mercredi 2 septembre 2026

Propos centristes. France – Violences faites aux femmes et aux enfants / Rentrée scolaire / Poutine s'en prend à l’Europe / Meilleure retraite pour les mères de famille / Voitures électriques en hausse / Le RN dérape sur le voile…


Voici une sélection, ce 2 septembre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Aux élèves, aux enseignants, à toute la communauté éducative, aux familles : très bonne rentrée ! Liberté, égalité, fraternité.

> L’Allemagne a établi la responsabilité de la Russie dans les graves incidents survenus à Leipzig début août. Ces attaques hybrides se multiplient en Europe. Elles ne peuvent rester sans réponse. La France est pleinement solidaire de l’Allemagne et soutient l’adoption de nouvelles sanctions européennes contre la Russie. Face à cette escalade, nous devons être unis, déterminés et renforcer notre soutien à l’Ukraine. La France continuera d'y prendre toute sa part.

> Aux Pays-Bas pour faire avancer l’indépendance technologique européenne. Heureux de retrouver le Premier ministre Rob Jetten pour porter ensemble cette ambition.

> À Eindhoven, au cœur de l’écosystème européen des semi-conducteurs, aux côtés de nos champions comme ASML et Mistral, nous bâtissons l’Europe de demain : une Europe qui innove, maîtrise ses technologies et choisit son destin.

> [Signature du contrat d’acquisition par la Suède de quatre frégates de défense et d’intervention produites par la France] Nous scellons une coopération majeure et réciproque, respectueuse et ambitieuse, après la décision et le choix fait par la France en décembre dernier d'acquérir l'avion de surveillance et de commandement suédois GlobalEye produit par Saab, la Suède a fait le choix en mai dernier d'acquérir quatre frégates de défense et d'intervention françaises produites par Naval Group et équipées de missiles Aster pour donner à la marine suédoise des capacités de premier plan d'ici 2030. Ceci montre à quel point ce que nous signons aujourd'hui, ce sont évidemment des équipements avec la meilleure technologie. Ce sont des systèmes de défense et de combat pleinement intégrés, avec les senseurs et avec les capacités les plus modernes, mais c'est aussi une coopération stratégique entre nos deux pays. 
Je dois dire qu'après la visite d'État réalisée en 2024 en Suède, je suis heureux de revenir à Stockholm et de mesurer le saut exceptionnel que le renouvellement de notre partenariat stratégique a produit. Je veux ici remercier très chaleureusement le gouvernement suédois et vous-même, Monsieur le Premier ministre, pour la confiance et votre vision claire. Ce choix va bien au-delà d'un contrat commercial. C'est un acte de confiance politique qui marque une étape historique dans la coopération entre nos deux pays et que tous ceux qui y ont contribué en soient grandement remerciés aujourd'hui. 
L'accord-cadre de gouvernement à gouvernement signé par nos ministres à l'instant traduit cet engagement et recouvre l'ensemble de nos domaines de coopération de défense, opérationnels, capacitaires, industriels, et ouvre la voie à un accord de défense structurant entre nos deux pays. Ce signal réciproque franco-suédois est aussi un choix de souveraineté européenne en matière de capacité de défense. Parce qu'en effet, vous venez de le rappeler en soulignant l'importance pour vos propres chantiers, nous venons ainsi renforcer la base industrielle et technologique de défense européenne au moment où les Européens doivent prendre davantage la responsabilité de leur propre sécurité, consolider le pilier européen de l'OTAN. 
Par cet achat croisé, par aussi tous les autres projets que nous avons, dont nous avons commencé à discuter et que nous allons continuer ensemble, nous voyons bien que nous avons la capacité de mieux intégrer nos bases industrielles, de créer un écosystème de défense européen qui soit plus résistant dans la durée, plus indépendant, plus compétitif, et qui permette à l'Europe d'être pleinement souveraine pour aujourd'hui et pour demain. 
La Suède et la France, dans l'Union européenne et dans l'OTAN, prouvent ainsi que la souveraineté européenne se construit ensemble. La réussite de ce partenariat avec la Suède nous encourage à ce que d'autres alliés nous rejoignent, en particulier pour consolider sur la signature du jour, afin de vraiment bâtir une flotte de frégates européennes interopérables. C'est l'objectif si nous voulons définir un standard européen plus efficace sur le plan industriel, plus efficace sur le plan opérationnel. La Grèce a rejoint ce club et nous souhaitons que d'autres pays européens nous suivent sur cette voie. 
La signature des accords d'aujourd'hui et les échanges, tout ce que nous avons construit ces dernières années, marquent aussi notre volonté ensemble de nous engager pour la sécurité Baltique, Nordique et Arctique. Nous le manifestons par les déploiements engagés dans les pays de la région. En Arctique, nous participons ensemble, aux côtés de nos amis danois, aux opérations Arctic Sentry pour justement réduire la tension dans la zone arctique, sujet ô combien important pour nous tous Européens et pour la souveraineté de nos amis danois. Et nous participons, aux côtés de nos amis finlandais, au FLF, pour laquelle la Suède est nation cadre. Les armées françaises sont très fières de contribuer à cet effort sous commandement suédois. 
Et puis, en équipant les frégates suédoises de missiles Aster et possiblement de missiles de croisière naval, la France ne livre pas seulement des navires, elle apporte aussi une capacité de protection des territoires de nos alliés. L'ensemble de ces opérations conjointes, de ces capacités conjointes vient donner corps aussi à ce qu'on appelle l'épaulement de la dissuasion nucléaire avancée, sur laquelle nous agissons aussi ensemble. En effet, cette défense antimissile que je viens d'évoquer, dans laquelle nous faisons œuvre commune à travers cet accord, contribue directement à l'épaulement de la dissuasion avancée. Nous l'avons proposé il y a quelques mois. La Suède a souhaité être associée à cette dissuasion avancée. Et nous travaillons ensemble sur ce sujet qui est une contribution importante à la stabilité stratégique de notre Europe. 
Au fond, nous sommes en train de bâtir un cadre stratégique inédit. Nous nous donnons les moyens d'agir ensemble. Nous avons des exercices et des déploiements communs. Nous avons du capacitaire en commun et nous avons de l'industriel en franco-suédois. Ceci montre la force et l'importance de ce pilier européen de la défense et combien la coopération franco-suédoise est en train de devenir, eh bien, un élément essentiel de ce pilier européen. 
À l'occasion de cette visite, nous allons également aborder avec Monsieur le Premier ministre les autres enjeux bilatéraux qui lient la Suède et la France, de l'énergie à l'espace, de l'innovation à l'éducation. Je remercie les élèves qui étaient à nos côtés à l'instant, ainsi que nos enjeux européens et internationaux pour renforcer toujours cette souveraineté européenne. C'est ce que nous faisons en renforçant notre action commune en soutien à l'Ukraine, notamment dans le cadre de la coalition des volontaires, mais également dans le cadre des opérations que nous menons contre la flotte fantôme. Je veux dire à cet égard que la Suède et la France sont parmi les nations qui ont le plus contribué à cet effort – par le renforcement de notre compétitivité et de notre unité face aux chocs économiques, commerciaux, industriels et technologiques auxquels nous devons faire face, avec des concurrents de plus en plus agressifs, et puis avec le renforcement de nos actions pour protéger nos démocraties et notre jeunesse, afin d'affirmer une régulation européenne du numérique qui assure le respect de nos valeurs, la santé et l'épanouissement de nos jeunes et l'intégrité de nos processus électoraux. 
En 2027, nous célébrerons le dixième anniversaire du partenariat stratégique franco-suédois. Je veux ici vous dire combien je suis déterminé à continuer à développer notre relation de confiance et de proximité dans tous les domaines, et en particulier la défense. Mon épouse et moi-même avions été honorés d'être invités en 2024 en visite d'État en Suède, aussi pour marquer l'ambition que nous portons d'aller encore plus loin avec votre pays, nous serons très heureux d'inviter les souverains suédois en visite d'État en France au début de l'année prochaine pour poursuivre cette œuvre commune. Monsieur le Premier ministre Ulf, merci infiniment pour la confiance et le partenariat décidé. Nous l'avons éminemment renforcé durant les huit derniers mois à travers ces décisions réciproques. Les signatures d'aujourd'hui sont une étape importante pour la Suède, pour la France et pour notre Europe.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> En juillet, nous avions pris un engagement : travailler tout l’été pour construire une réponse intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, et la soumettre au Parlement dès le début du mois d’octobre. Promesse tenue. La proposition de loi dite « intégrale » sera le premier texte inscrit par le Gouvernement à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale à l’ouverture de la session ordinaire. Renforcer la réponse pénale, mieux détecter et protéger les enfants victimes, lutter contre les cyberviolences, renforcer la prévention dans le monde du travail, mieux former les professionnels de santé et lutter contre les violences dans l’enseignement supérieur : nous voulons agir partout où ces violences s’exercent. En faire le premier texte de la session, c’est donner à ce combat la priorité qu’il exige.

> L’électrique continue sa progression : en août, 38 % des voitures neuves vendues en France étaient électriques ou hybrides rechargeables, contre 20 % en moyenne sur 2025. C’est tout le sens du plan d’électrification : remplacer les énergies fossiles importées par une électricité décarbonée, produite en France et moins chère. Et nous continuons d’accélérer, deux nouvelles mesures entrent en vigueur aujourd'hui : • pour les aides à domicile, une aide d’environ 2 000 € pour l’achat ou la location d’un véhicule électrique d’occasion, avec des offres de location sans apport entre 50 et 100 € par mois ; • pour les taxis, une aide d’environ 3 500 €, pouvant atteindre 5 500 € lorsque le véhicule et sa batterie sont fabriqués en Europe. Moins de pétrole importé, davantage d’électricité produite en France et moins chère : une transition qui protège notre pouvoir d’achat autant qu’elle renforce notre indépendance énergétique.

> À partir d’aujourd’hui, les mères de famille bénéficieront d’une meilleure retraite. Pourquoi ? Parce qu’avoir des enfants peut peser sur une carrière, les années les moins favorables seront désormais davantage écartées du calcul de leur pension. Concrètement, la retraite sera calculée sur les 24 meilleures années pour les mères d’un enfant, et sur les 23 meilleures pour celles qui en ont eu deux ou plus, au lieu de 25 aujourd’hui. Résultat : une hausse moyenne de 1 % de la pension pour les femmes concernées. Autre avancée : jusqu’à deux trimestres accordés au titre de la naissance d’un enfant pourront désormais être pris en compte pour partir plus tôt en carrière longue. Des mesures issues du dialogue avec les partenaires sociaux, que nous avons inscrites dans le budget de la Sécurité sociale pour mieux reconnaître l’impact de la maternité sur les carrières et les retraites.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> Je suis heureux d’avoir pu me rendre au 6e colloque annuel de la direction de la coopération internationale de sécurité, qui met en œuvre la politique extérieure de la France en matière de sécurité intérieure, coordonne la coopération opérationnelle, technique et institutionnelle à l’étranger et mène des actions concrètes en faveur de la protection des ressortissants français et la lutte contre la criminalité organisée. Elle s’appuie sur le réseau de nos policiers et gendarmes attachés de sécurité intérieure dans les ambassades à l’étranger. Dans ce cadre, j’ai partagé les priorités du ministère pour les temps à venir : sécurité intérieure, maîtrise des flux migratoires, contribution à la politique étrangère de la France. Témoins au plus près du terrain, les attachés de sécurité intérieure sont nos capteurs et nos relais. Merci pour leur engagement qui fait rayonner l’institution.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Aux côtés du Président de la République en Suède, pour un déplacement qui vient consacrer une nouvelle étape de notre partenariat stratégique. De la Baltique au Grand Nord, la France et la Suède partagent les mêmes enjeux de sécurité et la même volonté de renforcer la défense de l’Europe. Dialogue politico-militaire approfondi, coopérations industrielles et d’armement, capacité accrue à agir ensemble sur terre, en mer, dans les airs, dans l’espace et dans le cyberespace : notre relation de défense se renforce concrètement dans tous les domaines.

> À Stockholm, sur la frégate Amiral Ronarc’h, aux côtés du Président de la République et du Premier Mmnistre suédois: très heureuse de signer un accord-cadre qui renforce la relation de défense entre la France et la Suède. Le choix de la Suède d’acquérir quatre frégates FDI de Naval group, après la France et la Grèce, confirme la pertinence des choix technologiques et de l’architecture de cette frégate et témoigne de l’excellence de notre industrie de défense. Elle marque aussi une nouvelle étape dans le renforcement de notre partenariat stratégique au service de la sécurité de l’Europe.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Excellente nouvelle : vous êtes de plus en plus nombreux à prendre le virage de la voiture électrique.
Depuis janvier, 30% des voitures vendues en France sont électriques. En 2025, nous étions à 20%.
Et depuis l'ouverture du guichet du leasing social le 16 juillet dernier, plus de 30 000 véhicules ont été commandés sur les 50 000 prévus.
Vous achetez massivement des véhicules produits en France et en Europe avec 9 modèles parmi le top 10. La tendance sur l'électrique se confirme, continuons à électrifier la France avec des véhicules qui font tourner nos usines !

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Bonne rentrée à tous les élèves, leurs parents et à toute la communauté éducative! Je souhaite à chaque enfant de pouvoir réaliser ses rêves. C’est dans les salles de classe, partout en France, que se dessine notre avenir.

> L'attaque hybride de Leipzig, attribuée à la Russie, s'inscrit dans une longue tentative menée par le Kremlin pour déstabiliser l'Union Européenne. Résultat de ces tentatives : c'est un échec. L’Ambassadeur de Russie devra s'en expliquer. La France est pleinement solidaire de l’Allemagne et soutiendra l’adoption de nouvelles sanctions contre la Russie.

> L’explosion de la violence provoquée par les colons extrémistes en Cisjordanie menace la solution à deux Etats et porte une atteinte inacceptable à la dignité du peuple palestinien. Je rappellerai aujourd’hui que l'Union Européenne ne peut se résoudre à ce que les produits issus des territoires illégalement occupés en Cisjordanie entrent dans l'Union Européenne. Elle ne peut, par son commerce, soutenir cette activité.

> [Rentrée diplomatique] Cette rentrée n'est pas une rentrée comme les autres. La guerre est installée sur le continent européen. Le Proche et le Moyen-Orient sont traversés par des crises majeures, les rapports de force durcissent, le droit international est contesté, ouvertement bafoué, et pendant ce temps-là, la compétition économique et technologique s'intensifie. Une internationale réactionnaire, pour reprendre l'expression du président de la République, s'est constituée depuis les couloirs du Kremlin jusqu'aux cercles les plus radicaux du mouvement MAGA aux États-Unis. Elle conteste ce que nous pensions pourtant acquis, la démocratie libérale, l'État de droit, le multilatéralisme. Face à tous ces bouleversements, il serait facile de céder au fatalisme, à l'esprit de défaite, de baisser les bras et d'abandonner. Je ne m'y résous pas, la France ne peut pas s'y résoudre. Les Français non plus, qui nous demandent de tenir bon, d'être fermes et de hausser le ton. 
Alors, devant la multiplication de ces crises, notre action suivra en cette rentrée trois priorités. 
Cette rentrée sera d'abord une rentrée européenne, parce que face à ces bouleversements que je viens de décrire, l'Europe doit faire des choix qui l'engagent pour les 50 ans à venir. L'Europe doit choisir si elle veut être une puissance diplomatique et militaire, si elle veut renforcer sa souveraineté et développer son industrie, si elle veut faire appliquer ses règles en matière numérique, si elle veut mieux défendre ses intérêts commerciaux et obtenir de nouveaux approvisionnements, ou alors si elle veut devenir un continent musée, vieillissant et vassalisé. L'Europe doit aussi choisir les moyens budgétaires qu'elle se donne pour réaliser ses ambitions : c'est le sens des débats en cours sur le prochain budget de l'Union européenne, le cadre financier pluriannuel. L'agenda du président de la République dans les prochains jours donne la mesure de ces enjeux. 
Il est arrivé hier à Stockholm pour prendre part à la signature du contrat historique d'acquisition par la Suède de quatre frégates produites par Naval Group : c'est l'Europe de la défense en acte, c'est la garantie de l'emploi et de l'activité pour nos chantiers navals. 
Il se rendra ensuite aux Pays-Bas pour aborder les questions d'intelligence artificielle et de semi-conducteurs. Il se rendra sur le site d'ASML, leader mondial des machines de fabrication des microprocesseurs, qui démontre par son existence que l'Europe n'a pas dit son dernier mot. 
Et puis il se rendra au Royaume-Uni, mercredi et jeudi, où il inaugurera l'exposition inédite de la tapisserie de Bayeux au British Museum de Londres, symbole à la fois de notre histoire et de notre destin commun avec le peuple britannique. 
Quant à moi, je retrouverai dès ce soir mes homologues européens en Irlande pour la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères. Nous évoquerons notamment les menaces hybrides et notre soutien indéfectible à l'Ukraine. 
Dans la foulée, je me rendrai à Weimar avec mes homologues allemands et polonais. Nous célébrerons ensemble les 35 ans du triangle de Weimar, ce format de coopération qui est devenu l'un des piliers de l'architecture politique européenne avec des résultats concrets. Je citerai par exemple le déploiement en Pologne de la brigade franco-allemande, nos actions communes contre la flotte fantôme ou encore notre lutte en commun contre la désinformation et pour la protection de nos élections. 
Et puis, un peu plus tard, au mois de septembre, j'irai plus loin encore, aux frontières de l'Europe, là où elle est directement confrontée aux menaces, notamment la menace russe, et dans des pays européens où nous devons continuer à consolider nos partenariats et nos relations. Pourquoi ? Parce que les choix que j'ai évoqués impliquent l'ensemble des pays européens, comme ceux de notre voisinage. Voilà, l'Europe sera le premier horizon de cette rentrée qui s'ouvre. 
Deuxième priorité, la coopération internationale. À compter d'aujourd'hui, la France assure la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies. C'est un moment important car à partir du 22 septembre se tiendra à New York la semaine de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations Unies qui rassemblera l'ensemble des dirigeants des pays du monde. 
Quant à nous, dans le cadre de cette présidence, nous porterons plusieurs de nos priorités en matière de paix et de sécurité internationale. L'Ukraine, bien sûr, le Proche et le Moyen-Orient, l'Afghanistan, le Soudan, la République démocratique du Congo, la lutte contre le terrorisme, le maintien de la paix.  
La présidence française du Conseil de sécurité sera aussi l'occasion de réaffirmer notre attachement au multilatéralisme à l'heure où souffrent des vents mauvais. Nous voulons faire de ce mois de septembre un moment utile pour faire progresser le dialogue et la coopération. 
Je vous donne un exemple. Vous savez que j'ai relancé notre initiative visant à encadrer l'usage du droit de veto au Conseil de sécurité en cas d'atrocités de masse, crimes contre l'humanité, crimes de guerre les plus graves, crimes de génocide. Depuis plus de dix ans, la France, avec le Mexique, défend cette idée parce qu'il est tout simplement inacceptable que le Conseil soit condamné à l'impuissance lorsque de tels crimes sont commis. L'année dernière, 107 pays soutenaient cette initiative. Aujourd'hui, c'est 122 qui nous ont fait part de leur soutien. Nous chercherons à rallier de nouveaux appuis pour porter ce texte le plus loin possible. 
J'en viens au troisième temps fort de cette rentrée auquel vous êtes toutes et tous bien évidemment conviés. Dès vendredi, nous donnons rendez-vous à tous les Français pour participer à la Fabrique de la Diplomatie, un événement conçu par le Quai d'Orsay pour permettre au grand public de mieux comprendre l'action internationale de la France. 
Il s'agira de la deuxième édition de la Fabrique de la Diplomatie qui se tiendra à la Sorbonne Nouvelle. Vous vous souvenez que l'année dernière, 20.000 personnes y avaient participé. Cette année, nous voulons aller plus loin encore, et nous voulons cette année montrer comment se fabrique la paix. Car la paix, ça se prépare, ça ne tombe pas du ciel, ça se construit progressivement, laborieusement, et d'abord et avant tout dans les esprits, par l'éducation, par la culture, par le dialogue, par le travail des associations, par la voix des femmes et des hommes qui, sur le terrain, maintiennent le lien du dialogue alors même que tout les pousse à le rompre. 
Dans tous les conflits du monde aujourd'hui, j'observe que la radicalisation des esprits, que les discours de haine qui prolifèrent sur les réseaux sociaux entravent littéralement les processus de médiation et de réconciliation. C'est cet esprit que nous voulons faire vivre à la Fabrique de la Diplomatie, en donnant la parole à celles et ceux qui œuvrent ou ont œuvré pour la paix en Colombie, en Bosnie, au Cambodge, en Palestine, en République centrafricaine, au Soudan, en Liban, en Ukraine et ailleurs.
C'est ainsi que vous retrouverez sur scène des grandes figures de la diplomatie française et internationale, des activistes des sociétés civiles qui parfois ont été jusqu'à faire de brillantes carrières politiques et obtenir le prix Nobel de la paix. Mais aussi des femmes et des hommes engagés venus de pays meurtris par les conflits qui témoigneront de ce travail patient de réconciliation des mémoires et des sociétés. 
Et c'est dans ce même esprit que nous donnerons une place particulière à la jeunesse avec l'UNESCO, puisque nous célébrons les 80 ans de cette institution dont le siège est à Paris cette année. 145 jeunes venus du monde entier ont travaillé tout l'été pour réfléchir à la manière dont leur génération pouvait contribuer à construire une nouvelle culture de la paix. À l'heure des réseaux sociaux, à l'heure de l'intelligence artificielle, ils restitueront cette semaine lors de la Fabrique de la Diplomatie, le fruit de leurs travaux, avec une résolution que la France portera jusqu'à l'UNESCO, puis le plus loin possible. 
Cette rentrée, vous l'aurez compris, et ce mois de septembre seront résolument tournés vers l'action. Mais soyons lucides, un pays qui ne pas parvient pas à se doter d'un budget est un pays qui s'affaiblit. Nous ne parviendrons pas à faire entendre la voix de la France en Europe et dans le monde si nous ne sommes pas capables, chez nous, de nous donner les moyens de notre action. Autrement dit, notre force à l'extérieur dépend directement de notre force à l'intérieur. 
Le Premier ministre l'a dit, le débat budgétaire qui va s'ouvrir dans quelques jours sera une épreuve de vérité. Chaque formation politique aura à démontrer sa capacité à négocier, décider, gouverner. Le gouvernement prendra le temps qu'il faudra pour discuter et débattre. La loi spéciale, sur laquelle certains parient, dans le cas d'un échec des discussions budgétaires, la loi spéciale est une impasse. Elle désarmerait la France et elle mettrait son action extérieure en péril. 
Pas de financement pour les associations de solidarité internationale, pas de soutien humanitaire, pas de levier pour intervenir lorsque survient une catastrophe ou une pandémie comme celle qui ravage l'Est de la République démocratique du Congo : je pense à la résurgence d'Ebola. 
Mais au-delà de tout ça, c'est aussi et surtout notre crédibilité internationale qui serait alors atteinte. Dans toutes les enceintes où nous négocions, nos partenaires douteraient de la solidité de nos engagements et de la pérennité de nos contributions. Sans budget, c'est la parole de la France qui perdrait de sa force, de son poids. Et je l'ai dit, l'Europe est à l'heure des choix et nous devons peser sur son avenir, et c'est pourquoi nous avons besoin d'être forts à l'intérieur. 
Voilà pourquoi cet automne, le Parlement devra prendre ses responsabilités. Dans un contexte où il est bon de le rappeler, la France n’est pas une île, et dans un contexte où les désordres du monde resserrent chaque jour nos marges de manœuvre : jamais un budget n'aura été aussi contraint par notre environnement international. Jamais un budget n'aura été aussi contraint par notre environnement international. La pression frappe tous les secteurs et pèsera lourdement sur l'exercice budgétaire 2027. 
Pression énergétique d'abord. L'année dernière, le baril était à 70$. Il est aux environs de 90$ aujourd'hui. C'est moins de croissance, moins de recettes fiscales, moins de marge de manœuvre. 
Pression financière ensuite. L'année dernière, les taux sur la dette française étaient à 3,5%, ils sont aujourd'hui à 4,2%, leur plus haut niveau depuis 2008. Tous les États empruntent plus cher. Et pour la France, ce sont des milliards d'euros de remboursements en plus, c'est le premier poste dépenses du budget, et ce sont autant de marge de manœuvre en moins. S'ajoute à cela le risque ou la menace de crise financière alors que s'accumulent les risques liés à l'énergie ou à l'intelligence artificielle, menace qui peut se manifester à tout instant. 
Pression industrielle, avec des droits de douane américains plus élevés qu'auparavant, avec la déferlante des importations chinoises. Songez que désormais l'Union européenne creuse chaque jour d'un milliard d'euros son déficit commercial vis-à-vis de la Chine. C'est moins de croissance, moins de recettes fiscales, moins de marge de manœuvre budgétaire.
Pression climatique, enfin, il est évident que les épisodes de canicules extrêmes et que les incendies qui ont dévasté la Gironde, les Landes et le Var occasionneront des dépenses contraintes qui pèseront elles aussi, et lourdement, sur nos marges de manœuvre. 

Oui, nous avons changé de monde, désormais les crises se multiplient, elles s'additionnent et tout choc produit à l'étranger peut dégrader notre croissance, dégrader nos recettes fiscales, dégrader nos marges de manœuvre. Et c'est dans ce monde-là pourtant que la France doit et devra se doter d'un budget. Nous ne pouvons pas nous offrir le luxe d'ajouter au désordre extérieur des désordres intérieurs. 
Le budget de la Nation est une exigence impérieuse pour laquelle la responsabilité de tous doit l'emporter. 
À cet automne budgétaire particulièrement complexe s'ajoute un autre rendez-vous majeur pour la vie démocratique de notre pays, les scrutins électoraux de 2027. 
Nous le savons, notre démocratie est aujourd'hui attaquée, nous avons longtemps pensé qu'elle constituait l'horizon naturel de notre histoire et nous découvrons qu'il n'en est rien. La démocratie est redevenue un combat. Elle est d'abord fragilisée sur le terrain des perceptions, la polarisation, la défiance et la tentation illibérale progresse. Nos adversaires cherchent à convaincre nos concitoyens que la démocratie serait faible, qu'elle serait lente, qu'elle serait impuissante, que l'État de droit serait un obstacle à l'action, que la force serait finalement plus efficace que le droit. 
Elle est aussi attaquée dans le champ informationnel. Les compétiteurs et adversaires cherchent à exploiter nos divisions, à manipuler notre débat public et finalement à peser sur nos choix, à prendre nos décisions à notre place, à écrire notre histoire à notre place. Et nous savons désormais comment ils procèdent : propagande, manipulations de l'information, faux comptes, financements opaques, contenu dopé à l'intelligence artificielle, cyberattaques, intimidations et parfois même sabotages.
À l'approche de l'élection présidentielle, nous devons sortir collectivement d'une forme de naïveté. Nous le savons, notre démocratie est prise pour cible, les tentatives de manipulation et d'ingérence se multiplieront à mesure que l'élection approchera. 
Et je le dis à ceux qui veulent s'en prendre à notre débat démocratique et visent la France :
1. On vous voit ;
2. Vous n'y parviendrez pas ; 
3. Ce ne sera pas sans conséquences. 
Le cas de Xenia Fedorova l'a récemment illustré. Cette professionnelle de la subversion, formée en Russie, a fait l'objet à la fin du mois de juillet d'un arrêté d'expulsion. 
À ceux qui, comme elle, chercheraient à saper les fondements de notre démocratie, je dis qu'ils ne sont pas les bienvenus en France. Il s'agit là de combattre des tentatives d'ingérence caractérisées et pas la simple expression d'une opinion politique. Je veux être clair sur ce point, comme je l'ai déjà été cet été. Une opinion cherche à convaincre par des arguments. Elle peut être critique. Elle peut être critique du gouvernement, elle est la bienvenue dans notre pays. L'ingérence n'a rien à voir : elle cherche à peser depuis l'extérieur sur notre liberté de choix. Sachons faire la différence entre la liberté d'expression qui doit être préservée en toutes circonstances et les ingérences qui doivent être combattues sans relâche. C'est une forme d'hygiène démocratique nouvelle qu'il nous faut adopter et le Quai d'Orsay y prendra toute sa part. 
Avec French Response, dont la tonalité vous est désormais familière, nous répondons en temps réel aux attaques qui visent la France. Nous travaillons également avec nos partenaires à la construction d'un bouclier européen pour la démocratie, avec des capacités communes pour protéger l'intégrité de nos élections et lutter contre toutes les manipulations de l'information. 
L'enjeu est clair, préserver la sincérité du scrutin. Nous voulons que notre débat démocratique reste le nôtre, qu'il nous appartienne, que personne depuis l'étranger ne puisse en fausser les règles ou en altérer le résultat. 
Notre diplomatie est sur le pont et elle le restera jusqu'au bout, avec nos partenaires européens et internationaux, avec les institutions des Nations unies et avec tous les Français. 
Car dans ce monde en pleine bascule, une chose demeure, la France ne s'est jamais contentée de regarder passer l'histoire. Tout dans son être et dans son âme la pousse à l'action, à ne jamais se résigner, à se lever pour dire non, comme Marcelle Campana et ses compagnons le firent, pour redresser le pays tombé à genoux. Aujourd'hui, c'est à nous, maintenant, de reprendre ce flambeau pour que vive la diplomatie française, que vive la République et que vive la France. 

> Nous sommes en lien permanent avec nos partenaires européens, mais singulièrement avec nos partenaires allemands et polonais, puisque j'évoquais tout à l'heure le triangle de Weimar dont nous célébrons le 35e anniversaire. Il a été réactivé au mois de février 2024, peut-être vous en souvenez-vous, par mon prédécesseur, Stéphane Séjourné, avec Annalena Baerbock, ministre fédérale allemande et Radek Sikorski, ministre polonais, avec comme première décision une attribution de manœuvres, c'est-à-dire la publication ou la révélation de manœuvres de désinformation conduites depuis la Russie. Et depuis lors, nous n'avons cessé d'accroître nos échanges sur ces questions de partager nos bonnes pratiques et vous pouvez vous attendre dans les temps qui viennent à ce qu'à nouveau ce Triangle, ces trois pays procèdent à des attributions de campagnes de désinformation, de manipulation de l'information ou de campagnes cyber. 
S'agissant de Leipzig, il est évident que nous serons en soutien et en solidarité avec l'Allemagne sur ce point et que si la gravité des faits est avérée, telle qu'elle sera présentée par le gouvernement allemand, ça ne pourra pas être sans conséquences et notamment s'agissant des sanctions qui pourraient être prises contre la Russie.

> Je constate surtout en cette rentrée, une nouvelle fois, c'est que la Russie est en échec sur le front où elle ne parvient pas à percer la résistance ukrainienne malgré les pertes extrêmement lourdes qu'elle accuse sur le front, toujours de l'ordre de 35.000 pertes par mois. Je constate que la résistance ukrainienne continue à gagner du terrain dans la guerre des drones, avec des frappes désormais dans toute la profondeur du territoire russe, extrêmement ciblées et extrêmement éloignées de l'Ukraine. Et qu’au fond, la Russie est empêtrée dans cet échec stratégique. 

Mais s'ajoute à ça un échec économique, puisque tous les indicateurs démontrent que l'économie russe est au plus bas, ce qui n'a rien de surprenant, puisque la conjugaison des ressources engouffrées par Vladimir Poutine dans cette guerre, les dommages infligés par la résistance ukrainienne au complexe militaro-industriel et à certaines chaînes logistiques, et les sanctions appliquées depuis février ou mars 2022 par les alliés de l'Ukraine, qui représentent une perte de près de 500 milliards d'euros pour Vladimir Poutine, tout ça se conjugue pour précipiter l'économie russe au fond du gouffre. 
Puis un échec politique également, puisqu'on l'a vu ces derniers mois, Vladimir Poutine a continué de perdre les uns après les autres certains de ses principaux alliés au Venezuela, en Syrie, en Iran et ailleurs. 
Vient s'ajouter à ça l'appel qui lui est adressé, y compris par des dirigeants avec lesquels il a des relations anciennes, je pense au Premier ministre indien qui lui a dit hier qu'il était temps et qu'il était grand temps de mettre fin à cette guerre. De mettre fin à cette guerre dans l'intérêt de la paix et la sécurité du monde, mais dans l'intérêt de la Russie, parce que chaque jour qui passe discrédite un peu plus la Russie, la déshonore et risque de la faire sortir de l'histoire. 
Donc les discussions qui seront les nôtres, à la fois celles que nous aurons ce soir, demain, au niveau des ministres des Affaires étrangères, puis celles qu'auront les dirigeants européens lorsqu'ils se rencontreront à la mi-octobre pour le premier Conseil européen de cette rentrée porteront effectivement sur la poursuite de notre agenda, notre triple agenda qui fonctionne, donc nous n'allons pas en dévier, au contraire, nous allons persister de soutien à l'Ukraine sur le plan financier, sur le plan énergétique alors que l'hiver approche, de pression sur la Russie avec ses régimes de sanctions, mais aussi sur la circulation des navires de la flotte fantôme qui font l'objet d'arraisonnements de plus en plus fréquents par la France et ses partenaires, et puis la préparation de la paix avec la Coalition des volontaires qui continue d'affiner sa planification pour être en mesure, la paix une fois conclue, de faire en sorte qu'elle puisse être garantie. 

> Ce que nous voulons pour le Liban, pour la région, pour nous-mêmes et pour le monde, c'est la souveraineté pleinement restaurée du Liban avec un État fort disposant du monopole des armes, ce qui suppose le désarmement du Hezbollah, capable d'assurer la sécurité sur l'ensemble du territoire, ce qui suppose le retrait d'Israël, et capable de garantir la prospérité de toutes les communautés et de toutes les confessions, et de vivre en paix et en sécurité avec ses voisins. Voilà l'horizon que nous souhaitons pour le Liban. 
Notre posture, telle que le président de la République l'a réaffirmée à de nombreuses reprises, à la fois ici et quand il s'est déplacé dans la région, c'est d'être aux côtés et à l'écoute des autorités libanaises, et en particulier du président Aoun, du premier ministre Salam, qui ont pris des décisions et entrepris des réformes courageuses pour leur pays, et que nous devons accompagner dans cet effort. Accompagner dans l'effort d'instauration d'un dialogue inédit historique au plus haut niveau avec le voisin israélien, de décisions courageuses d'interdiction du Hezbollah et de son désarmement et d'atteinte des objectifs que nous partageons et qui sont fixés dans la résolution 1701 des Nations unies. Donc notre posture, c'est d'être à l'écoute et aux côtés des autorités libanaises. C'est avec ces autorités libanaises que nous discutons de l'avenir de la FINUL dont le mandat expire, vous l'avez rappelé, à la fin de cette année. Si les autorités libanaises estiment que la situation exige qu'une prolongation est nécessaire, dans le dialogue avec elle, nous soutiendrons une telle position. Et quant à la position des autres membres du Conseil de sécurité, je ne veux pas la préempter ni essayer de la deviner par avance. 

> Il faut décrire, ça peut être un petit peu long, la situation telle qu'elle est aujourd'hui en Israël et en Palestine, avec un regret que je veux exprimer du refus du gouvernement israélien de l'accord trouvé au mois d'août par les États-Unis avec le Hamas pour préciser les conditions de son désarmement. Vous savez que le désarmement du Hamas est au cœur de la déclaration de New York adoptée à 142 voix le 12 septembre dernier. Nous allons célébrer son anniversaire dans quelques jours. Je vous invite à faire des papiers ou des éditos sur ce sujet car c'est sans doute le texte le plus important sur Israël et la Palestine depuis les accords d'Oslo. Et le désarmement du Hamas est prescrit par ce texte qui est le premier texte adopté par les Nations unies condamnant le 7 octobre et prescrivant le désarmement de ce groupe terroriste. 
Dans le même temps, à Gaza, la situation reste catastrophique sur le plan humanitaire, mais aussi sur le plan sécuritaire. Des frappes ont encore fait des morts et des blessés ces derniers jours dans la bande de Gaza. Et nous sommes enfin très préoccupés, pour ne pas dire consternés et scandalisés par la situation en Cisjordanie où l'explosion des violences commises par les colons extrémistes à l'encontre des Palestiniens, la progression de la colonisation illégale en Cisjordanie, tout cela menace la solution à deux États, menace les intérêts de sécurité d'Israël et porte atteinte à un principe que nous devrions tous avoir en partage, qui est le respect de la dignité humaine. 
Je relève les propos particulièrement forts du président israélien, du Premier ministre israélien, du ministre des Affaires étrangères israélien, condamnant la terreur exercée par ces colons en Cisjordanie. Je crois que cette condamnation est bienvenue, même si les mots pourraient être encore plus forts, et surtout être associés à des actes pour mettre fin à ce phénomène qui est non seulement un scandale, mais qui pose à nos yeux une problématique de sécurité majeure pour Israël. 
Et dans ce contexte, alors que je me rendrai ces prochains jours en Irlande pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, nous aurons à nouveau une discussion sur la proposition qui a été formulée par la France avec la Suède consistant à mettre fin au commerce avec les colonies illégales en Cisjordanie. 
Comme vous le savez, ce sont des décisions qui touchent au commerce, ce sont donc des décisions qui supposent un accord européen. Jusqu'à présent, cet accord n'a pas été trouvé. On ne parle même pas d'un accord politique sur une remise en question de l'accord d'association. Mais si vous m'interrogez sur les initiatives récentes de la France, c'est sur ce point-là que je voudrais vous répondre. 
Et puis je voudrais ajouter un dernier point, puisqu'il sera lui aussi au cœur de mes interventions auprès de mes partenaires européens. Je ne vous ai pas décliné l'ensemble de cette déclaration de New York, puisque comme on va en fêter ou en célébrer, si je puis dire, ou en tout cas en marquer l'anniversaire dans quelques jours, je sais que vous retournerez la consulter pour en faire le bilan après un an. Elle aura permis de faire diminuer considérablement l'intensité des combats à Gaza, elle aura permis d'aboutir à la libération des derniers otages, à la restitution des dernières dépouilles, à relever insuffisamment le niveau de l'aide humanitaire à Gaza, mais je le disais, la situation reste catastrophique. 
Il y a un point très important qui était au cœur de la manœuvre diplomatique inédite que la France a conduite l'année dernière, qui a conduit à l'adoption de cette fameuse déclaration, mais qui a aussi conduit dix pays du monde à emboîter le pas de la France et à reconnaître l'État de Palestine. 
Il y avait un élément très important, c'était le renouvellement de la gouvernance de la Palestine, c'est-à-dire de l'Autorité palestinienne. Le président Mahmoud Abbas s'est engagé, et nous avons salué cet effort, à ce que des élections législatives puissent se tenir en Palestine au mois de novembre prochain. (Inaudible) des épreuves inouïes et de très grandes souffrances, de pouvoir affirmer son droit à l'autodétermination et à l'existence qu'en s'exprimant de manière démocratique et en se choisissant des chefs. Et donc la France se mobilisera, et avec elle l'Union européenne, pour que ces scrutins puissent se tenir dans les meilleures conditions, dans les conditions qui avaient été fixées dans la déclaration de New York et dans les échanges préalables avec l'Autorité palestinienne, car c'est l'une des clés de la résolution de ce conflit. 

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Sur
les défis auxquels nous devons répondre ensemble pour améliorer la prise en charge des enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance. À nous de construire des réponses coordonnées, sans rupture ni renvoi d’un dispositif à l’autre. C’est tout le sens du travail engagé avec les Départements et les acteurs de la santé, notamment à travers le déploiement du parcours coordonné renforcé dédié à l'Enfance protégée et son articulation avec les futurs centres d’appui à l’enfance Astérya. Une même ambition : décloisonner les interventions et apporter aux enfants, notamment les plus vulnérables, des réponses adaptées à leurs besoins. Le projet de loi relatif à la protection des enfants, qui poursuivra son parcours au Sénat cet automne, doit nous permettre d’aller plus loin dans cette dynamique.

> Ça y est, c’est la rentrée! Une journée particulière pour les élèves, leurs familles, les enseignants et tous les personnels qui les accompagnent au quotidien. Une pensée toute particulière pour les enfants en situation de handicap et leurs parents. Nous devons continuer à rendre l’école réellement accessible à chacun : 8 200 nouvelles solutions d’accompagnement pour les enfants sont désormais déployées et plus de 4 600 élèves bénéficient déjà de l’appui des pôles d’appui à la scolarité. À chaque enfant, nous devons apporter une réponse adaptée à ses besoins, au plus près de chez lui. Très belle rentrée à toutes et tous !

> La santé mentale doit pouvoir compter sur une offre de soins accessible, moderne et adaptée aux besoins des patients, dans tous les territoires. À La Charité-sur-Loire, j’ai inauguré aujourd’hui la nouvelle unité de psychiatrie du Centre hospitalier Pierre Lôo. Avec 60 lits d’hospitalisation réunis sur un même site, ce nouveau projet permettra d’améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge des patients, mais aussi les conditions de travail des professionnels. Ce projet permet également de repenser les parcours de soins dans toute la Nièvre, en développant davantage les prises en charge ambulatoires à Nevers et les liens avec la pédopsychiatrie. Investir dans la psychiatrie, c’est donner aux équipes les moyens de mieux soigner et aux patients des parcours plus simples, plus cohérents et plus proches de leurs besoins.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> Coup d'envoi de la facturation électronique aujourd'hui. Moins de délais de paiement, moins de paperasse, moins de contrôles tatillons et inutiles. Une modernisation indispensable de notre économie !

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Une nouvelle année scolaire commence ! Aujourd’hui aux côtés de nos enfants, des enseignants, de celles et ceux qui prennent soin de nos enfants et font vivre l’école de la République. Belle rentrée à toutes et à tous !

> C'était notre engagement avec Sébastien Lecornu. Il est tenu. Dès le début de la session parlementaire, nous serons au rendez-vous pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. C'est notre priorité.

> Interrogée sur le maintien de la tournée de Patrick Bruel, j'avais répondu que les conditions n'étaient pas réunies pour que celle-ci puisse être maintenue et l'avais appelé à y renoncer. Je prends acte de la décision qu'il a prise de l'annuler. Je le redis avec clarté : écouter et respecter la parole des victimes est notre responsabilité. Le faire dans le cadre de l'état de droit notre exigence.

> La sérophobie n’est pas une haine comme les autres : elle isole, instille la peur, marginalise et peut conduire au pire. Quels que soient l'âge, le genre, l'orientation sexuelle. Je refuse que des femmes et des hommes aient à subir la haine, aient à se cacher pour prendre un traitement, craignent pour leur sécurité, redoutent que leur employeur soit informé de leur état de santé. Nous allons tout renforcer : la formation, l'accès aux soins, la prévention, la lutte contre la haine et les discriminations. Je m'y engage. Prochain rendez-vous avant fin septembre.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Bonne rentrée à toutes et à tous ! À chaque élève qui reprend le chemin de l’école : croyez en vos talents, osez poser des questions, prenez votre place. Je vous souhaite une belle année, pleine de rencontres et de réussite ! Et à tous les enseignants et personnels éducatifs : merci pour votre engagement, votre patience et tout ce que vous transmettez au quotidien.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> À l’Institut des Métiers de Clermont-Ferrand, près de 2 000 jeunes se forment chaque année dans plus de 70 formations. Hôtellerie-restauration, esthétique, maintenance automobile : ils acquièrent des savoir-faire indispensables à nos entreprises, à nos commerces et à notre quotidien. L’apprentissage est une voie d’excellence, de transmission et d’insertion professionnelle. En apprenant un métier, ces jeunes construisent leur avenir et préparent celui de notre pays. Chefs d’entreprise, faites-leur confiance : l’apprentissage a besoin de votre engagement.

> Les ascenseurs et les réseaux électriques ont un point commun : on les remarque peu lorsqu’ils fonctionnent, mais ils sont indispensables à notre quotidien. Au lycée La Fayette de Clermont-Ferrand, des élèves-apprentis se forment à ces métiers essentiels, qui offrent des débouchés concrets et immédiats. Cette visite fait aussi écho au Plan Ascenseur que j’avais lancé comme secrétaire d’État chargée de la Citoyenneté et de la Ville pour améliorer la mobilité verticale dans les quartiers prioritaires. Former aujourd’hui les professionnels qui installeront, entretiendront et moderniseront ces équipements, c’est répondre concrètement aux besoins de nos territoires.

> Ce matin, au lycée Gergovie de Clermont-Ferrand, j’ai retrouvé des élèves heureux de reprendre le chemin des cours. J’ai notamment échangé avec les lycéens professionnels qui bénéficient de la coloration « drone » proposée par l’établissement. Pilotage, observation, électronique, cybersécurité : ils acquièrent des compétences technologiques concrètes, en lien direct avec les besoins de la filière sécurité. C’est ce que nous portons pour la voie professionnelle : des formations innovantes, au plus près des métiers et des besoins des territoires, qui préparent à l’emploi comme à la poursuite d’études.

> Bonne rentrée à toutes et à tous ! Ce jour marque le retour de plus de 667 200 élèves de la voie professionnelle sur les bancs de leur établissement, et la reprise pour les enseignants et toutes les équipes éducatives qui les accompagnent au quotidien. Je leur souhaite une année riche en apprentissages et en réussites.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Face à des événements météo plus fréquents et plus intenses sous l’effet du changement climatique, bien anticiper est vital. Dès aujourd'hui, Météo France affine ses cartes de vigilance à l'échelle infradépartementale. Orages, pluies-inondations, vents forts : des alertes plus localisées pour donner aux secours et aux maires les moyens d'agir au plus près du terrain, et permettre à chacun de mieux se protéger.

> Face à la concurrence déloyale de l'ultra-fast fashion, nous agissons pour protéger nos emplois, notre industrie textile et la planète. Le malus qui entre en vigueur aujourd’hui vise à rétablir une juste concurrence en les acteurs et finance un modèle de soutien aux acteurs responsables et vertueux.

> L’absence de Budget coûterait au moins 15 milliards d’euros à la Nation. Qui peut penser que cet argent ne serait pas mieux affecté à la transition écologique et à l’avenir de nos enfants ?

> Ceux qui veulent censurer le budget comme LFI sans même l’avoir lu sont en général les mêmes qui réclament plus d’argent pour la transition écologique. Mais sans Budget, comme l’a rappelé le Premier ministre, pas d’investissement ni de réponse aux crises possibles.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> La France est une nation du Pacifique. Nous y portons une ambition claire : lutter contre le changement climatique, protéger la planète, soutenir un développement durable et assurer la sécurité, notamment en luttant contre le narcotrafic et contre la pêche illégale.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> Je veux faire avancer la cause des femmes au travail. J’en fais une grande priorité. À partir d’aujourd’hui, nous renforçons concrètement les droits des femmes à la retraite. La parentalité peut peser sur les parcours professionnels, en particulier chez les femmes, avec des interruptions de carrière, du temps partiel, ou des moindres rémunérations. Ces situations se répercutent des années plus tard, sur le montant des pensions.
La retraite des femmes sera désormais calculée sur :
- les 24 meilleures années pour les mères d’un enfant ;
- les 23 meilleures pour les mères de deux enfants ou plus ; contre 25 aujourd’hui.
Concrètement, les années les moins favorables seront supprimées dans le calcul de la pension. Plus d’une femme sur deux verra ainsi sa retraite améliorée. Et pour celles qui ont commencé à travailler jeunes, jusqu’à 2 trimestres supplémentaires liés aux enfants seront pris en compte pour partir plus tôt à la retraite et bénéficier du dispositif carrières longues.
Au-delà je veux continuer à progresser sur l’égalité salariale grâce au projet de loi sur la transparence salariale et renforcer les politiques de santé et sécurité au travail pour les femmes.
Enfin je souhaite ouvrir le débat sur une modification des majorations de pensions de retraites pour les rendre plus favorables aux femmes.

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> C’est la rentrée aussi dans l’enseignement agricole ! Près de 800 établissements accueillent nos élèves, étudiants et apprentis partout en France. Une filière qui attire avec une progression des effectifs de +7 % en cinq ans. Cette rentrée est marquée par l’arrivée des premières classes du bachelor agro, ce nouveau diplôme qui ouvre de nouvelles perspectives à nos jeunes. J’ai eu le plaisir d’aller à la rencontre d’une de ces classes au lycée Le Fresne, à Angers. Merci à nos enseignants, nos équipes éducatives et tous les professionnels qui accompagnent nos jeunes vers la réussite. Bonne rentrée 2026 à tous !

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Nos esprits ont été progressivement colonisés par les écrans et les téléphones portables. Cette emprise a des conséquences sur le temps d'apprentissage des élèves : nombre d’entre eux passent aujourd'hui plus de temps sur leur téléphone qu'en classe. Les réseaux sociaux, quant à eux, colonisent notre temps social : ils court-circuitent nos relations, au point que les jeunes ne se parlent plus pendant les intercours. Il est donc aujourd'hui indispensable de limiter leur exposition aux écrans: c’est le sens de l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable au lycée.

> Nous aurons 20 % d’élèves en moins dans nos écoles d’ici 2035. C’est un fait, il est connu, et désormais documenté par le ministère. Ce n’est pas une variable d’ajustement budgétaire : c’est l’occasion, génération par génération, de faire baisser le nombre d’élèves par classe et de mener une véritable politique d’aménagement du territoire par l’École. Nous sommes déjà au travail, avec les élus de nos territoires.

> Ce matin, j’ai tenu à accueillir les premiers étudiants du nouveau master Métiers de l'Enseignement et de l'Éducation à la Sorbonne. Ces 200 élèves fonctionnaires alterneront, tout au long de leur cursus, formation théorique et temps devant les élèves. Ils seront rémunérés. Ce parcours leur permettra de se préparer très concrètement, et dans les meilleures conditions, au métier d’enseignant. Ce sont nos futurs professeurs. Ils ont choisi de rejoindre une institution qui change, chaque année, la trajectoire de millions d’élèves. Demain, devant leurs propres classes, ce sont eux qui l’écriront. Bienvenue à cette première promotion et bonne rentrée à tous!

> J’étais heureux de vivre cette rentrée à Mende, en Lozère, aux côtés du Président de la République. D’abord avec des lycéens qui découvrent une année sans téléphone au lycée, pour séparer le temps des écrans de celui des apprentissages. Merci aux élèves et aux professeurs pour nos échanges, de la salle de classe jusqu’au réfectoire, autour de cette interdiction, de ses effets attendus et des alternatives aux écrans. Avec, à la clé, le retour de la concentration et de vraies relations humaines. Puis avec les premiers lauréats du nouveau concours de professeur des écoles, désormais formés plus tôt et rémunérés pendant leur master. La Faculté d’Éducation de Mende, qui dépend de l’Université de Montpellier, est à bien des égards une source d’inspiration, avec un parcours universitaire complet vers le professorat des écoles, ancré dans un département que ces futurs professeurs feront vivre. Sur tous les visages de nos stagiaires, qui faisaient aujourd’hui une double rentrée, une même joie, celle de transmettre ! Rendre du temps et de l’attention aux élèves, mieux préparer leurs professeurs. Cette rentrée engage l’avenir de l’École.

> Le drapeau tricolore dit qui nous sommes et nous unit depuis plus de deux siècles. Lamartine l’a défendu sur les marches de l’Hôtel de Ville en 1848. Partout où il flotte, il inspire le respect et la fierté. C’est pour cela qu’il est présent au fronton de nos écoles comme de nos mairies. La question de la présence du drapeau français dans nos écoles ne se pose pas : il y est et y demeurera. Mais depuis quelques jours, des débats ont lieu pour savoir si un maire peut décider d'organiser, sur le temps scolaire, une levée des couleurs. J'ai indiqué la réponse avec clarté : un maire ne décide pas de ce qui se passe pédagogiquement dans une école, ni à Nice, ni ailleurs. C’est la compétence de l’Éducation nationale. C'est précisément dans ce cadre et à ce titre que j’ai décidé il y a plusieurs mois que toutes les écoles élémentaires, tous les collèges et tous les lycées commémoreront le 11 novembre, journée d’hommage aux Morts pour la France. Parce qu’il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Notre drapeau y aura, comme il se doit, sa place. C'est cela, unir. S'inscrire dans une histoire, faire l'expérience de l'unité, apprendre et comprendre.

> C’est la rentrée ! Ce matin, notre École ouvre ses portes à plus de 11 millions d’élèves qui reprennent le chemin des classes. Ils seront accueillis par les 1,2 million de personnels de l’Éducation nationale, qui dédient leur vie pour permettre à nos enfants d’apprendre, de comprendre, de grandir et de devenir des citoyens libres, éclairés et fraternels. Je vous souhaite, à tous, une très belle année scolaire !

 

Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation)
> L'école, c'est le chemin de la vie, des apprentissages, de l'autonomie, de l'ouverture aux autres et de la pensée libre. Merci à tous les enseignants et à tous les personnels des collectivités, qui, dans les salles de classe et dans les cantines accompagnent nos enfants.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Le temps de la naïveté en matière économique est révolu. Sous l'impulsion française, le « Made in Europe » est devenu une réalité. Nous devons aller encore plus loin dans le prochain budget européen, notamment pour les domaines stratégiques.

> Notre marché intérieur est un atout formidable mais il est trop complexe, trop fragmenté. L'union des marchés de capitaux, le 28eme régime, la simplification normative et le Made in Europe : nous portons un agenda ambitieux pour la compétitivité européenne.

> Notre première ligne de défense européenne, c’est le soutien à l’Ukraine. Avec la coalition des volontaires, créée sous l’impulsion de la France, nous avons refusé la passivité et pris notre sécurité en main.

> ’IA est une opportunité extraordinaire pour nos entreprises, nos administrations, nos modes d’apprentissage. L’Europe a toutes les armes: soutenons nos entrepreneurs et innovation.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Les cartables sont prêts, les cours d’école retrouvent leurs rires et leur énergie ! Très belle rentrée à tous nos élèves. Je leur souhaite une année pleine de découvertes, de rencontres et de réussites. Et un grand merci aux enseignants et à toute la communauté éducative !

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> L'École, c'est la cause pour laquelle je me suis engagé dans toutes mes fonctions. C'est la mère des batailles. Pour beaucoup, la baisse démographique signifie moins de moyens pour l'École. Pour moi, moins d'élèves, c'est moins d'élèves par classe. Pour mieux apprendre et pour élever le niveau. Et des moyens en plus pour améliorer la rémunération de nos professeurs, de 200 euros au moins et jusqu'à 500 euros par mois pour ceux en milieu de carrière.

> Dans les 10 ans qui viennent, il y aura plus d'un million et demi d'élèves en moins à l'École. Certains espèrent en profiter pour fermer des classes et faire des économies. Je propose le contraire : moins d'élèves, c'est moins d'élèves par classe et plus de solutions pour remplacer les enseignants absents.

> Je défends une société de la liberté où chaque individu fait ses choix en conscience, de manière éclairée. Mais toujours dans le respect des valeurs républicaines. Une femme, majeure, qui décide de porter le voile, n'est pas une menace pour la République. Une jeune fille, de 5, de 6, de 7 ans, contrainte de porter le voile, doit être protégée par la République.

> Je refuse de dresser les jeunes contre nos aînés. Je refuse de dresser nos aînés contre les jeunes. Ce débat ne viendrait que fracturer davantage notre pays. C'est notre système tout entier qui est à bout de souffle et que nous devons impérativement réformer.

> [Interdire le voile dans l'espace public] Je suis en désaccord avec la proposition du Rassemblement national. Je considère qu'une femme majeure qui décide librement de porter le voile a le droit de le faire et qu'elle ne menace pas la République. En revanche, je vous l'avais rappelé, ce pourquoi je me suis toujours engagé, c'est précisément pour protéger la capacité de nos jeunes, notamment des jeunes filles, à avoir un esprit libre qui leur permet de prendre cette décision. D'où le fait que j'ai fait respecter dans nos établissements scolaires la neutralité religieuse qui date de la loi de 2004 en interdisant l'abaya, d'où le fait que je me suis engagé aussi pour que des fillettes de 5, 6, 7 ans ne puissent pas être contraintes à être voilées. Mais c'est une vraie différence que j'ai, et qui est nette, avec le Rassemblement national, qui, en réalité, veut revenir sur un des principes fondamentaux de notre République, qui est la laïcité et donc la liberté d'exercer un culte. (…)
Deux choses. D'abord, le désaccord que j'ai avec le Rassemblement national n'est pas un désaccord juridique, c'est un désaccord de choix de société. Moi, mon choix de société, c'est une société où des hommes, des femmes peuvent faire un choix libre. (…)
Ensuite, sur la question de la faisabilité. D'abord, il y avait eu des débats à l'époque, au moment de la loi sur le voile intégral, qui a pu se mettre en place. Et deuxième chose, là, moi, je parle d'une mesure de protection des mineurs, de protection de l'enfance. Il ne s'agit pas, comme le propose le Rassemblement national, pour toutes les femmes qui portent un voile, de mettre un policier derrière elles et d'aller leur mettre une amende. C'est pour des fillettes qui sont aujourd'hui contraintes à être voilées. Et l'Éducation nationale, les structures sociales connaissent les familles, ils peuvent engager à ce moment-là, évidemment, un dialogue avec les familles.

> Je veux avoir un mot pour les millions d'élèves, de parents, de personnels de l'Éducation nationale qui ont fait leur rentrée. Aujourd'hui, il y a des moments importants dans la vie d'un pays. Et pour la France, la rentrée des classes, c'est toujours un moment très important. Et ça dit beaucoup de l'importance de l'école pour notre République. Et vous le savez, pour moi, l'école, ce n'est pas un sujet de campagne présidentielle. C'est juste le cœur de mon engagement en politique. Je me suis engagé en politique sur ce sujet-là, comme député à la Commission de l'Éducation. Et la plupart des fonctions que j'ai exercées au gouvernement étaient tournées vers l'Éducation. Donc oui, je considère que c'est un enjeu de reconnaissance, un enjeu de dignité et aussi la réponse à un phénomène de smicardisation du métier d'enseignant qu'on a connu depuis plusieurs décennies. Oui, bien sûr, je souhaite que ça puisse rentrer en vigueur tout de suite. C'est un engagement important, mais je pense qu'il est nécessaire, encore une fois, y compris pour des questions d'attractivité du métier.

> Je m'engage aussi sur un sujet dont on parle trop peu dans le débat public et pourtant dont me parlent tous les parents et toutes les familles. C'est la question des remplacements de professeurs qui sont absents. C'est, on le sait, un vrai problème dans le système éducatif. Et donc, moi, j'ai annoncé que je souhaitais qu'on fasse davantage confiance aux établissements scolaires, qu'on leur donne davantage d'autonomie. Et je demanderai aux établissements scolaires de trouver, à chaque fois, une organisation pour qu'il y ait une forme de permanence pour assurer le remplacement des professeurs absents. (…)
On ne va pas mettre une personne qui va contrôler derrière chaque enseignant s'il a remplacé un collègue. Donc, il y aura une revalorisation pour tous les enseignants, je l'ai annoncé, 200 euros net pour tous les enseignants et, pour les milieux de carrière, ceux qui sont les plus en décalage par rapport aux autres pays, ça pourra aller jusqu'à 500 euros. Mais, de la même manière, je demande et je demanderai, en autonomie des établissements, qu'il puisse y avoir cette organisation. On ne parle jamais dans le débat public de ce problème des remplacements. Moi, je parle à des familles qui, parfois, ont un prof de maths ou de français qui est absent pendant 4, 5, 6 mois, ou des remplacements ou des absences de courte durée qui ne sont pas remplacées.

> Quand j'étais ministre de l'Éducation nationale, j'ai augmenté les AESH. Et là, c'était un enjeu de pure dignité. Je les ai augmentés de 100 euros net par mois. Évidemment qu'elles doivent voir leur rémunération progresser. Aussi parce qu'on doit pouvoir leur confier d'autres missions au sein de l'école pour faire davantage d'heures, puisque vous savez que leur rémunération, c'est aussi un problème de nombre d'heures qu'elles peuvent effectuer dans la semaine. Et par ailleurs, moi, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse créer un vrai corps des AESH, donc des accompagnants d'élèves en situation de handicap, pour qu'il puisse y avoir des carrières, des promotions, peut-être d'autres prises de fonction, d'autres postes dans l'Éducation nationale. Oui, la question de l'école inclusive, c'est un enjeu majeur. Et aujourd'hui, vous avez encore souvent des enseignants qui sont dépassés parce qu'ils ne sont pas suffisamment accompagnés par des personnes formées pour accueillir ces élèves qui ont leur place à l'école de la République.

 

Marc Ferracci (député)
> Ce qui détermine vraiment le pouvoir d'achat, ce sont les gains de productivité et la capacité des salariés à capter la valeur créée. L'intelligence artificielle va en générer. Toute la question est celle du partage de cette valeur. Et cette valeur va plus vers les salariés quand le chômage baisse. On ne négocie pas sa fiche de paie de la même façon avec 4 % de chômage et avec 10 %. C’est pourquoi il faut reprendre le chemin d’une société du plein emploi sur lequel nous étions jusqu’en 2024. Pour redonner du pouvoir d'achat, baisser les cotisations salariales est loin d’être toujours efficace. Dans la négociation entre l'employeur et le salarié, la baisse est assez vite récupérée sous forme de moindres hausses de salaire. En revanche, baisser le coût du travail pour les employeurs et créer des emplois, c'est un vrai levier.

> Notre combat a payé. Une voiture neuve sur trois vendue en France est aujourd'hui électrique. Comme ministre de l'Industrie et de l'Énergie, je me suis battu pour faire des flottes d'entreprise et de la commande publique les moteurs de cette transition. Elles pèsent la moitié du marché du neuf, c'était le levier le plus rapide pour soutenir la demande et donner de la visibilité à notre industrie automobile. Nous avons créé la taxe annuelle incitative (TAI), entrée en vigueur le 1er mars 2025, qui impose aux flottes de plus de 100 véhicules un quota de véhicules à faibles émissions (VFE) de 15 % en 2025 et de 18 % en 2026. Nous avons porté de 50 % à 70 % l'abattement sur l'avantage en nature pour les voitures de fonction électriques. Et nous avons reconduit le leasing social avec 50 000 véhicules financés. Les résultats sont là. Depuis janvier, le 100 % électrique représente près de 30 % des immatriculations, avec un record à 35 % en juillet. Nous étions à 20 % en 2025 et à 17 % en 2024. Fin 2025, l'électrique atteignait déjà 30 % des flottes d'entreprise françaises.
Le ministre de l'Économie, l'a rappelé : depuis l'ouverture du guichet du leasing social le 16 juillet, plus de 30 000 véhicules ont été commandés sur les 50 000 prévus. Avec les trois éditions, ce sont 150 000 ménages modestes qui auront eu accès à une voiture électrique neuve pour moins de 200 euros par mois. Et vous achetez français, puisque neuf des dix modèles électriques les plus vendus sortent d'usines françaises ou européennes. Chaque voiture électrique vendue en France doit faire tourner une usine en France. Continuons.

> Ce matin, des millions d'élèves retrouvent le chemin de l'école. En Suisse et au Liechtenstein, beaucoup ont déjà repris depuis la mi-août, dans les écoles locales comme dans nos établissements français. De Zurich à Bâle, de Genève à Vaduz, c'est la même impatience et un peu le même trac que sur tous les trottoirs de France. L’occasion de dire que le système d’enseignement suisse, dans lequel la voie professionnelle tient une place prépondérante, gagnerait à être une source d’inspiration pour la France. À tous les écoliers, collégiens et lycéens, étudiants, à leurs professeurs, aux personnels des établissements et aux parents qui les accompagnent, je souhaite une très belle année scolaire.

 

Charles Rodwell (député)
> Unis, la droite et le centre gagnent toujours les combats qu’ils mènent ensemble. Éclatés, nous serons balayés par l’affrontement identitaire entre le RN et LFI. Les candidats de la droite et du centre ont la responsabilité historique de se rassembler.

> Cacophonie au RN.
Une polémique, trois lignes politiques en… 24h.
Jean-Philippe Tanguy, dimanche soir : amendes pour les femmes voilées.
Andréa Kotarac, lundi matin : pas d’  amendes pour les femmes voilées.
Jordan Bardella, lundi après-midi : amende ou pas amende ? Aucune idée. On fera un référendum pour trancher.
Veut-on vraiment de ces gens au pouvoir ?

 

● MoDem 
François Bayrou (président)

> La France est dans une situation plus difficile qu'il y a un an. Pourquoi ? Parce que simplement le problème immense qu'elle a devant elle, c'est-à-dire le déséquilibre de ses finances publiques, ce problème immense s'est accru considérablement. Le fait qu'on ait reporté la réforme des retraites a d'une certaine manière affaibli le pays parce qu'elle affaiblit la conscience des Français. Et la situation internationale a continué à se dégrader considérablement, de sorte que nous sommes devant, à la veille, à quelques longueurs, d'une crise comme nous n'en avons pas connue depuis très longtemps. 

> Ce que propose Mélenchon, ce qui n'a aucun sens à mes yeux, c'est annuler la part de la dette qui est portée par la Banque Centrale Européenne. Donc cela représente 360 milliards de dettes, le tiers. Et donc, cela représente 20% peut-être de la dette. Il resterait 80%. Mais si nous faisons cela, il faut comprendre, à la minute où la France donne le signal qu'elle ne respectera pas ses engagements, à ce moment-là, tous les prêteurs du monde cochent en face de la France en rouge en disant : « Mauvais emprunteur, ne respecte pas ses engagements ». Et donc, il y a deux conséquences. La première, c'est l'explosion des taux d'intérêt. 
Et étape supplémentaire, plus personne ne nous prête. Or, c'est la faillite. C'est la faillite directe parce que nous sommes un pays qui, hélas, a besoin d'emprunter pour payer les retraites et pour payer les salaires des fonctionnaires. Nous sommes le seul pays en Europe qui est en situation, comme on dit, de déficit primaire, c'est-à-dire qui, même si on lui a enlevé la charge de la dette, ne peut pas faire face à ses engagements, ne peut pas faire face au paiement de ses salariés. 

> La France rembourse des intérêts qui sont 30% supérieurs aux intérêts de l'Allemagne. 30%. Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que cela implique ? Eh bien, cela veut dire que lorsque vous avez équipé le pays, lorsque des entreprises doivent équiper le différentiel, ce qu'elles doivent payer à la fin du mois ou à la fin de l'année, pour les entreprises françaises, est beaucoup plus fort, beaucoup plus important que pour les entreprises allemandes. Et la même chose quand vous achetez une voiture, la même chose quand vous achetez un appartement ou construisez une maison. Autrement dit, ce ne sont pas des chiffres abstraits, ce sont les Français qui le paient. Alors j'ai souvent donné cet exemple que je donne dans mon livre, « Alerte sur la France qui vient ». Cet exemple, il est très simple. L'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu que vous payez, vous, moi, tous ceux qui nous écoutent, tous leurs voisins, tous leurs concitoyens, tous les foyers fiscaux français, vous additionnez la totalité des chèques ou des virements ou des retenues qu'ils ont à la fin de l'année. Pour tous les foyers français, cela ne suffira pas à payer les intérêts de la dette. 

> Les racismes sont mortels pour notre pays. Parce que la division de la société française que nous sommes en train de vivre sur des questions d'origine, de religion, de couleur de peau, de culture, c'est la fin de la France parce que la raison de la France, c'est de faire vivre ensemble ses citoyens. 

> Mélenchon-Le Pen, ce que j'appelle le pire contre le pire. Et donc ça, c'est un danger qui ne s'était jamais présenté en France. Ce qui fait que le premier tour, si on y va, si tous ceux qui refusent les extrêmes vont dispersés, on aura le deuxième tour, le pire contre le pire. Je ne vote pour aucun pire. Je ne peux pas accepter cette idée-là.

> Le danger pour la France, c'est que la recherche perpétuelle de la radicalité devienne une recherche perpétuelle de la violence. Ce n'est pas d'aujourd'hui. Il y a ça dans le peuple français, dans son histoire, la mise en valeur perpétuelle de ce qu'il y a de plus violent, de plus méprisant, de plus hostile, de la chasse des uns contre les autres et des autres contre les uns. Ça, c'est mon ennemi personnel. 

> Je donne ma vie depuis des décennies à l'idée que ce dont nous avons besoin dans un pays comme le nôtre, c'est de réconciliation. Tous ceux qui passent leur temps à faire la chasse, ceux-là sont contre le pays. Et donc, il y a aucune période de la vie du pays dans lequel ce drame ait été profitable. 

> Je suis un homme du Centre, et que je défendrai le Centre dans cette élection comme ce qu'il faut à tout prix construire, à tout prix aider, à tout prix promouvoir. Parce qu'on a besoin d'espaces qui soient des espaces où règne plus la tolérance, la compréhension réciproque et au fond la paix civile pour construire un pays. Paix et volonté. S'il y a les deux, on a une chance de s'en sortir. 

 

Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> En Ukraine avec une délégation de députés Démocrates. À Lviv, à l'hôpital Unbroken, où plus de 27 000 blessés ont été soignés depuis 2022. La guerre évolue : davantage de soldats perdent les deux bras en se protégeant le visage face aux drones. Puis à Drohobych, où le maire, vétéran de la guerre, prépare l'hiver en rendant autonomes ses réseaux d'électricité, de gaz et d'eau. Devant le mémorial, il nous parle de chacun des soldats tombés. Cette guerre change de nature à une vitesse inédite. Elle se joue sur notre continent : aider l'Ukraine, c'est défendre la France.

> Partout en Ukraine, les monuments aux morts voient s’ajouter les noms de ceux qui se battent pour défendre leur pays. Derrière chaque nom : un voisin, un ami, une famille. Des histoires et des vies brisées. Voici leurs visages. Ils résistent à l'envahisseur et nous protègent. Avec Taras Koutchma, maire de Drohobytch pour leur rendre hommage.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Bernard Guetta (député)
> [Tribune : Poutine à quitte ou double] C’est à craindre pour trois raisons. Avant l’hiver, Vladimir Poutine pourrait à la fois ouvrir un second front en Ukraine et défier les Occidentaux aux frontières de l’Union.
La première raison en est que le président russe est dos au mur. Les frappes ukrainiennes contre les raffineries de pétrole et les entrepôts de la grande distribution dégarnissent les rayons et assèchent les stations-service. La Russie doit désormais racheter au prix fort, après raffinage, le pétrole brut qu’elle vend à bas prix pour contourner les sanctions occidentales. Elle ne peut plus faire tourner ses usines d’armement qu’au détriment de ses autres industries et de l’ensemble de son économie. La Russie s’enfonce dans une crise dont même ses plus grandes villes commencent à souffrir et à laquelle seule la fin de cette guerre pourrait mettre terme.
C’est désormais tellement évident que des banquiers et des économistes en viennent à le dire publiquement et que la répression s’étend. Hier limitée aux opposants déclarés, elle frappe aujourd’hui des cadres du petit parti libéral Iabloko et même des élus et militants régionaux du Parti communiste pourtant totalement inféodé au Kremlin.
Sous peine de laisser sa crédibilité s’éroder plus encore, Vladimir Poutine doit donc marquer des points au plus vite. Il doit le faire vite et la deuxième raison de craindre qu’il ne veuille jouer son va-tout et qu’il y est poussé par les plus durs de ses soutiens qui martèlent à l’unisson que sans bombardements plus massifs encore, il n’y aura pas de victoire russe.
Un vice-président de la Douma a proposé d’annoncer que les villes ukrainiennes allaient être écrasées sous un tapis de bombes continu afin d’amener leurs habitants à les fuir et de créer par-là un chaos dans tout le pays. Il semble bien que l’idée soit dans l’air puisque les zones d’habitation sont toujours plus systématiquement frappées, que les autorités russes ne cachent pas leur intention de priver les Ukrainiens de chauffage et d’électricité et que Vladimir Poutine a lui-même déclaré que l’Ukraine avait « ouvert la boîte de Pandore » en frappant les raffineries russes.
La Russie pourrait ainsi bientôt essayer de jeter les civils ukrainiens sur les routes, d’ouvrir un deuxième front dans le Nord du pays et de défier parallèlement les Occidentaux par des incursions dans l’un des Pays baltes ou en Moldavie.
C’est un scénario que les services occidentaux voient se dessiner et la troisième raison de craindre qu’il ne se réalise est que Vladimir Poutine peut croire qu’il en sortirait gagnant. L’Ukraine ne pourra pas facilement se battre sur deux fronts et moins encore si sa population erre sur les routes. Il est hautement improbable que Donald Trump veuille risquer une confrontation avec la Russie alors qu’il ne sait déjà ni comment se sortir de son fiasco iranien ni comment éviter de perdre le Congrès dans deux mois.
Donald Trump pourrait laisser les mains libres à Vladimir Poutine en Ukraine, estimer que des incursions dans les Pays baltes n’obligeraient pas l’Otan à entrer en lice et faire valoir qu’une attaque contre la petite Moldavie ne regarderait que les Européens puisqu’elle n’est pas membre de l’Alliance atlantique.
Vladimir Poutine peut considérer qu’en jouant d’audace sans plus attendre il pourrait non seulement faire vaciller l’Ukraine avant qu’elle ne se dote de missiles de longue portée mais aussi acter la rupture du front occidental et démontrer la faiblesse militaire des Européens.
Ce n’est malheureusement pas absurde mais entre ce scénario et son succès il y a l’impopularité absolue de la conscription à laquelle le Kremlin devrait procéder ; la résistance que les Ukrainiens opposeront sur la durée ; les armes offensives et défensives qui afflueront d’Europe vers l’Ukraine ; l’impossibilité pour Donald Trump de rester éternellement passif ; et la rapide affirmation, face au danger, d’un front européen, politique et militaire.
Nul doute que reçu la semaine dernière au Kremlin, le patron de la CIA y a fait valoir ces cinq points mais toute la question est de savoir si Vladimir Poutine a encore le choix.

 

Pascal Canfin (député)
> Les négociations commencent officiellement sur « EU Inc. », ce régime européen d'entreprise adapté à nos startups pour les faire croître en Europe et renforcer notre indépendance technologique.
J'ai déposé mes amendements fin juillet et ils sont dorénavant disponibles sur le site du Parlement (lien en commentaire).
Je remercie ceux qui ont pris le temps de répondre à notre consultation et ceux avec qui j'ai échangé pendant toute la première partie de l'année.
De mes 50 amendements, je souhaite relever trois points principaux :
- La cotation possible des EU Inc. partout en Europe : le statut ne doit pas être temporaire et une EU Inc. ne devrait pas retourner à un statut national une fois son développement avancé. La Commission avait ouvert la porte à une cotation possible là où les États membres le permettent, je l'ouvre à tous les marchés cotés européens, sous condition du respect des règles associées à une telle cotation.
- Permettre aux start ups européennes d’attirer les talents partout en Europe : c'est un élément fondamental de cette proposition. Les entreprises EU Inc. doivent pouvoir harmoniser leur régime de stock-options pour leurs employés à travers l'Europe. J'y suis favorable, mais ce bénéfice fiscal doit être un avantage réservé aux startups et aux scale-ups. C'est pourquoi je limite ces EU-ESO aux entreprises de moins de 30 ans de durée de vie dans mes amendements.
- Protection des droits des travailleurs : je consolide les garde-fous pour m'assurer que les droits sociaux des travailleurs soient protégés. C'est particulièrement un sujet en Allemagne, où la participation des travailleurs aux instances dirigeantes est assurée une fois un seuil de 500 employés dépassé. Ce droit ne doit pas être contournée par EU Inc. Je propose donc concrètement, une fois ce seuil de 500 employés dépassé, qu'une succursale d'une EU Inc. étrangère soit obligée de se transformer en filiale, permettant donc une entreprise indépendante qui puisse appliquer les règles locales de participation des travailleurs.
Il n'existe qu'une seule majorité pour faire adopter ce texte : c'est une majorité pro-européenne. Le mois de septembre sera celui de la négociation pour, je l'espère, arriver à un compromis rapidement et débuter les négociations avec le Conseil.
Je ne perds jamais de vue l’objectif de ce texte : renforcer la capacité des entreprises innovantes à croître en Europe et arrêter de faire de notre continent un incubateur pour des entreprises qui partent ensuite aux États Unis.

 

● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)

> La proposition de loi intégrale comme premier texte de la session parlementaire. Ce choix dit tout de notre priorité : protéger les femmes et les enfants, partout, contre toutes les violences. Engagement pris, engagement tenu. Maintenant, continuer à agir efficacement !

> Protéger tous les enfants, sans exception. Dès aujourd’hui, l’honorabilité de celles et ceux qui accompagnent les enfants en situation de handicap sera systématiquement contrôlée. Une avancée concrète. Une exigence absolue : leur sécurité.

> ChatGPT, Reddit, Roblox : 3 nouvelles plateformes soumises aux obligations renforcées du DSA. Elles sont désormais 28, et pour la première fois une IA grand public en fait partie. Innovation oui. Far West numérique, non. En Europe, les mêmes règles s’appliquent à tous.