Voici une sélection, ce 26 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Intervention lors du Sommet franco-italien] Je remercie Madame la
Présidente du Conseil ainsi que tous les ministres ici présents, et les acteurs
de la relation entre l'Italie et la France, pour leur présence à Antibes à
l'occasion de notre 36ème sommet franco-italien. Nous nous sommes, en effet,
retrouvés ces derniers jours à de nombreuses reprises avec Madame la
Présidente, lors du sommet du G7 à Évian, juste après au Conseil européen des
18 et 19 juin, hier à Berlin avec plusieurs autres collègues. Et nous nous
retrouverons dans quelques jours à Ankara pour le sommet de l'OTAN, comme nous
l'avions fait d'ailleurs au début mai au sommet de la Communauté politique
européenne en Arménie.
Dans chacune de ces enceintes, l'Italie et la France partagent des
intérêts, des convictions et portent souvent des projets communs. Ce travail
s'appuie sur une coopération bilatérale qui est riche et solide, dont ce sommet
nous montre la profondeur des partenariats, des projets, des investissements
qui constituent la réalité concrète de la relation entre l'Italie et la France.
Les sept accords qui viennent d'être signés le montrent, comme aussi les
accords qui ont été signés entre nos entreprises et entre nos grands
acteurs.
Oui, l'Italie et la France sont toujours l'une pour l'autre des partenaires
aussi naturels qu'incontournables. C'est tout l'objet de ce sommet que de
projeter la relation franco-italienne vers l'avenir avec des objectifs clairs.
C'était le sens aussi du traité du Quirinal qui, depuis cinq ans, a donné un
cadre plus ambitieux et plus concret à nos partenariats et à nos projets.
D'abord, sur le plan économique et commercial, nos deux pays ont largement
dépassé en 2025 le niveau historique des 100 milliards d'euros d'échanges et de
biens. Nos chaînes de valeurs sont intégrées, nos entreprises travaillent de
plus en plus sur des projets communs, tandis que nos investissements croisés
sont plus conséquents. Le succès du forum d'affaires franco-italien qui s'est
tenu au Cannet en est la parfaite illustration.
Ce sommet vient d'abord rehausser notre coopération en matière de défense.
Nous venons de l'évoquer, nos ministres se sont réunis sur nos priorités
partagées : le soutien continu à l'Ukraine, la participation conjointe à
des opérations de paix et de politiques de sécurité et de défense communes, les
programmes conjoints d'armement, avec des réussites franco-italiennes comme les
missiles Aster ou le SAMP/T Nouvelle Génération. Notre feuille de route
capacitaire et le comité bilatéral de stratégie industrielle de défense acté
aujourd'hui viendront renforcer notre coopération capacitaire et industrielle
en appui à la base industrielle et technologique de défense européenne.
Nous renforçons aussi notre coopération dans le domaine de l'énergie.
L'actualité récente l'a encore démontré, il est plus que jamais nécessaire de
renforcer l'indépendance énergétique de notre Europe. La France a fait un choix
clair et décisif il y a de nombreuses années en faveur de la production
d'énergie nucléaire et un processus législatif est en cours en Italie en vue
d'une relance. À ce titre, je veux saluer la volonté des industriels italiens
de participer au développement et au déploiement en Europe du projet de petits
réacteurs modulaires NUWARD. Je l'ai redit lors de nos échanges avec Madame la
Présidente du Conseil, nous voulons bâtir avec l'Italie un partenariat
industriel global et privilégié dans le domaine du nucléaire civil, couvrant
toute la chaîne de valeur.
Dans le secteur spatial, la coopération franco-italienne a été un moteur
historique pour l'Europe et elle doit le rester. Le site de Thales Alenia Space
à Cannes, visité par les ministres italiens et français aujourd'hui, en est le
symbole. Nous devons continuer à mettre ces compétences au service du
renforcement de la compétitivité, de la résilience, de la souveraineté
européenne, pour l'accès autonome à l'espace, les communications par satellite,
l'observation et l'exploration, comme pour le spatial de défense. C'est
pourquoi nous avons réaffirmé notre soutien au projet BROMO, porté par Thales
Alenia Space, Airbus et Leonardo, qui permettra l'avènement d'un champion
européen du spatial, ainsi qu'au projet IRIS², qui constituera la colonne
vertébrale de la connectivité satellitaire européenne. Nos équipes vont
continuer à travailler durant l'été et se retrouveront aussi pour porter un
agenda commun lors du Sommet spatial international des 9 et 10 septembre
prochains.
En matière de sécurité, nous avons acté lors de ce sommet la création de la
brigade mixte franco-italienne, afin de nous doter d'un instrument opérationnel
de surveillance autour de notre frontière commune au service de la lutte contre
la criminalité transfrontalière et l'immigration irrégulière, alors que nous
mettons en œuvre le Pacte asile et migration. Nous travaillons aussi
étroitement ensemble dans le cadre de la Communauté politique européenne,
puisque l'Italie et la France ont pris une initiative commune de bâtir cette
Coalition européenne contre les drogues et le narcotrafic, qui rassemble 40
États et organisations partenaires pour des résultats opérationnels, de la
résilience portuaire à la lutte contre les flux financiers illicites, ainsi
qu'à la réhabilitation.
Nous multiplions aussi nos coopérations en matière de transport, nous
poursuivons nos projets. A cet égard aussi, le comité transfrontalier porté au
niveau des ministres qui avait été décidé dans le cadre du traité du Quirinal a
changé la donne en termes de rapidité de mise en œuvre. Le projet du tunnel
routier de Tende, autour de deux tunnels, après la mise en service d'un nouveau
tube à l'été 2025, est clé. Nous avançons sur le projet de liaison ferroviaire
Lyon-Turin. Nous progressons pour réaliser l'axe ferroviaire Marseille-Gênes,
désormais éligible au financement européen. Et on le voit bien, de Tende à
Fréjus, nous avons beaucoup progressé sur l'ensemble de nos projets
transfrontaliers en termes d'infrastructures, et il nous faut poursuivre, de la
même manière que nous poursuivons une stratégie commune sur le plan industriel
et agricole. L'accord qui a été signé aujourd'hui le montre là aussi, comme la
communauté d'agenda européen le montre également.
En matière de culture, nous nous engageons à valoriser notre patrimoine
matériel et immatériel, à faciliter la mobilité des artistes, à encourager la
coproduction d'œuvres culturelles, en particulier dans le cinéma et
l'audiovisuel. C'est tout le sens de l'accord qui a été signé.
Enfin, la vitalité de notre relation se mesure aussi aux échanges
croissants entre nos jeunesses et nos étudiants. Nous avons acté la création
d'un parcours franco-italien pour les élèves de lycées professionnels, le
lancement d'un nouveau programme de jeunes talents, et le renforcement de notre
coopération dans les domaines de l'enseignement et de la formation
professionnelle.
Cette relation bilatérale, dont je viens de décrire ici à la fois les
forces historiques, mais ce qui s'est aussi beaucoup développé ces dernières
années, ou que ce sommet permet d'accélérer, vient en quelque sorte nourrir
également une vision de l'Europe plus compétitive et plus souveraine. Nous
avons échangé sur nos défis de compétitivité, et l'Union européenne, en effet,
nous en sommes convaincus ensemble, doit accélérer, investir plus, réduire ses
dépendances, se diversifier. Nous avons constamment, ces derniers mois, porté
cette exigence commune lors des débats européens, en voulant aussi assurer pour
nos entreprises une concurrence plus loyale, protéger lorsqu'il y a de la
concurrence déloyale, simplifier pour se resynchroniser avec le reste du monde,
investir. Nous devons faire levier de notre marché intérieur, soutenir la
production dans l'Union européenne par une préférence européenne dans les
secteurs stratégiques, et accélérer sur l'union de l'épargne et de
l'investissement pour avoir des financements conjoints privés.
Nous avons eu également avec Madame la présidente une discussion sur le
prochain cadre budgétaire pluriannuel pour l'Union européenne de 2028 à 2034.
Et je crois pouvoir dire que l'Italie et la France ont le même agenda :
défendre les politiques de cohésion et d'agriculture, avoir une Europe plus
efficace, avoir une Europe qui investit dans ses politiques d'avenir pour être
souveraine, et donc qui saura trouver ou des ressources nouvelles pertinentes
qui ne touchent pas nos acteurs industriels ou nos ménages, ou aller vers des
mécanismes d'endettement communs de manière pragmatique. En effet, c'est cet
équilibre qui sera clé et c'est pourquoi nous devons travailler ensemble en
priorité à de nouvelles ressources propres, bâtir un accord équilibré, mais
aussi savoir innover sur le financement du prochain budget.
Enfin, durant ce sommet, nous reviendrons sur ce que nous avons beaucoup
débattu ces derniers jours dans les grandes questions internationales.
L'Ukraine, nous l'avons largement évoquée hier, et je ne veux pas ici être plus
long, mais nous avons ces derniers jours réussi une reconvergence avec les
États-Unis d'Amérique, ce qui est un point clé pour l'efficacité de notre
stratégie.
Évidemment, la mise en œuvre de la paix au Proche et Moyen-Orient. Et à ce
titre, nous avons avec nos partenaires un rôle à jouer pour contribuer à des
opérations de déminage et de réouverture d'Ormuz, mais nous voulons le faire
dans un cadre pacifique, agréé et déconflicté avec l'ensemble des parties
prenantes, qui permettra justement la stabilité dans la durée.
Sur Israël et la Palestine, nous avons plaidé en faveur d'une mise en œuvre
effective du plan de paix à Gaza et permettre l'acheminement massif et sans
entrave de l'aide humanitaire. Et lors du G7, nous avons ensemble plaidé pour
qu'en Cisjordanie, des avancées de la colonisation qui sapent la perspective
d'une solution à deux États cessent. Nous devons maintenant avancer entre
Européens sur la mise en œuvre de mesures concrètes.
Et puis, pour le Liban, la France et l'Italie ont un rôle particulier. Nous
sommes deux nations fortement contributrices de la FINUL, et ensemble avec
Madame la présidente, nous voulons lancer une coalition sur le dispositif
post-FINUL évidemment en coordination avec l'Union européenne et les Nations
unies, pour renforcer la souveraineté du Liban et de ses forces armées,
empêcher que son territoire ne devienne le point d'appui d'une escalade
régionale.
Je crois pouvoir dire que, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, la
coopération entre nos forces armées, nos ministres et entre nous est excellente
et, je l'espère, permettra d'avancer durant les prochains mois pour bâtir une
perspective après le 31 décembre 2026, puisque c'est la fin du mandat de la
FINUL qui sera alors actée. La feuille de route issue du sommet franco-italien
est claire et opérationnelle. Les défis que nous avons sont nombreux, je viens
ici d'en couvrir qu'une partie. Mais je crois pouvoir dire que nos entreprises,
nos administrations, nos jeunesses, nos sociétés civiles et nos gouvernements
ont conscience, comme nous l'avons l'un et l'autre, de l'importance de ces
défis et de l'exigence des temps que nous vivons. Et je crois que tous les
projets que nous bâtissons lors de ce sommet sur le plan bilatéral, tout ce que
nous avons décidé aujourd'hui d'actions communes sur le plan européen et les
initiatives prises de l'Ukraine au Liban permettent d'avoir un agenda commun
qui donne à l'Italie et à la France une relation encore plus forte, mais aussi
son utilité au sein de l'Europe et notre utilité pour défendre un droit
international efficace et un ordre international plus stable. Je vous remercie
pour votre attention en réitérant mes remerciements à Madame la présidente du
Conseil de sa visite à Antibes et de ce sommet.
> [Relations franco-italiennes] Peut-être que nous
vivons tous sous le même climat. Il est chaud et il n'y a plus rien de
glaciaire. Nous défendons les intérêts de nos pays, mais nous le faisons de
manière respectueuse et engagée. Nous croyons dans la force de la coopération
bilatérale, en particulier la coopération transfrontalière. Je crois que
l'accélération de beaucoup de projets l'a montré.
Nous croyons aussi dans une Europe plus forte et plus souveraine et qui tient
sa place. Et ça, je crois que ça nous rassemble. Et donc nous avons vraiment
une approche commune, et vous l'avez vu, qu'il s'agisse de l'Ukraine, qu'il
s'agisse du Liban, qu'il s'agisse de la situation à Ormuz ou de nos positions
sur le budget, nous avons vraiment réussi à bâtir des convergences et c'est ça
qui nous importe.
Je suis, moi, très content de ce qu'on a réussi à trouver à bâtir et qui sort
de ce sommet. À cet égard, c'est ça qui nous permettra d'avancer, vous l'avez
dit, c'est la coopération transfrontalière qui a permis, après les terribles
événements que nous avions subis, de rouvrir le tunnel de Tende, d'avoir
d'abord un premier tube avec, en effet, parfois les contraintes qui existent,
mais il est rouvert. C'était l'engagement qui a été pris. Et les travaux
commencent sur le deuxième, comme je l'ai dit, et donc c'est ce sur quoi nous
sommes d'accord. Et c'est d'ailleurs ce qui est piloté directement par nos
ministres, conformément à ce qu'on a voulu il y a cinq ans lors du Traité du
Quirinal, pour que, justement, il y ait des relations bilatérales beaucoup plus
fortes et une coopération transfrontalière, c'est qu'elle soit prise au niveau
ministériel sur ces sujets. Donc ça avance, je veux vous rassurer. On a été au
rendez-vous des réouvertures qui avaient été promises lors des différents
déplacements, mais on va continuer d'améliorer les choses.
Cette coopération transfrontalière, elle est vraiment exemplaire, qu'il
s'agisse des infrastructures de transport, et on va continuer, comme aussi de
la coopération dans la lutte contre l'immigration clandestine, au-delà de la
brigade signée aujourd'hui. D’ailleurs, tous ces derniers mois, ces dernières
années, on a eu une coopération extrêmement efficace, et nos ministres en sont
les garants et ont toujours fait fonctionner cela avec beaucoup de pragmatisme
et d'efficacité.
Sur BROMO, nous l'avons dit, l'un et l'autre, nous avons une communauté de
vues, c'est-à-dire que nous soutenons cette opération. Elle consolide le
spatial européen, elle consolide la force de nos entreprises, en particulier
Thales Alenia Space, qui est présent dans votre région, mais également Airbus
et Leonardo. Et donc nous avons besoin d'aller au terme, et nous, nous pensons
que c'est cohérent avec l'agenda que nous soutenons, d'ailleurs Italie et
France, et plusieurs collègues, qui est un agenda d'une plus grande
compétitivité européenne et donc qui nous permet de bâtir des champions. Et
donc bâtir des champions, c'est parfois rapprocher des grands acteurs européens
entre eux. Et donc nous pensons qu'il faut faire ce projet, qu'il ne faut pas
demander des remèdes excessifs, et même le moins possible, et qu'il faut
permettre de bâtir ce grand champion mondial.
> Je crois depuis de nombreuses années que nous
avons besoin d'une Europe plus souveraine, plus forte, plus indépendante, dans
les domaines militaires, dans les domaines technologiques, économiques,
alimentaires, etc. C'est pour moi le fil directeur de la politique à la fois
française et européenne que nous menons.
Depuis 2022, cette stratégie dite d'autonomie stratégique a été actée par les
Européens eux-mêmes. L'Ukraine ayant été un accélérateur. Je crois que les 18
derniers mois ont encore fait passer un nouveau seuil aux Européens. Je m'en
félicite.
Je défends aussi un pilier européen fort au sein de l'OTAN. Pour autant, je ne
suis pas favorable à un éloignement avec les États-Unis d'Amérique. Alors, je
pense qu'il y a eu des moments d'incertitude, d'éloignement, qui se sont joués
durant ces 18 derniers mois sur la question ukrainienne, sur d'autres dossiers,
qu'ils soient technologiques, économiques ou autres. Notre devoir, c'est de
constamment renforcer notre indépendance pour être moins exposés à la
volatilité de telle ou telle décision, mais c'est, partout où on le peut, de
continuer d'avoir les États-Unis d'Amérique engagés avec nous, surtout dans les
dossiers où elle a un rôle important à jouer.
C'est pourquoi, à ce titre, je pense que le G7, la semaine dernière, a permis
une reconvergence entre Américains, Canadiens, Japonais et Européens très
importante, d'une part sur le dossier ukrainien, puisque pour la première fois,
les États-Unis ont signé avec nous un texte qui a dit clairement qu'ils ne sont
plus des médiateurs neutres, mais qu'ils soutiennent à nos côtés la
souveraineté territoriale, l'intégrité territoriale ukrainienne, le soutien
militaire, capacitaire et énergétique, et les sanctions à la Russie. Et ça,
c'est un vrai changement qui les rapproche.
De la même manière, sur les Proche et Moyen-Orient, nous avons trouvé des
chemins de convergence, d'Ormuz au Liban, en passant par la question nucléaire.
Et je pense aussi que sur la question des terres rares et des minerais
critiques, sujet que nous avions discuté sous présidence italienne, puis sous
présidence canadienne. On a signé un texte très opérationnel avec près de 200
projets, un peu plus de 60 milliards d'euros d'investissements communs, qui
signe aussi une reconvergence entre les Américains et les Européens. Donc ça,
c'est important, et ça, il faut le garder, il faut avancer. Mais on sait qu'il
y aura vraisemblablement des changements, de nouvelles péripéties. Notre rôle,
c'est partout où on le peut de garder les Américains avec nous, mais chaque
jour de renforcer notre indépendance.
> [Canicule] Le Premier ministre a déjà commencé à
décrire tout ce qui avait été fait, et à juste titre, ainsi que les ministres,
qu'il s'agisse des hôpitaux, des EHPAD, ou de l'aide exceptionnelle qui a été
apportée durant toutes ces dernières années aux collectivités locales avec le
fonds vert, mais avant ça, bien d'autres, et ça fait maintenant plusieurs
années que nous avons accompagné une transition de nos habitats, de nos
bâtiments publics, de nos infrastructures publiques, qui correspond à
l'adaptation. Donc, il y a un gros travail qui a été fait, et je pense que
l'honnêteté conduit à le regarder, à la fois de montants investis et de vraies
transformations et qui ont changé beaucoup de choses, qui ont d'ailleurs été
accompagnées par l'engagement de beaucoup de nos fonctionnaires, dont je veux
saluer le rôle, et d'élus qui ont vraiment fait un très gros travail.
J'étais, juste avant de vous rejoindre, à Vélizy-Villacoublay, où j'ai vu le
travail remarquable des équipes municipales très engagées. Néanmoins, nous
n'avons pas fini ce travail. Il faut avoir cette humilité.
Et pour ma part, je regrette plutôt les choix qui ont été faits, mais je crois
aussi dans la démocratie. Il se trouve que quand j'avais une majorité absolue,
ces fonds ont été votés. Il y a eu ensuite des choix qui ont été faits et qui
sont le fruit de compromis de certaines formations politiques. Allez les voir
pour leur demander pourquoi ils ont coupé ces fonds. Maintenant, on doit
continuer le travail d'adaptation.
Maintenant, au-delà de cette adaptation nécessaire, qui me fait largement
tempérer le caractère excessif de vos propos et vous renvoie plutôt à la fois
aux faits et à la réalité de ce qui a été conduit, nous vivons, et il faut
avoir l'humilité de le regarder, une période totalement inédite. Nous nous
sommes adaptés au réchauffement climatique, mais on ne s'adapte pas à un pic
qui n'a pas d'équivalent aujourd'hui en Europe, et qui n'a jamais eu
d'équivalent dans notre histoire, c'est-à-dire un pic caniculaire qui dure
aussi longtemps et qui est à 15 degrés au-dessus des normales
saisonnières.
Et donc face à cela, je veux saluer vraiment l'organisation du Gouvernement et
de l'ensemble des services, à la fois les soignants, les services de secours,
sapeurs-pompiers, pompiers volontaires, de nos forces de sécurité, de
l'ensemble du monde associatif, des bénévoles, des collectivités locales, c'est
un tout qui vient en soutien.
Et donc là, on protège, c'est la priorité. Donc d'abord, il y a les gestes de
prévention. Donc il faut rappeler à chacun : boire régulièrement, ne pas
faire d'efforts au soleil, se protéger au maximum, s'adapter. Ensuite, il y a
tout le travail que nous faisons à l'hôpital. Je remercie encore nos soignants.
C'est aussi pour ça qu'on est amenés à adapter des événements ou à les annuler
pour réduire la charge potentielle qu'il y aurait en plus sur nos hôpitaux. Et
il faut continuer d'agir comme on le fait en soutien à nos hôpitaux. Et les
décisions annoncées ce matin par le Premier ministre vont permettre de prendre
les bonnes décisions d'organisation.
Et puis, il faut être vigilant. On a vu aussi beaucoup de cas de noyades, d'une
part. Donc, il faut bien sûr renvoyer des messages de prudence et continuer le
travail d'aller vers les publics les plus vulnérables, ce qui est fait avec
beaucoup d'engagement par le secteur social, médico-social et sanitaire, vers
les plus âgés. Et c'est tout le travail qui est fait évidemment par nos EHPAD,
mais également par les services de l'État et les services des collectivités
territoriales pour aller voir chacun. Et nous avons tous un rôle à jouer dans
ces moments. Ce sont des moments de solidarité où j'invite chacun de nos
compatriotes à aller voir si le voisin, qui est âgé, vivant seul, qui est en
situation de handicap, se porte bien. Voilà, ce sont des moments plutôt de
solidarité et de mobilisation qui doivent signer ces périodes. Et c'est ce qui
est en train de se passer.
Je suis très reconnaissant à l'égard de l'ensemble des forces mobilisées.
J'invite chacun, voilà, à prendre soin de soi et prendre soin des autres et
passer cet épisode. Mais nous continuons à être mobilisés. Le Gouvernement
annoncera demain de nouvelles mesures. Je ne vais pas ici rentrer dans plus de
détails. J'ai eu, juste avant de décoller tout à l'heure, le Premier ministre
qui prépare la CIC de demain où il annoncera des mesures nouvelles.
> Nous savons que le terme du mandat des Nations
unies pour l'UNIFIL arrive en fin d'année et qu'à partir du mois d'août si nous
ne faisons rien, les premières mesures pour se désengager seront mécaniquement
prises. Il est important de bâtir une perspective et donc nous allons ensemble,
d'abord, travailler avec les autorités libanaises : le président, le chef
du gouvernement, et le ministre de la Défense, et le chef d'état-major des
armées libanais, pour bâtir une solution qui vienne en appui des forces armées
libanaises et des forces de sécurité.
Sur la base de ceci, nous essaierons de construire la coalition la plus large,
et en effet, de bâtir un mandat clair. Sera-t-il un mandat d'une force
multinationale aux côtés des forces armées libanaise ? Est-ce qu'on pourra
bâtir avec un vrai mandat des Nations unies ? Il est trop tôt pour
répondre à cette question. Mais évidemment, notre souhait, c'est d'avoir le
mandat le plus clair, la mission la plus efficace, et le plus de monde dans une
telle coalition, parce que notre objectif, c'est la souveraineté libanaise,
l'intégrité territoriale du Liban et la mise en œuvre de ce que le président
Aoun a dit dès le premier jour de son mandat, et ce que le président du Conseil
Nawaf Salam bâti chaque jour, c'est-à-dire le monopole des armes dans la main
des forces armées libanaises, et donc le retrait des armes au Hezbollah. Pour
ça, il faut venir en soutien des forces armées.
Cette coopération sur le poste UNIFIL ce que nous lançons, je veux aussi ici
saluer le rôle que le Qatar, l'Arabie saoudite jouent dans la région en soutien
du Liban, et nous aurons l'occasion dans les prochains jours aussi d'avoir des
éléments de soutien avec l'Arabie saoudite, aux forces armées libanaises à très
court terme. Mais tout ça a du sens si on sait bâtir la perspective du
post-UNIFIL, et c'est ce que nous avons décidé de faire ensemble, Italie et
France. Voilà, Mesdames et Messieurs, je crois qu'on arrive au terme de cette
conférence de presse. Je veux à nouveau remercier Madame la présidente, sa
délégation, et vous remercier tous, et saluer la résistance de la délégation
italienne, qui a eu le soleil de face pendant toute la conférence de presse,
les frondaisons y ont produit, en quelque sorte, donné un répit momentané à la
délégation française. Donc excusez-moi pour cet exercice de torture
involontaire.
> Depuis le G7 d’Évian, nous vivons un moment important : la reconvergence entre Européens et Américains sur l'Ukraine et le Moyen-Orient. Pour avancer et soutenir cet élan, je retrouve à Berlin, nos partenaires allemand, anglais, italien et polonais. Prochaine étape clé : début juillet. Le Sommet de l’OTAN à Ankara nous permettra de réaffirmer une Europe plus forte dans l’OTAN.
> À Antibes pour le 36e sommet franco-italien, avec la Présidente du Conseil des ministres Giorgia Meloni : l’Italie et la France avancent, entre elles et en Europe, quand elles bâtissent ensemble. Réponse aux crises internationales, prochain budget de l’Union européenne, défense, espace, énergie, industrie, frontières, transports, agriculture, océans, culture : le Traité du Quirinal incarne la réalité des fondamentaux de notre relation.
> Ce matin à Vélizy-Villacoublay, aux côtés du Maire et des équipes du Centre communal d'action sociale, j’ai voulu saluer la mobilisation exemplaire de nos services publics pour les plus vulnérables, en particulier nos aînés. Dans le contexte que nous traversons, l’engagement concret de nos agents, leurs appels réguliers, leur accompagnement, les transports solidaires, les livraisons de repas, incarnent pleinement la cohésion et la solidarité qui font une Nation. Je remercie toutes celles et ceux qui, partout sur notre territoire, soignent, protègent et accompagnent : personnels de santé, services de secours, forces de sécurité, agents publics, élus et acteurs associatifs. À chaque instant, continuons d’être vigilants, solidaires envers les plus vulnérables. Veillons à appliquer les bons gestes : adapter sa tenue, boire de manière régulière, éviter les efforts en plein soleil et trouver des points de fraîcheur quand c'est possible. Chacun le mesure, nous devons aller plus vite et plus loin pour nous adapter face aux épisodes climatiques que nous connaissons. État, collectivités, citoyens : accélérer est l’affaire de tous. Dans ces moments, notre responsabilité est claire : protéger, anticiper et agir avec solidarité.
> Je viens d’échanger avec Dekcy Rigruguez, à la suite du violent séisme qui a frappé Caracas et plusieurs régions du pays. J’ai exprimé la solidarité de la France envers le peuple vénézuélien et adressé nos pensées aux victimes et à leurs proches. La France se tient prête, avec ses partenaires européens, à apporter une assistance aux populations touchées en réponse aux besoins exprimés par les autorités vénézueliennes. Une équipe de 85 secouristes français spécialisés en sauvetage-déblaiement va être immédiatement déployée.
> La Marine Nationale a arraisonné mardi le pétrolier Deliver alors qu’il transitait au large de la Sicile en infraction avec le droit de la mer. Cette nouvelle action contre la flotte fantôme, conduite quelques jours après une opération similaire par le Royaume-Uni illustre la détermination des Européens. Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l’effort de guerre russe. L’Europe est déterminée. Elle poursuivra tous les efforts nécessaires pour accroître le coût de la guerre pour la Russie et permettre l’avènement d’une paix robuste et durable en Ukraine.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Point de situation sur la canicule.
1/ La situation reste suivie avec la plus grande attention. Dans les EHPAD, la
mobilisation engagée depuis 2003 pour protéger les aînés porte ses fruits : à
ce stade, la situation demeure maîtrisée.
2/ Notre vigilance se concentre particulièrement sur les personnes isolées à
leur domicile. C’est le sens des mesures proposées hier aux maires de France,
notamment la mobilisation du réseau de facteurs en appui des communes et de
leurs CCAS. Mais aucune organisation publique ne remplacera jamais
complètement l’attention de chacun : appeler un parent âgé, prendre des
nouvelles d’un voisin isolé, accompagner un proche fragile vers un lieu
rafraîchi. Dans cette crise, la solidarité est aussi une affaire de responsabilité
individuelle.
3/ L’activité des hôpitaux est aujourd’hui très soutenue, d'où le déclenchement
hier de la phase 3 du plan ORSAN. Mais trop de personnes continuent notamment à
pratiquer une activité physique malgré les températures et les alertes. Se
mettre ainsi en danger, c’est ajouter une pression évitable sur les secours,
les urgences et les services de réanimation. C’est malheureusement ce qui est
constaté depuis hier par les équipes de soignants. Le gouvernement en appelle
là encore à la responsabilité individuelle.
4/ Même si une accalmie est attendue à la fin du week-end, ses effets ne seront
pas immédiats dans nos hôpitaux. Il existe une inertie : les urgences
continueront à prendre en charge les conséquences de ces journées de forte
chaleur. L’hôpital doit tenir.
Continuons donc à respecter les consignes et les mesures prises localement par
les maires et les préfets. L’État, les collectivités, les soignants et les
secours sont pleinement mobilisés. Ils ont besoin de la responsabilité de
chacun.
> L’adaptation au changement climatique ne peut pas se résumer à une succession de mesures après chaque crise. Elle exige des priorités claires, de la méthode et du pragmatisme. Le plan électrification nous permettra de réduire notre dépendance aux énergies fossiles tout en adaptant notre pays aux conséquences du réchauffement climatique. Pas de règle uniforme imposée depuis Paris. Faire confiance aux élus locaux, aux préfets et à ceux qui connaissent le terrain : c’est ainsi que nous irons plus vite.
> Préparer notre système de santé aux conséquences du changement climatique ne se résume pas à réagir dans l'urgence. Depuis 2020, plus de 750 opérations de rénovation ou de reconstruction ont été engagées dans les hôpitaux. Le Ségur de la santé a représenté un effort inédit de 31 milliards d'euros pour les soignants, les bâtiments, les équipements et la modernisation de l'hôpital. Les décisions que nous prenons aujourd'hui prolongent cet engagement. La continuité de l'action publique, c'est cela.
> Canicule : j’adresse aujourd’hui une lettre aux maires de France. Face à cette canicule exceptionnelle, ils sont en première ligne. L’État et les communes ne s’opposent pas : ils agissent ensemble. Beaucoup a déjà été fait. Nous devons maintenant accélérer.
> Depuis 2003, nos EHPAD ont été progressivement adaptés aux épisodes de forte chaleur. Aujourd'hui, ils tiennent parce que ce travail a été fait. La priorité est désormais de mieux protéger les personnes âgées isolées vivant à domicile. La Poste mobilisera ses facteurs, en appui des communes qui le souhaitent, pour aller à la rencontre des personnes âgées isolées et s'assurer qu'elles vont bien. Face à la canicule, l'action publique est indispensable. La solidarité l'est tout autant.
> La canicule ne faiblit pas dans notre pays et la
pression sur notre système de santé continue de s’intensifier. C’est pourquoi,
en concertation avec Stéphanie Rist, j’ai décidé d’activer le plan ORSAN au
niveau 3, le niveau le plus élevé de mobilisation sanitaire.
Concrètement, cette décision permettra :
- de renforcer les effectifs hospitaliers, notamment grâce à la mobilisation de
la réserve sanitaire ;
- de renforcer la coordination entre les hôpitaux, la médecine de ville, les
cliniques et le secteur médico-social ;
- d’adapter les activités hospitalières afin de garantir la prise en charge des
conséquences de la canicule, avec des déprogrammations ciblées d'interventions
non urgentes lorsque cela est nécessaire.
Notre objectif reste le même depuis le premier jour : permettre à notre système
de santé de tenir dans la durée et protéger les plus vulnérables. L'État est et
restera pleinement mobilisé. Merci à l'ensemble des soignants pour leur
engagement.
> Depuis des décennies, les écoles relèvent de la responsabilité des communes, les collèges de celle des départements et les lycées de celle des régions. C'est le cœur même de la décentralisation : personne ne peut le découvrir cette semaine. Une partie importante de ces bâtiments a été construite à une époque où la priorité était de se protéger du froid, sans anticiper des périodes répétées de très forte chaleur. Il ne s'agit pas de montrer du doigt les collectivités. Il s'agit de regarder la réalité en face. La génération actuelle d'élus locaux devra conduire un effort majeur de rénovation du bâti scolaire, après des années de sous-investissement collectif. L'État sera à vos côtés. Les préfets, les sous-préfets et les services de l'Éducation nationale vous aideront à identifier les établissements prioritaires et les travaux les plus utiles. Le Fonds vert et le programme ÉduRénov permettront de financer l'ingénierie, l'isolation, les protections solaires, la ventilation, la végétalisation des cours et, lorsque cela est nécessaire, des solutions performantes de rafraîchissement. Les ministres préciseront rapidement tout cela par circulaire. Nous poursuivrons en parallèle un effort de simplification des procédures pour aller plus vite et réduire les délais qui freinent encore trop souvent les projets. Le Gouvernement continuera dans cette voie, malgré les critiques et les oppositions, parfois portées par ceux-là mêmes qui reprochent ensuite à la puissance publique de ne pas agir assez rapidement lorsque nous voulons accélérer.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Ce soir, la commission des lois de l’Assemblée nationale a adopté un
projet de loi RIPOST vidé d’une grande part de sa substance. Depuis lundi, j’ai
vu les députés de l’extrême-gauche supprimer des dispositions pourtant
essentielles pour la sécurité de nos concitoyens. Je le déplore. Je pense à
celles qui visaient à lutter contre les rave-parties illégales. Je pense à
l’usage illicite des mortiers d’artifice, si souvent utilisés contre les forces
de l’ordre. Je pense aux interdictions administratives de paraître en certains
lieux à l’issue de manifestions sportives, qui tiraient pourtant les
conséquences des violences urbaines que tous ont déplorées après la finale de
la Ligue des champions. Les quelques mesures qui ont pu être conservées, comme
celles luttant contre les rodéos motorisés ou l’usage détourné du protoxyde
d’azote, ne l’ont jamais été avec le soutien de l’extrême gauche. Je proposerai
de rétablir en séance début juillet les dispositions supprimées. Chacun prendra
ses responsabilités à ce moment-là. Le combat pour la sécurité de nos
concitoyens continue.
> Je salue le travail réalisé par l’Office mineurs dans le cadre d’un dossier que les enquêteurs ont initié sous l’égide du parquet de Nanterre, sur des individus ayant téléchargé ou diffusé des contenus pédocriminels particulièrement violents et choquants. Une trentaine d’hommes a été interpellée dans une opération coordonnée par l’OFMIN avec le concours local de plusieurs services de police et de gendarmerie. L’enquête se poursuit.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> À Brignoles, j’ai salué l’engagement des militaires du 7e régiment
d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile, qui incarnent le lien
essentiel entre les armées et la sécurité civile. Face à l’épisode caniculaire
exceptionnel que connaît notre pays, l’État est pleinement mobilisé pour
protéger les Français. Sur instruction du Président de la République et du Premier
ministre, nous avons décidé d’avancer d’une semaine le déclenchement du
protocole HÉPHAÏSTOS, intégré à l’opération SENTINELLE. Mis en œuvre depuis
quarante ans, ce dispositif permet aux armées d’apporter leurs capacités en
appui des services de l’État et des SDIS pour prévenir et combattre les feux de
forêt. Dès aujourd’hui, les moyens militaires sont opérationnels pour renforcer
l’action de la sécurité civile, anticiper tout départ de feu et protéger les
populations, les biens et notre patrimoine naturel.
> Hier à Antibes s’est tenu le Sommet franco-italien. Cinq ans après le traité du Quirinal, notre coopération de défense progresse : j’ai signé avec mon homologue une feuille de route défense pour 2026-2031. Notre coopération industrielle est aussi très dynamique. Tournés vers l’avenir, nos projets communs œuvrent à renforcer la souveraineté européenne dans des domaines clefs : défense anti-missiles avec le SAMP/T NG, missiles Aster, projet BROMO dans le domaine spatial... Nous avons ainsi décidé de la création d'un comité conjoint sur la stratégie industrielle de défense. Nous avons enfin échangé sur Ormuz, le Liban, l'Ukraine: autant de sujets où nos intérêts de sécurité sont partagés avec l'Italie.
> J’ai eu le plaisir de recevoir à Brienne le ministre des forces armées de Madagascar, Ely Razafitombo. Nous avons échangé sur le développement de notre coopération bilatérale de défense dans les différents domaines, ainsi que sur les enjeux de sécurité en Afrique et dans l’Océan indien.
> J’ai reçu à Paris mon homologue tchadien, Issaka Malloua Djamous, à l’occasion d’Eurosatory. C’est avec plaisir que nous avons pu échanger sur les liens qui unissent la France et le Tchad, et sur la relance de notre partenariat de défense, en approfondissant les différents sujets de notre lettre d’intention commune.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Les élus MoDem et UDI se
rejoignent pour créer aujourd'hui un nouveau groupe à la région Ile-de-France :
l'Union Centriste. Réuni, le Centre est plus fort. Si c'est possible en
Ile-de-France, c'est possible ailleurs !
> [« Fête de la démocratie »] C’est la première édition d’un moment
d’expression et de rassemblement convivial, ouvert à tous ceux qui défendent la
démocratie, croient en la France et l’Europe et refusent que le débat public
soit pris en tenailles par les extrêmes qui éclipsent les sujets essentiels
pour notre avenir car ils se satisfont des dérives actuelles.
Un coup de gueule collectif pour que
soient enfin traitées les vraies questions.
C’est le moment pour le faire car,
l’année prochaine, l’élection présidentielle comptera triple tant les enjeux
qui se dressent devant nous sont gigantesques. (…)
Ne laissons pas Marine Le Pen et Jean-Luc
Mélenchon, qui sont d’accord sur presque tout, nous détourner des vrais
problèmes du pays.
La gérontocratie, qui écrase la jeunesse
de France sous le poids de la dette financière, écologique et
technologique et qui menace de provoquer une guerre des générations.
La technocratie, qui entrave la liberté
d’initiative, dépossède les Français de leur pouvoir d’agir et l’exerce à leur
place depuis les bureaux parisiens climatisés et déconnectés des réalités du
terrain. L’égocratie, la dictature du nombril dans une société rouillée par
l’individualisme qui pousse à la consommation plutôt qu’à l’engagement, où
déclinent le civisme et le sens du collectif et où prospère la solitude. Voilà
des sujets qu’il me semble vital de placer au centre du débat démocratique qui
s’ouvre.
> Nous sommes à un moment de vérité de notre Histoire récente : pour la première fois depuis plus de deux siècles, la France se trouve face à un risque réel de régression démocratique. Le doute s’installe, notamment chez les jeunes générations.
C’est le moment ou
jamais de se lever et de dire « non », de résister à cette tendance funeste
alimentée par l’extrême droite comme l’extrême gauche qui ne cessent de
remettre en cause les piliers de la démocratie.
De fustiger l’État de droit, la presse
libre et indépendante, les contrepouvoirs. Ce sont deux poisons différents mais
tous les deux mortels pour la démocratie. Il est de notre responsabilité de la
défendre.
> Au fond, la Nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon et la France éternelle de Marine Le Pen sont les deux faces d’une même pièce, celle du défaitisme. Deux manières d’acter le déclassement et de dresser les Français les uns contre les autres en désignant des boucs émissaires. « L’étranger », « le musulman », l’audiovisuel public pour l’une. « Le riche », « le juif », le journaliste pour l’autre. Mais il existe une vision alternative, celle de la France en grand. Une France qui a confiance en elle-même, qui puise dans l’esprit et le cœur de chaque Française et chaque Française la force nécessaire pour se hisser au premier rang et entraîner l’Europe avec elle, qui donne à chacun les mêmes opportunités, appelle chacun à contribuer selon ses moyens, et qui conjugue les différences en son sein, de tradition, de paysages, d’origines, de religion en un même sentiment d’appartenance nationale et de fraternité véritable.
> [Présidentielle] Nous donnerons assurément de la voix. Ce n’est pas parce que l’on n’est pas
candidat à l’élection présidentielle que l’on doit garder sa langue dans sa
poche. Tout au contraire, on peut parler avec une plus grande liberté. La
démocratie est au cœur de mon engagement politique depuis 20 ans. Je
n’épargnerai donc aucun effort pour la défendre contre la poussée des
populistes à tendance autoritaire. Je récuse l’idée que cette élection serait jouée d’avance. (…)
Ce n’est en revanche un secret pour
personne que François Bayrou travaille de longue date à ce que les forces
réformistes travaillent ensemble.
La première étape, c’est l’expression de
nos idées et de notre vision, dans leur singularité et leur radicalité. Ensuite
viendra le moment du rassemblement. Mais cela ne suffira pas. Il nous faudra
trouver les moyens de gouverner, et pour cela avancer sur un chemin de crête
entre intransigeance sur l’essentiel et compromis nécessaire avec tous ceux
qui, comme nous, y sont prêts.
> Le MoDem
s’incarne dans l’engagement et les visages de ses militants, élus locaux,
parlementaires, et évidemment son président qui tous entendent peser dans le
débat démocratique. J’observe avec beaucoup de satisfaction l’émergence de
nouvelles générations de cadres et d’élus au sein de notre mouvement. Je crois
que c’est le souhait de François Bayrou, lui-même dépositaire de cette
filiation politique, que de la projeter vers l’avenir.
> Le premier ministre souhaite que les
membres de son gouvernement soient pleinement à la tâche et ne soient pas
engagés auprès de tel ou tel candidat. Il a parfaitement raison. Cela ne
signifie pas pour autant que ses ministres, qui sont aussi des militants et des
élus, doivent se tenir à l’écart du débat démocratique.
> [Discours lors du Forum d’affaires France-Italie] La ville du Cannet nous accueille ici, à la Palestre. Ce nom de « palestre »,
justement, est tout à fait évocateur. Dans l’Antiquité, c’était le lieu où l’on
se formait aux exercices du corps et de l’esprit. On y cultivait la performance
et le perfectionnement au contact de l’autre. La palestre était le lieu d’une
saine émulation au service d’un certain art de vivre.
J’y vois une belle métaphore de vos travaux et, plus largement, de la
philosophie du Sommet franco-italien qui se tiendra dans quelques instants à
Antibes sous l’autorité du Président de la République et de la Présidente du
Conseil des ministres.
Le programme de votre forum d’affaires et votre présence ici le montrent : il y
a, entre la France et l’Italie, une volonté sincère de dialoguer encore plus
étroitement, d’identifier ensemble des solutions nouvelles et créatives et de
nouer des partenariats durables, en particulier dans des secteurs stratégiques
d’avenir.
C’est le message que nous avons porté, avec mon homologue Antonio Tajani, il y
a trois semaines, en réunissant au sein de notre comité de coopération
frontalière les élus des des territoires transalpins, dont la région Sud.
C’est l’intention fondamentale du Traité du Quirinal, signé en 2021 par nos
deux Républiques pour une coopération renforcée.
Bien sûr, la densité des relations économiques entre la France et l’Italie
n’est pas nouvelle. Mais le Traité leur a donné une assise et des ambitions
nouvelles, au service d’objectifs communs de souveraineté européenne.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 100 milliards d’euros d’investissement français en Italie
- 62 milliards d’euros d’investissements italiens en France
- 2 500 filiales d’entreprises françaises en Italie, représentant 340 000
emplois directs
- 2 000 filiales d’entreprises italiennes en France représentant 100 000
emplois directs.
Et la dynamique ne faiblit pas.
- Nous avons largement dépassé les 100 milliards d’euros d’échanges de biens en
2025, avec des perspectives prometteuses pour 2026.
- Les investisseurs italiens ont apporté leur pierre au succès du 9e Sommet
Choose France, qui s’est tenu le 1er juin à Versailles. Je salue la décision de
Marcegaglia de renforcer son projet sidérurgique de nouvelle génération à
Fos-sur-Mer. Tout comme le choix de Chiesi d’implanter de nouvelles lignes de
production de médicaments respiratoires près de Blois.
Ces décisions stratégiques contribuent directement à notre reconquête
industrielle.
Elles s’appuient sur la solidité de la relation franco-italienne qui repose sur
deux piliers essentiels : la confiance mutuelle et l’attachement à l’Europe.
D’abord, la confiance mutuelle. Vous le savez mieux que quiconque : la
confiance est à la racine de tout partenariat économique et industriel réussi,
quelle que soit son ambition.
J’en veux pour preuve la variété des entreprises présentes aujourd’hui. Vous
évoluez dans des secteurs allant des nouvelles technologies à l’industrie
lourde, du spatial à l’aéronautique civile, sans oublier les transports ainsi
que l’artisanat à travers l’optique et la haute-couture.
Cette confiance doit aussi beaucoup aux liens étroits qui unissent nos
institutions financières, nos fédérations et agences de soutien à
l’internationalisation de nos économies, dont attestent les accords signés
aujourd’hui.
Deuxième pilier : l’ambition européenne.
Les ministres Roland Lescure, Philippe Baptiste, Philippe Tabarot, Maud Bregeon
et leurs homologues l’ont dit mieux que moi : dans chacun de vos domaines,
Français et Italiens ont de magnifiques histoires à écrire ensemble, pour une
Europe plus forte, plus souveraine, plus compétitive.
Cela passe par trois éléments.
Un : plus de simplification et d’unification du marché intérieur, pour gagner
en compétitivité.
Deux : plus d’investissement public et privé, comme le font nos grands
compétiteurs chinois et américains.
C’est la raison pour laquelle nous nous battons, avec l’Italie, pour un vrai
marché unique des capitaux et de l’investissement en Europe.
C’est le sens aussi de l’engagement de la France, réitéré par le Président de
la République lors du dernier Conseil européen, en faveur d’un budget de
l’Union européenne qui permette d’investir dans les secteurs clés pour notre
avenir et notre souveraineté – la défense, la politique spatiale,
l’intelligence artificielle, les technologies vertes – tout en préservant nos
politiques traditionnelles telles que la politique agricole commune.
Trois : plus d’exigence européenne dans les secteurs stratégiques.
Nous ne devons pas avoir peur d’utiliser le levier de notre marché intérieur,
de mieux protéger les secteurs émergents, mais aussi les secteurs fragilisés
par la concurrence déloyale.
Sans oublier, bien sûr, le combat que nous menons ensemble pour la défense de
nos modèles d’indications géographiques et d’appellations d’origine protégées.
Je ne pourrais pas conclure sans un mot sur l’avenir de la relation économique
franco-italienne, et sur le rôle qu’auront à jouer les jeunesses de nos deux
pays.
Encourager l’apprentissage de la langue du voisin, favoriser les mobilités,
créer les conditions d’émergence et façonner les nouvelles générations de
coopérations : telle est l’une des missions fondamentales de nos réseaux
diplomatiques, culturels, éducatifs français en Italie, et italien en France.
C’est tout l’esprit du Programme Jeunes Entrepreneurs ou « Young Entrepreneurs
Programme », que nous avons lancé en 2023 : il a permis à près d’une centaine
de jeunes chercheurs-entrepreneurs de faire émerger 70 projets innovants dans
nos deux pays.
Mais nous voulons aller plus loin et je veux, à ce titre, saluer la
contribution de Kering au lancement prochain d’un nouveau programme de jeunes
talents franco-italiens, qui approfondira encore davantage ces liens. Il n’y a
pas de plus belle manière de préparer l’avenir que d’encourager nos jeunesses à
entreprendre.
« Les Italiens sont des Français de bonne humeur », avait un jour théorisé Jean
Cocteau. Je ne sais pas si c’est vrai, mais une chose est sûre : nous ne devons
pas avoir peur d’allier ensemble le pessimisme de la raison à l’optimisme de la
volonté.
Cet optimisme de la volonté, c’est celui qui guida, il y a 75 ans, Alcide De
Gasperi et Robert Schuman. Deux Européens convaincus, qui permirent à l’Union
européenne, telle que nous la connaissons aujourd’hui, de voir le jour.
La France et l’Italie ont une responsabilité singulière dans le projet
européen. Il est notre « communauté de destin », pour reprendre la belle
formule duforum exacte Traité du Quirinal. Mais cette responsabilité
n’appartient pas seulement aux gouvernements et aux élus ; c’est aussi votre
responsabilité, celle des chefs d’entreprises et des citoyens. Vous y
contribuez de façon décisive.
Je ne peux que me réjouir de constater, aujourd’hui, la puissance et le
potentiel des réalisations que vous développez.
Elles sont l’illustration éclatante de ce qu’est « l’Europe en actes », qui
progresse dans la voie de l’autonomie stratégique. Puisse la palestre nous
inciter à franchir ensemble de nouveaux sommets.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> J’ai visité cet après-midi le centre d’hébergement d’urgence de la
préfecture d’Ile de France. Il accueille des femmes en situation de grande
précarité alors que cet épisode de canicule se poursuit. Les personnes à la rue
présentent souvent des facteurs de risque supplémentaires. Les centres
d’hébergement jouent un rôle essentiel de prévention et de veille sanitaire et
allègent ainsi la pression sur nos hôpitaux. Cette visite a également été
l’occasion de rappeler les l’importance des dispositifs d’aller vers avec
l’organisation de maraudes supplémentaires. Merci aux équipes mobilisées chaque
jour pour protéger et accompagner les plus vulnérables. Au delà de la
responsabilité collective, nous pouvons aussi chacun veiller les uns sur les
autres et en particulier les plus fragiles.
> Aujourd’hui à Paris, le Sommet ATACH a réuni ministres, experts, institutions internationales et partenaires engagés pour renforcer l’action en faveur du climat et de la santé. Dans un contexte marqué par une vague de chaleur exceptionnelle, les échanges ont souligné l’urgence d’adapter nos systèmes de santé aux conséquences du dérèglement climatique. L’objectif est clair : transformer les engagements en actions concrètes, renforcer la résilience des populations et accélérer la transition écologique du secteur de la santé.
> Face à la vague de chaleur, nous agissons. Ce matin, avec le Premier ministre, nous avons activé le plan ORSAN niveau 3, qui acte le passage de l’anticipation à la gestion de crise, pour renforcer les effectifs, coordonner tous les acteurs de santé et adapter l'activité hospitalière des que nécessaire. Cet après-midi, j'ai pu constater l'engagement remarquable des soignants au Groupe hospitalier Nord-Essonne. Un établissement récemment construit, partiellement climatisé et intégralement rafraîchi, où patients et équipes sont protégés des très fortes chaleurs. Merci à toutes les équipes mobilisées.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> 3 536 milliards d'euros. C'est le niveau de notre dette publique au 31
mars 2026, soit 117,5 % du PIB. Chaque augmentation de la dette, c'est un lacet
qui nous étrangle un peu plus. La classe politique ne pourra pas mettre la tête
dans le sable jusqu'en 2027. La politique de l’autruche se paierait très chère
pour le pays et les Français.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> [Ultrafast fashion / Intervention à l’Assemblée] Le texte sur lequel vous
êtes invités à vous prononcer aujourd’hui est le résultat de plus de deux
années de travail. Je tiens à saluer le vôtre, madame la rapporteure, monsieur
le président de la commission mixte paritaire : force est de constater que
de nombreuses lignes ont bougé grâce à vous.
Les scandales qui se sont succédé ont mis en lumière les limites d’une nouvelle
industrie de la mode, qui produit toujours plus, à un rythme toujours plus
effréné, et qui propose des prix toujours plus dérisoires.
Cette industrie, vous le savez, est celle de l’ultrafast fashion. Elle
ne crée pas de valeur, elle en détruit. Elle détruit nos emplois en
concurrençant nos entreprises avec des offres dont l’ampleur du choix et les
prix dérisoires sont impossibles à défier. Elle détruit notre santé en
fabriquant des vêtements à partir de produits nocifs, qui se retrouvent au
contact de notre peau à chaque fois que nous les portons et polluent nos eaux à
chaque fois que nous les lavons.
Mais elle détruit aussi notre environnement. Car pour proposer et produire
autant de modèles de vêtements, jusqu’à 900 fois plus qu’une marque
traditionnelle, il faut extraire une quantité considérable de ressources.
L’ultrafast fashion est aussi une industrie qui pollue beaucoup plus que
les autres. Elle aggrave le changement climatique, notamment par ses modes de
fabrication et de transport très gourmands en énergie fossile, avec pour
conséquence l’augmentation constante des émissions de carbone. Elle laisse
aussi derrière elle de nombreux déchets, submergeant nos filières de recyclage
de produits extrêmement complexes à valoriser.
Au-delà des filières de traitement des déchets, c’est tout l’écosystème de
l’économie sociale et solidaire qui est bouleversé par l’arrivée massive de
vêtements issus de l’ultrafast fashion sur le marché de la seconde main.
Face à ce fléau aux visages multiples, grâce à vous, la France refuse
l’inaction : c’est le message qui, je l’espère, ressortira de votre vote
d’aujourd’hui. La proposition de loi qui vous est soumise propose d’activer
deux leviers pour mieux lutter contre l’ultrafast fashion.
Le premier levier est celui des prix : un système de malus substantiel
pourra atteindre jusqu’à 30 % du prix du produit. Je veux le dire
d’emblée : seules les plateformes extra-européennes de fast fashion
seront visées. En aucun cas, ce texte ne doit mettre à mal ni l’emploi ni
l’industrie française. Le malus permettra ainsi de rehausser des prix
aujourd’hui dérisoires, pour les rapprocher du coût réel de ces produits pour
nos écosystèmes et nos sociétés.
Le second levier, celui des consommateurs, sera actionné en obéissant à un
principe clair : ne pas culpabiliser les consommateurs français ni leur
donner de leçons. La loi obligera les acteurs concernés à afficher, sur leur
plateforme, des messages de sensibilisation au réemploi, à la sobriété et au
recyclage. Elle ouvrira la voie à un meilleur encadrement de la publicité pour
ces produits, y compris par l’intermédiaire des influenceurs.
Ce second levier est essentiel car l’intérêt pour un renouvellement constant
des produits ne naît pas uniquement de la demande des consommateurs ; il
est aussi largement alimenté par des investissements marketing considérables
qui façonnent les attentes et les envies.
Cette proposition de loi – le ministre Papin l’a rappelé – s’inscrit
dans le prolongement d’actions déjà engagées pour mieux encadrer l’ultrafast
fashion. En effet, nos règles relatives aux pratiques commerciales
déloyales nous permettent déjà d’engager des actions. Au cours des derniers
mois, ces règles ont permis aux autorités nationales et européennes de
multiplier les actions contre les géants de l’ultrafast fashion. Je veux
saluer le travail mené par les services de l’État, notamment par les douanes et
la DGCCRF.
L’adoption de ce texte fera de la France un pionnier parmi les pays européens.
Cette position nous conférant une grande responsabilité, l’arrêté que je
prendrai pour appliquer cette proposition de loi veillera à ce que ses
dispositions ne touchent ni une industrie française ni un emploi français.
C’est pourquoi le gouvernement testera l’arrêté relatif au malus auprès des
grandes enseignes françaises.
Par ailleurs, le reste de la filière textile n’évolue pas dans un environnement
dénué de tout encadrement et de tout engagement. Depuis 2007, l’application de
la responsabilité élargie des producteurs (REP) impose déjà aux marques d’être
responsables de la fin de vie des produits qu’elles mettent sur le marché,
conformément au principe pollueur-payeur.
En parallèle, nous poursuivons nos travaux relatifs à l’affichage
environnemental des vêtements. Fondée sur le volontariat – ce
qui explique le succès de la démarche –, cette initiative vise à donner
aux entreprises les outils nécessaires pour écoconcevoir leurs produits et aux
consommateurs les moyens de faire des choix éclairés.
Je veux saluer la centaine d’entreprises – correspondant à environ à 40 000 références –
qui, depuis octobre 2025, ont adopté l’affichage environnemental textile de
manière volontaire. Cet outil garantit la transparence de l’impact
environnemental des produits.
Grâce à votre engagement dans l’élaboration de ce texte, vous avez choisi
d’agir et d’engager une dynamique, avant même l’Union européenne, dont les
règles ne sont pas toujours adaptées au rythme effréné et aux pratiques de ces
nouveaux acteurs. Je voudrais souligner la qualité du travail mené avec les
services de l’État. Le gouvernement vous présentera un amendement visant à
mieux articuler ce dispositif avec le droit européen, à l’issue du débat
contradictoire et nourri engagé entre notre parlement et la Commission
européenne.
L’empreinte environnementale de ces acteurs est sans équivalent. Les
plateformes extraeuropéennes saturent nos centres de tri, fragilisent nos
filières de recyclage et inondent nos marchés de produits à la durée de vie
très faible, tout en exerçant une pression considérable sur les ressources
naturelles.
Face à cette démesure, nous ne pouvons rester spectateurs. Je veux remercier
l’engagement collectif des parlementaires qui se sont saisis de ce sujet. Votre
engagement renforce notre capacité à promouvoir cette ambition à Bruxelles et à
faire évoluer les règles communes.
L’adoption de ce texte ouvrira la voie à une dynamique européenne
indispensable, selon une double prescription que je veux rappeler pour
conclure : ne pas pénaliser l’emploi français ni donner de leçons aux
consommateurs.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Canicule] On a
un plan, effectivement, pour faire face à cette chaleur intense, qui est là, et
dans plusieurs départements, beaucoup de départements sont touchés, sont en
vigilance rouge. Ce plan, il est important. Il consiste à adapter
l'organisation du travail pour permettre à l'économie de fonctionner. Voilà.
Alors, d'abord, il y a un plan tout à fait solide en matière réglementaire.
C'est un décret qui est sorti l'année dernière, qui oblige les entreprises à
adapter les conditions de travail au niveau de vigilance en particulier pour le
BTP. En fait, toutes les entreprises qui vont faire travailler des salariés à
l'extérieur. Bien évidemment, c'est là où les risques de chaleur intense et
d'insolation sont les plus importants. Donc, il y a un plan très solide qui doit
se déployer. C'est à la responsabilité des employeurs de le faire. Moi, j'ai
renforcé ce plan par des contrôles. On est à 1 400 contrôles en moins de
mois, pour vérifier que les entreprises déroulent ce plan. J'ai aussi demandé
aux préfets, en cas de vigilance rouge, ce qui est le cas dans beaucoup de
départements, de ne pas hésiter à prendre des arrêtés préfectoraux pour
suspendre tout chantier entre 13 h et 21 h, si les circonstances
l'exigent.
> [Canicule] L'adaptation à la chaleur, c'est une forme d'adaptation de l'économie, voire de ralentissement de l'économie. Là aussi, dans les chantiers, on fait des pauses plus longues, bien évidemment. Il faut s'hydrater beaucoup. Oui, il y a une forme de ralentissement qui est liée à la chaleur. En fait, on est en train de devenir, ou de découvrir que nous sommes devenus un pays européen chaud, à l'image de l'Espagne, de l'Italie ou de la Grèce. Il y a une adaptation à faire, de l'organisation de la société, d'ailleurs, à mon avis, bien au-delà du monde du travail, le monde du travail, bien sûr, mais au-delà, pour s'habituer, pour prendre en compte le fait que peut-être, dorénavant, de juin à septembre, on aura des épisodes de canicule importants dans notre pays.
> [Canicule] Si vraiment le mois de juin ressemble à un mois de juillet et un mois d'août, ça veut dire que l'école aura du mal à fonctionner. Sauf si on équipe les écoles. Il ne faut pas aussi renoncer à l'idée, peut-être, de climatiser les écoles. C'est quand même ça, c'est la réponse structurelle : c'est faire en sorte qu'on puisse continuer à faire des cours au mois de juin. Ça me semble quand même envisageable. Ensuite, à court terme, la réponse que j'amène, avec prudence, parce qu'il y a des cas où ça marche, des cas où ça ne marche pas, c'est peut-être revenir à du télétravail pour permettre à des papas ou à des mamans, peu importe, de rester chez eux et garder les enfants. Il faut faire attention. Il faut que ce soit sous le volontariat de la personne, parce qu'il y a des gens aussi qui vous disent «Vous savez, chez moi, il fait encore plus chaud qu'au travail». Bref. Mais en tout cas, le retour au télétravail, de revenir à cette forme-là, d'organisation, peut permettre à des familles de gérer ce problème de garde-enfants. Il y en a encore pour quelques jours. On n'est pas très loin des vacances d'été dans les écoles, mais il faut leur permettre effectivement de garder leurs enfants pendant les cinq ou six jours qui viennent.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> [Ultrafast fashion / Intervention à l’Assemblée] De mon passé de
commerçant, j’ai gardé une habitude : quand on veut comprendre d’où vient
le problème, on regarde les chiffres des ventes. Et les chiffres parlent, ils
parlent même très fort. L’an dernier, 3,6 milliards d’articles neufs – vêtements,
chaussures, linge de maison – ont été mis sur le marché. Cela représente
près de 10 millions de produits chaque jour. Pendant que nous sommes ici,
des centaines de milliers de colis supplémentaires arrivent sur notre
territoire.
La question est simple : d’où vient cette déferlante ? Regardons là
encore les chiffres : trois plateformes en sont à l’origine. Leurs noms,
encore inconnus il y a trois ans, sont désormais dans la bouche de chaque
Français : Temu, Shein et AliExpress.
À elles seules, elles ont enregistré l’an dernier une croissance à deux
chiffres de leurs ventes en volume : + 12 %. Quand un phénomène
progresse aussi vite, nous ne pouvons pas regarder ailleurs car si nous voulons
protéger les consommateurs, si nous voulons protéger notre environnement, si
nous voulons défendre une concurrence loyale, alors nous devons viser juste et
frapper fort.
Or le problème, ce ne sont pas ces entreprises qui produisent, qui emploient,
qui investissent sur notre sol et qui se soumettent à nos normes, mais les
plateformes qui inondent notre marché depuis l’autre bout du monde. Celles-ci
restent trop souvent hors de portée de nos règles et de nos contrôles, alors
qu’elles ne respectent pas nos normes environnementales et jouent parfois avec
la sécurité des consommateurs.
Pour votre information, sachez que la DGCCRF – direction
générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes –
a fait un prélèvement de 700 produits il y a un mois : 70 % ne
respectaient pas les normes et 45 % étaient dangereux.
Face à cela, nous avons engagé le combat – je pense notamment au scandale des poupées pédopornographiques
et de la vente d’armes et de médicaments qui avaient conduit à la fermeture
temporaire de la marketplace. Nous avons porté le combat au niveau
européen. Résultat : la Commission a ouvert une enquête sur Shein. Et les
sanctions commencent à tomber. Ces dernières semaines, plusieurs décisions ont
envoyé un signal très clair : Temu s’est vu infliger une amende de
200 millions d’euros par la Commission européenne et a été condamnée par
la DGCCRF il y a quelques jours à une amende de 22 millions.
Et nous n’en resterons pas là. Depuis le 1er mars, une taxe de
2 euros par article s’applique aux petits colis. À partir du 1er juillet,
une nouvelle étape sera franchie avec la suppression de l’exemption de droits
de douane pour les colis de moins de 150 euros. L’objectif est de rétablir
un minimum d’équité entre les entreprises qui respectent les règles et celles
qui alimentent une course sans fin à la surconsommation.
Je soutiendrai la proposition de loi de MM. Antoine Vermorel-Marques et
Romain Eskenazi, qui veulent reconnaître le caractère systémique de ces
plateformes pour que nous prévoyions dans la loi la possibilité de mettre fin à
leurs activités, éventuellement en faisant intervenir des instances
administratives comme la DGCCRF.
Mais nous savons que ce combat ne peut être gagné par les seules mesures
administratives ou réglementaires. Il a besoin des outils que seul le Parlement
peut lui donner. Et c’est précisément l’intérêt de la proposition de loi que
votre assemblée examine aujourd’hui.
Je veux d’ailleurs saluer le travail des rapporteures à l’Assemblée et au
Sénat, notamment de la députée Anne-Cécile Violland, qui en est l’auteure, et
qui a porté le texte avec un engagement et une endurance remarquables. Je tiens
aussi à souligner le travail de l’ensemble des parlementaires qui ont permis
son examen.
Ce texte apporte trois réponses concrètes. La première est d’informer.
L’article 1er prévoit que les entreprises de l’ultrafast
fashion affichent sur leurs sites des messages encourageant le réemploi, la
sobriété, la réparation et le recyclage. Pourquoi ? Parce que consommer
autrement est possible. La progression de la seconde main en est la
preuve : elle a augmenté de 4,8 % en volume l’an dernier.
La deuxième réponse est de pénaliser. L’article 2 instaure un malus fondé
sur les pratiques commerciales des entreprises. Sa logique est simple :
plus une entreprise multiplie les références, plus elle encourage le
renouvellement permanent plutôt que la durabilité, plus elle devra contribuer.
Deux critères permettront d’apprécier cette réalité : l’étendue de la
gamme proposée et l’incitation à réparer les produits. Le seuil sera fixé par
voie réglementaire.
Je veux être très clair sur ce point. Après la promulgation de la loi, il nous
appartiendra de veiller à ce que les paramètres retenus permettent de viser
précisément les acteurs de l ’ultrafast fashion. Si les modèles évoluent
demain, les seuils devront évoluer eux aussi. En tant que ministre du commerce
et des PME, je veux aussi protéger les commerçants français et sanctionner les
plateformes visées par ce texte. La règle devra rester fidèle à cet objectif.
Enfin, la troisième réponse est d’interdire la publicité. L’article 3
prévoit l’interdiction de la publicité pour ces entreprises à compter du 1er janvier
2027 car nous ne pouvons pas, d’un côté, dénoncer les excès d’un modèle
économique fondé sur la surconsommation et, de l’autre, laisser sa promotion se
développer sans limite.
Lorsque j’étais commerçant, j’ai fait de l’écologie un combat très concret. Une
écologie qui ne se résumait pas à des discours. Une écologie qui consistait à
retirer certains produits des rayons et à promouvoir ceux qui étaient meilleurs
pour la santé et pour l’environnement. Aujourd’hui, comme ministre, j’aborde ce
texte avec le même pragmatisme.
Je me pose une question simple. Cette proposition de loi nous donne-t-elle un
moyen supplémentaire d’agir contre les acteurs qui alimentent le plus la
surconsommation et qui exercent la pression la plus forte sur nos
ressources ? La réponse est oui. C’est pourquoi je crois que nous pouvons
dire que ce texte est un texte écologique, non pas parce qu’il prétend tout
régler mais parce qu’il s’attaque à l’une des causes du problème, parce qu’il
cible les acteurs qui alimentent ce modèle, qu’il complète utilement les
actions déjà engagées et qu’il permettra de rendre notre combat plus efficace.
Pour toutes ces raisons, je souhaite que cette proposition de loi puisse
rassembler largement votre assemblée.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Face à la canicule, les
agriculteurs sont évidemment en première ligne. Vous avez rappelé les
principaux effets de cette vague de chaleur. Dès les premières alertes, à
l’instar de M. le premier ministre qui a réuni presque quotidiennement la
cellule interministérielle de crise, j’ai réuni mes services et les
représentants des filières pour évaluer la situation et trouver les réponses
appropriées. Notre première préoccupation est la protection des personnes, les
agriculteurs eux-mêmes, qui travaillent à l’extérieur et qui sont donc plus
soumis que d’autres aux effets de la canicule, mais aussi les personnels des
lycées agricoles.
La protection des élevages appelle également une très grande vigilance. Nous
avons pris des mesures réglementaires en matière de transport pour éviter les
heures chaudes, ainsi que des dispositions pour permettre le fauchage dans les
jachères de manière à nourrir les animaux. Certaines filières, dans lesquelles
la mortalité des animaux est très importante, nous mobilisent particulièrement
car elles posent la question des capacités d’équarrissage.
Notre responsabilité est bien sûr de répondre à l’urgence. Vous souhaitez des
réponses structurelles et elles sont évidemment indispensables. Ma mission est
double, en réalité : répondre aux crises et aux urgences – c’est
le propre de ce ministère, qui, hélas, passe régulièrement d’une crise à l’autre –
et anticiper l’avenir. En matière d’assurance, nous verrons bien comment la
situation évolue. Il est fort probable que les rendements seront en baisse. La
première canicule a empêché les épis de se remplir. Nous sommes
particulièrement préoccupés de ce risque et je ne doute pas que le système
assurantiel saura apporter les réponses attendues. Vous dites que ce système ne
fonctionne pas, mais je veux rappeler qu’il est récent, puisque c’est mon
prédécesseur Marc Fesneau qui l’a instauré. Je rappelle aussi que les
cotisations du système assurance récolte sont financées en partie par l’Union
européenne et par l’État, soit près de 70 % au total de leur coût qui est
subventionné. Avant de dire qu’il ne fonctionne pas, il faudrait que davantage
d’agriculteurs aient accès à ce système ! Je suis en tout cas très
attentive à ce sujet.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Canicule] Ce matin, les collégiens de troisième ont passé l'épreuve de
français du brevet, dans des conditions de chaleur exceptionnelles, avec un
engagement et un sérieux à la hauteur de l'enjeu. S'ils l'ont fait, c'est grâce
à l'ensemble des personnels mobilisés pour les accueillir dans les meilleures
conditions possibles. Ces conditions étaient objectivement difficiles, à
l'image de ce que connaît tout le pays actuellement, mais une fois de plus,
l'institution scolaire a été, avec l'aide des agents des départements, à la
hauteur. Cela a également été le cas pour les centaines de milliers d'oraux du
baccalauréat qui se sont déroulés toute la semaine. Merci à tous les
professeurs et personnels qui ont permis à nos élèves de passer cette épreuve
en temps voulu. Et courage à tous les élèves pour la suite des épreuves, à
partir de lundi, dans un contexte qui devrait être globalement marqué par la
baisse des températures.
> [Cours d'IA à partir de la rentrée 2027] L'idée c'est que ce soit en seconde. Des professeurs de numérique et sciences informatiques pourront être amenés à faire ces cours.
Vincent Jeanbrun (ministre de la Ville et du Logement)
> [Projet de loi Relance logement] Tout d'abord il y a l'absolue nécessité
de redonner confiance au marché du logement, puisqu'on affronte une crise sans
pareille, probablement une des plus terribles, puisque si on ne prend par
exemple que la mise en chantier, les chiffres sont au plus bas depuis 1991. Ce
qui, derrière des chiffres, derrière la production, la construction ou la
rénovation de logements, vient cacher une réalité beaucoup plus grave, celle
d'une crise sociale. Les Français ont du mal à se loger. Quand ils arrivent à
se loger, ils sont parfois mal logés ou trop loin de leur travail, trop loin de
leurs centres d'intérêt. Bref, au fond, quand on parle de logement, en réalité,
on parle de projet de vie. Un chiffre qui marque : les Français ont perdu
en une génération 25 m2 de pouvoir d'achat en matière de logement. Ce qui
signifie qu'un étudiant aujourd'hui en France peut renoncer à ses études parce
qu'il ne trouve pas la chambre étudiante pour se loger. Un jeune actif peut
renoncer à un emploi parce qu'il n'arrive pas à se loger à côté de cet emploi,
qu'une famille va renoncer à faire un enfant en plus, qu'une famille va
peut-être réussir à se loger, mais à 2 heures de route de son emploi. Et c'est
tout ça aujourd'hui qui touche, il faut le dire, presque toute une génération.
C'est pourquoi il était hors de question de subir, mais que nous sommes
déterminés avec le Premier ministre, avec les membres du Gouvernement, à agir.
Cette action, nous la menons en partenariat avec tous les professionnels que
j'ai tenus à réunir et que nous avons réunis avec le Premier ministre à Rosny
en début d'année. Tous les professionnels de l'aménagement, de la construction,
du logement social comme du logement privé, les associations, les
investisseurs, les financeurs, ce que nous avons appelé "l'équipe de
France du logement". Et avec cette équipe de France, on s'est fixé un but,
celui de ramener la Coupe à la maison. Et la Coupe à la maison, c'est
2 millions de logements d'ici 2030, c'est être capable d'atteindre la
rénovation et la production de logements en masse pour pouvoir faire au fond un
choc d'offre et faire en sorte que les Français arrivent à nouveau à se loger
de manière décente. Et c'est évidemment la fierté de notre pays.
Au fond, si je devais vous donner les quatre grandes ambitions qui se déclinent
en 10 articles de ce projet de loi Relance logement : la première, elle
est importante, est de répondre aux besoins des quartiers les plus fragiles
avec notamment un "ANRU 3" (j'y reviendrai), de construire plus vite
et mieux avec un choc de simplification, de rénover plus efficacement avec ce
que j'appelle le choc de transition écologique et enfin un choc de confiance en
faisant notamment confiance aux élus locaux sur lesquels nous comptons nous
appuyer fermement.
Je le disais, tout d'abord, le premier article, c'est cette ANRU 3, donc cette
rénovation urbaine numéro 3, que j'appelle même l'ANRU 360°, puisque l'objectif
est moins de s'atteler au bâtimentaire qu'aux personnes qui vivent dans les
quartiers. Dit autrement, l'humain avant l'urbain et les habitants avant le
bâtiment. Vous avez, grâce à l'ANRU 1 et l'ANRU 2, plus de 1 000 quartiers
qui ont été transformés avec une mobilisation de fonds publics de près de
24 milliards et derrière, des centaines de milliards qui ont été générés,
y compris d'ailleurs pour irriguer l'économie française, et c'est évidemment
très important. Maintenant, beaucoup de villes ont encore des quartiers à
terminer, beaucoup de territoires sont toujours en attente, d'où la nécessité
de cet ANRU 3. Puisque c'est vrai qu'à Champigny-sur-Marne, dans mon beau
département du Val-de-Marne, à Béziers, à Marseille, à Pointe-à-Pitre, les
quartiers restent en souffrance, parfois, et il faut qu'on puisse avoir des
outils forts pour intervenir.
L'ANRU sera dotée dans son démarrage de 5 milliards d'euros, avec l'idée
de pouvoir évidemment accompagner les projets au fur et à mesure. Le Premier
ministre a dit 80 % de quartiers, de grands ensembles dans les grandes
villes urbaines et au moins 20 % dans les villes moyennes, ce qu'on
appelle parfois la France des sous-préfectures, avec un volet entier — c'est
important de le rappeler — consacré à nos outre-mer.
L'innovation de cet ANRU 3, je le disais, c'est d'avoir une vision globale et
au fond, c'est la première fois qu'on a un ANRU aussi interministériel, parce
que l'idée, c'est vraiment de le penser avec tous les collègues du
Gouvernement. Et c'est la première fois que dans la loi même, seront inscrits 6
axes pleinement interministériels, à commencer par la sécurité et la reconquête
républicaine. Cet enjeu de sécurité pouvait exister en fonction des
territoires, mais n'était pas un prérequis à l'ANRU. Désormais, ce sera écrit
dans la loi. Un volet important sur les questions de services publics de
proximité et notamment de santé. Un enjeu fondamental de revitalisation
économique, d'emploi, bien sûr. Avec la canicule, on est rappelé à toute
l'ambition de transition écologique et ce sera là aussi inscrit dans la loi que
ces quartiers devront être des quartiers pensés pour qu'à la fois, dans le
bâtiment, on vive bien, mais également dans l'espace public, parce qu'il ne
s'agit pas demain d'avoir un ANRU qui livrerait des bâtiments dans lesquels on
se sent bien, mais un espace public qui resterait, lui, agressif. Et voilà, je
pourrais vous citer la culture, les éléments sur la jeunesse, l'accessibilité,
le désenclavement.
Mais vous voyez : un ANRU qui est pensé un petit peu différemment. Ce qui
n'empêchera pas par ailleurs que l'on puisse ouvrir sur tout le territoire
national d'autres dispositifs qui ne sont pas là dans le projet de loi, mais je
travaille à «Action cœur de ville numéro III», qui permettra d'aller
accompagner des cœurs de ville en déshérence à d'autres endroits sur le
territoire. Ça me paraît important.
La deuxième ambition, je le disais, c'est de construire plus vite. Ça concerne
les articles 2, 3, 5. L'idée, c'est de simplifier. Dit autrement, en France
aujourd'hui, les normes, les complexités administratives, les recours
intempestifs font que vous pouvez avoir jusqu'à 8 à 10 ans pour sortir un
projet de construction de terre quand la construction réelle du bâtiment, le
chantier en tant que tel, même quand vous êtes sur un chantier très compliqué,
est entre 2 ans et demi et 3 ans. C'est-à-dire que tout le reste,
c'est de la procédure. Là, l'idée, c'est de créer un droit dérogatoire pour
accélérer les choses.
En contrepartie de ce droit, l'idée, c'est qu'il y ait une obligation de
résidence principale pour les logements construits, ce qui signifie que oui, on
accélère les choses, mais on se garantit que c'est pour loger des gens et pas
uniquement pour des résidences touristiques ou Airbnb, etc. (même s'il en faut
à d'autres endroits du territoire, ça va de soi). En tout cas, on accélère les
choses.
C'est d'autant plus important que, vous le savez, le président de la
République, les membres du Gouvernement soutiennent des projets ambitieux de
réindustrialisation de notre pays. Or, si on veut réindustrialiser, il faut
construire ces gigafactories, ces EPR, ça nécessite de loger tous les ouvriers
qui sont liés à ces chantiers. Premier défi. Et puis, ensuite, ces structures
nécessiteront beaucoup d'employés et il faudra, là aussi, les loger. Il faut
qu'on puisse accompagner ce développement, ce qui signifie qu'il faut qu'on
construise beaucoup plus vite pour que les logements arrivent en même temps que
ces outils de réindustrialisation. Ça paraît évident, mais c'est nécessaire.
D'où cette volonté affichée de prolonger ce qu'a évoqué le président de la
République lorsqu'il a réuni les maires à l'Élysée après les élections
municipales, de mettre en œuvre les Jeux olympiques du logement ou encore le
Notre-Dame de la construction.
Je le disais également, il faut qu'on puisse simplifier les choses et
notamment, je ne rentre pas dans la technique, mais simplifier les documents
d'urbanisme. Aujourd'hui, en fonction de ce que vous voulez faire, il faut
solliciter tel document, telle procédure. Là, l'idée, c'est d'essayer d'avoir
des documents uniques qui aillent beaucoup plus vite.
Un point qui pour moi est important, celui de la transformation de
bureaux-logements. Vous avez dans le texte, dans sa rédaction actuelle, tout un
volet de revitalisation du quartier d'affaires de La Défense. Ce qui est
essentiel pour ce quartier. L'ambition, c'est aussi, grâce au débat
parlementaire, d'aller plus loin pour pouvoir se doter d'outils qui permettent
d'accélérer la transformation de bureaux-logements partout sur le territoire.
C'est important parce que ça permet au passage de garder notre ambition de
sobriété foncière, ce qui est évidemment important.
Je passe tout de suite aux autres articles, les 4, 6, 7, qui permettent de
poursuivre une ambition environnementale et écologique importante avec
notamment plusieurs outils sur la rénovation énergétique. C'est vrai pour les
bailleurs sociaux qui auront des dispositifs pour mieux financer la rénovation
énergétique, mais également pour le parc privé avec le retour des investisseurs
notamment. On a voté en janvier un dispositif fiscal qui permet de faire
revenir et de mobiliser les investisseurs, les petits épargnants vers le
logement neuf. Là, l'idée, c'est de booster les dispositifs sur la rénovation
de logements anciens de manière à les remettre sur le marché. C'est l'occasion
aussi d'être pragmatique et d'avoir une ambition forte sur les logements qui
sont déjà loués aujourd'hui, mais qui peuvent être frappés d'une lettre F ou G
en matière de DPE.
L'idée est de les remettre sur le marché avec l'obligation pour le propriétaire
de faire les travaux, ce qui signifie, au fond, qu'on fait une proposition 3
fois gagnante. Gagnante pour le propriétaire qui conserve le bénéfice du loyer,
et donc, une solvabilité accrue pour pouvoir, par exemple, prendre un crédit
pour faire les travaux de rénovation. Gagnant évidemment pour le locataire
parce que les conditions d'habitabilité s'améliorent et il est garanti de cela,
et puis gagnant pour l'économie française parce que ça permet de relancer, là
aussi, des chantiers de transformation, de rénovation, et notre tissu
d'entreprises, et nos artisans en ont évidemment grandement besoin.
J'arrive au bout de ma présentation, mais un point quand même très important
sur la question de la décentralisation et la confiance faite aux élus locaux,
avec des maires qui seront remis au cœur de la machine dans leur capacité
notamment à garantir à la fois la mixité sociale et à faire en sorte que les
habitants de sa commune se logent plus facilement.
Cela passe par des éléments qui permettront d'avoir plus d'influence sur les
commissions d'attribution de logements et également d'avoir un droit de veto
qui permettra de s'opposer à l'attribution d'un logement social pour une
personne qui serait condamnée par la loi et par la justice.
Et puis, un autre point important : le statut d'autorité organisatrice de
l'habitat qui serait confié de plein droit aux intercommunalités et aux
métropoles. Avec pour les communautés de communes et les départements, la
possibilité, sur la base du volontariat de bénéficier de ce statut, statut qui
permettra d'avoir des outils comme l'aide à la pierre, qui permet de produire
du logement social, ou encore les outils de rénovation comme MaPrimeRénov'.
C'est tout cela qu'on met sur la table pour que tous ensemble, on arrive à
redonner la confiance au monde du logement et faire en sorte surtout que
demain, nos concitoyens puissent se loger de manière digne. C'est en république
un enjeu fort, et je crois qu'avec ce projet de loi, nous allons pouvoir
commencer à y répondre de manière significative.
> [Remise sur le marché des passoires thermiques]
Il faut qu'on soit très clair sur l'objectif. L'objectif, c'est bel et bien que
ces logements soient rénovés. Si on ne solvabilise pas le propriétaire,
c'est-à-dire si on ne lui permet pas d'avoir les moyens, la ressource de faire
les travaux, probablement qu'il ne les fera jamais. Et dans ce cas-là, vous
avez 2 options : soit les marchands de sommeil, ça se multiplie
malheureusement, et je peux vous assurer que les conditions seront encore
pires, d'une part, et deuxièmement, on nous dit : Ce n'est pas grave, ils
n'auront qu'à revendre.
Mais d'abord, ce n'est pas simple, parce que beaucoup de Français ont du mal à
acheter, y compris des logements de cette nature, et le risque, quel
est-il ? C'est que ce soit une famille qui n'a pas les moyens d'acheter
des logements avec une meilleure note, qui en font l'acquisition et qui n'ont
pas les moyens de faire les travaux. Donc, en fait, en se basant sur
l'investissement des investisseurs, on a une chance d'accélérer la transition
du parc.
Et c'est en ça que je veux vraiment dire les choses. Au fond, si on ne fait
rien, c'est 700 000 logements qui sortent de la location, et donc, c'est
des familles françaises qui ne trouveront plus à se loger. 700 000
logements, c'est des millions de Français. Et au moment où on vous annonce avec
le Premier ministre un objectif de 2 millions de logements d'ici à 2030,
vous voyez ce que ça représente d'en sortir 700 000 du parc. On ne peut
pas décemment dire aux Français : On va rendre le logement encore plus
inaccessible en en sortant 700 000. Premier point.
Deuxièmement, en mobilisant le financement des bailleurs, et encore une fois,
je veux qu'on casse l'image des bailleurs richissimes qui auraient des
centaines de logements : en moyenne, ce qu'on appelle les petits bailleurs
privés, détiennent 1,1 logement, donc ce n'est vraiment pas grand-chose, mais
ils logent 26 % des familles françaises. C'est gigantesque ! Et
donc, il faut leur dire : "Vous allez pouvoir avoir un petit temps
supplémentaire : 3 ans pour les maisons individuelles, 5 ans
pour les copropriétés, c'est important." Et c'est important aussi, parce
qu'en parallèle de ça, on va donner des outils qui n'existaient pas jusqu'ici
pour accélérer la rénovation, notamment dans les copropriétés, avec la
possibilité de faire des votes en copropriété à majorité simple, ce qui
accélérera les décisions dans les copropriétés, et surtout que le financement
des travaux puisse se faire avec un prêt à la copropriété, en tant que personne
morale et non plus à l'individu, ce qui est aussi de nature à accélérer considérablement
les choses : les individus remboursant le crédit à travers leurs charges.
Ce sont des petits outils, je ne veux pas être trop technique, mais ça signifie
que oui, on se donne un peu plus de temps parce qu'on est dans une écologie
positive et efficace et non pas punitive, mais derrière, ce sera gagnant pour
tout le monde. Et c'est ça l'objectif de manière très claire, avec des
objectifs d'amélioration thermique pour l'hiver, mais également pour le confort
d'été. Et au fond, on verra que dans 3 ans, dans 5 ans, on aura
atteint des objectifs qui, sinon, n'auraient absolument pas été atteints.
> Sur MaPrimeRénov', l'objectif, c'est de renforcer encore les travaux globaux, être un peu moins sur ce qu'on appelait les monogestes qui pouvaient avoir une efficacité relative parce qu'au fond, quand vous avez une passoire thermique ou une bouilloire thermique, mettre un seul élément ne vient pas apporter une solution et parfois surconsomme en termes d'énergie. Donc là, l'objectif, c'est vraiment d'avoir de la rénovation globale parce qu'au fond, une fois qu'on a accompagné une famille française et qu'on a rénové un logement, on n'y revient plus pour les 10, 15, 20, 30 prochaines années, c'est fait. Donc ça, c'est l'ambition. Et ensuite, sur le parcours. Le parcours va être de plus en plus simple. On a, en début d'année, demandé à ce que les familles qui demandent ou les copropriétés qui demandent soient accompagnées par un espace conseil MaPrimeRénov', ce qui permet d'avoir un conseil objectif, gratuit, de nature à vraiment bien accompagner le dispositif.
> Le concept de bouilloire thermique reflète une
réalité particulière. Mais vous posez, au fond, une question qui doit nous
interroger sur les normes. On a beaucoup lutté contre le froid, on a beaucoup
pensé et produit des normes qui proposent de l'inertie thermique des bâtiments.
Et on se rend compte que quand on a des phénomènes caniculaires exceptionnels,
hors du commun comme ceux d'aujourd'hui, l'inertie associée à un béton, au
fond, la chaleur va finir par rester. Ce qui n'empêche pas qu'on a quand même des
bâtiments qui sont extrêmement performants. C'est pour ça qu'on travaille
actuellement à penser cette lutte contre les bouilloires thermiques.
Dans ces bâtiments extrêmement bien isolés, ce sera beaucoup plus facile
qu'ailleurs parce qu'en réalité, avec des volets qui, parfois, avaient été
supprimés, y compris pour des raisons esthétiques ou architecturales, y compris
en mettant un peu plus de casquettes, de pare-soleil, etc., on peut vraiment
améliorer les choses. Mais ça fera partie de manière générale des réflexions
qu'on doit avoir. Au-delà de ce temps spécifique qu'on vit là, il faut qu'on
pense le logement aussi bien pour être moins énergivores l'hiver que pour être
confortables l'été. Et on le voit d'ailleurs, les architectes n'ont pas produit
tout à fait les mêmes choses dans le sud de la France ou dans le nord. Mais on
n'était pas habitués à ce qu'il fasse 40 degrés en Bretagne ou dans le Nord.
Donc il va falloir maintenant que cette question soit au cœur de nos
préoccupations, y compris dans les normes et les exigences architecturales et
environnementales.
> [Droit de véto des maires dans l'attribution des
logements sociaux] Le texte est passé au Conseil d'État, qui a donc bien
vérifié que l'écriture était la plus solide possible. Et c'est dit de manière
très simple : c'est-à-dire que le droit de veto ne peut s'appliquer qu'à
des personnes qui ont été condamnées par la justice.
Et donc il est hors de question qu'un maire puisse avoir un droit de veto à la
tête du client. Puisqu'au fond, quand on parle de dérive, c'est ça, c'est
craindre que certains maires commencent à faire, par exemple, de la préférence
nationale ou une épuration politique, par exemple. C'est évidemment à éviter,
ça va de soi. En revanche, et j'ai pu le vivre en tant que maire, quand vous
voyez quelqu'un qui a été condamné parce qu'il a agressé des gens dans son
immeuble, que les victimes sont toujours là et qu'il est relogé sur le trottoir
d'en face, il y a une énorme frustration, évidemment, de l'élu de ne pas
pouvoir s'y opposer.
Mais surtout, il y a une incompréhension générale de la population et cette
incompréhension crée de la colère, crée de la frustration et bien souvent, elle
s'exprime justement avec ensuite des positions très populistes.
Donc, redonner un pouvoir au premier magistrat de la ville, c'est quand même ça
le statut d'un maire, la capacité dûment justifiée.
Encore une fois, on n'est pas sur un arbitrage entre deux portes, on est sur
une capacité à dire : au regard des risques de troubles à l'ordre public
et de la condamnation de tel individu, je ne souhaite pas qu'il soit relogé
dans ce quartier si on est dans une très grande ville, ou dans la ville si on
est sur une commune plus petite. Il faut comprendre cette attente de nos
concitoyens.
Et au fond, pourquoi ces enjeux de redonner plus de pouvoir aux maires avec ce
droit de veto, mais aussi avec le fait d'être plus présent dans les politiques
de peuplement et pouvoir récupérer les attributions liées au contingent
préfectoral ? C'est parce que les maires se font, pardon de le dire comme
ça, mais leurs concitoyens reprochent souvent aux élus locaux de dire : mais
en fait, on a subi un chantier, on a mobilisé un terrain, il y a du logement
social qui vient, mais les habitants de la commune qui attendent depuis des
années ces logements sociaux ne vont pas forcément pouvoir se voir attribuer
ces logements. Et on va avoir des populations qui viennent de très, très loin
qui risquent de se les voir attribuer, et parfois même des populations qui sont
à la fois contentes d'avoir un logement, mais qui se sentent un peu déracinées
de l'endroit où elles étaient juste avant. Et donc, pouvoir mieux gérer les
équilibres socio-économiques, pouvoir mieux gérer la capacité à loger des
personnes qui cherchent à décohabiter de chez elles, c'est-à-dire un jeune qui
cherche à quitter le foyer parental ou une personne âgée qui aimerait bien
déménager parce que même si elle est déjà dans le logement social, elle est
peut-être dans un logement social sans ascenseur, etc.
Et les élus locaux qui disent, en fait, on ne sait pas faire. Au bout d'un
moment, ça décourage les élus locaux à produire du logement social. Et je pense
que plus ils sont en capacité de dire à leur population : on va veiller à
la mixité sociale, on va veiller à ce que ce soit les populations de la
commune, ou celles qui viennent travailler sur la commune, ou celles qui
viennent apporter à la dynamique communale, qui auront les attributions.
À ce moment-là, c'est un argument fort pour pouvoir remobiliser aussi les élus
locaux et leur population. Parce qu'en réalité, quand la population n'a plus
envie, c'est beaucoup de recours qui font perdre énormément de temps aux
projets, voire empêchent des projets de se faire. Or, on a besoin de tout le
parcours résidentiel, du logement social, très social, moyennement social,
intermédiaire, et accession libre et sociale. Et c'est pour ça que les maires
sont la clé aussi dans le projet de loi Logement. (…)
La capacité à avoir une sorte de préférence communale, elle est possible. En
revanche, il n'y a pas de discriminations qui sont, je le rappelle, toutes
interdites par la loi déjà. Par ailleurs, le maire ne décidera pas seul dans
son bureau, ce n'est pas du tout le sujet. L'idée, c'est de pouvoir présider la
commission d'attribution de logements dans laquelle sont présents les bailleurs
sociaux, les services sociaux, même parfois des représentants d'associations de
locataires. Et donc, en toute transparence, simplement pouvoir critériser un
petit peu plus les profils. Et encore une fois, on ne choisit pas
individuellement telle ou telle personne, on vient créer des règles qui
permettent à chacun. Là, l'idée, c'est que les maires puissent, sur la base du
volontariat, j'insiste, récupérer aussi le quota préfectoral, ce qui signifie à
la fois les places, mais aussi les contraintes qu'avaient jusqu'ici les
préfets, avec notamment une liste de publics fragiles, et y compris le fameux
DALO, droit opposable au logement. Et ça, c'est très clair dans la rédaction du
texte.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Canicule] Le Président de la république a rappelé la nécessité d'avancer
sur deux jambes : l'atténuation d'une part, l'adaptation d'autre part.
C'est ce qu'on fait depuis le début du 1er quinquennat. Je rappelle par exemple
que les crédits de la mission écologie ont doublé depuis 2017. Il a évidemment
engagé ses ministres à rester mobilisés dans les jours et les semaines à venir,
tant sur les questions de santé, de sécheresse et notamment de feux, sur les
conséquences dans les secteurs les plus exposés. Il a par exemple évidemment
cité les agriculteurs et sur leur organisation des événements estivaux. Les
différents ministres ont eu l'occasion de s'exprimer, encore une fois, ministre
de la Santé, Éducation nationale, Transports, moi-même, et on continuera à être
aux côtés des Français, à accompagner les secteurs et évidemment le système de
santé dans les jours et les semaines à venir autant que nécessaire.
> [Mort de Lyhanna et protection des enfants] Le
président de la république a remercié d'abord les ministres pour leur
engagement ces derniers jours et ces dernières semaines, rappelé la nécessité
d'améliorer nos réponses sur la politique de l'enfance, sur les suites
évidemment qu'il fallait donner à l'enquête. Le ministre de l'Intérieur et le
garde des Sceaux ont commencé à esquisser des premiers éléments et de nouvelles
enquêtes, vous savez, notamment administratives, ont été annoncées.
Et il a bien sûr également parlé de la poursuite du travail législatif. Là
encore, vous le savez, un projet de loi relatif à la protection de l'enfance et
notamment à l'aide sociale à l'enfance (ASE), pas uniquement, mais notamment,
arrivera à l'Assemblée nationale d'ici une quinzaine de jours. Et puis, vous
l'avez vu également, le Premier ministre s'est engagé, après avoir saisi le
Conseil d'État d'une part, le Conseil économique, social et environnemental
(CESE) d'autre part, à présenter au Parlement, à l'Assemblée nationale début
octobre, le projet de loi dit intégral. Cela nécessitera des débats. Il a eu
l'occasion hier d'expliciter en quoi certains articles, parce qu'ils étaient
contradictoires, pouvaient poser problème, en quoi certains articles étaient
déjà compris dans d'autres propositions de loi actuellement en cours de
cheminement entre les deux assemblées. Mais la volonté, elle est là, elle est
partagée, elle est transpartisane.
Et donc, on devrait, je l'espère, pouvoir avancer de la manière la plus
efficace possible dans les semaines et les mois à venir. C'est un sujet qui
traverse la société française, qui traverse les familles françaises. Aucun des
parents, notamment des pères et des mères de famille, n'est resté de marbre
face à ce qui s'est passé. Chacun s'est questionné, questionné sur ses modes de
garde suite aux affaires qui ont touché le périscolaire, questionnés sur le
sens porté à l'action judiciaire suite au drame qu'a connu le Gers ces
dernières semaines. Et donc, notre responsabilité, c'est d'apporter les
réponses, là encore, de la manière la plus méthodique, la plus efficace, la
plus rationnelle possible aussi, et en le faisant avec l'ensemble des parties
prenantes. Je pense aux parlementaires, c'est une évidence, mais aussi, par
exemple, au monde associatif.
> Le président de la République a salué la commission mixte paritaire sur la
programmation de la loi militaire, vous savez, qui est passée au Parlement, et
l'adoption du projet de loi, pardonnez-moi, relatif au statut de la Corse, qui
a été adopté hier, mardi, à l'Assemblée nationale.
> [Climatisation] Il faut faire preuve de pragmatisme. On voit que l'urgence, c'est de permettre aux enfants d'aller à l'école, c'est de permettre aux malades dans les hôpitaux d'avoir les conditions les meilleures possibles, et c'est de permettre aux Françaises et aux Français d'aller au travail, et je pense notamment aux transports. Tout ça prend de toute évidence du temps. Ça coûtera de toute évidence beaucoup d'argent, ça nous ramène à la nécessité de maîtriser nos finances publiques.
> [Transtion écologique] i on veut investir dans
l'avenir pour la transition écologique comme pour tout autre grand secteur
essentiel à l'avenir de ce pays, il faut avoir des comptes publics en ordre,
sans quoi on n'a pas les marges de manœuvre nécessaires pour investir. Donc, ça
nous amène là encore aux exigences qu'on va devoir toutes et tous s'imposer à
l'occasion du projet de loi de finances, y compris des partis aujourd'hui
d'opposition qui réclament des moyens absolument colossaux, pas illégitimes,
mais colossaux pour l'adaptation au changement climatique.
Du reste, ce sont des bâtis qui sont gérés par les collectivités territoriales
lorsqu'on parle des emprises scolaires. Il y a 60 000 emprises scolaires,
plus de 6 500 rénovations qui sont réalisées ou en cours de réalisation. Donc,
on avance. Les crédits de la mission écologie, j'ai eu l'occasion de le dire,
ont doublé depuis 2017. On y sera particulièrement attentifs dans le projet de loi
de finances, de même que les rénovations d'hôpitaux, depuis notamment le Ségur,
se font en intégrant ces exigences d'adaptation au changement climatique.
Donc, c'est un travail de long cours, ça nécessite de la volonté politique, ça
nécessite aussi des moyens budgétaires, et pour ça, il y a une cohérence
globale à avoir sur nos finances publiques. Je le dis parce que c'est facile de
demander des plans à plusieurs dizaines de milliards d'euros, tout cela n'est
possible que si on a des comptes en ordre qui nous permettent de le faire.
Et les Français comprennent, à mon avis, assez bien ça, puisqu'ils gèrent au
fond, leur argent d'une manière assez similaire.
> [Canicule] On suit les conditions climatiques
dans le cadre du fonctionnement des centrales nucléaires. Tout ça suit des
réglementations validées, éprouvées, extrêmement précises, qui touchent bien
sûr à la sûreté des installations et qui touchent aussi et surtout à la
protection de l'environnement, puisque vous savez qu'une centrale nucléaire
prélève de l'eau dans l'environnement, qu'elle rejette de l'eau dans un fleuve
ou dans la mer, et il y a des critères au-delà d'un certain niveau de
température pour ne pas perturber l'écosystème environnemental. Eh bien, vous
ne pouvez plus rejeter cette eau, ce qui peut amener par exemple à des baisses
de puissance ou à des mises à l'arrêt de réacteurs. C'est en fait le
fonctionnement normal. On le fait autant que nécessaire.
Nous n'arbitrons jamais entre la production d'un côté et la sûreté ou la
protection de l'environnement d'autre part. Les règles établies sont
scrupuleusement respectées. Il y a un réacteur qui a été mis à l'arrêt
effectivement dans le Sud-Ouest, sur la centrale de Golfech, et un réacteur
dont la puissance a été baissée. Il s'agit du réacteur de Nogent. Du reste, ces
considérations, tant sur le parc historique que sur les futures EPR2,
d'adaptation au changement climatique, ont été et continuent d'être entièrement
prises en compte. Le grand carénage, par exemple, qui vise à poursuivre la
durée d'installation de nos centrales de 10 ans supplémentaires, intègre
des travaux de maintenance, intègre des examens qui touchent à cette question
d'adaptation au réchauffement climatique.
Et donc voilà, pour vous dire que c'est pleinement intégré dans les scénarios.
Et bien sûr, la France reste exportateur net d'électricité à l'heure où on se
parle. Ce qui signifie qu'il n'y a à date aucun risque de tension équilibre
offre/demande sur le réseau, puisque, encore une fois, nous exportons de
l'électricité, donc nous produisons, dit autrement, davantage que nous avons
besoin.
> [Canicule] D'abord, il y a le droit du travail. Ce droit du travail qui vise à protéger les salariés doit être bien entendu scrupuleusement respecté. L'immense majorité des entreprises le respecte et il y a des contrôles qui permettent de déceler les minorités qui ne le feraient pas. Ensuite, notre message aux entreprises, il est très simple : elles doivent, bien entendu, prendre en compte la situation difficile que vivent certains salariés. On pense en premier lieu à ceux qui travaillent en extérieur, qui ont des travaux pénibles, au secteur du bâtiment, il y en a bien d'autres. Nous connaissons aussi l'implication des entreprises pour veiller à ces questions-là et donc le ministre du Travail est évidemment mobilisé pour faciliter le dialogue entre les organisations syndicales, les organisations patronales et les différentes entreprises qui seraient en première ligne sur ces questions-là. Mais nous faisons, là encore, une fois confiance à l'intelligence collective, en rappelant cependant que là encore, il y a des règles. Donc, ne laissons pas penser qu'il n'y a aujourd'hui aucun cadre réglementaire qui encadrerait ces questions-là.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> À la rencontre de nos entrepreneurs à l’occasion de la Grande assemblée des
PME. Préférence européenne, prochain budget européen, place de nos régions
ultra-périphériques, et valorisation du savoir-faire français. La France est
aux côtés de ses entreprises, pour soutenir notre compétitivité et notre
prospérité collective.
> Simplifier, simplifier, simplifier : sous impulsion française, la Commission européenne vient de présenter une nouvelle série de mesures de simplification fiscale pour nos entreprises. A la clé : allègement normatif & règles simplifiées pour leur permettre d’économiser près de 8Md€ par an.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> lls l'ont filmé en train d'agoniser. Ils l'ont frappé, puis laissé pour
mort. Il s'appelait Louis. Il avait seulement 17 ans. Ces mots sont
insoutenables à écrire. Comme responsable politique, comme mère, je suis
bouleversée et profondément révoltée. Aucune image ne devrait montrer une telle
barbarie. Aucun enfant ne devrait connaître une telle violence. Louis avait été
confié à l'Aide sociale à l'enfance. Il était accompagné par des éducateurs et
des psychologues qui l'aidaient à reconstruire sa vie. Comme lui, certains de
ses agresseurs étaient eux aussi placés en foyer. Ces actes d'une barbarie et
d'une violence inouïes doivent être sanctionnés avec la plus grande sévérité.
Mais au-delà de la réponse pénale, il est urgent de renforcer massivement les
moyens de l’ASE. Depuis des années, j’alerte sur ses failles et appelle à une
réforme en profondeur. En janvier 2026 encore, je demandais un grand chantier
national. La protection de l’enfance est une priorité de l’Assemblée nationale,
traduite par la création en 2022 d’une délégation, une commission d’enquête en
2025 sur les défaillances du système et l’examen en juillet prochain d’un
projet de loi sur le sujet. Ne l'oublions jamais : les premières victimes de
ces failles, ce sont nos enfants. Mes pensées vont aux proches de Louis, ainsi
qu’aux éducateurs et professionnels qui l’accompagnaient.
> Le terme « euthanasie » ne traduit pas pleinement l’esprit de cette loi. Je préfère parler d’«aide à mourir», car cela met d’abord au centre la volonté de la personne et le respect de son choix. C’est bien cette liberté, exercée dans un cadre médical et juridique très strict, qui est au cœur du texte.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Hier, Louis, un adolescent de 17 ans est décédé à Narbonne. Attiré dans un
guet-apens. Roué de coups. Laissé pour mort sur un chantier. Notre peine est
immense et nous pensons aux proches, aux éducateurs et aux équipes de l’aide
sociale à l’enfance qui suivaient ce jeune. Mais les larmes et les mots ne
suffisent pas. Parmi les bourreaux présumés, trois sont mineurs : c’est le
révélateur, une fois encore, d’une violence exacerbée au sein d'une partie de
notre jeunesse. De sa banalisation. De son ampleur. Ce n’est pas un fait isolé,
comme pourraient le dire les naïfs ou les adeptes de la culture de l’excuse.
C’est un drame de société qui exige un choc d'autorité.
> Après le nucléaire lancé par le général de Gaulle, la géoénergie doit devenir le grand projet énergétique de la France au 21e siècle.
> Cette semaine, il a fait plus chaud en France que sur 99 % de la planète. Avec le dérèglement climatique, savoir comment rafraîchir nos écoles, nos logements, nos lieux de travail est devenu aussi urgent que les chauffer. Nous avons la solution. Sous nos pieds. Ici à Clamart, j'ai vu une entreprise qui a fait le choix de la géoénergie pour chauffer l'hiver, rafraîchir l'été. Le résultat : une baisse de 70 % des émissions de CO2 et de 40 % de la consommation d'énergie. C’est ça la géothermie. Bon pour les gens, bon pour la planète, bon pour le porte-monnaie. La géoénergie doit devenir le grand projet énergétique de la France. Pour contrôler la température, partout sur le territoire. Pour baisser nos émissions. Pour gagner notre indépendance.
> Aujourd’hui, savoir comment rafraîchir nos écoles, nos logements, nos lieux publics va devenir aussi important que de savoir comment les chauffer face au froid. Mais ce plan doit permettre de rafraîchir sans créer des îlots de chaleur en même temps. On ne peut pas régler le problème à l’intérieur tout en le renforçant à l’extérieur.
> La proposition de congés climatique faites par Marine Tondelier, c’est une très mauvaise solution à un vrai problème. Évidemment que l’adaptation à la chaleur est un enjeu majeur dans les bâtiments publics, les entreprises et les collectifs de travail. Mais un congé parce qu’il fait trop chaud, financé par la Sécurité sociale, donc par les cotisations de ceux qui travaillent, n’a pas de sens. Ce qu’il faut, c’est garantir dans tous les espaces de travail des mesures concrètes pour que ce soit vivable pour les salariés.
Elisabeth Borne (députée)
> Nous vivons un moment de bascule. Les bouleversements géopolitiques,
les transformations technologiques, les tensions démocratiques et les
inquiétudes sociales imposent de regarder la réalité en face et de préparer
l’avenir avec lucidité. Notre responsabilité est simple : construire une France
qui investit dans sa jeunesse, son école, sa recherche, son industrie et sa
souveraineté. Une France qui prépare les transitions plutôt que de les subir.
Une France qui retrouve confiance dans sa démocratie et dans son avenir.
Véronique Riotton (députée)
> [Ultrafast fashion / Intervention à l’Assemblée] Lorsque nous avons
adopté la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie
circulaire – loi Agec –, nous avons affirmé un principe
simple : notre modèle de consommation ne peut plus reposer sur le
gaspillage et l’épuisement des ressources. La fast fashion est
aujourd’hui l’une des expressions les plus abouties de ce modèle que nous
cherchons précisément à dépasser.
C’est pourquoi ce texte est important. Il prolonge le travail engagé depuis
plusieurs années, en apportant une réponse à un phénomène qui contourne les
efforts entrepris en matière d’économie circulaire. Je me réjouis que le
travail collectif et transpartisan mené par ma collègue Anne-Cécile Violland
puisse enfin aboutir à cette proposition, qui constitue un premier pas, comme
l’a dit Mme la rapporteure.
Ce texte élaboré par la commission mixte paritaire (CMP) rappelle que certains
sujets donnent lieu à une concorde, lorsque l’intérêt est national et le sujet
crucial. Son objet central porte sur la lutte contre l’ ultrafast fashion,
ou mode dite ultra-express – pratique qui consiste à renouveler les
collections vestimentaires à un rythme accéléré et massif, avec une très faible
incitation à la réparation.
Ce texte confirme et prolonge la philosophie des lois Agec et « climat et
résilience », marquée notamment par le régime de responsabilité élargie du
producteur pour le textile. Il le complète en créant un malus spécifique à la
fast fashion, articulé autour de trois axes : une modulation des écocontributions
versées aux éco-organismes ; des obligations d’affichage de messages de
sensibilisation sur les interfaces numériques ; une interdiction de la
publicité pour les marques concernées.
La commission mixte paritaire a par ailleurs complété le texte, en retenant la
terminologie d’« ultra-express », en garantissant la compatibilité du
dispositif avec le droit européen, en ajoutant une obligation de mention du
lieu de fabrication sur les plateformes de vente en ligne et en excluant les
acteurs de la mode ultra-express du bénéfice du mécénat fiscal.
Au-delà des différents dispositifs du texte, c’est sa philosophie que je veux
souligner auprès de vous. Depuis la loi Agec, des parlementaires s’engagent à
inscrire un véritable changement de modèle dans leur action de
législateurs : celui du passage d’un modèle linéaire à un modèle
circulaire – un modèle où la responsabilité des producteurs
est engagée et où le changement de mode de consommation permet de changer le
mode de production.
Un tel changement demande du temps : c’est par la concertation et des
évolutions lisibles et stables que nous parviendrons à améliorer notre manière
de produire et de consommer. Il exige également un message clair : les
méthodes non vertueuses doivent être sanctionnées.
Ce texte répond à tous ces impératifs en activant tous les leviers : les
producteurs, la publicité, les consommateurs, les programmes scolaires. Nous
n’impulserons ce changement que par le collectif, selon une approche
transversale. Il est d’ailleurs heureux que nous soyons parvenus à enclencher
une dynamique efficace face à un problème encore récent, mais dont les
conséquences sont déjà considérables : pour nos enfants, notre santé,
notre environnement, notre modèle de consommation, voire notre modèle fiscal.
Enfin, comme l’ensemble de notre groupe, je serai particulièrement attentive à
l’application des dispositions du texte. Car, en la matière, les détails
comptent. C’était déjà le sens de mon engagement au sein de la commission
d’évaluation de diverses lois, après avoir été rapporteure de la loi
Agec : suivre la mise en application des textes, en lien avec les
professionnels et l’administration, afin de s’assurer que la volonté du
législateur soit suivie et que l’application n’en soit pas amoindrie dans son
objectif ni dans ses résultats fixés. Nous y veillerons.
Le groupe Ensemble Pour la République soutient pleinement ce texte et salue
l’engagement de tous dans cette démarche. Je tiens également à remercier la
rapporteure pour son travail rigoureux. En adoptant cette proposition de loi,
nous affirmerons une vision résolument ambitieuse et responsable.
Jean-Michel Jacques (député)
> [Tribune: Accélérer le
réarmement de la France : un acte de responsabilité politique] 36 milliards d’euros supplémentaires seront
consacrés à notre défense d’ici 2030. Mardi 23 juin, la commission mixte
paritaire a tranché. Cet effort, que j’appelais de mes vœux, est indispensable
face à la montée des périls et vient s’ajouter aux 413 milliards d’euros de
besoins programmés par la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030.
Preuve de lucidité et de courage, il s’inscrit dans la droite ligne de
l’impulsion donnée dès 2017 : car n’en déplaise à certains détracteurs, la
France n’a pas attendu aujourd’hui pour agir et se réarmer.
Et pour cause : les équilibres du monde se recomposent profondément. Les
menaces se multiplient et se superposent. La brutalité des rapports de force
entre puissances est désormais devenue monnaie courante, aux quatre coins du
monde. Face à ces constats, nous n’avions d’autres choix que de continuer à
renforcer nos moyens. Pour garantir à la France une dissuasion nucléaire
robuste et crédible, conserver notre autonomie d’analyse, de décision et
d’action, et conforter notre rôle de puissance d’équilibre et de nation-cadre
en coalition.
La défense nationale est un enjeu majeur pour notre nation et fait l’objet
d’un large consensus entre les Français. À juste titre, nos concitoyens ont
donc une exigence légitime envers les responsables politiques : être à la
hauteur de notre temps et des militaires français qui se battent, corps et âme,
pour notre sécurité, nos valeurs et la liberté. À quelques mois de l’échéance
présidentielle, certains ont été tentés d’user d’effets de manche et d’exister
en agitant des promesses d’augmentations rapides (mais surtout aventureuses)
des moyens de nos armées.
Cela sans méconnaître la réalité budgétaire actuelle et les besoins
effectivement exprimés à ce jour par nos militaires. En cherchant à aller plus
loin, à marche forcée et en ordre dispersé. Une stratégie qui peut parfois
permettre de remporter une bataille, mais en rien de gagner la guerre. Nos
militaires le savent : bâtir une loi de programmation militaire est un travail
d’orfèvre. Ceux qui, par erreur d’appréciation, croient savoir qu’il s’agirait
seulement d’aligner des milliards d’euros additionnels font fausse route.
Depuis 2017, nous avons agi : en dix ans, nous aurons doublé le budget
alloué à notre défense. Après des décennies de sous-investissement, cela nous a
permis de moderniser et d’entamer en profondeur la transformation de nos
armées, en veillant à nous adapter, en conduite, à l’évolution de la
conflictualité. C’est d’ailleurs tout l’objectif de l’actualisation de la LPM
2024-2030 qui, en conservant la cohérence de notre outil militaire, renforce
certains domaines stratégiques : préparation opérationnelle, munitions, drones,
défense sol-air, frappes dans la profondeur, spatial, intelligence
artificielle, guerre électromagnétique...
Chacun en conviendra : pour être entendu, il faut être craint et pour être
craint, il faut être puissant. Cela a toujours été notre boussole ces dix
dernières années. Après une LPM 2019-2025 de « réparation », nous avons voté
une LPM 2024-2030 de « transformation ». Grâce à ces investissements
historiques, nous pourrons ouvrir sereinement le débat – sous l’impulsion du
prochain chef des armées – sur la « densification » de nos armées (plus de
Rafales, de frégates, opportunité d’un second porte-avions...).
En toute transparence. Car densifier aura un coût si nous voulons conserver
un outil cohérent : il ne s’agit pas seulement d’acquérir de nouveaux
équipements, mais aussi d’investir encore plus dans nos infrastructures, la
maintenance ou les ressources humaines. Dans un contexte budgétaire contraint,
chaque euro devra continuer d’être investi efficacement. Ce choix doit être
réfléchi consciencieusement et s’opérer avec l’adhésion de la nation. Pas dans
la précipitation. Et en conservant toujours la même boussole : l’intérêt
supérieur de la France.
● MoDem
François Bayrou (président)
> La situation du pays est devenue telle, en dépit des avertissements
nombreux, que nous sommes désormais au risque d'un accident. Et dans cet
accident, il y a quelque chose d'encore pire, c'est une guerre des générations.
Alors, il faut regarder l'accident.
> On parle de la dette depuis longtemps, mais pour
les Français, c'est abstrait comme chiffre. Nous sommes passés aujourd'hui 3
520 milliards d'euros de dettes.
Et on se dit, la plupart des Français, depuis que j'ai lancé ce mouvement de
prise de conscience, il y a un an, plus d'un an, la plupart des Français se
disent : « Ce n’est pas bon la dette. C'est un risque. On devra payer
un jour ». C'est cela qu'ils pensent. Mais ce n'est pas cela la question
désormais. Ce que personne n'explique, c'est que ce n'est pas dans quelques
temps, ce n'est pas un jour. C'est désormais aujourd'hui. Alors ayez ceci en
tête : l'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu payé par
les Français, vous, tous les Français contribuables directs à l'impôt sur le
revenu, dans chaque ville, dans chaque village, vous additionnez l'impôt sur le
revenu que tous les Français paient, cela ne suffira pas à payer les intérêts
de la dette. Et je crois que jusqu'à maintenant, ce n'était pas expliqué. Et
notamment, ce qui n'a pas été expliqué, c'est le mécanisme de la dette depuis
50 ans. (…)
C'est pourquoi je trouve que l'alerte s'adresse à tout le monde. Depuis 50 ans,
tous les ans nous avons eu un déficit. Le dernier budget en équilibre, c'est
1974. Tous les ans, il y a un déficit. Et le déficit, ce sont des sommes que
nous empruntons pour équilibrer les dépenses. (…)
Depuis 50 ans, nous n’avons jamais remboursé un euro de dette. C'est pourquoi
tout cela s'est accumulé, s'est sédimenté, jusqu'à arriver à plus de 3500
milliards. Mais surtout jusqu'à se trouver devant une explosion des intérêts de
la dette qui va enlever au pays, à tous ceux qui produisent, à tous ceux qui
travaillent, l'argent dont on aurait besoin ailleurs, dont on aurait besoin
pour l'école, dont on aurait besoin pour protéger les jeunes, pour les hôpitaux.
> Le président de la République qui a le plus accumulé de la dette, c'est François Mitterrand. Le deuxième, c'est Nicolas Sarkozy. Alors chacun avait des raisons. Le président de la République, François Mitterrand, parce que c'était 1981, qu'on avait fait des promesses aux Français. Nicolas Sarkozy, c'est cette crise financière internationale qui s'appelle les subprimes. Emmanuel Macron a tout eu. Alors là, lui, il a eu les Gilets jaunes, ensuite il y a eu le Covid, la guerre en Ukraine.
> Nous sommes une société livrée à la plus insupportable des violences parce que tous les cadres de la société ont cédé. L'éducation dans la famille, le regard sur les jeunes. Vous savez, l'épouse du président des États-Unis avait fait un livre qui s'appelait « Il faut tout un village pour élever un enfant ». Qu'est-ce qu'elle voulait dire ? C'est un proverbe africain. Qu'est-ce qu'elle voulait dire ? Elle voulait dire que dans un village, le regard des adultes, même si ce n'est pas les parents directs, ne quittent pas l'enfant quand il marche dans les rues. Et aujourd'hui, il n'y a plus de regard. C'est-à-dire que les voisins, la famille, les gens qui appartiennent au même quartier considèrent qu'ils n'ont pas de responsabilité sur les enfants qui sont dans la rue. Et les enfants considèrent que personne ne doit leur parler. Est-ce que c'est facile à résoudre ? Non, il faut tout reconstruire. Et il faut reconstruire à partir d'un certain nombre de choses simples.
> Tout le monde considère, au mieux, qu'il est responsable de ses propres enfants. Non, nous sommes responsables tous ensemble de nos enfants, pas seulement des nôtres par la filiation ou par l'éducation, mais des nôtres, parce que nous sommes un ensemble. Dans les quartiers, l'immeuble, la rue, c'est un peu comme un village autrefois. Mais c'est devenu -les entrées d'immeubles, tout cela-, c'est devenu un village dans lequel les enfants ne sont plus les enfants de tout le monde.
> Le lien des adultes aux adolescents, et même aux très jeunes adolescents. Nous avons pris l'habitude, dans certains courants d'opinion de considérer que cela devait être affaire d'éducateurs de rue. Je crois que cela doit être affaire du voisin, de la famille, de l'oncle. On ne peut pas fonctionnariser le lien qui doit exister entre des enfants, adolescents, à la limite enfants-adolescents, et les adultes ».
> Nous avons des centaines de milliers de jeunes en situation irrégulière ou pas loin, pour lesquels on dépense des milliards au sens propre du terme. Un milliard deux, un milliard quatre, quelque chose comme cela. Pour louer des hôtels dans lesquels on les enferme. Les mairies sont chargées de les faire jouer au football. Et on leur interdit de travailler. Mais nous sommes un monde de malades. Les entreprises ne trouvent pas de gens pour travailler. Et nous avons des centaines de milliers, plus de 100 000 en tout cas, jeunes qui sont dans ce cas de mise de côté, à la charge de la société, et qui dit « je ne veux pas les conserver ». Vous voyez bien à quel point on arrive à des choses dingues dans ce pays. Deuxièmement, la langue, le travail.
> Qu'il s'agisse des hôpitaux, des EHPAD ou de l'aide exceptionnelle qui a été apportée durant toutes ces dernières années aux collectivités locales avec le fonds vert, mais avant cela, bien d'autres, et cela fait maintenant plusieurs années que nous avons accompagné une transition de nos habitats, de nos bâtiments publics, de nos infrastructures publiques, qui correspond à l'adaptation. Donc il y a un gros travail qui a été fait. Néanmoins, nous n'avons pas fini ce travail. Il faut avoir cette humilité. Et pour ma part, je regrette plutôt les choix qui ont été faits, mais je crois aussi dans la démocratie. Il se trouve que quand j'avais une majorité absolue, ces fonds ont été votés. Il y a eu ensuite des choix qui ont été faits et qui sont le fruit de compromis de certaines formations politiques. Allez les voir pour leur demander pourquoi ils ont coupé ces fonds.
> [Canicule] Il y a des faits, il y a du réel. Et la disparition du réel dans le débat est un drame. Est-ce qu'on a fait des choses ? Oui. Est-ce qu'on en a fait assez avec la canicule, avec le changement climatique ? Non. Pourquoi ? Parce que c'est une transition ? On passe d'un état A, qui existe depuis longtemps, à un état B. Il y a des exceptions. Il y a une page de Georges Sand qui est sur les réseaux sociaux ces jours-ci, qui montrent qu'en 1870, et tout le monde sait, la guerre de 70 a été contemporaine de phénomènes comme Cela. L'été était tellement chaud et tellement sec qu'il n'y a plus eu de moisson. Et cela a joué un très grand rôle dans la suite. Mais vous voyez bien qu'il y a en effet un mouvement avec des phénomènes. Est-ce qu'on est allé assez loin ? Je ne crois pas. Est-ce qu'il y a quelque chose de plus absurde que la condamnation de la climatisation ? On est dingue. Est-ce qu'on peut trouver une climatisation qui soit plus systématique, qui coûte beaucoup moins cher ? Je suis sûr que oui. J'ai fait, quand j'étais commissaire au plan et après à Matignon, un travail sur la géothermie qui est un incroyable réservoir de calories quand on en a besoin l'hiver. Et de frigories quand on en a besoin l'été. Et c'est gratuit comme chaleur. Alors il faut faire l'équipement. Il suffirait donc de trouver dans beaucoup de maisons, dans beaucoup de pavillons, dans beaucoup d'immeubles et dans beaucoup d'immeubles publics, il suffit de trouver des conditions de financement avec un système bancaire qui permette d'étaler sur 30 ans ce qu'avec une chaudière au gaz on paie sur 10 ans. Et cela ne serait pas une charge plus importante. Et cela, c'est polluant de rien ».
> Un, la dette nous condamne à quelque chose qui est terrible, c'est-à-dire une impuissance publique générale à laquelle on ne va pas pouvoir échapper. Deux, qui vont être les principales victimes ? C'est les jeunes, parce qu'il va y avoir une guerre de génération derrière tout ça. Et trois, d'autant plus que les jeunes, c'est ça la troisième partie du livre que vous lirez et qu'on va vous donner. D'autant que ces jeunes-là, ils vont avoir à affronter un monde qui est devenu infiniment plus difficile. D'abord parce qu'il y a une violence à tous égards incroyable, les réseaux sociaux, l'anonymat des réseaux sociaux, l'affrontement généralisé, les types qui vous sur tout événement, sur toute personnalité qui apparaît avec quasiment des appels au meurtre. Deuxièmement, cette question essentielle du pluralisme et notamment du pluralisme de culture dans le même pays. Question essentielle. Et c'est la question de l'immigration. Est-ce qu'on peut arriver à vivre ensemble ? Moi, mon affirmation, elle est simple. Nous allons devoir vivre ensemble.
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à
l’Assemblée nationale)
> Je salue l'initiative d'Elisabeth Borne, qui nous a réunis hier,
responsables venus d'horizons divers du bloc central, autour de convictions
communes.
1. Assumer notre bilan depuis 2017 : fin du numerus clausus, 1er en EU pour les
investissements, budget de la défense x2, 100% santé, apprentissage, recul des
émissions de Co2, haut débit, etc. Rien n'est jamais parfait, mais le mieux
pour être crédible est d'assumer ses échecs et ses réussites. La France de
2027, ne sera pas celle de 2017.
2. Réaffirmer fermement que nous devons privilégier le fond à la forme. Les
Français attendent de nous un programme clair et ambitieux, pas un casting.
Bravo à toutes les équipes de Bâtissons ensemble et merci à toutes les
personnalités venues en nombre. Tout ce qui rassemble va dans le bon sens.
Erwan Balanant (député)
> J’ai présenté la contribution du MoDem sur l’audiovisuel public. Un
travail sourcé qui rappelle l’importance de notre modèle culturel et
informationnel. Il est urgent de le protéger face aux mutations numériques.
C’est un sujet de souveraineté.
Sabine Thillaye (députée)
> [Ultrafas fashion / Intervention à l’Assemblée] Nous examinons un
texte dont le parcours législatif a commencé il y a près de deux ans. Au nom du
groupe Les Démocrates, je salue l’attention portée au sujet et les équilibres
qui ont été trouvés au fil de débats qui ont été très suivis. Je tiens à remercier
notre collègue Anne-Cécile Violland pour son travail sur ce sujet.
Nous prenons acte du fait que, depuis une quinzaine d’années, l’industrie du
textile connaît une transformation radicale sous l’effet de la fast fashion,
et plus encore de l’ ultrafast fashion. Il faut faire en sorte que ceux
qui tirent profit de ce modèle assument enfin une part des coûts qu’ils font
peser sur l’environnement, sur notre santé, sur nos emplois et sur notre
économie. Ce modèle repose sur une logique simple : produire toujours
plus, toujours plus vite et toujours moins cher, sans respecter les normes que
nous nous fixons et sans s’inquiéter des retombées environnementales, sociales
ou sanitaires.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Désormais, plus de 100 milliards de
vêtements sont vendus chaque année à travers le monde. En France, ce sont
3,3 milliards de produits textiles qui sont mis sur le marché chaque
année, soit plus de quarante-huit par habitant ! En seulement dix ans, ce
volume a augmenté de 1 milliard. Ces chiffres sont effrayants. Cette
accélération a pris une ampleur inédite avec l’arrivée de plateformes
extra-européennes qui ont poussé à l’extrême la logique de la mode jetable.
Certaines proposent chaque jour en moyenne plus de 7 200 nouveaux modèles,
soit près de 900 fois plus qu’une enseigne française traditionnelle. Leur
modèle s’appuie sur le dumping social, l’optimisation fiscale et l’absence de
prise en compte des coûts environnementaux, notamment ceux induits par la
pollution des eaux lors de la production comme du lavage des vêtements
synthétiques. Sans compter les déchets textiles dont les volumes explosent.
Mais les conséquences ne sont pas seulement environnementales. L’ ultrafast
fashion fragilise également notre tissu économique. La filière textile
française est confrontée à une concurrence profondément déséquilibrée. Depuis
2022, plusieurs enseignes emblématiques ont connu de graves difficultés. Le
secteur textile est aujourd’hui la troisième industrie la plus déficitaire de
notre pays, avec plus de 12 milliards d’euros de déficit commercial. Par
ailleurs, les déchets très difficilement recyclables et valorisables pèsent sur
les capacités des filières de recyclage sur tout le territoire.
Face à cette situation, reconnaissons que le législateur a agi. La loi Agec de
2020 a créé la filière à responsabilité élargie des producteurs, dont la
refondation a été lancée au printemps. La loi « climat et
résilience » de 2021 a prévu le développement de l’affichage
environnemental. L’Union européenne renforce également progressivement ses
exigences en matière d’écoconception. Mais force est de constater que ces
dispositifs, aussi utiles soient-ils, n’ont pas suffi à enrayer la dynamique récente
de surproduction qui caractérise l’ultrafast fashion.
C’est tout l’intérêt de cette proposition de loi qui cible les acteurs dont le
modèle économique repose sur des volumes démesurés de production. Elle renforce
l’information des consommateurs, introduit des mécanismes de responsabilisation
économique et encadre les pratiques publicitaires qui alimentent
l’hyperconsommation. Le texte issu de la commission mixte paritaire constitue
ainsi une avancée équilibrée, pragmatique et attendue. Il vise à protéger nos
concitoyens en mettant un frein aux pratiques les plus problématiques, afin de
soutenir les entreprises engagées dans une production plus durable. Le signal
envoyé est clair : la concurrence doit être loyale et respecter les normes
que nous nous fixons car elles disent quelque chose de la société que nous
voulons. Le rôle du législateur est de garantir un cadre loyal pour la
concurrence et de soutenir la transition écologique dont nous avons besoin.
Pour toutes ces raisons, nous voterons en faveur de l’amendement proposé par le
gouvernement et pour l’ensemble de cette proposition de loi, conforme au droit
européen.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
> Les démocraties européennes sont en danger. Chaque jour, elles sont la
cible d’ingérences étrangère et sont menacées à coup de campagnes massives de
désinformation, de cyberattaques et de tentatives d’intimidation. La Russie de
Vladimir Poutine est la principale menace à notre intégrité démocratique. La
France est d’ailleurs la cible privilégiée de la désinformation russe. L’Europe
doit être ferme et protéger son modèle démocratique. Il n’y a plus de temps à
perdre. La commission spéciale du Parlement européen — qui travaille sur ces
sujets — a adopté ses recommandations pour lutter contre ces menaces et muscler
le bouclier de la démocratie européenne. L’extrême droite a voté contre ce
rapport, préférant laisser le champ libre à ceux qui veulent nous déstabiliser.
Pascal Canfin (député)
> Nous entrons dans un nouveau monde. La France se réchauffe deux fois plus
vite que le reste du monde. Soit +4°C si on respecte l’Accord de Paris et
jusqu’à +7°C si les pires scénarios se réalisent. Le RN a voté contre toutes
les lois pour le climat en France comme en Europe. Il porte, comme la droite,
une responsabilité importante dans le backlash en cours qui renforce la crise
climatique et donc les événements extrêmes.
Sanndro Gozi (député)
> Le Traité du Quirinal doit déployer tout son potentiel. Le sommet
d’Antibes envoie un signal clair : la coopération franco-italienne doit
redevenir un moteur politique de l’Europe. Nous devons assumer une ambition
commune : plus d’action, plus de souveraineté, plus d’Europe.
> En mission en Islande avec la délégation Renew Europe
pour renforcer nos liens. Nos échanges ont porté sur l’avenir des relations
entre l’Islande et l’Union européenne, en réaffirmant notre engagement commun
en faveur de la sécurité, de la stabilité et de la résilience.
Nous avons également échangé sur les meilleures pratiques en matière de lutte
contre le changement climatique. Ensemble, nous pouvons approfondir notre
partenariat et préparer l’avenir, avec une Islande pleinement ancrée dans la
famille européenne.
Nahtalie Loiseau (députée)
> Ce n’est plus de la politique, c’est du contorsionnisme : le RN était
contre l’UE, mais prétend aujourd’hui être pour. Contre le Pacte Vert, mais
effaré par la canicule. Pour la défense, mais contre les coopérations et contre
les alliances. Comprenne qui pourra.
> Le RN lutte autant contre le changement climatique qu’il défend l’Ukraine. En paroles et surtout par omission.
Grégory Allione (député)
> Notre sécurité civile et notre défense ne se construiront pas en
silos. Les menaces hybrides, les catastrophes climatiques, les crises
industrielles ou sanitaires ne distinguent plus le militaire du civil. Notre
architecture de sécurité ne peut plus le faire non plus. Aujourd'hui j'ai eu la
chance de visiter le siège de l'OTAN, à la rencontre des femmes et des hommes
qui portent la voix de la France au quotidien dont David Cvach, ambassadeur,
représentant permanent de la France auprès de l'OTAN.
Plusieurs sujets abordés :
- L'interopérabilité de nos forces et de nos équipements
- L'harmonisation des standards entre Alliés
- La mobilité militaire à l'échelle européenne
- Le décloisonnement entre défense et sécurité civile
Les ministres de la Défense de l'OTAN ont rappelé la semaine dernière à
Bruxelles l'objectif d'investir 1,5 % du PIB sur la sécurité au sens large
d'ici 2035 — infrastructures critiques, résilience, protection des populations.
C'est une fenêtre. Pour les industriels européens, pour nos services de
secours, pour notre souveraineté opérationnelle.
> Les pompiers, comme d'autres métiers, sont quotidiennement exposés à des risques importants pour leur santé. La nuit dernière, un accord a été trouvé en trilogue sur la 6e révision de la directive européenne sur les agents cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMRD 6). Les sapeurs-pompiers sont désormais inclus dans le champ du texte. En tant que rapporteur Renew Europe sur ce dossier, j'ai suivi ces négociations de près. C'est une avancée concrète, que nous avons portée, parce qu'elle répond à une réalité documentée : chaque intervention expose nos pompiers à des substances cancérogènes. Le texte doit maintenant se traduire en mesures concrètes : meilleure protection sur le terrain, suivi médical renforcé, reconnaissance des pathologies liées à l'exposition. Nous y veillerons. La protection des travailleurs ne peut pas être reléguée au second plan !
Stéphanie Yon-Courtin (députée)
> Enfin! La Commission européenne envisage enfin de désigner AWS et
Azure comme « contrôleurs d'accès » au titre du DMA. Le cloud est devenu une
infrastructure critique pour nos entreprises et pour l'IA. Laisser quelques
acteurs dominer ce marché sans contrôle n'est pas une option. La souveraineté
numérique européenne se construit aussi dans le cloud.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Défense européenne : assumer la coopération industrielle comme levier de
souveraineté
La défense européenne paraît une évidence autant qu’un mystère. Une évidence
car chacun voit l’absolue nécessité d’un investissement renforcé et d’une
autonomie accrue pour l’Europe en la matière. Un mystère aussi car derrière les
termes de défense européenne, des visions très différentes et parfois un grand
flou peuvent se loger. L’Europe de la défense qui s’affirme, c’est d’abord,
condition indispensable, une augmentation massive des budgets de défense. Ce
mouvement a commencé, à l’est du continent, en 2014, après l’invasion russe de
la Crimée ; la dépense polonaise de défense dépasse aujourd’hui 4 % du PIB. La France
s’y est inscrite, et aura doublé son budget de défense entre 2017 et 2027.
L’Allemagne a aussi doublé son effort, en part du PIB, par rapport à 2018, avec
une très forte accélération depuis 2022. Ce fait nouveau s’incarne dans
l’adhésion des pays européens à la nouvelle cible de l’OTAN, de 3,5 % du PIB en
2035. Pour la France, un tel ratio n’avait pas été atteint depuis 1971. Mais
l’Europe de la défense, c’est aussi une autonomie accrue, notamment sur le plan
des équipements militaires, par rapport aux États-Unis. À cet égard, la
fragmentation reste massive : seulement 18 % des dépenses européennes en
matériels militaires résultent de programmes en coopération et les pays de l’UE
comptent 178 types d’équipements différents, contre 30 outre-Atlantique. Sur ce
volet – l’autonomie et la coopération européennes –, il est essentiel de
développer une industrie de défense plus coordonnée et plus forte : sans
capacité collective à produire en quantité et en qualité suffisantes, les États
européens, nos partenaires, ne réduiront pas leur dépendance aux achats américains
; les habitudes ancrées, les pressions reçues ne seront surmontées que s’il y a
un intérêt national direct à acheter autrement. Cela passe par associer les
industriels des différents pays européens à travailler et produire davantage
ensemble. Cette note inédite traduit cette double conviction : il n’y aura pas
de défense européenne crédible sans industrie de défense plus forte et plus
intégrée ; il est nécessaire de clarifier les différents modèles industriels
possibles – du morcellement actuel à une logique de spécialisation poussée.
Défense européenne : assumer la coopération industrielle comme levier de
souveraineté
Notre travail identifie ainsi cinq modèles possibles : le maintien de
productions nationales séparées pour le maximum d’équipements ; la
diversification des approvisionnements ; la production sous licence ;
l’intégration complète du marché européen de défense ; des coopérations
industrielles renforcées. C’est à moyen terme ce dernier modèle – des
coopérations beaucoup plus nombreuses entre États et indus- triels européens –
qui paraît le plus réaliste et le plus souhaitable. Pour économiser les coûts,
pour assurer l’excellence industrielle et technologique, il ne faut pas exclure
une logique de spécialisation approfondie, où chaque État ne viserait pas à
investir tous les segments dans son industrie nationale ; mais ce niveau
d’interdépendances au sein de l’Europe suppose un seuil de confiance mutuelle
qui n’est pas encore franchi – et qui doit se construire par étapes. La
défiance américaine croissante nous aide en cela ! Dans cette nouvelle
architecture européenne de défense qui s’esquisse, quel rôle utile doit jouer
l’Union européenne en tant que telle ? Elle ne doit dupliquer ni l’OTAN ni les
États membres. Par ses moyens juridiques et financiers, par son cadre même,
l’UE doit devenir le grand facilitateur des efforts de défense nationaux et de
coopérations industrielles fortes. Avec trois missions centrales : encourager
les projets industriels associant plusieurs États membres, par des incitations
financières (cofinancement par le budget européen) ; favoriser les efforts
d’innovation, pour lesquels les habitudes nationales sont moins enracinées et
sur lesquelles la commande publique peut jouer un rôle puissant d’accélérateur
(commande commune de drones, robotique…) ; suivre les engagements pris par les
États membres pour garantir leur réalisation (comme en matière budgétaire, avec
des indicateurs propres à l’UE et une revue annuelle pour suivre les écarts
entre trajectoire annoncée et dépense de défense effective, et la convergence
vers un objectif d’1 % européen ‑, soit 1 % du PIB au minimum consacré à
l’achat de matériels militaires européens…). Cette ambition implique – malgré
l’échec récent du projet commun d’avion de combat (SCAF) ou plutôt en raison de
son abandon – une relance franco-allemande forte avec un double agenda :
bilatéral, par l’identification rapide de projets industriels communs,
associant potentiellement d’autres États membres ; européen, en promouvant
ensemble le renforcement des outils de l’UE, à commencer par son budget
pluriannuel, en encourageant ce triple rôle de facilitateur, au service d’une
défense européenne plus puissante et plus autonome.

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