mercredi 10 juin 2026

Vues du Centre. La protection de l’enfance salie par les politiciens populistes

Par Alexandre Vatimbella et Jean-Louis Pommery


Un peu de dignité!

C’est juste ce que l’on demande aux politiques quand on parle de protection de l’enfance et des pires atteintes physiques et psychologiques faites aux enfants.

Et ça, face à la tâche impérieuse que la société doit à ses plus jeunes, une partie d’entre eux n’en est manifestement pas capable.

Ici on touche à la pire noirceur de ces politiciens populistes qui sont prêts à tout pour instrumentaliser tous les drames les plus monstrueux uniquement pour leurs profits partisans et électoralistes.

Quand une députée, Laure Miller, éprouve de la honte d’être dans un hémicycle dont nombre de ses membres font de la polémique la plus démagogique et la plus honteuse à propos de la mort d’une petite fille de onze ans, nous ne pouvons que lui donner raison.

Cela fait des années qu’ici, nous dénonçons les manques de l’Etat mais aussi et surtout un immobilisme de toute la société dans la défense de l’enfance pour être scandalisé par ces personnages qui n’ont pas levé le petit doigt pour lui assurer le bien-être et la sécurité, venir faire la morale et se transformer subitement en procureurs sans aucune légitimité autre que de créer le désordre et de tenter de récupérer une colère des citoyens dont beaucoup de ces derniers devraient d’abord se demander ce qu’ils ont fait pour protéger les enfants.

Lyanna est-elle la victime de trop?

On aimerait bien le croire alors que nombre d’enfants sont victimes chaque année de violences, de meurtres et d’assassinats sans que cela n’engendre une mobilisation quelconque au-delà de quelques paroles et de rassemblements.

Au-delà de ces actes d’autant plus effroyables qu’ils touchent des personnes qui ne sont pas capables de se défendre, la société doit réfléchir à la place de l’enfant et se demander si vraiment elle le respecte.

Comme l’écrivait Françoise Dolto :
«La cause des enfants ne sera sérieusement défendue tant que ne sera pas diagnostiqué le refus inconscient qui entraîne toute société à ne pas vouloir traiter l'enfant comme une personne, dès sa naissance, vis-à-vis de qui chacun se comporte comme il aimerait qu'autrui le fasse à son égard.»

Tous les jours, dans notre quotidien, nous pouvons voir que ce n’est pas le cas.

Alors, messieurs et mesdames les populistes, au lieu de profiter de tragédies qui touchent les enfants pour vous faire de la publicité scélérate, agissez et faites que la société se fasse à hauteur d’enfant.

Ne vous trompez pas et méditez les propos de Janusz Korczak, le grand pédiatre et inlassable défenseur des enfants:
«Vous dites: C'est fatiguant de fréquenter les enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez: Parce qu'il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s'incliner, se courber, se faire petit. Là, vous avez tort. Ce n'est pas cela qui fatigue le plus. C'est plutôt le fait d'être obligé de s'élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De s'étirer, de s'allonger, de se hisser sur la pointe des pieds. Pour ne pas les blesser.»

 

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC 
Jean-Louis Pommery est directeur adjoint du CREC]

 

 


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