Voici une sélection, ce 2 juillet 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Tribune coécrite avec Tedros
Adhanom Ghebreyesus (directeur
général de l'Organisation mondiale de la santé] Les choix numériques qui déterminent la santé de nos enfants.
Des réseaux sociaux aux jeux en ligne en passant par les systèmes d’IA générative, les environnements numériques façonnent la santé des individus. Cela vaut tout particulièrement pour les enfants et les jeunes. Partout dans le monde, l’enfance est en train d’être remodelée par les technologies numériques qui façonnent la manière dont les jeunes apprennent, jouent et interagissent.
Notre tâche n’est ni de faire l’éloge ni de condamner la technologie. Il s’agit de faire face à une vérité simple : notre environnement numérique promet non seulement des avantages considérables, mais présente également de graves risques pour la santé et le développement des enfants. Notre responsabilité est de maximiser les premiers tout en prévenant les seconds. Il n’est pas trop tard pour agir, mais il est trop tard pour se contenter d’ajustements progressifs.
Les outils numériques peuvent élargir les perspectives en favorisant l’apprentissage, la communication et l’accès aux services de santé, en particulier pour les enfants vivant dans des régions isolées ou touchées par des crises. Pour de nombreux jeunes, les espaces en ligne offrent également des possibilités de créativité, de vie communautaire et d’appartenance, notamment à ceux qui sont confrontés à l’exclusion dans la vie réelle.
Ces avantages ne sont néanmoins pas garantis ; ils dépendent fortement de qui y a accès, de la manière dont les technologies sont conçues et des intérêts qu’elles servent.
Les gouvernements reconnaissent de plus en plus que la protection des enfants en ligne est un impératif de santé publique. L’Australie a mis en place la première obligation au monde imposant aux plateformes de réseaux sociaux d’empêcher les enfants de moins de 16 ans de détenir un compte, tandis que la France fait avancer une législation visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’Indonésie a interdit l’accès aux enfants de moins de 16 ans, l’Espagne a annoncé son intention de faire de même, et l’Irlande collabore avec ses partenaires de l’Union européenne pour mettre au point des restrictions d’âge et des systèmes de vérification de l’âge visant à protéger les moins de 16 ans.
Le Royaume-Uni a lui aussi récemment annoncé son intention d’interdire aux plateformes de réseaux sociaux de proposer leurs services aux moins de 16 ans, parallèlement à des mesures de protection supplémentaires telles que des restrictions sur la diffusion en direct et les contacts avec des inconnus. Quant au Canada, il a présenté un projet de loi visant à restreindre l’accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans, tout en exigeant des plateformes des mesures de sécurité intégrées plus strictes et une plus grande responsabilité.
Ensemble, ces mesures reflètent un consensus mondial croissant selon lequel les environnements numériques nécessitent une gouvernance efficace, une conception adaptée à l’âge et des garanties plus solides pour protéger la santé des enfants. L’Organisation mondiale de la Santé soutient cette démarche en renforçant la recherche nécessaire pour mieux comprendre l’impact des technologies d’aujourd’hui et de demain, en fournissant des conseils techniques aux pays et en promouvant des environnements de santé numériques sûrs et équitables.
Des solutions s’imposent car les environnements numériques ne sont pas neutres. La manière dont ils sont conçus, régis et monétisés façonne de nombreux aspects de nos vies, notamment notre santé.
Par exemple, l’exposition répétée à des contenus stéréotypés, sexualisés, violents ou discriminatoires influence la manière dont les enfants se perçoivent eux-mêmes et appréhendent le monde qui les entoure. Les algorithmes filtrent de plus en plus les informations de santé dans le but d’attirer l’attention plutôt que de garantir l’exactitude, ce qui favorise la propagation d’allégations trompeuses. La collecte et l’utilisation des données personnelles, en particulier à des fins de profilage et de marketing ciblé, soulèvent des préoccupations en matière de vie privée, de manipulation et de bien-être.
Les données actuelles associent une exposition numérique excessive à des problèmes tels que l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, une agressivité accrue et, dans les cas les plus graves, des tendances suicidaires, en particulier chez les adolescents vulnérables. Le marketing numérique sur ces plateformes peut exposer les utilisateurs à la promotion de produits nocifs, tels que le tabac, l’alcool et les sites de jeux d’argent.
L’utilisation des réseaux sociaux, des jeux vidéo et de l’IA peut aggraver la solitude et supplanter les relations hors ligne. Une utilisation prolongée contribue à un mode de vie sédentaire et à une réduction du sommeil, qui sont des facteurs de risque connus de maladies non transmissibles.
L’exploitation et les abus sexuels en ligne sont également en augmentation à l’échelle mondiale, parallèlement à une forte hausse du matériel pédopornographique, des images d’abus générées par l’IA et des contenus « deepfake » à caractère sexuel ou de harcèlement. Ces phénomènes entraînent des conséquences profondes et durables sur la santé mentale, la confiance et la sécurité.
Les pratiques commerciales accentuent tous ces risques. De nombreuses plateformes sont conçues pour maximiser l’engagement, sans protection adéquate contre l’exposition à des contenus préjudiciables ni fonctionnalités visant à préserver la santé physique et mentale des enfants.
Il est essentiel de réduire l’exposition à des contenus illégaux, extrêmes ou explicites. Le bien-être des enfants ne se résume cependant pas à l’absence de préjudice. Il dépend de relations stables, de limites appropriées, d’une activité physique et de possibilités de liens sociaux dans le monde réel. Les risques se multiplient lorsque les environnements numériques perturbent – plutôt que de favoriser – un développement sain.
L’IA générative est un facteur amplificateur majeur, tant en termes de risques que d’opportunités pour le bien-être des enfants. Utilisés de manière responsable, les outils d’IA spécialement conçus peuvent soutenir l’éducation, l’accessibilité et la santé. Leur impact à long terme sur les attentes des enfants en matière de relations, d’empathie ou d’autorégulation reste ainsi incertain. Tant que cela restera le cas, une approche de précaution n’est pas anti-innovation. Elle défend l’enfant.
L’équilibre numérique fait partie de la solution. Si les environnements numériques nécessitent une réglementation, de la transparence, une conception adaptée à l’âge, des fonctionnalités de sécurité et de confiance renforcées, ainsi qu’une obligation de rendre des comptes, les données scientifiques doivent suivre le rythme de la technologie, ce qui exige des recherches indépendantes et longitudinales menées dans tous les niveaux de revenus et toutes les régions.
Avant tout, nous devons écouter la jeunesse d’aujourd’hui. En tant qu’utilisateurs actifs de la technologie, les jeunes peuvent contribuer à faire évoluer les environnements numériques de manière responsable. Les mondes en ligne et hors ligne forment désormais un espace unique où les outils numériques peuvent favoriser un développement sain – ou le compromettre. Les jeunes devraient faire valoir leurs propres expériences vécues afin de contribuer à définir des garde-fous appropriés. Les parents, les éducateurs, les établissements scolaires et les communautés doivent également prendre part à ce débat.
Ce processus exige une collaboration soutenue entre les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les institutions de santé publique, fondée sur un engagement commun à maximiser les bénéfices et à minimiser les risques. Il est essentiel de renforcer la transparence, le partage des données, les choix de conception favorisant la santé et le soutien des entreprises en faveur de normes de sécurité efficaces, en particulier pour les mineurs. L’OMS peut jouer son rôle de catalyseur et exercer son influence pour établir des normes et des règles.
Nos enfants et nos jeunes ne sont ni des cobayes, ni un marché captif, ni une marchandise. Ensemble, nous pouvons et devons façonner des environnements numériques qui protègent et favorisent leur développement sain. Les choix que nous faisons aujourd’hui auront des répercussions pendant des générations.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Chaque enfant doit pouvoir grandir en sécurité. C’est le devoir de la
République. Le Conseil des ministres a adopté aujourd’hui une lettre
rectificative au projet de loi relatif à la protection des enfants.
Concrètement, nous proposons de : • fixer un délai maximal de trois mois pour
réaliser les actes essentiels des enquêtes sur les crimes sexuels commis contre
des mineurs et entendre le mis en cause • porter à la réclusion criminelle à
perpétuité la peine encourue pour les violeurs en série de mineurs de moins de
15 ans • supprimer le caractère automatique de certaines remises en liberté
anticipées pour les auteurs d’infractions sexuelles • renforcer les contrôles
d’honorabilité par le croisement des fichiers pour toutes les personnes
travaillant au contact de mineurs, notamment dans le périscolaire • garantir
aux parents une information sur l’identité des personnes qui encadrent leurs
enfants dans les accueils périscolaires Ce texte sera examiné à l’Assemblée
nationale à compter du 15 juillet. Nous comptons sur les Parlementaires pour
son examen rapide et efficace. Pour protéger les enfants, il ne peut y avoir ni
retard, ni renoncement.
> Défendre la paix suppose d'être prêt à la guerre. Le Parlement a définitivement adopté l'actualisation de la Loi de programmation militaire. 36 milliards d'euros supplémentaires seront engagés d'ici 2030 pour accélérer le réarmement de notre pays. Entre 2017 et 2027, le budget de nos armées aura doublé. Munitions, drones, cyber, guerre électronique, espace : cette loi donne à la France les moyens de faire face aux menaces nouvelles et de protéger sa souveraineté. Parce qu'il n'y a pas de souveraineté sans défense crédible. Merci aux parlementaires qui ont répondu présents sur ce texte essentiel pour notre pays.
> [Canicule / Intervention au Sénat] Je redis l'émotion de l'ensemble du Gouvernement devant le nombre de victimes. Je vous suis reconnaissant d'avoir salué l'action des services de l'État, ce qui n'a pas été fait hier à l'Assemblée nationale. Nous remercions les soignants, les pompiers, les policiers et les élus locaux. Nous devons les soutenir quoi qu'il arrive et quoi qu'il en coûte.
Merci du ton de votre question. Je crois à une forme
d'éthique dans le débat politique, au débat de fond.
Les idées que vous avez avancées montrent que la campagne présidentielle a déjà
un peu démarré, peut-être aussi la campagne sénatoriale et celle des
législatives ; c'est bien naturel.
Je ne souhaite pas que le débat politique dérive vers des violences verbales
allant jusqu'à des spéculations sur un bilan humain. Ce qui s'est passé hier à
l'Assemblée nationale n'était pas raisonnable pour le débat démocratique. Nous
sommes opposants, mais en républicains ; nous croyons en la démocratie
parlementaire.
Je ne comprends pas l'escalade verbale d'un certain nombre de membres de Les
écologistes au cours des derniers jours. D'un point de vue historique, c'est
plutôt votre moment : passer de lanceurs d'alerte à ceux qui proposent une
manière de planifier à l'échelle nationale, locale et européenne.
Reconnaissons que tous les gouvernements, de gauche comme de droite, ont fait
des choses, singulièrement depuis la présidence de Jacques Chirac. Nier leur
action, c'est abîmer l'esprit de compromis autour de la lutte contre le
réchauffement climatique.
Nous devons tirer les conclusions de la canicule récente, y compris en vue du
projet de loi de finances. Un débat au titre de l'article 50-1 de la
Constitution a été demandé par le groupe SER ; j'y suis favorable.
Il y a urgence pour les hôpitaux. Je ferai des annonces dans les
48 prochaines heures avec la ministre de la Santé.
Autre urgence, la sécurité civile, qui doit être renforcée.
Le débat entre atténuation et adaptation est derrière nous : nous devons
faire les deux en même temps. Une réponse diplomatique est aussi indispensable,
et le débat européen doit tirer les choses vers le haut.
Le Gouvernement est-il disposé à travailler de bonne foi, dans les limites
budgétaires qui sont les nôtres ? Bien sûr. Mais si l'objectif est plus
politicien, celui d'une motion de censure qui risquerait de priver le pays
d'une direction politique alors qu'une reprise de la canicule menace, on fait
fausse route.
Nous sommes à un moment de vérité. Avançons dans l'intérêt général, sereinement
et dans le respect des opinions de chacun. Si la politique politicienne prend
le dessus, je ne pourrai rien faire.
> [Simplification administrative / Intervention à
l’Assemblée] « Travail de fourmi », avez-vous dit, avant d’en appeler
à une reprise en main de l’administration par le politique. Je ne peux
m’empêcher de faire là-dessus quelques commentaires purement politiques. La
simplification, c’est la réponse à ce qui est complexe. Ce qui est complexe,
c’est parfois ce qui n’est ni intelligible ni compréhensible. Se pose donc
d’emblée l’enjeu – avant même celui du nombre des normes – de
la qualité de la rédaction de la norme. Un travail significatif a été entrepris
en la matière mais, nous le voyons bien – y compris dans cet hémicycle –, on ne se
soucie pas assez de l’utilisateur final : le chef d’entreprise ou le
fonctionnaire qui va devoir appliquer la loi ; le juge qui va devoir l’interpréter.
En second lieu, il faut donner davantage de prévisibilité à l’interprétation
des normes. On essaie de le faire en répondant à vos questions écrites afin de
fixer un cadre et une doctrine, qui doit permettre aux agents de l’État de
comprendre comment interpréter la loi de la République telle qu’elle a été
votée par le Parlement.
En troisième lieu, une question politique plus redoutable se pose, qui n’est ni
nouvelle ni consensuelle : quelle part donner à la liberté, et quelle part
donner à la protection et à l’égalité ? On observe par exemple un très vif
désir d’égalité territoriale, qui nourrit une volonté de normer.
S’agissant des décrets, la plupart sont pris soit sur le fondement d’une loi,
soit à la suite de demandes politiques liées à un fait divers, à une difficulté
environnementale ou de protection du patrimoine. Il y a donc une demande de
normes ! Tel est le nœud politique qu’il convient de trancher.
Pour vous répondre de façon plus opérationnelle, vous remarquerez que dans la
plupart des textes que nous vous avons soumis, figure un chapitre dédié à la
simplification, nourri par les retours du terrain. C’est vrai en matière de
simplification économique – projet de loi dont vous avez été rapporteur et
qui a enfin été promulgué et publié au Journal officiel. Les premiers
décrets d’application seront pris au cours de l’été.
C’est également vrai du projet de loi portant simplification des normes
applicables aux collectivités territoriales, défendu par la ministre Gatel. Les
collectivités jouent un rôle important dans la sphère économique, que ce soit
en matière de commande publique, d’urbanisme et de relations avec
l’administration locale. Le texte a été adopté par le Sénat, il faudra qu’il
arrive le plus vite possible dans l’hémicycle, compte tenu du calendrier
budgétaire.
C’est vrai aussi de la loi de programmation militaire, qui contient des mesures
de simplification pour les industriels de la défense, et des textes relatifs à
l’agriculture et au logement : ainsi en est-il de la loi de simplification
du droit de l’urbanisme et du logement – dite Huwart –, issue de votre groupe.
C’est vrai encore en matière de construction d’installations nucléaires – domaine
dans lequel de nouvelles mesures pourraient voir le jour – ou avec le
projet de loi « État local », dont un article reprend la
recommandation du rapport Vigouroux sur la responsabilité pénale du
représentant de l’État. En effet, la simplification va de pair avec la
protection pénale du décideur local. Plutôt que de faire un gros texte, nous
avons donc multiplié les mesures de simplification dans l’ensemble des projets
de loi.
Pour en revenir au domaine réglementaire, je m’étais engagé devant le congrès
des maires à prendre un mégadécret de simplification ; il est paru en
février 2026. Un second mégadécret de simplification sera publié en juillet et
un troisième à l’automne. S’ils ne sont pas spectaculaires en apparence, ils
auront un effet significatif pour les communes, notamment rurales – il
y en a beaucoup dans votre département des Vosges –, et les PME, dans un
objectif de simplification de la vie locale. Je ne reviens pas sur les mesures
de report que nous avons prises à propos du décret tertiaire.
Enfin, un défi majeur se présente : celui de la révolution numérique, liée
à l’intelligence artificielle – Mme Voynet s’en est fait l’écho dans une
question précédente. Le garde des sceaux le sait, cela touche aussi la justice :
être capable de juger vite, cela facilitera la vie des porteurs de projet. Ce
ne sont d’ailleurs pas tant les juridictions judiciaires que les juridictions
administratives qui sont concernées. J’ai ainsi décidé, à la demande du vice-président
du Conseil d’État, Marc Guillaume, de débloquer en urgence 6 millions d’euros
afin d’accélérer les procédures numériques utilisées au Conseil d’État, dans
les cours administratives d’appel et dans les tribunaux administratifs. En
effet, les durées de traitement des dossiers dans ces tribunaux sont beaucoup
trop longues, ce qui ralentit les projets de nombreux acteurs. Voici donc un
résultat concret que permet d’atteindre le numérique, sans changer les
normes : réduire considérablement les délais des procédures et des
réponses.
Dernier point, nous continuerons d’avancer avec vous en marge des constructions
budgétaires pour ce qui concerne l’administration fiscale : il me paraît
possible d’aller plus loin s’agissant des rescrits et de la règle du
« silence vaut accord ». Nous aurons l’occasion d’y revenir
prochainement.
> La construction de logements confirme sa
dynamique. Alors que nous constations de premiers signes de reprise en
avril,les chiffres publiés hier pour le mois de mai confirment cette dynamique.
Depuis le début de l’année :
- +8 % de permis de construire
- +25 % de mises en chantier.
Le Plan Relance Logement commence à produire ses effets. Avec le prêt à taux
zéro, le soutien au logement social et à l’investissement privé, nous
accompagnons la reprise. Avec une inflation contenue et des taux de crédit
immobilier qui se maintiennent, c’est le moment d’accélérer.
Objectif : 2 millions de logements d’ici 2030.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Immigration / Intervention à l’Assemblée] La France est favorable à
l’application de certaines dispositions du règlement « retour » et a
notamment défendu la suppression du principe du délai de retour volontaire et
la possibilité d’accéder aux contenus des téléphones portables pour améliorer
la lutte contre l’immigration illégale et la procédure de retour à la
frontière. Précisons que ces dispositions s’articulent avec celles du pacte sur
la migration et l’asile. Je vous confirme, en revanche, que la France ne créera
pas de centres de retour dans des pays tiers. Je l’ai déjà indiqué au Sénat
lors d’une séance de questions d’actualité. D’autres États membres y sont
disposés, sans passer d’ailleurs par le truchement d’institutions européennes
ou de financements communautaires.
Cela ne signifie pas pour autant que nous sommes inefficaces. Le chiffre que
vous avez donné concerne le taux de retour global des personnes expulsées de
l’Union européenne, mais la France se situe, avec l’Allemagne, dans le peloton
de tête des pays qui effectuent le plus grand nombre de reconduites à la
frontière. Par ailleurs, le nombre d’entrées irrégulières dans l’Union
européenne a encore baissé cette année, après l’année dernière. Nous continuons
de travailler de manière bilatérale avec les pays d’origine des migrants et nous
multiplions les signatures d’accords de réadmission, encore récemment avec le
Rwanda. Des négociations sont en cours avec l’Égypte. J’ai aussi rencontré mon
homologue italien pour mieux travailler avec la Libye et favoriser les retours
volontaires. Nous menons de nombreuses actions pour limiter les entrées
irrégulières dans l’Union européenne. Ce n’est pas parce que la France
n’utilisera pas les centres de retour qu’elle ne sera pas efficace en matière
de politique migratoire !
> J’ai reçu hier à Beauvau les membres de la commission plénière du Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (CALAE), à l’occasion de la remise officielle de son rapport d’activité 2025. Créé dans le cadre du plan interministériel de prévention contre les violences aux élus, le CALAE est aujourd’hui un dispositif incontournable sur le sujet majeur de la protection des élus de France, pour laquelle les forces de sécurité intérieure et les parquets disposent d’outils concrets et opérationnels. Nous avons fait beaucoup depuis juillet 2023. Alors que ce premier semestre 2026 enregistre une hausse des atteintes avec une campagne municipale émaillée par de nombreux incidents (1872 procédures enregistrees contre 1083 sur la même période en 2025), il faut évidemment continuer et aller plus loin encore. Nous sommes tous mobilisés pour lutter contre les atteintes aux élus, piliers de notre démocratie.
> Nos forces de sécurité sont fortement mobilisées depuis hier après-midi pour lutter contre plusieurs incendies de forêt dans le sud de la France. À 6h30 ce matin, à Oupia, l’incendie qui s’est déclaré hier, sur les départements de l’Hérault et de l’Aude, a parcouru près de 900 hectares et est toujours actif. À Lançon-Provence, 260 hectares ont brûlé, avec encore une vingtaine d’hectares en cours de traitement. À Rognac, le feu est désormais fixé après avoir parcouru 50 hectares. Les conditions météorologiques demeurent particulièrement défavorables : Avec des rafales pouvant atteindre 60 km/h dans les terres et jusqu’à 90 km/h sur le littoral, la journée et les prochains jours s’annoncent particulièrement difficiles alors que ces lieux connaissent aussi une sécheresse exceptionnelle. 9 incendies de forêt sur 10 sont d’origine humaine. J’en appelle donc à la responsabilité de chacun : redoublons de vigilance et respectons les consignes des autorités. Je tiens à saluer l’engagement et le professionnalisme des près de 1 200 sapeurs-pompiers mobilisés simultanément sur ces trois feux, ainsi que celui des personnels civils et militaires de la sécurité civile, des gendarmes, des policiers, des associations agréées de sécurité civile, des bénévoles, des élus et des agents des collectivités.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Aux côtés du Premier ministre, j’ai assisté à la signature du mécénat
exceptionnel apporté par Bernard Arnault à la fondation de l’école
Polytechnique. L’Institut de Mathématiques et des Sciences Fondamentales de l’X
constituera un pôle d’excellence de premier rang mondial, s’inscrivant dans la
longue tradition scientifique de l’École. Je tiens à saluer et à remercier
chaleureusement cet engagement exemplaire en faveur de l’excellence
scientifique française. Sous tutelle du ministère des Armées, l’École polytechnique
forme depuis plus de deux siècles les scientifiques, ingénieurs et chercheurs
qui contribuent à la puissance et au rayonnement de notre pays. À l’heure des
grandes compétitions technologiques et stratégiques, faire le choix des
sciences fondamentales, de la recherche et du temps long est un choix de
confiance dans l’avenir de la France.
> J’ai reçu ce matin mon homologue allemand, Boris Pistorius, dans le cadre de nos consultations régulières. Nous préparons ensemble le sommet de l’OTAN d’Ankara du 8 juillet et le prochain Conseil franco-allemand de défense et de sécurité qui se tiendra en Allemagne le 17 juillet. Dans un contexte stratégique dégradé, la coopération de défense entre la France et l’Allemagne demeure un pilier essentiel du renforcement de la sécurité européenne.
> Excellent échange avec Martin Pfister, Conseiller fédéral et ministre de la défense de la Suisse, que j’ai eu le plaisir d’accueillir à Paris hier. Nous partageons les mêmes priorités : dynamisation de la coopération opérationnelle, renforcement de nos partenariats en matière capacitaire et d’innovation, engagement résolu vers plus de responsabilités des Européens pour assurer leur propre sécurité.
> Le Parlement a définitivement adopté, à une très large majorité de 375 voix, l’actualisation de la loi de programmation militaire. Cette loi permettra 36 milliards d’euros supplémentaires pour renforcer l’effort de défense de notre pays face aux bouleversements stratégiques que nous traversons. Depuis 2017, nous avons engagé le doublement en 10 ans du budget des Armées françaises. Ce bilan, c’est celui du Président de la République et c’est le choix de la lucidité pour notre pays. Cet effort, nous le devons à nos concitoyens pour les protéger, et aux femmes et hommes qui font le choix de l’engagement dans nos Armées.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Canicule] On fait face à une crise difficile. Il y a deux solutions. Soit
on se pose sur sa chaise et on se montre les uns les autres, du doigt, en
disant : «C'est de la faute à machin, c'est de la faute à truc». Soit on essaie
de faire face à cette crise ensemble. On a fait beaucoup de choses depuis dix
ans pour adapter la France et je me souviens, Christophe Béchu, mon collègue de
l'environnement, qui annonçait un plan d'adaptation et qui se faisait
critiquer, notamment, Monique Barbut l'a dit, par les écologistes pour dire : «il
ne faut pas s'adapter, il faut juste, j'allais dire, supprimer le réchauffement
climatique.» Malheureusement, il est là. (…)
Je ne veux pas qu'on se pointe les uns les autres, je veux juste rappeler les
déclarations les uns et les autres. Depuis dix ans, les émissions de gaz à
effet de serre en France, elles ont baissé de 25% depuis 2017. Et la
croissance, elle a augmenté de dix. Donc on est capable d'augmenter la
production et de baisser les émissions. Mais la France, c'est 1% des émissions
globales. Donc de toute façon, les émissions globales continuent à augmenter,
la température continue à se réchauffer et donc il faut aussi qu'on s'adapte.
On a une responsabilité pour faire et une responsabilité pour s'adapter. On a
fait un certain nombre de choses, il faut qu'on continue.
> La planification écologique, on l'a mise en œuvre
Quand j'étais ministre de l'Industrie. On a décarboné l'industrie comme jamais
auparavant. L'industrie c'est à la fois un des premiers émetteurs de gaz à
effet de serre, un peu plus de 15%, 17% et on a engagé des contrats avec 50
sites pour décarboner l'industrie. Ça ne se fait pas en quelques jours, mais
c'est engagé, et notamment on a des aciéries décarbonées, des alumineries
décarbonées, des cimenteries qui sont en train de se décarboner. C'est
absolument vraiment très important pour garder notre industrie en France.
Par ailleurs, c'est important de comprendre qu'on fait face à un pic absolument
extraordinaire. Et donc, de toute façon, ces événements vont avoir tendance à
se multiplier, et face à ces événements extrêmes, j'allais dire, on va toujours
souffrir. L'idée c'est de limiter la souffrance, mais si on imagine regarder ce
qui se passe en Espagne, regarder ce qui se passe en Afrique, qu'on va se
prémunir en climatisant la France, on se met le doigt dans l'œil. Et on sait,
il y a un certain nombre de responsables politiques aujourd'hui qui vous disent,
il n'y a qu'une solution, c'est très simple, on climatise tout le monde. Ça
coûte des centaines de milliards d'Euros, et ça ne permet pas de régler le
problème de nos rues, le problème de nos niveaux de chaleur. Ce n'est pas
Merlin l'enchanteur, ce n'est pas des coups de baguette magique, il faut
travailler. Ce que je peux vous annoncer aujourd'hui, par exemple, pour être
très concret, l'enjeu majeur pour les écoles, pour les EHPAD, pour les centres
aérés, c'est d'abord de faire un diagnostic du bâtiment. Quel est le problème?
Il y a des milliers de bâtiments qui n'ont pas encore été diagnostiqués, moi
j'ai demandé à la Banque des
territoires d'accompagner les écoles, celles qui sont le plus en
première ligne, il y en a quelques milliers aujourd'hui. On va commencer dès la
semaine prochaine avec 2 500 écoles éligibles, et très vite aller à 10 000
écoles, pour que la Banque des territoires, qui est une filiale de la Caisse
des dépôts et consignations, puisse accompagner les communes dans le
diagnostic.
> [Canicule] A court terme, évidemment, on diffuse
tous les comportements qui permettent de s'adapter face à ce pic extrême. Et
j'allais dire, on vit avec du mieux possible collectivement, en évitant de se
pointer les uns les autres du doigt. Et par ailleurs, à court terme, EDF, je
pense, vient de l'annoncer, en tout cas doit annoncer ce matin, on aide à
installer des climatisations d'urgence.
Stéphanie Rist a annoncé qu'elle dégageait 100 millions d'Euros pour les
hôpitaux. Là encore, EDF - et merci, parce que je leur ai demandé de se
mobiliser - ils ont répondu présent, là encore, plutôt que de se montrer du
doigt, on travaille, on se mobilise, va dégager 80 millions d'Euros pour des
petits climatiseurs, pour les établissements les plus exposés. Là encore, les
écoles, les EHPAD, les centres aérés...
> Il y a une réflexion à mener, et j'espère qu'elle
sera menée dans le cadre de l'élection présidentielle, sur le modèle d'affaires
des collectivités locales. On a plus de collectivités locales que partout dans
le monde et on a une absence de clarté sur les devoirs et les droits. Quelles
sont les recettes des collectivités locales et quelles sont leurs
responsabilités ? Je vais vous donner un exemple. Je le disais tout à l'heure,
l'école, c'est la mairie. Le collège, c'est le département. Le lycée, c'est la
région. (…) La réalité aujourd'hui, c'est qu'on a une énorme complexité dans
notre relation avec les collectivités locales à tous les étages. Ça, ce sera
pour la présidentielle. J'espère que les candidats vont s'en saisir.
Mais à court terme, les dépenses des collectivités locales ces dernières
années, elles ont augmenté, elles n'ont pas baissé.
> Aujourd'hui ma priorité c'est le Budget 2027 - de
se mettre autour de la table en disant : on va tous faire un effort, soit on va
dans le mur. Et ça, je ne veux pas aller dans le mur. (…)
On dispose toujours de marge de manœuvre. La réalité, c'est que depuis les
années, on a du mal à limiter la hausse inexorable des dépenses, et notamment
des dépenses sociales en France. C'est un choix qu'on fait collectivement. Les
retraites, on en a beaucoup parlé, il nous a été suffisamment reproché de les
avoir réformées. Les dépenses d'assurance maladie, les dépenses d'assurance
chômage ont tendance à augmenter fortement. Si on n'est pas capable
collectivement… - là encore, débat pour la présidentielle long terme et débat
de court terme pour le budget 2027 - de limiter tout ça, ça va être très
difficile. Donc la Cour des Comptes a raison. L'exécution en 2026, ça va être
très compliqué. On suit les choses de très près avec David Amiel et avec les
ministères concernés. Et évidemment, la préparation du Budget 2027, elle ne va
pas être simple. (…)
C'est une histoire de priorité. Typiquement, il faut qu'on puisse, compte tenu
de ce qui se passe actuellement, prioriser les enjeux de lutte contre la
canicule. On va le faire. Mais oui, il va falloir trouver de l'argent ailleurs.
Sinon, on va se retrouver face à un vrai problème de moyen - long terme. La
soutenabilité de la dette, comme on dit, dans mon jargon, ça veut dire, en
gros, est-ce qu'on peut se permettre de continuer à vivre à crédit ? C'est
essentiel. Et c'est mon rôle de m'assurer que la France, dans son ensemble,
puisse continuer à à la fois financer ses politiques publiques et rembourser sa
dette. C'est quand même la moindre des choses.
> On est en train de préparer le Budget et on le
fait notamment d'ailleurs avec des consultations qui vont avoir lieu avec les
parlementaires. On est aussi en train de piloter 2026. Je le disais tout à
l'heure, c'est très important. Au Cordeau on aura ce qu'on appelle un comité
d'alerte début juillet, donc le travail commence. En revanche, ça a été déjà
dit d'ailleurs par le Premier ministre, la justice fera partie des priorités.
Là encore comme c'est le cas depuis un certain temps, la justice a été l'enfant
pauvre du budget de l'État pendant des années. Nous avons augmenté de manière
très forte le budget de la Justice dans le cadre d'une loi de programmation qui
a permis d'augmenter les moyens. (…)
Évidemment les sujets liés notamment à la terrible affaire Lyhanna ne sont pas
qu'une histoire de moyens. Ça a été dit aussi il y a des enjeux de culture, on
est sur France Culture, peut-être même plus fondamentaux qui là encore nous
concernent tous. On peut dire que tout ça est la faute de l'État, du garde des
Sceaux, du Président, du ministre des Finances. La réalité, c'est que je pense
qu'on a un enjeu culturel énorme vis-à-vis des violences faites aux femmes,
vis-à-vis des violences faites aux enfants, qu'on a en partie traité avec des
lois nouvelles, des budgets nouveaux depuis dix ans mais qu'il faut continuer
parce qu'on ne peut pas vivre avec ce qu'on a vécu. Mais oui, il faut que le
budget soit au rendez-vous. Ça ne suffit pas, mais il faut que le budget soit
au rendez-vous sur la justice.
> Depuis maintenant plus de 30 ans quand on a un
problème, on vote un Budget. Je ne suis pas sûr que ça suffise et parfois même
je pense que c'est contre-productif parce qu'on se retrouve avec des priorités
qui n'en sont plus, on se retrouve avec de l'argent qui n'est pas forcément
très dépensé et puis par ailleurs la charge de la dette augmente. Donc c'est
plus de 70 milliards cette année que je dois payer à nos créanciers qui ne vont
pas ailleurs et donc si on est capable ensemble et là encore, 2027, les
élections, un débat de fonds essentiel sans doute plus important et plus intéressant
que les chicanes internes de telle ou telle partie. Effectivement, vous l'avez
dit.
Et par ailleurs, à court terme, moi, ce que j'espère, c'est que les partis qui
nous ont permis de passer un Budget cette année, pour simplifier, des
socialistes aux républicains, en passant par, évidemment, la majorité ou
l'ex-majorité présidentielle que je représente, sont capables de s'asseoir
ensemble pour identifier quelques priorités, vous en avez mentionné deux ; mais
aussi, du coup d'économie qu'il va falloir faire ensemble. Et ça se passera
bien. Soit on présidentialise, politise, le Budget de 2027, et ça ne se passera
pas bien. Moi, je souhaite que ça se passe bien. (…)
Je souhaite qu'on puisse en construire un ensemble. On assumera nos
responsabilités. C'est le Gouvernement qui dépose un budget. Mais c'est vrai
que moi, je souhaite qu'on puisse échanger régulièrement. Et on le fait déjà un
peu de manière informelle. Mais qu'on le fasse de manière formelle à l'occasion
de la construction du budget, pour qu'on puisse, en fait laisser, la France avoir
les débats d'avenir pour la décennie qui vient, je dirais, sur de bonnes bases.
Parce que si on a un budget pour 2027, quel qu'il soit, il ne sera pas parfait.
Il fera l'objet d'un compromis. Mais au moins celles et ceux qui nous
succéderont partiront sur une piste de décollage qui sera à peu près nettoyée.
Si on a des nids de poules partout, parce qu'on n'a pas réussi à se mettre
d'accord, les avions, quel qu'ils soient, vont avoir du mal à décoller.
> On ne souhaite pas que dans ce Budget, il y ait des hausses d'impôts ou des impôts nouveaux. Voilà. On va sans doute, comme toujours d'ailleurs, essayer de travailler les niches fiscales parce que ça, c'est un vrai sujet. Il y a des dizaines et des dizaines de niches fiscales en France qui sont très inefficaces, qui coûtent cher à l'administration fiscale, et qui peuvent être examinées. Mais globalement, nous ne souhaitons pas que le budget déposé par le Gouvernement, que je représente ici, à votre micro, ait des hausses d'impôts. Ensuite, le débat parlementaire aura lieu. Je l'ai dit tout à l'heure. On est entré en mêlée, si je puis dire, pour prendre une image rugbistique. L'année dernière, avec un budget qui prévoyait un déficit budgétaire de 4,7%. Finalement, on a fini à 5%. Bon, j'aurais préféré franchement qu'on finisse à 4,7%. Et par ailleurs, il y a eu des impôts en plus, il y a eu un peu moins d'économies de dépenses ; et donc, on a évidemment composé avec les assemblées hétéroclites qu'on a aujourd'hui. Et on le fera à nouveau. Mais on ne souhaite pas, et ce n'est pas par pur dogmatisme ou idéologie, on a plus d'impôts en France qu'on a partout ailleurs dans le monde, à une ou deux exceptions près. Donc, voilà, on considère qu'il y a assez d'impôts en France. Et que notre capacité, qui est aussi un bon réflexe, c'est-à-dire on a un problème au point d'impôt, il faut peut-être passer à autre chose. Après, les débats que vous mentionnez, ils sont importants. La justice fiscale, est-ce qu'il y a des secteurs particuliers qui ont été particulièrement affectés, bonifiés par la crise : tout ça, ça peut faire l'objet d'un débat parlementaire. (…)
On n'échappera pas à un vrai débat fiscal pour 2027. (…) Il y a 11 groupes parlementaires, il n'y a pas de majorité. Faire croire aux Françaises et aux Français qu'on va réinventer la fiscalité française cette année, c'est non. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir un budget de qualité, et qui, notamment, permette de préserver la croissance. Mais tous les débats sur le niveau de fiscalité, le financement de la protection sociale, les successions, l'équité fiscale, vont avoir lieu. J'espère qu'on ne finira pas juste à dire qu’il n'y a pas assez d'impôts en France, il en faut plus, parce que je ne suis pas sûr que ce sera très productif. Et en tout cas, ça n'aidera pas beaucoup notre économie, dont je suis en charge aujourd'hui. Cela dit, pour cette année, vous dites 5,8 milliards de bénéfices, et je ne suis pas le porte-parole de Total. Mais Total paye des impôts sur ses bénéfices. La réalité, c'est qu'il ne les paye pas chez nous, parce qu'effectivement, la majeure partie des bénéfices de Total sont faits à l'étranger, où il produit de l'essence. Et j'allais dire tant mieux, parce que grâce au fait qu'on a eu une major, une grande entreprise pétrolière intégrée internationale, on a eu de l'essence. On n'a pas eu d'enjeu d'approvisionnement en France, j'allais dire tant mieux. Mais voilà, il ne faut pas donner l'impression que Total gagne de l'argent et ne paye pas d'impôts, et que par ailleurs, les Français, ça, c'est vrai, ont eu un enjeu de pouvoir d'achat. Total paye des impôts. Il ne les paye pas chez nous, en tout cas moins chez nous, parce qu'évidemment, il produit du pétrole au Nigeria, en Angola, ailleurs dans le monde.
> L'Observatoire des Inégalités que vous mentionnez le prouve régulièrement : nous avons le système fiscal le plus redistributif du monde. C'est-à-dire que les écarts de revenus, de revenus, hein, vous parlez de patrimoine, mais c'est important, les écarts de revenus avant redistribution en France sont nettement réduits après ce qu'on appelle notre modèle social. Et on en est fier. Donc, on passe de 1 à 5, 1 à 6, à 1 à 2, à peu près, une fois qu'on a intégré tout ça. Le patrimoine. L'intelligence artificielle va créer des fortunes absolument mirobolantes, notamment aux États-Unis. On le voit déjà. Et donc, la question de la redistribution de cette manne va se poser. Et elle se posera notamment via, peut-être, la réflexion sur de nouveaux impôts, peut-être la réflexion sur les impôts, sur les successions, qui vont poser question. Juste deux écueils. Un : n'oublions pas qu'on est là pour créer de la richesse avant de la redistribuer. Et donc, tout ce qui fait qu'on taxe l'appareil productif. Ça a été le cœur de notre débat sur la fameuse taxe Zucman à l'automne dernier, entre nous et une bonne partie, en fait, toute la gauche. Ça, c'est essentiel. Si vous taxez les entreprises qui produisent des richesses en France, le risque, évidemment, c'est qu'elles ne s'installent plus en France.
> En France, on est le pays qui taxe le plus et le
pays qui aide le plus. Alors, quand on fait la différence entre les deux, les
taxes moins les aides, on est encore celui qui taxe en aides le plus en Europe.
Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, on a des dispositifs très complexes de
fiscalité, des dispositifs très complexes d'aide aux entreprises, et je ne suis
pas sûr que le net soit très efficace : les impôts de production, les aides
directes aux entreprises sur le coût du travail qui visent à rendre nos entreprises
plus compétitives, mais parce qu'elles le sont moins, parce que par ailleurs,
on taxe plus le coût du travail qu'ailleurs. Donc, tout ça, là aussi, ça doit
être nettoyé. Et moi, j'espère pouvoir contribuer modestement à ces idées dans
le cadre de la campagne présidentielle. (…)
On a déjà commencé ça. On a baissé le coût du travail en augmentant la base de
financement. Ce que je déteste ces temps-ci, c'est ceux qui donnent
l'impression que la France n'a rien fait pendant 10 ans. On est le pays le plus
attractif d'Europe. On a plus d'investissements dans l'industrie verte que
nulle part ailleurs. On est le pays le plus décarboné, en tout cas l'un des
trois pays les plus décarbonés d'Europe. On a été moins affecté par la crise
que d'autres grâce à ça. On a un chômage qui a baissé. Il est encore trop
élevé, on est à 8%. Mais le chômage de masse, il a baissé. On a un taux d'emploi
des seniors les plus élevés. Donc, on a fait des choses très bien. Et il y a
des choses dont je suis extrêmement fier. Et il va falloir le retenir, y
compris ceux qui parfois se projettent en disant « On passe à autre chose, on
oublie tout ce qui a été fait ». Et puis, par ailleurs, il y a des choses qu'il
faut accélérer et des choses qu'il faut reprendre. On parlait tout à l'heure
des collectivités locales. Moi, je suis convaincu qu'il y a beaucoup trop de
niveaux de collectivités locales en France, qu'on a une complexité
administrative très forte, qu'on a une complexité de l'appareil fiscal très
forte, qu'on a trop d'aides et trop d'impôts. Tout ça, j'espère que les
candidats, en tout cas j'en connais qui y travaille, vont s'y atteler.
> L'objectif, il est aujourd'hui de montrer au quotidien qu'on est capable de changer la vie des Françaises et des Français. Aujourd'hui, on vend plus de véhicules électriques que jamais en France : 30 %. Quand vous regardez la Norvège, au moment où ils ont passé les 30 %, ils ont accéléré. Ils sont maintenant à 90 %. Ça, c'est très concret. Ça veut dire qu'à Douai, on fait des R5 et qu'aujourd'hui, on se demande comment augmenter la production. Donc, on véhicule plus en électrique, on construit plus de véhicules électriques. En faisant ça, on lutte contre le réchauffement climatique. Ça, c'est très concret. La programmation pluriannuelle de l'énergie et le plan d'électrification, qui sont deux mesures importantes que nous avons annoncées, permettent de faire ça. Donc, on est capable, aujourd'hui, de faire évoluer la France ; et que par ailleurs, j'allais dire, les bâtisseurs de cathédrales nous promettent la cathédrale qu'ils vont construire dans les 10 ans qui viennent, c'est tout à fait louable aussi. Il ne faut pas mélanger les deux.
> Malgré une dette importante, on a, malgré une charge de la dette importante, plus de 70 milliards, d'ailleurs, malgré des financements, moi, je dois émettre plus de 300 milliards d'euros cette année ; les émissions se passent bien, la signature de la France est appréciée, on n'a aucun problème pour financer notre dette. Mais elle est trop élevée. Il faut la réduire, parce qu'il faut que ça dure. Il faut qu'on puisse continuer à financer nos priorités, nos politiques publiques. C'est mon devoir, et c'est notre responsabilité collective au Gouvernement.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Les familles ont besoin de repères, de confiance et d’un accompagnement
accessible à chaque étape de la vie de leur enfant. Les propositions issues de
ces Assises nationales du soutien à la parentalité constitueront le socle de la
feuille de route de soutien à la parentalité que je présenterai à la rentrée,
avec la volonté de mieux informer, accompagner les parents pour mieux protéger
leurs enfants aux différentes étapes de leur minorité
> [Canicule / Intervention au Sénat] Après ces
chaleurs extrêmes, la tension sur le système hospitalier a décru, mais elle est
encore là. Je salue les soignants, mobilisés dans des conditions de travail
difficiles.
Santé publique France a comptabilisé 1 000 décès supplémentaires la
semaine dernière. Mais ce chiffre, calculé sur les seuls certificats de décès
électroniques, devra être probablement réévalué, sans toutefois atteindre ceux
de 2003.
Nous devons être toujours plus attentifs à la situation des personnes qui
vivent seules à domicile, qui souffrent de la chaleur, et que l'on retrouve
dans des états très graves, voire décédées.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Aujourd'hui, nous renforçons notre projet de loi dédié à la protection des
enfants pour mieux détecter, mieux protéger et sanctionner avec la plus grande
fermeté. Le 15 juillet, nous commencerons son examen à l'Assemblée Nationale.
La protection de nos enfants est la priorité absolue de la République.
> C'était une promesse que j'avais formulée en devenant ministre des Familles et des Solidarités. Elle est aujourd'hui une réalité pour les familles. Les mères et les pères. Le congé de naissance entre en vigueur aujourd'hui. Plus de temps. Plus de liberté. Plus d'égalité.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Face aux noyades, il n’y a pas de fatalité. Il y a des réponses concrètes
construites sur le terrain. À l’Île de loisirs de Cergy-Pontoise, j’ai souhaité
aller à la rencontre de celles et ceux qui, chaque jour, agissent pour prévenir
ces tragédies. Après plusieurs accidents, le territoire a su réagir avec des
mesures concrètes : sécurisation des accès, installation de barrières,
renforcement de la surveillance, formation des maîtres-nageurs, actions de
sensibilisation et apprentissage de la nage pour les plus jeunes. Je tiens à
saluer l’engagement exemplaire des sauveteurs, des équipes de la base de
loisirs, de la préfecture, des collectivités territoriales, des services de
police, gendarmerie, de sécurité civile et de tous les professionnels
mobilisés. Leur travail collectif montre qu’en unissant les responsabilités de
l’État, des collectivités et des acteurs de terrain, il est possible de mieux
protéger nos concitoyens. Ce déplacement s’inscrit dans une démarche simple :
aller voir ce qui fonctionne, valoriser les initiatives efficaces et partager
les bonnes pratiques avec d’autres territoires confrontés aux mêmes enjeux. La
lutte contre les noyades est une responsabilité collective. Prévenir,
sécuriser, former et sensibiliser : voilà les leviers qui permettent de sauver
des vies. À l’approche de l’été, restons tous vigilants pour que la baignade
demeure un moment de plaisir, de partage et de liberté, jamais un drame.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Les talents sont partout en France : encore faut-il leur donner
l’occasion de se révéler. Avec Talents de France, le Gouvernement s’engage pour
l’égalité des chances, l’insertion professionnelle et la lutte contre les
discriminations dans les quartiers prioritaires et les territoires ruraux. Nous
devons changer de regard pour que chacun et notamment les jeunes se sentent
reconnu. Car partout des femmes et des hommes ont l'envie de réussir et des
compétences à offrir.
Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et
des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée
de la Mer et de la Pêche)
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> [Forêts / Intervention à l’Assemblée] Vous avez raison de le rappeler, les
forêts sont en première ligne face au dérèglement climatique du fait des
épisodes de sécheresse et de canicule qui les ont considérablement appauvries
ces dernières années. L’État a agi puisque 438 millions d’euros ont été
investis dans le renouvellement forestier depuis 2021 et
90 000 hectares ont été replantés. Il s’agit à la fois d’un enjeu de
transition écologique, d’un enjeu d’adaptation au changement climatique et d’un
enjeu économique. Derrière la forêt, il y a aussi la filière du bois, une
filière d’excellence qui doit continuer de s’industrialiser. La ministre
Monique Barbut a tenu lundi un comité avec ses représentants pour concilier
l’ensemble des impératifs. Il convient, vous l’avez dit, de donner un cadre réglementaire
stable aux acteurs forestiers pour répondre aux problématiques du dérèglement
climatique en diversifiant les essences et en luttant contre les peuplements
pauvres. Un cadre stable est également important pour soutenir économiquement
la filière. Le travail en ce sens va se poursuivre.
Vous avez évoqué la lutte contre les feux de forêt en rappelant le travail
effectué par le président Marc Fesneau. Je pense au plan sur les haies et aux
obligations légales de débroussaillement, qui permettent d’éviter les incendies
si elles sont respectées. Je rappelle, au passage, que neuf feux de forêt sur
dix sont d’origine humaine. La plus grande vigilance est donc de mise. Le
gouvernement a agi en matière de prévention puisque 250 millions d’euros
ont été investis dans le renouvellement forestier et dans le soutien de la
sécurité civile depuis 2020, comme l’a souligné Laurent Nuñez. Le gouvernement
agit et fait face.
> Au lendemain du Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH), réunion ce jour avec les préfectures : point à date sur l’évolution de la sécheresse et les risques de feux de forêt et de végétation. Les services de l’État sont pleinement mobilisés pour garantir la sécurité des personnes, protéger les habitations, et notre patrimoine naturel.
> Aucun président de la République, aucune autre majorité que celle d’Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu n’a autant fait pour l’écologie, le climat et l’adaptation. Beaucoup reste évidemment à faire, mais nous n’avons rien à craindre d’une commission d’enquête qui permettra d’objectiver les responsabilités de chacun et de démontrer que le procès en inaction climatique est non seulement faux mais injuste.
> Les écologistes font des polémiques et de la politique politicienne là où les Français ont besoin d’anticipation et de solutions. Censurer le Gouvernement n’apportera rien pour nous adapter à ces épisodes extrêmes. Rien sinon du désordre.
> Face à une canicule d'une intensité exceptionnelle, l’anticipation de Sébastien Lecornu a permis d’éviter une crise systémique. Notre pays a tenu. Nous devons désormais travailler sur l’ensemble des points de fragilité qui sont apparus : c’est l’objet du Plan ORSEC grandes chaleurs qu’a annoncé le Premier ministre.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> 250ᵉ anniversaire de l’indépendance des États-Unis ! Dans un contexte
international en constante évolution, il est essentiel de continuer à faire
vivre cette relation transatlantique. C’est en ce sens que je suis intervenue
lors de l’inauguration de deux expositions en plein air à Paris en lien avec
les 250 ans. La Tour Eiffel s’illuminera dans la soirée du 3 juillet, aux
alentours de 23 h, en hommage à cet anniversaire historique.
> 170 ans d’amitié entre la France et la Thaïlande Cette semaine, la France a eu l’honneur d’accueillir Leurs Majestés le Roi Maha Vajiralongkorn (Rama X) et la Reine Suthida pour une visite d’État marquante, la première d’un souverain thaïlandais sur notre sol depuis 1960. La Thaïlande héberge près de 300 filiales d’entreprises françaises, qui emploient plus de 45000 personnes dans l’industrie et les services. La langue française, longtemps présente dans nos échanges, continue d’incarner ce pont entre nos peuples. La Thaïlande, État observateur de l’Organisation Internationale de la Francophonie, illustre combien notre langue demeure un vecteur de dialogue et d’amitié partout à travers le monde! Nous poursuivrons cet élan, au service de nos intérêts mutuels.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Nouvelle réunion de la cellule de veille avec les fédérations du secteur
médico-social et du domicile, en présence des représentants des collectivités,
des administrations du ministère et des agences régionales de santé.
C’est l’occasion, tous les deux jours, de faire un point sur la situation
météorologique du pays, le fonctionnement des établissements et services à
domicile, les actions en cours et les retours du terrain.
À l’ordre du jour :
- l’organisation et le suivi des commandes de climatiseurs,
- la mise en place des remontées de données quotidiennes,
- la cartographie des lieux de fraîcheur.
- les mesures d’anticipation en cas de nouvelle canicule.
> Le handicap ne doit jamais être un frein à l’ouverture internationale.
À l’occasion de la 7ᵉ cérémonie de
remise des bourses d’encouragement à la mobilité internationale des étudiantes
et étudiants en situation de handicap, une convention entre le Ministère de
l'Europe et des Affaires étrangères et la Conférence des grandes écoles (CGE) a
été signée afin de développer les DuoDays dans les ambassades et
consulats français à l’étranger.
Partir étudier, effectuer un stage ou conduire un projet à l’international,
c’est une opportunité pour élargir ses horizons, construire son parcours
professionnel et gagner en autonomie.
Avec cette convention, l’objectif est de permettre à davantage de jeunes en
situation de handicap de :
- découvrir les missions de notre réseau diplomatique ;
- accéder à des environnements professionnels variés ;
- développer leur réseau ;
- révéler leurs talents.
En France comme à l’international, poursuivons nos efforts pour construire une
société accessible à toutes et tous.
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature
> Au moment où le projet de loi
d’urgence agricole est débattu au Sénat, j’ai pris la plume aux côtés de Ludovic
Roux, président de la Chambre d'Agriculture de l'Aude, et d’Hélène Sandragné,
présidente du Département de l'Aude, pour rappeler l’urgence d’organiser
durablement le partage de l’eau.
L’actualité nous le rappelle avec force : notre pays se réchauffe. Les
canicules et les sécheresses vont se multiplier, avec des conséquences déjà
visibles sur nos nappes phréatiques après les deux épisodes de chaleur que nous
venons de connaître.
Face à cette réalité, le projet de loi d’urgence agricole propose plusieurs
mesures pour protéger l’accès des agriculteurs à l’eau. Mais ce débat ne doit
pas occulter une question plus fondamentale : comment organiser, dans la durée,
le partage d’une ressource dont la disponibilité est profondément bouleversée
par le changement climatique ?
Plus qu’une diminution uniforme de la ressource, c’est une véritable arythmie
de l’eau qui s’installe, alternant épisodes de pluies intenses et périodes
toujours plus longues sans précipitations.
Cette évolution appelle une adaptation collective de nos usages, non pour les
opposer, mais pour mieux les articuler autour d’un même principe : l’eau est un
bien commun, au service des équilibres de nos territoires.
L’Aude, déjà confrontée à la sécheresse et au risque de désertification, montre
la voie : nous devons penser le partage de l’eau à l’échelle de l’ensemble des
usages. Car demain, la tension sur cette ressource nous concernera tous.
> Oui, la climatisation permet de sauver des vies.
Il n’a jamais été question de remettre cela en cause, et je l’ai d’ailleurs
affirmé publiquement à plusieurs reprises.
Le vrai débat n’est pas d’être pour ou contre la climatisation. Le vrai débat
est de savoir comment climatiser efficacement et de manière adaptée aux
besoins. La priorité, c’est de protéger les populations vulnérables.
Nous accompagnons l’installation de solutions de rafraîchissement là où elles
sont nécessaires.
Dès le 17 juin dernier, nous avons annoncé la mobilisation du Fonds vert pour
financer des équipements de rafraîchissement dans les bâtiments publics et
soutenir les collectivités confrontées aux fortes chaleurs.
Le rafraîchissement ne concerne pas que les bâtiments publics. C’est pourquoi,
en complément, à compter du 1er septembre 2026, la TVA sur les pompes à chaleur
air-air réversibles sera abaissée à 5,5%.
Nous créons ainsi les conditions pour que les Français aient accès dans des
conditions facilitées à une solution de rafraîchissement.
La climatisation est parfois indispensable, mais elle ne suffira pas, à elle
seule, à répondre à l’ensemble des conséquences du réchauffement.
Pour renforcer notre résilience, nous devrons aussi végétaliser et transformer
nos villes, améliorer le bâti, adapter nos transports et poursuivre nos efforts
contre le dérèglement climatique tout en accélérant notre stratégie
d’adaptation.
> Notre forêt est en première ligne face au
changement climatique. Elle est aussi l'un de nos plus puissants leviers pour
le freiner : chaque année, elle capte près de 63 millions de tonnes de CO₂ et
fait vivre une filière de 440 000 emplois partout en France.
C'est pour répondre à ce défi que j'ai réuni lundi les représentants de la
filière forêt-bois.
Les épisodes de chaleur extrême, la multiplication des incendies et le
dépérissement de plus d'un million d'hectares nous rappellent une réalité : le
dérèglement climatique est déjà à l'œuvre.
Nous devons accélérer l'adaptation de nos forêts pour qu'elles continuent de
protéger les générations à venir de Français, de préserver notre biodiversité,
de jouer pleinement leur rôle de puits de carbone et de produire le bois
d'œuvre et de construction nécessaire à notre pays.
Cette ambition exige une volonté politique forte. Elle suppose une vision de
long terme, de la stabilité et des moyens.
J'ai réaffirmé mon engagement à défendre le budget de la forêt, qu'il s'agisse
du renouvellement forestier ou des moyens de nos établissements publics. Dans
le contexte budgétaire que nous connaissons, chaque euro investi dans la forêt
est un investissement stratégique : pour le climat, pour notre souveraineté,
pour nos territoires et pour l'avenir d'une filière essentielle à notre
économie.
Il nous faut allier l’exigence d’adapter nos forêts, à celui de la visibilité
nécessaire pour la filière. Ces dernières années beaucoup de progrès ont déjà
été fait collectivement, il faut poursuivre sur ce chemin. C’est pourquoi, je
souhaite que des évolutions concertées du Cahier des Charges puissent être
mises en œuvre début 2027. Il y a des sujets évidents qui peuvent faire
consensus et nous avons besoin de ces améliorations.
Préparer la forêt de demain, ce n'est pas seulement répondre à une urgence
environnementale. C'est faire le choix d'une France plus résiliente, capable de
protéger son patrimoine naturel tout en renforçant son indépendance écologique
et économique.
C'est cette ambition que je veux construire avec l'ensemble des acteurs de la
filière. Ensemble, nous donnerons à notre forêt les moyens de s'adapter, de se
renouveler et de continuer à être stratégique pour la France.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> L’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi qui assurera le droit
de chaque enfant à disposer d’un avocat en assistance éducative lors des
audiences des juges des enfants. C’est une avancée significative, un droit
extrêmement important pour la protection de tous les enfants de notre pays. La
Justice sera au rendez-vous de ce défi d’organisation pour les juridictions
mais surtout pour les barreaux, afin de garantir ce droit partout sur le
territoire.
> [Protection des enfants / Intervention à
l’Assemblée] La promesse est tenue : la proposition de loi visant à
assurer le droit de chaque enfant à disposer d’un avocat dans le cadre d’une
mesure d’assistance éducative et de protection de l’enfance va, nous l’espérons
tous, bientôt être adoptée conforme, afin qu’elle puisse entrer en vigueur le
plus tôt possible, dans des délais compatibles avec l’organisation du service
public de la justice.
Je m’y étais engagé au Sénat, après des discussions longues et exigeantes. S’il
s’agit d’un droit très important pour tous les enfants de France, demandé
depuis longtemps par les professionnels de la protection de l’enfance et par
les avocats en particulier, nous devons aussi relever le défi de l’organisation
des juridictions et des barreaux, afin que ce droit ne soit pas un droit vain,
mais un droit efficace.
La protection de l’enfance est l’une des priorités de l’Assemblée nationale et
du gouvernement. Elle l’est parce que notre justice doit de plus en plus
prendre en compte la vulnérabilité de nos enfants. Elle l’est aussi parce que
les défis auxquels la protection de l’enfance est confrontée nous obligent à
agir, notamment face au déterminisme social et sanitaire et à la moindre
espérance de vie que subissent les enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance
(ASE).
Depuis quelques heures, avec ma collègue Stéphanie Rist, je défends en
commission, et bientôt dans votre hémicycle, le projet de loi relatif à la
protection des enfants. Ce texte, qui vise notamment à refonder la protection
de l’enfance et l’aide sociale à l’enfance, sera complété par la lettre
rectificative adoptée ce matin en Conseil des ministres.
Je veux féliciter Mme Hadizadeh pour cette proposition de loi, et saluer
sa ténacité, mais aussi le soutien du gouvernement et celui d’autres
parlementaires, notamment celui du sénateur Xavier Iacovelli – qui
a déposé une proposition de loi similaire au Sénat. Le texte que vous examinez
s’inscrit dans une dynamique très ambitieuse. Madame la rapporteure, ce texte
est avant tout le fruit de votre conviction : offrir à chaque enfant
l’assistance d’un avocat permettra incontestablement de mieux le protéger.
Je remercie l’ensemble des parlementaires qui vous ont accompagnée pour le
dialogue constructif que nous avons noué avec la Chancellerie et le Sénat. Ce
travail a permis d’aboutir à un texte à la fois équilibré et ambitieux, auquel
le gouvernement a apporté son soutien en prévoyant une entrée en vigueur au
6 janvier 2027.
Cette entrée en vigueur différée n’a pas pour objet de retarder la
protection ; elle montre que le Sénat a entendu les arguments relatifs à
la mise en œuvre concrète de la réforme. Une application immédiate aurait posé
d’énormes difficultés s’agissant des enfants déjà engagés dans une procédure
d’assistance éducative.
Votre choix fera de nous le premier pays d’Europe à prévoir l’assistance d’un
avocat pour chaque enfant, quel que soit son âge – y
compris pour les nourrissons – et quelle que soit la mesure – y
compris en dehors de tout placement. Dans quelques mois, nous serons un pays
pionnier. Les 100 000 nouvelles mesures d’assistance éducative
prononcées chaque année seront concernées, auxquelles s’ajoutent les
260 000 mesures déjà en cours.
Le Gouvernement est d’ores et déjà engagé pour que les avocats reçoivent une
convocation dans chacun des dossiers dès le 6 janvier prochain. Avant même
le vote de ce texte, j’ai réuni à plusieurs reprises les chefs de juridiction,
et vous avez assisté, madame la rapporteure, à une première réunion avec le
Conseil national des barreaux.
Ce n’est pas symbolique, car la proposition de loi que vous vous apprêtez à
voter ne prévoit aucune exception. Aucun décret d’application n’est nécessaire
– elle s’appliquera strictement et immédiatement au 6 janvier. Ni
la taille du barreau, ni les spécificités d’un territoire, ni un éventuel empêchement
de dernière minute ne permettront de passer outre la présence d’un avocat. La
responsabilité des auxiliaires de justice que sont les avocats sera donc
immense, notamment dans les barreaux qui éprouvent des difficultés d’organisation,
comme en outre-mer – je pense par exemple à Mayotte – ou dans
les territoires où les mesures éducatives sont très nombreuses.
Concrètement, à l’issue d’une ordonnance de placement provisoire, lors de l’audience
devant le juge des enfants, si l’avocat ne se présente pas, le juge ne pourra
pas ordonner la mesure de placement et devra renvoyer l’enfant chez ses
parents, même maltraitants.
Il s’agit donc d’une question d’organisation majeure. Tous les quinze jours cet
été, je proposerai au Conseil national des barreaux de travailler avec vous,
madame la rapporteure, et peut-être avec le rapporteur du Sénat, ainsi qu’avec
l’ensemble des services et les représentants des départements de France, à la
mise en œuvre concrète de ce texte voulue par les parlementaires.
En tant que garde des sceaux, je suis en effet comptable de la bonne
application de toutes les lois sur l’ensemble du territoire, sans exception,
même lorsque cela a trait à l’indépendance de la justice. Comme le dit un
proverbe, entre la coupe et les lèvres, il reste encore de la place pour un
malheur. Soyez assurés de l’engagement total du gouvernement pour que cette
réforme soit appliquée jusqu’au bout, partout en France, dans tous les
outre-mer, dès le 6 janvier prochain.
Hier, j’ai reçu une nouvelle fois place Vendôme les représentants de la
profession d’avocats, qui m’ont confirmé que nous avions du travail pour que
cette loi entre en vigueur. Je compte sur l’engagement de cette grande
profession pour être à la hauteur de ses engagements et faire en sorte que les
164 barreaux de France – à Paris comme à Mayotte, à Rennes comme à
Bar-le-Duc – organisent la protection de chaque enfant.
Les avocats trouveront la Chancellerie à leurs côtés pour organiser ce nouveau
droit que nous créons, en particulier grâce à une augmentation de l’aide
juridictionnelle à hauteur de plus de 230 millions d’euros.
Cette réforme intervient dans un contexte particulièrement exigeant. Plus de
405 000 mesures de protection de l’enfance sont appliquées dans notre
pays. Les situations sont plus nombreuses, plus complexes et, malheureusement,
souvent plus durables. Les juges des enfants sont en première ligne ; je
salue l’immense travail qu’ils accomplissent aux côtés des magistrats du
parquet, des greffiers, des éducateurs, des administrateurs ad hoc et
des avocats. Leur engagement est quotidien, difficile, mais indispensable.
Grâce à eux, la protection de l’enfance est une réalité dans notre territoire,
même si nous savons qu’elle connaît de graves dysfonctionnements. Certains
enfants ont beaucoup moins de chances que les autres : soumis à la
prostitution, aux trafics, au handicap, aux discriminations, aux violences.
C’est pourquoi l’espérance de vie des enfants placés est réduite de vingt ans
par rapport à celle des autres enfants.
Votre proposition, madame la rapporteure, est une réforme structurelle qui
modifiera durablement le fonctionnement de la justice des mineurs. Le
gouvernement n’y voit pas un motif pour ralentir la réforme, mais une raison
supplémentaire de la préparer sérieusement, en vue de sa réussite.
Quels moyens devront être déployés dans le budget pour 2027 ? Je suis
certain que les parlementaires auront le souci de garantir la continuité du
service public et ne renverseront pas le gouvernement, afin d’éviter l’adoption
d’une loi spéciale, qui bloquerait cette réforme.
Selon les évaluations conduites par la Chancellerie ou effectuées dans le cadre
du travail parlementaire, cette réforme nécessitera des renforts importants en
magistrats et en personnels de greffe. Le coût de la montée en charge des
juridictions est estimé à environ 100 millions, auquel il faut ajouter
celui de l’aide juridictionnelle supplémentaire, soit plus de 200 millions
d’euros. Je compte donc sur la représentation nationale pour aider le
gouvernement, et en particulier le ministre de la Justice, à financer cet
engagement. Les discussions que j’ai eues avec le ministre des Comptes publics
me rassurent, mais le dernier mot appartient aux parlementaires, qui votent les
crédits.
Je serai honoré et fier de contribuer avec les avocats à la mise en œuvre de
cette belle loi. Nous partageons la même ambition – protéger
les enfants. Je viens d’un département et d’une région – le
Nord et les Hauts-de-France – particulièrement touchés par de graves
atteintes à leurs droits. Il s’agit de garantir leurs droits, de les soustraire
à l’emprise de parents maltraitants ou défaillants, et de faire en sorte qu’on
ne décide pas de leur avenir sans que leur intérêt soit défendu. L’avocat sera
là pour accompagner ces enfants confrontés à une justice parfois déshumanisée,
lointaine et parfois méprisante, dont le vocabulaire est compliqué.
Le gouvernement soutient cette ambition. Il prendra toute sa part pour que la
volonté exprimée dans votre hémicycle devienne une réalité dans chacune de nos
juridictions. Les enfants que nous devons protéger n’ont pas seulement besoin
de nouveaux droits ; ils ont besoin que ces droits s’exercent
concrètement, partout sur le territoire de la République, quel que soit leur
âge, dans les mêmes conditions et avec les mêmes garanties.
C’est cette exigence d’efficacité que le gouvernement entend défendre à vos
côtés. Le plus difficile commence – l’application de la loi. J’invite les députés à
voter conforme ce texte afin que nous ne perdions plus un instant pour
organiser cette réforme qui fait la beauté de l’engagement politique.
> [Justice criminelle / Intervention à l’Assemblée]
Dans les démocraties contemporaines, la justice occupe une place centrale dans
le contrat social. Au-delà de tous les soubresauts institutionnels que nous
avons connus, un principe immuable demeure depuis que la France s’est dotée
d’une République démocratique : l’importance d’une justice impartiale,
mais également lisible, accessible, garante de la cohésion nationale et de la
paix publique, dont les décisions sont rendues au nom du peuple français. Ainsi
l’a voulu le peuple souverain.
La justice fonde la confiance des citoyens dans l’État de droit, en assurant à
chacun la protection de ses droits et une sanction juste en cas d’infraction.
La justice est une vertu, ce qui rend sans doute son accomplissement plus
difficile que celui d’autres responsabilités ministérielles. Elle constitue un
idéal auquel chaque citoyen, au moins depuis 1789, doit croire ; un idéal
qu’il doit aussi craindre lorsqu’il faillit, et en lequel il doit avoir
confiance lorsqu’il réclame le respect de ses droits.
Si la justice n’est pas rendue à temps, de manière proportionnée et juste, le
citoyen fera justice lui-même ; alors ce sera la guerre de tous contre
tous, le contraire même de ce pour quoi nous avons créé l’État. La justice
appartient à tous les Français ; elle n’appartient ni aux professionnels
de la justice ni à ceux que l’on qualifie de spécialistes.
Notre peuple nourrit, on le sait, énormément d’attentes à son égard. Les
fondements de notre droit pénal moderne ne sont pas qu’une théorie :
l’égalité des infractions et des peines, la proportionnalité des sanctions ont
avant tout une utilité sociale destinée à éviter la vengeance. Éviter la
vengeance : voilà le rôle cardinal de la justice.
Elle doit apporter protection à tous, et en particulier aux plus vulnérables – les
femmes, les enfants, les meurtris de la vie, les lésés. La célérité de la
justice est la condition de son utilité sociale. La protection de la loi, celle
des institutions, ne peut attendre, a fortiori lorsqu’un crime est
commis. Voici l’objet de ce projet de loi – le
cœur de notre sujet. Cette célérité, notre État de droit n’est plus capable de
la garantir. Dès lors, quelle utilité sociale garantissons-nous ? Quels
risques évitons-nous lorsqu’il s’agit de prévenir la vengeance ?
Lorsque notre justice pénale peine à s’adapter à l’évolution des formes de
criminalité, quelle utilité sociale conserve-t-elle ? Lorsque les attentes
sociales en matière de sécurité s’intensifient, alors que les affaires de
narcotrafic ont augmenté de 70 % en sept ans, alors que la libération de
la parole des femmes et des enfants a entraîné une hausse de 60 % des
dossiers criminels, quelle utilité sociale la justice peut-elle encore
garantir ?
Quelle utilité sociale conserve-t-elle lorsqu’il faut six ans en moyenne pour
juger un viol en France et huit ans pour juger un crime lié au narcotrafic ou
un homicide ?
Les chiffres sont sans appel. En 2017, au début du premier quinquennat du
président de la République, 7 % des détenus étaient incarcérés pour viol
ou violences conjugales. Désormais ils sont 21 % – un triplement, et sans
doute un quadruplement, puisqu’entre-temps, la population carcérale a augmenté.
En 2016, 10 000 hommes étaient renvoyés devant une juridiction pour
crimes sexuels. Aujourd’hui, ils sont 30 000. En 2017,
4 000 hommes étaient mis en examen devant un juge d’instruction pour
violences et crimes contre des enfants. Ils sont désormais 10 000.
La justice criminelle, du fait, d’une part, de la libération de la parole en
matière de violences sexistes et sexuelles et, d’autre part, de la lutte contre
le narcotrafic menée par les forces de l’ordre et les magistrats, se trouve
ainsi face à un contentieux qui a triplé en dix ans. Les délais d’audiencement
atteignent six à huit ans, jusqu’à quinze ans dans certaines cours d’appel,
condamnant victimes et accusés à un statu quo préjudiciable à tous. Ils
sont qualifiés de « déraisonnables » par la Cour européenne des
droits de l’homme (CEDH), qui a condamné la France à plusieurs reprises en 2024
et 2025.
Ces retards incompréhensibles exposent la société au risque de remise en
liberté de personnes dangereuses, faute de pouvoir les juger dans les délais
conformes à la loi. Les affaires comprenant des accusés libres sont mises dans
une file d’attente où elles peuvent rester plusieurs années, laissant les
victimes dans une attente insupportable. Derrière le terme administratif de
« stock criminel », se cachent des dizaines de milliers de vies
brisées, comme immobilisées. En fin d’année 2025, 6 000 dossiers
étaient en attente de jugement – trois fois plus qu’en 2012, où l’on en comptait
2 200 –, et ce malgré 1 000 dossiers supplémentaires jugés
en 2025 par rapport à 2024.
L’acte de juger est la manifestation directe du droit qu’a l’État de punir ses
citoyens, et certainement l’une des prérogatives les plus sensibles de la
puissance publique. Face au travail admirable des femmes et des hommes de
justice, qui vouent leurs vies à cette mission, c’est la question du sens de la
justice qui se pose et, en l’état, notre justice criminelle est impuissante à
traduire en réalité les mots de Beccaria : « Plus le châtiment sera prompt
et suivra de près la commission des faits, plus il sera juste et utile. »
Cette situation n’est plus admissible ni pour les victimes ni pour la société.
Il nous faut en résoudre les causes.
Le projet de loi sur la justice criminelle ne crée aucune infraction pénale. Il
n’évoque ni les mineurs ni les étrangers. C’est un texte d’organisation de la
justice. Je le rappelle, le législateur a souhaité, expressis verbis,
qu’il n’y ait qu’une seule cour criminelle par département – une
cour criminelle départementale (CCD). C’est la loi. Or, désormais, les moyens
attribués au ministère de la justice, qui seront encore en forte augmentation
en 2027, nous permettraient d’ouvrir soixante cours criminelles supplémentaires
que le garde des sceaux ne peut pas organiser. En France, il y a donc 164 tribunaux
judiciaires, mais seulement 100 cours d’assises et 99 cours
criminelles.
Le résultat, c’est l’augmentation dramatique des stocks criminels.
En fin d’année 2025, 6 000 dossiers étaient, je le répète, en
attente de jugement, malgré une hausse de 54 % du nombre d’arrêts rendus
par la justice depuis 2017, effet mécanique de l’augmentation du nombre de
greffiers et de magistrats. Nous avons entendu, voilà un an, les procureurs
généraux et les présidents de tribunaux sonner l’alerte. Le procureur général
d’Aix a parlé de « danger de mort », le premier président de la cour
d’appel de Paris de « vague submersive ».
Les cours criminelles correspondent à une organisation vertueuse, mais elles
sont largement à parfaire. Oui, grâce aux cours criminelles, nous avons observé
une forte diminution de la correctionnalisation ab initio des crimes
sexuels : en 2017-2018, un violeur était en moyenne condamné à vingt-trois
mois de prison ferme ; désormais, jugé par une cour criminelle, il est
condamné à dix ans de prison ferme, soit un quadruplement de la peine, grâce à
ces cours que l’on doit à Mme Belloubet, puis à M. Dupond-Moretti.
Dans les cours criminelles, le taux d’appel est moins élevé qu’aux assises – 26 %
contre 34 % – et les procès peuvent y être tenus dans des salles d’audience
classiques, contrairement aux procès d’assises qui rassemblent davantage de
monde. Mais leur implantation limitée à une cour par département nous empêche,
malgré l’augmentation des moyens, de faire progresser le taux d’arrêts rendus.
C’est la raison pour laquelle je demande au Parlement, par l’article 2 du
projet de loi, de donner la possibilité au garde des sceaux de créer soixante
cours supplémentaires. Je lui demande également de ne pas réserver la
présidence des cours criminelles aux seuls présidents d’assises, puisque nous
n’avons qu’une centaine de présidents d’assises pour quatre-vingt-dix-neuf
tribunaux de cour criminelle et une centaine de cours d’assises. Je demande au
Parlement du bon sens pour que l’on juge davantage, qu’on rende plus vite la
justice et qu’on permette aux victimes d’être écoutées.
Les efforts historiques décidés par le président de la République ont permis
d’augmenter de 53 % le budget de la justice et de 1 500 le nombre de
magistrats, là où les gouvernements précédents en avaient supprimé. La loi de
programmation de la justice sera respectée à l’euro près et j’ai engagé, avant
même les premières mesures législatives, dès mon arrivée à la Chancellerie, un
plan d’urgence criminel, proposant une centaine de magistrats en renfort,
prioritairement affectés dans les trois cours d’appel principales qui
concentrent 57 % du stock de dossiers en attente, afin de permettre un
apurement, qui, je l’espère, répondra à l’attente des victimes.
Malgré ces efforts en termes budgétaires comme en termes de gestion, il est
évident que nous devons revoir le fonctionnement de notre justice criminelle.
Avancer, mesdames et messieurs les députés, ce n’est pas juger à la hâte, c’est
juger dans un temps qui peut être qualifié de raisonnable. Quand bien même nous
arriverions, avec ce projet de loi et les moyens supplémentaires que vous
donnerez à la justice avec le prochain projet de loi de finances, à diviser par
deux – ainsi que l’établit l’étude d’impact qui vous a été fournie – le
temps d’attente avant un procès, il faudrait encore, en France, attendre trois
ans et demi un procès pour viol, et quatre ans un procès pour homicide.
Sur les quarante-trois recommandations du rapport de mars 2025 commandé par mon
prédécesseur, Didier Migaud, nous en avons retenu près de la moitié, pouvant se
traduire par des mesures législatives.
L’article 1er du projet de loi concerne la comparution sur
reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), ou
« plaider-coupable », mesure proposée par des avocats et des
magistrats. Je regrette que nous ne soyons pas parvenus à un compromis sur ce
point, mais je suis certain que, malgré l’amendement de suppression dont
j’imagine qu’il sera voté, il reviendra dans le débat après l’élection
présidentielle et sera défendu par un gouvernement, quel que soit son bord
politique, qui n’aura aucune raison de ne pas le soumettre à l’examen des
représentants de la nation.
L’article 2 constitue, quant à lui, le cœur du projet de réforme que je
vous présente. Il est important en ce qu’il permet de créer de nouvelles cours,
important par ses effets sur le traitement des arrêts criminels, important
parce qu’il contribue à rendre justice aux victimes, important enfin parce
qu’il diminue le temps d’attente avant les audiences criminelles.
Les articles 7, 8 et 9 sur l’encadrement des nullités proviennent
également des recommandations du rapport remis à M. Migaud par des
magistrats, des professeurs de droit et des avocats.
Je rappelle également le rapport du 9 juillet 2025 de la mission
d’information sur l’évaluation de la création des cours criminelles
départementales, conduite par les députés Pascale Bordes, députée RN du Gard,
et Stéphane Mazars, député EPR de l’Aveyron, dont plusieurs recommandations ont
été reprises dans le projet de loi. Je pense notamment à la recommandation no 4,
incitant à poursuivre la réflexion sur la possibilité d’introduire une
procédure spécifique en cas de reconnaissance des faits ; à la
recommandation no 1, consistant à systématiser, de manière
obligatoire, la réunion préparatoire criminelle en amont de l’établissement de
l’audiencement, et à lui donner un caractère opposable pour les audiences
devant la CCD ; à la recommandation no 2 enfin, proposant
de porter à douze mois le délai de détention provisoire entre la décision de
mise en accusation et la comparution.
Ce rapport abordait également la question des intérêts civils ainsi que la
réforme du code de procédure pénale, afin de faciliter la fixation du siège de
la CCD dans un autre tribunal judiciaire que celui où siège la juridiction
principale. On le voit, les idées du Parlement, dans leur diversité, ont été
intégrées à ce projet de loi.
Mesdames et messieurs les députés, il faut une audience à la hauteur de
l’attente des victimes. Que vaut la justice si elle est rendue six à huit ans
après les faits ? Il faut une justice à l’écoute des victimes. Combien
d’entre vous écrivent à la Chancellerie, après avoir été interpellés par des
parents de victimes qui veulent récupérer le corps d’un enfant ou d’un proche
dont l’autopsie tarde trop et passe par des gestes auxquels eux-mêmes ou le
défunt étaient opposés ? Combien y a-t-il de cold cases, ces
affaires non résolues dont nul ne devrait se désintéresser car elles sont
souvent liées à des crimes en série ? C’est depuis des bases de données
situées aux États-Unis, de l’autre côté de l’Atlantique, que proviennent
souvent les informations les concernant, obtenues grâce à la généalogie
génétique. Vous avez autorisé le recours à la généalogie génétique pour le
dopage, mais vous ne l’autorisez pas pour retrouver un tueur en série ou un
violeur.
Nous avons, un peu plus tôt dans la journée, évoqué, devant la commission
spéciale qui m’auditionnait sur le projet de loi relatif à la protection des
enfants, la question de la présence systématique de psychologues auprès des
services enquêteurs. Ce projet de loi l’entérine.
Enfin, le projet de loi organique qui accompagne le texte prévoit trois choses
essentielles : à l’article 1er, l’aide
juridictionnelle pour toute victime de violence sexuelle, adulte ou enfant, qui
vient déposer plainte, ainsi que le demandaient depuis des décennies les
avocats et les associations de victimes ; l’obligation de formation des
magistrats siégeant dans les cours criminelles ou toute autre juridiction
traitant des violences faites aux femmes et aux enfants – si
60 % des magistrats connaissent ces formations, 40 % ne les suivent
pas alors qu’elles sont obligatoires, sans que le garde des sceaux ait aucun
moyen de les y contraindre ; enfin, la simplification des nullités, car,
sur un délai d’audiencement de six ans, trois ans sont dévolus à l’information
judiciaire, et il convient donc de simplifier le travail de nos juges
d’instruction et des chambres de l’instruction.
Mesdames et messieurs les députés, mesdames les rapporteures – je
vous remercie pour votre travail, mesdames –, ce projet de loi, très
largement adopté par le Sénat, se veut un texte de compromis visant à améliorer
la justice criminelle et son audiencement. En l’adoptant, avec les
modifications du Parlement, nous ferons œuvre utile. Dès la fin de l’année,
nous pourrons créer des cours criminelles supplémentaires. Dès la fin de
l’année, nous pourrons entendre des dizaines de victimes qui se taisaient faute
d’avoir été convoquées par la justice. Dès la fin de l’année, nous éviterons
que soient libérés prématurément des gens extrêmement dangereux placés en
détention provisoire. Dès la fin de l’année, nous ferons justice.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Protection de l'enfance : vers une obligation d'indiquer aux parents
l'identité des animateurs du périscolaire.
Aujourd’hui, lorsqu’un parent dépose son enfant à l’école le matin, il ignore
souvent qui l’encadre concrètement pendant le temps périscolaire.
Nous avons présenté ce matin en Conseil des ministres une lettre rectificative
au projet de loi de protection des enfants, en cours d’examen à l’Assemblée
nationale. Cette lettre complète le texte par plusieurs mesures de prévention
et de répression.
Parmi elles, une avancée importante : les responsables légaux devront connaître
l’identité de toutes les personnes intervenant auprès de leur enfant dans le
cadre des activités périscolaires. Une mesure nouvelle qui s’ajoute à la
création d’une liste noire, véritable fichier « d’interdits d’École »
pour ceux qui ont porté atteinte à des mineurs.
La confiance ne se décrète pas : elle se construit par la transparence. Les
parents ont le droit de savoir qui encadre leurs enfants. Autour d’eux, aucune
zone d’ombre ne doit subsister.
> [Suppression de classes / Intervention à
l’Assemblée] Depuis le début, je propose une ligne rationnelle et, surtout,
durable qui consiste à ne pas suivre la démographie. Cela signifie qu’il ne
faut pas retirer des moyens d’enseignement à due proportion du recul du nombre
d’élèves, mais qu’il faut à la fois accepter dans certains endroits cette
réalité démographique – là où, malheureusement, il n’y a plus d’enfants,
on est obligé d’en tenir compte – et en profiter pour dégager des marges,
redéployer des personnels et, donc, faire baisser les effectifs par classe.
Ils ont d’ailleurs déjà reculé, de plus de vingt-trois élèves par classe en
2017 à vingt et un à la rentrée prochaine. Nous allons poursuivre sur cette
tendance et, si nous tenons le même rythme, dans cinq ans, les effectifs seront
légèrement inférieurs à vingt élèves par classe, avec, par ailleurs, des marges
dégagées pour repenser l’offre scolaire, entre autres choses.
En effet, nous faisons face à deux enjeux. L’un a trait à la carte scolaire
stricto sensu : combien d’écoles, combien de classes, etc. ?
L’autre concerne l’accès à l’offre scolaire et à des dispositifs comme les
classes à horaires aménagés ou les sections internationales, qui sont très mal
répartis sur le territoire. C’est pourquoi l’expérimentation que j’ai lancée
dans dix-huit départements porte non seulement sur la carte mais aussi sur
l’offre, pour que les élèves, où qu’ils soient, aient tous la même chance
d’accéder à des dispositifs qui leur correspondent.
> [Samuel Paty / Intervention au Sénat] Je partage votre avis sur la qualité du film L'Abandon,
objectivement remarquable. Il décortique le mécanisme délétère qui a conduit à
l'assassinat de Samuel Paty par un terroriste, pour avoir fait son métier de
professeur. On en sort touché au cœur, au point de ne pouvoir se lever du siège
qu'après la fin du générique.
C'est donc un film d'intérêt public.
Les professeurs doivent être outillés pour le faire comprendre aux élèves
- les faits ne parlent déjà plus à la nouvelle génération. Un dossier
pédagogique est en cours de finalisation, pour contextualiser le film. Il sera
mis à la disposition des professeurs.
Toutefois, selon moi, le visionnage du film ne doit pas être rendu
obligatoire, en raison du principe de liberté pédagogique - ne serait-ce
que parce que certains professeurs ne sont objectivement pas prêts à le
regarder. Nous en comprenons les raisons.
Néanmoins, nous inciterons massivement à diffuser ce film d'intérêt public
lors de la cérémonie du 16 octobre.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Enseignement supérieur privé / Intervention à l’Assemblée] Le rapport
dont vous parlez confirme très largement ce qui est connu et su depuis des
années : il faut réguler l’enseignement supérieur privé. C’est
précisément le sens du projet de loi adopté au Sénat.
Aujourd’hui, plus d’un étudiant sur quatre est formé dans le privé, soit près
de 800 000 étudiants. C’est une augmentation phénoménale en quelques
années. Il ne s’agit pas de mener une bataille contre l’enseignement supérieur
privé et ce n’est absolument pas l’objet de ce projet de loi. Les
établissements d’enseignement supérieur privé jouent un rôle important dans la
formation en proposant des cursus la plupart du temps de qualité, mais il faut
justement réguler ces établissements par la qualité.
Notre objectif est simple : protéger les étudiants, valoriser les
établissements qui sont sérieux et écarter les autres – je
pense en particulier aux quelques voyous en col blanc qui arnaquent purement et
simplement les étudiants, qui décrédibilisent l’ensemble du secteur et qu’il
est urgent de faire sortir du système en s’en donnant les moyens.
C’est fondamental parce que les officines qui captent de l’argent public au
travers de mécanismes divers et variés, sans contrôle, sont un danger pour les
étudiants et pour l’enseignement supérieur privé lui-même. Face à ceux qui font
du profit sur le dos des jeunes, il faut de la régulation. C’est le sens du
projet de loi : une évaluation indépendante des établissements, des
exigences accrues, des droits nouveaux pour les étudiants et des contrôles
renforcés. Tant que nous n’aurons pas tout cela, ce genre de scandale, dont
vous avez souligné un ou deux exemples, va se répéter. Je compte évidemment sur
cette assemblée pour se saisir de ce texte qui sera le moyen évidemment de
pouvoir à un moment ou un autre réguler par la qualité.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Ce 1er juillet, la nouvelle mesure de sauvegarde européenne sur la filière
de l’acier entre en vigueur. Poussée par la France, il s’agit d’une mesure
d’ampleur inédite pour protéger notre industrie, nos emplois et soutenir notre
souveraineté.
> La taxe sur les petits colis vient d’entrer en
vigueur au niveau européen. C’était une demande française, c’est une avancée
majeure pour sortir de la naïveté commerciale. À 27, au niveau du marché
intérieur, nous serons plus efficaces pour :
- protéger notre marché et nos consommateurs ;
- lutter contre la concurrence déloyale des géants extra-européens ;
- garantir des règles équitables pour nos entreprises.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Nous avons obtenu gain de cause, la loi intégrale contre les violences
faites aux femmes et aux enfants sera examinée. Justice, éducation, santé,
sport, prévention : tous les leviers doivent être mobilisés. Ces violences sont
systémiques, notre réponse doit être globale.
> La peine de mort n'a jamais dissuadé la criminalité. La France s'honore d'être un pays abolitionniste. Ce principe est inscrit dans notre Constitution. Il n'est pas question de revenir dessus et je suis d'une fermeté absolue.
> C'est fait. Avec l'adoption définitive de l'actualisation de la Loi de programmation militaire, nous faisons le choix d'une Défense forte et du renforcement de notre souveraineté. 36 milliards d'euros supplémentaires seront consacrés à nos armées, portant l'effort total à 436 milliards d'euros sur la période 2024-2030. C'est un engagement sans précédent et l'Assemblée nationale a été au rendez-vous de ce moment important pour notre pays et pour nos Armées.
> Entretien avec Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme. La France continuera à faire des droits de l'Homme le socle de son action internationale : lutter contre l'impunité, abolir la peine de mort et défendre les droits des enfants, des femmes et des personnes LGBT+. Ensemble, réaffirmons notre détermination à défendre les droits fondamentaux partout où ils sont menacés.
> L'échange et le dialogue au plus près des
Français doit être la pierre angulaire de l'action politique !
Un vrai plaisir de vous retrouver si nombreux hier soir à Montesson pour la
troisième étape de ce cycle de réunions publiques en circonscription.
Je remercie le maire, Antoine Lemaire, pour son accueil.
Pendant près de 2 heures, nous avons échangé librement, sans filtre, sur des
sujets essentiels : l'adaptation au réchauffement climatique, l'encadrement du
périscolaire, l'égalité entre les femmes et les hommes, la confiance dans la
vie politique, et encore bien d'autres sujets !
Parce que la démocratie ne se résume pas aux élections, et qu'elle se nourrit
du dialogue et de l'écoute, en 2017, j'avais pris un engagement : être une
députée accessible et rendre compte régulièrement de mon mandat dans mes 5
villes.
9 ans plus tard, cette promesse est tenue :
- Une cinquantaine de réunions publiques ont été organisées.
- Des petits-déjeuners ou apéros citoyens tous les 2 mois.
- Des permanences citoyennes en circonscription tous les 2 mois.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Pour la 3e fois, l’Assemblée nationale a adopté le texte sur l’aide à
mourir. Ce vote, c’est celui de l’écoute : celle des malades pour qui chaque
jour est un calvaire, celle des familles qui veulent un dernier souvenir digne,
celle des soignants qui ont vu cette souffrance qu’on ne peut plus taire. C’est
celui d’un droit nouveau, d’une liberté intime, qui appartiendra aux malades et
à eux seuls. C’est celui de l’équilibre, avec un cadre précis et dans le
respect des convictions de chaque soignant. C’est celui de l’engagement, aussi,
à investir dans le même temps massivement pour les soins palliatifs. Il y a un
an, avec Line Renaud, nous avions signé ensemble une tribune pour que le débat
puisse se tenir. Pour qu’il soit digne. Pour écouter la parole des malades, des
familles, des Français. Ce sujet est trop intime, trop grave pour être l’otage
de divisions politiques et de postures. Il appelait de la dignité. Je crois que
nous y sommes parvenus. La navette parlementaire se poursuit, je resterai
mobilisé jusqu’au bout, pour que ce droit nouveau devienne enfin réalité.
> On a trois problèmes majeurs de sécurité en France aujourd'hui : le narcotrafic, la délinquance des mineurs et l'entrisme. Je veux agir sur ces 3 sujets pour la sécurité des Français.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> « 2027 : la social-démocratie au cœur du jeu. » C'était le thème du
colloque que j'ai organisé à l'Assemblée nationale, aux côtés de
Jean-Christophe Cambadélis, Chloé Morin et Jean-Daniel Lévy. J'en ai la
profonde conviction : la social-démocratie est une des clés de l'élection
présidentielle de 2027. Parce que la social-démocratie, c'est un élan qui
réunit beaucoup d’entre nous : exigence démocratique, volontarisme économique,
ambition de justice sociale et engagement écologique. Face à la radicalité des
extrêmes, nous assumons la radicalité de la nuance. Nous préférons construire
des compromis à promettre l’impossible, avoir le courage de faire plutôt que de
s’opposer, prendre le temps de rassembler plutôt que de chercher à fracturer.
L’enjeu pour 2027, dépasse largement une alternance politique. Il s'agit
d'abord de ne pas céder aux candidats de Trump et de Poutine, il s’agit aussi
de proposer aux Français un projet qui les embarque face aux incertitudes du
monde. L'heure n'est plus aux réflexes d'appareil, mais au rassemblement autour
de valeurs fortes. Tous ceux qui partagent cette culture de la responsabilité,
du compromis et de l'action devront travailler ensemble. Ce n'est plus une
option. C'est la condition pour faire face à la France insoumise et au
Rassemblement national.
> La mise à jour de la loi de programmation militaire a été largement adoptée à l’Assemblée nationale. Face à un monde devenu plus instable, nous devons donner à nos armées les moyens de faire face aux menaces d’aujourd’hui comme de demain : réarmement, innovation, cyberdéfense, renseignement, drones et renforcement de nos capacités. Protéger les Français, c’est aussi anticiper. C’est le sens de ce texte, qui prépare la France aux défis des prochaines années.
> Je suis pour qu’on mette plus d’argent sur le Fonds vert. Je me suis battue pour ça. J’ai mis ma démission dans la balance en 2024. Mais que les Écologistes qui n'ont pas voté la loi Climat et résilience ne viennent pas aujourd'hui nous faire la leçon. Je veux rappeler que le gouvernement Hollande a été condamné pour inaction climatique et que nous avons dû rattraper son retard. En matière de baisse des émissions de gaz à effet de serre, nous sommes allés quatre fois plus vite que les gouvernements précédents.
> Nous devons engager une transformation structurelle pour mettre à niveau nos infrastructures face au dérèglement climatique. La climatisation fait partie des solutions, mais nous n'allons pas climatiser les rails de train, les élevages ou la forêt. Nous devons investir massivement pour nous adapter, et cela prend du temps. C'est précisément ce que porte le Plan national d'adaptation au changement climatique publié l’année dernière.
> Qu’est-ce qui s’est passé depuis 2017 ? Les moyens de l’écologie ont été doublés ! Il n’y a aucun autre budget, à part celui des armées, qui a doublé. De quels moyens a-t-on besoin pour faire face au dérèglement climatique ? D’encore plus de moyens ! Mais sur ce point, l'hypocrisie a des limites. Je veux rappeler que l'extrême droite s'est systématiquement opposée à ce que nous déployions ces moyens. Les mêmes qui, la semaine dernière, demandaient plus de moyens proposaient de diviser par deux les crédits alloués au fonds vert dans leur contre-budget !
> Une motion de censure ne viendra pas au secours des victimes du dérèglement climatique. Politiser la question climatique est nécessaire. Mais la politiser de manière politicienne, en expliquant que renverser le Gouvernement réglerait tous les problèmes, n’a pas de sens. Au final, cela renvoie une image de désordre et fait, une fois de plus, le jeu du Rassemblement national. C'est déprimant.
> L'Assemblée nationale a adopté le texte sur la fin de vie. Près de 80 % des Français souhaitent que ce droit soit enfin reconnu. Parce que c'est un enjeu de justice, de dignité humaine et d'égalité devant la mort. Je veux rappeler qu'il s'agit bien d'un droit. Soyons très clairs : cette loi n'impose rien à personne. Elle ne retire aucun droit à celles et ceux qui, pour des raisons personnelles, philosophiques ou religieuses, n'y auront jamais recours. Elle offre simplement une liberté supplémentaire à celles et ceux qui, dans les situations les plus extrêmes, souhaitent pouvoir choisir. Je suis fière et soulagée que l'Assemblée national soit allée au bout de ce que demandaient les Français. Le texte va désormais poursuivre son parcours au Sénat, avant le vote définitif du 15 juillet.
Nicole
Dubré-Chirat (députée)
> [Fin de vie et aide à mourir / Intervention à
l’Assemblée] L’Assemblée nationale vient d’achever l’examen en nouvelle lecture
de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Nous arrivons au
terme de presque six années d’échanges. Je remercie le rapporteur général et
les quatre corapporteurs, dont les avis éclairés ont été précieux pour éclairer
nos débats. Je remercie également le premier artisan de ce texte, Olivier
Falorni, présent dans les tribunes
Après la promulgation de la loi visant à garantir l’égal accès de tous à
l’accompagnement et aux soins palliatifs ainsi que sa déclinaison décennale,
nous devons pour la troisième fois statuer sur une modification majeure de
notre cadre législatif en matière de fin de vie. Sur cette proposition de loi
relative à l’aide à mourir, en première et en seconde lectures, notre Assemblée
s’est déjà exprimée clairement, par deux votes, les 27 mai 2025 et
25 février 2026.
L’aide à mourir est avant tout un nouveau droit et une liberté qui n’enlève
rien à personne et offre une possibilité et une réponse à la demande du
patient. Son éventuelle mise en œuvre est guidée par son seul choix. Elle
repose sur une définition claire, un cadre juridique précis et des conditions
rigoureuses et cumulatives prévues par l’article 4, ainsi que sur une
procédure très encadrée par les articles 5 à 13, qui constitue le cœur du
texte.
Ces critères sont semblables et communs à ceux en vigueur dans de nombreux pays
qui pratiquent l’aide à mourir. Les facteurs d’éligibilité sont précis et
listés : ils entraînent de facto la non-éligibilité des personnes
atteintes d’une maladie psychiatrique, les personnes âgées, les personnes en
situation de handicap et les mineurs – cela, je veux le marteler.
S’agissant de l’évolution du texte en séance publique, des modifications
notables sont à souligner. Tout d’abord, la faculté de choisir entre l’autoadministration
et l’administration de la substance létale par un professionnel de santé a été
supprimée à l’article 6.
Je le regrette sincèrement, car j’estime que le respect de la volonté du malade
et la sécurité des soignants auraient dû guider le législateur à chaque étape
de nos travaux, notamment sur ce point.
À l’article 7, les lieux d’administration de la substance létale ont été
précisés : il s’agit du domicile, de la résidence de la personne ou d’un
proche, d’un établissement de santé, d’un établissement ou service social ou
médico-social ou de toute autre structure où exercent des professionnels de
santé. Cette rédaction établit une liste un peu trop large s’agissant de la
résidence de la personne, car elle ouvre de multiples possibilités.
D’autre part, les délits d’entrave et d’incitation à recourir à l’aide à
mourir, qui avaient été supprimés, n’ont pas été rétablis. Il était essentiel
de dépénaliser l’utilisation d’un droit mis en œuvre dans un moment
particulièrement intime et difficile. Il importe d’ailleurs de rappeler que le
droit pénal en vigueur permet déjà de réprimer et de sanctionner les
comportements des opposants.
Enfin, en seconde délibération, nous avons corrigé la restriction de
l’administration de la substance létale aux seuls infirmiers qui, en plus
d’être malvenue, avait suscité une forte inquiétude de la profession. Il est en
effet essentiel de garantir la participation des médecins à ce moment clé de la
procédure et de permettre la complémentarité dans l’exercice du binôme
constitué par le médecin et l’infirmier.
Je veux d’ailleurs insister sur un point très important : le respect des
convictions des soignants est absolu. Le texte leur reconnaît le droit de
participer ou non à cette procédure et leur accorde, à cette fin, la protection
d’une clause de conscience. Je fais confiance à leur sens des responsabilités
dans l’accompagnement de la fin de vie des patients et je les en remercie.
Après autant d’attente, l’Assemblée nationale doit à nouveau se
prononcer : nous nous devons de répondre à la demande exprimée par les
malades et les associations qui les représentent. Nos débats, parfois tendus,
ont toujours été respectueux et ont prouvé que l’Assemblée était capable
d’adopter un texte équilibré et soutenu par une majorité indiscutable.
Enfin, à celles et ceux qui soutiennent qu’il ne s’agirait pas d’une priorité
pour les Français, je veux dire que les nombreux travaux engagés depuis des
années doivent désormais trouver leur traduction législative. Le
15 juillet, nous aurons la possibilité de faire un choix définitif :
ce sera une date importante et marquante pour l’histoire de notre pays et son
évolution sociétale.
Ce texte est conforme aux valeurs de la République : liberté de choix,
égalité d’accès aux soins, fraternité pour l’accompagnement en fin de vie et
humanité. Notre droit doit permettre à chacun une fin de vie libre et choisie,
dans les conditions les plus dignes, lorsque la maladie ou la douleur n’est
plus supportable et qu’aucun traitement n’est efficace.
Ce texte est avant tout un texte de dignité pour les malades et de respect des
professionnels. Je vous invite à en tenir compte. Si j’appelle, à titre personnel,
à voter pour ce texte avec conviction et émotion, le groupe Ensemble pour la
République laissera la liberté de vote à ses membres.
Laure
Miller (députée)
> [Justice criminelle / Intervention à l’Assemblée]
Nous examinons aujourd’hui le projet de loi sur la justice criminelle et le
respect des victimes, adopté par le sénat le 14 avril dernier. Ce texte,
nous l’examinons dans un moment particulier, un moment douloureux. Le drame de
la petite Lyhanna a traversé le pays comme une onde de choc. Cette onde de choc
doit continuer à résonner dans cette enceinte, pour que l’on agisse enfin en
dirigeants responsables, que l’on s’entende tous sur le même constat et que
l’on tente de construire des politiques efficaces et adaptées aux évolutions de
notre société. C’est, je crois ou du moins je l’espère, ce que nous allons
essayer de faire ces prochains jours à travers le texte sur la protection de
l’enfance et, à la rentrée, avec un texte plus global sur les violences faites
aux femmes et aux enfants.
Mais ce projet de loi a, par définition, été construit avant ce drame. Il part
d’un constat, unanime et alarmant, celui de la paralysie de nos juridictions
criminelles. Libération de la parole des femmes et des enfants, dossiers de
criminalité organisée de plus en plus complexes, les causes sont multiples,
mais tous les rapports s’accordent à dire que cette hausse des affaires
criminelles est durable et que nos juridictions ne parviennent pas à y faire
face.
Ce projet de loi, dans les articles que je rapporte, propose la modernisation
et la simplification de nos procédures pénales. Il en est ainsi de la procédure
de jugement des crimes reconnus, soumise à l’accord de l’ensemble des parties.
Cette nouvelle procédure, dont le Conseil d’État a confirmé qu’elle respectait
les principes du procès équitable – publicité, oralité, collégialité –,
soutenue par de nombreux magistrats, n’a pas trouvé de consensus ici malgré une
adoption au Sénat. Pourtant, il y avait un intérêt à permettre un jugement plus
rapide, en cas de faits reconnus, et à traiter de la victimisation secondaire.
Il serait utile de poursuivre la réflexion, de façon transpartisane, sur une
procédure simplifiée qui pourrait recueillir l’assentiment du plus grand
nombre. Avec ma collègue et corapporteure Anne Bergantz, nous vous proposons,
ainsi qu’aux groupes qui le souhaitent, de travailler ensemble pour proposer à
notre assemblée une autre voie qui permette de répondre à l’engorgement des
juridictions criminelles.
Pour l’heure, nous vous proposons de supprimer les dispositions de
l’article 1er relatives à la création d’une procédure de
jugement des crimes reconnus (PJCR), tout en conservant celles qui portent sur
l’élargissement de l’aide juridictionnelle dès le dépôt de plainte, puisque
c’est l’une des avancées incontestables de ce projet de loi.
L’article 2 réforme les cours criminelles départementales qui ont permis
de juger enfin les viols pour ce qu’ils sont – des
crimes et non des délits. En revanche, ces cours souffrent de règles trop
contraignantes, en matière de composition, de localisation et de compétences,
qui nuisent à leur célérité. Nous proposons donc de créer plusieurs cours
criminelles dans le même département et d’assouplir les règles d’audiencement
et de composition. Le projet prévoit aussi une mesure majeure et très
attendue : une formation spécifique aux violences sexistes et sexuelles
pour les magistrats.
Pour terminer, je voudrais vous demander deux choses. Tout d’abord, vous allez
tous parler des moyens, et vous aurez raison. Mais si la justice a été
délaissée par nos politiques de ces dernières décennies, elle a bénéficié d’une
augmentation budgétaire de près de 50 % ces dernières années. Alors que la
formation des magistrats prend du temps, nous en avons 1 500 de plus qu’en
2017. Si c’est un effort réel qu’il serait malhonnête de nier, la France reste
à la traîne derrière ses voisins et nous devons nous engager devant les
Français à poursuivre les efforts dans les années qui viennent, au-delà des
échéances politiques à venir.
Toutefois, les moyens ne doivent pas nous empêcher de moderniser nos
procédures. J’espère donc que, dans nos débats, nous dépasserons la question
des moyens, pour interroger l’évolution possible et souhaitable de nos
procédures en matière de justice criminelle.
Ensuite, je vous demanderai de ne pas systématiquement invoquer l’atteinte à
nos grands principes pour empêcher tout débat. Nous sommes nombreux, dans cet
hémicycle, à être profondément attachés aux principes d’un procès équitable,
d’autres le sont peut-être moins. En prétendant que ce texte serait contraire à
l’État de droit et au droit à un procès équitable, vous relativisez et
normalisez l’attitude des responsables politiques qui revendiquent de s’en
prendre à nos principes républicains ; je ne crois pas que ce soit votre
objectif. Je vous appellerai, si possible, à la nuance, et à tenir compte,
notamment, de l’avis du Conseil d’État.
Ce texte n’est ni une capitulation devant la pénurie ni une atteinte à nos
droits fondamentaux, c’est une réforme validée par le Conseil d’État, conforme
à la jurisprudence européenne, soutenue par des praticiens du droit et fondée
sur un diagnostic rigoureux qui apporte des solutions pragmatiques à une crise
que nous ne pouvons plus ignorer. Ces solutions permettront de commencer à
restaurer le pacte de confiance entre nos concitoyens et la justice. C’est
pourquoi j’appelle à son adoption.
Caroline
Yadan (députée)
> [Protection des enfants / Intervention à
l’Assemblée] Représentons-nous un instant cet enfant appelé devant le juge des
enfants au moment où doivent être évoqués son lieu de vie, ses liens familiaux,
parfois sa sécurité. Il comprend que quelque chose d’important se joue, sans
toujours trouver les mots pour dire ce qu’il vit, ce qu’il ressent. Derrière
cet enfant, il y a souvent des violences, des carences, des conflits, des
ruptures.
Face à cela, une exigence s’impose : lorsque la justice intervient pour
protéger un enfant, elle ne peut le laisser seul face à la procédure. C’est
l’objet de la proposition de loi que nous examinons, qui garantit que tout
enfant concerné par une mesure d’assistance éducative, au sens des
articles 375 et suivants du code civil, sera systématiquement assisté d’un
avocat chargé de défendre ses intérêts, quel que soit son âge et indépendamment
de l’appréciation de son discernement. Cette précision est essentielle ;
le droit à être défendu ne peut dépendre de la capacité d’un enfant à demander
un avocat, d’une maturité supposée ou d’une parole plus ou moins audible.
Il doit être garanti parce que l’enfant est un sujet de droit. C’est ainsi que
l’on donne corps à l’exigence portée par la Convention internationale des
droits de l’enfant : faire primer l’intérêt supérieur du mineur dans
toutes les décisions qui le concernent. Mais cet intérêt supérieur ne doit pas
rester une formule, il doit se traduire dans la procédure ; c’est
précisément le rôle de l’avocat.
Avant l’audience, l’avocat explique au mineur ce qui va se passer, rend les
enjeux plus intelligibles et l’aide à formuler ce qu’il vit. Pendant
l’audience, il porte sa parole, veille au respect de ses droits et contribue à
l’équilibre du débat judiciaire. Après la décision, il peut en expliquer la
portée et exercer, lorsque cela s’impose, les voies de recours utiles. L’avocat
n’est donc pas une présence formelle, il est un repère. Son rôle n’est pas de
se substituer aux juges, aux éducateurs, aux travailleurs sociaux ou aux
services départementaux, mais de défendre l’enfant. Parce qu’il est une
présence indépendante, il peut parfois entendre ce que l’enfant n’ose pas dire
ailleurs : une inquiétude, une violence, une emprise, une menace
d’exploitation, une souffrance encore difficile à formuler. En protection de
l’enfance, ce qui n’est pas entendu à temps peut peser durablement sur un
parcours. L’avocat devient alors une garantie d’équilibre, de compréhension et
de justice.
Ce texte corrige également une incohérence de notre droit. En matière pénale,
un mineur bénéficie de l’assistance d’un avocat ; c’est indispensable et
nul ne le conteste. En revanche, en matière d’assistance éducative, lorsque
l’enfant n’est pas mis en cause, mais en danger, cette garantie n’est pas
encore systématique. Nous ne pouvons accepter qu’un enfant soit mieux défendu
lorsqu’il est poursuivi que lorsqu’il doit être protégé.
BIen sûr, cette réforme suppose une organisation que les juridictions, les
barreaux et les professionnels devront préparer. La formation et l’aide
juridictionnelle devront suivre. C’est le sens de l’ajustement introduit par le
Sénat, qui a conservé le cœur du dispositif adopté par l’Assemblée nationale
tout en prévoyant une entrée en vigueur différée au 6 janvier 2027. Ce
délai n’est pas un recul, ni un renoncement, il doit être un engagement à
permettre une application réelle, homogène et effective dans tous les
territoires. Cela aura un coût, mais ne nous trompons pas : le coût le
plus lourd serait celui d’une protection insuffisante, faite de ruptures de
parcours, de décisions mal comprises et de blessures durables.
Avec cette proposition de loi, nous affirmons que protéger un enfant, ce n’est
pas seulement décider pour lui, c’est aussi l’écouter, l’accompagner, lui
garantir les moyens effectifs d’être défendu. C’est une exigence juridique et
sociale et, plus profondément encore, une exigence de dignité. Comme nous le
rappelait Victor Hugo : « L’enfant doit être notre souci. Et
savez-vous pourquoi ? Savez-vous son vrai nom ? L’enfant s’appelle
l’avenir. » Je vous propose, aux côtés de Mme la rapporteure dont je
salue le travail et aux côtés du gouvernement, d’écrire et de décider ensemble
de l’avenir.
● MoDem
François Bayrou (président)
> [Canicule] Non, nous ne sommes pas prêts parce que le
changement climatique, la révolution dont nous avons sous les yeux des
manifestations quotidiennes, non nous ne sommes pas prêts, mais c'est normal,
on va s'adapter. Ce que j'ai trouvé complètement délirant, c'est la polémique
contre la climatisation. Comme si l'idée de procurer du confort comme dans tous
les pays du monde était insupportable. Au Maroc, il y a des climatiseurs, y
compris chez les gens qui sont pauvres. Aux Etats-Unis, il y a des climatiseurs
partout. En Espagne, il y a des climatiseurs partout. Quelle idée incroyable
que de devoir souffrir pour qu'on expie le changement climatique. (…)
Si on peut s'arrêter une seconde sur la clim, il y a à mes yeux deux choses
nécessaires à faire. La première, il faut qu'on ait un programme accessible
financièrement pour qu'on puisse rafraîchir au moins une pièce pour les
personnes fragiles. Et cela, je suis persuadé que c'est possible. Et il faut
qu'on monte un programme qui permette de financer pour les familles les
équipements minimaux pour sauvegarder ceux qui méritent de l'être.
Deuxièmement, il faut prendre le problème profondément pour tout le monde, pour
les constructions nouvelles. Et il y a une solution qui est extraordinaire, qui
permet de faire des économies magiques, qui est gratuite et éternelle. Une
solution qui permet de ne pas rejeter de chaleur dans l'atmosphère comme les
écologistes le disent, c'est la géothermie. Nous sommes debout, couchés
quelquefois, sur la plus extraordinaire production de calories pour l'hiver et
de frigories pour l'été, qui est notre sous-sol. Et la géothermie permet
d'inverser. D'avoir de la chaleur l'hiver et de la fraîcheur l'été, notamment
en injectant la chaleur dans le sous-sol, qu'on récupère pendant l'hiver. Alors
cela paraît incroyable, cela paraît bizarre, les gens disent mais enfin ce
n'est pas possible ce que vous racontez. Non seulement c'est possible, mais
c'est certain. Il y a des pays autour de nous, vous en connaissez un très bien,
qui font cela. Tous les outils sont absolument au point, et c'est gratuit au
bout du remboursement.
> [Aide à mourir] Ce que j'observe dans les pays
qui ont adopté cette loi, c'est que cela n'est pas limité à un tout petit
nombre de cas. Très rapidement, cela devient dans l'esprit public une issue.
Maladie, solitude, et entre peu à peu dans les esprits, peut-être on pourra
l'éviter, mais je vois le risque, entre peu à peu dans les esprits l'idée qu'au
fond, c'est une solution. (…)
L'inquiétude que j'exprime, c'est pour les plus fragiles. Je me souviens très
bien d'une dame qui m'avait dit Moi, je ne veux pas être à la charge des
enfants. Une dame, dans sa vieillesse et dans ses difficultés, qui dit Je les
embête, vous voyez, je vais leur coûter cher. Elle évoquait cette idée-là. Je
trouve qu'une société qui conduit à cela, qui conduit à cette démission-là,
c'est une société qui n'est pas pour moi une émancipation. (…)
Je parle très souvent avec les médecins et les soignants de soins palliatifs,
depuis des années. Parce que ce sujet me préoccupe depuis des années. Je parle
très souvent avec eux. Qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent quelque chose
d'extrêmement précis et qui est vérifiable. Ils disent quand les patients
entrent dans nos services, tous n'y meurent pas. Alors c'est un petit nombre,
mais il reste toujours une petite lumière d'espoir. Quand ils entrent dans nos
services, un certain nombre parmi eux, 5-6%, dit je veux mourir. Et puis on
leur enlève la douleur. On leur rend cette paix physique qui va souvent avec
une paix morale. On leur rend cette paix. Il n'y en a plus que, écoutez bien,
0,3%, peut-être 1%, peut-être 2 qui disent, qui maintiennent leur souhait de
mourir. (…)
J'ai parlé avec des amis à moi qui sont dans l'inquiétude de ne pas pouvoir
mourir s'ils le décidaient. Mais je ne crois pas qu'il faille légiférer à
partir des solutions limites, dans quelques circonstances que ce soit. Et donc,
qu'est-ce qui motive pour moi cette inquiétude ? Je suis amoureux de la vie. Je
n'y suis pour rien. Ce n'est pas une vertu, et ce n'est pas une construction.
Je suis né comme ça, avec cette idée que la vie était la plus extraordinaire
chose qu'on puisse imaginer. L'autre jour, j'ai montré dans une interview - si
j'avais su, je l'aurais apportée - une vidéo qu'un ami m'a envoyée. On a filmé
l'intérieur d'une cellule humaine. Et vous voyez l'incroyable entrelac de vie,
de toutes les formes de vie, de l'ADN, des différentes parties de la cellule.
Et je trouve que c'est un miracle. Chaque fois que je rencontre la mort,
vraiment chaque fois, je considère que c'est une défaite incroyable.
> L'élection présidentielle a changé de nature.
Personne ne s'en aperçoit. On croit que c'est une élection ordinaire, mais moi
qui en ai vécu de l'intérieur, plusieurs, au moins quatre ou cinq, j'affirme
que l'élection n'est plus la même. (…)
Autrefois, dans une élection présidentielle, on pouvait se présenter pour se
faire connaître, pour représenter ses idées, pour que votre parti ait une
figure, pour se rallier plus tard, etc. Maintenant, c'est fini. Nous sommes
sous le coup d'une double menace mortelle pour le pays. Parce que les deux
extrêmes, il n'y a pas un pays dans le monde, qui se soit relevé de l'extrême
droite ou de l'extrême gauche. (…)
Parce que l'extrême droite et l'extrême gauche organisent la guerre civile dans
le pays, en ciblant les uns en disant : ce sont les immigrés qui vont
payer ou l'Europe , c'est une version de la même chose et les autres en
disant mais ce sont les riches qui vont payer, on va leur faire rendre gorge .
Et tout cela, c'est l'organisation d'un affrontement interne. Dans le monde
comme il est, un pays comme la France ne peut pas se relever d'un affrontement
interne. Donc on est sous le coup d'une double menace létale. L'élection n'est
plus une élection où on peut se présenter pour témoigner, pour se faire
connaître, pour se faire voir, comme on dirait chez moi. L'élection, désormais,
elle a changé de nature. On ne peut pas se présenter pour témoigner. On ne peut
se présenter que pour gagner quand on appartient au grand fleuve central. Je ne
suis pas pessimiste. Un alarmiste, oui.
> Thierry Breton, il a quelque chose que personne
d'autre n'a et qui, pour moi, est incroyablement significatif. Il est le seul
responsable politique en Europe qui ait résisté à Trump et résisté à Poutine.
Résisté à Trump au point que, peut-être on l'a oublié, mais c'était il n'y a
pas longtemps. Cet homme-là est interdit de séjour sur le territoire américain
parce qu'il a résisté à Trump. Et il a résisté à Poutine sur les vaccins. Alors
je ne suis pas payé pour faire sa pub, mais je dis le plus profond de ce que je
pense. Il a eu la responsabilité du renforcement des armées en Europe, donc il
connaît très bien ce sujet. Il a été comme vice-président de la Commission
européenne, à la tête d'une machine diplomatique et d'une machine commerciale
de résistance à la Chine. Et il est un responsable politique français. Il a
commencé avec Méhaignerie. C'est lui qui a inventé le Futuroscope. (…)
Ce n'est pas qu'il est hyper-européen. Il est insatisfait de la manière dont
l'Europe fonctionne. C'est pour cela que Mme Von der Leyen a exigé qu'il s'en
aille alors qu'il avait été renommé par la France. Je considère que c'est
quelqu'un, parce que c'est aussi important pour moi, capable de rassembler
large. Il a été très jeune ministre de l’Économie de Jacques Chirac, dans les
gouvernements Villepin. Et il a, je crois, la reconnaissance d'une partie de la
gauche. Et vous voyez ce que j'essaie de décrire par lui ou par quelqu'un
d'autre. Si nous étions sérieux, en dehors des deux extrêmes, il y a un fleuve
central qui rassemble les Républicains. Il y aurait deux choses à faire. La
première, c'est qu'on apprenne à parler ensemble, en dépit des nuances, des
différences, des divergences.
> [Dette] L'espèce de laxisme dans lequel toute la
classe politique, sans exception, je dis sans exception parce que,
pardonnez-moi de dire devant vous, cela fait 20 ans que je me bats sur ce
sujet, parce que je vois le piège en train de venir, la marée en train de
monter, l'espèce de désinvolture avec laquelle tout le monde traite cela. Le
fait qu'il n'y a pas un sujet sur lequel les politiques ne demandent pas des
moyens supplémentaires, pas un. Vous ne pourrez pas m'en citer un. Et donc,
cette chose est terrible. Pourquoi ? Parce que c'est ce que dit la Cour des
comptes dans les extraits que vous évoquez. Qu'est-ce que dit la Cour des
comptes ? J'aurais aimé qu'elle le dise très fort avant, notamment quand je
suis monté à la tribune, pour dire aux députés de l'Assemblée nationale :
il faut qu'on fasse le constat ensemble. Parce que si on fait le constat,
on va bâtir des politiques. Et ils ont très largement, toutes les oppositions
ensemble, ils ont dit non, on refuse. Et donc, votre gouvernement, il faut
qu'il tombe. Très bien, c'était l'épreuve de vérité que j'avais moi-même
souhaitée. Il faut qu'il tombe. Or, quelle est la situation aujourd'hui ? C'est
exactement ce que vous avez dit, mais le chiffre est passé très vite.
Écoutez-moi bien. On n'a jamais, depuis 50 ans, remboursé un euro de la dette.
Ou plus exactement, chaque fois qu'on a remboursé un euro du capital, on l'a
emprunté pour et un peu plus. Cela a sédimenté au fond de la mer. (…)
Désormais, ce qui nous étrangle, c'est qu'il faut payer tous les ans les
intérêts de la dette. Le capital, on ne le rembourse pas, mais les intérêts,
ils nous écrasent. La totalité de l'impôt sur le revenu de tous les Français
qui nous écoutent, de tous leurs voisins, de tous leurs cousins, de toutes les
villes et de tous les villages de France, l'impôt sur le revenu, l'année
prochaine, ne suffira pas à payer les intérêts de la dette. Vous entendez ?
Cela ne suffira pas. Nous serons à 20% de moins. Il faudra 20% de plus pour
payer les intérêts de la dette.
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à
l’Assemblée nationale)
> Les écologistes déposent une motion de censure au motif de la canicule. Le
populisme n'a pas de limite. Ils prônent le chaos politique pour répondre au
chaos climatique. Priver la France d'un gouvernement alors que l'été s'annonce
infernal ? Voilà ce que vivent les Français : Les hôpitaux sont sur le pied de
guerre. Plans blancs déclenchés dans toute l'Île-de-France. Plan ORSAN maintenu
au niveau 3. Plus de 1 000 morts supplémentaires en une semaine. +61% d'appels
au SAMU. 122 000 interventions de secours en dix jours. Les agriculteurs
souffrent : des millions d'animaux morts dans les élevages. 6 600 tonnes de
cadavres rien que dans l'Ouest du pays. Les centres d'équarrissage sont saturés.
Du jamais-vu depuis 2003. 30% de pertes anticipées sur le maïs. Les céréales à
paille brûlent sur pied, comme nombre de production de fruits et légumes. Des
difficultés en cascade qui annoncent peut-être une crise majeure, alors même
que nous ne sommes pas encore en juillet. 16 départements en difficultés
hydriques. 77% des nappes en baisse. 52 départements en risque incendies. 36
000 foyers privés d'électricité. Partout en France, les préfectures, les
services de l'Etat, les collectivités et les associations sont mobilisés nuits
et jours. Aucune motion de censure ne leur rendra hommage. Chaque jour compte
et c'est pourquoi la coordination gouvernementale est déterminante. Chaque jour
compte, sauf pour les écologistes, qui proposent de priver la France des moyens
d'agir en plein cœur de l'été. C'est irresponsable et, je pèse mes mots, c'est
criminel. Soyons clairs : un gouvernement censuré ne peut plus qu'expédier les
affaires courantes. Il est privé d'un certain nombre de moyens pour agir, à
court et moyen terme. Enfin, je voudrais rappeler les écologistes au réel. La
France émet moins de 1% du CO2 mondial. Nos émissions ont baissé de plus de 20%
depuis 2017, à un rythme presque cinq fois supérieur à celui des trente années
précédentes. Nous ne devons pas nous en satisfaire, mais qui peut se prévaloir,
ailleurs dans le monde, d'un résultat similaire ? Oui, la crise climatique a
des dimensions politiques. Mais ces dimensions sont mondiales, interconnectées
et d'une immense complexité. Priver notre pays d'un gouvernement au moment où
nous allons traverser un été sans précédent, ce n'est pas de l'écologie, c'est
de l'inconscience de la part de parlementaires qui n'auront pas de comptes à
rendre. Aucune motion de censure ne sauve des vies, n'irrigue les cultures ou
n'éteint les incendies. Les Français n'ont pas besoin d'une crise politique en
plus d'une crise climatique. Ils ont besoin d'un État fort et debout. Ils ont
besoin de la cohésion nationale, pas de la division. Ils ont besoin de ce qui
fait la noblesse de l'engagement politique, pas des petites manœuvres. Les
cosignataires de cette motion de censure veulent le chaos, nous non. Ils
veulent l'irresponsabilité, nous la combattons. Ils veulent céder à la
démagogie, ce poison mortel, à l'extrême gauche comme à l'extrême droite, y
compris sur ces sujets. Ils veulent censurer ? Nous rejetterons leur motion,
encore et encore, au nom de l'essentiel : l'intérêt supérieur de la Nation.
> L'Assemblée adopte définitivement l'actualisation de la loi de programmation militaire à l'horizon 2030. Sous l’impulsion du Président, notre pays a doublé le budget de nos Armées depuis 2017. Un choix lucide pour garantir l’indépendance et la crédibilité de la France !
> [Présidentielle 2027] On a besoin d'avoir une
candidature qui rassemble (…) les Français. A l'automne, les choses se décanteront. (…)
J'ai peur qu'il n'y en ait pas assez, non
pas de candidats, mais de personnalités capables de franchir le premier tour et
gagner le deuxième.
Christophe Blanchet (député)
> [Protéger le marché européen
des produits chinois / Intervention à l’Assemblée] 600, c'est le nombre
d'avions gros porteurs chinois qui décollent chaque nuit à destination du
marché européen. 25, c'est le nombre de petits colis qui entrent en France
chaque seconde, soit plus de 800 millions de colis par an. Et sur ces colis, je
l'ai vu à Roissy, plus de la moitié relève de la contrefaçon ou ne respecte pas
les règles de sécurité européenne.
Derrière ces flux, une réalité simple : une concurrence qui n'est pas à armes égales avec des règles sociales, fiscales et environnementales qui ne sont pas les mêmes dans tous les pays. C'est aussi pour répondre à cela que la France a instauré le 1er mars une taxe de 2 euros par colis. L'objectif était clair, derrière les 400 millions d'euros de recettes espérées, c'était surtout une logique de patriotisme économique et écologique assumée pour arrêter de laisser inonder notre marché par des pays qui ne respectent en rien les accords de Paris alors que nos entreprises perdent des parts de marché.
Il y a aujourd'hui un contournement massif du dispositif avec des flux réorientés via d'autres États membres notamment la Belgique et les Pays-Bas, avant de revenir sur notre marché.
Autrement dit, la règle existe, mais elle ne nous protège pas dans les faits, car nous sommes seuls dans une Europe attaquée à vouloir agir vite et fort. Le gouvernement a choisi de suspendre la taxe nationale pour passer aux dispositifs européens à 3 euros dès aujourd'hui, puis à 5 euros en novembre. Cette évolution est compréhensible, car face à des plateformes mondiales, la bonne réponse est européenne.
Mais cette réponse ne sera crédible que si l'Europe assume enfin sa puissance. Avec près de 450 millions de consommateurs, elle est le premier marché économique mondial. C'est une force considérable. A nous d'en faire un levier de souveraineté économique et écologique. Ceux qui veulent vendre en Europe doivent respecter nos règles, nos normes et nos exigences commerciales et environnementales.
Monsieur le ministre, à quand une réelle protection de nos frontières européennes face à des compétiteurs qui chaque jour nous affaiblissent économiquement et condamnent notre planète ?
Sabine
Gervais (députée)
> [Fin de vie et aide à mourir / Intervention à
l’Assemblée] Au moment de ce vote solennel, notre groupe, Les Démocrates,
partage une conviction : notre première responsabilité est de penser aux
patients, à celles et ceux qui vivent les derniers instants de leur existence
dans la souffrance, à celles et ceux qui attendent de nous, non pas des
postures, mais une réponse empreinte de dignité, d’humanité et de
responsabilité.
Les débats ont parfois été vifs. Ils ont parfois été éprouvants, mais ils ont
presque toujours été à la hauteur de l’immense enjeu éthique dont nous nous
sommes saisis.
Légiférer sur la fin de vie est probablement l’une des tâches les plus
délicates qui soient pour un parlementaire. Il ne s’agit aucunement d’imposer
une vision morale, et encore moins des convictions philosophiques ou
spirituelles, qui sont, par définition, profondément personnelles. Notre
responsabilité, en tant que députés de la nation, consiste à construire un
cadre juridique protecteur, équilibré et respectueux de chacun.
Trouver ce juste équilibre n’a jamais été simple et ne l’est pas davantage
aujourd’hui. Cela étant, personne ne pourra dire que ce débat a été précipité.
Il n’a pas été recouru à la procédure accélérée : le temps du débat
parlementaire a été respecté. Ce texte est issu de plusieurs années de
réflexion, d’échanges, de débats. Sur les textes relatifs au droit à l’aide à
mourir et aux soins palliatifs, nous avons consacré des centaines d’heures à
confronter nos points de vue et nos arguments, et des milliers d’amendements
ont été déposés et examinés. Chaque article, chaque mot, chaque garantie a fait
l’objet d’une discussion approfondie.
Nous souhaitons également saluer le travail conduit par Olivier Falorni,
l’auteur de cette proposition de loi et de celle relative aux soins palliatifs.
Depuis de nombreuses années, il incarne ce combat sur la fin de vie avec
constance et conviction, tout en veillant à favoriser un échange approfondi et
respectueux entre toutes les sensibilités de notre assemblée. Chacun appréciera
naturellement à l’aune de ses convictions les conclusions de ces travaux, mais
nul ne peut contester l’engagement qu’Olivier Falorni a consacré à la fin de
vie.
Notre travail parlementaire s’est d’ailleurs appuyé sur une phase de
concertation exceptionnelle. Avant même l’examen de ce texte, une Convention
citoyenne pour la fin de vie a été réunie. Le Comité consultatif national
d’éthique (CCNE) a rendu un avis majeur. La Haute Autorité de santé (HAS) a été
appelée à définir des critères médicaux précis et à élaborer les futures
recommandations de bonnes pratiques. Rarement une réforme aura-t-elle été
précédée d’une réflexion aussi approfondie, aussi pluraliste et aussi
exigeante.
Depuis le premier jour, le groupe Les Démocrates a fait un choix clair sur le
sujet de la fin de vie : celui de la liberté de vote. En effet, ce texte
touche à l’intime, il interroge nos convictions les plus profondes et aucune
discipline partisane ne saurait s’imposer sur un tel sujet.
Au sein de notre groupe, certains voteront en faveur du texte, d’autres
voteront contre, d’autres encore choisiront de s’abstenir. Toutes ces positions
sont respectables. Toutes procèdent d’une réflexion sincère. Et cette diversité
d’opinions honore, je crois, notre Parlement. Elle montre qu’il est encore
possible, sur les sujets les plus sensibles, de débattre avec respect, sans
caricaturer la position de l’autre.
Face aux critiques plus ou moins bien intentionnées, je tiens à rappeler les
critères, cumulatifs, d’accès au droit à l’aide à mourir : l’existence
d’une affection grave et incurable, engageant le pronostic vital, en phase
avancée ou terminale et causant une souffrance réfractaire, et une volonté
libre et éclairée du patient. Les souffrances psychologiques, à elles seules,
ne permettent pas d’accéder au dispositif. La procédure elle-même est entourée
de nombreuses garanties : une évaluation médicale collégiale, un délai de
réflexion, la possibilité de renoncer à tout moment et des voies de recours
juridictionnelles.
Au fil de nos débats, le texte a encore été enrichi. L’Assemblée a notamment
réaffirmé le principe de l’autoadministration de la substance létale, sauf en
cas d’incapacité physique, et renforcé le rôle de la première consultation
médicale et les garanties entourant l’expression de la volonté du patient. Ces
évolutions témoignent de la volonté constante de placer la personne malade au
cœur du dispositif, tout en renforçant les sécurités qui l’entourent.
Enfin, ce texte n’a pas été construit contre les professionnels de santé, mais
avec eux.
Quelles que soient les convictions qui s’exprimeront dans un instant au moment
du vote, une même exigence nous aura toutes et tous guidés tout au long de ces
débats : agir avec responsabilité, dans l’intérêt des patients.
Anne
Bergantz (députée)
> [Justice criminelle / Intervention à l’Assemblée]
Il faut permettre à la justice de se concentrer sur l’essentiel : juger,
et juger en temps utile. Comme l’a rappelé ma corapporteure Laure Miller, la
justice est au bord de la rupture et toutes les personnes auditionnées,
magistrats et avocats, se sont accordées sur ce constat : notre procédure
pénale, devenue au fil des années d’une complexité inouïe, a besoin d’évoluer.
Tel est le but poursuivi par ce projet de loi : donner aux enquêtes les
moyens d’avancer, simplifier les procédures dans le respect des droits de la
défense et d’un procès équitable, afin de réduire les délais de jugement. Nous
le devons aux victimes.
Je regrette que nos débats, pourtant nourris, n’aient pas permis d’aboutir à
l’adoption du texte en commission des lois. Certes, la question de la PJCR a
concentré l’attention médiatique et politique. Pourtant, d’autres articles
méritent d’être discutés et adoptés et concourent à apporter des réponses pour
une meilleure administration de la justice. Il me revient donc de vous
présenter les articles 3 et suivants.
L’article 3 contient diverses dispositions. En premier lieu, il légalise
la généalogie génétique d’investigation – déjà utilisée par le pôle national des crimes sériels
ou non élucidés de Nanterre – qui permet de rechercher, dans des bases de
données génétiques privées, les correspondances avec des empreintes génétiques
provenant de traces biologiques retrouvées sur le lieu d’un crime. C’est une
technique subsidiaire, employée après toutes les autres techniques possibles,
lorsqu’une enquête sur un crime est dans une impasse totale, sans piste ni
auteur présumé.
L’article 3 prévoit également d’élargir le champ des infractions
justifiant l’inscription au fichier national automatisé des empreintes
génétiques (Fnaeg). Là encore, l’objectif est d’améliorer les capacités
d’investigation des services enquêteurs. Certains voudront ajouter des
infractions, d’autres en retirer ; il faut que le débat ait lieu.
Plusieurs articles visent ensuite à fluidifier le traitement des affaires
criminelles.
L’article 5, adopté sans modification par la commission, permet au juge
pénal d’employer des outils pertinents de la procédure civile, afin que le
jugement des intérêts civils soit plus efficace et plus adapté à cette matière
spécifique.
L’article 6, également adopté en commission, crée un cadre juridique
sécurisant l’intervention des psychologues de police judiciaire et distinguant
le rôle d’appui à l’enquête de celui des experts judiciaires désignés par les
juridictions, qu’il convient de ne pas confondre.
L’article 7 concerne les nullités de procédure et suscite une mobilisation
des avocats. Le texte, après son passage au Sénat, prévoit de réduire de six à
trois mois le délai de dépôt des requêtes en nullité, au cours de l’information
judiciaire. Cette mesure me semble bienvenue, mais pourrait conduire à la
multiplication des demandes d’actes. Aussi, je vous propose de faire passer ce
délai de trois à quatre mois, à compter de la notification de la mise en examen
et des interrogatoires ultérieurs.
Par ailleurs, cet article introduit des délais pour la production de mémoires
concernant les requêtes en nullité devant la chambre d’instruction et le
tribunal correctionnel. C’est une mesure de bonne administration de la justice,
destinée à prendre en compte les arguments présentés en amont du jour
d’audience et à éviter les renvois. Néanmoins, je proposerai un ajustement
concernant les requêtes devant le tribunal correctionnel. Cet article propose
donc de mieux encadrer les nullités, et non de les limiter, comme je l’entends
souvent.
L’article 8 étend les pouvoirs du président de la chambre d’instruction,
afin qu’il puisse juger seul de la recevabilité de requêtes en nullité
présentées devant cette juridiction, comme c’est déjà le cas pour de nombreux
recours. Cette mesure de simplification est bienvenue : lorsque l’exigence
de collégialité n’est pas pertinente, il convient de la supprimer, tout en
conservant la possibilité de renvoyer à cette collégialité les dossiers les
plus complexes.
L’article 9 introduit un mécanisme d’urgence en matière de détention
provisoire, lorsque le débat contradictoire ne peut avoir lieu dans le délai
légal, mécanisme qui s’appliquerait à la prolongation d’une détention
provisoire ou à une demande de mise en liberté. Or je distingue ces deux
situations, pour lesquelles la réponse ne peut être la même. Cet article a été
rejeté en commission, mais je vous proposerai en séance de retirer la mesure
conduisant à allonger la détention provisoire, sur laquelle je suis très
réservée.
L’article 10, supprimé en commission, répond pourtant à une demande des
professionnels de la justice. Dans un contexte où la réutilisation massive des
données judiciaires a été rendue possible par les outils numériques et
l’intelligence artificielle, l’anonymisation de l’identité des magistrats, des
greffiers et avocats, prévient des pratiques de profilage, de notation et
d’évaluation automatisée. Plus important encore, elle permet d’éviter qu’ils
deviennent la cible de menaces ou de pressions.
Voici les dispositions concrètes dont nous devons nous saisir si nous
souhaitons agir contre l’embolie de notre justice criminelle. La question des
moyens de la justice reviendra inévitablement dans le débat, mais je rappelle
que le budget du ministère a augmenté de 60 %. Les efforts doivent être
poursuivis, mais ils ne nous exonèrent pas du débat sur la modernisation de nos
procédures.
Sophie
Mette (députée)
> [Forêts / Intervention à l’Assemblée] Avec près
de 17,5 millions d’hectares en métropole et 26 millions dans les
outre-mer, la forêt française est à la fois un patrimoine naturel exceptionnel
et une filière économique essentielle. Le réchauffement climatique, la
multiplication des épisodes de sécheresse et des vagues de chaleur mettent cet
équilibre sous tension. Chacun garde en mémoire les incendies de 2022 en
Gironde. L’année dernière, notre pays a connu près de 15 000 départs
de feu et, dès cette fin du mois de juin, les premiers incendies se déclarent
déjà. Beaucoup déjà a été fait et les moyens de la sécurité civile ont été
renforcés. La flotte aérienne est en cours de renouvellement pour atteindre à
terme seize avions bombardiers d’eau. La coopération européenne s’est
développée. Néanmoins, face à un risque devenu structurel, il nous faut
désormais inscrire cet effort dans une véritable culture de la résilience.
En 2023, nous avons adopté une loi renforçant la prévention et la lutte contre
le risque incendie, notamment en matière d’obligations légales de
débroussaillement, mais une difficulté demeure : les travaux forestiers
indispensables à l’entretien et à l’adaptation restent trop souvent ralentis
par des procédures ou des obligations qui se contredisent. Enfin, le président
de la République a fixé l’objectif de planter un milliard d’arbres en dix ans.
Cet engagement a été conforté par Marc Fesneau lorsqu’il était ministre de
l’agriculture, puis par les crédits maintenus dans la loi de finances pour
2026, notamment à la demande du groupe Les Démocrates. Mais les forestiers ont
besoin de visibilité. Les annonces successives de fermeture puis de réouverture
des guichets, ainsi que les évolutions fréquentes des règles et les
incertitudes sur les financements, fragilisent les projets de long terme.
Protéger, gérer, renouveler : tels sont les défis. La forêt a besoin qu’on
s’occupe d’elle, pas qu’on l’abandonne au dogmatisme ou au dérèglement
climatique. En outre, la forêt d’aujourd’hui ne sera pas celle de demain.
Quelle est la stratégie du gouvernement pour adapter durablement la forêt
française au changement climatique, soutenir une gestion forestière résiliente
et donner aux acteurs de la filière la visibilité dont ils ont besoin pour
investir dans l’avenir ?
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Aujourd'hui, l'Irlande prend la tête du Conseil de l'Union européenne !
Les couleurs du drapeau irlandais racontent une histoire dont l’Europe a plus
que jamais besoin. Vert, pour la conviction et l'identité. Blanc, pour le
dialogue, la paix et l'unité. Orange, pour le respect des différences et la
construction d'un terrain d'entente.
Au cours des six prochains mois, ces couleurs peuvent inspirer la voie à suivre
pour l'Europe : rester fidèle à nos valeurs, rassembler les citoyens et
proposer des solutions qui renforcent notre Union. La présidence irlandaise
entend renforcer la compétitivité, la sécurité et les valeurs de l'Europe en
faisant progresser le marché unique, en soutenant l'Ukraine, en stimulant
l'innovation et une énergie abordable, et en fournissant un budget européen
solide à long terme aux citoyens.
Avec le Fianna Fail et notre famille de Renew Europe au cœur de cette
présidence, je suis convaincu que l'Irlande défendra une Europe ouverte,
ambitieuse et tournée vers l'avenir : une Europe qui protège la démocratie et
continue de croire au pouvoir de la coopération. Je souhaite tout le meilleur à
l’Irlande. Allons-y et faisons-en un succès pour tous les Européens !
> Ce fut un réel plaisir d'accueillir notre propre commissaire Hadja Lahbib à Renew Europe. L’Europe ne peut pas se permettre de réagir uniquement aux crises. Il faut anticiper, préparer et protéger. Cela signifie une Union plus forte, mieux équipée pour répondre aux menaces sécuritaires, aux catastrophes climatiques et aux urgences humanitaires, sans jamais compromettre l’égalité, les droits fondamentaux ou la dignité humaine. Merci, Hadja, pour votre leadership et votre détermination : de la préparation à l'action humanitaire, de la défense des droits des femmes et des droits LGBTIQ+ jusqu'à avancer sur #MyVoiceMyChoice. Une Europe préparée est plus forte. Une Europe égale est imparable. C’est le combat que Renew Europe continuera de mener !
Pascal Canfin (député)
> Alors que la France suffoque de canicule en canicule, le Rassemblement
national (RN) se sent obligé de redécouvrir l’enjeu du climat. Pour comprendre
à quel point les propos tenus ces derniers jours par les responsables du parti
sont d’une hypocrisie absolue, il faut revenir sur leurs votes. En tant que
député européen, je suis bien placé pour voir ceux de Jordan Bardella,
président du groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe au Parlement
européen.
En 2019, il a voté contre le fait que l’Europe déclare l’«urgence
climatique ». En 2021, contre la loi européenne sur le climat, qui
fixe notamment un objectif de neutralité climatique en 2050 conforme à
l’accord de Paris. Et, pour être précis, il ne s’est pas contenté de voter
contre la loi, mais il a demandé son rejet pur et simple. C’est-à-dire le rejet
du principe même que l’Union européenne se dote d’une législation climatique.
Et il ne l’a pas seulement fait en 2021. Mais aussi une deuxième fois
en 2025, lorsque nous avons mis à jour la loi « climat ». En démocratie,
la vision d’un responsable politique se mesure d’abord à ses votes. Le bilan du
RN, et de son président, est tristement limpide.
Face à la canicule et à l’évidence des impacts massifs du réchauffement
planétaire, le RN tente de mettre en avant quelques propositions pour faire
oublier son opposition radicale à toute politique climatique. Tout d’abord, un
plan rénovation dont le financement a changé plusieurs fois dans les derniers
jours. Jean Philippe Tanguy, député RN de la Somme, le présente soit comme de
la dette verte publique supplémentaire émise pour financer des prêts à taux
zéro, soit comme une action de la politique monétaire au niveau de la
Banque centrale européenne (BCE).
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Pour soutenir la natalité, les politiques les plus efficaces sont celles
qui accompagnent l’arrivée d’un enfant : plus de places en crèches et des
congés de naissance courts, bien rémunérés, partagés dans le couple. Soyons
lucides jusqu’au bout : inverser la courbe démographique ne se décrète pas, il
faudra donc aussi l’affronter. Cela veut dire être plus productifs, travailler
plus, ouvrir le débat sur l’immigration économique.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Je me réjouis de l’adoption par l’Assemblée de la proposition de
loi dotant chaque enfant suivi par l’ASE d’un avocat obligatoire.
- Les enfants connaissent des violences. Des violences qui
se multiplient. Aujourd’hui, peut-être, on en parle un peu plus. Et c’est une
bonne chose. Par contre, ce qui est certain, c’est qu’il faut recréer de la
confiance. (…)
Aujourd’hui (les enfants) quand ils parlent, parfois, on ne les entend pas. Quand
ils parlent, on ne les croit pas. C’est ça, la réalité, qui arrive encore
beaucoup trop.
> [Mort de Lyhanna] Il y a une confiance à reconstruire dans nos institutions. (…) Il y a eu des plaintes, il y a eu la saisine des forces de l’ordre. Et pour autant, on a enterré la petite Lyhanna.
> Il faut arrêter de faire comme si «passez, il n’y a
rien à voir». Ce qu’on a connu dans le périscolaire parisien, ce sont bien sûr,
des gens qui sont coupables de violences sur des enfants. Et la justice
connaîtra et devra les condamner très lourdement. (…)
C’est, à mes yeux, une chaîne de responsabilités qu’il faut éclairer et
engager. Ceux qui n’ont pas vérifié les antécédents judiciaires, ceux qui se
sont ‘débarrassés’ du problème au risque de mettre en danger d’autres enfants
dans d’autres écoles.
> Il faut être intransigeant avec ces auteurs qui sont de prédateurs. Parce que ce sont des pédocriminels et parce qu’ils recommencent.
> Pendant trop longtemps, nous avons demandé aux parents d’être partout à la fois : éducateurs, psychologues, experts du numérique, tout en conciliant leur vie professionnelle et familiale. Aujourd’hui, la puissance publique doit être à leurs côtés. Accompagner les parents n’est pas une politique annexe : c’est un investissement majeur pour l’avenir de nos enfants !
> Le parrainage de proximité : véritable levier de prévention. Les résultats de la première étude d'impact de France parrainages montrent qu'un lien de confiance durable améliore la santé mentale, l'autonomie et les parcours des enfants les plus vulnérables. Bravo !

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