mercredi 30 septembre 2026

Présidentielle 2027. Sondage IFOP: Attal à égalité avec Mélenchon qui est systématiquement devancé par Philippe / Le Pen en tête


Selon la sixième vague du sondage IFOP pour LCI, Sud Radio et Le Figaro, Gabriel Attal obtient entre 15% et 17% des intentions de vote au premier tour s’il était le candidat unique de l’actuelle majorité présidentielle (Edouard Philippe obtient entre 21% et 24).

Avec ces intentions, Attal est à égalité avec Mélenchon et serait en mesure de se qualifier pour le second tour.

Dans tous les cas de figure (même ceux où Attal est présent), Philippe devancerait Mélenchon.

Marine Le Pen est toujours en tête.

L’institut a cette fois-ci testé dix cas de figure.

A noter que pour cette vague, l’IFOP n’a pas interrogé le panel sur le second tour.

Remarque: ce sondage IFOP et celui de Toluna publié le 28 septembre sont en totale contradiction puisque l’IFOP donne Philippe toujours gagnant face à Mélenchon et Attal à égalité avec ce dernier alors que Toluna donnait Mélenchon toujours gagnant devant Philippe et devançant systématiquement Attal, ce qui est problématique pour deux enquêtes réalisées quasiment en même temps, celle de l’IFOP étant néanmoins plus récente.

 

► Résultat du premier tour selon les personnalités sélectionnées et les cas de figure retenus par l’IFOP
● Cas de figure 1 (avec Edouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann)
- Nathalie Arthaud : 0,5% (=)
- Fabien Roussel : 2,5% (-0,5)
- Jean-Luc Mélenchon : 15% (-1)
- Marine Tondelier : 3% (=)
- Raphaël Glucksmann : 11% (=)
- Gabriel Attal : 8% (=)
- Edouard Philippe: 16% (+1,5)
- Bruno Retailleau: 5% (-1)
- Nicolas Dupont-Aignan: 1% (-0,5)
- Marine Le Pen: 32% (-1)
- Eric Zemmour: 4% (+0,5)

● Cas de figure 2 (avec Edouard Philippe, Raphaël Glucksmann)
- Nathalie Arthaud : 0,5% (-0,5)
- Fabien Roussel : 2,5% (-0,5))
- Jean-Luc Mélenchon : 16% (-1)
- Marine Tondelier : 3% (=)
- Raphaël Glucksmann : 11% (-1))
- Edouard Philippe: 21% (+3)
- Bruno Retailleau: 8% (=)
- Nicolas Dupont-Aignan: 1,5% (=)
- Marine Le Pen: 33% (=)
- Eric Zemmour: 3,5% (=)

● Cas de figure 3 (avec Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann)
 (avec Gabriel Attal)
- Nathalie Arthaud : 1% (+0,5)
- Fabien Roussel : 2,5% (-0,5)
- Jean-Luc Mélenchon : 15% (-2)
- Marine Tondelier : 4% (+1)
- Raphaël Glucksmann : 13% (+1)
- Gabriel Attal: 15% (+1)
- Bruno Retailleau: 10% (+1)
- Nicolas Dupont-Aignan: 2% (+0,5)
- Marine Le Pen: 34% (=)
- Eric Zemmour: 3,5% (+0,5)

● Cas de figure 4 (avec Edouard Philippe, Olivier Faure / non testé auparavant)
Nathalie Arthaud : 1%
Jean-Luc Mélenchon : 16%
Fabien Roussel : 3,5%
Marine Tondelier : 5%
Olivier Faure : 3%
Edouard Philippe : 23%
Bruno Retailleau : 8%
Nicolas Dupont-Aignan : 1,5%
Marine Le Pen : 35%
Éric Zemmour : 4%

● Cas de figure 5 (avec Gabriel Attal, Olivier Faure / non testé auparavant)
Nathalie Arthaud : 1%
Jean-Luc Mélenchon : 17%
Fabien Roussel : 3%
Marine Tondelier : 5,5%
Olivier Faure : 4%
Gabriel Attal : 17%
Bruno Retailleau : 11%
Nicolas Dupont-Aignan : 1%
Marine Le Pen : 36%
Éric Zemmour : 4,5%

● Cas de figure 6 (avec Edouard Philippe, Ségolène Royal / non testé auparavant)
Nathalie Arthaud : 0,5%
Jean-Luc Mélenchon : 15%
Fabien Roussel : 3%
Marine Tondelier : 6%
Ségolène Royal : 3%
Edouard Philippe : 24%
Bruno Retailleau : 8%
Nicolas Dupont-Aignan : 1,5%
Marine Le Pen : 35%
Éric Zemmour : 4%

● Cas de figure 7 (avec Edouard Philippe, Jérôme Guedj / non testé auparavant)
Nathalie Arthaud : 1%
Jean-Luc Mélenchon : 17%
Fabien Roussel : 3,5%
Marine Tondelier : 5,5%
Jérôme Guedj : 3%
Edouard Philippe : 23%
Bruno Retailleau : 8%
Nicolas Dupont-Aignan : 1%
Marine Le Pen : 35%
Éric Zemmour : 3%

● Cas de figure 8 (avec Edouard Philippe, Emmanuel Maurel / non testé auparavant)
Nathalie Arthaud : 1%
Jean-Luc Mélenchon : 17%
Fabien Roussel : 3,5%
Marine Tondelier : 6%
Emmanuel Maurel : 1%
Edouard Philippe : 23%
Bruno Retailleau : 9%
Nicolas Dupont-Aignan : 1,5%
Marine Le Pen : 35%
Éric Zemmour : 3%

● Cas de figure 9 (avec Edouard Philippe, François Hollande / non testé auparavant)
Nathalie Arthaud : 0,5%
Jean-Luc Mélenchon : 16%
Fabien Roussel : 2,5%
Marine Tondelier : 5%
François Hollande : 8%
Edouard Philippe : 22%
Bruno Retailleau : 7%
Nicolas Dupont-Aignan : 1%
Marine Le Pen : 34%
Éric Zemmour : 4%

● Cas de figure 10 (avec Edouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, François Ruffin, David Lisnard, Dominique de Villepin / non testé auparavant)
Nathalie Arthaud : 0,5%
Jean-Luc Mélenchon : 14%
Fabien Roussel : 2%
François Ruffin : 3%
Marine Tondelier : 3%
Raphaël Glucksmann : 9%
Gabriel Attal : 7%
Edouard Philippe : 15%
Dominique de Villepin : 2%
David Lisnard : 3,5%
Bruno Retailleau : 5%
Nicolas Dupont-Aignan : 1%
Marine Le Pen : 31%
Éric Zemmour : 4%

 

(Sondage réalisé par internet du 25 au 29 septembre 2026 auprès d’un échantillon de 1527 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus / Méthode des quotas / Marge d’erreur selon l’institut entre 1,2 et 3,5 points)

 

Nota: nous avons décidé de rendre compte des sondages réalisé par les instituts Elabe, IFOP, IPSOS-BVA, Odoxa, Opinion-way, Toluna-Harris Interactive qui partagent un cadre technique commun scientifiquement démontré. En revanche, nous ne rendons pas compte des résultats des instituts Cluster17 et You Gov dont les techniques ne sont pas validées par l’ensemble de la communauté des sondeurs. Bien entendu nous ne rendons pas compte des soi-disant enquêtes d’opinion réalisées par des sites complotistes ou diffusant des fake news.

 

 


Propos centristes. France – Dette publique: les taux d’emprunt de la France augmentent / La santé périnatale se dégrade / Violences contre les lycées / Ecrits antisémites attribués à Bardella / Rendre la vie plus abordable aux Européens…


Voici une sélection, ce 30 septembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Ecrits antisémites attribués à Jordan Bardella]
Jamais nous n’accepterons de propos antisémites. Jamais. Les propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables. Ils appellent à la condamnation la plus extrême. Ce n’est pas la République. Ils impliquent que les responsables clarifient.

> Discours du Président de la République à l’occasion de la conférence « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité ». Très Saint-Père, soyez le bienvenu à Metz. Conclure votre visite apostolique en France, ici, en Lorraine, deux sur trois pour y évoquer notre Europe, est riche en symboles. A Metz, Berceau des Carolingiens et l'un des trois Évêchés, à Metz, ville authentiquement européenne par sa géographie et sa mémoire, à Metz, sur cette terre de Lorraine, meurtrie par l'Histoire, disputée, conquise et reconquise, où s'est bâtie la réconciliation franco-allemande, devenue la pierre d'angle de la construction européenne. 
Un des grands architectes de cette Concorde et de cette renaissance, Robert Schuman, repose à quelques kilomètres d'ici, à Scy-Chazelles. Né à Luxembourg, formé au droit en Allemagne, député de la Moselle, il fut déclaré vénérable par l'Église. Sa foi éclairait son action, comme nombre de bâtisseurs de notre Europe, de Adenauer à De Gasperi. En mai 1950, il proposa une méthode, faire du charbon et de l'acier, hier instrument de guerre, le bien commun de six nations fondatrices, créant ainsi cette solidarité de fait entre nos nations qu'il appelait de ses vœux. À sa suite viendront le général de Gaulle et Konrad Adenauer, visages de la réconciliation franco-allemande à la Messe de Reims, qui scelleront l'amitié entre nos peuples par le traité de l'Élysée de 1963. Mais ne déduisons pas de cette histoire magnifique que la construction européenne appartient aux seuls Français et Allemands. 
Pierre après pierre, elle fut aussi bâtie par la volonté des peuples sortis des dictatures, puis avec ceux qui, après la chute du rideau de fer, permirent à l'Europe de retrouver son unité. D'autres veulent encore aujourd'hui nous rejoindre, des Balkans jusqu'à l'Ukraine, et il n'est sans doute pas de plus beau plébiscite pour notre Union européenne que cette volonté d'appartenir à un même espace de paix, de sécurité, de démocratie et de prospérité. Mais notre Europe vient de plus loin et est avant tout une civilisation, certes une géographie dont les confins de la Baltique à la Méditerranée et de l'océan au Caucase ont toujours été questionnés. Elle est surtout le palimpseste de la Grèce antique, de Rome, de la chrétienté, des empires successifs et de siècles de guerre. Oui, cette Europe de nos villes et de nos villages, des écoles et des universités, de nos cafés et de nos places publiques s'est construite sur un socle gréco-romain et judéo-chrétien. Notre héritage européen, de ses fondations à notre temps, à travers la Renaissance, le Grand siècle et nos Lumières, de Montaigne, à Erasme, à La Fontaine ou Voltaire, a cristallisé le primat de la personne, puis de l'individu libre et rationnel, inséparable de la dignité humaine. La liberté, l'esprit critique, l'attachement à la science, la démocratie libérale, l'égalité entre les femmes et les hommes, inséparable de l'égalité et de la fraternité. Le capitalisme et le libre commerce, inséparable de l'État-providence et de la démocratie sociale. Elle a traversé les nationalismes et les totalitarismes du XXème siècle jusqu'à l'effondrement moral de l'Holocauste pour consolider son attachement aux droits de l'homme, au respect des droits des personnes et de toutes les minorités. 
Alors oui, notre Europe est enracinée dans cet héritage. Elle s'est consolidée à travers ses épreuves jusqu'à la construction européenne. Celle-ci s'est appuyée sur un autre principe cher à la tradition de l'Église, le principe de subsidiarité. Un principe de liberté qui protège la capacité d'agir du plus petit et oblige le plus grand à respecter son autonomie et à lui apporter soutien lorsque ses forces ne suffisent plus. Un principe qui dit ce qu'est notre Europe. Non pas une puissance qui efface les nations, mais une force qui prolonge et augmente leur capacité d'agir et de maîtriser leur destin. Oui, là où l'Europe, durant deux millénaires, avait rêvé l'unité par les empires et les guerres civiles, l'Union européenne est une invention inédite fondée sur le respect, la paix, l'égalité entre ses États membres. Plus que jamais, cela est essentiel. 
75 ans après la déclaration Schuman, le monde a changé, la guerre est revenue sur notre continent et notre Europe est bousculée par le retour des empires. Schuman l'avait écrit, la paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. Alors que les dangers ont changé d'ampleur, nos efforts pour la paix doivent être à la hauteur des enjeux. Pour assurer une souveraineté réelle, il nous faut donc agir. Agir d'abord pour assurer notre sécurité et préserver nos valeurs, car la paix ne se décrète pas, elle se construit patiemment par des artisans de bonne volonté, lucides et constants. C'est précisément le sens de notre engagement indéfectible aux côtés de l'Ukraine, face à l'agression militaire de la Russie et aux côtés du droit international, en bâtissant une Europe de la défense et de la paix. 
Agir aussi pour se projeter pleinement dans la prochaine décennie en répondant aux défis de compétitivité, impératifs pour rester dans la course et maîtriser souverainement nos technologies et nos données, produire, innover et investir en Europe pour rester libre, défendre nos intérêts et préserver notre modèle social, parce qu'en Europe, croissance économique et justice sociale sont indissociables. Agir pour le climat et bâtir en responsabilité l'avenir que nos enfants méritent et dont la neutralité carbone au milieu de ce siècle est le juste cap. Agir pour nous protéger contre l'épidémie de désinformation et d'ingérence qui veulent saper nos démocraties et nous diviser, porter atteinte aux projets européens. La vérité vous rendra libres, nous rappelle Jean. 
La vérité, très Saint-Père, vous l'avez rappelée dans votre encyclique Magnifica Humanitas, est un bien commun. Le mensonge, lui, change l'adversaire en ennemi, le débat en procès, le doute en trahison et l'algorithme en amplificateur d'émotions négatives. Les écrans nous habituent à vivre côte à côte, certes, mais reclus. Une démocratie ne s'éteint pas seulement sous les obus, elle s'éteint quand le dialogue cesse, quand les existences se délient, quand la solitude s'installe et qu'on ne s'entend plus. Dès 1947, dans la France contre les robots, Georges Bernanos, que vous évoquiez vendredi à l'Elysée, mettait en garde contre la tentation de soumettre l'homme aux instruments qu'il crée lui-même, au risque que le progrès technique ne devienne une dépossession humaine. 
Aujourd'hui, l'Europe, la première, a souhaité y répondre en se dotant d'un cadre de régulation. L'innovation doit servir la dignité humaine, non la puissance de quelques-uns. C'est également le sens de la gouvernance mondiale que nous appelons de nos vœux, une technologie qui doit rester un serviteur de l'homme, jamais son maître. Je pense enfin à notre jeunesse, son attention, sa liberté, son jugement doivent être protégés des poisons de l'addiction et de la prédation. Les Évangiles nous rappellent l'attention due aux plus fragiles d'entre nous. Il en va de notre responsabilité collective. C'est pourquoi la France porte ce combat de la majorité numérique en Europe. Agir, oui. 
Ici, à Metz, nous sommes heureux de vous recevoir, très Saint-Père, pour vous entendre, pour apprendre de vous. Car ici bat le cœur millénaire de l'Europe, une Europe qui protège, unit et agit. Une Europe souveraine et démocratique, habitée par ce projet de paix et de prospérité. Une Europe qui doit retrouver le courage de ses fondateurs, oui, le courage, pour devenir la puissance de paix, d'indépendance et de démocratie qu'elle a à être. Le courage pour ne pas céder au repli, à la haine de l'autre, au retour des nationalismes qui divisent. 
Très Saint-Père, permettez-moi d'achever mes propos puisque c'est la dernière fois que j'ai l'occasion de m'exprimer publiquement devant vous, en vous réexprimant notre gratitude et notre joie. Quatre jours en France. Vous avez senti, je l'espère, une nation fervente, unie et heureuse. Je vous en remercie infiniment. Et nous avons voulu vous voir heureux aussi. Une formule ashkénaze de la fin du XVIIIe siècle, ensuite reprise par nos amis allemands, pour signifier le bonheur tranquille, dit : heureux comme Dieu en France. Alors nous dirons désormais, en mémoire de ces quatre jours, heureux comme Léon XIV chez nous. Alors merci pour cela. 

> J’arrive en Espagne avec un objectif : obtenir des avancées concrètes pour nos deux pays. → Renforcer notre souveraineté européenne et notre agenda de compétitivité. → Investir dans notre avenir, par un budget européen à la hauteur des enjeux et doté de nouvelles ressources propres, et pour que l’épargne européenne s’investisse en Europe. → Protéger nos démocraties et nos enfants des dérives des réseaux sociaux par une régulation du numérique. → Soutenir nos entreprises et nos emplois. → Avancer ensemble sur l’espace, l’aéronautique et la défense. → Encore mieux relier nos territoires par les transports et les énergies décarbonées. Une dizaine d’accords et de déclarations seront conclus : numérique, soutien à la Politique agricole commune, pêche, lutte contre la désinformation, industrie, etc. Entre la France et l’Espagne, les Pyrénées ne nous séparent pas, elles sont un trait d’union. Faisons de notre proximité une force et de notre coopération un élan pour une Europe plus forte, plus souveraine et solidaire !

> J'exprime notre pleine solidarité avec l'Estonie qui vient d'attribuer à la Russie la responsabilité d'un incendie ciblant une entreprise du secteur de la défense. Il y a quelques semaines l'Allemagne en avait fait de même pour un incident très grave à l'aéroport de Leipzig. La multiplication de ces actes hostiles traduit une dangereuse fuite en avant de la part de la Russie, qui ne fera que la mener dans l'impasse. La Russie doit savoir qu'elle n'aura raison ni de notre unité, ni de notre détermination à continuer de soutenir l'Ukraine.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Une alerte passe presque inaperçue dans le débat public : hier après-midi, la France a emprunté à près de 4,8 % à dix ans, contre 3,5 % il y a un an. Il faut remonter à 2008 pour retrouver un tel niveau. Les tensions énergétiques poussent les taux à la hausse dans de nombreux pays. En France, l’incertitude politique à l’approche de la présidentielle ajoute à cette pression. N’ajoutons pas de l’instabilité à ces difficultés. Davantage d’intérêts à payer, c’est moins de moyens pour les priorités du pays. Cette réalité s’impose à tous : Gouvernement, Parlement, candidats à la présidentielle. Le réel nous rattrape. Le Gouvernement présentera en Conseil des ministres un budget de redressement. Nous serons à la disposition de chacun pour construire les compromis nécessaires et aboutir. La France a besoin de décisions et de perspectives. L’intérêt général nous oblige.

> La foi appartient à chacun. La fraternité nous appartient à tous. Merci au Saint-Père pour sa visite en France. De Paris et Saint-Denis à Lourdes et Metz, ces moments de ferveur populaire et de retrouvailles ont touché bien au-delà des seuls croyants. Ils font du bien à notre pays. Merci aux bénévoles, aux forces de l’ordre, aux communes, à leurs élus et à leurs agents qui ont rendu ce bel accueil possible. La France est belle lorsqu’elle se rassemble.

> Après les incendies de cet été, nous devons mieux préparer la France aux feux de forêt. Nos sapeurs-pompiers ont été en première ligne tout l’été. Leur engagement appelle notre reconnaissance et des moyens à la hauteur de leurs missions. En Gironde et dans les Landes, le relèvement est engagé, avec une mission interministérielle dédiée. Il faut aussi tirer les leçons de ces incendies pour mieux protéger les Français à l’avenir, dans l’hexagone comme dans nos Outre-mer. À Matignon, les sept parlementaires missionnés en août m’ont remis aujourd’hui leur rapport. Leurs propositions viendront compléter les travaux du Beauvau de la sécurité civile pour en faire un projet de loi de modernisation et de programmation de la sécurité civile, avec un nouveau titre consacré aux feux de forêt et à l’adaptation de notre modèle de sécurité civile. Concrètement : mieux faire respecter les obligations de débroussaillement, mieux protéger les constructions exposées aux incendies, définir une doctrine nationale face aux feux de forêt, alourdir les sanctions pénales contre les auteurs de destructions et de dégradations par incendie… Le texte sera déposé au Parlement dès cet automne. Il constituera une première base, qui pourra encore être enrichie par de nouveaux amendements au cours des débats parlementaires. Parce que cette ambition exige des moyens, nous proposerons dès 2027, 200 millions d’euros supplémentaires issus de la taxe sur les conventions d’assurance pour renforcer les équipements de sécurité civile, notamment ceux de nos sapeurs-pompiers. Cet effort viendra s’ajouter au renforcement des moyens nationaux de l’État et au soutien au fonctionnement des SDIS. J’ai également demandé au ministre de l’Intérieur d’inscrire dans ce projet de loi une programmation financière sur plusieurs années, pour donner à nos services de secours les moyens d’investir et de se préparer dans la durée. L’État doit prendre toute sa part dans la protection de nos territoires.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> J’ai renouvelé mes instructions aux préfets et à l’ensemble des services de sécurité intérieure suite à l’intensification des troubles à l’ordre public et à un climat de violence inacceptable aux abords des établissements scolaires. Je leur renouvelle toute ma confiance pour parvenir au juste équilibre entre proportionnalité des interventions, nécessaire maintien de l’ordre et protection des biens et des personnes.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Additionner nos savoir-faire français et belges pour produire et innover ensemble. À Oostende, chez Exail, cette coopération prend une forme très concrète : plus de 100 ingénieurs, ouvriers et techniciens assemblent la nouvelle génération de drones. Ces drones, sous-marins comme de surface, permettent d'identifier puis de neutraliser les mines, tout en écartant nos marins de la zone de danger. Cette capacité dronisée est une première au monde : en unissant leurs compétences technologiques et industrielles, France et Belgique prouvent que le réarmement peut être européen.

> À bord du BNS Oostende. Premier d’une nouvelle génération de bâtiments de guerre des mines belges construits par Naval Group et Exail, il incarne une coopération franco-belge à la fois opérationnelle et industrielle. Une même ambition : disposer en Europe des capacités dont nous avons besoin pour assurer notre sécurité.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Ecrits antisémites attribués à Jordan Bardella] À tous ceux qui auraient la mémoire courte : l’antisémitisme n’est pas un accident de parcours pour le RN, c’est l’histoire de ce parti.

> Ça fait deux ans maintenant que des moyens militaires français sont déployés, pas très loin de Yanbu, en mer Rouge, pour protéger la circulation des navires de commerce contre les attaques de drones ou de missiles des Houthis. Et ça marche, puisqu'on a escorté, protégé ainsi, plusieurs centaines de navires qui battaient pavillon français sans qu'ils ne subissent aucun dommage. Depuis le début de la guerre en Iran, ça n'a échappé à personne que la France est l'un des pays qui a déployé le plus de moyens, vous vous souvenez, dès les premiers jours de la guerre, pour protéger nos partenaires, certains de nos alliés, contre les attaques indiscriminées de l'Iran, qui tapait à la fois des pays européens, comme Chypre, mais aussi des pays du Proche-Orient. Qu'est-ce qui se passe désormais ? Eh bien, alors qu'on voit que les États-Unis et l'Iran peinent à conclure et mettre en œuvre cet accord, qu'ils ont trouvé et qui a été signé même sous nos yeux à Versailles, est venu se greffer à ce conflit dont nous payons le prix, puisqu'il exerce une pression forte sur les prix des hydrocarbures, un autre conflit qui oppose effectivement l'Arabie saoudite et ce groupe des Houthis qui, déjà, semait le désordre en mer Rouge. Que fait le président de la République ? Il annonce qu'effectivement, il y a un terminal, un point qui est névralgique. Pourquoi ? Eh bien, parce que l'Arabie saoudite utilise ce point pour contourner Ormuz, pour passer par la mer Rouge. Et comme on l'a fait depuis le début de cette guerre, eh bien, de manière strictement défensive, on met à disposition des moyens. Défensifs. (…)
Le détroit de Bab el-Mandeb n'est pas fermé. Le trafic est possible. Ce qui est très problématique, c'est cette escalade de tension entre l'Arabie saoudite et les Houthis. Les Houthis frappant des capacités énergétiques saoudiennes. L'Arabie saoudite qui, comme chacun sait, est un grand exportateur de pétrole et d'hydrocarbures. Et donc, il faut que la circulation des hydrocarbures saoudiens puisse reprendre de manière à ce que la pression baisse sur les prix. Et comme l'a rappelé le président de la République, ça peut être très rapide. Mais oui, il nous faut faire baisser la tension par la diplomatie, notamment. Mais on ne peut pas s'en arrêter là. Il faut également, et c'est tout le travail que nous menons, notamment au Quai d'Orsay, sécuriser nos approvisionnements dans les mois qui viennent si jamais la situation devait persister. Et puis à terme, diversifier nos routes commerciales : qu'on ne soit pas systématiquement obligés de dépendre en quelque sorte de l'ouverture ou pas de ces détroits.

> depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l'Ukraine, elle redouble d'agressivité à l'encontre des pays européens, et notamment la France, qui s'est tenue aux côtés de la résistance ukrainienne. Cette agressivité, elle a pris la forme de campagnes de désinformation, de campagnes cyber, de sabotage dans un certain nombre de pays européens, d'intimidation, vous voyez bien qu'il y a des drones qui franchissent les espaces aériens de certains pays, et désormais, des attaques comme celles qu'on a connues en Allemagne.

> Jean-Luc Mélenchon dit « Je soutiens l'Ukraine », mais c'est tout de la faute de l'Ukraine. C'est l'Ukraine qui a commencé, et parfois même, c'est l'OTAN qui a commencé. Vous vous rendez compte de l'inversion, de la réécriture, voire même du révisionnisme historique dont Jean-Luc Mélenchon se rend coupable ? La résistance ukrainienne, c'est la lutte pour l'indépendance, pour la liberté. Nous avons connu aussi des périodes, dans notre histoire, où notre indépendance, notre liberté était contestée. Et alors quoi ? Il aurait fallu retenir nos coups. Il aurait fallu que les forces françaises libres, la résistance intérieure, fassent preuve de retenue pour défendre son intégrité et l'intégrité territoriale de notre pays. C'est affligeant d'entendre ça, même si ce n’est pas très étonnant. (…)
Jean-Luc Mélenchon a enlevé les gants pour taper dans la figure des Ukrainiens. Marine Le Pen, elle, les a conservés. Mais au fond, c'est le même message. C'est une défiance vis-à-vis de l'Union européenne, de notre organisation politique. Et c'est une complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine. Parce qu'au fond, rappelons-le toujours, ce qui est visé de la part de Vladimir Poutine, c'est l'Union européenne comme organisation politique. Car chacun de nos pays, pris isolément, il a une taille modeste à l'égard de ce qu'est le concert des nations aujourd'hui. Mis tous ensemble et unis, rien ne peut résister à l'Union européenne. C'est ça qui est visé par Vladimir Poutine. Et sans surprise, Jean-Luc Mélenchon, comme Marine Le Pen qui se défie de l'Union européenne, même s'ils le disent de manière masquée, si je puis dire, eh bien, sans surprise, ils choisissent systématiquement d'aller dans le sens de Vladimir Poutine et de réciter sa rhétorique.

> Mme Fedorova, ce n'est pas son opinion qu'elle exprime, Ce qu'elle fait c'est de mobiliser des méthodes, des réseaux, des argumentaires du Kremlin pour les diffuser dans notre pays, et dans l'Union européenne, à des fins de déstabilisation du débat public français, pour manipuler notre opinion publique. Eh bien, tout ça, on ne peut pas l'accepter. C'est pour ça qu'on a pris des sanctions au niveau français, que j'ai proposées, que ces sanctions soient prises au niveau européen, ce qui n'a posé aucune difficulté, puisque tout le monde était convaincu.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> La santé des femmes et des nouveau-nés doit être une priorité. Les indicateurs de santé périnatale se dégradent en France. Le rapport qui m’est remis aujourd’hui va nous permettre d’agir, alors la baisse de la natalité (-120 000 naissances annuelles depuis 7 ans) affecte déjà notre offre de soins. Nous devons moderniser l’organisation des soins périnatals, notamment à travers une révision des décrets de 1998, et pleinement sécuriser les parcours, de la grossesse au post-partum, en ville et à l’hôpital. Je remercie les personnalités qualifiées pour leur travail. Deux priorités ressortent dès à présent : Tout d’abord, la finalisation du référentiel, nouvelle méthode qui sera construite avec les élus et les sociétés savantes, permettra d’évaluer l’offre de maternités à partir d’un ensemble de critères de sécurité, de qualité des soins, de ressources humaines, d’activité et d’accessibilité territoriale, afin d’adapter l’offre de maternités aux besoins de chaque territoire, et de concilier sécurité et proximité des soins. Ensuite, la mobilisation générale de tous les acteurs de santé dans le repérage et l’accompagnement des femmes précaires, dont les indicateurs sont particulièrement dégradés. Hôpitaux, professionnels de ville, acteurs de la PMI et services de l’Assurance maladie doivent mieux coopérer pour que ces femmes bénéficient du même niveau de suivi que les autres.

> Nous avons signé l’accord-cadre Médicament avec l’ensemble des représentants de la filière. Ce texte stratégique fixe notre cap commun dans la politique de prix du médicament pour les quatre prochaines années. Dans un contexte international singulier, cet accord illustre la clarté de notre politique du médicament : prévisibilité, attractivité, souveraineté et accès pour les patients.

> 70 ans de combats, d’engagement et d'accompagnement pour les droits et la santé des femmes, cela se fête. Aux côtés du Planning familial, nous continuons à agir pour rendre ces droits effectifs, partout et pour toutes. C'est mon engagement, et celui du Gouvernement. Et c'est le sens de notre nouvelle feuille de route pour la santé sexuelle 2026-2030 : renforcer l’éducation à la sexualité et lutter contre la désinformation, garantir l’accès à l’IVG, permettre une contraception réellement choisie. Merci à toutes celles et ceux qui font vivre ces combats depuis 70 ans.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> Signature de l’accord-cadre Médicament avec l’ensemble des représentants de la filière. Ce texte stratégique fixe notre cap commun dans la politique de prix du médicament pour les quatre prochaines années. Dans un contexte international singulier, cet accord illustre la clarté de notre politique du médicament : prévisibilité, attractivité, souveraineté et accès pour les patients.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Au travail avec les rapporteurs de la loi intégrale et le président de la commission. L'examen dans l'hémicycle commence ce jeudi. Nous réussirons dans le consensus. C'est ce que les Français attendent de nous !

> «Il y a des crimes qu'on ne peut pas raconter. Parce qu'on ne s'en souvient pas.» Face à la soumission chimique, nous nous mobilisons avec Caroline Darian et M’endorsPas.

> Nos corps. Nos choix. Nos droits. Des générations de femmes se sont battues pour une liberté essentielle : choisir ou non d’être mère. Choisir quand le devenir. Pour nos mères, pour nos filles, pour toujours, nous avons inscrit la liberté de recourir à l’avortement dans notre Constitution. Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, nous célébrons les 70 ans du Planning familial. Son combat nous rappelle qu’un droit pour être une liberté réelle, doit être accessible. En cette Journée mondiale du droit à l’avortement, nous pensons aux femmes qui doivent encore se cacher pour avorter. Leur liberté est notre combat.

> [Ecrits antisémites attribués à Jordan Bardella] Ces écrits, s'ils sont avérés, sont d'une immense gravité. Leur nature antisémite et complotiste rappelle, à ceux qui voudraient l'oublier, la nature profonde de l'extrême droite. N'y cédons rien.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Un moment de fragilité ne doit jamais devenir une porte d’entrée pour l’emprise En matière de santé, certaines dérives sectaires ciblent précisément celles et ceux qui traversent une période de vulnérabilité. C’est pourquoi, nous devons agir le plus tôt possible. C’est tout le sens du nouveau guide élaboré par la Miviludes. Il doit permettre aux professionnels de santé de mieux identifier les situations à risque, d’adopter les bons réflexes et de mieux accompagner les personnes vulnérables. Avec le Dérivomètre présenté par le ministère chargé de la Santé, nous renforçons également les outils mis à disposition de chacun pour reconnaître les signes d’une possible emprise. Face aux dérives sectaires, nous devons agir avant que l’emprise ne s’installe : mieux repérer et mieux prévenir, pour mieux protéger.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> L'économie circulaire est un enjeu environnemental, mais aussi industriel, de compétitivité et de souveraineté. Concrètement, cela veut dire développer une véritable industrie du recyclage en France.

> Nous souhaitons développer une véritable industrie du recyclage en France. Dans la filière textile, environ 150 millions d’euros seront fléchés vers de nouvelles capacités de recyclage en France. Cela peut aussi nécessiter une approche territorialisée, comme pour la consigne pour recyclage, où nous allons proposer d’avancer avec les collectivités volontaires [car] les collectivités locales y étaient unanimement opposées et les performances sont très hétérogènes d’une région à l’autre. Dans 230 intercommunalités, on est à 77 % de taux de collecte mais on est à moins de 35 % dans 45 autres. On voit bien qu’une solution uniforme imposée depuis Paris ne fonctionnerait pas. Mais nous allons développer des « contrats de performance » entre les éco-organismes et les collectivités volontaires, sur la base d’un diagnostic partagé, pour la mise en œuvre des principaux leviers du plan plastique.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> [Ecrits antisémites attribués à Jordan Bardella] La stratégie de normalisation du RN ne saurait effacer son histoire, profondément marquée par l’antisémitisme de Jean-Marie Le Pen et de ceux qui lui ont succédé. Changer de discours et d’image ne suffit pas à effacer les propos, les combats et les héritages qui ont contribué à le façonner.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> L’IA transforme déjà les métiers, les compétences et l’organisation du travail. Notre responsabilité est d’anticiper ces transformations pour ne laisser ni les salariés ni les entreprises seuls face à elles. La MAIF a fait le choix de construire cette transformation avec ses salariés et les partenaires sociaux : une convention de salariés tirés au sort pour réfléchir collectivement aux usages de l’IA, puis un accord d’entreprise signé sur le sujet. Une méthode concrète qui place l’humain et le dialogue social au cœur de la transformation. C’est aussi l’ambition du plan Impulsion IA : former les actifs, accompagner les entreprises et donner aux partenaires sociaux les moyens de construire, au plus près du terrain, les réponses adaptées.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Très heureux d’avoir accueilli place Vendôme les jeunes placés au sein de l’unité judiciaire à priorité éducative (UJPE) de Laon, dans l’Aisne, que j’avais rencontrés cet été à l’occasion d’un déplacement dans leur établissement. Depuis le 1er septembre, nous avons remplacé les centres éducatifs fermés (CEF) par des UJPE pour améliorer la réinsertion de ces jeunes, avec un accent particulier mis sur la santé et la scolarité.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Deux à trois enfants par classe : c’est ce que représente le chiffre des violences sexuelles subies par près d’un enfant sur dix. Ce constat doit tous nous ébranler. Il nous oblige à agir. Nous souhaitons libérer la parole des élèves, en sachant que quelqu’un les écoutera. Les questionnaires qui seront passés à partir du retour des vacances de la Toussaint sont un outil dans cette démarche. Ils seront remplis après une séance d’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité pour le second degré, consacrée notamment au respect du corps et au consentement. Chacun sera libre d’y répondre ou non, de rester anonyme ou de laisser son nom pour être recontacté rapidement par un adulte de confiance. Parce que demander de l’aide est parfois difficile, nous devons ouvrir toutes les portes. Les personnels sociaux et de santé de l’Éducation nationale seront mobilisés pour recueillir cette parole et accompagner les élèves. Nous prendrons le temps nécessaire : une parole qui se libère doit être écoutée, accueillie et protégée.

> Les lycéens ont le droit d’avoir des revendications et de manifester. Leur parole doit être entendue et écoutée. Dans chaque lycée, des instances démocratiques leur permettent de s’exprimer et de dialoguer. Ce qui est inacceptable, c’est le déchaînement de violence contre nos personnels et nos élèves. Depuis le début de la mobilisation, 76 d’entre eux ont été blessés. Derrière ce chiffre, il y a un jeune qui a perdu l’usage d’une partie de la main en tirant un mortier. Des proviseurs visés par des tirs de mortier. Des professeurs pourchassés par des voyous. Aucune revendication ne peut justifier de tels actes. Je le dis sans détour : ces violences doivent cesser. En démocratie, il n'y a qu'un chemin : celui du dialogue et de l'action.

> Au moins 10 personnels de l’Éducation nationale et plusieurs élèves ont été blessés, notamment par des tirs de mortier. Les premiers sont des fonctionnaires, qui servent l'intérêt général et le service public. Les seconds sont des élèves que nous avons tous les jours dans nos classes. Je leur adresse tout mon soutien, ainsi qu’aux équipes mobilisées pour protéger les élèves et leur permettre d’aller en cours. Il y a les images qui circulent sur les réseaux sociaux. Et il y a ce qu’elles ne montrent pas toujours : un professeur frappé dans le Nord, un proviseur blessé par un tir de mortier dans les Hauts-de-Seine, un autre menacé de mort en Essonne. À Toulouse, plusieurs personnels ont été pris pour cible. Toutes les mesures sont prises pour assurer leur protection et les poursuites judiciaires contre ces agissements sont engagées. Ces violences sont inqualifiables. En démocratie, dans notre service public, rien, absolument rien, ne peut les justifier. Le droit de manifester est une liberté fondamentale, qui ne saurait servir de caution à de tels actes. Les légitimer ou appeler, dans ce contexte, à étendre les blocages, c’est mettre en danger nos élèves comme les agents publics. C’est irresponsable. Porter des revendications est un droit. Frapper, menacer, brûler ou empêcher les autres d’étudier n’en est pas un. La démocratie scolaire a ses instances : les conseils de la vie lycéenne permettent aux élèves d’exprimer leurs demandes, de proposer et de dialoguer, dans chaque lycée. J’ai demandé qu’ils se réunissent cette semaine dans les lycées touchés par ces perturbations. Ils sont légitimes parce qu'élus par leurs camarades. Ce cadre ne peut être contourné ni détourné au service de mots d’ordre politiques souvent sans lien avec la vie des établissements.

> Certains voudraient faire croire que l’État délaisse les élèves de certains territoires. Les faits disent le contraire. En Seine-Saint-Denis, l’État investit 13 % de plus par élève à l'école primaire que la moyenne nationale. Au lycée en voie générale et technologique, le nombre moyen d'élèves par classe est inférieur de deux élèves par rapport à la moyenne nationale. On peut toujours discuter du niveau d'encadrement en Seine-Saint-Denis, et plus généralement du fonctionnement du service public de l'éducation. Pas diffuser des fausses informations pour faire croire à une relégation bien éloignée de l'intérêt réel des élèves. Le débat sur l’École exige de la rigueur. Nos élèves méritent mieux que des contre-vérités.

> Nous sommes face à des violences urbaines qui court-circuitent la démocratie scolaire. Les revendications des lycéens doivent être entendues dans un cadre serein, propice au dialogue. Il existe des instances pour cela. J’ai donc demandé que les conseils de la vie lycéenne se réunissent d’ici la fin de la semaine dans les établissements touchés par des perturbations, afin de recueillir les demandes des élèves et d’y apporter des réponses. C'est cela, exercer ses responsabilités vis-à-vis des jeunes de notre pays. Pas les utiliser à des fins électorales en les envoyant bloquer des établissements au milieu d'individus violents.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Nous payons au prix fort notre dépendance au pétrole et au gaz. Aujourd’hui, 1,4 milliard d’euros d’aides accompagnent les français les plus touchés. À moyen terme, nous accélérons le passage à l’électrique pour se déplacer et se chauffer.

> Face à la crise, l’Europe doit agir vite. À la suite de l’initiative du Président de la République, j’ai défendu à Dublin un report d’un an du règlement méthane. À court terme, nous devons garantir nos approvisionnements. À moyen terme, nous devons accélérer l’électrification.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Pression sur les taux d’intérêt, crise géopolitique: notre débat politique ne peut pas ignorer notre environnement international. Priver le pays de budget serait dangereux dans ce contexte.

> Nous ne pouvons pas être des spectateurs passifs du monde. Les crises géopolitiques ont un impact direct sur le pouvoir d’achat des Français. En s’engageant auprès de l’Arabie Saoudite, nous défendons les intérêts des Français. (…)
Je veux tordre le cou un peu à ce canard qu'on entend, on l'entend parfois sur l'Ukraine, on l'entend parfois là : nous ne sommes pas co-belligérants. Nous engageons des moyens défensifs à la demande de nos partenaires, en l'occurrence l'Arabie saoudite, pour protéger ici un site pétrolier, un port de Yanbu. Ces cinq millions de barils par jour qui sont aujourd'hui empêchés de passer. Donc ça a un impact concret sur les prix des hydrocarbures. Et puis encore une fois, ce sont des moyens défensifs. (…)
Je rappelle que c'est ce que nous avons fait aussi pendant la guerre en Iran, où nous sommes engagés pour par exemple protéger l'espace aérien de nos partenaires, la Jordanie, l'Irak ou encore les Émirats arabes unis, avec lesquels nous avons des partenariats de sécurité. La France honore sa parole, c'est un partenaire fiable. Donc nous avons des alliés, nous avons des partenaires de sécurité. (…)
Le risque, ce serait de ne rien faire. Le risque, ce serait de regarder passivement le monde, d'en être des spectateurs et de voir l'impact des crises géopolitiques dans la vie des Français. Aujourd'hui, les prix du carburant augmentent. Pourquoi ils augmentent ? Ils augmentent précisément à cause de ces crises géopolitiques, de ces guerres que nous n'avons pas choisies. Donc nous prenons nos responsabilités pour défendre nos intérêts, défendre les intérêts des Français, en l'occurrence ici, pour faire baisser les cours du pétrole et puis permettre le transit des hydrocarbures. Et aussi, encore une fois, parce que nous avons des partenaires de sécurité et que nous honorons notre parole.

> Je refuse l’esprit de défaite. Il n’y aucune fatalité à un match Le Pen-Mélenchon. Mais nous devons tous prendre nos responsabilités. La division de notre famille politique est mortifère. La droite et le centre doivent s’unir.

> La Russie multiplie les attaques hybrides contre nos démocraties pour nous tester. À Leipzig un drame a été évité de peu. Nous devons redoubler de vigilance pour protéger nos sites sensibles. La Russie n’intimidera pas les Européens : nous continuerons notre soutien à l’Ukraine, première ligne de défense de l’Europe.

> Les manifestations et revendications politiques sont toujours légitimes. Mais les appels à la violence et l’intimidation de Jean-Luc Mélenchon et LFI sont inacceptables. Le Premier ministre a raison d’appeler à l’ordre et à l’autorité, et de dénoncer cette stratégie du chaos.

> [Baisse de la contribution à l'Union européenne] Ce n'est pas du tout exact. Ce que nous faisons, c'est que nous négocions avec l'Union européenne, qu'elle maîtrise ses dépenses et puis qu'elle prenne aussi l'amende qui a été affligée à Google, c'est une nouvelle recette pour l'Union européenne, 4,6 milliards d'euros, qui devrait automatiquement faire baisser les contributions de tous les États membres. C'est une discussion que nous avons à chaque fois avec l'Union européenne, précisément pour maîtriser la contribution des États membres. C'était déjà le cas l'année dernière, c'est de dire à l'Union européenne « il faut faire attention aux dépenses et puis il faut engager des nouvelles recettes ». Et donc ces 4,6 milliards d'euros de recettes liées à l'amende Google, c'est une bonne nouvelle aussi pour les États membres.

> Nous avons en ce moment une discussion avec les Ukrainiens pour envoyer des Rafale, non pas pilotés par des Français, mais pilotés par des pilotes ukrainiens dans le ciel ukrainien. Donc c'est pour ça que nous avons aussi lancé un travail sur la formation de ces pilotes. Vous savez aussi que nous aidons les Ukrainiens sur des moyens de défense antibalistique à travers la livraison de SAMP-T NG, de missiles Aster, donc des moyens aussi de protection du ciel. J'étais moi-même en Ukraine il y a deux semaines précisément pour continuer à avancer sur ces sujets. Nous avons créé la Coalition des volontaires avec la coalition antibalistique pour renforcer aussi avec nos partenaires le soutien à l'Ukraine. Nous continuerons à le faire parce qu'une fois de plus, ce qu'on voit, c'est un échec de la Russie qui est fébrile sur le terrain, qui est en train de patiner, qui voit aussi l'innovation, l'ingéniosité des Ukrainiens avec les frappes en profondeur sur le territoire russe contre, par exemple, les raffineries, contre les centres de lancement de missiles. Et cette escalade de la Russie, elle vise à intimider la population ukrainienne, elle ne marchera pas.

[Possibles attaques russes contre la France] C'est pour cette raison que le président de la République a demandé au gouvernement de protéger les sites sensibles, de renforcer notre vigilance. On a vu des attaques hybrides, en effet, chez nos voisins, des incursions de drones, des attaques cyber. On voit régulièrement des attaques dans le champ informationnel et cyber chez nous en France depuis déjà assez longtemps. On est très ciblés. On a vu l'attaque à Leipzig, à l'aéroport, avec une attaque de drone contre un avion qui aurait pu être un drame sur le plan humain. Donc effectivement, quand on voit aujourd'hui la Russie qui redouble d'escalade et de violence, il faut effectivement se préparer, être vigilants, mais surtout ne pas céder à l'intimidation. Parce que la Russie veut nous intimider, veut nous diviser. Nous ne céderons pas et nous continuerons de défendre notre sécurité et de soutenir l'Ukraine. 

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Nous avons besoin de chacun pour soutenir les femmes et les enfants ! J'appelle à une participation constructive aux débats sur la loi intégrale, issue d'un travail exemplaire qui a associé les parlementaires, les associations, le CESE et le Conseil d’État !

> Opposer les citoyens à la police, attiser les tensions puis se prétendre du côté de la jeunesse, c’est indigne de la part d’élus de La France insoumise. J’appelle chacun au calme. Notre responsabilité est de protéger les jeunes et de répondre à leurs préoccupations.

> [Ecrits antisémites attribués à Jordan Bardella] Je pense aux millions de Français qui ont fait confiance à Jordan Bardella et cru à un RN débarrassé de l’antisémitisme. Si les propos qui lui sont attribués sont avérés, il aura trahi leur confiance. Il devra leur rendre des comptes.

> Monsieur le maire [LFI de Saint-Denis], vos propos me révoltent. La violence ne devient pas légitime parce qu’elle se réclame d’une cause. Quand un élu la justifie, il renonce à sa première responsabilité, celle de protéger. Jamais la violence. Jamais. J’appelle au calme et j’appelle tous les responsables politiques à faire de même, sans ambiguïté.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Ma génération a grandi avec une certitude : la guerre en Europe appartenait aux livres d'histoire. Cette certitude, Poutine la piétine un peu plus chaque jour. La semaine dernière, un hélicoptère militaire russe a violé l'espace aérien de la Pologne, un pays allié et membre de l'OTAN. Pour tester nos défenses. En Pologne encore, une station Starlink qui sert l'armée ukrainienne a été incendiée. Varsovie dénonce un sabotage mené par les services russes. Aujourd'hui, le gouvernement estonien affirme avec certitude que l'incendie qui a touché les locaux du fabricant de drones Milrem Robotics est un sabotage ordonné, là encore, par les services russes. Partout, le même but : nous intimider pour que nous lâchions l'Ukraine. Depuis plus de quatre ans, les Ukrainiens tiennent. Ils meurent pour leur pays. Ils tiennent aussi pour nous. Pour nos valeurs. Pour notre liberté. Et pendant ce temps, plus de 200 milliards d'euros d'avoirs russes dorment dans nos banques. Je propose que l'Europe les saisisse pour armer l'Ukraine. Tous. Dès maintenant. Nous le devons aux Ukrainiens. Nous le devons à nos enfants. La Russie doit payer pour sa guerre.

> Il y a eu un grand plantage économique dans le macronisme, c'est le logement (…). Des décisions ont été prises, des décisions fiscales, des décisions normatives ont été mauvaises pour le secteur, et expliquent en grande partie, avec quelques facteurs exogènes, la crise du secteur que l'on connaît depuis.

> Il faut éviter une crise de la dette. La situation financière de la France, très aggravée par la dissolution, nous en rapproche. Depuis 2024, il n’y a pas eu de véritable effort de réduction de la dépense publique, les oppositions ont bloqué toute proposition d’économie et même conduit le gouvernement à revenir sur des réformes. Il faut un budget pour éviter une crise de la dette française.

> J'ai entendu le maire de Saint-Denis. La violence n'est jamais légitime. Jamais. Un élu de la République doit toujours condamner les violences, les dégradations et les attaques sur nos forces de l'ordre.

> La colère et les revendications, il faut les entendre. J'ai fait de l'École le premier de mes chantiers capitaux. C'est le premier de mes engagements. Ce n'est pas en bloquant ou en cassant qu'on apporte des solutions.

> Les élus de La France insoumise se servent de nos jeunes comme de la chair à canon électorale. Ils les mettent en danger. Ils mettent en danger nos établissements scolaires. Ils mettent en danger le personnel de l'Éducation nationale.

 

Marc Ferracci (député)
> Choisir comme présidente du groupe RN au Sénat celle qui affiche fièrement la devise du fasciste Jacques Doriot dans son bureau est fort cohérent. Le FN ne change pas, il s’appelle simplement le RN.

> Ces larmes de crocodile de Mélenchon prêteraient à sourire si les violences n’étaient pas aussi graves. JLM n’a aucune empathie pour les jeunes. Il instrumentalise les lycéens comme il instrumentalise les musulmans, ou les Palestiniens qui souffrent. Sa méthode reste la même: provoquer pour « tout conflictualiser ». Son dessein demeure le désordre et le chaos.

 

Pieyre-Alexandre Anglade (député) 
> La France et l’Espagne partagent une même ambition : renforcer notre souveraineté européenne, soutenir nos entreprises, investir dans notre avenir, protéger nos démocraties des dérives des réseaux sociaux. Avançons ensemble !

> [Ecrits antisémites attribués à Jordan Bardella] L’extrême gravité des propos antisémites attribués à Jordan Bardella par Mediapart démontrent, s’ils sont confirmés, que rien n’a changé au RN. La dédiabolisation n’est qu’un écran de fumée. Au RN les générations passent, mais les fondamentaux restent les mêmes.

 

Violette Spillebout (députée)
> Reconnaître les victimes, leur permettre d’obtenir réparation et faire évoluer notre droit : l’État et la justice doivent pleinement prendre leur part. À l’Assemblée nationale, nous avons avancé de manière transpartisane, notamment sur l’imprescriptibilité des crimes commis sur les mineurs et sur l’indemnisation des victimes. Avec Paul Vannier, nous poursuivons désormais le travail au sein du comité de suivi de notre commission d’enquête pour veiller à la mise en œuvre de nos recommandations.

> Depuis la commission d’enquête sur les violences en milieu scolaire, des avancées concrètes ont été engagées, notamment les contrôles des internats, l'amélioration des signalements et la mobilisation des établissements et des parents d’élèves. À l’Assemblée nationale, le travail a été poursuivi avec deux textes importants, dont ma loi sur la lutte contre les violences scolaires avec le soutien de Gabriel Attal et adoptée à l’unanimité pour mieux protéger les enfants. Désormais, ces avancées doivent rapidement être inscrites à l’ordre du jour du Sénat pour entrer pleinement en vigueur.

> Ce matin à Mouvaux, j’ai visité Réutec, une PME qui développe des emballages réutilisables pour remplacer les emballages à usage unique. Pierre Malbranque m'a alertée sur la suppression, votée au Sénat dans le cadre du projet de loi DDADUE, de l’objectif français de 10 % d’emballages réemployés en 2027. Ils craignent que cette évolution ne freine une filière française du réemploi encore émergente et ne favorise, à terme, le retour vers davantage de carton à usage unique. Un enjeu à la fois environnemental, industriel et local, alors que Réutec développe déjà des solutions capables d’être réutilisées jusqu’à 100 fois et a permis d’éviter 15 tonnes de déchets d’emballages depuis sa création. Je resterai attentive à ce sujet lors de l’examen du texte à l’Assemblée nationale.

> À même talent, à même engagement, à même poste, les femmes et les hommes doivent être payés de la même manière. La loi de 2018 a permis une avancée importante avec la création de l’Index de l’égalité professionnelle, qui oblige les entreprises à mesurer les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes et à agir lorsqu’ils persistent. La directive européenne sur la transparence salariale, qui doit être transposée dans notre droit, doit permettre d’aller encore plus loin. Dans 3 ans, 4 ans, 5 ans, j’espère que nous n’aurons plus besoin de parler d’index ou de sanctions, car l’égalité salariale doit devenir une évidence. C’est le symbole d’une société véritablement mature sur l’égalité entre les femmes et les hommes.

> J’ai participé à la table ronde « Les femmes dans les fonctions de leadership : de la représentation à l’influence », organisée dans le cadre de la Réunion annuelle 2026 de l’ISO, accueillie en France à l’occasion du centenaire de l’AFNOR. Aux côtés de Lena Harikiopoulos-Cordova, fondatrice de CONSEQUALLY, de Aurore Jicquel HR director Responsable D&I, Culture & Engagement France chez Alstom, et sous la modération de Franck Lebeugle, directeur général adjoint d’AFNOR, nous avons parlé de la place des femmes dans le monde professionnel, du sexisme, de l'empouvoirement, mais aussi de ces freins encore trop présents, dont la difficulté à faire entendre sa voix ou à peser réellement dans les décisions. Car la représentation ne suffit pas. Être présente autour de la table ne signifie pas toujours avoir la même capacité à prendre la parole, à être écoutée ou à influer sur les décisions. Trop de femmes continuent encore à questionner leur légitimité, à devoir davantage démontrer leurs compétences ou à composer avec des codes professionnels et des modèles de leadership qui n’ont pas toujours été pensés pour elles. En 2026, continuer à ouvrir ces espaces de parole est essentiel. Partager les expériences et faire évoluer les pratiques reste indispensable pour passer réellement de la représentation à l’influence.

> Les lycéens ont le droit d’exprimer leurs revendications. Mais rien ne justifie les violences, les dégradations ou la mise en danger des élèves, des personnels et des policiers. Alors que des incidents éclatent, la surenchère de certains élus de La France insoumise est irresponsable. Notre responsabilité, c’est de protéger les jeunes, de condamner clairement ces débordements et d’appeler au calme. Tout mon soutien aux forces de l’ordre mobilisées. Face aux violences, aucune ambiguïté : fermeté et retour au calme.

 

Marie Lebec (députée)
> Aux Rencontres pour l’Attractivité de la France. Face au choc industriel qui se dessine, j’ai rappelé trois priorités pour poursuivre l’effort engagé.
- faire de l’Europe un levier de compétitivité ;
- faire de notre mix énergétique un atout pour notre industrie ;
- donner à nos entreprises les moyens de devenir des champions européens et mondiaux, notamment dans l’IA.

 

Anne Genetet (députée)
> À Maxéville, visite d’une école primaire REP+ où le collectif fait la différence.
- Dialogue étroit avec la mairie
- Équipes stables et épanouies
- Dédoublement des classes
- Semaine de 4,5 jours
Résultat : des élèves accompagnés et un climat scolaire apaisé.

> À Metz, le message de paix et de fraternité du pape résonne face aux guerres, aux replis et au rejet de l’autre. La paix ne s’impose pas : elle se construit. Il faut être deux pour la bâtir. En Europe, nous sommes 27 à avoir fait ce choix. Notre avenir est européen.

 

Paul Midy (député)
> Aujourd'hui, quand vous utilisez Claude, quand vous utilisez ChatGPT, vous avez accès à du contenu intellectuel, artistique, scientifique pour lequel vous n'avez pas payé. Ni Anthropic ni OpenAI n’ont payé. Mais vous non plus, vous n’avez pas payé. Donc ça s’appelle du pillage, ça s’appelle du vol de propriété intellectuelle, et ce n’est pas acceptable.

> Avec Gabriel Attal, nous proposons de former 20 millions de Français en 5 ans aux outils de l’IA. L’envie est là. Et les bénéfices aussi : maîtriser les outils de l’IA, c’est jusqu’à une heure de productivité gagnée par jour.

 

● MoDem 
Erwan Balanant (député)

> [Ecrits antisémites attribués à Jordan Bardella] Les affaires se succèdent. Qui est encore surpris des relents racistes et antisémites au RN ? Tous les électeurs qui se tournent vers le RN ne sont résolument pas racistes et antisémites. Nous devons répondre à leur colère, mais dans le respect total de nos valeurs démocratiques.

 

Bruno Fuchs (député)
> À la frontière biélorusse, le message des autorités polonaises a été clair : nous faisons face à des opérations de déstabilisation. 26 000 tentatives de franchissement en 2025, presque aucune en 2026, après près d’1 Md€ investi par la Pologne pour sécuriser 400 km de frontière.

> Les 15 et 16 juillet, je me suis rendu en Pologne pour aborder plusieurs enjeux au cœur de notre sécurité européenne :
- Protection des frontières et de l’espace Schengen
- Menaces hybrides
- Europe puissance
- Coopération franco-polonaise

 

● Parti radical
> Quelle fiscalité sur les carburants ?
À la mi-septembre 2026, le SP95-E10 s’affichait à 2,15 €/L en moyenne nationale et le gazole à 2,33 €/L, une hausse liée à la reprise des tensions au Moyen-Orient qui a repoussé le Brent au-delà de 100 USD/baril. Selon la structure du prix, les taxes représentent en 2026 environ 48 % du prix du gazole et 54 % de celui du SP95-E10. Face à cette augmentation sans précédent des prix des carburants, certains partis appellent à la réduction de la fiscalité afin de faire baisser les prix. La fiscalité prélevée sur les carburants repose principalement sur l’accise sur les produits énergétiques et sur la TVA, qui fait déjà l’objet d’allégements ciblés pour les professionnels. La question de son allègement s’inscrit dans celle, plus large, de la situation des finances publiques.
- Une fiscalité qui repose sur deux taxes
La fiscalité des carburants repose sur deux taxes : l’accise (ex-TICPE), montant fixe par litre fixé à 69,02 centimes pour l’essence et 60,75 centimes pour le gazole en 2026, et la TVA à 20 %, qui s’applique sur le prix hors taxes augmenté de l’accise (taxe sur la taxe). Ces deux prélèvements représentent ensemble environ la moitié du prix à la pompe. Des majorations régionales et des régimes dérogatoires (Corse, DROM) complètent ce socle national.
- Une fiscalité qui prévoit de nombreux ajustements
Cinq catégories bénéficient d’un tarif réduit ou d’un remboursement partiel : le transport routier de marchandises, le transport public de voyageurs, les agriculteurs, le BTP via le GNR, et des secteurs spécifiques. Le coût budgétaire de ces deux principaux dispositifs (TRM et GNR agricole) avoisine chacun 1,3 à 1,4 milliard d’euros par an, des montants restés stables malgré des trajectoires de suppression votées puis systématiquement reportées sous la pression des filières concernées. Le Gouvernement a également mis en place des aides ponctuelles aux ménages modestes « grands rouleurs ».
- Un enjeu budgétaire qui appelle à la responsabilité
L’accise rapporte environ 16 à 18 milliards d’euros par an au budget de l’État, complétés par les parts versées aux collectivités territoriales (environ 11 Md€) et à l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) pour 1,9 milliard d’euros. La TVA, elle, s’y ajoute et reste sensible aux cours du pétrole. Au total, la fiscalité carburant génère de l’ordre de 35 à 40 milliards d’euros par an, un enjeu budgétaire significatif pour un budget de l’Etat qui affiche un déficit de 150 Md€.
Aussi, compte tenu de la situation très dégradée de nos finances publiques, une diminution de la fiscalité sur les carburants, en premier lieu sur les activités de production (agriculteurs, transport, pêcheurs, infirmiers…) ne peut être envisageable que si une économie équivalente de dépenses est réalisée par ailleurs. Seul le rééquilibrage des finances publiques redonnera à l’Etat le pouvoir de mieux protéger les Français des chocs économiques internationaux.
Enfin, il faut investir massivement dans les alternatives au pétrole comme source énergétique dans les transports, comme l’électrification du parc automobile, l’hydrogène ou le biocarburant. C’est la seule voie à long terme pour atteindre une pleine souveraineté énergétique et notre indépendance géopolitique. Le parc nucléaire français constitue à cet égard une formidable opportunité pour réaliser cet objectif mais qui doit être complété par des infrastructures de distribution et des capacités de production en matière de stockage à la hauteur des besoins.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
> En réponse aux appels des citoyens demandant à l'Europe de réagir à la crise du coût de la vie qui s'aggrave, une crise dans laquelle l'inflation devrait atteindre son pic fin 2026, le conflit au Moyen-Orient ayant fait grimper les prix de l'énergie, les Libéraux et Démocrates au Parlement européen présentent aujourd'hui un plan d'action en dix points pour rendre la vie plus abordable pour les citoyens.

Trop de familles, de travailleurs et d'entreprises européennes plient sous le poids des prix qui s'envolent. Si l'Europe ne peut pas choisir le Président américain, dont les actions ont aggravé nos difficultés, elle peut choisir d'agir.
Une Europe où des parents sautent des repas pour nourrir leurs enfants n'est pas l'Europe que nous acceptons. Restaurer l'équité et l'accessibilité financière n'est pas seulement une mesure d'urgence, c'est le fondement de notre avenir. La croissance, la compétitivité et le pouvoir d'achat en dépendent. Nous sommes convaincus qu'une réponse européenne unie est essentielle pour protéger l'Europe des chocs, préserver la prospérité européenne et maintenir le bien-être et un niveau de vie élevé accessibles et abordables pour tous.
Notre plan d'action comprend notamment :
1. L'indépendance énergétique, maintenant.
Les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés ont rendu l'Europe vulnérable. Nous devons éliminer progressivement les subventions aux énergies fossiles, accélérer le développement des énergies propres dans le cadre de REPowerEU, stabiliser les marchés et défendre le système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE) comme moteur de la décarbonation et de la compétitivité. Une énergie abordable et l'indépendance énergétique vont de pair.
2. Un logement pour tous
Des pénuries de main-d'œuvre aux investissements spéculatifs, la crise du logement pousse des millions de personnes au bord du précipice. Les jeunes repoussent les grandes étapes de leur vie parce qu'ils ne peuvent pas se permettre un logement. L'Europe doit agir : réduire les tracasseries administratives, construire davantage et garantir que le logement reste un droit, et non un privilège.
3. Un marché unique qui fonctionne
Tandis que les États-Unis et la Chine faussent les marchés, l'Europe s'accroche à un logiciel dépassé. Nous devons donc mettre fin aux « Dix Terribles » obstacles à un véritable marché unique, numériser les services transfrontaliers et combler le fossé d'investissement de 500 milliards d'euros. Réformer les règles en matière d'aides d'État, privilégier les projets d'origine européenne et mobiliser les investissements privés pour réduire les coûts des ménages.

 

Bernard Guetta (député)
> [Opinion: Il faut faire savoir à Poutine le prix d’une escalade] Contrairement à ce que pensent les Russes, leur président n’est peut-être pas l’homme le plus riche du monde. Il a des concurrents mais sa fortune est évidemment considérable car depuis vingt-sept ans qu’il est aux commandes d’un pays gorgé de gaz et de pétrole, il a eu tout loisir de profiter de la kleptocratie qu’il a mise en place.
Cet argent est investi grâce à des cascades de sociétés dont le détenteur n’est pas aisément traçable mais les services secrets y ont travaillé. Ils sont payés pour cela. Beaucoup de gouvernements ont d’épais dossiers sur les avoirs de Vladimir Poutine, ses placements et les entreprises qu’il contrôle, et rien n’empêcherait donc de lui faire savoir que ces informations pourraient être publiées.
Ce serait l’un des moyens de lui donner à réfléchir avant qu’il ne se lance dans l’escalade à laquelle le poussent l’essoufflement de son économie, l’échec de ses troupes dans le Donbass et la fenêtre d’opportunité qui s’ouvre à lui aux Etats-Unis comme en Europe. Non seulement le maître du Kremlin a un besoin vital de marquer des points pour des raisons de politique intérieure mais il croit que les élections américaines de mi-mandat, la confusion que les succès de l’AfD créent en Allemagne et la campagne présidentielle dans laquelle est entrée la France lui en offrent la possibilité.
Il a déjà entrepris d’intensifier le bombardement des villes et infrastructures ukrainiennes. Il multiplie les provocations sur le territoire de l’Union et les services de renseignement rapportent unanimement qu’il va tenter d’ouvrir un second front au Nord et s’apprête à organiser un coup de main dans un pays membre ou proche de l’Union européenne et de l’Otan.
Son objectif est clair. Il veut mettre les Européens au défi d’accroître leur soutien militaire et financier à l’Ukraine, leur donner à voir, dans le même temps, que la protection américaine ne leur est décidément plus assurée et semer de cette manière la peur dans chacun des 27 Etats de l’Union afin de les diviser de l’intérieur.
Les plans de Vladimir Poutine se tiennent mais une fois de plus, il sous-estime les Européens. Il oublie que l’invasion de l’Ukraine avait amené la Finlande et la Suède à rejoindre les rangs de l’Otan, qu’elle avait conduit l’ensemble de l’Union à augmenter ses dépenses militaires et que les Européens avaient su empêcher Donald Trump de s’entendre avec lui sur le dos des Ukrainiens. Il ne voit pas que loin de s’assurer la reddition de l’Ukraine et la soumission de l’Union, il va affirmer un front commun des 27 face auquel ses armées seront encore plus impuissantes que face à la seule Ukraine.
Ce que médite le président russe n’est rien d’autre qu’une folie qui exposerait tout le continent à de graves dangers avant que la défaite du Kremlin ne s’avère.
Le face-à-face qui menace et tous les dérapages qu’il comporterait, on doit donc les éviter à tout prix.
On ne peut pas laisser Vladimir Poutine jouer avec le feu. Contrairement à ce que fait Mme Le Pen, on ne doit surtout pas nourrir ses illusions en lui laissant espérer que les extrêmes-droites « ferment le robinet » de l’aide à l’Ukraine. Il ne faut pas entretenir l’absurde crainte d’une guerre nucléaire mais montrer une absolue détermination à relever le gant, laisser voir la manière dont nous sommes prêts à défendre les frontières orientales de l’Union et, face à des provocations qui s’aggravent, rendre œil pour œil, dent pour dent.
Nous ne devrions plus hésiter à dévoiler ce que nous savons de la corruption de Vladimir Poutine. Sans plus attendre, nous devrions créer une radio commune, Voice of Europe, La Voix de l’Europe, pour tendre la main aux Russes par-dessus la tête de leurs dirigeants. Nous devrions avant tout montrer que nous pouvons nous aussi couper les réseaux de communication de grandes banques et administrations, perturber Internet ou pirater une chaîne de télévision. Ce que les services russes savent faire, les nôtres le savent aussi.

 

Pascal Canfin (député)
> Des discussions fructueuses lors du cycle de négociations d'hier. Je suis heureux que nous progressions sur EU Inc : la dernière réunion fantôme, lundi prochain, sera le dernier cycle de négociations avant un vote en commission jeudi, à Strasbourg. Je suis particulièrement fier des progrès réalisés en matière d'accès aux marchés publics, de plans d'options d'achat d'actions et de contrôles préventifs. Même si nous sommes encore en désaccord sur certains sujets, comme la manière de gérer la participation des salariés, j'espère que nous parviendrons à un accord la semaine prochaine.

> Nous avons besoin de davantage de data centers en Europe si nous voulons développer des modèles européens d’intelligence artificielle et conserver les données chez nous. Sans cela, nous aggraverons nos dépendances envers les États-Unis et la Chine. Et c'est parce qu'il faut les développer qu'il nous faut promouvoir un mode de fonctionnement qui soit le plus efficace possible, tant sur le plan énergétique que sur le plan de la ressource en eau.
C’est précisément le but de l'annonce de la Commission européenne, qui a proposé un label de durabilité pour les centres de données européens.
C'est un outil supplémentaire qui permettra de connaître l'impact des infrastructures de nos usages numériques dans l'UE. La Commission délivrera des notes, entre A et G, concernant l'usage de l'eau et la consommation d'électricité des centres de données en Europe.
Ces notes permettront de donner de la transparence sur la consommation des 2 800 centres de données européens, mettant en valeur ceux qui sont branchés sur des mix énergétiques décarbonés et qui sont frugaux sur leur consommation d'eau. Un critère important alors que l'Europe souhaite tripler ses capacités de data centers en sept ans pour développer l'intelligence artificielle sur notre continent.
La prochaine étape sera, au deuxième semestre 2027, la mise en oeuvre de standards minimaux de performance, sur l'efficacité énergétique, la consommation d'eau et la récupération de chaleur. Ces standards fixeront un seuil minimum, qui nous permettra de décider quels data centers nous voulons voir se développer sur notre continent.
La construction d'un modèle européen de data center est la meilleure voie pour éviter la polarisation qui se développe sur le sujet aux États-Unis.

> Opposer transition écologique et puissance industrielle, c'est se tromper de débat. D'abord parce que le changement climatique n'attend pas. L'Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète. Nous allons vers un monde à +2 °C, une France à +4 °C, et jusqu'à +7 °C dans les scénarios les moins maîtrisés. Or, la première politique d'adaptation, c'est la réduction de nos émissions. 
L’électrification n'est pas seulement un impératif climatique, c'est un levier de compétitivité industrielle et de souveraineté énergétique car l’Europe n’a pas, et n'aura jamais, d'énergies fossiles. La Chine, elle aussi, importe massivement du gaz et du pétrole. Elle a donc fait de la réduction de cette dépendance un enjeu stratégique. Elle a fait passer la part de l'électricité dans sa consommation finale d'énergie de 10 % à plus de 30 % en vingt ans, quand nous stagnons autour de 20 % depuis vingt-cinq ans. Nous en payons aujourd'hui le prix. 
Les tensions géopolitiques, loin de reléguer la transition au second plan, en démontrent l'urgence. La guerre au Moyen-Orient nous a rappelé le coût de notre dépendance aux énergies fossiles importées. Le plan d'électrification présenté par la Commission, qui vise à électrifier près de la moitié de notre économie d'ici 2040, permettrait jusqu'à 260 milliards d'euros d'économies par an. 
Il est donc aberrant de considérer la transition écologique comme une contrainte plutôt que comme une stratégie de souveraineté et de puissance. Le danger est que le backlash climatique porté par l'alliance de la droite et de l'extrême droite nous fasse de nouveau prendre du retard. 

> Le premier facteur qui pèse sur la compétitivité des entreprises européennes, c’est le prix de l'énergie. Toutes les enquêtes réalisées auprès des dirigeants le montrent. Or, la transition permet de baisser à court terme les quantités d'énergie consommées grâce aux investissements dans l'efficacité énergétique. Par ailleurs, ce qui augmente, ce sont les prix des fossiles, pas le prix des renouvelables ou du nucléaire installé. Donc, électrifier nos processus de production, c'est pouvoir bénéficier de prix plus bas, parfois garantis sur des décennies avec des contrats de long terme. Et nous devons aussi inventer la gestion du réseau électrique qui va avec le déploiement des batteries et des renouvelables. Il y a là un potentiel majeur de création de valeur que, pour l'instant, personne ne capte alors que cela permettrait de contribuer à encore plus faire baisser les prix. 

Enfin, si l'industrie européenne tend à décrocher en matière d’innovation, cela n'a rien à voir avec la transition écologique. Depuis 30 ans, les États-Unis ont inventé une nouvelle économie, Internet d'abord puis l'IA aujourd’hui. C'est cela qui explique la totalité de l'écart de productivité entre nos deux économies, comme l'a montré le rapport Draghi. La vraie question est donc : pourquoi avons-nous été incapable de faire cette révolution technologique chez nous ?  

Entre 2000 et 2024, dans les grandes entreprises européennes, la part des investissements nets dans la marge brute est passée de 18,9 % en 2000 à seulement 7,4 % en 2024 - alors que dans le même temps, elles augmentaient considérablement les dividendes et le rachat d'actions. 

> L'Europe doit tenir sur deux piliers : investir pour produire et innover sur son sol, et se protéger lorsque ses concurrents ne respectent pas les mêmes règles.  

Avec la Chine aujourd'hui, les conditions d'une concurrence loyale ne sont pas réunies. Selon l'OCDE, les entreprises chinoises reçoivent trois à huit fois plus de soutien public rapporté à leur chiffre d'affaires que leurs concurrentes européennes. Il nous faut un instrument de sauvegarde contre les surcapacités dans tous les secteurs, et une vraie préférence européenne dans la commande publique, comme le propose l'Industrial Accelerator Act (IAA), que nous négocions en ce moment en Europe. 
Sur un autre terrain, nous progressons dans notre capacité à assurer une concurrence loyale avec le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. Nous sommes en train de négocier son extension à plus de 400 produits. Nous garantissons ainsi aux entreprises européennes qui investissent dans les technologies de la décarbonation le fait que leurs concurrents ne pourront pas pratiquer de dumping climatique.  
À travers cette interview, Pascal Canfin défend ainsi une approche dans laquelle transition écologique, souveraineté et compétitivité industrielle ne s’opposent pas. Électrification, investissements dans la décarbonation, innovation et protection des entreprises européennes face aux distorsions de concurrence constituent, selon lui, autant de leviers pour permettre à l’Europe de poursuivre ses ambitions climatiques sans fragiliser son industrie.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> 8 Français sur 10 veulent une action ambitieuse pour la transition écologique. Mais seulement 1 sur 4 pense qu’elle réduira leurs dépenses d’énergie ! Alors, comment recréer de la confiance dans la transition énergétique ?

> Notre modèle social repose sur une population active en croissance. Ce ne sera bientôt plus le cas. Et ça va durer. Face au choc démographique, nous avons 3 leviers : productivité, âge de la retraite et immigration économique. On ne peut pas fermer ces 3 portes à la fois ! Aucun pays européen ne l’a fait…

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Auditionnée par le Sénat, je pense aux enfants victimes de violences dans le périscolaire et à leurs familles dont la confiance a été trahie. Rétablir cette confiance exige de prévenir, protéger, écarter les mis en cause et apporter une réponse pénale rapide et ferme.
Prévenir les violences dans le périscolaire commence avant le recrutement !
Halte à la multiplication des dispositifs : je propose un service interministériel unique de vérification des antécédents judiciaires avant toute prise de fonction auprès de mineurs.
Un enfant ou un parent doit savoir à qui signaler un doute et sans crainte.
Je propose des inspecteurs interministériels identifiés dans chaque académie pour traiter les situations de violences, de l’école au périscolaire. Alerter, c’est vérifier et de protéger.
Quand un enfant révèle des violences, il faut le mettre immédiatement à l’abri, l’écouter et l’accompagner. La chaîne de signalement doit être connue.
Je défends l’audition filmée dès que possible, pour éviter qu’un enfant ait à raconter plusieurs fois ce qu’il a vécu.
3e pilier : éloigner immédiatement des enfants un adulte faisant l’objet d’un doute, dans le respect de la présomption d’innocence.
Je propose d’informer sans délai les familles concernées lorsqu’une mesure conservatoire suit un signalement pour faits à caractère sexuel.
4e pilier : une réponse pénale rapide et ferme face aux violences sur des enfants. Cela exige des agents formés à recueillir leur parole, une bonne articulation avec les mesures d’éloignement et un accompagnement de l’enfant.
La protection des enfants doit être notre priorité partout et tout le temps.

> Le covid19 long pédiatrique ne doit plus être un angle mort. Mieux connaître pour mieux reconnaître. Mieux reconnaître pour mieux accompagner. Nous devons avancer sur tous les fronts, avec une approche réellement adaptée aux enfants.

> Réseaux sociaux interdits aux -16 ans au Rwanda, -15 ans en France : même défi, même exigence de protection. Avec l’ambassadeur du Rwanda en France, pour mieux protéger les enfants en ligne. Face aux plateformes mondiales, la coopération internationale !

> 29 000 signalements de sextorsion en France: +460 % en 3 ans. Ce ne sont pas des « dérives du numérique », mais des violences sexuelles. La honte doit changer de camp. Un enfant menacé avec une image intime est une victime, pas un coupable. Parlez, signalez, contactez le 3018 !

> un message simple : avoir un enfant ne doit jamais devenir un risque ou une rupture de vie. Logement, garde, pouvoir d’achat : nous devons permettre aux familles de se projeter. L’enfance n’est pas une dépense mais un investissement.

> Le plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027 a permis de construire des outils concrets pour mieux protéger les enfants. Notre responsabilité : un plan 2028-2032 non pas avec des dispositifs, mais une véritable chaîne nationale de protection de l’enfant.