Or donc tout le monde est au centre et même du Centre ! La mode est au centre qui, paraît-il, n’est qu’une illusion. En tout cas, une illusion bien lucrative politiquement ces derniers temps. Après François Bayrou puis les dissidents de l’UDF, après Nicolas Sarkozy et son « pôle centriste » de la majorité présidentielle, après François Hollande qui veut fonder un parti « allant jusqu’au centre », c’est au tour des radicaux, qui ne sont pas à un opportunisme près, de vouloir créer un « parti radical au centre ». N’en jetez plus ! Cette mode est comme celle de planter les choux, chacun le fait à sa propre mode…
On pourrait s’en réjouir de voir le Centre au… centre de toutes les attentions. Ou, devant cette vision dérisoire de la fameuse « politique politicienne » on pourrait rire de tous ces opportunistes qui flairent le bon coup. Mais, c’est plutôt l’inquiétude qui prédomine. A la fois pour le Centre et pour la démocratie et cette réconciliation si nécessaire des Français avec la politique qui pourtant avait l’air de s’ébaucher ces derniers temps comme l’ont montré les taux de participation aux deux tours des présidentielles ainsi que les taux d’audience audiovisuelles au cours de la campagne qui les a précédées.
Le danger, pour le Centre, tout le monde le comprend, est que, à nouveau, celui-ci n’apparaisse que comme un espace d’opportunisme que l’on investit pour faire alliance avec le plus fort et se voir distribuer quelques miettes ministérielles par ce dernier. Dès lors, la pensée centriste retourne aux oubliettes à la grande joie de la Droite et de la Gauche. Ce danger a été présent de nombreuses années sous les III° et IV° Républiques où, à côté d’hommes sincèrement du Centre comme Aristide Briand, n’en déplaisent à ses détracteurs, il y avait des carriéristes qui naviguaient, au gré du courant majoritaire dans les eaux troubles des ralliements intéressés. Dès lors le Centriste devenait inévitablement l’opportuniste que l’on pouvait appâté et dont le reniement n’était qu’une question de temps. Une vision qui a fait terriblement du mal au Centrisme. Car, nous ne le rediront jamais assez, le Centrisme est une vraie pensée politique, une vraie politique alternative et non une chimère et une salle d’attente pour politiciens en mal de maroquins.
Le danger pour la démocratie est que les citoyens voient dans cette course au centre le bien-fondé des idées populistes comme quoi les hommes et les femmes politiques ne sont que des carriéristes et qu’ils n’ont d’autres envies que le pouvoir et les prébendes qui vont avec. Cette vision qui traverse toutes les époques est particulièrement dangereuse dans ces temps où le peuple voit mal comment l’action politique peut résoudre ses problèmes devant la mondialisation, le terrorisme et les grands flux financiers indépendants sans parler de la « menace extérieure » chère à toute communauté et qui se manifeste désormais, comme aux temps de l’empire romain finissant, part l’invasion des barbares, traduisez par l’immigration débridée et la perte d’identité nationale.
Mais le danger est aussi dans l’appauvrissement du débat politique et dans « l’oubli » des grandes décisions à prendre. « Mettons-nous au centre et nous pourrons continuer comme avant mais en faisant plaisir aux électeurs » semblent dire de nombreux chevaux politiques sur le retour. Dès lors, le pragmatisme attaché au principe de réalité dont les deux points d’ancrage sont la liberté puis la solidarité qui caractérise le Centrisme devient inaudible et se voit diluer par des paroles bien-pensantes d’union nationale et d’apaisement du débat politique.
Ce danger est particulièrement grave car il revient, sous couvert d’un « juste milieu » à ne prendre aucune décision alors que la France doit en prendre d’urgence. Cette mode du Centre n’est alors qu’un paravent. Et la réconciliation nécessaire et urgente des Français avec la France, l’Europe et le monde passe à la trappe.
Car nous ne sommes pas ici en train de maugréer comme ceux qui s’approprient une idée ou un sigle sur notre dépouillement du Centre par des bandes de hooligans. Si cette appropriation signifiait que tout le monde devient véritablement centriste, nous n’aurions qu’à nous en féliciter et à nous dire que le monde ne pourra qu’aller mieux. Mais, vous l’avez compris, ce n’est pas ce qui est en train de se passer. Tirer la sonnette d’alarme d’un train fantôme qui risque de faire de multiples dégâts dans le pays et dans la mouvance centriste est notre seule motivation. Que les gens de Droite assument leur positionnement. Que les gens de Gauche fassent de même. Et s’ils ont eu la révélation centriste ( !) qu’ils rejoignent les partis et associations qui existent déjà. Mais, sans doute, ce serait nettement moins lucratif…
Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC
16 mai 2007
06 mai 2007
Réconcilier les Français avec le travail
Le Centre place au cœur de son programme politique la liberté d’entreprendre, valeur défendue par la droite mais aussi la solidarité, valeur mise en avant par la gauche. Loin d’en faire des dogmes statiques, il en fait une synthèse pour en tirer un équilibre. Car le Centre n’est pas un juste milieu de deux extrêmes, il est un juste équilibre. C’est un milieu dynamique, c’est-à-dire un pôle d’attraction qui rassemble, non dans une vision conservatrice de la société mais, tout au contraire pour y insuffler une action politique volontariste qui amène le progrès.
Pour y parvenir, le Centrisme est une pensée politique pragmatique qui s’appuie sur le « principe de réalité », terme « ronflant » à la mode qui ne signifie pas autre chose que l’on ne peut mettre, trivialement, la charrue avant les bœufs. En ce sens, le Centrisme reconnaît, en matière économique, la primauté de la production sur la redistribution puisque l’on ne peut redistribuer que ce que l’on a produit. Mais le principe de réalité, c’est aussi la mise en avant de une des valeurs centrales de toute société humaine : le travail. Sans travail pas de vie humaine. Sans travail pas de société humaine.
Au-delà d’une « reconnaissance sociale » qu’apporte le travail et que l’on peut déplorer (privé de travail on demeure un humain à part entière), ce dernier est une obligation pour assurer notre existence. Nous ne sommes pas dans un jardin d’Eden où, rappelons-le, la femme et l’homme n’avaient pas besoin de travailler, et si celui-ci existe, nous ne le trouverons que dans un paradis après notre mort terrestre. Même si l’on épouse la vision d’un travail punition des dieux, il n’en reste pas moins que l’être humain est travail et que la lutte pour la vie dans lequel il s’insère est une réalité ontologique de l’humain et de l’humanité.
Ainsi, ceux qui se revendiquent du Centre et du Centrisme placent la valeur travail au cœur de leur réflexion politique et économique. Ceux qui dénient cette place primordiale ne sont pas du Centre. Et cela n’a rien d’idéologique mais ressort d’une donnée incontournable de ce qu’est le Centrisme, un pragmatisme. Il ne s’agit pas de glorifier le travail pour le travail. Si nous pouvons penser que sans travail, l’être humain vivrait dans un certain désoeuvrement, le travail c’est, avant tout, le moyen de bâtir une société tout court puis de la fortifier ce qui permet ensuite, en faisant fructifier ce travail, de la rendre équilibrée, c’est-à-dire la plus juste possible pour tous. Et si l’espèce humaine, par quelque miracle, pouvait se passer du travail, alors nous serions, en tant que Centristes, les premiers à le reconnaître en tant que pragmatiques.
Mais cette situation n’est pas pour demain. Tous ceux qui travaillent la terre savent que c’est une tâche continuelle que de se battre contre les éléments contraires pour que l’on puisse récolter ses fruits. Et même ceux qui n’ont qu’un jardin d’agrément savent que s’ils le laissent à lui-même, les mauvaises herbes et les ronces s’en empareront petit à petit. Et si notre organisme ne « travaillait » pas 24 heures sur 24 pour lutter pas contre les bactéries et les virus, nous ne pourrions vivre une seule seconde sur cette planète.
Pour construire un avenir pour nous-mêmes et nos enfants, nous devons réhabiliter le travail dans une société où l’on a tendance à croire que tout peut se faire par une « main invisible », mais pas la même que celle des libéraux… Nous devons le réhabiliter non pas pour le plaisir mais parce que celui de nos parents et de nos aïeuls nous permet d’être là où nous sommes aujourd’hui et que le nôtre permettra de continuer l’œuvre de l’humanité : bâtir une meilleure vie.
Alexandre Vatimbella
Pour y parvenir, le Centrisme est une pensée politique pragmatique qui s’appuie sur le « principe de réalité », terme « ronflant » à la mode qui ne signifie pas autre chose que l’on ne peut mettre, trivialement, la charrue avant les bœufs. En ce sens, le Centrisme reconnaît, en matière économique, la primauté de la production sur la redistribution puisque l’on ne peut redistribuer que ce que l’on a produit. Mais le principe de réalité, c’est aussi la mise en avant de une des valeurs centrales de toute société humaine : le travail. Sans travail pas de vie humaine. Sans travail pas de société humaine.
Au-delà d’une « reconnaissance sociale » qu’apporte le travail et que l’on peut déplorer (privé de travail on demeure un humain à part entière), ce dernier est une obligation pour assurer notre existence. Nous ne sommes pas dans un jardin d’Eden où, rappelons-le, la femme et l’homme n’avaient pas besoin de travailler, et si celui-ci existe, nous ne le trouverons que dans un paradis après notre mort terrestre. Même si l’on épouse la vision d’un travail punition des dieux, il n’en reste pas moins que l’être humain est travail et que la lutte pour la vie dans lequel il s’insère est une réalité ontologique de l’humain et de l’humanité.
Ainsi, ceux qui se revendiquent du Centre et du Centrisme placent la valeur travail au cœur de leur réflexion politique et économique. Ceux qui dénient cette place primordiale ne sont pas du Centre. Et cela n’a rien d’idéologique mais ressort d’une donnée incontournable de ce qu’est le Centrisme, un pragmatisme. Il ne s’agit pas de glorifier le travail pour le travail. Si nous pouvons penser que sans travail, l’être humain vivrait dans un certain désoeuvrement, le travail c’est, avant tout, le moyen de bâtir une société tout court puis de la fortifier ce qui permet ensuite, en faisant fructifier ce travail, de la rendre équilibrée, c’est-à-dire la plus juste possible pour tous. Et si l’espèce humaine, par quelque miracle, pouvait se passer du travail, alors nous serions, en tant que Centristes, les premiers à le reconnaître en tant que pragmatiques.
Mais cette situation n’est pas pour demain. Tous ceux qui travaillent la terre savent que c’est une tâche continuelle que de se battre contre les éléments contraires pour que l’on puisse récolter ses fruits. Et même ceux qui n’ont qu’un jardin d’agrément savent que s’ils le laissent à lui-même, les mauvaises herbes et les ronces s’en empareront petit à petit. Et si notre organisme ne « travaillait » pas 24 heures sur 24 pour lutter pas contre les bactéries et les virus, nous ne pourrions vivre une seule seconde sur cette planète.
Pour construire un avenir pour nous-mêmes et nos enfants, nous devons réhabiliter le travail dans une société où l’on a tendance à croire que tout peut se faire par une « main invisible », mais pas la même que celle des libéraux… Nous devons le réhabiliter non pas pour le plaisir mais parce que celui de nos parents et de nos aïeuls nous permet d’être là où nous sommes aujourd’hui et que le nôtre permettra de continuer l’œuvre de l’humanité : bâtir une meilleure vie.
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