Ce n’est pas que les mensonges des mollahs iraniens soient devenus crédibles, non, mais si la parole de l’Iran vaut celle des Etats-Unis c’est à cause des mensonges de Trump.
Bien sûr, on peut s’émouvoir que les médias mettent un régime totalitaire sur le même plan qu’une démocratie souvent sans le recul nécessaire.
Néanmoins, il y a une constatation manifeste: il est tout autant impossible de croire en la parole de Donald Trump et de ses ministres que dans celle des mollahs parce le gouvernement américain ne cesse de mentir ou, ad minima, de cacher la réalité.
C’est évidemment catastrophique pour la crédibilité des Etats-Unis dans cette guerre même si nous savons depuis longtemps que l’extrémiste populiste de la Maison blanche est un menteur invétéré.
Mais c’est également un autre mauvais coup qu’il porte au monde libre en démontrant que le pays qui était son leader il y a peu utilise les mêmes armes de la propagande et des fake news qu’une des pires dictatures de la planète.
On en est même arrivé à ce que le seul journaliste parlant français qui se trouve en Iran, le correspondant de France 24 et de RFI, qui intervient sur tous les médias audiovisuels, devienne, petit à petit, au fil du conflit, la voix du régime des mollahs reprenant désormais toutes ses affirmations sans aucune mise en perspective.
Sans doute qu’il n’est pas libre de dire ce qu’il veut – espérons que c’est pour cela – mais s’il est toujours à l’antenne c’est aussi parce grâce aux mensonges de Trump parce que ses interventions ont aussi peu de crédibilité que celle du gouvernement américain.
On pourrait faire un parallèle avec la guerre du Vietnam où nombre de médias et d’intellectuels avaient repris la propagande d’un régime communiste du Nord-Vietnam criminel qui avait attaqué le Sud-Vietnam sans raison.
Sauf que si le gouvernement américain n’était pas toujours honnête, on se trouvait dans une configuration où on ne savait guère ce qui se passait vraiment à Hanoï qui bénéficiait d’une image d’un pays luttant contre une forme de colonialisme – ce qui était faux – alors que nous savons très bien ce qui se passe à Téhéran et que rien ne vient interférer entre ses crimes et son image dans le monde.
Quoiqu’il en soit, Trump continue à se fourvoyer et entraîne avec lui son pays dans un puits sans fond et détruit sans vergogne l’image de la démocratie dans le monde.
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