Voici une sélection, ce 7 janvier 2026,
des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux
en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du
premier ministre.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> Il y a onze ans, le terrorisme islamiste frappait la République et
endeuillait la France. En frappant Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher et des
policiers, des terroristes ont voulu détruire nos libertés et nous diviser.
Toujours unis, nous pensons aux victimes et à leurs proches.
> [Conférence de presse à l’issue du
sommet de la Coalition des volontaires] Nous avons aujourd'hui tenu à Paris une
nouvelle réunion des chefs d'État et de gouvernement des 35 pays qui composent
la coalition des volontaires, aux côtés du président Zelensky et en présence
d'une délégation américaine conduite par messieurs Witkoff et Kushner.
C'est la quinzième réunion de la coalition des volontaires que nous tenons
depuis le 17 février 2025 et nous avions aujourd'hui à nos côtés 28 chefs
d'État et de gouvernement, le secrétaire général de l'OTAN, la présidente de la
Commission européenne et le président du Conseil européen.
Cette réunion scelle aujourd'hui une avancée considérable qui est reflétée par
la déclaration de Paris des garanties de sécurité robustes pour une paix solide
et durable. Cette déclaration de la coalition des volontaires vient pour la
première fois reconnaître une convergence opérationnelle entre les 35 pays qui
composent la coalition des volontaires, l'Ukraine et les États-Unis d'Amérique,
pour bâtir des garanties de sécurité robustes. Cette déclaration détaille
chacune des composantes de ces garanties de sécurité. Nous avons eu un rapport
qui a été fait par nos chefs d'État-major et par SACEUR au titre de la
coordination américaine et nous avons aussi acté ici même d'une cellule de
coordination qui permettra d'intégrer pleinement l'ensemble des armées compétentes
et qui permettra la coordination entre la coalition des volontaires, les
États-Unis d'Amérique et l'Ukraine sur le plan opérationnel. Elle viendra en
soutien, en coordination avec l'État-major de la coalition qui est réunie à
Paris.
Au sein de la coalition, nous avons, sur la base de tout le travail accompli au
cours des derniers mois, consolidé notre approche avec premièrement la mise en
place de mécanismes de surveillance du cessez-le-feu qui seront placés
justement sous un leadership américain mais avec des contributions de
plusieurs États qui ont marqué leur disponibilité. Deuxièmement, le
soutien dans la durée. D'abord les forces armées ukrainiennes qui sont et
resteront la première ligne de défense et de dissuasion contre l'agression et
donc nous avons planifié sur la base d'un format d'armée volontariste de 800
000 hommes, les entraînements, les capacités et l'ensemble des moyens pour que
cette armée puisse dissuader toute nouvelle agression.
Troisièmement, de poursuivre nos préparatifs pour la mise en place d'une force
multinationale dans les airs, les mers, sur le sol pour apporter une forme de
réassurance le jour d'après le cessez-le-feu et loin de la ligne de contact et
au-delà du travail qui a été conduit par les chefs d'État-major britanniques et
français avec tous les autres États-majors, je veux saluer nos amis allemands,
italiens, polonais, souligner aussi l'importance du rôle de la Turquie qui, sur
la partie maritime, a un rôle tout à fait considérable et a endossé cette
responsabilité.
Quatrièmement, nous avons donc acté de traduire juridiquement ces engagements
pour soutenir l'Ukraine en cas de nouvelles attaques de la Russie, par des
mécanismes de solidarité et d'intervention. Nous continuons aussi enfin de
converger sur les questions de reconstruction et de soutien économique et
c'était le deuxième temps de la discussion. Mais vous le voyez, sur ce premier
temps, nous avons consolidé l'architecture, la planification, les moyens, les
règles des garanties de sécurité pour l'Ukraine, le jour d'après la paix et je
dirais d'une garantie de sécurité pour l'Ukraine et pour le continent européen.
Le deuxième temps de la discussion a été consacré à la prospérité future de
l'Ukraine, avec là aussi le plan américain qui a été présenté, les
contributions européennes, avec la volonté d'accélérer le travail aux côtés de
l'Ukraine pour que, dans les prochaines semaines, un tel plan de prospérité
puisse être finalisé, qui sera une composante importante justement de ces
accords de paix. Tout cela sont des piliers essentiels de ce qui viendra
soutenir une négociation qui est en train d'être conduite et dont nous
souhaitons tous qu'elle puisse se finaliser le plus vite possible. Mais ces
garanties de sécurité sont la clé pour que jamais un accord de paix ne puisse
signifier une réédition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse
signifier une menace nouvelle pour l'Ukraine.
Je crois que ce qui est très important de souligner, c'est que tous les pays
ici représentés devant vous, mais l'ensemble des pays de la coalition des
volontaires et tous ceux qui étaient présents aujourd'hui à Paris, après la
très bonne coordination que nous avions eue tous ensemble en fin d'année
dernière à Berlin, partagent tous la même volonté, la paix, la paix en Ukraine,
la paix en Europe. Mais nous voulons tous que cette paix soit juste, qu'elle
soit durable, qu'elle soit solide. Et nous sommes tous lucides, les paix qui
ont été signées ces quinze dernières années par la Russie ont toutes donné lieu
à des violations par la suite, en Moldavie, en Géorgie, en Ukraine. Et donc,
forts de cette expérience, nous voulons que cette paix ait ses garanties. Instruits
par l'expérience des Européens ces 15 dernières années, c'est pourquoi la
déclaration de Paris permet d'acter ces garanties de sécurité légitimes et,
pour la première fois, acte de cette convergence entre les membres de la
coalition des volontaires, l'Ukraine et les États-Unis d'Amérique.
Enfin, au-delà de cela, à court terme, nous continuerons d'apporter notre
soutien à l'Ukraine pour faire face évidemment à tous les défis qui sont les
siens en termes de protection de son espace aérien, de protection des civils
qui sont encore la cible pendant que nous nous parlons des attaques russes, et
permettre de continuer aussi notre travail en termes de sanctions pour
contraindre et réduire la capacité à financer cet effort de guerre par la
Russie.
Voilà ce dont je voulais rendre compte en remerciant mes collègues ici présents
et la délégation américaine qui est à nos côtés pour les avancées considérables
qui ont été permises par justement cette réunion et ce sommet aujourd'hui. Je
cède maintenant la parole à Monsieur le Président Zelensky. Cher Volodymyr.
> Sur la question du Venezuela, la
diplomatie a une voix et la diplomatie française s'est exprimée par les canaux
qui conviennent et il faut la voir comme un tout. Je crois avoir été, la
diplomatie française avec moi, très clair sur le sujet.
> Sur la question de l’Ukraine, la
présence aujourd'hui des envoyés spéciaux du Président Trump, les engagements
du Président Trump lui-même, en particulier ce qu'il a pu dire lors du
rendez-vous qui s'est tenu à Mar-a-Lago en fin d'année dernière avec le
Président Zelensky, disent l'engagement des États-Unis d'Amérique pour bâtir la
paix et prendre leurs responsabilités. Cette coalition des volontaires marque
une étape nouvelle qui me semble correspondre à ce que nous défendons et qui,
d'ailleurs, est conforme aux souhaits américains.
> Ce que la France défend depuis
plusieurs années, c'est une Europe plus indépendante et c'est une plus grande
autonomie stratégique, c'est-à-dire une Europe qui s'occupe de sa sécurité
davantage, en respectant le cadre otanien, mais qui prend davantage sa part. Ce
que le Président Trump a constamment dit dans son premier mandat comme dans
celui-ci, c'est que les Européens doivent prendre plus de la part du fardeau.
C'est ce qu'il nous demande de faire, c'est cohérent. Tout le travail qui a été
fait ces derniers mois à travers la coalition des volontaires, c'est d'avoir
les Européens, mais je veux aussi souligner la présence dans la coalition des
volontaires du Canada, de la Nouvelle-Zélande, de l'Australie et de plusieurs
autres, puis du Japon. En particulier, le Premier ministre canadien était avec
nous aujourd'hui, ce qui est un signal très fort, et est engagé dans ces
garanties de sécurité. Cette coalition des volontaires est, si je puis dire, le
cœur battant de ce soutien à l'Ukraine pour les garanties de sécurité. Elle dit
le jour d'après la paix, voilà comment nous nous mettons en situation
d'apporter à l'Ukraine ces différentes composantes, et en particulier un format
d'armée ukrainienne qui dissuadera toute nouvelle agression, des forces
multinationales de réassurance et des règles d'engagement.
Dans ce contexte-là, le soutien et la participation américaine sont très
importantes pour beaucoup de pays. Elles sont très importantes pour beaucoup de
pays qui sont membres de l'OTAN. Elles sont très importantes parce que les
capacités américaines, parfois une exclusivité sur certaines composantes de ces
garanties de sécurité, qui les rendent clés. Ces dernières semaines ont marqué
un changement puisqu'il y a eu un engagement américain. Ça a été dit par le
chancelier lors de notre rendez-vous à Berlin, qui a permis d'acter déjà une
étape et un mouvement. Ensuite, SACEUR et donc le général américain en charge
des forces américaines en Europe, mais également les coordonnants au titre de
la participation américaine dans l'OTAN étaient présents avec nous et ont
participé à la planification. Donc, il y a aujourd'hui ces différentes couches
de garanties de sécurité où les États-Unis d'Amérique ont clarifié leur
participation, et en particulier sur ce qu'on appelle le monitoring,
c'est-à-dire la surveillance de la ligne de front. Les capacités d'observation
et de suivi américaines sont absolument déterminantes et ont été confirmées.
Tout ça pour vous dire que, ces derniers mois, nous avons élaboré un ensemble,
il est cohérent, il est solide. Les États-Unis d'Amérique nous ont demandé de
faire plus. Nous le faisons, et c'est légitime, et nous le voulons. Nous avons
pour la première fois une coalition des volontaires qui porte de telles
garanties, mais nous avons aussi une participation américaine par les moyens
qu'elle apporte, et ce fameux backstop, c'est-à-dire ces garanties. Dans
ce contexte-là, à la fois les déclarations du président Trump à
Mar-a-Lago avec le président Zelensky en fin d'année dernière, ce qui a été
réaffirmé par les généraux compétents dans la chaîne de commandement
américaine, et ce qui a été porté tout aujourd'hui par messieurs Witkoff et
Kushner, est cohérent, c'est un engagement américain pour la paix. Je les en
remercie, et donc je n'ai pas lieu de suivre quelques thèses qui douteraient de
cet engagement, compte tenu de leur présence, des mots très forts qu'ils ont
eus aujourd'hui et du travail qui a été mené avec les Etats-Unis d'Amérique
pour conduire ce dispositif. J'ajoute que les Etats-Unis d'Amérique, en tant
que signataires de la Charte des Nations unies et membres de l'OTAN, sont aussi
des alliés des Européens, et donc c'est en tant que tels qu'ils sont présents
aujourd'hui et qu'ils ont travaillé à nos côtés durant ces dernières semaines.
> [Déclaration de Paris - Des garanties de sécurité
robustes pour une paix solide et durable en Ukraine] Nous, membres de la
Coalition des volontaires, l’Ukraine et les États-Unis, nous sommes
réunis aujourd’hui à Paris.
Nous avons tous réaffirmé notre engagement en faveur d’une paix
juste et durable en Ukraine, conformément aux principes de la Charte des
Nations Unies, et nous nous sommes félicités des progrès accomplis, notamment
dans le cadre des discussions entre les Américains, les Ukrainiens, les
partenaires européens et d’autres partenaires.
Nous avons tout particulièrement souligné clairement que la capacité de
l’Ukraine à se défendre est d’une importance capitale pour garantir l’avenir de
la sécurité de l’Ukraine et la sécurité collective euro-atlantique. Nous avons
confirmé que la garantie de la souveraineté et de la sécurité durable de
l’Ukraine doit faire partie intégrante de tout accord de paix, et que tout
règlement devra être soutenu par des garanties de sécurité solides pour
l’Ukraine.
Nous sommes prêts à nous engager en faveur d’un système de garanties
politiquement et juridiquement contraignantes qui sera activé dès l’entrée en
vigueur d’un cessez-le-feu, en complément d’accords bilatéraux de sécurité et
conformément à nos dispositions constitutionnelles et juridiques respectives.
Ces garanties de sécurité comprendront notamment les éléments suivants :
- La participation à un mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu
mené par les États-Unis. Un système de surveillance du cessez-le-feu fiable et
continu sera mis en place, avec des contributions des membres de la Coalition
des volontaires. La Coalition des volontaires sera également représentée au
sein de la Commission spéciale qui sera créée pour examiner toute violation, en
attribuer la responsabilité et y remédier.
- Un soutien aux forces armées de l’Ukraine. La Coalition a décidé de continuer
à fournir aux forces armées de l’Ukraine une assistance militaire à long terme
et de l’armement qui leur sont essentiels pour garantir le maintien de leurs
capacités. En effet, ces forces armées demeureront la première ligne de défense
et de dissuasion. Ce soutien comprendra notamment, mais pas uniquement :
des paquets pour la défense à long terme ; une aide au financement de
l’achat d’armes ; la poursuite de la coopération avec l’Ukraine s’agissant
de son budget national pour le financement des forces armées ; un accès
aux dépôts de défense capables de fournir une assistance supplémentaire rapide
en cas de nouvelle attaque armée ; un soutien pratique et technique à l’Ukraine
dans la construction d’ouvrages de défense.
- Une force multinationale pour l’Ukraine créée grâce aux contributions des
nations volontaires dans le cadre de la Coalition afin de soutenir la
reconstitution des forces armées de l’Ukraine et de soutenir la dissuasion. Une
planification militaire coordonnée a été conduite pour préparer des mesures de
réassurance dans les airs, en mer et sur terre ainsi que la reconstitution des
forces armées de l’Ukraine. Nous avons confirmé que ces mesures de réassurance
seront mises en œuvre scrupuleusement à la demande de l’Ukraine dès lors qu’une
cessation des hostilités crédible sera intervenue. Ces actions seront dirigées
par l’Europe, avec le concours d’États non européens membres de la Coalition et
avec la participation des États-Unis.
- Des engagements contraignants pour soutenir l’Ukraine en cas de nouvelle
attaque armée de la Russie afin de rétablir la paix. Nous sommes convenus de
finaliser des engagements contraignants définissant notre approche du soutien à
l’Ukraine et du rétablissement de la paix et de la sécurité en cas de nouvelle
attaque armée de la Russie. Ces engagements peuvent comprendre l’utilisation de
capacités militaires, le soutien en matière de renseignement et de logistique,
des initiatives diplomatiques et l’adoption de sanctions supplémentaires.
- Un engagement pour le renforcement de la coopération de défense à long terme
avec l’Ukraine. Nous sommes convenus de continuer à développer et à approfondir
la coopération de défense mutuellement bénéfique avec l’Ukraine, entre
autres : la formation, la production industrielle conjointe dans le
domaine de la défense, notamment en utilisant les instruments européens
pertinents, et la coopération en matière de renseignement.
Nous avons en outre décidé d’établir une cellule de coordination
États-Unis/Ukraine/Coalition au quartier général opérationnel de la Coalition à
Paris.
> [Déclaration
conjointe sur le Groenland du Président français Macron, du
chancelier allemand Merz, de la Première ministre italienne Meloni, du Premier
ministre polonais Tusk, du Premier ministre espagnol Sánchez, du Premier
ministre britannique Starmer et de la Première ministre danoise Frederiksen] La sécurité dans
l'Arctique reste une priorité essentielle pour l'Europe et est cruciale pour la
sécurité internationale et transatlantique.
L'OTAN a clairement indiqué que la région arctique
était une priorité et les alliés européens intensifient leurs efforts. Nous et
de nombreux autres alliés avons renforcé notre présence, nos activités et nos
investissements afin de garantir la sécurité de l'Arctique et de dissuader les
adversaires. Le Royaume du Danemark, y compris le Groenland, fait partie de
l'OTAN.
La sécurité dans l'Arctique doit donc être assurée
collectivement, conjointement avec les alliés de l'OTAN, y compris les
États-Unis, en respectant les principes de la Charte des Nations unies,
notamment la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'inviolabilité des
frontières. Il s'agit là de principes universels, et nous continuerons à les
défendre sans relâche.
Les États-Unis sont un partenaire essentiel dans cette
entreprise, en tant qu'allié de l'OTAN et dans le cadre de l'accord de défense
conclu entre le Royaume du Danemark et les États-Unis en 1951.
Le Groenland appartient à son peuple. Il appartient au
Danemark et au Groenland, à eux seuls, de décider des questions concernant le
Danemark et le Groenland.
> La souveraineté agricole et
alimentaire de l’Europe est ma priorité. La PAC en est le socle. Je salue les
annonces de la Commission européenne aujourd’hui sur l’agriculture dans le
prochain budget pluriannuel de l’Union européenne, qui vient ajouter 45 milliards
d’euros aux près de 294 milliards d’euros d’aides au revenu déjà sécurisés pour
les agriculteurs. La France pourra ainsi garantir le maintien du niveau actuel
de ces aides jusqu’en 2034. C’est le résultat de notre mobilisation déterminée
et de mon engagement constant pour nos agriculteurs.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Arrestation de Maduro / Intervention à l’Assemblée] La position de la
France a d’abord été exposée par le ministre de l’Europe et des affaires
étrangères puis, dans un tweet, par le président de la République, les deux
démarches étant complémentaires. S’il faut la résumer, tout est illégal
dans cette affaire : le régime de Nicolás Maduro, le cycle électoral de
2024 et l’opération militaire américaine, qui contrevient à la Charte des
Nations unies. Je rappelle l’évidence : l’emploi de la force est possible
dans le cadre du droit international, dès lors qu’il est encadré par la Charte.
La France en a fait usage par le passé, notamment pour lutter contre le
terrorisme.
Ce n’est pas parce que tout est illégal qu’il ne faut pas défendre nos valeurs
et le droit international. Ce n’est pas parce que nous sommes moins nombreux à
le défendre qu’il faut cesser. Nous devons le défendre pour nous-mêmes – pour affirmer nos
propres valeurs – et pour tous les pays dont le droit international est la seule arme et la
seule défense.
Au sujet de la relation entre la France et les États-Unis, je reprendrai cette belle formule
gaullo-mitterrandienne qui trouve toute sa place dans ces circonstances : « Alliés mais non alignés. »
Ces événements soulèvent aussi la question de notre autonomie stratégique.
Malheureusement, notre découverte de cette réalité ne date pas des derniers
jours, ni de cette administration américaine. La question se pose de manière
plus globale.
Enfin, ce n’est pas parce que l’opération est illégale qu’il ne faut pas se
réjouir qu’un autre avenir soit possible pour le peuple vénézuélien.
La transition doit être démocratique et se faire dans le respect des valeurs et
des fondamentaux du droit international.
Elle doit probablement se faire autour du président qui, lui, a été élu – en tout cas du point de
vue de la diplomatie française et d’un certain nombre de pays dans le monde – lors des dernières élections. Elle doit
enfin se faire dans le respect des valeurs et des droits fondamentaux du peuple
vénézuélien.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Hommage aux 11 victimes tuées dans les locaux de Charlie Hebdo il y a 11
ans, et au lieutenant de police Ahmed Merabet. Soutien à leur famille, amis et
collaborateurs qui les pleurent, et qui font vivre leur mémoire. Détermination
intacte à lutter contre le terrorisme islamiste qui brise des vies innocentes.
> [Crans-Montana / Intervention à
l’Assemblée] Il ne s’agit pas de renforcer les règles s’appliquant aux
établissements recevant du public, puisqu’elles n’ont cessé d’être durcies en
France au fil des années, dans tous les domaines : résistance au feu,
issues de secours, jauge, conception des bâtiments, contrôles. Les
discothèques, qui font partie de ces établissements, sont soumis à cette
réglementation.
Dès le lendemain du drame, j’ai rappelé à tous les préfets de la République les
règles applicables – je peux vous assurer qu’ils les connaissent et
qu’ils les appliquent – et la nécessité de procéder à des contrôles. Ces
contrôles peuvent être réalisés par les commissions de sécurité aux mains de
l’État et des communes et nous veillerons à ce qu’ils se poursuivent.
Vous avez raison de souligner que certains établissements, notamment des bars,
peuvent ponctuellement, voire régulièrement, se transformer en établissement
dansant, c’est-à-dire en discothèque. Nous les détectons grâce aux contrôles
que nous effectuons, mais aussi grâce aux contrôles réalisés sur la voie
publique par les forces de sécurité intérieure. Il est très important que ces
dernières signalent aux préfectures les abus qu’elles constatent, et qui
constituent des infractions pénales.
Vous avez raison de le rappeler : lorsqu’un établissement recevant du
public ne respecte pas les règles qui s’appliquent aux établissements de sa
catégorie, il est en infraction. Je puis vous assurer qu’après ce drame, nous
allons appliquer ces règles avec encore plus de fermeté et de détermination.
> [Entrisme islamiste / Intervention à
l’Assemblée] L’entrisme n’est en effet pas défini juridiquement. Il en va de
même pour le séparatisme, terme qui ne figure pas même dans la loi de 2021
confortant le respect des principes de la République. Le terrorisme, en
revanche, fait bien l’objet d’une définition dans la loi de 2017 renforçant la
sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, prolongée par la loi de
2021 relative à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement, en
réaction à un islamisme violent et terroriste.
La loi de 2021 confortant le respect des principes de la République ne visait
pas, pour sa part, à appréhender la radicalisation violente, mais toutes les
tentatives pour se séparer de la République et pour imposer, ici, une loi
religieuse, là, un certain nombre de préceptes contraires aux valeurs
républicaines. L’islamisme politique était principalement visé, sans exclure
toutefois d’autres types de mouvements. Cette loi, dont l’application a une
portée importante, prévoit un certain nombre de mesures contre tous ceux qui incitent
à la haine, à la discrimination et à la violence, ou contre ceux dont une telle
idéologie inspire, par exemple, des requêtes relatives à l’organisation des
services publics. Pour autant, elle ne définit pas ce qu’est le séparatisme.
La question de l’entrisme marque une nouvelle étape, vers laquelle le
gouvernement se dirige maintenant. L’entrisme – qui n’est donc pas non plus défini en droit – fait d’abord référence à la mouvance des Frères musulmans, en ce que
cette dernière prône une stratégie visant à se parer des atours de la République, en investissant un
certain nombre de structures républicaines classiques – dans le milieu
associatif ou la vie locale – dans le but d’imposer, en fin de compte, la loi religieuse. (…)
La réflexion que nous menons actuellement en vue d’un renforcement des mesures
législatives part du constat que, pour certaines formes d’islamisme politique,
dont l’entrisme, dès lors qu’il n’y a pas d’incitation à la haine, à la
violence ou à la discrimination, aucune action juridique n’est possible. Il
importe donc de créer une troisième brique, et cela suppose d’abord de donner
une définition précise de l’entrisme. Les mesures que vous évoquez sont
effectivement des dispositions auxquelles nous réfléchissons, notamment le gel
des avoirs d’un certain nombre de structures. À l’heure actuelle, cela n’est
possible qu’en cas de radicalisation violente, et même, pour être plus précis,
que pour des faits de terrorisme. De même, il faudrait pouvoir dissoudre des
structures qui font de l’entrisme, c’est-à-dire qui prônent le non-respect des
valeurs de la République, sans pour autant appeler à la violence, à la haine ou
à la discrimination.
C’est la même chose pour l’accueil collectif de mineurs : on sait qu’un
certain nombre de structures, notamment des structures scolaires privées qui ne
disent pas leur nom, échappent à la réglementation, donc aux contrôles que peut
exercer la puissance publique sur l’accueil de mineurs. Une réflexion est en
cours à ce sujet. Nous réfléchissons aussi à l’opportunité de donner plus de
poids à l’avis rendu par le représentant de l’État sur les permis de construire
– alors que l’avis du préfet est aujourd’hui facultatif, nous pourrions soumettre les constructions de lieu de culte
à un avis conforme de sa part.
Toutes les mesures que vous avez évoquées font bien partie du champ de la
réflexion en cours. Nous souhaitons qu’elles ne s’appliquent plus seulement en
cas d’appel à la haine, à la violence ou à la discrimination, mais pour toute
atteinte aux valeurs de la République, à chaque fois que l’on dit qu’une loi
religieuse doit s’imposer à une loi républicaine et que l’on en tire des
conséquences dans la pratique.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et
des Anciens combattants)
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> Alors que l’on commémore l’attentat de Charlie Hebdo, samedi nos frappes
ont visé et détruit des terroristes, nos bombes sont tombées sur Daesh en
Syrie. Nous frapperons encore, sans relâche, partout où ils se trouvent.
> [Réunion de la coalition
des volontaires] C'est un grand
jour pour la paix. C'est la première fois depuis des décennies qu'une trentaine
de pays mettent en commun leurs forces militaires pour que la paix en Ukraine,
une fois conclue, puisse être garantie. C'est totalement inédit, c'est une
initiative française, et il y a donc de quoi être fier. C'est le fruit de mois
et de mois de négociations.
Les États-Unis ont pris leurs
responsabilités. Ils ont dit
qu'ils prendraient en charge le suivi et la vérification du cessez-le-feu.
C'est absolument majeur. Et ils sont allés plus loin, et ont dit qu'ils
apporteraient leur soutien à la force multinationale pour l'Ukraine qui, en
deuxième rideau, à l'arrière de la ligne de front, viendra soutenir la première
ligne qu'est l'armée ukrainienne.
Ces garanties de sécurité ont vocation à
dissuader toute nouvelle agression, mais pour qu'elles soient dissuasives, il
faut pouvoir dire qu'en cas de nouvelle agression, il y aura une réponse, et
sur cela aussi, les États-Unis se sont engagés à le faire.
> [Au Groenland,
une intervention américaine] Ça
n'aurait absolument aucun sens pour un pays de l'Otan de s'en prendre à un
autre pays de l'Otan, ça n'aurait aucun sens et surtout ce serait absolument
contraire aux intérêts des États-Unis. (…)
le Groenland n'est pas à vendre. Il
appartient aux Groenlandais et son avenir se définira dans l'accord entre les
autorités du Groenland et du Danemark.
> Alors que la France préside le G7 et
que l’Inde préside les BRICS, notre partenariat stratégique est décisif. Dans
un monde fragmenté, la France et l’Inde font le choix du multilatéralisme et du
droit international.
> [Arrestation de Maduro] La position
de la France, c’est d’abord de dire que Nicolás Maduro était un dictateur sans
scrupules, qui a confisqué leurs libertés aux Vénézuéliens, et qui leur a volé
les élections. C’est pourquoi son départ est une bonne nouvelle pour les
Vénézuéliens, comme on a pu le voir dans les images que vous avez diffusées à
l’instant. Ensuite, oui, nous avons rappelé que la méthode employée
contrevenait au principe du droit international. L’usage de la force est permis
dans le droit international. Et nous l’avons démontré hier soir, en frappe avec
des moyens militaires français, des terroristes en Syrie, des terroristes de
Daech. Mais cet usage de la force, il doit être encadré par des règles. Sans
ces règles, le monde est soumis à la loi du plus fort. Alors, un monde soumis à
la loi du plus fort, la France s’y prépare. Et c’est la raison pour laquelle
l’adoption rapide d’un budget pour le pays et pour les armées est si
importante. Mais la France ne peut s’y résoudre et continuera de défendre ces
principes. (…)
Le Président de la République a exprimé dans sa déclaration notre ambition pour
la suite. Et notre ambition pour la suite, c’est une transition pacifique et
démocratique. C’est que le pouvoir revienne au Vénézuéla. La première étape,
c’est la libération des prisonniers politiques, bien sûr. Et la seconde, c’est
justement une transition qui tienne compte qu’il y a un an, le peuple
vénézuélien s’est exprimé, a élu un président de la république, qui devra jouer
un rôle central dans cette transition.
> La France prend acte de ces
violations de plus en plus nombreuses des principes du droit international, le
respect des frontières, le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Elle continuera à plaider pour ces principes, parce que ce sont les seuls qui
peuvent garantir la paix et la stabilité à long terme. Mais la France se
prépare pour un monde durci, pour un monde brutalisé, pour pouvoir se défendre,
en France et en Europe.
> Comment se préparer à un monde plus
brutal et plus durci ? C’est tout d’abord en nous réarmant, sur le plan
militaire. C’est l’objectif qui est donné par le Premier ministre, la ministre
des Armées. En nous réarmant sur le plan économique, pour diminuer les
dépendances qui aujourd’hui nous placent dans une situation de servitude par
rapport à d’autres régions du monde. Et c’est aussi nous réarmer moralement,
être prêts à résister à cette brutalité qui s’installe.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Protection de l’enfance / Intervention à l’Assemblée] Je connais, madame
la députée, votre engagement sur le sujet, comme beaucoup de parlementaires sur
ces bancs, avec qui j’ai l’occasion de travailler depuis ma prise de fonction
il y a trois mois. S’agissant de la protection de l’enfance, l’ensemble de l’Assemblée
se rassemble pour éviter que ne se répètent ces drames au sujet desquels j’ai
malheureusement l’impression que des questions me sont posées chaque semaine.
C’est donc un engagement commun que nous devons prendre.
Même si le travail à engager et à poursuivre reste important, beaucoup a été
fait ces dernières années pour renforcer l’action de l’État dans ce domaine.
Nous aurons d’ailleurs demain soir un débat à l’occasion duquel nous pourrons
revenir précisément sur chacune des questions que soulève ce sujet grave et
compliqué.
Les chiffres que je découvre chaque jour en travaillant cette question
m’affolent. Ils ne sont vraiment pas bons, vous avez raison de le dire. Je
salue toutefois ma collègue Catherine Vautrin qui, au printemps dernier, a
engagé une refondation de la protection de l’enfance. Le garde des sceaux et
moi-même allons défendre un projet de loi dans ce sens. Quand j’ai pris mes
fonctions, j’ai pris la décision de généraliser les parcours de soins
coordonnés des enfants protégés – c’est vraiment important quand on sait que l’espérance de vie de ces
enfants est diminuée de vingt ans par rapport à celle de la population générale.
La proposition de loi visant à assurer le droit de chaque enfant à disposer d’un avocat va poursuivre son parcours législatif. Si le
gouvernement partage son objectif, nous avons cependant des doutes sur le
caractère réaliste de ses dispositions. Vous le savez, notre volonté est plutôt
de prévoir une expérimentation.
> Dès l’annonce du mouvement de grève
des médecins, j’ai pris des mesures d’anticipation afin d’assurer la continuité
des soins et la sécurité des patients. Lundi, premier jour de mobilisation des
médecins, l’activité a baissé de 15 % chez les généralistes libéraux et de 6 %
chez les spécialistes par rapport à l’activité habituelle. Le SAMU
particulièrement a été sollicité, dans un contexte de tension marqué par les
épidémies hivernales et les intempéries : +24 % d’appels enregistrés cette
semaine par rapport à la semaine du 8 décembre. Je poursuis le dialogue avec
les médecins : ma porte reste ouverte, nous avons de nombreux défis à relever
ensemble.
> [Grève des médecins / Intervention à
l’Assemblée] depuis hier, les médecins libéraux sont en grève, mais nous avons
– très souvent en coopération avec eux – pris des mesures pour
assurer la continuité des soins. Les patients pourront donc être soignés malgré la grève.
Nous devons bien sûr respecter le droit de grève des médecins. Depuis ma prise de fonction, j’ai eu de nombreux échanges avec eux ; j’ai pu entendre leurs craintes et leur incertitude.
Puisque vous me demandez ce qu’on peut leur dire, je voudrais commencer par rappeler que beaucoup de
fausses informations circulent. Ce PLFSS, que vous connaissez bien pour avoir
contribué à le préparer comme ministre, ne contient pas les mesures que
craignent les médecins : il ne prévoit pas d’infliger une sanction quand
le dossier médical partagé n’est pas complété, de limiter la liberté de
prescription, ni de supprimer le secteur 2. Il est important de les
rassurer en dénonçant ces fausses informations.
Au-delà de ces craintes, des questions se posent concernant l’avenir. Notre
système est fondé sur la négociation conventionnelle, aussi me semble-t-il
crucial de recréer la confiance pour qu’elle préside à cette négociation. Je
crois que le chemin n’est pas perdu. D’ailleurs, le budget de compromis qui a
été voté par la majorité des députés prévoit une enveloppe de 340 millions
d’euros pour revaloriser la rémunération des médecins à partir du 1er janvier.
> [Financement de la santé /
Intervention à l’Assemblée] Ce budget de la sécurité sociale, dont vous
regrettez l’adoption, prévoit un relèvement de l’Ondam à 3,1 %. Cela
signifie que les dépenses d’assurance maladie permettent d’avoir des tarifs
hospitaliers stables au 1er janvier. Vous ne l’avez pas voté.
J’ajoute qu’il crée aussi un congé supplémentaire de naissance.
À l’instant, sur Twitter, votre président de groupe vient de dénoncer le fait
que nous n’écoutons pas assez les médecins. Pourtant, ce budget prévoit
340 millions d’euros de crédits pour revaloriser leur rémunération.
Je le dis avec gravité et humilité : la démographie médicale actuelle, qui
rend difficile l’accès aux soins, est le fruit des décisions prises au cours
des dernières années.
Nous avons besoin de l’ensemble des médecins de ce pays, qu’ils soient salariés
ou libéraux. Si nous devons être à leur écoute, nous devons aussi maîtriser les
dépenses de l’assurance maladie, qui finance notre protection sociale.
Autrement, nous ne pourrons plus protéger les Français.
Dans cette situation, il y a les gens qui font des discours, comme vous, et il
y a ceux qui font face à la réalité et qui essayent d’avancer, de tirer le
meilleur des mesures prévues par ce budget de compromis.
Vous me demandez si nous envisageons des mesures coercitives. Je vous propose
d’aller voir ces mêmes médecins que votre président de groupe défend sur
Twitter, et de leur parler de coercition : ils seront ravis d’entendre
cette proposition !
Nous devons être aux côtés des professionnels de santé, parce que nous avons
besoin d’eux pour accompagner le vieillissement de la population.
Amélie de Montchalin (ministre de l’Action
et des Comptes publics)
Marina Ferrari (ministre des Sports, de la
Jeunesse et de la Vie associative)
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> Ils s'appelaient Cabu, Charb, Tignous, Honoré, Wolinski, Bernard Maris,
Mustapha Ourrad, Elsa Cayat, Frédéric Boisseau, Michel Renaud, Franck
Brinsolaro et Ahmed Merabet. Le 7 janvier 2015, ils ont été assassinés par le
terrorisme islamiste. Mais ils n'ont pas tué Charlie. Ni la liberté
d'expression, le droit au blasphème ou à la caricature. Ni l'impertinence. Ni
les combats.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée
auprès du ministre de l’Intérieur)
> [Mineurs délinquants / Intervention a Sénat] Voici un débat exigeant, autant
que les enjeux qu'il soulève. Nous parlons d'enfants, parfois très jeunes, pris
dans des trajectoires de violence qui souvent les dépassent. Nous parlons de
leur protection, de la sécurité de nos concitoyens et de l'avenir de notre
pacte républicain. Aucune réponse simple ne suffira.
Ni déni ni angélisme dans l'approche du Gouvernement,
résolument interministérielle. De fait, la complexité du problème impose la
mobilisation d'une chaîne d'acteurs - éducation, prévention et réponse
judiciaire adaptée.
Les chiffres globaux montrent que la délinquance des
mineurs est relativement stable, voire en légère baisse. Mais il serait grave
de s'en satisfaire. Car ce qui frappe, ce sont la gravité des faits, le
rajeunissement des auteurs comme des victimes et la brutalisation des
comportements. Si certains territoires sont particulièrement exposés, dont les
outre-mer, aucun n'est épargné. Les chiffres sont clairs : hausse des
mineurs impliqués dans des faits d'homicide, surreprésentation dans les vols
violents, explosion des violences sexuelles entre mineurs, banalisation du port
d'armes blanches.
Oui, la fermeté est indispensable, car l'impunité ne
peut s'installer. Lorsqu'un mineur commet des faits graves, la réponse de
l'État doit être immédiate, proportionnée et compréhensible. C'est une exigence
de protection des victimes, mais aussi un repère indispensable pour l'auteur
lui-même, nécessaire à sa reconstruction.
Mais les réponses ne peuvent être uniquement
répressives. On ne prévient pas durablement la délinquance des mineurs par la
seule sanction, pas plus qu'on ne répare une trajectoire brisée sans agir sur
ses causes : décrochage scolaire, emprise des réseaux sociaux, trafics,
troubles de santé mentale, défaillance de l'autorité parentale. La prévention
est une politique de sécurité à part entière ; elle est la troisième
brique du continuum de sécurité, avec la lutte contre la criminalité et la sécurité
du quotidien.
La nouvelle stratégie nationale de prévention de la
délinquance tirera les leçons des insuffisances passées. Elle procède d'un
travail de terrain avec les préfets, les maires, les associations et les
professionnels. Elle assumera des choix clairs : rétablissement de
l'autorité des parents, de l'école et du maire ; adaptation aux nouvelles
formes de délinquance - cyberviolences, réseaux sociaux, armes blanches,
trafics ; meilleure coordination de l'action publique, notamment en donnant
aux maires les moyens d'agir et en soutenant les acteurs de terrain.
Que celles et ceux qui s'inquiètent du respect des libertés publiques soient
rassurés. Parce qu'il n'y a pas de prévention efficace sans État de droit, la
fermeté que nous défendons est respectueuse des droits, c'est-à-dire
républicaine.
La délinquance des mineurs n'est pas une fatalité. La combattre exige de la
constance et une vision de long terme. Nous continuerons d'y travailler avec le
Sénat, dans un esprit de dialogue et avec cette conviction simple :
prévenir d'abord, sanctionner quand il faut, accompagner toujours.
La délinquance des mineurs est un échec éducatif, qui devient sociétal dès lors
qu'il y a récidive. Hélas, le taux de récidive des jeunes mineurs sortant de
prison est très élevé. Notre système échoue donc à leur redonner une chance de
sortir de la spirale de la délinquance.
Nos concitoyens attendent de la justice qu'elle sanctionne. Plus de neuf sur
dix souhaitent un durcissement des peines pour les mineurs récidivistes. Cette
volonté doit être entendue.
Le Sénat a largement travaillé sur ces questions ; je pense en particulier
au rapport de nos collègues Bernard Fialaire, Laurence Harribey et Muriel
Jourda, qui a souligné notre connaissance très imparfaite de ce phénomène
pluriel. Légiférer au coup par coup ne permettra pas de l'endiguer.
Nos dispositifs sont souvent inadaptés à certaines difficultés
récurrentes : de nombreux juges des enfants passent beaucoup de temps à
gérer la situation de quelques multirécidivistes pour lesquels peu de solutions
existent. La réforme du code de justice pénale des mineurs a rapproché les
audiences de culpabilité des faits, ce qui est une avancée car la justice des
mineurs doit être rapide et compréhensible pour le délinquant.
Par ailleurs, les centres éducatifs fermés actuels sont trop chers et trop peu
efficaces, mais les fermetures annoncées par le garde des sceaux soulèvent de
nombreuses difficultés. Si l'enfermement ne peut pas être la seule solution,
son absence ne saurait être une option.
La délinquance des mineurs est un phénomène complexe, lié au décrochage
scolaire, aux carences éducatives ou encore à des troubles psychologiques. Près
de la moitié des mineurs délinquants sont suivis par la protection de l'enfance
et près des trois quarts ont connu une déscolarisation prolongée. La réponse
pénale doit donc s'inscrire aussi dans une logique de prévention et
d'accompagnement.
La PJJ est un acteur clé, mais ses moyens sont insuffisants et son rôle trop
souvent mal défini ; en outre, la formation des éducateurs est souvent
décalée par rapport aux besoins. En particulier, les difficultés d'application
de la mise à l'épreuve éducative fragilisent la réponse pénale et remettant en
cause l'équilibre global de la réforme du code de justice pénale des mineurs.
En matière de prévention, l'aide sociale à l'enfance est également un enjeu
central. L'action auprès des familles est essentielle. La loi du 23 juin
2025 a renforcé leur responsabilité pénale, non pour stigmatiser mais pour
rappeler que l'éducation doit être une responsabilité partagée.
Si nous nous félicitons de la hausse des crédits de la mission
« Justice », de nombreux juges des enfants déplorent l'embolisation
des procédures et des suivis insuffisamment personnalisés. La question des
effectifs est posée, pour les juges comme les greffiers. Les promesses de la
LOPJ doivent être tenues.
Notre réponse doit être ferme pour sanctionner et protéger, patiente pour
éduquer et prévenir, responsable en impliquant les familles.
> l y a 11 ans, le terrorisme islamiste
frappait la République et brisait des vies innocentes. À Charlie Hebdo et à l’Hyper
Cacher, des femmes et des hommes ont été assassinés pour ce qu’ils incarnaient
: la liberté d’expression, la liberté de croire ou de ne pas croire. Parmi eux,
le policier Ahmed Merabet, tombé en intervention, fidèle à son engagement au
service de la Nation. Aujourd’hui, nous honorons leur mémoire et pensons à
leurs familles et à leurs proches. Déterminés, unis, nous restons libres de
dire, de penser, de croire ou non.
Catherine Chabaud (ministre délégué
auprès de la ministre de la Transition écologique, de
la Biodiversité et des Négociations internationales sur le
climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> Alors que le monde fait face à des défis majeurs - tensions géopolitiques,
pression croissante sur les ressources, urgence climatique, perte de
biodiversité… -, nous savons que l’océan est au cœur de ces défis, mais aussi
au cœur des solutions.
Depuis quinze ans - et le Grenelle de la Mer - et sous l’impulsion de mes
prédécesseurs, la compréhension de l’importance de l’océan pour la planète et
l’humanité grandit à l’échelle de notre pays, deuxième espace maritime au
monde, et aux échelles européennes et internationales. L’océan sera bientôt
l’objet d’un Ocean Act à l’échelle européenne, il est entré dans les
négocations climatiques, et le traité international sur la préservation de la
biodiversité en haute mer, entrera bientôt en vigueur.
Mais il nous faut aller plus loin, plus vite, car il y a urgence à retrouver la
qualité des eaux côtières, à lutter contre la pêche illégale à l’échelle
internationale, à relancer une industrie navale européenne pour faire de la
décarbonation du transport maritime un enjeu de souveraineté européenne…
Urgence à faire de l’océan une priorité politique pour la France et pour
l’Europe. Voilà l’ambition que je souhaite continuer à porter dans les mois qui
viennent comme Ministre de la Mer et de la Pêche, avec vous.
Ensemble, nous avons la responsabilité et le pouvoir d’alerter nos concitoyens
sur ces enjeux, de restaurer cet écosystème vital, notre bien commun à tous, et
de construire une planification intégrée, qui privilégie la coopération des
acteurs plutôt que la simple cohabitation.
Chacun d'entre vous, par votre engagement et votre expertise, contribue à cette
ambition. Que cette nouvelle année nous permette d'avancer ensemble, avec
détermination et optimisme, pour faire de la mer une véritable opportunité pour
notre avenir collectif.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès
de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la
Transition écologique)
> Cette réunion majeure de la Coalition des volontaires avec l’Ukraine et
les États-Unis grâce à l’initiative du président Emmanuel Macron a été marquée
par une unité sans précédent et des garanties de sécurité essentielles. C’est
la condition d’une paix juste et durable.
> Quand le feu avance, il est déjà trop
tard pour réagir. Monique Barbut et Laurent Nunez lancent aujourd’hui la
campagne sur les obligations de débroussaillement. Débroussailler, c’est
protéger nos habitations, permettre aux secours de sauver des vies.
> Sans Budget, aucun investissement
public pour lutter contre le changement climatique. Sans Budget, aucun
investissement public en faveur de la décarbonation industrielle. La Nation a
besoin d’un Budget pour continuer à investir dans la transition écologique.
Eléonore Caroit (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la
Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> [Arrestation de Maduro] Aujourd’hui, je regarde la situation avec beaucoup
d’attente. J’entends les messages d’espoir des Vénézuéliens, en particulier des
Vénézuéliens de la diaspora, qui sont contents que Maduro ne soit plus au
pouvoir au Vénézuéla, mais qui se demandent aussi ce qui va se passer par la
suite. Et le message, c’est vraiment celui d’un appel à une transition
démocratique, à redonner le pouvoir aux Vénézuéliennes et aux Vénézuéliens, et
à ce que l’on puisse enfin aller vers un régime démocratique au Vénézuéla. (…)
Ce qui est important aujourd’hui, c’est comment arriver à réussir cette
transition démocratique, réellement, pour ce pays qui a tellement souffert, qui
depuis des années vit dans un système qui ne respecte pas les libertés
individuelles. On a parlé des prisonniers politiques, on a parlé de la
situation qui est extrêmement grave pour les Vénézuéliens. Rappelons aussi que
vous avez près d’un quart de la population de ce pays qui a dû fuir le pays du
fait justement de cette répression et des conditions économiques. Donc beaucoup
d’attentes et évidemment beaucoup d’incertitudes à ce stade. (…)
Je pense que ce qui était important pour la France, c’était de rappeler son
attachement au droit international. Et clairement, cette intervention militaire
s’est faite en violation du droit international, et ça le ministre Jean-Noël
Barrot l’a rappelé très clairement. Et puis surtout, son attachement à une
transition démocratique au Vénézuéla. Et là encore, comme je vous le dis, il y
a beaucoup d’incertitudes, et c’est très important que la France et que les
autres pays qui sont attachés au multilatéralisme, à la démocratie insistent,
poussent pour que le candidat qui a été élu démocratiquement puisse arriver au
pouvoir au Vénézuéla, pour que toute cette diaspora que nous avons vue en
liesse, parce qu’elle voit que les choses semblent changer, puisse voir leurs
espoirs véritablement transformés dans une forme de réalité. Et à ce stade, ce
n’est pas encore ce que nous voyons. Donc il faut effectivement continuer à se
mobiliser et puis rappeler que Nicolás Maduro était un dictateur, c’est le chef
de l’État, mais c’est un système dont il est question. Et puis, on peut aussi
voir cette image de l’hydre qui reviendrait sous une autre forme. Et je pense
que les Vénézuéliens méritent un vrai changement de régime et un vrai retour à
la démocratie.
David Amiel (ministre délégué
auprès de la ministre de l’action et des comptes publics chargé de la
Fonction publique et de la Réforme de l’État)
> Les dessinateurs de Charlie Hebdo ont été assassinés parce qu’ils étaient
libres. Avec eux, nous honorons les policiers Franck Brinsolaro et Clarissa
Jean-Philippe. La République vaincra le terrorisme et l’obscurantisme
islamistes.
● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Très heureux d’avoir reçu place Vendôme Maryse Le Men Regnier et Jérôme
Moreau, présidente et vice-président de la fédération France Victimes,
partenaire essentiel du ministère de la Justice. France Victimes, qui
représente 128 associations de victimes et 1760 salariés, s’est dite
reconnaissante de la circulaire que j’ai prise le 13 octobre dernier, relative
à l’accueil et à la prise en charge des victimes d’infractions pénales, et de
la création du site « je suis victime », portail numérique permettant
aux victimes de faire valoir leurs droits. Dans les prochains mois, nos
relations seront encore renforcées avec la création d’une direction des
victimes et des usagers au sein du ministère.
> Parquet national anti-criminalité
organisée (PNACO), prisons de haute sécurité pour les narcocriminels les plus
dangereux, régime carcéral extrêmement dur… tous les moyens de l’État sont
mobilisés pour lutter efficacement contre le narcotrafic et la criminalité
organisée. Nous ne laisserons pas notre pays basculer.
> Le nouveau parquet national
anti-criminalité organisée (PNACO) aura également pour mission de traquer sans
relâche les narcocriminels et de les « taper au portefeuille », en
particulier le blanchiment de l’argent sale issu du trafic de drogue.
> Le narcotrafic est, avec le
terrorisme, l’une des principales menaces pour la sécurité des Français. Avec
la création d’un parquet national anti-criminalité organisée (PNACO), nous
organisons notre justice pour lutter avec force et efficacité contre le trafic
de drogue.
> J’ai installé cet après-midi à Paris
le nouveau parquet national anti-criminalité organisée que nous avons créé avec
la loi narcotrafic. Il sera dirigé par Mme Vanessa Perrée et est déjà composé
de 34 personnels. Avec ce nouveau parquet, la création des prisons de haute
sécurité et l’intense travail diplomatique que nous menons, nous renforçons
considérablement notre lutte contre les narcocriminels et l’argent de la drogue
et nous ouvrons une nouvelle ère judiciaire.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture,
de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> [Crise agricole / Intervention à l’Assemblée] Je confirme que cette colère
vient de loin. Depuis trop longtemps, les agriculteurs ont le sentiment d’une
injustice profonde, du fait d’une accumulation de règles qu’ils ne comprennent
pas, souvent décidées loin du terrain. Le gouvernement, loin de contester ce
constat, le partage, et le premier ministre, dans la lettre qu’il a adressée
aux agriculteurs, a décidé de se saisir de cette question avec détermination.
Depuis que je suis arrivée à la tête de ce ministère, j’ai pris un certain
nombre de décisions : allègement des contrôles, allègement des charges
administratives liées à la PAC, fin des sanctions automatiques et
disproportionnées, reconnaissance de la bonne foi des agriculteurs. Face aux
crises – sanitaire, climatique, économique –, l’État a toujours répondu présent, qu’il s’agisse d’indemnisations rapides,
de fonds d’urgence ou d’accompagnement bancaire et social. Mais, le premier ministre l’a dit clairement, le
mouvement social en cours montre que tout cela ne suffit pas.
Nous entrons donc dans une phase plus ferme et plus offensive. Elle passe
d’abord par la lutte contre l’importation de productions qui ne respectent pas
les normes européennes, une pratique qui relève de la concurrence déloyale et
est vécue comme une injustice profonde. Désormais, l’importation de produits
contenant des résidus de cinq substances interdites en Europe, au-delà d’un
seuil fixé par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, ne sera plus
autorisée.
J’ai pris ce week-end un arrêté qui sera signé demain matin. Il vise à
suspendre l’entrée dans notre territoire de productions contenant ces
substances interdites. Croyez-moi, cette démarche ne fait que commencer.
> [Crise agricole / Intervention à
l’Assemblée] Les très grandes difficultés des viticulteurs me sont connues
depuis le premier jour de ma nomination à ce ministère. Surproduction,
déconsommation, crise sanitaire, droits de douane, tout est de nature à
provoquer une crise profonde, durable et déstabilisante de la filière.
C’est pour faire renaître l’espoir dans la filière viticole, qui souffre d’un
manque de perspectives depuis de nombreuses années, que je me suis battue pour
apporter des réponses rapides.
Tout d’abord, je vous confirme que le gouvernement a bien décidé de consacrer
une enveloppe de 130 millions d’euros de crédits nationaux à l’arrachage
de vignes pour répondre structurellement à la surproduction et poursuivre
l’adaptation au marché intérieur du potentiel viticole. Cet engagement sera
tenu. Toutefois, il me faut rappeler que sa base juridique nous sera fournie
par l’adoption du « paquet vin » à Bruxelles, que j’espère imminente.
J’ai également annoncé la prolongation en 2026 des prêts de consolidation
garantis par BPIFrance en les étendant aux coopératives. Nous pourrons les
débloquer dès que la France aura un budget pour l’année 2026, le plus
rapidement possible. Pour déployer ces mesures, annoncées en décembre, que la
profession attend, il nous faut un budget.
Enfin, je me suis engagée à réserver 11 millions d’euros pour alléger les
charges sociales des vignerons en 2026, après les 5 millions débloqués en
2025.
Je le répète, tout cela requiert un budget. Il faut prendre conscience de
l’urgence de la situation.
Par ailleurs, la France, à mon initiative, a sollicité le déblocage de fonds
européens pour financer la distillation. C’est une mesure plus conjoncturelle
mais néanmoins très attendue. Cette demande fait l’objet d’échanges avec la
Commission.
> [Concurrence déloyale vis-à-vis de l’agriculture
française / Intervention à l’Assemblée] On parle souvent de l’agriculture au
regard des crises qu’elle traverse, rarement à celui de l’avenir dont elle est
la porteuse.
Beaucoup de choses pourraient être dites, mais permettez-moi de revenir sur la
concurrence déloyale et les importations que nous ne voulons plus voir sur
notre sol. C’est pour y faire face que j’ai pris, à la demande du premier
ministre, un arrêté interdisant l’introduction de productions alimentaires qui
utilisent des substances interdites – parfois depuis fort longtemps – sur le sol de l’Union
européenne.
Il y va de la loyauté dans la concurrence et du respect de la santé du
consommateur. C’est un élément de la vision que la France peut défendre.
Cette question est aussi en rapport avec la souveraineté alimentaire, qui fait
partie de mes attributions. Celle-ci, vous le savez, est mise à mal. Les
conférences de la souveraineté alimentaire, que j’ai lancées il y a peu à
Rungis, ont vocation, territoire par territoire, filière par filière, à
reconquérir cette souveraineté en élaborant une feuille de route pour dix ans.
Et puis il y a des sujets spécifiques, comme celui de l’eau. Le changement
climatique impose d’agir, car ici, elle est trop abondante, et là, elle manque.
En tout état de cause, elle est essentielle à la production agricole. Le
premier ministre a demandé aux préfets de recenser les projets locaux et d’en
débloquer certains, sachant que l’enveloppe du fonds hydraulique agricole sera
triplée en 2026. Le gouvernement est prêt, le cas échéant, à proposer un projet
de loi sur la question.
S’agissant de la politique agricole commune, un engagement très ferme a été
pris : pas 1 euro ne manquera à la PAC par rapport au budget
existant. C’est une annonce capitale qui doit rassurer nos agriculteurs.
Edouard Geffray (ministre de l’Education
nationale)
> A l'occasion de la reprise des cours, j'ai souhaité échanger avec les
chefs d'établissement.
Chaque jour, les cheffes et chefs d'établissement font vivre leurs collèges et
lycées en fédérant la communauté éducative autour d'une ambition commune et de
projets. Ce rôle de pilotage des établissements, à l'interface des équipes, des
élèves, des familles et des collectivités locales, est essentiel.
J'ai voulu les remercier pour leur engagement quotidien et partager avec eux
les priorités pour notre Ecole : élever le niveau scolaire, lutter contre la
grande difficulté scolaire et protéger la santé physique et mentale de nos
élèves, mais aussi ma volonté que l'institution prenne soin de chacun de ses
membres.
Nous oublions trop souvent les raisons que nous avons de croire dans notre
Ecole. Pourtant, elle prépare chaque jour les jeunes au monde de demain. Alors
plus que jamais, vive l'Ecole !
Philippe Baptiste (ministre de
l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Nous préparons le Sommet spatial annoncé par le Président de la
république, avec les envoyés spéciaux Hélène Huby et Thomas Pesquet, les
équipes interministérielles et le CNES. Le Sommet sera un temps fort de cette
année 2026 pour les acteurs spatiaux du monde, notamment pour les acteurs
européens. Pourquoi l’espace compte : il sert le quotidien (navigation,
synchronisation, météo, connectivité, inspiration collective), éclaire l'action
publique, fournit des données scientifiques primordiales (climat, compréhension
de l'univers) et protège nos concitoyens (alerte, observation, résilience). Le
secteur repose sur une base industrielle innovante, compétitive, souveraine et
créatrice d’emplois.
> On a besoin d'un Budget. Ce Budget,
c'est forcément un budget de compromis au vu de ce qu'est aujourd'hui
l'Assemblée nationale. Je pense qu'on va y arriver. Il faut se donner quelques
semaines pour pouvoir y arriver.
> Je suis sidéré quand j'entends des
forces politiques qui proposent des stratégies sanitaires et qui n'ont aucune
compétence sur le sujet, c'est complètement démentiel. Il faut être très clair
et écouter ce que la science a à dire. Ca veut pas dire qu'il faut toujours
suivre l'avis des scientifiques. IL peut y avoir un arbitrage politique. mais
commençons pas écouter l'avis des sachants.
Maud Bregeon (porte-parole du
Gouvernement)
> Sur le Mercosur, notre position n’a pas changé, cet accord n’est ni juste
ni acceptable.
Alice Rufo (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur de la ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> [Soutien à l’Ukraine / Intervention à l’Assemblée] [S’est tenu] un sommet
de la coalition des volontaires, en présence de vingt-sept chefs d’État. C’est
beaucoup. C’est même la première fois qu’autant de chefs d’État sont réunis
dans ce cadre.
Lancée sur une initiative franco-britannique, avec nos partenaires européens,
la coalition visait trois objectifs qui sont aujourd’hui acquis. D’abord, il
s’agissait de soutenir l’Ukraine pour qu’elle soit en position de force dans
les négociations et que sa souveraineté soit respectée. Ensuite, il fallait
s’assurer de la robustesse des futurs accords de cessez-le-feu et de paix. On a
vécu Minsk, on a vécu Budapest ; plus jamais on ne croira la Russie sur
parole. Enfin, nous avons refusé que les négociations qui concernent
directement la sécurité de l’Europe se passent sans les Européens.
Ces trois points, qui ont été beaucoup travaillés pendant un an et demi,
s’accompagnent de propositions solides. La première garantie de sécurité sera
évidemment le renforcement de l’armée ukrainienne Des mesures importantes ont
également été prises – je pense, par exemple, à l’immobilisation des
avoirs gelés.
C’est ainsi que l’Europe réussit à peser et à faire entendre sa voix.
Vous l’avez dit, dans le monde
brutal où nous vivons, le respect de notre souveraineté, du droit international et de notre sécurité, de même que la possibilité de la paix, dépendront non pas de
notre faiblesse, mais de notre force, de notre puissance et de notre détermination.
Croyez bien que c’est ce qui nous pousse à réarmer la France et
l’Europe. La coalition des volontaires est la première incarnation du pilier
européen pour la défense et la sécurité de notre continent. Les Américains
apportent des garanties de sécurité. Cela montre que nous les avons convaincus,
que nous pesons dans les négociations et que nous continuerons à le faire.
Benjamin Haddad (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de
l’Europe)
> Il y un an, on nous prédisait une capitulation forcée de l’Ukraine en 24h
et des Européens exclus des négociations. Hier à Paris autour d’Emmanuel Macron,
Européens, Américains et Ukrainiens s’engageaient pour des garanties de
sécurité. Les Européens prennent en charge leur sécurité.
> La France se bat à Bruxelles pour
défendre nos agriculteurs. Reconstitution des enveloppes de la PAC, clause de
sauvegarde: notre mobilisation paye. Nous continuerons le combat pour notre
souveraineté alimentaire.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Pour Charlie Hebdo. Pour la liberté d’expression. Pour la République.
Contre le terrorisme Onze ans après. Je suis Charlie.
> [Crans-Montane / Intervention à l’Assemblée]
C’est avec effroi que nous avons appris le terrible drame survenu dans la
station suisse de Crans-Montana. Le bilan humain est épouvantable :
40 personnes ont péri, dont 9 de nos compatriotes, et 116 ont été
blessées, parmi lesquelles 23 Français. Nombre de victimes sont des jeunes
qui s’étaient retrouvés pour un moment de partage et de célébration.
En ce jour, la représentation nationale adresse ses condoléances aux familles
endeuillées et tout son soutien au peuple suisse. Nos pensées accompagnent
également les blessés ; certains luttent en ce moment même pour leur vie.
En votre nom, je voudrais également saluer tous ceux qui ont porté assistance
aux victimes, particulièrement ces héros qui, plongeant dans les flammes, ont
risqué leur vie pour en sauver d’autres. En hommage aux victimes, en signe de
solidarité et de recueillement, je vous demande d’observer une minute de
silence.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Onze ans après, je suis Charlie. La liberté d’expression ne se négocie
pas, ne se trie pas, ne se relativise pas selon les sensibilités. Elle est
entière ou elle n’est pas. Pensées pour les victimes, leurs proches, et pour
toutes celles et ceux qui continuent à faire vivre la liberté, malgré les
menaces.
Elisabeth Borne (députée)
> 11 ans après, nous pensons aux victimes de
Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et aux policiers frappés par le terrorisme
islamiste parce qu’ils incarnaient la liberté d’expression, qu’ils
accomplissaient leur devoir ou parce qu’ils étaient juifs. Nous n’oublions pas.
Nous continuons d’honorer leur mémoire, et de lutter sans relâche contre le
terrorisme islamisme.
> Suite à l’intervention des Etats-Unis
au Vénézuéla et à la réaffirmation de leurs ambitions sur le Groenland, la
France doit défendre sans relâche le respect de la Charte des Nations unies et
du droit international, seule voie pour prévenir le retour des conflits qui ont
tragiquement marqué le XXème siècle. Pour être crédibles, nous devons accélérer
l’émergence d’une puissance européenne souveraine. Au plan intérieur, la France
doit, sans délai, se doter d’un budget lui redonnant des capacités à investir dans
tous les domaines, notamment technologiques et militaires.
> Que ceux qui soutiennent le
développement du nucléaire prennent leurs responsabilités. Aujourd’hui, c’est
le Rassemblement National mais aussi - et je le regrette - Les Républicains qui
bloquent la programmation pluriannuelle de l’énergie, alors qu’on peut trouver
des points d’accord avec ces derniers et répondre à leurs questions légitimes.
Nous pouvons faire la démonstration que nous sommes capables, sur un sujet
aussi stratégique que l’énergie, d’avancer pour financer le nouveau nucléaire
et les énergies renouvelables dont nous avons absolument besoin pour réduire
notre dépendance aux fossiles.
> Je ne vais pas verser une larme sur
Nicolàs Maduro, qui est un dictateur. J’ai l’impression qu’il n’y a que la
France insoumise, Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot qui ne sont pas au
courant. Je les renvoie aux violations des droits humains dont il est accusé.
Le problème, c’est d’avoir un dirigeant comme Donald Trump, qui s’assoit sur
les règles du droit international ainsi que sur celles de son propre pays et
qui crée des rapports de force très forts. Les démocraties que nous sommes
doivent absolument s’armer et assumer ce rapport de forces.
> Nous ne pouvons gréer les services
publics pour répondre à des situations hors norme, a fortiori dans un moment où
nous devons faire des économies. Par contre, on peut toujours améliorer la
gestion à moyens équivalents. Nous avons eu peu d’épisodes neigeux ces
dernières années au risque de perdre l’habitude de les gérer. Ce sont la
répétition des exercices et des plans qui permettent d’être efficaces.
> Sur le logement d’urgence, il y a une
énorme hypocrisie. Des personnes qui travaillent, sans titre de séjour, qui
rendent pourtant des services - dans les restaurants, ou pour livrer des repas,
par exemple - sont depuis des mois voire des années en hébergement d’urgence.
Si nous leur donnions un statut et la possibilité de travailler légalement,
elles ne seraient pas dans cette situation et nous libérerions des places. Oui,
les plans grand froid et les maraudes sont de bonnes solutions. Mais sortons
aussi de l’hypocrisie, n’en déplaise à certains groupes politiques.
Marc Ferracci (député)
> La nuit du 31 décembre devait être une nuit de fête. À Crans-Montana, elle
s’est transformée en un cauchemar absolu. 40 morts, dont de nombreux mineurs.
Parmi eux, 9 Français. Plus de 80 blessés, dont certains luttent encore
aujourd’hui. Derrière ces chiffres, ce sont des vies brisées, des familles
endeuillées, toute une génération marquée à jamais. À elles, j’adresse une
pensée de profonde tristesse et de solidarité. (…)
Je veux saluer le courage des secours, la mobilisation
exceptionnelle des soignants, et la coopération immédiate entre la France et la
Suisse, à la hauteur de l’amitié qui lie nos deux pays. 35 patients ont été
transférés hors de Suisse, dont 19 blessés graves pris en charge en France,
grâce à l’engagement total de nos services de santé, de nos armées et de nos
équipes consulaires, au plus près des familles. Après l’urgence vient désormais
le temps douloureux des questions, de la reconstruction et de l’accompagnement.
J’ai interrogé le Gouvernement sur la poursuite de la coopération
franco-suisse, le soutien judiciaire aux familles françaises et la prise en
charge durable, médicale et psychologique, des victimes.
> La Gauche ne veut pas seulement taxer
les plus riches : elle veut aussi taxer davantage les entreprises. Je le dis
clairement : taxer les entreprises, c’est affaiblir leur compétitivité, et donc
fragiliser l’avenir. Ces dernières années, des choix économiques ont permis de
rétablir les fondamentaux de notre économie, de renforcer l’attractivité de la
France, de créer plus de 2 millions d’emplois et de relancer l’industrie.
Malgré l’instabilité politique actuelle et l’absence de budget, l’économie
française reste solide et résiliente. Dans les négociations à venir sur le
budget, ma préoccupation est simple : ne pas détricoter ce qui fonctionne.
Revenir sur des politiques favorables aux entreprises serait une erreur lourde
de conséquences pour nos comptes publics, nos comptes sociaux… et pour
l’emploi.
> Budget : Taxer les entreprises,
obérer leur compétitivité, ce n'est pas préserver l'avenir.
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> [Soutien à l’Ukraine / Intervention à l’Assemblée] Aujourd’hui, les pays
européens alliés de l’Ukraine et des émissaires américains se retrouvent à
Paris, autour du président de la République, pour un nouveau sommet de la
coalition des volontaires. Dans le brouillard qui accompagne ces négociations,
nous défendons avec Gabriel Attal plusieurs priorités pour l’Ukraine.
D’abord, nous voulons une paix juste et durable en Ukraine, et la sécurité pour
l’Europe. Dans ce cadre, nous soutenons des garanties de sécurité robustes, en
commençant par le renforcement significatif des forces armées ukrainiennes,
premier rempart face à la Russie.
Ensuite, une fois qu’un cessez-le-feu aura été obtenu, nous demandons le
déploiement d’une force multilatérale conduite par les Européens, pour
sécuriser l’Ukraine et l’Europe et s’assurer du respect du cessez-le-feu.
Enfin, parce qu’il ne peut y avoir de paix juste sans justice, nous appelons à
utiliser les actifs russes gelés pour compenser les dommages subis par
l’Ukraine et soutenir sa reconstruction.
Reconnaissons-le, le contexte international est bien sombre. La Russie poursuit
la guerre en Ukraine et renforce sa guerre hybride contre tous les pays
européens. La Chine mène une guerre économique contre les entreprises
européennes. Quant aux États-Unis d’Amérique, ils attaquent notre indépendance.
Nous l’avons vu dans le domaine du numérique, avec les sanctions qui ont frappé
Thierry Breton.
S’agissant maintenant du Groenland, disons-le là aussi clairement : toute
l’Europe, ses institutions, les capitales des Vingt-Sept, doivent se tenir aux
côtés du Danemark. Cela ne doit pas seulement passer par des communiqués,
certes nécessaires. Il faut aussi apporter notre soutien sur place, sans quoi
le président Trump s’emparera du Groenland – nous avons été prévenus.
Soyons lucides : toutes ces urgences ne représentent pas simplement un mauvais moment à passer. Il s’agit de la nouvelle réalité brutale du monde dans
lequel nous vivons. C’est pourquoi nous n’avons pas d’autre chemin que celui de la puissance européenne. Face aux empires
hostiles, une Europe faible et divisée se fera piétiner.
● MoDem
> 35 000 nids en 2024 : face à l'explosion du
frelon asiatique, une lutte nationale est indispensable pour protéger la
biodiversité. La loi portée par Mickaël Cosson entre dans sa phase
opérationnelle. Maires et apiculteurs ont désormais un cadre clair pour agir
efficacement.
Maud Gatel (secrétaire générale)
> Pour toujours Charlie. Hommage aux victimes de Charlie, de Montrouge et de
l’Hypercacher. Nous n’oublions pas.
Marc Fesneau (député, président du groupe
MoDem à l’Assemblée nationale)
> 11 ans après les attentats de janvier 2015, le souvenir demeure, le devoir
de vigilance aussi. Hommage aux victimes de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher.
Pensées pour leurs proches. Restons fidèles à ce que nous sommes : un peuple
libre, uni, attaché à la liberté d'expression.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Paris est aujourd’hui la capitale mondiale de la diplomatie avec un
nouveau Sommet de la Coalition des Volontaires. Avancée décisive obtenue ce
jour : le soutien des États-Unis à la mise en place de garanties de sécurité
robustes et effectives pour l’Europe. Cette convergence opérationnelle entre
les 35 pays membres de la Coalition des Volontaires, l’Ukraine et les
États-Unis est un message clair envoyé à Poutine. Et c’est une condition
essentielle à une paix juste et durable. Cela n’aurait pas été possible sans
l’action et les efforts constants d’Emmanuel Macron: c’est un succès diplomatique majeur. Je salue également
la déclaration commune sur le Groenland publiée en parallèle de ce Sommet par
plusieurs pays. Nous l’avons nous-mêmes affirmé au Parlement européen : c’est
au Groenland et au Danemark, et à eux-seuls, de décider des questions qui les
concernent.
Pascal Canfin (député)
> Depuis plusieurs années, je me bats pour qu’une filière européenne des batteries voie le jour. Car c’est non seulement un outil de
décarbonation mais aussi un levier stratégique pour la compétitivité et la
souveraineté industrielle de l’Europe.
Sans production locale, nous risquons de dépendre de la Chine, ce qui nous
expose dans le futur à des risques en matière d’approvisionnement ou encore à
des hausses de prix. Produire des batteries en Europe est donc crucial pour la
résilience et la sécurité économique européenne !
Dès 2019, j’ai soutenu la proposition de Règlement sur les batteries de la
Commission européenne. Après des mois de travail, nous avons adopté un texte
ambitieux qui impose des standards européens robustes visant à aider
l’industrie locale à rivaliser avec les acteurs asiatiques.
En parallèle, plusieurs projets de gigafactories voient alors le jour, certains
grâce à un soutien financier européen : Northvolt en Suède, Verkor à Dunkerque,
ACC à Douai, PowerCo en Allemagne, etc.
Mais les défis sont nombreux. Il faut créer en Europe une toute nouvelle chaine
de valeur allant de l’extraction et du raffinage de matières premières
critiques à la production et au recyclage de cellules de batteries, en passant
par la production des matériaux de ces cellules. C’est un défi industriel
colossal !
Début 2025, Northvolt, pionnier du secteur de la batterie en Europe, annonce
faire faillite. Je réaffirme alors que l’Europe ne doit en aucun cas renoncer,
mais au contraire soutenir encore davantage ces entreprises innovantes qui
permettent de créer de la valeur et des emplois sur nos territoires.
Pour accompagner la montée en puissance de ces usines, je défends l’idée de
dédier des financements européens pour le soutien à la production, et pas
uniquement des aides à l’investissement pour de nouveaux projets. Il n’y aura
pas de nouvelles gigafactories à succès si les premières disparaissent, j’en
suis convaincu.
Après des mois d’échanges avec les acteurs industriels et la Commission européenne, et grâce à l’action de Stéphane Séjourné, le Battery Booster
voit le jour dans le cadre du paquet automobile publié fin décembre.
C’est une excellente nouvelle !
Dès 2026, la Commission a annoncé qu’elle verserait 1,5 milliards d’euros aux
gigafactories à travers des prêts à taux zéro. L’objectif est de les aider à
passer cette difficile vallée de la mort durant laquelle les usines doivent
apprendre à maitriser un processus industriel très complexe et à devenir à
terme des champions européens de la batterie. Oui, la souveraineté à un coût
mais elle n'a pas de prix !
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> On dit que la fast fashion ou l'ultra fast fashion comme Shein ou Temu,
c'est important pour le pouvoir d'achat du consommateur: attention il faut
quand même relativiser! C'est de meilleure qualité quand c'est produit en
France. Si vous le portez tous les jours, votre jean made in France reste en
bon état, venu d'une grande plateforme, il est détruit. Oui ça coûte plus cher
le Made in France mais il faut aussi encourager la filière seconde main et
réparation. Il y a des pays qui ont une TVA à taux réduit sur toute la
réparation, notamment quand vous allez chez le cordonnier faire réparer vos
chaussures.
> La fast-fashion, la solution pour le
pouvoir d’achat ? Non. Les vêtements de meilleure qualité, produits en France,
coûtent plus chers à l’achat, mais reviennent souvent moins cher à l’usage.
> [Taxe supplémentaire sur les petits
colis] Il faut le
faire à l'échelle européenne, comme les 3€ obtenus par la France. Et soit on
fait une taxe pas chère, à 1 ou 2€ qui va financer les contrôles, soit on fait
une taxe chère qui va enrayer l'arriver de ces colis qui tuent le petit
commerce. (…)
Il faut mettre une taxe massive, pas pour les
consommateurs mais pour le coup d'arrêt de la déferlante de ces plateformes. Il
ne faut pas revivre la désindustrialisation quand on disait qu'une télé serait
moins chère en achetant chinois. Résultat, on ne produit plus rien en Europe. (…)
Si on ne veut pas que le petit commerce
subisse la même chose comme Camaïeu, il faut mettre un
coup d'arrêt à la déferlante des plateformes. Il est encore temps de sauver nos
enseignes et nos emplois.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à
l’Enfance)
> [Plateforme Roblox] Derrière des plateformes très fréquentées par les
enfants existent de graves risques de grooming et d’exploitation sexuelle.
Protéger les enfants en ligne, c’est responsabiliser les plateformes et
apprendre à utiliser le numérique.
> Pour accompagner les parents, je
lance le conseil du soutien à la parentalité. Le soutien ne doit pas être pas
une réponse unique, mais une alliance de solutions pour répondre à la diversité
des parentalités et besoins spécifiques.