jeudi 9 juillet 2026

Vues du Centre. Marine Le Pen candidate à la présidentielle, une bonne nouvelle?

Par Jean-François Borrou


Au-delà de l’incompréhension de l’arrêt de la Cour d’appel qui est d’une grande mansuétude envers Marine Le Pen qui a détourné des fonds publics, donc de l’argent durement gagné par les citoyens, la décision de celle-ci de se présenter à la présidentielle de l’année prochaine est peut-être une bonne nouvelle, dans le sens évidemment qu’elle est à nouveau partie pour la perdre et ce, une troisième fois, ce qui sauvegarderait la France d’une expérience d’extrême-droite et sauverait la démocratie républicaine libérale.

Même si les premiers sondages semblent donner raison à l’héritière de l’entreprise familiale Le Pen, dans lesquels elle progresse fortement au premier tour et bat tous ses potentiels adversaires au second tour, la campagne va être longue avec quelques boulets qu’elle va traîner tout au long de celle-ci.

On l’a vu lors de sa première sortie électorale où elle a été huée après la confirmation de sa culpabilité dans l’affaire des attachés parlementaires au Parlement européen.

Cette scène se répètera sans doute de nombreuses fois.

En outre madame Le Pen est vue par nombre d’électeurs dont une partie de son propre potentiel électorat comme une «looseuse» et une «has-been» ayant déjà échoué par deux fois à gagner la présidentielle.

Face au jeune «bien propre sur lui» Jordan Bardella, son image est assez poussiéreuse.

Personne n’oubliera, non plus, sa calamiteuse prestation lors du débat de l’entre-deux tours en 2017 et la faiblesse de celle de 2022.

En outre, il faudra bien que son programme soit dévoilé au-delà des petites phrases, des postures et des promesses démagogiques et irréalisables, ce qui sera un handicap vis-à-vis d’une partie de l’électorat qu’elle doit attirer vers elle si elle veut remporter le scrutin.

Car, n’oublions pas que le RN n’est pas majoritaire en France (et il ne l’a jamais été).

Même si l’on additionne ses voix avec celles des autres candidats d’extrême-droite (Zemmour et Dupont-Aignan), le total dépasse tout juste les 40%.

Il lui reste donc à convaincre plus ou moins 10% de l’électorat, ce qu’elle n’a jamais réussi à faire jusqu’à présent (au-delà des sondages).

En outre, ses soutiens extérieurs s’appellent Poutine, Trump, Orban, entre autres, autant de personnalités peu appréciées par les Français.

Tous ces éléments démontrent que sa candidature recèle de nombreuses faiblesses qu’elle va certainement tenter de glisser sous le tapis mais qui resurgiront sans cesse.

C’est pourquoi sa candidature est une bonne nouvelle pour la démocratie républicaine libérale même si elle n’est pas un gage d’une défaite inexorable.

Pour qu’elle le soit, la mobilisation doit être forte, sans faille et doit commencer dès à présent.
Jean-François Borrou

 

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.]

 

 


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