Voici une sélection, ce 8 juillet 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Une Europe qui investit, défend sa souveraineté et son autonomie stratégique au sein de l’OTAN : nous y sommes.
> Aux côtés de la Finlande et de la Suède, la France contribuera aux rotations des Forces terrestres avancées de l’OTAN en Finlande. Nos soldats prendront part à la sécurité du Grand Nord. Nous donnons corps chaque jour à cette Europe plus forte, dans une OTAN plus forte.
> [Intervention lors de la rencontre avec Ahmed
al-Charaa, président de transition de la République arabe Syrienne] Je veux
dire ici l'émotion qui est la nôtre d'être en effet de retour aujourd'hui en
Syrie, à Damas avec vous. Il y a l'histoire, bien sûr, celle de votre pays, au
carrefour de tant de civilisations, d'idées, de mouvements, qui nous ont chacun
façonné et permis d'être ce que nous sommes au Levant, en Méditerranée, en
Europe aussi, tant nous sommes indéfectiblement liés les uns aux autres. Il y a
notre histoire, plus particulièrement, et celle des 15 dernières années, au
cours desquelles les Syriens ont montré à tous qu'un peuple uni était
invincible, qu'il menait une révolution de la dignité et qu'il vaincrait, quoi
qu'il en coûte. Il a fallu du courage à ceux qui, les premiers, à Deraa, Damas,
Homs, Alep, et partout dans le pays, sont sortis les premiers pour demander la
chute du régime. Il a fallu du courage et de l'audace à ceux qui ont fait vivre
le grand rêve d'une Syrie libre alors que le dictateur précipitait leur pays
dans l'abysse. Il a fallu de l'abnégation à ceux qui ont tout perdu, leurs
enfants, leurs familles, leurs biens, sur les routes de l'exil. Je pense, entre
autres, aux jeunes Hamza al-Khatib, aux jeunes Alan al-Kurdi, à la courageuse
Razan Zeitouneh, à la remarquable Bassma Kodmani, à l'honnête César et à tant
d'autres qui incarnent chacun à leur façon le malheur et la grandeur du peuple
syrien. Avec force, la France dit en ce jour, hommage à eux, hommage au peuple
syrien tout entier.
Monsieur le Président, je sais la solitude des Syriens dans la guerre, sous les
coups du dictateur, de ces milices, de ces alliés, des terroristes et des
fanatiques venus combattre ici à leurs dépens. Il a fallu trop de temps pour en
sortir. Les Français le savent bien. Les attaques terribles qui ont endeuillé
notre pays en 2015, puis en 2016, ont été préparées en Syrie par des groupes
terroristes qui ont recruté trop de volontaires dans les jeunesses françaises,
européennes ou maghrébines. Beaucoup ont commis ici et en France de graves
crimes, mais le pire aurait été de se résoudre au chaos. La France a donc
accompagné les Syriens de son mieux, avec constance, contre l'ancien régime,
contre les terroristes, avec ceux qui les combattaient, avec tous ceux qui
pouvaient concourir à l'avènement d'une nouvelle Syrie, du début jusqu'à la
fin.
Aussi, Monsieur le Président, lorsqu'une nouvelle ère s'est ouverte, la France
a décidé, en conscience, de l'accompagner. C'est dans cet esprit que je vous
avais reçu à Paris le 7 mai 2025 pour votre première visite en dehors de cette
région. Je vous ai alors dit l'engagement de la France pour une Syrie libre et
souveraine. Je vous ai dit combien nous étions à vos côtés sur ce chemin de
confiance, où il y avait, vous le saviez, beaucoup à faire. J'avais pris
l'engagement de venir, et je suis là. En effet, nous sommes à vos côtés pour
vous dire notre confiance dans le peuple syrien, dans votre travail pour
apporter la paix, la sécurité, la prospérité. J'y vois aussi le signe que la
liberté nous est une cause commune.
Rien n'est simple et la route est longue, nous le savons, mais vous avez pris
vos responsabilités et déjà beaucoup accompli. La transition politique se
poursuit avec la nomination du Parlement. La lutte contre le terrorisme est
rude et vous la menez avec détermination. La réintégration des groupes qui ont
combattu Daesh, tout particulièrement les forces démocratiques syriennes, se
poursuit dans le respect des engagements pris à leur égard. Et la clarté de
votre propos vous permet de gagner la confiance des partenaires internationaux.
Bien davantage reste encore à faire, nous l'avons longuement évoqué, vous le
savez mieux que quiconque. La Syrie a besoin de tous ses enfants et chacun doit
y trouver sa place. Sans doute est-ce là un grand défi, car il vous faut
rassembler les Syriens, convaincre ceux qui ont fui que leur avenir est
désormais ici. Pour faire tout cela, il est nécessaire qu'à la dictature
succède un véritable état de droit. Cela seul permettra la construction d'une
nouvelle Syrie et la prospérité de cette dernière. La France a des attentes,
vous le savez, des espoirs, des intérêts aussi. En retour, la Syrie a raison de
lui demander de s'engager concrètement. C'est ce que nous faisons au travers du
partenariat global que nos ministres viennent de signer. C'est aussi le sens
des nombreux accords que nous avons conclus. Tout cela témoigne de nos intérêts
communs. D'abord, dans la lutte contre le terrorisme que j'évoquais à
l'instant, le contrôle de l'Etat sur l'ensemble du territoire syrien est
nécessaire à la sécurité des Syriens comme de tous. La France maintient son
engagement au sein de la coalition internationale contre Daesh, est aussi
disponible pour mener des actions de lutte contre le terrorisme à vos côtés et
au service de la souveraineté syrienne. Elle coopère activement avec les
autorités de Damas et est prête à faire davantage encore en matière de
sécurité, à la fois sur le plan capacitaire, sur le plan de la formation, sur
le plan des coopérations.
Dans la lutte contre l'impunité, ensuite, car il est vital pour l'avenir de la
Syrie que la parole des victimes soit recueillie, que justice leur soit rendue,
que leurs bourreaux soient jugés, quels qu'ils soient. C'est une condition
nécessaire, nous le savons, à la paix civile. Vous avez pris l'engagement que
les violences ayant suivi la chute de l'ancien régime seraient incluses, et
c'est important. La France, là aussi, vous accompagnera. La Syrie se verra
ainsi restituer les plus de 50 millions d'euros issus de la saisie de biens mal
acquis par la famille de l'ancien dictateur. Nous sommes les premiers à avoir
conduit cette action en justice et à être allés jusqu'au bout, et nous
poursuivrons partout où elle sera possible. Ces fonds seront rendus au peuple
syrien pour financer des projets de développement concret sur le territoire.
Sur le plan économique, nous mesurons combien
l'urgence est là de rendre aux Syriens l'espoir d'une vie meilleure. La France
apportera son assistance à la restauration des institutions financières, au
financement de la reconstruction et à la conduite de vos projets. Nous l'avons
longuement évoqué hier et ce matin. L'accès aux crédits, le rétablissement des
services bancaires restent la première condition pour que les entrepreneurs
syriens puissent agir. La France croit dans l'avenir de votre pays, dans sa reconstruction
immédiate, mais aussi en tant que pays cœur de cette région, au cœur de
corridors énergétiques, logistiques, d'interconnexion aussi de données, au cœur
du lien nouveau à bâtir entre le Golfe et l'Europe.
Nous avons un intérêt commun à construire les infrastructures énergétiques, je
le disais, les réseaux d'électricité, les moyens commerciaux qui nous
permettent de croire à un avenir possible et ensemble de bâtir cette
prospérité. Plusieurs chefs d'entreprise sont là, qui nous accompagnent. Ils
viennent pour investir, pour reconstruire. CMA CGM qui a signé le premier
contrat d'investissement international en 2025 et poursuit son développement et
ses investissements dans votre pays. TotalEnergies là aussi poursuit ses
investissements dans tous les domaines, à la fois sur le transit de l'énergie,
sur les productions d'énergie fossiles ici même et sur la production d'énergie
renouvelable, et qui souhaite ô combien participer à la reconstruction des
interconnexions que j'évoquais et du corridor énergétique, en particulier
Kirkouk-Banias, que nous avons là aussi longuement évoqué. Toutes les
entreprises qui étaient là, vous l'avez vu, sont volontaires pour faire
davantage et le faire dans un cadre qui soit celui de l'état de droit, de la
lutte contre la corruption, de la clarté que vous défendez et un cadre auquel
nous voulons contribuer.
C'est avec la même détermination que nous voulons avancer sur la sécurisation
des titres, sur la construction d'hôpitaux, sur l'offre éducative et dans
l'enseignement supérieur. En effet, s'agissant de l'éducation et de la culture,
elles sont au cœur des affinités que Français et Levantins cultivent de longue
date. Car en Syrie, l'archéologie en est un socle. Je suis donc heureux
d'annoncer, comme vous l'avez dit, le retour en Syrie de 23 pièces
archéologiques qui avaient été prêtées à l'Institut du monde arabe en 2010.
Nous nous attacherons à relancer notre coopération éducative, scientifique et
culturelle, notamment en ouvrant l'Institut français du Proche-Orient dans ses
locaux de Damas, en facilitant le retour en activité des établissements
français, nos universités, Sciences Po et beaucoup d'autres, en développant des
offres nouvelles en matière de numérique, en consolidant vos efforts en matière
d'éducation, et en souhaitant aussi poursuivre en matière culturelle le
travail, comme nous l'avons fait ces dernières années, en particulier en
soutenant aussi l'action d'Aliph dans votre pays. Mais évoquant les
établissements français, je veux ici dire, et nous l'avons évoqué ensemble,
l'importance des écoles chrétiennes francophones que l'ancien régime avait
obligé à fermer leurs portes. Nous œuvrons et nous sommes prêts à avancer aux
côtés de l'œuvre d'Orient pour que toutes celles qui peuvent l'être soient
rouvertes dans les meilleurs délais. Le fonds dédié à cette mission sera
évidemment disponible pour permettre d'éduquer, d'instruire des jeunes filles
et des jeunes garçons partout dans le pays.
Sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient, nous avons eu, M. le Président, un
excellent échange hier et aujourd'hui, et je vous en remercie. Je veux saluer
ici la modération, le sens des responsabilités que vous montrez dans un
contexte difficile. Je soutiens votre objectif de faire d'abord respecter la
souveraineté de votre pays et son intégrité territoriale. Cela vaut pour tous,
et d'abord pour vos voisins, dont les incursions, les ingérences, les frappes
ne sont pas acceptables. Je soutiens aussi votre volonté d'établir des
relations nouvelles avec le Liban, d'égal à égal. Le rétablissement de
l'autorité de l'Etat libanais sur l'ensemble de son territoire est une exigence
que nous partageons. Le Hezbollah doit rendre les armes. Israël doit quitter le
Liban. La Syrie et le Liban ont vocation à se rapprocher, à œuvrer ensemble
pour lutter contre toute forme de terrorisme, et ensemble à se rapprocher de
l'Europe, dont vous êtes les partenaires naturels dans la région.
Voilà, Monsieur le Président, ce dont je voulais témoigner ici, et je voudrais
terminer par là où vous avez fini vous-même, dire qu'en effet, nous avons pris
la décision, au-delà des choix que nous avions déjà faits ces derniers mois, eh
bien, de nommer de part et d'autre nos ambassadeurs, de consolider tout cela,
d'être des acteurs de cette ère nouvelle et d'agir ensemble en défendant chacun
de nos intérêts, mais avec détermination et volonté, en effet, de construire un
partenariat nouveau entre nos deux pays, fort aussi de leur histoire, et un
partenariat nouveau entre la région et l'Europe, défendant cette paix et cette
sécurité pour tous à laquelle nous croyons, et cette histoire de souveraineté
que vous portez aujourd'hui pour la Syrie et à laquelle nous croyons pour toute
la région. La France, en tout cas, vous le savez, est à vos côtés. Merci,
Président.
> Les priorités de la France à l'égard de la Syrie, c'est d'abord aider à la reconstruction, je dirais aux reconstructions au pluriel, que la justice puisse se faire et s'organiser, que l'Etat de droit se mette en place et se structure avec ses cadres, le travail sur la Constitution, mais tout ce qui, derrière, construit la capacité à ce que, au fond, l'Etat de droit permette de donner des règles à tous, parce que c'est la garantie que justice soit faite après 14 années de guerre et des décennies d'un régime autoritaire, et c'est la garantie de l'unité du peuple syrien et de sa liberté.
Reconstruction aussi économique, qui, elle aussi, ne
sera possible que si les services de base sont restaurés, qu'il y a un
véritable système bancaire fiable, assuré, que s’il y a un choc de confiance
sur lequel vous travaillez, et nous voulons être vos partenaires en la matière,
et donc des banques solides, un système bancaire consolidé, un système de
paiement et de compensation qui fonctionne, et un cadre de lutte contre la
corruption et toute forme de financement occulte qui garantira des investissements
de qualité et un juste retour de ces investissements à l'économie syrienne.
Donc ça, c'est le premier axe, c'est les reconstructions. Pourquoi ? Parce
que nous croyons dans votre peuple, que nous avons toujours soutenu et dans son
histoire, parce que nous pensons que votre peuple le mérite, parce que nous
pensons aussi que c'est une condition de stabilité, c'est même la condition de
stabilité, pour éviter que d'autres viennent piller, que d'autres viennent
déstabiliser ou qu'à nouveau la guerre s'empare du pays. Nous pensons que ce
faisant, c'est notre intérêt, parce que quand le terrorisme regagne ici, nous
sommes menacés, et parce que nos entreprises ont aussi leurs propres intérêts à
défendre. Premier axe, les reconstructions. A cet égard, au-delà, c'est aussi
défendre nos intérêts et être partie prenante de ces corridors énergétiques, de
ce hub que vous voulez bâtir, parce que nous considérons que nos
entreprises et nos investisseurs peuvent y avoir un intérêt en participant à
cette histoire positive.
La deuxième chose, c'est la sécurité. Je le disais, nous avons été touchés par
le terrorisme qui a été fomenté dans votre pays, que nous sommes touchés et
bousculés lorsque le terrorisme revient et que nous voyons aujourd'hui ce qui
se passe depuis des mois dans la région. A cet égard, le chemin syrien, par sa
singularité, est un chemin d'espoir et aussi une voie de souveraineté qui sait
résister aux interférences étrangères. On en a besoin.
Donc nous, nous avons un intérêt de sécurité. Nous ne voulons pas que des
combattants étrangers présents ici, nous ne voulons pas que des groupes
terroristes encore présents ici ou dans la région puissent nous menacer. Donc
le partenariat sécuritaire est très important pour nous. Être sûr qu'il y a un
Etat avec un appareil sécuritaire fort, mais aussi une bonne coopération avec
nous pour nous protéger et protéger les Françaises et les Français.
Enfin, on a un intérêt commun dans la politique régionale, je l'évoquais, parce
qu'on croit à la même grammaire d'action. Il y aurait beaucoup d'autres choses
à citer, mais peut-être que je vais m'arrêter là. J'ai fini tout à l'heure avec
la culture et l'éducation, mais pour moi, c'est aussi une des grandes
priorités. Je pense qu'on a beaucoup à faire ensemble en matière de culture,
d'éducation, que c'est un axe-clé pour que votre pays bâtisse pleinement son
avenir et que la France a toujours été là sur ce sujet au soutien des écoles,
des universités, de votre culture, et nous souhaitons y reprendre toute la
place. Je pense que c'est extrêmement important aussi.
> [Sécurité de la Syrie] Nous condamnons ces
incursions [d’Israël] comme nous condamnons toute violation de la souveraineté.
Nous l'avons fait dès le début avec beaucoup de clarté. Nous considérons que, y
compris pour sa propre sécurité, l'unité israélienne n'a jamais intérêt à
violer la souveraineté de ses voisins. Elle a intérêt à discuter et à
construire un chemin de sécurité partenariale où chacun assure la sécurité chez
soi. C'est d'ailleurs ce que nous avons aussi défendu pour le Liban et mis en
œuvre en 2024-2025, et je pense que partout où on viole la sécurité de son
voisin, on fait croire aux gens qu'on les protège à court terme, mais on
construit les recettes de l'insécurité de long terme. Donc nous condamnons
toute forme d'incursion sur le territoire d'un tiers, et je pense que toutes
les incursions sur votre territoire souverain dans son intégralité sont de
mauvaises choses.
Ensuite, sur la sécurité et le partenariat avec la Syrie, je l'ai dit, c'est le
partenariat avec un Etat souverain, et donc nous sommes disponibles, et nous
avons commencé les discussions. Il y a eu des premières missions préparatoires.
Elles seront suivies par d'autres missions techniques. Nous voulons œuvrer
ensemble pour vous aider à la formation. On le fait d'ailleurs en matière de
protection civile, avec aussi le partenariat avec le Qatar sur les casques
blancs. Ça fonctionne très bien. On l'a fait aussi par le passé. Et donc
formation.
Ensuite, un partenariat capacitaire pour permettre l'équipement et la
diversification des équipements de vos armées, et nous sommes prêts à des
partenariats dans la lutte contre le terrorisme. Je l'ai dit, la France reste
engagée dans la région dans la lutte contre le terrorisme. Nous l'avons été
jusqu'à très récemment dans votre pays, dans le Nord-Est syrien. Nous le sommes
en Jordanie, en Irak et avec constance, et donc nous sommes aussi prêts, dans
un cadre que nous sommes en train de redéfinir, à apporter notre soutien à
travers nos forces spéciales dans la lutte contre le terrorisme et les groupes
terroristes, pour toutes les raisons que j'évoquais. Donc voilà quelques-uns
des axes, mais tout ça est ce que nous avons discuté ensemble avec le Président
ce matin, qui a donné lieu à plusieurs échanges ces dernières semaines et que
nous allons poursuivre pour le finaliser très prochainement.
> [Moyen-Orient] Sur la stabilité dans la région et
l'intégrité territoriale, on a la même règle partout. C'est ce que nous avons
défendu toutes ces dernières années en Irak, avec, je le rappelle, les
initiatives que nous avons bâties avec ces Conférences de Bagdad pour la
souveraineté irakienne. C'est ce que nous défendons pour le Liban, c'est ce que
nous défendons pour la Syrie, c'est ce que nous défendons pour la Palestine. Il
n'y a pas de double régime, il n'y a pas de double standard. Sinon, quelle est
la crédibilité de la France quand elle va plaider la souveraineté ukrainienne
face à la Russie ? C'est pour ça que, derrière, on peut demander aussi à
des gens comme le président Charaa ou d'autres d'être, à nos côtés, comprenant
ce qu'on défend en Ukraine. Ce sont les mêmes principes. Le droit international
ne varie pas en fonction des latitudes, des longitudes. Et donc, je pense que
la bonne méthode, si je prends l'exemple du Liban, de ce qu'on a mis en oeuvre,
d'ailleurs, en 2024 et 2025, et de ce qui fonctionne, c'est d'avoir un
mécanisme de coordination avec des garants, en l'espèce, la France et les
Etats-Unis jouaient ce rôle au Liban, et ça a fonctionné, qui fait que, quand
il y a un différend, un désaccord ou des inquiétudes émises par, en l'espèce,
l'armée israélienne, c'est ce mécanisme de coordination qui en prend compte et
qui permet d'avoir de la transparence et d'éviter tout de suite qu'on aille
bombarder.
Ensuite, c'est le renforcement et la consolidation des institutions légitimes,
c'est-à-dire la présidence, le gouvernement, les forces armées libanaises, les
forces de sécurité intérieure, les gens qui ont le monopole légitime des armes.
Que voulez-vous aller expliquer aux gens qu'il faut retirer les armes au
Hezbollah si vous affaiblissez ceux qui ont le monopole légitime ? Vous
les poussez dans la guerre civile. Donc le 2ème bloc, c'est ça, c'est de
redonner les moyens à ceux qui sont les détenteurs de l'autorité légitime de
défendre leur pays. Nous l'avons fait et nous sommes prêts à le refaire dès que
le cadre sera approprié, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, mais donc avec
des conditions claires. Et puis derrière, un mécanisme de reprise progressive
du territoire pour que la souveraineté libanaise soit pleinement recouvrée avec
un mécanisme de contrôle des armes conforme, d'ailleurs, à ce que le Président
Aoun a dit dès le début de son mandat et qui est à mettre en œuvre, et la
reprise des armes par ces autorités légitimes. C'est ça, ce à quoi nous
croyons. Et donc, au fond, nous pensons qu'il faut désarmer le Hezbollah, nous
pensons qu'il faut qu'Israël quitte le territoire libanais et nous pensons
qu'il faut consolider les institutions légitimes et restaurer la souveraineté
du Liban. Et nous pensons aussi que pour la Syrie, elle doit être pleinement
souveraine et unie et que tous ceux qui occupent son territoire doivent quitter
et qu'ils doivent trouver des mécanismes et bâtir des mécanismes pour faire
valoir leurs intérêts de sécurité qui sont à prendre en compte par le
gouvernement actuel.
> Je pense que la Syrie mérite cette unité, le respect de son peuple, et je l'ai dit, dans toutes ses composantes. Mais pour ça, c'est l'unité à préserver, d'abord l'unité par le peuple et pour le peuple lui-même, le travail que fait le gouvernement actuel en matière de sécurité, mais aussi d'éducation, d'économie. C'est le travail que la justice doit faire et il est extrêmement important. Et donc, nous, c'est d'accompagner ce chemin. Et je pense qu'on aurait tort de penser qu'on peut faire réussir une des composantes du peuple syrien contre l'autre, surtout quand on parle depuis l'étranger. Et donc, je le dis avec aussi beaucoup d'estime, j'espère que vous l'avez compris, pour le peuple syrien qui s'est battu pour sa liberté. Et je crois qu'il mérite cela. Et au-delà des intérêts que nous défendons, on a le droit aussi d'être idéaliste quand on parle de politique au sens noble du terme. Et c'est quand même formidable qu'un peuple se soit battu pendant 14 ans pour sa liberté et qu’unit il la recouvre et qu'il ait envie de croire à son avenir. Et que nous, on ait envie d'y croire aussi et de l'aider. Et vous savez quoi ? C'est possible. Et nous avons connu dans d'autres temps, il y a plus de huit décennies, une période comparable. Rien n'est comparable, elle était très différente avec ce que vous avez vécu, mais notre histoire contemporaine, à nous, Français, nous enseigne ce que c'est que de rebâtir les cadres d'un Etat au sein d'une société qui recouvre la liberté, mais qui a chaque jour, en quelque sorte, une documentation complète pour expliquer comment les uns pourraient être contre les autres. Nous nous sommes reconstruits en mettant notre unité au-dessus de tout, en mettant le goût de la paix au-dessus de tous les différends, en mettant la volonté d'avancer pour nos enfants comme étant supérieure à toutes les divisions. Je ne dis pas que ça vaut partout et pour tout temps, mais je trouve que ce serait formidable que ça vienne ici, et je pense que c'est possible. Alors, courage.
> [Intervention lors du Forum économique
franco-syrien] Après 14 années de guerre, au fond, le défi de la Syrie est
multiple et les opportunités, les intérêts des entreprises françaises sont
convergents avec ce défi. C'est d'abord stabiliser le pays et à travers la
reconstruction sous toutes ses formes, donner des perspectives d'opportunités
de création d'emplois pour les Syriennes et les Syriens qui sont présents ici,
ceux qui ont été déplacés dans le pays ou ceux qui sont réfugiés à l'étranger
pour leur permettre de revenir dans des bonnes conditions. C'est pour nos
entreprises des opportunités à saisir pour participer à ce développement.
Au-delà de la première phase, celle de la stabilisation, de la
reconstruction, c'est également faire de la Syrie dans la durée un hub
régional, vous l'avez dit, c'est-à-dire un lieu où des stratégies plus larges
peuvent se développer et en particulier où des chaînes logistiques nouvelles
peuvent se construire, des routes énergétiques ou de données peuvent se bâtir
qui d'ailleurs réduisent les risques inhérents au fonctionnement de la région
aujourd'hui et ce qui se passe encore, même si c'est à moindre intensité dans
le détroit d'Ormuz, le montre ô combien. Et des axes qui avaient pu être
pensés, certains y reviendront il y a plusieurs décennies, sont à réenvisager.
Donc c'est aussi une série d'opportunités pour nos entreprises, nos
investisseurs, de participer à cette aventure dans la durée et de pouvoir
avancer.
Pour réussir cela, la première chose, c'est de multiplier les échanges, les
accompagnements. L'Union européenne, la France s'engagent, vous le savez, à vos
côtés. Nous avons été les premiers à ouvrir ce cycle de levée de sanctions.
Nous avons cherché à convaincre tous nos partenaires, y compris américains. Les
prochaines semaines seront marquées par des étapes importantes qui vont
permettre de poursuivre tout ce travail que je viens d'évoquer.
Ensuite, c'est les discussions qu'il y a entre nos entrepreneurs. La
réunion d'aujourd'hui est importante. Je souhaite qu'elle soit suivie par
d'autres, qu'il puisse y avoir plusieurs autres visites et échanges, et en
particulier que nos conseils d'affaires, CAFSY et CEFS, puissent, à travers la
signature de l'accord entre ces deux instances aujourd'hui, renforcer la
coordination et les partenariats entre les communautés d'affaires, qu'il y ait
un dialogue aussi régional, et qu'à travers cette communauté d'affaires et
cette perspective reconstruction et hub régionale, on arrive à bâtir un
dialogue nouveau entre, d'une part, la Syrie, les États clés du Golfe qui sont
nos partenaires, la France et les Européens.
Pour réussir pleinement cela, au-delà des discussions d'affaires que nous
avons là et qui couvrent beaucoup de domaines, puisque nos entreprises veulent
rouvrir et être accompagnées par des outils financiers, comme le FASEP, qui est
bien connu côté français, ou d'autres instruments, on veut couvrir tous les
domaines, l'énergie, l'eau, les transports, la logistique. Évidemment, quand je
parle d'énergie, je parle d'hydrocarbures offshore, onshore comme
d'énergies nouvelles, mais aussi les titres sécurisés, l'aviation civile, on
l'a couvert avec M. le Président. Il y a des domaines très variés.
Mais pour cela, on a besoin collectivement de réussir à créer un choc de
confiance. Je veux ici le dire, notre intention, ce n'est pas de multiplier des
annonces en milliards pour qu'on mette des mois, voire des années à les
réaliser. Ce choc de confiance suppose un travail intime que nous devons
commencer, que nous allons commencer. D'abord, pour vous aider à rebâtir un
système fiable de financement, de compensation et de structuration de la chaîne
monétaire, économique, financière, qui permette un bon cadre pour les
investissements internationaux et le bon fonctionnement d'une économie saine et
transparente. La France est prête aussi à être un partenaire par les expertises
et la coopération que nous voulons renforcer, par aussi ce que nous voulons
faire avec vous et le GAFI pour permettre justement toutes ces clarifications,
la coopération avec la banque centrale syrienne.
Ensuite, c'est tout ce qu'on a commencé et qu'on veut continuer
d'accompagner avec la restructuration du secteur bancaire, qui assurera un bon
financement de votre économie, nous sommes en capacité de vous appuyer là aussi
à cet égard. Et puis c'est tout le travail à bâtir que vous avez commencé avec
le Fonds monétaire international, mais aussi demain avec le Club de Paris pour
permettre là aussi la structuration d'un bon financement, la restructuration de
la dette passée et ce qui permettra à l'économie d'avancer. Je pense que la
fiabilité de ce cadre, sa clarté est la condition pour qu'on ait d'abord une
bonne stabilisation et reconstruction et ensuite un partenariat en effet
durable comme nos entreprises le souhaitent, et la construction de ce hub
régional, de ces nouveaux corridors énergétiques et de connectivité. Donc vous
pouvez compter aussi sur nous, sur ce chemin.
Je veux remercier en tout cas nos entreprises présentes, MEDEF
international en octobre dernier et tout ce qui a été fait pour préparer cette
réunion et dire à tous et toutes qu'avec le Président, au fond, nous voulons
continuer ce chemin. Ce chemin, il est simple. L'histoire entre la Syrie et la
France est une histoire de confiance qui est plus grande que nous. Nous avons
été aux côtés du peuple syrien quand il a voulu son unité, sa liberté. Nous
n'avons jamais dévié de cette voie, contrairement à beaucoup, y compris ces
dernières années quand certains cédaient à d'autres sirènes. Jusqu'au bout,
nous avons été là et nous avons été dans les premiers à rouvrir quand il a
fallu rouvrir, avec cette nouvelle ère qui commençait. Donc, nous sommes des
partenaires fiables, constants, prévisibles et qui avons, je crois, toujours
été aux côtés des intérêts du peuple syrien, de son unité et, aujourd'hui, de
sa volonté de retrouver la prospérité. C'est là où la France, où ces
entreprises, ces investisseurs ici présents, continueront de se trouver
> Un but de plus pour Kylian Mbappé. Contre le racisme cette fois. Tout mon soutien. Quand les mots salissent, nos valeurs répondent : dignité, respect, fraternité.
> Rien ne pourra étouffer l’aspiration des Syriennes et des Syriens à vivre dans une Syrie pleinement souveraine, sûre, pluraliste, unie. Ce matin j’ai rencontré la Syrie dans toute sa diversité. J’ai vu la dignité, le courage et la détermination. Ma visite se poursuit.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Lutte contre le narcotrafic / Intervention au Sénat] Beaucoup a été fait, entre autres, grâce à
des initiatives transpartisanes du Sénat. Mais soyons lucides : le
phénomène est bien là. La consommation a été multipliée par deux ans en cinq
ans, et plus de 1 million de Français consommeraient de la cocaïne. Les
règlements de compte augmentent, les victimes sont de plus en plus jeunes, les
hospitalisations pour overdose se comptent par milliers.
L'adversaire évolue. Le phénomène se mondialise et les grands donneurs d'ordre sont à l'étranger. Le trafic de drogue s'ubérise, ce qui explique la diminution de 35 % à 40 % des points de deal, le trafic passant essentiellement par les voies numériques. Les nouvelles technologies - cryptomonnaies, messageries cryptées - permettent d'activer une « main-d'oeuvre » par les réseaux. Enfin, dernière évolution la plus préoccupante, nous observons le lien direct entre narcotrafic et recrutement des jeunes de l'aide sociale à l'enfance (ASE). Dans le Sud, la DZ Mafia a recruté directement dans les foyers de protection de l'enfance.
Il nous faut refondre nos outils d'analyse, pour comprendre l'évolution de l'adversaire, et adopter une approche beaucoup plus territoriale : à Marseille, la situation n'est pas la même qu'en Côte-d'Or ou dans l'Eure.
L'État doit monter en puissance, comme le permet la loi Narcotrafic, notamment en décloisonnant l'action ministérielle. Le contrôle des flux venant de l'étranger est un enjeu important - c'est le sens du plan Douanes pour 2030. La loi de programmation militaire donne aussi des moyens pour les Antilles et la Guyane. La coopération judiciaire internationale est primordiale - j'en profite pour saluer la délégation marocaine. Il faut aussi utiliser de nouveaux outils : j'ai mobilisé l'IA militaire pour lutter contre le narcotrafic.
Je ne partage pas l'idée d'une comparaison entre lutte contre le narcotrafic et lutte contre le terrorisme. Première raison : la consommation. Il n'y a pas de règlements de compte dans les quartiers s'il n'y a pas de consommation dans les beaux quartiers ! (Applaudissements sur les travées du RDPI et sur quelques travées du RDSE et des groupes INDEP et UC) Le lien entre consommation et délinquance doit être regardé droit dans les yeux, avec courage. D'où les amendes forfaitaires délictuelles (AFD) portées à 500 euros par la loi Ripost, d'où la politique de tests pour les cadres de l'État - collaborateurs de cabinet, préfets, recteurs, personnalités nommées en Conseil des ministres - non pas tant à des fins d'exemplarité que parce que l'on ne peut tolérer que des personnes à la tête de l'État soient vulnérables. Consommer des drogues dures, c'est être vulnérable ! Des cas ont été enregistrés ces derniers mois. Les personnes testées positives sont écartées, dans l'anonymat, en raison du secret médical.
Deuxième raison : la lutte contre la corruption, corruption des agents publics, des avocats, des notaires, des banquiers. Il faut regarder cette vérité en face, sans jeter l'opprobre, bien sûr. Là où il y a tant d'argent, la tentation de corruption existe. Il faut la combattre politiquement et culturellement, mais aussi en droit. Je proposerai un projet de loi durcissant les sanctions contre les agents de l'État en situation de corruption passive liée au narcotrafic.
La mobilisation doit dépasser l'action des ministères de l'intérieur et de la justice ; l'éducation nationale, lieu de protection et de détection, est aussi concernée. J'ai demandé au ministre de faire un effort supplémentaire concernant les infirmières scolaires.
Enfin, en matière de santé publique, il faut faire monter en puissance les unités de désintoxication - l'ensemble du produit des AFD sera affecté à la prévention sanitaire. Jacques Chirac avait pris des décisions similaires en matière de sécurité routière.
À mon tour, au nom du Gouvernement, de saluer cette longue et brillante carrière - président de région, député, sénateur, ministre plusieurs fois : votre fiche Wikipedia est bien garnie. Au-delà, on ne peut que saluer les qualités humaines de l'homme, ses valeurs, et son sens de la fraternité républicaine.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Projet de loi Ripost visant à offrir des réponses immédiates aux
phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos
concitoyens / Intervention à l’Assemblée] J’aborde les longues heures de débats
qui s’ouvrent avec beaucoup de conviction et une détermination toute
particulière. Pendant cette semaine d’examen du projet de loi visant à offrir
des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et
la tranquillité de nos concitoyens, dit Ripost, je m’efforcerai de vous
convaincre, quelle que soit votre sensibilité politique, du bien-fondé de ses
dispositions et des attentes fortes qu’il suscite chez nos concitoyens,
lesquels vous ont donné mandat, vous interpellent quotidiennement dans vos
territoires et ne cachent plus ni leur exaspération ni leur incompréhension.
Depuis 2017, nous avons massivement investi dans la sécurité, en renforçant les
moyens humains et budgétaires et, grâce à vous, des dispositifs législatifs
adaptés ont été adoptés.
Ces efforts, couplés à ceux de nos forces de sécurité – dont
je veux saluer l’engagement admirable –, nous ont progressivement permis
de faire reculer la délinquance sur des infractions importantes parce que
craintes par nos concitoyens. Je pense aux cambriolages, aux vols violents ou
aux vols de véhicules, qui ont significativement diminué.
Malgré ces efforts et ces premières victoires, des phénomènes ciblés ont émergé
ou connu une nette recrudescence ces dernières années. Ces phénomènes, qui
sévissent dans les territoires urbains comme ruraux, semblent avoir profité de
quelques angles morts de notre arsenal législatif pour s’installer et, en
définitive, altérer durablement l’ordre public, la sécurité et la tranquillité
de nos concitoyens. Ces phénomènes, ce sont les rodéos motorisés, qui épuisent
chaque jour la tranquillité des riverains et fauchent trop régulièrement des
vies ; c’est l’usage détourné du protoxyde d’azote, à l’origine de drames
médiatisés, et dont les bonbonnes abandonnées jalonnent désormais nos
rues ; ce sont les rassemblements musicaux illégaux, qui troublent la
quiétude des Français et saccagent les terrains des agriculteurs ; ce sont
les mortiers d’artifice, retournés en tirs tendus contre les forces de l’ordre
dans les manifestations ou dans les événements festifs ; ce sont aussi les
violences en marge des rencontres sportives, qui font virer les soirs de
célébration en émeute urbaine, comme après la victoire du club parisien en
Ligue des champions, le 30 mai dernier, et comme ce fut le cas le 1er juin
de l’année dernière ; c’est l’usage de stupéfiants qui fixe les
consommateurs au pied des immeubles d’habitation et alimente le
narcotrafic ; ce sont les squatteurs qui se maintiennent indûment dans des
logements au détriment de propriétaires démunis.
Il devient nécessaire et urgent de répondre, avec des mesures d’autorité, à ces
phénomènes identifiés par les Français, qui en pâtissent quotidiennement, par
les forces de l’ordre, qui tentent d’y répondre jour et nuit et par les élus,
qui s’efforcent d’honorer la promesse de tranquillité publique faite à leurs
administrés. Aujourd’hui, prendre le volant après avoir consommé du protoxyde
d’azote n’est pas interdit ; c’est donc autorisé. Participer à une
rave-party dont on connaît le caractère illégal n’est pas interdit ; c’est
donc autorisé.
Quel Français peut encore l’entendre ? En prévoyant une sanction pénale
pour ces comportements qui échappent encore à la loi ou en durcissant la
sanction quand elle existe déjà, le projet de loi Ripost envoie un message
clair aux auteurs de ces troubles, celui de la dissuasion et, si besoin, celui
de la répression. Aggraver la sanction suivant l’aggravation inquiétante des
phénomènes visés, c’est du bon sens.
Le projet de loi Ripost ne cherche pas seulement la fermeté de la sanction,
mais aussi l’immédiateté, seule capable d’enrayer le sentiment d’impunité dont
jouissent les délinquants, celui d’injustice dont souffrent nos concitoyens et
celui d’impuissance, parfois ressenti par les policiers et les gendarmes. Une
réponse efficace, ce n’est pas seulement une réponse sévère, c’est aussi une
réponse rapide. En ce sens, le texte renforce les sanctions administratives que
les préfets pourraient prononcer pour faire cesser plus rapidement les troubles
ou prévenir efficacement leur réitération. Ces sanctions seront adaptées et
proportionnées.
Ce texte poursuit une autre ambition que le seul choc d’autorité. Certes, les
Français réclament à nos policiers et gendarmes toujours plus de sécurité, mais
il convient de veiller parallèlement à donner à ces derniers des moyens à la
hauteur de l’ambition. Or les forces de sécurité, associées aux travaux
préparatoires à ce projet de loi, ont mis en lumière certains besoins criants
d’évolution de leurs outils juridiques, technologiques et procéduraux, qu’il
faut savoir humblement écouter.
Votre commission des lois a adopté une partie de ces outils. Parmi les plus
essentiels, je pense à la possibilité pour certains services spécialisés de
police et de gendarmerie de procéder sans réquisition à des contrôles et des
fouilles de coffres et de bagages en zone frontalière, en complément des
services de douane. C’est une mesure déterminante dans la guerre prioritaire
que nous menons contre le narcotrafic et la criminalité organisée.
Je pense aussi à la possibilité offerte à tout procureur de la République de
partager aux services de renseignements des éléments judiciaires indispensables
au recoupement du renseignement criminel. Je pense encore à l’extension à
72 heures de la durée de la garde à vue en matière de criminalité
organisée financière, plus adaptée à la complexité de ce type d’enquête.
Parallèlement, la mobilisation de certains groupes, pourtant minoritaires dans
cette assemblée leur ayant donné une majorité temporaire en commission la
commission des lois a refusé à nos forces de sécurité des dispositifs
dont la privation leur sera, le cas échéant, très préjudiciable. Il y a
quelques jours, elle a ainsi retoqué la pseudonymisation pour les enquêteurs dont
la révélation de l’identité présente une menace pour leur intégrité physique ou
celle de leurs proches. N’encourez pas ce risque : votez le rétablissement
de cette mesure. La commission des lois a également supprimé la possibilité de
recourir au dispositif de lecture automatisée des plaques d’immatriculation,
qui aurait permis de faciliter la recherche des auteurs d’infractions
itinérantes, aussi graves que les infractions de contrebande, les soustractions
de mineurs ou les disparitions inquiétantes. Là encore, n’assumez pas ce
risque : votez le rétablissement de cette mesure. Rétablissez encore
l’expérimentation de la vidéoprotection assistée qui, je le martèle, n’use
d’aucun système de reconnaissance faciale ni d’interconnexion avec d’autres fichiers.
Ne refusez pas aux forces qui assurent notre sécurité une technologie que la
société et les acteurs économiques sont enclins à utiliser quotidiennement.
Je le dis sans détour : il y a deux semaines, la commission des lois de
l’Assemblée nationale a ainsi adopté un projet de loi vidé d’une part trop
importante, à mes yeux, de sa substance. Outre les dispositions que j’évoquais
à l’instant, supprimées au détriment de l’efficacité des services, elle a rayé
du texte l’intégralité des mesures qui visaient à lutter contre l’usage
illicite des mortiers d’artifice, les rassemblements musicaux illégaux, la consommation
de stupéfiants et les violences dans le sport, soit quatre des sept phénomènes
auxquels le projet de loi Ripost entendait apporter des réponses. Le texte, tel
qu’il est issu de son examen en commission, n’est pas encore à la hauteur de la
réponse attendue par les Français et par un grand nombre d’élus locaux en prise
directe avec ces phénomènes. C’est pourquoi le gouvernement vous soumettra des
amendements de rétablissement de ces articles, le plus souvent dans une version
enrichie, comme le proposaient les rapporteurs, que je remercie chaleureusement
pour le travail accompli.
Je suis décidé à les défendre devant vous avec beaucoup d’assurance car je
crois qu’il y va de notre crédibilité collective. Nos compatriotes ne nous
pardonneraient pas de laisser sévir plus longtemps ces troubles sans agir. Rien
ne sert de partager leur exaspération, si nous refusons de leur apporter des
solutions qui seront, dans les heures à venir, à portée de votre main, de votre
vote. Nous ne pouvons plus ni faire la sourde oreille ni avoir la main qui
tremble, car ces phénomènes, connus de tous, sont dénoncés par les Français
avec une colère grandissante, commentés et relayés par les médias avec de plus
en plus d’animation mais ont aussi fait l’objet de multiples initiatives
parlementaires au cours de ces derniers mois. Il en va ainsi, dans votre
hémicycle, de la proposition de loi de la députée Laetitia Saint-Paul sur les
rave-parties que vous avez adoptée en avril dernier ou celle de votre collègue
Idir Boumertit sur le protoxyde d’azote que vous avez votée en janvier 2025. Le
projet de loi Ripost vous propose de retenir ces initiatives en un seul texte
réaliste et pragmatique, inspiré par les remontées du terrain sur lequel vous
vous rendez si régulièrement. C’est un texte opérationnel, ambitieux, si vous
acceptez dans les prochaines heures de lui donner du corps, et éclairé par
l’avis du Conseil d’État rendu le 19 mars dernier.
Ce texte n’est ni un nouveau plan, ni un nouveau label à consonance politique,
c’est un corpus de mesures sur mesure, éclairé par l’expérience quotidienne de
nos concitoyens et l’expertise des forces de sécurité intérieures chargées de
les protéger.
En définitive, le projet de loi Ripost est plébiscité par les Français si bien
qu’il doit rester consensuel et recueillir votre soutien le plus large et le
plus convaincu. Je ne veux pas croire qu’il puisse en être autrement. C’est la
raison pour laquelle je vous invite solennellement à l’adopter, nombreux, comme
l’ont fait les sénateurs à l’issue d’une discussion apaisée, comme je souhaite
qu’elle le soit dans cet hémicycle.
> [Feux de forêts /Intervention à l’Assemblée] Le
gouvernement est très déterminé. Nous avons mobilisé tous les moyens. En 2022,
le président de la République a souhaité que nous augmentions la flotte
aérienne : nous l’avons fait, au moyen de la location d’hélicoptères et
d’avions qui ont été utilisés pour combattre les incendies dans l’Aube et qui
le sont encore à Trévillach, dans les Pyrénées-Orientales. Je tiens à remercier
et à saluer les personnels et les élus qui, partout, déclenchent les plans
communaux de sauvegarde.
En septembre, le Beauvau de la sécurité civile a en effet rendu ses
conclusions. Nous travaillons à l’écriture du projet de loi sur la sécurité
civile : il sera présenté au premier ministre et fera l’objet d’arbitrages
à Matignon. Nous avons bon espoir de pouvoir présenter un projet de loi prenant
en compte toutes les dimensions de la question : la résilience, le statut
des sapeurs-pompiers, le financement et – sujet peut-être un peu plus compliqué – l’organisation,
dans chaque département, du secours d’urgence aux personnes, mesure très
attendue par les sapeurs-pompiers.
Si nous continuons d’échanger avec les professions, cette discussion est
terminée. Le projet est en cours de rédaction. Mon objectif, comme celui du
gouvernement, est de le présenter au plus vite.
Enfin, si la question du financement reste complexe, nous ne désespérons pas de
pouvoir l’inscrire au projet de loi de finances pour 2027.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> J’ai échangé avec Cheikh Saoud ben Abdulrahman al Thani, vice-Premier
ministre et ministre d’Etat chargé des affaires de défense du Qatar. Allié
fiable et prévisible, la France se tient résolument aux côtés du Qatar. Nous
avons ainsi échangé sur le renforcement de notre relation de défense, notamment
dans les segments terrestres, de la défense aérienne et de la lutte
anti-drones. Nous avons également abordé les questions internationales et
régionales, notamment le soutien à l’Ukraine, le plein appui à la souveraineté
de l’Etat libanais et le rétablissement de la liberté de circulation dans le
détroit d’Ormuz. La France et le Qatar partagent le même objectif : œuvrer à la
désescalade et à la stabilité au Moyen Orient.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Sous la présidence du Premier
ministre, nous avons réuni le deuxième comité d'alerte des finances publiques à
Bercy en compagnie des ministres David Amiel, Jean-Pierre Farandou, Stephanie Rist
et Françoise Gatel.
Lors de cette réunion, j'ai annoncé que nous procédions à une révision de notre
prévision de croissance pour 2026 à 0,7% au lieu d'une croissance à 0,9%
prévue.
Cette révision tient compte d'un début d'année moins favorable qu'anticipé, lié
notamment à la loi spéciale et à une situation internationale dégradée du fait
du conflit au Moyen-Orient, même si les signaux sur l'inflation sont plus
encourageants.
Dans ce contexte, et alors même que ces chiffres reflètent un environnement
économique contraint, nous devons tenir le cap fixé par le budget voté par le
Parlement. C’est pourquoi mon collègue David Amiel a procédé à plusieurs
annonces pour continuer à maîtriser nos finances publiques.
Nous restons pleinement mobilisés pour soutenir l'activité et la croissance.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Plus de 3 500 morts, des dizaines de milliers de disparus, des familles
sans abri : le séisme du 24 juin a dévasté le Venezuela. La France agit. Après
nos 85 secouristes, un navire de nos forces armées acheminera aujourd’hui 44
tonnes d’aide depuis la Guadeloupe et la Martinique.
> Le racisme est une tumeur de l’âme humaine, la bêtise transformée en haine. Je prends acte de la dénonciation par les autorités paraguayennes des propos racistes d’une sénatrice à l’encontre de Kylian Mbappé. Total soutien à notre capitaine et à notre équipe. Ils portent haut nos couleurs, celles de la France.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Canicule /Intervention à l’Assemblée] Concernant la gestion d’une
canicule qui, au vu du nombre de départements placés en vigilance orange, n’est
pas terminée. Je m’associe à vos remerciements des soignants. Lors du dernier
épisode extrême de chaleur, ils ont maintenu le système, notamment grâce à l’anticipation
de tous les acteurs et la préparation des établissements médico-sociaux dont
font partie les Ehpad.
Depuis 2003, une évolution importante a permis aux Ehpad de disposer d’une
pièce réfrigérée afin d’offrir une meilleure qualité de vie aux résidents. De
plus, 40 % des hôpitaux ont été rénovés et adaptés à la transition
climatique, notamment par la climatisation et l’instauration de solutions de
rafraîchissement. Les services sensibles, tels que la réanimation ou les
urgences, sont déjà climatisés.
À la suite du Ségur de la santé en 2021, l’État a investi 19 milliards
dans la rénovation des hôpitaux et des Ehpad, et a financé plus de
750 opérations de reconstruction et de réhabilitation, achevées ou en
cours.
Si de nombreuses choses ont déjà été faites, il reste à faire. À très court
terme, ma priorité est d’accompagner les hôpitaux et les Ehpad pour qu’ils
disposent de climatiseurs d’appoint et de solutions de rafraîchissement, comme
nous nous y sommes engagés, ainsi que d’une meilleure qualité de travail pour
les soignants. À ce titre, j’ai débloqué une enveloppe de 100 millions
d’euros qui financeront en urgence ces achats et le fonds consacré à la qualité
de vie dans les Ehpad sera mobilisé à hauteur de 50 millions. Des
climatiseurs ont déjà été envoyés et parce qu’il faut poursuivre l’effort, le
montant de l’enveloppe prévue pour la rénovation énergétique des hôpitaux a été
porté à 600 millions d’euros.
> Nous avons reçu aujourd’hui les élus du Conseil de la CNAM et de la Commission des accidents du travail et des maladies professionnelles, pour échanger autour de leurs propositions sur les arrêts de travail. Je salue ce travail collectif des partenaires sociaux, qui alimente utilement les travaux du Gouvernement. Sur de nombreux sujets, nous partageons la même ambition : mieux prévenir et repérer les risques, fluidifier les échanges entre médecine de ville et médecine du travail, et accompagner la réadaptation des patients en arrêt longue durée.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> [Budget /Intervention à l’Assemblée] Le gouvernement ne veut pas recourir
à une loi spéciale.
En l’absence de budget, une loi spéciale ne durerait en effet pas quelques
semaines – le temps, comme les deux années précédentes, de
faire la jonction avec un nouveau projet de loi de finances. Elle durerait la
plus grande partie de l’année 2027. Un futur président ou une future présidente
de la République sera élu au mois de mai prochain. Une nouvelle Assemblée
nationale sera sans doute réunie, dans la foulée, au mois de juin. En l’absence
de budget, le nouveau gouvernement devra déposer un projet de loi de finances
initiale, avec tout ce que cela implique de consultations obligatoires et de
travail préliminaire. Il n’y aurait donc pas de budget pour l’année 2027 avant
l’automne 2027.
Ce serait le scénario d’un véritable drame.
Un drame financier, d’abord, du fait de la disparition de certaines recettes
fiscales mais aussi – en l’absence des mesures d’économie qui,
autrement, auraient pu être prises – du fait de l’explosion de certaines dépenses
publiques. Tout cela conduirait à une explosion du déficit public.
Un drame économique, ensuite, puisque des mesures indispensables à notre tissu
industriel et commercial cesseraient immédiatement. Ces derniers jours, on a
ainsi beaucoup parlé du fonds Vert, des dotations aux collectivités locales,
des investissements dans nos armées.
Un drame démocratique, enfin. Alors qu’une élection présidentielle se tiendra
en 2027, l’absence de budget priverait les Français de la sérénité économique
et financière dont ils ont besoin pour faire ce choix. Elle empêcherait même
les candidats à l’élection présidentielle de parler d’autre chose que de
l’énorme confusion économique dans laquelle nous serions plongés. Après
l’élection présidentielle, de plus, le nouveau président et la nouvelle
majorité n’auraient d’autre choix que de passer le plus clair de leur mandat à
corriger cette énorme sortie de route.
Il nous faut donc un budget : un budget de compromis, un budget de
sauvegarde républicaine.
> [Présidentielle] Bonnet blanc et blanc bonnet : Jordan Bardella ou Marine Le Pen, deux stratégies qui conduiraient à la même tragédie.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Le projet de loi dédié à la protection de nos enfants a été adopté hier en
commission spéciale. Mais malgré les avancées évidentes de ce texte, la gauche
a choisi de voter contre.
Pourquoi ?
Pourquoi voter contre :
- la réclusion criminelle à perpétuité pour les violeurs en série sur des
enfants de moins de 15 ans
- un délai maximal de 3 mois pour réaliser les actes essentiels des enquêtes
sur les crimes sexuels commis contre des mineurs
- le renforcement des contrôles d'honorabilité des personnes travaillant avec
nos enfants
- une meilleure information des parents sur les personnes qui encadrent nos
enfants.
Nos enfants méritent mieux que les calculs politiques et les ambiguïtés. Le
texte sera examiné en séance dès le 15 juillet. Chacun doit être au rendez-vous
de ses responsabilités.
> Nous lançons le Plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine. 1,7 million de Français ont été victimes de propos ou d'actes racistes et antisémites en 2025. Et 97% des victimes ne portent pas plainte. La République ne peut plus seulement réparer. Elle doit prévenir, protéger, mobiliser.
> Faire République, c'est mobiliser. L'État doit
montrer l'exemple.
- Nous généraliserons le vademecum contre le racisme et l'antisémitisme dans
toutes les administrations.
- Nous développerons des stages de citoyenneté.
- Nous consoliderons le réseau des 60 musées engagés.
Faire République, c'est enfin rendre réelle sa promesse d'égalité.
- Nous renouvèlerons la campagne de testing sur l'emploi tous les 2 ans
- Nous créerons une IA éthique de recrutement avec France Travail
- Nous formerons les professionnels de l'immobilier contre les discriminations
au logement.
Ensemble, faisons vivre notre promesse : Liberté, Égalité, Fraternité.
> [Lutte contre les violences sexuelles faites aux
enfants et aux femmes] L'engagement
du Premier ministre sera tenu : il y aura en 2026 une loi intégrale
sur la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes.
Il sera tenu avec méthode : avis du Conseil d'État avant la fin du
mois, réunions de travail avec les parlementaires concernés de tous les
groupes. Nous devons construire un consensus parlementaire pour que cette loi
soit adoptée à l'unanimité.
Pour ce qui est des moyens, nous regardons, ministère par ministère,
comment les renforcer davantage encore.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Rappeler une évidence : sur la route, aucune destination ne vaut que l’on
prenne des risques. Chaque été, trop de vies sont bouleversées par quelques
secondes d’inattention. Derrière chaque accident, il y a des familles, des
proches, des destins brisés. Et il y a aussi ces femmes et ces hommes qui
interviennent au bord de nos routes pour nous protéger, au péril de leur propre
sécurité. Respecter le corridor de sécurité, ralentir à l’approche d’un
véhicule d’intervention, poser son téléphone, faire une pause lorsque la
fatigue se fait sentir : ces gestes simples sauvent des vies. J’en appelle à la
responsabilité de chacun. La sécurité routière est l’affaire de tous. Le plus
beau retour de vacances sera toujours celui que l’on fait auprès des siens.
> Une nation est forte lorsqu’aucun de ses enfants ne doute de sa place dans la République. Le racisme, l’antisémitisme et les discriminations ne fracturent pas seulement des vies : ils fragilisent notre pacte national. Le nouveau plan que nous présentons aujourd’hui poursuit une ambition claire : prévenir, protéger et sanctionner. La République protège chacun, sans distinction. C’est sa force. C’est notre engagement.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Dans dix ans, aurons-nous tout fait pour que les femmes prennent toute
leur place dans les métiers de demain ? C'est la question que j'ai posée ce
matin au Global Leadership by Women Summit, événement labellisé G7. La réponse
commence dès l'orientation : en luttant contre les stéréotypes, en valorisant
les rôles modèles, en ouvrant aux jeunes filles le champ des possibles. Elle se
poursuit dans nos lycées professionnels et nos CFA, où grandissent les talents
de notre pays.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Bonne nouvelle pour le climat : au 1er trimestre 2026, les émissions de
gaz à effet de serre en France ont baissé de -4,8% par rapport au 1er trimestre
2025, selon le baromètre du Citepa publié ce jour. Un recul porté par les
bâtiments, les transports et l’industrie manufacturière. Les efforts de
décarbonation engagés sous l’impulsion du Président de la République depuis
2017 portent leurs fruits. On continue !
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> [Relations franco-américaines /Intervention à l’Assemblée] Nos liens avec
les États-Unis d’Amérique et avec le peuple américain sont profonds. Nous
sommes unis par 250 ans d’amitié. Nous sommes leurs premiers amis, leurs
premiers alliés. Nous avons contribué à leur indépendance. La Tour Eiffel était
éclairée aux couleurs américaines ce week-end et la patrouille de France a
survolé la statue de la Liberté. Ces symboles témoignent de l’amitié de nos
deux pays, mais être amis de longue date ne signifie pas pour autant que l’on
ne peut pas se parler franchement.
Nous avons de profonds désaccords avec l’administration américaine
actuelle. Contrairement à elle, nous croyons qu’il faut combattre le
réchauffement climatique. Le premier ministre a souligné hier, lors du débat
sur la motion de censure déposée par le groupe Écologiste et social, les
actions que la France a menées dans ce domaine. Nous défendons aussi
l’importance vitale des politiques de genre. Nous pensons que l’équilibre
mondial repose sur le respect des règles communes, qu’il s’agisse du droit international,
de l’État de droit, du droit humanitaire et même du football ! Personne ne
sort gagnant lorsque les règles sont enfreintes. Nous remercions la Belgique
qui a prouvé que s’asseoir sur les règles ne conduisait jamais à la victoire.
Je salue la victoire de ce beau pays francophone !
Quant à l’avenir, par la voix du président de la République, la France a été
précurseure dans son soutien à la défense et à la souveraineté européennes.
Telle est la position que nous défendons au sein de l’Otan : une France
forte, dans une Europe forte. C’est notre seule boussole dans nos relations
avec nos alliés.
● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi « justice criminelle et
respect des victimes ». C’est un texte très important pour accélérer la justice
et mieux prendre en considération les victimes. Avec les députés, nous en avons
longuement débattu la semaine dernière pour permettre des avancées
significatives : la réforme et l’extension des cours criminelles
départementales, avec la création de 60 cours supplémentaires, l’usage de la
généalogie génétique, qui permettra de résoudre des affaires criminelles
anciennes, la création d’un statut spécifique de psychologue judiciaire, pour
leur permettre d’avoir accès aux dossiers et aider les enquêteurs,
l’encadrement de délais de requête en nullité devant la chambre de
l'instruction et le tribunal correctionnel ou encore la sécurisation des
procédures relatives à la détention provisoire, afin d'éviter des remises en
liberté automatiques de personnes dangereuses. C’est un grand pas en avant pour
une justice plus rapide et plus sûre. Nous le devons aux Français, dont le
besoin de justice est très important, et aux victimes, qui doivent bénéficier
de toute l’écoute et de l’attention nécessaires.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> [Canicule /Intervention à l’Assemblée] La canicule frappe durement :
elle affectera les rendements, mais aussi le fond même des exploitations. Des
arbres sont définitivement détruits, des vignes également, des productions
maraîchères – c’est parfois une année de travail qui est ruinée.
Mon premier souci est donc de protéger immédiatement les agriculteurs. Nous
avons déployé plusieurs dispositifs dans la filière animale. Vous avez évoqué l’enfouissement
des volailles mortes de chaleur. Le premier ministre a suggéré que nous déployions
un dispositif permettant de réduire la température dans les bâtiments
d’élevage. J’ai pris des mesures réglementaires concernant le fourrage, la
fauche des jachères, et d’autres dispositions.
Nous adapterons également les réponses budgétaires une fois les récoltes et les
vendanges achevées, afin de mesurer précisément la situation.
Vous avez évoqué les moyens de production, notamment l’eau. C’est l’objet du
projet de loi d’urgence agricole, très attendu par le monde agricole. Il faudra
que la CMP parvienne à une version consensuelle car les agriculteurs ont besoin
de cette loi.
Vous avez parlé de redonner un cap, et vous avez raison. C’est l’objet du fonds
hydraulique agricole, pour de nouveaux stockages d’eau ; de l’accélération
de la rénovation des vergers ; de la relance du plan Agriculture
Méditerranée lancé par mon prédécesseur ; et des contrats d’avenir que
nous construisons avec les jeunes agriculteurs.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Les vagues de chaleur sont malheureusement amenées à se reproduire. Nous
devons en tenir compte, et agissons en conséquence :
- Avec un plan accéléré pour les 2 500 à 3 000 écoles les plus vulnérables dans
un premier temps, puis l’équipement et la rénovation du reste du bâti scolaire.
De nombreuses aides existent, comme celle d’EDF, qui rembourse à hauteur de 400
€ l’achat d’un équipement de rafraîchissement de l’air pour répondre aux
besoins immédiats.
- À partir de l’an prochain, les épreuves écrites et orales des examens
nationaux se tiendront le matin, autant que possible dès 8 heures.
- Nous ouvrirons également l’accès aux données de financement des travaux dans
les bâtiments scolaires.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> Ravie d’assister à l’Assemblée générale annuelle du Syndicat des énergies
renouvelables : échanges avec le Conseil d’administration puis avec les
adhérents. L’occasion de redire l’importance de toutes les sources bas-carbone
et notre engagement à tenir les objectifs de la PPE3.
> La transition accélère, au service des français : 3 mois après le lancement du plan d’électrification, j’ai réuni les acteurs de cette révolution énergétique pour faire un premier bilan et partager les expériences d’industriels, d’élus, de représentants des filières !
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Une victoire pour la France aujourd’hui : le Parlement européen vient de
voter la révision du règlement sur les travailleurs frontaliers.
- Fin des déséquilibres pesant sur notre système d’assurance chômage
- Allègement du quotidien des entreprises et de nos travailleurs frontaliers.
Le système précédent, c’était un déficit de 860 millions d’euros en 2024 pour
notre pays.
> Aux Universités de Pharmaceutiques pour rappeler que, face à la pression internationale, soutenir la compétitivité de notre industrie pharmaceutique est vital. La souveraineté sanitaire européenne a d'ores-et-déjà été renforcée par des textes comme le Critical Medicines Act. Investissons, simplifions et assumons la préférence européenne.
> [Présidentielle] Fondamentalement, le Rassemblement National, c'est le même adversaire, que ce soit Jordan Bardella ou Marine Le Pen.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Je souhaite me battre pour garantir aux Français que leurs enfants et
petits-enfants auront une meilleure vie que la leur. Et pour y arriver, nous
devons agir sur 4 chantiers capitaux : École, salaires, frontières et IA.
> Le Rassemblement National, comme la France Insoumise, prospère sur les ruines d’un système à bout de souffle. Moi, je veux le changer, ce système. Les choix du RN nous emmèneraient dans le mur : taxer l’épargne des Français, nous sortir de l’Europe en pleine compétition avec les États-Unis et la Chine, nous soumettre aux pires autocrates de la planète. Je me battrai contre cela. Ma promesse : garantir aux Français que leurs enfants auront une meilleure vie que la leur. Redevenir la première puissance d’Europe en dix ans. École, salaires, frontières, IA, dette publique et dette climatique. Il faut d’abord rassembler les Français. C’est à ça que sert ma candidature à l’élection présidentielle.
> Le Rassemblement national et la France insoumise prospèrent sur un modèle à bout de souffle. Si je veux barrer la route aux extrêmes, je veux le faire en proposant un projet d'espoir à nos compatriotes. J'en suis convaincu, notre pays, la France, a encore les plus belles pages de son histoire à écrire.
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] Nous avons une responsable politique condamnée à deux reprises pour détournements de fonds publics qui fait le choix d'être candidate à l'élection présidentielle. J'appartiens à une nouvelle génération politique pour qui l'exemplarité et la probité sont probablement les valeurs les plus importantes. Il y a une dimension morale à se présenter alors même qu'on a été condamnée et qu'on a un casier judiciaire avec de la prison ferme.
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] En écoutant la rhétorique trumpiste de Marine Le Pen hier, j'ai été consterné de voir cette candidate, déjà condamnée deux fois, prendre en otage l'élection présidentielle et mener une véritable guérilla judiciaire.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Motion de censure / Intervention à l’Assemblée] Vous nous demandez
aujourd’hui de censurer le gouvernement au nom de la crise climatique.
Pourtant, vous le savez, aucune censure ne fera baisser la température, aucune
censure n’isolera mieux les logements, aucune censure ne protégera nos
agriculteurs ni ne climatisera nos hôpitaux.
Aucune censure ne nous rendra les victimes des canicules – je
veux avoir une pensée pour elles et pour leurs familles, et remercier tous les
agents publics qui se sont engagés sans compter leurs heures pour les secourir.
Chers collègues, soyons sérieux une minute : cette motion ne répond pas à
l’urgence climatique ; c’est une stratégie politique, une stratégie de
diversion. Vous accusez les gouvernements d’inaction et d’impréparation ?
Les faits racontent exactement le contraire, et ils sont très têtus. Depuis
2017, la France a réduit ses émissions de CO2 quatre fois plus vite
– je le répète : quatre fois plus vite – que durant la période
où vous exerciez, avec vos alliés politiques, les responsabilités
gouvernementales.
Depuis 2017, nous avons triplé le rythme annuel des rénovations thermiques
grâce à MaPrimeRénov’, qui a fort heureusement remplacé votre crédit d’impôt,
qui profitait avant tout aux plus aisés. Depuis 2017, nous avons créé le fonds
Vert et financé plus de 25 000 projets partout sur le territoire
français – votre hommage à ce fonds est très émouvant et
nous espérons que vous continuerez de le défendre. Depuis 2017, nous avons
doublé le budget de l’écologie. Depuis 2017, nous avons adopté deux plans
nationaux d’adaptation au changement climatique et, pour la première fois,
inscrit dans notre droit une trajectoire de réchauffement de référence pour
mieux préparer notre pays, ce que vous n’avez pas fait.
Tout est-il réglé ? Évidemment non. Faut-il aller plus vite ?
Évidemment oui.
Mais permettez-moi de sourire lorsque ceux qui veulent aujourd’hui distribuer
des cartons rouges sont les mêmes qui ont été condamnés pour inaction
climatique car c’est bien l’action des gouvernements en place entre 2012 et
2017 qui a été condamnée pour inaction climatique. Et ce sont bien vos
successeurs, les gouvernements « macronistes » – comme
vous vous plaisez à les appeler –, qui ont rattrapé votre retard en
matière de baisse des émissions, comme le rappelle la très intéressante
décision du Conseil d’État du 24 octobre 2025 sur l’affaire Grande-Synthe,
qui souligne la solidité des résultats obtenus et la crédibilité des actions
engagées par le gouvernement après que vous avez été condamnés.
Cette motion de censure est donc une diversion et vous avez bien mauvaise
mémoire : vous avez voté contre la loi « climat et résilience »,
contre la loi relative à l’accélération de la production d’énergies
renouvelables et, évidemment, contre la loi sur le nucléaire.
Vous avez même retardé, à deux reprises, l’adoption de budgets qui finançaient
les politiques publiques que vous prétendez aujourd’hui défendre, ce qui a
repoussé d’autant leur mise en œuvre.
En somme, vous nous reprochez de ne pas aller assez vite, alors que ces huit
dernières années, vous avez employé votre énergie à mettre systématiquement des
bâtons dans les roues de l’action publique.
Je dois cependant reconnaître que vous, au moins, vous ne doutez pas de
l’urgence climatique. On ne saurait en dire autant des députés qui se tiennent
sur les bancs de l’extrême droite – enfin, qui s’y tenaient tout à l’heure pour réaliser
leur capsule vidéo.
Le RN, premier parti climatosceptique de France, s’est transformé, avec les
canicules récentes, en premier parti plombier-chauffagiste de France. La
température s’élève ? Il suffit de climatiser ! Oui, il faut rénover
écoles, hôpitaux, maisons de retraite et logements, et climatiser là où il en
est besoin – mais allez-vous climatiser les forêts, les
champs, les câbles électriques pour faire face au dérèglement climatique ?
Avec quelle climatisation comptez-vous agir contre la montée du niveau de la
mer, les feux de forêt, les inondations et les sécheresses ?
Surtout, on ne lutte pas contre le dérèglement climatique en combattant, comme
vous le faites depuis des années, la sortie des énergies fossiles et les
énergies renouvelables. Cependant, on sait combien vous êtes proches des
intérêts fossiles poutiniens et trumpiens et on vous reconnaîtra une très
grande constance en la matière.
Le climat mérite mieux que les diversions de certains et le cynisme des autres
– en matière de cynisme, le RN en connaît un rayon, à Monaco comme à
Paris !
Vous l’aurez compris, mon groupe, Ensemble pour la République, ne votera pas
cette motion de censure.
Il inscrira son action dans la continuité de celles des premiers ministres,
Philippe, Borne et Attal notamment : réduire notre consommation de gaz et
du pétrole, produire notre énergie décarbonée, bâtir avec nos entreprises des
solutions qui créent de l’emploi et des usines tout en répondant au défi
climatique, mettre à niveau bâtiments et infrastructures, et, surtout, préparer
et protéger les Français.
Dans cet esprit, permettez-moi de vous interpeller, monsieur le premier
ministre. Les gouvernements que j’ai cités ont engagé la France vers une
trajectoire crédible. Elle ne nous autorise aucune autosatisfaction.
La pire faute serait de démanteler aujourd’hui ce que nous avons patiemment
construit sous l’égide du président de la République. La pire faute serait de
baisser les crédits du fonds Vert. La pire faute serait de réduire ceux du
fonds Chaleur sous prétexte que la priorité est à l’électrification. La pire
faute serait d’accepter de promulguer dans la loi d’urgence agricole des
mesures court-termistes qui vont à l’encontre de la science et du plan
« Eau » voulu par le président. La pire faute serait de fragiliser
nos opérateurs publics.
Dans quelques années, personne ne se souviendra de cette motion de censure. Mais
l’histoire se souviendra de ceux qui auront eu le cran de résister aux sirènes
du court terme, de ceux qui auront traité la menace climatique avec le même
sentiment d’urgence que la menace géopolitique. Monsieur le premier ministre,
au moment où les arbitrages budgétaires se nouent et où certains projets de loi
inquiètent, soyez de ceux qui auront tenu le cap. Nous comptons sur vous !
Elisabeth Borne (députée)
> En tant que Première ministre, j'ai porté trois lois de programmation
: pour les Armées, pour le ministère de l'Intérieur et pour la Justice. La
transition écologique est, elle aussi, un enjeu de protection des Français.
Elle mérite la même ambition. Je propose une loi de programmation sur dix ans
pour sanctuariser les investissements dont notre pays a besoin.
Marc Ferracci (député)
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] Marine Le Pen a été condamnée à
trois ans de prison pour des faits particulièrement graves de détournement des
fonds publics. Ceci ne change rien à la menace que représente le RN pour notre
pays.
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] Comment peut-on se présenter à l’élection présidentielle lorsque l’on est, au sens premier du terme, une délinquante ? Ce qui sépare Le Pen d’une candidature à l’élection présidentielle ce n’est pas seulement un bracelet électronique, c’est l’intégrité et le sens moral.
Jean-René Cazeneuve (député)
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] Aujourd’hui, pour la deuxième fois,
la justice a confirmé que Marine Le Pen est une délinquante, condamnée pour
détournement de fonds. Pendant des années, elle a plaidé pour l’inéligibilité à
vie des élus condamnés. Mais ce soir, elle maintient sa candidature. Les
Français jugeront.
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] C'est officiel, Marine Le Pen, a bien piqué 2,9 millions dans les caisses du Parlement européen, elle veut maintenant qu’on lui confie les 500 milliards d’euros du budget de l’État ? Qui peut lui faire confiance ?
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] Marine Le Pen ou Jordan Bardella ? C’est bonnet brun et brun bonnet. Mêmes racines, même populisme, mêmes mensonges, même démagogie. Seul l’emballage change.
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] Avec son propre programme pénal, Marine Le Pen serait en cellule et inéligible à vie. Aujourd’hui, elle est protégée par tout ce qu’elle a passé des années à dénoncer: individualisation des peines, aménagement de peine, bracelet électronique.
Olivia Grégoire
(députée)
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] On parle des
« conditions » dans lesquelles Marine Le Pen pourrait se présenter.
On parle peu de la question morale pourtant essentielle à la vie politique :
peut on décemment briguer la fonction suprême en étant condamnée ? Au delà des
modalités, quid de la moralité ?
Prisca Thevenot (députée)
> [Présidentielle: Laurent
Wauquiez soutient Édouard Philippe] Je suis le soutien de Gabriel Attal, pas de
Bruno Retailleau, donc cette question doit aussi être posée aux Républicains.
Le mercato fait beaucoup parler, mais le mercato en politique comme au football
ne décrète pas qui sera gagnant au moment du transfert. Ce qui compte, c’est le
terrain, au moment du match. Et ce match, nous le jouons avec Gabriel Attal,
sur le terrain, auprès des Français. (…)
Je ne veux pas rentrer dans ce jeu-là,
parce que notre pays mérite un débat politique sur le fond. On pourrait parler
des Républicains et de leurs cinquante nuances d’idées, qui ne sont pas
toujours vraiment à droite. Ils ont parfois permis d’augmenter les impôts, de
remettre en cause la place de la France en Europe, ou de ne pas soutenir la
réforme des retraites. Mais le sujet n’est pas de refaire le match des années
précédentes, c’est de préparer celui qui vient.”
> [Présidentielle] Gabriel Attal n’est pas dans les petites phrases, ni dans les petits slogans. Il est dans des vrais projets d’ambition, sur l’intelligence artificielle, sur l’école, sur les frontières, sur l’énergie ou encore sur la géothermie. C’est du concret, et c’est ce dont les Français ont besoin aujourd’hui. Cette campagne, nous allons la mener pied au plancher, non pas pour savoir qui sera au premier rang des meetings, mais pour parler aux Français.
> [Présidentielle] Édouard Philippe n’est pas un opposant politique, c’est un partenaire politique avec qui nous avons gouverné. Est-ce qu’il y a des nuances sur le fond ? Oui, et c’est précisément sur cela que nous pouvons débattre sereinement et sainement. Il y a des différences sur l’intelligence artificielle, sur les retraites, sur l’âge de départ ou sur la part de capitalisation.
> [Présidentielle] On ne va pas se renier. Est-ce que nous sommes libéraux économiquement, pro-européens et progressistes sur les valeurs ? Oui. En revanche, nous considérons qu’un certain nombre de sujets doivent nous conduire à revoir notre façon de fonctionner. Le monde de 2027 n’est pas le même que celui de 2017.
> Nous considérons que les Français sont déjà dans l’effort. Ils ont déjà la sueur au coin du front quand ils se lèvent tôt le matin, quand ils rentrent tard le soir, quand ils n’arrivent pas à finir le mois correctement ou à partir en vacances. Notre enjeu n’est pas de leur dire qu’il faut encore plus d’efforts. Notre enjeu est de porter une ambition nouvelle pour dégager des marges de manœuvre financières.
> Gabriel Attal porte une vision d’espoir. Ce n’est pas seulement moi qui le dis, ce sont les Françaises et les Français que nous rencontrons dans nos déplacements. À Montpellier, à Perpignan, et bientôt à Toulon, c’est ce qui ressort énormément. Les Français veulent du concret, pas seulement des slogans, et Gabriel Attal fixe un cap.
> Nous avons devant nous une révolution de l’intelligence artificielle que nous devons largement embrasser. Elle peut permettre de produire, d’innover et de retrouver des marges de manœuvre financières. L’objectif n’est pas de vivre avec la carte de crédit de nos enfants et de nos petits-enfants. L’objectif est de bâtir une puissance capable de financer son avenir.”
> [Présidentielle] En général, les candidats à l’élection présidentielle expliquent tout ce
qu’ils veulent faire, puis, à la fin, ils disent comment ils vont le financer.
Nous faisons l’inverse. Le sujet de la dette et du financement est aujourd’hui
au cœur des préoccupations des Français. Ils savent très bien que si nous ne
maîtrisons pas la dette, cela se traduira par des augmentations d’impôts et
pèsera sur les prochaines générations. (…)
Gabriel Attal fixe un cap et un cadre.
L’objectif est de revenir sous les 3 % de déficit d’ici la fin du premier
quinquennat, puis à l’équilibre d’ici dix ans. Nous partons d’un constat simple
: deux tiers de nos dépenses sont sociales. Il faudra donc regarder la réforme
de l’assurance chômage, la réforme des retraites, ainsi qu’un plan de départ
volontaire dans la fonction publique.
> Il y a près de dix ans, beaucoup de choses avaient été engagées. Mais au cours des deux dernières années, avec la dissolution, beaucoup de choses ont été balayées et remises en cause. Cela ne veut pas dire renier ce que nous sommes, ni abandonner notre ligne pro-européenne, libérale et progressiste. Cela signifie adapter notre fonctionnement à un monde qui a changé.
> Beaucoup parlent de rassemblement avec des injonctions ou des tribunes. Gabriel Attal, lui, le met dans le concret et dans l’action, parce qu’il n’est pas dans l’incantation. Il a été à l’origine du comité de liaison où se retrouvent Renaissance, l’UDI, Horizons, le MoDem et le Parti radical. Ce comité devra travailler au calendrier et au processus de désignation, pendant que chaque candidat mène sa campagne.
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] À partir de combien dans les sondages est-on au-dessus de la loi ? À partir de combien dans les sondages a-t-on le droit de tout faire avec l’argent des Français ? Ce n’est pas parce qu’on est en tête des sondages qu’on est au-dessus de la loi. Le sujet, c’est l’argent des Français et un système financier de détournement d’argent.”
> [Présidentielle : candidat du RN] Peu importe que ce soit l’un ou l’autre, il y
aura le Rassemblement national dans cette élection présidentielle. Ce qui nous
importe, avec Gabriel Attal, c’est de combattre le Rassemblement national sur
le fond. D’ailleurs, il existe aussi un jeu d’équilibriste idéologique entre la
ligne de Marine Le Pen et celle de Jordan Bardella. La question sera donc de
savoir quelle est réellement la ligne du Rassemblement national. (…)
Ce n’est pas une question de génération,
c’est une question de fond. Les Français ne sont pas dans un casting de
télé-réalité. Ils veulent savoir quelle sera leur vie demain et après-demain,
et quelle sera la position de la France en Europe et dans le monde. Le
Rassemblement national est à combattre sur les idées, sur le fond, qu’il soit
représenté par Marine Le Pen ou Jordan Bardella.”
Marie Lebec (députée)
> Depuis 2017, sous l’impulsion du Président de la République, la France a
divisé par quatre ses émissions de CO₂, doublé le budget de l’écologie, lancé deux plans
nationaux d’adaptation au changement climatique et triplé le niveau de rénovations
thermiques par rapport au mandat.
Paul Midy (député)
> [Présidentielle : candidat du RN] On ne peut pas d'un côté apprendre à
nos enfants qu'il faut respecter les règles, être honnête, ne pas tricher et de
l'autre, expliquer qu'une personne condamnée à deux reprises a de la prison
ferme pour détournement de fonds publics est légitime pour devenir Président de
la République, le garant des lois.
> [Présidentielle] Les affaires judiciaires de l’extrême droite comme de l’extrême gauche ne peuvent pas être le seul sujet du débat public. La bonne nouvelle, c’est que nous avons désormais 9 mois de campagne présidentielle devant nous. Il est temps de parler des projets, des solutions et de l’avenir de la France !
> [Présidentielle] La justice a tranché, Marine Le Pen est coupable. Peu importe le candidat du RN, maintenant il faut parler des priorités des Français et avoir un vrai débat présidentiel. Avec Gabriel Attal nous portons un projet d'espoir autour de 4 chantiers capitaux : école, frontières, salaires et IA.
Laure Miller (députée)
> A l’occasion de l’examen du projet de loi sur la protection des
enfants, j’ai déposé un amendement visant à mettre fin à la confusion des
peines pour les crimes et délits sexuels commis à l’encontre de mineurs de moins
de 15 ans. Adopté !
Christopher
Weissberg (député)
> [Relations franco-américaines / Intervention à l’Assemblée]
Le 4 juillet dernier, les États-Unis célébraient les 250 ans de leur
indépendance. En 1776, les Pères fondateurs proclamaient une idée
révolutionnaire : il existe des droits que nul pouvoir ne peut retirer, la
vie, la liberté et la poursuite du bonheur. Cette idée ne naît pas de nulle
part. Elle s’inspire des Lumières françaises. Franklin et Jefferson lui font
traverser l’Atlantique. Treize ans plus tard, elle revient en France, enrichie
de l’expérience américaine et inspire à son tour notre Révolution. Depuis lors,
nos deux nations ne sont pas seulement des alliées : elles sont les
héritières d’une même promesse démocratique.
En 1776, le défi était de conquérir la liberté. En 2026, le défi est de la
préserver. Car derrière les célébrations, une question demeure : que
reste-t-il de l’esprit de 1776 ? Nous le voyons une fois encore, nos
démocraties se répondent et parfois s’imitent, quand les juges deviennent des
adversaires parce que leurs décisions déplaisent, quand les journalistes
deviennent des ennemis parce qu’ils enquêtent, quand les scientifiques
deviennent suspects parce que leurs conclusions dérangent. Les démocraties
meurent rarement dans un fracas. Elles s’érodent, puis disparaissent. Et, comme
si cette crise de confiance ne suffisait pas, une révolution technologique
s’ouvre devant nous. L’intelligence artificielle bouleverse notre rapport au
savoir. Les réseaux sociaux bousculent notre rapport au débat. Pendant ce
temps, la dette écologique et la dette financière limitent déjà la liberté des
générations futures.
Face à cette agitation, le président de la République a fait le choix de la
constance : parler à toutes les administrations américaines, quelles
qu’elles soient, sans jamais renoncer à défendre les intérêts de la France, la
voix de l’Europe et les valeurs qui fondent notre alliance. Parce que la France
n’est jamais aussi fidèle à ses alliés que lorsqu’elle est fidèle à elle-même.
À l’heure où le sommet de l’Otan, à Ankara, rappelle que la sécurité de
l’Europe repose plus que jamais sur une alliance transatlantique forte, comment
la France entend-elle poursuivre le dialogue avec les États-Unis afin de
préserver cette alliance tout en continuant de défendre sans concession nos
intérêts et nos valeurs démocratiques ?
Sébastien
Huyghe (député)
> [Justice criminelle et respect des victimes –
Renforcement des juridictions criminelles / Intervention à l’Assemblée] Au
31 décembre 2025, près de 6 000 personnes attendaient encore que
leur affaire criminelle soit jugée. Ce chiffre, plus de deux fois supérieur à
celui observé avant la crise sanitaire, traduit une réalité préoccupante :
notre justice criminelle ne parvient plus à répondre dans des délais
acceptables. Pour une victime de viol, l’attente avant le procès peut atteindre
six ans ; pour un homicide, elle peut aller jusqu’à huit ans en première
instance. Une justice qui intervient trop tard perd en efficacité. Le risque
d’un engorgement durable, aux conséquences concrètes sur les victimes comme sur
les accusés, impose une réponse à la hauteur de l’urgence. L’accumulation des
dossiers et l’allongement des délais ont placé nos juridictions criminelles au
bord de la rupture, menaçant directement leur capacité à remplir leur mission
fondamentale : juger dans un délai raisonnable.
J’ai deux regrets, à cet égard. Je regrette d’abord que le rejet du projet de
loi relatif à la justice criminelle et au respect des victimes par la
commission des lois nous ait conduits à écarter la mesure emblématique de ce
texte : la création d’une procédure de jugement des crimes reconnus, qui
aurait constitué une forme de plaider-coupable adaptée à la matière criminelle,
et qui aurait permis une évolution importante de la procédure pénale, en
offrant la possibilité d’une réponse judiciaire plus rapide lorsque les faits
sont établis et reconnus. Je souligne néanmoins l’esprit de conciliation et
d’apaisement du gouvernement, qui a conduit à cette suppression. Je regrette
enfin la suppression des articles 6, 8 et 10, qui auraient permis la
création d’un statut de psychologue judiciaire, la simplification de la
procédure devant la chambre de l’instruction, la modernisation de l’accès aux décisions
de justice et la protection des professionnels.
Si plusieurs dispositions ont dû être écartées au cours de nos travaux, les
deux textes sont loin d’avoir perdu toute leur portée. Ils demeurent riches de
mesures structurantes, dont la mise en œuvre contribuera utilement à commencer
de répondre aux tensions qui affectent les juridictions criminelles. Ils ne
prétendent pas épuiser un sujet dont chacun mesure la complexité ; en
revanche, ils engagent une dynamique indispensable. Lorsque les délais s’allongent
excessivement, c’est l’autorité même de la décision judiciaire qui se trouve
fragilisée, la confiance des citoyens qui s’érode, les victimes qui demeurent
dans l’attente et les accusés qui voient se prolonger une incertitude
incompatible avec les exigences d’une bonne administration de la justice. Les
lacunes fonctionnelles des juridictions criminelles ne sont plus
théoriques : elles sont désormais tangibles. Les répercussions sont
profondes et appellent une réponse à la hauteur des enjeux.
En dépit des arbitrages advenus, le projet de loi et le projet de loi organique
conservent une densité normative réelle. Les dispositions qu’ils rassemblent ne
constituent peut-être qu’une première étape, mais elles amorcent un mouvement
nécessaire pour restaurer la capacité des juridictions criminelles à statuer
dans des délais compatibles avec les exigences de notre État de droit et avec
les attentes légitimes de nos concitoyens. Je tiens une nouvelle fois à saluer
le travail important de nos deux rapporteures. Tout au long de la discussion,
nous nous sommes attachés à travailler dans un esprit de dialogue, d’écoute et
d’apaisement, avec la volonté constante de faire émerger des compromis entre
les différents groupes afin d’engager une réforme attendue.
Le groupe Ensemble pour la République votera en faveur de ces deux textes avec
conviction, parce qu’ils traduisent une ambition forte, et parce qu’ils
constituent les prémices d’un travail qu’il nous appartiendra de poursuivre
ensemble, avec responsabilité.
Vincent Caure (député)
> Le projet de loi RIPOST est le fruit de plusieurs années de travail
menées par le ministère de l’Intérieur, en concertation avec l’ensemble des
acteurs concernés. Son objectif est simple : apporter des réponses concrètes
aux phénomènes qui pourrissent le quotidien des Français, qu’il s’agisse des
rave parties, des mortiers d’artifice, des rodéos motorisés, de la consommation
de stupéfiants ou du trafic de drogue. Face à des menaces qui évoluent, nous
devons donner les moyens à l’Était d’agir. C’est tout le sens de ce texte.
● MoDem
François Bayrou (président)
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] C'était une journée, comme il y en a
souvent dans la politique française, d'ailleurs dans la politique du monde.
C'est une journée un peu folle, absolument frappante par le suspense. Au fond
de moi, je trouve que de tout cela, il faut en faire du bien.
Premièrement parce que le jugement, vous le voyez bien, recherchait un certain
équilibre. C'est-à-dire à la fois la confirmation de la reconnaissance d'un
certain nombre d'errements, et puis deuxièmement le réconfort : respect du
principe de ne pas porter atteinte aux droits de l'électeur, de choisir son
candidat et son président. (…)
J'étais Premier ministre, c'était donc une parole forte. J'avais pesé les mots
et affirmé ce trouble à propos de l'exécution provisoire. Parce qu'il y a un
principe de droit que je considère comme intangible, c'est qu'il faut toujours
avoir un recours devant un jugement. Et sur le fond, parce que c'est cela qui
m'intéresse : la France va pouvoir avoir le débat auquel elle a droit. Le
débat de l'élection présidentielle, c'est un débat pour que le pays saisisse et
choisisse le destin qui doit être le sien. Si cela n'avait pas été le cas, il y
aurait eu des polémiques incessantes. Et là, il y aura des polémiques parce que
c'est le lot de la politique française. Mais au moins l'électeur, le citoyen,
va voir devant lui se former le débat par lequel il doit choisir son
avenir. (...)
Et donc, il y a la recherche d'un équilibre et vous le voyez bien, cet
équilibre, il va être d'ailleurs enrichi par le pourvoi en cassation dans
lequel est recherchée la question de fond sur est-ce qu'il est normal qu'un
assistant parlementaire fasse ou pas de la politique nationale.
> [Présidentielle et candidature de Le Pen] Honnêtement,
j'attendais cette décision, puisqu'elle avait dit qu'avec bracelet, jamais elle
ne ferait campagne. Et je comprenais très bien qu'avec un bracelet, vous ne
pouvez pas faire campagne. Tout ça n'a aucun sens. Et donc, la décision qu'elle
a prise, c'est une décision prise parce que le calendrier des magistrats et de
la Cour de cassation fait que probablement la décision sera prise tard. Ce qui
fait que la campagne électorale pourra avoir lieu. (…)
Alors vous savez, il y a un débat terrible parmi les juristes. Personne n'est
d'accord sur ce que pourrait décider la Cour de cassation. Je vais trancher, je
résume le débat pour que cela soit clair.
Si la Cour de cassation casse le jugement d'hier, alors cela veut dire qu'on
revient au jugement antérieur, à l'inéligibilité immédiatement applicable. Et
d'autres disent, plus nombreux je crois : Mais non, le jugement
de la Cour d'appel infirme sur ce point le jugement du tribunal, de la première
instance. (…)
On est revenu à un temps d'une extrême violence dans la vie politique. Et donc,
je m'efforce de ne pas employer des mots qui soient des mots de stigmatisation,
même si je suis, comme vous le savez, un adversaire déterminé du RN et des
extrêmes en général. Je veux en dire un mot, une phrase sur ce point. Jamais
dans l'histoire du monde, jamais, la prise du pouvoir par l'extrême droite ou
l'extrême gauche n'a apporté du bien à un pays. Pour deux raisons
principales : la première c'est que ce sont des mouvements qui divisent la
société, qui jettent les uns contre les autres, qui multiplient les accusations
pour que les uns soient rejetés et les autres au contraire soient glorifiés.
Tout cela, cet affrontement de violence, est le contraire de l'intérêt du pays.
Et deuxièmement, la politique du bouc émissaire qui consiste pour les uns à
dire on va faire payer les immigrés et l'Europe et pour les autres, à l'extrême
gauche, dire : on va faire payer les riches , en jouant avec
tout un tas de mots et de thèmes et d'allusions qui sont en réalité de
l'antisémitisme. Ce sont les Juifs que l'on vise, et encore récemment, de
manière pour moi tout à fait évidente. Tout cela, c'est faire reculer le pays.
Il n'y a qu'une manière de faire avancer le pays -c'est pourquoi j'ai écrit ce
livre- c’est de lui dire la vérité sur la situation comme elle est, de la lui
expliquer alors qu'elle n'a jamais été expliquée clairement par personne. C'est
le premier livre grand public qui explique ce que c'est. Ce qui fait avancer un
pays, c'est la vérité partagée.
> [Présidentielle] Votre formulation laisse entendre que c'est joué à l'avance. Que le pays a choisi. Moi, je ne crois pas cela. Je regarde les dynamiques. Comme vous le disiez à l'instant, il y a deux dynamiques qui se font face, LFI et RN. Le pays est à la veille du plus grand choix qu'il ait eu à prononcer depuis très longtemps. Et ce grand choix touche à son avenir et singulièrement à l'avenir des plus jeunes. J'ai écrit ce livre pour éviter ce que j'appelle la guerre des générations. Et pour expliquer que si on ne veut pas la guerre des générations, il faut l'alliance des générations. Il faut que tout le pays, dans son ensemble, décide de prendre les décisions nécessaires pour que les jeunes aient enfin une place et que le pays lui-même retrouve son équilibre et on en est très loin. Cette orientation est la seule qui permet au pays d'avancer.
> J’ai essayé de prendre un pays de comparaison et
j'ai pris un pays qui n'est pas la puissante Allemagne, dont on pourrait
discuter d'ailleurs de la crise qui vient aujourd'hui, j'ai pris un pays qui,
de ce point de vue-là, n'a pas l'assise, et j'ai pris les Pays-Bas. Écoutez
bien, si l'on prend le produit intérieur des Pays-Bas, et qu'on essaie de
l'estimer pour chacun des habitants, et ce chiffre qui s'appelle le produit
intérieur par habitant, celui des Pays-Bas est supérieur à celui de la France
de 30%. C'est terrible. Ce n'est pas un pays dont on puisse dire que la société
est cruelle, que les gens ne sont pas soignés, qu'il y a de l'esclavage, c'est
un pays tout à fait comparable au nôtre. Est-ce que vous imaginez la situation
si chacun de ceux qui vous écoutent avait 30% de salaire de plus ? Et si l'État
avait 30% de ressources de plus ? Même 15%, même 10% de ressources en plus
? Nous n'aurions plus de déficit. (…)
Il y a 50 ans que la France n'a pas voté un budget en équilibre, singulièrement
à partir de 1981. Et ce déficit annuel, multiplié chaque année, c'est très
simple. Lorsque vous n'avez pas assez de ressources pour payer vos dépenses,
vous empruntez la différence et on a eu comme cela une sédimentation comme au
fond de la mer pendant des décennies, pendant presque 5 décennies, 4 décennies
et demie au moins. Et on se retrouve avec une montagne de dettes qui est
absolument impossible à imaginer puisque c'est plus de 3500 milliards.
Simplement, on n'a jamais remboursé un euro de la dette. Vous entendez tout ce
qui nous écoute ? Jamais la France n'a remboursé un euro de la dette. Quand on
doit rembourser les échéances, on emprunte à nouveau le même montant plus le déficit
de l'année qui vient. On est dans un cercle infernal. Même si on ne rembourse
pas le capital, il faut payer les intérêts. Et les intérêts de la dette
désormais sont devenus hors de contrôle.
> Il y a quelques années, les intérêts de la dette
c'était entre 20 et 30 milliards. Cette année, cela sera 80 milliards. L'année
prochaine, plus de 90 et puis d'ici à 2030, on va monter, dit la Cour des
comptes, à près de 120 milliards. (…)
C'est parce qu'on a refusé la vérité qu'on en est là. Et donc moi, mon
engagement, c'est que la vérité soit dite. Et je dis 120 milliards dans 3 ans
ou 4 ans. Or, le montant total de l'impôt sur le revenu que vous payez, vous,
beaucoup, que paie chacun de ceux qui nous écoutent, chacun dans sa famille,
dans son foyer, le montant total de l'impôt sur le revenu de tous les Français,
de tous les foyers français, de tous les revenus français, c'est 90 milliards.
Donc, l'année prochaine, le montant total de l'impôt sur le revenu payé par
ceux qui nous écoutent partout dans toutes les villes et dans tous les villages
additionnés à l'échelon national, ne suffira pas à couvrir les intérêts de la
dette. C'est exactement une situation de surendettement. (…)
Quelle est la question ? La question c'est, est-ce qu'entre citoyens français
on est capable de se dire la vérité ? Et de voir en effet le caractère dépassé
d'un certain nombre de nos organisations ? Parce que si nous voyons cette
menace qui est désormais comme une épée de Damoclès dont le fil serait tranché
au-dessus de notre tête, alors on n'aura pas, on n'aura plus les moyens que
tous les candidats promettent d'augmentation des uns, de subvention aux autres,
de prise en charge, plus de fonctionnaires dans les hôpitaux.
> La France dépense 20% de plus que ses voisins pour ses dépenses publiques. Est-ce qu'on est mieux soigné, mieux éduqué ? Est-ce que les gens sont contents des services publics ? Est-ce que le pays est plus optimiste ? À ces quatre questions, la réponse est non. On a donc un devoir de reconstruction. Je l'ai proposé à la tribune de l'Assemblée nationale et les oppositions, les partis politiques se sont mis ensemble pour dire non, nous ne voulons pas entendre cela. L'espoir, cela consiste à penser cette reconstruction du pays, et il faut le penser dans une alliance des générations. Parce que vous voyez bien, lorsqu'on constate le fait que la moitié de l'endettement est allée pour compléter les pensions de retraite, ce n'est pas tenable. Or, il y a des gens qui disent qu'il faut faire payer telle génération et telle autre. Je crois qu'il faut que les générations plus avancées et les générations les plus jeunes soient dans une alliance indestructible pour trouver une organisation du pays qui nous permette non pas d'être aussi efficace mais d'être beaucoup plus efficace parce que nous ne sommes pas efficaces. Cela ne marche pas dans des tas de domaines et les Français le savent bien et en dépensant moins -Et vous voyez à quel point cela exige de croire en l'avenir- cela exige de penser différemment. Cela exige de sortir des moules ou des chemins battus habituels.
> La mise en tutelle du pays, cela serait à nos yeux et aux yeux de tous ceux qui nous entourent, un drame pour la France épouvantable. (…) Ça voudrait dire que vous perdez votre capacité de décision, ce que la Grèce a fait. La Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal ont réussi à redresser leurs finances publiques. La Grèce, comme vous vous en souvenez, dans cette violence imposée par le FMI, par l'Union Européenne, et donc tout cela exige que nous prenions nous-mêmes les choses en main. Je crois que cela serait une défaite et il ne faut pas accepter cette défaite.
> [Candidat à la présidentielle] Pour moi, il y a deux critères. Le premier de ces critères, c'est est-ce que celui-là a le courage de dire la vérité comme elle est ? Deuxièmement, est-ce qu'il a l'imagination, la capacité de création, de créativité pour dire on va faire différemment, on va organiser le pays différemment, et on va souder les forces pour avancer. Pour l'instant, dans l'offre politique, comme vous dites, vous les journalistes, je ne vois pas de réponse à cette question, mais elle va venir la réponse, d'ici à l'automne.
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à
l’Assemblée nationale)
> Les Écologistes nous font perdre une journée avec une motion de censure
sur la canicule. Pendant ce temps, l'été s'annonce incendiaire. Rappel en 10
ans : -20% de CO₂, 25000 projets Fonds vert, 1700 établissements de
santé rénovés, 35 Md€ pour le rail, etc. Leur bilan : la posture.
Erwan Balanant (député)
Marine Le Pen et le RN ont été condamnés pour détournement d’argent public. La
campagne présidentielle va commencer. C’est un rendez-vous démocratique
important. Une nouvelle période s’ouvre, celle de la clarification.
Bruno Fuchs (député)
> Les insultes racistes visant Kylian Mbappé sont une honte. Plus encore
venant d'une parlementaire. Le racisme n'est ni une opinion, ni un dérapage :
c'est une atteinte à la dignité humaine. Total soutien. Face au racisme, le
silence n'est jamais une option.
Jean-Paul
Mattei (député)
> [Budget /Intervention à l’Assemblée] Si le
constat que l’on pouvait porter sur nos finances publiques était déjà lourd, le
comité d’alerte qui s’est réuni ce matin confirme nos plus vives inquiétudes.
Les chiffres sont implacables : 152 milliards de déficit en 2025, une
dette franchissant les 3 500 milliards et une croissance revue à
0,7 %, percutée par la crise du détroit d’Ormuz.
Disons-le clairement : la dépense n’est pas encore hors de contrôle. Les
efforts commencés par François Bayrou ont été poursuivis et Sébastien Lecornu a
tenu la trajectoire.
Pour autant, l’heure des choix est venue. La charge de la dette va devenir le
premier poste de dépenses de l’État – devant l’école et devant notre défense. Nos
dettes sont de toutes natures : budgétaire, bien sûr, mais aussi écologique,
productive, démographique et, par conséquent, démocratique.
Le prochain budget exigera des arbitrages forts. Notre groupe souhaite que l’on
pose les jalons d’une solidarité intergénérationnelle réinventée et que l’on
investisse pour la transition, la recherche et l’innovation. Un budget
court-termiste nous mènerait à une impasse. Ce n’est pas parce que les cartes
seront rebattues en 2027 que nous sommes exonérés de notre responsabilité de
législateur, ici et maintenant. Chacun devra assumer ses choix.
J’ai trois questions simples à vous poser. Quelles orientations
privilégiez-vous à ce stade ? Quelle sera votre méthode, puisque vous
écartez toute loi de finances rectificative ? Pouvez-vous vous engager à
ce que l’exécutif ne choisisse pas la solution de facilité avec une loi
spéciale ? Nous n’en voulons pas.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> La présidence irlandaise du Conseil de l’UE débute dans une époque
troublée. Le monde est redevenu brutal. La force veut remplacer le droit. Les
puissances s'affrontent. Les démocraties sont défiées. Et dans ce monde,
l'Europe ne peut plus subir. Face à cette brutalité, notre réponse doit être
l'affirmation de la puissance européenne. Mais d’une puissance qui nous
ressemble. Une puissance démocratique. Une puissance fondée sur nos valeurs,
sur nos libertés et sur l'état de droit. Ces valeurs ne sont pas un frein à la
puissance européenne, elles en sont la condition. Parce l’Europe ne veut pas
être brutale, cela n’est pas notre modèle. Mais elle ne veut pas non plus
disparaître. Et pour cela, il faut assumer le rapport de force en ne reniant
rien de ce que nous sommes.
Stéphanie Yon-Courtin
> Les décisions en
matière de concurrence doivent être dépourvues de toute influence politique.
Point final. Dans chaque pays de l’UE, les autorités nationales de concurrence
sont indépendantes du gouvernement. Pas au niveau européen. Ici, c’est la
Commission, un organe politique, qui détient le pouvoir. C’est ainsi que les
décisions en matière de concurrence se politisent. Cela ne devrait pas être le
cas. Mon rapport propose d’évaluer si les pouvoirs en matière de concurrence ne
devraient pas être retirés à la Commission, au profit d’une autorité
véritablement indépendante. Une autorité qui ne reculerait pas quand Trump
prend son téléphone.
Grégory Allione (député)
> Le climat s'accélère,
mais notre réponse reste trop lente. On ne demande pas aux pompiers de choisir
entre combattre les flammes et sauver des vies. Nous ne pouvons pas davantage
choisir entre l'atténuation et l'adaptation. Nous devons faire les deux. La
préparation ne peut plus être une politique d'urgence. Elle doit devenir une
politique permanente d'anticipation, dans laquelle l'État, les collectivités
locales, les entreprises et les citoyens assument chacun leur part de
responsabilité, et où celles et ceux qui risquent leur vie pour protéger la
nôtre reçoivent enfin les moyens, la reconnaissance et le statut qu'ils
méritent.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Un enfant n’est ni une nuisance, ni un bruit de fond. Il est sujet de
droit. Si la loi doit être clarifiée pour mettre fin aux espaces No kids, nous
le ferons. En France, on n’exclut pas les enfants de l’espace public : on
construit une société avec eux.
> Je suis pour l'interdiction de ces espaces no kids.

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