Voici une sélection, ce 14 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Déclaration lors de la rencontre avec Mark Carney, Premier ministre du
Canada] Monsieur le Premier ministre, très cher Mark. Il y a un peu plus d'un
an, vous choisissiez la France pour votre première visite à l'étranger, ce qui
est un immense honneur que nous n'avons pas oublié.
Plus récemment, nous nous sommes entretenus à Erevan, en marge du huitième
sommet de la Communauté politique européenne, quelques mois plus tôt lors du
Forum économique mondial ou encore en marge de la réunion de la Coalition des
volontaires. Tout cela signe la grande convergence de vues, la proximité, le
partenariat entre le Canada et la France. En effet, si je puis dire
aujourd'hui, plus que jamais, nous avons une même lecture du monde.
Nous constatons que l'ordre international est fragmenté, qu'il est marqué par
le retour des rapports de force, par la contestation des règles communes, par
la coercition économique, par les ingérences, les luttes informationnelles. Au
fond, nous croyons dans l'État de droit, dans l'ordre international, dans la
science, dans le changement climatique et ce qu'il implique, dans le respect de
nos valeurs démocratiques et leur protection, et dans la protection aussi de
notre enfance. Ce constat, nous l'avons dressé l'un et l'autre, et face à cela,
nos deux pays partagent la même conviction : les démocraties doivent être
lucides, fortes et capables d'agir ensemble. Nous devons renforcer notre
autonomie de décision, notre sécurité économique, notre résilience
industrielle, énergétique et technologique, en un mot, notre souveraineté.
Ce qui n'est en aucun cas un choix de repli, mais une condition pour être des
démocraties capables de protéger leurs citoyens et défendre leurs intérêts.
Notre relation bilatérale s'inscrit dans une dynamique plus large, celle du
rapprochement stratégique entre le Canada et le continent européen. À cet
égard, je veux dire combien, il y a quelques semaines, le sommet que j'évoquais
de la Communauté politique européenne a été un moment important, puisque le
Canada a été le premier pays géographiquement non-européen à être invité comme
observateur. Mais au fond, votre présence à Erevan disait combien le Canada est
un pays politiquement et géo-stratégiquement profondément aligné avec l'Europe
et réciproquement. C'était un signal politique fort, le symbole de ce qui nous
unit, ses valeurs partagées, un attachement commun à un système international
fondé sur des règles et des normes agréées.
Nous allons évoquer aujourd'hui ensemble des sujets évidemment centraux comme
les enjeux de sécurité et de défense. Vous avez pris depuis votre arrivée aux
responsabilités des décisions importantes d'augmentation du budget canadien de
la défense, la France a fait de même ces dernières années. Nos industries de
défense ont des complémentarités réelles. L'enjeu est évidemment maintenant de
passer de la convergence politique à des coopérations industrielles concrètes,
durables, mutuellement bénéfiques. Mais je veux souligner combien votre
présence dans les grandes coalitions, en particulier la Coalition des
volontaires aux côtés de l'Ukraine, est un signe important aussi de cette
cohérence, y compris opérationnelle et militaire.
Nous voulons également travailler sur plusieurs secteurs stratégiques,
essentiels pour notre souveraineté : l'intelligence artificielle, le
quantique, le nucléaire civil, les minerais critiques et stratégiques, la
transition énergétique et d'autres encore. La France et le Canada, l'Europe et
le Canada ont des partenariats essentiels à bâtir et renforcer dans ces sujets.
Ces thèmes, d'ailleurs, seront au cœur de notre G7.
Nous parlerons aussi d'économie et de commerce. Le contexte est connu, les
tensions commerciales sont mauvaises pour la croissance économique. Nous
croyons tous deux à un libre-échange fondé sur les règles au profit de tous,
sur le refus des logiques de coercition économique. A la veille du sommet
d’Évian, nous avons pu lancer hier, ensemble, et je vous en remercie, avec nos
autres collègues du G7, avec également la Chine, le FMI, les pays partenaires
qui seront présents à Évian, une discussion importante sur la résorption des
déséquilibres macroéconomiques mondiaux à l'occasion du sommet de convergence
mondiale pour la croissance. Nous poursuivrons également ces échanges dans
quelques jours.
Nous aborderons également ensemble la question de la protection des mineurs en
ligne, nous partageons là le même objectif : avant un certain âge, nos
enfants ne doivent pas être exposés à des contenus dangereux et leur cerveau ne
peut être capté par des algorithmes addictifs et opaques. Plus nous sommes
nombreux à le dire, plus nous pouvons peser sur la régulation dans ce domaine.
Là encore, au moment où 14 États membres de l'Union européenne, les
Britanniques aussi nous ont rejoints dans cet effort, le fait que le Canada
prenne une telle décision quelques mois après la mise en place par l'Australie,
qui a été aux avant-postes de celle-ci, eh bien nous nous mettons dans une
coalition très cohérente avec ce que je dis depuis tout à l'heure. Ce sont ces
pays qui pensent la même chose sur les questions de sécurité et de défense, sur
la protection des démocraties, sur la protection des mineurs, sur le commerce
aussi.
Nous évoquerons naturellement l'Ukraine et le Proche et Moyen-Orient. Le Canada
et la France sont des puissances de paix, nous maintenons depuis maintenant 4
ans notre soutien à l'Ukraine, rejetant les menaces de la Russie, condamnant
l'escalade irresponsable de Moscou. Je l'évoquais, votre présence et votre
soutien constant au sein de la coalition des volontaires est un signe très fort
à cet égard. Au Proche et Moyen-Orient, nous partageons le même attachement au
respect du droit international, à la résolution des conflits par la diplomatie,
et c'est cette voie qui permettra, je l'espère, d'aboutir très prochainement à
l'accord entre les États-Unis d'Amérique et l'Iran. Nous nous tenons prêts,
quant à nous, à contribuer à sa mise en œuvre en accompagnant la reprise sans
condition du trafic dans le détroit d'Ormuz et en apportant notre expertise et
notre soutien à un accord global. Celui-ci devra être robuste sur les volets
nucléaires et balistiques ainsi que sur la stabilité régionale.
À cet égard, là aussi, le Canada et la France, ensemble depuis le début,
défendent la souveraineté, la sécurité, l'intégrité territoriale du Liban pour
donner sa chance à la paix et accompagner les efforts des autorités libanaises
pour assurer leur mission de souveraineté et lutter contre toute forme de
terrorisme.
Enfin, je veux ici rappeler qu'aucune stabilité durable pour la région n'est
possible sans la stabilisation de Gaza et la mise en œuvre de la solution des
deux États. Celle-ci, qu'il y a un an ensemble, nous avons défendue par un
mouvement diplomatique commun avec plusieurs autres pays amis. Celle-ci est
dans les faits plus menacée que jamais par des décisions irresponsables, et
nous souhaitons ici réitérer notre soutien, évidemment, à la déclaration de New
York d'il y a bientôt un an, notre attachement collectif aussi aux sociétés
civiles palestiniennes et israéliennes, lesquelles sont d'ailleurs réunies en
ce moment même à Paris.
Monsieur le Premier ministre, cher Mark, le Canada et la France partagent
aujourd'hui plus qu'une amitié ancienne, plus qu'une culture, une histoire, une
langue commune, qui sont évidemment ô combien importantes et que nous
chérissons ensemble. Nous partageons une même lecture stratégique du monde, des
actions communes, une volonté de renforcer notre autonomie stratégique, une
conviction que nos démocraties ont un rôle essentiel à jouer dans l'ordre
international. Quelques jours avant le sommet du G7, cette convergence
franco-canadienne est un moteur au service de cet agenda et au service de nos
deux pays. Je vous remercie très sincèrement de votre présence à Paris
aujourd'hui, de ce moment d'amitié et de travail, et de cette communauté de
valeurs et de vues ainsi réaffirmée.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Narcotrafic / Grâce aux mesures contenues dans la loi du 13 juin 2025, ce
sont, depuis 1 an : 3001 interdictions de paraître, 176 fermetures de commerce
liés au trafic, 366 expulsions de locataires de leur logement pour nuisances
liées au trafic] Je remercie l’ensemble des préfets de France pour leur
implication quotidienne et constante dans la lutte contre le narcotrafic. Des
résultats concrets et visibles sont obtenus, notamment grâce aux dispositions
administratives nouvelles. On ne lâche rien.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Les Européens vont continuer de soutenir l’Ukraine et les autorités russes
auraient tort de penser que ce soutien va s’affaiblir. La pression sur la
Russie va continuer de s’accentuer.
> Aves les États-Unis, nous sommes alliés mais nous ne sommes ni alignés ni des vassaux.
> Nous vivons dans une époque qui est très incertaine, où il y a une forme d’imprévisibilité dans les décisions de l’administration américaine.
> Xenia Fedorova est une propagandiste patentée. Lui ouvrir des colonnes ou des studios, c’est servir la soupe de Vladimir Poutine.
> Nous n’écartons pas la possibilité de discussions avec les autorités Russes, à condition qu’elles soient coordonnées avec les Ukrainiens.
> [Israéliens et Palestiniens] Il est indispensable que, dans ces deux peuples, les voix appelant à la réconciliation puissent être soutenues.
> [Accord annoncé entre l’Iran et les États-Unis] Nous appelons à conclure un accord. (…) Les signaux positifs s’accumulent, mais nous restons prudents. (…) Cet accord sur le nucléaire iranien ne suffira pas. D’autres préoccupations majeures doivent être traitées, notamment l’arsenal de missiles de l’Iran, mais aussi son soutien à des groupes terroristes.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Réunion de travail ce matin à Bercy pour la préparation du Budget 2027.
Avec le ministre des Comptes Publics, nous défendons les priorités qui comptent
: protéger les enfants, mieux prendre en charge les personnes en situation de
handicap et renforcer les moyens pour la santé publique.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> [Loi sur les violences sexuelles et protection de l’enfance] Notre
responsabilité, c’est de mettre un terme aux violences sexuelles, notamment
celles dont nos enfants sont les victimes. Ce sont les crimes les plus
insupportables, ceux qui anéantissent. Les empêcher est une priorité nationale.
Nous allons faire vite, efficace et collectif. Le 15 juillet, l’examen du projet
de loi sur la protection de l’enfance débutera à l’Assemblée. Nous y ajouterons
des mesures supplémentaires pour mieux protéger les victimes et davantage
sanctionner les auteurs. Notamment pour permettre de condamner à perpétuité
ceux qui ont violé des enfants ou motiver le classement sans suite.
De nombreux travaux ont eu lieu : des commissions d’enquête, une
proposition de loi intégrale, des travaux que j’ai moi-même conduits pendant
six mois avec les parlementaires de tous les groupes politiques. Le consensus
est possible. D’ailleurs, nous avons transmis au Conseil d'État, pour examen,
la proposition de loi intégrale, défendue par une centaine de parlementaires de
tous bords. Et lundi, à Matignon, nous réunissons avec le Premier ministre les
parlementaires qui ont travaillé sur ces sujets pour examiner collectivement
les mesures qui sont nécessaires. En clair, tout ce qui doit encore être fait
sera fait.
> [Loi sur les violences sexuelles et protection de l’enfance] Je rappelle que, contrainte budgétaire ou non, nous avons fait déjà beaucoup. En créant des salles d’audition dédiées pour les enfants victimes de violences, des maisons de protection des familles avec des gendarmes formés dans tous les départements ou en garantissant le dépôt de plainte pour les femmes et les enfants victimes de violences et le recueil de preuves – même sans plainte – directement à l’hôpital. Tout cela n’existait pas il y a quelques années. C’est aujourd’hui un contentieux de masse qui nécessite encore plus de moyens. L’effort sera maintenu pour la justice et les associations. C’est une nécessité.
> [Mort de Lyhanna] C’est une révolution à laquelle nous assistons. Un « MeToo » des enfants. Toute la société est en train de prendre conscience de l’ampleur du phénomène des violences sexuelles. Des parents ont enterré leur petite fille et il n’y a pas plus insupportable au monde que d’avoir à affronter cette épreuve. Au-delà, un mouvement sociétal extrêmement puissant est en train de s’engager. Cela concerne la justice, la police, mais aussi l’Éducation nationale, la santé, le monde associatif et, bien sûr, les familles. Parce que le lieu le plus protecteur peut aussi devenir le lieu où les violences sont infligées. Nous n’avons pas le droit de faillir collectivement.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> L’ultra fast-fashion est un fléau qui porte atteinte non seulement à la
planète mais aussi à notre modèle économique. La proposition de loi
d’initiative parlementaire permet de fixer des règles de marché claires tout en
protégeant l’emploi français.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> « Le monde a été conçu par d’autres et pour d’autres. Il faut repenser ce
modèle et faire avancer ce changement, guidé par l’expérience des personnes
handicapées. »
C’est par ces mots qu’António Guterres, Secrétaire général des United Nations,
a ouvert la Conférence des États signataires de la Convention relative aux
droits des personnes handicapées.
20 ans après son adoption, la Convention est une boussole pour orienter nos
politiques publiques nationales.
À l’international, la France continuera d’être un acteur du multilatéralisme
engagé pour garantir l’effectivité des droits des personnes concernées.
● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Après le vote du Sénat, la commission des lois de l’Assemblée nationale
n’a pas adopté ce matin le projet de loi « Justice criminelle et respect des
victimes », pourtant amendé et amélioré dans cette même commission. Ce texte
sera donc présenté en séance de l’Assemblée nationale la dernière semaine de
juin, dans sa version sénatoriale. Dans ce moment si difficile, si délicat,
pour renforcer la confiance du peuple français dans l’institution judiciaire,
il m’apparaît nécessaire et responsable de proposer au Parlement de travailler
à l’efficacité de notre justice, pour les victimes, pour les acteurs de la
justice, de la manière la plus consensuelle possible. Cette future loi est très
importante : elle crée une soixantaine de cours criminelles supplémentaires et
réduira donc fortement les délais pour obtenir une audience, un procès, une
décision alors qu’il faut aujourd’hui attendre près de 6 ans pour juger un
viol. Cette loi permet également d’améliorer les enquêtes grâce aux preuves
génétiques et de rationaliser le traitement des nullités de procédure. Les
débats au Sénat ont également permis des avancées majeures sur l’assistance par
avocat des victimes dès le dépôt de plainte ainsi que sur la formation
obligatoire des magistrats siégeant en cour criminelle en matière de violences
sexuelles. Une mesure est particulièrement discutée : le plaider-coupable en
matière criminelle. La commission des lois de l’Assemblée nationale avait
accepté de la conserver, en le réduisant aux braquages et aux coups mortels
ainsi que je l’avais proposé. Elle a toutefois voté contre le texte. Dans un
esprit de responsabilité et afin de répondre à l’urgence d’amélioration de
notre justice criminelle, il me parait nécessaire de proposer à la
représentation nationale le retrait de cette disposition, faute de consensus.
Un travail d’approfondissement de ce sujet, dans un climat apaisé, pourra être
conduit dans les prochains mois, sous l’égide de la Commission des lois, afin
que cette mesure utile aux Français et en vigueur chez nombre de nos voisins
européens, puisse être expérimentée dans notre pays.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> Soit on joue selon les règles du jeu, soit on quitte le terrain.
Lundi, j'ai reçu les conclusions du groupe de travail du Conseil national du
Commerce sur les plateformes de e-commerce extra-européennes : un rapport, huit
propositions.
Et surtout une convergence de tout le secteur sur un même constat : certains
acteurs respectent nos règles. D'autres non. Cette asymétrie est insoutenable,
il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures.
Ce n'est pas un rapport de plus. C'est la traduction d'un combat partagé. Ce
combat date de mes premiers pas à Bercy.
Les chiffres sont accablants : sur près de 700 prélèvements réalisés par la DGCCRF,
75% sont non conformes, 46% sont dangereux.
Nous agissons d'ores et déjà. Pour preuve : une amende de 200 millions d'euros
de la Commission européenne pour Temu il y a quelques jours et une autre de 22
millions d'euros pour Shein la semaine dernière.
Un commerçant français, un artisan, une enseigne de centre-ville respectent les
normes produits et se conforment aux obligations environnementales. Tout cela a
un coût légitime.
Pendant ce temps, des plateformes étrangères arrivent avec des produits
dangereux et des prix cassés. C'est de la concurrence déloyale pour nos
commerçants et une menace pour les consommateurs.
Le rapport propose des solutions concrètes que nous portons en France et à
Bruxelles, pour continuer la lutte. Nous ne lâcherons pas.
Jouez avec les règles du jeu ou quittez le terrain.
> Le 17 juin prochain, la proposition de loi
anti-fast-fashion passera en Commission mixte paritaire. C'est une étape
importante de notre combat.
Des plateformes de e-commerce hors Union Européenne, qui nous inondent de leurs
produits, se présentent comme des alliées du pouvoir d'achat.
C'est faux. Ce sont des vêtements de mauvaise qualité, produits dans des
conditions douteuses et acheminés massivement par avion.
En bref, ce n'est pas du pouvoir d'achat : c'est un risque pour le
consommateur, pour notre environnement, et une concurrence déloyale pour nos
commerçants et nos industriels qui, eux, jouent le jeu.
Cette proposition de loi, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale en
2024 puis par le Sénat en 2025, est une première en Europe.
Elle repose sur trois mesures concrètes.
- Un malus pouvant atteindre 50% du prix du produit, applicable dès le 1er
septembre 2026, ciblant les acteurs de l'ultra fast-fashion tout en protégeant
nos entreprises françaises et européennes.
- L'obligation d'afficher des messages de sensibilisation au réemploi, à la
sobriété et au recyclage sur ces plateformes.
- L'interdiction de toute publicité pour ces produits.
Ce texte, c'est la juste réponse à un marché qui ne l'est pas.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> La reconquête de notre souveraineté alimentaire ne se décrète pas à Paris
: elle se construit dans chaque territoire ! En Normandie aujourd’hui, j’ai
assisté aux conclusions des conférences régionales de la souveraineté
alimentaire lancées en décembre dernier. Une mobilisation inédite et collective
des agriculteurs, filières, collectivités et élus pour anticiper l’avenir de
notre agriculture et fixer les objectifs de souveraineté pour les années à
venir. La dynamique existe. Les projets existent. Les territoires ont parlé et
l’État sera au rendez-vous pour transformer ces propositions en actes concrets.
Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du
territoire et de la Décentralisation)
> Plus de 2800 maisons France services sont aujourd'hui implantées partout
en France, permettant à chacun de trouver une maison France services à moins de
20 minutes de chez soi.
Alice Rufo (ministre déléguée auprès du ministre de
l’Intérieur de la ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Le droit à réparation, c'est le pilier sur lequel la France a fondé sa
relation avec le monde combattant depuis plus d'un siècle. Un édifice construit
blessure par blessure, parcours par parcours, mais qui doit aujourd'hui faire
face aux défis de la haute intensité. Lancée en avril, j’ai ouvert la première
session des Assises du monde combattant, consacrée à ce sujet fondamental,
creuset de l'engagement. Experts juridiques, chercheurs, hauts fonctionnaires
et officiers généraux ont réfléchi ensemble : comment simplifier les
procédures, fluidifier les parcours de la blessure à la reconstruction, mieux
coordonner les acteurs, tout en préservant l'humain au cœur du dispositif. Car
l'État ne pourra jamais effacer une blessure de guerre. Mais il a le devoir d'accompagner
pleinement la reconstruction de celles et ceux qui ont accepté de porter cette
blessure pour lui.
> Entretien avec M. Viktor Makhmudov, Secrétaire du Conseil de sécurité nationale auprès du Président d'Ouzbékistan. Nous avons échangé sur la coopération de défense entre nos deux pays, déjà substantielle en matière opérationnelle et capacitaire et les perspectives pour l'approfondir et la renforcer. La France et l'Ouzbékistan partagent une volonté commune d'approfondir leur dialogue sur les questions de sécurité et de défense.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> La décision de l’administration Trump d’interdire aux ressortissants
étrangers l’accès au dernier modèle d’Anthropic marque un accélérateur de la
bataille géopolitique de l’IA. L’intelligence artificielle n’est pas un simple
actif économique. Le roi est nu. Les États-Unis assument désormais ouvertement
l’IA comme un instrument stratégique relevant de la sécurité nationale. Une
arme de domination à ne pas mettre entre toutes les mains. Ceux qui, en Europe,
continuent de s’opposer à la préférence européenne ou à l’autonomie stratégique
dans le domaine technologique au nom d’une vision naïve du marché doivent
regarder la réalité en face. Et ne nous racontons pas d’histoires : démocrates
ou républicains, les successeurs de Donald Trump ne reviendront pas sur ce type
de décision. Le contrôle sur les modèles est une accélération de la pratique de
Biden de restrictions des exportations sur les chips. L’Europe ne peut pas se
contenter d’être un marché ouvert dépendant des technologies conçues, financées
et contrôlées ailleurs. Elle doit investir davantage, soutenir ses innovateurs
et se donner les moyens de maîtriser les technologies qui détermineront la
puissance au XXIe siècle. Nous ne pouvons pas faire l’impasse sur ce débat.
> On aurait tort de sous estimer la signification de l’entrée en bourse de Space X et la portée de l’ambition de son fondateur Elon Musk. C’est un moment de bascule majeur. Fusées réutilisables, vols habités vers Mars, data centers dans l’espace: les rêves de Musk, que nous avons trop souvent accueilli avec dérision, ont sorti la NASA de sa torpeur et relancé la course à la conquête spatiale. On peut, comme moi, admirer cette volonté de repousser la frontière, de redevenir une civilisation d’exploration, et mesurer le défi immense que cela représente pour notre Europe. Car derrière l’aventure entrepreneuriale se cache un enjeu majeur de souveraineté : accès autonome à l’espace, risques de militarisation, protection des communications sécurisées, accès aux données, peut-être demain à la capacité de calcul de l’IA, etc. Les États-Unis l’ont bien compris en subventionnant les tirs de Musk pour lui permettre de défier la concurrence dans ses lancements commerciaux. Comme le décrit le fondateur de Palantir, Alex Karp, dans son ouvrage saisissant « The Technological Republic », après s’être concentrés pendant des décennies sur des « consumer products » et du software, le secteur de la tech américaine se réconcilie avec l’industrie au service d’un projet de puissance. Nous ne pouvons rester spectateurs. Ne sous-estimons pas nos forces. Nous avons les acteurs industriels historiques, une capacité de lancement autonome avec Ariane, mais aussi les start ups de la New Space. Nous avons su rattraper notre retard dans le passé avec le succès de programmes comme Galileo, le GPS européen. Mais pour passer à l’échelle, simplifions nos règles et investissons massivement: le prochain budget européen (CFP) devra répondre à cette exigence. Et cessons la naïveté: comme les autres, utilisons la commande publique pour soutenir nos acteurs européens. Le déploiement du projet de communications sécurisées de la commission européenne IRIS2 sera l’un des premiers tests. Nous aussi rêvons d’espace !
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> À neuf mois d’une
présidentielle avec un Parlement qui n’a aucune majorité, on a déjà besoin
d’assurer un budget. Je plaide pour qu’il soit sobre et technique, raisonnable
et qu’il soit adopté rapidement à l’aide d’un 49.3. On a aussi besoin d’une stabilité
fiscale des entreprises.
> Nous avons besoin
d'une transformation de la démocratie. Elle doit être plus oxygénée et doit
prendre en compte la parole de tous. Nous avons déjà modifié 25 ou 26 fois
la Constitution, nous pouvons l'ajuster. Il faut associer les citoyens, à
travers les conventions, les référendums.
On doit donner plus de pouvoir au Parlement, œuvrer à davantage de
décentralisation et de déconcentration. On parle de suradministration, on subit
une surcentralisation aussi. Ceci dit, l'Assemblée avance, même si ça ne se
voit pas toujours. On a voté 116 textes depuis 2024, sur
l'agriculture, la défense, etc. Mais c'est cahin-caha et conflictuel. On a
besoin de davantage d'écoute, à tous les niveaux. Par exemple, la convention
citoyenne sur la fin de vie nous a beaucoup éclairés. Nous reprenons le texte
le 22 juin et nous aurons un vote définitif le 15 juillet, le
processus démocratique aura été exemplaire.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Mort de Lyhanna] L’État a failli dans cette affaire. La responsabilité de
l’État la plus importante, c’est de protéger les Français, notamment les plus
vulnérables d’entre eux, les enfants. Ce qu’il y a d’insupportable avec ce
drame, c’est que ce meurtre aurait pu être évité si la justice avait fonctionné
correctement. Évidemment, tous ceux qui ont exercé des responsabilités, et j’en
fais partie, doivent s’interroger sur ce qui a été fait et ce qui n’a pas été
fait ces dernières années pour que la justice puisse accomplir sa mission. Dans
cette affaire, quelqu’un devra payer. Les Français ont le droit de savoir ce
qu’il s’est passé. Car nos enfants sont sacrés.
> Le minimum de mesures de protection, c'est se rendre coupable. Désormais, dans tout le périscolaire, on ne recrute plus un seul animateur qui n'a pas attesté de son absence sur le fichier des prédateurs sexuels.
> On a aujourd'hui une situation où vous avez des juges qui décident d'une peine et où après, il y a quasiment un nouveau procès qui démarre avec le juge d'application des peines qui vient amoindrir la peine. Je propose de supprimer le juge d'application des peines.
> Sur le terrorisme, on a toute une chaîne pénale qui est organisée. Il faut faire pareil sur la pédocriminalité. On doit avoir un parquet national dédié à la lutte contre la pédocriminalité.
> La guerre de l’IA a déjà commencé. Et il n’y aura que deux camps : les gagnants et les perdants. La prochaine élection présidentielle ne pourra pas faire l’impasse sur ce sujet, au risque de la vassalisation totale de la France. Nous avons des atouts : une impulsion politique depuis plusieurs années, des pépites françaises comme Mistral, et des capacités de recherche. Mais il faut changer d’échelle. C’est l’un des quatre chantiers capitaux de ma campagne. À tous ceux qui méprisent ce sujet, nous disons que l’IA doit être traitée comme l'énergie ou les matières premières. Nous ne pouvons pas compter sur d'autres car cela nous rend vulnérables, la décision des États-Unis le montre. Anthropic est leur détroit d'Ormuz. C'est pourquoi je porte l'ambition que la France et l'Europe maîtrisent les compétences, l'énergie décarbonée, et considèrent la dépendance aux modèles étrangers comme un risque de sécurité économique. Je souhaite aussi agir pour que notre pays dispose des leviers de financement nécessaires pour passer à l’échelle, notamment à travers le développement de la retraite par capitalisation que je propose. Nous pouvons y arriver. Mais cela doit commencer maintenant.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Tribune co-écrite avec Nannette Lafond Dufour, présidente du Women's forum
for the economy: « G7 d’Évian : Liberté, Égalité, Compétitivité»] Depuis
plusieurs années, la France, fidèle à ses valeurs, porte une conviction
profonde : la performance économique et le progrès humain ne se croisent pas
par hasard et se nourrissent l’un l’autre. Aujourd'hui, face aux bouleversements
technologiques, cette vision va bien au-delà d’une ambition politique : c’est
un impératif de performance. Nous sommes entrés dans l’ère des ruptures
simultanées. L’intelligence artificielle questionne la valeur travail, la décarbonation
réinvente les chaînes de production, la course aux talents est devenue un enjeu
mondial majeur.
Considérer la place des femmes dans l’économie sous le seul angle de l’équité
ou de la responsabilité sociale serait une erreur stratégique majeure, car
c’est bien de compétitivité qu’il est question. En 2019, au G7 de Biarritz, le
Women’s forum appelait déjà à un accès effectif des femmes aux financements et
au leadership. Sept ans plus tard, l’enjeu a changé d’échelle. Les secteurs qui
commanderont la croissance mondiale de 2030 à 2050 sont identifiés : l’IA
générative, les infrastructures critiques, la deeptech, le quantique, les
énergies décarbonées... Or, les femmes sont encore les grandes absentes de ces
secteurs.
Ce constat dessine un paradoxe économique absurde. À l’heure où nos industries
manquent de main-d'œuvre, où les tensions de recrutement sur les métiers
techniques se font jour et où la souveraineté européenne est décrétée comme
priorité absolue, nos économies ne tournent pas à leur plein potentiel. Aucune
grande puissance ne peut prétendre mener la bataille technologique globale en
se privant de la moitié de ses cerveaux.
C’est le message que nous adressons au Président de la République alors que
s’ouvre le G7 d’Évian. Pour porter cette voix, une coalition inédite s'est
rassemblée. Géants du CAC40, licorne de la French Tech, fleurons familiaux,
acteurs de l’impact, nous représentons l’énergie, les transports, les services,
le luxe, l’intelligence artificielle, l’éducation, l’immobilier, la santé
durable ou encore le secteur bancaire : Arlequin AI, Groupe Caisse des
Dépôts, Groupe Duval, European Digital Group, Grandir Group, L’Oréal Groupe,
Mantu, Pileje laboratoire, RATP Dev, Groupe Revive et Schneider Electric. Notre
dénominateur commun n’est ni notre activité, ni notre taille, ni notre
histoire. Il repose sur une conviction : la parité n'est pas un indicateur de
conformité, mais un indicateur de réussite économique. Chacun, selon son
contexte, souhaite s’engager.
La parité n'est pas un indicateur de conformité, mais un indicateur de réussite
économique.
Notre dénominateur commun n’est ni notre activité, ni notre taille, ni notre
histoire. Il repose sur une conviction : la parité n'est pas un indicateur de
conformité, mais un indicateur de réussite économique. Chacun, selon son
contexte, souhaite s’engager.
Cette transformation systémique ne se décrète pas par la loi. Les politiques
publiques tracent la route, mais ce sont les entreprises qui en sont le moteur.
C’est par les modalités de recrutement sur le terrain, l’audit sans concession
des biais algorithmiques des solutions utilisées, le fléchage massif des
budgets de reconversion pour anticiper l’IA et la transformation des pratiques
managériales que nous ferons bouger les lignes.
La France a dès lors une responsabilité historique à Évian, celle de réaffirmer
que l’égalité entre les hommes et les femmes est un puissant levier de
prospérité. Permettre aux femmes de coder les algorithmes, de concevoir nos
réacteurs et de piloter nos réseaux logistiques n’est pas une question de
quotas. C’est un investissement évident et incontestable dans le PIB des pays
du G7.
Le combat n’est plus d’aménager la place des femmes dans l’économie d’hier. Il
est de leur permettre de participer pleinement à la construction de l’économie
qui s’invente sous nos yeux.
Le G7 est le lieu où doit être résolue cette équation : comment faire de
l’égalité entre les hommes et les femmes l’une des conditions de notre
puissance et de notre compétitivité ?
> Hier, le groupe Gauche démocrate et républicaine a présenté, à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures. Ce texte a été rejeté. Et c’est important. D’abord parce qu’il s’agit d’une fausse promesse faites aux populations locales et que les fausses promesses se transforment en colère et amertume. Cela fait plus de quarante ans qu’ont été enclenchées des campagnes d'exploration au large de la Guyane et aucune n'a débouché sur un gisement exploitable. TotalEnergies a cherché, et renoncé lui-même en 2019. L’adoption de ce texte aurait par ailleurs été un contresens historique. Investir beaucoup d’argent en prenant le risque de multiplier des contentieux, de laisser s’écouler de longues années pour finalement ne pas trouver de pétrole n’apporte aucune réponse rapide aux enjeux de développement de la Guyane. C’est d’autant plus inexplicable que la Guyane peut aujourd’hui investir dans les métaux critiques et les énergies renouvelables par exemple. Des secteurs d’avenir où les investisseurs se bousculent. Et quoi qu’on en dise, nous ne pouvons pas appeler le monde à sortir des énergies fossiles pour protéger notre capital naturel et limiter l’impact des catastrophes naturelles, tout en rouvrant, chez nous, la porte à de nouvelles explorations pétrolières. C’est contraire aux recommandations des scientifiques, c’est contraire à nos engagements internationaux et c’est faire le jeu des fossiles alors que la France est championne des énergies bas carbone.
Elisabeth Borne (députée)
> La politique est utile quand elle fixe un cap et s’en donne les
moyens. Le Plan Vélo que j’ai lancé comme ministre des Transports puis Première
ministre produit aujourd’hui des résultats concrets dans l’Ain :
infrastructures, industrie, formation des élèves. Les mobilités durables, c’est
une question d’écologie, de souveraineté, de santé et de pouvoir d’achat.
Préservons et renforçons cette action !
Marc Ferracci (député)
> Quand les États-Unis de Trump peuvent restreindre l’accès à des modèles IA
avancés au nom de leur sécurité nationale, l’Europe doit comprendre ce qui se
joue. Anthropic qui coupe l’accès à son modèle le plus performant, c’est un
signal d’alarme. Nous ne pouvons pas dépendre de technologies dont l’accès peut
être coupé du jour au lendemain. L’IA doit être au cœur de notre souveraineté
industrielle, de notre cybersécurité et de notre compétitivité. Face aux
États-Unis et à la Chine, nous devons investir, développer nos propres modèles,
maîtriser notre puissance de calcul et soutenir nos champions. Nous n’avons pas
le droit de manquer la révolution de l’intelligence artificielle.
Jean-René Cazeneuve (député)
> LFI et le RN ont choisi de s'unir pour empêcher le Parlement de débattre
de l'état de nos finances publiques. Refuser le débat ne fait pas disparaître
la réalité. On ne fait pas baisser la fièvre en cassant le thermomètre. Face à
une dette qui nous coûte déjà 52 milliards d'euros d'intérêts par an, la France
mérite mieux que la politique de l'autruche.
Pierre Cazeneuve (député)
> Dans un monde normal, avec autant de mensonges adressés aux Français
notamment sur le sujet des retraites, Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon ne
devraient même pas avoir le droit de se présenter à l’élection présidentielle !
Violette Spillebout (députée)
> Alors que notre proposition de loi prévoit la généralisation de
l’attestation d’honorabilité dans le scolaire et le périscolaire, l’association
MeTooÉcole appelle dès maintenant les maires à vérifier l’honorabilité des
animateurs des centres de loisirs qui seront recrutés dès cet été et sans
attendre !
Une mesure indispensable pour mieux protéger les enfants dans tous les lieux
qui les accueillent.
Une demande de bon sens que je soutiens, dans ma ville de Lille, comme partout
en France.
Marie Lebec (députée)
> Les premiers effets de la suppression du numerus clausus sont visibles : +32%
d'installations de médecins généralistes libéraux en 2025. Les premiers à en
bénéficier? Les zones d’intervention prioritaires. Cette tendance va se
poursuivre dans les années à venir.
> [Nationalisation / Intervention à l’Assemblée] Au
fond, ce texte ne parle pas d’ArcelorMittal. Il parle d’une vieille
illusion : celle qui consiste à croire que lorsque l’économie résiste,
lorsque la concurrence mondiale frappe, lorsque les marchés se transforment, il
suffirait que l’État rachète pour que les problèmes disparaissent. Cette
illusion a changé de nom au fil des décennies ; aujourd’hui, elle
s’appelle nationalisation. Elle repose pourtant toujours sur une même
idée : remplacer l’efficacité par l’affichage et faire passer un
changement d’actionnaire pour une politique industrielle.
La réalité industrielle, toutefois, ne se décrète pas. Qu’apporterait une
nationalisation? La réponse est simple : elle ne changerait rien aux défis
auxquels la sidérurgie européenne est confrontée.
Le problème est ailleurs. Le problème, c’est une concurrence mondiale déloyale.
Le problème, ce sont les surcapacités massives qui pèsent sur les prix de
l’acier. Le problème, ce sont les coûts de l’énergie, qui restent plus élevés
en Europe que chez nombre de nos concurrents. Le problème, c’est que la Chine
exporte aujourd’hui, à elle seule, l’équivalent de la consommation européenne
d’acier.
Face à ces réalités, que changerait la nationalisation française ?
Absolument rien. Elle ne ferait que déplacer le problème : du bilan de
l’entreprise vers celui de l’État et du marché vers le contribuable. Là est le
paradoxe de ce texte. On nous présente la nationalisation comme une solution
protectrice, mais qui protégerait-elle vraiment ? Certainement pas les
finances publiques. Chacun sait qu’une telle opération coûterait plusieurs
milliards d’euros, sans aucune garantie de succès industriel. Or ce sont autant
de milliards qui ne pourront plus être investis ailleurs : dans
l’innovation, dans la réindustrialisation, dans la décarbonation ou dans le
soutien aux filières stratégiques.
Il faut aussi avoir l’honnêteté, chers collègues, de considérer les expériences
récentes. Trop souvent, dans cet hémicycle, certains présentent les
nationalisations ou les changements de gouvernance comme des remèdes
miracle – comme si les difficultés économiques disparaissaient dès lors
que l’État devenait propriétaire ! L’histoire économique de notre pays
nous enseigne pourtant l’inverse.
L’État peut accompagner. L’État peut soutenir. L’État peut investir. La
nationalisation, toutefois, n’est pas une solution pour ArcelorMittal. Elle ne
réglerait aucunement les difficultés liées à l’emploi, à la demande d’acier et
au coût de l’énergie. L’État se tient déjà aux côtés d’ArcelorMittal. À
Dunkerque, ArcelorMittal investit plus de 1 milliard d’euros pour
transformer son outil industriel et réduire massivement ses émissions de CO2.
L’État est au rendez-vous : dans le cadre de France 2030, il accompagne
cette transformation de manière concrète et déterminante. À terme, ces
investissements permettront d’éviter, chaque année, le rejet 4 millions de
tonnes de CO2 – soit près de 70 millions de
tonnes d’ici à 2040.
Les projets sont financés. Les travaux sont lancés. Les réductions d’émissions
attendues sont considérables. ,Autrement dit, la transition industrielle est
déjà en cours.
L’État n’est pas, pour autant, un actionnaire magique. Surtout, l’argent public
n’est pas une ressource illimitée. Notre responsabilité est donc de concentrer
nos efforts là où ils sont réellement utiles.
Oui, il faut accélérer la décarbonation de notre industrie ; oui, il faut
soutenir l’investissement productif ; oui, il faut défendre nos intérêts
au niveau européen ; oui, il faut lutter contre les pratiques de dumping
et contre le contournement des règles commerciales. C’est là que se joue
l’avenir de la sidérurgie française – pas dans un changement de statut juridique.
Je comprends les inquiétudes exprimées par les salariés – elles
sont légitimes – ainsi que l’émotion que suscitent chez eux les
restructurations industrielles, mais nous leur devons mieux que des symboles et
des chimères ; nous leur devons de vraies solutions. Or la
nationalisation, si elle donne le sentiment d’agir, ne répond pas aux causes
profondes des difficultés de la sidérurgie.
Ce qui est frappant dans ce débat, c’est que les extrêmes finissent toujours
par se retrouver. Les uns rêvent d’une économie administrée comme au bon
vieux temps de l’Union soviétique, les autres prétendent combattre
l’État partout, sauf lorsqu’ils veulent le voir s’installer dans les conseils
d’administration. S’ils diffèrent sur le discours, ils se retrouvent souvent
dans le réflexe interventionniste. Dans les deux cas, on vend des solutions
simples à des problèmes complexes. Dans les deux cas, on entretient l’idée
qu’il existerait un bouton magique permettant d’échapper aux réalités
économiques.
Gouverner, ce n’est pas promettre des raccourcis. ArcelorMittal est un groupe
mondial, et penser qu’on pourrait isoler sa filiale française pour en faire un
îlot protégé n’est pas à la hauteur des attentes des salariés. Gouverner, c’est
affronter le réel.
Parce que nous refusons les illusions, parce que nous refusons de faire croire
que quelques milliards d’euros d’argent public suffiraient à régler un problème
structurel et mondial, parce que nous croyons à une politique industrielle
fondée sur l’investissement, la compétitivité et la souveraineté européenne,
nous voterons contre cette proposition de loi.
Paul Midy (député)
> Aujourd’hui, pour la première fois, les élèves de Première passent une
épreuve anticipée de mathématiques au baccalauréat. C’est une très bonne
nouvelle ! La France doit redevenir une grande nation de scientifiques,
d’ingénieurs et de techniciens. Les révolutions technologiques de demain auront
besoin de nouveaux talents. Relever le niveau en mathématiques, c’est donner à
notre jeunesse les moyens d’innover, d’entreprendre et de construire les
prochains champions français. La France peut être à la pointe de l’intelligence
artificielle, de l’industrie et de la recherche. À nous de préparer cette
ambition dès aujourd’hui !
Olga Givernet (députée)
> La mobilité est bien plus qu’une question de déplacements : elle
conditionne l’accès à l’emploi, aux soins, aux services publics et participe au
dynamisme de nos communes.
Constance Le Grip (députée)
> J'ai assisté cet après-midi à la 2ième édition de l'appel de Paris
pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, conférence réunissant des
représentants associatifs des sociétés civiles palestinienne et israélienne et
accueillie à l'Institut du Monde Arabe par Jean-Noël Barrot. Une même volonté
de dialogue, de paix et de projets concrets communs anime les participants à
cette conférence. Malgré les immenses difficultés du moment et les souffrances
endurées.
> En commission des Affaires étrangères de l'Assemblée, ce mercredi, j'ai tenu à souligner le courage et la lucidité du Ministre des Affaires étrangères du Liban, M. Youssef Raggi. Sur la République Islamique d'Iran, sur le Hezbollah, sur les réalités des opérations militaires israéliennes auxquelles est confronté le Liban, le Ministre libanais parle clairement, fermement et franchement, contre le régime iranien et son proxy le Hezbollah, et réaffirme l'engagement du gouvernement libanais en faveur d'une désescalade avec Israël et d'une négociation en vue d'un cessez-le-feu et d'une paix durables.
> [Ingérences étrangères] Le Premier ministre a parfaitement raison d'évoquer des perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle future, et d'appeler, au-delà de la mobilisation des agences de l'Etat dédiées, VIGINUM et ANSSI sous l'égide du SGDSN, l'ensemble des acteurs politiques, les médias professionnels mais aussi nous tous, citoyens, à un devoir d'extrême vigilance et de résistance collective aux attaques hybrides menées contre notre pays.
> Le Groupe d'amitié France-Israël, que je préside, a auditionné des responsables associatifs membres du réseau ALLMEP (Alliance for Middle East Peace), issus des sociétés civiles palestinienne et israélienne, et venus en France pour participer à la Conférence internationale sur la paix au Proche-Orient et la solution à 2 États, qui se déroulera le 12 juin prochain. Nous avons reçu MM. Ali Abu Awwad (Taghyeer) et Mohammad Asideh (Rozana), Mme la Rabin Nava Hefetz (Gaza Children Village) et Mme Rachael Liss (ALLMEP). Travailler concrètement à la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens, bâtir un avenir commun, faire émerger une nouvelle génération de leaders, changer les gouvernances.
Christopher Weissberg (député)
> [Résolution présentée par le Parti communiste en faveur de Cuba /
Intervention à l’Assemblée] J’ai pris beaucoup de plaisir en lisant cette
proposition de résolution, car j’ai cru découvrir le scénario du quatrième
volet de Retour vers le futur. Nous sommes en avril 1961 : John
Fitzgerald Kennedy préside les États-Unis, Nikita Khrouchtchev dirige l’Union
soviétique et, au siège du PCF, Maurice Thorez lit la Pravda en écoutant
à la radio Fidel Castro commenter l’invasion de la baie des Cochons. Or nous
sommes en 2026 et, si je partage nombre des constats faits dans ce texte sur la
souffrance du peuple cubain, je me demande comment on peut rédiger aujourd’hui
une proposition de résolution sur Cuba sans jamais utiliser les mots
« liberté d’expression », « prisonniers politiques » ou
« démocratie ».
Il est clair que la situation à Cuba a empiré, avec 400 000 enfants
en rupture scolaire, 110 000 opérations chirurgicales reportées et
des coupures d’électricité qui paralysent le pays. Le groupe Ensemble pour la
République exprime sa pleine solidarité avec le peuple cubain et, depuis 1992,
la France vote chaque année à l’ONU en faveur de la levée de l’embargo. Nous
partageons cette position constante et transpartisane, car l’embargo américain
est une impasse.
Le problème est que votre discours ne change jamais, qu’on soit sous Carter,
Obama ou Trump: vous n’aimez pas les Américains, donc vous ne m’aimez pas, pas
plus que la moitié des Français qui habitent dans ma circonscription de
l’Amérique du Nord.
L’extraterritorialité du droit américain n’est pas une abstraction. Nous savons
que BNP Paribas a été sanctionné, qu’Alstom a été racheté par General Electric
après des poursuites américaines et que CMA-CGM a dû suspendre ses livraisons à
Cuba en mai dernier. Nous condamnons ces pratiques, car elles menacent des
entreprises françaises, des emplois et notre souveraineté économique. La
politique de l’administration Trump envers Cuba s’inscrit dans une logique
d’unilatéralisme que j’ai dénoncée à cette tribune à chaque fois que j’en ai eu
l’occasion.
Qu’il s’agisse de Cuba aujourd’hui, de l’Iran hier, du Venezuela avant-hier – pays
au sujet duquel j’ai tenu un discours très dur contre Trump, des menaces sur le
Groenland, territoire d’un allié européen, ou des droits de douane imposés au
Canada et à l’Europe, à la différence de nos collègues du RN, je ne considère
pas qu’il faille louer le président américain pour son énergie, loin de là.
Voilà où la proposition de résolution échoue. Elle cite le Pacte international
relatif aux droits civils et politiques, tout en passant sous silence le fait
que Cuba est l’un des États les plus critiqués au monde pour ses violations de
ce texte. Elle nous demande de condamner le blocus mais ne demande rien à Cuba,
parce que ses auteurs sont nostalgiques d’un temps révolu. Elle ne contient pas
un mot sur le conditionnement démocratique, pas un appel à la libération des
prisonniers politiques, pas un encouragement à l’ouverture.
La position de la France a toujours été équilibrée : elle est à la fois
contre l’embargo et pour le dialogue démocratique. Or la proposition de
résolution rompt avec cet équilibre. Notre groupe ne votera donc pas en sa
faveur. Cela ne signifie ni que nous soutenons l’embargo américain – nous
le condamnons comme le fait la France depuis trente-quatre ans – ni que
nous sommes indifférents au sort du peuple cubain, à qui nous exprimons au
contraire notre pleine solidarité. Nous voterons contre un texte à sens unique
qui condamne les États-Unis sans rien exiger de Cuba, qui dénonce les
violations du droit international sans mentionner celles commises par le régime
cubain contre son propre peuple et qui invoque les droits fondamentaux sans se
soucier des libertés fondamentales. La France a pour tradition d’être exigeante
avec tout le monde, avec Washington comme avec La Havane.
Nous ne pouvons adopter un texte qui ne respecte pas cette tradition.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Je lis beaucoup d'appels au sursaut, notamment du RN et de LFI, depuis que
Trump a restreint l'accès aux modèles d'IA les plus avancés de Claude. Les
mêmes qui dans leur programme actent la vassalisation de la France se
réveillent. C'est consternant et je voudrais dire pourquoi. Jean-Luc Mélenchon
critique la « béatitude aveuglée de Macron » et dénonce une France en voie de
colonisation numérique par les USA. Comme souvent, ce qui est excessif est
insignifiant. C’est bien Emmanuel Macron qui a lancé, dès 2018, la stratégie
nationale pour l'IA, prolongée par France 2030, et qui a attiré plus de 100
milliards d'euros d'investissements dans les data centers et l'IA en France. Et
qu’a proposé depuis la France Insoumise ? La taxe Zucman, pour s’assurer
que personne ne vienne investir en France, l’opposition à l’implantation de
data centers ou encore le rejet du nucléaire. Et donc de notre indépendance
énergétique, condition pourtant essentielle à notre souveraineté numérique.
S'agissant de Jordan Bardella et du RN, la contradiction est tout aussi énorme.
Voilà ceux qui, à Paris et à Bruxelles, combattent systématiquement l'Europe
puissance et la préférence européenne au nom d'un repli national qui ne pèsera
jamais face aux géants américains et chinois. Les voilà face à une réalité qui
doit leur être insupportable : l’avenir de notre souveraineté passe par
une Europe forte et non par un trumpisme béat dans lequel ils se confondent
trop souvent par opportunisme. Là encore, il y a les paroles et les actes. Je
rappelle que les députés RN -comme LFI- ont déposé et voté une motion de
censure contre le budget 2024 (comme à chaque fois...). C’est ce même budget
qui a financé la stratégie nationale IA, donc l'écosystème dont Mistral fait
partie. Bref, « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils
chérissent les causes » pour reprendre la formule attribuée à Bossuet. Je dis
enfin à celles et ceux qui liront leurs publications, sur les réseaux comme
dans la presse : replacez leurs propos dans leur contexte et leur chronologie.
Les actes avant les paroles.
Perrine Goulet (députée)
> [Violences sexuelles contre les enfants] On a besoin d'investir énormément
dans le soin des victimes, mais aussi des auteurs. Parce que si on ne traite
pas les auteurs, quoi qu'il arrive, ils sortiront de prison et ils pourront
recommencer.
> [Castration chimique des violeurs] C'est regarder encore le sujet par le petit coin de la lorgnette. Ça peut être intéressant, mais tout seul, ça ne résoudra pas le sujet.
> [Protection des enfants] Il faut faire avancer et avoir les mêmes droits pour toutes les personnes fragiles.
> [Protection des enfants] Nous ne sommes pas dimensionnés pour accueillir toute cette libération de la parole sur ces violences systémiques faites aux femmes et aux enfants.
> [Protection des enfants] Personne ne comprend plus que les dossiers passent d’une juridiction à l’autre par courrier ou que les forces de l’ordre doivent retranscrire à l’écrit une audition filmé que le juge pourrait visualiser. Il est temps de faire passer la justice dans le 21e siècle.
> [Protection des enfants] Un texte sur l’enfance est sur la table, intégrons toutes les mesures législatives que les députés, notamment ceux de la délégation aux droits des enfants, ont proposé dans leurs travaux afin de ne pas perdre de temps pour mieux protéger les enfants.
> [Protection des enfants] Je salue la création de la délégation aux droits des enfants par le CESE. Elle fait suite à celle créée en 2022 à l’Assemblée. Maintenant on attend celle du Sénat.
Erwan Balanant (député)
> Nous alertons depuis plusieurs années. Nous avons écouté. Nous avons
restitué. Nous avons proposé. Il faut maintenant agir. La proposition de loi
intégrale pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants
doit être examinée au plus vite par l’Assemblée.
Maud Petit (députée)
> Ce que vivent nos sœurs et frères Iraniens, qui se battent pour des
droits, pour la liberté et pour la vie, est tout bonnement atroce... Ne les
oublions pas.
Frédéric Petit (député)
> Dans un XXIe siècle profondément bouleversé par les guerres hybrides,
d’information, de narration, notre diplomatie d’influence doit se diversifier
et se renforcer, en s’appuyant davantage sur les sociétés civiles, en
particulier dans les zones de conflit.
Sabine Thillaye (députée)
> La mobilité stratégique est l'une des conditions essentielles de notre
crédibilité militaire. Sans capacité à déplacer rapidement nos forces, nos
équipements et nos soutiens logistiques, aucune stratégie de défense ne peut
être pleinement efficace. (…)
Dans un environnement international marqué par le retour de la guerre de haute
intensité, la multiplication des crises et l'évolution rapide des menaces, la
question de la mobilité militaire est devenue un enjeu majeur de souveraineté
et de sécurité collective.
Nos travaux mettent en évidence plusieurs défis : l'adaptation des
infrastructures, la simplification des procédures administratives, le
renforcement de la coordination entre alliés européens et partenaires de l'OTAN
ainsi que la nécessité d'investissements durables sur les principaux axes
stratégiques de transport.
Cette réflexion s'inscrit également dans une dynamique européenne. L'Union
européenne travaille actuellement à renforcer sa mobilité militaire afin de
faciliter les mouvements de forces sur le continent, d'améliorer la résilience
des infrastructures critiques et de mieux préparer nos capacités de réaction
face aux crises.
L'Europe dispose déjà de réussites concrètes. L'European Air Transport Command
(EATC), fruit d'une coopération étroite entre plusieurs pays européens dont la
France et l'Allemagne démontre que la mutualisation de capacités stratégiques
permet de gagner en efficacité, en réactivité et en autonomie.
Au-delà des aspects techniques, la mobilité stratégique est un choix politique.
Elle conditionne notre capacité à protéger nos intérêts, à soutenir nos alliés
et à construire une véritable Europe de la défense capable d'agir lorsque les
circonstances l'exigent.
Carole Guillerm (députée)
> La commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale a
adopté le rapport que j'ai eu l'honneur de présenter, en tant que rapporteure,
sur l'accord de partenariat et de coopération renforcé entre l'Union européenne
et la République kirghize. Le Kirghizstan reste un pays méconnu en France.
C'est pourtant un partenaire qui compte : enclavée entre la Chine, la Russie et
ses voisins d'Asie centrale, cette jeune République cherche à diversifier ses
alliances et vient d'être élue membre non permanent du Conseil de sécurité de
l'ONU.
Cet accord, qui en remplace un autre vieux de trente ans, ouvre une coopération
ambitieuse : dialogue politique et sécuritaire, commerce et investissement,
mais aussi santé, éducation, culture et droits de l'homme.
L'approuver, c'est défendre trois intérêts qui sont aussi ceux de la France :
- un intérêt géopolitique : ne pas abandonner l'Asie centrale à la seule
influence de Moscou et de Pékin ;
- un intérêt économique : ouvrir la voie à nos entreprises dans des secteurs où
l'expertise française est reconnue ;
- un intérêt normatif : disposer d'un cadre exigeant pour continuer à dialoguer
sur l'État de droit et les droits humains.
Le texte poursuit désormais son parcours législatif. Je serai au rendez-vous
pour le défendre.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> Pour assurer notre souveraineté, l’Europe doit mieux sécuriser ses
matières premières critiques.
> Vous nous demandez de simplifier les normes
européennes. Hier, nous l’avons fait! Deux accords conclus avec le Parlement
européen et le Conseil pour réduire les contraintes qui pèsent sur les
entreprises européennes.
Premier accord : moins d’obligations administratives pour les entreprises de
taille intermédiaire. Ces entreprises sont souvent trop grandes pour bénéficier
des allègements prévus pour les PME, mais trop petites pour disposer des moyens
des grands groupes.
Deuxième accord : fin de l’obligation de fournir des notices sous format papier
dans tous les produits. À l’heure du numérique, cela n’a plus de sens. Les
notices pourront être dématérialisées. 3 millions d’euros économisés chaque
année.
Les consommateurs continuent évidemment d’être protégés. Toute personne qui
souhaiterait recevoir une notice papier pourra en faire la demande à
l’entreprise sous 24 mois. Moins de bureaucratie, sans réduire les droits des
citoyens.
La simplification n’est pas un détail technique. C’est une question de
compétitivité. Chaque heure passée à remplir des formulaires est une heure qui
n’est pas consacrée à investir, recruter ou innover.
Nous avons entendu le message des entreprises européennes. Vous demandiez moins
de paperasse, moins de complexité et plus d’efficacité. Nous avons commencé à
agir. Et nous continuerons.
> À Montréal, nous avons lancé aujourd’hui un
dialogue sur la politique industrielle entre l’Union européenne et le Canada.
Dans un monde marqué par les tensions commerciales et les rapports de force,
les démocraties doivent être capables d’agir ensemble.
L’Europe doit nouer des partenariats ambitieux avec les pays qui partagent sa
vision d’une économie ouverte, fondée sur des règles et sur la réciprocité. Le
Canada est l’un de ces partenaires.
Avec un marché de 450 millions de citoyens, l’Union européenne dispose d’un
levier considérable. Avec nos alliés canadiens, nous pouvons contribuer à faire
prévaloir des règles communes plutôt que la loi du plus fort.
Avec Mélanie Joly et François-Philippe Champagne, nous avons décidé de faire de
ce dialogue un outil concret au service de nos entreprises, de notre
compétitivité et de notre souveraineté économique.
Première priorité : la réciprocité. Nous examinerons les conditions d’un
meilleur accès mutuel à nos marchés publics et à nos marchés respectifs.
L’ouverture doit fonctionner dans les deux sens.
> Deuxième priorité : la sécurité économique. Nous renforcerons nos échanges
sur les outils de protection de nos intérêts stratégiques, notamment en matière
de contrôle des investissements étrangers.
Troisième priorité : l’acier et l’aluminium. Nous analyserons conjointement la
situation de ces marchés stratégiques et les opportunités de coopération
industrielle entre l’Europe et le Canada.
Quatrième priorité : les semi-conducteurs. Nous souhaitons approfondir notre
coopération afin de renforcer nos capacités industrielles et la résilience de
nos chaînes de valeur.
Cinquième priorité : les matières premières critiques. Nous explorerons de
nouvelles formes de coopération, notamment sur le graphite, indispensable à de
nombreuses industries d’avenir.
Face aux stratégies de puissance qui bouleversent l’économie mondiale, nous
devons défendre un commerce fondé sur des règles. Pas sur la contrainte. Pas
sur les droits de douane massifs. Pas sur les barrières unilatérales. Mais sur
l’équité et la réciprocité.
C’est le sens du dialogue que nous lançons aujourd’hui entre l’Union européenne
et le Canada.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
> Le groupe Renew Europe salue l'accord conclu entre le Conseil et le
Parlement européen sur le paquet « Défense omnibus », un ensemble de mesures
visant à simplifier les procédures administratives et à rendre l'industrie de
défense européenne plus rapide, plus performante et plus compétitive.
> Réuni à l’approche de la présidence irlandaise du
Conseil de l’Union européenne, Renew Europe s’est engagé à soutenir un
programme ambitieux apportant des résultats concrets aux citoyens, aux
entreprises et aux intérêts stratégiques de long terme de l’Europe.
La déclaration appelle à accélérer les investissements dans les énergies
propres, à supprimer les obstacles au sein du marché unique, à achever l’Union
de l’épargne et de l’investissement, à moderniser le budget de l’UE en le
concentrant sur les priorités stratégiques, et à renforcer les capacités
européennes de défense au service de l’Ukraine et de la sécurité européenne.
La Déclaration de Cork engage Renew Europe à :
- Réduire les coûts de l’énergie grâce à un déploiement plus rapide des
énergies propres et des infrastructures ;
- Renforcer le marché unique et supprimer les obstacles aux activités
transfrontalières ;
- Achever l’Union de l’épargne et de l’investissement afin que les capitaux
européens continuent d’être investis en Europe ;
- Construire un budget de l’UE plus efficace et davantage tourné vers l’avenir
;
- Renforcer la sécurité européenne, les capacités de défense et le soutien à
l’Ukraine.
La déclaration souligne également la nécessité pour l’Europe de rester ouverte,
compétitive et tournée vers l’extérieur, tout en réduisant ses dépendances
stratégiques et en renforçant sa résilience dans un monde de plus en plus
incertain.
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Nous nous réjouissons de
travailler étroitement avec la future présidence irlandaise afin d’accélérer
les textes législatifs essentiels au renforcement de l’indépendance européenne,
devenue une nécessité stratégique dans un monde de plus en plus hostile.
La Déclaration de Cork trace la voie pour la présidence irlandaise. Renew
Europe sera une force motrice aux côtés de ses partenaires irlandais pour
mettre en œuvre un programme ambitieux visant à renforcer la croissance, la
sécurité et la résilience de l’Europe.
Il s’agit de faire en sorte que l’Europe fonctionne mieux pour les
Européens, avec des bénéfices concrets dans leur vie quotidienne.
> Entrée en vigueur le Pacte européen sur l’asile
et la migration. Ce Pacte, c’est LA réponse européenne à un défi qui dépasse
les frontières nationales. Nous l’avons initié et défendu, notamment lors de la
Présidence française du Conseil de l’Union européenne, en responsabilité. Parce
que n’en déplaise aux nationalistes et aux démagogues : la bonne réponse sur
l’immigration, c’est la réponse européenne. Celle qui permet de mieux contrôler
nos frontières extérieures, de lutter plus efficacement contre l’immigration
illégale, d’améliorer les retours des personnes qui n’ont pas vocation à rester
sur le territoire européen et de partager équitablement les responsabilités
entre États membres.
Concrètement, le Pacte :
- renforce les contrôles aux frontières extérieures de l’Union européenne,
- accélère les procédures d’asile,
- améliore l’identification des personnes arrivant sur le territoire européen
- s’appuie sur les capacités de Frontex pour mieux contrôler les flux
migratoires et rendre les retours plus efficaces.
Lorsqu’il s’est agi de voter ces mesures permettant de mieux contrôler les flux
migratoires, ni le RN, ni LR, ni le PS n’ont été au rendez-vous. Tous ont
refusé de soutenir ce Pacte européen sur l’asile et la migration, pourtant
indispensable pour reprendre le contrôle de notre politique migratoire. Tous
ont fait le choix des postures et des calculs électoraux.
Avec Renew Europe nous assumons le fait que l’immigration est un sujet
politique majeur. Et qu’à ce titre, il doit être traité avec sérieux, méthode
et efficacité. Avec pragmatisme et non dogmatisme. Face à un défi européen, il
fallait une réponse européenne. Aujourd’hui, cette réponse existe. À nous
désormais de l’appliquer pleinement.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Protection à hauteur d’enfant. Un enfant victime ne doit pas avoir à
raconter son histoire encore et encore. Réunir santé, justice et protection de
l’enfance pour accueillir sa parole, le protéger et l’accompagner : bien sûr
une profonde exigence.

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