«Personne [dans l’axe central] ne plie le match. Personne n’est en situation
ni de l’emporter, ni d’être assuré de figurer au deuxième tour. Personne n’est favori ou en situation de battre Marine Le Pen. Il faut un vrai et large rassemblement. (…)
La seule chose qui peut nous permettre de
l’emporter, c’est une grande coalition rassemblant des électeurs de la gauche
sociale-démocrate à la droite républicaine. Non pas «contre» mais «pour» une vision: l’Europe, la compétitivité de
notre économie, les valeurs de la République et le progressisme. (…)
Je m’adresse aux électeurs tentés par Raphaël Glucksmann à ceux
de la droite républicaine. Car il y a des électeurs, de gauche comme de droite,
qui aimeraient un autre choix qu’un candidat qui n’aura aucune chance d’être au
second tour.
Il faut un candidat qui incarne cette
grande coalition et cet espace politique large.»
Il ne s’agit pas ici de savoir si Gabriel Attal a tenu ces propos en regard de sa situation actuelle dans les sondages qui ne le donnent pas présent au second tour mais de la pertinence de ceux-ci.
Parce que le candidat Renaissance a raison, tout comme a raison François Bayrou qui a dit la même chose: la seule manière d’empêcher la victoire de Marine Le Pen est bien une coalition de l’axe central.
Peut-être que cette coalition sera nécessaire dès le premier tour si Jean-Luc Mélenchon se trouvait en position d’être présent au second tour, ce qui n’est pas le cas de figure le plus probable malgré les résultats de quelques sondages dont ceux des instituts qui posent problème quant à la crédibilité de leurs enquêtes.
A ce stade, l’union de l’axe central est absolument nécessaire au second tour ce qui permet à ses différents courants de pouvoir se présenter devant les électeurs au premier.
En revanche, le camp présidentiel doit avoir un candidat unique dès le premier tour pour s’assurer d’être présent au second, ce qui signifie qu’il ne peut y avoir la présence en même temps de Gabriel Attal et d’Edouard Philippe voire d’un troisième candidat comme le souhaite François Bayrou, ce qui serait un suicide collectif pour celui-ci.
Au moment où nous écrivons cet éditorial, il faut donc un camp présidentiel uni dès le premier tour et une coalition de l’axe central pour le second tour afin d’éviter à tout prix l’aventurisme délétère d’une expérience extrémiste et populiste à notre pays dont il ne sortirait pas vainqueur.






