Voici une sélection, ce 20 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Intervention à l’issue du Conseil européen] Bonjour, merci de votre
présence, je voulais vous rendre compte de ce Conseil européen qui nous a
permis d’avancer à vingt-sept sur la situation internationale, de l'Ukraine au
Moyen-Orient, mais aussi aux déséquilibres mondiaux sur le plan
macroéconomique, avec un débat sur le fond quant au prochain cadre financier
pluriannuel de l'Union européenne pour la période 2028 à 2034. Je voulais ici
remercier la présidence chypriote pour son travail à cet égard, la mobilisation
et l'organisation justement de nos travaux. Ce Conseil européen s'est tenu à
l'issue du G7 d’Évian et a permis de poursuivre la dynamique enclenchée sur
beaucoup de sujets lors de ce G7. D'abord, l'Ukraine. J'ai eu l'occasion de le
rappeler à l'issue du G7 d’Évian, pour la première fois depuis la nouvelle
administration américaine, nous avons reconvergé entre Américains et Européens
sur la position à l'égard de l'Ukraine, le soutien à celle-ci, soutien
militaire réaffirmé, soutien pour financer ses infrastructures énergétiques et
soutien aussi pour recoordonner des sanctions à l'égard de la Russie et faire
pression.
Nous avons, côté européen aussi, une position plus forte puisque c'est la
première fois depuis décembre 2024 que nous adoptons à Vingt-Sept des
conclusions sur l'Ukraine, ce qui est un acquis aussi de ce Conseil.
Évidemment, après le début des versements du prêt de 90 milliards d'euros qui
avait été décidé en décembre, la dynamique est meilleure. Nous avons confirmé
ici exactement cette dynamique que je viens de décrire, enclenchée à Évian. On
a eu un débat sur le soutien aux capacités de défense, en particulier
antiaériennes ; le rapprochement de nos capacités et de nos productions.
Nous avons aussi souligné que le prêt accordé par les Européens permettra
justement de manière concrète d'améliorer la résilience énergétique
ukrainienne. Je veux aussi saluer à cet égard l'accord trouvé au G7 pour
financer les travaux de sécurisation de l'arche de confinement de la centrale
de Tchernobyl qui avait été endommagée par un tir russe en février 2025.
Notre soutien aussi va de pair avec l'accroissement des sanctions, et là
aussi position à vingt-sept. À ce titre également, nous resserrons l’étau sur
la flotte fantôme, qui demeure le vecteur principal des exportations du pétrole
russe, et augmentons la pression sur le système bancaire russe et les
mécanismes financiers alternatifs, c'est-à-dire les cryptomonnaies utilisées
pour contourner les sanctions. Comme agréé là aussi au G7, nous allons
renforcer nos sanctions sur le secteur pétrolier et gazier pour une adoption
rapide du 21ème paquet de sanctions. Les Européens restent prêts à contribuer à
des garanties de sécurité robustes, notamment via la coalition des volontaires,
qui aura un rôle à jouer au moment voulu. A ce titre, je veux ici rappeler que
nous avons invité à Paris le 13 juillet prochain pour un sommet de la coalition
des volontaires, tous les pays qui en sont membres, qu'ils soient membres de
l'Union européenne ou pas, puis à participer au défilé du 14 juillet, aux côtés
des armées aussi ukrainiennes.
Enfin, les progrès réalisés dans le processus d'adhésion de l'Ukraine et de
la Moldavie cette semaine sont historiques, je veux ici les rappeler, ils ont
été salués lors de ce Conseil ; l'ouverture du bloc des chapitres
fondamentaux qui marque le début officiel des négociations d'adhésion. Je salue
l'engagement de la Hongrie et de l'Ukraine sur le sujet des minorités
nationales, qui permet ainsi aussi de remettre sur le droit chemin le processus
d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne, en restant fondés sur le respect
des mérites propres. Il s’agit d’une avancée sur ce sujet et d’une confirmation
de la dynamique positive qui a été manifeste lors du G7. Ensuite, sur la
situation au Moyen-Orient. Là aussi, dans la continuité des travaux que nous
avons menés ces derniers jours à Évian, nous avons salué le mémorandum
d'entente entre les États-Unis et l'Iran qui a permis de mettre fin aux
hostilités, y compris au Liban, la réouverture du détroit d'Ormuz et qui ouvre
la voie à une reprise des négociations vers un accord pour restaurer
durablement la stabilité et la sécurité dans la région.
Les Européens sont prêts à contribuer à la mise en œuvre de cet accord pour
rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz via la mission
militaire multilatérale que nous avons finalisée, et qui pourra être déployée
quand les conditions le permettront et à la demande des parties prenantes, nous
nous tenons disponibles. Aussi pour que l'Iran puisse coexister pacifiquement
avec son environnement régional en encadrant ses programmes nucléaires et
balistiques, ainsi que la fin de ses activités de déstabilisation dans la
région et en Europe. Au Liban, la position unanime a été un cessez-le-feu
immédiat, et le soutien, évidemment, à celui-ci, un retrait d'Israël du
territoire libanais, un retrait aussi, évidemment, et une remise de ses armes
par le Hezbollah, et le soutien de la politique menée par le Président Aoun et
le Premier ministre Salam d'assumer le monopole des armes aux Forces armées
libanaises.
L'Union européenne mobilisera ses instruments pour renforcer l'État
libanais et ses forces armées et de sécurité. À ce titre, j’ai eu l'occasion
hier de voir le Premier ministre Nawaf Salam, nous allons articuler nos efforts
avec aussi le travail qui est en cours à Washington entre représentants
libanais et israéliens. Nous aurons l'occasion de finaliser le calendrier la
semaine prochaine, en lien avec les autorités libanaises, pour une conférence
de soutien aux Forces armées libanaises et à la reconstruction. Nous
organiserons à Paris celle-ci dans les prochaines semaines pour mobiliser les
financements internationaux, pour mobiliser le soutien aux Forces armées
libanaises, mais également permettre la construction, en lien très étroit avec
le Liban, des solutions qui se substitueront ou auront vocation à poursuivre
l'effort aujourd'hui de la FINUL. Sur la situation à Gaza, nous allons
continuer à faire pression pour mettre en œuvre le plan de paix.
Le constat est évidemment clair, aujourd'hui, la situation humanitaire est
inacceptable, la solution politique n'avance pas et l'acheminement massif et
sans entrave de l'aide humanitaire est la priorité. En Cisjordanie, les
avancées du projet de colonisation E1 sapent la perspective d'un État
palestinien et d'une solution à deux États et imposent d'agir vite :
sanctions contre la colonisation extrémiste et violente de la Cisjordanie,
sanctions à l'échelle européenne des ministres extrémistes, approfondissement
de la différenciation entre le territoire d'Israël et les colonies illégales
afin d'aligner notre politique commerciale sur le droit international. Le
débat, ce matin, a permis de partager les convictions des uns et des autres sur
ce sujet et d'avoir des conclusions qui vont permettre, et à la Commission d'un
côté et au Conseil, de poursuivre leurs travaux et de prendre ces décisions.
Voilà pour les deux grands dossiers internationaux qui ont, ces derniers
jours, été marqués, je le disais, d'abord par les avancées de ce protocole
d'entente qui, au moins, a mis fin aux bombardements, avec beaucoup de dossiers
qui restent ouverts et nécessitent un travail important, mais à une
reconvergence entre Européens et Américains et, je le crois, à des perspectives
d'évolution positives, mais qui nécessitent encore beaucoup d'engagement de
tous sur ces deux dossiers. Nous avons ensuite, longuement hier soir, parlé des
déséquilibres macroéconomiques mondiaux. Le constat est connu, il a été très
bien décrit par le Fonds monétaire international, par les experts que nous
avions mobilisés pour le G7, largement décrit et partagé lors du G7 et discuté
hier. Les Européens ont d'abord, si je puis dire, leur part du travail :
améliorer leur compétitivité et accroître leur investissement.
C'est cohérent avec ce que nous avions décrit lors de notre retraite en
février dernier et dans tous les travaux récents. Ensuite, nous voyons aussi
que, de leur côté, les États-Unis et la Chine ont une part du travail à
mener : nécessité de réduire les déficits jumeaux côté américain,
nécessité de traiter la question monétaire chinoise, nécessité aussi de réduire
les subventions excessives et la consommation domestique insuffisante du côté
de la Chine. Le dialogue sur les déséquilibres mondiaux sera poursuivi. Il a
permis, dans le cadre du G7, d'avancer en définissant ce consensus en G7+. Puis
aussi, quelques jours avant le G7, avec le sommet que nous avions tenu sur ce
qu'on appelle le Sommet des Convergences avec l'Inde et la Chine, en associant
pour la première fois depuis 20 ans la Chine à de tels travaux et en commençant
à préparer ce travail sur la base de ce que je viens d'évoquer en vue du G20 de
la fin d'année.
L'Union européenne doit aussi, dans ce contexte, gagner en rapidité et en
efficacité. Il est aussi vrai qu'il faut simplifier, gagner en compétitivité et
investir davantage. La description qui a été faite hier de la situation montre
que l'Union européenne a encore des dépendances excessives dans beaucoup de
domaines et qu'il y a une accélération dans certains secteurs de la
désindustrialisation du fait d'une concurrence déloyale, en particulier venant
de Chine. C'est pourquoi l'Union européenne doit accélérer et mobiliser ses
instruments de défense commerciale pour assurer à nos entreprises des
conditions de concurrence loyale. Pas de conflits, pas de protectionnisme, mais
une lucidité, des instruments de juste protection et une réduction de nos
dépendances.
Nous devons faire levier du marché intérieur, assumer la préférence
européenne dans les secteurs stratégiques, comme on a commencé à le faire et
comme la France l'a toujours soutenu, poser nos conditions aux investissements
directs étrangers, avec un véritable transfert de technologie et de l'emploi
local, et au fond, avoir des mesures de court terme qu'on doit encore
renforcer : les clauses de sauvegarde, la préférence européenne, les
mesures qu'on a déjà commencé à mettre en œuvre et qu'il faut continuer dans
d'autres secteurs, les compléter au besoin. Nous devons assumer une politique
de diversification comme celle qu'on fait sur les minerais critiques ou les
terres rares. Là aussi, le G7 a permis de compléter notre approche européenne,
puisque pour la première fois dans le cadre du G7, nous avons obtenu un accord
avec les Américains pour ensemble réduire notre dépendance aux minerais
critiques et aux terres rares, coopérer, et on a décidé d'un peu moins de 200
projets communs pour un montant total d'investissement d'un peu plus de 60
milliards d'euros.
On doit poursuivre cette mécanique qui est la seule qui permettra à notre
industrie de maintenir ses emplois et surtout à l'innovation de se faire et
d'être maîtrisée par les Européens. C'est en particulier l'objectif de L'Industrial
Accelerator Act que nous devons adopter rapidement. C'est aussi dans ce
sens que les initiatives que nous continuons de pousser pour la titrisation, la
supervision unique et, au fond, un vrai marché unique des capitaux et de
l'investissement en Europe s'imposent. Nous sommes entrés dans le fond de la
négociation du prochain budget pluriannuel de l'Union européenne sur la période
2028-2034, à partir de ce qu'on appelle cette boîte de négociation chiffrée
proposée par la présidence chypriote. Ici, nos objectifs sont assez simples
pour essayer de clarifier le débat, peut-être le simplifier. Sur les dépenses,
nous voulons que ce budget commun réponde aux défis de souveraineté et de
sécurité des Européens.
Pour cela, qu'il préserve nos politiques traditionnelles, comme la
Politique agricole commune, la politique de pêche, celle aussi que nous avons à
l'égard des régions ultrapériphériques, importantes pour la France, puis la
politique de cohésion, importante pour beaucoup de pays et beaucoup de nos
régions. Nous devons, dans le même temps, investir dans les secteurs clés pour
notre avenir et notre souveraineté : préférence européenne pour la
défense, politique spatiale, intelligence artificielle, quantique, cleantech.
Cette augmentation, qui correspond d'ailleurs à la proposition de la
Commission, est très cohérente avec le constat macroéconomique que je viens de
tirer. L'Europe doit investir davantage. En matière de dépenses, nous devons
assumer cette augmentation, mais qui suppose aussi plus d'efficacité
collective, une gouvernance claire, en particulier pour le Fonds de
modernisation et de compétitivité, qui suppose que les États membres soient
pleinement associés à la définition de ces objectifs, qu'on ait un critère
d'excellence qui soit bien pris en compte.
Pour cela, du côté des recettes, nous devons travailler en priorité à de
nouvelles ressources propres afin de stabiliser nos contributions nationales à
ce budget. C'est la condition sine qua non d'un accord équilibré. Je
veux enfin saluer les accords partiels trouvés au Conseil cette semaine par la
présidence chypriote sur trois règlements de base de ce futur cadre financier
et qui permettront de préserver la PAC, la pêche et le soutien spécifique à nos
outre-mer, en particulier le programme POSEI. Et on doit poursuivre ce travail
pour maintenir les acquis de ces derniers mois sur la neutralité technologique,
la préférence européenne en matière de défense, la place des États dans la
gouvernance. L’aide au développement de l'Europe, ce qu'on appelle :
« l'Europe globale », ne devra pas servir aujourd'hui à financer des
choses qui ne relèvent pas de cette politique, mais elle doit précisément
servir l'influence, le poids de l'Europe et les partenariats dans l'esprit, là
aussi, de ce que la France défend et de ce qui a été acté au G7, c'est-à-dire
un nouveau partenariat fondé sur l’investissement solidaire et défense de nos
intérêts avec les pays du Sud, sans confondre les différents objectifs que nous
pouvons avoir à travers ce budget. Je ne vais pas être plus long pour pouvoir
répondre à vos questions, mais voilà les quelques éléments que je voulais
livrer à votre connaissance à l'issue de ce Conseil, où nous avons pu avancer à
travers nos discussions sur des dossiers structurants, évidemment, pour notre
Europe, et le faire en continuité avec les acquis consolidés lors du G7
d'Évian. Je réponds maintenant à vos questions.
> [Négociations entre l’Ukraine et la Russie] Sur
ce sujet, nous avons eu un débat très clair hier. Les Européens ne sont pas des
médiateurs. Il y a pu y avoir des puissances parfois amies qui se sont
positionnées comme étant des médiateurs de ce conflit. Nous ne sommes pas des
médiateurs. Nous sommes aux côtés de l'Ukraine. Nous lui apportons de l'aide,
du soutien et nous avons sanctionné la Russie. Deuxième élément très simple,
très clair, que nous avons toujours défendu : le jour où il y aura des
négociations, les européens devront être autour de la table. Parce qu'il en va
des intérêts de l'Europe qui, partie liée avec ce qui se joue en Ukraine par
l'aide que nous avons apportée, par la question de l'élargissement qui concerne
les Européens, aussi par les soutiens financiers et les prêts que nous avons pu
faire dans le règlement financier de celui-ci.
L’Union européenne devrait être représentée et le président Costa, en tant que
ses compétences sont définies, il y aura une place. Pour autant, les États
membres y auront aussi leur place. Il ne peut pas les représenter quand il
s'agit des garanties de sécurité qui seront un élément clé de toute
négociation. Premièrement, nous ne sommes pas des médiateurs. Deuxièmement,
nous devons être autour de la table d'une négociation quand elle se tiendra,
les représentants des institutions et les États membres qui sont clés pour les
garanties de sécurité futures. Ce qui s'est passé ces dernières semaines, c'est
que les Européens disent que dans une négociation qui avait été initiée par les
Américains : « on doit en être ». C'est aussi à ce titre que le
président Zelensky avait sollicité le E3 et nous avait demandé de venir à
Londres, il y a 8 jours. Les choses ont changé ces derniers jours, puisque les
Américains, pour la première fois depuis l'élection du président Trump, ont
dit : « on se met avec vous, on soutient l'Ukraine, on va soutenir encore
plus fort et on va sanctionner la Russie. »
La question aujourd'hui n'est pas de savoir qui, quand, comment doit aller
négocier avec la Russie, c'est de se dire on a tous clarifié notre position,
alors c'est à la Russie, à qui beaucoup d'offres ont été faites ces derniers
mois, de dire quand elle sera prête à négocier. La négociation se tiendra
d'abord entre la Russie et l'Ukraine, et devra associer autour de la table les
Américains et les Européens. Je pense qu'il faut être très clair sur le débat
et, dans le bon ordre des choses, compte tenu de ce qui s'est passé ces
derniers jours, notre priorité, c'est l'aide militaire à l'Ukraine et le
soutien est le soutien à sa politique énergétique pour l'hiver prochain,
l'accroissement de la pression sur la Russie et notre disponibilité à recevoir
un message de la Russie si elle était prête à négocier sérieusement, ce qui n'a
pas été le cas jusqu'à présent. (…)
Je vous ai expliqué exactement ce que c'était là. Je pense que si nous-mêmes,
nous décidons d'avoir des débats inutiles dans des situations complexes, on
peut passer beaucoup de temps. Je vous dis ce que je pense et je vous dis ce
que je fais.
J’ai confiance dans mes partenaires. On travaille avec les chefs d'État des
gouvernements qui sont autour de la table, avec le président Costa, la
présidente Von Der Leyen, en confiance, parce qu'on poursuit les mêmes
objectifs. On est tous d'accord sur ce que je viens de vous dire.
> [Débat sur l’immigration dans l’UE] Je suis tout
à fait disponible pour le faire. Quelle est la politique migratoire que nous
défendons ? Nous défendons, et nous avons permis d'ailleurs à cette
politique d'avancer ces dernières années. Nous sommes pour qu'il y ait moins
d'immigration illégale en Europe, qu'on traite plus vite le sujet quand il
advient, qu'on soit plus efficace en européen, et qu'on puisse renvoyer chez
eux les personnes qui n'ont pas vocation à rester sur le sol européen, donc
celles qui n'ont ni l'asile, ni ne sont en train de s'intégrer ou n'ont de
titre régulier. Je crois que ça relève d'un certain bon sens. C'est conforme à
notre droit et c'est ce que nos sociétés attendent de nous. Je dis ça parce que
c'est la France, sous sa présidence, qui a débloqué la question migratoire,
qui, je rappelle, était bloquée depuis plus de 4 ans, avec plus aucune avancée.
Pour y avoir fait tous les conseils sur ce sujet, c'était à chaque fois la
foire d'empoigne. On a relancé cela en 2022 cela a permis d'arriver au pacte
asile-migration, lequel maintenant entre en vigueur. Qu'est-ce qu’il va nous
permettre ce pacte ? Et ça, je le soutiens, la France le défend parce
qu'elle en a été à l'initiative. On contrôle mieux les arrivées, on a des
mécanismes d'enregistrement qui permettent d'aller beaucoup plus vite et donc
de suivre les personnes qui rentrent sur le territoire européen, même quand ils
passent les frontières entre nos pays. On traite beaucoup plus vite les
dossiers. Pour celles et ceux qui n'ont pas vocation à rester, on les renvoie
beaucoup plus vite dans leur pays.
Ça a été complété par une politique de retour avec des éléments de retour vers
les pays d'origine qui permet là aussi d'être plus efficaces. Tout ça, nous le
soutenons. Nous avons pris ces dernières années nous-mêmes des politiques qui
ont durci notre droit parce que c'était une nécessité face à la pression
migratoire que le continent européen a subie. Plusieurs pays, depuis plusieurs
mois, parfois années, ont décidé d'avoir des politiques, je cite le terme,
« innovantes » sur le sujet. Je suis un grand soutien de l'innovation
dans mon pays, je serai tout à l'heure avec Vivatech encore, mais j'ai toujours
une grande prudence quand on parle d'innovation sur les valeurs et les droits
humains. Permettez-moi d'avoir cette réserve. Il y a la question, en effet, de
ces fameux centres de retour dans les pays tiers. Cette politique-là, la France
ne la soutient pas.
Nous sommes pour une politique de retour plus efficace. Je n'ai jamais vu un
centre de retour dans un pays tiers fonctionner. J’ai, ces dernières années,
beaucoup entendu des gens le faire ou signer des accords. Je vous invite à
considérer ce que c'est. Ça veut dire que des gens qui ne veulent pas revenir
dans leur pays d'origine ou que vous n'arrivez pas à faire revenir dans leur
pays d'origine, vous allez trouver un troisième pays dans lequel vous allez les
pousser, et que ce pays va accepter, peut-être contre de l'argent. Alors quel
pays, quelles relations vous créez, quels droits humains, et que vous allez
pousser tous ces gens dans un pays qui n'est pas le leur, alors même que vous
ne voulez pas les garder chez vous. Je ne suis pas sûr que ce soit ça, notre
Europe. Je ne suis pas sûr que ce soient les principes fondamentaux sur
lesquels notre Europe s'est construite. Je ne crois pas, par ailleurs, que ce
soit efficace. La preuve en est que je n'ai jusqu'alors vu personne le faire
fonctionner. Je crois même que les pays qui avaient signé des préaccords avec
les uns ou les autres, membres de l'Union européenne ou d'autres, ne les ont
pas mis en œuvre. Donc nous ne le mettrons pas en œuvre, et j'ai beaucoup de
respect pour toutes celles et ceux qui veulent le faire, je suis en désaccord,
à la fois d'un point de vue pragmatique et principiel.
Je pense que ça n'a rien à voir avec la politique européenne, ça relève des
politiques nationales. En tout cas, moi, je m'opposerais à ce que le budget
européen, a fortiori le budget pour la politique internationale de l'Europe,
soit utilisé pour bâtir des centres de retour. Quand parfois on entend les uns
ou les autres défendre des politiques avec le continent africain ou d'autres,
bon courage pour défendre notre crédibilité sur ces continents en expliquant
qu'on va utiliser l'argent pour l'investissement solidaire afin de faire des
centres de retour sur leurs continents. Là où la totalité de l'Union africaine
se mobilise aujourd'hui sur des questions historiques ô combien importantes,
comme la traite des êtres humains ou autres.
Dans quel monde vit-on ? Oui, pour une politique très rigoureuse en
matière d'immigration, tel que nous l'avons porté au niveau européen et
national, et je l'assume. Oui, pour une politique qui lutte contre
l'immigration illégale, qui nous rend plus efficaces, qui conduit à des
retours. Pour ce qui est de la France, non, à des centres de retour ou des hubs
de retour dans des pays tiers, parce que je crois que ça n'est ni efficace, ni
ne correspond aux principes qui sont les nôtres. Pour ma part, ça doit relever
des politiques de chaque État, je les respecte, mais ce n'est pas celles qu'on
mettra en œuvre et ce n'est pas celles que le budget que nous adopterons mettra
en œuvre.
> [Concurrence déloyale de la Chine] Je trouve
qu'il y a un réveil et heureusement. J’avais porté ce débat il y a plusieurs
mois. J'avais eu l'occasion de m'exprimer dans la presse et de défendre cette
approche qui n'est pas une approche hostile, pardon de l'anglicisme, on reste
sur le dérisking plutôt que le découpling. Donc, on ne veut pas
découpler notre économie, on veut réduire nos dépendances et protéger face à de
la concurrence déloyale. Je pense que c'est légitime, il faut l'assumer. Le
Premier ministre belge avait aussi écrit une lettre en ce sens après son propre
déplacement, et on constate tous les chiffres. Dans des secteurs industriels
comme la machine-outil ou l'automobile, on a aujourd'hui des destructions
d'emplois massives, et on voit aussi l'efficacité des mesures qui ont été
prises par la Commission européenne, par exemple sur les véhicules électriques
que nous avions soutenus. On voit que ça permet de réguler les choses et de
défendre les intérêts de nos constructeurs.
On a utilisé des instruments ces derniers temps comme des clauses de
sauvegarde, des mesures de préférence européennes. On a donné mandat à la
Commission européenne parce qu'en fait, ça va tellement vite, il y a tellement
de secteurs touchés qu'il est légitime de se poser la question : quelles
sont les approches les plus efficaces ? J'ajoute qu'en fait, à chaque
fois, secteur par secteur, les acteurs ou les gouvernements viennent solliciter
la Commission, qui lance une enquête pour regarder s'il y a de la concurrence
déloyale et ça prend souvent 12-18 mois. En 12-18 mois, vous pouvez avoir des
entreprises qui sont au tapis. On l'a vu dans des secteurs, par exemple, comme
les acides aminés, des choses comme ça, ou la nutrition agricole.
Je pense que c'est dans ma ville de naissance à Amiens, Eurolysine, qu'on
défend. Ils font des acides aminés, c'est parfaitement dans ce qu'on veut,
c'est pour la nutrition, l'alimentation des bêtes, souveraineté alimentaire,
c'est tout ce qu'on veut faire. Ils sont là, ils avancent, ils sont
compétitifs, boum ! On a un dumping chinois sur ce secteur.
On demande une enquête. Chaque mois qui passe, c'est chaque mois de sortie du
marché pour ces acteurs, parce que ça va très, très vite.
Quand on veut moderniser les outils que la Commission a à ce mandat, c'est pour
pouvoir répondre plus rapidement et se dire, dès qu'il y a une suspicion, en
fait, de concurrence déloyale et qu'on voit des positions qui posent problème,
on doit pouvoir réagir et protéger. C'est aussi ce qu'il y a dans
l'accélérateur industriel, c'est-à-dire des mécanismes d'aide beaucoup plus
rapides pour nos secteurs.
Je pense qu'il y a maintenant un alignement beaucoup plus fort qu'il y a
quelques mois de nos acteurs européens, de l'ensemble de nos partenaires. Ça,
je le mesure. Il y a une volonté de passer à l'acte, comme on l'a fait sur
certains dossiers, on a beaucoup poussé, avec des instruments nouveaux et plus
efficaces, comme je viens de le dire, surtout plus rapides. Ceci doit
s'accompagner d'un dialogue exigeant avec la Chine, c'est-à-dire celui des
transferts de technologies et de la création d'emplois chez nous. Parce qu'il
faut aussi reconnaître que les acteurs chinois, il y a de la sur-subvention,
ils subventionnent en moyenne huit fois plus leurs entreprises que la moyenne
de l'OCDE. Vous imaginez ? Mais dans le même temps, il faut reconnaître
aussi que la Chine a réussi à aller très vite et très fort sur de l'innovation.
Quand on parle des green tech, quand on parle de la robotique, ils ont aussi
des solutions industrielles qui sont pertinentes. On veut faire ce transfert de
technologie pour être efficace.
> La situation, on la connaît depuis des années.
Personne ne veut et la France en premier que l'Iran ne puisse obtenir la bombe
nucléaire. C'est pour ça qu'en 2015, un premier accord avait été signé puis qui
avait été dénoncé en 2018 par les États-Unis. On s'était beaucoup battu. Et au
fond, nous ce qu'on dit, la position que défend la France depuis le début,
c'est de dire l'Iran ne doit pas avoir la bombe nucléaire. L'Iran doit pas
avoir de capacité balistique, c'est-à-dire des missiles de longue portée et
doit arrêter de déstabiliser la région, en particulier l'Irak et le Liban. Bon,
et le Yémen. (…)
Il y a une guerre qui est partie. C'est une question mais je vous dis que la
réponse, elle n’est pas immédiate étape après étape. Ce que j'ai essayé de
faire tout au long de ce G7 et ce que j'essaie de faire depuis des années, les
États-Unis décident de lancer cette guerre parce qu'ils ne sont pas satisfaits
par les négociations. C'est fin février de cette année. Ce que nous disons à ce
moment-là, c'est qu'on va on ne va pas participer à cette guerre. On ne partage
pas les objectifs parce qu'ils ne nous semblent pas clairs et depuis des semaines,
nous appelions à la fin des combats et à structurer des négociations à venir.
Et donc je pense que c'est une bonne chose. C'est pour ça que nous l'avons
soutenu parce que qu'est-ce que ça permet de faire cet accord qui a été signé ?
Un cesser le feu et un cesser le feu qui touche aussi le Liban.
Deuxièmement, la réouverture de ce fameux Détroit d'Ormuz. Et ce matin même
d'ailleurs, un bateau battant pavillon français a pu passer le détroit et ça a
un impact concret sur nos économies. D'ailleurs, le prix du pétrole a commencé
à baisser et on va le voir à la pompe. Donc ça c'était attendu, ça fait partie
du rôle qu'on devait jouer.
Troisième chose, cet accord dit que pendant 60 jours on a la paix et le Liban
retrouve la paix, ce qui est pour nous un objectif très important. Donc ça, il
faut absolument le garder. Et puis on va structurer la négociation.
Et c’est à l'issue de ces 60 jours qu'on devra voir qu'est-ce qu'on fait sur le
nucléaire, sur le balistique et est-ce qu'on a au fond un Iran qui est moins
dangereux qu'avant? (…)
c'est toujours mieux d'avoir un accord que la guerre, surtout quand il peut y
avoir des risques d'escalade. Et c'est le cas. C'est quelque chose qui va nous
permettre d'aider le Liban à reprendre la main sur son territoire, de rouvrir
les routes qui sont importantes pour nos économies et de commencer cette
négociation en vrai, si je puis dire. Et donc si au bout de 60 jours tous les
termes ne sont pas agréés, on pourra prolonger. Mais on rentre dans une
nouvelle phase qui est celle de la coopération du dialogue qui est mieux que la
guerre me semble-t-il et plus efficace pour nous tous. (…)
Très clairement, des guerres comme celle-ci, elles pèsent sur nos économies.
C'est aussi pour ça que, économiquement, c'est une bonne chose de les stopper.
Après, dans le contexte économique mondial, la France résiste beaucoup mieux
que nos voisins et que les grandes économies voisines. Et la France ces
dernières années a consolidé une croissance supérieure à l'Allemagne ou l'Italie.
> l'Ukraine résiste avec une vaillance, une capacité d'innovation et de production militaire qui stupéfait depuis le premier jour tout le monde. Et donc, elle est en train de très bien résister, beaucoup mieux que d'aucun ne le disait depuis plus de 4 ans et demi maintenant. Malheureusement, tous les 3 mois, on a des experts pour nous dire «Ils vont s'effondrer, ils ne passeront pas l'hiver» et cetera. Non seulement ils ont passé l'hiver, le plus terrible qu'ils ont eu à connaître, mais ils ont repris certaines poches de territoire. Et dans la guerre technologique qui est livrée parce qu'il faut voir aujourd'hui qu'on a une ligne de front au fond qui est là, cette fameuse kill zone, c'est terrible le long du Donbass et qui descend jusqu'à la Crimée. Sur cette zone-là, c'est une guerre de drone évidemment, une guerre où des hommes combattent et où il y a beaucoup de morts, où il y a énormément de pertes et d'ailleurs beaucoup de pertes côté russes hein. Chaque mois, on a plus de 30000 hommes qui sont neutralisés côté russe, c'est-à-dire blessés ou abattus, imaginez-vous. Mais on a aujourd'hui une guerre des drones et dans cette guerre la capacité de production ukrainienne est stupéfiante. Et ça Donald Trump l'a compris.
> La maladie que nous avons, c'est une forme de perte de confiance et de considération pour nous-mêmes. Si la France n'a plus d'estime de soi, que voulez-vous qu'elle fasse de grandes choses ? Et moi je vous le dis, qu'on parle de notre diplomatie, qu'on parle de nos armées, de notre économie et que qu'on parle de notre justice aussi et de nos forces de sécurité, nous sommes un grand pays et il faut regarder nos échecs et nos insuffisances avec lucidité. Faut tous ensemble se mettre dans le même effort pour les réparer. Mais faut pas dès qu'on a un drame, dès qu'on a un problème, tous s'entredéchirer et dire "On est foutu, on est à l'arrêt." Moi, je calcule plus le nombre d’émissions qui disent qu'on est en train de périr. Au fond, ça fait des années qu'on devrait déjà être mort. Non, on est un grand pays et on l'a encore montré ces derniers jours et pas que de façade parce que c'est un grand pays qui peut faire ce qu'on a fait et c'est les Françaises et les Français qui ont réussi.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Nous ne pouvons pas laisser une génération entière découvrir
l’intelligence artificielle sans lui donner les clés pour la comprendre, et
donc la maîtriser. À partir de la rentrée 2027 et sous l'impulsion du Ministre
Edouard Geffray, tous les élèves de seconde bénéficieront d’un enseignement
dédié à l’IA, à raison d’une heure par semaine intégrée au cours de sciences
numériques et technologie. Fonctionnement des modèles, usages, éthique,
souveraineté numérique, esprit critique face aux manipulations et aux fausses
informations : notre école doit préparer les jeunes au monde qui vient. Former
à l’IA et réduire l’exposition aux écrans participent d’une même ambition :
faire de nos élèves des citoyens libres, autonomes. Condition de notre
souveraineté collective.
> La fraude n’est pas une simple entorse aux
règles. C’est une atteinte au pacte républicain. Le Conseil constitutionnel
valide la loi contre la fraude. Porté par Jean-Pierre Farandou, David Amiel et
Stéphanie Rist, ce texte est une réforme structurelle qui donne à l’État de
nouveaux moyens pour mieux lutter contre les fraudes sociale, fiscale et aux
prestations.
Parmi les principales mesures :
- fin de la prescription en téléconsultation pour le 2e renouvellement d’un
arrêt de travail
- obligation de déclarer l’adresse où un salarié en arrêt peut être contrôlé
- géolocalisation des transporteurs sanitaires et facturation électronique
obligatoire
- suspension des allocations par France Travail en cas de doute sérieux
- interdiction du versement des allocations chômage sur des comptes hors UE
- fin du cumul entre le statut d’auto-entrepreneur et le RSA
- sanctions renforcées contre les professionnels qui aident à l’évasion fiscale
- création d’une procédure de « flagrance sociale » pour saisir les avoirs des
fraudeurs. Objectif : récupérer 1,5 milliard d’euros par an pour financer nos
services publics.
Cette loi marque une étape. La lutte contre les créances hospitalières et la
fraude à l’apprentissage feront aussi l’objet de nouvelles mesures. Le combat
contre la fraude continue.
> Le 18 juin 1940, alors que beaucoup voyaient dans la défaite une fin, le Général de Gaulle y vit une exigence, celle d'un sursaut national. Son Appel fut d'abord un refus. Refus de la résignation. Refus de l'abaissement. Refus de croire qu'une bataille perdue pouvait condamner la France à disparaître. Avec ses compagnons, à Londres, il fit le choix de l'espérance. 86 ans plus tard, l'Appel du 18 juin demeure une leçon de courage, de lucidité et de confiance dans notre destin national. Depuis, chaque 18 juin, nous nous rappelons que la France est plus forte lorsqu'elle ne renonce pas, lorsqu’elle se hisse à la hauteur de l’Histoire.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Face à la vague de chaleur que nous connaissons actuellement, le Premier
ministre a convoqué une cellule interministérielle de crise pour organiser la
réponse collective de l’État. Avec la ministre de la Santé, nous avons réuni en
amont ce matin l’ensemble des préfets de région et des agences régionales de
santé afin d’anticiper et d’organiser dans les meilleures conditions la tenue
des événements de la Fête de la musique ce week-end. Tous les services de l’État
sont pleinement mobilisés pour protéger nos concitoyens.
> Ce matin, je me suis rendu à Eurosatory, à la
rencontre des industries de sécurité et de défense, qui travaillent aujourd’hui
au bénéfice du ministère de l’Interieur ou qui développent des solutions qui
renforceront nos capacités opérationnelles. Notre ambition est double:
- permettre aux agents du ministère de réaliser leurs missions dans les
meilleures conditions
- rendre un service public de qualité.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Face à l’urgence stratégique et à la transformation rapide des conflits,
j’ai décidé aujourd’hui d’ériger l’intelligence artificielle de défense au rang
d’intérêt essentiel de sécurité pour la Nation. Cette décision hisse
l’intelligence artificielle de défense au même niveau que la dissuasion, le
renseignement ou la cryptographie. Elle simplifie nos procédures d’achat public
et nous permettra d’intégrer plus vite de nouveaux acteurs, notamment des
start-up innovantes de l’intelligence artificielle. C’est crucial pour la
cybersécurité de nos armées, pour le renseignement, pour la conduite des
opérations, pour la préparation de nos forces et pour notre capacité à tenir
notre rang dans les ruptures technologiques qui viennent.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Je pense que le G7 a été un bon G7. En tout cas, le Président des
États-Unis a dit que c'était son meilleur. Et puis, à Versailles, on a eu aussi
des discussions assez axées sur les sujets du jour. J'étais entre le ministre
du Commerce et le ministre des Finances. On a moins parlé de la qualité des
asperges que de taxes sur les géants du numérique ou de commerce international,
évidemment.
[Quant aux droits de douane] on verra. On connaît parfois l'imprévisibilité du
Président. Mais en tout cas, je pense que les discussions qu'on a eues,
d'ailleurs, y compris hier soir, avec mes deux convives, pour les convaincre
qu'au fond, on est aujourd'hui dans un deal qui a été signé entre l'Union
Européenne et les États-Unis en juillet dernier, et que le deal, il fallait
l'appliquer. J'espère que ça a porté. On verra. (…)
Moi, je me mets plutôt dans l'hypothèse où ça marche. Mais sinon, évidemment,
il faudra trouver des mesures de rétorsion. Il y en a. Vous savez qu'on a
l'arsenal. Mais je pense qu'aujourd'hui, et ce n'est pas rien, quand même, ce
qui s'est passé en trois jours, on a montré que le multilatéralisme, ça
fonctionnait, on a montré qu'on pouvait être un partenaire parfois difficile,
parfois franc, parfois avec des désaccords, mais qu'on pouvait avancer,
discuter ensemble. (…)
Moi, ce qui me satisfait, je suis ministre de l'Economie et des Finances, c'est
qu'on va réouvrir le détroit d'Ormuz. C'était le nœud économique de ce conflit,
et de manière très concrète. Ça veut dire qu'aujourd'hui, le diesel, à la
pompe, il est à 2 euros. Il était à 2,40 euros il y a 3 semaines. C'est
évidemment très important, y compris pour vos auditeurs. Derrière, la levée des
sanctions, elle est conditionnée. Donc, elle va se faire progressivement, au
gré des discussions. Il y a encore 60 jours de discussions ; donc, tout ça
n'est pas terminé. (…)
J'espère en tout cas que le plus dur est passé, au contraire. Le plus dur est
passé, mais les négociations vont se poursuivre. Et évidemment que toutes
négociations, ça ne va pas être facile.
> [Conséquences de la guerre de Trump sur notre
économie] Alors, d'abord, sur les comptes, on l'a dit, ça fait quand même
quelques milliards, au moins 6, voire un peu plus. (…)
On a prévu ce qu'on appelle un comité d'alerte des finances publiques, qui aura
lieu le 30 juin, et qu'à cette occasion-là, on rassemblera notamment les
parlementaires, les partenaires sociaux pour leur dire, je dirais, l'étendue de
la note. Mais attention, on a connu un moment difficile. Il y a quand même une
probabilité assez forte aujourd'hui pour qu'on soit en train d'en sortir, du
fait de cet accord de paix.
> [Croissance] l'INSEE est à 0,7%. La Banque de France est à 0,5%. L'INSEE est à 0,7%. Ça montre qu'il y a encore beaucoup d'incertitude. Et tout ça a été construit avant l'accord de paix. Donc, je pense que le troisième trimestre va être très important. Et moi, je peux vous dire une chose : je pense que cet accord de paix, c'est le signal de la relance en France. Il faut qu'on reprenne confiance.
> [Carburant] Les aides, les fameuses aides sont en train d'arriver. Il y a eu à peu près un million de demandes. Les premières demandes, 670 000, ont été versées lundi. Ça prend un ou deux jours avant que ça arrive dans votre banque. Donc, normalement, on verra si vos auditeurs vous le confirment, ils ont dû recevoir leur premier versement hier, 670 000 personnes. Et ça, évidemment, ça va aider à la relance. On a besoin de retrouver confiance. L'économie, c'est beaucoup une histoire de confiance. Et on le sait, on a eu un moment difficile. D'abord, parce que l'essence a monté. Puis, parce qu'on était inquiets. Donc, si on est capable, collectivement, de se rassurer, si les entreprises reprennent le chemin de l'investissement, si nos concitoyens, parce que l'essence a baissé, parce que les chèques arrivent, reprennent le chemin de la consommation
> [Prix des carburants] On se retrouve aujourd'hui avec une baisse à la pompe, qui, j'espère, va se poursuivre, qui va permettre de donner de l'oxygène à nos concitoyens à un moment ou pas en vacances. Vous vous rendez compte qu'il y a 4 semaines, 5, peut-être, j'étais sur votre plateau, et on me demandait s'il y aurait du kérosène cet été, et si on pourrait prendre l'avion. Donc, on est quand même dans une phase où on a des bonnes nouvelles. Et moi, je veux qu'on les prenne ensemble pour qu'on se dise : écoutez, ça va un peu mieux, profitons-en. En fait, est-ce qu'on peut se faire un peu plaisir dans les semaines qui viennent, après un printemps difficile ?
> [Inflation] Moi, je regarde les faits. Aujourd'hui, l'inflation en Espagne c'est 3,5, aux Etats-Unis, c'est plus de 4. En Allemagne, c'est près de 3. En France, on est pour l'instant à 2,4. Et évidemment, là encore, si les bonnes nouvelles se poursuivent, ça va plutôt baisser d'ici la fin de l'année.
> Je suis inquiet pour 2027. Je ne vais pas vous dire que ça va se faire sous les pieds d'un cheval, de manière très facile. Et on va vraiment avoir besoin que toutes les forces présentes au Parlement s'engagent pour qu'on ait un budget ambitieux.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Hostilités au Moyen-Orient] Ce qui est essentiel désormais, c'est que les discussions, y compris au
niveau technique, puissent se poursuivre pour que les premières étapes qui sont
prévues par cet accord puissent être activées : la libération ou la réouverture
du détroit d'Ormuz, le passage des navires, la cessation des hostilités sur
tous les fronts. (…)
Si cet accord n'est pas signé, s'il n'est
pas mis en œuvre, c'est la poursuite du blocage du détroit d'Ormuz, avec
l'impact que ça a sur le prix des carburants dans nos vies quotidiennes. Et
puis c'est le risque d'une escalade qui se poursuit et qui s'aggrave dans la
région, avec toutes les conséquences que cela peut avoir. (…)
Nous n'avons pas approuvé cette guerre.
Nous n'avons jamais dit qu'elle était une bonne idée. (…)
Il n'y a pas de levée des sanctions des
Nations Unies contre l'Iran sans l'accord de la France.
> Il faut que l’État libanais puisse disposer du monopole des armes et assurer la protection de l'intégralité de son territoire.
> La population iranienne, c'est la grande sacrifiée, c'est la grande perdante de cette guerre.
> Vladimir Poutine a déjà perdu la guerre. Vladimir Poutine échoue sur le front : il perd du terrain, il perd 35 000 hommes par mois. Et l'Ukraine est en train de gagner la guerre des drones avec la spectaculaire attaque qui a été conduite par les drones ukrainiens jusqu'à Moscou ! (…) Il n'y aura pas de calme possible, y compris en Russie, tant que la guerre coloniale et impérialiste de Vladimir Poutine se poursuivra.
> Ce G7 est un grand millésime, c'est un millésime français. Nous avons réussi à obtenir une déclaration commune des sept pays du G7 et de leurs partenaires sur des grandes crises comme l'Ukraine ou comme le Proche et le Moyen-Orient, où nous ne parvenions plus jusqu'à présent à obtenir le consensus.
> Ce G7 marque la reconnaissance par les États-Unis que le courage des Ukrainiens est en train de payer.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Depuis plusieurs jours, notre pays connaît des températures
particulièrement élevées. Face à cette réalité, l’État agit et anticipe. Je ne
le répéterai jamais assez : buvez régulièrement de l’eau, évitez les efforts
physiques aux heures les plus chaudes et restez au frais. Face aux fortes
chaleurs, la prévention et la solidarité restent nos meilleures protections.
> Je me suis rendue au Mans, dans la Sarthe, pour un déplacement consacré à la qualité de l’eau potable et à la protection de la ressource en eau. L’eau du robinet est l’aliment le plus contrôlé en France. Grâce à la mobilisation des Agences régionales de santé (ARS), des collectivités et des opérateurs, notre pays dispose de l’un des systèmes de surveillance sanitaire les plus exigeants d’Europe. J’ai visité l’usine de production d’eau potable de l’Épau, récemment modernisée pour sécuriser l’alimentation en eau de près de 200 000 habitants. Cette modernisation illustre les investissements nécessaires pour renforcer le traitement de l’eau et mieux répondre aux nouveaux défis sanitaires, notamment liés aux micropolluants. Ce déplacement a également permis de mettre en lumière la démarche engagée autour du captage prioritaire de Pentvert, qui repose sur un travail partenarial entre l’État, les collectivités et les agriculteurs afin de faire évoluer les pratiques agricoles et réduire les pollutions diffuses, notamment les nitrates, à la source. La protection des captages est essentielle : le meilleur traitement de l’eau reste de ne pas la polluer.
> Notre responsabilité collective est de construire un hôpital capable de répondre aux besoins des patients de demain, d’offrir des conditions d’exercice attractives aux professionnels et de garantir la soutenabilité de notre modèle solidaire. Cela passera par plus de coopération entre établissements de santé, pour plus de gradation des soins, et donc un accès renforcé à des soins de qualité, partout sur le territoire.
> Aujourd’hui, 100 % des EHPAD disposent d’au moins une pièce rafraîchie, permettant d’accueillir les résidents dans de bonnes conditions lors des canicules. Les personnes âgées vivant à domicile peuvent également en bénéficier en se rendant dans l’établissement le plus proche. Depuis la canicule de 2003, la réglementation impose ces espaces rafraîchis en établissement, avec un accompagnement financier renforcé, notamment via les crédits du Ségur.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> Les professionnels de la fraude en bande organisée seront désormais jugés
comme ce qu'ils sont : des criminels. Le Conseil constitutionnel vient de le
confirmer.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Protéger les femmes et les enfants victimes de violences est une priorité
absolue. À Révin dans les Ardennes, j'inaugure une salle d'audition Mélanie. La
5e du département. Pour recueillir la parole des enfants victimes dans les
meilleures conditions. Et parce que chaque point de contact compte, nous
lançons ici «Pharmacie refuge», un réseau de pharmacies pour détecter,
protéger, accompagner les victimes.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> [Canicule] Cet épisode exceptionnel nécessite une vigilance
collective, et l'ensemble des services de l'État est mobilisé. Le centre opérationnel de gestion
interministérielle de crise est installé au sein du ministère de l'Intérieur
pour suivre la situation, car les situations sont différentes en fonction des
territoires. L'objectif, c'est
véritablement d'adapter la réponse de l'État sur tous les territoires afin de
protéger au mieux les Français. (…)
En fait, il y a trois maîtres mots :
la vigilance, l'adaptation et le suivi que nous pouvons faire au niveau central
pour justement adapter les dispositifs à l'échelle locale. (…)
Il faut une vigilance collective car la
position du ministère de l'Intérieur, ce n'est pas d'annuler ces événements
[comme la fête de la musique] mais d'adapter
le dispositif. Une vigilance à destination des publics les plus vulnérables, le
faire en tant que citoyen c'est déjà absolument fondamental.
Quand je sais que certaines personnes ont
envie de participer à des événements sportifs, il faut faire attention, on le
voit, quand il y a des fortes chaleurs, il faut effectivement bien s'hydrater,
il faut plutôt, si des gens veulent absolument avoir une activité sportive, le
faire très tôt le matin, ou plutôt en fin de journée. (…)
J’ai pu constater, effectivement, ces
derniers mois, qu'il y a quand même une recrudescence des comportements
excessifs à risque.
> Le permis de conduire est bien plus qu’un examen :
c’est une condition d’autonomie, d’accès à l’emploi, aux études ou à la
formation, notamment dans les territoires ruraux. Dans le Puy-de-Dôme, j’ai
rappelé mon objectif national et clair : faciliter l’accès à la mobilité, sans
jamais renoncer à l’exigence de sécurité routière. Nous voulons simplifier le
parcours des candidats, améliorer l’organisation de l’examen et mieux
accompagner celles et ceux pour qui le permis est indispensable. J’ai échangé
avec les professionnels d’une auto-école, assisté à une démonstration
d’intervention après un accident de la route, avec une opération de
désincarcération, puis à la présentation d’un film de prévention contre le
protoxyde d’azote réalisé par les cadets de la gendarmerie.
Face aux accidents, aux comportements à risque et aux drames évitables, la
sécurité routière doit rester une mobilisation collective. Sur nos routes,
chaque comportement compte. Faciliter l’accès à la mobilité, oui ; banaliser le
danger, jamais.
> Avec le Québec, nous partageons bien plus qu’une langue et une histoire : nous portons une même exigence de sécurité et de protection de nos concitoyens. Très heureuse d’avoir échangé avec Ian Lafrenière, vice-premier ministre et ministre de la Sécurité intérieure du Québec, à l’occasion de sa visite en France pour le salon Eurosatory. Nos populations sont unis par des liens historiques, culturels et politiques d’une rare profondeur. Cette proximité nous confère une responsabilité particulière : agir ensemble face aux défis qui menacent nos démocraties. Crime organisé, trafics internationaux, cyberattaques, ingérences étrangères : les menaces ignorent les frontières. Notre réponse doit être à la hauteur, fondée sur la coopération, le partage d’expertise et la confiance entre partenaires stratégiques. La France et le Québec ont vocation à renforcer encore leur partenariat en matière de sécurité intérieure. Parce que défendre notre sécurité, c’est aussi bâtir des alliances solides avec ceux qui partagent nos valeurs et notre vision du monde. Plus que jamais, protéger nos citoyens exige de conjuguer nos forces, d’anticiper les risques et d’agir ensemble.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Notre souveraineté et notre indépendance se construisent des mains et
des esprits de notre jeunesse. La voie professionnelle, c’est le pont entre
l'école et l'entreprise, c’est un chemin assuré vers l'emploi !
> Aujourd’hui à Eurosatory, grand rendez-vous international de l’innovation en matière de défense et de sécurité. Dans un contexte mondial inédit, cette filière représente un enjeu majeur pour l’emploi et notre souveraineté : 9 métiers sur 10 sont en tension, avec des milliers de postes à pourvoir partout en France. Avec Jean-Pierre Farandou, nous sommes allés à la rencontre des acteurs du secteur pour valoriser les formations, les compétences et les débouchés concrets qu’il offre, notamment aux jeunes.
Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et
des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée
de la Mer et de la Pêche)
> [Discours aux Assises de la pêche] Je suis très heureuse d'être parmi vous
aujourd'hui, ici à Cherbourg, pour ces Assises de la pêche et des produits de
la mer. Ce rendez-vous est précieux : il réunit, dans un même lieu et au même
moment, ceux qui font vivre cette filière au quotidien, pêcheurs, aquaculteurs,
mareyeurs, transformateurs, mais aussi élus, scientifiques, organisations
professionnelles, associations. Je veux d'abord vous remercier pour cette
invitation, et pour l'occasion qu'elle me donne de partager avec vous à la fois
ma vision pour l'avenir de la pêche française mais aussi quelques orientations
ou décisions concrètes qui concernent la filière. Pour moi, c'était un moment
très attendu.
Cela fait maintenant huit mois que j'exerce les fonctions de ministre de la mer
et de la pêche. Huit mois pendant lesquels j'ai appris à vous connaître, et
j'ose espérer que vous avez aussi, un peu, appris à me connaître. Au fil des
déplacements, des rencontres sur les quais, dans les criées, dans vos
exploitations, mais aussi au fil des travaux menés avec l'administration qui
vous accompagne au quotidien, j'ai mieux pris la mesure des enjeux qui sont les
vôtres et qui sont devenus les miens.
Chaque visite, chaque échange m'a permis de mieux comprendre les réalités de
vos métiers, leurs difficultés, mais aussi leur richesse, leurs spécificités
territoriales. J'ai aussi mesuré la fragilité des filières des produits de la
mer exposées aux aléas des quotas comme des crises. Et surtout, j'ai vu, un peu
partout, des initiatives nouvelles et une véritable envie de faire avancer la
filière de la pêche et des produits de la mer. C'est une ambition que nous
partageons.
Vous connaissez mon engagement de longue date pour la préservation de l'océan.
Mais je veux le dire ici : cet engagement se conjugue pour moi depuis le
Grenelle de la Mer, avec la conviction que notre pays a un avenir économique
avec la mer, dans l'Hexagone mais bien évidemment aussi dans les Outre-mer. Je
veux promouvoir l'idée que la France n'est pas uniquement le deuxième espace
maritime au monde, mais doit se renforcer en tant que puissance maritime. Dans
cette vision, la pêche et l'aquaculture ont toute leur place. Elles sont au
cœur de ce que représente la France maritime, de son identité, de son économie,
de son alimentation, je dirais même de sa culture.
Mais je crois aussi qu'il faut reconnaître la place particulière de votre
secteur dans l'économie liée à la mer. Vos métiers dépendent d'un milieu
vivant, de sa bonne santé ou pas, bien plus que le transport maritime, les
énergies marines, ou en réalité, la plupart des autres activités économiques.
Votre outil de travail, c'est l'océan lui-même : ses ressources, ses
équilibres, sa santé. Seul le tourisme côtier dépend lui aussi directement de
la bonne santé de l'océan.
Mais en réalité, nous dépendons tous de l'océan qui régule le climat et abrite
des écosystèmes indispensables à la vie sur terre. Mais vous êtes sans doute
parmi les premiers à constater les conséquences du changement climatique et les
impacts des pollutions, souvent d'origine tellurique.
C'est aussi en pensant à cela que j'ai lancé il y a quelques semaines une
feuille de route pour la lutte contre les pollutions plastiques en mer, et une
autre pour l'amélioration de la qualité des eaux côtières, afin d'accélérer les
solutions. En outre, parce que votre outil de travail est dépendant du
carburant, des énergies fossiles, vous êtes, en particulier les pêcheurs,
systématiquement impactés par les soubresauts voire les bouleversements
géopolitiques qui font flamber les prix. Et vous empilez les crises : Brexit,
Ukraine, Moyen-Orient, sans parler de la concurrence en particulier de la pêche
illégale.
En arrivant dans mes fonctions de ministre de la mer et de la pêche, et au
regard du contexte, je me suis donnée des priorités d'action, une vision et une
méthode. Pour ce qui est de la vision, mon objectif de long terme est de :
- maintenir et développer l'activité de pêche et d'aquaculture sur l'ensemble
de nos territoires, en métropole comme en outre-mer ;
- et rendre la filière plus résiliente face au changement climatique et aux
crises.
En termes de méthode :
- pas de dogmatisme,
- nourrir mes réflexions et mes décisions par l'écoute, l'expérimentation des
territoires, l'éclairage des scientifiques, en tenant compte du cadre national
que vous avez créé avec le contrat stratégique de filière, ou des cadres
régionaux comme par exemple le livre blanc du COREPEM.
Concrètement, cette vision et cette méthode, se déclinent en cinq priorités
pour les mois à venir.
La première, c'est le renouvellement et la modernisation de la flotte de pêche.
Nos navires vieillissent, certains d'entre eux deviennent dangereux, et avec
eux, les conditions de travail et la capacité de la filière à se projeter dans
l'avenir. Le renouvellement de la flotte, c'est aussi la décarbonation : des
navires plus modernes sont des navires plus sobres, plus respectueux de
l'environnement, et donc plus économes face au coût de l'énergie. La crise au
Moyen-Orient nous l'a rappelé : la décarbonation est une urgence autant
climatique qu'économique. C'est pourquoi, sans attendre la révision de la
politique commune des pêches, je porte actuellement à Bruxelles, une demande de
simplification et de facilitation des financements pour le renouvellement de notre
flotte à travers un omnibus pêche afin :
- D'autoriser l'octroi d'aides publiques pour la rénovation des navires en
service, pour l'acquisition simplifiée d'un navire pour les jeunes pêcheurs, et
pour la construction d'un navire, en le conditionnant à la sortie préalable
d'un autre navire,
- D'adapter la jauge, sans modifier la pression sur la ressource, afin de
permettre la décarbonation des navires via une jauge décarbonation et
modernisation sans attendre la révision de la politique commune des pêches.
Ces évolutions sont essentielles, et pour certaines urgentes. Je me félicite à
cet égard des avancées obtenues cette année pour nos flottes ultramarines, qui
ont des besoins de renouvellement tout aussi pressants. La France porte ces
demandes auprès de la Commission et des autres Etats membres, et fait valoir
les spécificités des territoires d'Outre-mer.
Mais ce travail est également national. A cet égard, et comme annoncé dans le
plan d'électrification porté par le Premier ministre et le Président, nous
souhaitons avancer sur le déploiement des fiches «certificats d'économies
d'énergie» visant à décarboner et électrifier nos équipements. J'en appelle à
votre mobilisation pour vous saisir de cette opportunité et construire avec
nous, les solutions de demain.
Avec la modernisation, c'est l'attractivité des métiers de la pêche, en
particulier auprès des jeunes. Je dois dire que les lycéens que j'ai rencontrés
depuis huit mois m'ont semblé motivés. Le renouvellement des flottes doit
s'accompagner du renouvellement des générations et dans le même temps nous
devons les sensibiliser aux enjeux liés à l'évolution du milieu et développer
des mesures pour accompagner leur installation. Et des idées m'ont été
partagées sur le sujet.
Deuxième sujet lié à la modernisation, c'est l'amélioration de la sécurité, des
navires bien sûr mais aussi des équipements individuels.
J'ai ainsi lancé un plan sécurité, comprenant une campagne, un renforcement des
contrôles, mais aussi, à la suite du dernier drame, la relance du programme VFI
Andro pour concevoir un équipement plus adapté aux gestes des pêcheurs. Merci à
Sébastien Le Prince et à Thomas Le Gall de m'avoir suggéré l'initiative.
La troisième priorité, c'est le maintien de notre
économie locale et le renforcement de notre souveraineté alimentaire.
Maintenir une filière française, créatrice d'emplois et de valeur pour nos territoires,
cela passe par une définition plus exigeante du lien économique au territoire
pour les entreprises de pêche, afin que les richesses générées par
l'exploitation de nos ressources maritimes bénéficient pleinement aux
communautés littorales et contribuent durablement au dynamisme de nos ports. Ce
travail est au cœur du Contrat Stratégique de Filière (CSF) et je sais pouvoir
compter sur la profession pour poursuivre et accélérer ce travail qu'ils ont
engagé.
Cela passe aussi par une meilleure information des consommateurs. C'est en
sens, que je porte, en lien avec les parlementaires, plusieurs mesures dans le
cadre du projet de loi d'urgence agricole actuellement en cours de discussion,
visant à :
- Elargir les critères d'éligibilité des produits de la pêche et de
l'aquaculture français aux objectifs de la loi Egalim ;
- Rendre obligatoire l'information du consommateur sur l'origine des produits
issus de l'aquaculture utilisés dans la restauration, cela rejoint la demande
que nous portons au niveau européen pour l'étiquetage obligatoire du pavillon
en matière de pêche ;
- Rendre obligatoire l'indication du pays d'origine des poissons d'aquaculture,
ainsi que des produits de conchyliculture utilisés dans les produits
transformés.
Dans le même temps, il faut valoriser les bonnes pratiques qui visent à
promouvoir les produits de la mer dans les cantines, comme cela a pu être fait
en Bretagne.
Le quatrième front, c'est la planification de l'espace maritime, et avec elle
la cohabitation des métiers. La mer est un espace partagé, et le nombre
d'usages qui s'y exercent ne cesse de croître. Assurer l'avenir de la pêche,
c'est s'assurer que chacun puisse continuer à exercer son métier, dans un
espace mieux organisé. A ce titre, la Manche-Est constitue un véritable défi.
Afin que la cohabitation s'améliore, j'ai lancé une mission de concertation à
l'échelle du territoire, dont les conclusions me seront remises en juillet. A
ce stade, elle met en évidence une demande assez largement portée de réserver
la bande côtière aux navires de moins de 25 mètres.
A l'issue de cette concertation, si le rapport final valide ces résultats, et
avant de prendre une décision définitive, je lancerai une consultation auprès
des Etats membres concernés, afin de les informer de notre volonté d'exclure
les navires de plus de 25 mètres dans les 12 milles en Manche Est au regard des
enjeux sensibles de cohabitation.
La cinquième priorité, enfin, c'est notre capacité collective à nous adapter
aux changements que nous observons, ici et maintenant, dans l'océan. Vous le
constatez sur le terrain, et vos observations sont précieuses : des poissons
plus petits en Méditerranée, des espèces comme le maquereau ou le thon qui
migrent vers le nord. Le changement climatique accélère ces évolutions, et nous
devons collectivement mieux les comprendre. Cela suppose d'écouter davantage
vos observations de terrain, et de mieux les faire converger avec la donnée
scientifique. Les deux ne sont pas concurrentes, elles sont complémentaires.
Cela suppose aussi d'améliorer le dialogue avec les scientifiques, de
poursuivre le dialogue avec les associations de protection de l'environnement,
et de traiter sérieusement la question des espèces qui deviennent invasives. Et
là je pense que d'un problème, il faut faire une opportunité. J'ai conscience
que ça n'est pas si simple, mais il nous faut trouver des solutions de
valorisation, par exemple des crabes bleus ou des Rapana Venosa [en
Charente-Maritime], comme proposé par certaines entreprises.
Par ailleurs, ce qui est en train de se passer dans nos eaux doit nous amener à
mettre de l'agilité dans le pilotage des quotas, notamment ceux de la réserve
nationale.
Depuis deux ans, une expérimentation est menée pour répartir annuellement des
quotas issus de la réserve nationale ainsi que des antériorités définitives. Il
faut analyser ces expérimentations, et aller, selon les résultats de ces
dernières, plus loin, afin de renforcer les critères socio-économiques et
environnementaux dans la répartition des quotas comme nous y invite l'article
17 de la politique commune des pêches. C'est un travail que nous devons mener,
Etat et professionnels, ensemble.
Venons-en à la situation du golfe de Gascogne, là aussi, perturbée de toute
évidence par le changement climatique. D'abord, je veux vous remercier pour les
efforts consentis depuis trois ans. Je sais que la fermeture, malgré
l'indemnité, ça n'est pas notre objectif commun. Après trois ans, 115 navires
sont équipés de caméras, et cela va nous permettre de pouvoir analyser les
conditions de ces captures accidentelles. J'ai lancé une première mission
d'analyse de ces trois ans mais nous n'aurons les résultats qu'à l'automne. Par
ailleurs, les premières années nous ont donné un indice fort concernant les
filets et leur usage, et j'ai également lancé une mission pour regarder comment
on pouvait s'améliorer, et je vous ai aussi demandé de me faire des propositions
en ce sens.
Mais au regard du processus administratif avec la Commission et des possibles
contentieux, il nous a fallu prendre une décision maintenant. Nous avons conclu
que les conditions n'étaient pas réunies pour ré ouvrir le golfe l'année
prochaine. J'ai bien entendu vos propositions concernant un aménagement de la
période de fermeture. C'est pourquoi, j'ai arbitré sur un arrêt de quatre
semaines en continu, mais dans une fenêtre de 6 semaines. Comme s'y est engagé
le Premier ministre devant vous au salon de l'agriculture, les indemnisations
seront reconduites dans les mêmes conditions que cette année pour accompagner
la fermeture.
Tous ces fronts ont un point commun : ils ont besoin de financements à la
hauteur. C'est pourquoi j'ai déjà porté, dans le cadre des discussions sur le
cadre financier pluriannuel pour la prochaine période, la validation d'un
budget pour la pêche et l'aquaculture à minima similaire à celui de la
précédente période. Nous sommes parvenus à obtenir récemment une nouvelle
proposition doublant la proposition initiale. Nous poursuivrons nos efforts
pour atteindre notre objectif.
Par ailleurs, face aux crises qui se multiplient, l'Etat s'est tenu à vos côtés
et continue de le faire : indemnisations cétacés, aides carburant dans le cadre
de la crise, etc. Mais il est essentiel d'accélérer le développement des outils
de gestion du risque, qui permettront de mieux protéger les entreprises face
aux aléas qu'ils soient climatiques, sanitaires ou économiques/géopolitiques.
D'où la nécessité d'avancer dans la création d'un fonds assuranciel dont vous
m'avez dit qu'il était déjà bien avancé.
Enfin, je crois profondément à l'approche territoriale. Chaque façade maritime
a ses spécificités, ses flottilles, ses enjeux propres. C'est pourquoi je veux
que nous développions des projets pilotes qui tiennent compte de ces
spécificités régionales, dans un travail étroit entre l'État et les
collectivités à la fois pour répondre aux crises, faire émerger des navires
décarbonés mais aussi mieux utiliser les fonds européens. Le plan Manche Est,
que j'évoquais à l'instant, en est un exemple : il montre qu'il est possible de
construire, à l'échelle d'une façade, des réponses adaptées, à condition que
l'État, les régions et les acteurs locaux travaillent main dans la main.
Vous avez compris ma motivation à accompagner la filière. Cette feuille de
route est ambitieuse. Et je crois beaucoup au dialogue permanent entre nous. Et
je suis persuadée que les solutions émergeront des territoires. Je suis là pour
donner une vision optimiste de l'avenir, j'ai encore quelques mois pour mettre
de l'énergie dans cette ambition.
Je crois que nous sommes dans un échange constructif et je souhaite poursuivre
dans cette voie.
Merci de votre écoute et de votre confiance.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> à Mende en Lozère, l’économie circulaire passe à l’échelle industrielle.
Des machines de pointe soutenues par l’Etat via France 2030 pour transformer
l'innovation en outil de souveraineté. Les entreprises et l’innovation sont la
solution !
> En matière d’économie circulaire, nous soutenons tous les projets qui visent à créer des industries de recyclage sur le territoire national. On ne fera pas la transition écologique de la même manière en Lozère que dans le Val-de-Marne. Il faut différencier, prendre en compte la réalité de chaque territoire et surtout mettre les outils de transition avant la règle.
> 10 ans de VivaTech, 10 ans d’innovation française. Sous l’impulsion du Président Emmanuel Macron, la France s’impose aux avant-postes de la souveraineté technologique et industrielle européenne — IA, deeptech, énergie, greentech. Avec France2030, l’État investit massivement pour une innovation d’excellence, durable et souveraine.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> J'ai eu l'honneur de m'entretenir à Beyrouth avec le Président de la
République libanaise, Joseph Aoun, ainsi qu'avec le Président du Parlement
Nabih Berri. Alors que le Liban fait face aux atrocités de la guerre, notre
message est clair et constant : la France se tient pleinement aux côtés du
gouvernement et du peuple libanais, et œuvre sans relâche pour qu’une paix
durable soit garantie.
> Au Liban j’ai visité le centre d'accueil
collectif installé dans l'école publique Al Allamah Sobhi Al Mahmasani, géré
par l'UNICEF et l'ONG libanaise Amel aux côtés de mes homologues qatarienne et
britannique. Plus de 2500 personnes déplacées y résident et le travail réalisé
par l’UNICEF d’accompagnement, de soutien et de continuité de l’apprentissage y
est essentiel.
La France se tient aux côtés du Liban. En parallèle de notre action
diplomatique, nous continuerons de soutenir une réponse humanitaire adaptée, au
profit de toutes les populations vulnérables.
> Les propos du ministre Israélien Itamar Ben Gvir sont choquants et inacceptables. L’aveuglement et la brutalité israélienne nuisent à sa propre sécurité. On ne rétablit pas la paix en détruisant des villages. L’armée israélienne doit se retirer du Sud du Liban et respecter le droit international. Actuellement au Liban je réaffirme le plein soutien de la France au peuple libanais.
> Ce matin au Liban, j'ai visité la Disaster Risk Management Unit, en première ligne de la réponse à la crise depuis le déclenchement des hostilités, et je me suis entretenue avec la ministre des Affaires sociales, cheffe de file de la réponse interministérielle. Le déplacement de plus d'un million de personne rend leur travail de recensement, de coordination et de gestion des abris absolument déterminant. Aux côtés de mes homologues Jenny Chapman pour le Royaume-Uni et Maryam Al Misnad pour le Qatar, je salue l'action du gouvernement libanais pour structurer cette réponse d'urgence.
> Remise du rapport de Samantha Cazebonne sur la
réforme de l’Agence pour l'enseignement français à l'étranger. Avec 612
établissements dans 138 pays et près de 100 % de réussite au baccalauréat, ce
réseau constitue un atout stratégique unique au monde, au service de
l’excellence éducative et du rayonnement de la France.
Ce rapport qui m’a été remis hier pose un constat lucide sur le modèle de
l'agence et la trajectoire financière. Il fait des propositions opérationnelles
à la mesure des défis. Les orientations que je porterai seront celles d’une
gouvernance modernisée, d'un cadre contractuel équitable et d'un pilotage
politique assumé. Il s'agira aussi de préserver la politique des bourses
scolaires et l'accès des familles françaises.
● Autres ministres
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de
l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> Si je prends le secteur que je connais bien, l'alimentaire, on n'a pas
d'inflation en alimentaire attendue.
> L'activité va repartir. La France est un pays saisonnier. L'an dernier, quand on parlait de la croissance, à la même époque, on était sur 0,6%, les prévisions c'était 0,6%, et on a fini à 1% l'an dernier. Là, on a un été qui arrive, on est quand même le premier pays d'accueil de touristes dans le monde, avec plus de cent millions de touristes qui visitent le pays chaque année, y compris les Français qui vont cette année, d'ailleurs, beaucoup plus rester en France. Et donc attendons de voir ce qui va se passer d'ici la fin de l'année. Moi, je suis assez confiant parce qu'il y a un redémarrage de l'activité avec la saison touristique qui s'ouvre, qui est sous de bons augures, et on verra à la fin de l'année quelle sera la croissance. Je suis beaucoup plus optimiste.
Anne Le Henanff (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique chargée de l’Intelligence artificielle et du
Numérique)
> [IA] Je comprends que les citoyens qui pour certains ne savent pas comment
fonctionne l'IA puissent avoir une appréhension. Mais moi, je veux être très
rassurante dans le discours que j'ai : de toute façon, nous n'avons pas le
choix que d'intégrer l'IA dans nos modèles, dans notre société. Si nous ne le
faisons pas et à notre manière, c'est-à-dire avec une IA qui nous ressemble et
qui respecte nos valeurs européennes, ce sont les Chinois qui vont le faire à
notre place, ce sont les Américains et je ne le souhaite pas. On a la capacité
en Europe d'avoir notre propre filière IA. Sur les angoisses, mon rôle est
justement, c'est de sensibiliser, de faire de la pédagogie pour rassurer les
Français, et de le faire notamment avec leur environnement, principalement dans
le travail, avec leurs chefs d'entreprise, avec leur direction, avec leur
métier, pour leur dire que, oui, l'IA va transformer votre métier.
> L'IA va transformer les métiers, va supprimer des métiers… Ce serait malhonnête de dire le contraire. Par contre, ça va surtout transformer les métiers, et c'est là où chacun va avoir un rôle, notamment les chefs d'entreprise, les administrations, les collectivités locales qui vont intégrer l'IA pour accompagner son déploiement et permettre aux personnes de modifier leur façon de travailler en utilisant l'IA. L'IA, c'est avant tout, il faut le voir comme une opportunité. Je l'ai vu dans des entreprises : cela libère du temps administratif très fastidieux où on doit faire des résumés de 250 pages, je préfère que ce soit la machine qui le fasse, Puis ça le libère du temps pour que la personne fasse vraiment son métier.
> [IA] Mistral aujourd'hui c'est un champion, c'est un autre champion européen, et tous les pays européens s'accordent pour le dire et ont envie que Mistral grandisse encore. Après c'est un géant au pied d'argile, il faut faire très attention à nos champions, d'abord il ne faut pas tout miser sur Mistral, il y a d'autres pépites et d'autres start-up qu'on veut voir grossir dans l'IA évidemment, mais il est aujourd'hui très attractif, la société est très compétitive, mais il faut l'accompagner, c'est ce qu'on fait avec nos politiques publiques, et puis surtout Mistral, de quoi a besoin cette entreprise ? De commandes, et c'est ce qui est en train de se passer, j'ai rencontré des homologues, le polonais par exemple, le ministre polonais, il y a des rapprochements entre les États européens et Mistral, ils ont envie de le faire grossir encore, mais soyons vigilants.
> Aujourd'hui l'IA est devenue un instrument de géopolitique et de puissance, il faut que nous on l'intègre comme tel également dans notre façon d'agir, et puis VivaTech justement, qui a lieu cette semaine, qui réunit la tech du monde entier et principalement européenne, elle a cette vocation. Hier par exemple, j'ai assisté à la signature entre l'INRIA, un centre de recherche français, et Wallix, une entreprise de cybersécurité française, pour justement répondre et développer des outils qui permettront de ne plus être dépendants, par exemple d'Anthropic.
> [Réseaux sociaux interdits aux mineurs] La Commission européenne, et notamment un règlement européen qui s'appelle le DSA, nous permet aujourd'hui en tant que nation, les 27 pays, de fixer un âge. C'est une sorte de norme sociale. Nous, la France, on a choisi quinze ans. Nos amis espagnols, seize. D'autres, ce sera treize, vous l'avez dit. Le principal, pour l'instant, pour nous, la priorité, c'est d'appliquer une majorité en France puisque le DSA nous le permet. Évidemment, l'Europe, en parallèle, avance sur une majorité européenne. Dès que ce sera acté, voté au niveau européen, on s'alignera. Le président de la République a été clair là-dessus vis-à-vis d'Ursula von der Leyen. On se conformera à l'âge européen. Mais pour l'instant, on va créer notre âge en français.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> On a la réouverture du détroit d'Ormuz, qui aura aussi d'ailleurs un
impact, bien sûr sur, le prix des carburants. Donc, c'est une bonne nouvelle
pour les Français. Et qui va ouvrir une séquence diplomatique de 60 jours dans
laquelle nous devons trouver un accord sur la question du nucléaire, sur
laquelle, je rappelle, que la France a une expertise et une histoire.
> Sur la question du Liban, vous avez vu, ça fait partie de l'accord qui a été signé aussi entre les États-Unis et l'Iran. Et donc, nous travaillerons aussi avec les autorités libanaises pour qu'elles puissent recouvrer l'intégrité territoriale du pays, et notamment à travers le soutien aux Forces armées libanaises pour travailler au désarmement du Hezbollah. Sur la question de l'intelligence artificielle, vous avez raison, j'étais hier à VivaTech, on voit aujourd'hui que la course à l'innovation, à l'intelligence artificielle, c'est devenu un enjeu de puissance et de souveraineté.
> Le Président de la République a plaidé pour une
régulation encadrée de l'intelligence artificielle, notamment pour protéger les
mineurs. C'est le même travail que nous faisons, vous savez, sur la question
des plateformes de réseaux sociaux, et en disant aussi qu'à un moment, il faut
qu'il y ait un dialogue entre alliés. Parce que si on ne veut pas, derrière,
que ce soit aussi la Chine, le vainqueur sur ces sujets-là, on a intérêt à
avoir un dialogue entre démocratie.
> [G7] On a vu des avancées majeures, je pense, sur des sujets qui sont là
aussi dans nos intérêts. Je pense notamment à l'Ukraine. Rappelez-vous, il y a
un peu plus d'un an, quand on a eu la rencontre entre le président Trump, le
vice-président Vance, et le président Zelensky. On nous avait dit : l'Ukraine
va être forcé à la capitulation en 24 h, les Européens ne seront pas autour de
la table.
> Le soutien à l'Ukraine, aujourd'hui, il est assuré par les Européens, que ce soit sur le plan économique et sur le plan militaire. Et l'Union européenne a contracté récemment un emprunt de 90 milliards d'euros pour pouvoir continuer à soutenir l'Ukraine. Nous l'avons finalisé, qui donnera de la visibilité aux Ukrainiens dans les prochaines années pour pouvoir continuer notamment à se défendre et à résister sur le terrain. Aujourd'hui, ce sont les Russes qui reculent sur le terrain. Et nous devons continuer à converger avec les Américains, notamment sur la question des sanctions. Et j'ai vu, au G7, le président Trump a aussi dit qu'il était prêt à reprendre les sanctions contre la Russie sur le plan énergétique. Nous adopterons bientôt au niveau européen un paquet de sanctions qui va permettre notamment d'accroître la pression et de lutter contre la flotte fantôme. Vous savez, ce qui est utilisé par la Russie pour contourner les sanctions en mer du Nord et en mer Baltique. Donc, là encore, c'est cet effort diplomatique de la France qui a permis de réaligner les Européens, les Américains, dans le soutien à l'Ukraine face à la guerre d'agression de la Russie.
> Les Français ne s'intéressent pas à la politique politicienne et à la tambouille du Parlement européen. Ce qu'ils voient, c'est ce qu'il y a dans la rue, et comment on peut maîtriser nos frontières extérieures, contrôler l'immigration et faire exécuter les OQTF. Aujourd'hui, il y a 20% d'obligation de quitter le territoire européen qui sont exécutés sur le sol européen. Donc, ce texte, il va permettre de renforcer les mécanismes de rétention administrative, de faire du retour forcé, la norme, de pouvoir traiter en priorité les immigrés dangereux qui représentent un trouble à l'ordre public, de pouvoir faire des fouilles administratives. Voilà. Ça, ça renforce le pouvoir des Etats membres pour faire respecter leurs frontières, pour faire respecter le droit. Et moi, ce que je vois, c'est que Marine Le Pen avait dit initialement " C'est un texte mortifère. Nous allons nous battre de toute notre force ", et finalement, ses députés l'ont voté. Mais la question que je me pose, c'est... Vous parlez des débats qu'on peut avoir au sein de notre famille politique, j'en conviens. Mais que pense le RN ? Que pense le RN sur l'Europe aujourd'hui, sur la Russie ? Que pense le RN sur l'immigration ? Que pense le RN sur les retraites ?
> [Présidentielle] J'ai toujours plaidé pour qu'on ait une alliance du centre et de la droite. C'est ce que nous avions fait. Vous savez, on appelait ça le socle commun à un moment. Ça ne veut pas dire qu'on n'a pas des débats.
> Je vous parle de sujets de fond pour les
Français. Qu'est-ce qu'on fait pour la sécurité et l'autorité ? Qu'est-ce qu'on
fait pour réformer ? Est-ce qu'on continue à porter une voix ambitieuse sur la
scène européenne et sur les questions internationales ? Ça, c'est des sujets
sur lesquels je pense que nous avons des choses à apporter, des choses à
offrir, au sein de ma famille politique. Je suis, vous le savez, membre de
Renaissance. Mais que nous avons intérêt aussi à travailler avec les autres,
parce que la fragmentation, la division, ce sera le meilleur cadeau à faire à
Jean-Luc Mélenchon et à Jordan Bardella. (…)
J'ai fait partie de ceux qui ont signé une lettre, avec Maud Bregeon et
d'autres, appelant à un rassemblement, qu'il y ait une procédure pour
sélectionner un candidat de rassemblement, derrière un projet, encore une fois,
de transformation ambitieuse que je ne veux pas. Et je me battrai de toutes mes
forces pour ne pas laisser une alternative mortifère entre l'extrême gauche et
l'extrême droite détermine l'avenir de mon pays.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Je souhaite qu’il y ait demain une Maison des Femmes dans chaque
département. À Thionville, j’ai inauguré la première Maison des Femmes de
Moselle, la 33e en France. Pour que chaque femme victime de violences puisse
trouver près de chez elle un lieu où être écoutée, soignée, accompagnée et
protégée.
> Les nations qui comptent et qui continueront de compter demain sont celles qui innovent, qui produisent et qui savent se défendre. À Eurosatory, nos entreprises démontrent chaque jour leur capacité à inventer, à accélérer et à adapter notre base industrielle et technologique de défense aux réalités du monde. La France a les talents, les technologies et l'ambition qu'il faut pour rester à la hauteur.
> « Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates, comme on allume des flambeaux » disait Victor Hugo. Le 18 juin 1940, le général de Gaulle allumait la flamme de la Résistance française. Son message résonne encore : ne jamais céder. Toujours croire en la victoire. Unis, debout pour notre République, soyons les gardiens de cette flamme.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Quelques heures après son entrevue avec Jordan Bardella, le président
polonais retire la plus haute distinction du pays accordée à Volodymyr
Zelensky. Logique, pour un parti, le RN, qui défendait en 2022 une alliance
militaire avec la Russie.
> Dès le début de ma campagne, j’ai posé 4 priorités pour le pays. L’IA en faisait partie. Ma vision de l’IA, ce n’est pas un bureau à Paris avec 4 startupeurs. C’est le terrain. Les entreprises, partout, qui peuvent gagner en productivité si on leur en donne les moyens. Comme dans cette exploration de Lévis-Saint-Nom. Ce que j’y ai vu, c’est une agriculture qui s’empare de l’IA au lieu de la subir. Moins de paperasse. Moins de temps perdu à ressaisir deux fois la même donnée. Plus de temps pour le troupeau, pour les champs, pour ce qui fait le métier. Les outils développés ici partent d’un besoin réel : suivre un élevage, transmettre un savoir-faire, organiser une équipe. Rien de pensé depuis un laboratoire, tout pensé avec les agriculteurs eux-mêmes. Et c’est ça qui m’intéresse le plus : transformer des décennies d’expérience agricole en données qui se transmettent. Des fermes plus solides. Plus faciles à reprendre pour la génération qui arrive. J’ai vu une France capable d’être à l’avant-garde sur une IA utile, souveraine, ancrée dans nos territoires. C’est cette France-là que je veux porter au pouvoir.
> Ce qui se joue aujourd'hui à VivaTech, c'est notre indépendance de demain. Nous ne serons les vassaux technologiques de personne. Fiers de nos entrepreneurs !
> L'intelligence artificielle n'est pas qu'une révolution technologique, c'est la condition de notre souveraineté. Ce matin à Viva Tech, j'ai vu une LaFrench Tech prête à conquérir le monde. Notre objectif est clair : faire de la France la 1ère puissance d'Europe en 10 ans. Nous avons les talents !
> Si la France avait eu la même croissance de productivité que les États-Unis depuis 25 ans grâce au numérique, le salaire médian en France serait de 3 300 € net par mois au lieu de 2 200 € net.
> La transformation de nos entreprises ne se fera pas sans la formation des salariés. Maîtriser les outils, maîtriser l'intelligence artificielle, ce sont des meilleurs salaires demain pour le Français.
> Quand on parle d’intelligence artificielle, beaucoup imaginent spontanément des laboratoires de recherche ou des start-ups, et pourtant, c’est ici que ça se joue. L’IA peut faciliter la vie des agriculteurs, mieux gérer leur exploitation, améliorer la productivité mais aussi le bien-être des animaux. Je veux une IA au service des hommes, une IA qui nous aide et qui décuple nos capacités.
> C’est bien l’homme qui doit dominer l’IA et jamais l’inverse. Alors je veux faire de l’IA une opportunité pour tous les métiers. Tout au long de la campagne, je me rendrai partout en France pour montrer ce qu’elle apporte quand elle est au service de l’Homme.
● MoDem
François Bayrou (président)
> Depuis 50 ans, aucun budget n'a été voté en équilibre en France. 50 ans ! Nous
sommes au bord de la catastrophe. Nous sommes désormais submergés par les
conséquences de notre insouciance.
> Mon livre est sans doute une imprudence. Une de plus. Dire la vérité est un sport dangereux.
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à
l’Assemblée nationale)
> On a parfois raillé son obsession de la dette. Dès 1993, puis à chacune de
ses présidentielles (2002, 2007, 2012) on a tenu ses mises en garde pour
accessoires. « Alerte sur la France qui vient » est donc l'avertissement
décisif de Bayrou: si nous ne réglons pas cette question, les jeunes paieront
le prix de nos renoncements dans un monde devenu dur et incertain. Ils le
paieront, hélas, très cher. Voilà l'enjeu de 2027 : non pas qui promettra le
plus, qui fera les plus gros meetings ou décrochera les ralliements les plus
spectaculaires. Celui, autrement plus grave, de préserver notre souveraineté et
de garantir un avenir aux générations futures. Je recommande vivement cette
lecture à l'heure où le temps des décisions courageuses doit s'imposer. Et je
salue la constance et le courage d'un homme qui, depuis trente ans, dit la même
vérité sans jamais se renier.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Cher Abir Alsahlani , Parce que vous vous êtes élevée contre le racisme
exprimé dans notre hémicycle par des membres d’extrême droite, vous êtes
vous-même devenu la cible d’une attaque honteuse. Le commentaire disant qu’il
faut « rentrer chez soi » n’est pas un désaccord politique. C'est une insulte
raciste. Il s’agit d’une tentative brutale de nier votre place, votre voix et
votre légitimité en tant que représentant européen. Je veux que vous sachiez,
personnellement et sans équivoque, que nous sommes à vos côtés. Vous êtes plus
fort que l’ignoble racisme exprimé par ce membre du ECR. Abir, votre courage,
votre dignité et votre détermination honorent notre Parlement chaque jour. Vous
savez à quel point nous vous soutenons et à quel point nous sommes fiers de
vous compter parmi nous dans Renew Europe.
Et au-delà de notre famille politique, des millions d’Européens sont fiers de
vous avoir pour représentante : une femme qui ne baisse jamais la tête devant
la haine. Il y a des moments où le silence devient complice. Ce n’est pas un de
ces moments. Nous ne détournerons pas le regard, nous n’avancerons pas et nous
ne permettrons pas que cela soit balayé comme un simple commentaire de plus. Nous
traçons ici une ligne. Nous ne ménagerons aucun effort pour exiger des comptes
et nous écrivons donc à la présidente du Parlement européen aujourd'hui,
demandant des sanctions. Le racisme n’a pas sa place dans nos institutions, et
ceux qui le propagent doivent faire face aux conséquences de leurs actes.
Vous n'êtes pas seule dans ce combat. Nous sommes à vos côtés, aujourd'hui et
chaque jour. Avec toute mon amitié, mon admiration et ma solidarité.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
>À Viva Tech, la France et l’Europe démontrent leur force d’innovation.
Notre défi : transformer cette excellence en leadership technologique et
industriel.
> À Château-Thierry, au Congrès des petites villes,
j’ai rappelé une conviction : les petites villes sont au cœur des grands défis
français. Elles rassemblent 40% des Français et 70% des emplois industriels.
Aménagement du territoire, transports, démographie… elles sont aussi au cœur de
nos travaux !
> Quelle est la conjecture de l’industrie en France, après des décennies de déclin ?
On a connu un nombre de résultats favorables ces dernières années, notamment depuis 2017. On a stoppé le mouvement de désindustrialisation avec plus d’ouvertures de sites industriels que de fermetures, malgré le ralentissement qu’on a pu connaître économiquement en 2024-2025.
On a recréé 130.000 emplois nets et 300 sites supplémentaires nets. C’est la conséquence d’un discours et d’actes favorables à l’attractivité, notamment par le biais d’une politique fiscale et de l’offre, qui a commencé à la fin du mandat de François Hollande et s’est poursuivie durant les deux mandats d’Emmanuel Macron. Cette stabilité dans la politique est favorable à l’installation car elle donne de la confiance aux investisseurs.
> Une visite passionnante et éclairante ce mercredi à Eurosatory. Un rendez-vous clé pour les enjeux de défense et de sécurité, une reconnaissance internationale pour nos industriels et nos armées. Face aux nouvelles menaces : anticiper et planifier, investir et innover.
> « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre, et ne s’éteindra pas. » Le 18 juin 1940, le général de Gaulle refusait la fatalité. Fidèle à l’esprit français. Honorons la mémoire de celles et ceux qui ont résisté pour une France libre.
> l’industrie européenne est en danger de mort, il faut la PROTÉGER ! Les lignes bougent…
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Les prédateurs s’organisent. Nous les traquerons sans relâche.
> La lutte contre le harcèlement scolaire ne se gagne pas par silence. Elle exige l’écoute des victimes, la responsabilisation des auteurs et faire de la prévention une priorité. Projection de Braver l'ombre, un documentaire qui met des mots et ouvre un chemin vers la résilience.
> La révolution parentale au sein de l'entreprise ne se décrète pas. Elle se construit collectivement. Entreprises, partenaires sociaux, managers : chacun a un rôle à jouer pour accompagner les familles et faire de la parentalité un levier de progrès social.
> La jeunesse ne tourne pas la page de notre Histoire : elle la fait vivre. Transmettre la mémoire de la Résistance, c’est transmettre le courage de ne jamais renoncer à la liberté.
