Voici une sélection, ce 18 juillet 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Présidentielle] Trois remarques. La première, méfiez-vous tout de
même des sondages, si je puis me permettre. Je connais beaucoup de gens qui
étaient élus en juillet 2016. Ce n'étaient pas les mêmes forcément qu'on a
retrouvés en mai 2017. Et donc, mon humble remarque, c'est que l'élection, de
ce que j'ai compris, elle était en avril et mai 2027. La deuxième remarque,
c'est faites confiance au peuple français. Ne lui prédisez pas toujours le
pire, laissez-lui vouloir le meilleur.
> [Déclaration à l’issue du 26e Conseil des ministres
franco-allemand.] Je crois pouvoir dire que ce 26e Conseil des ministres
franco-allemand a été marqué par un esprit de franchise, d'amitié, de
pragmatisme et de volontarisme. Monsieur le Chancelier l'a parfaitement dit,
mais nous vivons un moment de défi pour nos deux pays et une époque très
singulière. La guerre sur le sol européen, la question régulièrement posée sur
la convergence transatlantique et sa solidité, les défis technologiques
auxquels nous sommes soumis, les défis migratoires que nous avons subis, et
évidemment aussi aujourd'hui une guerre commerciale ouverte et une grande
agressivité commerciale chinoise. Tout ça remet en cause beaucoup des
fondamentaux de ce qu'était d'abord notre croissance, parfois nos modèles
économiques et ce qui avait fondé l'Europe ces dernières décennies.
Au fond, ça impose encore plus de travailler en franco-allemand, c'est ce
fameux réflexe qu'on a mis au point il y a un an, à la fois pour nos deux pays,
parce qu'on doit bâtir aussi les nouvelles sources de prospérité, assurer
aujourd'hui notre sécurité parce que c'est là qu'elle se joue, et parce qu'on
le sait très bien, si la France et l'Allemagne ne se mettent pas d'accord,
l'Europe n'avance pas. On connaît par cœur tout ce qui se dit sur le couple
franco-allemand, mais la vérité, c'est que si le couple franco-allemand
n'avance pas, l'Europe n'avance pas. Ce n'est pas une raison qui est parfois
totalement suffisante, mais c'est la condition nécessaire pour les progrès
européens.
Pour tout cela, je crois pouvoir dire que sur, à la fois nos discussions en
tête-à-tête et avec nos équipes hier, et les conseils d'aujourd'hui ont marqué
des avancées et une feuille de route très claire. Sur la partie
sécurité-défense, Monsieur le Chancelier l'a dit, bon, on n'a pas mis en œuvre
tout ce qu'on voulait mettre en œuvre il y a un an. Il faut être lucide. De
toute façon, vous le savez. On le regrette, parce que ce n'est pas optimal à
tous égards. On en a tiré une conséquence pour ce qui est de l'échec du SCAF,
qui est de mettre en place une gouvernance de nos projets maintenant refondée,
beaucoup plus resserré où, évidemment, les équipes politiques et nos ministres
vont suivre avec leurs principaux collaborateurs en charge les projets pour pas
les laisser dériver.
Mais surtout, je crois qu'on a redonné une impulsion par quelque chose et
des initiatives qu'on a prises ensemble et qui n'étaient pas forcément
attendues il y a un an. C'est ce qu'on a conçu patiemment pendant plusieurs
mois et annoncé ensemble en mars dernier autour de la dissuasion avancée. Ce
que la France a proposé, ce que l'Allemagne a immédiatement répondu et ce
qu'ensemble nous avons bâti, qui est aussi de donner à l'Allemagne ce rôle
d'avant-garde dans la dissuasion avancée, de partenaire singulier et unique. Et
je crois que le meilleur symbole, c'était ce matin à Norvenich sur la base, les
Rafale, les Eurofighter ensemble et notre réunion qui s'est tenue dans cet
endroit.
Donc on a programmé avec un document confidentiel aussi beaucoup de choses
ensemble sur ce volet. Et sur la dissuasion avancée, on va vraiment continuer
la gamme des signalements possibles. Et c'est très important pour notre
sécurité collective parce que ça crée du doute stratégique chez nos
adversaires, parce que ça renforce notre intimité. Et derrière, il en découle
aussi de nouvelles coopérations. C'est toute la partie épaulement conventionnel
qui accompagne cette dissuasion avancée. Et donc on a acté d'avancer ensemble
et là, on a consolidé la feuille de route de Toulon sur ce qu'on appelle
l'alerte avancée, donc JEWEL, où à la fois la composante spatiale mais aussi
terrestre, on a acté dans notre texte commun d'y aller. Donc on aura une offre
commune franco-allemande.
La deuxième chose, c'est les frappes dans la profondeur. On a demandé à nos
ministres d'avancer pour qu'il y ait une coopération trilatérale qui se passe
avec chacun son segment du jeu très clair pour qu'on ait des capacités de tir
dans la profondeur Allemagne, Royaume-Uni, France. Très bonne chose là aussi
pour l'épaulement conventionnel de cette dissuasion avancée. Et puis, sur la
défense antiaérienne, nous plaidons pour une souveraineté européenne et on veut
avancer sur les fameux SAMP/T nouvelle génération, avec là aussi très
clairement une volonté de la France de coproduire avec l'Allemagne et nos
partenaires italiens qui sont dans le SAMP/T nouvelle génération, d'avoir une
offre très claire.
On va aussi avancer dans les prochaines semaines sur la stratégie et la
gouvernance de KNDS, qui est un des points clés de notre coopération. Donc
relance très forte sur ce sujet avec une nouvelle feuille de route, une
nouvelle méthode. Et puis, Monsieur le Chancelier a parfaitement dit tout ce
qu'on fait sur l'Ukraine. Je crois que ces dernières semaines, par notre
travail conjoint, on a d'abord bâti une reconvergence européenne et américaine
à Évian. On a ensuite consolidé celle-ci à Ankara avec l'offre en particulier
américaine de licensing à l'Ukraine et un réengagement américain concret. Et on
a traduit l'engagement des Européens et de leurs partenaires sur les garanties
de sécurité en début de semaine à Paris. Là, il y a une vraie synergie et une
très grande complémentarité.
Sur la partie économique, là aussi, on a eu de très bons échanges. Il y a
d'abord des choses sur lesquelles on avance très bien, et ce Conseil a
consolidé tout le très bon travail qui avait été fait par les équipes, les
ministres, sur la base à la fois de Toulon l'année dernière, le précédent CMFA,
et puis du sommet qui s'était tenu à Berlin sur la souveraineté numérique
européenne et de VivaTech il y a quelques semaines. Et donc, sur le numérique
et l'innovation, on a vraiment là des coopérations très fortes, la création de
l'initiative d'intelligence artificielle de frontière en particulier, qu'on va
porter ensemble, une création d'ARPA, donc d'agence d'innovation de rupture en
franco-allemand, avec le partenariat qu'on avait installé l'année dernière entre
BPI et SPRIND, et une volonté d'avancer aussi sur les matières premières
critiques, qui vient en complémentarité de cette initiative, et évidemment
aussi, on a arrêté notre agenda commun sur le volet innovation, souveraineté
technologique et ce qu'on va porter au niveau européen, souveraineté numérique
européenne, etc. Sur souveraineté numérique, innovation, technologies de pointe
et matières critiques, des avancées très importantes.
Sur l'espace, on est au milieu du gué. Ces derniers mois étaient
incertains, on le voyait bien parce qu'il y a des tentations chez beaucoup de
nos industriels parfois de revenir à des solutions plus nationales, parfois.
Chez certains autres, peut-être de préférer le grand large à l'Europe. Nous, on
préfère l'au-delà du Rhin à l'au-delà de l'océan, parce que c'est plus
efficace. Et donc, je crois qu'on a bien avancé là aussi. D'abord, on a
ensemble marqué notre soutien au projet Iris². C'était très important, il y
avait eu des doutes. Donc soutien à ce projet, à son financement, qui est la
clé pour avoir une constellation vraiment européenne, et retrouver de la
souveraineté par rapport à ce qui est aujourd'hui l'exclusivité d'une offre
américaine ou chinoise.
Volonté ensuite d'avancer sur nos projets de consolidation dans le secteur
des satellites et puis volonté de passer en revue là aussi, sur le civil comme
le militaire, tout ce qu'on peut faire pour améliorer les choses. Au-delà du
soutien à IRIS², je considère qu'un des grands acquis qu'on a consolidés ici et
qui s'était structuré ces dernières semaines, c'est notre position commune sur
l'attribution des fréquences en Europe pour les services de satellites vers
mobile et garantir justement cette souveraineté européenne, là aussi. Très
important.
Donc voilà, on a commencé ce travail, on a reconvergé sur l'espace avec ces
2 acquis, on a dessiné les lignes, on a demandé à nos ministres vraiment de
travailler pour septembre. On a le Sommet spatial international en septembre
qu'on va co-présider ensemble. Et donc là, on doit vraiment aller encore plus
loin et porter ensemble aussi d'autres initiatives européennes. Sur l'agenda de
compétitivité européenne, dès l'année dernière, on avait ensemble porté
vraiment un agenda et scandé un agenda de simplification, de
débureaucratisation, et celui-ci avance. Et c'est vraiment, je crois pouvoir
dire, l'impulsion franco-allemande qui l'a porté. Donc on continue sur la
simplification de la réglementation européenne d'avancer, sur
l'approfondissement du marché unique dans tous les domaines du jeu, et ça, on
le porte ensemble et nos équipes de manière très forte.
On a acté là qu'il fallait que ce soit dans ce semestre qu'on parachève
l'union des marchés de capitaux ou l'union de l'épargne et du financement.
C'est fondamental parce que si on veut une Europe qui sait financer ses projets
de rupture et au fond avoir la partie financière privée de ce que je viens de
dire sur l'IA, le quantique et autres, il faut aller au bout de ce projet. Il y
a un vrai accord franco-allemand, il y a ce groupe des 6 que les ministres ont
structuré. Maintenant, c'est de la mise en œuvre, mais on pense qu'il faut le
faire et la présidence irlandaise le veut. Soutien plein et entier de notre
part, avec aussi le label d'épargne européen et tout ce qu'on fait sur,
justement, finance, euro numérique, etc. Ça, c'est un point très important pour
moi de cet agenda de compétitivité qu'on a acté, reconfirmé.
Ensuite, il y a eu un très bon échange et je trouve qu'on n'a jamais été
aussi convergents sur la question de la Chine. On n'avait pas la même histoire
sur la relation à la Chine et pas toujours les mêmes positions. Je crois qu'on
constate tous aujourd'hui l'impact qu'elle a. On n'est pas du tout
anti-chinois, soyons clairs, et dans notre diplomatie comme dans notre
économie, mais on regarde lucidement. Notre Europe, c'est chaque jour 1
milliard d'euros de déficit commercial à l'égard de la Chine. Chaque jour, 1
milliard. C'est chaque jour des milliers, des dizaines de milliers d'emplois
détruits. Chaque jour.
Alors derrière ça, il y a une Chine qui est très bonne en matière d'innovation.
Et ça, on est d'accord. Et donc là-dessus, on veut engager avec la Chine pour
avoir des transferts de technologie dans nos pays. Pas importer les produits,
transférer en étant respectés, en créant des emplois chez nous pour pouvoir en
profiter parce qu'on est lucides.
Deuxième chose, on veut protéger par ailleurs nos entreprises et nos
secteurs. On l'a vu sur la chimie, on le voit sur la machine-outil, sur
l'automobile et sur beaucoup d'autres. On est aujourd'hui bousculés.
Pourquoi ? Parce qu'on a quand même une Chine qui aide en moyenne 8 fois
plus ses entreprises que la moyenne de l'OCDE et que nous, et qui ne respecte
pas les règles du jeu. Et donc là-dessus, on a appuyé, on va réappuyer très
fortement le mandat donné à la Commission européenne d'aller beaucoup plus vite
sur ces enquêtes de marché et ces instruments de protection de nos industries.
Et ça, c'est absolument fondamental. Et on a demandé à nos ministres de
l'Économie, des Finances, des Affaires étrangères, à l'initiative de Monsieur
le chancelier, et je suis 100 % d'accord, pour septembre, d'avoir une feuille
de route franco-allemande sur ce sujet.
Et puis derrière ça, on veut engager un dialogue aussi avec la Chine sur la
question du change et de l'ouverture des marchés financiers, parce que c'est
aussi fondamental pour corriger ce qui sont aujourd'hui des dysfonctionnements
de la relation en matière de change et de la relation monétaire. Ça, je pense,
c'est aussi un des grands acquis de notre discussion très approfondie.
Sur les autres questions économiques, il y a aussi une volonté réaffirmée
d'avancer, d'abord pour finir d'ici la fin d'année le prochain cadre financier
pluriannuel, et de le faire en étant conscient qu'on veut de l'ambition
européenne, mais on veut de l'efficacité des dépenses. On regardera ensemble la
copie, on va la préparer ensemble, qui sera donnée par la Commission sur les
ressources propres, mais on ne peut pas avoir une trajectoire irréaliste
d'augmentation de nos contributions nationales. Donc ambition, efficacité,
exigence.
Sur l'élargissement et les réformes internes de l'Union européenne, nous
partageons la même feuille de route. On a pris il y a quelques semaines une
initiative franco-allemande sur l'élargissement qu'on va mettre en œuvre, on en
a longuement parlé hier, dans les prochains mois. Et puis on a demandé à nos
ministres de travailler ensemble sur un accord franco-allemand sur la question
de la préférence européenne et du contenu européen, sur la réforme dite ETS,
sur les flexibilités à nos objectifs carbone, et évidemment aussi sur
l'ensemble des révisions de directives, et en particulier l'accélérateur
industriel. Cette famille de sujets qui est aujourd'hui en train d'être
discutée au niveau européen, nous voulons bâtir un accord franco-allemand très
structurant pour, au fond, garder nos ambitions et nos ancres, mais défendre la
compétitivité européenne avec force, et défendre notre industrie. On croit dans
une industrie décarbonée, mais au bon rythme, avec les bonnes protections et
avec du pragmatisme quand on regarde la compétition internationale.
Enfin, le troisième axe de notre coopération, c'est la protection, la
résilience de nos sociétés et de nos démocraties. Là-dessus, soutien à notre
politique et la très bonne coopération franco-allemande en matière de lutte
contre l'immigration clandestine de sécurité. Et je veux vraiment remercier
Monsieur le chancelier, son ministre pour la très bonne coopération à cet
égard, on l'a dit, pour lutter contre les passeurs, pour là aussi mettre en
œuvre ce que nous avons soutenu au niveau européen pour le pacte
asile-migration. Volonté d'aller vers des avancées concrètes sur le plan aussi
transfrontalier, avec les transports ferroviaires, la mobilité des
travailleurs, la santé, où on a eu des propositions très concrètes, et
l'apprentissage.
Et puis sur le plan du dialogue social, nous avons un sommet social
franco-allemand qui se tiendra le 10 novembre prochain à Paris, qui est pour
nous une occasion importante d'abord d'échanger sur les réformes qui se font de
part et d'autre du Rhin, sur la modernisation de notre modèle social. On pense
que c'est extrêmement important qu'il y ait une convergence, d'essayer de voir
tout ce qu'on peut faire pour faire converger nos agendas et nos partenaires
sociaux. Et puis pour aussi ensemble bâtir la préparation en termes de
formation continue liée à l'intelligence artificielle et ses impacts. Sur ce
sujet, je vais être très clair : nous avons poussé une réforme des
retraites qui permettait une reconvergence franco-allemande. Force est de
constater que le consensus politique en France a décalé les dernières étapes de
cette réforme des retraites au moment même où l'Allemagne, avec pragmatisme et
lucidité, a mis sur la table une réforme des retraites qui, elle, remet de
l'ambition à la fois sur la question de l'âge, de la capitalisation. Je pense
que c'est nécessaire d'avoir un dialogue franco-allemand, à la fois dans les
mois à venir pour le gouvernement en place et votre serviteur, mais également
pour éclairer le débat présidentiel français, parce que je ne crois pas que les
choses changent drastiquement en termes démographiques et économiques de part
et d'autre du Rhin. Nous sommes confrontés aux mêmes défis. Et c'est très
important d'avoir ce travail ensemble.
On a eu de très bons échanges sur notre ambition renouvelée pour l'Office
franco-allemand de la jeunesse, fonds jeunesse qu'on va adosser complètement à
celui-ci, nos luttes contre les ingérences étrangères et la manipulation de
l'information en ligne, la mise en œuvre de ce qu'on avait annoncé sur Arte
avec l'européanisation des projets et le bouclier informationnel porté par
France Médias Monde et Deutsche Welle.
Et enfin, je voudrais dire ici qu'on a eu une très bonne discussion et
surtout acté une convergence de vues pour la protection des mineurs sur les
contenus en ligne. La France, comme vous le savez, s'apprête à finir les débats
parlementaires sur ce sujet, mais nous voulons ensemble porter cet agenda au
niveau européen pour bâtir de l'unité à la fois sur la protection des mineurs,
mais la protection aussi de notre démocratie et de l'espace informationnel face
aux réseaux sociaux et à l'IA.
Voilà ce que je pouvais rajouter. Monsieur le chancelier, je veux ici vous
dire vraiment de notre part à la fois notre gratitude pour votre hospitalité et
les très bons échanges qu'on a eus depuis hier, parce que c'est souvent en
prenant le temps, en partageant aussi la vision stratégique qu'on arrive à
faire avancer les choses, et l'esprit de grande confiance qui a régné, on l'a
vu, entre nos ministres et nos collaborateurs. Ce sommet avait été très bien
préparé. Il a permis du coup d'arriver à des résultats concrets, mais aussi à
ce qu'on bâtisse ensemble avec nos ministres une feuille de route pour les
semaines à venir très concrète, avec des rendez-vous là dès septembre qui vont
permettre sur la relation bilatérale et pour l'agenda européen d'avoir des
résultats concrets.
Et pour moi, la période octobre-décembre, c'est vraiment le temps de
l'action sur à la fois les projets industriels qu'on a évoqués, sur le budget,
sur l'union des marchés de capitaux. Sur la stratégie à l'égard de la Chine. Et
donc c'est un moment de vérité aussi pour nous et pour l'Europe. Et donc c'est
tout ça qu'on a préparé avec ce sommet et ce Conseil des ministres
franco-allemand.
> [Relations franco-allemandes] Nous travaillons pour nos
peuples, pour nos pays et au-delà de nos personnes. Et je crois que l'agenda
que nous avons dessiné aujourd'hui, les décisions qu'on a prises, elles sont
nécessaires, elles sont bonnes pour notre sécurité, notre prospérité, notre
paix, pour la société.
Je crois qu'elle rassemble très largement, et donc l'agenda de mise en œuvre
c'est le plus vite possible et le plus fort possible. Parce qu'au fond de part
et d'autre, ce que nous voulons, c'est de l'efficacité. Voilà, c'est avec cet
esprit que nous travaillons.
> [Dissuasion nucléaire] L'objectif de la dissuasion
avancée, ce que nous avons proposé, ce que nous avons préparé très intimement
avec le chancelier et ses équipes les plus proches, et qui a donné lieu à cette
réponse savamment préparée ensemble en mars dernier, en aucun cas ne vise un
cofinancement du nucléaire français. En aucun cas.
Je préfère être clair tout de suite et définitif. Je sais que c'est une idée de
tous ceux qui voudraient voir derrière cela des choses. Non. Notre nucléaire,
on l'a financé depuis qu'il existe et il fait partie de la trajectoire. Il a
été voté. On a doublé le budget de nos armées ces 9 dernières années. On vient
de voter une loi de programmation militaire qui sera promulguée dans les
prochaines semaines. Et donc c'est financé. L'objectif, qu'est-ce que
c'est ? C'est d'améliorer la sécurité du continent européen, de créer plus
d'incertitude chez nos adversaires en permettant à, justement, cette dissuasion
nucléaire d'avoir d'autres voies et moyens. D'abord de créer de l'intimité
stratégique entre nous, c'est-à-dire nous d'expliquer un peu nos secrets, comment
on fait, de proposer des exercices conjoints, des éléments conjoints de
partenariat, une plus grande intimité entre nos équipes, nos experts, nos
militaires — ce matin était une illustration — et de créer de l'incertitude
chez nos adversaires parce que ça dilue la présence de cette dissuasion
nucléaire.
Ça nous permet de potentiellement rejoindre d'autres points. Et je me suis
exprimé à l’Île Longue sur chacun de ces sujets. Donc nous, nous sommes ouverts
opérationnellement à tout, mais je ne vais pas ici agiter des choses qu'on n'a
pas encore faites. Et en tout cas, c'est des choses qui se discutent avec nos
partenaires. Et donc nous, notre volonté, c'est d'aller le plus loin et le plus
utilement possible avec l'Allemagne, qui est le partenaire de confiance, le
partenaire privilégié, de par le traité d'Aix-la-Chapelle, de par la confiance
entre nos deux pays, de le faire pour aussi créer de l'incertitude chez nos
adversaires, et donc assumer de ne pas toujours dire 100 % des choses de ce
qu'on va faire, parce que la visibilité totale et absolue n'est pas forcément
la stratégie la plus efficace face à des adversaires sur le sol européen, mais
de le faire toujours en décidant ensemble ce que l'exercice qu'on fait ou la
localisation qu'on produit. Mais le financement du nucléaire français sera
toujours fait par la France. Je tiens à vous rassurer.
> [Coopération militaire franco-allemande] Ce qui a
marqué un arrêt, c'est le projet d'avion unique. Et par voie de conséquence de
moteurs associés, mais tout le reste, et le cloud et les systèmes, nous
continuons de coopérer.
Sur le programme sur le char du futur dit MGCS que vous avez évoqué, là-dessus,
donc, on a réaffirmé notre engagement. On a aussi pris acte de l'accord conclu
entre nos deux pays sur la stratégie et la gouvernance de KNDS, qui est une
composante importante de ce projet, avec pour ambition d'en faire une
entreprise de défense franco-allemande de premier plan. Et là, avec, vous le
savez, des sujets à venir à la fois de recomposition du capital et de capacité
à le rendre public. Donc là aussi, c'est un projet qui avance. Il a pris du
retard, mais dans les deux cas, ce que nous avons constaté, c'est qu'en
laissant la main exclusivement à des stratégies industrielles qui, si je puis
dire, par nature ne sont pas forcément convergentes, on avait perdu des opportunités.
Donc notre volonté, c'est derrière d'adapter et d'améliorer la gouvernance des
projets de défense communs et c'est tout ce que nous avons acté dans le CFADS
de ce matin.
> [Crise au Moyen-Orient] Il y a un accord qui a été
conclu, préparé à Islamabad, finalisé à Lucerne, et qui d'ailleurs s'est conclu
autour de notre G7, et que nous avons soutenu. Cet accord prévoit la
réouverture sans conditions et péage d'Ormuz, la paix et le cessez-le-feu plein
et entier au Liban et le début de discussions. Cet accord, il doit avoir
environ 30 jours maintenant. Il prévoyait cette période de 60 jours. Moi,
j'appelle surtout les Iraniens à le respecter. Il n'était pas écrit que les
Iraniens avaient le droit de frapper dans les eaux omanaises ou les eaux
internationales. Ce n'est ni la lettre ni l'esprit de cet accord. Et donc je
pense que tout le monde doit revenir au calme et les Iraniens doivent respecter
ce qu'ils ont signé, c'est-à-dire permettre la réouverture du détroit d'Ormuz
et permettre la reprise des discussions. Et je constate que les forces
américaines sont venues en réaction aux frappes iraniennes d'il y a quelques
jours. Et je pense que ça, ce n'est pas la bonne méthode collectivement.
Donc moi, j'en appelle au retour à cet accord qui n'est pas parfait, mais qui
permet au moins le cessez-le-feu et la réouverture d'Ormuz et la paix au Liban,
au respect de ce cessez-le-feu et à la reprise de dialogue, et nulle autre
chose. Nous avons marqué, quant à nous, notre disponibilité pour aider à la
réouverture d'Ormuz dans le cadre de la mission ad hoc que nous avons bâtie il
y a quelques semaines. J'ai pu recevoir le sultan d'Oman et proposer cela dans
les eaux omanaises. Et que je ne sache, ça n'est pas l'Iran qui décide pour les
eaux omanaises.
> [Budget européen] La France défend un budget agricole
ambitieux, mais elle n'est pas toute seule. Ne vous trompez pas. Il n'y a pas
d'accord sur le budget si vous n'avez pas les gens sur l'agriculture et les
fonds de cohésion, en vrai. Malheureusement pour moi, ça sera mon troisième
exercice budgétaire négocié, donc je peux vous le dire en connaissance de
cause. Nous, on est prêts à faire ce que dans le langage bruxellois, j'ai
découvert ça, on appelle des smart cuts, des coupes intelligentes,
c'est-à-dire des coupes sur lesquelles on est d'accord. Donc, en vrai, on va
commencer la discussion pour dire où est-ce qu'on peut faire des économies
intelligentes qui n'impactent pas nos priorités réciproques. Mais on va devoir
trouver une convergence sur tout ça. De quoi on a besoin ? D'un budget
européen qui tient nos politiques historiques sur l'agriculture.
Parce que l'agriculture, il en va aussi de notre souveraineté alimentaire. Il
ne faut pas se tromper. Ça ne sert à rien de bâtir la souveraineté numérique de
défense si c'est pour construire une dépendance agricole. On pense que
l'agriculture, c'est acquis de tout temps. Faux.
On a construit après-guerre, par notre Europe, une souveraineté alimentaire. Il
faut la défendre. Donc l'agriculture, important. Les fonds de cohésion, très
importants pour beaucoup de nos collègues parce que ça recrée de la convergence
européenne. Après, on voit bien qu'il y a des budgets qui augmentent beaucoup
dans d'autres politiques sur les coûts de fonctionnement de notre Europe, etc.,
où on peut se mettre d'accord.
Ensuite, on a la nécessité d'avoir de nouvelles politiques et sur le spatial,
on s'est mis d'accord sur IRIS², sur le numérique, sur les technologies vertes,
sur des sujets de défense, l'IA, le quantique. On veut une politique européenne
ambitieuse. Si on veut défendre le marché unique, on ne peut pas renvoyer ça
aux budgets nationaux, sinon on détricote le marché unique. Donc ce qu'on a
appelé là ce fonds de compétitivité, ces dépenses d'avenir, appelez-le comme
vous voulez, c'est aussi un pilier très important du prochain budget. Et
derrière ça, nous, ce qu'on fait, c'est qu'on va travailler ensemble pour
regarder où est-ce qu'on peut faire les coupes intelligentes pour que ça
revienne à un niveau raisonnable mais ambitieux. Et on a besoin de cette ambition.
Et préparer ensemble notre réponse aussi à ce que la Commission nous prépare
sur les ressources propres, très important.
Dans les prochaines semaines, la discussion sur les ressources propres, elle
est clé. Pourquoi ? Parce que les ressources propres que l'Union peut
avoir, qui sur une taxe numérique, qui sur le mécanisme d'ajustement carbone
aux frontières ou autre, c'est ce qui vous permet d'avoir plus
d'investissements européens sans avoir plus de contributions nationales,
surtout de la part des pays comme nous qui sont des contributeurs nets. Donc
voilà l'esprit dans lequel on va travailler et en bâtissant un accord et un
compromis.
> Sur la Chine, les chiffres, ils sont assez simples et
assez clairs. On peut dire ce qu'on veut, la Chine, c'est en aide aux
entreprises 8 fois la moyenne de l'OCDE. La Chine, ça représente à peu près 15
% du commerce mondial et c'est 35 % des produits manufacturés. Si ça ne
s'appelle pas une surcapacité ! Et c'est l'effondrement du marché
domestique.
Ce qui fait que nous, Européens, on est un facteur d'ajustement du déséquilibre
entre offre et demande chinois. C'est vraiment très clair. Et on l'est encore
plus post-tarifs américains. Donc, il est clair qu'on doit régler ça. Et il n'y
avait pas forcément de convergence au début entre nous. Rappelez-vous, quand la
Commission a lancé son enquête sur les véhicules électriques venant de Chine,
elle a fait d'ailleurs une approche très fouillée, différenciée entreprise par
entreprise. On n'était pas d'accord en franco-allemand à cette époque-là. Là,
vraiment, on est d'accord parce que les chiffres sont là. Il y a une vraie
convergence historique. Et donc, on ne doit insulter personne, on n'est pas du
tout pour faire un decoupling, comme on le dit en bon français ou en bon
allemand, avec la Chine. On est pour à la fois nous dérisquer, réduire nos
dépendances, d'où ce qu'on veut faire ensemble sur la technologie, les matières
premières critiques, mais on est pour protéger nos entreprises. Des mesures de
sauvegarde, des mesures, ce qu'on demande à la Commission, et au fond, pas
mettre 18 mois pour faire une enquête.
Il y a un secteur qui est menacé par une attaque de l'industrie chinoise et ça
se voit tout de suite, quelque part, des mesures d'urgence et des procédures
d'alerte que la Commission pourra prendre pour pouvoir tout de suite réagir et
protéger notre base industrielle. Et ça, il faut réussir à le faire dans un
dialogue avec la Chine pour qu'elle comprenne que sinon, elle nous place dans
une position impossible. Mais c'est fondamental.
Et à côté de ça, j'insiste sur 2 autres choses et je conclurai là. On doit
défendre le contenu européen parce qu'au-delà de la Chine, plus largement, on
est le seul grand espace qui ne défend pas son contenu domestique. La Chine,
elle a une préférence chinoise. Elle défend un contenu chinois, elle défend un
capital chinois. Les États-Unis d'Amérique et même l'Amérique du Nord à travers
le NAFTA, ils défendent un contenu, surtout quand il y a des subventions
fédérales. Nous, en Europe, on est les seuls jusqu'à présent à ne pas le faire.
On commence à le faire, mais il faut le faire, il faut le faire. Et l'Europe,
c'est 27, parce que le budget, on est 27 à payer.
Les Marocains, les Turcs qu'on aime beaucoup, avec lesquels on a un lien
industriel et qui sont des partenaires de confiance, ils ne sont pas dans le
budget européen. Nos partenaires commerciaux, l'Inde ou autres, qui sont des
gens de confiance avec qui on a une relation amicale, on les aime beaucoup, on
veut commercer, mais ils ne sont pas dans le budget européen. Donc on défend
une préférence européenne et un contenu européen qui est vraiment à 27, parce
que c'est sur des dispositifs que les Européens à 27 payent. Et on doit
défendre notre emploi à 27.
Et mon dernier point, c'est qu'on doit compléter tout ça, et je salue vraiment
ce que le chancelier avait lancé dans la discussion au G7 il y a quelques
semaines, d'un dialogue sur le change avec la Chine. C'est très important.
C'est-à-dire qu'on doit vraiment réengager avec la Chine un dialogue
stratégique, nous Européens, parce qu'aujourd'hui on a un renminbi qui a une
relation à l'euro qui n'est pas soutenable et qui ne correspond pas aux termes
de l'échange. Il ne peut pas y avoir un tel excédent commercial de leur part et
un renminbi autant dévalué par rapport à l'euro. Ce n'est pas soutenable. Et
ça, et la fermeture de leurs marchés financiers est un problème pour la
relation commerciale et financière entre nos 2 espaces. Et donc, ça, on doit
l'aborder de manière extrêmement respectueuse, mais volontariste.
> [Déclaration à l’occasion de l’ouverture du 26e Conseil
des ministres franco-allemand] Je commencerai par là où Monsieur le Chancelier vient de
terminer, pour le remercier, évidemment, de son accueil, pour l'entretien que
nous allons avoir avec nos équipes, puis le tête-à-tête que nous aurons ce
soir, pour organiser ici ce Conseil franco-allemand de défense et de sécurité,
puis notre Conseil des ministres franco-allemand, et de le faire quelques jours
après sa présence si importante pour notre fête nationale.
Et c'est vrai qu'avoir cette image de la Coalition des volontaires avec le
Président ukrainien sur nos Champs-Élysées, avoir les troupes de cette
Coalition des volontaires qui défilaient aux côtés de nos troupes au lendemain
d'une réunion de cette Coalition de volontaires était très important. Et avoir
mon ami le Chancelier Friedrich Merz à mes côtés était pour moi quelque chose
de très important, de ce que nous sommes en train de faire avec cette Europe de
la puissance qui conjugue nos forces, qui respecte les spécificités de chacun
et chacune, mais montre ce réveil stratégique européen.
Et je veux vraiment te remercier à nouveau d'avoir été là et des avancées
que nous avons pu conduire. Comme vient de le dire Monsieur le Chancelier, nous
allons, lors de ces entretiens, évidemment revenir sur les grands sujets
internationaux, notre soutien à l'Ukraine et la paix et la sécurité en Europe,
la situation au Proche et Moyen-Orient, mais on va aussi renforcer l'agenda
bilatéral et européen. Et avec quelques priorités, les sujets de sécurité et de
défense, où en matière de dissuasion avancée, d'alertes précoces, de tirs dans
la profondeur, de capacités communes. Nous voulons redonner une nouvelle
dynamique, sur le spatial, où nous voulons là aussi, et on a un texte qui
marque notre ambition et nos volontés communes d'avancer en franco-allemand et
en européen, en matière d'innovation, avec ce qu'on va faire sur le quantique
et l'intelligence artificielle, de convergence énergétique, Monsieur le
Chancelier l'a rappelé.
Au-delà de cet agenda bilatéral et européen, c'est aussi ce que nous
voulons faire en matière d'industrie européenne, pour la protéger, mais aussi
pour la projeter dans le XXIème siècle. Et qu'il s'agisse d'investissements,
d'innovations, de protection commerciale, je crois pouvoir dire que les
derniers mois ont marqué aussi une vraie convergence franco-allemande dans
l'agenda européen, et nous aurons l'occasion d'y revenir, en particulier en
revenant sur nos échanges très fructueux qu'on avait eus ensemble au G7, sur la
question du change ou sur la relation à la Chine. Et puis, ces conseils
permettent aussi de revenir sur les questions transfrontalières, les échanges
humains, la coopération transfrontalière en matière de santé, de transports,
nos coopérations en matière universitaire et de recherche, ce qui nourrit aussi
notre relation bilatérale.
En tout cas, je suis très heureux de pouvoir être là ce soir et demain, aux
côtés de Monsieur le Chancelier, demain avec nos ministres, et de pouvoir
avancer dans ce moment qui est celui d'un réveil stratégique européen, mais qui
est la consolidation aussi de ce réflexe franco-allemand qui était au cœur de
nos discussions dès les premiers jours de votre mandat, quand on a lancé
ensemble cette initiative en mai 2025, et puis, évidemment, dès le sommet de
Toulon. Et donc, on va ici le poursuivre.
> Le constat en 2017 était sans appel : quinze ans sans nouveau Canadair, dix ans sans nouveau Dash, une flotte aérienne vieillissante et une chaîne de production à l’arrêt. Depuis 2017, nous avons changé d’échelle en investissant plus d’1,5 milliard d’euros pour renforcer les moyens de la sécurité civile. Dès 2017, plus de 400 millions d’euros ont permis l’acquisition de six Dash 8 MRBET pour remplacer les anciens Tracker et renforcer la lutte contre les feux de forêt. À partir de 2022, plus d’un milliard d’euros supplémentaire a été engagé pour renouveler la flotte d’hélicoptères, acquérir de nouveaux Canadair, renforcer les moyens aériens et financer plus de 1000 camions-citernes supplémentaires. Jamais la Nation n’avait autant investi dans la sécurité civile. Cet effort se poursuivra.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> L’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des mineurs vient
d’être adoptée par amendement dans le cadre de l’examen du projet de loi
relatif à la protection de l’enfance. Le Gouvernement a fait un choix clair :
soutenir cette avancée. C’est un moment important. Et tout sera mis en œuvre
pour la sécuriser juridiquement, y compris en saisissant le Conseil d’État si
nécessaire. La rapporteure LFI a expliqué qu’une telle réforme ne devrait pas
être adoptée par amendement mais dans un autre texte. Après dix ans de débats,
il est difficile de dire aux victimes qu’il faudrait encore attendre pour des
raisons de procédure. Le vote solennel sur le projet de loi aura lieu la
semaine prochaine. J’espère que chacun sera au rendez-vous de ses
responsabilités.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> J’ai accompagné le Premier ministre à Rabat pour la 15ᵉ Réunion de haut
niveau franco-marocaine, qui marque une nouvelle étape dans le renforcement du
partenariat entre la France et le Maroc. Face aux défis communs, nous
poursuivrons cette dynamique notamment avec la conclusion d’un accord
sécuritaire global afin de renforcer encore notre coopération contre le
terrorisme, le narcotrafic et l’ensemble des trafics. La sécurité de nos
concitoyens exige une coopération internationale exigeante et concrète !
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Aux côtés du Président de la République, de la ministre des Armées et des
Anciens combattants, et avec mon homologue allemand le général Karsten Breuer
pour le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité CFADS. Dans un
contexte stratégique de multiplication des menaces, la France et l'Allemagne
veulent renforcer la défense en Europe. Cette ambition se traduit par un
approfondissement de notre coopération dans la suite du discours du President
de la Republique de mars 2026 sur la dissuasion avancée. Un travail conjoint
sur le spatial et d'autres domaines clés. L'aide à l'Ukraine pour le retour de
la paix sur notre Continent était également au cœur des discussions.
> La France et la Roumanie coopèrent pour le
réarmement européen. Dans le cadre de l'emprunt SAFE, la Roumanie signe
l'acquisition de 12 hélicoptères militaires auprès d'Airbus et de 12 radars de
surveillance aérienne auprès de Thales. Incluant des coopérations industrielles
locales, c’est un nouveau succès pour la base industrielle et technologique de
défense européenne. Ces acquisitions ont été réalisées en coopération avec la DGA,
qui fait encore une fois preuve de son savoir-faire au service de nos
partenaires. Je me félicite de cet engagement qui renforcera encore davantage
l’interopérabilité entre les forces françaises et roumaines, déjà incarnée par
le rôle de nation cadre occupé par la France dans le déploiement de l’OTAN en
Roumanie.
La France et la Roumanie coopèrent en vue d’un réarmement européen. Dans le
cadre du programme SAFE, la Roumanie a signé un contrat pour l’acquisition de
12 hélicoptères militaires auprès d’Airbus et de 12 radars de surveillance
aérienne auprès de Thales. En intégrant des partenariats industriels locaux,
cette initiative représente un nouveau succès pour la base technologique et
industrielle de défense européenne. Ces acquisitions ont été réalisées en
coopération avec la Direction générale de l’armement de France, qui démontre
une fois de plus son expertise au service de nos partenaires. J’accueille avec
satisfaction cet engagement, qui renforcera encore davantage l’interopérabilité
entre les forces françaises et roumaines, une relation déjà illustrée par le
rôle de nation-cadre tenu par la France dans le cadre du déploiement de l’OTAN
en Roumanie.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
Changement d'échelle dans nos relations avec le Maroc lors de la 15e Réunion de
haut niveau franco-marocaine co-présidée par Aziz Akhannouch, Chef du
gouvernement marocain et le Premier ministre.
Cette rencontre marque une nouvelle étape importante dans la coopération
économique entre nos deux pays. Les engagements pris par le président de la
République et Sa Majesté le Roi Mohammed VI se transforment en actions
concrètes, porteuses d'opportunités, de croissance et d’emplois pour nos deux
Nations.
Nous concrétisons ensemble des projets ambitieux : modernisation des
infrastructures de transport pour fluidifier les échanges commerciaux (avec
notamment un engagement de 100 M€ de l’ADF en faveur du projet de RER de Rabat),
développement d’une interconnexion électrique pour renforcer notre sécurité
énergétique, et partenariats dans l’innovation et la formation afin de préparer
les compétences de demain.
Nous pouvons également nous féliciter du maintien du dispositif de
bibancarisation, qui facilite les démarches bancaires des Marocains établis en
France et auquel la France a fortement œuvré.
J'ai aussi eu des échanges
chaleureux avec Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, et Ryad
Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, afin d’approfondir nos
coopérations sectorielles et de renforcer les liens économiques entre
nos deux pays.
Je tiens à remercier nos amis marocains pour leur accueil exceptionnel et la
qualité de nos échanges. Le travail se poursuit pour bâtir ensemble un
écosystème gagnant-gagnant, au service de l’avenir de nos entreprises et de nos
populations.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Soyons clairs. La France et les Européens ne toléreront aucune tentative
d’ingérence étrangère dans leurs processus électoraux, d’où qu’elle vienne.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> Le RN est le seul parti qui parvient à alourdir la charge de la dette sans
même être élu : à chaque sondage qui lui est favorable, les taux d'intérêt
augmentent, et il coûte aux Français avant même l'élection. C’est dire.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Quand on a brisé l'innocence des enfants, quand on a violé des enfants,
c'est la perpétuité qui doit pouvoir être prononcée. Ce n'est pas de la
surenchère, c'est de la justice !
> Le temps ne protègera plus les bourreaux. L’imprescriptibilité pour les crimes sexuels commis sur nos enfants est une victoire de la justice.
> Il y a des spécificités liées au racisme comme à l'antisémitisme. Des spécificités à reconnaître, comprendre, combattre. Mais en France on ne hiérarchise pas les haines. On les combat toutes. C'est la force de notre modèle universaliste. C'est le cadre de la loi que j'ai présentée.
> Oui, nous ferons la loi intégrale. La dynamique est lancée. L'examen aura lieu dès cet automne.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Le Conseil national de la Transition écologique vient d'adopter son avis
sur la feuille de route environnementale des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver
2030. Cet avis clôture une phase essentielle de concertation avec les acteurs
de l'eau, de la biodiversité et de la montagne. Notre objectif : des Jeux
sobres et utiles aux territoires de montagne qui démontreront que l’on peut
organiser un grand événement international dans les limites de la planète.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> [Musk soutien Le Pen] On a les soutiens qu’on mérite. AFD en Allemagne,
Orban en Hongrie, Tommy Robinson au Royaume-Uni. S’il y a bien quelque chose de
remarquable chez Elon Musk c’est sa constance.
● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Grande victoire pour les enfants ! L'assemblée nationale vient d'adopter,
pour la première fois, un article du projet de loi protection de l'enfance qui
consacre l'imprescriptibilité des crimes commis sur les enfants. Parce que nous
leur devons protection. Parce que nous leur devons de recueillir leur parole,
lorsqu'elle se libère, même très tardivement. Cela a toujours été ma conviction
profonde. Je me félicite de ce vote.
> Protection des enfants ! Sur ma proposition, l’Assemblée nationale a adopté cette nuit, pour la première fois, la création d’une ordonnance de sûreté de l’enfant dans le cadre du projet de loi pour la protection des enfants. Cela permettra à la justice de prendre très rapidement toutes les mesures urgentes liées au principe de précaution en cas de suspicion d’inceste ou de maltraitance d’un enfant en attendant d’avoir les résultats de l’enquête. Ce texte permet aussi pour la première fois, la fin de la non-présentation d’enfant comme délit. Écouter les enfants et les parents protecteurs est un devoir, c’est le sens de ce vote.
> Comme je m’y étais engagé, j’ai débuté aujourd’hui les réunions de travail avec chacun des 36 procureurs généraux, sur la base des rapports qu’ils m’ont rendus concernant les violences sexuelles commises sur les mineurs. Cette opération inédite a déjà permis de réexaminer 69 626 dossiers sur l’ensemble du territoire. Un engagement pleinement tenu grâce à la mobilisation de tous. Elle se traduit par des résultats concrets : 1 350 informations judiciaires ouvertes (+309 %) et 675 incarcérations (+173 %). Aujourd’hui, j’ai échangé individuellement avec les procureurs généraux de 5 cours d’appel : Lyon (3 148 procédures réexaminées), Grenoble (1 414 procédures réexaminées), Chambéry (714 procédures réexaminées), Besançon (1 198 procédures réexaminées) et Dijon (1 290 procédures réexaminées). Soit plus de 7 700 procédures déjà réexaminées dans ces seuls ressorts grâce à la mobilisation des magistrats des parquets, des greffes, des agents et des forces de l’ordre. J’ai, avec chacun d’entre eux, échangé sur les enjeux de leur territoire. Ces réunions avec les 36 procureurs généraux se poursuivront dès demain et jusqu’à la fin du mois de juillet.
> Réexamen des plaintes concernant les mineurs victimes d’infractions sexuelles : J’ai échangé aujourd’hui, un par un, avec les procureurs généraux de 3 cours d’appel de l’est de la France, pour faire le suivi sur tous les dossiers de leurs tribunaux. Dans le ressort de la cour d’appel de Metz, 750 procédures relatives à des infractions sexuelles sur des mineurs ont été réexaminées, pour lesquelles 79% des auteurs ont été identifiés. Concernant la cour d’appel de Colmar, ce sont 1 215 procédures qui ont été réexaminées, ainsi que 786 pour la cour d’appel de Nancy, où 36% des affaires concernent des faits criminels. Soit plus de 2 700 procédures déjà réexaminées dans ces seuls ressorts grâce à la mobilisation des magistrats des parquets, des greffes, des agents et des forces de l’ordre, que je remercie pour leur engagement.
> Le budget 2027 sera historique pour la Justice. Il s'établit à 11 milliards d'euros, soit 460 millions € supplémentaires par rapport à 2026, bien au-delà de ce que prévoyait la loi de programmation. C'est le budget le plus important jamais alloué à la Chancellerie. 1 400 emplois supplémentaires seront créés : 680 pour l'administration pénitentiaire, 287 magistrats, 50 pour la protection judiciaire de la jeunesse, et pour la première fois, 50 postes dédiés au numérique. À titre d’exemple : 70 millions d'euros mobilisés sur deux ans pour la transformation numérique, des primes pour les agents pénitentiaires, des salles d'audience sécurisées, des prisons modulaires, un pacte Justice pour les outre-mer…
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> L’Assemblée nationale a adopté les principes du fichier d’interdits
d’école et du contrôle d’honorabilité renforcé, pour les personnels de
l’Éducation nationale comme pour les intervenants extérieurs. Une première
étape importante pour renforcer la protection de nos enfants.
> Le projet de loi pour la protection des enfants comporte une avancée majeure que je défends depuis plusieurs mois : la création d'une « liste noire », un fichier d'interdits d'École. Concrètement, toute personne condamnée ou licenciée en raison d'un comportement inapproprié envers des mineurs ne pourra plus exercer à leur contact, que ce soit à l'École, dans le sport ou dans le périscolaire. Protéger les enfants est une priorité absolue du Gouvernement.
> Éduquer à la vie affective et relationnelle, c’est protéger nos enfants. Depuis la rentrée de septembre 2025, un programme d'éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR), et à la sexualité dans le second degré (EVARS), a été mis en place. Avant sa mise en œuvre, seuls 15 % des élèves avaient bénéficié d'une séance d’EVAR-EVARS. Cette année, ce taux atteint 75 %. Ce programme joue un rôle de prévention majeur. Il aide aussi les enfants à mettre des mots sur ce qu’ils vivent. Il libère la parole. Il permet de détecter des situations de danger qui, hier, restaient invisibles. La quasi-totalité des écoles proposent aujourd'hui au moins une séance. Au collège et au lycée, nous devons clairement aller plus loin. C’est pourquoi nous accélérerons dès la rentrée, avec une formation plus massive des professeurs et des temps dédiés inscrits dans le calendrier scolaire.
> Quand on dépose son enfant à l’école le matin, on connaît le nom du professeur et de l’ATSEM qui l’encadrent, mais pas celui des personnes qui sont avec lui sur le temps périscolaire. Cette différence est incompréhensible. C’est pourquoi nous souhaitons que chaque famille puisse connaître l’identité des animateurs qui accompagne son enfant au quotidien. Cette transparence est indispensable pour renforcer la relation de confiance entre les familles et l’École.
> Avec le projet de loi sur la protection des
enfants, nous renforçons considérablement le contrôle des antécédents
judiciaires de toutes les personnes qui exercent au contact des élèves :
- Les personnels de l'Éducation nationale feront l'objet d'un contrôle
d’honorabilité régulier, en plus du contrôle systématique déjà effectué à
l'embauche.
- Les intervenants extérieurs devront désormais présenter une attestation
d'honorabilité avant de pouvoir rentrer dans l’enceinte scolaire.
> L'École ne se construit pas seulement au
ministère de l'Éducation nationale. Elle se construit avec les maires, les
départements, les régions. Ce matin, j'ai réuni le comité ministériel des élus
locaux autour de deux sujets concrets :
- La canicule. Fermetures, aménagements, équipements… Nous avons fait le bilan
des derniers épisodes avec les élus pour mieux faire face à l'avenir.
- La baisse massive du nombre d'élèves, qui est une réalité dans presque tous
les territoires. Pour y répondre, nous expérimentons une autre logique dans 18
départements, où la carte scolaire ne descend plus de Paris, elle remonte du
terrain à partir des propositions des acteurs locaux et des élus.
Dialoguer, anticiper, décider ensemble, c’est ainsi que nous préparons l'École
de demain.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Avec Édouard Geffray et les recteurs pour un comité de pilotage
Parcoursup. La campagne complémentaire se poursuit et tout le monde sera sur le
pont tout l’été pour proposer des solutions aux jeunes encore en attente. Mon
message aux candidats qui n’ont pas encore de solution : nous sommes là pour
vous accompagner ! Saisissez la commission d’accès à l’enseignement supérieur
(CAES) dans votre rectorat. Les équipes sont d’ores et déjà à la tâche pour
regarder, dossier par dossier, les meilleures options à proposer aux candidats.
Merci aux équipes et aux rectorats de leur engagement !
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Retour de Brühl pour le Conseil des ministres franco-allemand. Nous
avançons ensemble pour renforcer nos deux pays et porter une ambition commune
en Europe:
- soutenir notre compétitivité en simplifiant nos normes et approfondissant le
marché intérieur européen.
- renforcer la sécurité économique de l’UE face au défi commercial chinois
- développer des partenariats dans des secteurs stratégiques comme le spatial,
l’IA et la défense
- combattre les manipulations de l’information et la désinformation, en
renforçant nos démocraties
- assurer un budget européen ambitieux pour investir dans l’avenir
- simplifier la vie de nos concitoyens transfrontaliers.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Le nucléaire est une fierté française.
Au Tricastin, de la centrale EDF aux installations d’Orano, j’ai vu un
territoire qui incarne notre souveraineté énergétique.
Avec l’un des principaux pôles nucléaires d’Europe et une candidature à
l’accueil d’une paire d’EPR2, j’ai mesuré l’attente et l’engagement des élus,
des salariés et de tout un territoire.
Soyons clairs : les projets portés ici sont des projets d’intérêt national. Ils
renforcent notre indépendance énergétique, notre compétitivité et notre pouvoir
d’achat.
Face aux tensions géopolitiques et à la volatilité des prix, la priorité est de
sortir de notre dépendance aux énergies fossiles importées.
La France possède des atouts exceptionnels, grâce à des entreprises de
référence mondiale et à des savoir-faire industriels uniques, comme ici dans la
Drôme.
Notre ambition doit être à la hauteur de ces atouts : réussir une transition
énergétique exemplaire en misant sur un mix équilibré. Le nucléaire et les
énergies renouvelables ne s’opposent pas, ils se complètent.
C’est le cap que nous devons tenir.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> 81,6%. Pourquoi la baisse historique du taux de réussite au brevet est un
signal important ? Parce que nous nous devons la vérité aux jeunes et à leurs
parents. Et la vérité, c'est que le brevet est devenu un diplôme au rabais.
Non, 90% de nos élèves de 3ème n'ont pas le niveau pour passer en seconde.
C'est pourquoi en tant que ministre de l'Éducation nationale, en 2023, j'avais
décidé de mettre fin au « correctif académique » : un système qui venait
gonfler artificiellement les notes des élèves au brevet. J’avais par ailleurs
pris des décisions pour réformer le brevet valorisant davantage l'examen final.
Cette baisse historique du taux de réussite, de près de 10 points, est donc un
signal important car elle commence à rétablir enfin la vérité sur le niveau
réel de notre École. Et elle envoie un signal d'exigence plus fort à nos élèves
et à leurs parents. Mais cela ne suffira pas. Un examen qui a du sens, c’est un
examen qui a des conséquences. Il faut désormais aller plus loin : un élève qui
n'a pas son brevet n'a pas le niveau pour entrer en seconde. Je souhaite ainsi
rendre le brevet obligatoire pour passer en seconde.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Après avoir voulu désarmer la police, Jean-Luc Mélenchon a voulu
désarmer les pompiers. Il a voté contre les 800M€ de moyens supplémentaires que
nous avons consacrés à la lutte contre les incendies. Je rappelle que nous,
nous avons augmenté de 60 % le budget de la sécurité civile.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Loi d'urgence agricole : je laisse à d'autres les réactions à
l'emporte-pièce et les caricatures. Les postures sont faciles, essayer de dire
la vérité aux gens l'est beaucoup moins. Je préfère revenir calmement sur la
manière dont s’est déroulée la commission mixte paritaire. Ce texte apporte
d'abord les réponses concrètes attendues par le monde agricole : stockage de
l'eau et projets hydrauliques facilités, troupeaux protégés du loup, bâtiments
d'élevage simplifiés, vols et dégradations durement sanctionnés, négociations
commerciales encadrées pour défendre le revenu des agriculteurs. Concernant
l'acétamipride, je le dis sans détour : cette disposition n'avait rien à faire
dans ce texte et elle a été introduite, à la manière d'un cavalier législatif,
pour fracturer l'opinion. Ceux qui s'obstinent font prendre un risque à
l'ensemble du texte, donc aux agriculteurs qui l'attendent. Reste des
garde-fous que nous devons souligner avec Jean-René Cazeneuve. Son utilisation
devra être exceptionnelle et dérogatoire : strictement limitée dans le temps,
réservée à environ 0,5% des surfaces agricoles françaises et soumise à quatre
conditions cumulatives (impasse technique sans alternative, filière menacée
dans sa survie, programme de recherche, garanties sanitaires et
environnementales). Point crucial de la négociation menée par Julien Dive: il
sera impossible de l'utiliser sans l'aval de l'Anses. C'est la science qui
décidera, pas la politique. Ce qui avait été interdit en 2016 sans l’avis de
l’Anses ne pourra être autorisé sans l’autorisation de cette dernière. Seule la
science décidera. À ceux qui crient au scandale, je rappelle qu'en mai 2025 un
amendement socialiste, cosigné notamment par Olivier Faure et Boris Vallaud,
réclamait précisément ce verrou : un avis conforme de l'Anses. Le texte de la
CMP va au-delà. Parmi les autres excès du texte sénatorial que nous avons
corrigés : certains voulaient promettre aux agriculteurs des volumes d'eau
inchangés même en pleine sécheresse (ne leur mentons pas). Les zones humides
restent protégées. Les décisions locales sur l'eau continueront d'être prises
ensemble, par les élus, les agriculteurs, les habitants et l'État. Avec mon
groupe parlementaire, nous défendons une écologie pragmatique, qui protège la
planète sans abandonner ceux qui nous nourrissent. Nous laissons les totems aux
autres. Ils ne font avancer rien ni personne. C'est dans cet esprit que je me
suis abstenu lors du vote final de la CMP : je veux consulter mon groupe et
décider avec eux de la marche à suivre lors du vote final prévu lundi. Notre
boussole : être utiles aux agriculteurs (réellement et pas seulement par
posture), défendre la souveraineté alimentaire de la France et préserver
l'environnement. J'assume de tout faire pour trouver des positions d'équilibre
qui respectent les Français dans leur ensemble.
● Parti radical
> Loi sur la fin de vie : une avancée sociétale majeure
Après un long chemin, commencé notamment avec Henri
Caillavet, sénateur radical qui déposa dès 1978 une première proposition de loi
sur le droit de vivre sa mort, l’adoption définitive par l’Assemblée nationale
du texte relatif à l’aide à mourir marque une étape importante dans la
reconnaissance d’un nouveau droit pour les Français confrontés aux situations
de fin de vie les plus difficiles.
Tout au long de l’examen de ce texte, les parlementaires radicaux ont pris
toute leur part à un débat qui touche à l’intime et engage profondément notre
conception de la liberté, de la dignité et de la solidarité. Joël Giraud et
David Valence, députés membres de la commission spéciale à l’Assemblée
nationale, ainsi que Véronique Guillotin et Bernard Fialaire, sénateurs du
groupe RDSE membres de la commission spéciale au Sénat, ont contribué à ce
travail parlementaire exigeant.
Fruit d’un long débat démocratique, ce texte apporte une réponse à des
situations humaines douloureuses et à l’attente de nombreux Français, tout en
appelant à la vigilance et au respect des convictions de chacun.
La reconnaissance de ce nouveau droit ne saurait en aucun cas se substituer à
l’impératif d’un accès effectif et égal aux soins palliatifs sur l’ensemble de
notre territoire. Leur développement demeure une nécessité absolue et un
engagement que les Radicaux ont toujours porté.
Il nous appartient désormais de veiller, avec responsabilité et vigilance, à ce
que ce nouveau droit s’exerce dans le strict respect de la volonté de chacun et
s’accompagne partout en France d’une politique ambitieuse en faveur des soins
palliatifs.
Nathalie Delattre (présidente)
> L’adoption du texte relatif à l’aide à mourir marque une avancée
sociétale et la reconnaissance d’une liberté nouvelle. Cette liberté,
strictement encadrée et jamais imposée, devra toujours s’accompagner d’un accès
effectif et égal aux soins palliatifs partout en France.
Sur un sujet aussi intime, il ne peut y avoir ni triomphalisme ni certitudes
faciles. Je respecte profondément les convictions, les interrogations et les
réticences que ce texte peut susciter. Je crois néanmoins que nous devions
pouvoir apporter une réponse à celles et ceux qui, confrontés à des souffrances
insupportables et sans perspective d’amélioration, souhaitent pouvoir choisir
leur fin de vie dans un cadre strictement défini. Ce nouveau droit est une
liberté offerte, jamais une obligation. Qu’elle soit exercée ou non, son
existence peut aussi être, pour certains de nos concitoyens, une forme
d’apaisement. Mes pensées vont d’abord vers les personnes en fin de vie, leurs
proches et tous les soignants qui les accompagnent avec humanité et dignité.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Elon Musk soutient désormais ouvertement Marine Le Pen. C'est son droit.
Ce qui ne l'est pas, c'est d'utiliser la puissance de sa propre plateforme pour
peser sur le débat démocratique. Je n'invente rien. Elon Musk a déjà utilisé X
comme un levier politique. Il a soutenu publiquement l'AfD en Allemagne, donné
une tribune à sa dirigeante Alice Weidel, multiplié les prises de position en
faveur de Reform UK au Royaume-Uni et utilisé son immense audience pour
intervenir directement dans plusieurs campagnes électorales. Une étude publiée
dans les Proceedings of the National Academy of Sciences a analysé les données
de près de 2 millions d'utilisateurs. Sa conclusion est sans ambiguïté : dans 6
des 7 pays étudiés, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, l'algorithme
amplifiait davantage les contenus des partis de droite que ceux des partis de
gauche. Plus récemment, une étude indépendante publiée dans Nature, fondée sur
une expérimentation auprès de 4 965 utilisateurs de X, montre que la plateforme
ne se contente pas de refléter les opinions : elle les influence. Les
chercheurs concluent que l'algorithme expose davantage les utilisateurs à des
contenus conservateurs, réduit la visibilité des médias traditionnels, favorise
les comptes d'activistes politiques et peut déplacer les opinions vers des
positions plus conservatrices. En France aussi, les alertes se multiplient. Les
performances exceptionnelles de certains comptes d'extrême droite, notamment
celui de Sarah Knafo, ont conduit plusieurs médias, chercheurs et observateurs
à s'interroger sur un possible traitement préférentiel par les algorithmes de
X. Le débat existe, les investigations aussi. Et il mérite toute notre
attention. À l'approche de la présidentielle, nous ne pouvons pas faire comme
si tous ces précédents n'existaient pas. Et pendant ce temps, l'administration
Trump franchit une nouvelle étape : elle propose désormais des financements
publics à des associations européennes alignées sur l'idéologie MAGA pour,
selon ses propres termes, lutter contre la « censure » et renforcer les « liens
civilisationnels » entre les États-Unis et l'Europe. Quand les soutiens
politiques, les algorithmes et désormais les financements étrangers convergent
dans la même direction, il ne s'agit plus d'une succession de coïncidences,
mais d'une attaque contre notre modèle. L'Europe dispose des outils pour
protéger ses démocraties. Utilisons tout notre arsenal législatif et
réglementaire pour nous assurer que ce ne sont ni les algorithmes ni les
milliardaires qui déterminent le choix des électeurs.
> La loi sur la fin de vie votée hier par l’Assemblée nationale est une avancée historique. Elle répond à une attente très largement partagée par les Français. Cette loi est le fruit d’une méthode exemplaire, associant l'ensemble des parties prenantes dans un dialogue approfondi. Elle crée un droit, jamais une obligation. Une loi de liberté, de dignité et d’humanité, qui comptera parmi les grandes lois des deux quinquennats d’Emmanuel Macron.
Pascal Canfin (député)
> Vous n’en avez sans doute pas encore entendu parler mais se joue en ce
moment à Bruxelles un affaiblissement inédit des règles qui encadrent la mise
sur le marché des pesticides en Europe. Un démantèlement qui fait passer la loi
Duplomb pour un travail d’enfant de chœur, et nous rapproche des systèmes de la
Chine ou du Brésil.
La Commission européenne a proposé en décembre dernier d'autoriser la vaste
majorité des pesticides de manière illimitée, en supprimant purement et
simplement les périodes de réévaluation qui ont lieu tous les 10 ou 15 ans — et
qui permettent de les évaluer au regard des risques sanitaires et
environnementaux et de l'évolution des données scientifiques les plus récentes.
Il est évident que les pesticides doivent être encadrés au mieux. Pas par
idéologie, mais tout simplement parce que comme tous les produits chimiques ils
comportent des risques. Pour les agriculteurs, pour les riverains mais aussi
pour les citoyens dans leur ensemble qui consomment de l’eau dans laquelle on
retrouve encore aujourd'hui des métabolites de pesticides interdits pourtant
depuis vingt ans.
Si les pesticides sont autant utilisés par les agriculteurs, c’est qu’ils
répondent à une fonction d’assurance contre les risques de court terme comme la
présence d’une maladie ou d’un ravageur et contribuent à garantir les
rendements de l’année. Il est important de comprendre pourquoi ils sont
utilisés, non pour conclure qu’ils ne posent aucun problème, mais justement
pour analyser par quoi ils pourraient progressivement être remplacés ! Car
cette fonction d’assurance - absolument nécessaire - peut être fournie par des
substances biocontrôles non chimiques, des pratiques agronomiques différentes,
des nouvelles techniques génomiques, de l’agriculture de précision, ou en
encore par des substances chimiques nettement moins dangereuses que celles
présentes sur le marché. Je suis favorable à toutes ces alternatives qui
offrent des solutions aux agriculteurs.
C’est pour toutes ces raisons que je suis absolument opposé au démantèlement du
régime d’autorisation des pesticides.
La proposition de la Commission est inacceptable pour la santé des européens.
Et si la réforme qu'elle propose va déjà dans la mauvaise direction, la
négociation qui s'engage maintenant au Parlement européen va plus loin encore :
les eurodéputés italiens proches de Georgia Meloni, qui pilotent ce dossier,
ont proposé des dérogations sans limite de temps pour des substances parmi les
plus dangereuses — celles que la Commission écartait en raison de leur nocivité
avérée.
L'alliance entre la droite et l'extrême droite, majoritaire pour la première
fois dans l'histoire du Parlement européen depuis 2024, constitue sur ce texte
une véritable bombe sanitaire.
Je vous tiendrai au courant de ce combat qui va entrer en septembre dans sa
phase la plus active avant les votes prévus en octobre.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> [Dette] Nous avons travaillé
sur un temps beaucoup plus long que celui du prochain Budget, en regardant ce
qui se passerait jusqu’en 2035 et jusqu’en 2050 si la tendance actuelle se
poursuivait. Si nous ne faisions aucune réforme et aucun effort supplémentaire,
la dette publique se rapprocherait de 200% du produit intérieur brut en 2050,
soit deux fois ce que la France produit chaque année. Cette échéance peut
sembler lointaine, mais elle correspond seulement à une génération. Pour éviter
cette perte de contrôle, il faut donc engager des efforts et prolonger
certaines réformes dans les toutes prochaines années. (…)
Je ne crois pas aux scénarios de
politique-fiction dans lesquels la France vivrait sous tutelle, car nous sommes
un grand pays et nous avons les moyens de réagir. En revanche, si nous ne
faisons rien sur les dépenses, notamment les dépenses sociales, nous pourrions
connaître une véritable perte de contrôle. Ce qui ferait alors augmenter la
dette publique, ce sont principalement les intérêts de la dette déjà accumulée.
Il faut agir avant d’atteindre une situation dans laquelle les économies
réalisées ne suffiraient même plus à compenser le poids de ces intérêts.
> [Finances
publiques déjà incontrôlable?] Ce
n’est pas du tout la situation actuelle : aujourd’hui, la France conserve une
situation stable et une capacité d’action. Mais le rôle du Haut-Commissariat à
la stratégie et au plan consiste précisément à regarder l’avenir et à alerter
suffisamment tôt. Si nous attendons que la difficulté soit devenue immédiate,
il sera beaucoup plus compliqué de prendre les mesures nécessaires. Il faut
donc anticiper avec des économies dans certains domaines et des réformes
portant notamment sur les retraites, la santé et les autres dépenses sociales,
qui représentent environ la moitié de la dépense publique.
> Il ne faut pas faire du yo-yo
chaque année avec la réforme des retraites. La suspension a été décidée dans le
cadre d’un compromis politique destiné à éviter la chute du gouvernement et
celle du budget, qui auraient créé davantage d’instabilité. Le Premier ministre
a toutefois insisté sur le fait que l’augmentation progressive de la durée vers
64 ans reprendrait : la réforme a été suspendue, elle n’a pas été supprimée.
Cet épisode ne change pas la question de fond, car nous aurons évidemment
besoin de travailler plus et plus longtemps. (…)
Même avec la réforme adoptée en 2023,
l’âge de départ en France resterait inférieur d’environ trois ans à la moyenne
européenne. Nous connaissons en parallèle un choc démographique majeur, avec
désormais davantage de décès que de naissances, ce qui correspond à un solde
naturel négatif. Cette évolution signifie qu’il y aura moins d’actifs pour
financer notre modèle social et les pensions de retraite. Si nous voulons
préserver ce modèle, il faudra que chacun travaille un peu plus longtemps.
(…)
La réforme de 2023 constitue une étape,
mais elle ne règle pas définitivement tous les enjeux liés au vieillissement de
la population. Les débats de l’élection présidentielle permettront de discuter
des modalités précises, des efforts demandés et de leur répartition. Il faudra
naturellement prendre en compte les situations individuelles, les carrières
longues et la pénibilité. Mais on ne pourra pas écarter la réalité
démographique et financière qui impose de travailler davantage.
> Il existe presque
autant de chiffres sur les aides aux entreprises que de rapports consacrés au
sujet. Le Sénat a avancé le montant de 211 milliards d’euros, tandis que
d’autres travaux retiennent des périmètres différents. Après douze rapports
publiés en moins de vingt ans, je pense qu’il faut arrêter de chercher un
chiffre magique qui serait incontestable. Nous proposons plutôt une fourchette
comprise entre 82 et 187 milliards d’euros, selon que l’on intègre ou non les
allègements généraux de cotisations. (…)
Notre objectif est d’abord de créer une
référence transparente, publique et comparable dans le temps. Nous souhaitons
qu’un document présentant ces montants soit annexé chaque année au budget afin
de constater s’ils augmentent ou diminuent. Ensuite, il faut évaluer
régulièrement chaque dispositif, comme le crédit d’impôt recherche, les aides à
l’apprentissage ou les allègements de charges. Selon les résultats, il faudra
pouvoir réduire une aide, la supprimer ou au contraire la renforcer.
> [Réduire les allègements généraux de cotisations?] Ces allègements constituent une politique constante menée par presque tous les gouvernements depuis trente ans et compensent en partie le niveau élevé du coût du travail en France. Augmenter brutalement ce coût serait une mauvaise idée, car cela pourrait entraîner des destructions d’emplois, une baisse de compétitivité et une fragilisation des entreprises. À terme, l’État pourrait même perdre des recettes si l’activité économique ralentissait et si les entreprises créaient moins de richesses. Des ajustements sont possibles et une évaluation régulière est nécessaire, mais ce dispositif reste important, notamment pour maîtriser le coût du travail au niveau du SMIC.
> [Centres de
retour situés hors de l’Union européenne] Il existe de sérieux doutes sur le plan humain, comme l’a indiqué le
Conseil de l’Europe, mais ces dispositifs posent également un problème majeur
d’efficacité. L’Italie a testé un système de ce type avec l’Albanie et a
dépensé plusieurs centaines de millions d’euros pour seulement quelques
dizaines de retours. Le Royaume-Uni a également voulu envoyer au Rwanda des
migrants qui n’avaient aucun lien avec ce pays. Il a finalement transféré
quatre personnes en un an et demi pour un coût proche d’un milliard d’euros.
(…)
La France n’a jamais été favorable à ces
hubs et ne les appliquera pas, non pas parce qu’elle refuserait toute politique
de fermeté, mais parce qu’ils ne fonctionnent pas. Sur le terrain de
l’efficacité, les exemples étrangers sont très mauvais. Ce sont des fausses
bonnes idées qui donnent l’impression d’agir sans produire de résultats réels.
Une politique européenne plus ferme vis-à-vis des pays qui refusent de
reprendre leurs ressortissants serait beaucoup plus efficace.”
> [Présidentielle] Je suis social-démocrate et je suis surtout préoccupé par le risque réel d’une victoire de l’extrême droite. J’aimerais qu’un rassemblement puisse aller du centre gauche républicain jusqu’à une droite clairement opposée à l’extrême droite, sur une base républicaine et pro-européenne. Les responsables concernés doivent discuter dès maintenant, partager des propositions de fond et faire preuve d’un esprit de responsabilité. Je souhaite contribuer à ces échanges et mettre des idées sur la table dans les prochains mois.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> [Introduction au rapport «Pour une protection intégrale des enfants»]
Le 24 juin 2026, le Premier ministre m'a confié la responsabilité de livrer
l’analyse du Haut-commissaire à l’Enfance sur les priorités devant être mises
en œuvre afin de renforcer notre politique de prévention et de lutte contre les
violences faites aux enfants. Il m'a été demandé de hiérarchiser les mesures
les plus urgentes et les plus structurantes, en m'appuyant sur nos travaux, sur
les remontées de terrain dont nous disposons et sur les échanges conduits avec
l'ensemble de l'écosystème de la protection des enfants pour identifier les
actions susceptibles d'être engagées rapidement, qu'elles relèvent du domaine
législatif, réglementaire, budgétaire ou de l'organisation de l'action
publique. Depuis ma nomination en tant que haute-commissaire à l’Enfance le 5
mars 2025, et plus largement grâce aux responsabilités que j’ai eu l’honneur
d’exercer, j’ai eu la chance d’entretenir des échanges constants avec les
associations, les collectifs, les professionnels, les institutions, les
familles et les enfants eux-mêmes. Des retours précieux qui permettent
aujourd’hui de dresser un constat et de proposer un changement de doctrine. Malgré
dix ans de réformes importantes, des professionnels engagés, des institutions
mobilisées, notre système peine à garantir une protection effective des
enfants. Les violences faites aux enfants, quelles que soient les formes
qu’elles prennent, forment un continuum et ne relèvent ni d'un seul ministère,
ni d'une seule collectivité, ni d'une seule profession. Elles appellent une
mobilisation de l'ensemble de la puissance publique organisée comme une chaîne
de protection continue et coordonnée autour du parcours de l'enfant. Dans la
même logique, cette ambition ne pourra être atteinte sans une mobilisation de
la société tout entière. Elle suppose de diffuser une culture minimale commune,
afin que chaque citoyen soit en mesure d’identifier une situation de danger, de
connaître les dispositifs d'alerte et d'agir. La protection des enfants doit
devenir un réflexe collectif. Les vingt mesures prioritaires qui suivent
déclinent cette doctrine en cinq axes (empêcher avant de reconstruire, ne plus
perdre aucun signal, protéger sans délai, accompagner durablement, et faire de
l'enfance une priorité nationale partagée) avec un focus sur le numérique,
constituant à la fois un nouveau terrain de circulation et d’amplification des
violences, mais aussi un levier d'action essentiel pour protéger les enfants. Certaines
de ces recommandations peuvent être mises en œuvre immédiatement. D'autres
trouveront leur traduction dans les prochains textes législatifs. D'autres
encore engageront des réformes plus profondes de notre droit, de notre
gouvernance et de notre organisation administrative. Ensemble, elles dessinent
une stratégie globale fondée sur la prévention, le repérage précoce, la
protection effective, l'accompagnement des victimes et la modernisation durable
de l'action publique. Ce document est remis au Premier ministre ; il s’adresse,
en vérité, au pays tout entier. Le chantier qui s’ouvre dépasse les clivages,
les alternances et les mandats : il engage la parole de la Nation devant ses
enfants. Un jour, ils nous demanderont ce que nous savions et ce que nous avons
fait. Je souhaite que la France puisse répondre : nous avons vu, nous avons
décidé, nous avons construit. Le moment est venu de changer de paradigme pour
placer l’enfant au cœur de l’action publique et de notre société tout entière. Pour
une protection à hauteur d'enfant
> [Déclaration suite
à l'alerte de la cellule VigE-commerce aux parents qui emploient des
Professionnels sur le site internet nounou-top.fr] Confier son enfant est l’un des actes de
confiance les plus importants pour une famille. Cette confiance ne peut jamais
reposer sur des promesses marketing ou des mentions susceptibles de créer un
faux sentiment de sécurité. Les plateformes ont une responsabilité : elles
doivent garantir une information claire, loyale et transparente sur les
vérifications réellement effectuées. En attendant un cadre encore renforcé,
j’appelle chaque parent à la plus grande vigilance.
L’obligation et la
généralisation de l’attestation d’honorabilité pour tout adulte travaillant
avec un enfant est la première mesure que j’ai proposée dans le cadre du
rapport remis au Premier ministre. Grace au service unique de contrôle des
antécédents, nous pourrons donner aux familles un outil concret pour mieux
sécuriser le recours aux professionnels de la garde d’enfants. La sécurité des
enfants ne se présume pas, elle se vérifie !
