mercredi 6 février 2019

Actualités du Centre. : Les partis centristes pas contre un référendum à l’issu du Grand débat

Pourquoi pas un référendum pour clore l’épisode du mouvement de foule des gilets jaunes?
S’il s’agit d’une éventualité (et non comme certains le disent d’une décision déjà prise par Emmanuel Macron), les partis centristes ne sont pas contre.
«Un référendum est peut être souhaitable car rendre la parole aux Français, c'est toujours une bonne chose», a ainsi estimé Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI, qui venait d’être reçu à l’Elysée par le Président de la république dans le cadre de consultations avec les partis politiques.
Mais ils posent leurs conditions.
D’abord, il ne faut pas que ce référendum ait lieu le même jour que les élections européennes (idée envisagée pour que la participation soit plus forte) afin de ne pas les parasiter et faire passer l’enjeu crucial de l’avenir de l’Union européenne au second plan alors que celui-ci est en danger et celle-là en délitement.
Stanislas Guerini, le délégué général de LREM avoue s'interroger «sur l'opportunité de faire ce référendum le jour des élections européennes, un moment historique dans l'histoire de notre continent, où les Européens vont dire si on continue ou on arrête le projet européen».
Pour Patrick Mignola, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale, si cette consultation du peuple français peut «être une solution, ce n’est pas nécessairement le jour des européennes».
Pour Jean-Christophe Lagarde, il n’est «pas question d'organiser un référendum le jour des élections européennes. On ne peut pas être Président de la république en se faisant élire sur un projet européen et sacrifier le débat européen, ce serait trahir son mandat».
Ensuite, il ne faut pas que les questions soient trop nombreuses ou trop simplistes et, surtout, qu’elles apparaissent comme un plébiscite pour ou contre la politique du Gouvernement et la présidence de Macron.
Patrick Mignola estime que «L'outil du référendum peut être intéressant pour répondre à certaines questions, mais quand les problèmes sont complexes on n'y répond pas forcément par des solutions simples».
Lagarde, lui, s’est exprimé maintes fois pour dénoncer la possibilité que ce référendum ne soit qu’un plébiscite vis-à-vis du Président de la république.
Enfin, ce référendum ne peut être la seule décision prise à l’issu du Grand débat national, il faut y adjoindre des mesures réglementaires et législatives pour prendre en compte les demandes des Français.
Guerini estime que «les questions posées (par la crise actuelle) sont tellement profondes que je ne pense pas que toutes les réponses puissent être contenues dans un référendum».
Et il se dit «plutôt favorable à un référendum sur les questions de démocratie et citoyenneté» et «moins favorable sur des questions de fiscalité, qui doivent faire l'objet d'une remise à plat plus complète».
«On ne peut pas sortir du grand débat par un simple référendum», a ainsi déclaré la porte-parole du MoDem, Sarah El Haïry.
Et d’ajouter: «il y aura des réponses à trouver à court terme, à moyen terme et à long terme. Le référendum ne peut pas être l’alpha et l’oméga du grand débat. Les réponses doivent être diverses. Ça peut passer par une réforme institutionnelle, de nouvelles lois, etc».
Mignola, lui, veut que le processus du Grand débat aille jusqu’à son terme:
«Il faut aller au bout du débat. On a encore un mois et demi devant nous pour continuer à écouter les Français. Il faut ouvrir toutes les portes et les fenêtres, parler des institutions parce que l'on a une crise de la représentation démocratique  mais aussi d'économie, du social, de fiscalité, d'écologie, etc.».
Quant à Lagarde, il affirme la réponse à la crise liée aux gilets jaunes est «d'abord économique et sociale».
Dans ce cadre, il propose une baisse de la TVA sur l'énergie et l'eau, lier la taxe foncière aux conditions de ressources des propriétaires et remettre en question certaines niches fiscales.»