mercredi 10 juin 2026

Propos centristes. France – Protection de l’enfance et mort de Lyhanna / Soigner, éduquer, protéger nos enfants, plus belle mission de la République et de la Nation / Hostilités au Moyen-Orient / Soutien à l’Ukraine et situation de la Russie / Présidentielle 2027 / Défense européenne…


Voici une sélection, ce 10 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Intervention à l’occasion de la pose de première pierre de l'Institut Robert-Debré du Cerveau de l'Enfant] Je voulais évoquer 5 choses. D'abord, vous dire que la conviction d'investir dans l'enfance, elle est là et il faut qu'elle continue, parce que c'est investir - ça semble être une platitude de le dire - mais dans l'avenir de la nation. Et quand on regarde les choix collectifs qu'on fait bien souvent, nos choix collectifs ne vont pas toujours vers les enfants ou les générations à venir. Et bien souvent, les choix collectifs se font par commodité ou par court-termisme vers ce qui est déjà présent, vers ce qui est déjà là, ce qui est déjà apparent. Ma conviction profonde, c'est qu'investir dans nos enfants, pour à la fois mieux connaître, mieux accompagner, et je dis ça avec beaucoup de reconnaissance pour déjà toutes celles et ceux qui soignent, qui accompagnent, qui éduquent et, quand on dit ça collectivement, je ne remets absolument pas en cause ce qui est fait, l'immense tâche qui est déjà à l'œuvre, mais on voit qu'on en a besoin et que c'est en fait le meilleur investissement que la Nation puisse faire pour elle-même et son avenir. C'est tout ce qui a été fait avec les 1 000 premiers jours, la stratégie nationale pour l'autisme et les troubles du neurodéveloppement, les assises de la pédiatrie, ce qui a été fait pour la santé mentale des enfants, des adolescents. Parce que mieux on comprend, plus on peut agir tôt, voire prévenir ; plus on va ajouter des opportunités, plus on va réduire des souffrances à des enfants, à des adolescents ou à des familles. Et ça, c'est la première chose. C'est très important. On n'est qu'au début. Il y a beaucoup de choses qui ont été améliorées grâce à vous toutes et à vous tous, et je suis infiniment reconnaissant, mais il y a encore énormément de choses à faire.
La deuxième chose que je voulais vous dire, c'est qu'on va faire avec cet institut du cerveau de l'enfant, et grâce aussi à la qualité, déjà, du soin, de la recherche qu'il y a dans notre pays, une référence mondiale dans la recherche sur le cerveau de l'enfant. Et en effet, cet institut du cerveau de l'enfant, il incarne, vous l'avez très bien rappelé, vous me l'avez parfaitement réexpliqué tout à l'heure, cette discussion entre la recherche, le soin, l'innovation, l'éducation, les familles, l'interdisciplinarité aussi entre les différents chercheurs et les soignants. Et il s'inscrit très bien dans cette discipline qu'on a sur les troubles du neurodéveloppement, parce que tout ce qui cloisonne ne permet pas de bien comprendre et pas de bien traiter. Et la complexité est telle, quand on parle du cerveau, que si on fait travailler tout seul le généticien ou tout seul l'imagerie, on n'a sans doute pas la réponse, et que si on sépare la science de l'éducation, on n'a pas le bon accompagnement pour les familles. Et donc là, on va faire vraiment un centre de référence mondial, ici. On va, à côté évidemment de l'ICE, avoir aussi toute la dynamique de la stratégie nationale, et puis les cinq centres d'excellence qui ont été consolidés, et le sixième qui a été créé cette année au CHU de Bordeaux. Et puis le groupement d'intérêt scientifique sur les troubles du neurodéveloppement qui poursuit son essor, beaucoup d'entre vous, j’en reconnais les visages, en sont les acteurs.
Avec plus de 500 équipes partenaires dans le monde. Il y a 150 équipes françaises, mais il y a une dynamique aussi qui est internationale, européenne. Vous avez vous-même dit tout à l'heure que R2D2 a été financé par l'Europe, et donc on en a besoin. Et là, c'est France 2030 qui vient accompagner ce projet, avec au total un soutien qui sera au final d'un peu plus de 60 millions d'euros.
Le troisième point sur lequel je voulais insister, c'est la puissance scientifique qu'il y a derrière cet institut du cerveau de l'enfant. Et je veux évidemment remercier ici les équipes de l'hôpital et l'ensemble des équipes partenaires à l'AP-HP dans tous les services, mais également l'Inserm, Pasteur, le CEA, l'Université Paris Cité. L'institut du cerveau de l'enfant c’est déjà, parce qu'on va donner une unité de lieu avec cette première pierre dans les 18 mois à venir. Mais je veux quand même rappeler ce que ça représente : ce sont 20 équipes de recherche, 10 services hospitaliers, 400 professionnels mobilisés, déjà plus d'une cinquantaine de publications scientifiques en 2025, une trentaine d'essais cliniques en cours, une cohorte de 4 000 enfants suivis, 62 plateformes technologiques, dont l'une des rares IRM 7T en France. Et donc, il y a vraiment une puissance scientifique derrière tout ça, et on va encore la démultiplier parce que cette interdisciplinarité in situ, qui va pouvoir se faire ici, elle permettra des innovations, elle permettra de la mutualisation.
Quatrième message que je voulais avoir, c'est, et on l'a rappelé, au fond, votre témoignage le dit très bien, et l'hommage que vous avez rendu au professeur Delorme et à ses équipes était bouleversant, c'est qu'il y a la volonté de comprendre, de chercher, de continuer à avancer, mais pour offrir des solutions, pour aider des vies. Celle de Joshua, de sa famille, celle de Maya, qu'on a vu aussi, et de tous les enfants qui sont là. Et donc, c'est une excellence scientifique et je crois que c'est la force aussi du modèle français, de ce qu'on a dans nos hôpitaux, une recherche qui est toujours aussi une recherche clinique, c'est d'apporter des solutions à nos enfants, à leurs familles, et d'aller vers un repérage plus précoce, des diagnostics plus rapides.
Et c'est vrai que tout à l'heure, quand Joshua nous a expliqué qu'il a passé 5 ans, en fait, pour être diagnostiqué, passant d'un établissement à l'autre, on voit toute la souffrance, l'inquiétude et ce que vous avez décrit derrière, et aussi des accompagnements plus personnalisés, parce que c'est ça ce que, à la fois, l'Institut du cerveau de l'enfant va permettre de faire et la recherche va permettre d'affiner. Et aujourd'hui, on ne parle pas d'un petit sujet. Je rappelle toujours les statistiques avec ce qu'elles ont de limitant, mais on dit qu'il y a un enfant sur 6 en moyenne qui souffre de troubles du neurodéveloppement, et on sait qu'on a un enfant sur 5 qui a des difficultés d'apprentissage. Ça ne veut pas dire que c'est un enfant sur 5 qui va être un décrocheur ou qui ne pourra pas apprendre, vous l'avez très bien dit, mais c'est un enfant sur cinq à qui il faudra apporter une réponse, soit pour l'aider à l'école différemment, soit pour aménager son temps scolaire ou son environnement familial, soit pour qu'il ait aussi un soutien médical.
Cette réponse, si elle n'est pas individualisée, elle ne peut pas marcher. Et c'est là aussi où le décloisonnement entre la médecine, l'éducation et la famille, il est vital pour ces enfants et pour, évidemment, leur famille et leurs proches. Derrière tout ça, c'est aussi des solutions très concrètes pour nos enfants, pour leur famille. Et au fond, l'Institut du cerveau de l'enfant, c'est une formidable source d'espoir contre la fatalité ou les assignations, parce que vous l'avez dit, quand un papa entend sur son enfant : “ce ne sera jamais pour lui”. Ce n'est pas vrai, c'est du défaitisme ou du fatalisme.
Il y a toujours une réponse. En tout cas, notre responsabilité, c'est toujours de nous battre. Et puis enfin, je voudrais vous dire que c'est pour nous un projet au service des familles et des territoires. Et d'ailleurs, c'est comme ça que vous l'avez voulu. Ce projet, vous l'avez rappelé tout à l'heure, il est né de vos discussions dans le cadre de cette magnifique mission des 1 000 premiers jours. Et vous êtes ici des équipes de soins qui sont au contact de populations, dans un territoire qui a ses difficultés. Vous avez proposé, vous avez voulu, on a accompagné ce choix de faire cet Institut du cerveau de l'enfant comme un acteur majeur du soin sur ce territoire qui en a besoin, de le mettre au cœur d'une stratégie de ce qu'on appelle « l'aller vers », mais de le mettre là où il y a des besoins, là, où il y a des patients, et pas dans un endroit hors sol.
L'Institut du cerveau de l'enfant, c'est déjà un acteur majeur du soin, avec environ 10 000 hospitalisations de jour, 65 000 consultations-examens chaque année, et donc un vrai défi de santé qu'il faut continuer d'accompagner et qui va permettre de renforcer, et avec une volonté aussi qui est ancrée dans le projet, évidemment, du Nord-Est parisien, et qui est un projet à la fois parisien et francilien, mais qui est véritablement de réduire les inégalités territoriales qui sont aussi souvent des inégalités de santé et de santé publique. C'est pourquoi ce projet correspond aussi à la stratégie qui est portée par l’AP-HP, qui est portée par la ministre et à laquelle, on croit très profondément.
Voilà. C'était les 5 choses que je voulais ajouter à ce qui a déjà été dit. Au fond, c'est ce que vous faites chaque jour et ce que cet Institut du cerveau de l'enfant va permettre d'accélérer, de reconnaître. C'est en aidant à mieux comprendre ce qu'est le cerveau de l'enfant, de permettre à chaque enfant d'avoir la vie qu'il mérite et de s'épanouir et c'est la plus belle chose.
On vit dans un moment du pays qui est très dur, à plein d'égards, et qui nous a tous beaucoup choqués, mis en colère, profondément attristés, parce que c'est une enfant qui a été touchée. Et chaque jour, quand des enfants sont touchés, c'est quelque chose qui nous bouleverse. Et je veux ici dire tout mon soutien à nos compatriotes qui chaque jour font de leur mieux pour soigner, pour éduquer, pour protéger nos enfants. C'est la plus belle mission de la République et de la Nation et je suis très heureux, très fier d'être à vos côtés pour juste accompagner des idées que vous aviez et c'est notre responsabilité de le faire.
Je suis très reconnaissant aux femmes et aux hommes que vous êtes qui chaque jour vous battez pour cela et œuvrez, donnez de votre temps. Et je veux ici redire toute mon estime et tout notre soutien aux familles et aux enfants.
Vive la République et vive la France.

> Au Centre hospitalier universitaire d’Amiens, auprès des enfants, des familles, des soignants et des chercheurs, avec une conviction : repérer tôt les troubles du neurodéveloppement, autisme, troubles dys, TDAH, TDI, c’est ouvrir plus grand le champ des possibles. En 2019, j’ai pris l’engagement de déployer 100 plateformes de coordination et d’orientation. Aujourd’hui, 182 maillent tous nos départements et plus de 186 000 enfants ont déjà été repérés et accompagnés précocement, sans reste à charge pour les familles. C’est un changement d’échelle. Nous devons aller plus vite, plus tôt, partout. Ici à Amiens, l’Institut des troubles du neurodéveloppement montre la voie : au même endroit, le soin, le diagnostic précoce, l’accompagnement médico-social et le soutien aux familles. Une approche globale, humaine, efficace. Avec l’université de Picardie, Atypie-Friendly prolonge cette ambition jusque dans l’enseignement supérieur. Elle accompagne les étudiants concernés, forme les équipes, rend la pédagogie plus accessible et change le regard. Pour chaque enfant, chaque étudiant, chaque famille : faire de la différence une force, jamais une solitude. Reconnaître chacun, accompagner chacun, donner à chacun sa place, c’est cela la République.

> En visioconférence avec nos partenaires nordiques et baltes, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, l’Islande, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège, la Suède, j’ai rappelé la solidarité et l’engagement constant de la France à leurs côtés. La Russie est en situation d’échec en Ukraine. Cela montre que ses prétentions territoriales et stratégiques sont vaines. Elle s’obstine pourtant à provoquer ses voisins pour tenter de sortir de l'impasse. Nous ferons face, ensemble. Notre engagement se manifeste notamment par la présence militaire de la France en Estonie et en Roumanie, sa contribution à la mission de surveillance aérienne de l’OTAN dans les pays baltes, mais aussi les échanges, accords et partenariats bilatéraux de la France avec les pays de la région. Il se manifeste aussi par notre soutien pérenne à l'Ukraine, dans tous les domaines - pour qu'elle résiste, prévale, et négocie en position de force, avec l'appui des Européens. La France est au rendez-vous. Nos partenaires et Alliés peuvent compter sur nous.

> J’ai remis les insignes de la Légion d’honneur au Patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pizzaballa. Alors que les populations civiles et, parmi elles, les chrétiens de Terre Sainte, sont pris dans la tourmente de la guerre, j’ai tenu à honorer par ce geste cet apôtre infatigable du dialogue interreligieux, de la justice et de la paix, et à exprimer la reconnaissance de la République pour son courage et son humanité. Conformément à ses responsabilités historiques, la France demeure engagée auprès des chrétiens de Terre Sainte, et de tous les peuples du Proche et Moyen-Orient. J’ai redit à ce titre au cardinal Pizzaballa notre attachement indéfectible au respect du statu quo sur les lieux saints de Jérusalem. Seules la tolérance et la diversité religieuse rendent possible la paix dont cette région du monde a tant besoin.

> Nous pouvons être très fiers de ce que nous sommes en train de faire collectivement à Amiens. Quand on s’en donne les moyens, on y arrive, on réindustrialise le pays ! Après les années difficiles, Goodyear a réinvesti 160 millions d’euros sur son site. L’État avec le plan France 2030 a soutenu cet investissement avec 45 millions d’euros. Les résultats sont là : un outil industriel modernisé, plus compétitif, plus productif, et 120 emplois industriels recréés ! Cette histoire n’était pas écrite d’avance. Elle est le fruit d’un engagement collectif : les salariés qui font vivre ce site, l’entreprise qui fait confiance à Amiens, l’État et les élus qui accompagnent. Réformer, simplifier, aller vite, investir et protéger : voilà le cœur de la bataille de la réindustrialisation. Car chaque fois qu’on est trop lent, on perd. Et protéger notre industrie n’est pas un gros mot. Face à la concurrence déloyale, il faut les mêmes règles du jeu : on ne joue pas un championnat avec une équipe à 13 et l’autre à 11. Ce n’est pas du protectionnisme, c’est de la juste protection. Des pneus d’Amiens aux batteries de Douai, des data centers à l’intelligence artificielle dans nos usines, la France a une formidable page de réindustrialisation à écrire. On reconquiert. On redémarre. On avance.

> [Discours à l'usine de Goodyear] Je voulais vous dire quelques mots pour saluer et accompagner tout le travail qui est fait ici sur ce site et puis essayer d'expliquer ce qu'on est en train de faire pour réindustrialiser le pays et en particulier, la Somme et l’Amiénois. D'abord, en m'adressant à vous, moi, étant un enfant de la région, je sais aussi d'où on vient. J'ai vu beaucoup de jeunes qui viennent d'arriver ou sont en alternance, sont là depuis quelques années. J'ai vu aussi beaucoup de collaboratrices, collaborateurs qui sont là depuis 30, 35 ans dans l'entreprise. On sait qu'il y a eu des périodes difficiles, il y a une douzaine d'années, sur le site d'Amiens Nord aussi, des moments qui ont été très durs. Je pense aussi à tous les collègues qui ont eu à subir les plans sociaux et je pense aussi à toutes les difficultés qu'on connaît dans notre industrie européenne et française.
Néanmoins, pourquoi on se retrouve là et qu'est-ce qui fait qu'on peut regarder devant et que sur ce site, où on est, avec les réinvestissements qui sont faits, on peut regarder avec confiance et vigilance, mais aller de l'avant et vous pouvez être fiers. C'est parce qu'ici même, on est en train d'investir, vous êtes en train d'investir et on est en train d'accompagner une transformation, une modernisation de l'outil industriel qu'est le vôtre. Et de le faire pour pouvoir être pleinement compétitif, relever les défis d’aujourd'hui et de demain, continuer à produire, le faire dans la compétition internationale et de le faire aussi dans des meilleures conditions de travail. 
Je m'explique. Depuis la sortie de la covid19, et ce choix s'est fait en 2021-2022, Goodyear a décidé de réinvestir sur ce site environ 160 millions d'euros, je parle sous votre contrôle collectif, pour digitaliser, robotiser, améliorer les choses. J'ai vu les premières machines déployées. Le Gouvernement français s'est engagé à côté en investissant 45 millions d'euros dans le cadre de ce qu'on appelle France 2030. Vous en avez peut-être entendu parler, pour justement aider à moderniser l'outil de travail. 
L'objectif, c'est quoi ? C'est d'améliorer vos conditions de travail, c'est de permettre de produire plus. C'est là où vous avez une cadence d'environ 135 000, le but, c'est de passer à 150 000, d'être plus productif grâce à cette modernisation et de pouvoir tenir la compétition internationale. Le choix qui est d'abord fait par le groupe et par le Gouvernement français, c'est un choix de confiance dans le site d'Amiens et de confiance dans les technologies de demain pour réussir cette transformation. C'est comme à chaque fois dans une aventure industrielle, le mariage de plusieurs volontés. C’est aussi pour ça que je suis là, pour vous remercier et vous dire ma gratitude. Il n'y a pas de réinvestissement qui est fait si l'entreprise ne croit pas dans les femmes et les hommes qui la font, et donc la qualité du travail qui est fait ici. Personne n'aurait réinvesti ici si les femmes et les hommes qui font vivre ce site, qui le font tourner, n'étaient pas à la hauteur. Donc merci à vous parce que vous avez déclenché cette confiance par votre travail de chaque jour. Je veux aussi vous remercier parce que je sais que par les accords qui ont été trouvés à travers le dialogue social, et en particulier l'accord sur les 5x8 qui a été conclu, vous accompagnez aussi d'efforts qui sont faits, d'organisation du temps de travail, tout ce choix. Merci à vous.
Deuxièmement, merci évidemment au groupe, à l'actionnaire, à l'entreprise, parce que vous faites confiance dans le site d'Amiens, dans la France, et vous investissez ici. Merci pour tout le travail qui est fait. Je veux aussi remercier les élus qui sont là, l'ensemble des collectivités locales, la ville, la métropole, le département, la région, et évidemment, à leur côté les services de l'État, parce que c'est un accompagnement de chaque jour durant toutes ces dernières années sur tout ce qui fait la vie d'une entreprise sur un site, la qualité de vie des collaboratrices, des collaborateurs, les éléments de logistique. Là, comme je l'ai dit, on a mis 45 millions d'euros avec France 2030 pour accompagner cet effort. Puis, je veux remercier tous les partenaires, les banques, les partenaires, les sous-traitants qui accompagnent cette transformation. Tout ça vous montre une chose, c'est que la réindustrialisation est possible parce qu'avec cet effort collectif, on croit dans l'avenir où vous réorganisez le temps de travail et l'entreprise, où Goodyear investit, où on investit à leurs côtés. Non seulement on maintient les un peu plus de 800 emplois du site, mais ça permet de réembaucher 120 collaboratrices et collaborateurs. Là, il y a le travail avec France Travail qui est lancé pour les identifier et permettre de les recruter. Ce qui va permettre de continuer à augmenter les équipes du site et à faire qu'on va créer 120 emplois industriels sur ce site d'Amiens. Ça, c'est formidable. 
Tout ça, j'essaie d'expliquer cette histoire, elle n'est pas écrite d'avance. C'est vraiment le fruit d'un investissement collectif, d'un engagement collectif dont on doit se féliciter. C'est pour montrer qu'il n'y a pas de fatalité. Tout ça, on le retrouve d'ailleurs dans les chiffres. Quand on regarde l’Amiénois, ces huit-neuf dernières années, on a fait baisser le chômage d'un peu plus de trois points, on a réaugmenté l'emploi industriel, en particulier en sortie de Covid. Pour la première fois depuis une quinzaine d'années, on a créé plus de sites industriels ou maintenu plus de sites industriels qu'on en a détruits. Ça ne veut pas dire que c'est simple partout, on l'évoquait avec les élus, il y a des sites qui sont en difficulté et on se bat. Mais on reconquiert, on redémarre. Mais ça ne se fait pas tout seul. C'est les réformes qu'on a faites, c'est votre engagement de chaque jour, c'est le fait qu'on arrive à convaincre des groupes industriels d'être là, même dans des périodes difficiles, et qu'on se retrousse les manches pour y aller. 
Maintenant, quand je regarde devant, qu'est-ce qu'on doit faire pour continuer de réussir ensemble et réussir cette bataille de la réindustrialisation à Amiens, dans les environs et au-delà en France ? C'est un ensemble qu'on retrouve au fond, à la fois quand on parle de Goodyear, quand on parle d’Eurolysine, vous en avez peut-être entendu parler, de ce site industriel où on fait les acides aminés dans l'Amiénois, là aussi, qui est menacé, ou quand on veut se défendre sur les datacenters. À chaque fois, c'est la même recette. Premièrement, on doit réformer et être compétitif. C'est ce qu'on a fait en France ces dernières années. On l'a fait, ça n'a parfois pas toujours été simple, je m'en souviens assez bien, mais enfin, c'est ce qui nous a permis d'être compétitifs et puis, au niveau de l'entreprise, par le dialogue social, d'avancer. 
Deuxièmement, c'est de continuer à simplifier, c'est-à-dire accélérer les choses pour accompagner dans les meilleurs délais nos entreprises. C'est ce qu'on veut faire au niveau français. On a appelé ça les projets « Notre-Dame ». C'est ce qu'on veut faire au niveau européen. Chaque fois qu'on est trop lent, on perd. La rapidité, elle est clé.  Vous avez peut-être vu qu'on a annoncé, il y a quelques jours, au Bosquel, ce formidable investissement. On va avoir un des plus grands datacenters d'Europe. On a attiré les Japonais de SoftBank parce qu'on a été les plus rapides d'Europe, on a été vite. C'est un gigawatt de centre de données, de production de calcul, qui va permettre de moderniser notre économie, qu'on va faire au Bosquel. Ce n'est pas abstrait, parce que cette intelligence artificielle qu'on remet, c'est celle qu'on utilise sur des sites comme celui de Goodyear pour moderniser notre industrie. Quand vous entendez parler d'intelligence artificielle, c'est aussi fait pour vous. Ce qu'on fait ici, c'est une application directe et industrielle de l'intelligence artificielle. Réformer, simplifier et aller vite. Deuxièmement, c'est investir. Ce qu'on fait depuis la sortie du Covid avec France 2030, après France Relance, ce que l’on veut faire au niveau européen et ce que les entreprises doivent faire, c'est ce qu'a fait Goodyear. 
Troisièmement, c'est protéger. Ce n'est pas un gros mot. Je le dis parce que votre secteur est touché comme d'autres, nous sommes face à une compétition internationale qui ne respecte pas les règles du jeu. Quand on parle des pneumatiques, on a aujourd'hui une concurrence chinoise qui est très forte. Parfois, elle existe parce que les Chinois ont beaucoup investi, se sont modernisés, ont robotisé. Là, très bien. On doit être à la hauteur. C'est ce qu'on fait ici. C'est ce qu'on fait dans tous les sites où on peut. Ça, on ne va pas en débattre. On doit être compétitifs, robotiser, produire. Il y a une concurrence qu'on n'accepte pas, c'est la concurrence déloyale. On doit jouer avec les mêmes règles du jeu. Quand vos concurrents chinois font beaucoup trop de subventions, ou vendent à perte sur le marché, ou sont à des niveaux de prix qui ne sont pas possibles pour la production, les règles du jeu sont faussées. 
On ne va pas se mettre à jouer avec une équipe à 13 sur le terrain et l'autre à 11. On est d'accord. Sinon, ce n'est plus le même championnat. C'est ce qui se passe aujourd'hui. Face à ça, on se bat au niveau européen, on l'a fait déjà il y a quelques années sur les véhicules électriques, vous l'avez peut-être vu ; on l'a fait sur l'acier ; on est en train de le faire sur les pneumatiques, on a les résultats des premières enquêtes européennes, pour mettre des mesures de protection. Pour dire là, quand on a des concurrents qu'on a identifiés, qui sur-subventionnent leurs entreprises, on va leur mettre des tarifs. On va faire en sorte de rééquilibrer les règles du jeu. Ça, ça va avec. Je vous le dis parce que ces investissements ne vont pas régler tout le sujet. Il faut qu'à côté, on protège notre industrie européenne, qu'on protège Goodyear et sa production, parce que vous êtes soumis à une concurrence déloyale et que nous avons des concurrents aujourd'hui qui, malgré tout ça, vont continuer à vendre, ce qui serait une vente à perte pour vous, pour nous, et ce qui n'est pas possible. 
Là, on demande à l'Europe de sévir, de mettre en place ce qu'on appelle des clauses de sauvegarde, des tarifs. On se bat aussi pour avoir une préférence européenne. Ça, c'est important que vous l'ayez en tête, parce que c'est le combat qu'on mène depuis plusieurs années, et il est clé en particulier dans l'automobile. Ça veut dire que dans chaque voiture produite en Europe, on veut un minimum de pourcentage produit sur le sol européen. Les Chinois le font. Les Américains le font sur leur marché. Nous, en Europe, on est les seuls à ne pas l'avoir fait. Ça, c'est de la naïveté. Pour défendre justement les pneus qui sont faits à Amiens, les batteries électriques qui sont faites à Douai, les composantes qu'on fait dans la région, on doit définir un pourcentage, une préférence européenne, un contenu européen. Ça, c'est des réformes qu'on est en train de pousser au niveau européen, quand on se bagarre, quand je vais à Bruxelles. 
C’est une vraie transformation, parce que c'est ça qui rendra l'Europe compétitive. Ce n'est pas du protectionnisme, c'est de la juste protection. On continue à être ouvert au monde, mais on dit qu'on est ouvert avec les mêmes règles. Voilà la bataille qu'on est en train de conduire. Ce qu'on est en train de faire au niveau des pneumatiques, c'est exactement la même chose. J'ai parlé d’Eurolysine qu'on fait sur les acides aminés pour l'alimentation animale. Eurolysine, là, qui est une belle entreprise de la région qui est bousculée, on va investir, il va y avoir une augmentation de capital d'environ 70 millions d'euros. On va monter au capital avec le groupe Avril, l'État sera là, on va monter parce qu'on fait confiance et qu'on veut défendre la souveraineté alimentaire. En même temps, on va se battre pour dire la concurrence déloyale sur les acides aminés quand elle vient de la Chine et qu'elle est sur-subventionnée, on met des tarifs, on met des clauses de sauvegarde. 
Voilà ce que je voulais vous dire. Au fond, ce qui est en train de se jouer ici est pour moi une parfaite illustration de la bataille pour la réindustrialisation partout en France. On tient mieux que beaucoup de nos collègues, parce qu'on a réinvesti plus tôt, parce qu'aussi on a souffert, nous, il y a 15, 20 ans, plus que d'autres. Ces dernières années, on remonte tout doucement la pente, pas assez vite à mon goût, parce qu'on a aussi du vent en face. On a eu la guerre en Ukraine, l'inflation importée. A cela s’ajoute désormais la guerre au Proche et au Moyen-Orient qui nous fait monter les prix, qui pèse aussi sur votre pouvoir d'achat, qui pèse sur la compétitivité des entreprises. Malgré tout ça, on continue à créer de l'emploi industriel, malgré tout ça, on arrive à écrire des pages comme celles qu'on écrit aujourd'hui avec Goodyear, là où beaucoup de nos voisins ferment tout simplement des usines dans votre secteur. On va tenir, plus que tenir, on va continuer d'avancer, mais moi, je voulais essayer de vous expliquer tout ça ce matin, mais surtout de vous dire que rien de cela n'est possible si l'effort n'est pas collectif et la confiance n'est pas collective. 
Je finirai par là où on a commencé. Rien de tout ça n'est possible s'il n'y a pas des femmes et des hommes comme vous qui se battent pour bien faire comme vous l'avez fait toutes ces dernières années, qui passez des accords comme vous l'avez fait pour les cinq-huit et qui menez ici aussi une production de qualité qui arrive à convaincre l'entreprise de réinvestir et le Gouvernement d'être à vos côtés. Comme vous, je crois dans l'industrie. Je pense que ce sont des métiers formidables qui créent de la valeur ajoutée, qui permettent ensuite à notre modèle social de tourner parce qu'on ne peut pas redistribuer si on ne crée pas de richesses. Ce sont des métiers qui évoluent. Les plus anciens ici me disaient qu'ils ont vu quand même les conditions de travail s'améliorer. La robotisation, la modernisation, l'intelligence artificielle et le robot dans l'usine, c'est ce qui permet aussi d'avoir de meilleures conditions, de féminiser les emplois industriels, Mesdames, et d'améliorer les conditions de travail pour qu'il y ait moins de troubles musculosquelettiques. Tout ça, au fond, c'est une histoire de progrès. Elle n'est pas écrite d'avance, mais c'est notre investissement collectif. 
En tout cas, je suis très reconnaissant à vous, à Goodyear, aux services de l'État, aux élus, à tous ceux qui ont rendu cela possible. Nous, on va continuer de se battre pour que la page qu'on écrit aujourd'hui d'investissement, de confiance dans l'avenir, de réindustrialisation, continue de se faire, évidemment pour l'Amiénois, pour la Somme, qu'on aime tant, c'est évidemment aussi l'enfant du pays qui vous parle, mais pour tout le pays. Parce que la France a une formidable page de réindustrialisation à écrire. On peut être fier de ce qui a été fait ces dernières semaines et ces derniers mois, qui est le fruit du travail de ces dernières années, des datacenters, en passant par les pneumatiques, de ce qu'on fait sur la robotique, etc. On continue d'avancer ensemble. On va se battre pour avoir une Europe qui investit à nos côtés, qui protège mieux notre industrie et nos collaboratrices et nos collaborateurs, qui nous permette, en particulier, de nous protéger contre la concurrence déloyale. 

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Je profite de votre question pour répondre et rendre compte à l’ensemble de la représentation nationale. Je ne ferai pas commerce de mots – inutile de redire l’effroi, l’émotion – et je m’inscris dans la suite des propos que la présidente de l’Assemblée a prononcés à l’ouverture de cette séance. Vous me permettrez, par pudeur, de ne pas y revenir.
De mon point de vue, du point de vue du gouvernement –
 j’ai souhaité que les ministres s’expriment avant moi –, seul le résultat compte. Il nous faut donc agir vite. À cette fin, il convient premièrement de faire la vérité. Vos questions au gouvernement ont certes trait à la fois au drame épouvantable qui touche Lyhanna et sa famille, et à un fait de société plus large, mais prenons les faits pour point de départ. Nous devons la vérité au peuple français au sujet de ce qui s’est passé. La saisine des inspections générales de l’éducation, du sport et de la recherche, de la justice et de l’administration devra permettre d’expliquer l’inexplicable et de rendre compréhensible ce qui semble ne pas l’être. Par la voie hiérarchique, nous avons déjà eu connaissance de remontées – celles et ceux qui ont été ministres ou premiers ministres le savent bien. Je reviendrai dans un instant sur la proposition de la loi intégrale car nous devons être précis : un tel texte, je le crains, n’aurait malheureusement pas permis de faire face à ce drame.
Soyons rigoureux. En tout état de cause, je veux que la vérité soit faite et dite devant le peuple français. Le 19 juin, à Matignon, les inspecteurs généraux me rendront, ainsi qu’aux ministres concernés, leurs conclusions. Comme le garde des sceaux, le ministre de l’intérieur et le ministre de l’éducation nationale s’y sont engagés, nous publierons l’intégralité de ces conclusions. Cela permettra au législateur d’avoir connaissance de ce qui s’est passé et de traduire les leçons que l’on peut en tirer sous forme de propositions.
Deuxièmement, il faut agir rapidement sur le stock –
 ce n’est pas très élégant, mais c’est le terme technique adéquat – des 70 000 plaintes déposées pour des faits touchant des enfants. Lundi dernier, le garde des sceaux a réuni les procureurs généraux et leur a demandé de les reprendre toutes d’ici au 14 juillet. Je n’y reviens pas : tout a été dit.
L’autorité judiciaire doit être capable de dire précisément où elle en est. Il y va de la confiance que nos concitoyens placent en elle.
Les services d’enquête de la police et de la gendarmerie vont devoir se mobiliser de manière importante, mais c’est indispensable.
Troisièmement, il convient d’agir vite face à ce qui n’est pas un fait divers –
 j’en suis intimement persuadé et vous l’avez tous souligné –, mais un véritable fait de société, lié à une violence endémique qui n’a fait que s’aggraver ces dernières années.
J’ai présidé un conseil départemental, j’ai aussi été maire il y a quelques années, et j’ai vu les choses empirer dans mon département de l’Eure. Nous devons nous adapter à cette violence qui sévit dans la société. Face à ce phénomène, plusieurs réponses peuvent être apportées, à commencer par le projet de loi sur la protection des mineurs, discuté et validé par le Conseil d’État et par le Conseil des ministres.
Ce texte reprend des mesures qu’un certain nombre d’entre vous ici ont demandées de manière transpartisane. Il sera inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale le 15 juillet. Le projet de loi sera rectifié lors du Conseil des ministres qui se tiendra dans dix jours pour répondre à quatre demandes urgentes qui correspondent malheureusement, directement et indirectement, à l’affaire de la petite Lyhanna. La première est évidemment l’alourdissement des peines.
Ce sont les associations qui le demandent ! Vous en débattrez, mais cessez de polémiquer chaque fois qu’une proposition est mise sur la table. Nous cherchons à agir en droit et pas sur le terrain politicien.
Le gouvernement propose une peine de vingt ans de réclusion criminelle pour les viols en série. Il propose également de porter de vingt ans à la perpétuité la peine d’emprisonnement pour les crimes sexuels commis contre les mineurs. Madame la présidente de l’Assemblée nationale, nous ouvrons la concertation pour élargir la réflexion au-delà de la seule question des crimes sexuels contre les mineurs : je sais qu’il s’agit d’une demande transpartisane de plusieurs groupes politiques.
La deuxième mesure répond très directement aux questions soulevées par cette affaire et a été évoquée par le garde des sceaux : nous fixerons à trois mois le délai donné aux enquêteurs et aux parquets pour mener les premiers actes d’enquête permettant, si nécessaire, de soumettre un présumé coupable à une garde à vue.
En clair, ce sont les instructions données par le garde des sceaux dans le cadre d’une circulaire que nous allons vous proposer de transcrire dans le projet de loi, pour faire en sorte que le système soit beaucoup plus protecteur et rigide. Cette mesure répond malheureusement très clairement à notre actualité.
Le troisième travail que nous devons engager n’est pas consensuel, je le sais : c’est celui sur la prescription. Ce débat est important et doit être ouvert avec de nombreuses précautions juridiques et constitutionnelles. Toutefois, je ne veux pas fermer la porte à des évolutions en la matière et j’ai demandé au garde des sceaux et à la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes de réunir les présidents de groupe et les auteurs de textes portant sur des questions liées à la prescription pour bâtir le compromis qui nous permettra d’avancer dans le cadre de la lettre rectificative.
Enfin, quatrième point sur lequel nous devons agir : la transparence des procédures pour les victimes. On le sait, c’est un enjeu majeur. Ce qui nous amène à la question de la loi dite intégrale. Madame Thiébault-Martinez, la loi intégrale est utile et nous permettra d’élargir l’analyse au-delà des seules questions relevant des ministères de l’intérieur et de la justice pour aborder aussi celle de la psychiatrie et celle de la mobilisation du système de santé, des collectivités locales, de l’éducation nationale.
Des moyens, s’il faut en débloquer pour les enfants, nous le ferons ! Mais ne mentez pas au peuple français en laissant penser que tout cela n’est qu’une affaire de moyens ! Malheureusement, vous le verrez, vos propos vieilliront mal. Si vous en êtes d’accord, je vous recevrai, madame Thiébault-Martinez, avec les collègues de votre choix, à la fin de la semaine. La présidente de l’Assemblée a saisi le Conseil d’État et je l’ai fait aussi pour témoigner de l’engagement de l’exécutif à ses côtés. De nombreuses mesures sont réglementaires –
 vous le savez déjà, car vous maîtrisez parfaitement le sujet –, ce qui signifie que nous pourrons les prendre très en amont de la discussion de la loi globale. En tout état de cause, je souhaite que nous avancions sans démagogie, sans instrumentalisation politicienne, pour apporter une réponse sociétale à un problème de société.
Je m’excuse d’être long, madame la présidente Le Pen, mais je manquerais à mon devoir de chef de l’administration si je ne concluais pas en redisant ma confiance dans les enquêteurs, les policiers, les gendarmes, les magistrats et l’ensemble des métiers de justice
 personne ne l’a fait, ou presque, depuis le début de la séance. Bien souvent, ces professionnels se sont engagés par vocation, pour protéger nos concitoyennes et nos concitoyens. J’ai eu l’honneur de porter l’uniforme de la gendarmerie et de servir dans des brigades. Je connais l’engagement de ces professionnels et je ne veux pas que l’on jette l’opprobre sur celles et ceux qui ont fait vœu de protéger les autres et de se mettre au service des plus fragiles au nom de la République !

> [Mort de Lyhanna / Intervention au Sénat] avec la même pudeur, je veux redire mon émotion et celle du Gouvernement. Je salue la gravité de votre ton, qui souligne l'approche collective qui doit être la nôtre.
Premièrement, il faut aller vite sur la transparence. Les inspecteurs généraux nous rendront leurs conclusions en fin de semaine prochaine. Le temps de l'enquête doit être respecté, le président du Sénat l'a rappelé. Dans une démocratie qui fonctionne, c'est l'analyse des faits qui permet, malgré l'émotion, d'agir en droit.
Les remontées de la hiérarchie - gendarmerie et parquet - suggèrent des dysfonctionnements sans lien avec un problème de moyens. Ce sera à confirmer. Ce qui ne veut pas dire que les moyens ne sont pas un sujet. Merci d'avoir distingué ce drame du fait de société qu'est la violence faite aux enfants. Il faut être précis.
Oui, les moyens doivent augmenter. Depuis 2017, le budget de la justice est passé de 4 à 12 milliards d'euros. Nous continuons à accompagner cette évolution. Pendant vingt ou trente ans, les budgets des ministères régaliens ont été mis à contribution : les efforts budgétaires que nous consentons ne sont qu'un rattrapage. Pour la justice, une révolution numérique s'impose ; il faut que cet argent public soit utilisé au mieux.
L'examen des 70 000 plaintes est-il raisonnable ? Il ne s'agit pas de traiter, mais de cribler ces plaintes, en urgence, entre enquêteurs et parquets - c'est ce qui aurait pu éviter le meurtre de Lyhanna. Les procureurs généraux se sont engagés et assurent être en mesure de le faire. Mais il n'y a pas un seul responsable de la police ou de la gendarmerie qui, de lui-même, ne fait pas ce travail depuis vendredi ! Rendons hommage à celles et ceux qui accomplissent ces missions, dans des conditions parfois difficiles.
Un projet de loi de protection des mineurs avait déjà été adopté en conseil des ministres ; une lettre rectificative, sous quinze jours, y injectera les premières mesures que j'ai annoncées. Une première réunion interministérielle aura lieu ce soir. J'essaierai de construire un compromis très en amont, car la République et la nation en ont besoin. Le cœur est chaud, mais nous statuons en droit.

> [Mort de Lyhanna / Intervention au Sénat] Vous avez raison de citer de Gaulle, et sa conception de l'autorité de l'État. Si l'État dispose de la force, c'est pour protéger nos concitoyens. Il n'y a pas d'autorité de l'État sans transparence : nous la ferons.
Il n'y a pas non plus d'autorité de l'État sans responsabilité. Individuelle d'abord : je m'étonne que beaucoup d'intervenants, sur les plateaux de télévision, semblent oublier que dans cette affaire, il y a un meurtrier. Les premiers responsables de cette violence, ce sont ceux qui commettent ces crimes. (Marques d'approbation à droite) Nous croyons à la responsabilité individuelle. Les sanctions - et les distinctions, du reste - sont individuelles. Dans une société qui oublie ses valeurs, on ne peut balayer cette responsabilité individuelle d'un revers de la main.
Il y a aussi la responsabilité individuelle des agents de l'État - magistrats du siège ou du parquet, policiers, gendarmes. Le travail des inspections doit servir à redonner notre confiance à celles et ceux qui se sont engagés pour protéger leurs prochains - policiers, gendarmes, officiers de police judiciaire, magistrats. Il n'y aurait rien de pire que de jeter l'opprobre sur ces métiers. Personne ne doute de l'engagement des communautés de brigades ou des brigades territoriales autonomes de l'Ardèche ! L'autorité de l'État suppose que les élites redisent leur confiance - qui n'exclut pas le contrôle - envers ceux qui remplissent ces missions.
Là où il y a responsabilité, il peut y avoir sanction. Le Gouvernement aussi a une responsabilité politique, devant l'opinion publique et devant le Parlement. Il est parfois bon de rappeler ces grands principes républicains qui fondent l'État.
Oui, l'État doit réagir, adapter son droit. Une violence endémique se développe dans le pays, c'est un problème sociétal transversal. Les seuls ministères de l'intérieur et de la justice ne peuvent pas tout. Santé, psychiatrie, éducation nationale : il faut accélérer sur tous ces sujets.
Nous devons réagir vite. Des textes vont venir - par exemple, sur la nécessité de motiver le classement sans suite pour les crimes sexuels sur mineurs. Le décret est en cours de rédaction, nous le prendrons très prochainement. Vous serez associé à la réponse.
Nous devons agir avec sang-froid, avec fermeté, sans forcément faire suivre chaque « fait divers » d'une loi, mais en adaptant nos outils à une violence qui évolue. Je pense qu'un chemin est possible à l'Assemblée et au Sénat.

> [Mort de Lyhanna / Intervention au Sénat] Sur les moyens, vos propos sont vrais. Mais l'enquête montrera - je le crains - que les moyens ne sont pas en cause. C'est douloureux.
Il y a parfois des manquements dans la mise en oeuvre des services publics, vous le savez, vous qui avez été président du département du Nored. Il en va de même pour les ministres. Je parle devant une assemblée de personnes ayant exercé des responsabilités.
Je ne parlerais pas « d'indifférence coupable », non. Et certainement pas des services d'enquête - j'ai porté l'uniforme de gendarmerie comme réserviste. Personne ne peut considérer que la question ne serait pas prise en compte par nos institutions. Mais l'est-elle suffisamment ? Non. Une réforme est-elle nécessaire ? Oui.
La montée de la violence est indéniable. Vous avez évoqué la psychiatrie, qui souffre de décennies de retard. Les enquêtes prennent parfois du temps en raison de l'indisponibilité des experts auprès des tribunaux -  je l'ai vécu en tant que juré d'assises.
Certes, il n'y a pas de solution miracle -  ne mentons pas aux Français. Mais nous pouvons changer le droit d'ici à la fin du quinquennat.
Il y a néanmoins des points difficiles : ainsi de la question des prescriptions, qui n'est pas consensuelle sur ces travées. Candidat à rien - cela facilite les choses -, je souhaite que nous trouvions des voies de compromis et de sérieux.
Je recevrai l'auteure de la proposition de loi intégrale en début de semaine. Oui, ce texte est utile. Toutefois, il faudra trancher sur certains points, notamment arbitrer entre cours criminelles départementales et cours de magistrats professionnels, mieux formés.
Travaillons vite et bien, pour protéger le pays de cette violence, véritable fait de société.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)

> Pour une Europe de la défense forte, il faut une industrie de l’armement européenne forte. Avec le commissaire européen à la défense et à l’espace, nous partageons la priorité d’une base industrielle et technologique de défense agile et réactive. Dans le respect des compétences nationales, l’Union européenne a un rôle essentiel à jouer pour faciliter les coopérations industrielles et capacitaires entre Etats membres. La préférence européenne est la condition de notre souveraineté et garantit des emplois sur notre continent.

> Cinq jours après l’entretien du nouveau Premier ministre hongrois à Paris avec le président de la République Emmanuel Macron, j’ai échangé avec Romulusz Ruszin-Szendi, nouveau ministre de la défense de la Hongrie, en marge de la réunion informelle des ministres européens de la défense à Chypre. Nous sommes convenus de la pertinence de densifier la coopération militaire entre nos deux pays. Balkans occidentaux, Ukraine, sécurité européenne, situation au Liban et au Moyen-Orient, autant de sujets où le dialogue franco-hongrois est amené à s’intensifier.

> Le Danemark est pour la France un allié volontaire, fiable et engagé avec qui la coopération de défense se renforce à tous les niveaux. À Nicosie où nous nous sommes rencontrés pour une réunion informelle des ministres européens de la défense, j'ai échangé avec Jeppe Bruus, nouveau ministre de la défense danois, sur l’excellence de notre relation de défense. Soutien à l’Ukraine, pilier européen de l’OTAN, interactions renforcées entre nos forces armées, comme en Arctique ou en mer Baltique, opportunités d’approfondissement de la coopération capacitaire, autant de sujets sur lesquels nous sommes déterminés à agir ensemble.

> [SCAF / Intervention au Sénat] Nous prenons acte de la volonté du gouvernement allemand de mettre fin au projet d'avion de chasse européen aux meilleurs standards à l'horizon 2040.
Cette ambition était triple : un programme politique de souveraineté européenne ; un partenariat industriel avec des acteurs de première importance, des deux côtés du Rhin ; une réponse commune à un besoin partagé.
Je salue l'engagement de l'équipe de France industrielle : Dassault, Safran, Thalès et tout leur écosystème. Elle est la seule équipe en Europe capable de produire un avion de chasse de manière totalement autonome.
En huit ans, 2,5 milliards d'euros ont été investis, dont la moitié pour du développement 100 % souverain. La quasi-totalité de ces investissements nous permettront de continuer à travailler sur un nouvel avion de chasse à l'horizon 2040. C'est un capital technique majeur pour la souveraineté de notre pays.
Le travail se poursuivra également sur la connectivité : cette dimension-clé de l'interopérabilité peut encore être évoquée dans le cadre franco-allemand.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Mort de Lyhanna] D'abord, comme beaucoup de Français, je ressens une profonde tristesse en pensant à cette famille endeuillée, qui traverse une épreuve inhumaine, inimaginable. Une profonde colère aussi, parce que ce drame aurait pu, aurait dû être évité. Il y a, là, comme l'a dit le garde des Sceaux, une défaillance majeure et un échec immense des pouvoirs publics, dont il faudra tirer toutes les leçons. Mais je ressens aussi une forme de honte, parce que collectivement, clairement, nous ne parvenons pas à donner toute l'importance qu'elle mérite à la parole des plus vulnérables dans notre société, celle des femmes, et en particulier celle des enfants. Or, la grandeur d'une nation se mesure à la manière dont elle protège les plus vulnérables, à commencer par les enfants. (…)
Vous savez, je suis un responsable politique, mais je suis aussi un militant, et je suis un père de famille, et je suis un citoyen comme les autres. Et ce drame nous enseigne, comme d'autres l'ont fait avant lui, qu'il est urgent que nous puissions accorder toute cette importance, toute cette attention à ce que nous disent les plus vulnérables en toutes circonstances, et singulièrement s'agissant des violences sexuelles et sexistes, des violences sexuelles à l'encontre des enfants. (…)
Je ne peux pas me lancer dans une chasse aux responsabilités, puisque le garde des Sceaux, vous le savez, il avait déjà initié depuis des semaines un travail pour mieux protéger les enfants, qui doit être mis à son crédit. Et par ailleurs, une enquête a été lancée, qui permettra d'établir très concrètement les responsabilités dans la chaîne, dans l'engrenage qui a conduit à ce que cet homme, pédocriminel récidiviste, puisse ainsi commettre un crime. (…)
Il y a une enquête qui a été diligentée. Elle conduira sans doute à ce que des sanctions soient prises. Mais une nouvelle fois, je crois que cet engrenage doit être précisément décortiqué. Mais au-delà, c'est la parole des enfants face aux prédateurs, face aux violences sexuelles, qui doit être mieux entendue. Et ça doit nous interpeller tous. (…)
J'ai parlé d'une défaillance majeure, d'un échec immense des pouvoirs publics. Il me semble que l'enquête établira les responsabilités et que sur cette base-là, les sanctions seront prises.

> Il faut réfléchir aux choix budgétaires qui sont les nôtres et qui nous ont conduit, après des épisodes où nous avons dû protéger les Français, pendant la Covid, après le démarrage de la guerre en Ukraine où la flambée des prix de l'énergie a eu un impact très dur sur le pouvoir d'achat, et notamment celui des plus modestes, à faire des économies. Mais nous ne devons en aucun cas désarmer l'État dans sa dimension régalienne. Et c'est vrai pour le ministère de la Justice, c'est vrai pour le ministère de l'Intérieur, celui des armées, et c'est vrai aussi pour mon ministère, le ministère des Affaires étrangères, puisque dans un monde qui se durcit, eh bien, nous devons nous donner les moyens de protéger les Française et les Français. (…)
Nous devons, et nous aurons à faire, l'année prochaine, puisque l'élection présidentielle est aussi le moment où ces débats doivent avoir lieu, des choix budgétaires importants sur la manière dont nous trouvons l'équilibre entre la préservation de notre modèle social, mais aussi le renforcement, le réarmement régalien de notre pays.

> Beaucoup de choses ont été faites pour protéger les femmes et, je le disais tout à l'heure, pour amorcer un travail en profondeur pour protéger les enfants. Mais ce sont des défis considérables. Vous savez, il faut admettre une forme de difficulté à embrasser des sujets qui ont des dimensions multiples. (…)
J'essaye simplement d'apporter une réponse qui ne soit pas simpliste à des problèmes qui sont compliqués, qui sont ancrés dans des réalités multiples, qui supposent que des dispositifs répressifs soient mis en place, mais qui supposent aussi une forme d'éducation de la société, d'une intégration dans la République, d'une forme de restauration du civisme plus généralement. Parce qu'on aurait tort de penser que seuls les magistrats, dans cette affaire, dans le Gers ou à Toulouse, ont été inattentifs à la parole des enfants. C'est un problème qui touche en notre société tout entière. Et on aurait tort de se focaliser exclusivement, comme certains le font, sur la dimension répressive, ou exclusivement, comme d'autres le font, sur la dimension éducative.

> La lutte contre les violences sexistes et sexuelles est une priorité de ce quinquennat, a fait l'objet d'un certain nombre de textes, de mesures également, sur le plan administratif. Ensuite, est-ce que d'autres propositions sont les bienvenues pour lutter contre ce fléau, contre ces drames ? Sans doute que la réponse est oui. Vous me demandez si une loi intégrale peut être adoptée aujourd'hui au Parlement. Je ne suis pas certain. Et quant au contenu de cette loi, je l'examinerai lorsqu'elle sera déposée. Et je vous donnerai mon avis à ce moment-là.

> Je crois que nous ne devons écarter aucune mesure, aucune idée pour protéger les plus vulnérables dans notre société. Je le disais : c'est la grandeur d'une nation que de protéger les plus vulnérables.

> [Hostilités au Moyen-Orient] La France est l'un des rares pays du monde, et sans doute le seul pays occidental à parler avec les deux parties au conflit, ou en tout cas toutes les parties au conflit. Et dans les échanges que nous avons avec eux, nous les pressons de conclure cet accord, parce que la situation est insoutenable, qu'elle a beaucoup trop duré, et qu'elle ne fait que des perdants : des perdants aux États-Unis, des perdants en Iran, en Israël, mais aussi partout ailleurs dans le monde, puisque le prix des hydrocarbures et leur flambée liée au blocage du détroit d'Ormuz, ont des conséquences majeures sur l'économie mondiale, et donc sur le pouvoir d'achat qui est le nôtre, sur la vie de nos entreprises, bref, sur la vie économique et sociale de la nation. (…)
Les États-Unis accueillent avec beaucoup d'intérêt l'initiative qui a été prise par le président de la République et le Premier ministre britannique de rallier une cinquantaine de pays pour préparer une mission internationale visant, dès que les conditions le permettront, à créer les conditions d'une restauration très rapide du trafic maritime dans ce détroit, pour que, le plus rapidement possible, les approvisionnements puissent se poursuivre, et surtout, que les prix commencent à baisser.

> Des sanctions contre l'Iran, en particulier, nous en avons pris à de très nombreuses reprises, et sans attendre le début de la guerre. Je vous rappelle que nous avons récemment, suite au massacre, on oublie l'horreur qu'a subie le peuple iranien au début de cette année, nous avons décidé d'inscrire le corps des Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes. Nous avons pris des sanctions à l'encontre des responsables des Gardiens de la Révolution, et notamment ceux qui décident de ce blocage.

> Nous avons fait il y a dix ans un accord sur le nucléaire iranien, qui imposait à l'Iran des seuils extrêmement stricts sur l'enrichissement, les capacités d'enrichissement, les capacités de militarisation, pardonnez-moi pour le jargon. Un accord qui a produit ses effets, puisque notre renseignement national, de même que les rapports de l'Agence internationale pour l'énergie atomique ont démontré qu'à l'époque, il y a dix ans, on avait observé un vrai recul substantiel et vérifié du programme nucléaire. (…)
Aujourd'hui, l'Iran est soumis à un régime de sanctions, sans doute le plus strict du monde. Si dans le cadre d'une négociation sur son programme nucléaire, sur ses missiles, ou encore sur son soutien à ces groupes terroristes, des levées de sanctions devaient être envisagées, alors, la France devrait être nécessairement associée à ce processus, puisqu'elle devra donner son feu vert à de telles levées de sanctions.

> Pour un Gouvernement israélien, de trouver un tel accord avec le Gouvernement libanais, c'est tout simplement historique. Et donc, notre responsabilité, celle de la France, et celle de tous les pays qui s'intéressent à la stabilité et à la paix au Proche et au Moyen-Orient, c'est de presser toutes les parties, je veux donc penser à l'Iran, de respecter les termes de cet accord. Qui dit quoi ? Qui dit cessez le feu, qui dit retrait du Hezbollah du sud du Liban, zone à partir de laquelle le Hezbollah pilonne les villages du nord d'Israël depuis le 2 mars dernier. Et puis ensuite, retrait de l'armée israélienne permettant aux forces armées libanaises de reprendre du terrain. Cet accord permet d'envisager le redressement du Liban, la restauration de son intégrité territoriale et de sa souveraineté, et puis la restauration de l'autorité de l'État sur l'ensemble de son territoire, avec le monopole de la force.

> L’armée libanaise a besoin de soutien, c'est pourquoi vous vous en souvenez peut-être, la France s'apprêtait à accueillir le 5 mars dernier, 5 jours après le début de la guerre, une conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises. Nous n'avons pas pu la tenir, car la guerre a éclaté. Nous avons néanmoins apporté, en plus du soutien humanitaire que nous avons été les premiers à annoncer pour le Liban, un soutien militaire avec l'envoi d'une quarantaine de véhicules blindés et plusieurs délégations, notamment la mienne, qui sont rendues aux côtés des autorités libanaises pour recueillir ce que sont leurs attentes. Et que nous préparons très activement d'ailleurs, puisque vous savez que 700 militaires français, dont deux ont consenti un sacrifice ultime, sont présents dans le cadre du mandat des Nations Unies donné aux Casque bleus, mandat qui va se terminer à la fin de l'année et qui doit être l'occasion de réinventer la façon dont la communauté internationale va soutenir l’État libanais et ses forces armées.

> Nous reconnaissons le droit d'Israël à la légitime défense, à condition que cela se fasse dans le respect du droit international. Mais désormais, rien ne justifie la poursuite des opérations militaires, de l'occupation prolongée d'Israël au sud du Liban. Et en réalité, c'est une erreur stratégique pour Israël. Parce que c'est contraire à la fois aux engagements qui ont été pris lors des discussions préalables à cet accord qui vient d'être trouvé, c'est contraire au droit international, et c'est surtout contraire aux intérêts de sécurité d'Israël. Parce que chaque village qui est évacué, chaque village qui est bombardé et détruit, chaque civil qui est tué, eh bien ça affaiblit le Liban et ça renforce le Hezbollah. Et donc souhaitons que cet accord qui a été trouvé produise ses pleins effets. Je veux souligner que Israël, ou les forces armées israéliennes, se sont retirées d'un premier village cette semaine. Je souhaite que cette première action soit suivie de nombreuses autres pour que, dans le dialogue et la coopération entre les autorités libanaises et les autorités israéliennes, un chemin puisse être trouvé pour la sécurité des deux peuples.

> Je suis extrêmement préoccupé par l'intensification de la colonisation illégale en Cisjordanie et l'explosion des violences des colons israéliens à l'encontre des Palestiniens. On n'a jamais vu ça depuis des années et peut-être des décennies. C'est pourquoi j'ai poussé pour que des sanctions soient prises à l'encontre, non seulement des responsables de ces violences, mais également à l'encontre des entités, des entreprises, des organisations qui, depuis Israël, donnent les moyens à ces colons extrémistes et violents, de chasser les Palestiniens de leurs terres, de brûler leurs récoltes, de détruire leurs bâtiments publics. Nous avons, pour la troisième fois, le 28 mai dernier, pris des sanctions européennes à l'encontre de ces colons, manière également d'appeler le Gouvernement israélien à ses responsabilités vis-à-vis de ces violences qui, à mon sens, fragilisent également en quelque sorte l'autorité de l'État.

> La France a des relations historiques d'amitié avec le peuple israélien, mais nous avons, avec le Gouvernement israélien actuel, des divergences profondes et des désaccords radicaux. Ceci étant dit, nous croyons que seule la solution à deux États peut ramener la paix et la stabilité au Proche et au Moyen-Orient, et pour ces deux peuples. C'est la raison pour laquelle j'accueillerai vendredi prochain des centaines de militants, de citoyens israéliens et palestiniens qui, au quotidien, travaillent à donner corps à cette perspective. Ce sera l'occasion pour eux de démontrer que la paix ne se trouve pas dans le rejet de l'autre et dans les discours de haine, mais dans la reconnaissance mutuelle et le respect. Et ce sera l'occasion pour eux de remettre leurs propositions et leurs recommandations aux 15 ministres qui seront présents, venus du monde entier, et continuant comme la France à plaider pour la solution à deux États.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Je crois que Poutine est déjà déstabilisé, que le doute est très largement installé à Moscou et il y a de quoi douter puisqu'on s'aperçoit que, quatre ans après le début de cette guerre d'agression, une guerre coloniale et impérialiste, la Russie est en échec, et notamment en échec militaire. Et que pendant les deux derniers mois, l'Ukraine a repris du terrain sur la Russie, que la Russie perd désormais 35 000 hommes par mois sur le front, c'est-à-dire plus que ce qu'elle ne parvient à recruter. Et puis, chacun s'en aperçoit, l'Ukraine est en train de gagner la guerre des drones en étant capable de lancer des opérations dans toute la profondeur du territoire russe. (…)
En plus de l'échec militaire, il y a un échec économique évident. L'économie russe est en train de s'enliser dans une forme de récession, que tous les voyants sont aux rouges, les taux d'intérêt, l'inflation. En quelque sorte, Vladimir Poutine, par son choix colonial et impérialiste, est en train de discréditer son pays, de l'épuiser au risque de le faire sortir de l'histoire. (…)
Ce qui est un peu nouveau, c'est que le président Zelensky a désormais exprimé son souhait que l'Europe, qui est le premier soutien de l'Ukraine dans cette affaire, puisse occuper une place, jouer un rôle plus important. C'est ce à quoi nous nous préparons. Et d'ailleurs, c'est l'un des sujets qui sera abordé dans une réunion qui se tiendra aujourd'hui rassemblant le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, et l'Ukraine également.

> Si je me retourne sur l'historique du Rassemblement National, sur les décisions qui ont été les siennes, à la fois à Paris, à l'Assemblée nationale ou au Parlement européen, eh bien je ne peux pas en conclure que le Rassemblement National est le premier soutien de l'Ukraine, bien au contraire. C'est tout d'ailleurs une des raisons pour lesquelles nous allons tout faire pour éviter que le Rassemblement National puisse accéder au pouvoir en 2027, car ce serait, pour le projet européen auquel nous sommes si fondamentalement attachés, un drame et même une catastrophe. 

> [Présidentielle] La condition nécessaire pour pouvoir rassembler et gagner, c'est d'abord de passer par une phase d'affirmation des idées. Les candidats doivent le faire, mais pas seulement les candidats d'ailleurs. Ma famille politique, qui n'a aujourd'hui pas de candidats sur la ligne de départ, a vocation à présenter une vision devant les Français, à dire ce que sont les questions qu'elles souhaitent voir abordées et tranchées. 

> On ne doit pas rougir d'avoir participé aux majorités successives qui ont fait avancer un certain nombre de sujets. On doit être aussi lucide sur le fait, d'une part, que tout n'a pas été nécessairement réussi, mais surtout que depuis 2017, le monde a changé. Nous ne serons plus en 2027 dans le monde dans lequel nous étions en 2017. Le monde s'est durci, la compétition s'est aggravée, nous avons vu les conflits autour de nous se multiplier, les guerres commerciales, la coercition économique et donc nous avons besoin d'un projet d'audace et de conquête pour notre pays. Et ce que je vois aujourd'hui se former, vous m'interrogez sur les candidats de ce qu'on appelle l'espace central, et ce que je vois se produire, c'est que l'extrême droite et l'extrême gauche sont en train de confisquer le débat présidentiel, alors même qu'ils partagent au fond une même absence de confiance dans la capacité du pays à affronter ses défis, une même vision très décliniste, très pessimiste de ce que la France peut faire, un même conservatisme au fond, perpétuer un système qui est à bout de souffle, et une même politique, puisqu'ils ont perdu tout espoir dans notre pays, qui consiste à dresser les Français les uns contre les autres et à désigner des boucs émissaires. Les plus riches, les médias, les Français de confession juive, les Français de confession musulmane. Et bien ce n'est pas avec ça, ce n'est pas avec ce type de débat qu'on va réussir à donner l'impulsion nécessaire pour que la France se redresse, qu'elle se projette avec enthousiasme vers l'avenir et qu'elle entraîne l'Europe avec elle. 

> Nous rejetons les extrêmes en toutes circonstances et nous ferons tout à notre place - et quand je dis, nous, c'est ma famille politique avec François Bayrou, mais je crois avec toutes celles et ceux qui se reconnaissent du centre au sens historique dans notre pays - pour ne pas nous retrouver dans cette situation. 

> [Présidentielle] Les questions que je voudrais voir traitées à l'occasion de ce débat présidentiel et tranchées par les Français, elles touchent au poids de la technocratie, au sacrifice de la jeunesse dans notre pays, au déclin du civisme. Je ne citerai que le premier. Le poids de la technocratie, la folie bureaucratique et l'hypercentralisation des responsabilités dans notre pays. Un pays qui a besoin de toute son énergie pour pouvoir faire face aux défis qui sont devant lui. Aujourd'hui dans notre pays, les collectivités territoriales ont moins d'autonomie que les autres en Europe. Les salariés dans notre pays ont moins d'autonomie sur leur lieu de travail que dans les autres pays européens. Les directeurs d'hôpitaux n'ont aucune marge de manœuvre. Le directeur de l'hôpital de Versailles me disait cette semaine, la ville où j'habite et où je suis élu, qu'il est soumis au mois de juin à 17 contrôles administratifs. Les chefs d'établissements, les directeurs d'écoles ne sont ni des directeurs ni des chefs, ils n'ont aucune marge de manœuvre. Il faut cesser d'infantiliser les Français et être prêts. (…)
2027 n'est pas le monde de 2017. Nous avons besoin, si l'on peut dire, de mobiliser toute l'énergie disponible. Donc il faut cesser d'infantiliser les Français, placer les responsabilités sans doute au bon niveau et permettre ainsi à chacun de reprendre le contrôle de sa vie. Voilà une question qui me semble essentielle et primordiale. Parler du sacrifice de la jeunesse, puisque l'un des sujets sera sans doute celui de notre modèle social, celui des retraites. Aujourd'hui, quand on entre dans la vie active en France, on y part avec un sac à dos de 50 000 euros d'aides publiques. On accepte désormais au logement, dix ans plus tard que ça a été le cas il y a quelques années ou quelques décennies. Il y a de quoi, quand on est jeune en France, aujourd'hui se décourager et perdre l'espoir, avec les trois boulets au pied de la dette financière, de la dette écologique, de la dette technologique. Des sujets que François Bayrou a d'ailleurs mis sur la table lorsqu'il était à Matignon et qui me semblent essentiels d'aborder et de trancher. 

> [Retraites] Qu'est-ce que nous voulons ? Nous voulons éviter que la jeunesse de France s'avance dans la vie écrasée par le poids d'un modèle social qui a été conçu à une époque où la démographie était galopante et où la croissance était élevée. Je crois que personne ne peut être insensible à la situation de la jeunesse. (…)
Au MoDem, nous défendons depuis plus de 20 ans maintenant. C'est un système par points qui rende aux Françaises et aux Français la liberté du choix du moment où ils partent à la retraite et qui confie aux partenaires sociaux le soin de prendre les décisions nécessaires pour équilibrer ce système. Un système qui, je le redis, aujourd'hui fait peser une charge si lourde sur les travailleurs, sur les jeunes, qu'il conduit au découragement du pays plutôt qu'à l'enthousiasme et à l'esprit de conquête. 

> Vous avez deux superpuissances, celle du XXème siècle, les États-Unis, et puis la superpuissance émergente, la Chine, qui sont lancées dans une course à la domination économique, technologique, commerciale et militaire. Si nous n'y prenons garde, nous risquons effectivement d'être pris dans cette tenaille entre les deux géants, de décrocher et même, d'une certaine manière, à être contraints de devoir faire un choix, d'être peut-être entraînés dans des guerres qui ne feront pas les nôtres et dont nous devrons payer le prix. (…)
D'abord, refusons de nous laisser intoxiquer par les discours déclinistes sur l'Europe. Et rappelons que l'Europe est la coalition de nations la plus avancée du monde, qu'elle est le plus grand marché économique, la société la plus démocratique, qu'on vit mieux en Europe, on y vit plus longtemps, en meilleure santé et plus libre. Ceci étant dit, si nous voulons résister à la tenaille, il nous faut prendre les bonnes décisions. Les bonnes décisions, c'est suivre le cap de la souveraineté européenne que la France porte depuis dix ans, mais accélérer. Et on a vu ces dernières années, ces derniers mois, des décisions majeures, ou en tout cas des décisions très nouvelles, être prises par l'Union européenne dans le sens d'une plus grande souveraineté, et dans le sens d'un réarmement à la fois militaire, économique et d'une certaine manière démocratique et morale. Mais il faut aller beaucoup plus vite, et c'est tout l'objet du travail de confection qui est réalisé par le président de la République, par le quai d'Orsay, dans toutes les capitales européennes, pour dire que tout n'est pas perdu, à condition justement d'avoir ce courage et cette volonté. 

> Le pacte sur les migrations et l'asile, c'est la reprise du contrôle par l'Europe de ses frontières, avec des filtrages à l'entrée, des systèmes d'information qui enfin communiquent les uns avec les autres, une prise de la demande d'asile à la frontière. C'est tout cela qui va nous permettre de juguler l'immigration irrégulière beaucoup plus efficacement qu'auparavant. Ça a pris beaucoup de temps, et je veux le redire ici, parce que j'entends les polémiques. Sans l'impulsion décisive de la France en 2022, quand la France, pendant six mois, présidait l'Union européenne, nous n'aurions ni le pacte sur l'immigration et l'asile, ni le règlement retour. Cette règle européenne qui a été adoptée ou qui a fait l'objet d'un accord cette semaine, et qui va nous permettre de trouver des moyens beaucoup plus efficaces pour expulser les étrangers en situation irrégulière en France et dans le reste de l'Europe. 

> L'Antarctique est un espace unique, le continent le plus froid du monde, sans population permanente mais dont l'équilibre conditionne celui de notre planète toute entière. Il est aux avant-postes des soubresauts du monde, c'est pourquoi nous devons y porter une attention si particulière. Or, l'urgence climatique est là, elle nous oblige à redoubler d'efforts scientifiques et diplomatiques, et c'est pourquoi la France, sous l'impulsion du président de la République, a mis à jour il y a quelques mois sa stratégie polaire pour les années 2026-2040. Nous nous sommes engagés à maintenir et renforcer nos capacités de recherche en Antarctique, à soutenir les programmes scientifiques internationaux et à peser en faveur de l’Antarctique dans les enceintes multilatérales.

> Avec nos partenaires britannique, canadien, australien, néo-zélandais et norvégien, nous prenons aujourd’hui de nouvelles sanctions contre les responsables de l’intensification de la colonisation et des violences en Cisjordanie. A titre national, nous avons interdit d’accès à notre territoire le ministre Bezalel Smotrich, quatre responsables d’organisations de colons et vingt-et-un colons violents. Bezalel Smotrich promeut activement l’annexion de la Cisjordanie, qu’il revendique ouvertement, la création de nouvelles colonies en Cisjordanie, la recolonisation de Gaza, l’effondrement économique de l’Autorité palestinienne et ses conséquences délétères sur la population palestinienne : c’est une politique que ne peut accepter l’écrasante majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux Etats.

> [Déclaration ministérielle conjointe sur la Cisjordanie] Face à l’aggravation de la situation en Cisjordanie, nous, ministres des Affaires étrangères de l’Australie, du Canada, de la France, de la Norvège et du Royaume-Uni, avons agi de concert pour mettre en place des sanctions et d’autres mesures afin que les colons extrémistes rendent des comptes pour les terribles violences qu’ils commettent contre les civils palestiniens.
Les colons extrémistes violents, avec l’appui de leurs partisans, continuent de mener des attaques contre les Palestiniens et de violer leurs droits de l’homme. Ils ont recours à la violence pour déplacer les Palestiniens, détruire leurs biens et poursuivre la colonisation illégale, ce qui compromet la viabilité de l’État de Palestine et les perspectives de coexistence pacifique.
Il y a trop longtemps que les colons violents agissent presque en toute impunité tandis que l’expansion des colonies et la création d’avant-postes se poursuivent avec le soutien et l’aide du gouvernement israélien. Dans certains cas, les colons commettent des violences sous la protection des forces de sécurité israéliennes. Nous continuons de demander instamment au gouvernement israélien de prendre des mesures pour garantir que les auteurs des violences en Cisjordanie rendent véritablement des comptes. Le gouvernement israélien doit s’assurer que chaque attaque donne rapidement lieu à une enquête approfondie, prendre des mesures contre les avant-postes et les organisations qui entretiennent les violences et faire cesser l’incitation à la violence.
Nous sommes convaincus que seule la mise en œuvre de la solution des deux États peut permettre de parvenir à la paix et à la sécurité pour les Israéliens comme pour les Palestiniens. Nous continuerons de travailler ensemble dans ce but.
L’Australie, le Canada, la France, la Norvège et le Royaume-Uni ont tous pris la décision historique de reconnaître l’État de Palestine, pour consacrer les droits du peuple palestinien et dans le cadre de nos efforts conjoints pour préserver la viabilité de la solution des deux États.  Aujourd’hui, nous avons à nouveau pris des mesures qui vont dans le même sens.
Nous demeurons prêts à prendre de nouvelles mesures si le gouvernement israélien n’agit pas rapidement pour remédier à la situation sur le terrain.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous condamnons fermement les frappes iraniennes sur Israël, comme nous avons condamné les frappes d'Israël sur le Liban et notamment dans la région de Beyrouth, et nous appelons toutes les parties à la retenue alors qu'un accord doit être trouvé, qui peut réouvrir le détroit d'Ormuz, mettre fin aux hostilités, permettre que s'engage une négociation sur le programme nucléaire iranien. Il est indispensable que les parties, en particulier l'Iran et les États-Unis, se saisissent de cette opportunité, car cette guerre a bien trop duré. Elle ne fait que des perdants, à commencer par les États-Unis et l'Iran, mais le reste du monde aussi, qui paie un prix très lourd de ce blocage d'Ormuz. Il est donc temps de mettre fin à cette guerre. (…)
Nous appelons toutes les parties à la retenue maximale parce qu’il est temps que les hostilités s'arrêtent, que la négociation puisse s'ouvrir. Pour cela, il faut que les termes des accords déjà passés soient respectés et que chacun puisse s'engager de bonne foi et saisir l'opportunité de cet accord entre les États-Unis et l'Iran. J'ajoute que cette semaine ou la semaine dernière, un accord historique a été trouvé entre le gouvernement israélien et le gouvernement libanais qui prévoit un cessez-le-feu, qui prévoit le retrait du Hezbollah du sud du Liban, le retrait de l'armée israélienne de certaines zones. Cet accord doit être respecté à la lettre. (…)
La France est l'un des très rares pays à avoir une ligne de contact avec toutes les parties au conflit, en particulier avec l’Iran et avec les États-Unis. Je me suis d’ailleurs moi-même entretenu hier soir avec mon homologue iranien. Ces lignes de contact nous permettent, à tous les niveaux et jusqu’au président de la République, de passer ces appels à la retenue et d’appeler les parties au conflit à conclure cet accord pour mettre fin à ces hostilités qui n’ont que trop duré. Dans le même temps, nous ne nous contentons pas de passer des messages, nous nous activons pour préparer la paix et pour qu’une fois qu’un accord aura été trouvé, qui permette la réouverture du détroit d’Ormuz et la fin des hostilités, le trafic maritime puisse reprendre le plus rapidement possible. C’est l’objet de cette mission internationale que nous avons conçue avec le Royaume-Uni, qui réunit une cinquantaine de pays et qui a vocation, de manière strictement défensive et indépendante des parties au conflit, à permettre la reprise du trafic en sécurisant les navires et leur passage dans le détroit d’Ormuz.

> Au cardinal Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, j’ai marqué l’engagement déterminé de la France en soutien aux communautés chrétiennes de Terre Sainte, menacées par la montée des violences et l’expansion de la colonisation. Un soutien politique, mais aussi matériel : nous appuyons les écoles, les hôpitaux, la préservation du patrimoine de ces communautés, au bénéfice aussi de leurs compatriotes d’autres religions. Nous avons notamment acté avec le patriarche un travail pour relancer la présence éducative chrétienne à Gaza.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> [Approbation des comptes 2025 / Intervention à l’Assemblée] Le gouvernement vous présente le projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l’année 2025, qui dresse le constat des comptes publics et de l’État pour l’année antérieure. Le débat revenant depuis plusieurs années à la même période, je rappellerai de nouveau à cette tribune qu’il s’agit d’un texte technique, d’une photographie de l’état des comptes publics. Cela n’enlève rien à l’importance de ce projet de loi, puisqu’il répond à la nécessité du contrôle parlementaire de l’action de l’exécutif, en l’occurrence celui de l’application par le gouvernement de la loi de finances.
Son principal constat est que le déficit public a baissé : il s’établit à 5,1 % du PIB en 2025, contre 5,8 % en 2024. Le texte permet surtout d’entrer dans les détails : le solde budgétaire de l’État s’établit à moins 124,2 milliards d’euros, soit 7,4 milliards de mieux que le solde prévu en loi de finances de fin de gestion. Ce résultat tient à des recettes fiscales dynamiques –
 les recettes fiscales nettes atteignent 356,4 milliards d’euros, soit 3,1 milliards de plus que prévu – et à une stricte maîtrise de la dépense – les dépenses générales de l’État et les prélèvements sur recette ont été contenus à 502,9 milliards d’euros, soit 1 milliard de moins que ce que prévoyait la loi de fin de gestion.
Voilà le texte dont je viens vous rendre compte. Malgré tous les événements de l’année 2025, le pilotage serré des dépenses publiques par le gouvernement a permis de les contenir dans les limites qui avaient été fixées par la loi de finances et même de les réduire de 1 smilliard par rapport aux prévisions de la loi de fin de gestion.
La dette publique reste pourtant élevée, trop élevée, et elle continue à croître. Elle s’établit à 115,6 % du PIB à la fin de l’année 2025, contre 112,6 % en 2024, ce qui montre l’étendue des efforts qu’il nous reste à fournir. Bien que j’aie évoqué l’amélioration du déficit –
 5,1 % contre 5,8 % –, il n’y a pas de quoi fanfaronner, sur quelque banc que l’on siège. Il y a devant nous une tâche immense : continuer à réduire les déficits publics, quelles que soient les circonstances économiques et en dépit de tous les vents contraires.
C’est la raison pour laquelle, depuis le début de la guerre déclenchée dans le golfe Persique, le gouvernement a fait siens quelques principes simples. Le premier est que l’argent public est rare et que l’argent public est cher.
En effet, nous sommes entrés dans un nouveau régime financier international, caractérisé par des taux d’intérêt cinq fois plus élevés qu’ils ne l’étaient en 2022.
Un deuxième principe se déduit du premier : les mesures de soutien doivent être ciblées, temporaires et financées. Face à des crises qui tendent à se répéter, nous ne pouvons pas nous laisser aller à la facilité consistant à engager des dépenses non financées, ce qui reviendrait à faire des chèques en bois aux Français. À un an d’une échéance présidentielle, il pourrait être tentant de mettre la poussière sous le tapis et de laisser à nos successeurs le soin d’aller reprendre dans leurs poches les sommes prétendument données aujourd’hui, mais ce serait contraire à notre devoir. Cette ligne –
 n’octroyer d’aides que ciblées et financées – doit continuer d’être la nôtre.
Notre troisième principe est la transparence, s’agissant aussi bien des comptes que de l’exécution budgétaire, ce dont témoignent le texte que vous examinez, l’ensemble des rendez-vous auxquels vous êtes conviés, comme les réunions du Comité d’alerte sur les finances publiques, et l’information sur l’état des recettes fiscales que nous communiquons tous les dix jours.
Mesdames et messieurs les députés, je sais que vous allez débattre dans quelques instants d’une motion de rejet préalable. Or le texte qui en fait l’objet ne vise qu’à une chose : fournir le reflet le plus fidèle, le plus exact, le mieux arrêté, des évolutions budgétaires intervenues au cours de l’année 2025. La volonté de casser la capacité du Parlement à contrôler l’exécution budgétaire en un acte quasi-nihiliste, de rejeter le texte qui vous est soumis quel qu’il soit, même lorsqu’il ne vise, comme celui-ci, ni à entériner une décision ni à en proposer de nouvelles, mais simplement à communiquer l’état exact des comptes publics, tout cela donne une image assez triste du débat politique parlementaire.
Au contraire, il faut que nous puissions convenir des chiffres, avant, évidemment, d’exprimer nos désaccords quant aux solutions que nous proposons les uns et les autres. C’est la raison pour laquelle nous vous présentons ce projet de loi et pour laquelle je ne pourrai qu’être défavorable à la motion de rejet préalable.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> [Mort de Lyhanna] Je partage la douleur, l'effroi, la colère. Je les ressens moi-même en tant que mère et en tant que Ministre. Mais ma responsabilité est d'agir. Dès vendredi, nous recevons avec le Premier Ministre tous les groupes politiques. Nous devons à nos enfants de réussir dans l'unité nationale.

> [Mort de Lyhanna] Est-ce qu'il y a eu des manquements individuels ? Sans doute et ils devront être lourdement sanctionnés. Est-ce que ça signifie qu'il faut taper sur nos policiers, gendarmes et magistrats qui chaque jour s'engagent, enquêtent, protègent? La réponse est non.

> [Mort de Lyhanna] Les Français sont en colère. Ils ont raison de l'être. Cette colère est saine et légitime. Nous allons agir encore et agir vite. Dès le 15 juillet, nous examinerons à l'Assemblée Nationale le projet de loi pour protéger les enfants et aussi lutter contre les violences sexuelles que les enfants et les femmes subissent.

> [Victime de violences sexuelles] On dit "libération de la parole" mais les victimes ont toujours parlé. Les enfants, les femmes ont toujours parlé. C'est l'écoute qui manquait. Aujourd'hui, la société est prête à écouter. Les Français se mobilisent. Et ça change tout.

> [Protection de l’enfance] On demande aux enfants de parler mais on ne les écoute pas. On demande aux mères de protéger mais on ne les croit pas. Ce n'est pas un dysfonctionnement. C'est une culture. Et c'est cette culture qu'il faut changer. Dans la loi. Dans la pratique. Dans la société.

> [Violences sexuelles / Intervention à l’Assemblée] Concernant la lutte contre les violences sexuelles, vous êtes en colère et vous avez raison de l’être. Les Français le sont aussi et ils ont raison de l’être. J’espère que cette colère saine et nécessaire ne faiblira pas dans la société, qu’elle continuera de nous habiter pour que nous continuions à agir et à prendre toutes les dispositions nécessaires pour protéger les enfants et les femmes victimes de violences sexuelles. Les victimes, les enfants, ont toujours parlé, mais la justice et la société ne les ont pas toujours entendus. Les femmes ont toujours parlé et les mères ont toujours protégé leurs enfants. Dès cette semaine, par une lettre rectificative au projet de loi relatif à la protection des enfants, nous étendrons sa portée à la lutte contre les violences sexuelles, notamment pour défendre les mères qui, parce qu’elles protègent leurs enfants, sont incriminées pour non-représentation d’enfant. C’est tout à fait insupportable : le doute ne doit jamais porter préjudice aux enfants alors qu’il faut mieux veiller sur eux.
Les enfants parlent : il faut les écouter. Les mères protègent : il faut les écouter et les protéger. L’objectif est de faire vite et bien.
Voilà ce que nous ferons en nous inspirant de toutes –⁠ je dis bien : toutes – les initiatives parlementaires prises sur tous les bancs de l’Assemblée nationale et du Sénat.

> [Imprescriptibilité des crimes contre les enfants / Intervention à l’Assemblée] Ce combat qui est, je le crois, nécessaire. J’espère que l’heure est venue, que le moment est venu pour nous d’être en capacité d’entendre les enfants, d’entendre leurs paroles, les révélations qu’ils sont prêts à faire. Je tiens à dire aussi à ceux qui, ayant vécu cela enfant, qu’il ne sera jamais trop tard pour que leur parole soit entendue : il faut qu’ils aient toujours la possibilité d’avoir dans leur vie accès à la justice, alors qu’aujourd’hui, la prescription protège les bourreaux et condamne les victimes. Voilà ce qui se passe dans notre société. Et c’est ce que nous pouvons et même devons collectivement changer. Vous savez que le garde des sceaux et moi nous sommes déclarés favorables à ce que l’imprescriptibilité devienne la règle dans notre pays, conformément d’ailleurs aux recommandations de la Ciivise. Nous recevrons, à la demande du premier ministre, l’ensemble des parlementaires engagés sur cette question dès cette fin de semaine pour y travailler et pour, je l’espère, l’inclure dans notre droit dès le texte sur la protection de l’enfance.
Et puis, il y a aussi la question de la détection : comment entendre ce qui n’est pas forcément formulé par une parole, mais qui peut l’être par un trouble du comportement, par un trouble alimentaire, par une régression des apprentissages ? C’est bien l’enjeu de la formation systématique de l’ensemble des professionnels au contact des enfants, sachant que ces derniers s’expriment en effet de mille et une manières pour nous livrer les mots qui sont les leurs. Il s’agit aussi d’assurer le contrôle d’honorabilité de l’ensemble desdits professionnels et de dresser corrélativement une liste noire, qui va enfin pouvoir exister, regroupant notamment des personnels du périscolaire, du scolaire et du monde associatif, y compris sportif. Nous allons réussir ensemble.

> [Mort de Noahm] Personne ne doit mourir pour qui il est ou pour qui il aime dans notre pays.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Les jeunes générations le savent mieux que toutes les autres : la transition écologique n’est pas une mode, c’est une nécessité absolue !

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Le ministre israélien Bezalel Smotrich est désormais interdit d’accès au territoire français. Cette sanction vient réaffirmer la position claire de la France : la colonisation et les violences des colons extrémistes contre les Palestiniens doivent cesser. La colonisation, illégale au regard du droit international, détruit toute perspective de solution politique, la seule à même de garantir une paix durable dans la région. D’autres sanctions ont été prises avec nos partenaires du Canada, du Royaume Uni, de l’Australie et de la Nouvelle Zélande. Restons mobilisés, ensemble, en soutien à la solution à deux États.

 

● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature

> Ce que l’homme a abîmé, il peut le réparer. Et ce qu’il a détruit, il peut le reconstruire. Quel meilleur endroit que le lac des Hurtières, en Savoie, pour annoncer que la France renforce encore la protection de son patrimoine naturel !
Aujourd’hui, nous franchissons en effet une nouvelle étape avec la création ou l’extension de neuf réserves biologiques, représentant plus de 157 000 hectares de forêts supplémentaires protégés sur notre territoire.
Des forêts tropicales de Guyane aux massifs vosgiens, des hêtraies d’altitude du Cantal aux forêts méditerranéennes de l’Hérault, ces espaces remarquables pourront continuer à jouer pleinement leur rôle de refuge pour la biodiversité, de puits de carbone et de réservoirs de vie.
Cette décision s’inscrit dans notre Stratégie nationale pour les aires protégées et dans la Stratégie nationale pour la biodiversité 2030. Elle nous rapproche concrètement de notre objectif : porter à 10% la part du territoire terrestre bénéficiant d’une protection forte d’ici 2030.
Protéger la nature, ce n’est pas mettre sous cloche. C’est donner aux écosystèmes les moyens de se régénérer, préserver des espèces fragiles, restaurer les équilibres dont dépendent nos territoires et préparer l’avenir.
Avec ces nouvelles réserves biologiques, la part du territoire terrestre bénéficiant d’une protection forte atteint désormais 6,43 %. C’est une avancée tangible vers l’objectif de 10 % du territoire terrestre en protection forte d’ici 2030 et vers la protection de 250 000 hectares de forêts supplémentaires.
Les neuf réserves concernées :
Création de 8 réserves biologiques intégrales :
- Pitons rocheux d’Armontabo (Guyane) – 156 290 ha
- Bannes-Ravines (Vosges) – 313 ha
- Buronnières (Seine-et-Marne) – 84 ha
- Chamalière–Peyre-Ourse (Cantal) – 147 ha
- Chatte-Pendue (Bas-Rhin) – 53 ha
- Jumelles d’Ornes (Meuse) – 100 ha
- Vau des Loups (Meuse) – 76 ha
- Pas de la Lauze (Hérault) – 193 ha
Extension d’une réserve biologique dirigée :
- Tourbières du Somail (Hérault) – extension de 12 ha
Derrière ces chiffres, ce sont des paysages préservés, des espèces protégées et un patrimoine naturel que nous choisissons de transmettre aux générations futures.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Je suis persuadé que, sur tous ces bancs, nous sommes profondément traumatisés et choqués par la mort de Lyhanna et par tous les drames qui ont touché les familles de France. Chacun ici est père ou mère de famille et notre cœur, comme celui des magistrats et des enquêteurs, est affligé de tristesse parce que nous n’avons pas su protéger une enfant de la République.
À la demande de M. le président de la République et de M. le premier ministre, MM. les ministres de l’éducation nationale et de l’intérieur et moi-même avons commandé un rapport d’inspection. À la suite des remontées des procureurs généraux placés sous mon autorité, j’ai dit que l’institution judiciaire devait présenter ses excuses, non seulement à la famille mais aux Français –
 aucun garde des sceaux ne l’avait dit aux Français depuis vingt ans – ; j’ai dit que nous avions failli – M. le procureur général près de la Cour de cassation l’a également dit hier soir à une heure de grande écoute – et que nous tirerons toutes les conclusions d’éventuelles défaillances, qu’elles soient systémiques – nous y remédierons si elles existent – ou individuelles.
J’ai regretté la politisation et, –
 il faut le nommer – le manque de respect, puisque, dès ce week-end, votre présidente de groupe politique [LFI] a appelé à la démission de membres du gouvernement. Si vous pensez un seul instant, madame, qu’en faisant de la politique politicienne, vous donnerez du courage aux enquêteurs, aux magistrats ou à la société dans son ensemble et que vous protégerez les enfants, je pense que vous vous trompez frontalement.
Je vous demande de ne pas renverser le gouvernement, comme vous l’avez fait l’an dernier, afin qu’il soit en mesure d’augmenter les budgets mais aussi de voir que, quand il y a des responsabilités. Laissez les ministres prendre les sanctions qui accompagnent ces responsabilités.

> [Protection de l’enfance / Intervention à l’Assemblée] M. le premier ministre a présenté au Conseil d’État la loi intégrale que vous avez évoquée afin qu’il nous donne un conseil juridique sur ce grand texte, que nous devons accompagner.
Je me suis exprimé à plusieurs reprises sur certains sujets contenus dans cette loi, tel celui de l’imprescriptibilité des crimes pour mineurs. Alors que je souhaite son inscription dans la loi depuis plusieurs mois, je constate malheureusement que ce souhait n’est pas partagé sur tous les bancs de l’hémicycle.
Il serait bon de défendre ce sujet : s’en prendre à un enfant, c’est s’en prendre à l’humanité tout entière !
J’ai aussi évoqué la perpétuité pour les viols sériels sur les enfants : une proposition en ce sens a été faite à M. le premier ministre.
Enfin, la loi devrait encadrer les actes d’enquête dans un délai de trois mois puisque les circulaires générales ne sont pas appliquées, dès lors que, depuis 2013, je ne peux pas légalement intervenir dans les affaires individuelles.
Fixer un délai de trois mois pour qu’il y ait des gardes à vue et des mises en cause est également très important pour que nous puissions lever le doute et poursuivre les auteurs de crimes contre les enfants. (…)
Les dispositions de ce texte nous aideront grandement à lutter contre les crimes sexuels dont sont victimes les femmes et les enfants. Cela dit, aucune des dispositions qu’il prévoit n’aurait permis d’éviter le drame que constitue la mort de la petite Lyhanna. Aucune nouvelle loi, aucuns moyens supplémentaires ne nous auraient permis de traiter ce cas très précis. Une enquête avait été ouverte par un parquet ; un médecin avait constaté des faits de viol sur une petite fille ; un expert, en dix jours, avait remis un rapport ; des auditions circonstanciées avaient eu lieu ; nous connaissions l’incrimination et l’auteur ; les fichiers applicatifs fonctionnaient ; et nous avions connaissance du dépôt de deux plaintes pour viol. Dans ces circonstances, personne ne comprend qu’il ait fallu attendre neuf mois pour mettre en garde à vue l’auteur de crimes en série sur mineurs !
Sans aucun doute, une loi intégrale est nécessaire pour aborder des dizaines de milliers de cas. Mais ne faisons pas croire aux Français que dans le cas précis qui nous occupe, une nouvelle loi ou des moyens supplémentaires auraient empêché ce drame.
En tant que chef d’administration, j’ai la responsabilité de vous le dire !

> [Protection de l’enfance / Intervention à l’Assemblée] Le chiffre de 70 000 renvoie aux plaintes ouvertes par les parquets qui n’ont pas été classées et qui ne font pas l’objet d’une information judiciaire. Ces plaintes concernent à la fois des délits et des crimes touchant des personnes mineures. Parmi ces délits et ces crimes, certains portent sur des faits prescrits. Leur caractère est donc moins urgent que les plaintes relatives à des enfants qui sont encore enfants aujourd’hui. On relève aussi des crimes qui ne sont pas prescrits, mais dont les victimes sont âgées entre 30 et 50 ans et les auteurs présumés âgés entre 70 et 90 ans. Ces affaires doivent évidemment être traitées, mais elles n’ont pas non plus le même caractère d’urgence, selon moi, que des plaintes concernant des enfants mineurs et des auteurs présumés qui pourraient faire d’autres victimes –⁠ c’est le cas de la plainte du mois d’août 2025 que vous avez mentionnée.
J’ai demandé aux parquets généraux de continuer à donner la priorité aux affaires concernant des mineurs, puisqu’ils m’assurent que c’est ce qu’ils font au quotidien. Au cours des trois heures de discussion que j’ai eu avec leurs représentants, comme d’ailleurs depuis que je participe à des réunions sur la politique pénale, on m’a expliqué que dans l’immense majorité des cas les services enquêteurs du ministère de l’intérieur étaient pleinement mobilisés et que les procureurs plaçaient en haut de la pile les crimes concernant des enfants –
 comme je le demande depuis maintenant quatorze mois et comme le demandaient déjà mes prédécesseurs.
La véritable question est donc de savoir s’il existe d’autres affaires Lyhanna. D’une part, l’inspection que nous avons diligentée rendra ses conclusions dans treize jours et permettra de pointer les défaillances dans la chaîne des enquêteurs, des magistrats et peut-être d’autres services publics. Nous prendrons alors les mesures qui s’imposent. D’autre part, les rapports que j’ai demandés aux procureurs généraux pour identifier d’autres éventuelles affaires Lyhanna seront également rendus publics. Je les transmettrai aux commissions des lois de l’Assemblée et du Sénat et, si vous le souhaitez, à l’ensemble des groupes politiques. Le Parlement n’a pas à être avisé des affaires individuelles, mais il est légitime de l’informer sur des affaires générales. Je ferai toute la vérité sur celle-ci.

> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Je vous remercie pour cette question empreinte d’émotion, qui me permet de faire un point sur le fonctionnement de la justice et sur l’autorité d’un ministre à la tête d’un ministère particulier, le seul cité par Michel Debré et le général de Gaulle dans la Constitution. Relève de ce ministère, outre les agents de la protection judiciaire de la jeunesse, la PJJ, et ceux de l’administration pénitentiaire, un corps indépendant, celui des magistrats judiciaires.
Je parle devant l’Assemblée nationale, qui écrit la loi. En 2013, l’Assemblée nationale et le Sénat ont retiré au garde des sceaux la possibilité de donner des instructions dans des affaires individuelles : c’est l’article 30 du code de procédure pénale. Vous m’interrogez parfois personnellement sur de telles affaires parce que vous recevez des familles éplorées dans vos permanences ; moi-même j’en croise chez moi, à Tourcoing et il arrive qu’on me contacte sur les réseaux sociaux pour me faire part de difficultés incompréhensibles. Il faut que les Français le sachent : je suis le seul ministre ou fonctionnaire qui ne peut pas effectuer de signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Ce serait vu comme une ingérence dans le fonctionnement de la justice –⁠ on connaît les difficultés qu’ont rencontrées certains de mes prédécesseurs. Je ne peux pas non plus donner d’instructions au procureur de la République dans des affaires individuelles. Je ne sais pas si les Français le savent, ni même si les parlementaires sont au courant : le garde des sceaux ne peut ni appeler, ni recevoir un procureur pour discuter d’une affaire.
Il y a deux solutions : soit l’on part du principe que l’indépendance est une garantie démocratique, mais alors il faut assumer ses responsabilités lorsqu’on commet une faute professionnelle ; soit l’on redonne au garde des sceaux la possibilité de donner des instructions dans des affaires individuelles.
C’est un débat parlementaire extrêmement important pour notre démocratie. La seule chose que je peux faire, c’est envoyer des circulaires de politique pénale générale. Je n’ai même pas le droit d’y employer le mot « systématiquement » car le Conseil d’État me l’interdit. Dans ces circulaires, je ne peux que définir les priorités de la politique pénale. Comme elles n’ont pas été prises en compte partout –
 il est incontestable qu’elles ne l’ont pas été dans cette affaire –, j’ai proposé à M. le premier ministre que les parlementaires inscrivent dans la loi que, dans les affaires de crimes sur enfant, il soit procédé en moins de trois mois au moins aux actes d’enquête permettant de placer le criminel en garde à vue, voire parfois, je l’espère, en détention provisoire.

> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Comme je l’ai répondu à Jean-René Cazeneuve, l’autre député du Gers, je crois, moi aussi, que l’on peut affirmer la nécessité d’augmenter les moyens de l’ensemble des services qui traitent des violences faites aux enfants. Personne d’ailleurs n’en disconvient. Je viens d’un département parmi les plus touchés par les violences faites aux enfants, et j’ai dirigé une commune extrêmement populaire où, comme conseiller départemental et maire, j’ai essayé d’alerter –⁠ j’ai même essayé de les améliorer –, sur les moyens dédiés à l’aide sociale à l’enfance comme à toutes les personnes qui méritent protection. Mais, avant d’en venir à la justice et à la police il faut mentionner toute une chaîne de collectivités locales, vous le savez bien.
Viendra donc le moment de parler des collectivités locales et des difficultés qu’elles nous créent parfois dans le fonctionnement général de la protection : je pense –
 vous le voyez bien dans votre département – aux signalements de l’aide sociale à l’enfance ou aux éléments détenus par les maisons de santé, dont le manque d’information collective ne nous aide pas à repérer les auteurs et à pouvoir les poursuivre.
Mais le premier responsable de cette situation, c’est d’abord le criminel. Et il y en a beaucoup. Je rappelle que 10 000 personnes sont sous information judiciaire et que l’on dénombre chaque année 14 000 mises en cause pour viol sur mineur Ce sont des masses et on ne peut donc pas dire que la justice, la police et la gendarmerie ne font rien.
Il se trouve qu’à Auch, un magistrat de plus est arrivé en septembre à la suite de votre interpellation, et je vous ai répondu à ce moment-là –
 M. Cazeneuve, quant à lui, avait évoqué l’UMJ, et je lui avais alors également répondu à ce moment-là. La brigade concernée comporte huit gendarmes, le service de police, trois OPJ, et il y a 180 dossiers de cette nature dans l’ensemble du département du Gers, sachant que le tribunal d’Auch compte onze magistrats sur onze, cinquante-huit greffiers sur soixante et quatre parquetiers sur quatre. Donc oui, il faut augmenter les moyens, mais il faut aussi voir les dysfonctionnements individuels lorsqu’il y en a et c’est bien de le reconnaître aussi.

> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Madame la députée, vous savez depuis longtemps que j’admire votre engagement pour la cause des enfants, qui s’exprime dans cet hémicycle et ailleurs. En réponse à vos questions, devant des commissions d’enquête ou dans le cadre de la délégation aux droits des enfants que vous présidez, j’ai déjà dénoncé à plusieurs reprises les effets du travail en silos que vous avez évoqués. Le pénal nous occupe, mais il ne faut pas oublier que nombre de sujets relevant de la justice civile peuvent entraîner des drames, des viols, des agressions physiques ou psychologiques et plonger dans la détresse des mères de famille et des enfants.
J’ai formulé deux propositions fortes pour lutter contre ces silos. La première vise à dépénaliser la non-présentation d’enfant lorsqu’existe une accusation d’agression sexuelle. Le projet de loi relatif à la protection des enfants que Stéphanie Rist défendra devant l’Assemblée à partir du 15 juillet comportera une ordonnance de sûreté de l’enfant, tant attendue et parfois tant combattue, jusqu’au sein de mon ministère et jusque dans l’hémicycle. Elle instaure un principe de précaution appliqué aux enfants.
La seconde proposition a pour but d’en finir avec l’organisation qui ballote les enfants entre différents silos du ministère de la justice. Sans parler des autres services publics que celui de l’autorité judiciaire, un même enfant peut avoir affaire à la fois à un juge des affaires familiales, à un juge correctionnel et à un juge des enfants, dont aucun ne connaît son environnement à 360 degrés, qu’il s’agisse de la composition et de l’histoire de la famille, des éventuelles plaintes pour viols déposées contre le papa, des problèmes de santé, psychiatriques ou non, ou des simples tracas du foyer. Pour remédier à cela, j’ai proposé la création d’un juge des familles qui, parce qu’il aurait cette vision à 360 degrés et la connaissance de l’intégralité du dossier d’un enfant ou d’une famille, pourrait immédiatement mettre fin aux difficultés.
Il s’agit d’une grande réforme qui permettra de sortir des silos et de mettre les moyens aux bons endroits. J’ai lancé les consultations en ce sens et je suis sûr qu’avec vous, elles aboutiront à une loi.

> [Mort de Lyhanna / Intervention au Sénat] Avec les ministres de l'intérieur et de l'éducation nationale, nous avons diligenté une enquête des inspections qui rendra son rapport le 19 juin ; des sanctions seront prises s'il y a lieu.
Alors qu'une plainte concernant une autre petite fille avait été enregistrée en août 2025, que cette dernière avait été longuement auditionnée, que la médecine légale avait constaté les faits de viols, qu'un expert avait attesté de sa crédibilité, que deux plaintes précédentes étaient dans les fichiers des ministères de l'intérieur et de la justice, que de nombreuses circulaires du garde des sceaux demandent la priorisation absolue des crimes touchant les enfants - il est incompréhensible que le mis en cause n'ait été ni entendu ni mis en garde à vue, qu'on n'ait pas perquisitionné ses outils numériques ni examiné son comportement envers les enfants.
Nous en tirerons toutes les conclusions. Tout au long de l'été, nous allons regarder, avec les procureurs généraux, l'intégralité de ces plaintes, pour qu'il n'y ait plus d'affaire Lyhanna.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Protection des enfants] Je me suis adressé à l’ensemble des recteurs de France lundi, pour leur rappeler que notre combat contre les atteintes aux mineurs nécessite une vigilance de tous les instants.
Les enfants doivent être écoutés, et leurs alertes relayées. Avec 80 000 informations préoccupantes et signalements à la justice chaque année, l’École est le premier signaleur de France.
Cette responsabilité impose une règle claire : lorsqu’un agent est mis en cause pour des faits graves sur mineurs, il doit être suspendu sans délai, et licencié si ces faits sont avérés.

> [Enfants handicapés / Intervention à l’Assemblée] Le rôle des AESH est central en matière d’école inclusive et on ne peut ignorer les efforts qui ont été faits depuis 2017 pour construire un véritable service public de l’école inclusive.
Tout d’abord, nous avons créé 68 % de postes d’AESH de plus depuis 2017. Ensuite, nous avons ouvert par dérogation aux règles applicables à la fonction publique –⁠ c’est la loi qui l’a fait – la possibilité de leur proposer un CDI dès trois ans d’activité. Deux tiers d’entre elles sont aujourd’hui cédéisées. Nous avons, à cette occasion, révisé leur grille, qui n’avait pas connu d’augmentation récente. J’ai conscience qu’elle est modeste, mais la rémunération des AESH a augmenté de 13 % au cours des deux dernières années.
Vous soulevez en réalité deux questions, la première étant celle des PAS. Il est hors de question de licencier certaines AESH au motif qu’elles relèveraient de PAS. Toutefois, dès lors que vous modifiez le périmètre d’affectation, soit une clause substantielle du contrat, vous êtes tenu de faire valider cette modification par l’agent. En cas de refus, un risque de licenciement existe en effet, mais je ne souhaite pas le voir se réaliser.
J’ai moi-même transmis des consignes aux recteurs pour que les aires d’intervention des AESH ne soient pas modifiées dans le cadre des PAS et que ces aires restent raisonnables sur le plan territorial.
Quant à la seconde question que vous soulevez, celle d’une éventuelle fonctionnarisation d’une partie des AESH, nous avons lancé une concertation avec les organisations syndicales à la fin du mois de mai. Une nouvelle réunion est prévue le 15 juin et les travaux vont se poursuivre, notamment sur le temps de travail et la mobilité.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Liberté d’opinion à l’université] L’université est le lieu du savoir, de la recherche, du débat contradictoire et de l’émancipation. Les actes de violence politique qui tendent à restreindre la liberté de débattre, à empêcher l’autonomie de la pensée et du débat académique, ne sont pas tolérables. Ils sont contraires à la liberté académique, dont la défense est au cœur des engagements du gouvernement.
À ce sujet, notre politique est très simple : c’est celle de la tolérance zéro envers les actes –
 violences verbales ou physiques – qui tendent à bloquer ou à empêcher l’exercice de ce qu’est l’université. Très concrètement, cela se traduit de façon systématique par des signalements au titre de l’article 40 du code de procédure pénale et par des poursuites disciplinaires menées par les établissements.
Par ailleurs, nous avons consolidé l’arsenal législatif : la loi dite Lévi-Fialaire a renforcé et accéléré les sanctions en cas de délits ou de problèmes disciplinaires liés à l’antisémitisme ou au racisme. C’est un point crucial.
Je crois que Luis Vassy, directeur de Sciences Po, a mené avec courage et efficacité cette même politique : une politique de fermeté, où on ne laisse rien passer. Il a, bien évidemment, le soutien plein et entier du gouvernement, comme c’est le cas pour tous les présidents d’université qui se tiennent sur cette ligne de fermeté. C’est elle qui permet de sauvegarder l’essence même de l’université.

 

Laurent Panifous (ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des relations avec le Parlement)
> [Proposition de loi visant à exercer l'accès à l'emploi, à pérenniser et à étendre progressivement l'expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) / Intervention au Sénat] L'expérimentation TZCLD a dix ans. Elle a permis le retour au travail de femmes isolées, de jeunes marginalisés, de personnes sans domicile fixe ou en réinsertion après une incarcération. Les rapports de la Cour des comptes et du comité scientifique en attestent : elle a fait ses preuves. On dénombre ainsi 4 000 personnes en emploi, dans 85 territoires et 94 entreprises à but d'emploi (EBE). Les résultats sont présents et les points d'achoppement sont surmontables.
Dans mon département de l'Ariège, j'ai pu constater les effets très positifs de cette expérience. J'avais à l'époque cosigné ce texte de Stéphane Viry, que je salue.
Cette proposition de loi, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale, a intégré les remontées du terrain. Elle est l'aboutissement d'une concertation menée par le ministre du travail avec l'ensemble des parties prenantes, sur la base de travaux d'évaluation approfondis.
Alors que l'expérimentation arrive à son terme à la fin de l'année, le Gouvernement appelle à l'adoption définitive de cette proposition de loi. Cela donnera de la stabilité aux 4 000 salariés et de la visibilité aux 85 territoires concernés. C'est pourquoi le Gouvernement propose d'adopter les quatre amendements qu'il présente, pour rétablir la rédaction issue de l'Assemblée nationale et permettre une adoption conforme.
Certes, les conditions d'examen ne sont pas idéales, en raison notamment de l'absence de procédure accélérée. Le précédent gouvernement avait souhaité attendre les résultats des évaluations, mais l'examen du texte avait démarré en juin 2025 à l'Assemblée nationale. Quand il a été adopté en janvier 2026, il n'était plus possible de déclencher cette procédure, je le déplore.
Nous pouvons parvenir à un texte d'équilibre, respectueux de la concertation, mais aussi de votre travail en commission. Les problématiques que vous avez soulevées pourront être traitées par voie réglementaire ou infraréglementaire.
En décembre 2025, le ministre du travail a réuni l'ensemble des parties prenantes pour parvenir à une solution consensuelle. Tous les acteurs ont convergé vers la pérennisation, ce n'était pas acquis. Le Gouvernement et l'auteur du texte ont travaillé afin de rendre le texte opérationnel. Ce travail minutieux nous conforte dans notre souhait d'obtenir un vote conforme.
Compte tenu de l'ordre du jour chargé à l'automne et des délais d'examens plus longs à l'Assemblée nationale, nous n'avons pas la garantie d'achever la navette parlementaire de ce texte avant la fin de l'année - soyons réalistes. Un vote conforme ce soir est donc la meilleure façon de pérenniser l'expérimentation dans notre politique de l'emploi.
Dans la continuité de sa méthode de travail, et conscient du caractère perfectible du texte, le ministre du travail propose, en cas d'adoption conforme, l'ouverture immédiate d'une concertation, pour ajuster les éléments opérationnels soulevés en commission au Sénat, par la voie réglementaire et infraréglementaire.
Le texte intègre l'expérimentation comme solution de dernier recours, exclusivement à l'initiative des territoires.
Ce cadre légal laisse la place à l'innovation territoriale. Il pourra être adapté en fonction des résultats des futures concertations.
Plusieurs difficultés subsistent, d'abord sur la question centrale du financement. Les départements ont été associés dès l'origine à une concertation sur le sujet, ils le seront encore.
Le ministre du travail proposera l'organisation d'une conférence des financeurs associant les départements, l'État et le bloc communal. Le fruit de cette concertation
sera intégré au décret en Conseil d'État prévu par la loi.

L'engagement des départements et leur possibilité de sortir du dispositif seront également précisés. Jean-Pierre Farandou s'y est engagé auprès de Départements de France et je m'y engage ici devant vous.
Le mécanisme de renouvellement des territoires autorisés entre 2016 et 2026 est prévu par la proposition de loi. Un comité départemental peut déjà se désengager ; reste à préciser les conditions de ce désengagement.
Jean-Pierre Farandou s'est aussi engagé, dans un courrier écrit, auprès de l'association Territoires zéro chômeur de longue durée et d'ATD Quart Monde - en particulier de Laurent Petitguillaume que je salue - à définir par voie réglementaire les modalités du conventionnement partenarial, distinct de la convention financière liant l'EBE à l'État et aux collectivités territoriales.
Nous avons également entendu les alertes exprimées sur la fin du financement des postes d'encadrants. Le texte prévoit que les nouvelles modalités de financement s'appliqueront à l'issue de la période transitoire, soit à compter du 1er janvier 2029. Nous avons donc le temps de poursuivre la concertation.
L'articulation entre les EBE et les structures de l'insertion par l'activité économique (SIAE) devra enfin être mieux encadrée, pour garantir l'efficacité des financements publics.
Ainsi, nous préserverons les acquis de dix années d'expérimentation tout en préservant la concertation sur certaines modalités opérationnelles.
Certains territoires attendent la pérennisation pour sécuriser leur engagement, d'autres pour s'y engager. Dans l'Ariège, mon département, les employés des EBE attendent depuis plusieurs mois d'être rassurés. Leurs postes pourraient être supprimés dans six mois, à la fin de l'expérimentation. Nous leur devons de la visibilité. Le Sénat s'honorerait à sécuriser définitivement les 4 000 emplois en jeu.=
Je vous invite donc à adopter les amendements du Gouvernement, en vue d'un vote conforme.
Les décrets d'application feront ensuite l'objet d'une rédaction conjointe.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> [Mort de Lyahnna] L'affaire Lyhanna provoque la colère des Français : il faut l'entendre et autoriser les manifestations et les rassemblements d'associations et de citoyens. Nous ne devons jamais craindre la parole de nos concitoyens !

> [Mort de Lyhanna] L’affaire Lyhanna ne peut pas être réduite à la mise en cause d’un seul magistrat. Le problème est systémique. Cette affaire est révélatrice de difficultés que connaissent aujourd’hui des centaines et des centaines de familles dans notre pays. C’est pour cela que l’Assemblée nationale contrôle et formule des propositions pour faire évoluer les choses.

> Associations, magistrats, Parlement, Gouvernement : travaillons ensemble ! La réponse doit être globale pour combattre les violences sexuelles contre les mineurs.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
> Chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles. L'horreur du meurtre de Lyhanna, 11 ans, est un drame insoutenable. Un drame qui rappelle l'urgence de mieux protéger les enfants.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Mort de Lyhanna] Mes pensées vont à la famille de Lyhanna et à ses proches, comme beaucoup, je suis bouleversée par ce drame. Et oui, nous devons avancer. Nous devons notamment renforcer le volet prévention de la protection de l’enfance : c’est ce que porte de manière remarquable la haute-commissaire à l’Enfance. Elle doit être entendue. La protection des enfants c’est aussi l’affaire de tous. Nous devons collectivement avoir le réflexe de prévenir, de signaler quand on a un doute, et de faire en sorte que, culturellement, nous ne laissions plus personne passer franchir la ligne rouge. Rappelons aussi que 70 % des actes pédocriminels sont commis dans le milieu familial ou par des proches connus. C’est pourquoi ce travail de proximité est nécessaire.

> Il n’y a pas que le Rassemblement national et La France insoumise dans la pièce. Et je redis combien serait mortifère un deuxième tour avec ces deux partis. Comme La France insoumise a réussi à se faire détester par la très grande majorité des Français, elle les pousse vers le Rassemblement national. Mais le Rassemblement national est tout aussi dangereux. Chez les députés et les élus de l’extrême droite, on retrouve la même intolérance, le même rejet des communautés et des étrangers. Regardez encore récemment ce que dit Philippe de Villiers sur Raphaël Glucksmann. Tout cela est très choquant. Nous, bloc central, avons la responsabilité de montrer qu’il existe un autre projet et une autre vision, qui soient à la fois optimistes et atteignables.

> [Présidentielle 2027] Le candidat qui correspond le plus à mon projet politique, c’est Gabriel Attal. C’est celui qui est capable de dépasser le logiciel abîmé de la gauche et de la droite classiques. Nos priorités sont claires : l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, un sujet dont il est d’ailleurs l’un des seuls à prendre pleinement la mesure de l’impact. Il pointe aussi deux défis majeurs : réduire la dette publique et réduire la dette écologique. Là encore, il est le seul à en parler, sans tomber dans l’écologie punitive. Et il est clair que d’ici à l’élection présidentielle, nous devrons avoir un seul candidat pour le bloc central.

> La France insoumise parle fort. Mais quand il s’agit de travailler, ils ne sont jamais là. Ils ont voté contre les budgets qui augmentaient les moyens de la justice de 30 %. Je ne prends donc pas leurs propositions au sérieux. Plus largement, ce sont les mêmes partis qui se plaignent de l’augmentation des dépenses publiques le matin et qui réclament plus de moyens pour la justice le soir. Ce qui m’intéresse, c’est le travail mené depuis des années par les parlementaires, notamment la proposition de loi transpartisane qui ne se limite pas à la réponse pénale, mais agit aussi sur la prévention pour empêcher le passage à l’acte.

 

Marc Ferracci (député)
> La concurrence protège le pouvoir d’achat des Français et garantit des prix justes pour les abonnements du quotidien. C’est le rôle des autorités de concurrence, en France comme à Bruxelles, d’y veiller avec exigence. Mais les télécoms sont une infrastructure critique. Elles conditionnent notre compétitivité, notre sécurité et notre souveraineté numérique. Comme l’a rappelé Mario Draghi dans son rapport sur la compétitivité européenne, l’Europe doit se donner les moyens de soutenir des opérateurs capables d’investir massivement dans les infrastructures de demain. Pour améliorer la qualité des réseaux. Pour finaliser le déploiement de la fibre, jusqu’au dernier kilomètre. Pour renforcer la cybersécurité de nos infrastructures, dans un monde où les attaques sont de plus en plus nombreuses. Pour que nos opérateurs télécoms soient compétitifs face a leurs concurrents internationaux. Préserver la concurrence tout en donnant à nos opérateurs les moyens d’investir: c’est cet équilibre que nous devons atteindre.

> Les flottes professionnelles deviennent un des moteurs de l’électrification. Le Parisien montre que depuis 2025, les ventes de voitures électriques de société progressent nettement. Elles représentent désormais près de 40 % des ventes sur les premiers mois de l’année, avec un record à 43 % en mai. C’est une bonne nouvelle pour la décarbonation des transports, mais aussi pour notre souveraineté industrielle car ces véhicules sont produits principalement en France et en Europe grâce à l’éco-score. En tant que ministre de l’Industrie et de l’Énergie je me suis battu pour impulser cette dynamique en mettant en place de fortes incitations fiscales à l’électrification des véhicules d’entreprise. L’objectif était de faire des flottes professionnelles et de la commande publique des leviers concrets pour accélérer la transition, soutenir la demande et donner de la visibilité à notre industrie automobile. Aujourd’hui, les résultats sont tangibles. Décarboner les transports, réduire notre dépendance aux carburants fossiles et renforcer notre industrie : c’est le cap que nous devons tenir.

 

Pierre Cazeneuve (député)
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] « Pardon pour ce que tu as vécu » : ce sont les mots des parents de Lyhanna, dont je veux souligner la grande dignité et à qui je veux exprimer toute notre compassion et notre soutien. Je pense aussi aux habitants de Fleurance, Montestruc-sur-Gers et Puycasquier ; à ceux de tout le Gers, territoire endeuillé et en colère. Dimanche, nous étions 6 000 pour la marche blanche mais, ne vous y trompez pas, monsieur le ministre, 68 millions de Français attendent des réponses. Les inspections en cours en apporteront : si les procédures ont été respectées, il faudra les changer et, si elles ne l’ont pas été, il faudra aussi les changer pour éviter qu’on puisse y déroger.
« Pardon pour ce que tu as vécu » : nous devrions tous prononcer ces mots, ici. Le problème est systémique et sociétal, pour reprendre les mots du maire de Fleurance. Les prédateurs sexuels et les pédocriminels rôdent autour de nos écoles ou sur les réseaux sociaux. Il faut que ce déni collectif cesse face à 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année ; il ne faut pas qu’un seul dossier de viol sur enfants soit abandonné ; il faut que nos principes fondamentaux soient revus à l’aune de ces crimes odieux et que l’horreur de ces actes appelle des réponses exceptionnelles.
Certes, les moyens ont progressé ces dernières années dans le Gers avec la création d’une maison de protection des familles, d’un pôle d’accueil des victimes, d’une unité d’accueil pédiatrique d’enfance en danger et d’une unité médico-judiciaire de proximité, structures portées par des hommes et des femmes remarquables, que je veux remercier.
Mais il faut aller beaucoup plus loin et continuer à agir. Lyhanna est le drame de trop. Quand la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes, soutenue par notre groupe et par Gabriel Attal, sera-t-elle examinée ? Quelles réformes structurelles comptez-vous défendre ?

 

Laure Miller (députée)
> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] J’avais prévu de demander au premier ministre de rassembler toutes les initiatives des nombreux députés engagés en faveur de la protection de l’enfance. Mais je n’ai plus du tout envie de suivre le propos que j’avais prévu, car j’ai honte. J’ai honte de l’image que nous donnons depuis le début de cette séance de questions au gouvernement. Hier, des hommes et beaucoup de femmes se sont déplacés, probablement pour la première fois de leur vie, devant un palais de justice, pour nous demander d’agir de manière responsable et de protéger les enfants. Or, depuis 15 heures, nous nous renvoyons la balle comme des gamins dans une cour d’école et cherchons des responsabilités individuelles.
Sans doute avec beaucoup de naïveté, j’imaginais que nous allions être constructifs. Les gens attendent de nous que nous nous tendions la main, que nous nous mettions tous autour d’une table afin de travailler pour le bien des enfants. Ce n’est pas un sujet de querelle politicienne mais un dossier de grande ampleur.
Je voudrais présenter des excuses pour l’image déplorable que nous avons donnée. Les Français qui croient encore en la politique ne sont déjà plus très nombreux et ce que nous en donnons à voir est désastreux. Si être députée, c’est cela, alors je ne me sens plus députée mais citoyenne et je suis profondément déçue.
Malgré tout, je sais qu’il y a dans l’hémicycle des hommes et des femmes de bonne volonté qui savent mettre de côté leur étiquette politique pour construire quelque chose.
Monsieur le premier ministre, je vous demande de les réunir. J’aimerais que l’année qui vient ne soit pas une période de paralysie politicienne mais soit au service de la protection de l’enfance, au sens large. C’est possible d’y parvenir en rassemblant les bonnes personnes et je vous remercie par avance de le faire.

 

● MoDem 
Perrine Goulet (députée)

> [Mort de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] Le 4 juin, la petite Lyhanna, 11 ans, était retrouvée sans vie, alors qu’existaient les signaux et les outils juridiques pour appréhender l’homme soupçonné de l’avoir tuée. Ce n’est pas le cadre légal qui a failli, c’est son application. Comme trop souvent quand elles concernent les enfants, des lois sont votées mais ne sont pas appliquées, sans qu’aucune sanction ne soit prise. Des signalements ne remontent pas, des informations préoccupantes ne circulent pas entre les services, des mesures de protection arrivent trop tard ou n’arrivent pas.
Les derniers travaux de la délégation aux droits des enfants de l’Assemblée nationale prouvent qu’il y a trop de dysfonctionnements entre les acteurs de la protection de l’enfance, trop de cloisonnement et trop peu de partage d’informations. À la lumière des faits, nous devons aussi nous interroger sur l’efficacité de la justice. Il y a le temps de l’enquête et celui du travail judiciaire mais nous devons réduire les délais inutiles. C’est possible : comme en Espagne, nous pourrions mieux utiliser le numérique, supprimer les actes superflus ou éviter les transferts de papiers entre juridictions. Il est temps de faire entrer la justice dans le XXIe siècle pour la rendre plus efficace. Il y va de la confiance que nos concitoyens ont en elle.
Toutefois, il n’y a pas que l’organisation de la justice que nous devons repenser. Dans une affaire récente concernant l’accueil périscolaire à Paris, comme dans bien d’autres, malgré des signes manifestes de maltraitance, personne n’a rien dit, personne n’a signalé les faits et les enfants ont été laissés seuls, sans protection face à leur bourreau. Cette situation tient au fait que nous sommes collectivement convaincus que les violences commises sur les enfants sont l’affaire des magistrats, des policiers et des travailleurs sociaux –
 au fond, l’affaire des autres.
La société ferme encore trop souvent les yeux sur les violences faites aux enfants car l’enfant reste perçu comme une extension de ses parents. Pourtant, la protection de l’enfance est l’affaire de chacune et de chacun –
 c’est notre affaire. Nous devons construire une société de la vigilance et de la protection absolue des enfants, quitte à suspendre des droits à certains adultes lorsqu’un doute survient.
Par ailleurs, les enfants doivent savoir qu’ils seront protégés s’ils parlent aux forces de l’ordre. Les enfants doivent être écoutés. Monsieur le garde des sceaux, alors que les enfants n’ont toujours pas de représentant dédié au gouvernement, que comptez-vous mettre en place pour moderniser la justice et mieux coordonner les acteurs, afin qu’on arrête de travailler en silos et que notre pays entre dans une véritable ère de protection des enfants ?

> À Lorient pour découvrir le dispositif calliope porté par l’asso Alexis Danan qui est un programme d’accompagnement de la parole des victimes en justice. Une plainte exhaustive, des témoignages assurées et une bonne compréhension de la procédure sont essentiels pour les victimes.

 

Erwan Balanant (député)
> À Lorient auprès de l’association Alexis Danan pour découvrir le programme Calliope, destiné à recueillir et accompagner la parole des mineurs et des plus vulnérables et les préparer à la porter en Justice.

 

François Jolivet (député)
> [Proposition de loi pour protéger les enfants] Aujourd’hui, lorsqu’un salarié ou un bénévole au contact d’enfants fait l’objet d’une information judiciaire pour des infractions sexuelles sur mineurs, ni son employeur ni les responsables de son association n’en sont informés. (…)
Dès l’ouverture d’une information judiciaire, le procureur de la République en informe son employeur ou le responsable de son association. Celui-ci est alors tenu d’écarter la personne de tout contact avec des enfants. (…)
Le secret de l’instruction est légitime pour protéger la présomption d’innocence et l’efficacité des enquêtes mais aucun parent ne devrait apprendre, après coup, que la personne à qui il confiait son enfant était déjà poursuivie par la justice. Ce texte ne juge personne : il protège les enfants, le temps que la justice fasse son travail.

 

● Parti radical
> [Mort de Lyhanna] Nathalie Delattre, présidente du Parti Radical propose la création d’un Parquet spécialisé pour la Protection de l’enfance
La France est profondément touchée par le drame de Lyhanna. Face à cette tragédie, notre première pensée va à sa famille et à ses proches. L’enquête judiciaire devra établir les faits et les responsabilités. Nous faisons confiance à la justice pour accomplir cette mission avec rigueur et indépendance.

Au-delà de l’émotion légitime, cette affaire doit conduire à une réflexion collective sur la protection des enfants les plus vulnérables. Elle interroge la capacité de nos institutions — justice, services sociaux, forces de sécurité, Éducation nationale, collectivités et secteur médical — à mieux coordonner leurs actions et à intervenir suffisamment tôt lorsque des situations préoccupantes sont signalées.
Fidèle aux valeurs du Parti républicain radical et radical-socialiste et à l’héritage solidariste de Léon Bourgeois, nous rappelons que la protection de l’enfance est une responsabilité collective. Une société se juge à l’attention qu’elle porte à ceux qui ne peuvent se protéger eux-mêmes.
Le Parti radical apporte les propositions suivantes pour répondre aux défis majeurs mis en lumière par l’affaire Lyhanna :
1) Organiser des États généraux de la protection de l’enfance réunissant magistrats, enquêteurs, travailleurs sociaux, professionnels de santé, enseignants, associations et élus.
2) Renforcer la coordination entre les institutions grâce à des protocoles harmonisés et un meilleur suivi des situations signalées.
3) Prioriser les procédures concernant les mineurs, afin de garantir une réponse plus rapide aux situations les plus graves.
4) Accroître les moyens humains des juridictions, services sociaux, forces d’enquête et structures d’accompagnement.
5) Mettre en place une évaluation annuelle des politiques de protection de l’enfance afin de mesurer leur efficacité et d’adapter les moyens engagés.
6) Adopter une loi de programmation pour la protection de l’enfance, garantissant des objectifs clairs et des moyens pérennes.
« La création d’un parquet spécialisé pour la Protection de l’enfance permettrait de coordonner les signalements, d’assurer le suivi des situations les plus sensibles, de faciliter les échanges entre justice, départements, Éducation nationale, ARS et forces de sécurité et de réduire les délais de traitement » propose la Sénatrice Nathalie Delattre, présidente du Parti radical.
Il pourrait être expérimenté dans un premier temps dans plusieurs ressorts judiciaires.
Par ailleurs, le Parti Radical demande que le projet de loi sur la protection de l’enfance soit inscrit de façon prioritaire dans les ordres du jour aussi bien de l’Assemblée nationale que du Sénat.
« Le drame de Lyhanna ne doit ni alimenter la défiance envers nos institutions ni servir de prétexte à des polémiques. Il doit être un appel à l’action » précise Ludovic Vulliermet, secrétaire national à la justice du Parti radical.
« La protection de l’enfance ne doit pas commencer lorsque le danger est avéré ; elle doit commencer lorsque les premiers signaux apparaissent. » conclut la Sénatrice Nathalie Delattre.

 

Nathalie Delattre (présidente)
> L’entreprise est souvent au cœur de nos débats. Elle devrait être davantage au cœur de nos décisions.

> Nos filières viticoles et des spiritueux traversent une période de profondes transformations. Évolution des modes de consommation, concurrence, tensions commerciales, hausse des coûts de production & transitions environnementales. Les défis appellent une mobilisation collective.
Simplifier les démarches administratives, développer l’œnotourisme, faciliter l’expédition des vins achetés par les visiteurs, soutenir l’innovation & renforcer la compétitivité de nos entreprises. Autant d’actions pour développer une filière stratégique pour notre pays.
La France et l’Europe doivent se doter d’une politique commerciale ambitieuse, d’outils antidumping efficaces et d’accords équilibrés, capables à la fois d’ouvrir des opportunités et de protéger nos intérêts.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Dans les prochains jours, Renew Europe discutera des principaux défis et opportunités auxquels notre Union est confrontée et de la manière dont nous pouvons libérer tout le potentiel de l’Europe dans un monde de plus en plus complexe. Nous sommes déterminés à engager une collaboration constructive et ambitieuse avec l’Irlande tout au long de sa présidence afin de renforcer l’indépendance, la résilience et le leadership mondial de l’Europe.

> Aujourd’hui, toute politique industrielle est aussi une politique de souveraineté. En investissant dans les semi-conducteurs, l’Europe n’investit pas seulement dans la technologie, mais dans son indépendance et son pouvoir économique. Il s’agit d’une première étape importante pour accorder plus de poids aux critères de sécurité stratégique, y compris le développement et le contrôle des logiciels, du matériel et des infrastructures cloud critiques au sein de l’Europe. Ceux-ci doivent devenir la pierre angulaire d’une stratégie technologique européenne qui renforce la résilience, préserve la souveraineté et stimule notre compétitivité.

 

Bernard Guetta (député)
> [Opinion : L’ère du post-poutinisme] C’est sa fin qu’il faut envisager. Sous trois jours, trois mois ou trois ans, c’en sera fini de Vladimir Poutine et pas seulement parce que les réseaux sociaux russes débordent de doléances sur les difficultés économiques rencontrées par une population qui voit maintenant se multiplier les frappes ukrainiennes sur son sol.
Pour Poutine cette guerre qu’il ne voulait pas même nommer tant elle devait être courte a bien mal tourné mais ce n’est pas un autre lui-même qui lui succédera. Lorsque cette si longue et sinistre page d’Histoire se sera tournée sur ce dictateur, c’est tout le poutinisme qui se défera car l’épuisement de ce système a maintenant effacé son triomphe initial.
Vladimir Poutine avait d’abord eu pour lui d’être l’absolu contraire de ce dont les Russes ne voulaient plus. Au vieil alcoolique embrumé dès le milieu de matinée succède au tournant du siècle un svelte jeune homme tout en muscle et droit sorti des services secrets. Boris Eltsine, le parrain des privatisations sauvages, est écarté au profit d’un James Bond qui promet à la fois une revanche contre la prédation des richesses nationales et la réaffirmation d’une grandeur russe.
Improbable promesse d’un Mani pulite russe et d’un Make Russia Great Again, Vladimir Poutine est ainsi accueilli comme un sauveur. Il est le vengeur d’une Russie humiliée et sa popularité est si écrasante qu’il faudra quelque dix ans aux Russes pour comprendre qu’ils ont troqué les oligarques de Boris Eltsine contre ceux de son successeur et un mafieux non-violent et gâteux contre un cruel chef de gang sous lequel l’opposition devient une maladie mortelle.
C’est la fin du premier poutinisme et parce que même les dictateurs ont besoin d’une légitimité, sans doute aussi parce que cette ambition le flattait, Poutine en vient alors à la reconstitution de l’empire, non pas de l’URSS mais de l’empire des tsars qu’il reproche à Lénine d’avoir défait en en faisant une Union de Républiques à l’identité nationale reconnue.
C’est l’annexion de la Crimée, l’insidieuse main mise sur le Donbass puis l’invasion de l’Ukraine, une aventure dont les premiers temps ne déplaisent pas à tous les Russes des classes moyennes urbaines puisque ce ne sont pas leurs enfants qu’on envoie au front et que la Crimée, l’Ukraine… « c’était tout de même à nous », pensent et murmurent beaucoup d’entre eux.
Cette aventure aurait pu pérenniser ce régime pour bien des décennies mais le poutinisme deuxième manière s’écrase sur la résistance ukrainienne et n’aura pas de troisième mouture parce que Poutine est désormais trop vieux pour se réinventer.
Obstiné dans un échec dont il ne sait plus comment se sortir, il voudra peut-être tester l’Europe dans les Pay baltes. Il s’enfoncera dans l’erreur jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour même tenter de se refaire et ses successeurs se diviseront si vite que leurs rivalités créeront un appel d’air.
Chacun se cherchera des alliés. Chacun voudra se faire la plus évidente des ruptures avec un passé de reculs et d’humiliations. Il soufflera, en un mot, ce vent d’audace et de liberté qui, toujours, marque la fin des trop longues dictatures et les emporte sur son passage.
On ne peut malheureusement pas exclure que cela ne soit qu’une parenthèse, pas beaucoup plus longue que la Nouvelle politique économique lancée par Lénine, le dégel khrouchtchévien, la Pérestroïka gorbatchévienne ou l’anarchie eltsinienne. Les difficultés seront si grandes qu’un regel pourrait succéder au dégel mais depuis la mort de Staline, la Russie a entamé une lente et interminable marche vers la liberté dont les coups d’arrêt et les régressions ne peuvent faire oublier qu’elle est constante. Le chemin reste long. Il est incertain mais entre la prise de la Bastille et la stabilisation de sa démocratie, la France a connu quatre-vingts ans d’à-coups, dix de plus que la Russie n’en a traversé de la déstalinisation à aujourd’hui.

 

Christophe Grudler (député)
> La Chine domine la chaîne de valeur du solaire pendant que des projets européens comme Carbon disparaissent. L’IAA est essentiel pour relocaliser notre industrie et renforcer notre souveraineté.

> Ce week-end, victimes des tirs israéliens : un journaliste libanais, une mère et sa fille à Saïda, un nourrisson en Cisjordanie, un infirmier des scouts à Abbassiyé… Quand l’Union européenne compte-t-elle enfin agir face à ces violations répétées du droit international ?

> Je déplore l'échec du SCAF, l'avion de combat européen du futur. Nous devons dépasser les récits simplistes selon lesquels la France ou l'Allemagne aurait tenté de dominer l'autre.
D'abord, rappelons-nous que l’équilibre initial reposait sur deux grands programmes complémentaires : l'avion de combat SCAF sous leadership industriel français et le tank MGCS sous leadership industriel allemande.
Si nous voulons construire une véritable capacité de défense européenne, nous devons être capables d’exiger de nos industriels qu’ils coopèrent davantage, dans un esprit de partenariat et d’intérêt commun.
L’objectif n'est pas de faire prévaloir un industriel national sur un autre, mais de créer ensemble quelque chose de plus ambitieux que la simple addition de programmes nationaux. Sur ce point, nous avons collectivement échoué, et je le regrette.
Surtout que nous avons besoin de réduire la fragmentation de nos armements. L'Europe n'a pas besoin de dix avions de chasse différents. Elle a besoin d'un avion de chasse européen d'excellence.
Le partenariat franco-allemand reste indispensable à la sécurité et à la défense de l’Europe. Tirons les leçons du SCAF pour construire des futurs programmes européens ambitieux et véritablement fédérateurs.
Des programmes communs basés sur la confiance mutuelle, un partage équilibré des responsabilités et une ambition véritablement européenne.

 

Grégory Allione (député)
> Arrêtons d'être la fourmi des autres et la cigale de nos enfants. Pour une préférence européenne, pour des investissements intelligents ! Seamus Heaney a écrit ces mots : « Si nous traversons cet hiver, nous pourrons passer l'été n'importe où. » 3 jours, à Cork, en Irlande, où notre groupe Renew Europe tient ses journées d'études à la veille de la présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne. Un constat partagé : l'Europe traverse aujourd'hui un hiver économique. Plus de 300 milliards d'euros d'épargne européenne quittent chaque année l'Europe pour financer la prospérité de nos concurrents : Chine, États-Unis... C'est absurde. C'est pourquoi avec mes collègues eurodéputés nous avons rappelé devant la future présidence du conseil de l'UE : - L'importance d'œuvrer pour une Union de l'épargne et de l'investissement, afin que l'argent des Européens finance enfin les entreprises européennes. - Et une vraie préférence européenne dans les marchés publics et les aides d'État. La Chine et les Américains soutiennent leurs champions sans complexe. Nous devons faire pareil.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> [Démographie] Pour « atténuer la courbe », il faut des politiques familiales efficaces, qui ne sont pas celles du chèque, mais du développement des modes de garde (crèches…) et de l’accueil du jeune enfant (congé de naissance partagé entre parents…), comme nos travaux récents l’ont souligné. Mais aussi du soutien au logement notamment. Cela ne suffira pas !
Donc, pour « affronter la courbe », c’est-à-dire s’adapter aux conséquences d’une natalité en berne sans sacrifier notre modèle social, il faut ouvrir les débats - sans en éluder aucun :
- être chacun plus productif, en développant l’IA ou la robotique notamment
- travailler plus au long de la vie… donc partir en moyenne plus tard à la retraite !
- accueillir une immigration économique, comme les 20 pays européens qui vivent le même décrochage démographique - même l’Italie et la Hongrie…
Ce sujet doit être central dans les choix collectifs de 2027. Car il change tout…

 

 


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