde comme nous avons eu tendance à le faire après la chute de l’URSS en 1989 où nous avons cru ou, tout au moins, espéré que nous en avions fini avec les totalitarismes alors même que la même année les communistes chinois massacraient les jeunes qui réclamaient leur liberté place Tienanmen.

Et nos chimères d’alors furent une bénédiction pour des Poutine ou des Xi, des Kim ou des Khamenei.

Pour autant, la démocratie a réussi à résister face aux tensions autocratiques et populistes de l’intérieur et les menaces de l’extérieur.

Certains se demandent jusqu’à quand, jusqu’à quand la résistance sera possible avant qu’une chape de plomb recouvre la liberté.

Le danger est là mais l’inéluctable pas encore.

Le combat, parce que c’en est un, doit être livré sans répit au nom de la dignité humaine.

 

 


mercredi 10 juin 2026

Vues du Centre. La protection de l’enfance salie par les politiciens populistes

Par Alexandre Vatimbella et Jean-Louis Pommery


Un peu de dignité!

C’est juste ce que l’on demande aux politiques quand on parle de protection de l’enfance et des pires atteintes physiques et psychologiques faites aux enfants.

Et ça, face à la tâche impérieuse que la société doit à ses plus jeunes, une partie d’entre eux n’en est manifestement pas capable.

Ici on touche à la pire noirceur de ces politiciens populistes qui sont prêts à tout pour instrumentaliser tous les drames les plus monstrueux uniquement pour leurs profits partisans et électoralistes.

Quand une députée, Laure Miller, éprouve de la honte d’être dans un hémicycle dont nombre de ses membres font de la polémique la plus démagogique et la plus honteuse à propos de la mort d’une petite fille de onze ans, nous ne pouvons que lui donner raison.

Cela fait des années qu’ici, nous dénonçons les manques de l’Etat mais aussi et surtout un immobilisme de toute la société dans la défense de l’enfance pour être scandalisé par ces personnages qui n’ont pas levé le petit doigt pour lui assurer le bien-être et la sécurité, venir faire la morale et se transformer subitement en procureurs sans aucune légitimité autre que de créer le désordre et de tenter de récupérer une colère des citoyens dont beaucoup de ces derniers devraient d’abord se demander ce qu’ils ont fait pour protéger les enfants.

Lyanna est-elle la victime de trop?

On aimerait bien le croire alors que nombre d’enfants sont victimes chaque année de violences, de meurtres et d’assassinats sans que cela n’engendre une mobilisation quelconque au-delà de quelques paroles et de rassemblements.

Au-delà de ces actes d’autant plus effroyables qu’ils touchent des personnes qui ne sont pas capables de se défendre, la société doit réfléchir à la place de l’enfant et se demander si vraiment elle le respecte.

Comme l’écrivait Françoise Dolto :
«La cause des enfants ne sera sérieusement défendue tant que ne sera pas diagnostiqué le refus inconscient qui entraîne toute société à ne pas vouloir traiter l'enfant comme une personne, dès sa naissance, vis-à-vis de qui chacun se comporte comme il aimerait qu'autrui le fasse à son égard.»

Tous les jours, dans notre quotidien, nous pouvons voir que ce n’est pas le cas.

Alors, messieurs et mesdames les populistes, au lieu de profiter de tragédies qui touchent les enfants pour vous faire de la publicité scélérate, agissez et faites que la société se fasse à hauteur d’enfant.

Ne vous trompez pas et méditez les propos de Janusz Korczak, le grand pédiatre et inlassable défenseur des enfants:
«Vous dites: C'est fatiguant de fréquenter les enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez: Parce qu'il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s'incliner, se courber, se faire petit. Là, vous avez tort. Ce n'est pas cela qui fatigue le plus. C'est plutôt le fait d'être obligé de s'élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De s'étirer, de s'allonger, de se hisser sur la pointe des pieds. Pour ne pas les blesser.»

 

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC 
Jean-Louis Pommery est directeur adjoint du CREC]

 

 


dimanche 7 juin 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Pour que la mort d’une petite fille soit enfin le réveil de nos consciences


Une petite fille de 11 ans est morte.

Tuée par un prédateur sexuel.

Elle n’aurait pas dû.

Comme tous les enfants assassinés, violés, violentés, agressés physiquement ou détruits psychologiquement par la haine, la violence et les pulsions sexuelles dérangées.

Rendons avec dignité et respect un adieu à Lyhanna et faisons de sa disparition le point de bascule qui va enfin permettre une réponse de la société à la hauteur de toutes les atteintes intolérables et révoltantes à l’égard des enfants.

Les médias mais aussi les politiques et, surtout, les citoyens ont décidé d’en faire un événement transcendant, ce qui peut permettre enfin une vraie prise de conscience collective de long terme sur la condition enfantine et non pas seulement épidermique même si on peut regretter que certaines réactions ne soient malheureusement pas toujours dénuées d’arrière-pensées qui n’ont rien à voir avec la mort d’une enfant et l’importance de l’enjeu.

Et comme on pouvait le prévoir la récupération politicienne notamment par LFI et le RN a commencé avec une instrumentalisation méprisable au regard de cette disparition.

Du côté des défenseurs intransigeants des enfants, il faut affirmer qu’au-delà des éventuels dysfonctionnements ou fautes vis-à-vis de l’auteur de la mort de Lyhanna, nous sommes tous concernés.

Non pas seulement dans notre indignation et notre désespoir qui montre notre émotion mais pour agir face à la cause à défendre, celle de la sécurité et le bien-être des enfants.

Car les dysfonctionnements et les fautes s’ils sont avérés sont avant tout ceux de la société, donc des nôtres, de vous et de moi.

Si la société était faite à hauteur d’enfant, ici en France mais aussi dans le monde, ça se saurait.

Si nous acceptions le coût matériel mais aussi sociétal d’une vraie protection de l’enfance, nous n’en serions pas à pleurer la mort d’une enfant de 11 ans.

Tant que nous refuserons de prendre soin comme il faut de l’enfance, celle-ci continuera d’être en danger que ce soit face à de monstrueux prédateurs mais aussi face à l’inadaptation des sociétés à l’enfance.

Alors ne laissons pas retomber l’émotion et faisons-en une motivation pour que, tous ensemble, nous faisions en sorte de créer un environnement où de tels drames ne soient plus possible.

Et espérons que la cause des enfants sera au centre de la campagne présidentielle.

En la mémoire de Lyhanna et de tous les autres enfants victimes.

 

 


vendredi 29 mai 2026

Vues du Centre. Peut-on encore voter LFI en se bouchant le nez pour faire barrage au RN?

Par Jean-François Borrou et Alexandre Vatimbella


Nous sommes des militants de la démocratie républicaine libérale et des valeurs humanistes qui ont toujours combattu l’extrême-droite et qui n’ont jamais fait aucune concession face au FN-RN de la famille Le Pen et à toute cette galaxie facho-pétainiste nauséabonde.

C’est notre ADN politique.

En 2017, sûrement, ou en 2022, sans doute mais difficilement, nous aurions voté Mélenchon contre Le Pen s’il y avait eu un second tour entre les deux à la présidentielle.

De même pour un duel entre un candidat FN-RN et LFI aux législatives.

Mais en 2027, que ferons-nous?

Devant la radicalisation, les insultes, la défense de l’indéfendable et la stratégie du chaos qui sont les marqueurs des agissements de Jean-Luc Mélenchon et de ses troupes, l’hésitation, plus, l’impossibilité du choix est là.

Que l’on comprenne bien que nous ne mettrons jamais un bulletin RN dans l’urne qu’il porte le nom de Bardella ou de Le Pen ou de tout autre membre de l’extrême-droite.

Il s’agit donc de savoir si notre choix sera le blanc ou un bulletin Mélenchon.

Et, ici, la réflexion doit tout autant porter sur le barrage face à l’extrême-droite que sur ce que fera l’extrême-gauche au pouvoir.

Si l’on prend les références de Mélenchon en la matière que ce soit le Cuba des frères Castro, le Venezuela de Chavez et Maduro, la Bolivie de Morales ou la Grèce de Tsipras sans parler des références trotskystes, voter Mélenchon c’est, non seulement mettre la démocratie républicaine libérale en danger de mort mais aussi conduire le pays vers le chaos économique et le déclassement à l’international.

Sans oublier la mansuétude du leader de LFI et de ses troupes envers Poutine (et leur haine de l’Ukraine de Zelensky) et même envers Xi, deux dictateurs criminels.

Dès lors, la balance entre Bardella/Le Pen et Mélenchon reste fermement à l’équilibre, donc au vote blanc.

Parce que nous refusons, comme pour le RN, de voter LFI en se bouchant le nez et les oreilles ainsi qu’en fermant les yeux.

Parce que les extrêmes sont la menace.

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]

 


dimanche 24 mai 2026

Vues du Centre. Un jour sombre pour la démocratie américaine

Par Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella


Certains estimeront que nous exagérons et dramatisons car ce jour sombre est celui où le licenciement de Stephen Colbert de CBS et l’annulation du show qu’il animait sur cette chaîne, Late night show, une institution dans le paysage audiovisuel américain, ont été effectifs en cette fin de semaine.

Pourtant, qu’on aime ou pas le personnage ou son émission son départ et cette suppression de la grille des programmes en dit long sur l’état de la démocratie aux Etats-Unis.

En effet, les animateurs des talk-shows de fin de soirée sont devenus, dans l’Amérique de Trump, des voix libres et critiques envers l’extrémiste populiste.

Leurs émissions sont très regardées – même avec l’apparition des réseaux sociaux et des plateformes comme Netflix ou Disney channel.

A ce titre Stephen Colbert comme Jimmy Kimmel et à un degré moindre Jimmy Fallon et Seth Meyer sont des voix qui comptent.

Et s’ils sont populaires auprès d’une grande partie de la population, ils sont aussi haïs et pourchassés par la sphère MAGA et son chef, Donald Trump.

On ne compte plus les innombrables messages postés sur les réseaux sociaux par ce dernier pour les insulter avec une prédilection pour Jimmy Kimmel puis Stephen Cobert.

Il a demandé sans cesse leur renvoi par les chaînes concernées, CBS pour Colbert et ABC pour Kimmel, menaçant celles-ci de mesures de rétorsions, voire de perte de licence de diffuseur si elles n’obtempéraient pas.

Dans le cas de Kimmel, ABC a bien sanctionné Jimmy Kimmel mais devant le tollé provoqué par son absence de l’écran, elle a été obligée de le faire revenir.

Dans le cas de Colbert, CBS, elle, s’est pliée au diktat trumpien.

D’une part parce que l’ancien propriétaire de la chaîne voulait la vendre et qu’il avait besoin de l’autorisation de l’Administration Trump pour qu’il n’y ait pas un veto.

D’autre part, parce que le nouveau propriétaire est un milliardaire qui soutien Trump.

Stephen Cobert est donc la victime d’une chasse aux sorcières de l’extrême-droite américaine et de la haine du président des Etats-Unis.

Son renvoi est emblématique de la volonté de ceux-ci de faire taire les voix qui sont critiques.

Derrière tout cela, il y a le projet d’affaiblir puis de détruire la démocratie républicaine libérale américaine.

C’est donc bien un jour sombre pour celle-ci et la liberté.

Aris de Hesselin
Alexandre Vatimbella

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]

 

 


mercredi 20 mai 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La démocratie malgré nous


La démocratie est-elle le meilleur système politique? Oui.

Sommes-nous à la hauteur de la démocratie? Non.

Méritons-nous la démocratie? Non.

Devons-nous alors supprimer la démocratie? Non.

Peut-on réellement faire vivre la démocratie? Peut-être.

Mériterons-nous un jour la démocratie? Il faut l’espérer.

Le «oui» et le «peut-être» sont les réponses-clés de ce petit mais crucial questionnaire.

Oui, bien sûr, la démocratie républicaine est le meilleur régime politique pour n’importe quelle société ou peuple, sans contestation aucune.

Et il est peut-être possible de la faire réellement fonctionner même si nous ne sommes pas actuellement à la hauteur de son projet et de ses valeurs, si nos comportements démontrent trop souvent que nous ne la méritons pas mais que donc, face à et malgré nos incapacités à l’établir parfaitement et profondément dans n’importe quel endroit de la communauté humaine mondiale, nous ne devons surtout pas la supprimer.

D’autant que cette suppression serait une forfaiture aux générations futures qui ont et auront toujours le droit de vouloir vivre dans un régime de liberté et d’égalité tout en éliminant toutes les imperfections petites et grandes de son fonctionnement concret mais aussi de nos comportements inadéquats.

Sans oublier que la liberté et l’égalité ne sont pas discutables mais font partie de la condition de l’humain et sont imprescriptibles même si elles sont si souvent bafouées à travers le monde.

Il faut bien comprendre que la démocratie n’est pas un accident de l’Histoire mais une évolution historique des sociétés humaines et que les valeurs humanistes qu’elle porte sont la base des droits fondamentaux qui s’attachent à tout humain et qu’aucune société même par le vote de son peuple n’est autorisée à supprimer.

Et même si elle venait à être dénaturée voire supprimée de la surface de la Terre, ce ne serait pas une fin définitive mais un de ces mouvements dont l’histoire de l’Humanité est remplie, c’est-à-dire un retour en arrière avant sa résurgence parce qu’elle est le meilleur système possible que nous pouvons mettre en place concrètement même s’il peut être envisagé, une fois qu’elle sera appliquée correctement, son approfondissement et son dépassement par un régime encore plus profondément ancré dans les valeurs humanistes et leur application effectives que celui que nous avons actuellement la capacité de faire fonctionner.

La démocratie malgré nous c’est affirmer que même si nous ne pouvons pas la faire vivre correctement actuellement, que même si nous n’en voulions plus, elle n’est pas optionnelle mais l’obligation cardinale de toute société au même titre qu’elle doit assurer à ses membres une bonne existence dans la sécurité.

Ce qui en fait le seul régime politique légitime.

Ayant dit cela, la tâche principale de toutes les personnes éprises de liberté, d’égalité et de respect de la dignité humaine, est de se faire les ambassadeurs du projet démocratique tout en demandant que celui-ci soit effectivement implémenté dans les sociétés qui se réclament de ses principes et de ses règles.

Pour y parvenir, nous devons dégager les moyens nécessaires afin de faire de chaque individu un véritable citoyen, celui qui est capable de prendre en main son existence et de réaliser son projet de vie tout en s’insérant dans une communauté où l’autre est son égal, c’est-à-dire où, à côté de ses droits inaliénables, il a des devoirs tout aussi impératifs.

En ce début de troisième millénaire, à un moment où la démocratie républicaine libérale est fragilisée constamment par ses ennemis, qu’ils viennent du dedans ou du dehors, devant l’apathie d’une partie des peuples libres, devant le renoncement de certains, la revitalisation du projet démocratique est non seulement indispensable mais urgent.

Mais, quoi qu’il arrive à la démocratie, celle reste et restera le seul régime qui respecte véritablement l’humain.

Elle sera donc toujours l’horizon indépassable de l’Humanité.

 


samedi 9 mai 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Une défense européenne, vite, pour ne plus subir, pour ne plus se soumettre!


Après l’agression de Poutine contre l’Ukraine, la guerre de Trump-Netanyahu contre l’Iran.

A chaque fois, les Européens subissent les conséquences d’un conflit dont ils n’ont rien à avoir avec son déclenchement et auquel ils sont incapables de répondre en imposant leur vision, surtout, leurs intérêts.

Oui, nous avons besoin urgemment d’une défense européenne pour ne plus être les dindons de la farce, pour ne plus être obligés de nous soumettre.

En l’occurrence, la France se bat depuis toujours pour que les pays européens refusent toute allégeance, toute servitude face aux grandes puissances.

Surtout pour imposer la paix.

Le 9 mai 1950, lorsque Robert Schuman propose de placer les productions de l’acier et du charbon de la France et de l’Allemagne sous une haute autorité, il dit: «L'Europe n'a pas été faite, nous avons eu la guerre».

Cette phrase doit toujours résonner en nous quand nous bâtissons cette Europe unie mais que nous ne sommes pas capables de la mettre au niveau à laquelle elle doit être pour nous assurer prospérité et sécurité.

Car, aujourd’hui, si la guerre entre pays européens est, heureusement, hautement improbable grâce à l’UE, c’est bien la guerre faite à l’Europe qui est du domaine du possible et face à laquelle nous ne sommes pas encore suffisamment préparés comme l’a montré notre impuissance face à l’attaque russe contre les Ukrainiens.

Mais les Européens semblent enfin prendre conscience du défi qui est là, à leur porte, et de l’absolue nécessité de le relever.

Si, grâce à Poutine et à Trump, nous décidons enfin de bâtir cette union dans laquelle nous ne serons plus ce géant auto-entravé incapable d’utiliser ses énormes capacités mais qui s’est débarrassé de ces chaînes l’empêchant d’agir pour le bien-être de ses populations, nous aurons imploser ce plafond de verre qui nous enfermait dans l’impuissance.

Mais, ce réveil ou plutôt cet éveil ne doit pas être de circonstance.

Demain, le dictateur russe et l’autocrate américain ne seront plus là mais les menaces – notamment chinoises –, elles, n’auront pas disparu.

L’effort que nous faisons aujourd’hui devra être poursuivi sans relâche.

Sinon, tôt ou tard, nous ne serons plus que dans une servitude que nous aurons, sinon choisie, en tout cas permise.

 

 


mardi 5 mai 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. En matière de service public audiovisuel, l’efficacité est d’abord démocratique


Tous ceux qui viennent critiquer un organisme unique chargé du service public de l’audiovisuel sortent des arguments économiques, sociaux, organisationnelles et autres professionnels qui sont tous discutables.

Mais, ils oublient l’essentiel.

En matière d’efficacité, le seul argument recevable et indiscutable est le démocratique.

Et pour être le plus efficace en la matière nul doute que le service public audiovisuel doit être unifié.

Pourquoi?

Parce que les règles qui le régissent et le fonctionnement doivent ressortir d’une charte qui en fait un organisme qui est unique et n’a rien à voir avec les entreprises audiovisuelles privées.

Car ce service public à une mission essentielle pour la démocratie: informer et cultiver les individus, transmettre donc du savoir, pour en faire de vrais citoyens c’est-à-dire responsables et capables de prendre en main leur existence et leur projet de vie tout en étant des membres intégrés de la société et ce, concomitamment avec l’école.

Cette mission éminemment importante et d’une grandeur humaniste implique un fonctionnement et des choix éditoriaux où les croyances personnelles et les taux d’audience n’ont aucune importance (même si évidemment il serait important pour la formation du citoyen qu’ils soient élevés).

Or, que ce soient les politiques ou les professionnels qui travaillent pour cette mission et dans ce service public, tous ont œuvré à faire en sorte que ce dernier ressemble de plus en plus aux médias de la sphère privée.

C’est non seulement une erreur mais une faute.

Une faute parce que cela pervertit la mission de service public pour la ramener au fonctionnement et aux objectifs des médias privés.

Vouloir qu’il fasse des programmes au fort taux d’audience, autoriser la publicité, être en concurrence avec les émissions les plus racoleuses du privé, tout transformer en «divertissement» même les informations, voilà quelques-unes des perversions du service public.

Si le taux d’audience ne doit pas être négligé car il mesure la qualité des programmes, ce n’est pas le critère le plus important pour un média du service public de l’audiovisuel est sa qualité, c’est-à-dire le fond et la manière dont celui-ci peut toucher le plus large public (ou le public ciblé s’il est destiné à un groupe spécifique).

Et cette qualité ne peut pas être atteinte avec des objectifs qui sont identiques aux médias commerciaux qui doivent se vendre principalement, non pas à leur audience, mais à leurs annonceurs tout en privilégiant le divertissement sur le culturel, le sensationnel sur le savoir.

Et pour être le plus efficace dans leurs missions, tous les médias participant au service public de l’audiovisuel doivent être regroupés.

Mais, et c’est primordial, ce regroupement ne doit pas se faire sous la tutelle étatique donc gouvernementale.

Un service public médiatique de l’information et de la culture doit être le quatrième pilier de la démocratie au même titre que l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

Même s’il n’a pas le pouvoir de contraindre et/ou de légiférer comme ces trois-là, en revanche, il doit être aussi indépendant et rendre des comptes uniquement au peuple par le biais d’un contrôle par une autorité elle aussi indépendante élue par un collège dont on doit déterminer la composition qui peut être éventuellement chapeautée par un comité de surveillance nommé par les parlementaires.

Mais le gouvernement, à part lui assurer sa totale indépendance issue d’un statut votée par les représentants du peuple et inscrit dans la Constitution, n’a rien à faire dans son fonctionnement et dans la désignation de ceux qui y travaillent.

Ce n’est que de cette manière que l’on peut mettre en place un vrai service public qui aura un cahier des charges très précis et une déontologie, notamment journalistique, particulièrement détaillé allant de pair avec des critères de recrutement et la signature lors de l’embauche d’une charte éthique à respecter.

On doit enfin comprendre l’importance pour le présent et l’avenir de la démocratie républicaine libérale et l’émancipation du peuple de mettre en place une véritable institution capable de former et d’informer à côté des médias privés partisans et/ou commerciaux pour donner la matière qui permette aux citoyens de vraiment se faire une opinion par eux-mêmes sans interférence entre la réalité et sa médiatisation en ce qui concerne l’information.

 

 


mercredi 29 avril 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. De l’importance d’un service public de l’audiovisuel pour la démocratie


Tous ceux qui remettent en cause l’existence d’un service public de l’audiovisuel, remettent en cause la démocratie républicaine libérale.

Pour bien comprendre ce qui est en jeu, il faut en revenir au fondement du projet démocratique.

Tous ceux qui ont promu ce régime de liberté et d’égalité étaient conscients qu’il fallait pour qu’il fonctionne correctement et qu’il puisse être approfondi, des citoyens éveillés et capables de comprendre le monde qui les entoure afin de prendre des décisions en toute connaissance de cause et en toute responsabilité.

Pour cela, la formation et l’information des citoyens étaient les pierres angulaires de ce projet.

Et cela demeure vrai aujourd’hui.

Et comment forme-t-on ces citoyens libres et égaux?

Par l’enseignement et par les médias notamment audiovisuels.

Tous ceux qui veulent supprimer ou brider un service public de l’enseignement mais aussi un service public de l’information, sont des adversaires de l’émancipation de l’individu et de sa capacité à porter son projet de vie dans le cadre d’une société d’égaux libres.

C’est pourquoi dans les sociétés totalitaires, la formation et l’information sont avant tout de la propagande pour le régime en place.

C’est pourquoi dans les pays démocratiques, les extrêmes veulent contrôler ces services publics pour en faire les bras armés de leur idéologie ou les détruire – tout au moins les affaiblir drastiquement – pour mettre en place leurs propres réseaux qui dispensent de la propagande.

Ayant dit cela, ni le service public de l’enseignement, ni le service public de l’information ne fonctionnent correctement dans aucune des démocraties et notamment en France.

Manque de moyens au regard de leurs missions existentielles pour les valeurs humanistes portées par la démocratie républicaine libérale, ils tombent souvent dans des travers qui mettent à mal leur travail qui consiste à donner des outils pour que tout individu soit un vrai citoyen.

Sans parler de ceux qui orientent leur devoir de formation et d’information dans un sens partisan et, pour le service public de l’audiovisuel, de se mettre en concurrence avec le secteur privé, ce qui n’a aucun sens, pire, dévie sa mission de manière radicale.

Mais que l’on soit bien clair: l’important est de fortifier ces deux services publics pour qu’enfin ils remplissent correctement leur mission et non de les fragiliser en contestant leur existence et en faisant tout pour les rendre inefficaces.

Si la démocratie républicaine libérale doit enfin devenir cette société d’égaux libres qui sont en capacité de mettre en œuvre leurs projets de vie, ce sera, avant tout, grâce à l’enseignement et l’information citoyens.

 

 


mardi 21 avril 2026

Chronique centriste. Y a-t-il un avenir politique pour François Bayrou mais aussi pour le MoDem?


Si l’on se demande quel sera l’avenir de Renaissance et du macronisme, celui du MoDem et du «bayrouisme» sera aussi en question en 2027.

Et Renaissance, et le Mouvement démocrate sont des créations autour d’une personne, Emmanuel Macron pour le premier, François Bayrou pour le second et focalisés sur leur ambition présidentielle.

Si Renaissance (anciennement En marche! ou REM) a connu un succès foudroyant et a rempli sa mission de propulser son créateur à l’Elysée, tout autre a été le parcours du MoDem qui, moribond en 2017 après les échecs successifs de François Bayrou à l’élection présidentielle (mais aussi aux législatives) n’a dû son salut qu’à l’aide d’Emmanuel Macron après le «soutien» (qui était en fait un ralliement désespéré et obligé) du centriste pour tenter de sauver son avenir politique et celui de sa formation.

Depuis cette date, le parti centriste est devenu un parti comme un autre, en tout cas, plus uniquement obsédé par la présidentielle et la victoire de son chef.

De même, après avoir été sauvé par Emmanuel Macron, il estime avoir payé sa dette envers le parti présidentiel même s’il demeure fidèle au chef de l’Etat, souvent plus que Renaissance et Gabriel Attal!

On le voit avec les prises de position de Marc Fesneau, véritable patron du MoDem depuis les échecs de François Bayrou à Matignon puis à Pau avec des critiques parfois frontales contre son principal allié dans la coalition présidentielle.

Une confrontation qui reste encore limitée mais qui est réelle et de plus en plus fréquente, surtout, assumée.

Néanmoins, elle ne remet pas en question la nécessité d’une alliance entre les deux formations ainsi que celle avec Horizons d’Edouard Philippe, notamment pour 2027 où pour la présidentielle le Mouvement démocrate n’aura sans doute pas de candidat et penche plus pour Edouard Philippe que pour Gabriel Attal.

Reste que s’émanciper de François Bayrou – même si Marc Fesneau déclare que celui-ci reste le chef incontesté du parti et que sa parole sera primordiale en 2027 – et du macronisme n’est pas une mince affaire et l’avenir du MoDem n’est pas encore écrit, ni même assuré.

Globalement, lors des élections qu’elles soient présidentielles ou législatives et à part celle de 2007 où François Bayrou avait réussi à se place en troisième position avec un score d’un peu plus de 18%, le MoDem, c’est autour de 9%-10% des voix.

Ce n’est pas énorme mais ce n’est pas rien évidemment.

Cela impose d’abord de faire des alliances pour avoir des élus mais cela permet aussi de ne pas être à la merci complète des exigences et des injonctions de ses partenaires.

Pour autant, personne ne sait exactement ce que vaut électoralement le MoDem sans François Bayrou (ou en tout cas sans lui en tête de gondole).

Peut-être la même chose, peut-être moins, peut-être plus.

Mais cette interrogation doit être levée l’année prochaine si le parti veut se construire un avenir dans la durée et ne pas avoir été simplement un outil pour les ambitions de son chef et créateur.

Un chef qui a déjà affirmé qu’il ne serait pas candidat à la prochaine présidentielle et dont le futur en politique sera aussi dépendant de son procès en appel concernant les attachés parlementaires européens du MoDem (il a été relaxé en première instance mais pas le parti).

Cependant, quel que soit l’issue de cet épisode judiciaire, il semble bien que François Bayrou a désormais et définitivement sa carrière derrière lui – sauf événement singulier – même s’il restera, en tout cas symboliquement et emblématiquement, la figure centrale et spirituelle du MoDem.

Une première indication a été donnée lors des municipales où, en dehors de l’échec de François Bayrou à Pau, le MoDem n’a pas été à la fête et peut être considéré comme un des vaincus de ces élections ce qui n’a pas été le cas de Renaissance ou d’Horizons, ses «partenaires».

Une des solutions pour exister est de s’ouvrir et de rassembler, le contraire ce qu’a fait François Bayrou depuis 2007 ce qui en fait le principal responsable de la fragmentation actuelle du Centre autrefois largement réuni dans l’UDF lorsqu’il en avait pris la direction.

Ainsi, Marc Fesneau parle d’un rapprochement avec l’UDI où se sont réfugiés beaucoup d’anciens de l’UDF – et qui est devenu un parti de droite modérée, sorte d’appendice de LR, mais plus du Centre – et de la possibilité que des figures de Renaissance rejoignent le MoDem comme, par exemple, l’ex-première ministre Elisabeth Borne qui s’est mise en retrait du parti présidentiel et qui entretient de très mauvaises relations avec Gabriel Attal.

Au-delà du fait que l’UDI c’est entre 1% et 2% lors des législatives au mieux et qu’il est difficile de quantifier l’apport électoral de quelques figures du macronisme, le Mouvement démocrate devra prouver, non pas qu’il existe ou qu’il a un programme, mais qu’il a la capacité à se développer et à représenter tout le Centre.

Parce qu’il y a, en face, des concurrents.

D’abord Renaissance qui, s’il n’est pas uniquement centriste, est néanmoins central et est, pour l’instant, le parti dominant dans cet espace politique.

La «chance» du MoDem est qu’il est aussi un regroupement allant de la gauche sociale-démocrate à la droite libérale et que son ciment, Emmanuel Macron, ne pourra se représenter en 2027 ce qui peut augurer son implosion comme des signes avant-coureur le laisse supposer, que ce soit avant le rendez-vous électoral de l’année prochaine ou après.

Un autre concurrent est le revenant Jean-Louis Borloo – créateur de l’UDI – qui s’était mis en retrait de la vie politique mais qui a fait son retour et voudrait beaucoup se présenter à la présidentielle.

Pour l’instant, il n’a pas réussi à créer une envie particulière chez les Français même si sa popularité demeure élevée lors de ses dernières et récentes apparitions médiatiques.

On peut aussi parler d’Horizons avec un Edouard Philippe requinqué avec sa victoire à la municipale du Havre et le seul candidat pour l’instant à battre au second tour celui du RN – Jordan Bardella ou Marine Le Pen – selon les derniers sondages.

S’il parvient à créer une dynamique dans l’axe central, cela pourrait séduire une partie de l’électorat centriste mais aussi des élus et des militants des partis du Centre.

On le voit, l’avenir du MoDem avec ou, plus certainement, sans François Bayrou dépendra de sa capacité à s’imposer comme le noyau du Centre et de l’axe central.

C’est la tâche que s’est assigné Marc Fesneau mais aussi Jean-Noël Barrot.

Nicolas Levé
Alexandre Vatimbella